‹ France (volume 3)Chapitre 81 sur 105 · BRU FRANCK · texte numérisé non relu

BRU FRANCK

13, à l'entrée de la nuit , les petits . corps détachés sur nos lianes ayant été vivement harcelés et forcés die se replier, le général Scherb , qui jugea sa position hasardée et sans avantage, résolut de faire sa retraite sur KeJiI. Obligée de s'ojjvrir le passai;e la baïonnette en avant, cpntinuelleinent harcelée en flancs et en queue, cette petite division, marchant jour et nuit, arriva le 15 septembre, à onze heures du soir, à KehI. Elle dut sa conservation au coura|j;e des oITiciers et des soldats, et surtout aux manœuvres habiles de son chef.

Brusquet , né en Pros'ence . remplaça Triboulet djiis Teinploi de fou du roi, sous les règnes de François V fit de sies trois successeurs. Il se donna iPabord pour chirurgien, et pouvait avoir vingt-cinq ans quand il commença à exercer sa profession au camp d'Avignon, en lô3G. Il donnait « aux hommes de bonnes mede(unes de chevaux, et ses malades ailoient, dit

Stant6tM.i(lpalrei druseoiqmenioules. » Sur le bruit de ses succès, le connétable de ^Montmorency voulut le faire pendre; mais Henri H, alors ddupbin, le sauva et le prit a son servicç. Sa gaieté, son esprit , lui firent proniptement obtenir la place de valet chambre du dauphin, et ensuite celle de maître de la posteaux chevaux de Paris. Ilsavait tirer un |)arti admirable des ambassadeurs, des seigneurs, ^t des princes qui Tadmettaient dans leur familiarité. Il accompagua le cardinal de Lorraine à Bruxelles, quand ce prélat alla jurer la paix faite avec r Espagne, et ses saillies, ses espiègleries, ses escroqueries même, di* vertirent fbrt le sombre Philippe II. Brusquet fut soupçonné d'être nuguenoî, et sa maison 'fut pillée en 15G2.

Il >ortit alors de Paris et se refuiiia chez M. de Valentinuts , où il mourut pn 1563. Il faut lire Brantôme pour se faire une idée des étranges m^stîGcations dont Brusquet et les seigneurs de la cour de France étaient alors tour à tour les héros et les victimes. •Une {qîs, entre autres , le maréc^ial de Strozzi voulant se venger de quei-

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ques tours de Brusquet , imagina de taire courir le bruit de la niort du pauvre fou dont il maria proniptement la femme à un autre qui , dit Brantôme , » coucha avec elle un bon mois, et tira d'elle de bons escus par bon contrat de mariage; mais , sur ces entrefaites , Brusquet , qu'on tenoit pour mort partout, arriva, et fut bien esbahi. »

Bbusskl, a laissé un ouvrage intitulé : Sourei ejamen de rasage (jénéral des fiefs de France ).endcuU les Oiiiièmej douz,ieme, treizu me et quatorzième siècles, Paris, 1737 et 1750, 2 vol. in-4*. Ce livre est assez estimé-

Bbux ELLES. Voyez Dylb (département de la).

BauxELLES ( bombardement et prises de).— Louis XIV, pour se ven-

§er sur le roi d'Espagne du bombarement de ses villes par les Anglais, donna, en 1G05, au maréchal de Villeroi, l'ordre de bonibarber Bruxelles.

Pendant deux jours et demi, les bom- • hes et les boulets rouges ne cessèrent d*embraser la ville : plusde trois mille maisons furent réduites en cendres; la plupart des monastères et des édiUces publics furent renversés.

—Le 18 novembre 1 793, à l'époque où la rapidité de nos succès en Belgi* que avait fait de cette campagne une espèce de promenade militaire , Dumouriez se présente avec son avantgarde devant Bruxelles. 11 trouve les Autrichiens postés sur les hauteurs d'Aderlecht, les attaque aussitôt, les met en déroute après un combat opiniâtre de six heures, et bivonarpic sur le champ de bataille pendant que les ^lutrichiens traversaient la ville. Le lendemain, les habitants viennent lui annoncer qu'elle a été évacuée pendant la unit, et lui remettent les clefs de la capitale de la Belgi(]ue, sur laquelle le général lève une forte con- .tributlon 6e guerre.

—Lors de la déroute deDumouriez, les Beiges, que les exactions des a-ients civils avaient indisposés, ouvrirent leurs portes au prince de Cobourg (15 avril 1703). Dampierre et Westermann mootrèreat seuls, dans ce

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désastre, un grand caractère. Dam*

pierre l'avait annoncé , et ses iiianœiivres l'avaient retardé, lletiré sous les murs de Bruxelles , Westermann, avec sa seule légion , se battît contre dix mille hommes. Témoins de son courage, les Autrichiens lui offrirent trois cent mille francs et le grade de lieutenant général, s'il voulait émigrer. Westermann furieux répondit que ses canons étaient chargés à mitraille , et qu*à la première proposition injurieuse qui serait faite à un soldat fr.inrais, il y mettrait le feu, fdt-il au nnlieu de toutes les forces de TAutricbe.

-~'Les Autrichiens ne gardèrent pas longtemps Bruxelles; les victoires de Piclie^ru et de Jourdan lirent retomber cette ville au pouvoir des avançais, le 10 Juillet 1794.

Bbuyàbb ( Louis ) , ingénieur des ponts et chaussées et directeur géné* ral des travaux de P;iris , naquît à I.yon le 19 mars 1758. Il étudia de buniie heure l'architecture dans sa ville natale , et entra , en 1783, à Fécole. des ponts et chaussées. Successif einent employé comme sous-ingénieur au Mans, et comme professeur découpe des pierres à Técole (1798), chargé de la construction du canal de Saint-Maur (1808-1811), des travaux relatifs au perfectionnement des communications navigables de Paris , et du rétablissement de la macliine de Marly (1810), auteur de rapports fort remarquables sur un projet de canal de Savone à Alexandrie, et sur Tim* portante question fbi perfertiorincment delà navigation lluviaie, lirtiyerc obtint la récompense de ses importants services et fut chargé , par Napoléon (13 janvier 1811), de la direction des travaux publics de Paris.

" On se préparait alors, dit iM. ^'avier (*), à exécuter les grands ouvrages d'utilité publique auxquels une

f>artie de la gloire du règne de Napoéon est attachée. » Les plus remar*

(*) Voyez la notice qu'il a oonsacrce à Bruyère dauàles Aimaivs des ponts et chaus-

quables, parmi ceux auxquels Brnyèrè

eut part, sont les abattoirs, les marchés, rentrepôt général des vins, le Collège Saint-Louis, la Bourse, la Madeleine, rhôtel des postes (ministère des finances aujourd'hui) , In maison principale des sœurs de charité, la coupole de la halle aux blés, la façade du Corps législatif, la restauration de Saint-Denis, etc. Artiste distingué, Bruyère était plutôt dirigé par sa rai* son que par le sentiment; il ne cédait point aveuglément an gofit , et préférait remplir, aussi bien que possible , les conditions spéciales de chaque monument. C*est ainsi que le marché Saint- Germain, les abattoirs et Tentrepôt des vins sont devenus des types, que dans toute l'Kurope on se contente maintenant d'imiter, sans chercher à faire mieux. Bruyère resta chargé de ses importantes fonctions jusqu^en 1820.

L*état de sa santé le força alors à donner sa démission , et if fut remplacé par Hély-d'Oissell. De 1823 a 1828 il lit paraître son ouvrage intitulé : « Études relatives à l^art des construcUons* Il mourut le 31 décembre 1831.

EKLvicRFs, ancienne chatellenie du Lyonnais (aujourd'hui département de r Aisne), à trois kilomètres de Laon.

La ville de Bruyères, dont la population est aujourd'hui de onze cent cinquante habitants , obtint , en 1130, de Louis le Gros, une charte de commune, et fut ravagée en 1358 et en 1 373 par les Anglais. Jean de Luxembourg, l'un des chefs du parti bourguignon, s*en rendit maître en 1433; mais il la rendit au roi , en 1434, en échange de la ville de Uam.

• L'abbaye du Val-Chrétien, de l'ordre de Prémontré, fondée en 1334 et brûlée parles Anglais en 1434, était située

sur le territoire de Bruyères.

Bruyîires ( linderhnn ) , chef-Heu de canton du département des Vosges, à vingt-neuf kilomètres de Lunévilie.

Cette ville , dont la population est aujourd'hui de deux mille trois cent vingthuit habitants, était, avant la révolution, le chef-lieu d'un bailliage et d'une mette.

BUn FRANCE.

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BnuYÈRES (Jean- Pierre- J. , comte), général de division, né en 1772, passa successivement par tous ies^grades, et

se distingua en différentes orcnsîons , surtout à Mnrengo et à léna. ISouimé générai de brigade, en 1806, il déploya une granoe valeur dans la gnem contre les Autrichiens, et fut créé commandant de la Légion d'honneur, puis comte et général de division. Dans ia campagne de Russie, il commandait une division de cavalerie légère-, sous les ordres de Marat, et contribua notamment aux victoires de Smotensk et de la Moskowa. Le général Bruyères fut encore employé, en 1813, à Tarniée d'Allemagne. Il se signala aux batailles de Lutzen et de Bautzen , et eut les Jambes emportées d'un boulet au combat de Reicbenbacb, le 22 mai 1813.

Bbuy£BBS (N. , comte de), viceàmiral, né en 1734, servit avec honneur dans la guerre d'Amérique, où il * eut beaucoup de part aux succès du comte d'Estaing et du bailli de Suffren. Incarcéré en 1793, et rendu à la liberté après le 9 thermidor, il vécut ensuite dans la retraite, et mourut en 1S2I.

Bruy^.rt-s (N. , baron) suivit", en qualité d'aide de camp, le général Leclerc en Portugal et à Saint-Domingue, n revint en Europe , après ia mort de son chef, se distinéna en Allemagne et en Pologne , et fut nommé général de division en récompense de la bravoure dont il fit preuve à la bataille d'Eylau. Il fut tué lors de Tentree des Français à Madrid , en 1808.

Bbuys (Françoî8),écrivain médiocre, né, en 1708, nu village de Serrières, dans le Maçonnais, est principalement connu pour son Histoire des papes, depuis saint Pierre Jusqu'à Benott XIIl inclusivement, la Haye, 1732-1734, 5 vol. in-4°. Il mourut, en 1738, dans le sein de l'église catholique, après avoir changé deux fois de religion.

Bbuts (Pierre de), hérésiarque du douzième siècle, prêcha d*abord ses opinions dans le Dauphiné sa patrie , ensuite dans la Provence et le Languedoc. 11 rebaptisait les peuples, fouettait les prêtres, emprisonnait les

moines, profanait les églises, renversait les croix et les autâs. Les catholiques de Saint •Gilles le brûlèrent

en 1147.

Bruyskt ÇJean-]\larie), et son frère (Pierre-Marie), tous deux imprimeurs à Lyon , forent emprisonnés après le siège de cette ville, en 1798, pour avoir participé à sa défense contre l'armée conventionnelle. L'aîné avait créé et signé un papier-monnaie auquel on donna le nom de Liliets obsidionaux.

Il tomba malade en |>rison et fut transporté dans un hôpital. Pierre-Marie parut seul devant le tribunal révolutionnaire, reconnut comme sienne la signature des billets, et se laissa condamner à nior^pour son frère; sublime exemple d'amour fraternel qui s'est reproduit plus d'une fois pendant cette terrible époque. Jean-Marie, obligé de quitter la librairie en 1808, se livra à la culture df s lettres , et publia , jusqu'à sa mort, arrivée en 1817, un rand jiombre d'ouvrages. Il avait été éditeur du Dictionnaire d'histoire naturelle de Valmont de Bomard, à qui il faisait une pension de douze cents francs.

Bby de l\ Clergerie (Gilles) naquit dans le Perche à la fin du seizième siècle. On a de lui : 1" Histoire des vays et comté du Perche et duché tTAiençon, 1620, in-40 ; 2* JLe^ framsfiefs du Perche, 1635, !n-4°.

BuiCHE ( Jean-jNicolas), né en 1740, à la Nenvflle-au-Pont (iSIarne), neveu de Pbili[)pe Buache, remplaça d'Anvule, en qualité de premier géographe du roi , et devint ensuite suecessivement membre de l'Académie des sciences, du bureau des longitudes, et enfin * de la commission chargée de recueillir les objets d'arts, les livres et les cartes qui se trouvaient dans les établissements nationaux. Il futensuite nommé professeur de géographie à l'école normale, membre de l'Institut et conservateur hydrographe en chef, au dépôt de la marine , place quMl a conservée jusqu'en 1825 , époque de sa mort. Il a publié un Mémoire sur les tîmites de la Guyane française du côté de la Guyane portugaise. Il a en outre inséré dans les recueils de l'Académie

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L'UNIVERS

Utrc

des srienceset deVInstitut, des Eclnîrcissements géograpitiques sur la velle-Bretagne et sur les côtes septen»

trionates de la Nottvelk'Guméey 1 787 ; et, dans le tome VI fl80G) des Mémoires (le rjnsittvt, riasse des sriences matluMiiatiques et plivsifjiies, des Ilecherches sur Cile JulilUa et sur l'é* pogue dfla découverte de C Amérique, BuACHE (Philippe), géo£;raphe, naquit à Paris le 7 févrierl700, étudia (l'abord rarchitecttire, puis la géographie sous Delisle. 11 fut chargé, en 1721 , de classer les cartes du dépôt de la marine, que Ton venait de créer. Nommé, en 1729, premier géo£;raplie du roi , et reçu membre de rAcadémie des scienres êr) 1730, lîuache mourut Je 27 janvier 1773. Ce géographe est surtout connu par son système de géographie physique, qui exerce encore aujourd'hui sur nos cartoîrrn|>bes une fâcheuse infitience. Ce système consiste à rattacher toutes les chaînes de montagnes sur les continents et dans les mers ellesHnémes , de façon à ronsti* tuer un certain ensemble de bas<^iiis géoi;rapbi(iiies, tous fort éinent détermines j)ar des chaînes de montagnes.

Or« il est évident (|ue ce système est loin d*étre vrai en tout point. Sou* Tenty sans doute, les bassins sont déterminés par des montagnes; mais souvent aussi ils ne le sont (pj<* par des dos de pays, et même quelquefois, ainsi qu'en Russie , ils ne sont formés que par l'inclinaison presque insensible des plaines. C'est donc, à tort qlie les cartographes, pour se conformer au système erroné uns en vigueur par Buacbe, tracent de fabuleuses monta* gnes entre Paris et Orléans, pour séparer les bassins de la Seine et de la Loire ; et que sur les cnrtes de Russie l'immense chaîne des Olonetz , entre le versant de la Baltique et celui de la Méditerranée, forme un lien imaginaire qui réunit les Karpathes et les Po\ as . etc. Ou ne saurait trop combat ire cette idrc , encore très-répandue, car elle porte une grave atteinte à la vérité.

Buacbe a laissé un atlas physique f 1754 , et diverses cartes et mémoires dans le Kecueil de l'Académie des

sciences, années 1745, 1752, 1753 et

BucciNE , bodines^ busine, buxine, instrument de musique en tisage dans

les douzième et treizième siècles. Son nom, qui vient de bnccina., et non de buxtus , comme le prétend Sainte- Palaye , indique que c'était un instrument à vent, dont on tirait des sons h l'aide de la bouche. Il ressort une nouvelle preuve de cette assertion , de l'ordre dans lequel le placent les vers suivants extraits de la Prise de Jéru' salem,

Moalt part font grant noise en l'oM li olIplMikt,

Li rors, Pt li bonnes, et ly timbre sonant ,

Qtir on tip oTsl jms néis Uant Diex totiant.

BiîCH ou RuscH, ancienne contrée de Gascogne, dont les seigneurs portaient le titre de captais. Cette seigneurie fut possédée successivement par les maisons de Grailltj, Nogaretilpernon^ Foix-Randan et Contault, (Voyez ces mots et fart. Capi al).

BucHOff (Jean-Alexandre) a traduit de 1830 à 1840 un grand nombre d'ouvrages historiques et philosophi(|ues.ll est éditeur du va^te répertoire historique uititulé: Collection des chroniques nationales françaises, écrites en lanffue vulgaire du ^treizième au seizième siècle f arec des notes et des éclaircissements , et d'une Chronique de la conquête dn ( onsfanfînnple , et de l'établissement des Français en Morécy écrite en vers grecs politiques, par un auteur anonyme, traduite pour la première fois d'après le manuscrit grec inédit, 182.Î, in-8". On doit encore à M. IJuchon, liecherches et matériaux pour servir à une histoire de la domination française aux treizième ,

? quatorzième et (fuimième siècles dans es provinces démembrées de l'empire grec, première et deuxième partie, gr.

în-8. Paris, 1840.

BuCHOT (Philibert), né en 1748, i Rïaynal, bailliage de Lons-le-Saulnier, a éié pendant quelques mois commissaire des affaires extérieures de la républiq'ie. Entre au mimstere, le 9 avril 17U4, alors que ia république en guerre avec toutes les puissances n'entretenait de relations qu*avec la Suède, Gènes, Saint>MariQ et les États-

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