ERS. IBI
aux rigueurs du parti victorieux. Il ne larda, cependant pas i être affranchi de la surveillance de la police , et fut
successivement appelé, par Tentremise de Lucien, aux fonctions de secrétaire général de la préfecture du Doubs et de commissaire du gouvernement à Tlle d*£lbe. Là, de violents démêlés s*élevèrent entre lui et le général Rusca , gouverneur de l'île, et il offrit plusieurs fois sa démission, que l'on refusa constamment. En 1806, il se rendit àNaçles,oùleroi Joseph le choisit pour être intendant des Abruzzes. Nonmié ensuite au même poste dans la Caiabre, il s'y distingua par une vigoureuse résistance, lors du débarquement des Anglais, en 1809 : ce qui le fit entrer au conseil d'État napolitain dès les premiers jours du règne de Joachim Murât. Celui-ci s'étant déclaré contre la France, Briot, toujours patriote, ne voulut plus continuer ses services aunrèB de lui, et revint dans son pays. Il y rejeta les offres de la restauration , et vécut depuis dans la retraite, exclusivement occupé d'agriculture et d'opérations industrielles. Il mourut à Auteuil en i827, plus pauvre 9u*à son entrée dans les fonctions publiques. On a de lui divers écrits politiques , et des traités élémentaires de littérature et de législation.
Bbiot (Pierre-FraïK^ois), frère du pré»Sdent , professeur d'anatomie i Besançon , est auteur d*une UUtobre de r état et des progrès de la chirurgie en France pendant les guerres de la révolution^ in-8% 1817 , ouvrage qui a été couronné , en 1815 , par la société médicale de Pari%
Bbiotet (Jacques) , ne en Bourgogne , en 1746 , était premier chirurgien à l'Hôtel-Dieu , et directeur de l'hôpital Saint-Louis, a Paris, lorsu*il fut appelé, en 1777, par le princevéque Massalska, à Tuniversité de Wilna. Il y contrihna puissamment à l'organisation de la faculté de médecine, devenue depuis l une des plus célèbres de TEurope. Il ne cessa dans la suite de donner des preuves de sea talents , de son zèle , et de son attachement à la cause de sa patrie adop*
tfve. Atteint, en 1812, d'aliénation mentale , il mourut daas cet état , le S5 mal 1819.
BxiouDB {Brivas\ ville de l'ancienne province d'Auvergne (aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de la Haute-Loire), à trente kilomètres de Clermont.
L'origine de Brioude est fort a»* cienne; le corps de saint Julien, décapité sous l'empire de Maxime, y fut transporté en 303 , et Sidoine Apollinaire, qui écrivait au cinquième siècle, en fait mention dans une pièce devers où il trace l'itinéraire qu'un de ses amis devait parcourir (*). Il paraît que cette ville était autrefois plus considérable qu'elle ne l'est aujourd'hui. C'est ce que démontrent évidemment ses fondations et les mines nombreuses qu'on y découvre encore.
Brioude eut sa part des calamités qui S! longtemps alflii^èrent la Gaule, lorsque les Francs la dominèrent. Elle fut assiégée , en 53S , par Tarmée de Théodoric. Les habitants se réfugièrent dans l'église avec leurs effets les plus précieux, et en fermèrent les portes ; mais un soldat détacha un des vitraux, entra, et ouvrit ce sanctuaire, où la troupe se livra aux désordres affreux qui avaient signalé partout son passage. Brioude souffrit une nouvelle mvasion de la part des Bourguignons; la ville fut assiégée et prise, les habitants mis à mort ou faits prisonniers.
Les Sarrasins la prirent et la pillèrent en 732, et furent imités plus tard par les iSormands. En 1179, pendant l'octave dePîlques, Héracle ou Héraclius, vicomte de Polignac, escorté d'une bande de seigneurs aventureux, tomba sur Brioude et sur Saint-Germain, prit , pilla, brrtla cette ville et le bourfj, et fit massacrer une partie des habitants. Deux ans après, le vicomte de Polignac ayant été excommunié, lit amende honorable devant l'église do Brioude; il institua, pour préserver réglise Snint-Julien et les pèlerins qui venaient de toutes parts honorer les
(*) Hinc te suscipieC Benigna Brivas Saneti quB fbvet ona Jiilitiii.
BM '
reliques de ce saint, vingt-cmq chevaliers qu'il chargea de la défense de l'église. En 1361, un seigneur do Cas* teinau , qui prenait le titre de roi de* compagnies, assiégea Brioude à la téte de trois mille hommes, s'empara de cette ville , la fortifia, en lit sa place d'armes , et ne consentit ^ s'en dessaisir et i porter en d'autres eoutréei l'effroi qui s*était attaché à son nom, qu'au prix de cent mille florins. Dans la suite, les habitants de Brioude furent longtemps en opposition avec les chanoines, qui s'obstinaient à leur refuser une charte de commune : une guerre et des procès continuels s'établirent entre eux ; aussi , lorsque les principes de la réformation de Luther eurent pénétré daus ce pays , les habi« tants m adoptèrent-ils avec empressement; Ils s'assemblèrent en armes et menacèrent le chapitre , qui fut obligé de se réfugier dans la forteresse. Les réformés de la ville s'emparèrent de Brioude le 19 octobre 1583; mais la
ftlacx} fut bientdt reprise par les cathoiques. Peu à peu cependant les chanoines firent des ligueurs de tous les citoyens.
Avant la révolution , Brioude était le dief-lieu d'une élection, et possédait une prévôté, une juridiction de juges-consuls et un bailliage. Sa population est maintenant de cinq mille quatre-vingt-dix-neuf habitants; elle possède des tribunaux de première rastance et de commerce , et un collège communal. Elle est située sur la rive gauche de l'Allier. Sur la rive droite du fleuve, à une demi-lieue de distance, se trouve Brtoude'la-yieiUe^ dont la population est do onze cent dnquante-huit habitants.
Brioude (monnaies de). — Brioude posséda , pendant l'époque mérovingienne, un atelier monétaire assez important. L'on cite, parmi les pièces ^ui y forent frappées, de nom- Sreux tn'ens, dont les types sont trèsremarquables. Cet atelier et celui de Clermont sont les seuls qui aient produit des pièces où l'on trouve figuré un buste oe profil avec la main droits élevée. On voit aussi sur qualques-
unes de ces pièces, ce qui est fort rare quatre cent quatre^-vingt-tniii babi«
dans la numismatique mérovingienne, taots.
des persoiiia(5e8dmut.L*e8pae6 nous Bbiqubmaut et Cayagnbs, gen-
manque pour décrire toutes ces mon- tilshommes français protestants, fu-
naies ; nous nous contenterons de rent exécutés sur la fin du règne de
dire qu'on en a déjà reconnu jusqu'à Charles IX, comme complices de Co-
six variétés, qui toutes (K>rtent le nom ligny. L'arrêt qui les condamna au
de la fille , en deux lignes , dans le gibet fut rendu le 27 octobre 1672 ,
champ Elles ont été fabriquées 2'"\r'i'f'^ "^f^
^ VAE. " V V. I »^ 4u o Saint-Barthelemy. Le premier , vieil-
par les monétaires Faustinus, Lu- lard septuagénaire, offrit, si le roi
sixenus, Ranelenm, Enod..,Meodra' voulait lui faire ^râce , de faire con-
tus, et par un sixième dont le nom naître un moyeu mfaillibie de prendre
est indéchiffrable. Depuis la «période la Rochelle, principal boulevard des
néroviogienne, on ne connaît aucun» confédérés* Sa proposiUon fut reje*
monnaie de Brioude. tée , et on le mena au supplice avec
Brioux , bourg du département des Cavagnes. Briquemaut s'attendrissant Deux-Sèvres , à sept kilomètres de au souvenir de ses enfants , Cavagnes, MeUe, et d'une population de mille ha- Qoco|)é à réciter des peaumes, Tinterbitants. Ce lieu est fort ancien ; sui- rompit et dit à son ami t n Rappelle en vaut d*Anville, c'est lui qui est désigné ton cœur ce courage que tu as si soudans ritinérnire d*Aotonmfipu8 lenom vent montré dans les combnts. » L'efde Bî'igiosum. fi^ie de Coiigny fut attachée au poteau
BaiÔux (monnaies de). — On attri- ou ils furent pendus. Charles IX était
bue généralement à Rrioux une mon* avec sa mère à Tune des fenêtres de
naie de bronze évidenunent gauloise, Th^tel de ville, et le jeune roi de Na-
ninis d'une époque très-voisine de Tin- varre (depuis Henri IV), placé près de
vasion romaine, Inquelle porte au Catherine , fut forcé d'être témoin de
droit la légende : Bjiigios , et au re- cette exécution,
vers, un cavalier en course. Rrioux Bbiquetd^abgent.— C'est le nom
jouit encore , sous les rois de la pre- d'un çrand blanc frappé pendant le
mière race', du droit de battre mon- quinzième siècle par les ducs de Bour-
naie. On y frappa alors des triens gogne en Flandre, en Franche-Comté,
reniarquabies par leur grossièreté , et et dans toutes leurs possessions. Le
3ui , comme tous les tiers de sou d'or briquet , comme toutes les autres
e cette époque, présentent d'un côté monnaies de cette province, porte les
une effigie royale , et de l'autre une armes et les emblèmes delà maison de
croix , accompagnée de quelques sym- Boure;ogne, et, de plus, une figure qui
boles et de quelques ornements. On a la forme d'un B majuscule renversé,
connaît cinq types différents de ces et dont les deux uanses ne seraient
monnaies* Brioux était alors appelée pas jointes à la naste. Il n'est pas
Brkuium^ Bbiosso yico. Parmi les difficile de déterminer le rapport qui
nomades monétahres de cette ville existe entre cette figure et un briquet,
parvenus jusqu'à nous, le plus com- Cette figure serait-elle un B dégénéré ?
mun est Chadulfus. On ne connaît Tout porte à le croire , car on trouve
aucune pièce frappée à Brioux , depuis aussi cette lettre dans le champ de
l'époque mérovingienne. quelques deniers frappés à Gbâloos-
Briouze, ancienne baronnie de sur-Saône pendant les dixième, on-
Norraandie, à quinze kilomètres de zième et douzième siècles. Ce B , qui
Falaise, érigée en vicomte par Henri IV, ne peut être que le signe du mot Bur^
et réunie à la vicomte de Falaise en gundia^ se retrouve encore sur un
1780. Ce bourg est aujourd'hui l'un des petit tournois d'Eudes , duc de Bour-
ehefs-lleox de canton du département gogne , frappé vers le milieu du treî*
de rpm : sa population est do mille, zième /liècie. Il iaut observer » du
BRI FRilKCC;*
Bai
reste , que , soft tfde le briqaet figure aundessus de l'ecusson , soit qu'il remplace la croix qu'on voit ordinairement au conimeDcement des iégéndes, te Inriquel est loujoars posé eonniie s*il représentait ime ooanmiii.
— Les Tois d'Espagne , successeurs des ducs de Bourgogne , conservèrent Jongtemps cet einoleme, que l'on retrouve sur leurs monnaies de Flandre presque jusqu'au règne de Louto XV. Le Driquet n'avait pas d'autre valeur qu'un blanc ordinaire, c'està-dire qu'il représentait douze deniers.
Bbiqubt (Hîlair»>Akiandre} , né à Chasseneiol , près de Poitiers, en
1762 , a publié un assez grand nombre d'onvraçes, parmi lesquels nous citerons seulement son Histoire de la ville de Niort, depuis son origine Jusqu'au régne de i/ndê^Philippe 7*% etc. Niort, 1882-83, 2 vol. in-8°.— Ce laborieux écrivain est mort à Niort, en 1833.
Bbiqu£t (Marguerite-Ursule-Fortunée Bemier, femme), née à Niort , en 1782, morte dans cette ville en 1825, a publié entre autres ouvrages, un Dictionnaire historiqtie^ littéraire et hibliciaraphique des Françaises et des étrangères naturalisées en France, connues par leurs écrits, ou par la protection qu^ elles ont accordée aux gens de lettres^ depuis l'établissement de la monarchie jwqu'à nos jours, 1804, in-8°.
Bbis (droit de).— Le droit de briset de naufrage était un des privilèges féodaux les plus lucratifs. t)u Gange, dans son Glossaire, cite une charte d'un
Srince de Galles, concédée à un couvent u pays, et portant ces mots : « Nous aeoordonsaux moines du couvent de...
le droit de jouir (gaudere et uti), sur toute l'étendue de leurs côtes , du naufrage, soit qu'il arrive par submersion, bris de navire ou toute autre cause; » et ce droit , il leur accorde, dit-il , d'en jouir de la meilleure manière , de celle dont il en jouit luimême. — Le vicomte de Léon disait, en pariant d'un écueil : « J'ai là une « pierre plus précieuse que celles qui
« ornent la couronne des rois (*). »
C'est surtout sur les côtes de la Bretagne que ce droit s'exerçait avec le plus de barbarie. Certains habitants des ofttea attachaient , dil-oii« pendant la nuit des fanaox à la queoe des ta* ches ou aux cornes des taureaux pour attirer les vaisseaux sur les écifeils.
La royauté s'en empara quand elle se fut substituée au pouvoir féodal.
Louis XI l'énonos parmi les droits qui faisaient partie de l'apanage de son frère. Plus tard ce droit fit partie des prérogatives de l'amiral de France
i'usqu'au regnede Louis XIY, qui l'aboit en 1681 dans tout les pays de son obéissance.
Bris db prison. — Au treizième siècle, le bris de prison était regardé comme une preuve du délit dont le détenu était accusé. Le prisonnier qui s'évadait à l'aide diffraction on de violence était pendu, alors même qu'il eût été reconnu innocent du crime pour lequel il avait été incarcéré. Celte législation barbare céda devaut les progrès de rhumanité et des himîèrei; cependant, avant la révolution, la peine du bris de prison était encore laissée à l'arbitraire du juge. Aujourd'hui, il est puni de six mois à un an d'emprisonnement.
Bbisâ (Charles) servait comme bombardier dans l*armée de Henri IV, à la bataille d'Arqués. Ce fut lui qui ,
f)our la première fois, fit usage de 'artillerie légère. Le 24 septembre 1689, Biron vint attaquer les lignes de Mayenne avec un corps de cavaleria, qui s'ouvrit et laissa voir deux fjrosses coulevrines attelées, qui manœuvraient avec autant de légèreté que les cavaliers, et qui firent un feu terrible sur les li^oeors. L'invention de Brisa fut ensuite comme oubliée pendant longtemps. Le grand Frédéric fut le premier qui s'en servit depuis.
Baisach. Voy. Neuf-Bbisach.
BniSAGin (Jean de) , jésuite , né h Blois en 1603, enseigna les humanités et la philosophie dans plusieurs ool-
(•) Voyez rHistoire de France de M. Midkèlely t.n,p. |3.
L'UNIVERS
léges, et se livra ensuite à la prédication. Son zèle contre Port-Royal lui donna un grand crédit dans sa sodétéi II fat suooessWement recteur de plusieurs roaîsons,*^ provincial en Portugal, recteur du collège de Clermont à Paris, et mourut h Rlois, en 16G8.
Parmi ses écrits , d'ailleurs peu remarquables , on cite celui qui est intitulé : le Jansénisme conjhndu^ Paris, 1661, in-4", ouvrage censuré par l'archevêque de Paris, M. de Gondi, et vivement réfuté par le docteur Arnauid.
Bbisbuz (Charles -£tlet)ne), architecte, né à Baume-les-Dames en 1G80,
s'est particulièrement occupé de la théorie de non art , et a publié trois ouvrages estimés : 1° t' Architecture moderne, 1728, 2v. in-^"; deuxième édition, augmentée par Joubert, 3 vol.
iii-4*, 1764 ; 2* fj^rt de bâtir les maisons de campagne y 1743, 2 vol. in-4'*; 3° Traité du beau essentiel dans les arts, appliqué particulièrement à rarcMteeture, 1752, suivi d*un traité des proportions harmoniques , 2 tom« en 1 vol. in-fol. avec figures.
BRISS4.C. — La maison de Cossé- Brissac, l'une des plus illustres et des plus anciennes de France, tire son nom de la terre de Cossé, dans le Maine , et de la terre de Brissac en Anjou ; elle a produit plusieurs hommes remarqua- Lies.
Charles de Cossé, plus connu sous le nom de marét^mde Brissac , fut un des plus grands capitaines du seizième siècle. Il se distingua nu siège de Naples, en 1528, où il fut lait prisonnier par les Espagnols : c'était sa première campagne; il n'avait que vingt-trois ans. En 1537, c'est à lui surtout , et aux chevau-légers qu'il commandait , qu'on dut la prise de Vei liane et celle du château de Suze.
Il fut nommé grand fauconnier en 1540; en 1642, colonel général de l'infanterie qui faisait partie de l'armée d'Italie. Blessé nu siège de Perpignan, après des prodiges de valeur, )1 avait mérité que le dauphin, depuis .Henri II, lui dtt ces mots, qui étaient une gloire immense pour ce tempe :
« Je voudrais être Brissac , si je n'étais dauphin. » Le compliment ne serait plus guère de mise aujourd'hui.
Eh 1543, il donna en Flandre de nouvelles preuves de son talent mllitnre, et particulièrement de son courage personnel. En 1544, il lutta, »vec deux mille hommes, dans le Perthois, contre un corps de quatorze mille Impériaux. Il battit les Anglais près de Boulogne, en 1545, et les força à conclure la paix avec la France. Il fut nommé grand maître de l'artillerie en 1547; enlin maréchal de France en 1550. Dans les années suivantes, Brissac, par une série de batailles , de sièges heureusement conduits, de manœuvres hnrdies , de négociations, s'empara de tout le Piémont : il se proposait de pousser plus loin ; et il n*y avait guère d'obstacles gui pussent l'empêcher de pénétrer jusqu'au cœur de l'Italie , lorsqu'il apprit la défaite des Français à Saint-Quentin, et reçut l'ordre de faire partir cinq mille Suisses de son armée , quatre compagnies de gendarmes , et autant de cavalerie légère, et de se tenir sur la défensive. On le trouve, en 1559,
gouvernant la Picardie et rétablissant I discipline dan| une armée mal nourrie, mal vêtue et non payée, par la fermeté de son caractère , par le sacrifice d'une partie de sa fortune, et par les secours en argent que lui prêtèrent les Suisses. Il mourut en 1563, et ne prit part à la guerre civile que par les efforts tout padflques qu'il fit, et avec succès, pour maintenir le calme dans Paris, dont il fut aussi gouverneur. Outre les doiis de rêsprit, la nature avait libéralement départi à Brissac d'autres qualités qui ne sont jamais nuisibles , et qui , flans un siècle galant et corrompu, étaient d'un effet assuré. Il était un des plus agréables cavaliers de France; et on l'appelait communément ie beau Brissac, On dit même que l'intérêt tout particulier que lui portait Diane de Poitiers ne fut pas étranger à son avancement dans l'armée; et il n'y aurait rien d'étonnant à ce que la vois d'une telle solUdteose eut fait
BAI nAKGE.
dliis d'împrésrioa nr* l'esprit de fleuri II ^ue Yingt actions d*éciat
qui avaient marqué la carrière de Brissac , avant qu'il obtlat Je bâton de maréchal.
jérthHtde Coaé^ frère du précédent, fut aussi un capitaine distingué.
11 signala son courage et son dévouement au roi dans les diverses campagnes de 1551 à 1567, et reçut de Charles IX le bâton de maréchal de France. Détenu pendant dix-sept mois à la Bastille par ordre de Catherine de Médicis, sur le soupçon d'avoir pris parti pour le duc d' Aiençon , il recouvra sa liberté sous Henri III , et mourut en 158S.
Timoléon de Cossé, dit le comte de Brissac , fils de Charles , avait déjà mérité par sa valeur les plus hautes distinctions militaires , lorsqu'il fut tué à vingt-cinq ou vini^t-six ans , en 1669, au siège de Mucidan en Péri« gord.
Charles II de Cossé , son frère, servit en Piémont lors de la conquête faite par son père : il resta dans ce pays jusqu'à révacuation en 1574. Il avait été nommé grand fauconnier à la mort du maréchal. Il s'embarqua sur la Hotte de Strozzi , dans l'expédition des Açores en 1582 , et ramena les débris de la flotte , après la défaite. Il prit une part aetife dans la lutte du roi contre les Seize; puis il abandonna le parti royal, et accepta de Mayenne le irouvernementdu Poitou, de la Rochelle, etc. En 1594, H était gouTemeur de Paris pour la ligue, avec le titre de maréchal, et ce ftil lui qui, l'année suivante, en remit les clefs à Henri IV. Henri IV lui conserva ses titres et honneurs militaires , et l'employa dans diverses affaires importantes. En 1611, il Ait créé duc et pair, et montra quelque talent diplomatique dans les circonstances qui suivirent, et notamment à l'assemblée des grands du royaume , en 1617. Il mourut en 1621, au siège de Saint-Jean-d'Angély.
Jean-Paul- Timoléon de Cossé y ne en 1698 , soutint glorieusement le nom de ses ancêtres. 11 servit d abord
BEI m
sur les galères de MaHe en 1714, se
signala au sié^e de Corfou et dans
différentes actions contre les Turcs.
Créé mestre de camp à son retour en France, il fut élevé, en 1768 , à la di* gnité de maréchal de France, et mou* rut en 1 784.
Son fils aîné , Louis- Joseph- Tim<h léon , diic de Cossé , fut tué à la bataille de Rosbach , en 1767, sans laisser de postérité.
Louls-ffernuk- Timoléon de Coaé»
BrissaOf pair et grand pannetier de France, gouverneur de Paris, capitaine-colonel des cent-suisses de la
Sarde du roi et clievaiier de ses orres, né le I4fé?rler 1734, fut nommé, en 1791 , commanfhmt général de la garde constitutionnelle du roi. Dé^ crété d'accusation , lors du licenciement de ce corps, en 1792, il fat d'abord transfère à Orléans, puis à Versailles, où il fut massacré dans les premiers jours de septembre, avec les autres prisonniers.
Timoléon de Cossé- Brissac ^ de la même famille que les précédents, fut d^bord chambellan de Madame, mère de Tempereurf puis préfet de Ma« rengo, en 1809, et duDoiibs, en 1812.
Il adhéra un des premiers à la déchéance de Napoléon , en 1814. Aj)pelé alors à la chambre des pairs, il n*en fit point partie pendant les cent jours, mais il fut réintégré à la se»
conde restauration. Depuis, il a constamment voté avec le parti de la cour et de Tancien régime.
Bbissbau (Pierre), médecin, né à Paris en 1631, mort a Douai en 1717, a laissé plusieurs ouvrn^ps, entre au* très un Traité de la cataracte et dw gleucoma, Paris, 1709, in- 12; traduit en allemand, Berlin. 1743, in-s**. Cet écrit, dans lequel il établit que le siège de la cataracte est dans le cristallin, et que la faculté refusa d'approuver , est de deux ans antérieur à celui d'Antoine Maitre-Jeau, auquel ou rapporte cette découverte.
Bbisson (Barnabé), né en 15S1, se livra à Tétude de la jurisprudence, et s'y distingua de bonne heure. Henri III disait de lui « qu'il n'y avoit aucun
L*U1UV£ES.
BRI
• prittos 4e PEurope qai pût m yadter
« d^àvoir uo homme aussi savant que « son Brisson. » Avocat général au
rirlementde Paris eu lô7ô, président monter en 1M8, il fbt bientôt après nommé conseiller par Henri III, qui •lui confia plusieurs négociations importantes , et l'envoya en ambassade en Angleterre. A son retour , il fut chargé de recueillir et mettre en ordre les ordooDances leodaes sous le Yo^ine de Henri III, ainsi que odles des prédécesseurs de ce prince. Ce recueil, connu sous le nom de Code de Henri Jil , fut achevé en trois mois , et métUtè à son éditeur de grands élo-
f;eft. Brisson fut encore président de a commission établie sous-le nom de chambre royale, pour faire le procès aux partisans qui avaient tant contribué a ruiner la France. Lorsaue plus tard , par soite de la journée oes Bar» ricades ( mai 1668), le roi sortit de Paris , et convoqua le parlement à Tours , Barnabe Brisson lut du nombre des membres qui ne voulurent pas obéir à Tédit qui transférait le parle- ■Mot, et restèrent à Paris. La ligue le nomma premier président à la place d'Achille de Harlay , prisonnier à la Bastille. La conduite de Brisson en cette occasion a été diversement interprétée. On prétend ^u'il protesta secrètement devant deux notaires, contre tout ce qu'il pourrait faire de préjudiciable aux intérêts du roi, déclarant qu i) ne cédait qu'à la force, et pour sauver sa vie et celle de saferome.
On Taocusa , d*un autre côté , d'avoir contribué à la captivité d'Achille de Harlav, qui l'appelait Barrabas, au lieu de Barnabas ou Barnabe. Quoi qu'il en soit , le parti qu'il avait embrassé le oondaisit à sa |»erte. U de- Tint suspect aux Seize, qui résolurent de se débarrasser de lui, ainsi que de deux autres magistrats , Larcner et Tardif. Le 15 novembre 1591 , en allant au Palais, il fut arrêté à neuf heures du matin, confessé à dix, pendu à onze , à une poutre de la chambre du conseil. Brisson avait demandé
âu'on lui laissât achever en prison un e ses ouvrages , déjà fort avancé ; on
né réoouta Ml. Voyant qnll fiittait
mourir, il s'écria : « ODieu, que tes jugements sont grands! « Il lui prit une telle sueur entre les mains du bourreau, qu'on vit Teau dteutter de sa chemise comme si on Ve& trempée dans l'eau. Le lendemain, son corps fut pendu à la Grève, avec un écriteau portant : Barnabé Brisson, ch^f des nérétiques et des politiqties. Le duc de Mayenne Tengea sa mort, et fit pendre quatre des Seise qni Tannent ordonnée.
Le président de Thou dit que quelques personnes furent touchées de la fin malheureuse de Brisson, mais que suivant quelques autres la république des lettres y avait plus perduque l'État. Mezerai lui reproche d avoir voulu 7iager entre deux partis. Toiiiei'ois si les auteurs varient dans leur opinion sur aa conduite politique, tooseonvlennent de ses talents et de sascience. En effet, il joignait au plus haut fdegré la connaissance du droit à celle des littératures anciennes et de l'histoire.
Aujourd'hui , son érudition nous paraît fréquemment indij^te, et incomplète en bien des pomts. Toutefois, son ouvrage De rrgio Persarum prinr cipatu est encore consulté avec fruit, ainsi que son Dictionnaire de droit romain. Quant à son traité De For* mufiff, etc., qui a eu pendant longtemps assez d'autorité dans la science, il est devenu bien défectueux, surtout depuis la découverte des Institute^ de Gaius. Déjà même de son temps , Cujas n'en jugeait pas trèe^orable^ ment ; car il disait de Brisson : Duo9 infelicissimos edidlt partus , Formulas etjilium majorem., et il l'appelait ' ironiquement Prœsidem FormularliiM.
Bbisson (Barnabé), inspecteur di«
visionnaire des ponts et chaussées, né à Lyon, en 1777, a attaché son nom à un grand nombre d'ccuvres utiles, mais s'est surtout distingué par ses travaux sur l'art d^exécuter les canaux de navigation. Attaché, en 1802 , sous la direction de M. Liard, au canal Monsieur, et deux ans après, sous celle de Payant, au canal de
flftint-Qoeiitin* il s'oeoupa sur Poo d
sur Tautre de ces canaux, des travaux du bief de partage, et déploya des ressources peu communes. Devenu ingénieur en chef, il prit , en 1Ô09 , la difeetion de l'Escatn, qui fiiisaitalon partie à» la France. Dans Tespace de quatre ans il exécuta avec succès des travaux immenses d'un genre nouveau , à Taide desquels il parvint à niattriser les efforts de l'Océan, et dont le pays gardera le soufenfr. La ville de Chilons lui doit la construction de son grand pont sur la Marne.
M. Becquey , directeur général des ponts et chaussées , pensa que c'était M eentfe mène de .Fadiiliiiistratioii qo'il fidiait placer un homme dont les connaissances étaient si variées et si étendues. Il le chargea d'abord des études d'un canal de Paris à Tours et à INautes , puis il le nomma successivement professeur dê ooustractioii à Féoole des ponts et chaussées, inspecteur de cette école , et secrétaire du conseil général d'administration. En 1824, M. Brisson fut élevé au grade d'inspecteur divisionnaire. Il fut enlevé par une mort précoce , le 36 septembre 1828, au moment où peutêtre l'Académie des sciences allait l'appeler dans son sein. En 1829, on a publié : Essai d'un susième général de navigaikM (ntmeure de la FnOice , par B, Brisson , précédé d*un Essai svr l'art de projeter les canaux à point de partage, par Dupais de Forcy et B. Brisson^ 1 vol.
iii-4*; ces deux mémoires avaient été approuvés par Tlnstitut, le premier en 1827, et le second en 1802. Un des ouvrages qui lui font le plus d'honneur est son Fessai sur l'art de pro' jeter les canaux de navigation,
Bbisson (MarcoQ) exerça d'abord quelques fonctions municipales, et tut député en 1791, à l'Assemblée législative. En 1792 , il fut réélu à la Convention nationale, et son nom figure parmi ceux qui votèrent la mort de Louis XYI. La session terminée, Brisson obtint la place de commissaire du Directoire dans son département; il occupa ensuite celle de juge
CF.» Ht MO
au trlAmnide BKois, oùll est diofl an
Bbisson ( Mathilrin- Jacques ), na« turaliste, né à Fontenay- le -Comte, en 1723, mort en 1S06. Il entra à l'Académie des sciences en 17(i9« et fut plus tard membre de Tlnsli»
tut. Parmi un grand nombre d'ouvra- v ges que les progrès des sciences physiques ont fait oublier depuis, on distingue son Ornithologie, Paris, 1760, 6 vol. in-4*; son tauean des Pesan* leurs epéeifiques , 1787 , in-À"^ etc.
Brisson (Pierre) , fusilier a la 66* demi-brigade, né à Foudron (Marno), désarma plusieurs soldats roayeoçais à Taffaire d'Offenbach , près Frano* ' fort, le 21 messidor an yni. CSe brave^ après avoir combattu pendant toute la journée avec un courage héroïque, fut mortellement frappé d'une balle au moment où l action allait cesser.
Bbisson ( Pierre -Rajrmond de), voyageur, né à Moissac , en 1745, entra dans l'administration de la marine , et remplit les fonctions de arde-magasin au Sénégal , après que escadre commandée par le marquis de Vaudreuil se fui emparée de œ pays, en 1779. Ce qui a surtout fixé l'attention sur lui , c'est le naufrage qu'il fit, en 1785, sur la côte d'Afrique, et dont il a donné lui-même une rslatfon curieuBe sous oe titre s 171a» toire du naufrage et de la captivité de M. de Brisson^ avec la de.'icriptioi^ des déserfs d'Afrique dejmis le Sé»
négal jusqu'à Maroc ^ Genève et Paris, 1789, in-8».
Il revenait de la France , où II était' allé passer quelque temps en congé ; le navire qu'd montait , entraîné par les torrents , fut jeté au rivage un peu au-dessus du cap Blanc. Les naufragés' tombèrent dans les mains des Maures Ltdbessebas ^(\\x\ les emmenèrent en captivité, les accablèrent de mauvais, traitements et se les partagèrent.
M. de Brisson eut particulièrement à soufifrir : il fut chargé de garder les troupeavx, et emplové à tontes sortes de travaux ; son maître le louait quelquefois à d'autres pour une ration de lait. Un juif qui passait lui ayant pro^