UT
. anciens; » et cela dit, ne cherche pas autre chose, et ne parait pas songer qu'il y ait une critique plus inttressaiile et plus profonde qui se rend compte des variétés du beau, et s'explique l'inépuisable diversité de Fart. En somme, le Théâtre des Grecs fut un service rendu aux lettres. Les autres ouvrages du P. Brumoy, qui contribuèrent à sa réputation de sion vivant, sont beaucoup moins connus. Les principaux sont : une continuation de V Histoire de C Église gallicane ^ des Penêée$ sur la décadence de lapoésiekh Une; rhistoire de plusieurs saints, et Ides tragédies latines.
Bbun (Charles le), voy. Le Brun.
BrxN ( Jean-Louis ), ' né à Aoust Q)rônie), partit, eu 17Ut, comme soi- * oat dans le 4* bataillon de la Drdme. A la bataille de Friedland , il était adjudarl-nr.ajor dans les fîrenadiers réunis, lorsque, apercevant deux caissons près d étrt enveloppés par ua fort parti de Cosaques 4 e'. ne pouvant se défendre contre des forces dix fois supérieures, il mel le feu à une hsîîcz grande quantité de bottes de foin nltarhées sur les caissons, ordonne a ses vin^Lt-cinq grenadiers de s'éloigner et de mettre ventre à terre, et engage la fusillade. Tout réussit çelon son attente; à la vue des caissons embrasés, les Cosaques prennent la fuite; Brun, voyant aue le feu n'a pas encore gagné le coffre, fait alors ouvrir les caissons, distribue les cartouches à ses grenadiers et rejoint son corps. Après la malheureuse journée de Culm, le 31 août 1813, Brun, alors lieutenant-colonel au -Sy" régiment de ligue, cerné avec son bataillon par trois mille hommes d'infanterie, soutenus par deux pièces d'artillerie et par une nucc de (Cosaques, (it si bonne conteniincp qu'il parvint à se réunir au premier corps d armée, en se frayant un passage à It baïonnette, à travers des forces dit fois plus considérables.
BauN ( Louis-Ignace), capitaine ait 75* régiment de ligne, ne a Aubénas (Ardèche), se distingua au sié^e de Dantzig à la téte de sa compagnie, dans t!fitfaflfie <M ll^ redoute delLalkschauts,
VÊXS
défendue par plus de trois cents grenadiers prussiens. Quoiqu'il eût reçu an coup de feu à la janafae droite, il refiisa de se retirer, et continua à marcher en s'appuyant sur son épée. Arrivé à peu de distance de la palissade , un biicaïen l'atteignit au pied gauche et le renversa; les braves qu'il commandait .rentoarèrent alors et voniarent l'enlever; mais il s*y opposa cenrageusement. « Vous ne pouvez me « secourir sans vous exposer, leur dit- « il ; courez à l'assaut et emportez la « redoute ; c'est là le seul moyen éè M « sauver. » Les soldats s'en emparèrent, en effet, à la baïonnette. A la bataille de "Mont-Saint- Jean, on vit le capitaine Brun, soutenant la retraite, tenir en échec une colonne de l'armée coalisée, ^veo une seule compagnie du 7r>^ régiment. Le 20 juin 1S15, à la défense de Nnmnr, cet ofTîeier, pincé en avant de la porte de fer, lit e|)rouver,aux Anglais et aux Prussiens réunis, une perte de plus de trois mille hommes, et les empêcha de s'emparer de cette position.
Brun (N.), constructeur de vaisseaux, naquit vers l'an 1760. Au commencement de la révolution, il quitta la France pour passer k Constantinople,où il construisit trente-huit vaisseaux de ligne d'une grande beauté, mais qui, pour la plupart, ont été détruits à la bataille de Navarin. Plus tard. Brun alla en Russié, oû il pai'vint au grade de général major. Alexandre lui accorda sa confiance et le décora de l'ordre de Sninte-Anne. Ce fut d'après les observations de Brun que l'empereur prit la détermination de ne plus Ikîre «construire de vaisseaux armés de cent canons, ces bâtiments étant trop lourds pour une mer aussi dan** gercu.se que la mer J^altique.
Briinck ( Uichard - François -Philippe (*)), l'un des phildioguesles plus
(*) On tninve dans IaBio<,Tapbie initversello une sava ito noHce Sur Brunck. Cette nofici \ l'une (!i , plus rcnrirfputîjlo'; qui soient sorties de la plume de notre célèbre helléniste , M. Bonsonade , néu* a beaucoup «ervl pour h rédaction det^ aHide.
FRÂNGi:.
440 mv
célèbres du siècle dernier, naquit à Strasbourg en 1729. Destiné par sa famille à la cairièiede radroînistration, il y entra au sortir dn collège , et devint en peu de temps commissaire des £^uerres. II fit, en cette qualité, les campagnes du Hanovre, et cest alors que les conseils et l'exemple d'un professeur, chez lequel il se trouva logé à Giessen , éveillèrent chez lui cette passion de l'antiquité qui le rendit depuis si célèbre. Revenu à Strasbourj^ , il consacra à Tetude du grec tous les moments dont il pouvait disposer. On le vit, à râge de trente ans et revêtu de fonctions publiques, aller, ses livres sous le bras, aux leçons particulières du professeur dè grec de T université.
Il lit dans l*étode de cette langue des progrès rapides , et Tenthoiisîasme qui la lui avait fait entreprendre s'augmenta tellement, par le plaisir d'en avoir surmonte les difticuliés, qu'il en vint à se persuader que toutes les négligences quMI remarquait -dans les poètes grecs n'étaient que des néglifïences de co[)istes. Dominé par cette idée, il corrigeait les vers, les déplaçait, les bouleversait avec une audace
auelquefois heureuse sous le rapport u goût et du sentiment poétique , mais condamnable sous celui de la critique.
Presque tous les livres qui lui ont appartenu sont couverts de notes marginales, dans lesquelles il se livre sans contrainte à toute la hardiesse de ses corrections. Malheureusement on retrouve aussi dans les éditions qu'il a publiées, des traces de cette manie capricieuse de refaire les textes. iNeanmoins, malj^ré ce défaut, assez grave pour un éditeur, il serait injuste de méconnaître les services que Brunck a rendus à la littérature grecque; peu d'bonnnes, depuis Ja renaissance des lettres, ont aussi efficacement contribué à ses progrès. Il a fait imprimer, dans l'espace de vingt ans seulement, un nombre étonnant d'ouvfages, dont un seul, rAntbolo'^ie par exemple, aurait demandé a un autre savant la moitié du temps que Brunck a mis à les faire tous. Son premier ouvrage est VAntbologie grecque^qu'il publia soua
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le titre de Ànalecfa veterum poeta^ rum grœcorum, 3 vol. in -8°, Strasbourg, 1776. Cest celle de ses éditions oiJ Ton remarque le plus de corrections arbitraires; elle a été réimprimée à Leipzig, 5 vol. in-8% 1794 à 1795, par M. Jacobs, qui y a ajouté depuis un savant commentaire. On hii doit en ùutfe^j4nacr€on$iscarmina cm acce»
dunf quaedam e lyriconcm reliquiis, Strasbourg, 1778, in-16, réimprimé dans la même ville en 1786, in-24 et in- 18; SophocUs Eiectra, Œdipus, Tyrannus; EuiipidiSj j4ndromaeha, Oreates, graece, 2 vol. in- 12, Strasbourg, 1779; /Eschyli Promeiheus, PersaB Septem duces ad Thebas ; Enr rtpidis Medea, 1 vol. in-12, Strasbourg, 1779. Dans ces différentes éditions, Brunck montra une critique sage et résiervée; JppoUonii Hhodii Àrgonautica emendaiay gr. et lat., Strasbourg, 1 780, \ï\-H'*\ArisiophanisComœdiaeAI, gr. et lat. Strasbourg, 1781-83, 4 vol. grand in-4' et in-8* : Celle édition, ou l'on trouve quelques marques de préclpitatioii , était de beaucoup supérieure, pour la critique, à tontes celles (lui avaient paru précédemment ; Gnomiei pœtss grasci, Strasbourg, 1784, in-8«; f ir0H Opéra, Strasbourg, 1785, in-S", et 1789, in-4% éditions fort estimées pour la correction du texte ; Sophoclia quœ extant omniay cum ncholiis gr. recensuit^ versione et noUs Ulustravit, etc., Strasbourg, 1786, 2 vol. in-4% reproduite en 1788, 3 vol. in-8'', et en 1786-89, 4 vol. in-8': c'est le chef-d'œuvre de Brunck. Le roi, à qui il en avait offert un exemplaire in-4°, imprimé sur peau de vélin, lui accorda en récompense de ses travaux une penf;ion armuelle de 2,000 francs, qu'il perdit a la révolution; Plaulicomœdiœ omnes, Deux-Ponts, 3 vol.in-8°; TerentU comœdix, adjidem optimar.
édition, recensUœ, Baie, 1797, in-4*« Les travaux de Brunck furent interrompus par la révolution, dont il embrassa les principes avec clialeur ; il fut un des premiers membres de la société populaire de StrasiMurg. Après avoir été ricbfl pendant la plus grande partie le sa il se vit, en 1791, réduit à vendre upo
L'UNIVERS
BRU
portion de sa bibliothèque, et fut encore obligé, en 1801, d'avoir recours à cette ressource. Ce sacrilice lui fut tres-péniMe, et les larmes lui ▼enaient aax yeoz lorsqu^on parlait devant lui de quelque auteur qu'il avait possédé. Dès ce moment, les lettres grecques lui devinrent odieuses, et il ne conserva quelque goilt que pour les noëtes latins. Après avoir donné sa belle édi- ' tioD de Térence , en 1797, il se proposait de faire paraître Plaute dans le même format, et son travail était tout prêt pour l'impression, lorsqu'il mourut le 13 iuin 1808. Bninck , qui a publié tant Je poètes grecs, ne remit jamais à rimprimeur un exemplaire imprimé d'une édition antérieure; il donnaittoujours un texte écrit de sa propre main. Lorsque, après avoir fait une copie bien nette d un auteur qu'il destinait à Timpression , il trouvait nécessaire d'y faire de nombreux changements , il la transcrivait de nouveau d'un bout à l'autre. C'est ainsi qu'il copia deux fois tout Aristophane, et Apollonius au moins cinq fois. Plusieurs de ces copies et beaucoup d'autres papiers de la main de Brunck sont conservés à la Bibliothèque du roi. On v remarque, entre autres pièces , une lettre sur le longtu de YilloisoD , dans laquelle ce critique est traité avec fort peu de ménagement.
Bruivdstadt, ancienne seigneurie de l'Alsace (aujourd'hui département du Haut-Rhin), acquise, au commencement du dix-septième siècle, par Martin de Bezenval , aïeul de Jean- Victor de Bezenval , lieutenant général des armées du roi, en faveur duquel elle fut érigée en baronnie en 1736.
BfiUNE ( Guillaume-Marie-Anne ) , maréchal de France, naquit à Brives, en 1763. Il étudia d'abord le droit, puis se lit imprimeur, et s'enrôla ensuite comme simple soldat dans le deuxième bataillon de âeine-et-Oise.
Bientôt après , il prit, en qualité d'adjudant général , une grande part aux succès de Dumouriez et de Kellermann; puis on le vit, comme chef d'étatmajor, repousser l'armée des insurgés
4ii CalTadm* IVpmmé ensuite n/SaSaX
de brigade , il se trouva à la bataille deHondschoote ; puis il rétablit la tranquillité dans plusieurs villes du Midi, à Bordeaux, à Mice, à Marseiife, et dans cette même ville d'Avignon, où plus tard il devait périr sous les coups des assassins. Pendant la campagne d'Italie, sous le général Bonaparte, Brune se distingua à Rivoli , à Saint-Michel, à Feltre, à Bellune, dans les gorges de laCarinthie, sur les sommités des Alpes noriques. Après le traité de Léoben , M asséna lui laissa le comniandenient de sa division , et Brune fut peu de temps après nommé général de division. Ayant depuis remplacé Augereau dans la deuxième division active , il établit son quartier général à Brescia et à Vérone, et sut, par sa justice et son humanité, mériter le respect et Tamour de ceuxqu*U avait soumis par la force des armes. Après la paix de Campo-Formio , Brune fut nommé commandant en chef des troiq)es dirigées contre la Suisse. La prise de Fribourg , celle de Soleure et le combat de INeuenbeck, suivis de la pacification entière du pays, valurent à Brune de grands éloges , ainsi que le commandement de Tarmée d'Italie, en remplacement de Bertbier et de'Massena.
Brune battit les insurgés à Perugia, à CittàHdl-Castello , à Ferentino, sauva plusieurs villes de l'insurrection, ùé' lendit les frontières avec vigueur, étouffa plusieurs révoltes , fit respecter la France sur tous les points, et se fit remettre la citadelle de Turin.
Quand, après la nouvelle de l'incendie de la flotte française à Aboukir, Tltalie se fut soulevée, Brune fut obligé de quitter Milan, etserenditenHollande* où il fut revêtu du commandement ea chef de l'armée batave. "La victoire de Bergen sur les Russes; l'admirable relrjiite -rîe Beverwyck ; la reprise de Uoora, de Luckbuvsen, de Hedemblick; l'évacuation de la Hollande, la défaite complète des alliés, la capitulation imposée au duc d'York , l'occupation du lielder, tels furent les brillants et heureux résultats de cette campagne, qui valut à Brune le goci*
vememem ae la HoUao^ et WM
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L'UNIVERS
ârnrare complète, présient de Bonaparte. Bientôt il fut envoyé ânm la Vendée, pacilia les départements insurgés, et laissa dans tout le pays la réputation d'Un Itoftime juste et homaitt.
nMniné généra) en chef de l'année de
Wserve, dite des Grisons, il fa cnmmdndapendanttrois mois, nu bout desquels il bassaà l'armée d'Italie. Urune ■e ftignata dans toutes les affaires qui etlrentlicttdannt eette campa≠ il prit Vicence etMnhtcbeilo, passa la Brenta, se rendit maître d'un grand nombre de places, soumit la bas^e et la haute Italie, et prépara la paix de Lunéville. A la suite de eetté eatn pagne, il rentm au conseil d*État dont il était membre, et fut nommé président de la section de la guerre. Knvoyé comme ambassadeur à Constantinople, il recueillit des notions politiques ISt géographioues fort intéressa rites « fit connaître dans le LeTant les beaux produits des fabriques françaises, et fonda les preniitres relations de la Perse avec la France. A son retour, eu 1805 , il fut flOMiné manfehal de France et grandtM% de la Légion d'honneur ; if commanda Tarmée des côtes de l'Oréan à Boulogne, ainsi que la llottille. En 1807, il fut nommé gouverneur des Villes anséatiques; bientôt après il reçut te commandement do corps dé réservé de la grande armée, battit l'ennemi à Martenslia^en , prit Stralsund , place très-importante, et signa une convention avec M. de Toli, général en chef de l'armée suédoise, par laquelle Vile de Rugen et les lies adjacentes étaient livrées à la France.
L'oubli de quelques titres de l'empereur Piapoleon aans le texte de cetle contention indisposa Napoléon contre Brune, i|ni fui privé de son commandement et sé l^ira dans ses foyers.
Sous la première restaiiration, il reçut lacroix Je Saint-Louis. Pendant lescêut jours, Napoléon lui contia lecomniandeméht du eorps d'Observation sur le Var. Surla fin de millet lSI5vaprès avoir fait arborer le drapeau blanc a Toulon et s'être démis du ci)muiandement, Brmie se rendait directement à Paris. IMais tonte la FroVenee, où les opinions
royalistes étaient si ardentes qu'elles tenaient d:i fanatisme, on était irrité contre le maréchal , parce qu'il n'avait reconnu le gouvernement roval que tl^is semaines après la rentrée de Louis XVni dans la capitale. Parvenu à Avignon sans accident ( 2 août , il descend à l'hôtel du Palais-Uoyal, près de la porte du Rhône. Bientôt la nouvelle ne son arrivée se répand dans la ville; des attroupements se forment en tumulte; des vociférations de mort se font entendre ; Thotel est entouré d'une multitude furieuse. Cependant le inaire d'Avignon et le préfet de Vaucluse aeooarent, accompagnés de là gendarmerie; leurs efforts sont impuissants pour calmer et dissiper cette populace altérée de sang. Le maréchal s'est barricadé dans l'hôtel; les portes sont enfoncées, et Brune est assassiné, ftlais sa mort n'a pas assouvi la rage de ses bourreaux : ils s'attachent à ses restes inanimés, lis outrai^ent son cad;ivre, ils le percent de coups, ils le foulent aux pieds, ils le traînent dans les rues, et , pour comble d'ignominie, ils le jettent dans le Rhône. Le fleuve le repousse sur la grève, et on le laisse deux jours sans sépulture; on veut qu'il serve de pâture aux plus vils animaux. Ainsi périt cet illustre guerrier, pendant trente ans l'honneur des armées françaises. Ce ne fut que trois ans après sa mort que l'on songea à poursuivre ses meurtriers ! L'un d'eux fut condamné à mort, mais par contumace; de sorte qu'en définitive ce crime affreux est resté impuni.
BRU.Nr.AU (Antoine , avocat au parlement de Paris, dont on a un Traité des criées, ouvrage estimé , publié en 16G8 et réimprimé en 1704; des Observadonset maœimessurUsmaUéres criminelles, 1705, în-4'', et une Histoire abrégée de l'msfihif ion des vingt et une universités de Irance, 1086 , iu-12.
BnuifEAU (Mathurin). — 11 ne manquait à la famille des Boui-bous que
d'être attnfjî'rc par des imposteurs oui vinssent, au nom de ia leiiitimité, lui disputer letnuic; cilefut plus d'uue fois exposée à cette sorte de ridicule. Un
BEV
desplas niais iianni les faux Louis XVli ftti tfathUriii Braneau,fils d'un sabo* lier Ile Véziiis. Après avoir été arrêté
comme vagabond , cet homme s'engagea dans le 4* régiment d'artillerie de marine, fut embarqué pour les États- Unis, déserta, et revint, quelques au- DéBB après, à Saint-Malo, muni d'un pass»ft>rt8ur lequel il s'était fait donner le nom de Charles de Navarre. Il courut le département de ÎNTnine-etlx)ire, en se disant Louis XVII, et parvint à eseroqner SOO francs à une Tîeiile fènme , qui , désabusée, le fit incarcérer. Alors il adressa une lettre au gouverneur de Guernesey, pour le
firier d'informer son gouvernement de 'arrestation du llis de Louis XVI.
. Traduit en février 1818 devant la police correctionnelle , il Ait condamné â cinq années de détention pour usurpation de nom, vagabondage et escro-
3uerie, et à être renvoyé a l'expiration e sa peine devant Tautorité militaire |x>ùr le fiiit de désertion.
BbunehAIJT était fille d'Athanagilde, roi des Wisigoths. Elle devint femme de Sigebert, roi d'Austrasie, l'un des llis de Clotaire Fortunat, évAque de Poitiers, a célébré, daus un poème, l'union de Brunehaut et de Sigebert, et ses vers sont parvenus jusqu'à nous. Chilpéric, roi de ^eust^ie, voulut alors suivre l'exemple de son et s'allier à la paissante ftmflle oui commandait en Espagne, et il ^ousa Galswinthe , la plus jeune des filles d'Atlianagildt'. Mnis l)ientôt il eut regret d'avoir contracté ce nïariage , et, à l'instigation de Tiédégoude qu'il limait, il fit périr la fille du roi des Wisigoths. Brunehaut se sentit dès lors animée d'ime hnine violente contre l'assassin de sn sœur, el elle eïigageu Sigebert, son époux, à poursuivre par les armes le roi de Neustrie. D'ailleurs cehii-ci, pendant rabsence de Sigebert, qui repoussait les barbares au delà du Rhin, avait envahi inie portion de r Austrasie. La guerre entre les deux Irères commença , et ce fut en vain que le saint éveque de Paris , Germain, essaya de rétablir la paix.
Sigebert f accompagné deBruoebaut,
poursuivit Chilpéric, et l'assiégea dans h ville de Tournai otk il s*était réfugié. Déjà Brunehaut se préparait à fi« rer de ses deux ennemis , Chilpéric it Frédégonde, une éclatante vengeance, lorsque des assassins, envoyés par la reine de Neustrie , vinrent tuer Sigebert au milieu de son camp. L'armée austrasienne se dissipa aussitôt, et Brunehaut tomba au pouvoir de Chil-
{)éric. Elle était prisonnière à Rouen, orsQu'elle séduisit Mérovée, l'un des fils 00 roi de Neustrie. Elle l'épousa , et , quelque temps après ce mariage, qui avait été favorisé par l'évêque de Rouen Prétextât , elle parvint à se sauver et à gagner l'Austrasie où gouvernait son fils Childebert. Repoussée d'abord par les seigneurs austrasiens , elle reprit bientôt son autorité, et exerça un grand ascendant sur le jeune roi. Cependant elle eut plus d'une fois encore à se défendre contre les emr bûches secrètes de Frédégonde, qui avait fait tuer Prétextât et ton second mari Mérovée. En 587, Brunehaut, qui gouvernait pour son fils, conclut avec Contran le traité d'Andelot, qui fixe les limites de T Austrasie et de la Bourgogne , et qui renferme les premières traces de l'hérédité des nefs.
Quand Childebert II mourut, elle conserva son autorité et son influence sous le règne de ses petits-fils Thierry et Thé(Klebert. Ëlle résidait en Austrasie auprès de Théodebert , lorsque les grands la chassèrent et la forcèrént de se réfugier dans la Bourgogne, qui était le royaume de Thierry. Elle parvint alors à allumer la guerre entre les deux frères. Au commencement de la lutte , les succès furent partagés \ maïs enfin les Bourguignons obtinrent l'avantaîie. Thierry ayant réuni une armée considerahiê , battit son frère
{)rès de Toul et de Tolbiac, et bientôt e fit mettre à mort a?ec ses enfants ( 612 ). Maître de l'Austrasie, Thierry se préparait à attaquer Clotaire quanâ il mourut à Metz (613) presque subitement. Encourage par cet événement inattendu, et appelé par les grands qui craignaient de voir Brunehaut ressaisir encore une fois le |poif To|r d^aot
BRU
L'UISIVERS.
BRU
la minorité des fils de Thierry , Clo« taire prit les armes: les Bourguignons et les Austrasiens , sous les ordres de Variiachaire , maire de Bourgogne, et de Pépin, chef d'une puissante famille austrasienne, marchèrent à sa rencontre jusque sur les bords de l'Aisne.
Quand Brunehaut fit donner le signai du combat, ses troupes, que les grands avaient séduites, tournèrent le dos, et la vieille reine , âgée de plus de qua« tre-vingts ans, tomba aux mains da fils de Frédégonde. Celui-ci lui reprocha la mort de dix rois ou fils de rois, et, après l'avoir livrée pendant trois jours aux outrages de ses soldats , il la fit lier par les cheveux à la queue d'un cheràl indompté. Les lambeaux de son corps furent brûlés et les cendres jetées au vent (014). Ainsi mourut cette reine célèbre, qui a été jugée diversement par tes historiens. Sa -mémoire a été livrée à Topprobre par 'quelques chroniqueurs; mais il faut remarquer que ceux qui ont poursuivi Brunehaut avec tautde haine lui étaient postérieurs au moins d'un siècle. Les contemporains, au contraire, dans leurs écrits, la comblèrent souvent de louanges. Parmi eux noiisdevons compter Fortunat, Grégoire de Tours et le pape saint Grégoire. Au reste, quelque chose de grand s'attacha au nom de Brunehaut dans les traditions populaires. Dans la Flandre. I;i Picardie et la Bourgogne, on lui attribua pendant longtemps les chaussées et les grands édifices dont on contemplait les imposants vestifKes.
Brunkl (Marc-Isambert), né à Hacqueville, près les Andelys, en 1769, servait dans la marine au moment de la^ révolution. Forcé alors de s'expatrier , il se réfugia en Amérique , oij il se II m à sa véritable vocation , celle d'ingénieur. Il s'y fit d'abord connaître par la construction du théâtre de JNew-York. Il lut ensuite chargé d'importantes entreprises de canalisation , et de plusieurs autres travaux.
Il passa en Angleterre , après un séjour de cinq ans et demi en Amérique, et y mit bientôt à exécution le projet d'uue ingéuieufie niachme à
poulies qu'il proposa plus tard à Vamirauté anglaise , et qui fut établie dans l'arsenal de Portsmouth. A cette occasion, M. Brunei reçut cinq cent mille francs, à titre de récompense et d'indemnité. Plus tard 11 établit, dans Tarsenal de Chatam, d'immenses scieries pour les bois de construction. On admira la hardiesse et la précision de l'ingénieux appareil par lequel M. Brunei amenait au chantier les bois enlevés à cinquante-six pieds de hauteur t d'où ils étaient repris pour alimenter l'atelier des scies. Il fonda encore un magnifique établissement pour scier l'acajou et le bois de placage. Enfin , c'est à cet ingénieur, désormais îllus* tre , que les Anglais doivent l'idée et l'exécution du passasse souterrain sous la Tamise. Cette entreprise colossale, sur laquelle les jouruaux et une foule de mémoires ont donné des détails connus de tout le monde, est aujourd'hui presque arrivée à son terme, et son succès n'est plus douteux, malgré les uotnbreux obstacles, les dangers même que M. Brunei a toujours heureusement vaincus.
n est à regretter qu'un homme que nous citons avec orgueil parmi nos concitoyens , consacre exclusivement ses talents à une nation rivale, oiî d'ailleurs son génie est justement apprécié. En 1833 , M. Brunei a été nommé vice-président de la Société royale de Londres. Il est le premier étranger qui ait eu la gloire de siéger comme professeur dans la chaire de iNewton.
Bbonbl (N.) , maire de Béziers au
commencement de la révolution , député suppléant du département de l'Hérault à l'Assemblée législative, puis membre de la Convention en t79i* Il siégea constamment dans la Plaine^ et vota pour la détention perpétuelle, dans le procès de Louis XVI. Envoyé en mission à Lyon, après le 31 mai, il y fut arrêté par les autorités insurgées. Rendu à la liberté, il fut plus tard accusé d'avoir correspondu aveo les rôdéraiistes. Incarcéré de nouveau, il ne recouvra la liberté qu'a, rès le 9 thermidor. Envoyé alors dans les dé*
BEV
FRA19GE
{lartements du Midi , et forcé à Touon , par le peuple insurgé , de signer rélargissement des détenus , de déses- Pipir il se tirûla la cervelle. La Convention adopta , au nom de la nation, sa veuve et ses enfants.
Brunet aîné , arcliitocte et ingénieur, ne à Paris en 173;>, mort dans flettevilleenlS18,futehargé, en 1794, par le ministre Bouchotte, de la construction des premiers tcléf^raphes (*).
(Voyez les articles Chàppe et ïélé-
GiiAPUË.)
Bbiinet (Barthélémy) , fusilier à la 44* de ligne. A la bataille de Marengo, il occupait un poste des plus périlleux ,
où il arrêta seul une colonne ennemie.
Mais , après avoir ioniilenips protégé par sa résistance la retraite de sa brigade , il- fut victime de son courage.
Bbui^et (François-Florentin), religieux lazariste, néà Vitel, en Lorraine, vers 1770, actx)n>pagna a Rome, pendant la révolution , le dernier supérieur de la mission , Cay la de la Garde. U revint à Paris en 1804 , et mourut le 15 septembre 1806. Il s'est fait connaître par une savante compilation intitulée Para //e/e deif re/iyions j Paris, 1792, 3 toutes en ô volumes in-4''.
• Bbuitbt ( Gaspard-Jean-Baptiste ) , l^énéral des armées républicaines , né a Valensol, èn Danpliiné , obtint le crade de maréchal de camp en 1701 , ut partie de Tannée du Var , et fut promu, le 30 mars 1793, au commandement en chef de l'armée d'Italie. Il éprouva quelques revers, et fut bientôt accusé d'intellij^ence avec les aristocrates, qui venaient de livrer Toulon aux Anglais. Mis en arrestartion , et conduit à Paris, il y fiit incarcéré à TAbbave, condamné à mort, et exécuté, le 6 novembre 1793.
Bbunet (Hugues) , troubadour , né àRhodez , mort en 1223, est auteur de quelques poésies. dans lésauellés il se plaint de la rigueur des- aames et de la dépravation des mœurs. Trabi par sa belle, il se retira de désesj)oir dans un monastère de cbartreux, où il passa le reste de ses jours.
(*) Voyiez Eocyclopédie nouvelle, arUclé Amx TimftAPWQvs, pw M. L. Duuîeiuu
Bbunet (Jacques-Cbarles) , l'un de nos plus savants bibliographes, a publié : 1» le quatrième volume du Die- Uofimaàre bibliographique^ historique et critique des livres rares , de Cailleau et Diiclos, 1802, in-8"; 2" le Manuel du libraire et de Vamateur de livres y 1820 , 4 vol. in-8", troisième édition. Cet ouvrage , le pins complet et le mieux fait de ce genre qui existe dans notre langue , a fait oublier la Bibliographie instructive de Debure, et Jusqu'au Dictionnaire tHbliogrO' phiquede Cailleau, que M. Branet luimême avait pris la peine de compléter.
Brunet (J. B.), général, né à Beims en 1765, passa rapidement par les grades subalternes , lit, en qualité de colonel, la campagne de 1794, à l'aranée de Sambre-et-Meuse, où il se distingua dans plusieurs affaires ; devint général de brigade à l'armée du Rhin, en 1798, et se signala en 1800 dans la campagne d'Italie. Chargé, en 1801 « du commandement de ravant- garde de la division Bochambeau, dans l'expédition de Saint-Domingue , il remporta plusieurs avantages sur les insurgés , et s'empara de la personne de Toussaint Looverture. Il fat nommé général da division en 1803. Forcé en* suite de quitter Saint-Domingue , il fut pris dans la traversée par les An-
âlais, qui le retinrent prisonnier penant plusieurs années. Il reprit du service au mois de juin 1815, fut mis à la retraite par 'les 3ourbons, et mourut en 1824.
Bbunet (Jean- Joseph). — Cecoml-
2ue célèbre , dont le nom de famille tait Mira est né en 1766 , à Paris , où son père tenait un bureau de loterie dans le quartier de la Halle.
Après avoir Joué quelque temps sur le théâtre de la Cité, il parut au théâtre Montansier , et y attira la foule pendant près de neuf ans. C^est que Jocrisse, Innocentin, Cadet-Roussel, etc. , étaient des types rendus avec un naturel et un laisser-aller inimitables. La foule le suivit encore lorsqu'il revint au théâtre de la Cité, pour passer plus tard au théâtre des Variâés,
L'imiVKRS.
où l'on ne connaissait pas encore le vaudeville sentimental. Brunei a pris sa retraite en 1833 , après avoir fiitt iwe i<B public pendant pièi de tientecinq ans.
Bhunbt (Pierre), médecin et voyageur, né à Nantes, vrrs 1778, s'embarqua, le 4 janvier 1803, comme cliirurgieil , sur ita navire marchand , qui arriva le M mai à Tîle de France. La guerre s'étant alors rallumée entre la France et l'Aniileterre , il prit un emploi de second lieutenant sur un corsaire , qui tomba peu de temps après au pottvoir des Anglais. Âpres un séjour de quatorze mois dans les possessions anglaises de l'Inde, il fut ramené en Angleterre, où il demeura jus(ju'à la paix. Depuis il est venu se iixer à Paris, où il a publié la relation de son voyage sous ce titre : ycyyage à tlle de France , dans l'Inde et en Jr,glcterre, suivi de inémoires sur 1rs hidiens, sur les vents des mers de lUnde, et d'tme mMce (traduite de ^anglais) mtt le général Benoit de Soignes , commandaTit V armée navale de Sein^ dia , Paris, 1825, in-S"*. Ce livre contient peu de faits nouveaux , mais il rectifie quelques erreurs.
BWJHBWB (attaque et prise de la).
Le général russe prince de Bagration s'était emparé, en 1799, du fort de la Brunei te, en Piémont. Aussitôt Talarme se répandit dans le Dauplùné, OÙ Ton crut que Souwarow voulait fidre une invasion. Mads, le S9 avril 1800, la division du général Thureau tourne le fort Saint-François, et force reunemi à évacuer le village de Gra-
vières. Bientôt les troupes s'élancent .munie de trois cent milliers de poudre, au pas de charge ; toutes les positions et de magasins considérablefi de blé, sont foroées , la Brunctte capitule , et de farine et d'habi llement.
Napoléon à l'empire, il manifesta une opposition qui nuisit a sou avance^ ment, et ne rat nommé général de brigade qa*en 1811 seulement. Pendant la
campagne de Russie il ^it attaché au cor[)s d'armée du maréchal INey, et fit avec distinction les campagnes de 1813 et 1814. Il donna, en 1814, son adbésion an gonvemement d« roi, et lut employé en Corse, où il souttait vivement les intérêts des Bourbons; mais , se voyant à la tin hors d'état d'empêcher une le drapeau tricolore fiAt arboré , il se retira. Destitué par Pïapoléon, il fut réintégré et remis en activité par Louis XVIII.
Bruniquel, petite ville du département de Lot-et-Garonne , à vingthuit kilomètres de Montauban, où Fon remarque les raines d*un château fort construit par Brunehant.
Brijn^ (prise de). Napoléon, marchant de vit toire en victoire , avait pénétré dans la Moravie après l'occupation de Vienne; il poursuivait son ennemi sans lui donner de relâche.
L'empereur d'Allemagne s'étant retiré à Brunn, Napoléon vint camper près de cette ville; mais il voulut donner à François II le temps de chercher un autre asile, et défendit à sen avantgarde d'entrer dans la ville. lendemain, le jiénéral Sébastinni atteii^nit les Russes a la hauteur de Porlitz , coupa dans leur retraite plusieurs corps , et fit deux mille prisonniers , tandis que, d'un autre côté, le prince Murât entrait dans Brunn, dont l'ennemi avait évacué même la citadelle , de soixante j)ieccs de canon,
garnie
le succès est couronné par la prise de quinze cents hommes et d'une grande quantité de munitions.
Bbuni (Jean-Baptiste, baron), né à Lyon en 1709 , s'enrôla en 1788 comme soldat, fut fait sergent en 1788 et chef de demi-brigade en 1792, Il se signala pendant les guerres de la révolution et suivit Leclerc a Saint-Domingue. A l'époque du vote pour le consulat à vie« et pour l'élévation de
Bbuko (Saint), f 'oyez CfTARTBEtix.
Bkunoy (marquis de). Voy. Pajris
DE iMOATMARTKL.
Bminswick (manifeste ' de). La révolution française avait fait f^ir la plupart des 'familles nobles , qui étiiient veniies se réfugier eu Allemagne, sur la terre du privilège. Leurs promesses insensées avaient uersuadé a l'empereur d'Allemagne qu il punirait fadlementces.insoieiits letarim
qui chassaient leurs seic'neurs, et appelaient les aitt^fs peuples à la liberté. Aussi des lettnMi menaçantes aYaient été écrites à la représentation nationale, qui, fQrle de Tassentiment populaire, déclara la guerre à Léopold, roi de Bohême et de Hongrie. Avant d'entrer en France, (é duc de Brunswick- Iiuneboarg, général eo chef des armées de la coalition, lança cette proclamation si fameuse par son insolence, et dont la teneur justifie toutes les mesures sévères prises par le peuple ooatre les émigrés, instigateurs impies de cette gueirre.
Déclaration de Son Altesse le duc régnant de Brtmswick-Lunebourg,
commandant les armées combinées
de Leurs Majestés l'empereur et le roi de Prusse , adressée aux habU tants de la France.
« Leurs Majestés Tempereur et le roi de Prusse m'ayant coulié le couiniandement.des armées combinées qu'ils ont fait rassembler sur les frontières de France , j'ai voulu annoncer aux habitants de ce royaume les motifs ui ont déterminé les mesures des eux souverains et les intentions qui les guident. Après avoir supprimé arbitrairemciit les droits et possessions des princes allemands en Alsace et en Lorriiine, troublé et renversé dans l'intérieur le bon ordre et le gouvernement légitime, exercé contre la personne sacrée du roi et contre son auguste famille des attentats et des violences qui se sont encore perpétués et renouvelés de jour en jour, ceux qui ont usurpé les rênes de TadministratioA oBt enfin ocunblé la mesure en faisant déclarer une guerre injuste à Sa Majesté l'empereur, et en attaquant ses provinces situées en Pavs- £as; quelques-unes des possessions de Tempire germanique ont été enve* loppéas dans cette oppression, et plusieurs autres n^ont échappé au même danger qu'en cédant aux menaces impérieuses du parti dominant et de ses émissaires.
% Sa Majetté le rd de iprusse, unie avec Su MiQesté Impériale par les liens
d'une alliance étroite et défensive, et membre prépondérant elle-même du corps germanique, n*a donc pu se dispenser de marcher au secours de son
allié et de ses ro-'F.tats: et c'est sous ce double rapport qu'elle prend la défense de ce monarque et de l'Allemagne.
« A ces grands intérêts se joint encore un but également important^ et
qui tient n cœur aux deux souverains:
c'est de faire cesser l'anarchie dans l'intérieur de la France , d'arrêter les attaques portées au trône et à faute], de rétablir le pouvoir légal, de rendre au roi la sdreté et la liberté dont il est privé, et de le mettre en état d'exercer l'autorité légitime qui lui est due.
« Convaincus que la partie saine de la nation française abhorre les ^cès d'une faction qui la subjugue, et que le plus grand nombre des habitants attend avec impatience le moment du secours nour se déclarer ouvertement contre les entreprises odieuses de leurs oppre.«^seurs, Sa Majesté l'émpereiir et Sa ^lajesté le roi de Prusse les appellent et les invitent à retourner sans délai aux voies de la raison et de la justice, de l'ordre et de la paix.
Cest dans ces vues que moi , soussi* gné, général commandanjt les deux armées, déclare :
« 1° Qu'entraînées dans la guerre présente par des circonstances irrésistibles, les deux cours alliées ne se proposent d'autre but que le bonheur de la France, sans prétendre s'enricliir par des conquêtes.
" 2° Qu'elles n'entendent point s'immiscer dans le gouvernement intérieur de la France, mais qu'elles veulent uniquement délivrer le roi, fa reine et la famille royale de leur captivité , et procurer à Sa Majesté Très- Chretieune la sûreté nécessaire pour qu'elle puisse fam sans danger, sans obstacle , les convocations qu'elle Ju-
f^era à propos , et travailler à assurer e bonheur de ses sujets , suivant ses promesses, et autant qu'il dépendra d'elle.
« 8** Que les armées combinées prot^eront les villes, bourgs et vilU^^ '
BRU
L'UKIYERS.
BRU
61 les pefsomies 'et les biens de tous
ceux qui se soumettront au roi, et qu'elles concourront au rétablissement instantané de Tordre et de la police dans toute la France.
« ^ Que les gardes nationales sont sommées de veiller provisoirement à la tranquillité des villes et des campagnes , à la sûreté des personnes et des biens de tous les Français, jus- {|u*à rarrîTéedes troupes de Leurs Majestés Impériale et Royale, ou jusqu'à ce qu'il en soit autrement orrlonné, sous peine d'en être personnellement responsables; qu'au contraire, ceux des gardes nationaux qui auront combattu contre les troupes des deux cours alliées , et qui seront pris les armes à la main, seront traités en ennemis, et punis comme rebelles à leur roi, et comme perturbateurs du repos public.
« 5*» Que les généraux, officiers, basofficiers et soldats des troupes de lignes françaises sont également somnaé^ de revenir à leur ancienne iidéiité, et de se soumettre sur-le-champ au roi, leur légitime souverain.
« 6" Que les membres des départements, des districts et des municipalités seront également responsables, sur leurs têtes et sur leurs biens, de tous les délits, incendies, assassinats, pillages et voies de fait qu*ils laisseront commettre, ou qu'ils ne se seront pas noloirement efforcés d'empêcher dans leur territoire ; qu'ils seront également tenus de continuer provisoirement leurs fonctions , jusqu'à ce que Sa Majesté Très-Chrétienne , remise en pleine liberté , v ait pourvu ultérieurement, ou qu'il en ait été autrement ordonné en son nom dans Tintervalle.
» 7° Que les habitants des villes, boMi iis et villages qui oseraient se défendre contre les troupes de Leurs Majestés Impériale et Royale , et tirer sur elles, soit en rase campagne, soit par les fenêtres, portes et ouvert tures de leurs maisons, seront pimis sur-le-champ suivant la ri^zueur du droit de la guerre , et leurs maisons démolies ou brûlées. Tous les habi-
tants, au contraire, desditM villes,
bourgs et villages qui s'empresseront de se soumettre à leur roi , en ouvraut leurs portes aux troupes de Leurs Majestés, seront à rinstant sous leur sauvegarde immédiate; leurs personnes, leurs biens, leurs effets, seront sous la protection des' lois, et il sera pourvu a la sûreté de tous et de chacun d'eux.
«8« La ville de Paris, et tous ses habitants sans distinction , seront tenus de se soumettre sur-le-champ, et sans délai , au roi , de remettre ce
grince en pleine et entière liberté, et e lui assurer, ainsi qu*à toutes les personnes royales , l'inviolabilité et le respect auquel le droit des gens et de la nature oblige les sujets envers les souverains; Leurs Majestés Impéiiale et Royale rendant personnellement responsables de tous les événements, sur leurs têtes, pour être jugés militairement, sans espoir de pardon, tous les membres de l'Assemblée nationale, du département, du district, de la municipalité et de la garde nationale de Baris, les juges de paix et tous autres qu'il appartiendra; déclarant en outre Leursdites Majestés, sur leur foi et parole d'empereur et de roi , que si le château des Tuileries est forcé ou insulté , que s'il est fait la moindre violence, le moindre outrage à Leurs Majestés, le roi, la reine et a la famille royale, s'il n'est pas pourvu immédiatement à leur sûreté, a leur conservation et à leur liberté, elles en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion totale, et les révoltés coupables d'attentats aux supplices qu'ils auront mérités.
Leurs Majestés Impériale et B.oyale promettent, au contraire, leurs bons offices auprès deSa Majesté Très-Chrétienne pour obtenir le pardon de leurs torts et de leurs erreurs , et de pren* dre les mesures les plus rigoureuses pour assurer leurs pers( unes et leurs Biens s'ils obéissent promptement et exactement à Tinjonction ci-dessus.
« Enlin, Leurs Majestés ne pouvant
BBO FAANGE.
BEV
reconnaître pour lois en France que celles qui émaneront du roi Jouissant d'une liberté parfaite, protestent d'avance contre Tauthenticité de toutes les déclarations qui pourraiei.t être faites au nom de Sa j\lajesle Tiès- Chretienne, tant que sa personne sacrée , celle de la reine et de toute la famille ne seront pas réellement en sûreté; à l'effet d« quoi T.eurs Majestés Impériale et Royale invitent et sollicitent Sa Majesté Ïrès-Chrétienne de désigner la ville de son royaume la plus voisine de ses frontières dans laquelle elle juf^era à propos de se retirer avec la reine et sa lamille, sous une bonne et siire escorte qui lui sera envoyée pour cet eftét , alin que Sa Majesté Très -Chrétienne puisse en toute sûreté appeler auprès d'elle les ministres et les conseillers qu'il lui plaira de désigner, faire telles convocations qui lui paraîtront convenables , pourvoir au rétablissement du bon ordre , et régler radminîstration de son royaume.
« Knfin , je déclare et m'engage encore , en mon propre et pri\é nom et en ma qualité susdite, de faire observer partout aux troupes confiées à mon commandement une bonne et exacte discipline, promettant de traiter avec douceur et modération les sujets bien intentionnés qui se montreront paisibles et soumis , et de n'employer la force qu'envers ceux qui se rendront coupables de résistance ou de mauvaise volonté.
« C'est par ces raisons que je re-
auiers et exhorte tous les habitants u royaume, de la manière la plus forte et la plus instante, de ne pas S^opposer à !a marclie et aux opérations des troupes que je coumiande, mais de leur accorder plutôt partout une libre entrée et toute bonne volonté , aide et assistance que les circonstances pourront exiger.
» Donné au quartier généralde Cobleutz, le 2o juillet 171)2.
« Signé Chaeles Gi iLLArMi:- Fbbdinakd, duc deBrunswick-Lunebourg. »
X« m. 29*" livraison. (Digt* bngy
Déclaration addilionnelie (le Sou ^iltesse Sérénissime le duc régnant . de Brunswick' Lunebourg à celle que Son Altesse Sérénissime a adressée f le 25 de ce mois, ausn/ia* bitants de la France.
« La déclaration que j'ai adressée aux habitants de la France , datée du quartier général de Goblentz le 25 de ce mois, a dil faire connaître suffisamment les intentions formellement arrêtées de Leurs Majestés l'empereur et le roi de Prusse, en me confiant le commandement de leurs armées combinées. La liberté et la sdreté de la personne sacrée du roi , de la reine et de toute la famille royale, étant un des principaux motito qui ont déterminé l'accord de Leurs Majestés Im« périale et Royale, j'ai fait connaître, par ma déclaration susdite , à la ville de Paris et à ses habitants, la resolution de leur faire subir la punition la plus terrible dans le cas où il serait porté atteinte à la sûreté de Sa Majesté Très-Chrétienne, dont la ville de Paris est rendue spécialement responsable.
« Sans déroger en aucun point à l'artiele 8 de la susdite déclaration du
St& de ce mois, je déclare en outre que .si, contre toute attente , le roi, la reine et toute autre personne de la fanhlle royale étaient enlevés de cette ville, tous les lieux et villes quelconques qui nese seront pas opposes à leur passade et n'auront pas arrêté leur marche, subiront le même sort qui aura été infligé a la ville de Paris, et que la route qui aurait été suivie par les ravisseurs du roi et de la famille royale sera marquée par une continuité d'exemples des châtiments dus à tous les fauteurs, ainsi qu'aux auteurs d'attentats irrémissibles. .
«Tous les habitants de la France en général doivent se tenir pour avertis du danger qui les menace, et auquel ils ne sauraient échapper s'ils ne s'opposent pas de toutes leurs forces et par tous les moyens au passage du roi et de la famille royale, en (juelque lieu que les factieux tenteraient de les emmener. Leurs Majestés Impériale
ILOP., ETC.) S9
450 BftIJ
L'UNIVERS. BRU
et Royale ne reconnaîtront la liberté du clioiK (le Sa Majesté Très-(-hrétienne , pour le lieu de sa résidence, dans le cas où elle jugerait à propos de se rendre à Tinvitation qui lui a été faite par elles, qu*autant que cette retraite serait effectuée sous l'escorte qu'elles lui ont offerte; toutes déclarations quelconques, au nom de Sa Majesté Très-Chr&ienne , contraires à ïobjet exigé par Leurs Majestés Impénale et Royale, seront, en conséquence, regardées comme nulles et sans effet.
« Donné au quartier général de Goblentz, le 27 juillet 1792.
« Signé ClIABLES-CiriLLAUME-
i EBDiNAND, duc dc Btunswick-Lunebourg. »
Après la lecture de ces pièces diplomatiques , rappelons-nous que pas an émigré ne protesta contre cet outrage au pays natal • mppelons-nous les documents, par Icscjucis il est prouvé que la cour avait l'intention de faire arrêter une partie des députés de Topposition ; rappelons-nous les cruelles railleries des émigrés, qui voulaient faire porter aux chênes des fruits de nouvelle espèce, et, la main sur le cœur, demandons-nous si les terribles moyens <]ue les révolutionnaires ont opposés à la haine des ennemis de la France n'étaient pas les justes représailles d'une nation réduite an désespoir? JNous le disons avec conviction, te sans qui a été versé pendant la terreur doit être surtout imputé aux hommes coupables qui avaient ameuté T Europe contre leur patrie, et (jni menaçaient de briller toutes les villes, de tuer tous les citoyens restes iidcles a la sainte cause du pays.
Bbunulfe, oncle de Charibert et da Dagobert I"", soutint les prétentions du premier dans le partage des États de Clotaire II. Forcé de céder à Dagobert, Brunulfe le suivit en Bourgogne, où ce prince le lit arrêter et inettre à mort vers 630.
Brunyfr (A bel) , médecin des enfants de Henri IV , naquit à Uzès en 1578 , d'une famille protestante. Il
s'adonna de bonne heure aux scien-
ces, et particulièrement à la médecine, qu'il alla étudier à Montpellier , où ses progrès rapides le lirent remarquer. Arrivé à Paris, il ne tarda pas à se faire une grande réputation , et Henri IV l'attacha à ses enfants.
Louis XTII le nomma [)lus tard conseiller d'État, et Richelieu l'employa maintes fois dans des négociations importantes auprès des protestants du Languedoc. Brunyer monrut en ICGô, âgé de qnntre-vingt-onze ans.
Il avait publie, en société avec Marchant, en 1063, sous le titre de IJortus regUut Blesensis. in-fol., une description du jardin ae botanique fondé à Blois par Gaston d'Orléans. Cet ouvrage a été réimprimé en 1055.
Bruschall (combat de). — Le général Moreau laissa, en 1790, devant Manbeimet Pbilisbourgun petit corps de trois mille hommes , chargé , sous le commandement du général Sclierb, de contenir les garnisons de ces deux vides. Aussi longtemps que Tarmée de Sambre-et-Meuse demeura sur la rive gauche du Rhin , cette faible colorme suffit pour les tenir en respect. Mais dès l'instant où le prince ('harles fut victorieux, elles se montrèrent hors de leurs nuirs, et protégèrent des rassemblements de paysans armés qui attaquaient nos convois et interceptaient les communications avec KehI.
Le général Scherb , prévenu qu'il serait attaqué le 5 septeinbre , dans sa position de Brusehall, par la garnison de Philipsbourg , renforcée d'un détachement de celle dc IManheini et d& quatre mille paysans, résolut, quoique très-inférieur en nombre, de prévenir l'ennemi en l'attaquant lui-même sur trois colonnes, dès le 4 septembre.
Après une longue fusillade, les Français* marchèrent à la baïonnette sur les Allemands, et reconduisirent ainsi la garnison de Philipsbourg jusque sous le canon de la place; le detadiement de la garnison de Manheim s*enfuit au grand galop , et la terre demeura jonchée de paysans morts ou blesses. Deux jours après , les Autrichiens étant revenus à la charge , furent également battus. Cependant le