GAM
UUmVERS.
secrétaires provisoires de la chambre deî? communes, combattit Mirabeau, qui voulait qu'on obtînt la sanction du roi pour se réunir en sections, et déclara s'opposer à tout projet d'em*
f)runt, jusqu'à ce que TAssemblée fût également reconnue. Il joua un rôle important à la journée du jeu de
i)aume, et ce fut lui oui alla chercher es papiers de l'Assemblée dans la salle fermée pour les préparatifii de la séaooe royale. Quand It résistance de la cour eut été vaincue, et que les députés purent accomplir leur importante mission, il obtmt la suppression des annates payées Jusqu'alors à la cour de Rome, et fut nommé archiviste de l'Assemblée (*). Depuis cette époque, il ^.'occupa presque exclusivement ae matières de finances et des biens nationaux. Dans la séance du 4 août, pendant qu'on dtseutait des droits de rhomme, Camus demanda qu'on fît aussi mention des devoirs. I/ordre de Malte ayant, le 30 novembre, fait des réclamations contre la suppression de la dîme, il s'écria : « Je demande, pour « répondre aux pétitionnaires, que les «établissements de Tordre de Malle « soient supprimés. « Il fit tous ses efforts pour que le livre rouge, qui contenait Tétat des dépenses royales et des pensions secrètes du gouvernement, fût donné en communication à l'Assemblée, et il le lit imprimer, stigmatisant ainsi la cupidité des courtisans. Kn juin, il attaqua les fermiers généraux , et obtint la suppression de toutes tes croupes (voyez ce mot). Dans la discussion sur les dettes du comte d'Artois, il demanda à l'Assemblée:
« Pourquoi l'on voudrait faire payer à « la France les dettes d'un particulier, » et fut vivement applaudi. li fit, dans la séance du 18 août, réduire à un million lè traitement des princes français, et fît supprimer leur maison mimaire. La fameuse constitution civile du clergé fut presque exclusivement son ouvrage. Ce fut lui également qui
Provoqua Te serment civique de la part e tous les ministres du culte. Après
(*} Toyez Arcbivu.
la fuite de Louis XVI , il accusa Montmorin, la Fayette, B lilly, et Louis XVI lui-même, les qualiliant de conspirateurs et de traîtres; il demanda, le Sjuillet, la suppression de tous les ordres de chevalerie et de toutes les corporations fondées sur des distinctions de naissance. Nommé conservateur des archives nationales , il rendit un immense service en prévenant la destruction des titres et papiers des diverses corporations supprimées. Camus prit part aux discussions relatives aux attributions des ministres et à leur présence à l'Assemblée législative, et provoqua le décrét qui convoquait la Convention nationale« à laquelle il fut envoyé parle département de la Haute-Loire. Devenu secrétaire de la Convention dès sa première séance, il y deuianda, le
22 octobre, la vente immédiate du mobilier des émigrés et des maisons religieuses. Au mois de décembre 1792, il fut chargé par la Convention d'aller vérifier, en Belgique , les dénonciations qui étaient adressées par le général Dnmouries contre le miqistre de la guerre; et, après avoir rempli sa mission, il revint à Paris, rendit compte à l'Assemblée (le la situation de l'armée française en lkli;i(jue, et insista sur le dauj^'er de ne pas laisser aux générau.Y les moyens de mettre à exécution leurs plans de campagne. Envoyé de nouveau dans ce pays, en qualité de commissaire de la Convention, pour surveiller les opérations de l'armée, il se Iroavait absent de Paris lorsque 1 ou condamna Louis XYI ; il envoya cependant son vote pour la mort sans appel et sans sursis , dans une lettre du
23 janvier. A son retour, il fut nomme membre du comité de salut public. Le 90 mm 9 il fut chargé de demander au nom du comité que le général Dumooriez fût mandé à la harrc, et que quatre commissaires pris dans le sein de la Convention, accompagnés du ministre de la guerre, Reurnonville, partissent sur-l^bamp poiir la Belgique, avec pou voir de faire arrêter tous les générntjx et officiers de l'orméequi leur paraîtraient suspects. Camus fî^partie de cette commission. Ce fut lui
CAM
et
2ui signifia à Duniouriez le décret de la lonvention. On sait comment Dumouriez répondit à cet ordre ; il Ut arrêter par àeÈ hussards les commissaîres et 1^ ministre de la guerre, et tes livra aux Autrichiens, le 3 avril 1793. Successivement détenu à iMaëstricht, à Coblcntz , à Kœnigingratz et 5 Olmutz, Camus .après trente-trois mois de captmléf tut enfin échangé à Bâie contre b fille de Louis XVI. Revenu en France, il siégea au Conseil des Cinq- Cents , dont un décret de la Convention favait déclaré membre de droit, ainsi gue ses comoagnons de captivité. Il y pi le récit ae leur longuè et doutoureuse détention , et obtint la présidence au Conseil, le 23 janvier 170C>. Peu de jours après, il fut nommé par le Directoire ministre des finances ^ mais il refila cette place ^ et resta attaché au Conseil. Ses travaux furent tous consacres à Tadministration et aux finances. En 1795, il présenta un projet d'amnistie qui fut adopté peu après. Il sortit du Conseil le 20 mai 1797.
pamiisi qui déjà avait été nommé li^hre de Tlnstitut, reprit alors seè travaux littéraires, et s y livra sans interruption. Fidèle à la cause de la liberté, Camus osa, au 10 juillet 1802, 8*inscrire pour la négative sur le re- Astre des votes pour te consulat à vie. jkaiKiléon, dçvenu empeireur, lui conserva sa place aux arcnives et h l'Institut, Camus préparaît des matériaux (précieux pour Tnistoire des départements xéums à |à France, lorsque, le 3 novembre lâ04, il mourut. Il a laissé plusieurs ouvrages, parmi lesquels pous mentionnerons : Lettre sur la profession d'avocat, et Bibliothèque choisie des livres de droite 2 vol. m- 13, 1773 et 1777; HisMre des <mliflèux d'ArisUitoy avec le texte en regard, 2 vol. in-4 ; Code judiciaire y ou Recueil des décret'i de V .-issemblée ^a^onale et comtituante sur l'ordre judiciaire, 1792; Mctnuel dÉpictéte, fl U^ti^ èe CébéSf 1796 et 1803; iUmoirê sur la co^ectîon des grands St petits voyages y m ^**, 1802; Histoire et procédés du polytypage et du 4téréotyp<ige, 180^ î F"oyage dans les
départements novrelfement réunis. Il aiourni aussi, dans le temps, un grand nombre d'articles au Journal des SavanU et à la BU>Hothéque kfsiotfpiê de France,
Camus (Ch. F.t. L.), né à Cfessr en Brie le 26 août 1690, montra de bonne heure les dispositions les plus heureuses pour les. sciences mathématiques. Tt concourut, à vingt-huit ans, avec Bouguer pour le prix proposé par FAcndémie des srienres sur la manière la plus avantageuse de mâter les vaiS' seaux. Il fut \aincu; mais son travail fut jugé si remarquable, que TAcadémie Tadmit immeidiatement an nom<^ bre de ses membres. Camus fut du nombre des nradémiciens envoyés dans le Nord , pour déterminer la figure de la terre. De retour en 1737, il communiqua deux ans après à TAcadémie un ouvrage important sur rhydraidique. Il mourut en 1768. Il était membre de la Société royale de Londres, et secrétaire perpétuel de l'Académie d'architecture. Outre les ouvrasses cités plus haut, il a publié : 1* plusieurs mémoires sur les forces vives , sur les dents des rmies et les ailes des pignons, insérés dans le recueil de l'Académie, années 1728 et 1733; 2" Cours de mathématiques, Paris, 1766, 4 vol. in-6".
Camus (François), carabinier au 9" régiment d'infanterie légère, né à Reims en 177.5, fut attaqué, à la bataille de Marengo, par une dizaine de hussards ennemis. Sans se laisser effrayer par le nombre des assaillants , il leur résista , parvint à en démonter deux, les fit prisonniers, et obligea les autres à prendre la fuite. Cette action lui valut un sabre d'honneur.
Càkus (Fr. jos. des) naouit le i4 septembre 1672, à Pichome, villaee près de Saint-Mihel, en Lorraine, It ses études à Bar-le-Duc sous' les jésuites, puis après être resté deux ans au séminaire de Verdun, alla cultiver à Paris son godt pour la mécanique.
Plusieurs de ses machines furent approuvées par l'Académie des sciences, qui le reçut au nombre de ses membres en 1716, mais l'exclut de son sein
LmiV£RS
CAM
pour cause ifabsence en 1723. Après avoir été en HoUande faire Fessai
d'une machine propre à soulager les rameurs, Camus tut forcé, en 1732,
Sar son manque de fortune et le peu *eDcouragementqu'iI reçut en France, de passer en Anj^feterre^ où il mourut, on ne sait précisément à quelle époque. On a de lui : T Traité des forces mouvantes, 1722, in-8", ouvrage rare et curivux , qui donna lieu à une j)olé« mique entre l'auteur et le marquis de Serbois; 2" Traité du mouvemeni accéléré par des ressorts et des forces qui ré skient dans les corps eji mouvement, inséré dans les mémoires de l'Académie des sciences , année 1 728.
Des Camus contribua aussi à la nouvelle édition de la Mécanique de Varignonj donnée par de Beaufort, Pa« ris, 1720, 2 vol. in-4".
Camus (Jean-Pierre) , évêque de Belley, né à Paris en 1582, se rendit célèbre par la guerre acharnée qu'il fit durant toute sa vie aux moines mendiants , dont la fainéantise et les mauvaises mœurs avaient excite son indignation et vivement contrarié son zele pour le bien de la religion. Dans ses écrits, dans la société, du haut de la chaire , partout il les poursuivait impitoyablement. A ses sarcasmes, les moines répondaient par des injures; si bien que, pour faire cesser fa lutte, il fallut recourir à l'intervention du cardinal de Richelieu. «Je ne vous « connais , Ini dit le premier ininistre , « d'autre défaut que cet acharnement a contre les moines , et sans cela je « VOUS canoniserais. « « Plût à Dieuj «lui répondit avec vivacité Camus; « nous aurions Tun et l'autre ce que « nous souhaitons ; vous seriez pape , a et moi saint. » Cette réponse sutfit pour faire connaître le caractère du pieux év£4|ue, uu*on peut juger encore par les titres ae quelques-uns de ses écrits polémiques : c'étaient le Directeur désintéressé i la Désapproprîation claustrale; le Rabat -Joie du triomphe monacal: les deux Ermites; ie Reclus Instable; rjnUmainebien préparé y tiiZ2^ in-8% rare, etc. Cet mfotigable écrivain a laissé plus de
deux cents voiomes écrits avec Une
singulière facilité, mais d'un style moitié moral , moitié bouffon , semé de métaphores bizarres et d'images gigantesques. N'oublions pas de dire que Camus fut surnommé le Lucien de tépiscopat pour les romans pieux qu'il avait imaginé de composer comme contre-poison des romans profanes.
Quelques-uns d'entre eux , sans doute pour mieux soutenir la concurrence avec Vjistrée, la CléUe, le Ctfrus de volumineuse mémoire , sont écrits en six ^ros in-S" ; ils sont intitulés : Dorefilée, Jlcime, Spiridion, Daphnide, Jlexis, etc. Oi\ avait pronosé à Camus plusieurs évéchés consiaérables qu'il refusa constamment. Après vingt ans de travaux , il se démit de son évéché, et se retira à l'iifîtel des Incurables à Paris, pour y consacrer le reste de sa vie au service des pauvres , et y mourat en 1653, à Tâge de soixante et dix ans. Dans la longue liste de ses on»
vrages, nous distinguerons encore les Moyens de réunir les protestants avec l'Église romaine^ Paris, 1703 : c'est ce que Camus a écrit de mieux; ÏEsprit de saint Français de Sales (ami de l'auteur), Paris, 1641; Discours prononcés devant les états généraux de 1614, Paris, 1615, in-8».
Camus (N.), lieutenant au 16"^ régiment d'infanterie de ligne, né à Brion, près Joigny, iîit cbat'gé, avec quelques nommes de sa compagnie, de défendre un passage au combat d* A mberg , le 21 aoilt 1796. A peine a-t-il pris "position qu'il est assailli par un parti cod- i sidérable d'Autrichiens qui le som- | ment de se rendre. « En avant ! » crie 1 alors Camus; et il fonce avec sa petite troupe sur le détachement, qvCii fait prisonnier.
CAMLs(N.),maréchaides logis au20' régfment de chasseurs à cheval , né à Fismes (Marne). Étant en tirailleur avec le chasseur Robin , du même corps, dans la forêt de Saint-George, ils aperçurent un batailiou de grenadiers français faits prisonniers pendant la , bataille de Hohenllnden; Camus et Robin se précipitent sur les Hongrois en criant: a Escadron , en avant!» A
CAM FRANGE
ee cri, le$ gienadiers français sautent sur les armes de leurs conducteurs
épouvantés, s'en emparent, et les font prisoDniers à leur tour. Dans ce moment, Camus etRobia s'avancent vers leurs frères d^armes, qui reconnaissent lie le prétendu escadron se compose e deux hommes.
Camusat (Deiiis-Fr. ), né h Besançon en 1695, se fit connaître de bonne beure par une liiatoire des journaiLX imprimés en France, pubiiw en 1716.
Retiré plus tard en Hollande , il y passa le reste de sa vie à écrire des ouvrages qui se ressentent, il est vrai, de l'inconstance et de la précipitation naturelles à Tauteur, mais qui décèlent toujoiurs rhomme d'esprit, etren* ferment une foule de recherches curieuses. Sans compter ses éditions des Mémoires pour servir à C histoire de Louis AI par Cabbé Choisy, des Mémoires historiques de Mézeray, qui fiirent proscrits en France , des Poé- ^esde Chaulieu et de La/are, éditions publiées en Hollande de 1726 à I73I, on lui doit encore une Bibliothèque française, ou Histoire lilléraire de la ft'ance, Amsterdam, 1723 et suiv., 3 voL in-12 ; des Mémoires historié ques et critiques , Amsterdam , 1722, 2 vol. in-12; des Mélanges de littérature ^ tirés des lettres înanuscrites de Chapelain, Paris, 1726, in-12; la BibRotnéque de Qaeconius, avec des notes, Paris, 1731, in-fol.; enfin, VHisfoire critique des journaux, 1734, 2 vol. in 12, publiés par Bernard. Camusat mourut à Amsterdam en J732.
Camusat ( Jean ) , imprimeur-libraire à Paris, se fit, au commence- 'inentdudlx-septièmesiècle,uneréputation par son savoir et le choix des ouvrages sortis de ses presses. L'Académie française , à sa création , le choisit pour son imprimeur, et le ehai^
S;a [Husieurs fois de répondre pour le aux lettres qui lui étalent adressées. Il assistait aux séances de cette assemblée , et y remplissait les fonctions d'huissier. Souvent même les académiciens se réunirent chez lui avant leur installation au Louvre. A la mort de Camusat, arrivée en 1689,
l'Académie lui fit célébrer un service fondre, et lui donna pour successeur
sa veuve, malgré la demande faite par Richelieu en faveur de l'imprimeur Cramoisi. Cette dame fut représentée par son parent, le médecin Duchesne, qui prêta serment pour elle, «et fut « exhorté , dit Pélisson , d'imiter la « discrétion, les soins et la diligence « du défunt. » Le recueil intitulé IVégociations et traités de paix de Ca^ teaU'Cambresis a été publié par Camusat.
Camusat (Nicolas), savant chanoine de réglise de Tro} es , né dans cette ville en 1575, mort en 1G55, est auteur des ouvrages suivants : Prompt uarium sacrarum antiqvitatum TYieassinse diœcesiSy Troyes, 1610, in-S"; une édition de Vllisforia Jlbigensium de P. Des Vaux de Cernai, 1615, in-S»; Mélanges historiques . ou Recueil de plusieurs actes, traites^ lettres, etc, depuis 1390 jusqu'en 1580 , Troyes, 1619, in-8«; enfin, une édition des Mémoires divers touchant les différends entre les jnaisons de MonimO' rency d de Chàtillon, écrits par Clir.
Rîcher, ambassadeur de François et de Henri II en Suède et en Danemark, ïroyes, 1625, in-8". Tons les ouvrages de Camusat, ces deux der- .
niers surtout , sont extrêmement curieux et recherchés.
Camusson (Laurent), sergent à la 66' demi-brigade de li^ne,né aPrunay (IMarne), commandait en l'an vir, à l'affaire de ISlanheini , un peloton de neuf hommes < avec lesquels il tint en échec pendant trois quarts d'heure, au débouché d*un pont, un fort détachement d'Autrichiens; il se défendait encore lorsqu'une balle le frappa au front.
CAJiA ( combat de ). — Tandis que I^apoléon pressait le siège d*Acre, de nombreux rassemblements d* Arabes, de Mameluks et de janissaires turent signalés à INablous et sur les bords du lac de Tabarieh. Le 10 juin 17U8, JN'apoléon envoya d*abord le général Junot en reconnaissance. Un premier combat eut lieu à Nazareth. Kléber accourut pour soutenir Junot, et leurs forces
90 CAir L*UNIVERS. CA«
réunies rcncontrèrentles ennemis à une essentielle de tout développemefit ma-
Keue et demie de Cana. KJébtfr forme ritime, arrêta sa pensée sur le Oihada,
de sa petite armée deux carrés : Inissi- aui avait été Tobjet de la sollicitude
tôt il est enveloppé par quatre mille de François r% de Henri IV et de
hommes de cavalerie et six cents d'in- Sully. Malheureusement il livra la co-
fonterie qui commencent ù le charger, lonie à une compagnie particulière, qui
Mais hientôt culbutés par le feu de nos fut infveijtie de poovofrs excenift. Un
carrés et dràssés de toutes leurs po- règlement du 29. arril 1637 céda à
sîtioQS, les Musulmans se retirent en' cette compagnie , en toute propriété,
désordre vers le Jourdain, où le man- le fort et l'habitation de Québec , cîr»
jue de munitions enapêche jS-léber de constances et dépendances, avec droit
es poursuivre. de justice et de seigneurje, à la charge
Canada. — Les Anglais rereodi- d*en porter fol ef hommage, et de
Suent pour un de leurs navigateurs la présenter au roj et à diactin de sei sue*
écou verte du Canada. Selon eux, Sé- cesseurs, à leur avènement au trô-
bastien Cabot découvrit , en 1497, tout ne, une couronne d'or du poids de huit
le littoral de l'Amérique septentrio- marcs. La compagnie eut en outre le
iiale , depuis le 34° jusqu'au 66*" de droit d'ériger des seigneuries, duchés,
latitude nord, sur Toeéan Atlantique; marquisats et baronnies, en prenant
mais^ dans tous les cas, il se serait des lettres de confirmation. On lui don»
borne h reconnaître les côtes, et n*au- na la disposition des établissements
rait pas pénétré dans le fleuve Saint- formés ou à former, le droit de lèS
Laurent. Ce qui le prouve iucontesia- fortifier et de les régir à son gré, de
selon ses ledeli laréeftbré
teur ignorait encore que 1 île de Terre- pour tous les Français , le commercé Neuve fût séparée du continent, et qu'il qui pouvait se faire par terre et par prit d'abord l'embouchure du Saint- mer lui fut cédé pour quinze ans ; là Laurent pour un golfe. Dès qu'il eut traite des pelleteries et dîo castor lui fut reconnu son erreur , il remonta le accordée a perpétuité. On prit TengaileuTC jusqu'à trois cents lieues de la gement de taire passer tons lès ans an mer, et prit possession du pays au nom Canada un certain nombre d'habitants de la France. On p(Hit donc regarder de tous les métiers , de n'y transporte Canada comme une découverte fran- ter que des catholiques, et d'y envoyer calse. Déjà, avant Jacques Cartier, le le nombre d'ecclésiastiques nécessainorentin Verazzano avait reça de tes. Cette organisation, qui' avait ^ François V la mission d'explorer ces tort de rendre la Nouvelle-France traù parages. Indépendante de la métropole , né M
Henri IV et Sully s'occupèrent de pas lavorable à son accroissement,
fonder des établissements sérieux au Avant de le garder pour toujours,
Canada , et, en leos, Champlain par* TAngteterre s'empara plusieurs fois du
tit à la tête d'une expédition. En 1607, Canada. Déjà, du temps de Cbarn*
Champlain jeta les fondements de Que- plain, Québec fut pris et rendu à la
bec , qui devint la capitale de la colo- paix. En 1(329, les Anglais se rendirent
nie, et qui est aujourd'hui l'une des maîtres de tout le Canada; la France
premières places lortes du nouveau le recouvra en 1631 , par le traité de
monde. Son administration éclairée iSaInt-Germain en Laye. Colbert adop-
ayant donné à la colonie des chances ta le même système que iltchelleu , et
de durée, le Canada reçut le nom de la colonie retomba sous le joug du
JNouvelle- France. monopole. Pendant la guerre pour la
Le cardinal de Richelieu, qui avait successiond'Kspagne, les Anglais sVm-
à oœur Je rétablissement de notre ma- Durèrent encore d'une partie du Caiiada.
rine et la prospérité des colonies, base Le traité dUtrecbt céda à l'Angleterre
la Nouvelle-Éjcosse ou l'Acadie, qui était une dépendance de la colonie ea^
nadienne. Dans ce même traité, la France fit abandon de la ville de Port- Royal, de l'île de Terre-Neuve; enfin , TAngleterre se fit reconnaître en
Sossession de la baie et du détroit 'Hudflon. '
• La Iliction des limites entre les
possessions de l'Angleterre riveraines de la mer d'Hudson et les possessions françaises du Canada, donna lieu à la guerre de 1756, qui fut terminée par M traité Aix-la-Chapelle, et pendant laquelle les Anglais prirent LOitt8bonr| et rile-Royale au cap Breton, que nous avait laissés la paix d'Utrecht. L'article 9 du traité d'Aix-la-Chapelle sti»
Uula la 'restitiitlon de ces oanquétes.
■fais les hostilités ne tardèrent pas à être reprises , et cette nouvelle guerre maritime, corollaire de la guerre de sept ans, eut des suites désastreuses
riir la France. Entre autres pertes, traité de Paris, 10 février* 1768, sanctionna celle du cap Breton et da Canada, qui depuis ont cessé de nous appartenir. Ln France, est-il dit dans ce funeste traité, ne pourra revenir contre cette cession, ni troubler la Orande-Bfetagne , dans ses nouveliei {lossessions , sons auenn prétexte : le roi d'Angleterre accordera aux habitants du Canada la liberté de la religion catholique, et donnera les ordres les plus précis et les plus effectifs pour que sïs nouveaux sujets catholiques roniaiD% imissent proresser le culte de leur religion , selon le rit de l'Église romaine, en tant que le permettept les lois de la Grande-Bretagne.
' Ce ne fut pas sans'dearanâés peines et sans d'énormes sacrinces d'hommes et d'argent que l'Angleterre nous supplanta tant de fois dans la possession du Canada , et finit par nous l'enlever pour toujours. Ces nombreuses attaques furehl presque* toQjonrs reçues avec oeaucoup d'énergie; supériorité numérique des ennemis tut la principale cause de leurs succès; et depuis la belle défense de Champiain jusqu'à celle de Montcalm, qui ne céda
Vito'niortt là viltedn Québec paHt>
culièrement fut le théâtre d'une foule d^exploits inouïs. ( Voyez Québec , Gbakplaiii bt Montgalv.)
La mauvaise administration de la colonie et les dilapidations des employés contribuèrent aussi à notre pine. Avant la conquête du Canada , il était souvent parvenu au ministre ds la marine des rapports alarmants sur l'état 011 se trouvait cette contrée»
« Tout le pays, lui écrivait-on, est « prêt à déposer des malversations qui et s'y sont commises et quis'ycomuietr « teot joume|lement;j«g«E-eii par les fl fortunes rapides^u'elles ont OGcasioo- « nées. C'est aux dépens du roi qu'elles « sont faites; il épuisait ses forces pour « nous nourrir et nous donner la lorce M de combattre à son service; la faim « nous consume, et cVsst de notre subs^ (t tance qu'on s'est engraissé. . . » En 1762, une commission du Châtelet fut instituée à Paris, dans le but de soumettre à une enquête la conduite des employés les plus compromis* Le jugement qui fiit rendu par cette commission reconnut que des sommes immenses avaient été dilapidées , et ordonna une restitution de douze millions dans le trésor royal. MM. Rigot, intendant, Vartn, commissaire or&Dnateur à Montréal, Bréard^ eontrôleor de la marine à Québec, convaincus d avoir favorisé les malversations et les concussions mentionnées au procès, fiirent condamnés à six cent mille Uvres de restitution envers le roL
L'organisation politique de la colonie se prêtait merveilleusement aux abus. Dès l'origine, l'autorité du chef militaire et de ses lieutenants fut arbitraire et dMoliie. Le gouverneur avaN; le pouvoir de punir et d'absoudre ; il tenait dans ses mains les grâces et les peines, les récompenses et les destitutions, le droit d'emprisonner; il décidait arbitrairement et sans appel tous les procès qui s'élevaient entre les co^ Ions. Cette onmipotenœ, dont l'eienih pie fut si dangereux pour la métropole elle-même, se maintint avec toutes ses vexations, jusqu'en 1663. A cette époque, dans le but de remédier au mial , Conert institaa à Québea on oonssM
LinnvERS
CAN
supérieur. Le gouvernement envoya successivement dans cette ville un intendant, un mattre des eaux et forêts, et des Juges subalternes de la police française. Le taux des impôts était exorbilaiit et nuisait aux progrès de l'agriculture. Suivant un éditde 1663, la dtme se composait du treizième de tout ce que produisait le travail des hommes, et du treizième de tout ce que la terre donnait sans culture.
Le conseil supérieur de Québec prit sur lui , en 1667, de réduire ce tribut au vin^t-sixième, réduction beaucoup trop taible, qui fut confirmée par un édit postérieur. Des seigneuries avaient été accordées à une foule d'individus, tant on avait cherché à appliquer à la colonie les lois de l'anmtme métropole. Ces grands propriétaires hors d*état, par la médiocrité de leur fortune et par leur peu d'aptitude , de faire valoir leurs biens , les distribuèrent à des soldats vétérans , en s*en réservant la directe et toutes les servitudes féodales. Cependant, lorsqti'en 1C63 la coutume de Paris, niodiliée par des combinaisons locales , devint en quelque sorte le .code civil du Canaaa, le morcelle- •ment des terres ne tarda pas à arriver. En effet, la coutume de Paris admettait dans les successions le partage égal des propriétés. La division des biens étant devenue extrême, le gouvernement français défendit, en 1745, d*entamer toute plantation qui n'aurait pas un arpent et demi de front sur trente ou quarante de profondeur. Tous ces cliangements successifis montrent que les affiiires de la colonie étaient loin de prospérer. La source du mal était principalement dans le despotisme du f^ouvernement colonial et dans les charges qui pesaient sur l'agriculteur. Chaque colon recevait ordinairement quatre-vingt^ dix arpents de terre , et s*engaçeait à donner annuellement à son seigneur un ou deux sous par arpent, et un denii-niinot de ble pour la concession entière; il s'engageait à moudre a son jnoulin, et à lui céder, pour droit de banalité, la quatorzième partie delà
farine; il lui payait un douzième pour les lods et ventÀ, et restait soumis au droit de retrait et à une foule d*autres
sujétions. Le clergé avait, en outre, de trop grands privilèges. La plupart de ces usages féodaux se sont perpétués au Canada, sous la domination anglaise, et y existent encore aujourd'hui.
La colonie française du danada vécut généralement en bonne intelligence avec les sauvages du pays. Elle cultiva surtout l'alliauce des Uurons,
Ï[u'elle défendit contre les attaques des roquois, leurs voîsinSj qui se montrèrent toujours moins traitables. Aussi les Hurons avaient-ils un grand attachement pour les Français, qui s'appliuaient à les éclairer, u' les civiliser et les convertir au christianisme. U s'en faut que les Anglais soient aussi généreux à leur égard, et les Iroquois n'ont pas plus à se louer de leurs traitements que les Hurons. L'orgueil britannique ne peut pas s'habituer à voir des hommes dans ces enfants de la nature. Leur vendre le plus possible , leur acheter quelquefois, les dépouiller toujours ou les exterminer, soit à l'aide des machines , soit à l'aide des liqueurs fortes, soit à t'aide i encore de cniens féroces dressés exprès, tel est le système de relations que les Anglais ont adopté à leur égard. Ils en seront punis à la première atteinte que recevra leur puissance dans l'Amérique du Nord. Le I jour où la force viendra à leur manquer, les sauvages prendront leur revanche; et, s'il faut en croire les apparences, ce jour n'est pas fort éloigné. Déjà les deux Canadas ont fût des tentatives de révolte; de nouveaux symptômes de mécontentement s'y manifestetit. Le haut Canada surtout, presque exclusivement français, attache a notre langue et a nos mœurs, repoussant avec opiniâtreté la langue et les mœurs anglaises , paraît devoir s'émanciper avant peu. Lorsqu'il aura l)csoin d'assistance, le concours des naturels et celui des Etats-Unis ne lui manqueront pas. Quelque soit son avenir, l'attachement que ses habitants ont conservé pour l'andenno
CAN
métropole sera touiours un lien de ûh mille entre eux et la France.
Canapé (Jean), l'un des médecinschirurgiens de François 1*% né à Lyon dans le seizième siècle, enseigna le premier la chirurgie en français, et traduisit dans notre langue plusieurs ouvra^res latins sur cette science. On a de lui des Traductions des / « et IX* UoreM des Simples de Gallien, Paris, 1555, in- 16; du Uwe sur le Mowoement des muscles, et de VAnatomie du corps humain, du même auteur, Lyon, Iâ41-lô83, in-8°; de/V//ia/om/e de Jean Fasssem, Lyon, 1542, avec les Tables anatomiques , du même; des Opuscules de divers auteurs médecins, Lyon, 1552, in-t2; enfin le Guidon des barbiers et des chirurgiens, Paris, 1563, in-8\
Canapé. Voyez Doctrinaibbs. '
Canaples, ancien comté de Picar* die, aujourd'iiui Tune des communes du département de la Somme, à douze kilomètres d'Amiens. Cette seigneurie a donné son nom à l'une des branches de la maison deCréqui. (Voyez oè mot.)
C ANABIB, « espèce d'ancienne danse, dit Furetière, que quelques-uns croient venir des îles Canaries, et qui, selon d autres, vient d'un ballet ou mascarade 9 dont les danseurs étaient habillés en rois de Mauritanie ou sauvages. En cette danse, on s'approche, et on se recule les uns des antres, en faisant plusieurs passagesgaillards et bizarres, qui représentent des sauvages. »
Gan ABiBS (relations de la France avec les). (Voyez Béthemcoubt.) *
Canaux. — Dans l'article consacré aux bassins de la France, nous avons exposé quel était le système hydrographique de notre patrie. On a vu que du temps de Strabon les lignes navigables naturelles suffisaient aux besoins du commerce; mais depuis cette époque, la France n'a pu se contenter de ses fleuves; la France est devenue, comme le pressentait Strabon, une des plus riches contrées du monde, et dès lors les obstacles que présentent la navigation des rivières, les débordements, les sécheresses, les ensablements , ont nécessité la canalisation de