CAP FILA
s'appliqua dès son orii^qne, au commencement du quatorzième siècle , à réduire leur autorité. Il les priva d'abord de la faculté qu'ils avaient eue jusqu'alors de juiier les affaires civiles et criminelles; en lôl7, il essaya de nommer lui-même ces ofliciers municipaux, qui, dans le principe, avaient été élus , car autrefois les capitouls avaient transmis eux-mêmes leur charge, qui était annuelle, à des successeurs qu'ils avaient le droit de choisir. A partir du règne de Charles IX, les rois de France s'arrogèrent ce même droit, malgré les plus vives réclamations, tnfin , sous le règne de Louis XI V, un arrêt du 10 novembre 1G87 fnit définitivement la nomination des capitouls à la disposition du pouvoir royal.
Dans les temps modernes, les capitouls n'exerçaient plus qu'un pouvoir nominal, et' leurs fonctions n'avaient d'autre but que l'administration de la cité. Cependant les premières familles de Toulouse continuaient a recliercher avec empressement les honneurs du capitoulat, à cause des nombreux privilèges qui y étaient attachés. Les capitouls se qualifiaient de chefs des fiobles et gouverneurs de la ville de Toulouse. A l'exemple des patriciens de IU>me, ils avaient le droit d'image ( jus imaginum ) ; leurs portraits étaient gravés dans les registres de Jeurs délibérations qu'on conservait au Capitole. Ils avaient le droit de porter Je chaperon rouge , insigne de leur puissance; et, après leur nomination, on les promenait à cheval par la ville, entoures de soldats et au bruit des trompettes. Enfin les capitouls devenaient nobles de droit, et la noblesse restait désormais acquise à leurs familles. Un arrêté du conseil d'État, en date du 26 mars 1727, déclare que, « même dès le temps que cette ville ( Toulouse ) était alliée au peuple romain, elle jouissait déjà de la noblesse qu'elle communiquait à ses magistrats par l'exercice du capitoulat. » C'est là ce qui explique le prodigieux nombre de nobles qui se trouvent aujourd'hui encore à Toulouse.