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liiMi. Lei ehroniqu«ars présentent divers récits de ce fatal dénomment.
Le roi Jean , si l'on en croit Matthieu Paris , égorgea son neveu de ses propres mains , après l'avoir tait descendre sur Seine dans un bateau. Le eorps , abandonné à la rivière, aurait été retrouvé le lendemain, et inhumé secrètement nu prieuré de Notre-Dame du Pré. Arllmr laissait une fille du nom dfÉléoBore, dmit Jean sans Terre s'était emparé, et qui mourut en 124 1 , dans le château de Brissolf OÙ eiie était enfermée.
Alix, sœur d'Arthur, lui succéda sous la tutelle de Philippe*Auguste, et de Gui de Thouars, son pere. Par son mariage avec Pierre de Dreux, elle
Eorta le duché de Bretagne dans une rancbe de la maison royale de France.
MICt M tanAMK M «AISO» DK VEAMI.
Philippe-Auguste , devenu l'arbitre de la Bretagne , après la triste fin d'Arlhnr et ses victoires sur Jean sans Terre, fit épouser Alix à un prince de la maison de France, Pierre de DreuXy surnommé Maucierc, petitfils de Louis le Gros. Il imposa à son parent des conditions ^ui étaient de nature à placer, dans une étroite dépendance vis-à-vis la couronne de France, le duché dont il n'aurait pu s'emparer directement. Il lui fit jurer de le servir fidèlement envers et contre teus, et de reeevoir les hommages des Bretons avec cette clause :safl(f la fidélité du roi de France^ notre sire. Le nouveau duc s'engairea à s'en rapporter, dans ses conflits avec ses propres vassaux , aux décisions de la cour du foi; son frère, Robert III, comte de Dreux, se rendit caution de ses engas^ements , et consentit à ce que le roi saisît ses domaines si le duc de Bretagne manquait à ce qu'il avait promis. Pierre de Dreux avait d^abord étudié pour entrer dans l'Église. Son savoir , sa dextérité lui avaient valu le surnom que l'histoire a consacré. Il était railleur , peu sineifeu, inconstant dans son amitié . re-
muant et n'écoutant que les oonseiis
d'une ambition intéressée et jalouse. Sa vie se passa dans une agitation perpétuelle,en guerre avec Philippe-Auguste, avec ses propres sujets , ou avec les infidèles. D'abord , il eut à reponseor les attaques de Jean sans Terre, et contribua au succès que le jeune Louis, fils du roi de France , remporta sur les Anglais , au combat de la Kocheau*Moine ( 1S14). L'esprit entreprenant et inquiet de Piene Maucierc se tourna ensuite contre les privilèges ecclésiastiques ; la lutte qu'il engagea de ce côté lui valut une excommunication (1217). Cette hostilité intéressée envers TÉglise ne Tempécha pas de prendre part pour elle contre les Albigeois. Cette lutte pouvait offrira son ambition plus d'un coté favorable.
Après avoir reprimé une révolte de quelques seigneurs bretons, il amena au roi Louis VIII un renfort i)our assiéger la Rochelle. L'autorité dont jouissait rKglise en Bretaiïne était telle qu'il song«a , pour v mettre un ftein, à diriger contre elle l'esprit des nobles. Il tint à Mantes , à cet effets une assemblée générale de la noblesse ( 1225 ) , et y rendit quelques ordonnances contre le clergé. La croisade contre les Albigeois , ranimée par le zèle emporté de Louis VIJI, appela encore une fois le duc de Bretagne, qui suivit le roi au siège d'Avignon. Mais ses intrigues pour supplanter le comte de Flandre, le mirent bientôt en mésintellieeaoe avec Louis, dont la mort suivit de près la prise de cette place. Un nouveau cliamp s'ouvrit alors aux projets ambitieux du duc. La couronne passait sur la téte d'un enfant , et le pouvoir tombait aux mains d'une iraime; c'était une occasion de rejeter les dures conditions de dépendance que Philippe-Auguste lui avait imposées. II se ligua avec les comtes de la Marche et de Gnampagne, et ces trois seigneurs infusèrent d'assister au sacre du jeune roi. Mais la reine Blanche sut détacher de la ligue le comte de Champagne, et Pierre se vit contraint de consentir à un accommodement (1227). L'année
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«te FRANCE. WÉ M
suivante , l'insurrection féodale recomnaença , et Pierre Mauclerc ne manqua pas d*y figurer; toutefois, la tentative échoua de nouveau , et il en fut quitte pour solliciter un second pardon (1228). Bientôt, pour se venger du comte de Champagne , dont rattadMinent pour la régente avait fait avorter ses dessftins , Pierre de Dreux se jeta sur les terres du comte; mais le jeune roi accourut en iiâte, et le duc fut forcé de se retirer (1929). Après un nouveau traité, Pierre Mauelerc , irrité de tant d'efforts infructueux , se tourna du côté de l'Angleterre , se rendit dans ce pays, et s'engagea en secret à conduire le roi en Bretagne. Mais cette nouvelle trahison fut découverte; le roi fit assigner le coupable, qui; n'ayant osé comparaître , fut condamné à perdre ses terres d'Anjou.
Le duc repondit à cette sentence en envoyant un chevalier déclarer qu'il ne se tenait plus pour homme du roi et qu'il le défiait. Louis se mit en campagne, et fit, au cœur de l'hiver, le siège de plusieurs places de Bretagne; enfin , un nouveau jugement déclara Pierre déchu de son duché (1230).' Mais les secours qu'il avait soUicités de l'Angleterre lut arrivèrent n temps, et le roi Louis, dont l'armée étnit travaillée par des divisions et des mécontentements, Alt contraint de rétrograder. Cependant, après Texpiration d'une trêve à laquelle il avait consenti, il assembla de nouveIlesforces,et marcha résolûment contre son vassal.
Mais le doc jugea à propos de ne pas l'attendre; il se rendit a Paris, et se woumit haut et bas à tout ce qu'exiea son suzerain. Ce nouvel accord ura jusqu'en 1236; Pierre Mauclerc ajaut niarié son fils Jean avec l'héritière de Navarre , tenta une nouvelle eoalilkMi contre le roi ; mats l'ambitieux prince touchait au moment où il devait résigner la puissance dont il n'était que dépositaire durant la minorité db son fils. Le fils d'Alix de Bretagne fut reconnu duc , sous le nom de /ean/*', et le père fut réduit à M qualifier Pierre de Brame ^
chevalier. Dans la nouvelle situation où cet événement le plaça, il tourna touté son activité ailleurs , et se fit nommer chef de la croisade en 1238 ; mais la discorde se mit dans l'expédition ; une partie seulement persista dans Tentreprise et aborda en Palestine. De ce nombre fot Pierre Mau« clerc; les croisés sortirent de Ptolémaïs pour faire le sié^e de Damas.
Pierre agit en homme décidé à courir les aventures et à se dédommager de la perte de son duché par la conquête de quelque province sur les ennemis du samt sépulcre. Matthieu Paris rapporte, qu'ayant été averti qu'un émir conduisait un grand convoi de bœufs à Damas, iJ sortit du , camp sans bruit et mit l'émir en fuitOt après un choc assez rude; il entra avec les fuyards dans une place où ils se réfugièrent, la pilla, et passa au fil de l'épée toute la garnisou. Mais ces prouesses aboutirent à une défaite complète, et à la captivité du plus grand nombre. De retour en France, l'ancien due de Bretagne exerça son activité en se mêlant à diverses intrigues, s'immisça, autant qu'il put, dans les affaires de la Bretagne , et arma contre les Anglais de nombreux corsaires. Enfin, la croisade, dont le roi de France fut le chef (1219), offrit une nouvelle carrière à son esprit aventureux.
L'issue de cette expédition eût été peut-être bien différente si les avis de Mauclerc y eussent prévalu. II avait ouvert le conseil de s'assurer d'abord d'Alexandrie. Son expérience de la guerre, la connaissance qu'il avait acquise précédemment du pays , du genre de guerre qui pouvait y réussir, donnaient de l'autorité à ses avis; mais l'impatiente valeur du comte d'Artois prévalut. Mauclerc, cependant , malgré la prudence de ses vues avant le combat, ne s'épargna pas dans l'attaque. Il suivit le comte d'Artois à la Massoure et exposa courageusement sa vie. Il sortit du combat blessé au vi-. sage et perdant le sang parla bouche en abondancé ; JoinvilTe cependant lai rend ce témoignage quMl le trouva revenant de la Massoure bien se moto-
S66 A&£ L'UJN
tenant et si étoit assez poursuivi et cha.ssf' de près. Il ajoute que toute sa bataille était composée de chevaliers de son lignage. Pierre Mauclerc partagea la captivité du roi , et mourut au moment de sa délivrance, près d*aborder aux c6tes de France. I! eut deux femmes, Alix de Bretagne, qui mourut en 1221, et Marguerite de Honta^u. Il laissa deux enfants : Jean I*% qui devintducde Bretagne en 1237, et Yolande, mariée au fils du comte de la Marche.
Jean /"^ le Roux y fils de Pierre Mauclerc et d'Alix de Bretagne , naquit en 1217, et fiit revêtu de la dignité ducale en 1237. Poussé par le même esprit que son père, il se rofiisn, lors de son avènement , à faire le serment d'usage, de conserver à i'Éi^lise ses libertés. Non moins désireux que son
f>r^écesseur, de s'agrandir et de briser es résistances qu'il éprouvait du côté de ses belliqueux vassaux, il fit la guerre aux plus redoutables d'entre eux et confisqua leurs terres. En 1240, il rendit un édit qui chassait les j u ifs de toute la Bretagne; mesure qui lui fut arrachée parles plaintes des ecclésiastiques. Jean avait renouvelé au roi de France le serment de foi et honnnage, et il ne tarda fias à ré|X)ndre à l'appel de son suzerain; il lui conduisit un renfort considérable pour l'aider à réduire le.
comte, de la Marche révolté contre lui. La guerre avant ensuite éclaté de nouveau entre fes rois de France et d'Angleterre, Jean le Roux donna la chasse aux vaisseaux anglais et servit efficacement la cause de la France. Les démêlés continuels du duc de Bretagne avec le clergé et avec révêque de Kantes en particulier lui attirèrent, comme à son père, une sentence d'excommunication dont il se tourmenta peu. Il voulut rependant, après longues années, se réconcilier avec l'Eglise, et se rendît à Rome en 1256, où deux cardinaux, délégués parle pape, le rétablirent danslacommuniondes fidèles. Tl n luta ce pardon en renonçant par serment à toute )}rétention hostile au pouvoir ecclésiastique. Mais le zèle qu*il mit à cKéouter ses engagements et à
i^ERS. BME
les imposer aux barons de son duché lui suscita de nouveaux embarras. La plupart de ses nobles prirent les armes pour sedéfendre contre lui et contre le clergé (1257). Toutefois, Jean vint à bout de les réduire, et l'un des seigneurs les plus maltraités dans cette lutte fut Olivier de Clisson le Vieux. Le duc rasa la plupart de ses châteaux et se saisit de ses terres. La ferveur leiiieuse dont Jean avait été saisi en evait faire l'un des plus chauds partisans d'une nouvelle croisade. Il s'embargua en effet pour Tunis; mais il revint dans ses États après la mort du roi saint Louis (1270).
Jean le Roux, par son mariage avec Blanche de Champagne, avait obtenu de Thibaut , père de Blanche , l'héritage du royaume de Navarre, lors même
3iie Thibaut aurait des enfànts jnâles 'un troisième mariage. prince eat en effet de sa troisième femme, Marguerite de Bourbon, un fils, auquel le roi, à la mort de Thibaut, força Jean le Roux de céder ses droits sur le royaume de Navarre.
Jean le Roux, après un règne de quarante-neuf ans, mourut en 1286.
Il avait eu de Blanche de Ciiampagne, décédée trois ans avant lui : Jean II,
Îui hérita! du duché de Bretagne, ierre, Alix, Thibaut, Aliéner, et beaucoup d'autres enfants.
Jean II, comte de Richemont, succéda à son père en 1286. Il avait épousé Béatrix d'Angleterre, ailede Henri 111, et avait obtenu en dot le comté de Rlchemont, auquel son père avait prétendu sans succès. 11 accompagna saint Louis à la croisade contre Tunis, et se rendit, après la mort du roi, dans diverses contrées de TOrient, où il séjourna plusieurs années. De retour en Europe, il accompagna, en 1284, Philippe le Hardi à l'expédition de Catalogne. Deux ans après son avènement, il assembki les trois états de sa province et relira une partie des concessions que 80D père avait faites au clergé. La guerre s'étant allumée, en 1294, entre l'Angleterre et la France, le duc, en sa qualité de comte de Richemont, se crut oUIgé de prendre Je parti 4tt
BRE FRAIiCE. BRE
iroi Édoaard, gai le nomma son lieutenant et son capitaine général en Aquitaine. Mais tandis qu'il était occupé de ce côté, Charles d'Artois, sur Tordre du roi , Ot une diversion en Bretagne, emporta Rions et Saint- Sever, et contraignit le duc à longer avant tout à la sûreté de ses États. L'année suivante, Jean II changea de politique , rompit son alliance avec Édouard , et fit épouser à son petit fils , Jean de Bretagne, Isabeau de Valois, nièce de Philippe le Bel. La guerre de Flandre (1297) fournit ensuite au duc l'occasion (le joindre sa bannière à celle du roi de France. L'importance de son allianee engagea Philippe à lui concéder de nouvelles faveurs : le duché de Bretagne fut érigé en pairie, l'an 1297, avec les prérogatives dont jouissait le duc de Bourgogne. L'ordonnance porte que la pairie serait attachée au duché de Bretagne, et que le duc, qui n'avait été insque-Ià nommé que comte dans les lettres royales, serait désormais appelé duc. La paix s' étant rétablie entre les deux couronnes , le duc de Bretagne fut chargé de conduire en Angleterre la princesse Marguerite de France, sœur de Philippe le Bel, destinée à Edouard 1"'. Il profita de la paix pour reviser les coutumes de son duché.
Il reste encore quelques manuscrits des constitutions de Jean II , et fe jurisconsulte Hevin a remarqué, dans ses commentaires sur les arrêts du parlement de Bretagne, que ces constitutions ne sopt pour la plupart que des extraits des Établissements de saint Louis. (Voyez Établissements DE SAINT Louis et DROIT
couTUMiEa.) La guerre de Flandre s'étant raniniée,-ie duc, pour aider le roi à en supporter les trais, imposa
une contribution à ses sujets tant ecclésiastiques que laïques. Il se trouva à la fameuse bataille de Courtray (1303), et prit part, Tannée suivante, à la victoire de Mons-en-Poelle. Peu de temps après, il accompagna le roi Jusqu'à Lyon, où le pnpe Clément V était venu se faire sacrer. Les différends qu'il avait eus avec le clergé de Bretagne n*étaient point termiM*, il avait
voulu profiter du séjour du pape en
France pour faire vider cette ancienne querelle. Ce voyage lui fut fatal : le souverain pontife revenait procession- Dellenient de la cathédrale au palais; le roi de France tenait la bride de la haquenée, et plusieurs princes suivaient à pied le cortège; un pan de mur, surchargé de spectateurs, se détacha tout à coup; une foule de sei-
teneurs furent écrasés sous les ruines; e pape faillit nérir, et s'a tiare £iit brisée. Le diic tut retiré de dessous les décombres, grièvement blessé, et il mourut quatre jours après, le 18 novembre 1804. il fat rort regretté de ses peuples, et laissa la réputation d'un prince courageux, ami de l'ordre et de l'équité.
Arthur II, son fils aîné, prit, après son décès, possession du gouvernement, et céda à ^n frère, Jean de Bretagne, le comté de Richemont. Le
règne du nouveau duc fut assez pacifique, et ne fut guère troublé que par des procès. Le pape termina par une bulle le dififérendr qui durait depuis longtemps relativement aux privilèges ecclésiastiques, dont les principaux étaient les droits de ^i^rfa^/e et depast nuptial. Le premier attribuait au curé le tiers des biens meubles laissés par le père de famille décédé; le second consistait en une somme d'argent égale aux frais du repas de noce. Le droit de tierçage fut réduit au neuvième, et il fut réglé que , préalablement, les dettes du dénint seraient prélevées sur Tactif de la succession. Les nobles furent exemptés de ce droit. Quant au past nuptial, les nouveaux mariés qui n'avaient pas pour trente sous de mobilier en iîirent dispensés. Pour les autres, la redevance fut réduite à deux ou trois sous, suivant leurs facultés. Arthur, avait marié son fils aîné, Jean de Bretagne, à Isabeau de Valois, qui mourut sans enfants. Il lui fit épouser en secondes noces Isabeau de Castille. Il laissa, en outre, plusieurs enfanti d'Yolande de Dreux, sa deuxième femme, et mourut en 1312.
Jean III , dit le Bon, essaya de contester la légitimité du mariage qu'avai(
contracté son père avec Yolande de Dreux , et dont était jié le priace qui joua depuis an si grand me sous le nom de Jean de Montfort. L'affaire, remise au pape dont la dispense avait manqué au mariage, se termina pourtant par un accommodement. Philippe le Bel étant mort en 1S14, son flhoeesseur, Louis le Hutin, porta la
fuerre en Flandre « et fit appel au duc e Bretagne. Jean se mit en inarrhe; mais des pluies continuelles grossirent les rivières^ rendirent les routes impraticables, et firent échouer Texpé* dit ion (1815). Jean III, après la mort de Louis, pnrtagea les sentiments hostiles gue plusieurs des grands vassaux manifestèrent contre Philippe le Lon^; mais fayénement de Philippe der Valois le trouva dans des dispositions plus favorables; il suivit ce prince en Flandre, et se comporta vaillamment à la bataille de Cassel , oiî il fut blessé (1328) ; vers cette époque, il perdit sa 'Veoonde femme, Isabeau de Gastille, et se remaria Tannée suivante (1329) à Jeanne , lille du comte de Savoie , à la mort duquel il éleva, mais sans succès, des prétentionsà rhéritage de ce comté.
Il perdit aussi dans le même temps son ùfte Gui de Bretagne, dont la fille épousa dans la suite Charles de Blois ; et son oncle le comte de Richemont, qui fut fait prisonnier dans une bataille contre les Écossais. Le comté de Richemont revenait au duc de Bretagne; mais le roi Édounrd s'autorisa de l'attachement de ce prince à la France, et le déposséda. Leduc, en effèt, porta le dévouement à la couronne de France jusqu'à tenter* se voyant sans enfants , de faire rentrer , à sa mort , le duché sous l'autorité royale ; mais le sentiment national de ses sujets y mit obstacle. Pour écarter Jean de Montfort, son frère, il fit épouser à Charles de Blois sa nièce , Jeanne de Penthièvre , qui devait être son héritière. I.ors de l'invasion d'Édouard III, eu 133S, il marcha de nouveau à Taopel du roi ; et la iîineste bataille de 1*»duse, où la flotte française fut détruite par Édouard, anéantit en même temps les forces navales de la Bre-
tagne ; Jean y avait envoyé soixante vaisseaux (1340). Il mourut à Caen, au retour d'une nouvelle expédition en Flandre , où il s'était rendu après le désastre de l'Écluse. Les deux prétendants qui se disputèrent son jdéritage, interprétèrent ses dernières dispositions chacun selon ses intérêts.
Jean de Montfort j frère du précédent et lils d'îolande de Dreux, était en Bretagne au moment de la mort de Jean IIL II se fit reconnaître à Nantes, s'empara des trésors de son prédécesseur, et alla se rendre maître de la ville de Limoges. A son retour, il trouva la Brétagne divisée. La crainte d'avoir le roi de France
S[>ur ennemi avait donné à Charles de lois de nombreux partisans. Mais les richesses dont Montfort disposait, et le prix dont il payait les services rendus à sa cause , lui amenèrent des gens de guerre de toute part. Il commença la lutte en s'emparant de Érest et dé Rennes, puis d'Hennebon , de Vannes et d'Aurny. Charles de Blois , ainsi devancé, eut recours à la France, dont la
Solitique était d'appuyer ses droits, e même que PAngleterre se croyait obligée de seconder les prétentions de son rival. Montfort se vit bientôt cité à comparaître à la cour des pairs de France pour y justifier sa conduite ; un voyage qu'il avait fait en Angleterre , pour s assurer des secourt suffisants de ce côté , au cas oij il aurait à faire face à toutes les forces de la France , avait cimenté une étroite alliance entre lui et Édouard IH.
Il fit hommage à ce roi du duché de Bretagne, et obtint en échange une promesse de secours. Il osa néanmoins répondre à l'appel de la cour des pairs, et se rendit à Paris avec une escorte de quatre cents dievaux. Les deux comimjleurs exposèrent leurs prétentions respectives devant le tribunal assemblé pour décider entre eux; mais Montfort ne crut pas prudent d'attendre l'arrêt; les dispositions de ta cour ne lui semblant pas favorables à sa cause, il s'évada et regagna la Bretagne, malgré la parole
au FRANCE
BAS iM
qu'il anril dinuiée an roi de demiirer
a Paris jusqu'au dénoûment. La sentence, dictée surtout par la politique, adjugea le duché de Bretagne à Charles de Biois ; celui-ci en fit hommage au roi de France, et un corpe d'armée fbt aesemblé poor appuyer son entrée dans ses États. L'expédition suivit la Loire, et marcha sur Nantes, dont elle s'empara et où Montfort fut fait prisonnier, hsi guerre n'en fut pas poussée avec moins de vigaeiir de part et d'autre. La prise de Bennes par le parti français, malgré une vigoureuse résistance , donna à ce parti une supériorité décidée dans les engagements qui fluifireot. Hais les secours de rAnglelerre armèrent, et Montfort trouva dans la comtesse Jeanne, sa femme, une héroïque auxiliaire qui fit regagner à sa cause tout le terrain qu'elle avait perdu. Elle devint l'âme de son parti , et tous les efforts des troupes françaises tendirent alors à s'emparer de sa personne. En conséquence , elles vinrent assiéger Hennebon, où la comtesse était renfermée. Jeanne fit contre les assaillants de vigooreuses sorties où elle commandait en personne, ets'étant échappée de leurs mains, elle alla se retrancher dans la basse Bretagne, où elle attendit de nouveaux secours des Anglais.Comiiieils tardaient à'arriver, elle se rendit elle-même auprès d'Édouard pour activer ses armements , et revint sur la flotte anglaise, qui rencontra celle de France sur les côtes de Bretagne , et engagea le coinbat près de Ffte de Guernesey. La nuit seule sépara les deux flottes. La tempête qui survint les força de s'éloigner, et la comtesse de Montfort alla prendre terre à Hennebon. Habile à s'emparer dM places comme à les défendre, Jeanne alla mettre le siège devant plusieurs villes. Une trêve fut conclue en 1344 , à la faveur de laquelle le comte de Montfort obtint sa liberté , sous condition qu'il s'en rapporterait, pendant ce temps, à la décision des pairs; mais la France fut duj)e de cette promesse. D'autres historiens assurent , du reste , qu'il s'en-
lnldesaiirlsiHi,dégttiBéeh mavdiand.
Quoi qu'il en puisse être de cette circonstance , le comte ne fut pas plutôt libre qu'il recommença la guerre ; et après un deuxième voyage en Angleterre, entrepris dans leiNiide s'assurer de nouveaux secours, il retint mourir de maladie à Hennebon, en 1845. Ce prince avait montré , dans le peu d'occasions où il lui fut permis a agir, de la décision et de la valeur : il ne manqua pas à sa fortune, a-t-on dit; mais sa fortune lui manqua toujours.
Jeanne de Montfort ne fut pas déconcertée par ce nouveau malheur.
Charles de Biois commit la faute de lui accorder une trére , qu'elle sut mettre à profit pour rétablir ses affaires. Edouard ni, son allié, venait de gagner sur le roi de France la désastreuse bataille de Crécy, dont le retentissement en Bretagne seconda les efforts de la comtesse. Cette guerre de sièges se poursuivait de |Mirt et d'autre avec des succès balancés, quand Charles de Biois voulut enfin tenter un effort pour reprendre un point important, Roche de Rieu, qui dominait la basse Bretagne. Il intestît la place ; mais la comtesse accourant avec ses Anglais pour la défendre, attaqua le camp ennemi à l'improviste et pendant la nuit. Charles de Biois, après une valeureuse résistance, reçut plusieurs blessures et fut fait prisonnier. Toutefois la lutte n'était point encore terminée , bien que les deux prétendants eussent disparu de la scène : la comtesse de Montfort trouva dans Jeanne de Penthièvre une rivale qui n'était point décidée à déposer les armes. L enthousiasme chevaleresque ne fit que s'enflammer davantage, par le caractère nouveau que prit la guerre.On se provoquait en dud oe part et d'autre ; c'était à qui se vanteraitd'avoir la vins belle maîtresse. Enfin Charles de Biois recouvra sa liberté, en donnant pour otages deux de ses enfonts (1.156). Les hostilités recommencèrràft. Les évéques tentèrent alors d'amener un accommodement, au mojen d'un partage ; Jeanne de Penthièvre s'y refusa. Après de nouveaux