‹ France (volume 3)Chapitre 7 sur 105 · MONT (N · texte numérisé non relu

MONT (N

BiTUiTUS, roi des Arvernes, vivait If 1 ans avant Jésus-CbHst II s'opposa

à rétablissement des Romains dans les Gcniles, lors de leur apparition dans ce pays. Il leva une armée de cent mille hommes pour combattre Fabius Maximus; mais il fut vaincu par celui-ci, et fait prisonnier. Quelques auteurs disent que ce fut Cn. Domitius qui termina cette guerre, et s'empara par trahison de la personne de Bituitus (*).

Toyec PUoe, vu, So; TelLPaUfre.,

BiTUBiGBS Cdbi , peuple de la première Aquitaine, dont le chef-lieu était Avariaim : il habitait le Berri, un( partie du Bourbonnais et de la Touraine.

BmmfGiEs YmsGi, peuple de la' seconde Aquitaine, dont Burmgaia était

le chef-lieu.

Blacas , troubadour du treizième siècle, dont il ne reste que quelques pièces de vers sans intérêt, eut un fils nbmnié .Blaeasset, qui se nt aussi remarquer par son talent pour la poésie, suivit Charles d'Anjou à la conquête de Naples, et s'y distingua par sa valeur. Il ne nous reste de lui que quelques pièces insignifiantes ; mais on sait qu'il avait composé un poigme plus important, intitulé : La maniérée de bien guerroyer. Cet ouvrage était dédié au duc de Calabre.

Blacàs D*Avtps (le comte de), né à Aulps, en Provence, en 1775, servit quelque temps sous les drapeaux vendéens, puis éiniîzra, et s'attacha à la fortune du comte de Lille ( Louis XYIII), dont il devint ministre après la mort du comte d'Ava'ray. Rentré en France avec les Bourbons , en 1814, il fut alors nommé ministre de la maison du roi , grand maître de la garderobe et intendant général des bâtiments de la couronne. Pendant toute la première restauration , M. de Blacas jouit de toute la confiance du roi , et eut toute l'importance d'un premier ministre; ses collègues ne pouvaient même communiijuer avec le roi que par son intermédiaire. A l'époque des cent jours, il suivit Louis XVITI à Gand.

Rentré en France avec le roi , il cessa d'être ministre; mais il fut créé pair et envoyé en amnassade extraordmair^* d'abord à Naples pour négocier le mariage du duc de Jîerri avec la princesse Caroline, et, plus tard, à Rome pour négocier le fameux concordat de 1815.

Depuis cette époque, M. de Blacas est resté, du moins ostensiblement, étranger aux affaires publiques. Après la révolution de 1830 , il a suivi Char-

ii; Oros., v, i3; Flor. , in , a ; £uUrop.y XV, Taler. Max. , vi , 6.

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les X en e«i. 11 y est mort en

Blache (Antoine), né à Grenoble, le 28 août 1 63.'> , embrassa d'abord la profession des armes , puis la quitta

SUT entrer dans Tétat eccl^iastîque.

svenn curé de Rnel, il eut plusieurs conférences avec le ministre Claude , et, dans le but d'affermir la foi des nouveaux convertis, publia une Réfuia- Um de FhéréHe de Calvin par la eeule do^fine dee prétendus réformés. Il fbt, en 1685, député de la provifïce de Vienne à l'assemblée générale du clergé. Il avait été nommé, en 1670, directeur des eslvalHennes du Luxembourg, et, deux ans après, visiteur de toute cette congrégation. L'abbé Blache avait conçu contre les jésuites une haine violente, qui lui faisait voir partout des conspirations tramées par ces Pères contre les jours du roi. Il composa la relation des complots dont il les crovait coupables, fit faire plusieurs copies de son manuscrit, et en fit déposer, entre autres, un exemplaire dans la bibliothèque des Pères de la Doctrine chrétiénne, en manifestant l'intention de le faire publier après sa mort. Jusque-là il devait le tenir secret; mais il commit l'imprudence d'en faire courir des extraits. H ftit arrêté en 1709, et mis à la Bastille, où il mourut en 1714, après avoir légué tous ses biens à rHôtel-Dieu. Le manuscrit de Blache , retrouvé, en 1763, au collée Louis le Grand , forme un volume de mille pages in-folio. Il fut, en 1768, présenté au parlement, par le président Rolland , comme une pièce de convielion contre les jésuites, et la cour en ordonna le dépôt au greffe. C'est d'après cette copie que les auteurs de la Hemte rétrospective ont publié les Mé^ moires de l'abbé Blache.

Blacque (Alexandre), fondateur du Moniteur ottoman. On ne connaît eoeore aa'imparfaitement en France le rôle qu a joué auprès des Turcs cet homme d'un mérite supérieur, auquel une fin précoce et mystérieuse n'a permis de réaliser qu'une faible partie de ses projets. Cependant son nom , Chéri des Ottomans, Jouit à Constantinople

d'une véritable popularité; il mérite donc de trouTcr place dans ce vo-

cueil.

M. Blacque fut du nombre de ces Français que le dégoût de la restauration porta à s'exiler, jaunes encore, en Orient. L'un des premiers, il comprit que, pour arrêter la marche persévérante des Russes vers les Dardanelles, il fallait civiliser l'empire Ottoman. Aossitét , épousant avec ardeur la cause de cet empire , il en aevint auprès de l'Europe le plus clouent avocat. La manière briilanti»

ont il s'acquitta de cette tâche pendant plusieurs années dans \9C0urriet de Smyme^ journal fort estimé , qu'il faut se garder de confondre avec la Gazette de Smynie d'aujourd'hui , avait fixé l'attention du sultan Alahmoud n. Une circonstance particulière fit voir 'il ce prince que M. Blacque avait le courage de ses opinions.

I^a fameuse bataille de Navarin venait d*avoir lieu , l'Europe était au plus fort de son exaltation contre la Turquie, coupable, en efifet, de si grandes cruautés enrers les Grecs. Dans un article dévenu célèbre, M. Blacque, prévoyant les conséquences politiques (le la destruction de la flotte turque, osa blâmer la France et PAngleterre d'aroir prêté assistance à la Russie dans cette occasion. Selon lui, et il était alors le seul publiciste de cette opinion, la France et l'Angleterre s'étaient laissé jouer par le cabinet de Saint-Pétersoourg , qui venait, aree leurs bras, de renverser l'unique boulevard en état de protéger l'Europe contre le débordement de l'ambition moskorite. Il avait d'autant plus raison, que la Grèce pouvait très-bien être sauvée sans un remède aussi violent. Tout le monde depuis est revenu à cette croyance; mais alors la France ne songeait qu'à défendre les Grecs contre leurs bourreaux , sans songer que les Russes allaient devenir à leur tour les bourreaux des Turcs. D'ailleurs le gouvernement de la restauration n'avait rien à refuser à la Russie, que le ton de l'article arait particoUè» rement blessée. Après quelqués dé»

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marches pour obtenir une palinodie a laquelle M. Biacque se refusa noblement , Tamiral de Rigny donna , au nom du gouvemementjrançais. Tordre de briser les presses du Courrier de Simjrne^ et emmena INI. Biacque prisonnier à son bord. De son côté, après avoir protesté contre cette violation brutale de la libertéde la presse, exercée contre un Français , et avoir imposé du respect à l'amiral de Rigny par sa belle contenance , sM. Biacque mit le Courrier de Smyrne sous la protection du gouvernement turc. Il ne s'en tint pas là, il s'embarqua pour la France , où il se fit rendre justice devant les tribunaux.

A son retour , M. Biacque fut appelé à Gonstantinople par le sultan , avec mission d'y fonder un journal officiel, sons le titre de Monîteftr ottoman. Comme écrivain , il y perdit peut-être; de grands ménagements lui furent désormais commandés dans sa lutte contre laRussie ; mais l*homme politique v gagna certainement. Aussi, a partir cfe ce moment , doit-on voir dans Biacque bien moins le rédacteur de la feuille officielle que le conseiller intime et souvent Tinspirateur du gouvernement turc. La haine de la Russie le poursuivit dans son nouveau poste; il eut d'autant plus de mérite a s'^ maintenir contre les intrigues toujours renaissantes de cette puissance, que la chancellerie française ne le défendit qu'avec mollesse.

Kosrew-Pacl)a, le ministre qui menait alors les affaires de Tempire, se trouva bien de la protection qu'il ne cessa de lui accorder. Dans une foule de circonstances, et surtout en 1832, lorsque les Russes, ces auxiliaires encore plus dangereux que i\Iéhémet- Ali, vinrent camper sur les rives du Bosphore, M. Biacque soutint le courage du vieux ministre, qui ne se lassait d'admirer en lui l'esprit d'à propos et l'audace qui distmguent les Français.

Une chose bien reniarquable, c'est que tant que M. Biacque vécut, Kosrew- Pacha tint bon contre les pi^es de la chancellerie russe, pièges auxquels il s'est laissé prendre deux fois depuis,

et qui ont entraîné sa disgri^ce. Quelques grands personnages turcs s'étant montrés jaloux de la déférence qu'il témoignait ouvertement à un chrétien, Kosrev^ - Pacha se vit obligé, pendant quelque temps , de ne consulter M. Biacque qu'en secret. Il l'envoyait chercher la nuit, et disait à ses propres gens que c'était pour se faire expliquer ses songes , les chrétiens passant aux yeux des musulmans pour très-habiles dans toutes les branches de l'art divinatoire. Le sultan Mahmoud lui-même eut avec M. Biacque plusieurs entrevues sans témoin.

Ne pouvant entrer ici dans le détail de toutes les négociations où M. Biacque déploya sa profondeur de vues et sa fermeté de caractère, nous nous bornerons à résumer en peu de mots le système politique qu il était à la veille de faire triompher , lorsque la mort vint le surprendre. Mettre fin aux abus vexatoires de Tancien régime, introduire de. l'ordre dans les.

finances et dans l'administration; avant tout, placer la propriété sous la garantie des lois, la déclarer inviolable , tels étaient, selon lui j les moyens par lesquels on pouvait mtéresser le peuple au succès de la réforme. Ne pas heurter inutilement les préjugés religieux ; au contraire , placer toute innovation sous la sauvegarde du Koran , dont une interprétation éclairée ^vait déjà plus d*une fois rajeuni le texte avec bonheur; respecter le costume national et les usages populaires , dans ce qui n'était pas directement condamnable, telles étaient, à ses yeux , les conditions auxquelles on devait s'astreindre. Mais il fallait élever les rayas peu à peu à l'égalité politique , et , en attendant , satisfaire la soif de liberté qui les dévore, par un large développement des institutions municipales dont ils ont toujours Jouî. Sous ce rapport, il joignit l'exemple au précepte, en faisant octroyer par le Grand Seigneur, aux habitants de Samos, une constitution fort libérale qu'il eut la gloire de rédiger lui-même. Enfin, pour couronner l'œuvre , il regardait comme indispensabied'initier les Turcs

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eux-mêmes à un régime de liberté, de leur accorder le plus possible de frandiises ; de diriger, au lieu de chercher à rétouffer, cet esprit démocratique qu'entretient le sentiment de régal ité religieuse, et de le faire passer de la reîicrion dans la politique. La liberté et régalitéj tel était le seul lien qui pouvait unir sérieusement la France à la Turquie, tels étaient les nouveaux Balkans qu'on devait élever entre Tenipîre ottoman et la Russie, les barrières morales étant plus difficiles à franchir que les montagnes. Ce système, c'est, sur de plus larges bases , celui oui a été suivi par Rtischid-Pacha et dont une application encore très-imparfaite a suffi pour rendre à la Turquie rintérét de l'Europe , que lui avaient enlevé les agressions impoUtiques du Grand Seigneur contre le viceroi d'Égypte, et le triomphe d'Ibrahim à JVézib."

On conçoit maintenant comment la .fortune de M. Blacque s'éleva assez haut pouf que, malgré son refus opiniâtre de se faire musulman, le sultan Mahmoud se soit décidé, en 1837, à le charger d'une mission secrète auprès des cours de France et d Angleterre.

Cette mi8sion,M.Blacquene devait pas l'accomplir. Un mois après son départ de Constantinople, quelques jours après sa sortiede quarantaine, il mourutsubitement à Malte. Si ce fut de sa mort naturelle , Dieu seul et la chancellerie russe le savent. M. Blaoque, à la vé« rité , souffrait depuis longtemps des suites d'une ancienne gastrite ; mais c'était une douleur nerveuse plutôt qu'une maladie réelle. Ce (^u*il y a de certain, c*est qu'il avait imprudem* ment placé sa conGance dans un domestique grec, sur la moralité duquel eurent lieu plus tard de tristes révélations, et qui confessa avoir toujours entretenu, en secret, des relations d'amitié avec les gens de Fambassade de Russie. Ce qu'il y a de certain encore, c'est que le jour même du décès, ce misérable lit prendre à M. Blacque trois petits paquets de poudre homéopathique, et retint son Jeune fils enferme sous clef dans une chambre

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voisine. II a prétendu n'avoir agi de la sorte que pour éviter à l'enfant le spectacle de la mort de son père.

Quant à la chancellerie russe de Constantinople , jugeant cette iustiGcatlon suffisante, elle lui a accordé un nasseport pour les États du czar, faveur qu'elle ne prodigue cependant pas, comme chacun sait.

Le sultan Mahmoud, Kosrew>Pacha et les grands de Templre apprirent la mort de M. Blacque avec une profonde tristesse. Le peuple manitesta aussi une vive émotion, et répéta tout haut ce que ses maîtres pensaient tout bas. Mahmoud, qui venait de vider le trésor public pour rembourser aux Russes le prix de l'évacuation de Silistrie, ne put s'empêcher de dire :

Une nouoeue perte de plusieurs mU" lions me serait moins sensible que celle d'un pareil homme. Dans une autre circonstance, pour apprendre à ses pachas le degré de considération qu'ils devaient lui porter, le sultan leur avait sisnifié que, pour lui, U timaît M. Blacque aidant gu'm général, et que souvent sa plume valait mieux qti'une armée. Aussi, quelques jours avant son départ, tous les prin> dpaux dignitaires étaient -ils venus le saluer et lui donner le titre de frère. Kosrew-Pacha témoigna publiquement ses regrets; il fit assigner une

Seasion à la veuve de M. Blacque, ont le fils ainé est élevé à Paris aux frais du Grand Seigneur. Parmi les ambassadeurs européens, le plus sincèrement afiligé fut lord Ponsomby; il pressentait sans doute que la perte d'un tel ami allait le livrer sans contrepoids aux allures de son esprit, mallieureusement trop excentrique.

M. Blacque était né à Paris, en 1794.

Comme écrivain politique , il s'était élevé au premier rang; comme orateur, il possédait toutes les qualités nécessaires pour dominer et captiver une grande assemblée.

Blaignez ou Rlw'ois, Blavutensispaaus, contrée de l'ancien Bordelais, dont Blaye était le chef-lieu. Le Blaiguez eut jadis le titre de comté, et fut possédé, sous ce titre, par une

BLA L'UNIVERS. bla

branche cadette des comtes d'Angoiiléme , qui devaient Thommage aux ducs de Guyenne. Cette contrée fait aujourd'hui partie du département de la Gironde.

Blatnvtlui. Yoyex Dugboiby de

Blainville.

Blaisois ou Blésois , pagus Blesensis, partie de Tancien Orléanais, dont Blols était la capitale. Le Blaisois forme aujourdliui le département du Loir-et-Cher.

Bla-ISY, seigneurie de l'ancienne Bourgogne, érigée en marquisat en IIKM» ; mt anjoonl'hui partie du département de la Côte-d*Or.

Blâme. — On nommait ainsi , dans l'ancienne législation, la réprimande adressée par les juges à un criminel , en exécution d'une sentence ou d'un arrêt Le condamné était mandé dans la chambre du conseil ; et là , en présence des juges qui le faisaient mettre à {jenoux , le président lui déclarait que , conformément au jugement rendu contre loi , la coor le Dlamait d'avoir commis tels ou tels délits qu'il spécifiait.

Le blâme emportait infamie, et, dans l'ordre des peines , venait immédiatement après le bannissement à temps. Cette peine a été abolie par le

code pénal de 1701.

— Dans la langue du droit féodal, le blâme était l'action ouverte en faveur des seigneurs suzerains pour faire réformer les aveux et dén/ombremenU (voyez ce root) qui leur étaient présentés par leurs vassaux. La coutume de Pans accordait au seigneur un délai de quarante jours, à partir de la présentation du dénombrement , pour le blâmer. Mais, dit la coutumè de Paris, « le vassal est tenu d'aller ou d'envoyer « quérir ledit blâme , au lieu du prin- M cipai manoir dont est mouvant le

Blaxont, petite ville avec titre de comté dans l'ancien duché de Lorraine, à vingt-huit kilomètres de Lunéville (département de la Meurthe). Le terri- .toire de Blamont est mentionné sous le nom é^jéÊbensis pagus, dans un titre de W . Cette ville fût fortîNe en IMI ;

elle fut assiégée par les Retires en 1 587, et par les Suédois, qui la prirent et la détruisirent en 1636. Elle fut depuis rebâtie^ mais sans fortifications. Sa ppulation estaujourd'hui de deux mille nuit cent quatre-vingt-un habitants.

C'est la patriedeRégn ier, ducde Massa, ministre et grand juge sous l'empire.

Blamoi^t (François Colin de) , surintendant de la musique du roi , était né à Versailles en 1090; il mit en musique la célèbre cantate de Circe, de J.-B. Rousseau, et composa la musique de plusieurs opéras , dont un , les Fêtes arecgues et romaiiieSf eut beaucoup de succès , et fut remis plusieurs fois au théâtre. Colin de Blamont mourut à Versailles en 1760.

Blanc— Ondonnait, au moyen âge, le nom de blanc à une monnaie fort répandue en France, et même dans toute l'Europe, surtout à partir du quatorzième siècle. Cette monnaie, dont le titre, le poids et la valeur ont souvent varié , et oui a été désignée sous un grand nombre de dénominations différentes, n'est autre chose, en réalité, qti'une modification du gros tournois aargenf, ou, pour mieux dire, c'est Je gros tournois lui-même. Suivant Leblanc , cette monnaie aurait été inventée au quatorzième siècle, sous les règnes de Philippe de Valois et du roi Jean. ÎS'ous pensons (ju'il est plus exact d'en faire remonter l'origine au règne de Philippe-Auguste ou à celui de saint Louis. Sous le premier de ces deux princes, qu'on peut avec justice considérer comme les restaurateurs de nos monnaies, il ne se frappait peut-être pas, en Occident, une seule espèce d'argent pur. Le titre des deniers, qui primitivement étaient fins, avait tellement baissé , qu'on n'en frappait plus qu'en bas billon. Enfin, il y avait autant de systèmes monétaires différents que de seigneurs ayant droit de monnayage.

Philippe remédia d'abord à cet inconvénient, en généralisant pour tous ses domaines les deux systèmes tournois et parisis. Bientôt on vit paraître une nouvelle espèce d'argent , au titre élevé de ottse deniers douze grains. Cette BHMinaiepesaitenviroBqttatregrammes

deux décigrammes, et était connue sous le nom de gros tournois , qros denier tourtiois, gros denier blanc, gros blanc, ou tout eimplementt gros ou thnCf en latin, grossus ûtronus, grossus turonus ai&ts, turomu aUm, grossus albus,

A qui faut -il attribuer Tinvention de oette monnaie? On l'ignore encore; Popinion la plua aoeréditée en fait honneur à safnt Louis; mais une autre opinion , ^ui a aussi ses partisans, la donne a Pliilippe-Augiiste. Ce qui est du moins incontestable , c*est que Timpulsion qui déter* mina la réforme du système monétaire fut donnée par ce dernier prince. Le gros tournois valait douze deniers :

c'était donc Tancien sou , mais jamais on ne lui donna ce nom; celui de gros denier fut préféré, parce que le mot denier s'entendait d'une monnaie réelle aussi bien que d'une espèce particulière, et que gros signifiait une moanaie forte ; gros denier voulait donc dire grosse monnaie» On l'appelait nierolanCy ou bla?w tout simplement, parce qu'il était d'argent, et par op-

{>osition à l'autre denier, qu'on appeait denier noir ou neret, parce qu'il était de billon.

Jusqu'à Philippe de Valois les gros tournois ou les blancs furent toujours d'argent fin ; mais, sous le régne de ce prince , la monnaie eommen|ga à s'altérer de nouveau; et une distinctiou dut s'établir entre le gros tournois et le blanc. Le peuple, exaspéré par le mauvais aloi de la monnaie , se souleva plus d'une fois pour demander qu'on rStabltt le système de saint Louis. Plus d'une fois, la cour se vit obligée de faire droit à ces réclamations. Mais l'altération des monnaies offrait de trop grands bénéfices

Kur qu'on n'y revînt pas bientôt , en ugmentant graduellement jusqu'à ce ue de nouveaux murmures du peuple ssent encore cesser, pour quelque temps, ces vols infâmes. Ces :iliernatives produisirent une si grande variété dans la valeur des blancs , qu'il nous serak impossible aujourd'Iiui de la déterminer. Cette variété fut telle,

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