‹ France (volume 4)Chapitre 12 sur 79 · LAGE · texte numérisé non relu

LAGE

Cambbésis, Cameracensium , Cch meracenaU tractus, ancienne provinoii qui avait pour capitale, sislon les ùtal Cambrai , selon d'autres , Cateau-Cain^ brebis. Elle était bornée au nord et H l'est par le comté du Haînaut ; au sud, par le Vermaudois et la Thierracbe; à l'ouest, par T Artois. C'était un pays d*état8.

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Bu temps de César, le Cambrésis était habité par les Ner^nens; sous Honorius, il laisait partie de la deuxième Belgique. De la domination des Romains, il passa sous celle des Francs, dont il fut une des premières conquêtes dans les Gnu les. Sous la troisième race, les empereurs s'en emparèrent et y établirent des comtes. Ce pays était gouVerné depuis près de quatre siècles

Sar des comtes laïques, lorsqu'il fut onné aux évéques de bambrai. Lé comté de Cambrai fut érigé en 1510, par Maximilien I"*", en duché et principauté de l'Empire, en faveur de Jacques de Grouy et de fies successeurs à réyédié de Cambrai. Le Cambrésis fut conqiiis en 1581 , par le duc 4*Alençon , qui en donna le gouvernement à Jean de Monlluc, seigneur de Bala-

§ny. Henri IV confirma cet ofiicier ans sa charge , ét le fit même maréchal de France en 1594. Mais Tadminrstration de Balagny fut si tyranni-

3ue, que les habitants, pour s'en élivrer, ouvrirent, en 1595, leurs portes aux Espagnols. Ceux-ci restènnt en possession de Cambrai et da Cambrésis jusqu*en 1077, époque oiï Louis XIV en fit la conquête. Le traité de JNinièi^ue, en 1678, en assura définitivement la possession à la France.

CAiiBBiELS(Pierre-Domir?ique),maiMal dé cdM^, Été en 1^67, dans le département de TAude, parcourut rapîcipmenl les grades subalternes, et servit comme chef de bataillon en Espagne et en Italie ; puis sous le général Brune, dans Tarmee gallo-batave, et, sous Mo^èali, dans la campagne du Rhin. Le général II ichepanse, envoyé à la Guadeloupe, l'attacha ensuite' à son état-major, et se l'associa dans plusieurs engagements avec les noirs, ôd Cambrte» se distingua par sotf courage et son habileté. En récompense de ces glorieux services, il reçut le commandement supérieur delà Grande- Terre, et fut nommé colonel du GG'' régiment. Après avoir été assez longtemps prisonnier des Anglais, il passât en Espagne en 1812, fut nomme général de brigade en 1815, et chargé de la défense oe la Yillette, sous les or-

dres du général Ambert. Il se retirà ensuite avec l'armée derrière la Loire , où il resta jusqu'au licenciement des troupes.- . .

CAMBBOims (Pferre-Jacques-ÉtleiK ne), né en 1770, à Saint-Sébastien^ près de Nantes. — Le nom de Cnmbronnc est attaché à In glorieuse défaite de Waterloo; il est resté populaijiB comme Tintrépidité de la Vieille garde.

l)estfné d*abord au commerce, il s*e»!

rdla dans un bataillon de volontaire^ nantais qui allait se battre contre les rebelles oe la Vendée. D'une bravoure remarquable, il parvint rapidement au grade de capitaine. La Vendée pacifiéé , il s*embarqua pour Texpédition d'Irlande, passa ensuite à Tarmée des Alpes, puis à celle d'Helvétie, où il enleva une batterie russe avec une poignée d'hommes. II vit périr à ses cotéS fe brave Latoor-d'Auvergne , et refîisâ le titre de premier grenadier de Francé

?ue ses soldats voulaient lui donner.

1 fut fait successivement chef de bataillon, colonel des tirailleurs de la garde. Il se battit pendant deux ans en Espagne, puis en Russie, et ramena son régiment après avoir assisté à toutes les batailles de la guerre de 1813. Nommé au commandementd'une brigade, il prit part à toutes les opérations de la campagne de 1814, int blessé plusieurs fois, et suivit Napoléon à l'île d'Elbe. Rentré en France, il fut fait comte, grand-cordon de l.i Légion d'honneur et lieutenant général; mais il refusa ce dernier grade, et courut en Belgique se mettre à la tétd d'un régiment de ht vieille garde. A lai bataille de Waterloo , il commandait une brigade qui soutint pendant tout le jour le choc des masses [)russiennes. Sommé de se rendre , il répondit ce mot ftmeux qui frappa lés ennetbis de stu« peur et d^étonnement (*}. On le trouvK couvert de blessures au milieu de ses' soldats. Conduit en Angleterre, il écrivit 5 Louis XVIII pour obti-nir la permission de rentrer en France. II reviht sans avoir reçu de réponse, fiit arrêté, conduit à Paris, traauit devàot

(«) Voyez les Axhkim , t U , p. ao3, note.

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un conseil de guerre et aequiUé. Depuis, il a commandé la place de Lille

et obtenu sa retraite. Le général Cambronne vit encore, et est entouré de l*estime de ses concitoyens.

Cambby (Jacques), né à Lorient en 1749, remplit successivement diffé^ rentes fonctions administratives jusqu'en 1803, époque où il se retira des affaires pour se vouer tout entier à rétude. Il fut Tun des fondateurs de PAcadémie celtique , qui le choisit pour son premier président. li mourut le 81 décembre 1S07. On a de lui : Essai sur la vie et tes tableauJ; du Poussin y 1783, in-S"; Notice sur les troubadours, Leipzig, 1791, in-S**; Catalogue desobjets (échappés auvemdaUsme dans le Finistère, Quimper, 1795, in-4**; f'oijnge davs le Finistère, ou État de ce département en 17î)4 et 1795, Paris, 1799, 3 vol. in-S" avec figures; Description du département de l'Oise, 1808 , 2 vol. in^*, et un atlas de planches in-fol. : Combry avait été préfet de ce département; Monuments celtiques, ou Recherches sur le culte des pierres, précédées d'une notice sur ks Celtes et fur tes druides y et suivies détwnoiogies celtiques , 1805, în-8' avec figures; Notice sur Cagriculture des Celtes et des Gau&is, paris, 1806, in-8".

Camel (Paul), tambour à la 107" de ligne, né à Fital (Lot-et-Garonne), battait la charge le l^"" messidor an VII, lorsqu'un soldat tomba près de lui grièvement blessé, a Donne-moi ton fusil, lui dit-il, que je te venge. » Ën même temps, il couche enjoué le colonel ennemi et le renverse de che* ▼al. Camd périt dans la même journée.

Camérier. Voyez Chambbier.

Camisade de Boulogne. — François r*^ venait de conclure à Crépy la paix avec Charles-Quint. Henri YIII, allié de ce prince, tbroé d'abandonner la Picardie et de lever le siège de Montreuil , s'était embarqué pour l'Angleterre, après avoir concentré son armée à Calais et à Boulogne , seules pldces qu'il conser?flt encore sur le continent (80 septembre 1544).

« Fias de sept mille hommes avaient

été laissés à Boulogne, partie dans la ville haute, partie dans la ville basse, qui est à près d'un mille au-dessous.

La ville haute est tres-forte par sa position; mais ses murailles avaient été ' ébranlées par un long siège ; plusieurs brèches étaient encore ouvertes, et les Anglais n'avaient point eu la temps d'y introduire des munitions. La viMe basse était liors d'état de faire aucune résistance. Le dauphin s'était avancé jusqu'à la Marquise , à moitié chemin de Boulogne et de Calais, et ayant fait reconnaître Bouloî^ne pnr de Tais et INTontluc, il résolut, dans'les premiers

iours d'octobre, de surprendre la ville >asse. De Tais, qui conimandait vingttrois enseignes, moitié de Gascons, moitié d'Italiens , lit revêtir à ses gens leurs chemises par-dessus leurs armes, our qu'ils pussent se reconnaître dans obscurité, et partit de la Marquise au milieu de la nuit : le reste de l'armée devait se mettre en mouvement le matin pour le seconder. Les troupes qui donnaient la camisade, car c'est ainsi qu'on nommait ces expéditions en chemise, n'eurent aucune peine à entrer dans la ville basse, oii de grandes brèches étaient ouvertes. Montluc vit dans une prairie, an-dessous de la tour d'Ordre, toute l'artillerie de Henri, qu'il y avait laissée, trente barriques pleines de corselets qu'il avait fait venir d'Allemagne pour armer ses soldats, et un grand convoi de vivres.

Mais les partis français qui entrèrent dans la ville en phisfeurs divisions s'y égarèrent, et ne surent pas se réunir; une pluie etXroyabie qui tomba au point . du jour les déconcerta, et emnécha rarmée\lu dauphin de s'avancer a leur secours. Les Italiens et les Gascons entrèrent dans les maisons et se mirent à piller. De Tais, blessé au commencement de l'attaque, ne donna aucun ordre, ni pour placer un corps de troupes entre la vtUe haute et la ville basse, ni même pour retenir quelques compagnies de piquet sur la place.

Les Andais s'en apercevant, descendirent de la ville haute avec cinq ou six enseignes seulement, attaquèrent les Français» dont le nombre était

CAH FRAMCe

plus que double, mais qui s'étaient dispersés; ils en tuèrent un grand nombre, firent les autres prisonniers, ef détruisirent presque en entier le corps d'armée qui était entré dans la ville (*).»

Les Anglais n'étaient point en mesure de profiter de cet avantage. Mais le mauvais succès de l'entreprise de de Tais découragea le dauphm, qui, se contentant de laisser 5 IMontreuil le maréchal de Biez, avec les bandes qui avaient fait les guerres de Piémont, licencia les Suisses et les Grisons, et partit pour Saint-Germain en Lajre, où le roi l'attendait.

Camisabds. — L'insurrection des camisards n'est qu'un épisode des guerres des Cévennes (voyez Cévbn- KEs) , provoquées par la revocation de rédit ae Nantes, et par les rigueurs qui suivirent cette funeste mesure.

L'un des plus ardents persécuteurs de ces contrées, l'abbé du Chayla, inspecteur des missions, avait transformé en prison son château du Pont-de- Monvert, et il inventait chaque jour de nouveaux supplices pour les protestants. Informé un jour qu'ils tenaient une assemblée secrète auprès de son château, il en fit enlever soixante par une bande de soldats , et les plus hanlis furent aussitôt pendus. La vengeance ne se fil pas longtemps attendre. Une troupe de Cévenols forcèrent le château, et l'abbé du Chayla, saisi par eux, fut pendu à son tour. Les Cévenols, pour se reconnaître dans cette exi)édition , s'étaient tous revêtus d'une chemise ou blouse en toile blanche (en languedocien , camisa) , d'où leur vint, dit-on, lesuruom de camisards. L'insurrection n*en resta pas là; elle fit bientôt des progrès effrayants, malgré les vingt mille hommes de troupes que la cour envoya dans les Cévennes sous les ordres du maréchal de Montre vel.

Les protestants, écrasés d'impôts, avaient pris pour devise : Pbts (tim' pôti et liberté de conscience! Les re- «evettrt qui avaient fait vendre les

(*) Sisroondi , li'ut,dei Français, t. XYII, p. aai et suiv.

T. lY. 4* IMraUon, (Dici. emg

meubles et les récoltes des malheureux ui n'avaient pu payer, furent enlevés e nuit dans leurs maisons et pendue à des arbres y avec leurs rôles a tta' chés au cou. Les montagnards cévenols choisirent pour chefs les plus braves d'entre eux, entre autres, Cavalier, Roland, Ravenel et Catinat (voyez ces noms). Cavalier, garçon boulanger de vinct ans, s'établit dans la plaine; Roland, qui avait sous ses ordres Catinat, se retira dans les montagnes. Tous ensemble, ils soutinrent pendant plu^eurs années une guerre acharnée contre trois maréchaux de France. Trahis une fois par un meunier, les camisards , dans un affreux conihat qui dura un jour et une nuit, perdirent sept cents hommes; mais, grâce à rhablleté de leurs chefs, cet édiee ftit bientôt réparé. Enfin Jean Cavalier se laissa séduire par un brevet de colonel et la promesse d'une pension, et son exemple entraîna la soumission de la plus grande partie des camisards. Les troubles des Cévennes parurent apaisés un instant en 1705, et le maréchal de Villars, qui commandait les troupes royales, fut rappelé. Cependant, comme à cette époque la France était engagée dans la guerre de la succession d'Espagne, une commission fut établie en t*704 à la Haye, par les États-Généraux, pour réveiller l'insurrection des Cévennes; mais ces menées n'aboutirent qu'à faire rentrer en France quatre malheureux chefs, qui furent brûlés à Nîmes en 1705. En 1 709 , le Vivarais tout entier se souleva de nouveau ; mais il fut bientôt pacifié, après avoir toutefois opposé une vive résistance. L*année suivante, les alliés tentèrent vainement une descente sur les côtes du Languedoc, qu'ils espé* raient voir s'insurger à leur approche- Leur espérance fut encore trompée;

f)as un habitant ne tenta de renouveler a guerre civile.

Camtsâbds blancs ou Cadets db LA CBOix. — C'est le nom que l'on donna à des bandes de catholiques qui apparurent dans le bas Languedoc, à peu près à la même époque que les camisards noirs (voyez Tai^

CLOP., Bic.j 4 '

ticle suivant). Ils avaient été orga<

nisés en vertu d'une bulle du pape Clément XI, datée du 6 mai 1703, qui accordait des indulgences à tous ceux qui prendraient les armes pour exteirminer les protestants insurgés.

Qii tes appelait aussi cadets de la croix y parce quMis portaient une croix blanche au relroiissis de leurs chapeaux. Ils marchaient avec les troupes royales , et massacraient sans distinction d*âge ni de sexe tous les réformés jqui tombaient dans leurs mains. Mais les chefs camisards les poursuivirent à outrance, et les eurent bientôt exterminés eux-mêmes.

Camisards provençaux ou Gà- :iiiSabds iNoiBS. ~ Ce ii*était qu'une bande de voleurs et de i)lllards sortis de la Provence, et qui infestèrent le bas Languedoc sous le nom de camisards , bien que Cavalier les fit poursuivre à outrance et punir avee une inflexible sévérité.

Camma, femme galate dont Plutar- (jne et Polyen se sont plu à raconter 1 énergique chasteté et la mort malheureuse. Le jeune tétrarque Sino-rix , égaré par son amour pour la jeune et belle prétresse de Diane, avait tué par trahison le tétrarque Sinat, son mari, et, fort de ses richesses et de sa puissance, avait renouvelé près d'elle les poursuites qui, du vivant de Sinat, n*avaient obtenu aucun succès. Pressée par sa famille. Gamma feint de céder, le conduit avec calme au sanctuaire, et partage avec lui la coupe d'or. Mais

le vin étaij; emuoisonné Quelques

heures après, tous deux avaient expiré, Sino-rix dans sa litière, Camma au pied des autels.

Cammas (Lambert -François -Thérèse), peintre et architecte, professeur d'architecture à l'Académie de Toulouse, naquit dans cette ville en 1743.

Son père, architecte estimé, dirigea ses premiers pas dans la carrière des beaux-arts. Cammas alla ensuite à Rome. De retour en France, il fut chargé de rembellissemeotde plusieurs églises, entre autres de celle des Chartreux de Toulon. C^sl lui qui a constpaix la fa^ de rbôtel de vUle de

Toulouse. Dans ses restaurations d*églises gothiques, il mélangea l'architecture italienne et l'architecture arabe. Connne peintre, on lui doit, entre auties compositions, ryipparitioude la yierge à saint Bruno ^ et une allégorie représentant le Rappel des parle^ menfs sous Louis Xf'I. Ce dernier ouvrage fut couronné par l'Académie de peinture, sculpture et architecture de Toulouse. Il mourut en 1804.

Camo (Pierre), mareband, fut l'un des sept troubadours toulousains qui fondèrent Tacafléniie des jeux floraux.

(Voyez Jeux floraux.)

Camoux (Annibal; , fameux centenaire, naquit à Mice, le 20 mai 1638^ et mourut à Marseille le 18 août 17^9, | âgé de cent vingt etun ans et trois mois. \ li avait servi sur les galères comme simple soldat; il dut à la sobriété et à la frugalité de sa vie l'inaltérable santé dont il jouit jusqu'à l'âge de cent ans. Louis XV lui accorda, vers cette époque , une pension de trois cents francs. Visité, sur son lit de mort, par le cardinal de Belloy, évêque de Marseille, Annibal lui dit : « Monseigneur, « je vous lègue mou grand âge » ; et Pévéque, mort presque centenaire^ di* sait en riant, a la fin de sa carrière, qu'il avait accepté le legs d'Annibal.

Le portrait de ce dernier a été peint par Vernet, dans une vue du port de Marseille, puis par Yiali et gravé par I<u« cas. On a piulié sa vie, in-12.

Camp du db ap d^ob. Voyez CHAMP DU DRAP d'ob.

Caupagme , ancienne seigneurie avec titre de pairie, à 10 kilomètres de Çalais.

Campagnes (principales) des Français. Vo\'ez la liste des campagnes faites par les Gaulois, les Francs et les Français, à l'article Guebbes et campagnes, et pour chaque campagne en particulier, le nom du pays qui en a été le théâtre» OU Tannée dans laquelle elle a en lieu, par exemple, Mil sept CENT QUATBK-viNGT-TREiZE (campagne de) ; Mil uuii cent ï&eiz^ !

(campagne de), etc. ■ ^' |

GàMPAN, pietite vUla du département des flautes^PyrénépM»! £}iiBC-Ii$|i

CA« FRi

4*aBe rtéhe et fertile Taflée, à laqueliè elle donne son nom. La popalotion de cette ViUe est aajoard*hui de 4,171 habitants.

Campan (Jeanne-Louise-Henriette Genêt, niadaine), née à Paris, le 6 octobre'1759. Son père, If. Genêt, premier commis au ministèredes affaires étrangères, étnit un homme distingué qui voulut donner à ses filles une éducation plus soignée qu'il n'était d'usage 'à èette époque. La jeune HenrieUe avait été douée d*one belle voix, que r étude rendit superbe, et ce fut, comme on le verra plus tard, une des causes de la fortune à laquelle elle atteignit d'abord, et dont la révolution vint entraver le cours.

M. Genêt recevait ches UA quelques gens de lettres, entre autres Marmontel et Thomas, qui s'émerveillèrent de voir une jeune fille de quatorze ans à laquelle la langue et la littérature anglaise étaient ftimilières, aussi 1^ que l'italien. On faisait Vite les réputations, dans ce temps-là, la spirituelle jeune fille devint à la mode, et madame de Cboiseul ayant parlé d'elle à MesdaimiSy illes do roi, elle entra bientôt près d'elles en qualité de lectrice. Elle y vit la jeune dauphine, Marie-Antoinette; celle-ci la prit en amitié, et mademoiselle Genêt s'étnnt mariée à M. Campan, secrétaire de «tt» princésse, it partie elle-méoM des femmes dé sa chambre. De lasé* vère et dévote société de Mesdames, Henriette passa dans la folâtre société de la jeunp dauphine, sur laquelle elle a donné, dM ses mémoires, do ou* rieux détails, dont nous n^osorlons toutefois garantir entièrement Tauthenticité, et auxquels nous reprocherons aussi d'être entachés d'une sorte d'esprit de domesticité, bien éloigné de la sévérité de rbistoive. On y voit du reste comment, au moment* de la révolution, la jeune reine se trouvait seule au milieu d'ennemis et sans asile, pas même dans le cœur du roi son éooux,qui jamais n*avait pu avoir conianoe eu emei. Bladame Campan , toujoursfemme de chambre de la reine, la juiirfâ «•■Mianft Im bnuiièrea nbases de

iCE. •MM n

la révokition,et,commedemièrepveitv« de la fidélité qu'elle lui avait montrée dans les jours lës plus difficiles , notamment au 10 août, elle sollicita la permission d'entrer avec elle à la tour du Temple, permission qui lui fut refusée.

Elle se rmn ators à la campagne ; mais Louis XVI lui avait eonfié une cassette qui contenait des papiers précieux; le comité de salut public le sut, et madame Campan allait peut-être payer de sa tête ce qu'elle appelait sa fidélité à ses malties, lorsque le 9 thermidor la sauva.

Madame Campan respirait, mais elle était ruinée; son mari, infirme et malade, avait contracté trente mille francs de dettes; eUo avait à soigner, avec lui , une mère de soisante et dix anSt im fils de neuf, et toutes ses ressources consistaient en un assignat de cinq cents francs. Elle ne perdit pas courage pourtant, et elle fonda à Saint-GerjinaiD, dès 1794, une maison d'éducation pour les jeunes filles. Son établiasement eut le plus grand succès *, au bout d'un an elle eut soixante élèves, parmi lesquelles se trouvait la jeune Borlense beaubantaiSy dont la mèrr allait épouser Bonaparte, alors général.

A son retour d'Italie, le général visita la pension où se trouvait sa belle-lille; elle lui sembla bien tenue; il y fit entrer ses sœurs, et, lorsque devenu empereur, il8*oocupad'organis«r toutes choses, et entre autres Téducation d(Ba filles, il consulta madame Campan :

« Que manque-t-il aux femmes en (( France pour être bien élevées ? » lui dlt*il un jour. — «Des métes. » répondit madame Campan. — «jEh bienl R c'est à élever des mères que je vous dea» « tine,» reprit-il; et , par un décret daté d'Austerlitz, il créa lamaison d' Écouen, dans laquelle il voulait que les sœurs, les filles et les nièoesdesofl^ers morts au oiuunp d'honneur trouvassent des soins maternels. Madame Campan fut nommée surintendante d'Ecoucn, et, si son enseignement nous semble imparfait comme éducation j^ubljque, nous sommes pourtant obliges de oonr venir qu^l était supérieur à tout ce

qu'on 9xmk VI» jusdue-là* o( mim i

CAM

L'UKIVERS.

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presque tout ce qui eiîste aujourdlmû

•La restauration supprima Ta maison d'Écouen; on oublia les services rendus jadis à la taiiiiile royale par madame Campan, pour ne seraçpefer que la veur dont elle avait joui auprès de Tempereur, et, on le sait, une telle faveur était alors imputée à crime. Il n'y eut sorte de persécutions auxquelles elle ne se vit en butte ; sa santé s'altéra sous le poids de tant d'injustioes, et quand un affreux malheur, la mort de son fils, vint la frnpper, il la trouva sans force, elle courba la tétn Pt mourut en 1822, âgée d'un peu moins de soixante et dix ans. Madame Campan a laissé plusieurs ouvrages, dont quelqueMins n'ont paru qn^après sa mort. Mous nous contenterons d'en indiquer ici les titres : Conversation (Ttme mère avecsaJUle, Paris, an xii, in-S" (anonyme) ; Lettres de deuxjeunm omlef , Paris, in-8^; Mémoires sur la vie privée de Marie- Antoinette, reine dç France et de Navarre, suivis de souvenirs et anecdotes historiques sur les régîtes de Louis Xlf^y Louis A>' et Louis XVL Paris, 1833, 8 volumes in-8° ; DeVedueation, 2 volumes in 8% Paris, 1823 ; Conseils auxjeunesfiUes^ in-12, Paris, 1825.

Campanà, commandantde laLégion d'honneur, général de brigade, etc. ^îé à Turin, vers 1770, il combattit avec bravoure dans les rangs français, à Parmée d'Italie, et fut ensuite nommé préfet d'Alexandrie, lors de la réunion du Piémont à la France. Mais ces fonctions convenaient peu à son humeur guerrière. Il rentra sous les dra* peaux, fut fait général de brigade et combattit à Diernstern , à Austerlitz , devint aide de camp du grand-duc de Berg , et périt en défendant la petite ville d*Ostrolenka.

Gaxpéche (prise de). — Pendant une grande partie du dix-septième siècle, l'Amérique espagnole fut ravagée et inondée de sang |)ar un petit nombre de corsaires français et anglais connus sous le nom de FWms»

Uers, (Voy. ce mot.) Ces hommes formèrent, en 168.3, le dessein d'aller

attaquer .Campécbe. Commandés par

un brave capitaine, gentilhomme

français, nommé Grammont, mille d'entre eux battirent huit cents Espagnols, s'emparèrent de la ville et en

Eiilèrent toutes les rtdiesses. Deux fliustters furent pris; Grammont lea redemanda, promettant de rendre tous les prisonniers qu'il avait faits.

On le refusa, et pour se venger, il réduisit toute la ville en ceudres, fit sauter la forteresse, et brdla dans un feu dejoie,le jour delà Saint-Louis, pour deux cent mille écos de bois de Campéche.

Cahpen (prise de). — Effrayés et démoralisés par les rapides succès de Picbegni en Hollande, les Anglais s'étaient retirés derrière TYssel, et avaient campé entre Doesbourg et Campen, qu'ils évacuèrent, le 3 février 1794, dès qu'ils aperçurent Tavantgarde française. Cette pusillanimité augmenta la confiance des troupes ré»

publicaines , et fit tenter aussilét la conquête des provinces de Groningliei d'Over-Yssel et de Frise.

Càmpenon (Vincent), né à Grenoble en 1775, fit son début dans la carrière littéraire par la relation d'un voyage deGrenobleà Chambéry, écrite dans la manière de Bachaumont. Kncouragé par le succès de cette petite pièce, il multiplia ses essais dans la poésie légère. Son épitre aux femmes fut remarquée et lui valut sa nomination au commissariat impérial près le théâtre de l'Opéra-Comique. En 1812, son poème de la Maison des Champs et oeluî de Enfant prodigue lui ouvrirent les portes de llnstttut, où il fut le Successeur de Delille, dont il cher* cha constamment à reproduire la innniere. Le genre didactique et descriptif ' a été traite assez heureusement par M. Campenon^ dans la Maison des Champs. Son style, quoique d*une couleur un peu passée, est élégant et agréable, ses descriptions sont ingénieuses et brillantes. Cet auteur montre fréquemment de Tesprit. Malheu- ' reusement toutes ces qualités, qui eonsti tu ent une médiocrité honorable, ne suffisent pas pour faire survivre un nom au oauirage où viennent sepeidse i

CAM

CAH

Inévitablement les modes consaerées par cha^e époque; En 1814, M. Cam*

penon fut nommé censeur royal et secrétaire du cabinet et des menus-plaisirs , sous les ordres de M. le duc de Duras. Dans les cent jours, il sut se fàire rétablir par Tempereur dans sa pUuce de commissaire impérial de TOpéra-Comique. Il n'en fut pas moins tien traité par la seconde restauration, dont il fut partisan assez zélé. Il est fnort dans ees dernières années. Outre ses poésies, il a laissé plusieurs éditions des Idylles de Léonard, son oncle, une réimpresion de Desmoutiers et un choix de poésies de Clément Marot.

Camp£stb£ (Madame de). — C'est le nom que se donnait , sous la restau^ ration , une intrigante , une entremet* teuse de places , qui fut condamnée , en 1826, par la police correctionnelle.

Les mémoires qu elle a publiés Tannée suivante (2 vol. in-8«} ont fait alors beaucoup de bruit, parce qu'ils ont soulevé un coin du voile qui couvrait un amas de scandaleuses turpitudes.

Campet , seigneurie de l'ancienne province de Gascogne, érigée en marquisat en 1731.

GàMPiSTRON (Jean-Galbert de), auteor dramatique, naquit à Toulouse, en 1656, d'une famille où la charge de capitoul et celle de procureur général des eaux et forêts étaient héréditaires depuis un siècle. Un duel le força de quitter à seize ans sa ville natale. Il vint à Paris, et conçut l'idée de travailler pour le théâtre, auquel rap[)elait un penchant assez prononcé. Racine était alors dans tout Péclat de sa gloire ; il voulut bien donner quelques conseils au jeune poète. Sons cette haute direction Campistron se mit à l'œuvre, et produisit bientôt f^ir^inie, qui eut un grand succès. Puis vinrent Arniéniu»

qui fut dédié à Racine , Andronic qui attira une affluence telle qu'on lut obligé de doubler le prix des places, et Àlcihiade qui dut au moins la moitié des applaudissements qu'il obtint, au talent de Taeteur Baron. Quinaultavait renoncé nu théâtre, et le duc Louis-Joseph de Vendôme voulant donner une féte au dauphin 9 chargea Campistron

de faire les paroles d*un opéra que LuIU mettrait en musique. Cet opéra fut

Acis et Galathée^ qui satisfit tout le monde. Le poète devint bientôt le favori du duc de Vendôme qui le nomma son secrétaire des commandements, et lui procura en outre la place de secrétaire général des galères. Campistron paraît s'être acquitté assez négligemment de cette charge : il laissait traîner les affaires pour versifier de nouvelles tragédies. Pkœkmf Phraafes y Aetius ^ Adrien y ne furent pas moins bien accueillies que ses premières pièces. Il s'essaya aussi dans la comédie , et vit assez bien réussir son Jaloux désabusé. Laharpe lui a reproché avec raison des plans dramatiques faibles , des caractères effacés , des situations sans vigueur, une versification qui n'est qu'une prose commune assez facilement rimée , enfin une imitatîon continuelle et malheureuse de Racine. Campistron se trouva souvent à côté du prince au milieu des batailles : il s'exposa près de lui dans la journéede Steinkerque. Comblé d'honneurs par ses puissants protecteurs, il se retiraà Toulouse sur h fin de sa vie, et y mourut en 1725.

CAMPO Di PiETRi (combat de). — L'armée d'Italie, commandée par le général Kellermann, occupait, en septembre 1796, des positions avantageuses près de Borghetto, sur les bords du Tanaro. Le feld-maréchal Derwins , commandant Tarmée austro-sarde, après être resté plus d'un mois dans Tmaction, résolut de tenter un effort contre les li^es françaises. Le 19, il se présenta a la tête d'une très-foi te division devant la droite du général Kellermann. C'était sur ce point qu'il devait diriger sa principale attaque , mais elle ne devait commencer qu'après Tenlèvement du petit Gibraltar, position très-forte que les Français occupaient en avant de leurs lignes, entre Borghetto et la rive droite du Tanaro. Le général Derwins avait

Eorté un détachement de deux mille ommes d'élite sur la hauteur qui domine Campo di Pietri, et cinq canons et uu obusier qu'il avait établis sur le

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même point ouvrirent un feu très-vif contre le petit Gibraltar. Mais cette canonnade ne pirodutsit aucun efiét ; les Austro-I^Hés se déployèrent, pour attaquer tes retranchements avec la plus grande impétuosité. L'adiudant général Saint-Hilaire les attendait de pied ferme. Deux fois les assaillants

â ravirent la colline au f>a8 de diaige , . eux fois ils furent repoussés par un feu meurtrier et obligés de descendre avec précipitation et en désordre. Le commandant austro-sarde désespérant d'enlèfler la posîtlôh de firent, se décida ^ la tourner. Il porte ses troupes sur les derrières du petit Gibraltar et les ramène à l'assaut. Elles éprouvent, dans cette troisième attaque, les mêmes obstacles et la même résistance que dans lesdeptpf^cédentes. tJn moibeni d'hésitation se manifeste alors dans les colonnes assaillantes ; Saint-Hilaire s'en aperçoit, il s'élance sur elles avec impétuosité , les culbute et les pousse àVec tant de vigiieur, que sur les deui mille liôniroes qui avalent attaqué^ quinze cents hommies restèrent sur le champ de bataille. Déconcerté par cet échec , le général Derwins ne crut

Sas devoir donner suite à son plan 'attaque, et profita de la n^iit pour ramener ses troupes dans leurs posi* tions.

Campo-Fobmio (traité de). — Le traité de Baie, conclu à. la suite de 1 immortellé cam^gne de 1793 1794, avait définitivement séparé la Prusse et l'Espagne de la coalition vaincue. Loin de se laisser envahir, et de se laisser effacer du rang des nations , comme ôn Tén airail menacée, la France révolutionnaire avaii culbuté les ennemis , reculé nos frontières jusqu'au Rhin , et envahi la Hollande. Ces merveilleux succès, dus au courageux patriotisme des masses, et à Ténergique dictature du comité de salut public , avaient en outre mis l'Angleterre dans rimpossihihté de débarquer de nouvelles troupes sur notre territoire ; mais , pour qu'ils fusjsent complets , il était nécessaiire qué FAutriclie , devenue le foyer d'autres intrigues » éprouvât encore des défai-

tes , et fût obligée d'imiter l'exemple des ducs de Toscane et de Uesse-

Slassel t aiis&i bien que celui ^es rott e Prusse et d Espagne, qûi Ma avaient reconnu la république.

La Convention avait admirablement rempli la première partie de la tâche ; le Directoire , peu vigoureux par lui* même, mais pourvu de bonnes arihéeSf sentit le besoin d'ajouter au traité de Bâie cè qui lui nianquait, c'est-à-dire, l'accession de l'Autriche. Trois corps d'armée, sous la conduite de trois généraux habiles , reçurent Tordré d%ttaquer simultanément cette puissanceî Aloreau sur le haut Rhin , Jourdan sur le bas Rhin, et Bonaparte du coté de ritalie. De ces trois généraux , je

S lus jeune fut 1q seUl qui accoknpl{| igfiement sa tnlssion. Pendant quê Moreau et Jourdan battaient en retraite, faute de s'être entendus et d'avoir concerté leurs attaques, ISapoléon tournait les Alpes , et , tombant sui^ les Autrichieiia les Piémôkltais la rapidité de la foudre , les écrasait séparément , et étonnait le monde par des victoires sans cesse renaissantes contre un ennemi infiniment supérieur éii inombre. Enfin, après Montenotte, Mitlesimb, Mondovi, Lodl; Castigliohe, Bassaîio, Arcole, RiVol.i, et tant d'autres batailles qui contraignirent tous les princes italiens , dénis le roi de Piémont jusqu'à^ roi e I*iaples, à traiter avec la rénilbllque; après la prise de Milan, après la prise de Mantoue , qui ne se rendit qu'à la suite de quatre blocus , l'Autriche, se voyant à la veille d'être attaquée sur son propre sol y envoya sa iiernière armée et son dei-nier général. Mais l'archiduc Charles ne fut pas plus heureux que Beaulieu , Colli , Vvurmser et Alvinzi î les combats du Ta^liamento et de Tarvis, et l'occupation de Goritz , Klagehfnrth , Laypach et Trieste^ ouvrirent à nos tî'ou^ pes victorieuses ta route de VieniMs ^ où se répandit l'alarme.

Alors Napoléon , désireux de fairé son début dahé la carrière diplomatie que, et de terminer en négociatèiii^ une guerre où il S'était montré m

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grand capitaine , offrit la paix à l'Autriche, aans une lettre adressée au prince Charles, lé 81 mars 1797. Gettè lettre n*ayant pas ea les suites qu*il s*en promettait , il soumit à de nouvelles épreuves l'opiniâtreté du cabinet autrichien. Vaincu de nouveau à Neumarkt) l'archiduc proposa cette fbh une suspension d*arnies, dU SQît-il , de pouvoir prendre en consi* dération la lettre au 31 77iar<!. Bonaparte , à son tour , répondit (/u'on pouvait négocier et se battre, et qu'il n'accorderait point d*arniistîce Jusqu'à Vienne, à moins aue ce nefUt pour la j^iz définitive. Il tint parole, continua son mouvement en avant, chassa les Autrichiens des déOlés de Hundsmarck, fit occuper Léoben, etsetroupit à Judenbourg , à vingt lieues de Vienne, lorsqu'il y re<^ut la véritable réponse à la lettre du 31 mars, qui lui fut remise diplomatiquement pnr le comte de Meerveldt. L'empereur d'Autriche demandait un armistice de dix jours, afin de rétablir la paix entre ies deux grandes nations. Bona* parte, qui avait hâte de revenir à Paris pour sonder le terrain , et pour voir de quel prix on se disposait à payer ses victoires , consentit à unë suspension d'armes pour cinq jours , el n'épargna aucune des avances qui pouvaient abréger les négociations.

« Votre gouvernement, dit-il aux plc- « nipoten^iaires autrichiens, a envoyé « cbnire moi quatre armées sans géné- «raux, et cette fois lin général sans « armée. »

Mais l'Autriche, naturellement temporisatrice, avait cette fois un intérêt réel à gagner du temps; comptant sur h révâutfon que méditaient les royalistes à Paris , et que ses propres agents cherchaient à faire éclater, espérant que l'Angleterre ou la Russie, toutes les deux peut-être, viendraient à son secours, elle employa toute son habileté à &îre traîner les négociations e« longueur, et les préliminaires qu'elle siçna à Léoben , le 18 avril, ne turent suivis d'un traité définitif que six mois après. Les conditions principales de ces préliminaires étaient : i" que l'Autri-

che renoncerait à tous ses droits sur les provinces belges réunies à la France, et Qu'elle reeonnattrait les frontières de fa république, fixées par les lois constitutionnelles; 3** qu'un congrès s'ouvrirait à Berne pour la paix de l'Autriche, et un autre dans une ville allemande pour la paix avec l'empire d'Allemagne; 3° que l'Autriehe ferait abandon de ses possessions en deçà de rOglio, et obtiendrait en échange la partie des États vénitiens située entre cette rivière, le Pô et la mer Adriati- ([ue, et de plus, la Daimatie vénitienne et ristrie; 4° que T Autriche occuperait aussi, après la ratification du traité définitif, les forteresses de Paluia-Nova, de Mantoue, de Peschiera et quelques autres places; 6" que la Romagne, Bologne et Ferrare, indemniseraient la republique de Venise; 6° que l'Autriche reconnaîtrait la république cisalpine, formée des provinces qui lui avaient été enlevées.

Dans la situation critique où se trou- Tait l'Autriche, ces conditions étaient évidemment trop fiivorables; elles ré»

vêlaient que Bonaparte était pressé d'eu finir pour retourner à Paris, où se préparaient de graves événements.

Elles avaient encore 'l'inconvénient de ne ramener la paix qu'aux dépens d'dn tiers , ce qui était indigne de la république française, et rappelait en quelque sorte fe partaiie de la Pologne.

Aussi les préliminaires de Léoben furent-ils l'objet de nombreuses oitiques. Le Directoire s'était montré contraire à la reddition de Mantoue et à l'abandon de la partie concédée des États vénitiens; mais Bonaparte avait pris sur lui de tout arranger. La mésintelligence qui existait entre le Directoire et le général eii chef d'Italie était la principale cause du mal; Bonaparte, pour revenir plus tôt, brusquait les événements et ne trouvait aucun sacrifice trop fort; le Directoire, pour tenir éloigné un concurrent aussi redoutable , ne voulait que médiocrement la paix, et, d'un autre côté, lui refusait les moyens de mener

S lus vigoureusement la guerre , de peur 'augmenter encore la puissance et hi

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popularité du vainqueur de TAutriche.

Bonaparte avait raison quand il se plaignait de Tineitle des armées du

lliiin et de la mauvaise volonté du gouvernement qui lui refusait des secours ; le Directoire n'avait pas tort JorsquMI disait que la possession de Mantoue faciliterait à i'Autriche les moyens de ressaisir son influence en Italie , et que la France révolutionnnire qui avait promis la liberté nux peuples n'avait pas le droit de livrer à une puissanoe despotique les provinces vénitiennes qu'elle avait arrachées au jouç oligarchique. L'Autriche seule prolitait de leurs divisions, et voilà ce qui explique comment elle prenait encore des airs de fierté après tant d'humiliations. Si les armées du Rhin avaient franchi plus tôt ce fleuve, c*en était fait de la monarchie autrichienne; mais lorsque Hoche, qui avait rem-

{)lacé Jourdan, eut donné le signal de 'attaque, et que Moreau eut rejoint Desaix, qui avait aussi passé le Rhin, la signature des préliminaires de Léoben vint les arrêter dans leur marche, et les empêcha d'opérer leur jonction avee Tarmée d'Italie.

Ainsi placé entre le Directoire et 1* Autriche qui ne voulaient pas la paix, si ardemment désirée par lui, Bonaparte eut le temps de mettre la dernière main à son œuvre. Jusque-là, il n'avait révolutionnéqu'unefaible prtie de ritalie; il s'occupa de la révolutionner tout entière, et, ce qui valait encore mieux, d'organiser d'une manière stable les États nouveaux qu'il avait fondés et ceux qu'il se proposait de créer. N'ayant plus une année assez forte pour s'engager au sein de la monarchie autrichienne, étant lié d'ailleurs par des négociations préliminaires avec le cabinet de Vienne, il ne songea plùs qu'à mériter le titre de libérateur de l'Italie. C'était effectivement le meilleur moyen de se laver des reproches qu'il s'était attirés et de faire pièce à rAutriche et au Directoire; à TAutriche, en élevant entre elle et la France une république puissante et capable de lui servir de boulevard; au Directoire, en lut montrant

qu'avec ses troupes décimées par la ▼ictoire, il savait encore faire de grandes choses et ajouter de nouveaux

lauriers à sa couronne. La conduite de l'aristocratie vénitienne méritait un châtiment. Non content de lui avoir ravi ses provinces du Nord pour la punir de sa partialité hypocrite en faveur de i'Autriche, il eut bientôt une occasion de lui infliger une punition exemplaire. Le massacre des garnisons françaises dans plusieurs places, mais surtout le lâche assassinat de Vérone, ces pâques vénitiennes oà quatre cents des nôtres furent immolés, l'autorisèrent à effacer Venise du rang des nations, et à s'emparer de son territoire, de sa flotte et de ses îles Ioniennes. De sa résidence, ou plutôt de sa cour de ^Nlontebello, il renouvela la face de l'Italie, et se mit à la pétrir à l'image de la France. Il fondit en une seule les deux républiques cispadane rt transpadane, auxquelles il ajouta la Valteline, et il en lit un État de quatre millions d'habitants, avec Milan pour capitale, et qui reçut le nom de république cisalpiiie.

A Gènes, le peuple, soutenu par nos troupes, renversa le gouvernement aristocratique et constitua la république ligurienne. La Romagne déclara aussi son indépendance, sous le nom de république Emilie. Tout le reste de l'Italie se prépara à suivre le même exemple.

Lorsque la journée du 18 fructidor, grâce au secours envoyé par Bonaparte au Directoire, eut tourné contre les royalistes , l'Autriche renonçant désormais à ses illusions de ce coté, désira vivement la paix. Seulement, comme l'état des choses avait singulièrement changé, elle lit semblant de n'y pas tenir beaucoup, pour obtenir davantage. Bonaparte la voulait toujours avec la même ardeur; mais le nouveau Directoire s'en souciait encore moins que le précédent. Sentant qu'il avait besoin de la sanction du succès pour taire oublier le coup d'État qui venait d'avoir lieu, craignant d'autant plus le général Bonaparte que sa puissance morale grandissait tous les jours da*

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