SUITES
1792 et 1793 , bulles de Pie VI contre la constitution civile du clergé français et les prêtres assermentés.
Xîx* SIÈCLE. — 1809, 10 juin, bulle d'excommunication lancée par Pie VII contre Napoléon , au faîte de la puissance ; ce qui lui valut la perte de ses États et sa relégation à Fontainebleau.
Réintégré dans ses États par le congrès de Vienne , Pie VII paya son tribut de reconnaissance à la sainte alliance, en publiant, le 7 aoOt 1814, une bulle qui rétablissait Tordre des jésuites, et qui lançait toutes les foudres du Vatican contre les carbonari, les francs-maçons , et les membres des sociétés secrètes.
C'est la dernière bulle que nous ayons à citer , les successeurs de Pie VII n'ayant rien publié de remarquable.
" Bulle In Cœna Domini, — Nous n'ayons pas parlé de cette bulle, l'une des plus célèbres cependant, parce qu'elle est multiple, et qu'on ne sait à quelle époque en faire remonter l'origine. Elle est ainsi nommée , parce qu'elle se lit publiquement à Rome le jour de la cène , c^est-à-dire , le jeudi saint, par un cardinal diacre , en présence au pape, accompagné des autres cardinaux et évéques. Elle contient une excommunication générale contre tous les hérétiques, les contumaces et les désobéissants au saint-siége. Après gue la lecture en a été faite, le pape jette un flambeau allumé dans la place publique en guise d'anathème.
Le plus ancien texte que Ton ait de cette bulle , se trouve rapporté dans une buUe de Paul m, de Tannée 1586.
Ce pape , après avoir exposé dans son préambule que c'est une ancienne coutume des souverains pontifes de publier cette excommunication le jeudi saint , pour conserver la pureté de la religion chrétienne et pour entretenir l'union des fidèles, prononce en vingtq^uatre paragrapbes des excommunications contre les hérétiques , leurs fauteurs et leurs lecteurs ; contre les
f)irate8 et les corsaires qui attaquent e saint-siége; ceux qui , de quelque manière que ce soit , empêchent l'exécution des lettres apostoliques ou les falsiûent ; les juges laïques qui ose* raient juger des ecclésiastiques, et les citer devant leur tribunal , que ce tribunal s'appelle audience, chancellerie, conseil du parlement; contre tous ceux qui ont fait ou font publier des édits, règlements,* ou pragmatiques, par les-
3uels la liberté ecclésiastique , les roits du pape et ceux du saintsiége seraient blessés ou restreints, soit expressément, soit tacitement; contre tous les magistrats, de quelque rang qu'ils soient, qui évoquent à eux les causes ecclésiastiques, ou qui mettent obstacle à 1 exécution des lettres apostoliques ,
Suand même ce serait sous prétexte 'empêcher des violences. Le pape se réserve en outre à lui seul le pouvoir d'absoudre les magistrats qui auraient encouru l'excommunication , et qui ne pourront, dans tous les cas, être dé^ chargés qu'après avoir publiquement révoqué leurs arrêts, et les avoir arrachés des registres. Enfin, il excommunie quiconque aurait la prétention d'absoudre les excommuniés ci -dessus ; et, afin qu'on n'en puisse prétexter ignorance, il ordonne que cette bulle sera publiée et affichée a In porte de la basilique du prince des apôtres et à celle de Saint-Jean de Latran , et que tous les. patriarches, primats, arâievêques ou évêques , aient à la publier solennellement au moins une rois l'an.
On connaît encore trois autres huiles dites In Cœna Domini, qui ajoutent à celle-ci quelques dispositions nouvelles» ou confirment les anden*
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nés. La première, datée de 1567, est de Pie V ; elle prononce une nouvelle excommunication contre les princes
2 ni oseraient augmenter les impAts BUS leurs États sans Faotorisation du saint-siége. — En 1610, Paul V confirma les dispositions des deux bulles précédentes par une troisième bulle In Cœna Domini. — La quatrième et dernière bulle de ce nom que nous offre le Buliaire , est du l** avril 1627, et d'Urbain VIIL Elle renferme une addition importante; M c'est Texcommunication lancée contre ceux qui appellent du pape au futur concile.
L'admission de cette bulle , monument remarquable des prétentions du saint-siége, souffrit de graves difficultés , niêjne dans les Ëtats où le pape avait le plus dinfluenoe. Jamais elle ne fut reçue en France ; et, en 1510, le concile de Tours la proscrivit solennellement , comme entièrement contraire aux droits du roi et aux libertés de TÉglise gallicane. Cependant, en 1580, quelques évéques voulurent profiter des vacances du parlement pour la publier; mais le procureur général porta |jlainte, et le parlement prit Tatfaire à cœur. Par un arrêt solennel , il ordonna que tous les archevêques et évéques qui auraient \ reçu cette bulle et ne l'auraient pas publiée , eussent à l'envoyer à la cour immédiatement; que ceux qui l'auraient fait publier fussent ajournés ,
que provisoirement leurs biens fus* sent saisis ; enfin que quiconque s'opposerait à cet arrêt fût réputé rebelle et coupable de lèse-majesté. Comme ou n'était plus au temps où la puissance . spirituelle faisait tout ployer sous elle, le parlement fut obéi.
BiJLLEGNÉviLLE, ancienne seigneurie, avec titre de prévôté, danslecluché de Bar . à seize kilomètres de Bourroont^ érigée en comté le 16 février 1708, et en marquisat le 8 juin de la même année. Ce bourg , qui est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de cantons du département des Vosces, possède une population de^mille douze cents habitaota.
^ BuLLET ( J. B. ) , professeur de théologie à l'université de Besançon , mort dans cette ville en 1775, est'surtout connu par ses Mémob ts sur la langue celtique ^ contenant rhUtokre de cette langue et un dictionnaire des fermes gui la composent, Besançon, 1751, 59 et 70, 3 vol. in-fol.
BuLLEi (Pierre), architecte , né en 1639, élève de François Biondel, qui l'employa comme dessinateur et comme appareilleur à la construction de plusieurs édifices, entre autres de la porte Saint-Denis. Le plus célèbre de ses ouvrages est la porte Saint-Martin , qu'il éleva en 1674 : cet arc de triomphe, plus rapproché des monuments antiques par sa disposition générale, est cependant très-inférieur a celui de Blonde! sous le rapport de la composition et de la décoration (*). L'église de Saint-Thomas d'Aquin, le ' trottoir du quai Pelletier , supporté par une voussure coupée dans son cintre en quart de cercle (1675), la fontaine de la place Saint -Michel^ plusieurs hdtels , et d'autres travaux très-importants le firent recevoir , en 1685, à l'Académie d'architecture. Il a publié plusieurs ouvrages importants : 1** Traité de Vttsage du pan^ tomètre y 1675 ; T TraUé du nêveiie înenf, 1688; V Architecture pratique y 1091, etc. Il mourut en 1716, à l'âge de soixante-dix-sept ans.
Son fils, Jean- Baptiste Bullet, seigneur de Gbamblain , naquit en 1667, et exerça avec distinction la mémo profession que son père. Il fut reçu membre de l'Académie d'architecture en 1699. On ne connaît rien de plus sur sa vie. On cite parmi ses ouvrages le château de Champs , à vingt kilomètres de Paris.
Bulletin de cobbespondanct:.
— C'était, dans l'Assemblée léi^islative et dans la Convention nationale,
C) Les deux bas-reliefs du côté du boulevani lepréientent la ]>i ise de B«san^ et la triple alliance; ceux du côté du faubourg, * la pnse de Limbourg et l;i défaite des Allemauds. Ces sculptures sont de ûesjai dius, . flfarly, le Hongre elle Qw.
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nn exposé tfùe ces é&gà assemblées
fmbliaient chaque jour par afficlirs, de eurs opérations et des événements qui intéressaient le plus TÉtat. Ce Bulletin^ créé ou plutôt sanctionné par la loi du 16 septembre 1792, était eoToyé par le ministre de Tintérieur à tons les déprirtements et à tous les districts de France. Toute personne convaincue d'avoir arraché ledit Bulletin ou d'en avoir empêché la publication et TafRchage , pouvait être poursuivie devant les tribunaux comme ennemie du peuple, comme coupable d'offense à la loi, et condamnée à cent livres d'amende pour la première fois, et , en cas de rêeidiTe, à deux mois de prison. Ce mode de publication cessa le 4 brumaire an it..
Il ne suffisait pas qu'une loi fût imprimée dans ce Bulletin pour
Î [D'elle fût légalement promulguée; il allait que la loi portât elle-même
3 u'elle» serait insérée dans le Bulletin e correspondance, et que cette insertion tiendrait lieu de promulgation.
Bulletin des lois.— C'est un cahier imprimé et officiel de lois etd'ac* tes du gouvernement , paraissant à époques irrégulières. On appelle aussi de ce nom la collection de tous les cahiers qui contiennent les lois et les actes du goiitèmement publiés depuis quecetté manière de les répandre est en usage. Ce Bulletin fut institué parla loi du 14 frimaire an ii , qui n'eut point son effet immédiatement ; plus de six mois s'écoulèrent avant (j[u'il en pardt aucun cahier. Le premier débute par une loi du 22 prairial an ii. La loi du 12 vendémiaire ah iv maintint cet établissement, etordonnaque le Jiulletia contiendrait, outre les lois et actes du Corps législatif, les proclamations et arrêtes du Directoire exécutif pofur assurer l'exécution des lois.
L'insertion au Bulletin des lois étant censée une publication olilcielie, la loi du la frimaire an n Toulait que chaque loi dcYtnt obligatoire , dans chaque lieu, à compter du jour de la proclamation qui en serait faite au son de trompe ouae tambour, et que cette
proclamation se ^t le jour même ûé l'arrivée du Bulletin. La loi du 12 vendémiaire an IV porte (art. 12) , qiTe A les lois et actes du Corps législatif obligeraient dans l*étendoe de chaque 'département , du jour où le Bulletin ofuciel où ils seraient contenus, serait distribué au cbef-lieudu département, et que ce jour serait constaté par un registre où les administrateurs de chaque débartement certifieraient l'ar*»
rivée de cnaque numéro. »
Le Code Napoléon abrogea cette disposition et voulut que les lois fussent exécutoires dans chaque partie du territoire français, du moment où peut y être connue la promulgation qui en est faite par le chef du gouvernement. Quant aux décrets impériaux, un avis du Conseil d'État , du 12 prairial an xiii, approuvé par Tempereor le 25 du même mois , décida que ces décrets , insérés au Bul-< letin des lois , seraient obligatoires dans chaque département, du jour où le Bulletin aurait été distribué au chef-lieu, conformément à l'article 12 de la loi du 13 Tcndémiaire an it.
Le Bulletin des lois se dlirise eit autant de séries que In France a eu de gouvernements différents depuis sa création. La première série com-
firend les lois de la Conirention depuis e 22 prairial an n Jusqu'au mois de fructidor an m ; la seconde, les actes du Directoire , de fructidor an iri sW 18 brumaire an viii ; la troisième, les actes du consulat, de brumaire an viii à floréal an xii ; la quatrième , les actes du gouvernement impérial , de floréal an xii à mai 1814; la cinquième , les actes de la première restauration, du 31 mai 1814 au 20 mars 1815 ; la sixième , les actes dés cent jours, de mars à juillet 1815: la se()tième, les actes du règne de Louis XVIII , de juillet 1815 à septembre 1S24; la bujtième, les actes du règne de Charles X , de juillet 1824 à août 1880; enfin , la neuTième se compose des actes du règne de Louis-Philippe.
Ces neuf séries contenaient , rn janvier 1 834, un total de plus de soixantequatre mille actes du gouvenienient,
non compris un grand nombre d'autres dui , de 1814 a 1S30 , ont été insétés dfans des cahiers supplémentaires.
Il règne, dans cette immense collection qui se distribue gratuitement au nombre de quarante mille exemplaires à un grand nombre de fonctionnaires
{mblics, unecofifusion qui en neutralise es bons effets. Ce n'est souvent què plusieurs mois , et même plusieurs années après leur date , que les notes sont insérés; plusieurs très-imjjortatits sont omis, et plus d'une loi est iroprlméeau Bulletin autrement qu'elle a été votée. Sur les plaintes que ces irrégularités ont soulevées, on a imaginé, depuis 1830 , de diviser ce recueil en deux parties , ayant chacune une sérier dè numéros. La première partie contient les lois ; la seconde, qui se subdivise en deux autres, comprend' les ordonnances d'un intérêt général et les mesures d'un intérêt local Od Individuel. Cet arrangement, quoique plus méthodique que le t»élem^Ie qui règue dans les premières collections, n'est pas encore suffisant pour rendre les recherches promptes et aisées, parce qu*il nécessite une espèce d'étude ft laquelle un iiombre considérable de maires de villagè n'ont ni le temps ni la volonté de se livrer. Il serait donc du plus grand intérêt que le Bulletin des lois offrit une Classification d*actes qui facilitât les recherches de ceux qui ont à le consulter.
Comme, d'après la législation actuelle, les lois sont exécutoires à Paris un jour après la promulgation, et dans les depitements après Texpi»
ration du même dâai, augmenté d'au* tant de jotjfs qu'il y a de fois dix myriamètres entre Paris et le chef-lieu du département, au bas de chaque numéro du Bolletin se troiife une date quiestcenséeceiledu jour où les actes qu'il contient ont été publiés à Paris.
Bulletin de la grande abiiÉE. — L'histoire militaire de la France depuis 1780 est presque toute faite dads les bulletins que les géné* Taux envoyaient au pouvoir législatif.
Lei plal curieux de ces ImUetuis sont
ceux qiie Napoléon publia lorsqu'il était à la téte fle la gronde arméff.
Ën mettant de côté quelques expressions emphatiques destinées à exalter lë courage du soldat et à lui cacher In gravité du mal quand il devenait effrayant, c'est dans ces dépêches guerrières que Ton devra che^cher lès matérimnr de l'histoire VéHdiqoe dn tietoires dll peuple français sous l'empire. On a dit que Napoléon faisait faire ses proclamations, ses ordres du jour et ses bulletins militaires ; Udus croyons qu'il en faisait reviser le st^le, mais que les pensées étaient siennes. On y reconnaît trop une étude approfondie des Commentaires de César, cette brusquerie de transition et cette énergie de pensée qui caractérisent tout eei^i est 8orti*de sa plume, pour que l'on puisse lui refuser le mérite d'être l'auteur de ces admirables récits de nos succès et de nos revers.
BoLtiABi» (PierHO) bMniste , né à Aubépierre , en Barrois « Ws 1741, mort en 1798, à écrit, entre autres ouvrages , une Flore parisienne , un Herbier de la France et une Histoire des champignons de France , le plus impoftant ût ses travauit.
BuLLioit (Claude de) , sieui* de Bonelles , fut surintendant des finances et ministre d'État sous Louis XIII.
ISommé maître des requêtes par Henri iy> en 1608, fl oimdiiisit contenablètnent çlusieut's négociations.
En 1611, Marie de Médicis l'envoya, en qualité de commissaire, auprès de la fameuse assemblée tenue par les calvinistes à Saumur, et présidée par Duplessis-Momai. En 1614 « il assisia aux conférences de Soissons, et contribua à la conclusion du traité de paix qui les suivit.
£n 1624, fiullion entra au conseil du gouvernement, composé du due de la vieuville, du cardinal de la Roeiii^ foucauld , du duc de Lesdiguières et du garde des sceaux d'Alii^re. Il fut nommé surintendant des linances en 1632. La même année , il négocia le raccommodement de Gaston « due d'Orléans, avec le roi son ftère.
Lorsqu'en 1686 Aioheliett voulut aba»»
donner le gouverneinent de TÉtat,
Bwllion le dissuada vivement de ce projet : « Richelieu en auroit fait la folie, dit Vittorio-Siri ^ sans le P. Joseph, qui le rassura , et ce Père fut bien secondé par le surintendant de Bullion. » Ce ne fut pas le seul service qu'il rendit à Richelieu , par qui il se laissa désavouer dans la promesse qu'il avait faite au duc d'Orléans que le duc de Montmorency aurait la vie sauve. Il inclina toujours vers le parti du cardinal, dont il savait apprécier le génie, et par l'influence duquel il semble avoir été poussé aux affaires. Ce qu'il y a de certain, c'est qu*il commença à faire partie du conseil en 1624, i année même où le chancelier de Silleri et de Puisieux , son fils , qui avaient entravé la promotion de Richelieu au cardinalat, tombèrent en disgrâce, et qu'il conserva son crédit après que le cardinal de la Rochefoucauld et d'Aligre, ses collègues, eurent perdu le leur. Ce qu'il y a de certain encore, c'est qu'il continua à posséder ou çagna depuis la confiance de Richelieu a ce point que ce dernier se reposa sur lui du soin de le représenter dans le fameux conseil assemblé en 1G39 par Louis XIII, et dans lequel le cardinal , instigateur secret de la mesure qui allait être prise, crut prudent de ne pas paraître. Il Âllait persuader au roi que le retour de Marie de Médicis ne pouvait qu'être nuisible à lui-même et à l'État. Ruliion, un des cinq ministres consultés, ne trompa pas la prévision de Ridielieu; il déclara « que les puissants motifs pour engaçcfT Louis XIII à ne pas recevoir sa mère, étoient de nature à ne se devoir dire qu'à l'oreille du maître, qu'il étoit de la prudence du roi de presser Marie de s'établir à Florence , où il lui feroit tenir son bien et son douaire , ainsi qu'il le lui avoit offert plusieurs fois. » Bullion fut récompensé par le titre de ^arde des sceaux des ordres du roi , et par la création en sa faveur , d'une nouvelle charité de président à mortier au parlement de Paris. Richelieu , comme on le voit , n'était pas ingrat envers ses
serviteurs dévoués. H était même trop
indulgent envers eux, s'il est vrai, ainsi qu'on l'a prétendu, que Bullion se soit permis un jour, dans un dîner u'il donnait au premier maréchal e Grammont, au maréchal de Villars , au marquis de Souvré , et au comte d'Hautefeuille , de faire servir comme plat de dessert trois bassins remplis de louis d'or , dont chaque convive aurait pris sa diarge; mate le fait n'est rien moins que prouvé.
Bullion mourut d'une attaque d'apoplexie le 22 décembre 1G40. Ce fut sous sa surintendance, dans le cours de la méihe année, que furent frappés les premiers louis d'or, et cette circonstance a bien pu servir de prétexte à l'anecdote qui précède. La bienveillance de Richelieu pour Claude de Bullion se reporta sur sa famille :
Noël de BuLLioiT, marquis de jGalardon, seigneur de Bonelles, lui succéda dans la charge de garde des sceaux.
BiiLLOU, ancienne seigneurie du Perche -Gouet (aujourd'hui département d'fiure-et-Loir), à deux myriamètres de Chartres , érigée en baronnie en 1661.
BiJLLY, ancienne seigneurie de Normandie (département de la Seine Inférieure) , à quatre kilomètres de Neufchâtel, érigés en marquisat en 1677.
La population du bourg de Bully est aujourd'hui de treize cent quatrevingt-sept habitants.
BuNEL (Jacob), peintre du roi, est un de ces artistes français de la renaissance dont les noms, éclipsés par quelques célébrités italiennes, ont fini par aevenir tellement inconnus, que certains auteurs de notre temps, en écrivant leur biographie, ont cru de bonne fol les avoir découverts. A -l'exception de Félibien, tous les biographes anciens ont gardé à leur égard un tel silence, que l'on a été jusqu'à attribuer à des artistes étrangers la plus grande partie de leurs œuvres. Le reste a été détruit ou est absolument ignoré. C'est à peine si la gravure nous a conservé le souvenir de quelques-unes, et celles qui subsistent encore ont été tellemeot dégradées par le temps et
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défigurées par les restaurateurs, que
c'est à peine si l'on peut rétablir niijourd'hui par la pensée l'état primitif de ces belles pages de notre grande
Ssinture. Tout ce que Ton sait sur unel, c'est qu*il naquit à Blois en 1558, et qu'il peignit la petite galerie du Louvre brûlée en 1660, l'histoire d'Aladin dans le même palais, en société avec Dubois, Dumée et Honnet, et quatorze tableaux à fresque à Fon* tainebleau; qu'il fit une Descente du Saint-Esprit pour l'église des Grands- Augustins, et une Àssomptwii pour celle des Feuillants.
BuONÀBOTTi (Philippe) appartenait à la famille de Michel-sAnge; il naquit à Pise, le 11 novembre 176 J. Sa jeunesse fut consacrée à l'étude et aux belles-lettres, re qui lui attira les faveurs du grand-duc Léopold, depuis empereur, près de qui sa iamille était en orédit; il en reçut même la décoration de l'ordre de Saint-Étienne.
Mais peu fait pour les récompenses de cour, et doué d'un amour ardent pour la liberté, il ne tarda pas à encourir la disgrâce de ce prince, et fut condamné à l'exil, en punition de l'enthousiasme
au'il avait manifesté pour les principes e la révolution française. Il se réfu-
)pa dans l'ile de Corse, oii il publia un oumal intitulé : I/Awd de la Uberté talienné. Par son opposition aux pro^ jets de défection de Paoli, il rendit les plus grands services à la république, et courut lui-même de grands dangers. En butte aux attaques -des nobles , des prêtres et des partisans de l'A ngleterre , son sang coula plus d'une fois sous le poignard des assassins; plus d'une fois il fut jeté dans les fers
8ar les factieux triomphants. Mais les ansers qu'il courait pour la France semblaient rattacher da?antage au pays qu'il avait choisi pour nouvelle patrie. Il se rendit àParisàlafinde 1792, avecSalicetti, oui venait d'être nommé membre de la Convention. Boonarotti avait été chargé par les habitants de l'île de Saint-Pierre, voisine de la Sardaigne, de demander à la Convention leur réunion à la France; il leur lit • àocorder cette laveur. L'Asseuiblée y
joignit la noble récompense qu'avaient
méritée ses services : le conseil général de la Corse avait sollicité pour lui, le V2 février 1792, des lettres de naturalisation; la Convention déclara* qu'il avait mérité la qualité de Fran* çaîs, et la lui accorda par un décret solennel. Admis dans le même temps à la société des Jacobins, la vigueur de son esprit et de son caractère , autant oue la pureté de son républicanisme, Vf firent bientôt distinguer, et il fut envoyé en Corse, en 1793, avec des pouvoirs extraordinaire^. Il apprit, en arrivant à Nice, que tous les commissaires étaient rappelés. Rioord et Robespierre jeune, qui dirigeaient alors les opérations du siège de Toulon, le chargèrent d'aller rendre compte au comité de salut public de l'état des.
choses. Sa mission terminée, il fut envoyé de nouveau dans la Corse; mais il ne put encore y parvenir, resta auprès des représentants en mission près de l'armée d'Italie, et fut chargé par eux du gouvernement de principauté d'Ondlle. La réaction du '9 thermidor devait être fatale à un homme qui av.iit aimé Robespierre Jeune, qui avait admiré son frère, et que les vrais républicains avaient honoré de leur confiance. Buonaroiti fut arrêté et conduit à Paris; il fut en* fermé dans la prison du Plessis, où il resta jusqu'après le 17 vendémiaire an IV. Rendu alors à la liberté, il fut désigné pour le commandement de la place de Loano. Mais une dénonciation de Taj^ept diplomatique français à Gé« nés, a raison d'une mesure que l'on supposa, à tort, dictée par une haine personnelle, le lit bientôt rappeler. Il revint à Paris, et entra dans la société du Panthéon , dont il fat élu président; Son admiration pour les seuls hommes de la révolution qui eussent été animes d'un véritable patriotisme, sa haine et son mépris pour ceux qui les avaient renverses, et qui menaçaient d'engloutir la France dans les honteuses orgies du Directoire, devaient nécessairement rentrnîner dans ce parti. Il conspira avec Babeuf, et, comme Babeuf, il dedaigua de marchander sa
47g MfBQ L'UNIV£B5« HUR
Ti^ auBves de ses juges , en recourant à la dénégation. Traduit devant la haute cour de VeDdôjue, il se glorifia d'avoir pris part au projet dMni^rreotîon dont on Taocusait, et professa solennellement son dévouement à la démocratie. Le ministère public, qui le Jugeait aussi coupable que le chef même de la conspiration, conclut fontre lui à la peine de mort; mais In jury établit une distinction , et ne prononça que la déportation contre Buonarotti et quelques autres accusés.
Enfermés au fort de Clierbotirg, ïo^ condamnés'attendireot longtemps leur translation à la Guyane. Enûn, en Tan yiii, ils furent transférés dans l'île d'Oiéron, d'où Buonarotti fut ensuite enlevé pour être soumis à une simple gurveil lance dans une ville de l'Est.
On a attribué cette moMire» dont Ja cause fut toujours ignorée dé Buona^ rotti, au premier consul, qui avait été son camarade de chambre et de lit.
Cette surveillance fut levée en 1806.
Buonarotti se réfiigia alors à Genève« et il y professait paisiblement les mathématiques et la musique, lorsque la diplomatie européenne, toute -puissante sur les petites républiques suisses, vint, à la suite aes événements de foreer la patrie de Rousseau à devenir inhospitalière en?ers un descendant de Michel- Ange. Buonarotti, réduit à chercher un nouvel asile , se lixa en Belgique, où il vécut de sa IHroftssion de compositeur de musique , et publia, en 1828, son livre de la Conspiration de Babeuf. Il rentra en France en 1830, et continua d y vivre du produit de ses lei^'ons. Il y niourut en 1637, a 1 âge de soixante et dix-sept •■s, avee toute sa mémoire et toute son intelligence , en disant : « Je yaii « rejoindre bientôt les hommes ver- » tueux qui nous ont donné de bons « exemples. »
BuQiJKT (César), meunier de l'hôpi* tal générai de Paris « auquel if a rendu d importants services, en perfectionnant les moutures de manière à épargner, par jour, près de seize cents livres ae pain, bien que son pain fdt
weiikur etgbig. sibimitlgt ma^^
de ses prédécesseurs. II a publié un Manuel du charpentier des moulins et du meunier, 177î>; un Traité de la conservation ae$ gra^y 1783 , et un Mémoire twr les moyens de jieffeotiotiner les moulins et la moulure dco* nomique, in-li, 178G.
BuQUET (N.), baron, maréchal de camp, combattit sous l^léber, et sa distingua en Espagne à la bataille de Talaveyra de la Reyna , où il fut fait prisonnier. Conduit sur les pontons à Cadix, il parvint, peu de temps après, à s'évader, ,et fut fait, en ISlâ, premier inspecteur général de la genaar<« merie.
BuBCi (N.), général de brigade, entra au service comme simple soldat, et se signala par une brillante valeur aux armées du Rhin. Il toucha percé de plusieurs balles à Gooderhoffen, mes s'être emparé à la baîonnettn d une redoute ennemie.
Bubk-les-Templikbs , ancienne commanderie de l'ordre de Malte, à ?ingt kilomètres de Cfaâtillon (dépars tement de la Côte-d'Or). C'était une da celles qui composaient le domaine du grand prieur de Champagne.
Bureau. Ce mot a uu grand nombre de signiiications dans 'notre langue. Dans son acception la plus restreinte, c*est une table k compartiments et à tiroirs pour serrer les papiers, écrire et compter de l'argent.
En termes de palais, c'est la table sur laquelle sont posées les pièces d'un procès lorsqu'on en fait le rapport; et , par extension , ce sont les juges eux-mêmes qui assistent au rapport, ou les commissaires nommes pour Tinstruction et l'examen d'ui^e af« laire. Dans une académie ou une assemblée législative, c'est la réunion du président, du vice-président et des secrétaires. Le nom de bureau sert encore à désigner le résultat du fractionnement et de la répartition des membres d'une assemblée législative en divers groupes pour l'examen des affaires qui doivent ensuite être soumises à la discussion générale. Dans les assemblées électorales, le président e( les imtMm ^otsmA» a^M
BUH FRANCE.
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Jes scrutateurs, ce que Pon appelle le bureau. Dans un autre sens , un bureau est un lieu où l'on expédie des affaires; c'est encore un établissement consacré à un service public, dans lequel se trouvent, à des jours et des heures designés , des personnes revêtues de titres et d'emplois, ayant pouvoir et juridiction, pour recevoir ceux que leurs affaires y amènent, prendre des résolutions, faire exécuter des mesures, et quelquefois juger des contestations. C'est de ces dernifers bureaux que nous allons parler; mais comme ils ont été et sont encore trèsnombreux en France , nous nous occuperons seulement des principaux.
Bureau central. L'article 184 de la constitution du 5 fructidor an m avait établi dans Ls villes divisées en plusieurs municipalités, un bureau central pour l'administration des affaires que le Corps législatif jugeait indivisibles, et particulièrement de la police. L*organisation et les attributions de ces bureaux avaient été, en conséquence, déterminées par plusieurs lois. Ils furent supprimes par celle du 28 pluviôse an viii, et remplacés à Paris par un préfet de police, et à Lyon, Marseille et Bordeaux, par des commissaires généraux de police.
Bureau (Vadresses ou de renseignements. — Le premier établissement de ce genre fut établi par le docteur Thco-
fihraste Renaudot, le fondateur de 'antique Gazette de France (voyez ce mot), et le privilège lui en fut concédé par lettres patentes. Sa feuille était datée de ce lameux bureau, et ne fut longtemps connue que sous le titre singulier de Bureau d'adressies.
Bureau de bienfaisance^ lieu oii on reçoit les dons des personnes charitables, et oii l'on distribue des secours aux indigents. Les bureaux de bienfaisance ont été créés par la loi du 7 frimaire an v. La restauration , qui trouva mielque chose de trop philosophique aans leur nom , leur avait donné celui bureaux de charité.
Bureau de conciliation. C'est le prétoire où le juge de paix reçoit les parties qui se présentent devaut lui
pour se concilier sur les différends qui les divisent. On le nomme aussi oureau de .paix.
Bureau de douane, lieu oii Ton perçoit les droits d'entrée et de sortie des marchandises , et où l'on vérifie si celles qui y sont déclarées peuvent ou non, d'après les lois existantes, entrer dans le royaume ou en sortir.
Les bureaux de douane sont placés sur les côtes maritimes, sur les frontières, et distribués en plusieurs lignes. Il y a pour Paris une douane spéciale dont le service se fait en même temps que celui de l'octroi , et dont les bureaux sont aux barrières.
Bureau d* enregistrement ^ lieu où on perçoit les droits d'enregistrement, qui ren)placent aujourd'hui ceux de (Contrôle, d'insinuation^ de centième denier et de petit scel.
Bureau de garantie, lieu où Ton fait l'essai et où l'on contrôle le titre des ouvrages d'or et d'argent.
Bureau de la bonneterie, établissement central à Paris , où l'on reçoit les produits de la fabrication de bonneterie des départements pour les vendre et tenir compte du produit aux déposants, moyennant un droit sur le prix de vente. C'est , à proprement parler, une maison de commission.
Bureau de loterie. On appelait ainsi, il y a'quelques années encore, des gouffres où allaient s'engloutir, contre un morceau de papier et de vaines espérances, la aernière ressource de plus d'une famille, et souvent le produit du crime. Ils n'existent plus depuis que, par un sentiment de pudeur beaucoup trop tardif, on a aboli l'impôt immoral établi sur la plus ignoble des passions.
Bureau de placement. Ces sortes d'établissements seraient fort utiles s'ils étaient tous tenus par d'honnêtes gens; mais la plupart ont pour chefs des aventuriers, des escrocs, qui arrachent le dernier écu du pauvre sur la promesse de places qui n'existent pas ou qu'ils sont hors d'état de procurer. Il n'y a pas d'années que les tribunaux corirectioQpels n'ea â:appeat
BUR
L'UNIVERS
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plusietiro de condamnation, et ces
exemples ne profitent pas plus à l'amendement des autres qu'à l'instruction de leurs victimes. La police fait tenir nn certain nombre de ces bureaux par ses agents secrets, et se procure ainsi le nom et l'adresse des gens sans emploi qu'il peUt être nécessaire de surveiller.
Bureau de poste y lieu où l'on dépose les lettres et missives que Ton veut faire partir, et où arrivent celles qui doivent être distribuées.
Bureau de renseigiiemcntf;. L'article 29 de la loi du 19 vendémiaire an IV porte qu'il sera établi , en cbaque greffe de tribunal correctionnel, mk bureau de renseigtiements ^ où il sera tenu, soit par le greffier, soit , au besoin, par un ou plusieurs commis, sous la surveillance et direction du greffier, registre , par ordre alpbabé* tique, de tous les individus qui seront appelés à ce tribunal ou au jury d'accusation , avec une notice de leur affairent des suites qu'elle a eues. Le même article ajoute qu'à Bordeaux , Lyon, Marseille et Paris, le greffier enverra chaque décade un extrait de ce rej^istre nu bureau central, où il sera tenu un registre pareil, qu'il l'enverra pareillenient dans les villes de cinquante mille âmes et au-dessus , ainsi qu*aux administrations municipales, où il sera tenu de même un pareil registre. Le rode d'instruction criminelle, restreignant cette mesure aux seules condamnations, la renouvelle et la rend obligatoire en ces termes : « Art. 600. Les grefliers des « tribunaux correctionnels et des cours K d'assises et spéciales seront tenus « de consigner, par ordre alphabéti- « que , sur un registre particulier, « les noms , prénoms, profession , « âge et résidence de tous les indi- « vidus condanmés à un emprisonne- « ment correctionnel ou à une plus « forte peine. Ce registre contiendra « une notice sommaire de chaque « affaire et de la condamnation , ^ « peine de cinquante francs d'amende « pour chaque omission. « — « Art.
« 601. Tous les trois mois, les gref-
(1 fiers enverront, sous peme de cent
« francs d'amende , copie de ces re- « çistres au ministre de la justice et a a celui de la police générale. »
« Art. (K>3. Ces deux ministres feront « tenir, dans la même forme ^ un re- « gistre général compose de ces di- « verses copies. » C'est à l'aide de ces registres généraux déposés dans les bureaux ùe renseignements que Ton parvient à connalfre lès antécédents des individus traduits en justice, et à établir le rapport statistique et judiciaire que chaque aunéo publie le ministre de la justice.
Bureau des aides. On appelait ainsi, avant 1791, les lieux où se percevaient les droits sur les boissons. On les a appelés plus tard bureaux des droits réunis^ et on les nomme aujourd'hui bureaux des contributions indirectes.
Bureau des décimes. Ces bureaux étaient des espèces de tribunaux ecclésiastiques établis pour régler ce qui concernait les décimes , les dons gratuits, et généralement toutes les mipositions assises sur les bénéfices.
On en distinguait deux sortes, savoir : les bureaux diocésains et les bureaux généraux ou souverains , qu'on appelait aussi provinciaux, Nous en parlerons avec plus de développement à Tartide Dbgimks.
Bureau des hypothèques, lieu où s'inscrivent les hypothfîques accordées volontairement, ou autorisées par jugement sur les propriétés foncières, et où se transcrivent les contrats translatifs de la propriété par vente, donation, hérédité, etc.
Bureau des lofigitudes. — Cet établissement scientiQque, dont le siège principal est à l'Observatoire royal de Paris, et dont les attributions spéciales sont la publication de la Connaissance des temps, a été fondé par une loi rendue le 25 juin 179.'» , sur un pro[ct de Lakanal et d'après un rapport de Grégoire. Ce bureau pubVie en outre tOUS les ans, sons le noni d'annuaire , un excellent petit livre contenant des tables de poids et mesuJres, de mortalité, etc., et des
dlssertationStpamn' lesquelles on lit surtout avec intérêt les pages où la pluma aussi facile que savante de M. Arago
sait si bien mettre à la portée de tous les notions scientifiques les plus utiles.
Bureau du contrôle des actes. — Sous rancienne léj^siation, on appelait ainsi les lieux ou les actes devaient être rapportés pour être revêtus de la forma du contrôle, de l'insinuation, du petit scel et autres. C'était là que devait être payé le centième denier par les nouveaux propriétaires d'immeubles, ainsi que les autres droits du domaine que les commis du fermier étaient autorisés a percevoir. Ces bureaux ont été remplacés par ceux de Tenregistrement.
—Au temps des corporations, chaque corps de métîpr avait un bureau composé des syndics et autres chefs , pour veiller aux intérêts du métier et réprimer les infractions aux statu^.
Bureau (Louis), soldat, fut ivappé d'une balle à In bataille de Marengo, et s'écria : « En avant, mes amis, il « fiamt faire voir à ces gens-là que les « blessés républicains ont une balonc nette au bout de leur fusil. »
Bdbeaucr\tie, on désigne pur ce barbare néologisme l'esprit, le pouvoir, rinfluence des chefs et commis de bureau dans radministration.
BuBBÀUX i>'ssPB I T . — On a nommé ainsi, avec assez de justesse, les salons si fameux, dans les deux derniers siècles, où la maîtresse du logis faisant, pour ainsi dire , de l'esprit métier et marchandise, et s'érigeant en juge suprême dans tout le ressort de la république des lettres, rassemblait à jour et à heure fixes une petite académie que venaient admirei .les personnages les plus distingués de la cour et la ville. C'était, d'après la pAguante description de la Bruyère, « un cercle • de personnes des deux sexes , liées « par la conversation et par un com- « mercc d'esprit. Ils laissaient au vul- « pire Part de parler d'une manière « mtellieible; une chose dite entre eux « peu clairement en entraînait une «t autre encore plus obscure, sur la- « quelle on enchérissait par de vraies
T. m. SI** Livraison. (Dict. en
«énigmes, toujours suivies par de « longs applaudissements. Par tout ce «qu'us appelaient délicatesse, senti-
« ment et finesse d'expression , ils « étaient enfin parvenus à n'élre plus « entendus et à ne s'entendre pas eux- « mêmes. Il ne fallait, pour servir à «ces entretiens, ni bon sens, ni mé- « moire, ni la moindre capacité. Il « fallait de l'esprit, non pas du meil- «leur, mais de celui qui est faux, et «où rimagi nation a le plus de part. » Les principaux théâtres de ces prétentieuses réunions furent d'abord le célèbre hôtel de Rambouillet, où régnèrent pendant si longtemps Catherine de Vivonne et sa fille, Ja belle Julie d'Angennes; plus tard, l'hôtel de Bouillon , où siégeait Marie-Anne Mancini , et le château de Sceaux avec sa petite cour littéraire et ses fêtes présidées par la duchesse du Maine; puis rhôtel de madame de Tencin avec «a ménagerie; ceux de mesdames du CliÂs telet et du Bocage, du Deffant, Doublet, Geoffrin, de mademoiselle l'Espinasse, et enfin de mesdames iSecker, Fanny de Beaubarnais et de Staël.
(Voyez ces différents noms.)
On a dit à tort qu'il n'y avait plus aujourd'hui de bureaux d'esprit. Le nom seul est changé. Maintenant on les appelle : ici , salons; là, coteries; ailleurs, camaraderies.
BuiiEvrx DE Pus Y (Jean-Xavier), né à Port-sur-Saône en 1750, entra en 1771 dans le génie militaire, et fut nommé député à l'Assemblée constituante. Il s*y fit remarquer par sa modération , fut plusieurs fois porté à la présidence, et rédigea d'excellents rapports au nom du comité militaire.
Après la session, il fut accusé de trahison avec la Fayette et déclaré innocent. Il sortit alors de France avec ce général, et partniiea sa captivité daus la forteresse d'OJniutz jusqu'en 1797, où les victoires de Bonaparte iui rendirent la liberté. Après avoir séjourné quelque temps aux États-Unis, il revint en France au 18 brumaire, et fut nommé successivement aux préfectures de l'Allier, du Ilhùne et de Gènes. Il mourut dans cette ville en 1806,
CYCL., ETC.)
L'UmVERS. BOB
après avoir fait de courageux efforts contre rinsurrection des Parmesans.
BuBETTE (Pierre-Jean), de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, a consacré toute sa vie à l'étude de quelques-unes des plus obscures guestions ^e puisse se proposer la critique. Il laissa peu de chose à faire à ses successeurs pour tout ce qui touche à l'histoire de la gymnastique des anciens; et Ton n'a pas été beaucoup plus loin iqud loi dans les recherches mémo les plus récentes sur le caractère de la musique antique , sur les moyens d'exétion dont disposaient les compositeurs grec^ ou romains, et sur leur système masicai. Il est vrai que rien n'est encore établi d'une manière précise sur ce point intéressant, et il se pourrait bien qu'il fût impossibled'arriver jnmais à aucune conclusion parfaitement satisfaisante. Toutefois avant de proLOOcer un arrêt définitif à cet égard ^ i! faut attendre que les travaux dont s'oc- • cupe M. Vincent depuis quelques années aient été exammés et juges par les hommes compétents. (Voyez Vincbut.) Les nombreux mémoires de Burette font partie de la précieuse collection de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Ce savant était né en 166â. Il mourut en 1747, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.
BaBG-ËBEBACH (combat de).— Pendant que le général Auî:ereau investissait Wurtzbourc sur le IVIein, il apprit que les Autrichiens avaient rallié, en avant de Bamberg, dans la
Sosition de Burg-Eberach, un corps e douze à treize mille hommes. Il marche aussitôt à l'ennemi avec deux divisions, et le pousse au delà de la Kednitz. Le 4 novembre 1800, les colonnes fîran^ses sont en présence de rennemt,qui,couvrantlaroutede Bamberg, occupait le vî!!a<:e de Burg-Fberacn ainsi que les deux hauteurs gui le dominent, et y avait établi de tories batteries. Le lieutenant général Duhesme parvint à chasser les Allemands du village et de leur première position; cependant ils tenaient ferme dans la seconde. Pour les en déloger, Angereau ordonna de tourner leur
gaudie, à la faveur d'un boi8« en eou*
ronnant la hauteur principale, tandis que l'adjudant général Deverine attaquerait de front, et que le général Treillard , avec la réserve de cavalerie, se porterait sur la route de Bamberg.
Malgré ces mouvements , les Impériaux résistaient avec opiniâtreté, lorsque le jeune et brave Deverine chargea vigoureusement à la tête des carabiniers de la vinçt-neuvième légère, et parvint à s'établir sur le plateau; mais, sou* tenu par une cavatorie nombreuse^ l'ennemi se retira en bon ordre. Deverine, victime dt son intrépidité, fut atteint oe plusieurs coups de feu , et soceomba en disuit à ses carabinian :
« Mef amis . il est bien glorieux da « mourir lu champ d'honneur. »
BcRGOS (bcitaille de). — Napoléon, entre en Espagne le 4 octobre 1808, marche sur Madrid, dont il fçut conquérir la route. Une armée de vingt mille Espagnols, commandée par le comte de Belvédère, défend la ville de Burgos. rSapoléon arrive devant cette ville le 10, et trouve 1 ennemi en position à Gamonal. La cavalerie est mise sous les ordres de Bessières; Soult reçoit le commandement du* deuxième corps d'infanterie. Ce deriiier commence l'attaque, mais il est accueilli par une effrc^ble décharge da trente pièces de canon. Alors Mouton, à la téte de sa division, s'avance au pas de course; il est soutenu par l'artillerie, et en même temps la cavalerie de Bessières déborde 1 ennemi. Attaqués de tous côtés, les Espagnols éprouvent une déroute complète, laissent trois mille morts, autant de prisonniers, perdent deux drapeaux et vingt-cinq pièces de cauua. Le re^te se sauva dans la ville, où le vainqueur pénétra avec les fiiyuds, les poursuivant jusque dans les rues. Le château de Burgos est occupé par les Français. Napoléon entre dans la ville avec sa garde, y confisque dm laines appartenant aux moines pour une valanr de plusieurs millions, et les hit transporter à Jiayonne.
BuBc^os (défense du château de). — Au mois de septembre 1813, le gé-
nérnl Clausel, commandant l'armée française de Portugal, s'était retiré àe yaltadoHd pour opérer sa Jonction avec Tarmée du Nord, commandée par le iîénéral Caffarelli. En passant par Biii i^os, il y avait laissé le général Dubreton uour occuper le château de cette ville avec dix-huit cents hommes de garnison. Ce général fut bientôt cerné par Wellington à !a téte de l'armée anglo-portugaise. Pendant trentecing jours, il opposa la plus vive résistance à tous les efforts de l'ennemi , qui avait réuni sur ce point la plus grande partie de ses forces, lui tua quatre mille hommes, parmi lesquels plusieurs officiers de marque, et lui démonta plusieurs batteries. Le 20 octobre, Clausel et Gafforelli firent leur jonction , attaquèrent l'ennemi et le forcèrent à replier tous ses nvnntpostes. Le lendemain, après l'échange ae quelques coups de canon, Tarmée anglo-portugaise passa le ravin de Buniel et se mit en pleine retraite.
Burgos étant ainsi débloqué, l'armée française y fit son entrée le même jour, et le général Caffarelli, dans le rapport qu'il adressa au ministre de la
Saerre àn sujet de la levée du siése, emanda une récompense honoranle pour le général Duhreton, et pour les ofticiers et soldats qui s'étaient si vaillamment comportés.
BuBOiTBT (combat de). — Après l'invasion de la province du Guipuscoa, par le général Moncey, en 1794, il semblait nécessaire de s'em|) irer de la vallée de Roncevaux, défendue par douze mille Espagnols bien retranchés , dont il fallait successivement enlever les diverses positions. Quatorze mille hommes, partant de Saint- Estevan et d'Elizondo , devaient marcher sur Burgiiet, au-dessus de Roncevaux, et se lier avec six mille hommes, rassemblés à Tnrdets, dans la vallée de Soûle. Ceux-ci devaient franchir les montagnes et s'avancer yw Villanova. Par ce mouvement, les Espagnols , arrêtés dans leur retraite, pressés de front par la division de Saint-Jean-Pied-de-Port, pouvaient être forcés de déposer les armes, et
de laisser ainsi à découvert U place de Pampelune. Le 16 octobre , on se mit en marche. Kos colonnes ftireni partout victorieuses. Malheureusement , au lieu de se porter au Burguet , elles s'arrêtèrent pour bivouaquer, et, laissant vide l'espace compris entre Burguet et Visoaret , elles dbii»
nèrent aux Espagnols le moyen d'ef« fectuer leur retraite. La perte de l'ennemi monta à environ quinze cents hommes tués ou prisonniers, et celle des Français à cinq cents nommes , mais ils s'emparèrent de cinquante pièces de canon , et détruisirent les fonderies d'Orbayeette et d'Eugui, es* timées a trente-deu.x millions.
BuBicK (combat de). — Pichesru menaçant la Hollande (novembre 1794), les Autrichiens achevaient à la hâte une t^e de pont devant Burick . petite ville du duché de Clèves. Vandamme, chargé de les attaquer à la tête de la division Horeau , arrive avec son impétuosité ordinaire , em-« porte en un moment les retranchements, tue une centaine d'hommes, fait le reste prisonnier , et établit des batteries pour détruire les biteamel les ponts volants placés devant We> sel.
BuRiDAN (Jean), né à Béthune, recteur de l'université de Paris et fameux dialecticien, de la secte des nominaux, est moins connu par ses Commentât'
res sur ArUtote , imprimés à Paris en 1518, in-fol.) , que par son sophisme de l'âne, qui est reste célèbre dans les écoles , et par la tradition qui lui fait jouer un rôle dans les infâmes «n^eà de Jeanne de Bourçogne. Du reste , cette tradition , indiquée par Villon , poète du quinzième siècle, dans sa ballade des Dames du temps jcuiis :
« SraiMabImient oh est (a nh\e,
« Qui cominam!:i qnc Ihiridan « Fùl jeté en un sac cti Seine ? »
est extrêmement contestée, ainsi que le prétendu exil de Buridao, persécuté par les réalistes, et obligé de se rèfiigîer à Vienne en Autriche, et d'y on* vrir une école publique. On croit que ce célèbre professeur mour,ut vers
iVRAIfCE.
484 BVB L'UNI
>BiiBiGNY (Jean Lévesque de) , né à Reims, en 1693, consacra sa vie à
Tétude . et s'ouvrit par son savoir les portes de l'Académie des inscriptions et beiles-Iett. :s , en 17oG. Le recueil de cette Académie contient trentequatre Mémoires ou Dissertations de lui sur différents sujets. Il a laissé en outre un Traité de l autorité du pape^ 1720. in-12, 4 vol. , ouvrai^e peu estimé-, une Histoire de la philosophie païenne y réiniprimée sous le titre de Théologie poSenne , Paris, 1754, livre fort instructif. Des douze volumes qui composent la publication périodique de ï Europe savante ^ près de six ont été composés par lui. Il mourut à Paris , le 8 octobre 1785 , à ràge de quatre-vinçt-quatorze ans. Il conserva toute la force de son esprit jusqu'à son dernier soupir ; et 1 on
feut citer comme une des choses qui honorent le plus , les paroles qu'il dit à ses amis quelques instants avant sa mort : « Si j'avais été assez malheu- « reux pour douter de Timmortalité « de l'âme, Tétat où je suis me ferait •« bien revenir de mon erreur: mon « corps est insensible et sans mouve- « ment ; je ne sens plus mon exis- « tence ; cependant je pense, je réUé- « chis , je veux , j'existe ; la matière « morte ne peut produire de pareilles « opérations.»
BuBLATS , bourg du Languedoc , aujourd'hui département du Tarn , à quatre kilomètres de Castres. C'est au château de Burlats que Constance , sœur de Louis le Jeune , et femme de Raymond y, comte de Toulouse, vint se retirer après avoir été délaissée par son époux. Elle y donna le jour à une fille, Adélaïde de Toulouse, comtesse de Burlats , que sa beauté et ses vertus, chantées par les troubadours qui se réunissaient en grand nombre à sa cour, rendirent fort célèbre au commencement du treizième siècle.
BtiBLET , lieutenant au deuxième régiment d'infanterie légère , après avoir fait des prodiges de valeur au siège d'Ulm, fut mis hors de combat
I)ar un biscaïen; il fallut lui couper e bas de la Jambe : « Voilà la prc-
ERS.' BBB
« mière fois que je lâche le pied,* dit -il, -fidèle à la gaieté française* pendant qu'on lui faisait l'amputation. Ce brave mourut des suites de
sa blessure.
BuBMOUF (Eugène), fils du suivant, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres) , professeur de langue sanscrite au collège de France , secrétaire de la Société asiatique de Paris, etc., etc.
Néà Paris, leSavril 1801, M.E.Bui^ nouf a fait ses études au collège Louis le Grand avec des succès qui ne se sont point ralentis une seule année, et dont ses condisciples ont conservé le plus vif souvenir. Après quelques incertitudes sur la carrière qu^il devait suivre, après s'être fait recevoir élève de l'école des (^liartes en 1822, et avocat en 1824 , M. E. liurnouf se livra tout entier aux belles études qui devaient faire sa gloire littéraire, et rendre de bonne neure son nom l'un des plus illustres parmi les orientalistes de notre temps. En 1826, il publiait avec M. Chr. Lassen , aujourd'hui professeur de sanscrit à Bonn , V Essai sur le pàU , qu'il complétait l'année suivante par une série d'Observations qui lui étaient personnelles. Ces deux publications attirèrent sur lui l'attention de PEurope savante. M. Bnrnouf possédait dès lors une connaissance approfondie du sanscrit, et cette langue , si importante par la haute antiquité, la valeur et le nombre des ouvrages qu'elle a produits , cette langue, qui est la souche commune de .tous les idiomes de l'Occident et d'une partie de ceux de l'Asie, était le but et aussi le moyen de tous ses travaux. Dans le pâli^ M. Burnouf avait retrouvé une forme dégénérée du sanscrit , au même degré à peu près que l'italien l'est du latin ; et il avait prouvé par des faits irrécusables, l'ancienneté d'une langue qui , vers les premlerstempsdenotreèrc, présentait déjà une transformation aussi remarquable. Mais cette première apph'ca" tien du sanscrit à l'étude d'un des idiomes les moins connus jusqu'alors, devait cUe suivie d'une autre applica-
m- FRANGE.
mm
Won bien autrement difûcile, et surtout bien aotrement féconde. On se rappelle'
qu'Anquetil Duperron était ailé ch«-
cher dans l'incfe, avec un héroïsme illustre dans les fastes de la science , les débris de la religion de Zoroastre. li avait rapporté le texte des livres lîtufgiqnas que conservent encore les Parses, et une traduction quMi s'était fait donner par eux. Mais ces textes si précieux, monuments d'une religion et d'une langue disparue même avant notre ère, n^avaient point été étudiés directement par le courageux mis»
sionnaire , qui les avait découverts au péril de sa vie. Anquetil avait dO s'en remettre , pour le sens de ces livres saints, è la acienee fort douteuse des tribus exilées qui les possèdeitt et les adorent. Depuis Anquetil , personne n'avait été plus heureux que lui ; et ce ^ui reste des livres de Zoroastre était une énigme dont personne en Europe n*avait le mot. Quelques efforts tentés avec plus de curiosité que de science avaient été infructueux. Ce fut à l'aide du sanscrit que M. E. Burnoùf parvint à percer les ténèbres profondes dont ces vénérables monuments restaient couverts.
Les livres de Zoroastre avaient été traduits en sanscrit vers le septième siècle par Nériosengh ; et il était possible , à Taide de cette antfque version , de rétablir des doctrines que la tradition avait dû altérer entre les mains même des Parses. En outre , la comparaison du texte sanscrit et du texte zend démontrait entre les deux langues des analogies , des identités frappantes. Dès lors , il était permis de tenter à la fois, et l'interprétation directe du zend et celle du dogme de Zoroastre. C'était une entreprise bien intéressante , mais bien difficile , que de ressusciter ainsi , au moyen d'un idiome connu, un idiome mort depuis deux mille ans , et d'expliquer par la philologie du dix-neuvième siècle les débris d'une langue que les indigènes eux-mêmes ne comprenaient plus dès le t'^mps de Darius et d'Alexandre.
Ce qu'il a fallu de travaux et de sagacité pour accomplir une œuvre pa-
reille, c'est ce que savent ceux-là seuls qui ont aborde ces graves études , et qui ont étudié de près les ouvrages où ]M. K. Eurnouf a déposé le résultat de ses recherches. Son premier soin fut de publier à ses frais, en 1829, le texte même du Fendidad $adé y in-folio, et de reproduire, à l'aide de la lithographie , le monument dont il allait donner l'interprétation. Chose uni(juepeut>« être dans l'histoire de la philologie, cette édition d'un texte sacré , faite par des mains profanes mais savan* tes, à quatre mille lieues de distance, a servi dans l'Inde de modèle et de base à une édition nouvelle que les sectateurs de Zoroastre oot faite de leurs livres saints ! C'est en 1838 el en 1885 que M. E. Burnouf a publié les deux volumes in-4° de son commentaire sur le Yaçna , partie du Vendidad sadé où il a' expliqué le sens et la forme de chacun des mots que comprend le premier chapitre. Jamais publication philologique ne lit plus de sensation dans le monde savant, et il n'y eut pas en Europe un esprit sé* rieux et éclairé , même dans des études fort éloignées de celles-là, qui ne se plût à lui rendre hommage. Dès 1826, M. E. Burnouf avait été nommé secrétaire adjoint de la Société asiatique de Paris ; et en 1829, il fut appelé a être titulaire de ces fonctions , qu'il a remplies depuis cette époque avec un zèle dont la science a constamment profité. Cette même année , M. E. Burnouf fut nommé maître de conférences à l'école normale , pour la grammaire générale et comparée. Il a cru devoir résigner cet emploi , lorsque, en 1832, il succéda à M. de Chézy dans la chaire de sanscrit au collège de France, à M. Saint-Martin au Jour* nal des Savants , et dans l'Académie de€ inscriptions et belles-lettres , à M. Chamnollion jeune.
Au milieu de ses travaux sur le zend , M. E. Burnouf s'est livré à des publications de moindre importance, mais qui auraient encore suffi pour lui faire un nom honorable dans les lettres. Il a compose en 18:27 les notices accompagnant les dessins rappor*
mi-
tés de randft pàtM. Gerînger , et formant le premier volume de Vlnde française. Les notices du second volume sont du jeune et infortuné Jacquet, ènlevé sitôt à la science et à ses amis , qui seuls ont su tout ce que promettait son talent modeste. Bn 1831 , M. E. Burnouf a remporté lé
f>rix fondé par Volney, et décerné par 'Institut podr la transcription des alphabets de rinde ancienne et moderne.
€e mémoire est resté manuscrit. En 1836 , il a publié un mémoire sur les inscriptions cunéiformes de Persépolis , et il a fourni quelques éléments nouveaux à la solution d'un problème que la philologie européenne n*a pas su résoudre encore, ^ous pourrions ajouter à l'indication de ces travaux divers, celle de nombreux articles qu'a
Subliés M. Burnouf dans le Journal liatique de Paris et le Journal des Savants, et entre autres une série d'aN ticles sur la Grammaire sanscrite de Bopp. La plupart des académies étrangères ont tenu à honneur de s'associer un philologue aussi éniinent. £n 1827 , il a été élu membre de la Société asiatique de Londres; en 1831, de celle de Cnlrutta ; en 1835, docteur de l'Université de Kiel en Danemark; en 1836, correspondant de l'Académie des séiénces de Turin; en 1837, membre de la Société asiatique de Bombay; ^'n 1838 , membre de l'Académie de Lisbonne et de celle de Munich. Il a été nommé membre de la Légion d*honneur en 1834 par M. Ckifzot.
Dans le cours de l'année 1840 , M. E. Burnouf a achevé la publication (texte et traduction) du premier volume du Bliagavata Pourana , l'un des dix-huit poèmes religieux et légendaires de la littérature sanscrite. Ce vo* lume , qui sera suivi de quatre autres, fait partie de la grande et mnp:nifîq!ie collection orientale publiée par les Soins du gouvernement. Nous savons Hussi que M. E. Burnouf imprime en ce moment le texte et la traduction d*un des livres bouddhiques; cette publication sera la [)refniere en ce ^enre que l'orientalisme ait jusqu'ici tentée*
Voilà de liliÉ immenses et bien utiles trarauz* accomplis par un homme
Jeune encore, plein d'avemr, et qui, en perpétuant un nom déjà célèbre dans la science, et cher à l'enseignement, agrandit tous les Jours le vaste champ que la philologie orientale a ouvert, pour la gloire du dixneuvième siècle, à l'histoire de l'esprit humain et à la philosophie. Les études sansoriteâ^ auxquelles M. E: Burnouf a voué sa vie, sont aujourd'hui les plus fécondes aussi bien que les plus nou« velles que l'Asie puisse nous offrir.
Elles sont appelées à jouer de nos jours un rôle aussi grand que celui des lettres (grecques et latines au seizième siècle. C'est là un des foits les |rius considérables de ce temps , que quelques esprits prévenus et peu libéraux s'efforcent en vain de méconnaître.
Toils les gouvernements «e l'Europe Pont bien compris , puisqu'ils ont tous créé des chaires publiques au nouvel enseignement. M. E. Burnouf a la gloire, par ses leçons, aussi bien que
Ear ses ouvrages, d'assurer à la France 1 place la plus belle dans cette grande carrière qui s'ouvre à peine. La sûreté de son érudition, la sagacité de sa critique , ses vastes connaissances philologiques, la parfaite clarté de son esprit , l'excellence de sa méthode, s:
logique, èt l'on peut dire si française) la diversité de ses études, enfin la per» sévérance infatigable de ses travaux, qui a déjà tant produit et qui promet oien plus encore , tout fiiit de M. £. Burnouf l'un des savants dont le pays doit le plus justement s'honorer, et qui lui font certainement le plus d'honneur aux yeux du monde savant.
BufiNOUF (Jean-Louis), l'un des hommes qui , depuis la fondation de la nouvelle université , ont le plus contribué aux progrès des études en France, naquit, en l'75, à Urville (département de la Manche ). Après avoir professé pendant vingt ans la rhtenque dans différents collèges de Paris, il fut nommé, en 1817, à la chaire d'élo* quence latine du Collège de France, et devint ensuite inspecteur de l'Académie de Paris, puis inspecteur général
wm FRANGE» mvm 4n
des études (1830), et enfin b|)>liotbépaire de rUniversité (1810).
V Sa Mttliode pour étudier la langue çrecque, publiée pour la première fols en 1819 1 «tdont la trente-quatrième édition a pnrn en 1840, a produit en France une véritable, révolution dans l'enseignement de cette langue. On pourrait même afouter c|ae fes prin* cipes de grammaire générale qui s'y trouvent développés , et que M. Rurnouf a su mettre à la portée des plus jeunes intelligences , ont réagi d une
S lanière lalataire mr d'autres parties e renseignement. C'est, en effet, de^ puis la publication de cet ouvrage si remarquable, que d'autres livres, coni-
Sosésu après les mêmes principes, ont onné un caractère plus pbilosophiuue à rétude de notre propre langue* Ce* - pendant une lacune restait encore à remplir; les élèves de nos éctles en étaient réduits a étudier la grammaire latine dans le mauvais ouvrage du respectable ^«lioiDond, et Tinsuffisanoe de cette preml^e base explique peutêtre Taffaiblissement sensible qui se fait remarquer depuis quelques années dans une partie si importante de Tenseignement. M. Burnouf a su apporter un remède au mal : sa Méthode pour étudier la langue latine, aussi sagement conçue , aussi [»hiloso|)hique , et cependant aussi pratique que la méthode grecque, est destinée, nous opons rafûrmer, à obtenir le même succès et à rendre les mêmes services.
M. Burnouf en rend un non moins grand à l'Université . en se chargeant depuis dix ans de présider le concours d'agrégation pour les classes de grammaire. Ce concours, qui attire de toutes les parties de la France un grand nombre de candidats , est tous les ans , pour M. Burnouf, une occas^fi^ dff répandre les saines doctrines fte r renseignement , et d'initier les jeunes professeurs aux hautes études grammaticales, dont il ne pouvait présenter, dans ses livres , que le cùté pratique.
M. Burnouf est, depuis 1886, membre de l'Institut (Académie des inscripti<>ps pi belles-lettres); on lui doit,
outre les deux ouvrages dont nous venons de parler, une édài\on{\tSaUustep Tun des meilleurs travaux de la collection des classiques latins de Lemaire, dont elle fait partie, et des traductions très - estimées des Catilinaives et du Dialogue sur les orateurs de Cicérony Paris, 182G, in-8"; des Œuvres eon^>létes de Tacite^ Paris, 182S-
1833 , 6 vol. in-S" ; et le Panégyrique de Trajan, par Pline le Jeune ^ Paris,
1834, in-12. Toutes ces traductions sont accompagnées de commentaires où le goût le plus pur s'unit à l'érudition la plus étendue.
BtjRS\ux (édits). Voyez Édits.
BuBTHE (André, baron), maréchal de cam|). Né à Metz, en 1770, d'une famille irlandaise réfugiée, il entra au service en 1791, fut cité avec distinction à la bataille de Nerwinde, et devint bientôt aide de camp de Masséna, ((u'il accompagna en Suisse et à Gênes. Ce énéral , juste appréciateur du mérite, onorait Burtbe d'une amitié touti( particulière, ét le chargea de présenter au premier consul les drapeaux arrachés à l'ennemi pendant le siège.
£n 1804 , Burtbe se lit encore reuiarquer à Austerlitz. Il lit ensuite les campagnes de Prusse , de Pologne et d'Espagne, où il se distingua dans différentes rencontres. Chargé de couvrir le siège de Lérida, il en vint aux mains i)?ec le général O'Donnel, le battit et le rejeta dans les montagnes' d'oii il était descendu pour débloquer la place.
Général de brigade en 1810, il fut blesse et fait pri>oimier en Russie, et ne reparut qu'en 1813. Il déposa les armes après les malhetirs de 1814, les ressaisit en 1815, et prit une part brillante à la bataille de Fleurus. On le vit encore, sous les murs de Paris, tailler en pièces deux régiments prussiens. Ce tut le dernier acte de sa vie militaire.
BuRY, ancienne seigneurie du Blésois , éna^ée en barounie eu 1666, et en comte en 1C34.
BuHY (de), Tun des plus médiocres compilateurs du siècle dernier, a publié , entre autres ouvrages , une His' toùre de la vie d'Henri ly^ Paris,
m Bt\s vm
1765 , in-4" ; et une Histoire abrégée des philosophes et des femmes celé" bres, Paris, 1773, 2 vol. in-l2.
Bus (César Ue) naquit, en lô44, à CaTaillon. Après une jeunesse fort dissipée, il embrassa à trente ans Tétat ecclésiastique , et se ronsncrn entièrement à l'instruction des enfants et du peuple. Il fonda, en 1592, dans la petite ville de Tlsle, au oomtal Venais* sin , la congrégation de la* doctrine chrétienne, qui fut approuvée par Clément VII. Quoique frappé de cécité dans la dernière année de sa vie, il ne cessa de diriger son établissement Jusqa*à sa mort, arrivée à Avignon en 1007. Le peuple le regarda comme un saint. César de Bus avait aussi institué, sous le nom de FiUes de la doctrine chrétienne , une congrégation de femmes qui subsista jusqu'à la révolution,
BusiNGEN (combats de).'— Pendant que Masséna était aux prises avec les Russes d'Italie, en 1791), Korsakow, ayant réuni les débris de son armée près du pont de Busingen , avait été rejoint par le corps de Condé et le contingent bavarois. Pour foire une diversion en faveur de Sii\\arow, qui lui avait écrit qu ii payerait de sa tête un pas de plus Tait en arrière , il tenta un dernier effort sur les divisions ï.orgrs et Ménard . restées en observation en avant de la Thur. iMasséna ayant ordonné, le 7 octobre, aux divisions Lorges et Ménard de se porter sur Stein et Diessenboffen, sur Para* dis et la téte de pont de Busingen , la seconde colonne se heurta eontre Korsakow, qui marchait pour l'attaquer à la téte de douze mille Russes et Bavarois. Chargée avec une impétuosité extraordinaire, la division Menard pliait, quand la réserve des grenadiers,
Eostée a Andellingen , rétablit le coniat. De son côté^ la divisiou Lorges arriva vers Diessenhoffen après avoir forcé les postes avancés des Russes à se replier. L'ennemi dirigea vainement contre elle plusieurs charges de cavalerie et d'infanterie. Apres un combat opiniâtre , il fut culbuté partout , et forcé de se retirer en désordre.
—Le généra] Leeourbe passa le Rhin
VERS. BCS
entre Schaffouse et Stein, le 2 mai 1800, au fuoment où l'armée du Rhin s'nvanrait en Allemagne pour soutenir farmeê de réserve. Une heure et demie suffit pour jeter un pont sur le îleuve, trois heures pour porter sur sa rive droite tout le corps d'armée de Leeourbe. Les Autrichiens , partout culbutés, n'opposèrent une vive résistance que sur le village de Busingen, où le général Goullu dut combattre toute la journée pour se maintenir sur la rive droite.
BussET, seigneurie de comté dans Tandenne province d'Auvergne , à douze kilomètres de Vichy (aujourd'hui département de l'Allier), passa, an commencement du seizième siècle, à l'une des branches bâtardes de la maison de Bourbon, et lui donna son nom {liourbon-Busset), Cette famille n*a produit aucnn homme remarquable.
BussEï (Pierre-I>ouis de\ maréchal de camp, né à Kueil , préis Paris, le 12 mars 173G. Engagé de bonne heure dans la carrière militaire, il contribua, en 1757, à repousser une descente des Anglais sur les côtes de la Rochelle.
L'année suivante, il s'embarqua pour le Canada ; mais son bâtiment, séparé de la flotte dont il fiiisait partie , fut pris par deux vaisseaux anglais après un combat meurtrier. Busset , grièvement blessé, fut conduit en Angleterre , où il resta trois ans. Il lit ensuite la campagne d'Allemagne de 1763 , et celles de Corse, lors de Tinsurrection de cette île. En 179», il réunit im détachement des cent-suîsses avec lequel il alla rejoindre, à Coblentz , les princes, qui le créèrent maréduil de camp. Il fit, en cette qualité, l'expédition de Champagne, et servit jus(ju'au licenciement qui suivit la retraite du roi de Prusse. A la restauration, Louis XVIII nomma Busset commandeur de Saint-Louis, lui accorda une pension de quinze cents francs sur cet ordre, et l'admit au maxitnum de la retraite de maréchal de camp,
BussiKUE (la), ancienne seigneurie du Gatinais (aujourd'hui département du Loiret), a 6 kilomètres de Gien,
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érigée en marquisat, fin 1679, en fa- et mourut, en l7S6y âgé de soixante-
veur de Charles du Tillet, conseiller sept ans.
au parlement de Paris. Bussy (Roger de Rabutin, comte
BoBSiIna» (Jean de), jésuite, né en de) se fit i au dix-septième siècle, par
1607, à Villefrandie, pves de Lyon : ses amours, ses disgrâces et ses écrits,
on a de lui plusieurs poèmes latins, une réputation qui dure encore. Pîé à
• dont l'un a pour titre : La déli- Kpiry, dans le Nivernais, en 1618, il
rrance de l'Ue de Ré, Lyon, 1655, fut placé, à dix-huit ans, à la téte d'un
in-13. On lui doit encore une Hi$' régiment qui avait appartenu à son
iùire de France ealdXm, Lyon, 1671, père. En 1849, il était avee Parmée
3 volumes in-4% étdes Mémoires de ce royale sous les murs de Paris, et es-
gù'U y a de plus remarquable dans carmourliait avec les frondeurs. En
yiltfijfranche en Beaujolais^ Ville- 1650, il chani^ea de parti comme la
franche, 1671, in-4'', fig. plupart des acteurs de cette guerre,
BussiGNAC (Pierre de), derc et et se joignit aux amis du prince de
gentilhomme d'Âutefort, vécut dans Condé, que Mazarin venait de faire
le château de Bertrand de Born, et mettre en prison. Peu de temps après
composa plusieurs sirventes , dont il se reconcilia avec la cour et alla
deux ont été publiés nar M. Ray- servir dans la Flandre , sous Tu-
nouard. Il moarut vers la fin dil dou- renne, avec la charge de mestte-de-
zièoie siècle. camp-général de la cavalerie légère.
Busso!\-Descars (Pierre), ingé- IMais son amour pour le plaisir et
nieur en chef des ponts et chaussées, le scandale, son esprit d'indépendance
naquit à Bauge, en 1764. Il a composé et d'indocilité, son extrême orgueil
un ouvrage intitulé : Essai sur le attirèrent souvent sur lui les repro-
veUemeni^ 1805, in-S». On lui doit eni> cfaes de ses dieft et lui causèrent oiille-
core un petit traité contenant la ennuis. Un jour, piqué au vif par une
théorie et la pratique du nivellement sévère réprimande que Turenne lui
réduites à leur plus simple expression, avait adressée sur une bévue stratégi-
et la description d*un niveau d'eau, de que, il fit circuler un couplet satirique
son invention, plus commode et plus ' gui alla jusqu'à la connaissance de
ingénieux que tous ceux qu'on avait Louis XIV et Tindisposa fortement
employés jusqu'alors. Busson est mort contre lui. La chronique scandaleuse
en 1825. qu'il publia à son retour sous le titre
BussY (Alexandre), professeur à d'Histoire amoureuse des Gaules, et l'école de pharmade de Paris , né à où il faisait le récit de proœsses ga- Marseille en 1794, a publié des travanx lantes, dont quélqiies-nnes n'avaient qui le placent au rang de nos plus sa- pas d'autre héros que lui-même, souvants chimistes. On luj doit de pré- leva contre lui un violent orage de cieuses découvertes dont on a fait déjà plaintes et d'accusations, et acheva de d'heureuses applications aux arts et à le perdre dans l'esprit du roi. La mêla mécanique. Nous nous contente- sure fut comblée par un couplet hardi, rons de citer ses Mémoires sur Tacide chanté dans une orgie, sur mademoisulfurique , sur la liquéfaction du selle de la Vallière. Bientôt Bussy fut chlore , de rainmoniaque , sur la dis- mis à la Bastille et n'en sortit que tillation des corps gras, etc. pour se voir condamné à l'exil; il fut
BussY (Michel Celse Roser de Ra- relégué dans ses. terres avec ordre de:
butin, comte de), évéque de Luçon, ne plus reparaître à la cour. Cet arrêt
fils du célèbre Bnssy-Rabutin. Son désespéra un homme aussi ambitieux. >
esprit et son ainal)ilité, qui lui avaient II écrivit au roi des lettres où il joi-
valu le surnom de dieu de la bonne gnait aux expressions les plusexagé-
eompagnie, le firent admettre h TA- réesd'un hypocrite repentir, tout ce
cademie française, en 1732, après la que l'adulation la plus complaisante'
mort de Lamotte. Il ne produisit rien peut suggérer d'éloges hyponboliqiies.'
En vain M. de Noailles et M. deSaint- Aignan, qui lui étaient restés ûdèies, appuyèrent ces lettres auprès do mo* narque; Louis XIV fut inflexible et Bussy resta seize ans dans l'exil. En même temps qu'il prodiguait au prince les prières pour recouvrer son rang, il aftectait, duqs ses lettres à ses amis et ^ madaBM de Sévigné, sa cousine, une nsignation dédaigneuse et un calme stoïque, et s'efforçait de paraître indifférent à une disgrâce qui ledésolait.Du reste, un homme d'uu extrême orgueil trouve descoosolatîoBS dans cette pas* sion même, et Bussy se dédommageait éd n*étre plus rien à la cour, par l'idée de compter parmi les premiers écrivains du siècle et par le faste solitaire de sa vie de seigneur dans ce château d9 proYiDQe,oà il s'entoolr^des portr#i|s et des arbres généaiogiqiie^ de safamille. Lesouvrages qui exerçaient sa plume étaient une histoire abVégée de Louis le Grand et ses propres mémoires* Sta lettres étaient aussi des compositions étudiées dont il calculait Teffet pour être admiré. Enfin, en 1682, on lui permit de reparaître à la cour, mais ce n'était qu'une faveur légèrp que n'accompagnait point un pardon réel. Bussy le vH bien aux dif- Qcultés ^u*ii rencontrait dtfns ses moindres demandes. La cour était changée et faisait peu d'attention à l'ancien frondeur. Il reprit le chemin de ses terres, où il côntiima A se draper dans sa ^ileeopbie affectée ; il mourut dans la retraite, en 1603. Ses lettres sont écrites avec correction et élégance , mais l'absence de naturel s'y fait trop sentir, et l'orgueil les rend quelquefois insupportables. Ses mé* moires, où il parle beaucoup de lui, offrent peu d'intérêt. Un style assez piquant et beaucoup d'anecdotes scandaleuses ont fait vivre jusqu'à ce jour M Histoire amoureuse des Gaules.
BusS¥*Albibiix, ancienne seigneurie avec titre de comté, dans le Forez, à 22 kilomètres de Roanne (aujourd'hui département de la Loire).
Bossy-Gastelnau (Charles-Joseph- Ffttissier. marquis de), né à Bucy, près Sounpi , en 1718, passa de
bonne heure aux Indes orientales, et y servit avec une grande distinction dans les troupes de la Compagnie fran^se. A la tête de quelques Français et d'un corps de mille Indous, il èt la conquête d'une partie du pays de Carnate. En 1748, il contribua • puissamment à défendre Pondichéry contre les Anglais. Sota activité ^ ses talents le firent avancer rapidttnent, et en 1782 il fut nommé commandant de nos forces de terre et de mer au delà du cap de Bonne-Espérance. Réuni aux princes du pays, il soutiÉt lé guerre avec avantage, et mourut en 1785 à Pondiebéry, âgé de- soiianlesept ans.
Bussy d'Amboise (Louis de Clermont de) se signala dans les massaeres de la Saint^Bsrtfaélemt; dont il pro0ta pour assassiner un de ses parents avec lequel il était en procès.
Ensuite il s'attacha au duc d'Anjou, et obtint le commandement du ciiâtçau d* Angers. Ayant entrepris de séduira la femme de Charles de Chambes, comte de Montsoreau, il fut attiré dans un piège et assassiné par ce seigneur. « Toute la province, ditdeThou, « fut charmée de la mort de Bussy, et « le duc d- Anjou lui-même ne fat pas « trop fâché d'en être délivré. »
Bdssy-le-Chàtel , ancienne seigneurie de Champagne (aujourd'hui département de la Marne), à 12 kilometats de Cbâions, érigée en marquisat en ITOS.
Bossy-lb-Cleec ( Jean). D'abord maître d'armes , puis procureur au parlement , et enfln , crace au duc de Guise , gouverneur de la Bastille, fut un des cnefs de la faction des Seizè pendant la ligue. II se présenta, en 1589, à la tète d'une troupe armée, devant la grand'chambre du parlement, et somma cette compagnie d'abandonner la cause royale. Sur son refus, il conduisit à la Bastille les membres les plus récalcitrants. Il fut , en 1591, l'un des instigateurs du supplice de Brisson , de Larcher, de Tardifer et de Duru. Mars le duc de Mayenne , la même année, délivra Paris de la ^rranniedei Setee, dont ptaiieun ftfr*
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rent pendus. Bussy n'obtint la vie
a l'en rendant la Bastille. II se retira ors à Brusened, où il reprit son premier métier de maître d^arnies. II mourut quarante ans après dans ia plus grande misère.
£uT£L-DuMOMi ( George- Marie ), avocat, ne a Paris le S8 octobre 1725, eserça successivement les fonctions de censeur royau de secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg , et fut commis au dépôt du contrôle général.
Il a publié un assez grand nombre d'on* vrages, dont les principaux sont : Mémoires historiques sur ta Louisiane, rédigés ^ur les manuscrits (te l'abbé Letnercier, Paris, 1753, 2 vol. in-12, avec figures; histoire et commerce des co&nies anglaisesytlSS,, in-12 , ÈSiois sur tes cattses principales qui h^t contribué à détruire Us deux premières races des rois de France, Pans, 177G, in-8°, ouvrage couronné
S' ar TAcadéroie des inscriptions et elles -lettres; Recherches sur l^ administration des terres chez les Romains, Paris. 1779, in-S". Butcl-l)umont est mort a la Uu du dernier siècle
: Butin.— Sous les rois delà première 'racej tout le Imtin que les troupes faisaient dans une expédition militaire appartenait à Tarmée, et se partageait entre les chefs et les soldats; le roi lui-même n'avait de parj; que celle que le sort lui assignait.
Pendant uue marche de Clovis à travers le district de Reims , ses soldats, selon leur coutume, pillèrent les habi- ^ tations particulières , lâ établissements publics ou religieux, et enlevèrent d'une église un vase d'argent d'un grand prix. Saint Remi , depuis longtemps en relation avec Clovis^ qu'il ievait baptiser plus tard avec trois mille des siens , lui envoya des députés pour le prier de lui faire restituer ce vase. « Suivez-moi jusqu'à Sois- « sous, où se fera le partage du butin,» dH ce prince aux députés, « et là je vous * donnerai satisfaction. «Arrivé à Soissons, quand le butin fut réuni, Clovis demanda de pouvoir disposer, avant le partage, du vase que réclamait l evé-
que de Reims. Tous ceux qui l'environnaient y consentirent aveç empressement; un seul Franc « moins courtisan que les autres, s'écria en frappant de sa hacheun grand coup sur le vase : « Vous n'aurez rien de plus que ce « que le sort vous accordera. » Clovis, ^ quoique irrité de cette opposition , né répondit rien, parce que le soldat était dans son droit. Il obtint cependant le vase, le donna aux envoyés de saint Remi , et ce ne fut que sous prétexte d^one infraction à la discipline qu'il put se venger plus tard de cette nu«»
miliation dont souffrait son orgueil.
Dans la suite , ce partage du nutin cessa d'avoir lieu, et quand on saccagea les villes, chaque soldat fut. autorisé à garder pour lui ce qu*il avait ravi aut malheureux habitants , sauf une part qu'il était tenu de réserver pour ceux dé ses compagnons qui étaient restés sous les armes durant le pillage. Jusqu'au dix-septième siècle, les pr»onnièrs foi^ saient la partie la pltts {mpûrlénto dhi butin militaire, parce quon exigeait d'eux pour leur rendre la liberté, une rançon proportionnée a leur naissance, leur rang, fenr fortune, et qui se taxdt ordinairement à une année de leurs re^ venus. Les prisonniers, à cette époque, étaient, après la bataille, un objet de commerce et de libéralité. Comme ils appartenaient à ceux qui les^ftieiit reçus à merci^ on les vendait, ou on lei échangeait moyennant une différence.
Le roi et les grands seigneurs en donnaient quelquefois à ceux dt leurs inférieurs qui s'étaient distingués dans le combat, pour réparer les (Msrtes qu'ils avaient faites, ou les enrichir auand ils étaient pauvres. C'est ainsi qu après la bataille de Bouvines , Philippe-Auguste distribua aux Quinze communes qui Pavaient secondeune partie des prison* niers faits sur Tennemi. [Voyez Bou^ viNES (bataille de).] Cette coutume peut paraître choquante , mais elle avait son bon côté , en ce qu'elle modérait Peffbsion du sang humain , et que Ton aimait mieux prendre vi* vant un riche seigneur dont on pou* vait tirer (le l'argent, que de le tuer sans aucun profit. Les sommes que