‹ France (volume 4)Chapitre 13 sur 79 · AM · texte numérisé non relu

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FRAKCE.

CAM

▼antage, le gouvernement voulait nonseulement le laisser en Italie, mais lui susciter quelque rival qui fût capable de partager sa gloire, sinon de 1 effacer. Hocoe n'existait plus, Mofeau venait de se déconsidérer; on Jeta les yeux sur Augereau, qui cependant n*avait guère d'autre mérite qu*un courage bouillant. Choqué des sentiments qui poirtaîent le iJirectoire à tenir compte à Augereau, son lieutenant, d*un service qu'il n*avait rendu qoe d*après ses propres ordres , Bonaparte s*empressa de donner sa démission. Son offre ayant été refusée dans des termes extrêmement flattears, mais qui trahissaient onè émotion craintive, il résolut d'assumer sur lui seul toute responsabilité, et d'agiravec une indépendance absolue. Dès lors, les négociations , jusque-là si lentes, marelierent avec une grande rapidité.

Le eomte de Gobentzel , chargé de remplacer le marquis de Gallo, qui s'était montré accommodant pour gagner du temps , et que le cabinet de Vienne avait désavoué au moment de conclure, le eomte de Gobentzel sut profiter avec adresse de l'impatience du général en chef. Le côté brillant fut pour Napoléon; mais l'Autriche fut neureuse d'en être quitte à si bon marché, dans un moment oik le gouvernement français, délivré des intrigues royalistes, aurait pu l'accabler. Napoléon offrait Venise pour compenser la perte de la Lombardie; le négociateur autrichien réclamait , au nom de l'empereur, et comme uÛinuUum, la li^ne du Mincio pour frontière, c*e8t4« dire, Mantoue avec Venise. «A cescon- « ditions seulement,disait-il, mon maître consent à vous donner Mayence, « la place la plus forte de l'univers. » Ce fat seulement lorsque Bonaparte , Indigné de voir qu'on exploitait ainsi son penchant pour la paix , fut entré dans une violente colère, et eut signifié la reprise des hostilités, que M. de Gobentzel, bien certain ^'11 n'y avait plus rien à gagner, apposa sa signature au traité. « Souvenez-vous, » avait dit Napoléon, en brisant un cabaret de porcelaine donné au diplomate au-

trichien par C^erine II de Russie,

« souvenèz-vous qu'avant la fin de « l'automne je briserai votre monar- « chie comme je brise cette porce- « laine, » Le lendemain, 17 octobre 1797, le ti:^ité fut condu cbei le général Bonaparte, à Passeriano, mais il fut daté de Campo-Formio , village du Frioul, situé entre Udine et Passeriano, qui avait été déclaré neutre.

CondUiom de la paix de Canipa* Formio.

1** L'Autriche renonce, en faveur de la France, à tous ses droits sur les Pays-Bas; 2" l'Autriche acquiert le territoire de Venise, depuis le lac de Garda, la ville de Venise, l'Istrie, la Dalmatie et les Bouches du Cattaro; 3° la France garde les îles gréco-vénitiennes et les possessions en Albanie; 4* l'Autriche reconnaît la république cisalpine; 6° congrès à Rastadt pour la conclusion de la paix avec l'Empire; 6° l'Autriche indemnisera le duc de Modène par la cession du Brisgau.

Articles secrets, l» L'Autriche consent à la cession de la rive gaudie du Rhin, de Bâie au confluent de la Nèthe, près d'Andernach, et à celle de la ville et de la citadelle de Mayence; T la navigation sur le Rhin est déclarée commune aux deux pays; 3*^ la France emploiera sa médiation pour faire obtenir' a l'Autriche Salzbourg et la portion de la Bavière située entre cet evêché, le Tyrol, Tlnn et la Salza; 4° à la paix avec l'Empire, l'Autriche renoncera au Fricktbal ; 5* compensation réel proque pour tout ce que k-France et l'Autriche pourraient acquérir ultérieurement en Allemagne; 6° mutuelle garantie (]u'en cédant ses possessions sur la rive gauche du Rhin, la Prusse ne pourra faire aucune acquisition.

Les princes et les États dépossédés sur le même bord du fleuve doivent être indemnisés en Allemagne; 7° dans l'espace de vingt jours, après la ratification, toutes lis forteresses sur le Rhin, ainsi qu'Ulm et Ingolstadt, seront évacuéà par les troupes autrichiennes.

L'Autriche avait pour négociateurs

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L»UNIVERS

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Iç <;omte dè Cobentzcl , le inarquîs de Gallo, le comte de Meerfeldt et le baroa de Degelmann. Le général Bonaparte était Mul.

Lorsqa'oB.Gdmniença à rédiger le traité, le secrétaire ayant mis : A'empereur d Autriche reconnaît la république française, Bonaparte lui ait:

« Ejjace% cet article ; la république françai$f eêt toiMM ki êOieU; aveugle qtd ne la voit pas. Le peuple français est maître chez lui; il a fait une république, peut-être demain ferat-U une aristocratie , après demain me monarchie; c'est son droit impreter^pUble : làfirmè âe son aouvememmt nre^t qu'une affiâte de loi intérieure. « Paroles remarquables , ^ui semblaient prophétiser le consulat a vie et Tempire!

Le traité de Gampo-Fomilo a été l'objet de beaucotîp d'éloeesetde beaucoup de critiques. Son plus grand mérite, c'est d'avoir fait reconnaître par l'Autriche le Rhin et les Alpes pour les frontières naturi lies de la France. - Une de ses parti^eularitéi, o'est Ja bien* veillance du plénipotentiaire français pour rAutriclie vaincue, et sa malveillance pour la Prusse, notre alliée depuis près de deux ans. ?iapoiéon eut toiyours un sentiment de faiblesse

rir l'Autriche : n'était-ce que pour détacher de l'alliance de l'Angleterre? Ce qui est évidemment blâmable, c'est Tincorporation de Venise à la monarchie autricliieune. Il n'y eut en franoe qo'uil cri de douleur à ce sujet, et ces paroles furent prononcées à la tribune au Conseil des Cinq-Cents : « Peut-on faire le commerce des peuci pies au nom d'une nation qui a pros- « crit le commerce des hommes? »

Mais pour dire oublier eette tache, il y avait le souvenir des plus brillantes victoires , îl y avait In fondation des républiques italiennes, qui étaient nos annexes au midi , comme la Hollande était notre annexe au nord. La ré?o« lution eommençait à déborder sur TEurope. En s'emparant de l'Albanie vénitienne et des îles Ioniennes , Bonaparte avait ouvert à la France une nouvelle route pour aller en Orient.

Maîtres du Rhin , nous devions faciliter à notre comuierce l'accès du Danube, autre route encore qui mène en Orient. Bonaparte était tres-probabloment dominé par cette pensée, lors»

qu'il exigea que les places d'IJlm et d'Ingolstadt fussent évacuées par les troupes autrichiennes.

Campo-Mayor ( prise de). La ville de Badsjos étail tombée, le 11 mars .

1811, au pouvoir des Français; le duo de Trévise, pour achever la conquête de TEstramadure, pensa que l'armée devait s'emparer sans délai des forte:resses de Campo-Mayor, d'Albuquer»

que et de Valeociai que l'ennemi tenait encore sur la frontière de l'Alentejo.

Il voulait aussi détruire ces forteresses, afin de ne laisser aucun point d'appui aux corps anglais qui se préparaient à pénétrer en âtr^madore mut le Portugal. Dès le 13, tandis qu'A envc^ait le général Latour - Maubourg attaquer Albuquerque, et qu'un autre détachement allait surprendre Valencia, il faisait lui-même ouvrir la tranchée )levant Gampo-Mayor. Cette place n'avait que trois cents oonunes de garnison.

Cependant le gouverneur fit une telle démonstration de résistance , que les Français durent l'assiéger régulièrement. Le 15 , deux batteries forent établies contre le bastion San^oao; le 17, le bombardement commença; le 21, la brèche devint praticable, et la place, sommée une seconde fois, se rendit. Le duc de ïrévise fit aussitôt sauter les fortiflcations^Sur cinquantedeux pièces de canon qui étaient dans la ville, trente-sept seulement purent être dirigées surBadajoz ; on brisa les quinze autres, faute de temps pour effectuer leur transport.

GA.MP0-TfeNB8S (bataille de). Le 9 mars 1806 , le général Reynier* qui , après la reddition de Naples, poursuivait en Calabre les débris de l'arméo napolitaine, déboucha par les gorges du val Sau-Martino dans la plaine de Gampo-Tenese, où il savait que les généraux ennemis s'étaient retranchés pour recevoir bataille. La position des Napolitains était bien combinée : leur droite et leur gauche s'appuyaient à

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des montagnes couronnées par plusieurs bataillons dlnfanterje légère, et

devant le centrede leur ligne ilSavaient élevé trois fortes redoutes armées de pièces de gros calibre. Le général français n*en résolut pas moins d'attaquer.

Il Ût former ses troupes à mesure qu'elles débouchaient daas la plaine, puis leur donna Ordre de marcner au pas de charge et 5 la baïonnette. L'ennemi ne les attendit pas. Après quelques décharges, sans grand effet, de rartilfeHe ites inàloutesa les JTapolif> tains t^nèrieiit pied« abandonnèrent VedoOles et pièces, et se dispersèrent dans les montagnes. Snns la nuit, il eût été possible d'envelopper entièrement cette armée à la débandade ; cepdUÉhnt sa destruction fut presque oôitiplète : des dix à onze mille hommes que le général en chef, l'émigré français Roger de Damas , avait sous ses ordres, à peine put-il rallier un millier dé Vlhtassins et quelques centaines de cavaliers. I)eux mille prisonniers, dont grand nombre d'officiers supérieurs, toute l'artillerie, cinq drapeaux et plus de cinq cents chevaux, restèrent au pod^fl" des.Tsinqueurs.

Càicpôi^i, i*tine des peuptàdes dé lâ nation des Bigerri (voirez ce mot), dont le nom s'est conservé dans celui de la vallée de Campan, qui faisait partie de leur territoire.

Ca»bA (André), compositeur dé musique, né a Aix le 4 décembre 1660, devint maître de musique de la catbédrale de Toulon en 1679; il passa ensuite en la même qualité à Arles et à ToMtdbse, ef vfiit a Pané êii ie94 , 014 il fiit d'ftboni itiàttrè de miisiijue dé l'égliscf du collège et de la maisoii professe, et maître de la musique de Notre-Dame. Ses deux premiers opéras parurent en 1697, sous le nom de son ttèn Idsetofa. Eh 1713, it def ibt ibatf ttede là dia|)elle du roi et directeur de la musique du prince de Conti. Il mourut à Versailles le 29 juillet 1744.

Les ouvrages de Campra sont i VEurtme galante, 1697; té CarnoPC^ éB réM^H 1699; Hésione, 1700 ; yéré- Ihuse, 1701; Tancrèdc y 1702; les Mftm^ 1703; Iphègénie en Tauride^

Télémaque^ 1704; Mine y 1705; le Trimiphê ae Pammr^ 170$; Hippo' damiCf 1708; les Fêtes vémiennes^ 1710; Idoménée; les Jmoursde Mars et de / énus , 1 7 1 2 ; Télèphe, 1 7 1 .3 ; Camille, 1717 ; les Jges, 17 18 ; Achille et Déidamie, 173ô, opéras représentés à l'Académie de musique; f^énuSf 1698; le Destin du nouveau siècle, 1700; les Fêles de Corinthe , 1717; la Fête de IHle Àdaniy 1722 ; les Mus^s rassemblées par l'amour ^ 1723; \p Génie ée U$ Bourgogne, 17d2; les Jfoces de Fémut^ 1740; Divertisse f ments pour la cour; trois cantates ek cinq livres de mot eh'.

« Bien supérieur aux autres successeurs de Luili , dit Id. Fétis , Çampça èntendait bien l'effet de In scène , è| savait donner une teinte dramatique à ses ouvrages. Sa musi(|ue n'a pomt le ton uniforme et languissant de celle de Colasse et de Destouches; il y rè^ne Une certaine vivacité de rhythmç qid est d'un bon éfïët , et 4ui manquait souvent à la musique française desor^ temps; néanmoins, ce n'était point un homme de génie. Il niai^quait d'originalité , et soil style était fort incorrect. Malgré cea défhuts, la musique de Campra fut la seule qui put së maintenir ànprès de celle de LuIIi , jusqu'au moment oii Rameau devint le maître de la scène française. »

GAMPRBDOiv (affeire et prise de), Le général ]>agobert, poursuivant le général espagnol Ricardos , se pirésente, le 4 novembre 1793, devant la ville de Campredon, en Catalogne, et là somme detix fols de se rendre; raicade, qui ne dierche qtt*à gagner du temps pour permettre aux habitant^' d'évacuer la place , demande vingtquatre heures de suspension d'armes , et cependant il cohtmue son fim. Le lendemain, Da^obertofdonhe Tassaut st>fès une 'nouvelle sommation et un nouveau délai. Quand la ville eut été emportée au bout de deux heures et livrée au pillage, on vit que tous les habitants aisés avaient fui; Il Ait im* possible dé lever aucune contribution, N'avant pu rallier 5 lui le reste de son armée^ Dagobert fut obligé d'évacuer

cAii L*innvEits. câM

sa conquête^ et même de sortir de la

Catalogne.

Le général Doppet, combattant BOUS les ordres du général Dugom* mier, s*empara de nouveau de Cam* predon au mois de juin ï794.

Campbedon (Jacques-David), baron, lieutenant général, etc. Né en 1761, à Montpellier, entra de bonne heure dans le corps du génie. Des connaissances étendues, une aptitude rare, lui valurent un prompt avancement. Chef de bataillon à Parmée d'Italie, il fut honorablement cité dans les relations du général en chef, et se signala ensuite à la défense du pont du Var. Nommé général , il fut chargé , en 1805, de la direction des travaux de Mantoue, contribua, en 180G, aux succès de M asséna à Naples, à Gaëte, et mérita , par sa belle conduite, les éloges du maréchal. Entré plus tard au service du nouveau roi des Deux- Siciles, Campredon fit la campagne de Russie avec les troupes napolitaines, et se distingua en diverses rencontres; après la retraite, il s^nferma h Dantzig, commanda le ^énie tant que dura le siège, fut fait prisonnier, au mépris de la capitulation, et conduit à Riew.

De retour en France, il reprit ses fonctions, qu'il cessa lorsque l'armée lut licenciée.

G4MP8. — Les Grecs paraissent ^tre l'un des premiers peuples qui aient fait une étude sérieuse des principes de Tart du campement des troupes. Mais les Romains, instruits par eux des règles de cet art, furent ceux qui lui firent faire les plus gr ands progrès. On trouve dans Végèce , sur la manière dont ils dressaient leurs camps, des détails curieux. Isous pensons que quelques-uns de ces détails ne seront point ici déplacés: la Gaule est en effet l'un des pays où le peuple-roi a établi le plus çraîid nombre de camps, et encore aujourd'hui, Ton ne peut presque faire un pas sur le sol ae la France, sans rencontrer des vestiges de la castraniétatioii romaine*

« Lorsque l'on veut placer un camp, dît Végèce (*), il ne suffit pas de choi-

(') JmU rei miUtarù, lib. lu, c. 8.

sir un lieu favorable ; il faut qu'on ne puisse en trouver un plus favorable, et surtout uu'une position plus avantageuse , délaissée par tous , ne puisse être occupée par Tennemî, à votre détriment. 11 faut en outre prendre garde de se placer trop près d'une eau malsaine et trop loin d'une eau salubre en été ; il faut que l'on puisse se procurer facilement, en hiver, du fourrage et du bois; que le lieu où Ton veut séj'ourner ne soit pas exposé à être inondé subitement dans les temps d'orage; qu'il ne soit pas dominé par des hauteurs d*où les ennemis puissent y lanoerdes traits, et enfin quMl ne puisse être entouré de manière à empédier d'en sortir.

« Toutes ces précautions prises, comme il convient, on donne au camp la forme carrée, ronde, triangulaire ou oblongue, suivant la nature du terrain. La régularité ne doit jamais passer avant l'utilité ; cependant on préfère le camp dont la longueur excède d'un tiers la largeur. Les ingénieurs doivent prendre leurs mesures d'après la force de Tannée: un espace trop resserré nuit aux évolutions des défenseurs; une enceinte trop étendue les disperse.

« Il y a trois manières de fortifier un camp. Quand il ne s^agit que d'une nuit à passer, on se contente d'élever avec du gazon un léger retrancliement, que l'on fortifie ensuite au moyen de pieux ou de chausse- trapes en bois. On coupe le gazon de manière que la terre soit retenue par les racines des herbes ; les morceaux ont un demi-pied d'épaisseur, un pied de largeur et un pied et demi de longueur.

« Si la terre est trop friable pour qu'on puisse couper le gazon par morceaux en forme de briques, on creuse à la lulte un fossé de cinq pieds de large, et de trois de profondeur, dont la terre, rejetée dans l'intérieur, forme un retranchement, derrière lequel Tarmée peut reposer en sûreté.

« Mais on donne plus de soin aux fortifications des camps oii Tarmée doit séjourner longtemps {castra stativa) , soit pendant l'été , soit pendant

CAM FEAKCE. CAM ai

l*hiTer, dans le Toisinage de Tennenii. militaire des Romains , avaient alors

Chaque oenturie reçoit alors un espace été délaissées pour la grande tactique

de cent pieds; puis'après avoir déposé des barbares. Pins tard, lorsque, au

leurs boucliers et leurs bagages autour régime fondé par la conauête, eut été

de leur enseigne, les soldats, l'épée au substitué le régime féoual, qui mor-

côté, creusent un Ibssé large de neuf, cela à l*infini les forces des Etats, et

de onze, de treize pieds, ou même de couvrit l'Europe de forteresses, les

dix-sept, si Ton craint une dangereuse camps devinrent inutiles. Les chfl-

attaque; on choisit ordinairement un teaux que l'on rencontrait à chaque

nomore impair. On dispose ensuite des pas en tenaient lieu; et les armées

claies , des troncs ou des branches étaient si peu nombreuses , que ces

d*ari>re8 entrelacées, pour empêcher places suffisaient ordinairement pour

réboulement des terres, et.i*on élève leur donner unsd>ri.

un retranchement que l'on couronne Ce n'est guère que pendant les guer-

d'un parapet et de créneaux, comme res contre les Anglais, au quatorzième

un véritable rempart. » et au quinzième siècle , et surtout

Telles étaient, chez les Romains^ les pendant les expéditions des Français

règles de la castramétation. On peut en Italie au seizième siècle, ^ue ron

en voir Tapplication dans les Corn- recommença à pratiquer les règles de

mentaires de César. Le récit du siège la castramétation. [.e P. Daniel, dans

que son lieutenant , M. Cicéron , sou- son liistoire de la milice française, cite

tint dans un camp, contre une nom- cotume le premier cam[) dont il soit

breuse armée de Nervtens, pourra suit- question dans notre histoire, celui

tout donner une idée du som que Ton que le marquis de Mantoue, com«

mettait dans la construction de ces re- mandant l'armée française , établit en

tranchements , et Tonne sera point 1503, sur les bords 'du Garigliano.

étonné que leurs débris aient traversé Depuis, les principes de l'art du cani-

les siècles, et subsisté jusqu'à nous. pement des troupes ont été de nou-

Nous avons dit que ron observe en- veau étudiés, et cet art a fait des procore en France les vestiges d'un grand grès , comme toutes les autres parties nombre de camps romains. Les plus de la science militaire. Voici quelles beaux monuments de ce genre sont : sont aujourd'hui les principales règles le camp de t Étoile, près du village de observées par les armées françaises ce nom , sur la Somme , à douze kilo- dans l'établissement des camps : ' mètres de Péquieny; le camp de Un camp peut avoir pour objet de fyhsan , entre Calais et Boulogne; le couvrir une place forte, un défllé, un camp de la cité de Limes^ en Norman- passarre de rivière, un point important die; celui de la cité d'Afrique , près quelconque, ou d'observer les mouvede Nancy; et ceux de Bière et du Cha- ments de l'ennemi , ou enlla de faire telier, diont nos planches 99 et 100 prendre du repos aux troupes qui représentent le plan et le profil. Une roocupent. L'objet que l'on se pro« description détaillée de ces monuments pose dans la construction d'un camp , serait ici déplacée. Nous renvo^'ons détermine l'ordre dans lequel les trounos lecteurs au recueil d'antiquités de pes doivent y être rangées. Il y a deux CayluSjt. I à VU, et à une savante dis- ordres de campement, l'ordre en basertation de M. d'Âllonville, publiée tailleet Tordre en marcfae. Le premier en 1838. est le plus usité , car c^est celui dans

Les historiens ne nous onttrans- lequel les troupes , en prenant les armis aucun détail sur la manière dont nies, se trouvent dans la disposition campaient les armées françaises sous où elles doivent être pour combattre les deux premières races ; et il y a l'enoemi s*il tentait une attaque. L'ortout lieu de présumer que les règles de dre en marche ne s*emploie que dans l'ancienne castramétation , ainsi que les camps passagers, et lorsque l'on est toutes les autres branches de la science bien certain de n'être point attaqué.

13 n camp destiné à couvrir ttoe place forte doit être- placé dans la position la plus avantageuse possible, et de monière à ce qu'il puisse rendre la défense supérieure & Paltaque. Dans iout état de choses, les eamps doivent être placés de telle sorte , que leurs communications soient toujours libres, leurs flancs bien appuyés, et couverts à une distance assez grande , pour que reiinemi ne puis^ {eur dérober ses mpuv^menU* camps gui couvrent des passages de rivière ou des défilés, doivent toujours être placés en arrière de ces obstacles.

I^es c}inips destinés seulement h laire reposer les troupes « doivent oocuper une position assez forte pour que l'on puisse s'y défendre avec des chances Ofi §iiccè§ ^ ppu près certaines.

lOB Oiimps sont ou passagers ou permanents. Les camps passagers servent à observer les mouvements de Tennemi , à y mettre obstacle , à le tenir en écb.ec. Quant aux camps permanents, ce sont de ces positions qui ont i;oujours une grande influence sur les opérations de la guerre^ et qui contribuent puissammept ^ en, assurer le succès.

Il peut arriver que les camps pernianents ou passagers soient établis sur des positions qui ne sont point fortifiées naturellement, ou du moins qui ne le sont que d'une manière imparfait. Dans ce cas , c'est à l'art d'y suppléeir.

L'emplaGement ^e Ton choisit doit élire situé sur un terrain aéré, a proximité d'une rivière ou d'un ruisseau , et, autant que possible, à portée d'un bois. Les environs doivent pouvoir rourqir à ses besoins en subsistances, en raurrages, etc. Ses communications avec les dépôts, les magasins, en un mot , avec la base d'opérations de l'armée , doivent être assurées et faciles.

Lorsque toute^ ces conditions sont remplies, il reste à prendre des dispositions militaires , suivant le but auquel le cainp est destiné. Si c'est un c^ju]^ d'instruction^ en temps de paix.

U sulÇt 9«8 sa position soit salubiSi

et remplisse d'ailleurs les conditions de commodité les plus essentielles; mais si c'est un caiiip de guerre , et dans le voisinage de rennewi , il est nécessaire qu*il soit établi die manière à ce que les troupes qui l'occupent puissent en sortir promptement et avec ordre, prendre les armes, et se porter ipdméqiatemçnt sur ligne de DStsille en avant do front du camp, qu'on appelle aussi front de bandiére.

D'où il suit que l'étendue du front du camp, ou de bandière, doit être égale à l'étendue de la ligne de bataille , et

aue les différentes troupes qui entrent ans la eonipositiop d'une i^rmée, doivent être campées dans leur ordre de bataille, c'est-à-dire, chacune derrière le front qu'elle doit occuper dans là ligne de bataille. '!^outes ces dispositions s'appliquent aux camps «fini* truction comme aux camps de guerre.

Nous avons traité ailleurs les questions politiques qui se rattachent au camp de Boulogne nous ne dirons donc ici que quelques mots sur rétablissement et fa levée de ce camp.

Après la rupture de la paix d'Amiens, Napoléon, alors premier consul, ayant conçu le projet d'aller attaquer les Anglais dans leurs propres foyers, ordonna rétablissement de six camps sur les côtes de l'Océan. Ces camps furent placés à Doidogne, Saint-Omer, Ostende , Bruges , Cçaipi^ne 4 Bauonne, Celui de Boulogne était le plus im-

f sortant de tous : c'eist là que se firent es plus grands préparatifs de l'expé* dition projetée; c'est de là aussi que devaient partir tous les ordres. Le premier consul y réunit une armée de cent cinquante mille hommes , Télite de ses troupes. Les ports situés sur la côte , depuis Cherbourg jusqu'à Calais , renfermaient une flotte rormidabie et une immense quantité de bâtiments de transport. La France entière s'associa à cette expédition nationale, et concourut par des dons patriotiques k la c^pftrMçMon des bâ«

{*) Vovez BovLOoxrs (camp de),

liments nécessaires au transport des troupes et aux opérations de la ma^ rine. Au mois de juin 1808 , le premier

consul vint activer par sa présence les préparatifs qui se faisaient à Boulo-

Êue. Il y revuit une seconde fois dans I même année , pour passer en revue, les troupes et les différentes divisions, de la flottille gui s'y trouvaient réunies* Ènfin, au mois d'août 1804, Napoléon, devenu empereur, vint faire aux troupes des armées de terre et de mer la première distribution solennelle de croix de la Légion d'honneur. Le camp de Boulogne fut levé vers la fin d'août 1805 ; les troupes qui le composafent se rendirent à marches forcées sur le Riiin ; et, après unecanipagnede moins de trois mois . le soleil d*Auster|jtz édaira Tanéantissement de l'armée ennemie.

11 nous reste maintenant à dire quelques mots des camps gui , établis oans rintérieur du royaume, sont destinés à l'instruction dés troupes, et sont connus sous le nom de camps de manœuvre ou (f instruction.

Déjà, sous Louis XIV, ces camps, gu'on désignait alors sous le iioin de camps' de plaisancei, étaient le rendez^ vous des grands 'seigneurs et des grandes dames , qui venaient y passer Irur temps dans les fêtes et la bonne chère. XjQ camp de Compiègne, établi en 1696 pour Téducation militaire du duc de Bourgogne et pour l'amusement de madame de Mamtenon, qui ilésirait voir un simulacre de guerre, fut formé à grands frais. Ce camp de parade, où manœuvrèrent enviroA soixante mille hommes de toutes armes, ne fut d'aucune utilité pour l'instruction des troupes, ni pour celle du prince, qui, quinzejours après, en avait perdu le souvenir. Les ofliciers y affichèrent un luxe effréné , qui Ibrécba quelque peu leur fortune , e^ ne puisèrent, -dans ce5 brillantes évolutions , aucun des principes de l'art de la guerre. Il en est à peu près, dj^ même aujourd'hui.

Plusieurs de ces camps ont existé sous la restauration à Saint-Omér, ^ Pefpigiian et à Lunévill^. Depiiis la

révolution de 1830 nous ami fl ceux de Saint-Omer, de Lunévîlle, H Compiègne et de Fontainebleau. Lé

but de leur création a toujours été ^instruction des troupes ; mais l'ontils atteint, et les résultats obtenus sont-ils de nature à justifier complètement les crédits gue les cbamorea leur ont alloués? Nous avons lieu de croire le contraire. Le résultat le plus clair de ces rassemblements onéreux, c'est de faire dépenser beaucoup d'argent am(olQGiers;etde fatiguer inutiléi ment les soldats, lie temps s'y passe en revues, en exercices de détail, auxquell les troupes devraient avoir été suffisamment habituées, dans les villes de garnison, pour n'avoir plus, en arrivantau camp . qu'à en nire l'application aux grandes roanoMivrei de 1» guerre.

IMais si ces dispendieux rassemblements de troupes sont sans aucune utilité pour 1 instruction , ils servent du moins à faire briller, dam tmi leur éclat, quelques jeunes intsltigen*, ces tellement favorisées de la nature, que cette science, à l'étude de laquelle tant de grands capitaines ont consacré de longues et laborieuses veilles , leiir arrive k eiuç sans aucnn effort eî comme par droit de naissanee.

Camps de vétérans. — Dès le mois de vendémiaire an xi, le gouvernement avait fait un appel aux vétérans pour les réunir et en former, des câmns dans les 26" et 27* divisions militaires. Les dispositions qui furent arrêtées alors reçurent bientôt la sanction du Corps législatif, et, par une loi 4u V'^ fforéal de la même année, la formation des camps de Yé«.

téran§ (Ut définitivement décidée.

Cette loi concédait aux militaires des armées de terre et de mer , mutilés ou grièvement blessés dans le^ combats, â^és de moins de quarante ans, et qui voudraient ^'étaolir dans les 26^ et 27* divisions, un nombre d'hectares de terre d'un produit net égal à la solde de retraite dont ils jouissaient , à la condition de résider sur les terres qui leur seraient distribuées, de 1^ cultiver OP faire opiltiver/ dV payflr \^ 090tr|b«tipi||^ ft

é* CÂH LimiV£RS. CAM

de concourir, quand ils y seraient ap- Deléà, à la défense des places frontières uisant partie de cte divisions.

Elle affectait, pour cette concession, dix millions de iDiens nationaux pour les cinq premiers camps qui seraient établis dfans les 26*" et 27* divisions militaires , savoir : quatre millions dans la 36* division , et de préférence sur les propriétés nationales les plus à portée des places de Mayence et de Juliers ; et six millions dans la 27*" di« vision , et de préférence sur les propriétés nationales les plus h portée des places d* Alexandrie et de Fenestrelles.

Ces propriétés ne pouvaient être engagées, cédées ni aliénées pendant l'espace de vin^-cinq ans; elles n'étaient transmissibles aui enfants des vétérans qu'autant que ceux-ci étaient nés de mariages contractés en France ou aux armées , avant l'époque de la formation de camps dans lesquels ils auraient été compris, oo de mariages contractés depuis cette époque avec des filles du pays où le camp était établi.

Les enfants mâles des vétérans admis dans les camps ne pouvaient cependant conserver la part héréditaire ui leur serait échue dans le partage e la portion de terre distribuée à leur père, qu'autant qu'ils rempliraient eux-mêmes , jusqu'au laps de vingtcinq ans depuis la formation du camp, les conditions auxquelles leur père était soumis , en exécution des lois et des arrêtés du gouvernement.

Lorsqu'un vétéran mourait sans enfants , sa veuve conservait pendant sa vie l'usufruit de sa portion déterre; et si elle épousait un militaire ayant dix ans de service, elle lui apportait cette portion de terre dont elle devenait propriétaire incommutable.

Après la mort de la veuve (jui n'a- Tait point été remariée à un militaire, le gouvernement disposait de cette portion en faveur d'un militaire réunissant les conditions exigées pour être admis dans les camps.

Les militaires qui désiraient être admis à jouir de ces divers avantages

adressaient leur demande au préfet de leur département , qui la transmettait au ministre de la guerre. S'ils

avaient toutes les qualités requises, ils recevaient l'ordre de se rendre au i camp qui leur était désigné. Les vété- j rans continuaient à recevoir leur solde | de retraite;

Un arrêté du 26 prairial an xi régla la formation des rnmps, la répartition des habitations et des terres , ainsi que les mesures d'ordre qui devaient y être observées. . Chaque camp se composait de quatre cent cinq hommes , savoir ;

1 chef de bataillon, ou capitaine en faisant fonctions «

4 capitaines,

4 lieutenants,

4 sous-lieutenants,

8 sergents, • 16 caporaux, 368 soldats.

Ces quatrecentcinq hommes étaient divisés en quatre compagnies de cent

un hommes.

Chacun des vétérans avait son habitation particulière, soit dans des maisons nationales^ soit dans des maisons rurales construites exprès. Des visites annuelles étaient faites pour connaître les réparations qu'il convenait de faire dans les habitations.

Des bornes ou limites indiquaient la propriété de chacun, et un mur élevé et crénelé entourait chaque camp.

En temps de guerre, les vétérans ne pouvaient s'absenter.

En temps de paix, ils ne pouvaient s'éloigner pendant plus de dix jours sans une permission expresse. Le vétéran qui n'était pas rentré dans ses foyers au jour indiqué était privé de sa solde de retraite pendant le temps ui s'était écoulé depuis l'expiration e sa permission jusqu'à son retour; si ce laps de temps égalait ou excédait le délai qui lui avait été accordé, il perdait le double de sa solde de retraite pendant tout le temps excédant le terme fixé par sa permission.

- Lorsqu'un vétéran s'était absenté

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sans permission, ou qu*il avait excédé d'un mois le délai fixé par la permission qui lui avait été accordée, il était considéré comme n'ayant pas rin< tention de résider sur les terres qui lui avaient été concédées; et le ministre de la guerre, d'après le compte qui lui eu était rendu , en rétérait à l'empereur, et proposait les mesures qu'il jugeait convenables.

lies militaires admis dans les camps étaient habillés, armés et équipés aux frais de l'État, comme l'intanterie de ligne. Toutefois , l'hni)illement et Téquipemeiit ne leur étaient lourois que nrs de leur admission; ils étaient ensuite tenus de s'en pourvoir.

Telles étaient les principales dispositions relatives aux camps de vétérans. Elles furent exécutées jusqu'au moment oii la restauration, acceptant toutes les conditions imposées par l'étranger, renversa une à une toutes les institutions nationales créées par le génie de Napoléon. Les camps de vétérans furent dissous; mais, par une ordonnance du 2 décembre 1814 , le nouveau gouvernement accorda un doublement de la solde de retraite dont ils jouissaient aux officiers, sousofficiers et soldats dépossédés des terres domaniales qui leur avaient été concédées. Les veuves et les orphelins de ceux qui étaient déoédés dans les établissements de Juliers et d'Alexandrie reçurent une pension. On accorda de plus, à chaque sous -officier ou soldat, dans le lieu de sa nouvelle résidence, un secours, une fois payé, de cinquante francs, et à chaque femme ou enfant, un secours de vingt^inq francs.

Camps (François de), prêtre et antiquaire, né à Amiens en 1643, s'appliqua aux études historiques sous la direction de Bouteroue, de du Gange, du P. le Cointe et de dom ]Mabillon , et se livra ensuite a l'étude des médailles ; il en forma une tres-beile collection qui est passée depuis au cabinet des antiques de la bibliothèque da roi. On a de lui , dans le Mercure du temps, un grand nombre de Dissertations sur l'histoire de France. Le P.

Baire en a donné la liste complète dans son Histoire littéraire cT Àmietu* De Camps mourut en 1723.

CAMULOoi^rs£ , Gaulois dont César parle dans ses Commentaires (liv. vu, chap. 57 et suiv.). 11 commandait en chef les Parisii et les confédérés des cités voisines, lorsque I.abieiius marcha sur Lutetia. Gamulogène , alors chargé d'années , mais doué d'une

Srande expérience de l'art militaire , isputa au général romain l'approche de la Seine en se couvrant d'un grand marais que formait sur la rive gauche du fleuve la rivière de iiièvre. Labienus, contraint de se retirer, alla sur-

f»rendre MeMmum (Melun), y passa a Seine et remonta vers I.ntctia. Camulogène, craignant que renrieini ne s'en rendît iiuiître et ne s'y fortifiât ,"v mit le feu, coupa les ponts, et, protégé par le marais, revint camper sur la rive gauche. Cependant Labien us opéra son passage à quatre milles plus bas, et les deux armées en vinrent aux mains dans la plaine dlssy et de Vaugirard. L'action fut longue et opiniâtre; enGn les Gaulois furent enveloppés et taillés en pièces. Gamulogène, qui avait toujours animé les siens par son exenjp'e, ne survécut pas à sa défaite, et se lit tuer les armes a la main.

Camus , seigneurie de Franche- Comté , à seize kilomètres de Gray, aujourd'hui du département de la Haute-Saone, fut érigée eu marquisat en 1746.

Camus ^Armand-Gaston), député aux états généraux et à la Convention

nationale, membre du Conseil des Cinq-Cents et de l'Institut, naquit à Paris, le 2 avril 1740. Cet homme, dont le nom a occupé depuis une place si importante dans l'histoire de notre révolution , étudia avec un grand succès le droit, et acquit surtout une connaissance parfaite du droit canonique; ce qui lui valut la place d'avocat du clergé de France. Il vit avec transport les premiers événements de 1789, et ne dissimula point la part qu'il se proposait de prendre a la révolution.

Nommé député du tiers état de Paris aux états généraux, il devint l'un des

T. IT. 6* lÀV» (DlGT. S«GYGL« , SIC')

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