‹ France (volume 3)Chapitre 71 sur 105 · QUES · texte numérisé non relu

QUES

BiiEYÉ (François-Xavier), jurisconsulte lorrain , né à Pierrefort (Meurthe) , en 1694, mprt à Isancy eu 17;i6, joignait à,i|n^ parfaite çoinnajssaiip^ du droit et des coutumes line érudir tion littéraire assez distinguée. Sa Dissertation sur le titre X des donations , de la coutume générale df Lorrainç, Nancy. 1725, et son TroUé du retrait féodale Nancy, 179S-|786, 2 vol. in-t", dénotent le penseur profond et le jur^consulte habile , tandis que les ^matèurs ^e docunients cur riêqx irouverpn^ ^ se sa^isfain^ àuir pleni^nt dans les y^m^ifeiiM^ ^ sieur Breye, Nancy , 1783 , in-4', |^ cueil de prose et de vers , où se trouvent entre autres une Traduction de la Guerre des Rustauds de Laurent PUia'^ (UuSy V'ffistoirç de la sibylle de Afar^a4 ffrée de hicherfu^ > moine de SewOi' nés, etc. Il a encore laisséquciqnes Odes et Cantates , et enfin V Index de l'ordonnance de Lorraine , et un Commentaire sur les lois de Jieaumont (inachevé) , texte fort eurleox pour rhistoire des franchises du psyit et jdpn^ l9 pertQ 9S% fort r^gr^tta." ble.

JiitEZK , ancienne seigneurie de l*Anjoi| (aujourd'hui département d< Maine-et-Loire), à quarante-huit kil. df Soumur. Cette seigneurie, après avoil donné son nom à gne illustre famille, passa ^ au commencenient du quin?

zième siècle , ^ |a maison de MQillé% et fut cédép, pn 1686 , par démenpi de Maillé, fempiQ 4u grand Coudé» à Thomas Dreuoc, conseiller au parlement de J^aris , en faveur de qui elle fut érigée , la même anpée , en mar« quisat. (Voyes l'article suivant, el les articles consacrés aux familles dt Dbeux-Rrézk et de Maillb.)

Bbézé (famiile de), maison considérable , dont l'origine est fort ancien-» ne, mais qui ne commença à être bien connue que vers la premièrt moitié du quatorzième siècle.

tm, Jûim Oe JSréaé , Hk

ffmt de la Yarenne, avait un prpcès 4Tec Payen de Maillé et sa femme, seigneur et dame de Brézé , pour Ifi possession de la terre de ce nom* Ses

Jfucresseurs furent :

2** Son lils Geofjroi, qui, ayant été fait piifionuier p(|r les Anglais , fut obligé -de vetMjre une partie de ses biens pour payer sa rançon. Charles V, en récompense de ses services, lui donna, en 1369, la terre d Montberard, près de Brézé, ainsi gue d'autres

ÎÂenà pbssédés par les seigneurs qm enaient pour les Anglais. P ne vivaii plus en 1 3S0.

3° Jean II servit en Flandre.

Sou ûls Jean y seigneur de Brooa, fit la guerre contre les Anglais , sous K rè^ne de Charles VII , se signala à Ip prise d'Évreiix, en 1442, mais fut tue dans le combat que les Anglais engagèrent pour reprendre cettç place.

Pierre conseiller e^ cham« bcljan de Charles VIT, mourut avanl Pannée 1427. Son fils Jean, capitaine do Louviers , dirigea l'entreprise sur je Pont-de-r Arche , et celle de Conçues , en 1449 ; assista au siège f)§ piateau-Gaillard , la même année, et §uivjt, dans l'expédition d'An;;leterre qui eut lieu en 1457 , le sénéchal de Normandie, son frère, dont il est question dans )e paragraphe suivant.

6" Pierre II f grand sénéchal d'An- |ou , de Poitou et de Normandie , prit, une part glorieuse à la guerre contre les Anglais, sous le règne de Charles Vil, auprès duquel il était en grande ' ât^eur. Il accompagna ce prince en 1440, lorsqu'il alla secourir la ville de Saint-Maixer)t ; se tronva aux sièges du Mans, en 1447, de Couches, du Pont-de-r Arche , de Verneuil , de Pont-Audemer , de Mantes, de Vernon 61 de I^ouen , dont il fut nommé fiM>i|verneur. Il était à la bataille de Formigny , en 1450. Charles VII lui confia le commandement d'une expédition qui ^vait pour objet de chasser les Anglais de Calais et du comté de Guines , qu'ils odcnpaient encore.

Pisrr» d9 Brézé piurU( de iloolleur

av^c une Hotte, ^n 14^7 , à la tête de ouatre millg hommes, et débarqua à Sandwich. |l investit cette place par terre et par mer, et s'en rendit maître. Après l'avoir pillée, il se rembarqua sans aucune perte, en dépit de^ Qt^aques de cjeux mille Anglais ; enfis îl rainena à Hpnfleut trois gros vaisr seaù^ qu'il avait capturés, et sa flottflii chargée de butin et de prisonniers.

Après la mort de Charles VII , la fayeijr (Je Pierre de Brézé déclina considérablement.' Louis XI le Qt même enfeirmer au châtean de IxKshes , d*où il ne sortit qu'après avoir consenti au mariagefleson fils, Jacques de Rrézé^ avec une sœnr naturelle (|u roi , iiile de Charles VJ! ç\ d'Agnès Sorel. Kea dé temps après , Louiii XI lui oônQt le comm.'indenient du faible secours qxù fut arrordé h Marguerite d'Anjou, reine d'Angleterre. jLe petit nombre d'hommes qu'il obtint fit croire alors que liOuis XI voulait se défaire de lui. Après quelques débuts heureux dans le Norlhumberland, de Brézé vit assiéger les villes qu'il avait prises, fut contraint de capituler et de fuir av^c la reine et ses enfants.

Le mauvais succès decette expédition ne fit aucun tort à Pierre de Brézé ; ce qui porte à croire que Louis XI n'avait pas i'arrière-pensée qu'on lui supposait. Au contraire , il sembla rentrer ea grâce, sans néanmoûis que Ijouis XI so dépouillât jamais de tout sentiment d^ défiance envers lui. Consulté par ce prince, lorsque éclata , en 1465, la guerre du bien public , de Brézé fut a*avis qu^on allât livrer bataille au comte de Charolais ; mais Louis XI lui laissa voir qu'il le soupçonnait d'intelliiîience avec ses ennemis'. Quel-

3ues mois après , eut lieu la bataille e MonMhéry , |e 14 Juillet 1465; le s^néohal « qui commandait l'avantv garde de Tarmée , désireux sans dQutd de se justifier dans l'esprit du roi , déploya une bravoure aventureuse, et fut tùe des premiers. Pierre de Brézé unissait à beaucoup de bravoure une gaieté piquante, qui ne devait pas toujours plaire au sombre Louis XI. Ce prince, comme on sait, ne prenait ja*

BBB LtmiVERS. BRI

mais avis que de lui-même , ce qui lui faisait dire souvent que tout son conseil était dans sa téte. Pierre de Brézé, qui avait quelquefois donné de bons conseils n (jhnries VII, et qui avait son orfiueil aussi , se permit à ce sujet une plaisanterie plus spirituelle qu'habile. Un jour, à la chasse, voyant le roi sur une petite monture, il ne put 8*einpécher ae lui dire en souriant :

« Sire, je ne pense pas qu'il se puisse voir un chevnl de plus grande force que cette liaquenëe, car elle porte votre Majesté et tout son conseil. »

6" Jacguesj fils du précédent, maréchal et grnnd sénéchal de Normandie, épousa en 1462, comme nous l'avons dit plus haut, Charlotte , fille naturelle de Charles VII et de la belle Agnès Sorel. L'ayant surprise en flagrant délit d'adultère, il la tua, le 14 juin 1476, ce qui le (it condamner à cent mille écus d'auîende envers le roi Louis XI , auteur de son mariage et de bien d*autres du même genre.

Il fut contraint d'abandonner toutes ses terres en payement de cette somme; mais, après la mort du roi, en 1484 , il se pourvut au parlement et obtint un arrêt favorable. Il mourut le 14 aoât 1494.

7** Louis y sénéclial de Normandie, grnnd veneur de France, obtint, en 1481, du roi Louis XI, le don de tou< tes les terres que son père, dans Timpossibilité de payer Tamende de cent mille écus à laquelle il avait été condamné pour le meurtre de sa femme adultère, avait dii abandonner à la couronne. Il niourut en lô31. Il avait épousé en secondes noces Diane de .Boitiers , qui lui survécut, et devint la maîtresse de François V et de Uenri II.

Bbezillac (Jean-François) , bénédictin de SMfaur, né, en 17ia« à Faijaux , diocèse de Mirepoix , mort en 1780, était neveu de dom Jacques- Martin, dont il continua V Histoire des Gaules. Il publia en 1754 le deuxième Toiume de cet ouvrage, en y joignant un Dictionnaire géographique et to« pographique des Gaules. Il a en outre traduit de l'allemand , avec dom

Antoine-.To>;cpli Pernetti , le Cours de mathématiques (k fVolJ, 1743, 3 vol.

in-8*.

Brtal (Michel-Jean- Joseph dom),

né à Pprpii^nnn, en 1743, l'un des derniers membres de la conijréi;ation de Saint-Maur, vint à Paris, en 1771, pour continuer avec dom Clément le lieeueUdes hisUniens de France^ et eut, part à la publication des douzième et treizième volumes, qui parurent en 1786. Peu de temps après, la révolution vint interrompre les travaux des bénédictins. Quand il fut question de les reprendre, Tinfatigable dom Brial se chargea seul de les continuer, et il publia en 1806 leauatorzième volume du recueil de nos historiens. Il avait été reçu l'année précédente h Plnstitat (Académie des inscriptions), et chargé, avec trois de ses collègues, de continuer V Histoire littéraire de fa France^ commencée par dom Rivet. Il a eu part aux volumes treize à s^eize de cet ouvrage, ainsi qu'aux NoUeeset extraits des manuscrits de la EU»

hliothèque du roi^ et à la nouvelle série des Mémoires de l'Àcadtrnie. On lui doit en outre VÉloge historique de dom Labat^ 1808, in-S", et les tomes XII, XIII, XIV, XV, XVI, XVII et XVIIT du Recueil des historiens de France, qui forment son preniier titre littéraire. Il est mort à Paris en 1828.

Bbianchon (Charles-Julien), capitaine d'artillerie, l'un des élèves les plus distingués de cette école polytechnique qui a fourni à la France tant de savants officiers, est né à Sèvres, près Paris, en 1785. Pendant son séjour à récole, où il était entré le premier, il oomjx>sa un Mémoire sur les lignes et surjaces du deuxième degré qui lui valut Tattention des savants. Carnot, lui -même; si bon juge dans cette matière, apprécia ce travail et Tinséra en partie dans son beau Mémoire sur la théorie des transversales. Depuis, M. Brianchon fit paraître divers écrits sur des questions de géométrie ou de chimie appliquée, indiquant des résultats nouveaux ou des théories ingé-

ns< s. et rendit aux armées et à l'Etat les plus éminents services comme

fiai fka:

professeur de sciences appliquées à l'école d'artillerie de la garde royale à Vincennes. On lui doit, outre ses Mémoires sur les lignes du deuxième ordre ^ Paris, 1817, in-8"*, un Traité sur la poudre à Urer^ ibfd., 1835, on Essai chimUnte sur les réactions foudroyantes^ iaem ; enfin divers mémoires insérés dans le journal de l'école pol} teciinique, tomes IV, VI, XII et dans les Annales de mathémati* ques.

Briancon, Brîgantium, Brigomagentium civitas, ville de l'ancien Dauphiné, aujourd'hui chef-lieu de souspréfecture du département des Haute»- Alpes, à 38 kilomètres d'Embron.

Pline, Ptolémée, Strabon font mention de Briunntium comme du chef-lieu de l'une des principales peuplades habitant les Alpes cottiennes. Après la chute de rempire d'Occident, les Brian- ^nnais se constituèrent m république, et, grâce à leur situation au milieu de montagnes inaccessibles, ils réussirent longtemps à se maintenir indépendants; mais à la fin, Tanarchie se mit parmi eux, et ils se donnèrent Yolontairenient, mais en se réservant de nombreux privilèges, aux dauphins de Viennois, qui prirent depuis le titre de princes de Briançon et de comtes deSésanne. Briançon fat réuni, en 1349, au domaine de in couronne de France, avec les autres États des dauphins d'Auvergne.

Cette ville avait pour devise : Petite ville et arand renom. Brâlée en partie pendant les guerres de reiigînn du seizième siècle, elle lut encore ravagée par des incendies, en 1624 et en

Bbiaivgonnats (le), BriganUnensis ager, étaft borné au nord par la'Savoie, au sud par la vallée de Barcelonnette, à Test par le Piémont, et à l'ouest par l'Embrunois et le Grésivaudan. Du temps de César, il était liabité par les Brigiani^ compris par Ptolémeie dans la confédération des Segusini; par Pline, dans celle des Caturiges ('), et

(*) Walckenaer , Géograpliie historiette des GnuUtt t« I, p. 54o,

CË. mi 877

mentionnas dans l'inscription du trophée des Alpes (*) , au nojnbre des peuples qu'Âuî^uste avait domptés.

Le Briançonnais faisait, sous llonorius, partie de la province des Alpes maritimes. Depuis, il eut les mêmes destinées que sa capitale.

Brtant (dom Denis), bénédictin de Saint-Maur, auteur de quelques ouvrages estimés qui sont restés manuscrits, mais dont on trouve des copies dans plusieurs bibliothèques : 1** Mémoires sur Vabbaye de Saint-f incent du Mans; T Cenomania ou Histoire gé' nérale de la province du Maine et de ses comtes, Dom Briant est mort en

Bri ard (Gabriel), peintre d'histoire, né à Paris, en 1725, fut élève de Natoireet reiîiporta le grand prix de peinture, en 1749 : le sujet était un mor^ ressuscité sur le lambeau étÉHsée.

Plus tard , Briard fut agréé à l'Académie, où il fut ndfuis le 30 avril 1768 ; le tableau qu'il fit pour sa réception représentait Jlerminie au milieu des bergers, Doué d*un assez beau, talent de composition, dessinateur facile, mais correct, point coloriste, Briard a laissé quelques ouvrai^es recommandables. La chapelle de Sainte-Marguerite , au faubourg Saint-Antoine à Paris, où il a peint les anges tirant les âmes du purgatoire; le plafond de la salle du nanquet royal à Versailles , représentant VO/ympe assemblé; celui de l'hôtel Mazarin , aujourd'hui la bibliothèque royale , retraçant les noces de PsytM; celui du salon de Louvecienne , représentant les plaisirs de la campagne; telle est la liste de ses œuvres importantes. INommé adjoint à |>rofesseur le 38 juillet 1770, il ne fut point professeur, comme on l'a dit, et mourut le 18 novembre 1777.

Brtare, Brihodorum^ BrîvodU' rum, petite ville de l'ancien GAtinais- Orléanais, à huit kilomètres de Gien, chef-lieu de canton du département du Loiret. Sa f)opulation est de deux miHe deux cent cinquante habitants.

. Baiàhe (canal dej. Voyez Canaux.

(*) Pline , hkt, nai,, t. ni, p. ao-a4z.

Bbias, seigneurie de Tancienne province d'Artois, à vingt kilomètres d'Ar^ ras (Pas-de-Calais), érigée en cômt^ en 1649.' Cette seigneurie a doifné soi| nom à Tune des plus illustras maisopf ^es Pays>Bas.

Bbice (Saint), évôque de Tours, pé ^tts cette ville de parents dtstin» gués , mt élevé par saint Blartin , âon| Il exerça longtemps la patience par ses injures et par ses mœurs dissolues.

Cependant ii revint de ses égarements, et fut désigné, vers Tan 400, pour succéder au saint éyégiie. L*^piscopat de saiiit Brice fut marqué par pe qomt brepses difficultés. Après avoir eu de grands démêlés ave c un ( «Ttain T.aznre, depuis évéque d'Aix-ia-Ciiapelle , il fut en butté à pne accusation calorppieus^

3ui lit soulever contre lui tout 1^ beapje e Tours. Ignominieusement cnassé, Brice se retira à Rome , où il lava par ses pleurs, dit Grégoire (je Tours (*), toutes les fautes qu'il avait CQn)mises envers le saint de Di|Bi|. pependant il rentra ensuite dans son diocèse, qu'il gouverna heureusement jiisqu'en 444.

Il mourut à Tours, et fut enseveli dans la petite basilique qu'il avait élevée sur jft tombeau de saint Martin*

BurcB (N.)* chasseur à cheval de la Heille garde. Voyant, à la bataille d'Eylau, son général (Dalhmann)démontéet Messé d'un coup de baïonnette , il courut à lui à toute bride , mit pied à terre sons le feu de rinfanterie enner mie , le releva et le plaça snr son eim* val . Entouré de chasseurs russes, Brice reçdt plusieurs coups de sabre , et parvint cependant à ramener son général près des lignes françaises*

BfiicHE (le vicomte Adrien-Louis* Élisabeth-Mariede), né en 1772, était chef dVscadron du ir hussards à la bataille de la Trébia , où il couvrit vaillamment la retraite de l'armée. Il se signala Tannée suivante à Ifarengo, et fut nommé» en 1807, colonel du lo* de hussards, à la icte duquel il se distingua de nouveau en Allemagne et en Volo'^ne. Après la paix de Tilsitt, il passa avec son régiment en Espagne ,

où il se lit souvent rtynarquer par son habileté et sa valeur, notamment aui^ Dotailles d'Ocagna et de Salpmanque, Général de brigade en 1 809 , et géniTal de division eu 1813, il fit encore avec distinction la campagne de France en 1814. Mais, depuis l'abdication de Na** pdéon k M. de Briche se montra aiissi attaché aux Bourbons qu*il avait 4ta autrefois dévoué a l'empereur. II pensa même être victime de son zèle , en s'opposant, en mai 1815, au mouvement qu'avait provoqué à JSîmes le débarquement ae Tempereur. ^n juillet iai6« il présida la commission militaire qu| condamna à mort le général Mouton*»

Duvernet, l'un de ges anciens compagnons ^'armes* XI commanda depuis SMcoesnvement plusieurs divisions mi* iitairep, et mourut k MarseiUe sa

BiuçoNNET (Guillaume), connu sous Itî nom de Cardinal de Saint- Malo, surintendant des tinanoes et principal ministre de Cbarlea VIII, roi de France, naquit à Tours, et fut d'abord , sous Louis XI , général des finances du Languedoc. Ce prince, en mourant, le recommanda à son lUs qui le nomma surintéddant des finan* ces; 0t êepus^^ dit un historien , n« parla que par sa bouche j n'entreprit que par son conseil, et ne gouverna que par sa conduite. Lorsque Louis le iMaure , administrateur du duché de Milan, voulut engager Charles VIII â faire pas.ser des troupes dans le royaume de Naples, ce fut Bnçonriet que les ambassadei»rs de ce prince cherchèrent d'abord à gagner; ce fut lui qui, flattant habilement l'ardeur guerrière du jeune roi , le poussa à accomplir cette romanesque entreprise. Charles, après avoir pris cette détermination, lui donna , dit Guicciardini , la première autorité pour le gouvernement du royaume. Vers ce temps, Tambitiein financier» qui , devenu veuf, s'était fait donner, en 1491, l'évéché de Saintl\Ialo» entra dans les ordres d'après le conseil des ambassadeurs milanais,

fui rassuraient que le crédit du roi , son arrivée à Rome , le ferait bientôt cardinal* Briçonnet vainquit la léna»

tance que le duc et la duchesse de Bourbon opposaient dan^ le couseil à cette aventureuse invasion , ep pressa lep préparatifs, et y aooomipagna ensuite le roi. Dans tout le cours de Texpédition, il Ht prévaloir, au conseil du prince, une mauvaise foi peu en harmonie avec i»a devjse : Ditat sçr* va$a fidei. A Home « il ameBa la conciliation de son souverain avec l'infâme Alexandre VI. Cette condescendance lui valut immédiatement le chapeau de cardinal. Enlin, son incapacitéet son obstination compromirent plus d'une fois le salut de Tarmée.

Apirès la mort de Charles VIII, qui trompa son ambition et le frappa comme un coup de foudre , il fut remplacé dans le ministère par le cardinal * ë* Amboise , et se retira à aoine. Mais Louis XII le chargea d'importante^ néîzofM'ations auprès de l'arrogant et ambitieux Jules II. Rriconnet fit à ce pape une vigoureuse opposition, et il alla jusqu'à ouvrir, matf^ré lui , le cou* ei|e de Lyon. Anisi fut-il excommuniai et privé àe la pourpre. Louis XII l'en dédommagea en lui donnant, en I603t la riche abbaye de Saint- Germain des Prés et le gouvernement du Languedoc.

Après la mort de Jules 11, Briconnet fut absous par Léon X, 0t passa de l'ar* chevêché de Reims, où il avnit été élevé en 1494, à celui d<' N.irhojme, où jj mourut iort vieux en |ôl4.

BbiçorHkt (Guillaume) , (ils du préoédent, fut successivement évèqued# Lodève et de Menux. Avant de se retirer dans son diocèse, il avait été chargé , par Louis Xil et François 1*"", de diverses négociations auprès du pape. Retenu à Meaux , il attira auprès dé lui plusieurs savants , tels que Guillaume Farel , Jacques Faber ou Lefèvre , Gérard Roussel , Clichtow , Fran<^is Vatabie. Parmi ces savants se trouvaient des docteurs de l'oniver* site de Paris, zélés calvinistes qui lui firent partager leur doctrine et leurs opinions. îNlais bientôt , craiiînant de perdre son évéché et la faveur de la . cour, Briconnet changea de conduite, et poursuivit avec acharnement |e parti i|irii avdt favorisé. Eioommiuiiea"

tions , proscriptions , jeûnes , processions , il ne négligea rien pour témoigner de son zèle. Aussi \fi& cordeliers, qui Tavaientdeux fois aecus^ d'héréne et traduit au parlement, furent -i|s considérés comme calomniateurs. Briçonnet mourut en 1533, au chûteau d'Ksmant, près de Montereau. Ainsi que son père, il protégea les lettres, et augmenta la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Germain des Prés. On a de lui une traduction française du Cont templutiones Idiote.

Bbiçonnet (Robert) , oncle du prée cèdent , archevêque de Éeims et chaQp celier de France, dut son élévation rapide à la faveur dont jouissait son frère le cardinal de Saint-Malo. Il mouf ut en 1497 , à Moulins en Bourbon* pais.

Bbi DAINE (Jacques) , né eo 1701 «

près d'Lzès. Ce missionnaire se rendit célèbre, dans le dix-huitième siècle, par les effets que produisit sur les ha* Bitaots des campagnes, et quelquefois mâme sur les populations des villes ; son éloquence vigoureuse et pittoresue. Il savait frapper son auditoire par • es mouvements foudroyants et des images saisissantes. Au mérite d une imagination ardente el originale, il joignait une voix d'une fotee et d'une étendue peu commune, une taille éle- \ vr vX imposante. Il tirait parti avec habileté de toutes les circonstances qui, dans un temple cbr^en, peiN Tant concourir à reCfel de la parois sainte. Il tombait à genoux au milieU de son discours , en se tournant dd CQté de Tautel, pour demander pardon a Dieu au nom 4es pécheurs qui rputragent. I| s'adressait, par des apostrophes brusques et émouvanteSt aux signes de mort ou de sahit répandus autour de lui dans Tédifice. D'ordinaire il prêchait à la fin du jour, afin que Tobseurité , envahissant les voûtes du temple, contribuât avec se^ paroles à répandre dans les âmes un religieux eff roi. Ce pieux charlatanisme ne manquait jamais son effet. On rapporte des exemples étonnants de coni versions faites pr ce missionnairei Les GontemporaiAi kmNMfmwMk

L'UNIVERS

MI

bre des orateurs. 11 est certain qu'il n'avait point de goût, que les images qu'il em|)loyait étaient souvent bizarlesou ridicalement gigantescjues, et queises traits de vigueur tenaient fré* qupniment de la déclamation et du mélodrame; son action en chaire sortait des bornes du goût à force de véhémence; elle devenait parfois plus semblable à la pantomime d*un comédien qu'à celle d'un missionnaire ; mais c'était précisément par de tels défauts que Bridaine agissait sur le peuple. Quant aux auditeurs d'un genre plus relevé et d*an esprit moins crédule , ils aimaient cette nidefran* chise et cette hardiesse cynique avec laquelle Bridaine s'emportait contre la mollesse et l'irréligion du siècle ; ils trouvaient , dans la liberté toute nouvelle de ses anatbèmes, un piquant et curieux contraste ; ils confondaient même avec réioquence ses tirades ronflantes , qui étaient en harmonie avee le goât naissant du siècle pour la déclamation. Voilà comment on doit s'expliquer les triomphes de Bridaine, tout en reconnaissant d'ailleurs qu'il eut beaucoup d'imagin:ition et ne manqua pas de ferveur religieuse.

Le cardinal Maury a eité Texorde do discours qu'il prononça, en 1751, dans l'église de Saint-Sulpi'ce. L'idée de cet exorde est très-heureuse ; mais la forme en doit être attribuée presque tout entière au cardinal Maurv, qui n'avait pu se rappeler littéralement les punies originales. Quant à ce fragment d'un sermon sur l'éternité, où Bridaine représente le balancier des enfers répétant sans cesse ces deux mots : Toujours l jamais! ja-' mais ! toujours ! et un damné s'écria nt : Quelle heure est-il f et n'obtenantpourréponsede ses compagnons de douleur que ce seul mot : l'éternité; c'est la une fantasmagorie qui peut fàire peur un instant , mais ce n'est pas là une grande idée ni un trait sublime d'éloquence, comme l'assure le cardinal Maurv , qui est loin d'être un arbitre infaillible en fait de goiU. Les sermons de Bridaine n'ont pas «lé recueillis. Il avait d'abord été sé-

minaristedans la maison des missions d'Avignon. Il parut pour la première fois en chaire à Aigues-Mortes. Dans le cours de sa ciirrière , il ne fnrit jamais de repos , et presque toutes les provinces de France entendirent la voix puissante de l'infatigable missionnaire. Il reçut de ses supérieurs et du pape Benott XIV les témoignages d'estime les plus honorables, mais ne fut point élevé au-dessus de ses fonctions, qu'il était heureux d& remplir.

Il mourut dans le cours d'une mission, en 1767. On a de lui un volume de cantiques spirituels.

Bbidàn (Charles-Antoine), sculpteur, né en 1730 à Ruvière , en Champagne, étudia à l'académie de Paris, remporta, en 1763, le grand prix de sculpture, et alla ensuite coinpléter en Italie son éducation artistique. De retour à Paris , il fut reçu aîîréé de l'Académie , sur la présentation d'un groupe en plâtre représentant Saint Barthélerny fcUsant sa prière avcmt d^étremartffrisé, groupe qu'il exécuta en marbre en 1772.Ce morceau lui valut, la même année, -son admission à l'Académie. En 1773 , il exposa un Christ qui devait être exécuté en bronze pour la cathédrale de Chartres , et par lequel il commença la série des travaux qu'il fit pour cette église. En 1775 , il exposa Vllymen couronnant VÀmour , une fiqure se coiffant de fleurs, la Fidélité Hsant me lettre et earesMont son chien, les bustes de Louii XVI et du marquis de Courtanvanx , enfin l'esquisse du tombeau que Frédéric le Grand faisait élever au marquis d'Argens , et qu'il exécuta en marbre pour l'église des Minimes à Aix (voyez Argens). En 177G , il fit pour 1 église de Chartres son groupe del\/ssomptio?i, dont l'exécution, dans le style du di.x-huitième siècle, offre un d&accord si choquant avec toute la sculpture de cette métropole. En 1777, il exposa le modèle de f 'nlcain présentant à f ênus les armes qu ila jorgées 2)our Ènée. Cette statue, l'un des ornements du Luxembourg , fut exécutée en marbre en 1781. En 1785 , il

BRI

fit sa belle statue du maréchal de Vauban (aujourd'hui à Versailles), trois jeunes filles (statuettes de 64 centim.)(*), une Vierge et un JmphUm, Il exposa, eo 1787, sa statue de Bayard complimeiitaiit.répée avec laquelle il vient d'armer chevalier François I*"^, après la bataille de Mari^uan .(à Versailles), et le buste de Dupleix, gouverneur de rinde française; en 1789 , le buUe du cardinal de Luy^ nés ; enfln en 1791 , son dernier ouvrage, le buste de Cochin , curé de Saint -Jacques du Haut-Pas et fonda- . teur de Thospice qui porte son nom, établissement dans lequel se trouve ce morceau.

Bridan fut riomnfi(^ professeur de l'Académie, le 30 décembre 1780C**).

Il mourut, le 28 avril 18ûo, a làge de soixanté^uinze ans. Pam|i tes élèves , nous citerons son fils, Gartellier et Lorta, jeune artiste qui a exposé en l'an xii la Statue du peuple français , représenté par un jeune homme vigoureux , qui se repose après avoir vaincu l'Europe eoalisée. Les emblèmes qui étaient aux pieds et dans la main de cette statue, désignaient les résultats de la guerre , c'est-à-dire, ruaité,ia liberté et la victoire. Cet heureux début est la seule prodno* tion que nous connaissions de cet artiste.

Bbidan (Pierre-Charles), statuaire, 61s et élève du précédent, naquit a Paris , le 10 décembre 1766, et remporta, en 1791 , le grand prix de sculpture. Son premier ouvrage fut exposé en Tan vu ; c'était Paris présentant la pomme à F'énus. L'année suivante , il exposa une statue de rimmortaUté (aux invalides), et plusieurs bustes et statues (ilfar/do-

{*) Réexposées en 1793. En l'an vrir , Bridan i-éexposa dix statues ; le livrel de l'exposition de cette année ne les désigne pas.

. (**) Il exerça donc ce» fonctions xa ant et non pas 3a, comme le répètent toutes les biographies. Il n'était d'ailleurs adjoint à professeur que depuis le 3i décembre 1773. — Vo^ez i'arUcle Académie , t. I, p. 80, première coL

roughy le général ^aUon0ti^ 7Ï*

tien) , qui fondèrent dès lors sa répu* tation. Sous l'empire, il fut chargé de travaux importants ; nous citerons entre autres le canonnier d$ fore du Carrousel, douze bas-reliefs de la colonne Vendôme , du Guesclin , pour le pont de la Concorde, le colosse de Cé- Uvhant, pour la fontaine de la Bastille. On lui doit encore une statue d'Épaminondas mqurani (au cbâteau de Saint-Cloud) ; plusieurs bas-relie&y entre autres , dans J'escalier du Louvre, Neptune et Cérès , et le tombeau de la reine de Sicile ^ Marguerite de Bourgogne. En 1819, il obtint le grand prix de sculpture proposé par Louis XVIIL Cet habile artiste a formé de nombreux élèves. Il est mort en

Bbidobb , petite ville de Touraine,

que Grégoire de Tours cite parmi

celles dans lesquelles les premiers évêues ses prédécesseurs avaient établi es églises. Quelque peu importants que fussent ces lieux , ils l'étaient pourtant assez, sous la première race, pour qu*on y frappât des pièces de monnaie. Nous possédons un triens sur lequel on lit Bbiotreit : Rridoré est appelé en latin BrioU eidis) , et de l'autre Pabomi, mot qui ne peut désigner que le nom du monétaire.

Brie , Briegium (*) , ancienne province, avec titre de comté, se divisait autrefois en trois parties : la Brie ^ampenoise (capitale Meaux), la Brie française (capitale Brifi- comte -Robert) , et la Brie pouilleuse (eapitale Château-Thierry); ou en deux parties:

la haute Brie (capitale Meaux), et la basse Brie (capitale Provins).

Du temps de César, la Brie. était habitée par les Meldx. Sous Honorius, elle se trouvait comprise dans la quatrième Lyonnaise. Après la conquête des Francs 1 elle fit partie du royaume de Neustrie, et eut ensuite des seigneurs particuliers , qui por^ taient le titre de comtes de Me.iux.

£Ue fut rétmie, en 988 , au comté de

(*) Walckenaer, Gtiograjjhie kiitoriqu»

de* Gaule*, 1. 1 , p. 4^5.

mt L'UNIVERS.

Champagne ; dobt elle Buivit Aspuis

les destinées.

Baie-cohte-Robebt , Braya ou BHa eomiUi RoberH , ancieniie eapi-

taie de la Brie française, à huit kil. de Corbeil , aujourd'hui chef-lieu de canton du départemeat de Seine^t** Marne.

Cette ville a pris son nom de Robert de France , seigneur de Brie et eomte de Dreux, son fondateur. £m<portée d'assaut p*ar les Anglais, en 1430, elle fut reprise en 1434 par le duc de Bourbon. Les princes s'en emparèrent mti\, eti pendanC là guerre de la Praguerfe, et elle fot encore prise d'assaut pendant ies troubles de la fronde, en 1649.

La population de cette ville est aujourd'hui de deux mille sept cent aoixanteHieux habîtanta. Il tient toutes \ei semaines un marché où il ae fait un eommeroe oonaidérabla de Hé.

Brie (Jehan de). — On ignore l'époque précise de la naissance et celle de la mort de ce personnage, qui, de aon

temps, n'était connu que sous le nom du bon berge?'. On sait seulement qu'il était né près de Coulomniiers en Brie; qu'après avoir été longtemps berger dans sa province, il vint à Paris vers 1379, y servit en qualité de dojnestiquè chez un chanoine de la Sainte-Chapelle , et composa , par l'ordre de Charles V, sur réducâlion des moutons , un petit ouvrage intitulé : Le vray régime H gouvernement des bergers et bergèresy traitant de l^état, science et pratique de Vart de bergerie et de garder ouailles et bêtes à laine, par le rus- Uque Jehm-âi» Brie, le hon berger.

Paris, in-l8, goth. fig. Ce livre est aussi rare que curieux; on n'en œnnaît que deux exemplaires, dont l'un est à la bil)liotlieque de l'Arsenal, Bbie-Sebbàinï (Cl. Alex., marquis de), né en 1748, à Dampierre m An* jod, dé ranoienne maison de Laval, consuma sa vie entière et sa fortune à former et à exécuter des projets utiles. Vers 1780, il proposa au gouwnement da faire de Pomic, dans k pays de Rets, aapnt militaire, et

de donner à Nantes l'importance d'uni ville de commerce de premier ordre, en établissant entre ces deux ports ua canal de communioatiori par lequel on éviterait les bancs de sable qui encombrent l'emboucliure de la Loire. M. de Brie-Serrant publia à cet effet et adressa au roi et aux états géneraui <jeux Mémoires, Paris ^ 1789, ip-4o.

liais bientôt la révolution fit oublier le marquis et ses projets. Cependant^ malgré la perte de ses droits seigneuriaux, malgré les dépenses et les peines cjue lui coûtait la poursuite de son idée mvorite, Brie^fierrant ne cessa de li . .présenter vainement à tous les gouvernements qui se succédèrent depuis en France. Il mourut dans une misérable mansarde en 1814. Outre le mémoire dont nous avons parlé, il avai| publié : ÉerU ûdnêsé à vA&Mmile ChdhnB'Sur'Mame , sur me |nfêf <ioii proposée par voie de concours, concernant te patriotisme : Quels sont les moyens de prévenir l'extinction du pamotisme dans l'éme do citoyen?

1788* in-12. Il donna encore : PéHtiok ampliafive en faveur des blancs et des noirs, et Projet d'un tr ailé important ^ur les colonies et pour VÉtat, 1 792 ^ in^** ; Éludes contenant un appel au . publie hd-méme, du Juçfemmt du p^h blieeurJ,/. nouêseau, Paris, 1803, în-8°; enfin divers projets dans if journal la Bouche de fer.

BfiiBG (siège de). — Les Français, maîtres de la Pr«tsse, étaient entrés, dès les premiers jours de janvier 1807, dans la Silésie. Le prince Jérôme Napoléon lit investir Brieg , le 8 : cinq jours après, la place se rendit, §t )a ga^ni8on déiQh devant Tarmée bavflH roise , qui avait été employée k oa siège.

Bbiennk-lt:-Chateau, petite ville de l'ancienne province de Champagne, à viugt-quatre kilomètres de Troyes (aujotnttiiui département d^ TAube).

L'origine de cette ville se perd dans la nuit des temps. On croit que c'est de ses hiibitaiits que César a parlé dans ses Conunentaires sous les noms de Brannanii et de Bramtviçesr Le plnii ancien titre qui en fasat maîilHli àry^p

ma FRANGE

Ml m

manière non équivoque, est V Histoire ês BoXnU Loup, éoêque de Trotjes, où Fon voit qu'au milieu du cinquième siècle les habitants de Brienne furent emmenés coptifs par les Alemans, qui cependant, à la prière de saint Loup, leur rendirent la liberté. L'Ilis- Mtê de saifU Bonhahre, qui yfYait an dbptiènie siècle, fait mention d'un vil- Ja^ie (\e Crespy, situé dans le finale du château de Brienne et au milieu de la forêt de Der. Cechâteau était dès cette époqué le èHef-lieu d'un comté dont \l eÈt parlé dans une charte de Louis le Débonnaire, de 832. En 858, il faillit se livrer sous les murs de Brienne une bataille importante entre Louis , empereur de Germanie, et Charles le CbéiiVe. Celui-ci ayant rassemblé une arUÉiée commandée par les principaux seigneurs de Bourgogne, marcha contre Louis , qu'il joignit a Brienne. liais les troupes du roi de France s'étant débandées, Il fat forcé de prendre la fuite. Tous les historiens contemporains font mention de cet événement, l'un des plus importants de l'époque.

L'historien Flodoard rapporte qu'en 957, deux brigands, Gotbert et Augilbert , son frère , fortifièrent le château de Brienne , mais que Louis d'Outre* mei", en ayant eu connaissance, s'empressa d'arriver au secours de Brienne, forma le siège du château , parvint à te jpmdre pair famine, et le détnMt de ibhd en comble. A cette époque , les titres de comtes et barons étant devenus héréditaires, le comte de Brienne fiit donné à des seisneurs, qui le tiar^t en fief des comTes de Champagne.

Brienne devint alors ttn des comtés^ pairies de cette province; ce fut même un des trois comtés achetés par le pape Urbain IV pour doter le cliapitrc de Saint-Urbain de Troyes. Ce comté fut éri^ en duché-pàirie en 1587, sous te jfèj^è de Henri III; mais les lettres patentes n'ayant point été enregistrées au parlement , il demeura simple comté.

Le château fort de Brienne fut asâi^é, pris par famine, et démoli en 145t, sous le règne de Charles Vil, pendant les guerres des Anglais. Après

leur expulsion du territoire français, il fut rcbtfti et assiégé de nouvean l^ndanl les guerres civiles, vers 1674

ou 1575. Cette antique forteresse a depuis longtemps disparu ; file a été remplacée par un superbe cliAteau moderne, construit par Louis-Marie- Atbanase de Loméniè, dernier comte de Brienne, devenu immensément ri* che par le mariage qu'il contracta , en 1767, avec la fille d'un fermier gé-^ néral.

Dès 1625, Ionise de Béoti-Loxem*

bourg fonda à Brienne un couvent de minimes, destiné à l'éducation des enfants de cette jille. Vers 1730 , les religieux de ce monastère convertirent leur école en un collège , où ils enseignaient le latin à la Jminesse du pays. En 1774, œoolléçe jouissait déjà d'une certaine renommée et comptait un asspz grand nombre d'élèves, entretenus aux frais des seigneurs de Brienne.

Le février 1776 , une déblaration du roi fit de ce collège ime succursale de l'érole militaire de Paris , destinée à recevoir cent élèves du roi et cent pensionnaires. Ou sait que Napoléon fit dans cette école se.-^ jjremières étiK des. Il y entra le 23 avril 1779, à Tâge de neuf ans huit mois et cinq jours, fet en sortit le 17 octobre 1784, après y avoir passé cinq ans cinq mois et vincrtcinqjoift s. L'école militaire de Brienne fut supprimée en 1790; les bAtlmentl en furent vendus et démolit; mais le château n'a rien perdu de sa magnificence. La ponuiation de cette ville est aujourd'hui de dix-neuf cent trente habitants.

Bbibnre (bataille de). — Le 28 jarivier 1 SI 3, le général autrichien Schwartzemberg était à Troyes, et le général prussien Bliiclier à Brienne. Ces deux généraux numœuviraient pour opérer leur jonction par Lesmont. Napoléon résolut de Fempécher. Il artiva a marelles forcées , et à travers une forêt impratical)ie pour d'autres soldats que des Français, sous Brienne, et, surle-champ, il commença Tattaque. Le combat fut jil vif sui* les terrasses du parc et h l'entrée de ta ville basse, les Français firent de tels progrès qve

aaé BAI vijJs

BIttober fut sur le point d*étre pris.

Oa se battit pendant douze heures dans cette petite ville, qui fut presque entièrement détruite par le teii de^s deux partis. Le ciiâteau était deicudu par les Prussiens, la ville par les Rus- .ses, et cependant, malgré la supériorité du nombre et l'avantage de la position, l'ennemi ne remporta point de victoire. Lu perte tut égale dans les deux armées; mais Napoléon atteignit son but: Blûcher rut forcé d'opérer sa retraite vers Bar-sur- Aube, au lieu de gngner Troyes par Lesmont, comme il en avait le projet.

BfiiBNNB (maison de). — La famille de Brienne est une des plus célèbres * et des plus anciennes de France. Elle a produit trois connétables, d'autres grands ofliciers de la couronne, des rois de Jérusalem et de Sicile, des empereurs de Gonstantinople , des ducs d* Athènes, etc.

Le plus ancien comte de Brienne dont il soit fait mention est Engil' bert r% qui vivait en i)i)0.

Il , eut pour (ils EngUbert dont il est question dans la chronique d*Albérie. Celui-ci vivait encore en 10.55.

Son (ils, Gauthier r% eut (VEustachie, comtesse (le Bar-sur-Seine, trois enfants, savoir : Erard MUon^ qui fut la souche des comtes de Barsur-Seine, et Gtfiy qui mourut sans postérité.

Gauthier U, fds d'Érard P^ laissa quatre enfants , dont l'aîné, Érard II, fut le père de Gamthfer III , roi de Sicile et duc de la Fouille , et de Jean de Briennef empereur de Gonstantinople et roi de Jérusalem. (Voyez l'article Bbienne [Jean de]).

Gauthier III mourut en 1205.

Gauthier ly, dit k Grande son fils posthume, fut tué par les Sarrasins en 1251; il avait eu de Marie de Chypre, son épouse, Jean, comte de Bnenne , mort sans postérité , eu 1270 ,

Et Hugues, duc d^Athènes.

Celui-ci eut pour fils Gauthier F, qui périt en 1312, à la bataille du Céphise. Il laissa deux enfants, savoir:

Gauthier / 7, tyran de Florence, et ensuite connétable de France, qui fut

tué en 1356, à la bataille de Poitiers,

et ne laissa pas de postérité (voyez l'art. Bbienne [Gauthier de]),

Et Isabcau de Brienne, duchesse d'Atlièncs, qui épousa, en 1320, Gauthier, sire d*£nghien, dont elle eut six fils.

Le cinquième, Louis, eut, entre autres enfants, Marguerite , qui, par son mariage avec Jean de Luxembourg, porta dans cette maison le comté de Brienne, la seigneurie d*En»

ghien et les droits au duché d'Athènes. (Voy. Part. Litxemboiibg [famille de]}.

Pierre /'', fils de Jean de Luxembourg et de Marguerite de Brienne, fut le père de Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, connetahle de France, sous le rèiine de Louis XI.

Louis de Luxemi)Ourg eut trois lils, dont l'aîné, Jean de Luxembourg, fut tué en 1476, à la bataille de Morat. Il laissait un fils qui mourut sans postérité, et une fille, qui épousa Bernard deBéon, gouverneur de Sainton^e.

Louise de Béon, fille de ce dernier, épousa , en 1628 , Auguste de Loméniey

2ui devint ainsi la tige de la famille de Irienne-Loménie. (V^oyez Lombnie.) Bbtenne (Gauthier"^ de) fut élevé à la cour de Rohert le Bon, roi de >ia-

{>les. Le j)rince Charles , Uls de Rohert, 'envoya a Florence, en f 326, en qualité de son lieutenant général. Brienne tenta ensuite de reprendre le duché d'Athènes, que les Catalans avaient conquis sur son père; mais cette entreprise ne réussit point; et, sans parler des sommes immenses que lui coûta cette entreprise, il y perdit, suivant Jean Boccace , son fils unique , qui fut tué par les Catalans. 11 revint ensmte en France, et fut très-utile au roi Philippe de Valois , dans la guerre que ce prince .soutint contre les Anglais en 1340. Comme il revenait, en i;]J2,de la cour de ce monarque pour se rendre à Naples, il passa de nouveau a Florence, au moment où le peuple , irrité de ta perte de Lucques, se soulevait contre son gouvernement. Gauthier profita de Toccasion pour se faire nommer Siigneur de Florence. Il séduisit tous les partis par de vain«s promesses,

et les trompa par de faux serments; oianda les armées du souverain ponUfts

mais il n'eut pas plutôt obtenu le contre son gendre. Il eut bientôt une

pouvoir souverain qu'il s'abandonna autre couronne, celle de Constantioo*

aux passions les plus honteuses. Il pie, qui lui fut décernée parles barons

amassa des sommes énormes par les français, en 1229. Il défendit sa capi-

f)lus criantes exactions, fit périr sur taie contre les Grecs et les Bulgares;

'échafaud un grand nombre de ci- ruina leur flotte , les défit une seconde

toyens respectés, et provoqua de tant fois , et les épouvanta tellement qu'ils

de manières la haine des Florentins , n'osèrent plus reparaître. Il mourut

que toutes les classes du peuple se déclarèrent en même temps contre lui.

La multitude prit les armes, et vint Tassiéger dans son palais. Après s'y être défendu huit jours, il fut obligé de capituler, d'abandonner aux venc^eances du peuple les ministres de ses cruautés , de renoncer à la seigneurie de Florence , et de sortir de la ville. Gauthier de Brienne revint alors en France, où le roi lui donna, au mois de mai 1356, la charge de connétable.

11 fut tué le 19 septembre suivant, à la bataille de Poitiers. Son corps fut

en 1237. Il était brave et prudent, mais son avarice ternit ces belles qualités et hûta la ruine de l'emnire.

Bbibt (Philippe) , savant jésuite,- né à Abbeviile en 1601, mort en 1668, a composé plusieurs ouvraj^es , dont le plus connu et le plus estimé est : Parallela geograpliix veteris et novœ, Paris, 1648 et 1049, 3 voK in-4% avec 125 cartes. Malheureusement cet ouvrage , qui est savant et écrit avec méthofle, n'a pas été entièrement publié.

Trois autres volumes devaient contenir TAsie et TAfrique. Briet a encore

porté à Tabbaye de Beaulien, dans le» laissé : jlnnaks mundi, Hve chtmicomté de Brienne, où l'on voit encore cm, ab orbe condito ad annum.

C/em/i, Paris, 1GG3, in-12, 7 volumes;

son tombeau.

Brieinne (Jean de), fds d'Érard II, comte de Brienne, naquit dans la seconde moitié du douzième siècle.

"Les chrétiens de la Palestine ayant fait demandera Philippe-Auguste un époux pour ]\Iarie, fille d'Isabelle et de Conrad de. Montserrat, héritière du royaume de Jérusalem, le roi de France choisit Jean de Brienne, qui réunissait tou* tes les qualités d'an chevalier fraa-

Îais. Il partit pour la terre sainte en 269, épousa IMarie, et se fit sacrer roi de Jérusalem dans la ville de Tyr. Son arrivée dans la Palestine fut signalée par quelques avantages remportés surlesSarrasins; mais, comme 11 n'avait amené avec lui qu'un petit nombre de chevaliers, ses succès ne furent que passagers. I.e pape lui conseilla , pour mtéresser Frédéric II au sort du royaume de Jérusalem , de donner à cet empereur sa fille Yolande en mariage. Jean de Brienne y consentit , et Frédéric prit d'avance le titre de roi de Jérusalem , mais ue partit point pour la Palestine. Ce liit alors auerOccident fut troublé par les querelles du pape et

Venise, 1693,7 vol. in-12; Theatnim geog raphia um Europœ veteris, 16.53, in-fol. ; Elogium pat ris Sirmondi, Paris, 1651, in-4% etc.

. Bbiey, petite ville de Lorraine', aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de la Moselle, à vingtquatre kilomètres de Metz.

Cette ville est fort ancienne ; quelques auteurs en font remonter rorigine jusqu'à Tépoque romaine. Au huitième siècle , elle dépendait du duché de Mosellane; plus lard, elle passa aux comtes , puis aux évéques de Metz , qui finirent \twt la céder aux comtes de Bar. Assiégée par les Messins en 1363 et en 1370, elle fut saccagée en 1421 par le duc de Berg, et prise ^en 1475 par Charles le Téméraire.

Briejr possède un tribunal de première instance et une société d'agriculture. Sa population est de dix-sept cent cinquantc-ciri(j habitants.

B&iEz (N.) fut dculuté du département du Nord à la Convention nationale , vota la in^rt dans le procès de '

de Femperrâr, et Jean de Brienne com- Louis XVIi en ajoutant: «Dans le T. III. 3S* jJhnUton. (Digt. brcyg!.., m.) S6

iéé

« cas où la majorité serait pour la ré- « clusion , je fais la motion expresse «qae li, d^iei au 16 a?rtl, les puis* « sances n'ont pas renoncé au dessein « de détruire noire liberté , on leur « envoie sa tête. » Chargé d'une mission à Tarmée du Nord , il fut accusé d'avoir des intelligences avec le prince de Cobourg, se disculpa et continua ses fonctions. II se trouvait à Valenciennes lorsque cette ville, investi?»

par les Autrichiens , fut forcée de capituler. Membre du comité des secours publics, il fit subvenir aux besoins (les indigents dont le mont-de* piété détenait les outils ; des réfugiés étrangers , des citoyens victimes des invasions , et des parents des défenseurs de la patrie. Le 4 juin 1794, il fîit nonuné secrétairede la Convention, et envoyé en mission dans la Belgique après la révolution du 9 thermidor. Il mourut en 1795.

Bbigà (combat de la). — Après la prise de Saorgio , au printemps de 1794, les Piémontais se postèrent sur les hauteurs qui couronnent Tembranchement du chemin de la Briiia an col de Tende . position qui semblait avoir pour but d intercepter la communication entre les colonoes françaises. Le ^6 avril 1794, trois colonnes , formées des divisions Masséna et Macquart, les attaquent sans être arrêtées par les neiges ni par l'escarpement des monts. Ils se précipitent au

Sas de charge sur ces retranchements, éfendus par sept à huit mille Piémontais, les foudroient avec l'artillerie qu'ils conduisaient dans les sentiers les plus difliciles . et les poursuivent jusqu'au village de Tende.

Bbigadb. ^ C'est le nom que l'on donne aujourd'hui à une portion de Parmée. La brigade se compose de deux régiments au moins, soit d'infanterie, soit de cavalerie^ sous les ordres d'un maréchal de camp, et il en faut deux ou trois pour former une division. Lorsque les circonstances l'exigent, on forme des brigades mixtes d'inianterie et de cavalerie légère: ces brigades sont plus spécialement chargées du service d*avant«garde. *

Le nom de brigade est fort ancien, on s'en servait sous Louis XIII, en 1636, dans la gendarmerie; mais ce n*e8t qœ pins tard qn'oo l'employa pour désigner des pcntlons d*aiu mée.

Turenne, à qui l'on doit d'ailleurs la plus crande partie des perfectionnements Introduits de son temps dans notre système militaire , fut le

premier à reconnaître les avantages qui résulteraient de la réunion de plusieurs régiments sous le commandement d'un même dief. Ce fut sur sa proposition que Louis XIV institua , en 1665, le grade de brigadier des armées dans la cavalerie; le même rade fut établi quelques années après ans l'infanterie. On avait en effet remarqué que lorsqu'un nombre assez considérable de bataillons était réuni, il devenait impossible ou du moins fort difficile à un seul chef de les comtiiander immédiatement. L'ordre de plus en phis mince que Ton adopta après la mort de Turenne ne donna que plus de poids à cette observation, et la brigade devint ce qu'elle a toujours été depuis, l'un des éléments essentiels de la grande tactique.

Le nom de brigade sert, en ootre, de nos jours, à désigner les subdivisions des compagnies de gendarmerie.

Ces brigades, composées de quatre ou cinq hommes, soit a pied, soit à cheval, sous les ordres d'un sous-officier qu'on appelle brigadier, sont réparties dans les différentes communes du royaume pour y iaire le service de la police de sûreté.

Bbigaoier des abm££s du agi.

On appelait ainsi l'officier qui commandait une brigade d'infanterie oa de cavalerie. Il marchait après le maréchal de camp et avant le colonel.

Les brigadiers n'étaient officiers énéraux que dans leur corps , c'est-àire, qu'ils n'avaient decoramandement particulier que sur nn certain nombre de troupes du corps anquel ils appai^ tenaient.

Ils commandaient aux colonels et obéissaient aux officiers généraux de l'armée. Us n'avaient point d'aides de

camp pour transmettre leurs ordres , inais on leor adjoignait un major de brigade , qui les fusait exécuter dans

rétencliie de leur commandement.

Avant répoque où les brigadiers furent brevetés , les brigades étaient commandées par des colonels et des mestres de camp, qui n*aTaient qu^une commission temporaire pour exercer les fonctfonsde brigadier. Mais ce mode de nomination avait de graves inconvénients, car les colonels et mestres de camp prenant rang entre eux, non par l'ancienneté de leur nomination è ce grade, mais par celle de leur régiment, il s'ensuivait que souvent le plus jeune colonel ou mestre de camp commandait aux plus anciens. Ces inconvénients, et les motifs que nous avons exposés à l'article BbioaÏ>b , déterminèrent liOuis XIY à ordonner que les brigades eussent des commandants fixes pendant la guerre. On choisit donc des colonels et mestres de camp d'une expérience démontrée, qui conservaient le commandement de loirs régiments et auxquels on donna en outre, par commission, le titre de brigadiers. Satisfait des services qu'ils avaient rendus peudant les guerres précédentes , le roi donna des brevets à ceux de la cavalerie, en 1665. Les brigadiers dMn- X fanterie ne furent brevetés que le 30 mars 1668 : ceux des dragons le turent seulement le oû juillet 1695.

Une ordonnance du 10 mars 1673 régla que le brigadier qui aurait reçu des lettres de service , aurait le commandement sur tous les colonels et mestres de camp d'infanterie et de eavalerie, et que si deux brigadiers d'infanterie et de cavalerie se trouvaient ensemble, avec lettres de service, le brigadier d'infanterie , si c'était dans une place fermée, commanderait à celui de cavalerie; mais que dans un lieu ouvert et en campagne , le commandement appartiendrait à celui de ca- Valérie , quelle que fât d'ailleurs l'ancienneté dans l'un ou Tautre ras.

]Kéaimioins , le brevet que ces officiers recevaient ne leur donnait aucune autorité particulière; ce n'était que jpar les lettres de serriee qui leur étaient

expédiées qu'ils pouvaient exercer un commandement sur les troupes.

Tous les mestres de camp comment dants, tous les mestres de camp en second , tous les colonels , tous les lieutenants-colonels et tous les majors pouvaient prétendre au titre de briga^* dier des armées du roi.

Ce grade a existé jusqu'en 1788. Il devint inutile dès que les maréchauiç de camp furent attachés d'une manière )ermanente aux brigades, comme les ieutenants généraux l'étaient «aux divisions. Cest lo dernier maréchal de Broglie , créateur de là division dans l'armée française, qui, par ses conseils, amena ce cliangement dans les attributions des différents grades. Quelques écrivains ont dit que le grade de ongadi^r était un grade équivoque , à cause des doubles lonctions qu'ils exercèrent pendant longtemps; ces écrivains ont eu raison, car les mestres de camp , colonels , lieutenants-colonels et majors étant brigadîen, sans cesser'd'appartenir è leur régiment, il arrivait souvent que l'officier qui avait exercé ces fonctions en campagne, se retrouvait à la paix sous les ordres de celui qu'il avait commandé pendant la guerre. On fit donc sagement de sup»

primer ce grade.

Quant nux chefs de brigade des gar* des du corps, de Tartillerie, du génie et des carabiniers, ils avaient des fonctions toutes particulières , et leur au^ torité ne s'étendait pas au delà des corps auxquels ils appartenaient.

Il y avait encore les brigadiers basofficiers, qui remplissaient dans In cavalerie des fonctions analogues à celles des caporaux dans llnfanteifie. Ce grade existe encore de nos jours. Il est en usage dnas la cavalerie et dans l'artih lerie.

Brigand, Bbioàndine. — - La bri-

Sandine était une armure légère faite e lames de fer Jointes ensemble , «K ui tenait lieu de cuirasse aux hommes e pied. On appelait de son nom, 6ri'- (jands f les soldats (jni la portaient. Les brigands que la ville de Paris soudoya en IS56, pendant la captivité du roi Jean, ayant oommia une inflnUé

989 Ml i:m

Tob et d'assassinats, le nom çpi*ils avaient porté devint d'abord une injure, et, depuis, on continua de le donner aux larrons et aux meurtriers.

Brigands de la Ivoire. — Dénomination odieuse dont quelques Français , ennemis de la r^olution et de l'empire , ont voulu flétrir les débris de la vieille armée, retirée derrière la Loire en vertu de l'armistice signé sous les murs de Paris le 3 juillet 1815^

Bbignais. — Petite ville du département du Rhône , à dix kilomètres de Lvon^ où se livra, en 1861 , la bataille de ce nom. — La popuintion de cette ville est aujourd'hui de mille six cents habitants.

Bbignais (Bataille de), dite des Tard'f^emts, Une bande fort nom»

breuse d'aventuriers , connue sous le nom de grande compagnie [ voyez ce jiiot) , s'était formée dans la Bourgogne. Après avoir ravagé cette province, elle résolat d'aller arracher au pape de fargentet des indulgences; elle se piit en marche, sous la conduite d'un clievalier gascon , nommé Seguin de Battefol, et se dirigea sur Avignon, par Maçon et le Forez. Jacques de Bourbon, comte de la Marehe, qui se trouvait dans le Midi, résolut d'arrêter ces brigands. Il venait de consigner au gouverneur anglais, Jean Chandos , les provinces du Languedoc cédées par )e traité de Brétigny, et il avait obtenu de cet officier l'assurance que la grande compagnie n'était point protégée par le roi d'Angleterre. Il avait rassemblé un grand nombre de chevaliers d'Auvergne, de Tiimousin, de Provence , de Savoie et de Dauphi né , qui lui avaient promis de l'aider à délivrer sa sœur, la comtesse (le Forez , des brigands qui ravageaient son pays. «Le 2 avril 1362, Jacques de Bourbon, comte de la Marche, fut averti que la grande compa^

S nie s'était logée sur un monticule à eux lieues de Lvon , à une lieue de Briguais, château qu'elle avait pris d'assaut et qu'elle avait pillé la veille. Il chargea Tarcbiprétre Regnault de Cervolles,leménMqui avaitrecenmient icommandé une compagnie, d'aller le

reconnaître. Geloi-ei revint lui annoncer que, quoiqu'il n'eût vu que six ou

huit mille combattants , il ne doutai!

pas qu'ils ne fussent quinze ou* seize mille, et que les autres ne fussent cachés dans une vallée tout auprès. li lui recommanda de chercher, avant de les attaquer , à leur faire abandonner leur monticule, dont la position était très-forte. « En nom de Dieu, nous les « irons combattre, »« répondit le comte de la Marche , et il donna à l'archiprêtre lui-même l'ordre de commencer rattaque h la téte de l'avant-garde.

L'archiprêtre s'avança avec beaucoup de bravoure; mais,' comme il l'avait annoncé, tandis que le corps qu'il attaquait, logé sur un monticule tout composé de cailloux roulés, l'accablait de pierres, il fut pris en flanc par un autre corps de même force qui débouchait de la vallée : il fut blessé et fait prisonnier, et les soldats qu'il menait au combat furent mis en fuite. Jacques de Bourbon, comte de la Marche, qui le. suivait de près avec le corps de bataille, ne fut pas moins mal mené : il fut blessé dangereusement , ainsi que son fils ; le jeune comte de Forez, son neveu, armé chevalier pour cette bataille, fut tué; le tuteur de celui-ci, Regnault de Forez, fut pris, aussi bien que le comte d'Usez , Robert de Beaujeu, Louis de Chàlons et plus de cent chevaliers; le comte de la Marche et son (Ils moururent de deux blessures, à Lyon, où ils s'étaient Ml transporter.

Après leur victoire n Brignais, les brigands des compagnies demeurèrent maîtres du pays ; n'ayant plus personne à redouter, ils se partagèrent, pour étendre plus loin leurs ravages. Une moitié de la compagnie, sous les ordres de Seguin de Battefol , demeura sur la droite de la Saône, pillant et mettant à contribution le Mâconnais, le Lyonnais , le Forez et le Beaujolais; l'autre descendit le Rhône, surprit le pont Saint-Ksprit et s'y fortifia , et de la courut tour à tour sur les deux rives du Rhône jusqu'aux portes d'Avignon et de Villeneuve (*). »

O Si«(um<U,Hittoiredci Fiançait ,UX»

BRI

FRAISCE.

BlTGNOLLBStVflle de Tancienn^ Provence, aujourd'hui clief-lieu de souspréfecture du département du Var , à cin^ myriamètres de Marseille. — Dès le silième siècle, cette ville était trèsimportante. Les comtes de Provenee V résidèrent souvent dans la suite , et les comtesses vennient y faire leurs couches , ce qui lui fit donner le nom de / îV/a puerorum. Son heureuse situation , la beauté de son dUnat en firent à partir du seizième siècle la seconde capitale de la Provence. K!le fut successivement prise par le connétable de Bourbon , par Charles-i^uiot et par le duc d'Épernon.

Brignolles, dont la population s'élève aujourd'hui à six mille habitants, est la patrie de M. Raynouard, auteur tragiaue et savant philologue , et de Josepn Parrocel, peintre, graveur, et consbiler de PAcadémie royale de peinture.

Bbigode ( Louis-Marie- Joseph , comte de ), né à Lille en 1777, servit l'empereur avec dévouement jusqu'à l'époque de sa déchéance. En 1814, il prêta serment au roi Louis XVIII , qui récompensa sa fidélité pendant les cent Jours, en rappelant, le 17 noiU 1815, à la chambre des pairs. Dans ce poste élevé, le comte de Brigode se montra le défenseur des libertés pu-

peodant Staremberf^ approche poor

les dégager. Il s'agit cfe les enlever d'un coup de main. Vendôme s'apercevant que ses troupes mollissent, monte lui-même à la brèche pour les ranimer. A ses côtés est le roi d'Espagne : « Sire , dit-il à Mlippe en prenant un pistolet , ces gens-ci ont peur ; car sHls avaient tiré juste , f^otre Majesté et moi nous aurions i^fà été tués, » Son intrépidité reiid le courage aux assaillants; ils se précipitent avec fureur sur les assiégés , les poursuivent de rue en rue, et les forcent de se rendre. Cet important succès fut le prélude de la bataille de Villaviciosa, où Yenddme acheva d'affermir la couronne sur la téte de Philippe V.

Brillât Savakin (Anthelme), né à Belley, le 1*' avril 1765, est auteur diB la Phystoioffle du aM, Avant la publication de cet agréable ouvrage, où

la grâce et l'esprit français se remarquent à chaque phrase , Brillât Savarin était un magistrat distingué, mais peu connu. Député aux états généraux de 1788 « il n*y joua qu'un rôle fort secondaire; cependant sa conduite pure et honorable lui mérita d'être élu juge au tribunal de cassation, puis maire de Belley en 1793. Obligé de s'exiler pour édiapper au tribunal ré-

biiques. Mais ce qui honore surtout volutionnaire qui le poursuivait com-

son caractère, cVst qu'il fut l'un des cinq membres de In chambre des pairs qui, dans le procès du maréchal Ney, refusèrent de se rendre complices des passions du QiDuvemement. Voyant •ou'on ne voulait pas de Juges, il refusa ae voter pour ne pas augmenter le nombre des bourreaux.

Bbihukga. (prise de). — Le duc de Vendôme , arrière-petit-fils de Henri IV, envoyé en Espagne par Louis XXV pour rétablir les affaires de Philippe Y, avait ramené le roi à Madrid et chassé les Anglais, qui s'étaient retirés vers le Portugal. En 1710 , le général

me fédéraliste, il se retira d'abord en Suisse, puis aux États-Unis. Il revint en France en 1796, et rentra à la cour de cassation pendant le consulat. Dès lors il partagea sa vie entre les travaux sérieux de la magistrature et la composition de son ouvrage favori.

Indifférent aux révolutions politiques, il les accepta toutes, et aucune, comme on l'a dit fort spirituellement , ne troubla ses digestions. Son traité de la Physiologie du goût est un traité de gastronomie ; il contient une foule de réflexions plaisantes et spirituelles sur les plaisirs les plus (ieii<

Stanhope s'était renfermé dans Bri- eats de la table, des préceptes sur la buégaavec cinq mille des siens. Ce- oonduiteàteniràtable,desr^lespoin*

préparer certains mets, des recomp. 5y3eisuiv. Vo\ . les ariirles Bawdm Ml- mandations pour épurer le goût, des 44TA{âu, B&ABAiifiuis, Avautuaum. ^. anecdotcs piquantes \ çnHu toutes ces

L'UNIVERS

MI

pages si diverses, alternativement graves et légères, sont écrites avec une élégance et une pureté de style que leur dianii« seul peut égaler.

Bbinor , ancienne seigneurie da Nivernais, aujourd'hui département de la Nièvre , à huit kilomètres de Clamecy , érigée en marquisat en

Bbim ▼iixitBi, aiicifiiiieMigiiettrie« érigée en niarqniaât eo 1060. Voyie

•AiOTTE (la).

Brinvillikrs ( Marie-Marguerite de } , fille de Dreux d'Aubrai , lieutenant civil , épousa de bonne heure le marquis de Brinvilliers» fils d'un président à la chambre des comptes , et mestre de camp du régiment de Normandie. Elle était de petite taille, jolie et très-gracieuse. Son mari ayant introduit dans sa maison un jeune et bel officier de cavalerie du régiment de Tracy , nommé Gaudin de Sainte- Croix, la marquise conçut pour lui la plus violente passion. Leur intimité devint bientôt si scandaleuse, que son père, le lieutenant dvil, fitemermer «et aventurier à la Bastille, où il demeura près d'un an. Il sortit de prison, et continua dn voir secrètement sa maîtresse, qui sembla changer de manière de vivre. Elle visitait les hô- -pitaux, et donnait des marques fré* quentes de piété. Cependant, de concert avec son amnnt , elle méditait la plus affreuse vengeance. Pendant le séjour que Sainte-Croix avait fait à la Bastille , il avait appris d'un Italien * nommé Exfli , et connu à Rome par plus de cent cinquante empoisonnements , l'art de composer des poisons.

Bientôt sa maîtresse est initiée dans ces horribles secrets : elle en fait des essais sur les pauvres malades et répand ta mort autour d'elle. Tous ces forfaits n'étaient qu'un prélude au parricide. Son vieux père et ses frères f urent successivement frappés , de 166G à 1670. On pense bien qu^elle n'épargna pas son mari; mais, chaque fois qu'elle lui versait du poison, Samte-Croix,qoi redoutait de s'unir à son infâme complice, administrait au malheureux un «ODtre-poison, et ainsi b^dlotté entre la

vie et la mort, le marquis survécut à sa femme. D'abord on ignora l'auteur de ces crimes ; la mort de Sainte-Croix le fit découvrir. En travaillant àses opérations Infernales, il laissa tomber un mas* que de verre dont il se servait pour se garantir des vapeurs du poison, et mourut sur-le-champ. Le scellé ayant été apposé dans son appartement/ la mar-

Suise de Brinvilliers eut Timprudeiioe e réclamer une cassette dont le commissaire avait fait l'ouverture, et qui était pleine de lettres d'amour et de petits paquets de poison. Les soupçous excités par cette découverte furent confirmés par les aveux que le domestique de Sainte-Croix fit dans les tortures de la question. La marquise fut con« damnée par contumace a avoir la tête tranchée. D'abord elle se sauva en Angleterre , et de là dans le pays de Liège, où elle fiit arrêtée. On trouva dans ses papiers une confession générale écrite de sa main ; elle s'y accusait d'avoir perdu sa virginité à sept ans, et d'avoir brûle une maison. Elle fut conduite à Paris, avoua tous ses crimes, et fut brûlée le 16 juillet 1676, aprte avoir eu la téte tranchée. Son supplice ne fil pas cesser dans Paris les empoisonnements , qui se multiplièrent d'une manière effrapnte en 1677 et 167S, et déterminèrent rétablissement de la chambre ardente (voyei ce mot).

Brioché (Jean) , fameux arraciieur de dents, fut le premier qui mit en vogue, à Paris, les marionnettes en plein vent. Ce fut vers 1650 qu'il ouvrit, aux foires Saint-Laurent et de Saint-Ger*.

main , sur le Pont-Neuf et sur les hou levards, son théâtre, où il faisait jouer ses petits acteurs avec une adresse merveilleuse. Après avoir longtemps amusé Paris et les provinces, il passa en Suisse , et donna de,« représentations à Soleure. Mais les braves spectateurs qu'il y rencontra , surpris, épouvantés par la figure, les gestes et les discours de Poiiobinelle, tinrent conseil sur cet effroyable spectacle.

Après longue et mûre délibération Brioché, reconnu rhef d'une troupe de diablotins, fut dénoncé et emprisonné.

BRI

On allait le juger comme magicien , quand il obtint son élargissement après avoir expliqué au magistrat le mécanisme de ses marionnettes. Son fils, François ou Fmtelum Bbioghé, ne fut pas moins célèbre qae lai dans son noble métier.

Bbiollay ou Briolé , ancienne seigneurie de rAniou ( aujourd'hui chef-lieu de canton d.u département de Maîne-e^Loire), à six kilomètresd* Angers. Le baron de Briollay était un des quatre vassaux de l'évéque d'Angers, qui étaient obligés de porter ce prélat Je jour de son entrée solennelle dans sa ville épiscopale*

Bbion , sergent au 14* de ligne, atteint , le 13 germinal an v, d'une balle dans la poitrine, mourut en refusant les soins de ses camarades : « La pa- «trie ne vous appelle pas, leur dit-il, « pour flaire Toffice des infirmiers ; batn tez l'ennemi, et je meurs content. »

Brionive , ville du département de l'Eure, à quatorze kilomètres sudouest de Rouen, était autrefois une place très-forte. On voit encore quel-

Sues restes de sa citadelle. G*est à donne que fut tenu, en 1040, on concile provincial , dans lequel on condamna la doctrine de Bernnger.

fiBiOBD , ancienne seigneurie du Bugey (aujounfbni département de l'Ain ), à douze kilomèlies de Belley, érigée en comté eu 1694.

Briot (Nicolas) , tailleur général des monnaies sous Louis XllI, est re-

§ardé , mais à tort, comme l'inventeur u balancier. Le balancier fut inventé par Brucher ( voyez ce nom ) sous le règne de Henri H , 6t appliqué dès lors à Ta fabrication des monnaies ; mais , en 1585, Henri III avait rétabli le monnayage au marteau , à cause de la cherté da premier. Mais le monnayage au marteau* ne produisant que des monnaies imparfaites et très-inégales, les faux monnayeurs pouvaient trèsfacilement les imiter impunément. En 1615 , Briot publia on livre sous le titre suivant : Raisons, moyens et propositions pour faire toutes les monnaies du royaume à farenir unijormes , et Jakre cesser toutes /alsjficatioiis , çt

les mettre en ferme générale* Il est

probable que, dans ces projets, se trouvait le rétablissement du monnayage au balancier , et que c'est pour ce motif qu'onTen a cru finventeur.

Briot n^ayant pu réussir à^ire adopter en France ses idées, passa en Angleterre, où on les accepta. ÇVoy^t Vabin et Monnaies.)

Bbiot (Pierre -Joseph), député au Conseil des Cinq -Cents, naquit, eà 1771 , à Orchamp en Franche-Comté.

Admis au barreau en 1789 , et nommé professeur de rhétorique en 1790, il s'enrôla, avec ses élèves, en 1792. De retour à Besançon , il s*y livra à la liftérature politique, écrivit contre Marat et Robespierre , et fut député par les sociétés populaires du Dôubs à la Convention nationale, où il parla avec courage (31793). Forcé de retourner à la profession des armes pour se soo^ traire aux dangers qui menaçaient les partisans de la Gironde , il devint aide de camp du général Réede, puis abandonna encore une fois la carrière militaire pour une place de secrétaire à rasenctde la manufacture «l*horlogerie à Besançon, établissement dont cette ville lui est redevable en grande partie. Ce fut alors qu'il eut une violente contestation avec Robespierre jeune , qui le dénonça. Atteint parla loi d'incarcération, il ne recouvra la liberté qu*aprte le 9 thermidor. Il fit alors une énergique opposition aux réacteurs , et fut em{)risonné comme terroriste. Après avoir vainement réclamé des juges , il fut mis en liberté par ordre de la Convention, puis élu oiBcier municipal de Besançon. Proscrit de nouveau , il se réfugia encore dans l«s camps , entra dans le régimont de hussards, et assista à la célèbre retraite de Moreao , pendant laquelle il fut fait prisonnier. Étant parvenu à s*échapper, Briot fut nomme , par le Directoire , accusateur public près le tribunal criminel du Doubs, et devint, en Tan vi, membre du Conseil des Cinq-Cents, où il renforça le parti républicain. L*asseiBbléè l'appela , peu de ten>ps après , aux fonctions de secrétaire, pendant lesquelles U prononça un discours fort

.^3 BEI LDN

remarquable sur la nécessité de créer une oommission spéciale pour les mesures législatives qai^ pourraient être utiles en cas de guerre. « Déjà , dit-il , o le cri de guerre se fait entendre. Les « ennemis ont prononcé ce mot. Eli « bien , nous acceptons la guerre ; « notre gloire, notre intérêt Vexigent, « et la liberté de TEurope nous appelle « au champ du combat. Nos bras s'é- « nervent, nos finances s'épuisent, le n peuple est impatient de voir son sort « assuré. U veut la paix ou la s^erre, « parce que toute autre situation ne • sert qu'à prolonger ses maux, et h <« lui rendre insupportable le fardeau «des contributions; parce que dans « ses mains le bronze et Tairain accé- « lèrent la paix , bien plus que toutes « les ruses aela dî|)lomatie.» Ce fut lui qui proposa d*assimiler aux émigrés les prêtres condamnés à la déportation, qui ne se présenteraient pas dans le délai d*un mois. Dans Taffaire des naufr;i^rs de Calais, il combattit fortement 1 opinion de Duviquet, qui voulait qu'on appliquât à ces malheureux les peines contre les émigrés rentrés, et, en entraînant l'assemblée à son avis, il arracha soixante-deux personnes à une mort certaine. Plusieurs fois il attaqua vivement les dilapidateurs de la fortune publique; à la séance du 30 août, il lit un tableau, aussi vrai qa*afinigeant, de la situation intérieure -et extérieure de la république, dans un discours oui produisit une grande sensation. Plusieurs l'ois il dénonça le diplomate Talleyrand, et 8*éleva contre les actes arbitraires du Directoire, Au 18 brumaire, Briot se fit remarquer parmi les membres les plus énergiques de l'opposition républicaine; ce fut lui qui, au moment où Lucien Bonaparte, l'un des principaux conjurés, descendait de la tribune, après avoir renouvelé le serment Jk la constitution de l'an m , s'écria : Moniteur^ écrivez. Il sortit l'un des derniers de la salle, avec huit de ses collègues, ayant, comme lui , le pistolet à la main. Briot ne fut pointoublié parmi les citoyens que I inflexibilité de leur républicanisme avait désignés

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