‹ France (volume 3)Chapitre 66 sur 105 · tome IX de ses Mémoires (année · texte numérisé non relu

tome IX de ses Mémoires (année

Bbenet (Henri-Catherine) , né en 1764 à Moissey , près de Dôle , embrassa la carrière médicale , et acquit une assez grande réputation, moins par sa science que par la promptitude et la fermeté avec lesquelles il prenait une décision dans la pratique. Ennemi juré de la révolution , il ne traversa pas cette époque sans courir de grands dangers ; mais enfin H sot en softir*. Toujours fidèle à ses principes , tou* jours opiniâtre dans ses convictions surannées, il fut nommé, en 1815, député du département de la Coted'Or , et ce fut l'un des hommi^s les

8 lus aveugles et les plus énergiques e cette assemblée à qui la France a si justement donné le nom de cham* bre introuvable. Réélu en 1820 , il était encore députe , lorsqu'il mourut d'une attaque d'apoplexie eh tSS4 , n'ayant rien appris ni rien oublié,

Brenet (Nicolas-Guy-Antoine), né à Paris, graveur de médailles, élève de Gatteaux, a produit, depuis 1806, un grand nombre d'œuvres remarquables , parmi lesquelles nous citerons les médailles de Napoléon ^ de Joséphine, d'Alexandre r% de la création (lu royauiye de \Vestphaiie, de la bataille dé Wertingen , du passage de la Yistule, de b confédération du Rhin, de la bataille d'EyIau, du code civil , de la conquête de l'Kgypte , de l'érection du tombeau de Desaix, de Térection du duché de Pologne , de l'arc de triomphe du Carrousel. Pendant la restauration , il consacra son talent à l'histoire de ce temps , et publia les médailles de l'arrivée de Louis XVIII en France, du retour de ce prince à Paris , du mariage du duc «de Berri , du baptême du duc de Bordeaux ; enfin ce fut lui qui grava les sceaux de Charles X. M. Brenet a exposé, en 1835, la médaille du serment des villes de France à Louis-Philippe, et deux médailles représentant les Statues de Napoléon placées sur la colonne en 1810 et en 1833. Dans les expositions de 183fi et 1839, on a vu de lui des médailles représentant la

prise de rbôtel de ville et du Louvre Bcndut'les journées de juillet. N'oublions pas de dire ici que M. Brenet

a fait, sous la direction de M. Brot, une réduction au vingt-quatrième (un mètre soixante>dix-huit centimètres)

de quatre cents hommes. Genendant les Français n'hésitèrent pas \ tjmimencer l'attaque; quatre-vîng^ duftr

valiers normands , qui avaient embrassé , avec le fils de leur duc , le parti de Louis le Gros , se précipitè-

de la eolonne de la place Vendôme, ré- tent les pcémiers sur Tarmée du ^ ' ' ' ' — d'Angleterre; mais leurs chevaux fu-

rent presque tous tués , et ils furent faits prisonniers. Les chevaliers du Vexin firent utie seconde charge, qui ue fut pas plus heureuse. Louis prit alors conseil de ceux qui l'entouraielit,

dttction ^i a été exposée en 1834.

Brenter de Montmorand (Antoine-François, comte de), lieutenant générai , grand officier de la Légion d'honneur , né en 1767 à Saint-Mareelîn (Isère), entra au service en 178G,

et obtint , dans les premières années et se décida àfiiir avec le corps de ré-

de la révolution , un avancement rapide. Il fit avec distinction toutes les campagnes de la république, et suivit, en iWî , le général Junot en Portugal , où sa valeur se signala , surtout a la bataille d'Alméida. Sommé par les Anglais d'abandonner cette place, dont Masséna avait inutilement cherché à les éloigner , il en fit sauter les fortifications ; et , le 10 mai , à la téte de la poignée de braves qui lui res* tait, il s'ouvrit un passage à travers l'armée anglaise , et rejoignit l'armée du maréchal , qui le croyait perdu. Le grade de général de division fut la récompense dé cette action d*éclat Depuis cette époque , il prit une part honorable à la campagne de 1813; nommé en 1814, commandant de la seizième division militaire, il mit Lille en état de défense. Il passa ensuite au commandement de la ville de Brest, oïl sa conduite pendant les cent jours lui mérita une épée d'honneur, que lui vota le conseil municipal. Inspecteur général d'infanterie, oe 1816 à 1916, commandant supérieur de la.

Corse, de 1820 à 1823, il obtint sa retraite en 1827, et mourut en 1832.

Bretvneville ( bataille de ). — Le 20 août de l'année 1119, Louis le Gros , après avoir employé la plus année péniè de Tété à dévaster la IVormandie , qui obéissait alors à Henri I"', roi d'Angleterre, rencontra ce prince dans la plaine de Breiuieville. Henri T** avait avec lui ses deux flb , trois comtes normands, et envilOD cinq cents chevaliers; la troupe de Louis ne se .composait pas. de plus

serve. « Dans ce combat des deux rois , dit Orderic Vital , oii près de neuf cents chevaliers furent engagés, je me suis assuré qu'il n'y en eut que trois de tufo. En effet , ils étoient éfi toutes parts revêtus de fer ; d'ailleurs ils s'épargnoient mutuellement, par la crainte de Dieu , ou à cause des habitudes qu'ils avoient eues ensemble, et ils cherchoient bien moins à tuer lesfuyards qu'à les faire prisonniers.»

Les Anglais firent en effet cent quarante prisonniers, qu'ils conduisirent à JNoyon , tandis que Louis réussit enfin à *se mettre en sûreté à Andely, 4ui en est à trois lieues. Henri lui renvoya son étendard royal , qui était tombe aux mains des vainqueurs. Il remit aussi en liberté une partie des prisonniers ; enlin il parut ne vouloir se réserver que la gloire d'avoir vaincu. En effet, ce combat eut par lui-même peu d'iiifluence sur le résultat de la i^Lierre ; mais l'échec qu'y avait éprouvé la chevalerie française engagea Louis le Gros à appeler à* son secours les milices des villes et der communes. Elles vinrent en foule se ranger dans son armée, et la part qu'elles prirent ainsi à la guerre contre l'étranger, ne fut pas sans effet pour le réveil de la nationalitéfrauçaise..

Bbennus. — Ce nom « sous lequel, on connaît le vainqueur des Romains, n'était pas un nom propre; ce n'est que la fonue latine du mot celtique bren/i , appellation commune de tous les chefs eaulois. Ainsi doua ne «h vons pas le vérltaUe nom in plù9; glorieux d'entre nos belliqueux ancéf

tres. Quoi qu'il en soit , Tite-Live raconte que Brennus, à la tete des Gaulois Sénonais, conquit tout le pays * qui s'étend entre Ravenne et le Picenum ; qu'il défit les Romains à la bataille d Allia, prit et incendia Rome, et réduisit ceux qui défendaient le Capitole à la dernière extrémité. L'historien romain ajoute que Camille , nomipié dictateur , épargna à sa patrie la honte dje payer une rançon au vainqueur , et qu'il chassa les' Gaulois du territoire de Rome par la force des armes. Mais Polybe assure, et c'est là le récit le plus probable , qu'il y eut Di^ 900QX!ii , .c*e8t-à-dire , de Targent payé par les Yaincus. Plutarque , Paul Orose , suivent la même tradition que Polybe. Un fait semble confirmer encore leur témoignage, c'est la profonde terreur gu inspirèrent les Gaulois aux Romams , jusqu'au temps où la conquête du monde eut rassuré la ville éternelle. Rome remit, pour ainsi dire, nti dernier jour cette gigantestjue entreprise , pour laquelle il lui fallut . vingt ans. de grandes batailles et Çésar : la cohquÀe des Gaules. La prise, de Rome par Brennus eut lieu l'an 364 de la fondation de cette ville, quatre cent quatre- vio^t,- neuf ans avant notre ère. *.

Bremms est aussi le seul nom sous lequel les Grecs connurent ce chef des Gaulois de la Pannonie, qui porta le ravage dans leur pays, cent ans après la prise de Rome par l'autre Brennus.

Il commença par attaquer les Maoédoniens , puis s'étant frayé un passage jusqu'aux Thermopyles , il partagea son armée en deux corps , dont l'un, sous la conduite d'Acichorius , devait soutenir l'effort^ des Grecs coalisés , tandis que lui-même il essayerait avec l'autre de fofcer le délilé. Un épais brouillard le servit à souhait, et bientôt il arriva sous les murs de Delphes. Il parait qu'alors un affreux trrâiblenieni de terre et un orage épouvantable consternèrent les Gaulois, et que le lendemain, après une nuit extrêmement froide, ils avaient

{)erdu tout leur courage. C'est ce jourà même qu'ils furent assaillis par

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l'armée ennemie. Us furent bat^s, et Brennus, dit-on , s'empoisonna. Aucun des guerriers qui avaient pris part à cette expédition n'échappa ; tous furent massacrés pendant is^ re^.

traite. Cependant un corps de vingtmille Gaulois , qui s'était détaché ae l'armée principale avant d'atteinjJre les Thermopyles, put s'emparer de Byzance, puis, passant en Asie, fon^-.

dér dans cette coutréè FÉtat qui fut connu l^endant si longtemps sôus le nom de Gniatie ou Gallo-Grèce , de la même manière que les compagnons du premier Brennus avaient fait une .Gaule de la partie septentrionale de.

ritalîe. (Voyez Gaulois.)

Brenot (Blaise-^Jicolas), néà Venarey ( C()te-d'Or) , aborda le premier dans l'île de Malte, et s'empara, avec sa compagnie, d'une tour dont L'artillerie faisait beaucoup de mal à no& troupes. Colonel au service de la Hollande en 1809, il montra une valeur et une fermeté qui le roi Louis et les habitants récompensèrent à l'envi. Il se fit encore reniarouer en Espagne et à la bataille de Toulouse.

Bbenta (combat des gorges de la ).

— Le maréchal Wurmser, chassé de, Trente par l'armée française, qui menaçait de se répandre dans le Tyrol pensa que le meilleur moyen de sauvée cette province c'était de reporter la guerre dans les environs de Mantoue.

Il venait de faire avancer sur Vérone une colonne de dix mille hommes, lorsqu'il apprit , M septembre 1790^. ' que Je général Augereau -attaquait sea^.

troupes retranchées nu village de Primolan. Ayant rangé ses troupes eUi .

colonnes serrées, et par bataillon, Augereau avait marché droit aux Au,-, tricntens, sons la protection ae>son ai^ tillerie légère, et emporté ainsi le vilr lage de Primolan. Les Autrichiens battirent en retraite; puis ils se rallièrent dans le petit fort de Covelo.

c]ui barrait le èhemia aii-milieu duquel) il fallait passer. La 5f demi-brigadi^.

d'infanterie légère se porte sur la gauche de ce fort, et engage une vive fur siliade, tandis que deux ou tiois cents hommes , passant la renta v gagnent

9Èè Bsi vm

les hauteurs de droite, et menacent de tomber sur les derrières de la co- Jonne. Les Autrichiens, cràignant alors

d'être entièrement enveloppés , abandonnent leur position ; mais ils tombent bientôt dans un autre danger plus grand encore. Un régiment de dragons , qui se met à leur poursuite, dépassé la téte de leur colonne, qui se trouve ainsi entièrement cernée, et demeure prisonnière. Quatre nijlle Autrichiens se rendirent; dix pièces de canon, quinze caissons et nuit drapeaux ennemis tombèrent entre les mains des Français, qui venaient de déconcerter, par une marche de vin^t lieues en deux jours, les projets de Wurmser, et de préparer pour le lendemain, à Bassano, un succès plus complet et plus décisif encore.

— La maison d'Autriche, sentant rimminence du danger qui la menaçait du côté de l'Italie après la déroute du génial Wurmser, forma à la hâte dans le Frioul une nouvelle armée de cinquante mille hommes; elle en confia le commandement au général d'Alvinzi , qui pouvait en outre disposer de vingt mille hommes cantonnés dans le Tyrol . Dans l'i mpossibilité de résister à des forcesaussi considérables sur un terrain très- étendu, le î^énéral Bonaparte évacua Trente, Roveredo, Bassano, Vicence ; il se concentra et se reporta sur TAdige. Davidowich, après avoir remporté, dans le Trentin, quelques avantages sur le général Vaubois, l'avait forcé a prendre position à Rivoli et à la Corona. Guyeux s'était porte, le 2 novembre , sur le poste de Saint - Michel , dont il s*était emparé malgré une ^ très-vive résistance, et où il avait brdlé les nonts que l'ennemi avait jetés sur l'Aaige. Les Autrichiens, pour lui couper la retraite, quittèrent alors leurs postes de Segonzano et Gembrea, et se portèrent sur le Lavis. Mais Vaubois fut instruit de ce mouvement, et il envoya à leur rencontre le général Fiorellà , qui les repoussa jusqu'à Segonzano. Le lencjemain, Bonaparte ordonna de renouveler Tattaque sur Segonzano; puis il partit pour s*opposer aux proiprès des Impériaux au aelà de

iŒRS. WÊÂ

la Piave ; tl parvint à faire effectuer, aux divisions Masséna et Augereaa; leur jonction à Vicence, et marcha immédiatement au-devant de l'ennemi, qui avait passé la Brenta. II fallait étonner les Autrichiens dès le premier pas, les frapper comme la foudre. La journée fut vive, chaude et sanglante; cependant le champ de bataille demeura aux Français , et les Autrichiens repassèrent la Brenta. Le général Lannes fut blessé dans cette affaire , et toutes les troupes s'y couvrirent de gloire.

Bonaparte opéra ensuite sa retraite sur la Pietra.

BKÉQUiGNy(Louis-George-Oudard- Feudrix de), né à Granville en 1716, se dévoua avec un. zèle infatigable à rétude de l'antiquité et de Thistoire.

Il fut reçu à l'Académie des inscriptions et 'belles-lettres en 1759, et à l'Académie française en 1772. Son premier travaii fut un mémoire aussi curieux que savant sur VétabUsàemenf' de f empire et de iareliffionde Mahomet.

Quelque temps après parut de lui un lassai sur l'histoire de l' Yémen , une Table chronologique des rois et des chefs arabes y puis des dissertations dans les tomes 30 et 33 des Mémoires de TAcadémie des inscriptions. Tous ces ouvraççes montrent la même étendue de connaissances, la même sagacité de jugement. A la paix de 1763, le gouvernement français l'envoya eA Angleterre pour y recueillir les titres relatifs à l'histoire de France, qui étaient conservés à la Tour de Londres. Cette Diission n'était pas facile; il fallait débrouiller, déchiffrer, classer une immense quantité de papiers entassés péle-méle, à la hauteur de quatre pieds, dans de vastes greniers et dans d'obscurs cabinets, et enduits d'une poussière humide et infecte. Bréquigny passa près de trois ans à démêler ce chaos et à examiner les titres renfermés dans les coffres de l'échiquier. Il parvint à en extraire un grand nombre de pièces originales (jui ne se trouvent point dans les recueils de Cambden, de Rymer, de Huane et de Mortbon , et y recueillit beaucoup de pièces authentiques « relatives à nos curoits de saxeraineté

' BftB . FRANGE.

•Mit

Èot les provinces qui farent autrefois détachées de Tempire français , soit à titre d'apanage , soit' par voie d'aliénation. Bréquignv publia , en 1791, avec Laportiie du Theil : Diplomata , chartœ, epistolssy et alia monument a ad res franeiscas speetanUay 3 vol. infol. Il fat chargé, en 1754, de continuer, avec de Villevaut, la Collection des lois et ordonnances des rois de la troisième race. Il en publia cinq nouveaux volumes, quMl accompagna de préfoees oà Ton trouve une histoire exacte de notre législation. Le gouvernement lui confia rexécution d'un projet de recueil de tous les titres, chartes et diplômes uui n avaient point été im-

Srimés , et d*une table chronologique e.tous ceux qui avaient paru. Le plan avait été conçu par Secousse, Fonceinagne et Saiîît-Palaye; mais ces savants n'avaient eu que le temps de rébaucher avant leur mort. Bréquigny refondit, corrigea tout leur travail , et joignit aux notices de toutes les chartes, des renvois aux livres imprimés et aux dépôts d'où elles étaient tirées. , Il publia , avec Moucliet qu'il s'était adjoint pour Texécution de cette vaste entreprise, trois volumes de la table chronologique j 17G9-1783, in-fol. Le {juatrième volume, qui a été imprimé à moitié , n'a jamais été mis en vente. Bréquigny voulait faire de catte collection une espèce de supplément à la bibliothèque du P. Lelong. Le ministre d'Ftat Berlin le chargea ensuite , avec le même Mouchet , de continuer les Mémoires sur les Chinois, des PP. Amiot, Bourgeois, etc. , 1776 à 1789 , 14 vol.

in-40. Cet ouvrage important renferme des renseignements précieux sur la religion , les mœurs, les productions et les arts de la Chine. On doit en outre à Bréquigny plusieurs autres ouvrages moins importants. Ce savant et laborieux écrivain mourut en 1795, cbes son amie madame du Bocca^e.

Bbès (Guy de), mort à V^alenciennes en lâ67, avait travaillé à la rédaction 4e ia Confmitm de foi des Églises réformées des PapS'Bas, et publié en 1565 un gros volume de réfutations contre les anabaptistes, qu'il représen^

T. m. ir làoraison. (Digt. m

tait cdmme'très-répandbs en Âllemà* gne, en Angleterre, etc. Cet ouvrage,

où l'on trouve des faits curieux, est assez bien écrit pour l'époque.

Bniis (Jean-Pierre), physicien et littérateur, né à Issoire en Auvergne et •mort à Paris en 1816, a composé, outre quelques mémoires scientifiques, un assez grand nombre de romans favorablement accueillis à l'époque où ils parurent, mais maintenant tout à fait > oubliés.

BfiBS (Jean-Pierre), neveu do précédent, né à Limoges en 1785 , se voua

d'abord à la médecine, qu'il abandonna ensuite fiour les beaux arts et la littérature. Écrivain généralement élégant «t gracieux, il a publié entre autres mi ' pqeme intitulé les Paysages, un 2bh bleau historique de la Grèce ancienne et moderne, des Souvenirs du musée des monuments français, etc. Il a, en outre, laissé plusieurs ouvrages inachevés sur le moyen âge. Il est mort du choléra en 1832.

Breschet (Antoine), chef d'escadron attaché à Tétat-major de l'armée d'Italie , commanda en Tan v la ville et le port de Trieste. Pendant la marche de Tarmée sur Vienne, il résista avec quinze cents hommes à plus de six mille Autrichiens qui inquiétaient continuellement la place, les battit toujours, et leur fit un grand nombre de prisonniers. Après la paix de Campo- Formio , Breschet resta à Trieste avec le titre.de consul général pour les pays héréditaires de la maison d'Autriche.

Il passa, en 1809, comme chef d'escadron au 18* régiment de cuirassiers, et se trouva à la bataille de Tudella, où, avec cent hommes, il enleva le plateau qui, au nord de cette ville, était défendu par trois mille hommes et 'du canon. Ce faiC d'armes lui valut la croix de la Légion d'honneur.

Bbeschet (Guillaume), né à Clermont-Ferrand, le 7 juillet 1784, fut reçu docteur en médecine en 1812, et devint ensuite , successivement , chef • des travaux anatomiqoes à la Acuité de Paris , chirurgien de rHôtel-Dieu,membre de l'Académie de médecine, membre de Tinstitut » et enfin pro^

rCL., STC.) ^

L'UNIVERS

BBB

fesseur d'iiMrttmiie à la faculté. On a

de lui un isrand nombre d^ouvrnges fort estimes , parmi lesquels nous citerons seulement sa Dissertation sur les hydropisies , Paris, 1812, in-4°; ilion £$$ai sur let vêbi^du raM^ Aeeherekêê historiques et expéri* mentales sur la formation du cal ; Considérations et observations aha^ U>niiques et pathologiques sur la hernUjèmorwe ou méroeéles AH de tanatomUtey de la dessiccatkm , et des autres moyens de conservation des nièces anatomiques^ Paris, 1819, in-8 ; Recueil des thèses publiées à Toccasion du concours pour la place de chef des travaux anatomîques. On lui doit en outre des traductions estimées d'ouvrages ancinis sur les dif* fcrentes branches de la médecine.

Bb£SCIâ, ville de Lombardie, a été prise plusieurs fois par les Français.

Le 18 février 1513 , Gaston de t*oii vint auiéger cette ville , où le comte Avogaro avait relevé l'étendard de Venise ; le lendemain , il s'en était rendu maître , et il la livrait aux impitoyables Tcngeances de son armée.

Dans le terriDle assaut qui emporta cette place, Gaston de Foix paya de sa personne comme le plus simple chevalier, et on le vit • oster ses souliers et se mettre en eschapin de ebausses pour escalader la muraille. »

Mais ce nit.à Bayard qu'appartint la palme du courage pendant le combat, comme celle de la générosité après la victoire. « Les François , raconte son écuyer , cryoîent : Franee ! France t

en demoura de tous les côtés , mais peu du François. Le bon chevalier eut un coup dedans le liault de la cuysse, et entra si avant que le bout rompit, et demoura le fer et ung bout du fust dedans.* Bien cuyda estre frappé i mort de la douleur qu'tt sentit; si commencea à dire au seigneur de Molart : Compaignon , faites marcher vos gens ; la ville est gaignée denty; je ne sauroie Urer aulêre^ cor Je ntis mort, Ije sang lut eouiolt en habondance. Si lui fust force de mourir sans confession, ou se retirer hors de la fouie avecques deux de ses archiers, lesquels lui estanchèrent au mieulx qu'ils penrent sa playe afecques leurs owmiseSf qu'il descirèrent et coupèrent pour ce faire (*). »

Brescia fut rendue aux Vénitiens en 1517, par François I", mais elle fut encore plus d'une fois, pendant nos dernières guerres d'Italie, le théâtre d*opé* rations importantes. En 1796, Beau« lieu, vaincu à Lodi, vint y rallier les débris de son centre. Occupée presque aussitôt après par nos troupes, Brescia fut reprise par Wurmster qui secourait au secours de Mantoue. Ce fut à Breo> cia que le brave Lasalie devint prisonnier des Impériaux avec deux généraux et quelques officiers supérieurs. Peu de jours après , Augereau poursuivant les Autrieniens, battus à Lonalo, ren* trait dans Brescia après une eliarge brillante et y retrouvait nos magasins et nos malades , tant avait été préci-

{>itee la retraite des Autrichiens. Quand es Etats de Venise se soulevèrent en

ceulxde lacompaignie du bon cheva- 1797 contre sa vieille et tyrannîqu«

lier cryoient : Bayàrd ! Bayard ! Les ' aristocratie, Brescia fut avec Bergame ennemis cryoient : A/a7'co/ /»/arco/.... la première à proclamer la liberté.

Mais s'ils avoyent grant cœur de deffendre, les François l'avoyent cent fois plus grant pour entrer dedans, et vont livrer ung assautt merveilleux

por lequel ils repoussèrent unxpeu les vénitiens. Quoy voyant le bon (iievalier, commencea à dire : Dedans! dectofw, compaignoHs! ils sont noetres.

Bientôt les habitants, attaqués et réduits par les fanatiques satellites du Sénat, demandèrent du sesours à li garnison française de Miian,etdès lors

commença cette lutte ouverte qui devait finir par le démembrement de la république de Venise. Ën 1799, après la retraite de Schérer, Wukassovicn mar-

JforcAes ; tout est défait. Lui-même cfaait sur cette viûe' quand LMOOite

entra le premier, et passa le rempart,

et après lui plus de mille , de sorte (*) Histoire du

^'ils gaignèreat le preoûer fort ; et y et aaiu reprondie.

BRS FRANCE.

envoya on corps de troupes qui battit les Autrichiniis et les ferra de renoncer momentanément à leur entreprise.

Le 9 novembre 1813, lorsque leçrince Eugène déployait pour contenir les ennemis tant de courage et d*ha»

tilelé, Brescia fut encore le but des efforts des Autrichiens. Mais, battus par le général ûifÛ^nga , iU furent forcés de repasser las monts.

Bakscûu , île située près de l^em** bouchure de l'Hérault , a quatre kilomètres et vis-à-vis d'Adge. ('e n'est u'un rocher, que domine un fort reoutable, dont Louis XIII avait ordonné la démolition en 1682, mail qui fut conservé , grâce à Tintervan* tion de Richelieu. Ce ministre avait entrepris de réunir l'île de Brescou à la terre par une chaussée, dont il n'acheva point la construction, et dont les débris subsistent encore. Festus Avienus fait mention de cette Ile dans son poème intitulé Ora mari' tima.

BuésiL (Relations de la France avec le ). Le Brésil n'est un État îndépen* dant que depuis quelques années ; les

rapports de la France avec ce pays sont donc de date toute récente. Avant sa séparation d'avec le Portui^al , dont il fut pendant trois siècles une colonie, le Brésil n*eut presque jamais di*. rectement affaire à la France. G*est au Portugal que nos navires de commerce et ceux des autres nations allaient recevoir les produits du Brésil. Le Por*tugal prenait ses métaux , ses pierres précieuses, son café, son sucre, son coton, ses bois, etc*, et, an retour, il lui expédiait quelques marchandises ; pour les échanges avec l'Europe, ii s'arrangeait sur ses places de commerce, particulièrement sur eaUe da Lisbonne* £n un mot , le Brésil, uo des pays lef plus riches de la terre, et, à lui seul, presque aussi grand que l'Europe , n'existait pas pour les autres peuples; il en était de lui comme de nos propres oolomas eneore à présent, oomtw da toutes les colonies* sous raneian ré* gime d'exclusion.

Avant d'arriver à l'époque de l'af-

francbis&cmcpt de ce paya, il nous pa-

raît nécessaire de relater un ou deux faits de quelque importance. Ce ne fut pas sans contestation que les Portu* gais se rendirent délinitivement mai* très absolus du Brésil , découvert par un des leurs au commencement du seizième siècle. Ils eurent à défendre la découverte de Cabrai contre les attaques des Hollandais, des Anglais t\ des Français. Ce furent même lesFran»

çais qui, les premiers, apprécièranl les avantages quWfrait pour Tavenir la baie de Rio de Janeiro, l'une des pins admirahles qui soient au monde.

En 16.57, des protestants français, eur yoyés par l'amiral Coligny, s'y étaicnl installés sous la conduite de Villega»

gnon, chef distingué, dont le nom est resté il l'une des forteresses du port. Mais le Portugal envoya contre eu^ des forces supérieures devant lesquelles ils ne purent se maintenir; apràp avoir pendant quelques années eneoif commercé en cachette sur la côte avec les peuplades naturelles du pays, ils Unirent par être complètement c&f puisés.

Cette même baie de Rio de Janeira fut le théâtre d'un des plus beaux £aits d'armes de Duguay-Trouin. A la tMfi d'une faible escadre, ce grand homme de mer s'empara de Rio de Janeiro ^ qui passait pour imprenable. Au ras^ cette expédition , entreprise pour dé* livrer un corps de troupes françaises tombé par trahison au pouvoir des Brésiliens, et dont le chef avait éti lâchement massacré par la populace* n*eut aucun résultat politique. Apiîf avoir bombardé la ville et reçu vingt* quatre millions pour son départ, Duguay-Trouin consentit à s'éloigneravee * les Français qu'if était venu ciierclier. 5a mission était di£naniant remplie et l'assassinat de Ductier assez vengé.

Quant à l'émancipation du Brésil, l'exemple des États-Unis de l'Amérique du Nord et la révolution française ne furent pas sans influence sur les évé* ■amants qui ramenèrent, malgré las précautions du gouvernement portugais pour isoler sa colonie du reste de l'univers. La conquête du Portugal par i'ariuée française donna au Brésil Iç

L'UMVËRS. Mi

sîgoal de 1*ÎDdépendance. Vaincu dans son royaume, a la veille de perdre sa capitale, le roi Jean VI, avec toute sa famille , quitta Lisbonne le 29 no- ' vembre 1807, tons la protection d'une flotte anglaise, et transféra le siège de son gouvernement à Rio de Janeiro.

Dès ce moment, le Brésil fut affranchi des liens de la vassalité envers le Portugal. Vainement, aprè* le rétablissement de Jean VI sur le trône de ses pères, le F^ortugal essaya-t-il de ressaisir sa proie , le Brésil , du rauî; de royaume, ne voulut plus redescendre à celui de simple colonie. En 1821, à la suite du mouvement libéral qui agita TEspagne, Tltalieet le Portugal, les Brésiliens rompirent leurs dernières attaches et érigèrent leur pays en empire. Ils déférèrent la couronne à don Pedro, lils de Jean VI , qui leur avait été laissé pour régent ; ils firent |»lus , ils se donnèrent une constitution. La nouvelle monarchie ref^résentative fut enfin reconnue en 182G par les puissances européennes , et par le Portugal lui-même. En 1831, don Pédro, qui n'avait bien compris les Brésiliens qu'un m o nient, lorsqu'il s^agissait pour lui de devenir empereur, fut contraint d'abdiquer en faveur de son lils , prince né au Brésil , mais à peine âgé de cinq ans. Le départ de don Pédro pour le Portugal , où Tattirait Tappât d'une autre couronne, consacra définitivement l'émancipation du Brésil, laquelle mit, comme on le voit, environ un quart de siècle à s'accomplir.

' Cenitseulementenl81#quela France entra en rapports avec le nouvel État.

Le commerce a été le premier lien des deux pays; il est permis d'espérer que l'union qui rèçne entre eux se resserrera tous les jours davantage, parée ou*elle est aussi profitable à l'un qu'à rautre. Malheureusement les vices du système commercial qui régit encore la France mett* nt des entraves au bien ; mais n'anticipons pas sur ce sujet qui va bientôt nous occuper. Depuis 1807, époque de la translation du gouvernement portugais à Rio de Janeiro, jusqu'à 1814, les Anglais avaieut

possédé, sinon le monopole du com« nierce avec le Brésil, clu moins des avantages excessifs. Alliés du Portugal que venait d'envahir la France, ils avaient fait payer cher au Brésil l'assistance qu'ils prêtaient à son gouvernement. Le rétablissement delà pais générale en 1814 ayant mis fin aux hostilités entre le Portugal et la France, le commerce français fut admis au Brésil avec celui des autres nations.

Toutefois, il fut loin d'être d*abonl aussi favorisé que le commerce anglais. Pendant les dix premières années, il fut astreint à paver des droits de douane beaucoup plus forts que ceux qui frappaient les produits britanniques. La différence était de seize à vingt-quatre pour cent ; en outre, les Anglais conservèrent de nombreux privilèges qui portaient cette différence pour le moins à la moitié. La restauration fit, en 1816, de vains efforts pour changer cette position; l'ambassade du duc de Luxembourg, dont on espérait tant, n'eut aucun résultat.

. Les premiers spéculateurs furent

réduits au commerce de pacotille.

INlais les Brésiliens accueillirent quelques-uns de nos produits, entre autres nos vins et nos articles de mode, avec • une faveur marquée. Leurs principales villes, Pemambouk, Bahia, Rio de Janeiro se peuplèrent de détaillants français : aujourd'hui , à Rio de Janeiro seulement, on en compte près de dix mille. ]\Ialgré tous les obstacles qu*on lui opposait, notre commerce parvint à prendre racine au Brésil et a s'y soutenir en présence du commerce anglais.

Enlin, en 1826, alors que le gouvernement brésilien négociait plus activement que jamais pour se faire reconnaître, le cabinet des Tuileries profita de la circonstance pour conclure avec lui un traité particulier de commerce et de navigation. La stipulation capitale de ce traité était que les marchandises de provenance française ne payeraient plus désormais que le droit de quinze pour cent, comme les marchauaises de- provenance aa-

Bttf FRANCE

BRÉ 841

glaise. Cette convention fit cesser un état de choses humiliant, en nous plaçant sur le pied de Tégalité parfaite et en nous assurant tous les avantages accordés aux nations les pins favorisées. Sous ce rapport, elle mérite des éloges; maislemal étaitencoreailleurs.

Aussi, bien que nos relations avec le Brésil aient continué d'augmenter depuis 1826, les résultats n'ont pas répondu à l'attente générale. Cependant je Brésil est en voie d'accroissement; depuis trente ans, sa population a doublé, son commerce a plus que tri-

£lé dans les quinze dernières années.

^*une autre part, l'industrie française a également gagné du terrain, puisqu'elle se trouve en état de soutenir, .sans trop de sacriûces, la concurrence aveclesmanufiactures anglaises pour un grand nombre d'articles. D*où proviennent donc les empêchements ?

Les relations de la France avec le Brésil ont été jusqu'à ce jour, et paraissent devoir être dans l'avenir,

Sresque exclusivement des relations e commerce. Une "seule fois depuis .1814, nous avons été en guerre avec ce pays; encore n'y avait-il rien de politique dans les hostilités. Pendant les démêlés du Brésil avec Buénos-Ajres pour la possession de la Banda orien* taie , quelques bâtiments français avaient été capturés, contre le droit des gens, par l'escadre' brésilienne (jui formait le blocus des côtes ennemies.

Une escadre française, sous la conduite de l'amiral Roussin, après avoir forcé l'entrée de la baie de Rio de Janeiro, contraignit le gouvernement brésilien à lâcher les navires de commerce qui avaient été injustement déclarés de bonne prise. XJne indemnité fut consentie pour ceux qui n'étaient

Elus en état de prendre la mer. La onne harmonie ne tarda pas à se rétablir entre les deux États. C'est donc ailleurs qu*il faut chercher le principe du mal.

Ce principe est dans les vices de notre système colonial et dans renx de noire système de douanes. INous avons hérité de la restauration une détestable organisation commerciale. Jalouse

de retourner en tout et par toutes les voies vers le passé, la restauration, lorsqu'elle eut à s'occuper du commerce extérieur et des grands intérêts de notre marine, ne vit rien de mieux que de remettre en vigueur le régime restrictif de l'ancienne monarchie. Ce qui était déjà peu convenable sous Louis XIV, lui parut la pèrfeetion pour le dix-neuvième siècle. Nos colonies furent isolées du reste du monde par une préoccupation à la fois jalouse et timide. Moitié par peur de l'Angleterre , moitié pour l'éloigner de quelques-uns de nos ports, on plaça les colonies françaises sous l'empire d'une loi exceptionnelle. Elles durent ne produire que pour nous et ne commercer qu'avec nous. Pour les indemniser de ce sacrifice, on leur permit de conserver des esclaves en violation de l'esprit et de la lettre de nos lois.

D'un autre côté , sous le titre de droits protecteurs, des impôts élevèrent une barrière infranchissable devant une foule d'importations. Il en résulta que, pour dominer tyranniquement quelques petites îles, pour favoriser, au détriment des autres , quelques industries partielles, la France se priva de la moitié des éléments constitutifs de la vie commerciale.

C'est une erreur dont est revenue aujourd'hui l'économie politique , de croire (|u'il y a plus davantage a exporter qu'a importer. Le commerce vit d'importations aussi bien que d'exportations. Sans doute , les droits protecteurs, appliqués dans une juste mesure et avec discernement, sont efficaces pour nous défendre contre les envahissements d'une Industrie rivale qui a sur nous plus d'un demi-siècle d'avance. Mais l'abus des droits protecteurs est aussi ce qu'il y a de plus pernicieux, d'abord pour la nation qui le tolère , et , à la longue , même pour le fisc qui en a j>rofité. M. Horace Say, dans son livre si estimable sur les relations commerciales entre la France et le Brésil, a jeté un grand jour sur cette question. JSous croyons rendre un service à nos lecteurs en citant le jugementdeeetéconomistemirlanatuxe

342 Bui vvm

desManges. «La vente, dit-il, n'est aue « la moitié d'un échange dont un achat « est le complément. De même pour « une nation , porter ses marchandises « à rétranger est la moitié d'un oom- « merce, et recevoir les produits étran-

' « gers en échange en est le complé- « ment. » Tels sont les vrais principes sur lesquels doivent reposer les relations commerciales de tout peuple qui fi*est pas aveugle.

Il n'en est pas ainsi chez nous , et c>«;t surtout dans nos rapports avec le Brésil que de graves inconvénients se sont manifestés. Le Brésil , qui recherche avec foveur les marchandises françaises, produit principalement des bois, du coton, du sucre et du café.

De ces quatre articles, deux sont refusés en France, par suite des exigences du système colonial. £n outre, comme là cotons brésiliens sont malheureusement encore d'une qualité inférieure , notre commerce est condamné à n'opérer ses retours qu'avec des peines mfinies, puis(;^u'il ne lui reste plus que les bois. Les Brésiliens n'en préfèrent pas moins les soieries françaises, notre sellerie, une multitude d'articles de tabletterie et de

• mercerie, notre bijouterie ûne, notre bijouterie fausse, nos vins du Lan-

Î[uedocet nos modes; mais encore une oit ils n'ont presque rien à nous donner en retour. Qu est-il arrivé ? ce qui était inévitable. La marine étrangère, à l'essor de laquelle ne s'opposent pas les mêmes entraves, nous a enlevé le transport d\ine grande partie des échanges entre la France et le Brésil , échanges restreints d'ailleurs par les mêmes difficultés.

Sous ce rapport , il ne saurait y avoir matière au doute. Sur nos documents douaniers, le Brésil figure d*abord au dixième rang, en importance, parmi les nations qui reçoivent des produits français. Il n'occupe plus que le dixhuitième rang parmi les nations qui envoient leurs denrées à la consommation française. « Ainsi,» dit M. Horace Sav que nous aimons à citer, « ainsi « les retours brésiliens sont restés t dans la proportion de sept à douze ;

]LBiS. WêÈ

« c'est-à-dire que pour chaque fois « douze cents francs de produits fran- A cais, consommés au Brésil, il n'a tt été apporté en France que pour « sept cents francs de valeur en pro- <( duits brésiliens. » Les importations d'articles du Brésil qui étaient par an de douze millions de 1827 à 1829, n'ont plus été que de neuf millions en 1835 et 1836. Cependant notre commerce a prospéré , car les exportations pour le Brésil , qui n'étaient que de douze millions en 1827, sont montées au delà de vingt- cinq millions en 1836. C'est ce qui fait dire à M. Horace Say : « A mesure gue le « Brésil consommait davantage de pro- « duits français, la France consommait ^ chaque année moins de produits bré- (t si liens. Les navires se rendant au « Brésil manquaient de chargement de « retour, et la marine nationale res- • tait dans un état stationnaire , alors « que le commerce d'expédition portait M sur des valeurs plus importantes. »

Voici les résultats de ce déplorable système. En dix années, neuf cent quatre-vingt-seize navires de commerce sont sortis de France pour le Brésil. Sur ce nombre, quatre cent quatre-vingt-cinq seulement ont effectué leur retour en France. De ces neuf • cent quatre-ving(t*sei2e navires, cinq cent soixante-sept seulement étaient français, vingt et un brésiliens, et quatre cent huit étrangers. Sur soixanteseize navires sortis de France en 1827 , pour faire voile vers le Brésil , soixante-trois étaient français, treize seulement étrangers. Dix ans plus tard , sur cent quatorze navires sortis, cinquante-sept étaient français, deux brésiliens et cinquante-cinq étrangers.

La marine française, qui opérait d'abord les cinq sixièmes des transports, n'en conservait plus, en 1837, que la moitié. Que repondre à de pareils faits ? Ils démontrent clairement que les intérêts de la marine ne peu vent pas, plus oue ceux du commerce, s'accommoder d'un système boiteux. Si« au moins, le Brésil avait profité de ces pertes; mais non , ce sont les navires anglais ou même autrichiens qui nous ont rem*

maà FEAHGB. au M

Y^Bcés, On parle tmm jMrt de là

nécessité de relever notre marine marchande de rabaissement où elle est tombée, et qui est si nuisible au développement de notre marine mili^ taire. Quel plus beau débouché lui offrir aue le Brésil , un empire immense, aune fertilité fabuleuse, qui n'a pas de marine marchande, et qui ne

Saraît pas devoir s'en faire une avant e longues années? Oui, mais pour cela , tous les plus beaux traités seraient insuffisants. Il ne faut rien moins qu'une réforme complète de notre système colonial et fiscal. Nonseulement notre marine marchande est privée des moyens d'effectuer ses retours, par les prohibitions' qui repoussent les produits étrangers ou par les droits protecteurs qui en restreignent la consommation; mais il n'est pas j usqu'aux bois de construction, aux lers et aux cordages, qui ne soient frappés de taxes immodérées, et qui n*élèvent ainsi de toutes les manières le prix du fret, nécessaire à Texistence de nos niarius et de nos capitaines.

On nous pardonnera d'avoir jetéee , • coup d'œi I rapide sur les imperfections de nos institutions commerciales à l'occasion du Brésil. Ce pays occupe une position géographique qui lui donne, pour nos intérêts , une importance toute particulière. Confinant à notre colonie de Cayenne, si bien laite pour un bel avenir, situé presque en face de notre colonie du Sénégal , à l'endroit le plus rapproché de l'Amérique du Sud et de l'Afrique, le Brésil est à la veille de se rattacher encore à la France par notre colonie de l'Algérie.

Avant peu, un service de bnteaux à vapeur le mettra en rapports réguliers avec Nantes. Il est à désirer que cette ligne de pyroscaphes touche à Cavenne en même temps qu'au Sénégal. Lorsque le port d'Alger sera construit et l'Algérie colonisée, le Brésil pourra, par notre entremise, conmier- . oer activement avec la Méditerranée.

Marseille, Alger, notre comptoir du Sénégal, Cayenne, le Brésil et Buenos»

Ayres offriront à notre marine marcoande une carrière nouvelle, qui

foom im |oar« paaI-dlK, rivaliser avec celle que nous livrent déjà l'Amérique du Nord et les Antilles. Au lieu de lutter avec peine sur des marchés encombrés, il faut songer aujourd'hui à s'ouvrir des marchés novh veaux.

Bbeslb , bourg du département de l'Oise, à seize kilomètres de Beauvais, ancien iief des évéques de cette ville , dont l'un, Philippe de Dreux, y fit construire, en 1310, un fort considérable. Ce château fut plusieurs fois assiégé, et subsista jusqu'en 1700, époque où il fut démantelé par ordre du cardinal de Janson.

Au sud-ouesf de Bresie, près des ruines d'un camp romain qui dut être considérable, se voient les ruines de la célèbre abbaye de Froidement, fondée au douzième siècle par Lunceiin et Manassès de Bulles.

Bbxssb, en latin Breœimùû Brkula, — Cett» province a pris son nom d'une grande forêt qui s'étendait depuis le Rhône jusqu'à Châlons, et qu'on appelait £rixius Saltus. Au moment de la conauéte des Gaules par les Romains, ce pays était habité par \e& Ségusiens ou Sébusiens, originaires du Forez, que les Éduens avaient subjugues, et que, pour oette raison, César appelle Clientes Eduorum, L'étendue actuelle de la Bresse est d'caviron soixante - quatre kilomètres, soit^en long, soit en large. Ses limites sont : au nord, le duché de Bourgogne et la Franche-Comté ; au sud, le Rhône qui la sépare du Dauphioé; à l'est, le Bugey ; a l'ouest , le I^ronnais , et la Saône qui la sépare du Lyonnais. Elle se divisait en haute Bresse, ou pays de Bevermont, et en basse Bresse, située à l'ouest de la première. Au oommenoement du cinquième sièela, elle futconquise par les Bourguignons, et passa avec leurs autres possessions sous la domination des fils de Clovis.

Elle fit partie du second royaume de Bourgogne qui se forma vers la fin du neuvième siècle \ mais plusieurs sei« gneurs, profitant de Téloignement des rois d'Arles, se partagèrent la Bresse, sous le règne de l'empereur d'Aile-

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nu^nM^ Henri III. Les principaux fu* rent les sires de Baugé ou de Bagé, les sires de Coiigni, ceux de Thoire et les seigneurs de Villars.

Les sires de Baugé furent les véri* tables seigoeiirs de la Bresse, et y exercèrent les droits de souveraineté.

I.pur État tirait son nom de la capitale, Baugé, et renfermait, outre cette ville, celles de Bourg, Châtillon, Saint- Trivier, Pont-de-VesIe, Guiseri , Mirbel , et toat le pars , depuis Cuiseri jusqu'aux portes de Lyon , et depuis Baugé jusqu'à Lyon.

C'est à tort que beaucoup d'écrivains donnent pour premier seigaeur de Baugé un certain Wigues ou Hu»

gues; ce personnage n'est autre que Hugues le Noir, fils puîné de Richard le Justicier, duc de Bourgogne, qui lui assigna , dans le partage de ses États, la Bresse, le Méconnais, le Beaujolais, le Cliarolais, avec une partie du comté de Bourgogne. Les successeurs qu'on donne à ce Hugues, prétendu sire de Bresse, paraissent également supposés jusqu'à Rodolphe ou Raoul. Les descend<M0t8 de celui-ci lui succédèrent jus(}a*eQ 1365, époque où la Bresse passa au comte Amédée de Savoie. Ce fut seulement en 1601 que, par un traité conclu à Lyon entre Henri IV et Charles-Emmanuel, due de Savoie, la Bresse fut rendue à la France, avec le Bugey et la baron nie de Gex, en échange du marquisat de Saliice. Depuis cette époque, la Bresse fut enclavée dans le gouvernement militaire de Bourpgne ; elle fait maintenant partie du département de TAîn.

BfiESSE (seigneurs de). — Comme on vient de le voir, le premier sei<;neur de. Bresse bien connu est Rodolplie ou Raoul y qui vivait dans la premièi^ moitié du on;:ième siècle. On ne possède aucun détail sur sa vie.

lienaiid , qui paraît lui avoir succède, et qui vivait vers le commencement du douzième siècle, n'est pas mieux connu.

Il eut pour successeur Joscerand ou Gtmscerand, son Ois aîné.

Il est attesté par des documents certains que, sou§ Ulric ou Odalric,

fils et héritier du précédent, la Bmêèb reconnaissait le roi de France pour suzerain. En 1120, Ulric partit pour la terre sainte; à son retour, il embrassa la vie monastique. Menmid II, son ms , mourut ea

Renaud III fut contraint d'avoir recours au roi de France pour résister aux attaques de Girard, comte de Mâeon, d'étienne, son frère, d*Uurobert, sire de Beaujeu, et de l'archevêque de Lyon qui , s'étant ligués contre lui , avaient ravagé ses terres et emmené son lils Ulric prisonnier. Louis le Jeune, auquel Renaud tenait par quelques liens de parenté, répondit à sa supi)iique en ordonnant au sire de Beaujeu oe mettre Ulric en liberté. Mnis je sire de Beaujeu ne tint nul compte de cet ordre, ainsi que le prouve une seconde leltK de Renaud a Louis le Jeune, lettre dans laquelle il engage ce prince à venir sur les lieux, en lui offrant la suzeraineté de ses châteaux, qui ne relèvent, dit-il, de personne. On ignore comment fmit ce démêlé; seulement en 1161 Renaud et Guerric, son parent, firent, au château de Chantel« les, un traité d'alliance avec Archambault VII, sire de Bourbon et son fils, envers et contre tous , excepté le roi de France, le due Bourgogne et le comte de Savoie.

A Renaud III, mort en 1180, succéda Ulrk II y qui mourut vers 1220.

Renaud Il\ son fils, fut un des bienfaiteurs de la chartreuse de Montmerle, qa*il combla de ses libéralités, et dont il fit bâtir les cellules. L'an 1239, il partit pour la terre sainte, d'où il était de retour l'an 1247. En 1249, il fit son testament, et alla une seconde fois en Palestine , où il mourut la même année.

Gtd, fils a!né de Renaud IV, étant encore mineur, Philippe de Savoie, archevêque de Lyon, son pai*ent, lui donna un curateur, lequel accorda, en 1351, une charte d'afliranchissement aux habitants de Baugé, dft Bourg et de Pont-de - Vaux. Quatre ans plus tard, se voyant infirme, il fit son testament , par lequel il institua son hé-

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rHter rienfliikCqiii naîtrait de n femme

alors enceinte. Elle aocoucfaa d'une fille, nommée Sibylle, qui recueillit la succession de son père, mort en 1268.

Sibylle porta ses biens dans la maison de Sa?oie par son mariage avec Amédée, prince de Piémont, devenu comte de Savoie en 1285. C'est ainsi que la basse Bresse fut réunie à la Savoie, qui iinit par posséder tout le pays, et le céda à la France en 1601, ainsi qu'on l'a vu dans Tartiele précédent.

Bbbssibux , ancienne seîgneu rie du Dauphiné, à vingt-quatre kilomètres de Vienne (aujourd'hui département de l'Isère), érigée en marquisat en 1612.

Bbbsson ( Jean • Baptfst» • Marie»

François), député par le département des Vosges à la Convention nationale, se montra partisan de ce qu'il appe< lait « rÉvangile de la douce et sage liberté, » et eut le courage de son opinion. Pendant te procès de Louis * XVI , il se borna à demander la dé* tention du monarque, jusqu'à ce qu'il fût possible de le bannir. Mis hors la loi après le 31 mai, rapçelé à la Con- ?eiition après le 9 thermidor, M. BressoB passa, en 1795, au Conseil des Cinq-Cents, d'où il sortit en 1798.

Depuis, il fut employé au ministère des affaires étrangères, et mourut en 1832, quelques années après avoir été admis a la retraite.

Bbbbsuibb ou Bersuire y en latin Bersuria, ville de l'ancien bas Poitou, aujourd'hui chef-lieu de sous-préfecture du département des Deux- Sèvres.

Quel<]ues écrivains pensent que

Bressuire est l'ancienne Segora, mentionnée dans l'Itinéraire d'Antonin.

Guyard deBerville, dans son Histoire de du Guesclin, dit, qu'en 1371, épo* que oH les Anglais en étaient maîtres, cette ville était considérable par le nombre et la richesse de ses habitants, par la bonté de ses fortifications, et surtout par son château. Elle avait un gouverneur, une garnison; et du Guesclin fût obligé d%n &ire.le siège dans toutes les formes. Il la prit d'assaut et passa la garnison au fil de i'épée ; le cbâteau capitulai la ville fut

Eillée par le soldat, qui y fit on riche utin. Avant la révolution, les gnerres

de religion et plusieurs autres causes avaient déjà réduit cette ville à un état complet de décadence. L'enceinte de «es murs , qui ne servait plus qu'à as» surer la perception de Foctroi , attestait bien encore son ancienne importance, mais, sur plusieurs points, des jardins, des prés, des champs avaient remplacé les habitations. La guerre de la révolution a consommé «a ruine; elle fut alors entièrement réduite en cendres , à l'exception d'une seule maison et de l'église. Bressuire , dont la population est de quatorze cent •oixante-quinze habitants, possède on tribunal de première instance, une société d'agriculture et de commerce et un petit séminaire.

Bbessuibe (combatde).— Les Vendéens révoltés , au nombre de plus de dix mille, assiégeaient Bressuire, feibiement défendue par quelques com« pagnies de chasseurs et de grenadiers.

Mais de nombreux détachements des gardes nationales de ChoUet , Parthenay, Angers, Nantes , Tours , la Rochelle, Rocbefort, Saumûr, Poi* tiers, etc., s'étaient mis en marche pour secourir cette place. Les deux partis en vinrent aux mains sous les murs de Bressuire, le 24 aodt 1792.

Le combat ne fut pas long; les roya* listes insurgés formèrent en vain une longue colonne serrée : ma\ armés, et ressés de toutes parts , ils furent ientôt entamés, mis en déroute , et se sauvèrent dans le plus grand désordre. Leurs chefs , incapables d'un vaste pian, divisés d'intérêt, ne songèrent, dès le commencement de l'action, qu'à éviter la fureur des patriotes. Six cents insurgés trouvèrent la mort aux portes de Bressuire; les blessés se traînèrent dans les bois, , ' qui furent bientôt jonchés de cadavres.

BfiËST , ville de Bretagne , l'un des chefs-lieux d'arrondissement du département du Finistère.

Quelques auteurs ont cru que Brest était le Brivates portas des anciens ; d'autres, et cette opinion est celle de

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M. Walckenaer (*), y ont vu le Gesocribates des Romarns. Quoi qu'il en soit, l'histoire ne commence à faire mention de Brest qu'en 1340, époque où Hervi, oomte de Léon , céda cette ville à Jean T', duc de Bretagne.

En 1341, Jean de Montfort vint mettre le s;ége devant Brest, qui avait pour gouverneur Gamier de Glissen.

Ce dernier périt victime de son courage et de son dévouement , et le château se rendit à Montfort. En 1372, Jean IV, du< rie Bretagne, abandonna la ville et le château aux Anglais, a la diarge par eux de les défendre et con* •ervar pendant la guerre « et de les lui rendre à la paix. Il en recouvra la possession après la mort d'Édouard JII , roi d'Angleterre. Mais la guerre ayant éclaté de nouveau entre la France et la Bretape, il en confia de» reohef la défense a une garnison anglaise, qui y entra le juin 1378 , et refusa d'en sortir lorsque la paix fut conclue. Les Francis , unis aux Bretons, Tassiég^ent vainement en i88S et 1386. Toutefois 9 Richard II con* sentit à la rendre au duc de Bretagne (1397), moyennant une forte rançon. Dans le siècle suivant, les Anglais tentèrent souvent de la reprendre , et les Français 8*en emparèrent* sous la conduite du vicomte ne Rohan. Enfin, Brest fut définitivement réunie à la France par le mariage de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. En 1591 , elle eut encore à se défendre contre les Espagnols, et, en 16IM contre les An-

tiais ' qui tentèrent contre elle un ernier et vain effort.

Brest ne prit guère d'accroissement que vers 1670. En 1680 Vauban ût construire une enceinte de fortitot'ons qui se trouva insuffisante en î778.Une seconde fut construite alors, et la ville atteignit bientôt la population et l'importance dont elle jouit aujourd'hui.

La rade de Brest est regardée comme une des plus belles du monde,

(*) Géogrtiphm atcUtmë des Gaules, 1. 1, p. 377,

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sinon pour Tétendue , du moins pour la siireté , et son port , le premier de nos ports militaires, peut contenir phis de cinquante bâtiments.

Brest, dont la population est niain> tenant de vingt-neuf mille huit c<mt soixante habitants, possède une préfecture maritime , des tribunaux de première instance et de commerce, des consulats étrangers , une éoole de navigation de première classe, une école spéciale du génie maritime, une école secondaire de médecine, de chi^ rurgie et de pharmacie, et une bibliothèque de vingt mille volumes. C'est la (Mitrie de Lamothe-Piquet, de K«iw saint et d'Orvilliers.

Bretagne. — A l'époque des conquêtes de César, toute la Gaule était possédée |)ar trois races principales, oui différaient entre elles de langage , de moeurs et d'institutions. C'étaient les Belges , (]ui s'étendaient depuis le Rhin jusqu'à la Seine; les Aquitains, qui habitaient entre la Garonne et les Pyrénées ; et les Galls ou Celtes, qui possédaient les pays situés entre la Seine^ la Garonne et TOcéan. Les ha* bitants de Tile de Bretagne parlaient la même langue et avaient les niêmes moeurs et les mêmes institutions que les Galls ou Celtes, avec lesquels ils ne formaient qu'un même peuple. On désignait en général , sous le nom

Ârmorique , les pays baignés par l'Océan. Cependant cette dénomination s'appliquait quelquefois , d'une manière plus particulière, à la pointe nord-est de la Gaule , qui finit par m plus afolr d'autre nom.

Trois peuples principaux occupaient l'Armorique ; c'étaient les Vénètes {/ eneti)^ qui habitaient le territoire dont s'est formé depuis le diocèse de Vannes; les Osismiens (Osîsmii), qui habitaient la pointe occidentale de la péninsule; et les Curiosolites (Curiosolitœ) , établis dans la contrée qui forme le diocèse actuel de Saint- Bdeux. De ces trois peuples, les Vé»

nètes étaient les plus puissants, et ils exerçaient sur les deux autres une sorte de souveraineté.

Les Armoricains ue furent point des

LUNIVERS.

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derniers à voler au secours de la patrie commune , quand le bruit de 1 invasion romaine se répandit dans les Gaules. Le contingent qu'ils fournii«nt pour la guerre qui ee termina par la prise d* Alise, s'éleva à trente-six mille hommes. C'était le septième de l'armée entière des Gaulois. Cependant , découragée sans doute par le neu de succès des efforts qu'elle avait faits pour rindépendanoe , rArnnorique se soumit presque sans résistance, lorsqu'elle vit tous les autres peuples paulois domptés par les armées de César. Une seule légion suffit pour lui élire mettre bas les armes , et la fot^ cer à donner des otages. Mais les Vénètes ne purent supporter longtemps le joug nouveau qui pesait sur eux.

Des officiers roninins ayant été envoyés par Crassus. lieutenant de César , pour lever chez eux la pari de contribution à laquelle ils avaient été taxés, ils s'en emparèrent, et, les retenant prisonniers , ils déclarèrent

Î[u'ils ne les lâcheraient que lorsqu'on eur aurait rendu leurs otages. César allait partir pour Tlllyrie , (juand on lui annonça la révolte des Venètes. Il revint en toute hâte sur ses pas , et se prépara à punir, d'une manière terrible , une tentative qui , si elle n'était promptameni réprimée, pouvait avoir, efaes un peuple comme les Gaulois, de nombreux imitateurs.

De leur côté, les Vénètes firent aussi des préparatifs; ils appelèrent à leur secours leurs frères de l'île de Bretagne, recrutèrent des guerriers et des matelots sur toute la côte septentrionale de la Gaule, et rassemblèrent une flotte formidable.

Le récit que César nous a laissé de son expédition contre les Vénètes est la première et la plus ancienne page de l'histoire de la Bretagne. Nous croyons donc devoir donner ici une traduction de ce passage des Commentaires j qui contient d'ailleurs sur la marine de ce peuple des détails d*un grand intérêt.

«César, prêt à entrer en campagne, donne nu jeune D. Brutus le commandement de la flotte et des vaisseaux gaulois qu'il a exigés des F ic-

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tons , des Santons et antres pays

pacifiés, et lui ordonne de se rendre au plus tôt chez les Vénètes. Il y marche lui-même avec les troupes de terre. La plupart des villes de cette eôte sont situées à Teitrémité de langues de terre et sur des promontoires; elles n'offrent d'accès, ni aux i^cns de pied , quand la mer est haute (ce qui arrive constamment deux fois en ' vingt-quatre heures), ni aux vaisseaux

?ue le reflux laisse à sec sur le sable. >n ne pouvait donc aisément les assiéger. Si, après de pénibles travaux, on parvenait à contenir la mer par des digues , et à élever une terrasse jus* qirà la hauteur des murs , les assiégés, lorsqu'ils désespéraient de leur lortune , rassemblaient leurs nombreux vaisseaux , y transportaient tous leurs biens , et se retiraient dans d'autres villes voisines, où la nature leur offrait les mêmes moyens de défense. Durant une grande partie de l'été, cette manœuvre leur fut d'autant plus facile , que notre flotte était retenue par les vents contraires, et pouvait à peine naviguer sur une mer vaste , ouverte , sujette à de hautes marées , et presque entièrement dépourvue de ports.

« Les vaisseaux des ennemis étaient construits et armés de manière è lutter contre ces obstacles. Ils ont la carène plus plate que les nôtres ; aussi redoutent-ils moins les bas fonds et le reflux. Les proues sont très-hautes, et les poupes plus propres à résister aux vagues et aux tempêtes ; les navires sont tout entiers de chêne , et peuvent soutenir le choc le plus rude.

Les bancs, faits de poutres d'un pied d'épaisseur, sont attachés par des dous en fer de la grosseur d'un pouce; les ancres sont retenues par des chaînes de fer au lieu de cordages ; les voiles sont de peaux molles amincies, bien apprêtées, soit qu'ils manquent de lin , ou ne sachent pas remployer, ou plutêt qu'ils croient impossible de diriger avec nos voiles des vaisseaux aussi pesants, à travers les tempêtes et les vents impétueux de l'Océan.

Dans l'action , notre seul avantage

est de les surpasser en agilité et en vitesse ; du reste , ils sont bien plus en état de lutter contre les mers orageuses et contre la violence des tempêtes. Les nôtres, avec leurs éperons, ne pouvaient entamer des masses aussi solides , et la hauteur de leur construction les mettait à Tabri des traits ; aussi craignent-ils moins les écueils. Si le vent vient à s'élever , ils s'y abandonnent avec moins de périls, et ne redoutent ni la tempête, ni les bas-fonds, ni, dans le reflux, les pointes et les rochers. Tous ces dangers étaient à craindre pour nous.

« César avait déjà pris plusieurs villes ; mais sentant que sa peine était inutile, et qu'il ne pouvait ni empêcher la retraite des ennemis , ni leur faire le moindre mal , il résolut d'attendre sa flotte. Dès qu'elle parut, et que Tennemi la découvrit , deux cent vingt de leurs vaisseaux environ, parfaitement armés et équipés, sortirent du port et vinrent se placer devant elle. Brutus, qui en était le chef, et les tribuns et centurions qui commandaient chaque vaisseau , étaient indécis sur ce qu'ils avaient à faire et sur la manière d'engager le combat. Ils savaient que Téperon de nos galères était impuissant; les tours de nos vaisseaux n'étaient pas assez hautes pour atteindre la poupe de ceux des barbares ; nos traits, lancés d'en bas, seraient sans effet, tandis que les Gaulois nous en accableraient. Une seule invention fut d*un grand secours ; c'était une espèce de faux extrêmement tranchante , emmanchée de longues perches, assez semblables à celles qu'on emploie dans les sièges. Avec ces faux, on accrochait et Ton tirait à soi les cordages qui attachent les vergues aux mais; on les rompait en faisant force de rames ; les vergues tombaient nécessairement, et les vaisseaux gaulois, en perdant les voiles et les agrès qui faisaient toute leur force, étaient réduits à l'impuissance. Alors le succès ne dépendait plus que du courage, et en cela le soldat romain avait aisément l'avantage , surtout dans une bataille livrée sous les yeux

de César et de toute l'armée : aucune belle action ne pouvait rester inconnue; Tarmée occupait toutes les collines et les hauteurs d*alentour, d*où • la vue s'étendait sur la mer.

« Dès qu'un vaisseau était ainsi privé de ses voiles, deux ou trois des nôtres l'entouraient , et nos soldats sautaient à l'abordage. Les barbares»

ayant perdu une partie de leurs navires , et ne sachant que faire contre cette manœuvre, cherchèrent leur salut dans la fuite; et déjà ils se disposaient à proûter des vents , lorsque tout à coup il survint un calme plat qui leur rendit tout mouvement impossible. Cette circonstance compléta la victoire : les nôtres les attaquèrent, et les prirent l'un après l'autre ; un bien petit nombre nut regagner la terre a la faveur de la nuit. Le combat avait duré depuis la quatrième heure du jour jusqu'au couctier du soleil.

« Cette bataille mit fin à la guerre des Yénètes et de tous les États ma- ritiroes de cette côte ; car toute la jeunesse, et même tous les hommes crun âge mur, distingués par leur ran^ ou leur caractère, s'étaient empressés de prendre les armes. Ils avaient rassemblé tout ce qu'ils avaient de vaisseaux , et cette perte ne leur laissait aucun moyen de retraite ou de défense. Dans cette extrémité, ils remirent à César leurs personnes et leurs biens. César cnit devoir en foire un exemple sévère , gui apprît aux barbares à respecter désormais le droit sacré des ambassadeurs. Il fit mourir tout le sénat, et vendit les autres à l'encan. »

L'anéantissement de la nation des Vénètes consterna les Armoricains.

Depuis cette époque, ils ne firent, pour recouvrer leur indépendance , aucune tentative dont l'histoire ait conservé le souvenir. Lorsque ensuite Rome établit dans les Gaules des divisions administratives , ils furent compris dans la Gaule lyonnaise ; et quand cette province fut de nouveau partagée , ils firent partie de la troisième de ses subdivisions.

BRE * m

I^es Romains, une fois paisibles possesseurs (Je la Gaule, Tnistoire, qui s'était plu à raconter les efforts que leur avait coûtés la conquête de cette contrée , se tait de nouveau sur elle ; et, jusqu'à la fin du troisième siècle, il n'est plus question de l'Armorique.

A cette époque, un certain nombre de familles des côtes de Tile de Bretagne y passèrent pour échapper aux ravages des pirates saxons. Dioctétien, qui tenait alors le sceptre impérial, leur permit de s'y établir, et leur assigna des terres dans le pays des Curiosolites et des Vénètes. A cette colonie s'en joignit une autre, en 864 ; mais , vingt ans après , une troisième émigration, plus considérable, vint renouveler presque entièrement la population de TArmorique, et Inî donner une existence indépen* dante.

Maxime, gouverneur de la Bretagne, avait pris dans cette province la pourpre impériale. Maître de l'île entière , il passa dans les Gaules avec une armée dont faisait partie un corps de Bretons commandés par Conan Mériadec, fils d'un prince du pays.

Ce chef, après les premiers succès de Maxime , lut chargé du commandement de l'Armorique, et il alla s'établir au centre de son gouvernement.

Les triomphes de l'usurpateur ne furent pas de longue durée. On sait qu'il lut vaincu et tué près d'Aquilte par Vaientinien. Mais le vainqueur se jnontra clément envers les soldats du ▼aincu. Les Bretons qui se trouvaient

f)armi eux eurent la permission d'aler rejoindre Mériadec et de se fixer auprès de lui. Il est probable que Conan fut alors confirmé par Vaientinien dans le commandement qu*il avait reçu de Maxime. Mais bientôt de nouvelles émigrations d'insulaires étant venues augmenter sa puissance, il se déclara indépendant, et se fit proclamer roi de la petite Bretagne , ou Bretagne armoricaine.

C'est ainsi que l'on appelait la péninsule occidentale de la Gaule, depuis que les insulaires étaient venus s'y établir en foule. D'ailleurs, le nom

jyC£. BHË B49

d'Armorique avait depuis longtemps repris son ancienne acception, qui s'était même considérablement étendue.

On comprenait en effet, sous cette dénomination, depuis la fin du troisième siècle , toutes les contrées placées sous le commandement de l'officier chargé de la défense des côtes de la Gaule , c'est-à-dire toutes les provinces situées entre la Seine et la Loire. Cet officier, qui portait le titre de duc de l'Armorique, avait une cohorte sous ses ordres , et résidait à Guérande. Telles étaient les fonctions que Maxime avait confiées à Conan, et 9ue ce chef exerçait lorsqu'il se rendit mdépendant.

Afin de ne point interrompre plus tard le récit des événements août l'Armorique fut le théâtre , nous dirons ici quèlques mots des diverses dénominations qui lui furent successivement appliquées. Les écrivains du septième siècle la désignent par les mots : Cornu Galliœ , dont plus tard on a fait Cornouaille , nom qui est resté à Tun des évéches de la Breta* gne {*). Les Bretons eux-mêmes donnaient antérieurement au pays qu'ils habitaient le nom de Lydaw , que les écrivains du moyen âge ont rendu en latin par Lxtavia ; ptiis tard, ils l'aplielèrent Domna/Ua, Domnonée. Lors* que les Francs , sous Clotaire P*", se turent rendus maîtres des territoires de Rennes et de JSantes , les chefs qui régnaient sur le reste de la péninsule prirent le titre de rois de la Domnonée , et ce nom resta longtemps â la Bretagne indépendante , c'est-àdire, aux évêchés de Vannes , de Cornouaille, de Léon, de Tréguier, de Saint-Brieux , et à une partie de celui de Saint-Malo*

(*) Dans k langue deiBretoM le non dt

la Cornouaille est Kemaiv. N'aunit-on pu

fait de ce mot Cornu- Galliee , comme de Lidaw on fit Lœtavia, <\u^un savant traduit

(>ar pays des Letes ou Litfs?hË& Latin;» cucnme es Grecs, et cftUe manie fut poussée fort loin, donnaient à presque tous les noms étrangers uae «gnilicaliou dans leur propre langue.

lit BBB L'UN

mou, COMTXS ET DUCS SK BRKTAGBE.

Conan sut'éUigoer de la Bretagne le iléau des barbares ; il sut éuah ment résister à toutes les entreprises que iirent les Romains pour le réduire à leur obéissance. Il mourut en 421 , après un règne glorieux. Il était cbr^ tien, et on lui attribue la fondation des évécbés de IHol , 4ie Vaimes et de Qu imper.

Salomon son petit-ûls, lui suc* oéda, et fut tué dans une révolte, en 4Z4 , après un règne de treize ans.

GraUan^ comte de Cornouailfe, qui fut soupçonné d'avoir pris part au meurtre de Salomon , lui succéda.

Vaincu en 439 par Letorius, général ' romaiot il s'empara de Tours en 445; mais cette ville fui fut reprise la même année par Aétius. U mourut bientôt après.

Audren, ills de Salomon I*", monta fut le trdne eu 446. Ayant envoyé son frère au secours des Bretons insulaip res révoltés contre les Alains, il attira sur lui la vengeance de ces derniers, et ne dut la paix qu'à l'intervention de saint Germain. Il mourut eu 4t>4| laissant quatre fils.

Sreeh^ Tun d'eux, fut son succès* seur. Défait en 470 par les V isigoths, il fut obligé de se réfugier en Bourgogne; de retour dans ses États, il gouverna sagement jusqu'à sa mort , qui arriva en 478.

L'usurpateur Eusèbe^ que les chroniqueurs représentent comme un tyran barbare, régna après Erecbi ii mourut en 490.

Budic, fils d'Audren, monta alors sur le trône. Il mourut en 509,* après un règne glorieux , mais en laissant ses peuples aux prises avec les Frisons.

Hoel son lils, était alors dans rtle de Bretagne. 11 revint, en 513, frire valoir ses droits au trdne de son père , chassa les Frisons , et mourut en ftih nprès un règne paisible.

Les fils (le Hoef T' se partagèrent ses Etats et en firent trois grandes principautés : Hoel II eut en partage la BreUgoe orientale, c'est-à-dire.

Rennes et le pays qui s'étend au nord

rERS. 9tB

jusqu'à la mer ; Canao eut le pays de mutes « et MacUauc le pays de Vannes. La Bretagne occidentale formait alors deux comtés indépendants : l'un ( celui de Léon ), qui reconnaissait la suzeraineté du roi des Francs, ne fut réuni au reste de la Domnonéequ'à la fin du sixième sièele ; l'autre ( la Gornouaiile ) était possédé par un frère de Hoël V\ nommé Budic.

« Cependant Conmor , l'un des fils de Hoël , avait réuni dans ses mains l'héritage de plusieurs de ses ftères assassinés par son ordre. Mais un enfant avait échappé au massacre. Réfui^ié à la cour du roi des Francs, ce jeune

f)rince attira bientôt sur sa patrie tous es malheurs uu'entraîne le patronage de l'étranger, les rois se montrent rarement généreux envers ceux qui perdent un trône; mais comme en cette circonstance il s'agissaitd'obtenir,sans courir les chances de la guerre, des avantages que. Jusque-là, les Bretons avaient disputés avec une incroyable énergie, Clotaire promit des secoursau jeune Judual. La révolte de Chramne décida le roi des Francs à brusquer l'attaque qu'il méditait contre l'Ârmorique. On sait que le prince rebelle s'était réfugié chez le comte de Bre* tagne, qui avait épousé, lui aussi, une lillede Williachaire, duc d'Aquitaine.

La péninsule fut envahie par deux armées à la fois : l'une s'empara du comté de Nantes; l'autre alla livrer bataille à Cliranuie, entre Châteauneuf et Saint* ]Malo. Cette bataille fut décisive. Désormais les Francs victorieux ne quitteront pas le pays de Nantes, ni celui de Rennes ; if niudra Pépée de Nominoê pour les en expulser.

ft Réfugiés au milieu de rimmense forêt BrcKilien, ou retronehés derrière leurs marécaizes , les Bretons de la Domnouee. luaigié les dissensions civiles q|ui désolaient leur patrie, rirent cependant encore briller Quelques jours glorieux. Plus d'une fois le roi des Francs apprit avec surprise que ses armées, un instant maîtresses du pays, avaient été taillées en pièces au passage de la Vilaine, par des bandes rassemblées de la v«nie. VmA kl isbeft

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de ces partisans il en est un surtout dont le génie, sauvage, si Ton veut, mais puissant, ét^iit digne d'un plus vaste théâtre. Cft homme était /^afvcA, fils de Macliaocy eomte de Vannes....

« Ce fut contre Chilpérîc qu'il livra sa première bataille. Les Francs étaient venus placer leur camp sur le bord de la Vilaine. Warocb se présente sur la rive opposée, feignant d'en vouloir disputer le passage; mais au milieu de la nuit , il rassemble toutes ses bandes , et, franchissant la Vilaine dans le plus grand silence, il tombe à Timproviste sur Tarmée ennemie et la bat complètement. Un autre se fât laissé éblouir par cette victoire; le comte de Vannes se montra plus habile politique : convaincu qu'elle allait attirer sur la Vilaine toutes les forces de ses ennemis, il se bâta de demander la paix aux vaincus* Les Francs la lai accordèrent , mnis en lui imposant la condition de payer le tribut et de fournir des otiJi^es. 11 promit tout ce qu'on voulut : mais a peine les Francs s'étaient-ils retirés, qu'il oublia tous ses serments..

« L'armée des Francs fut oblicée de rentrer en Bretagne pour la réduire; mais il n'en recommença pas moins ses ravages l'année suivante. Allié de ^rédégonde, qui suscitait partout dtt ennemis aux rois de Bourgogne , il attendit de pied ferme Ébrachaire et Beppolen, généraux envoyés nar Gontran pour le combattre. 11 tut sur le point d*^re accablé; mais il eut l'ba* Dileté de semer la discorde parmi ses ennemis, et il ne les vit pas plutôt séparés, qu'il tomba sur l'un a'eux avic toutes ses forces et l'écrasa. Ébrachaire cependant était en pleine marche sur Vannes ; Waroch lui envoie des ambassadeurs, le comble de présents, et flnit par le déterminer a se retirer en Anjou. Les Francs commencent, en elfet, leur retraite; mais Waroch, qui se joue des traités, a placé une embuscade sur les bords de M Vilaine ; une partie des ennemis a à peine traversé le fleuve, que les Bretons se jettent suc son arrière-gar-

de, et la taillent en pièces. Depuis cette époque, Thistoire ne fait plus mention du vaillant comte de Vannes (*). »

Les derniers Mérovingiens ne s'oc* cupèrent pas des princes bretons; Ju»

dual ou Alcùn I" avait été rétabli par Clotaire dans le comté de CiOrnouaille.

Hoêl III ^ son fils , lui succéda en 594, réunit sous son autorité la plus grande partie de la Bretagne, et prit même le titre de roi ; il aieurut en 612.

Salomon //, aon ilt« régna jusque vers Tan 632.

Jvdicaël sortit du cloître pour succéder a son frère; mois en 6â& il ren-' tra dans son monastère, d'après les conseils de saint Éloi« et j nounil en 658.

Alain II, encore enfant, succéda h son père; il mourut en 680 , laissant plusieurs enfants.

CrfUkm II, (ils du précédent, ne garda de ses États que le conté de Cornouaille, qu'il dut cnooM partager avec ses cousins.

Depuis cette époque jusqu'à Nomé- Doé , on voit paraître successivement :

Danifi, neveu de GraUon.

JBudie^mùlds^ surnommé le Grand.

Meliau, qui se donna le titre de roi, et qui fut, ainsi qu'Argaut, soumis par les Francs , en 786.

Hivod, qui, après s'être emparé du oomté de Cornouaille, par le meurtre de son frère Meliau, en 792, s'en vit dépouillé par le comte Guy en 790.

Jarnithiny qui régna de 814 à 818.

Morvan, qui fut assassiné l'année de son avènement.

Guyomareh de Hon^ qui s'étant révolté, en 8ÎÎ2, contre Louis le Débonnaire, fut vaincu en ââ4, et tué en 825.

Noménoé, l'un des plus grands prin* œs qui aient gouverné la Bretagne, fiit,

en 825, nommé due de cette contrée par Louis le Débonnaire. Tant que ce prince vécut, il reconnut sa suserai-

(*) Essai sur I histoire , ta langne et ici wtâtÊiÊiûnê de ia Bretagne armotktdm , par M. de Counoo. Cet ouvrage, plein derecherclies 8avant2S , nous a été UéMlUle pour k rédactioo de cet article.

llft£ . L'UMIVËES. BRfi

neté; mais à sa mort, il prit le titre de roi. Attaqué par Charles le Chauve, en 842 , il battit les troupes de fee monarque, puis, en 845, Charles luimême. Cependant il fut trois fois défait par les Normands, en 848. Les évéques bretons, gagnés parle roi, s'opposaient aux projets d'indépendance de Noménoé; dans une assemblée tenue h Coetlou, en 848, il les destitua tous, érigea Dol en métropole, et cr^ deux nouveaux évéchés, ceux deTréguier et de Saint-Brieux. Il s'emparn ensuite d'Angers. Rappelé dans ses £tats par la présence de Charles, il y revint en toute bâte; mais Temperear ne Tatlendit pas. L'année suivante, il s'empara encore du Mans. Il mourut en 861., à Vendôme.

Érispol, son fils, défit aussi Charles le Chauve, et conclut avec lui une paix avantageuse. Il remportât en 665 , une victoire sur les Normands, et 1^1 assassiné en 867, par son cousin Salomon.

Salomon III, d'abord en hostilité avec le roi de France, lui prêta, en 864 « serment de fidélité, se joignit à lui , en 868 , pour combattre les Normands, et fit aussi avec lui, en 872, le siège d'Angers. 11 fut assassiné en 874, par deux seigneurs, Pasquiten et Gurvand.

Patquiten et Gurvand, h peine maîtres de la Bretagne, devinrent ennemis; ils prirent les armes l'un contre l'autre en 877. Gurvand , deux fois victorieux, succomba à une maladie, et Pasquiten fut assassiné.

y4lain III, frère de Pasquiten, et Jtidicaêl, fils de Gurvand, si^ partagèrent la succession. D'abord divisés, ils se réunirent bientôt contre les Normands, qu'ils battirent en 888. Judicaêl mourut dans l'action. Alain délt une seconde fois les Normands, et régna ensuite paisiblement jusqu'en 907, époque de sa mort.

Gurmhaillon, comte de Cornouaille , lui succéda. La Bretagne fut de nouveau ravagée par les Normands, en 908 et 912.

Juhel Bérenger, comte de Rennes, fils de Judicaëi, se Joignit, en 980, à

Alain Barbetorte pour combattre léf Normands. Ils furent vaincus par' le duc Guillaume, qui força Alain à se réfugier en An^^leterre.

Atain /f^revint en Breta^e en 987, chassa les Normands, et Joignit à son titre de comte de Vannes celui de oomte de Nantes. Il mourut en 952.

Dragon, son fils encore enfant, lui succéda, et mourut l'année suivante.

Ho&IF, bâtard d* Alain, remplaça Dragon en 933 ; il fit la guerre avec Conan , comte de Rennes , et fut tué en 980.

Guerech, fils légitime d'Alain, évéque de Nantes, succéda à Hoëi. Il se battit, en 961 , avec Conan, et mourut en 967.

Conan I", surnomme le Tort, régna d'abord sans opposition ; mais bientôt obligé de défendre sa couronne contre les enfents de Hoêl lY, protégés par Foulques Nerra, comte d'Anjou, il fut tué dans la bataille.

Geoffroi r% son fils, prit, en 992, le titre de duc de Bretagne, et mourut en 1008 , dans un voyage d'Italie.

Jtain y, encore enfant., succéda à son père. Il soumit, en 1024, son oncle Judicaël, révolte contre lui; attaqua, en 1027, Foulques Nerra, et le força à rendre justice a Herbert, comte du Maine. A cette même époque , il épousa Berthe, fille d'Eudes, comte de Blois. Chargé par Robert , duc de Normandie , de la tutelle de son fils Guillaume , il prit les armes à la mort de Robert, en 1035, pour rétablir son pupille dans ses droits. Il y réussit après quatre ans de combats, et mou« rut empoisonne en 1040.

Conan II, fils d'Alain, lui succéda.

Il mourut empoisonné en 1066.

Uoel y. comte de Cornouaille, fut nommé ouc de Bretagne en 1074.

Aidé de Philippe 1", roi de France, il força Guillaume le Conquérant à lever le siège de Vannes. Fait prisonnier ensuite par Eudon , puis délivré par son fils Alain, Il mourut en 1064, laissant cinq enfants.

Alain Fergent lui succéda. Il battit le comte de Rennes et le fit prisonnier; repoussa Guillaume le Conque*

nnt, qtti mkt nne'seooiide fois ftfriégé

Dol , et s'aUia ensuite avec lui contre Herliert, vicomte du Maine, qu'il combattit trois ans avec perte. En 1096, il passa en Palestiue, y resta cinq ans, et se retira, en 1112, au monastère de Redon, où il nx>urat en 1119.

Conan III , son fils, eut à résister à un soulèvement de la noblesse de Bretagne , dont il avait voulu réprimer les entreprises violentes; mais Ténergie qu'il déploya en cette occasion comme justicier ne fut pas secondée heureusement par ses armes ; les seigneurs révoltés le battirent dans une rencontre. Son dévouement aux inté* réts de !a France s'était signalé dès l'an 1124, par l'aide qu'il donna au roi I.ouis le Gros, en marchant sous sa bannière contre l'empereur. 11 mourut en 1.148, laissant un fils, Hoêl, qu'il désavoua , et une fille nommée Berthe , qui épousa en secondes noces Eudes , comte de Porhoet.

Hoél I I et Eudes. La Bretagne se divisa entre les deux prétendants; Nantes et Quîmper prirent parti pour Hoël ; Rennes et d'autres villes pour son compétiteur. Une bataille décida entre eux en 1154, et lit triompher le parti du comte de Porhoet. Hoël, vaincu , se vit abandonné de ses parti» sans, qui se soumirent au roi d'Angleterre, Henri II. Celui-ci donna le duché a son frère Geoftroi, qui mourut deux ans après.

Conan IF, surnommé le PeHty fils de Berthe et du comte de Ridiemont, Alain le JNoir, son premier mari , fit prisonnier Eudes , son beau-pere, et s'empara de la ville de Rennes. La mort de Geoffroi lui facilita la conquête du reste de la Bretagne; et, pour obtenir l'appui du roi d'Angleterre, il fiança sa fille (Constance avec Geoffroi, fils de ce monarque. Les iji- Krigues de Henri II firent ensuite passer l'héritage entre les mains de son fils avant la mort de Conan IV, dont il abreuva d'amertume les derniers jours. Conan IV mourut en 1171.

GeoJJroi II succéda au précédent, bien que son mariage avec Constance

T. III. W UV, (DiCT. ENCYCL. ,

ne fài point encore consommé ; il n'eut' lieu que dix ans après. Il prêta le secours de ses armes à Philippe-Auguste contre divers grands vassaux, et même contre son propre père , Henri II , qui . avait pris part a la révolte de ses frères. Après divers comlNits, le père et le fils se réconcilièrent; mais la discorde éclata entre eux de nouveau à l'occasion de l'Anjou, que Geoffroi convoi-, tait, et quil n'avait pu obtenir. Il recourut encore à Philippe-Auguste , se rendit à Paris , et périt sous les pieds des chevaux, dans un tournoi que le roi de France avait donné en son honneur, en 1186.

Arthur, fils de Geoffroi et de Constance, naquit quelques mois après la mort de son père. La Bretagne, pendant la minorité de ce prince, excita la convoitise du roi Richard, qui s'empara de Constance , la retint prisonnière , niais ne put se rendre maître du jeune Arthur, que les seigneurs bretons eurent l'adresse de mettre en sûreté à la cour de Philippe-Auguste.

Richard mourut sans enfisuits. Jean sans Terre, son frère, s'empara de la couronne d'Anjiieterre , au préjudice de son neveu Arthur, que Philippe- Auguste soutint faiblement en cette occasion. Arthur se rendit en Bretagne, et consentit à faire hommage de son duché à son oncle. Mais quand les hostilités recommencèrent entre les deux rois, Arthur réunit sa bannière à celle de la France et porta la guerre en Poitou. Il fit le siège de Mirâieau, où la vieille reine Éléonore , son aïeule , s'était renfermée, et qu'elle défendit opiniàtrément contre lui. Arrêté longtemps devant le château de cette ville, il se laissa surprendre par Jean sans Terre, qui accourait pour défendre cette place. Arthur, devenu prisonnier de son oncle, fut enfermé au chAteau de Falaise. Jean n'ayant pu obtenir de lui l'abandon de ses droits à la couronne d'Angleterre et aux provinces de France qui en dépendaient, le fit transporter au chnteau de Rouen, sur les bords de la Seine. Les circonstances (jui accompagnèrent la fia tragique du jeune prince sont restées fort incer-

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