‹ France (volume 4)Chapitre 27 sur 79 · CA · texte numérisé non relu

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Art. 5. Peiné de mort pour le meurtrier d'uQ évêque, d'un prêtre ou d'un fiacre.

Art. 7. Peine de mort pour qui brûlera, comme les païens, le corps d'un homme mort.

Art. 8. Peine de mort pour celui de la race des Saxons oui sera trouvé se cachant parmi ses frères , et refusant de recevoir le baptême.

Art. 9. Peine de mort pour qui sacrifiera un homme au diable.

Art. 10. Peine de mort pour qui machinera avec les païens contre les chrétiens , ou persistera comme eujf dans leur haine pour le Christ. Si quelqu'un les aide d'intention contre le roi et le peuple chrétien , que celuilà soit puni de mort.

. Art. 1 1 . Peine de mort pour qui sera infidèle au seigneur roi.

Art. 12. Peme de mort pour qui ravira la fille de son seigneur.

Art. 13. Peine de mort pour qui tuera son seigneur ou la femme de son seigneur.

IV. Législation civile. — • Elle est fort incomplète; cependant elle atteste de louables efforts de Charles pour fonder et régler la famille, pour déterminer avec précision les rapports, les droits et les devoirs de ses divers membres: toutes choses qui, jusqu'alors, dans la société franque, avaient été à peu près abandonnées à l'arbitraire a'anciens usages.

V. Législation religieuse. — Ce sont les dispositions relatives à toute la société chrétienne; des conseils plutôt que des ordres, qui montrent un bon sens et une liberté d'esprit qu'on croirait volontiers d'un autre temps.

VI. Législation canonique. — Cest elle qui occupe le plus de place dans les capitulaires , et qui eut peut-être les plus durables résultats; car elle reconstitua l'aristocratie épiscopale, qui devait survivre à la chute de l'em-

les Polonais dans les premiers temps de leur conversion. Pitmar, évêque de Mersebourg, dit dans sa chronique , qu'on arrachera les dents à celui qui sera trouvé avoir mangé d« la viande après la septuagésime.

CAP

pire carlovingien, et durer, en France et en Italie, jusqu'à Grégoire VII, et jusqu'aux temps modernes en Allemagne, Charles leva les bornes dans lesquelles la juridiction ecclésiastique était resserrée. Les clercs, dans aucune occasion, ne reconnurent d'autre juge que leur évêque, et tout ce qui était sous la protection particulière au clergé jouit du même avantage. On ordonna que les comtes, les juges subalternes, et tout le peuple, obéiraient avec respect aux évêques. Les justices temporelles ou seigneuriales, que les églises possédaient dans leurs terres, n'eurent pas une compétence moins étendue que celle des autres seigneurs, et leurs juges condamnèrent à mort.

Il ne parait point que la dîme ait été imposée comme tribut à tout le peuple ; mais cette coutume juive fut souvent regardée, par ce même peuple, comme une obligation religieuse, et plus d'une fois Charlemagnel imposa de sa propre autorité, comme il le fit pour les Saxons.

Sous les Mérovingiens, le roi nommait aux évêchés vacants. Mnrrulft (*) nous a même conservé la formule par laquelle le prince ordonnait au métropolitain de sacrer le candidat qu'il lui adressait. Charlemagne semble avoir»

vers la fin de son règne, abandonné ce droit; « sachant, par les sacrés ca « nons, que la sainte Église doit joui^ « librement de ses honneurs , nous « consentons à ce que les évêques soient « choisis selon les statuts des canons « par les clercs et le peuple du dio- « cèse (**). »

VIL Législation domestique, — ?

Comme la royauté vivait alors du seul produit de ses domaines, elle en surveillait avec soin l'administration Nous avons , dans le recueil des instructions relatives aux vUla de Char?

magne, de curieux détails sur son économie.

Art. 5. Quand le temps sera venu de semer, de labourer, de faire la récolte, de couper le foin ou de veudan-

(•) Livre l, t. 6.

(**) Cap. anni 8o3| art. a.

L'UxNIVERS.

FRllfCBt

ger les vignes, que nos infendants {*) feillent à ce que q^acun de ces travaux s'exécute de la manière la plus proGtable pour nous. SMIs ne peuvent se transporter sur les lieux , qu'ils envoyent là où ils n'iront point un de nos iionunes, saçe et expérimenté, ou tout autre en qui ils auront confiance, 9$n qu'il veille sur nos intérêts , do façon que tout se fasse de la meiileuré jftianière.

Art. 7. Que chaque intendant acéomplisse pleinement chacune des

obligations qui lui ont été imposées^ s'il arrive par hasard qu'il soit nécessaire de faire davantage, qu'il tienne compte du service extraordinaire quand il aura dû se prolonger pendafit la

nuit.

Art. 8. Nos intetidaiits veilleront ^ là rentrée de nos vendanges, mettront le vin dans de bons vases, et auront grand soin à ce qu'il ne s'en perde pas. Ils en achèteront aussi pour nos mai*

sons seigneuriales ils enverront

pour notre usage les échalas de nos vignes (d;?pfl/îC05, les ceps, suivant du Gange; les provins, suivant d'autres savants).

Art. 18. Qu'on veille avec SOin sot les étalons {equl e7nîssarii sive wareh nioîies)^ qu'on ne les laisse point longtemps en un même lieu, de peur qu'ils n'y dépérissent. SI Pun d*eUx vient à iHOuni*, qu'on nous en avertisse avant le temps où on tes envole aux juments.

Art. 14. Que nos juments soient bien gardées , et qu'on les sépare à temps dè leurs [kMilains ^poledn)^ etc.

' Art. 16. Que quiconque, par négli- .

gence, ne remplira pas nos volontés, celles de la reine ou de nos officiers , le sénéchal et le bouteiller {butticularhts) , s'abstienne de boire jusqu'à cë oU*il vienne par-devant nous ou pai> aevant la reine, et obtiêntie Son àosolution.

' Art. 19. Dans les basses-cours {ad

f*} L'intendtnt t'appéll» /udeie, celui t^ai juge et punit. LMdee d*ane force répressive et toujours menaçante se reUroitVe Alon pu'tout, jusqMe daiu le« nom.

scuras nostras) de noS maisons (in villis capitanels), il y aura non moins de cent pouleS (ImiAm hûbea»$ non

minus centum) et au moins trente oies (aucas); dans les simples manoirs , il y aura au moins cinquante poules et douze oies.

Art 31. Que nos ibtendaats ODiiseBf lent et augmentent nos vivters; qu'ils én mettent là où il n'jr en a point d où il peut y en avoir.

Ces courtes citations peuvent dont ner une Idée d^ soins et de la yiffi' lance de Charlemagnè. Ce capitulaire renferme soixante-dix nrtirU\«;.

VIII. Législation de circonstance, - - M. Guizot renferme sous ce titre toutes les mesures accidentelles et d'intérêt privé qui n'ont pu être oonn prises dans les titres précédents, et qui, à une époque semblable, où il n'existe rien de régulier et de général, doivent nécessairement être trés-nombreuses. Ainsi l'empereur , chef des armées, ftîsait, soit par lui-même, soij; par les assemblées générales, des lois, des canons, des ordonnances, des règlements de police, des instruptions ministérielles, etc.; càf les capitui^in res présentent ces divers caractères.

Ix)rsqu'ils avaient été rendus publics

Î>ar la voie des assemblées provinciales, 'exécution en était confiée à divers ordres de fonctionnaires, qui portaient les titres d^ comtes, de vicaires, do centeniers et de scabins, qui résidaient dans les provinces ou les comtés, levaient les troupes, rendaient la justice, maintenaient l'ordre et percevaient les tributs; mais ils étaient soumis à l'active surveillance des vilssi domifiicîj dont chacun était préposé à l'administration d'une province renfermant un certain nombre de comtés, ordinai|reroent neuf ou douze.

Ces envoyés tenaient tous les ans, aux mois de janvier, avril , juillet et octobre (*), des assises où les évêques, les abbés, les comtes, les seigneurs, les avoués des églises, les vicaires def comtes , les centeniers et les bomnies libres étaient obligés de se trouver.

(*) Cap. ui , anoi Si a , art. 4*

L'UNIVERS

CAP

On traitait dans ces assemblées d'al»ord des affaim de TÉelise et de la religion , puis les misH devaient s'enquérir de tous , comment les officiers établis par Tempereur s'acquittaient de leur office, si quelque loi avait été violée, si des abus se présentaient, etc. Ils reiidaient à Tinstant justice sur toutes choses, car ils avaient pouvoir même sur les comtes; ou bien, quand les cas étaient graves, ils en référaient au prince (*).

TROISIÈME ÉrOQUK.

De 814 à 929, c'est-à-dire, depuis la mort de Cbarlemagne jusqu'à celle de Charles le Simple , les caçitulaires n'offrent plus autant d'intérêt. Le temps, d'ailleurs , ne nous en a con« serve qu'un petit nombre.

« Les recueils de capitnlalres, dît

M. de Savigny (**), se composent ordinairement de sept livres qu'on a coutume de citer d'après leurs numéros , et de q^uatre appendices différents.

Chaque livre et chaque appendice est divisé en chapitres. On n'y trouve aucune méthode, et de fréquentes répétitions augmentent encore la difficulté des recherches. Les premiers livres (1-4) furent rédigés par Ansegis, les derniers (.5-7) par Benediotus Levita.

Les auteurs des quatre appendices ne sont pas connus. Les quatre livres d' Ansegis ne contiennent que les capitulaires de Cbarlemagne et de Louis le Débonnaire. Lear aatbenticité n'est pas douteuse, car les rois suivants citent ces capitulaires d'après les numéros des livres et des chapitres. Je n'y ai trouvé que deux passages empruntés au droit romain : ces deux passages se rapportent aux églises et sont copiés httéralement de Julien.

« Les passages tirés du droit romain existent oeaucoup plus nombreux dans les trois Kvres de Benedictus Levita, rédigés vers le milieu du neuvième siècle, par ordre de l'archevêque de Mayence, Otgar. Ce recueil se compose d'éléments fort divers, de droit

(*) ^ ''y* Ifi caniliilaire de l'année Sa3. (**) Histoire du dioit romain.

germanique, de droit romain, etc. s mais je pense que le titre d*un recueil de capitulaires, imposé à cet ouvrage,

a trompé les auteurs modernes surson véritable caractère. Ainsi , Baluze prétend que déjà les rois francs avaient fait rassembler ces fragments sous forme de capitulaires, et que tels fu* rent les matériaux mis en œuvre par Benedictus Levita. Mais cette supposition n'a pas le moindre fondement; comment croire , par exemple, que les rois francs aient ordonné l'extrait du Breviarium, extrait sans intérêt pour les Francs et inutile aux Romains qui possédaient le texte original? Benedictus Levita voulut faire une compilation qui pût, autant que possible, servir à tous les sujets de 1 empire franc, ecclésiastiques ou laïques. Cela ressort de l'ouvrage lui-même, et la préface, malgré son obscurité et sa confusion, semble favoriser cette opinion. On conçoit aisément que cet ouvrage soit intitulé Recueil des capitulaires, et qu'il fasse suite à celui d'Ansegis, car les capitulaires y occupent une place fort importante , et avaient une autorité bien plus étendue que les diverses pièces admises dans ce recueil. Considéré sous ce point de vue, notre recueil acquiert une nouvelle importance, car il ne i^ous montre plus les traces du droit romain dans les capitulaires, mais la connaissance et Tapplication immédiate des sources du droit romain pendant le neuvième siècle.

« Quant à l'exécution du plan que je viens d'exposer, ce recueil mérite peu d^éloges* Il fàut, sans doute , d'après mon système, absoudre l'auteur du reproche d'avoir inséré plusieurs pièces étrangères aux capitulaires; mais son ouvrage manque complète* ment de méthode et de critique. Ainsi»

l'on y trouve des passages supposés, d'autres pièces sont tout a fait supposées. Pour comble de négligence, Benedictus Levita transcrit indistinctement des lois particulières à on peuple, telaue les Romains, les Bavarois, les Gotns , etc. ; et si leur véritable caractère ne nous était connu d'ailleurs, nous les croirions des lois générales de

CAP CAF m

r«npii6 frane. Les fragments qui tt*exi8tent que dans ce recueil n*ont

donc aucune autorité réelle, et l'on est encore moins en droit de leur attribuer un caractère particulier, d'y voir, par exemple^ des passades authentiques des capitulaires. Maintenant, faut-il accuser l'ignorance ou la mauvaise foi de l'auteur? La question est difficile à résoudre. Nous voyons pour la

Sremièrè fois dans ce recueil les fausses écrétales dlsidore mises en usage.

Si Benedictus Levita n'est pas étranger à la supposition de ces actes , ou s'il a voulu les accréditer, les confusions qui se trouvent dans cet ouvrage paraîtraient autant de mé[»rises volontaires destinées à couvrir la fraude. Pour nous, la question offre peu d'intérêt; car, dans l'une ou l'autre hypothèse, les traces de droit romain que contient ce recueil attestent la connaissance des sources.

« Les sources de droit romain que Benedictus Levita a mises à contribution, sont fort nombreuses : le Breviarium , le Code Théodosien original, le Gode Justinien et l*Epitome oe Julien. Par une circonstance sin^ièret Benedictus a transcrit la loi visîgothe qui défend l'usage du droit romain , mais avec des circonstances qui rendent moins évident son rapport au droit romain. On ne saurait dire quelle fut l'intention du rédacteur en insérant ce passage. Montesquieu pense que Benedictus a transformé cette loi en capitulaire, pour exterminer le droit romain par tout Punivers; mais les nombreux passades empruntés au droit romain et l'intérêt des prêtres à maintenir un droit qui leur était si favorable s'élèvent contre la supposition de Montesquieu. Au reste, ce fragment paraît n'avoir eu dans la pratique aucune influence sur l'autorité du droit romain. »

Le recueil le mieux fait et le plus utile des capitulaires était celui de Baluze (voyez ce nom), avant l'excellente édition que M. Pertz en a publiée dans les 1. 1 et II de ses Monwnenta Germaniœ historka» Baaovre, 1826 et

GAFiniLÀTioifs. — les capitulations, suivant la définition du général Bardin, sont des traités par lesquels une des parties contractantes s'engage à mettre bas les armes, soit absolument, soit momentanément; c'est ua accord amenant cessation de tous les actes d'hostilité. On distingue deux sortes de capitulations : r les capitulations dans des places assiégées ; 2** les capitulations en rase campagne.

lies capitulations dans les places asllégées sont celles dont l'occasion se représente le plus souvent ; toutefois les exemples en sont rares dons nos fastes militaires. Toutes les lois an* donnes et nouvelles prescrivent formellement à tout gouverneur d'être sourd aux menaces comme aux offres de l'ennemi , et de prolonger, par tous les moyens possibles , la défense de la place qui lui est confiée. AUX termes du décret du 1**^ mai 1812 , la capitolation « peut avoir lieu si les vivres et • les munitions sont épuisées, après o avoir été convenablement ménagées; « si la garnison a soutenu un assaut « à Tenceinte, sans en pouvoir soote- « nir un second, et si le gouverneur « ou le commandant a satisfait à tou- « tes les obligations qui lui sont im- « posées par les lois spéciales. » * ' Les demandes ou Tes propositions de capitttlatioii ont été, suivant les temps, annoncées en arborant un drapeau blanc , en battant la chamade, en dépéchant des hérauts d'armes, des parlementaires, etc.

Au dix-septième siècle , on ne regardait comme honorables nue les capitulations obtenues par des garnisons qui pouvaient rejoindre l'armée avec armes et bagases , tambour battant , mèche allumeie. Au moyen âge une garnison qui se retirait le bâton blanc à la main, c'est-à-dire , avec le bois de la pique sans fer , était notée d'infamie.

I}ne des plus anciennes capitula- ' lions qui nous soient connues fut signée àSaint-Dizier, par Sancerre, le 9 août 1544. C'est Brantôme qui en fait mention.

Les capitulations en rase campagne

m CAP Linoms. ciM^

sont plus mite enoore que les préeé-

dentes dans nos armées, et on les cod^ sidère comme si contraires au caractère et à l'honneur français, qu'elles «ont à peine prévues par nos règlements. Ce fut Sans éovUe la honteuse capitulation de Baylen, en 1808 (voyez; ~ Bayleu), qui décida à insérer Tarticle Hiuivant dans le décret du mai :

« Il est défendu à tout général, à iou( « commandaiit d*iiRe troupe arnié^i « quel que soit son gredo* de traiter « en rase campaf];ne d'aUQone capilu- • lation par écrit ou verbale. Toute « capitulation de ce genre , dont le « résultat aurait ét^ de faire poser les « armes, est déclaré déshonorante et « criminelle, et sera punie de mort. »

On trouve dans les Mémoires de Napoléon un passage contenant sur oetSe matière des prmcipes si élevés, et d'ime autorité si imposante, que nous croyons indispensable de le citer, dans un moment où la France va peut*étre se voir forcée de recourir aux armep pour maintenir son ran^ et sa dignité) et par copis^tieatune violation de ces principes nourrait encore amener de nouveaux aésastres.

« Un çorps de troupes en ligne ne .doit jam^i^ capituler pendant les bqtaille|.««* Aucun souverain, âucu|i Muple, auciin eénéral , ne peut avoir de garantie, s'iitolère que les ofOcîers capitulent en plaine , et posent les armes par le résultat d'un contact favorable aux individus oes corps qui le contractent, mais contraire à Tarmée.

Cette conduite doit être proscrite , déclarée infâme , et passible de la peine de mort. Les généraux ^ les officiers , doivent être décimés, iin sur dix « les sous-offîciers , un sur cinquante , lés soldats, un sur mille. Celui oii ceux qui commandent de rendre les armes à rennèmi , ceux c^ui obéissent , sont également traîtres et dignes de la peine capitale.

« Les lois de la guerre , les principes de la guerre autorisent-ils un général à ordonner à ses soldats de poser les armes , de les rendre à \euis ennemis et à constituer tout un corps l^risoimier de guerre? Cette question

ne fait Ms un doute pour la garnison

d'une place de guerre : mais le gouverneur d'une place est dans une catégorie à part. Les lois de toutes les nations l'autorisent à poser les armes lorsqu'il manque de vivres , que les défendes de sa place sont ruinées et qu'il a soutenu plusieurs assauts. En effet , une place est une macliiiie de guerre qui forme un tout , qui a un rôle, i|ne destination prescrite, déterminée et connue. Un petit nombre d'hommes , protégés par cette fortification , se défendent, arrêtent l'ennemi et conservent le dépôt qui leur jst confié contre les attaques d'un grand nombre d'hommes ; mais lorsque ces fortifications sont détruites, qu'elles n'offrent plus de protection à la garnison . il est juste, raisonnable, d'autoriser le' commandant à faire eé qu^il juge le plus propre à l'intérêt de isa troupe. Une conduite contraire serait sans but et aurait en outre l'inconvénient d'exposer la population de * toute une cité, vieillards, temmes, enfiints. Âu moment oii la place est investie, le prince et le général en chef chargés de la défense de cette frontière savent que cette place ne peut protéger la garnison et arrêter rennèmi qu'un certain temps , et que , c6 temps écoulé, les défenses détruites, la garnison posera les armes. Tous les peuples civilisés ont été d'accord sur cet objet, et il n'y à Jamais en de discussion que sur lé plus 00 le moins de défense qu'a faite un gouverneur avant de capituler. Il est vrai qu'il est des généraux , Villars est de ce nombre, qui pensent qu'un gouverneur ne doit jamais se rendre, mais ^ la dernière extrémité faire sauter les fortifications, et se faire jour, de nuit, au travers de l'armée .assiégeante : ou , dans le cas que la première de ces deux choses ne soit pab faisable, sortir du moins avec sa garnison et sauver ses hommes. Les gouverneurs qui ont adopté ce parti onï rejoint leur armée avec les trois quarts de leur garnison;

« De ce que les lois et la pratique dn toutes les nations ont autorise spi*

CAP

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cialcment les commandants des places fortes à rendre leurs armes en stipulant leur intérêt , et qu'elles n'ont jamais autorisé aucun général à faire poser les armes à ses soldats dans un autre cas , on peut avancer qu'aucun prince, aucune république, aucune loi jiiilitaire ne les y a autorisés. Le souverain ou la patrie commande à l'officier inférieur et aux soldats l'obéissance envers leur général et leurs supérieurs , pour tout ce qui est conforme au bien ou à l'honneur du service. Les armes sont remises au soldat avec le serment militaire de les défendre jusqu'à la mort. Un général a TC(^u des ordres et des instructions pour employer ses troupes à la défense de la patrie : comment peut-il avoir l'autorité d'ordonner à ses soldats de livrer leurs armes et de recevoir des chaînes ?

« Il n'est presque pas de bataille où uelques compagnies de voltigeurs ou e grenadiers, souvent quelques bataillons , ne soient momentanément cernés dans des maisons , des cimetières ou des bois. Le capitaine ou le chef de bataillon qui , une fois le fait constaté qu'il est cerné, ferait sa capitulation , trahirait son prince et son honneur. II n'est presque pas de batailles où la conduite tenue dans des circonstances analogues n'ait décidé de la victoire. Or, un lieutenant général est à une armée ce qu'un chei de bataillon est à une division. Les capitulations faites par des corps cernes, soit pendant une bataille, soit pendant une campagne active, sont un contrat, dont toutes les clauses avantageuses sont en faveur des individus qui contractent, et dont les clauses onéreuses sont pour le prince et les autres soldats de l'armée. Se soustraire au péril pour rendre la position de ses camades plus dangereuse, est évidemment une lâcheté. Un soldat qui dirait à un commandant : « Voilà mon fusil, lais- « sez-moi m'en aller dans mon vila lagc , » serait un déserteur en présence de l'ennemi , les lois le condamneraient à mort. Que fait autre chose le général de division ^ le chef

de bataillon , le capitaine qui dit .' o Laissez-moi m'en aller chez moi, oU

* recevez-moi chez vous , et je vous

* donne mes armes ? » Il n>st qu'une manière honorable d'être fait prisonnier de guerre, c'est d'être pris isolément les armes à la main et lorsque l'on ne peut plus s'en servir. C'est ainsi que furent pris François 1", lé roi Jean, et tant d'autres braves de toutes les nations. Dans cette manière de rendre les armes , il n'y a pas de condition, il ne saurait y en avoit avec rhonneur; c'est la vie que Ton reçoit, parce que Ton est dans l'impuissance de l'ôter à son ennemi , qui Vous la dorme à charge de représaille, parce qu'ainsi le veut le droit des gens.

« Les dangers d*autorîser les officiers et les généraux à poser les armes, en vertu d'une capitulation particulière , dans une autre position que celle où ils forment la garnison d'une place forte, sont incontestables. C'est détruire l'esprit militaire d'une nation, en affaiblir l'honneur, que d'ouvrit cette porte aux lâches, aux hommes timides, ou même aux braves égarés.

Si les lois militaires prononçaient des

f)eines afflictives et infamantes contre es généraux, officier et soldats qui posent leurs armes en vertu d'une capitulation , cet expédient ne se présenterait jamais à Tesprit des militaires pour sortir d'un pas fâcheux ; il ne leur resterait de ressource que dans la valeur ou l'obstination , et que de choses ne leur a-t-oii pas vu faire !

« Si les vingt-huit bataillons, troupes d'élite , qui posèrent les armes à Hochstedt, eussent été convaincus qu'ils entachaient leurs noms , flétrissaient leurs familles, encouraient la peine d'être décimés , ils se fussent battus ; et si leur obstination n'eût pas fait changer les deslins de la journée , ils eussent certainement regagné l'aile gauche et fait leur retraite.

« Si l'infanterie bavaroise , qui avait défendu avec gloire le village de Allerheim à la bataille de Nordlingen , et avait repoussé les attaques du grand Condé, n'eût pu capituler avec Tu-

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L'UNI\^RS

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renne qu'en attirant sur elle le déshonneur et le châtiment d'être décimée , elle n'eût pas même songé à quitter sa position ; une heure plus-iard , elle eût reconnu qu'elle n'était pas coupée de Jean-de-Vert ; les Bavarois auraient eu le champ de bataille et la victoire; Condé eut ramené peu d'hommes de son armée en deçà du Rhin.

« Mais que doit donc £ure un général qui est cerné par des forces supérieures? Nous ne saurions faire d'autre réponse que celle du vieil Horace. Dans une situation extraordinaire, il faut une résolution eitraordinaire; plus Ja résistance sera opiniâtre , plus on aura de chances d'être secouru ou de percer. Que de choses qui paraissaient impossibles ont été faites par des hommes résolus , n'ayant plus d*autre ressource que la mort! Plus tous ferez de résistance, plus vous tuerez de monde à l'ennemi , et moins il en aura le jour même ou le lendemain pour se porter contre les autres corps de l'ar^ jnée. Cette question ne nous parait pas susceptible d'une autre solution, sans perdre l'esprit militaire d'une nation et sans s'exposer aux plus grands malheurs.

« La législation doi^elle autoriser

un général, cerné loin de son armée par des forces très-supérieures, et lorsqu'il a soutenu un combat opiniâtre, à disloquer son armée la nuit, en confiant à chaque individu son propre salut, en indiquant le point de ralliement plus ou nioms éloigné? Cette question peut être douteuse; mais, toutefois, il n'est pas douteux ^u'un général qui prendrait un tel parti , dans une situa» tion désespérée, sauverait les trois quarts de son monde , et , ce qui est plus précieux que les hommes , il se sauverait du, déshonneur de remettre ses armes et ses drapeaux par le résultat d'un contrat qui stipule des avan- . tages pour les individus , au détriment de l'armée et de la patrie,

« Dans la capitulation de Maxen , il

La une circonstance fort siuguliere.

B général Wunsch, avec la cavalerie, 8*était, i la pointe du jour, ouvert le passage» Une des conditions de la ca*

pitulation fut qu'il reviendrait au camp poser ses armes. Ce général eut la sim-

()licité d'obéir à l'ordre que lui donna e général Finck; ce fut un malentendu de Tobéissance militaire. Un général au pouvoir de l'ennemi n'a plus d'ordres à donner, celui qui lui obéit est criminel. On ne peut pas s'empêcher de dire ici, que puisque Wunsch avec un gros corps de cavalerie avait percé « rinfanterie pouvait percer aussi , car, dans un pays de montagnes comme Maxen, elle avait plus de facilité de s'échapper la nuit que la cavalerie.

« Les Romains désavouèrent la capitulation faite avec les Samnites; ils refusèrent d'échanger les prisonniers, de les racheter. Ce peuple avait l'instinct de tout ce qui est grand : ce n'est pas sans raison qu'il a conquis le monde. »

Cap Lkzabd (combat du). — Duguay-Trouin reçut de Louis XIV, en 1707 . le conunandement d'une escadre de cinq vaisseaux de ligne, et sortit de Brest avec le comte de Forbin, qui avait sous ses ordres six vaisseaux : tous deux allèrent louvoyer à l'ouverture de la Manche , vers le cap Lézard , pour y attendre un con- Toi de deux cents voiles , escorté de cinq gros vaisseaux , que l'Angleterre envoyait en Portugal et en Cntaloc^ne.

Le 21 octobre , il rencontre les ennemis, et les attaque; d'abord il se rend maître du Otmoerland^ vaisseau commandant, de 82 canons. Deux vaisseaux de son esctdre prennent le Chester et le Ruby y de 56. D'un autre côté, le JDevonshire est en flammes : ce grand vaisseau , défendu par plus de mille hommes , s'engloutit dans les flots, et le lioyal-Oak, de 76 canons, ne se sauve qu'à la faveur de l'incendie qui menace de le consumer. Les vainqueurs prirent soixante bâtiments de transport, sans compter trois vaisseaux de guerre, et cette action brillante fit presque autant de tort aux affaires de l'archiduc que la bataille d'Almanza.

CAPMAif. — Le 20 novembre 1794, à Farmée des Pyrénées- Orientales, Gapman , capitaine au G*' bataillon des grenadiers de la Dordogne, suivi seu**

GAP

GAP

lement de quelques soldats , s'empara de la milice française , par le seigneur de deux pièces de canon , ainsi que de de Montgommery, nous fait connaître

leurs caissons* et força les F^spagnols l'origine et les fonctions de ce grade; à se retirer précipitamment dans le nous croyons devoir le citer : « L'anfort. Plus tard , chef de bataillon au « cespesa'de est un cbevau-léger, le- 53" de ligne, il se jeta le premier dans «quel, après avoir perdu cheval et une redoute ennemie, en avant du fort '«armes en quelque iionorable occade Figuières. «sion, se jette dans l'infanterie, et

Capon. — Au moyen âge, on appe- « prend une pique en attendant mieux, lait ainsi les juifs. Un registre du par- « Cette coutume et ce nom viennent lement deParis de Tannée 13 12 désigne «des guerres du Piémont. En ce leur société par le nom de Soeietas «temps-là, le ehevau-léger qui en un caponvnu On ignore Pétymologie de « combat avoit rompu sa lance lionoce mot, qui est encore usité pour désigner, parmi les écoliers , un individu poltron et trichant au jeu.

Capobal. — Le caporal a dans les troupes à pied le même rang que le brigadier dans les troupes à clieval.

C'est le |»reniier grade auquel un soldat puisse parvenii'.

Les ordonnanoesdeHenri-IIsontle «gens-ci honorent fort l'infenterie,

premier document où Ton voie appa* '«et sont ceux auxquels l'on commet raîlre le mot caporal. Les ca|)oraux «les rondes on les sentinelles d'imsont désignés dans les ordonnances de « portance en temps d'eminent péril; François V sous le nom de caporal « car en autre saison ils sont épargnez d'escadre ou d'escouade, « et gratifiez : ce sont ordinairement

Les fonctions modestes du caporal '« les cameratesdes capitaines et autres n'en sont pas moins importantes, et « chefs. Ils ne sont sujets d'obéir après peuvent inlluer bcanroup sur la disci- « le capitaine qu'au lieutenant, lequel |)linc, la tenue el rinstruction des sol- «en est comme caporal, et les doit dats. C*est lui qui est chargé de veiller « même beaucoup honorer et priser, au maintien de Tordre, à la régularité * « et doivent être les chefs de file d'un du service et de la tenue, à la propreté « batnillon. » des vêtements , des armes et des chambres. C^cst lui qui pourvoit à l'achat des vivres et objets de toute nature nécessaires aux hommes de sa chambrée; il en tient un compte régulier sur un livret qu'on appelle lirre d'ordinaire; il couche dans la même chambre que les soldats, leur apprend

« rablement, cas avenant que son che- « val lui fiU tué, l'on le metloit dans « l'infanterie avec la paye de chevau- « léger, attendant mieux, et le nom- '« moit-on lance'Spestda, comme qui « diroit lance rompue. Depuis, par «corruption de temps, Ton Ta fait lieutenant ou aide-caporal. Or ces

A l'époque oii le P. Daniel écrivait son histoire de la milice française (1721), il y avait dc^jà lon^^temps qu'on ne prenait plus les anspessades dans la cavalerie; ces sous-officiers recevaient Tordre des caporaux, auxquels ils étaient tenus d'obéir, et dont ils tenaient lieu au besoin; enGn c'étaient

rexercice de détail et le maniement des plutôt des soldats à haute paye que des

amies; il leur enseigne à monter et sous-ofGciers.

démonter leurs armes, à les nettoyer, Capoue (sièges de). — Sous Louis

à les tenir en état, etc.; enfin, dans XII, les Français se présentèrent, en

le service, c'est lui qui commande les 1^00, devant* Capoue, que Fabrice

patrouilles et les petits postes, qui Colonne défendait avec une nombreuse

place les factionnaires, leur donne la garnison. Elle résista longtemps; mais

COnsi<^ne et en surveille l'exécution. enfin les habitants, épouvantes par le

Il y avait autrefois dans les années feu des batteries françaises, forcèrent

fran<^aises un grade inférieur encore a la garnison de se rendre. Le 25 juillet,

celui de caporal : c'était celui d*a7i«- les Francis se répandirent dfans la

pessade. Un curieux passage du traité ville, qui renfermait d'immenses li-

T. lY. 9* UiffraUon. (Dicx. bncygi.op.> btg.) 9

419 €AP yvK

ishissat 9 la pfllèrtDt , et y massacrèrent sept mille personnes.

— Le général Championnet, avec seize mille hommes seulement, venait ^diassèr soixante mille soldats napolitains du territoire romain. Encouragé ^ ce succès, il résolut de punir l'agression du roi de Naples , en envahissant ses États. Il commanda aux génârauK Duhesme, Lemoine, Rey ^t Manrioe Mathieu, de s'avancer sur Capoue, et à Macdonald de reconnaître la place, atin qu'on pût en commencer le siège. Les troupes napoiitainf;s fuyaient de toutes parts. Enfin le Quartier général français vint s'établir à Snn-Germano. Mack fit alors demander un armistine. Championnet le refusa, mai^ lit porter en avant Macdonald, qui poussa une reconnaissance jusqt^e sous les muré de Capoue; mais ses troupes furent obligées de se retirer avec une perte assez considérable. Le général Mathieu eut le bras cassé.

Cependant elles s'étaient rendues maîtresses des retranchements de la ville et de rartillerie qui les garnissait. Sqr ces entrefaites, on apprit la soumission de Gaëte, qui était dclenduc par quatre mille hommes et soixante et dix esnons, et dont la prise cependant n'avait coûté que quelques coups d'qbusier et où l'on avait trouvé des magasins immenses. Pour attaquer Capoue soutenue par trente-cinq mille hommes, il fallait attendre la réunion de Tarmée entière. Bey et Kellermanh arrivèrent les premiers. T>emoine et Duhesme restaient en arrière, retardés par les pluies et les bandes toujours croissantes d'insurgés, bien plus encore que les places fortes et les • troupes de ligne. En effet, toutes les communications étaient interceptées.

Les paysans napolitains avaient cou|)é sur les derrières de l'armée les nonts du Garigliano, incendié le parc de ré« •erve, et occupé toutes les positions environnantes. Les équipages de Championnet avaient été pillés; un de ses aides de camp brûlé vif par les insurgés; nos troupes, décimées par les eonibats et les assassinats » manquaient iê fimi enfiOi de toutes partsi on

jaipercevait les apprêts d'une attaque générale. Au moment où l'armée républicaine, dans un danger aussi imminent, n'avait plus d'autre ressource que son désespoir, on voit se présenter des parlementaires napolitains. Introduits devant Championnet, ils déclarent qu'ils sont chargés de tout accorder aux Français , pourvu qu'où laisse au roi la ville de Naples. Cette nouvelle proposition de I^Iack paraît si extraordinaire à Championnet, qu'il hésite quelque temps a l'accepter, dans la crainte qu'elle ne cache un piège. Cependant il se décide à saisir une chance si inattendue, et Ton signe une convention qui stipule entre autres articles : la remise de Capoue aux Français, avec ses munitions et ses magasms, l'établissement d'une ligne depuis la Méditerranée jusqu'à la mer Adriatique, et une contribution de dix millions paj^e par le roi de Naples. Dès la même nuit, le général Éblé entra dans Capoue. Le lendemain, 11 janvier 1799, cette ville reçut garnison française, et le reste de l'armée campa autour de ses murs. On ne peut s'expliquer comment un traité qui sauva ranuee française fut désapprouvé hautement par le Directoire français ; et l'on n'a pas moins de peine à concevoir comment le général Mack fut amène à proposer une pareille transaction au moment où il devait connaître les progrès des insurgés et la situation critique des Français.

— L'armée française, commandée, en ISOG, par Joseph Napoléon, à qui la couronne de Ferdinand était destinée, se présenta le 6 février devant Capoue. Son gouverneur répondit par des coups de canon à la sonnnation qui lui fut faite de remettre la place; mais, dès le lendemain, une députation arriva de la capitale, qui livra les clefs de Capoue, de Pescara et des châteaux de Naples.

Cappel (Guillaume), fils d'un avocat au parlement de Paris, était recteur de r université en 1491 , lorsque le pape Innocent vm voulut imposer un de* cime. Gappel s'y opposa vivement , et '

publia un ouvrage ia-fol à l'appui de

HLAKCfi

IBl

.tOD opinion. Plus tard, il remplit avec un grand soecès une chaire de théologie, et mourut doyea de la faculté.

Cappel (Jacques), neveu de Guillaume , procureur général au parlement de Paris. On a de lui : T Fragmenta ex mrUs aw^ori^ humanarvm ^ ter arum candidatis ediscenda, Paris, 1517, in-4"; 2° In Parmensium iaudemoratiOy Paris (1520), in-4°; 3° un Plaidoyer prononcé devant le roi, en t5â7, pour faire dépouiUer Chartee- Quint, comme vassal rebelle, des comtés de Flandre, d'Artois et de Charoiois: 4" un Mémoire sur les libertés de PFglise gallicane.

L'un de seç fUs, Loute Cappel, dit VAnckn et surnommé Moniambert^ naquit à Paris le 15 janvier 1534, et inourut en 158G à Sedan , où il professa la théologie. Il avait joué un rôle iin- }>ortant comme négociateur dans les guerres de religion.

L'autre ù\s,Jnge Cappel , seigneur duLuat, a publié quelques traductions de Sénèque et de Tacite. Son ouvrage le plus curieux est son Jvis donné au roy sur fabbréviaUon de$ proeés^ Paris, 1562, ih^foî.

Cappel (Jacques), seigneur du Tilloy, petit-fils de Louis Cappel, naquit à liennes en 1570, et mourut à Sedan en 1684, Il fut professeur <l*hébreu et de théologie, et publia entre autres les ouvrages suivants : 1** J)e pondcribus et nummis libri II, Francfort, KiOO, in-4'': 2*^ De mensuris libri lU, ibid., 1606, iW.

C4PPPL (Louis) , dit le Jeune ^ frère de Jacques Cappel du Tilloy, ne à Sedan en 1585, mort en 1658 à Saumur, où il tut ministre et professeur d'hébreu et de théologie, fut Pun des plus célèbres hébraïsants du dix-septième siècle et le père de la critique sacrée. Ses principaux traités sont: Àrcanum punctuationis revelatum, Leyde, 1624, m-4% ouvrage où Tauteur cherche à

Sropver la nouveautédespoiuts voyelles u tex^e hébreu, et ^ui fut vivement combattu par le? théologiens de Genève; Critica sacra, Pans, 1650, in- |ol. , livre qui lit encore plus de bruit

4»? l€ pr$cé4«j(it, et rencontra encûit

plus d'opposition parmi les protestants.

On a de lui plusieurs autnss ouvrages de philologie sacrée et de théologie.

Son fils aîné, Jean Ca.ppel, se fit catholique, et entra dans la congrégation de l'Oratoire. Son fils cadet, Jacques- I/miSy qui loi succéda dans la cnaire d'hébreu à Saumur, fut obligé, lors de la révocation de l'édit de Nantes, de se réfugier en Angleterre, où il mourut en 1722. Ce fut le dernier de cette famille, oui, pendant deax cents ans^ s était illustrée dans les lettres et dans la magistrature.

CAPPERONîsiEn (Claude), né à Montdidier en 1G71, vint à Paris en 1688, et y étudia les langues anciennes^ Après avoir enseifoé ^oolqae temps en province et avoir reçu les ordres à Amiens, il revint à Paris reprendre ses leçons, qui, avec le revenu trèsmodique d'une chapelle de l'église Saint- André, faisaient toute sa for»

tune. Il enseigna le grec à Bossuet en 1704, l'année même de la mort de ce prélat. En 1722, il succéda à Tabbé Massieu dans la chaire de langue grec»

que au coltégè de France, «t obtlnti en 1748, la faveur d'avoir son neveu pour successeur dans celte chaire. 11 mourut l'année suivante. C'est d'après ses manuscrits qu'a ete publiée l'édi* tion des Rhetores antigui , Strasbourg , 1756, in-4°. Son principal ouvrage est l'édition de QuintUie», Paris, 17fô| iu-fol.

CiiPPEAOKNiEB (Jean), neveu du précédent, né à Hontdidier en 1716, roort en 1775, fut appelé à Paris en 1732 par son oncle, auquel il succéda dix ans après dans la chaire de grec du collège de France. Il fut bibliothécaire do roi et membre de TAcadémie des inscriptions. J. Gapperonnier a publié, outre quelques éditions latines, YfJistohe de saint Louis, par Joîn-' ville, 1761 , in-fol. , et a fait connaître le Lexique de lïmée, publié plus tard par Ruhnkennis',.8ar nne copie qui en avait été préparée par Gapperonnier.

CAPPERO?iNiER (Jean-Augustin), neveu du précédent, naquit à Montdidier en 1745. Appelé par sou oncle à la bi- Uûilhè^ ou roi, en 179$ f il consacra

CAP

L'UNIVERS

CAP

dès lors sa vie à Pétade et aa soin des livres. En 1796, Capperonnier devint

J'un des conservateurs des livres imprimés. Il mourut en 1820, estimé

Ï)our sa vertu et soa savoir. On a de ui de bonnes éditions de plusieurs auteurs latins, et entre autres des Jl endémiques de Cicéron , 1796, 2 vol.

in-12; de QmîUiUen, 1803, 4 vol.

in-12.

* Capbais (Saint) on Capbaisb, après 8*étre livré à Tétude de l'éloquence et de la philosoj)!iie, renonça au monde et se retira dans une dès solitudes des Vosges. Là, un jeune seigneur. Honorât, qui depuis fut éveque d'Arles, vint le trouver. Ils firent ensemble divers pèlerinages. Arrivés dans l'île de Lerins (département du Var) , Honorât fonda le célèbre monastère de ce nom , dont il ne consentit à être le chef que sous la direction de Caprais, qui mourut le 1*' juin 430.

Capbais (Snint) , né à Agen dans le troisième siècle , passait sa vie dans une caverne voisine de cette ville, lorsgu'un jour il aperçut , dit la légendet le supplice de sainte Foy. Il courut aussitôt se déclarer chrétien à Dacien , gouverneur de l'Espagne tarragonaise , qui alors se trouvait à Agen. Il eut la téte tranchée le 6 octolwe de rannée287. Vers le milieu du cinquième siècle, Dulcide ou Dulcice, évêque d'Agen , lit bâtir une église sous Tinvocation de saint Caprais. La vie de ce martyr a été éerite par Bernard Labenazie, Agen , 1714, in-12.

Capbée ou Caprt 'expédition de).

— IMiirat , dès son avènement au trône de iNaples, résolut d'arracher aux Anglais l'île de Gaprée, qui, entre leurs mains, était devenue un repaire de contrebandiers et de conspirateurs.

L'entreprise offrait d'immenses difficultés ; le roi Joseph y avait échoué deux fois. Cette île, où Tibère se croyait à Tabri du châtiment de ses ertmes , est pr«M|ae entièrement ceinte de rochers a pic qui ont plusieurs centaines de pieds d'élévation; et, depuis deux ans, le gouverneur anglais, sir Hudson Lowe, le même qui , plus tard , devint si tristement célèbre çomme

g[eôlier de Napoléon , ajoutait des fortifications aux obstacles naturels. II

avait quarante pièces d'artillerie et deux mille hommes de garnison. Rien n'arrêta les Français. Murât fit réunir des moyens de transport, embarqua seize cents soldats d'élite , et donna le commandement de l'expédition au général Lamarque. La flottille quitta la rade de JXaples dans la nuit du 4 au 5 octobre 1808. Le vent, d'abord favorable, ne tarda guère à faiblir; et, au jour naissant, le convoi était encore à environ trois lieues de Caprée. Ce fut seulement vers trois heures du soir que , sous le fendes batteries anglaises, les petits bâtiments qui portaient les troupes napolitaines commencèrent à longer la côte de l'île pour chercher un point de débarquement. Recherche longtemps inutile ; enfin , dans un rentrant où la mer Inttait avec moins de violence, on attacha une échelle avec des cordes ; sur cette première échelle on en hissa une seconde ; puis , sur la seconde, une troisième; et, par cet étrange chemin, à travers une pluie de balles et de boulets , on escalada la

Première enceinte de l'île. A quatre cures et demie , le général Lamarque était monté avec tout son monde ; mais, pour attaquer les positions supérieures qu'occupait l'ennemi , et auxquelles on ne pouvait parvenir (jue par un talus rapide et découvert , il se décida à attendre la nuit. Dans l'intervalle, voulant démontrer à ses troupes la nécessité de vaincre ou de mourir, il donna ordre à toutes les embarcations qui les avaient amenées de repretidre le large. A sept heures, les soldats, mis en bataille au milieu des ténèbres « montèrent dans un profond silence et sans répondre un seul coup de fusil au feu des Aneilais : ils les enfoncèrent à coups de baïonnette. Dans la nuit , on fit onze cents prisonniers. A l;t pointe du jour, le fort Sainte-Barbe se rendit. Les Français étaient maîtres de la partie haute de l'île , qui a conservé son ancien nom grec d'Ana-Cari ; mais les Anglais tenaient toujours a partie basse, et les troupes du roi Murât pouvaient 4tre affamées sur les

liauteurs qu'elles avaient conquises arec tant depeine. Il fallait donc s'emparer de la Grande-Marine, et resserrer autant que possible l'ennemi dans la ville, la citadelle et les forts. Mais descendre d'Ana-Copri était une expédition aussi périlleuse que d'y monter : les deux paities de Ttle ne communiquent que par un escalier de cinq cent quatre-vingts marches , dont chacune est haute d'une coudée , et où il ne peut passer qu'un liomme de front; de plus , il était battu à petite portée par dix a douze pièces de trente-six. Lamarque se décida n le descendre en plein midi. Cette audace devait être couronnée de succès : la Grande-Marine fut occupée le jour même. Le lendemain, tandis que legénérnl français s'occupait de forcer la ville et la citacfelle, une nombreuse escadre anglaise, partie de l'île Ponza , où Ton avait entendu le canon de Caprée, se^montra au large; et bientôt les Françai8,d*assiégeantsqu*ils étaient, devinrent comme assiégés.

Mais à cette vue , le roi Murât , qui , de même que les cinq cent mille habitants de Naples , suivait des yeux tous les détails de ce drame, se rendit h Massa, et y réunit ses canonnières avec quelques barques de pêcheurs, chargées de vivres et surtout de munitions qui commençaient à manquer.

Ce convoi , saisissani un moment favorable où les vaisseaux anglais s*étaient laissé affaler so!is l'île et ne pouvaient se relever faute de vent , passa entre ia queue de l'escadre et la terre, et aborda heureusement. Alors les Anglais , qui vovaient d^ià leurs nuirnilles tomber en brèche et Tassaut se préparer, capitulèrent.

CA.PSOOL ou Capsou, Capsoldum, nom par lequel on désignait, au moyen âge, le droit que Ton devait payer au seigneur sur le prix de la vente des biens dépendant de sa seigneurie.

Captal, mot gascon qui signifie chef ou seigneur, et qui n*est guère en usage que pour le captal de Traîne et le captal de Buch (voyez Jean de Graillv). Ce dernier titre appartint longtemps au duc d'Épernon , qui possédait la seigneurie de Buch (voyez

CAP tSS

ce mot). Il dérive du latin capitalis.

Capuana (prise de la place}. — , Les lazzaroni napolitains ayant attaqué un des avant-postes français, le général Championnet jugea que l'armistice qu'il avait conclu avec le roi Ferdinand (voy. Capouej était rompu , et se décida à envahir Naples. Les divisions françaises se portèrent (20 janvier 1799) sur les différents points qui leur avaient été assignés, de manière à opérer l'investissement de cette grande ville. Le général Duhesmé re« çut ordre de s'avancer par la route d*Acerra, pour prendre possession des villages et du faubourg qui s'étendent en dehors de la porte Capuana. Son avant-garde fut arrêtée un instant au village d'Aspargo par une fusillade meurtrière des lazzaroni ; mais elle enleva vivement celte ()osition à la baïonnette, prit possession du faubourg, et déboucha, après une vive résistance, sur la place Capuana, en avant de la porte du même nom. Malheureusement il était impossible de se maintenir sur cette place, où l'on était dominé par deux tours qui flanquent en cet endroit Tenceinte de la ville.

Le général Duhesme se décida, en con-, séquence , à la faire évacuer. Les lazzaroni s'élancèrent aussitôt à la poursuite des Français, et disposèrent même contre eux une batterie de douze pièces. Il fallait abandonner complètement le faubourg ou enlever cette batterie : le général Duhesme se décida pour ce (iernier parti. La batterie, vivement défendue , tomba au pouvoir des Français ; plusieurs pièces que les lazzaroni amenèrent successivement eurent le même sort. La place Capuana resta définitivement au pouvoir des assaillants. Cette brillante affaire, qui valut aux Français vingt-sept pièces d'artillerie et la position d'une place importante, leur coûta plus de trois cents hommes tués ou blessés.

Capuchon.— Cette pièce d*étoffe, servant à couvrir la tête des moines, devint, au treizième siècle, la ranïe d'une guerre très-vive e/iti e 1rs ( ordeliers. Les uns , surnommes les spiri" tmUzteSf voulaient , par esprit d*bu-

milité , le porter plus étroit , les autres prétendaient qu'on lui laissât rancienue forme. En 1314, les partisans du eaiNiehon étroit, soutenus par les bour* geois de IVnrbonne et de Béziers, chassèrent à main armée leurs adversaires des couvents de ces deux villes. En 1318, quatre matins du même parti futent condamnés par rinquisition, et périrent par le feu à Marseille. Sans èntrer dans tous les détails de cette trop sérieuse querelle, nous dirons seulement qu'elle dura près d'un siècle, fet que quatre papes , malgré tous leurs efforts, ne purent parvenir à rétouffer.

Capuctf.s. — Tel est le nom d'une société politique el religieuse qui, vers 1182, se forma dans la France, dont les provinces étaient alors désoléet par les Brabançons, les routiers et les cotereaux (voyez ces mots). Un pauvre homme, nommé Durand, charpentier en Auvergne , pui)lia partout que te yiei!ge loi était apparue, qu'elle lui avait donné un étendard, où elle était représentée nven son fils et qui portait cette inscription : « Agneau de Dieu « qui effacez les péchés du inonde, don- <i nez-nous la paix. » Elle lui avait, di" sait-il, enjoint de prêcher une ligue pour la défense de la paix, et pour la répression des Brabançons et de tons les brigands. L'évêque du jPuy-en- Velay, avec douze citoyens de là même Ville, se joignirent à lui pour établir les règles de la société cfes pacificateurs , des capuchons ou capuciès. On leur donnait ce nom à cause d'un ca-

J)uchon blanc ou capuce de toile qui eur couvrait la téte et leur servait de signe de ralliement. Us avaient, en outre, suspendue à leur cou, une petite image de la Vierge, en plomb ou en étain. Ils s'obligeaient tous, par serment, à maintem'r la paix entre eux et à forcer les autres de l'observer.

L'association fit de rapides proi^rès, surtout en Bourgogne et dans le Berri.

£u usa, elle enveloppa, près de Chûteaudun , un corps de sept mille aven* turiers, dont il n'échappa pas un seul. Malheureusement , les cnpuciès se recrutèrent d'une foule de malfaiteurs qui commirent de si horribles brigan-

dages , qu'ils ameutèrent contre eux toutes les populations; les minces communales i entre autres celles de TAuxerrois, se levèrent en masse et

les exterminèrent complètement.

Capucines. — Nom que prirent, en 1638, les FiUes de la Passion, lorsque, par un bref du pape Paul ÏII, les capucins furent charges de leur direc tion. L'habit des capucines avait, d'ailleurs , beaucoup de rapport avec celui des capucins.

Ces religieuses furent introduites en France, en 1^08, par la duchesse de Mercœur, suivant les dernières volontés de sa belle-sœur, Louise de Lorraine, veuve de Henri 111, et avéc l'autorisation de Clément IIL Après avoir habité successivement une maison que ossédait la duchesse au faubourg aint-Antoine, et celle qu'elle leur fit bâtir dans la rue Saint-Honoré, vis-àvis les capucins , elles se fixèrent enfin dani le monastère élevé pour elles, par ordre de Louis XIV, dans un encloé voisin du boulevard et de la rue auxquels elles ont depuis donne leur nom.

Elles y étaient au nombre de quarante.

Leur église, dont le portail faisait face à la place Vendôme , contenait de ma* gnifiques mausolées. Nous citerons seulement ceux du ministre Louvois, du duc de Créqui , de Colbert , de la marquise de Pompadour et de sa fille.

' Après la suppression des ordres monastiques j le couvent des capucines devint l'hôtel des monnaies de In révolution; c'est là que furent ctal)lies les presses d'où sortirent les assignats et tous les -papiers-monnaie que l'on fit frapper pendant cette période.

Les capucines ne possédaient en France que deux maisons; la seconde était à Marseille, où elle avait été fdndée en 1635.

Capucins. — Nom que Ton donnait* à une fraction de l'ordre des frères mineurs, franciscains ou cordeliers , parce que le capuce ou capuchon des ihembres de cette congrégation était plus lon^ que celui des autres moines.

Fonde en 1528, à Camérino, en Italie , par Matthieu Baschî , moine observantin du couvent de Monte-Fios-

CAP FRANGE. €Ar ito

Gone, Tordre des capucins ne fut introduit en France que quarante-qaati^e ans plus tard , en 1572. Ta pape Paul III, lorsqu'il approuva leurs statuts, leur avait défendu de fonder des établissements hors de ritalie; mais après la SaÎDt- Barthélémy, Charles IX , et sa mère, GatheriDe de Médicis, pensant que cés moines de bas étage

J)ourraleni avoir sur les masses, pour es ramener au catliolicisme, plus d'iqfluenee que n*en avait ea la terreur, demandèrent pour eux, à Grégoire XIII, la perînissioii de passer les Alpes.

Le cardinal de Lorraine les établit d'abord à Meudon ; mais Henri III leur donna, en 1576, une maison à Paris, danslarueSaint-Honoré, àl'endroitqui estoccupé maintenant nar la rue Castiglione. Cette maisou , liabitée par quarante religieux , devint le chef-lieu de leur ordre en France. On leur éleva , en 1613, dans la rue Saint- Jacques , sur un terrain plus vaste que celui de la rue Saint-IIonoré , un couvent qui devint la maison du noviciat de la province de Paris. Ils formaient dès lors, dans le royaume, neuf provinces, sans y comprendre celle de Lorraine. Tls s'y multiplièrent d'une manière étonnante.

Au moment de la révolution, ils v possédaient plus de quatre cents mal* sons. Leur régime était a peu près le même que celui des frères mineurs , dont ils ne différaient guère que par le costume. Le leur consistait en une it>be assez ample , en grosse étoffe de laine marron clair, serrée à la ceinture par une corde. Lorsqu'ils sortaient, ils portaient par-dessus un petit manteau de même étoffe et de même couleur, assez semblable au grand collet d'un esirrick, maisaccompagnéde Timmense capuchon auquel ils devaient leur nom.

Ils avaient la tcte rasée, et ne conservaient qu'une simple couronne de cheveux, lis laissaient croître leur barbe, ne portaient ni bas, ni culottes, «1 chemise , et avaient des sandales pour toute chaussure.

Près du maître-autel des capucins de la rue Saint-Ilonoré , on voyait, avant la révolution , les tombeaux des

deux hommes les plus célèbres de cet ordre en Frànce i c'étaient celu) du père Ange (Henri, comte du Bouchage,

auc de Joyeuse et pair de France), sur lequel Voltaire a fait ces deux vers de la Henriade , si connus et si souvent cités:

Vicieux, pénitent, conrtisao, loli taire ,

Il prit , quitta , reprit la cuirasse et la hairet

et celui du père Joseph du Tremblay, le confident et l'âme damnée du carainal de RicîhelieM.

Les capudQS, dbassés de France en même temps que tous les abus de Tancien régime, essayèrent dV rentrer avec la restauration : il s'en forma, en effet , quelques maisons dans les dé' partements du Midi; et Ton vit un gouvernement' qui punissait la mendicité comme un délit chez les pauvres , pour lesquels elle est trop souvent une nécessité, l'autoriser, la protéger même chez des nommes pour qui e)le est ude profession volontairement choisie. jI'h reste , hûtons-nous de le dire , la restauration n'est pas le seul gouvernemejU auquel une pareille inconséquence puisse être reprochée : à Theure qvTil est, il y a encore dés capucins e)i France.

Capubon (Joseph), médecin distingué, célèbre accoucheur, professeur iigrégé de la faculté de médecine de Paris, né en Languedoc vers 1755. On a de lui plusieurs ouvrages fort estimés , parmi lesquels on remarque son Cours théorique et pratique aaccoU" ehemenis;- son Traité de la médedne légale relaHoettuxaceouchementSyete,

Caqueux. — Cette dénomination par laquelle on désignait, en Bretagne, de misérables parias longtemps considérés par les habitants comme des juifis ou des lépreux, n*était qu*une variante du mot cagot« (Voy. Cagots.)

Caba - Albebtini ( Capitulation des Autrichiens à). — Le 31 octobre 1805, lendemain de la brillante victoire qu'il avait remportée k Cal* > diero sur l'archiduc Charles (voyes CiT.DîKRo), Masséna apprit que par suite d'un motivement qu'il avait ordonné , le 29 , à une de ses divisions, et dont le but était de tourner Les troupes

CAR

L'UiSIVERS.

CAR

ennemies qui pourraient se trouver sur la izaucne de Vérone, une colonne autrichienne de cinq niiUe hommes avait été séparée de son corps princi-

S al, de manière à ne pouvoir remonter ans les vallées de TAdige, et rejoindre ainsi l'armée del'arrhiduc. Legénéral Hillinger qui commandait cette colonne, chercliait à regagner la route de Vicence et se troayait alors à Gara- Albertini. Masséna, informé de ces circonstances , expédia un de ses aides de camp pour sommer le général ennemi de mettre bas les armes mais Hillinger ne voyant pas de troupes devant lui, rejeta cette sommation. Au retour de son aide de camp, Masséna, en personne, se porta, avec quatre bataillons de grenadiers , vers Cara-Al* bertini, à 1 effet de cerner entièrement les cinq mille Autrichiens , et fut joint en route par le 22* d'infanterie légère. Hillinger, sentant alors la nécessité de se rendre , signa une capitulation qui, sans coup férir, donna aux Français cinq mille prisonniers , avec armes et bagarres. I.e général et tous les ofGciers purent retourner en Autriche après avoir fait le seraient de ne pas servir jusqu'à leur parfait échange, mais toute la troupe demeura prisonnière de guerre pour être di»

rigée sur la France.

Carabine, arme à feu portative dont le canon est rayé en spirale , et dont le calibre est tel que la balle ne peut arriver sur la charge qu'autant qu'elle est poussée avec violence par une baguette en fer et un maillet. La carabine est rayée dé huit raies équidistantes et ayant 0 mètre 0006, à 8 mètres 0008 "de profondeur.

Quelques auteurs prétendent que la carabine était l'arme des carabins; cette opinion nous paraît dénuée de fondement, car aucun des ouvrages anciens que nous avons consultés ne se sert du mot carabine , dont on n'a commencé à faire usage que quelqiMs années avant la fin du règne de Louis XIV. Ce qui peut avoir causé l'erreur de ces écrivains, c'est l'abus que l'on a fait de la langue militaire, en confondant les mots mousqueton et

carabine. Un auteur contemporain dit aussi , sans plus de raison, que les Français ont autrefois employé la carabine sous le nom de btâtiére et de rainoise^ Nos recherches à cet ^rd n'ont aucunement Justifié cette asser* tion.

Le nom de carabiniers , que porte un corps de grosse cavalerie, dont l'institution remonte à Louis XIV, n'implique aucunement que ces troupes se servissent de la caranine, car dès cette époque elles étaient armées de mousquetons,et non point de carab i nés.

La carabine se charge en mettant la poudre d'abord, puis un calpintt la balle par-dessus. Le calpin est un morceau de peau ou d'étoffe, coupé en rond et enduit d'une substance rasse, lequel doit envelopper la balle ans le canon de la carabine. La balle étant ainsi préparée , on la chasse à coups de maillet , jusqu'à ce qu'elle porte sur la poudre^ sans y être cependant trop enfoncée.

Dans les premièarts guerres de la révolution, quelques compagnies franches ainsi qu'un bataillon , formé à Valenciennes en 1792, furent armés de carabines. Un peu plus tard on décida que les compagnies d'élite de l'infimtorie légère et les voltigeurs de l'infanterie de ligne seraient armés de carabines rayées ; mais cette idée n'eut pas de suite. La carabine fut abandonnée à cause de la lenteur de son chargement, de la difficulté et de l'embarras de se pourvoir des munitions spéciales.

En Autriche, l*infanteriel^ère connuesousla dénomination âechasseurs du loup , et les Tyroliens font usage de la (•arril)iiie. T,es Anglais ont uiie brigade de rijjlemen , qui se servent de cette arme avec beaucoup d'adresse, et elle est également en usage dans l'infanierie légère du Danemark, de la Pru.s<e et de la Bavière.

Un nouveau système de carabines est maintenant en essai dans les troupes françaises. Exempte de tous les inconvénients qui avaient toujours fait abandonner l'usage de celte arme , la carabine , perfectionnée par M. le ca-

CAE FRANC£. • CAS H7

fûtaine Belvigne , et dont on a armé lieutenant-colonel, un major et un

es bataillons de tirailleurs oriinnisés à aide-major. Cette org:inisalioneut lieu

Vincennes, fera sans doute mieux ap- en 1G93, et, dès cette époque, les ea-

précier rutilité dont elle peut être rabiniers prirent le titre de corps

par la justesse de son tir et la Ion- royal des carabiniers,

gueur de sa portée. Louis XIV fut le premier mestrè

CARA.BIMERS. — Louls XIV , qui de camp des carabiniers, mais il dési-

avait, en IGGC, placé quatre grena- gna pour les commander soû fils na-

diers dans les compagnies d'infanterie, turel le duc du Maine,

songea à créer une institution analo- £n 1694, une haute paye fut aceor-

§ue pour la cavalerie. En 1676, il arma dée aux carabiniers. Une instruction e mousquetons, improprement appe- de 1696, écrite en entier de la main du lés carabines, quatre gardes du corps roi, régla leur service et leur disciplipar brigade. L'année suivante, il y en ne. Après la paix de Ryswick , on en eut quinze, et, peu de ^emps après, réforma soixante conipagnies, et le dix-sept par brigade. Par une ordon- nombre des escadrons rat rédnit à dix. nance du 26 décembre 1679, il plaça , En 1701 et 17013, de nouvelles ordondnns chaque compagnie de cavalerie, nances vinrent encore apporter queldeux carabiniers, choisis parmi les plus qiics améliorations dans le corps des adroits tireurs. Le maréchal de Luxem- carabiniers, mais, de cette époque à bourg, qui avait réuni les carabiniers 1751 « Il n'y eut plus d*autrea modifiet les avait formés en un seul corps, cations dans leur organisation. Une fut si satisfait de leur bravoure, et ordonnance du 20 mars, de cotte ansurtout des services qu'ils rendirent à née, ré^la les conditions du recrutela bataille de Fleurus, en 1690, que, ment de ce corps. Les hommes, tirés sur le compte qu'il en rendit au roi , des régiments de cavalerie , devaient Louis XIV ordonna qu'une compagnie avoir Ta taille de cinq pieds quatre de mousquetons, improprement appe- pouces au moins, être i^gcs de vingtlés carabiniers, serait organisée dans cinq à quarante ans, célibataires, d'une chacun des régiments de cavalerie de ligure et d'une tournure convenables, Tarmée. La compagnie de carabiniers gens de valeur et de bonnes mœurs , se composait d'un capitaine, de deux ayant au moins deux ans de service, lieutenants, d'un cornette, d'un ma- et devant encore rester trois aoS'SOUS réchal des logis et de trente cavaliers, les drapeaux.

Par une ordonnance du 25 octobre Le 13 mai 1758, le comte de Pro-

1690, cette comi)agnie fut armée d'une vence prit le commandement du corps

carabine rayée. des carabiniers , qui porta le nom de

Dans les campagnes ds 1691 et de royalcarabhiiers de monsieur le comte

1G92, les carabiniers furent réunis en de Provence. Le 21 décembre 1762,

une brigade, sous le commandement le corps fut réduit à trente compa-

d'uD brigadier et de deux mestres de gnies , toujours réparties en cinq bri*

camp. Mais ce corps ainsi composé d'é» gades. Enfin, le 8 avril 1779, eut lieu

léments si divers manquait de l'homo- une nouvelle organisation qui subsista

généité nécessaire ; aussi Louis XIV, jusqu'à la révolution de 1789.

qui appréciait les services que pour- Jusau'a cette dernière époque, Tef-

rait rendre un pareil corps, s'il était fectif ou corps des carabiniers fut de

convenablement constitué, se décida à quinze cent soixante hommes sur le

organiser en un seul corps toutes les pied de guerre, et de treize cents sur

compagnies de carabiniers de l'armée, le pied de paix. Ce corps était divisé

Les cent compagnies formèrent donc en deux brigades. Kn prenant le pied

cinq brigades ; chaque brigade eut de paix pour base, la brigade se eom*

quatre escadrons, et chaque escadron posait donc de six cent cinquante 7naU

cinq compagnies. La brigade fut com- très ou cavaliers. Chaque brigade était

mandée par un mestce de camp, un de cinq escadrons ou compagnies, de

L'IJMVERS.

cent trente inattres ebactine ; chaque escadron ou compasnie était diWsé ea

deux pelotons ; cnaque peloton en deux sections, et chaque section en deux brigades.

L*état- major général du corps se composait d^un mestre de camp propriétaire» qui était toujours un prince au sang, ou un militaire de la plus haute naissance et du mérite le plus distingué (l'un n'allait pas sans l'autre à cette époque) ; d*un itiestre de camp Heutenant et inspecteur du corps, d'un major général, d'un aide major général, d'un quartier - maître trésorier, d'un aumônier, d'un chirurgien-major, d'un professeur de mammatiques, d'un professeur d*hippiatrique , d'un timbalier et d'un armurier.

L'état-niajor particulier de chaque brigade se com Dosait d'un mestre de camp commanaant la bricade, d'un mestre de camp commandant en second,d'unlieutenant-colonel,d*unaidemajor, d'un quartier-maître, de cinq porte-étendards, d'un adjudant, d'un aide-chirurgien-major , d un maréchal expert et diin sellier.

Les carabiniers eurent vingt étendards, depuis le moment de leur création jusqu'au 13 mai 1762. A cette époque, on les réduisit à dix. Ils étaient dfe soie bleue , et portaient un soleil d*or avec cette devise : Nec plurUntê impaj\ Le 1 7 septembre 1 782, les carabiniers changèrent d'étendards : ceux qu'ils prirent alors , et qu'ils conservèrent jusqu'à la révolution, portaient 'les armes de Monsibuh brodées en or (la couronne était surmontée d'un panache en argent), et avaient pour devise : Toujours au chemin de l'honmur,

: Chacune des dix compagnies ou escadrons était commandée par un o^ ficier supérieur regardé comme capitaine titulaire.

Les escadrons ou compagnies avaient en outre chacun on capitaine eh pre* mier, c|u'on pouvait considérer comme le capitaine lieutenant ; un capitaine en çecond, un lieutenant en premier, un lieutenant en second, un sous-lieutenant en premier, un sous-lieutenant

en second , et un sous-lientenant en troisième.

II y avait de plus cinq capitaines et seize sous -lieutenants attachés a)i

corps des carabiniers.

Chaque compagnie avait un fourrier, avec rang de maréchal des logis chef dans la cavalerie , quatre mariîchaux des logis et huit bri^^adiers.

Les carabiniers avaient pour armes offensives , la carabine avec sa baïonnette, les pistolets et le sabre ; et pour armes défensives, la cuirasse et la calotte de fer : cette calotte se composait d'un cercle de fer qui entourait la téte , et portait deux sections de cerde en fer , qui se croisaient au sommet. L'ordonnance du 28 mai et un règlement du l""juin 1750 voulaient que ces calottes fussent de fer ou de mèches. Celte armure était en usage dans la cavalerie, pour garantir la tete des coups de sabre, et se portait sur la forme du chapeau. Pour la placer sur le chapeau et pour l'ôter, on était obligé de défaire les agrafes qui retenaient les ail^s.

L'uniforme consistait en un habit à la française de drap bleu de roi ; les revers , les parements et la doublure étaient écarlate ; les boutonnières, les parements et le collet étaient garnis d'un galon d'argent ; le bas de la taille était garni d'un galon en forme de fer à cheval.

Le chapeau était galonné en argent ; la veste de drap était blanche , ainsi que la culotte de peau. Les boutons étaient blancs, et timbrés d'une fleur de lis. Les sous-ofliciers avaient un habit galonné partout en argent fin. L'uniforme des officiers était semblable à celui des sous-ofGciers ; mais, au lieu de galons, il avait des broderies à paillettes.

TiCS carabiniers jouissaient de plusieurs prérogatives, en récompense des éclatants services qu'ils avaient rendus à l'État. La vénalité des emplois fut toujours éloignée de leur corps ; ils combattaient à pied et à cheval ; ils faisaient dans les sièges le même service que les grenadiers j ils campaient à » gamdie delà maison du rhi«

CAE

et la relevaient , si les circonstances Texigeaient , de préférence à tout au-

Îre corps de cavalerie ; ils formaient avant-f ardje , quand on marchait à ^ennemi , et Tarrière-garde dans les retraites, etc., etc. Jamais on ne faisait subir un traitement ignominieux à un carabinier. Les maréchaux des toçis de ce corps étalent è Tabri dé la pème de mort portée contre les déserteurs ; ils ne pouvaient être condamnés qu'à un an. de prison, au pain et à l'eau.

' En 1763, une brigade de earaUnienl Tint .tenir garnison à Saumtir. L'instruction de ce beau corps dans Téquitation et dans les manœuvres avait atteint un tel degré de perfection,

Sue, de 1788 à 1771, cbafflie régiment e cavalerie envoya ouelmies sujets

choisis pour puiser cncz les cnrnhitiiers les principes qui y étaient mis en pratique avec tant de succès. En 1768, les carabiniers commencèrent ta construction du beau quartier qui sert aujourd'hui à l'école de cavalerie. JjCur séjour à Saumur contribua puissamment à la prospérité de cette ville.

Dans ses Recherches historiques, Boiin nous dit que , lorsque les carabiniers arrivèrent à Saumur en 1763, la population de cette ville n'était que de sent mille cinq cents .luips, et que, lors de leur départ, en 1788, elle s'élevait à plus de dix mille.

Dans toutes les circonstances oà ils se trouvèrent, les carabiniers se distinguèrent toujours par leur bravoure et par leur discipline. Ils se firent surtout remarquer en Espagne , sous les ordres du maréchal de Noailles, en 1694; à la bataille de Guastalla, en 1734, où ils firent des prodiges de valeur; en 1740, au siège de Prague \ en 174Î, au combat de Sahai ; à Dettin-

§en , à Fontenoy , en 1745 ; au siège e Bruxelles, en ]74G ; à Lawfeld, en 1747; à Courtrai, a Maëstricht, dans la campagne de 1757 ; à Crevait, en X758; a Minden, en 1759, et pendant les campagnes de 1760, 1761 et 1763. ■ Par suite de la nouvelle organisation de l'armée, en 1788, les deux brigades de carabiniers devinrent l*''

et 2" régiments de carabiniers. Cha** que régiment fut composé de quatre escadrons , et rescauron de deux compagnies. Le titre' de coldnel fut substitué à celui de mestre de camp, et les compagnies , commandées par un capitaine, un lieutenant et un souslieutenant, se composèrent de soixante et dix*sept carabiniers.'

La révolution ayant détruit tous les corps privilégiés, celui des carabiniers dut être dissous; mais, sur les instantes réclamations de la brigade tout entière , ^Assemblée législative , par l'article 8 de son àrireté du 19 aodt 1700, conserva les carabiniers, et maintint la baute paye dont ils jouissaient.

' L'état-major général de la bripde

fut supprimé en 1791 ; quelques modifications furent faites à l'uniforme :

le chapeau galonné fut remplacé par le bonnet à poil sans plaque, et les carabiniers prirent le plastron en fea bronzé et les épaulettes galonnées en argent.

Dans toutes les organisations qui eurent lieu à cette époque , les carabiniers prirent toujours rang avant tous les aiitres régiments de cavalerie. A dater de 1791 , il n'jeut plus

?ue deux étendards par régifnent; ils talent portés par les plus anciens maréchaux des logis chefs. Lors des organisations de ran it etde Tan Yitt, les carabiniers furent maintenus, et n'éprouvèrent d'autres modification^ que dans leur effectif , qui fut pour chaque régiment de sept cent trois bommes en Tan iv, et de huit cent soixante en Tan Viit.

Lorsque les cuirassiers prirent le nom de régiment de cavalerie , les carabiniers seuls constituèrent la

L'organisation de Tan xii conserva les carabiniers. En 180G,cha-

3ue régiment de (juatre escadrons, ivisés chacun en deux compagnies,' fut porté à un effectif de huit cent vingt hommes. Le 10 mars 1807, l*effectif était de mille quarante hommes.

Cette augmentation provenait de la création du cinquième escadron , qui

Ï4» CAE L*UiaVERS. CAM

fut dissous le 24 décembre 1809. £n 1810 « l'effectif éprouTa encore .ua ebangement : îl rut de neuf cent

soixante hommes. A la même époque, de nouveaux chanfçements eurent lieu dans Tuniforme : les carabiniers prirent le casque en cuÎTre avec chenille rouge, et la cuirasse jaune avec un se* leil blanc. La grande tenue se composait de rhabit blanc, et la petite tenue de l'habit bleu de ciel.

Lors du retour des Bourbons, en 1814, les carabiniers rqirirent leur ancien nom de carabiniers de Motir sieur. La restauration, conséquente avec son principe, s'appliquait à exhumer toutes les vieilleries féodales des temps passés , sans tenir aucun compte des modifications gue le temps avait apportées dans les idées (*). Le 20 mars 1815 fit raison de cette absurde qualification , et remit les cara* biniers sur le pied où ils étaient auparavant.

Louis XVTTI, en quittant la France, rendit, le 23 mars 1815 , une ordonnance de licenciement de Tarmée, qui ne reçut son exécution qu'après les désastres de Mont-Saint-Jean ; et , lorsqu'à son second retour, il reconstitua l'armée, il ne comprit dans son organisation qu'un seul régiment de carabiniers , à quatre escadrons , sous le titre de caraMniers royaux. L'effectif de ce régiment était de cinq cent vingt hommes. Il reprit quelque temps après le titre de carabiniers de Monsieur , qu'il quitta définitivement lorsque Charles X fut monté sur le trône.

Une ordonnance du 27 février 1825 créa un deuxième régiment de carabiniers; et les deux régiments, portés à six escadrons , présentaient chacun un effectif de six cent soixante et dix«

(*) Dn reste , il eit eiie«we plus étonnant de voir, après la révolution de juillet et sous

un régime ronstitulionnel , l'anomalie non moins choquante que prcsenle V Annuaire mitiuùre offidelt en désignant desr^ments tels que le i**^ de dragons, le i" et 6* de

lanciers et le i*"*" de hussards comme faisant partie du patrimoine des iils du chef de

sept hommes sur le pied de paix, et de huit cent soîxante-neùf sur le pied de guerre.

Depuis l'ordonnance du 19 février 1831 , les deux régiments de carabiniers forment, avec les dix régiments de cuirassiers , la cavalerie de réserve de l'armée française. Leur effectif sur le pied de paix est , pour chacun , de neuf cent quatre-vingt-quatorze, et sur le pied de guerre, de mille quatrevingt-un hommes.

Les deux régiments de carabiniers ont l'habit bleu céleste, boutons blancs empreints d'une grenade h. numéro, buifleterie jaune avec piqûre blanche, casque en cuivre avec chenille rouge, cuirasse en cuivre. Le l"' régiment a les parements, retroussis, passements du collet, bleu céleste , collet et retroussis garance, épaulettes écarlaie.

Dans le 2", le collet et les retroussis sont de la même couleur que le fond de l'habit.

En terminant notre article , nous dirons que les carabiniers soutinrent avec éclat leur vieille renommée pendant les guerres de la république et de l'empire. Mais , comme nous dépasserions les bornes qui nous sont nnposées , si nous énumérions leurs faits d'armes, nous nous contenterons de rappeler ici que c'est après .l'affaire d'Arlon , où ils enfoncèrent ûn carré de dix mille hommes , que lès carabiniers reçurent le surnom de bouchers de l'armée , qui , à notre avis , vaut bien, malgré tout ce qu il a de terrible, celui dont l'ancien régime et la restauration les avaient affublés. ' Le corps des carabiniers a eu successivement pour chefs , depuis sa création : Louis XIV, le duc du Maine, son bâtard , Louis XV , le comte de Provence (Louis XVIII) , le prince de Bombes, le comte de Gisors, le comte de Poyanne, le comte de Cliabrillant. Sous Tempire, le prince Louis- Napoléon Bonaparte, connétable de l'empire , fut un moment colonel général des carabiniers , et le prince Borghèse, duc de Guastalla , a été colonel du l*^*" régiment de cette arme.

A la restauration , le duc d Angou-

CAA FRANGB.

CAR

léme prit le titre de colonel général des carabinien , qu'il a conservé jusqu'en 1830.

Cababins. — Beaucoup d'écrivains militaires prétendent que les carabins ont donné naissance aux carabiniers; nous pensons , au contraire , qu'il n'y a aucune espèce d'analogie entre les carabins du temps de Henri III et de ses successeurs, et les carabiniers qui ont été institués plus tard.

Henri IV eut un grand nombre de curabins, mais ils ne formaient pas un corps séparé de la cavalerie ; ils en étaient les eclaireurs et les flanqueurs. Ils étaient attachés aux compagnies de cavalerie , à la gauche desquelles ils se formaient par petits escadrons de trente à cinquante hommes.

Les armes défensives des carabins , ditMontgommery, étaient unecuirasse écbancrée à l'épaule droite , ailn de mieux coucher en joue ; un gantelet à coude pour la main de la bride ; un cahasset en tête; et, pour ormes offensives, une longue escopette de trois pieds et demi de long pour le moins , et un pistolet.

Pour combattre, ils se formaient, comme nous l'avons dit, en petits escadrons plus profonds que larges; et, à un signal convenu , ils s'approcliaient de Tennemi. Chaque rang, devenu suc:

cessivement le premier, faisait sa dédiarge, et venait ensuite se reformer h la queue de l'escadron et y recharger ses armes, jusqu'au moment où la cavalerie s'élançait en niasse sur l'ennemi ; ils se retiraient alors en arrière, et se préparaient à po ti rsuivrerennemi, ou à soutenir la retraite en cas d'échec. On voit donc que les carabins avaient, par leur service et par leur manière de combattre , un plus çrand rapport avec notre cavalerie légère qu'avec les carabiniers, qui sont compris dans la grosse cavalerie.

Louis Xlll forma des régiments entiers de carabins, et ils eurent dès tors un général pour les commander. Cette milice fut supprimée par Louis XIV.

Caraccioli (Antoine), prince de Melfi, maréchal de France et abbé de Saint- Victor, mort en 1550 , naquit à

Melfi , dans le royaume de Naples , au commencement du seizième siècle.

Après avoir reçu une éducation brillante , il vint à fa cour de François l""; mais bientôt un accès de dévotion lui fit quitter la cour pour se mettre en retraite chez les dominicains, étabhs dans le désert de la- Sainte-Baume.

Plus inconstant que dévot, il revint ensuite à Pans , entra chez les chartreux , et passa de là chez les chanoines réguliers de Saint-Victor, dont Il fut nommé abbé en 1548. Son humeur tyrannique ettracassière le porta encore à quitter cette abbaye pour révêché de Troyes. Enfin , pique de n'avoir pu obtenir le chapeau de cardinal, Caraccioli embrassa le calvinisme qu*il prêcha publiquement dans son diocèse, se maria, reprit son titre de prince , et se retira à Châteauneufsur- Loire, où il mourut en 1569. On a de lui : h Miroir de la vraie reH» gion, Paris, 1544, in-16; écrit coni« posé avant son changementdedoctrine; quelques poésies, et plusieurs lettres, dont celle qui est adressée à l'évêque de Bitonto, pour justifier Montgommery de ta mort oe Henri II, est insérée dans le recueil des épUres des princes de Ruscelli.

Caaaccioli (IvOuis-Antoine), littérateur fécond , né à Paris en 1721 , était issu de l'illustre famille des Caraccioli de Naples. En 1739, il entra dans la congrégation de l'Oratoire; et, après de longs voyages en Italie, en Allemagne et en Pologne, où il trouva d'utiles protecteurs, il revint en France, et ne s'y occupa plus que de littérature. Mort à Paris en 1803, dans un état voisin de l'indigence, il a laissé un nombre immense d'ouvrages maintenant oubliés , dont les titres seuls rem* [éliraient plusieurs colonnes, et présentent souvent de singuliers contrastes. Nous citerons : C Année sainte, ouvrage instructif sur le jubilé ; le Catéchisme de la eanslituHon française; le Langage de la reUgUm^ le Maff»^" cat du tiers état, etc., etc. Le meilleur de ses écrits est le recueil des Lettres intéressantes de Clément Xi f , Paris , 1775. Ces lettres sout , du reste.

CAB LimrVER5. CAR

apocryphes en grande partie, bien que , par une bizarrerie qui n'est pas sans exemple, Caraccioli ait soutenu jusqu'à sa mort quMI en était simple- Inent le traducteur. On lui doit encore : 1" Caractères de l'amitié, Francfort, 1766, in-12; 2" le Cri (le la vérité contre la séduction du siècle; 6^ ki JMts eUmenUnes ; 4* les Fies du cardinal de BéroUe , de Benoît XIV, dp madame de Maintenon, deJoseph II , etc. I.a Convention avait fait à Cnraccioii une pension de deux mille livres.

Cabafa (Midiel - Henri - François- Aioys-Vincent-Paul), compositeur dramatique, naquit à Naples en 1785. Il étudia la musique avec Fenaroli et Cherubini, mais il embrassa bientôt ta earriére des armes , et servit dans la garde de Murât. Il fit, en qualité (rofficier d'ordonnance de ce roi , la campagne de Russie. A partir de 1814 , M. Carafa se livra sans réserve à Tart quMl avait cultivé pentlant sa Jeunesse , et il fit represen* ter son premier opéra. Jusqu'en 1821 , il travailla pour la scène italienne; mais , cette année , il fit pour le théâtre Feydeau Topéra de Jeanne ir^rc, qui n'eut pas iin très-grand succès , bien que la musique en soit fort remarquable. En 1822 , il fit représenter au même théâtre le Solitaire, le i)lus populaire de ses opéras. En 1825, il fit jouer à TOpéra ia Belle au bois dormant. Pendant toute cette époque, M. Cnrnfa avnit résidé tantôt à Paris , tantôt en Italie , et avait travaillé bien plus pour la scène italienne que pour nos théâtres ; à partir de 1827 , il se fixa à Paris, et se fit naturaliser Français. Il a composé depuis lors plusieurs opéras , et surtout Masanicllo (1828) ,

Sue M. Fétis regarde comme son chef- *ceuvre. En IS87, il a été nommé membre de TAcadémie des beaux-arts.

Caraffe ( Armand -C), peintre, élève de Lngrenée, était à Rome à l'époque de la révolution , et revint en France y prendre part. A la fin de 1794 , on le vit aux jacobins réclamer la liberté indéfinie de la presse , alors ue la réaction ét:nt au plus fort; il emanda aussi ^ue Xaiiiça , réron et

Lecointre de Versailles fussent chassés des jacobins pour les avoir calomniés.

Deux jours après , Garafiè Ait mis èn arrestation ; il y resta jusqu'au 13 vendémiaire an TV, et vint à cette époque défendre la Convention. Il abandonna alors la carrière politique pour se livrer de nouveau à son art. Dès Tan « 1789 , il avait exposé trois dessins , dont les sujets étaient assez bien choisis : c'était Pnpilhis traçant un cercle aufour (VAntiochus;'jgis rétablissant à Sparte les lois de Lycurgue, et /ai* mut brûler ttm les actes tmdant à détruire V^oMU, Après sa sortie de prison , il exposa divers sujets peu importants, en général empruntes à l'Orient; dès l'an ix il n'exposa plus:

peu après il partît pour la Russie, ou il passa quelques années utiles pour sa fortune , mais funestes à sa santé. De retour à Paris en 1812, il languit jusqu'en 1814, époque de sa mort. Il a

rnntun sujet allégorique que l'on voit l'hôpital de la Charité, et qni est fort estimé; on a aussi de cet artiste une colieetion de costumes orientaux. Le Louvre possède un tableau de Caraffe, représentant le Ternps brisant les aàes de PJmour, gùise console dans les bras de V Amitié,

Caraman (famille de). — Les Caraman ont la même origine que les marquis de Mirabeau ; les uns et les autres Ont pour premier aneétre un eertain Gérard Arrighelti , originaire de Florence, qui, forcé de fuir devant les Giielfes, vint, au milieu du treizième siècle , chercher un refuge en Provence, oCt il s*établit avec sa fimille. De Rl^ guetti , première abréviation , est venu Hiquet, encore plus court, et véritable nom français , qui fut norté par l'auteur du canal du Languedoc.

Riqnei de Bonrepos, son fils ca« det , est le premier comte de Caramaik qui soit devenu célèbre. Il fit presque toutes les campagnes du règne de Louis XIV, particujièremcnt celles de Flandre , et se signala par une bra* voure peu commune, qui le fit éleVet au ^rade de lieutenant général. Sa retraite de Wan/^e , en 1705, est un des plus beaux mi& d'armes qui soient

CAR

connus ; Louis XIV l'en récompensa en lui conférant une grand' croix de Saint-Louis , quoiqu'il n*y en eût pas

alors de vacante. Il mourut en 1730, à râge de quatre-vini^ts ans y ne laissant point de postérité.

. Les Caraman actuels descendent aussi du fondateur du canal de Languedoc , mais par un autre de ses ûls*

r.'M. de Riquety comte de Caba- MAN , né le 16 juin 1727, était arrièrepetit-lils du fameux iliquet, créateur du caoBl de Languedoe, et fils de V.-P.-F. de Riquet, comte de Caraman , lieutenant général des nnnées du roi. Va\ 1743, il reçut le brevet de capitaine dans le régiment de Berri- GaTalerie, et se distingua teliement à la bataille de Fontenoi, qu'il fut nommé colonel du réfiiinent de Vibraye-Drajçons, qui prit le nom de CaVaman.

£n 1750, il épousa la princesse Marie- Anne de Cbimay , fit toutes les campagnes de Flandre, de la guerre de sept ans, y déploya une grande habi- Jeté et une rare valeur, et devint successivement maréchal de camp, lieutejiant général et commandant général .4le la Provence. La révolution rayant /oicé de quitter la France , il se rendit Jiuprès des princes français à Coblentz , reçut, en 1792, le commandement d'une division de cavalerie, et lit la campagne de Champagne. En 180$, i| rentra en France, et mourut le 24 janvier 1807. Il laissa trois fils et cinq filles. L'un de ses fils, marié à madeinoiselie de Cabarr^is, femme Tallien , est devenu prince de Cbimay, du chef de sa mère.

J ictor Rîquet, marquis de Ca- BAMAN , pair de France , ambassadeur à Vienne , émigra en 1791 , et ne rentra en France qirà la restauration.

Il passa vingt^rois ans chargé, dit-on, de missions pour le roi et Tes princes français , près des cours d'Allemagne et de Russie. En 1814, Louis XVIII le nomma ambassadeur à Berlin , pair de France en 1815, et , en 1816, am* bassadeur à Vienne.

yictor , comte de Cabaman , fils du précédent, fit ses premières armes

Pru^ et en ilollaude , en (qualité

d'officier d'artillerie. Devenu aide de camp du général GauUncourt , il ()assa , en 1818, dans la maison militaire de

Tempereur; prit, en 1814, une part brillante à la bataille de Craonne , fut cité avec distinction dans le bulletin officiel. En 1816, il fut nommé membre de la commission chargée de la réorganisation de TEcole polytechnique.

Maurice Rîquet, comte de Caraman, frère du marquis et oncle du précédent, maréchal de c^mp et membre de la chambre des doutés , émigra en •4791. Il rentra en France en 1800, par suite de la pncification consulaire. En 181 1 , il fut élu membre du Corps législatif par le sénat conservateur. Maréchal de camp en 1814, il commanda successivement, en 1815, à Angoulême et à Arras. Le département du Nord le nonnna membre de la chambre des députés en 1824. Il est mort en 1887.

Fi'ançoii'Joseph- Philippe , comte de Caraman, prinre de Chimay, second frère du comte Yietor, est né en 1771. Le département des Ardennes le nomma, en 1815, membre de la chambre des députés , où il vota avec la minorité ; il ne fut point réélu Tannée suivante. Le titre de prince de Chimay lui vient d'une terre de ce nom qui lui échut pour sa part dans la succession de son oncle, li a épousé, en 1805, madame Tallien, dont nous parlerons sous ce dernier nom.

Carausius (îMarcus Aurclius Valerius) naquit chez les Messapieus, peuple de la Gaule Belgique , entre la Meuse et l'Escaut. S étant distingué dans la guerre que Maxiinilicn Hercule eut à soutenir contre les Bagaudes (voyez ce mot), il fut chargé d'équiper une flotte à Boulogne pour délivrer rOcéan des nombreux pirates qui Piofestaient, et pour défendre les côtes de la Belgique et de l'Aquitaine contre les Francs et les Saxons; mais de graves soupçons s'étant élevés sur sa conduite pendant cette guerre, l'empereur prononça contre lui la peine de mort.

Averti à tem[)s du danger qui le menaçait, Caratisius se fit, en 287, reconnaîtra} empereur ^ar les iéi^ious de 1^

Grande-Bretagne, et dès lors résistn à toutes les tentatives faites pour le renverser, par Maximilien Hercule, qui fut eofin obligé de traiter avec lui et de lui abandonner la possession paisible de nie. Carausîus y régna tranquillement jusqu'en 293, époque à laquelle il fut assassiné par Allectus, un de ses principaux officiers, qui se lit proclamer eAipereur à sa place. Les médailles deCaraUsias sont très-curieuses; Tune porte au revers: Expectatk vem; et, dans la lon2;ue suite des empereurs romains , c'est la seule qui offre une telle légende. Une antre semblerait indiquer que Carausius a été reconnu p;ii' Dioclétien et Rlaximien; car on lit autour des têtes accolées des trois empereurs : Cakavsivs et frathes svi. Cette médaille a été publiée et expliquée par G. Oderico , dans une lettre que le journal de Pise De^ Ictferati a publiée, en 1782. Genebrier a donné Vliisloire de Carausius prouvée par les médatUeSy Paris , 1740 , în-4°, ouvrage moins complet que celui de l'Anglais G. Stuckeley, Londres, 1757, in-4".

Cabbon (François-Joseph), dit le petit François, était né à Paris. Matelot à répoque de la révolution, il se jeta dans le parti royaliste, devint chef de chouans, se distmgua par son courage et ses cruautés, refusa de profiter de l'amnistie consulaire, passa eu An-

gleterre en 1799, et en revint au mois e novembre 1800, pour extc iter Je plan d'assassinat conçu contre le premier consul , et qui 'devait être exécuté au moyen de la fameuse machine infernale , dont l'explosion eut lieu le 3 nivôse an ix dans la rue Saint-Mcaise. ('arbon , qui conduisait la fatale ( barrette, se cacha, et fut ar- * rété quelques jours après. Traduit devant le tribunal criminel de la Seine avec Saint-Régent, il chercha à se sauver par des révélations , mais il n'en fut pas moins condamné à mort le 16 germinal suivant.

Cabbon-i)e-Funs-des-Ouviers (Claude-Louis-Marie-Emmanuel), littérateur, naquit à Reims en 1757, et débuta .par une ode sur le sacre de

CAB

Louis XI I, 1775. Quelque temps après, il vint à Paris, où il inséra un grand nombre de poésies fugitives dans l'Almanach des Muses et d'autres recueils littéraires. lî existe aussi de lui plusieurs pièces de théâtre : le Mari directeur, comédie; la Papesse Jeanne, vaudeville, etc. Il mourut à \ervins en 1806. Ce littérateur, qui ne portait d*abord que le nom de Carbon, comme ^ son père, y ajouta successivement ceux de Flins et des Oliviers; cette manie lui valut ce distique de la part du poëte Lebrun :

Caibon d*-F1fm*de*-01lvi«n A |ilw de noms que de huiriers.

Carbonari. Ce mot est italien , et signifie charbonniers. Il fut appliqué à des conspirateurs guelfes, qui, aiin d'échapper à la 6urveil!anee des GIbe* lins, se réunissaient pour comploter au fond des bois, dans des cabanes de charbonniers, d'où on les nomma euxmêmes charbonniers. ISous n'avons

{)as à nous occuper des carbonarf de Italie ou de 1* Allemagne, ni de l'origine de cette association ; nous dirons seulement que la chnrbonnerie nouy semble être une des ramitications de la franc-maçonnerie. Ce fut en 1818 , qu'après un projet avorté d'insurrection, quelques membres de la loge des Amis de la vérité, qui n'était alors qu'un foyer de républicanisme, poursuivis par la police de la restauration, se réftigièrent en Italie, d'où ils rapportèrent le plan d'une association carbonique. Voici , d'après le fameux ra[)port du procureur général Marchangy, quelle était l'organisation de celte société : Il y avait d'abord le comité directeur, ou la vente suprême; ensuite les ventes d'arrondissement, formées des chefs de ventes , et qui correspondaient avec la vente suprême

f>ar l'entremise d'un député pris dans eur sein; venaient ensuite les ventes de canton, qui envoyaient un député aux ventes d'arrondissement. Les ventes , tout en sachant qu'elles avaient des sœurs, ne se connaissaient pas entre elles. L'association devint bientôt redoutable par le nombre et le courage de ses membres; elle enve^

CAR L'UNIVERS

CAft

loppait la France comme un immense

réseau; les opinions républicaines y étaient seules admises en 1820, et plus d'un hoinnie, devenu depuis conservateur et monarchique , se lit gloire d'appartenir à cette société, (juMI persécuterait aujourd'hui, et de jurer sur le poîfrnard haine aux rois et à la royauté. Le comité directeur, se croyant assez fort pour tenter un coup de main, conçut le projet d'une insurrection qui devait éclater à Bé* fort, pour de là s'étendre jusqu'à Pa- * ris, où des carbonari se tenaient prêts à seconder le mouvement. La lenteur et rindéoision habituelles de la Fayette firent manquer l'entreprise. La charbonnerie fut rudement frappée dans plusieurs de ses membres. Plus tard, ellefouruit encore des victimes aux vengeances de la restauration. Elle cessa, en 1833, d'effirayer le gouvernement, et parut désorganisée. Cependant un petit nombre de chefs resta uni , et surveilla la marche des événements; il parait même certain an'une insurreetion avait été décidée entre eux pour le 10 août 1830, et que tous les moyens d'action avaient été rassemblés, lorsque les ordonnances publiées ie 36 juillet de la même année vinrent, hâter le moment du combat. Depuis cette époque, la charbonnerie a cessé d'exister; mais d'autres sociétés se* crêtes l'ont remplacée.

Carbonbl ( Joseph*Noel) naquit à Salon en Provence, le 13 août 1751 ; étant encore très-jeune, il perdit son père, qui était berger, et vint à Paris pour y étudier la chirurgie; mais son goût pour la musique lui Ht abandonner cette carrière, et il entra à l'Opéra pour y jouer du galoubet; depuis, il s'adonna tout entier au perfectionnement de cet instrument , auquel il donna de grands développements. On hil doit la première bonne méthode de galoubet, et rartîcte Galoubet dans rEncyclopédie. Il mourut en 1804. Son fils s'est distingué comme compositeur. Tous les accompagnemects des romances de la reine Hortense ont été retoudiés et arrangés par lui.

Gàbbonicbàv ( lïicolas - Gbartesf.douard) naquit en lY82, à Pont-Lé-

vêque, département du Calvados; il exerçait à Paris la profession de maître d'écriture, et vivait misérablement, quand le conspirateur Pleignier lui communiqua le complot dit des patriotes de 1816. T.e malheureux Carbonneau entra dans cette conspiration, et composa une proclamation au nom des pamaieg de 1816* Il ne tarda pas à être arrêté avec ses complices , et fut traduit devant la cour d'assises de Paris. Mis en jugement le 27 juin, il fut condamné à mort le 4 juillet, et exécuté le 28, en place de Grève, avec Pleignier et Tolleron.

Carbonnet de la. Mothe (Jeanne de), religieuse de Bourî» en Bresse, a, sous le nom de Mé7'e Jeanne de Sainte- Ursule . publié Touvrage suivant :

Journal des illustres religieuses de l'ordre de Sainte- 1 h- suie, avec leurs maximes et pratiques spirituelles, tiré des chroniques de l'ordre et autre» mémoires de ieurs vks. Bourg, 1684-1690, 4 vol. in-4*.

Carcado ou Kercado, seigneurie de Bretagne, à quatre myriamètres de Vannes. Voyez ^)É^EGHALLIE (la).

Carcan. Cest proprement un collier de fer fixé à un poteau, où Ton attache certains condamnés pour lesexposer aux regards du public.

Le carcan fut mis, en 1719, au nombre des peines afilictives et corporelles, et il fut ordonné, par une déclaration du 11 juillet 1749, que les condamnations par contumace à la peine du carcan seraient transcrites sur un tableau, que l'exécuteur de la haute justice devait attadier à un poteau sur la place publique. Aujourd'hui , la peine du carcan est appliquée , en général , comme un accessoire de quelques peines plus graves. Voici l'article du code pénal qui règle le caractère et le mode de cette peine : « Quiconque aura été condamné à l'une des peines des travaux forcés à perpétuité , des travaux forcés à temps, ou de la réclusion, avant de subir sa peine, sera attaché au carcan sur la plaoe publique; il y demeurera exposé aux regards

T. IV. 10* livraison. (Dict. bncygl., bic.)

14$ GAE Vm

du peuple durant une heure ; au-dessus de sa téte sera placé un écriteau portant, en par^ctères gros et lisibles, ses poins, sa profession, son domicile, sa peine et la cause de sa condamnation.»

Cabcassez, Carcassojinensis ti'aC' tus, territoire de Carcassonne.

Càbcassonne, Carvaso, Carçctr »m Folcarum>'Tectosagum y Car* casso, CSurcofjfo.— Cette ville est trèsancienne ; elle occupait déjà du temps de César un rang distingué parmi les villes de la Gaule narbonnaise. De la domination romaine, elle passa 8ÔU9 celle des Yisigoths, qui la fortifièrent.

Bans l'année qui suivit la bataille de Vouillé, Clovis, poursuivant ses succès, s'empara de Toulouse et arriva bientôt sous les murs de Carcassonne.

Cette ville , fortifiée p^r les Bomains, eût été pour lui un poste important, d'oi'i il eût surveillé et contenu une grande partie des pavs enlevés aux Yisigoths. De plus, elfe renfermait^ di-^ sait-on, le fameux trésor d'Alancet d'Ataulfe, fruit de nombreux pillages.

Cependant Ibhas, général de Théodorie, accourait à la téte d'une armée de Goths d'Italie , et , après avoir vaincu les Francs près d'Arles, il marchait ^ grandes journées sur Arles, quand Clovis se hata de lever le siège et de reprendre sa route vers le nord.

Vers rauô86, Contran, roi de Bourgogne, tenta upe invasion dans la Septimanie; mais ses troupes échouèrent partout. Le siège de Carcassonne fut même marqué par un événenient assez singulier. D'après le récit du bon évéque de Tours, les Bùrgonfies seraient entrés d'abord dans la ville sans coup férir, les habitants leur en ayant ouvert les portes de plein gré; cependant, par un brusque changement, l^s vainqueurs se virent en quelques instants rejetés hors des murs, (es portes se refermèrent derrière eux, et les Visigoths reparurent de tous côtés en armes sur les murs et sur les tours. Les hommes de Gontran tentèrent alors de venger leur honte par un assaut.

Mais leur chef eut la tête écrasée d'une pierre; et aussitôt, découragés, fie débaudè^eat tumuitueuseu)^t,

Les Yisigoths perdirent Carcassonne en 724, époque où elle leur fut enlevé^ par les Maures «TEspa^ne, sur lesquels Charles Martel la reprit ensuite. Sous Louis le Débonnaire, elle fut séparée de la Septimanie, et réunie au marquisat de Toulouse , ^ui faisait partie du royaume d'Aquitame. £11^ fut cependant gouvernée jusqu'à la fin du onzième sièele ps|r des eomtes partir culiers.

Pendant la guerre des Albigeois, Carcassonne fut assiégée par Tarmée des croisés, et ses habitants pe firepi remarquer par le courage avec lequel ils se défendirent. Les croisés , après avoir pris et brûle les faubourgs, avaient tenté sans succès plusieurs ast sauts ; rebutés par les diffloiiltés qu'île rencontraient, ils commençaient à dé?

sespérer du succès de leur entreprise, lorsaue la saison combattit pour eux ; les chaleurs devinrent expessives; tous les puits de la ville tarirent, et les hth bitants, dévorés par la soif, furent forcés de demander à capituler. Un historien dit qu'on leur permit d'évacuer la ville, à condition qu'ils u'em« porteraient que la chemit^ let braieê qu'ils avaient sur le oorps.

Devenue, quelque temps après, partie intégrante du domaine du roi, Carcassonne se révolta, en 1262, contre l'autorité royale, et en fut sévèrement punie $ ses principaux habitants fuient forcés de sortir de la ville. On leur accorda cependant, auelque temps après, la permission (le bâtir des maisons à quelque distance du pont ; ce fut l'origine de la ville basse, qu'on leur permit de fortifier en 1347, pendant la guerre contre les Anglais. Le prince de Galles s'en empara en 1355, et y mit le feu ; mais il échoua complètement dans les efforts ou'il fit pour se rendre maître de la ville haute.

Pendant les guerres de religion du seizième siècle , Carcassonne prit d'abord le parti de la ligue , mais elle le

3uitta bientôt après; et le parlement e Toulouse qui avait été cassé , y fot établi en 1589. Deux ans après, elle tomba au pouvoir des ligueurs, et ne recon» Qut qu'en 1696 l'autorité de Henri IV,

CJJfc

Celte yille était, avant la révolution, * If nég9 é*m présiëial, d'une sénédiausMe d4 robe courte et d'une maréchaussée; elle dépendait du parlement et de la généralité de Toulouse, ^t de l'intendance de Languedoc. C'est aujourd'hui le chef-lieu du département de l'Aude ; elle possède dei tribunaux de première instance et de commerce, un évêché qui existait déjà au sixième siècle, un séminaire diocésain, et une bibliothèque de six mille volumes. Sa population est de diy-sept mille trois cent quatre-vingt-(^uatorze habitants.

Ses principaux édifices sont la cathédrale de Sain^-ISazaire, curieux moou> ment de rarcbitecture du onzième siècle, où Ton voit le tombeau du fameux Simon de Montfort, et l'hôtel de la préfecture, dans le jardin duquel se trouve une colonne milliaire avec une inscription en l'honneur de Numérien, û\s de l'empereur Carus.

Fabre d'Eglaniine, Gamelin, peintre d'histoire et professeur de l'Académie de France à Rome; Méric, président du Corps législatif sous l'empire; Fabre derAude, président du Tribunal, ete., çont nés à Carcassonne.

C.4RCASS0NNE et Rasez (comtcs et vicomtes de). — Le premier comte de Carcassonne que l'on connaisse est Oliha I", qui Tirait en 919. Ses sucçesseurs furent :

2" 836, IjouiS'Elîganivs.

a*» 877, OUba II êt Ac^reO, P',

6« 908, ^<^eil//. Geloi-einelaieia

qu'une fille,

6° 934, Àrsindp y qui épousa Jrnaiidj comte de Comminges et de Conserans. Elle en eut plusieurs enfants , doi|t le second fut le premier oomte

fartitiulier de Rasez CVpyes RA8U comtes de]).

7" L'aîné , Hogei' 7*% succéda à sa mère, en 9^7, et prit le titre de marquis de Carcassonne. Il eut trois ils , pierre -Raymond, Guillaume - Raymond et Pierre-Roger II, qui prirent tous trois le tjtre de comte de Carcas* sonne.

8* 1060, fioger ///, fpis de Pienre* Eajrmond, ii^punit sans postéritéf lala?

sant le comté à sa sœur hrmçngarde^ qui, de eonoert avec RtxynwMrBfSIr'' nardy son époux, le vendit, en 1070, 1 9" Raymond - Bérenger I*^ comte de Barcelone, qui ^i|t poup successeur,

10* 1079, Ma^mûiid-'Sérenger IL 11** 1088. Apres la mort dét Rav-

mond-Bérenger II, Bernard'Atton, fils d'Ermengarde, s'empara des domaines aliénés par sa mère, et fut le premier ▼ieoiiite de Garoasaonne. Il çut pour successeurs,

12" 1130, Roger r^

13" 1150, RaymondrTrmCQVel

14° 1167, Roger IL

16*1194, Raymmd'Rùger qui, ayant pria parti pour les Albigeois, tomba entre les mains de Simon de Montfort, et mourut en prison.

16" 1209, RaymondrTrencavel II n'avait que deqx ans à la mort de son père, dont il recouvra les États en 1224. Les croisés les avaient donnés à Simon 'de Montfort après la prise de Carcassonne. Raymond se soumit la même année à l'Eglise, et promit de poursuivre les hérétiques; dépendant il paraît qu'il ne tint pas cette promesse, car il fut excommunié, en 1227, par le concile de INarbonne. Il se retira alors auprès du roi d'Aragon , reparut, en lt40, avee une armée dans le Carcassez, et s'y rendit maître dequelques places; mais, assiégé dans Montréal par les croisés , il fut obligé de capituler, repassa les Pyrénées , et BÛa «lercfaer un asile en Catalogne»

Excommunié de nouveau, en 1242, par l'archevêque de Narbonne, et, perdant dès lors tout espoir de recouvrer ses domaines, il revint, en 1247, à Be- 2iers , oà il fit une abjuration publique,, et céda« entre les mains du sénéchal de Carcassonne , tous ses États au roi Philippe-Auguste, qui, en conséquencCr lui accorda une rente viagère de six:

cents livres. Rajrmmid-Tïeiicavel auivit ensuite le roi dans la Palestine, et s'y distingua dans plusieurs rencontres, if mourut, suivant les auteurs de YArU de véryier les dates, vers 1263. Ce fut le dernier vioomte de GaroaaaoDni..

CàAGASSOifKB (monoaifli ^HT9

CAB

L'UJSIVERS.

GAB

Fendant la période romaine, Carcassonne jouissait déjà du titre de cité.

Il est probable que les Goths, les Mérovingiens , quand ils s'en furent emparés, et plus tard, lesroisdela seconde race y firent fabriquer des monnaies.

Cependant, nous n'avons rencontré aucune espèce de cette période reculée qu'où pût raisonnablement attribuer à cette ville. Il n'en est pas de même |M>ur les temps postérieurs, et Duby, dans son Traité des monnaies des prélat.'; et barons, a donné les dessins de quelques deniers de Carcassonne. Mal- , heureusement, ces dessins étant fort inexacts, nous ne savons pas jusqu'à quel point nous devons y avoir confiance.

D'après les textes , ce seraient les vicomtes de cette ville qui auraient joui du droit de monnayage; d'après les • monuments, au contraire, ils Tauraient partagé avec les évéques. En effet, Duby a publié une monnaie qui porte d'un" côte petbvs episcopvs , autour d'une croix à brandies égales, et de l'autre, la légende gabcasonaci, et les trois lettresvBT dans le champ, pour Carcassona ciritas. Si le mot <de Petrus episcopus ne se rapporte pas à saint Pierre, patron de la ville , il faudrait faire remonter ce denier jusqu'à la fin du onzième siècle, et le donner à Pierre II , évéque de cette ville, qui vivait vers l'an 1084. Du reste, le style et la fabrique de cette monnaie s'oppose à ce qu'on y voie , avec Duby, un denier du quatorzième siècle. Le même auteur donne encore J'empreinte de trois autres deniers de ïa ville. L'une doit appartenir à Roger II, qui vivait vers l'an lldO. Quant aux deux autres , qui sont empruntées aux dessins si inexacts de de Boze , nous ne les citerons même pas , parce qu'il est impossible de hasarder une opinion sur des monuments aussi défigurés. INous dirons seulement qu'il est impossible que la première d'entre elles ait ai)partenu au comte OUba P', qui vivait en 85L

Cabcavi (Pierre de), né à Lyon, mort en 1 684 , fut d'abord conseiller au grand conseil à Paris , ensuite biblio- . wécaire du roi sous le ministère de

G>lbert qui le chargea de mettre en

ordre et de faire copier l'immense recueil des Mémoires du cardinal Mazarm en 53U vol. Ses connaissances en mathématiques le firent admettre au nombre des premiers membres de l'Académie des sciences lors de la création de cette compagnie. 11 fut ami de Pascal, de Fermât, de Roberval et de Descartes. Le Prince , dans son Essai historique sur la bibUth théque du roi , parle longuement des services rendus à cet établissement par Carcavi.

• CABCiLXENTE ( combat de). — En juin 1813 , le général Harispe , quoique inférieur en forces , arrêtait depuis plusieurs jours sur le Xucar les divisions réunies du général espagnol Élio et du duc del Parque. 11 oflrit même, le 18, le combat à l'ennemi , et . lui culbuta quelques escadrons rangés sur la rive droite du fleuve; mais le gros de l'infanterie espagnole s'obstina à demeurer sur des bauteurs, d'où il fut impossible de la débusquer. Pendant ce temps , le général Habert sortant d'Alcira à la tête des U*" et 16* régiments d'infanterie et d'un escadron de bussards , attaquait le duc del Parque dans Carcaxente , et renversait pêle-mêle ses colonnes d'infanterie et de cavalerie. Les Espagnols se retirèrent après avoir perdu cinq cents bommes, tant tues que blessés, six cent quarante prisonmert , dont trente officiers , deux mille fusils et un drapeau.

Cabces , seigneurie de Provence (département du Gard) , à vingt-lmit -kilomètres de Fréjus , érigée en comté en 1571.

Carces (le comte de). — Nous sommes dans une ignorance presque complète sur la vie de cet officier de mer. Selon toutes les apparences, il prit une part active aux combats que soutint la marine française sur la Méditerranée et sur l'Océan, de 1524 à 1550. Il n'est fait aucune mention du comte de Carces par nos historiens jusqu'à cette dernière époque; mais nous le voyons tout à coup , en 1551, suppléer le baron de la Garde dans le

CAR

FHAACE.

commandement des galères de France, qui formaient alors, comme on sait, la principale force de notre marine.

Le comte de Carces remplit ce poste élevé avec une habileté qui flippose une vieille expérience de la mer. Vers la fin de la campagne de 1551, il rencontra avec sa flotte quatorze gros navires impériaux, cliargés ii'objets pré* deux ; il leur donna vivement la chasse , et les poursuivit jusque dans le port de Vilfefranche, I.es Impériaux se cru- , rent sauvés, car les galères de Philippe Doria étaient alors mouilléet dans ce port. Biais le comte de Garces ne s'en empara pas moins dos quatorze vaisseaux sous les yeux de l'aniiral ennemi, etsans nue celui-ci, étonné de tant d*audace, osât se hasarder à engager le comhat. Nos historiens, après avoir relaté cette glorieuse action , ne reparlent plus du brnvc officier qui l'avait accomplie. Cependant , il est probable qu'il ugura dans les expéditions de 1553 et de 1555, sous les ordres du baron de la Garde. L'époque de sa mort, comme celle de sa naissance, nous est inconnue.

Cabcistes.— Ce mots*estdit, dans la deuxième moitié du seizième siècle, des gens de guerre que le comte de Carces , grand sénéchal de Provence, employait à commettre toutes sortes d'exactions. Vers 1578, les Carcistes s*étant joints aux Razats, les uns soutenus par la noblesse, les autres par le peuple et le parlement, entretinrentle trouble et la révolte en Provence.

Cabdaden ou Cabdaûëu (bataille de ). — Le soulèvement général de la Catalogne avait contraint le général Duhesme de se retirer dans Barcelone, et le marquis de Vives le tenait étroitement bloqué dans cette ^lace, la seule qui restât aux Français dans cette partie de la Péninsule. Ce fut alors ( septembre 1 809 ) qu'un corps considérable , composé en partie de Français et d'Italiens, déboucha par la route de Perpignan et de Figuières, sous les ordres du général Gouvion- Saint-Cyr. C'était le 7'' corps de la grande armée qui s'avançait vers le centre de r£spagne. Apres avoir as-

siégé et pris la ville de Roses , le général Gouvion-Saint-Cyr se remit en marche sur Barcelone, qu'il était urgent de secourir; mais le général Vivès, instruit de ses mouvements, n'avait laissé sous les murs do cette place que les forces indispensables pour le maintien du blocus, et se porta avec le reste à la rencontre des rrançais. Ces derniers étaient parvenus sur les hauteurs de Trenta-Passos , lorsque, le 1 G novembre, ils rencontrèrent 1 armée espagnole , forte de quinze mille hommes , rangée en bataille sur le plateau de Caroaden. Le général Vives, qui commandait en personne, avait choisi une position avantageuse.

Sa droite était appuyée à une montagne escarpée , couronnée par des miquelets, son centre était couvert par un ravin profond , et une forêt épaisse flanquait sa gauche : son front était protégé par aouze pièces d'artillerie.

Le général Saint-Cyr n'avait point de canon, ses troupes étaient harassées par six jours d*une marche pénible et d'escarmouches continuelles; cependant il se décida à attaquer sur-lechamp , persuadé qu'il fkllait déconcerter Tennemi par une démarche brusque et audacieuse. En conséquence, il fit former tout d'abord les colonnes d'assaut et les lança simultanément sur la droite et sur la gauche des Espagnols. Ceux-ci ne purent résister à ce double choc ; ils lâchèrent pied et abandonnèrent leurs positions et leur artillerie. Quelques escadrons français et italiens les poursuivirent et achevèrent leur déroute. Plus de sept cents morts restèrent sur le champ de bataille, et douze cents prisonniers tombèrent avec deux drapeaux au pouvoir des Français.

Le même jour, le généml Duhesme avait fiiit attaquer, dans leurs lignes , les troupes que le général Vivès avait laissées devant Barcelone. Battues et débusquées de leurs positions , elles disparurent , et le général Gouvion- Saint-Cyr ne rencontra aucun obsta* de lorsque le jour même il s'avança jusqu'à Granollers : il entra le lendè* main dans Barcelone.

CAR

L'UJSIV£RS.

CAR

Caadâii.|.àg , ville avec titre de

marquisat, en Quercy (département du Lot), à huit kilomètres xie Fi-

geac.

Càbdé (prise de).~Le matéchdl de brissac ayant reçu de la cour de France l'ordre de commencer les hostilités contre les troupes impériales, chargea , çn 1552 , Birague , geiitilhomme italien , de s'emparer de Cardé, ipetite ville àëses iitipottante du Piémont. Comme cette place n'était défendue que par qtiatre cents bandits destinés à un supplice infâme s'ils se Idiâsaient prendre , on s'attendait à

S ne opiniâtre fésistâttcé. Birague fàit onner brusquement un assaut par ses meilleures troupes. Elles sont si chaudement reçues qu'elles demandent à faire retraite. Prenant alors iuimémè utie pique , il an^ vn officfer J)a^ la main , et lui montrant la brèche : C'est lày lui dit-il, qu'il faut aller mourir! Son courage ranime les soldats ; ils retournent a l'assaut , et ëombatteni avec tant d'opiniâtreté, quMIs fdrcent la ^riiison. comme elle n'attendait aucun quartier, elle se it tuer sur la brèche.

Càbdënal j[Pierre), troubadour, naquit à Bettietu're, suivant les uns, au Poy-en-Velay , suivant les autres , vers le commencement du treizième siècle, et mourut en 1306, âgé de près de. cent ans. On ne sait rien de positif sut* sa vie. Les manuscrits ae la itMiothèque royale renferment un grand nombre de pièces de Cardenal, ce sont des tensons ou jeux partis, des sirventes et des chansons.

Cabdenau (Augustin , baron de)^ ftê en 1766, etitra au Êstikeea 1791.

"Ètnployé conime lieutenant à l'arméé des Pyrénées-Occidentales , il s'y fit remarquer par le général enchef Mul- 1er, et ouvrit , après différents succès, rentrée dki territoire ennemi aux armées françaises. Devenu colonel , ce fut en cette qualité qu'il combattit à la bataille de Maren^o , à la téte du 101* régiment de ligne. Il s'y lit remaif^uer de Fa manière IIei plus brilailté, ainsi (|ue lôrs de la conquête du royaume de Itaplias et du siège de

Gaëte. Nommé par l'empereur baron de l'empire et ofBcier de la Légion d'honneur, il obtint, après la restauration . de Louis XYIII , la croix de Saint-Louis, et fiit ensuite mis en disponibilité. Appelé, en 1818, par le département des Landes, à la chambre des députés, il se prononça, en 1819, contre les lois suspensives de la liberté individuelle et de la liberté de la presse, et vota pour le nouveau système électoral, modifié par des amendements. Il ne fut pas réélu en 1823, et vécut depuis dans la retraite où il est mort en 1841.

CÂltDEiJBs (corporation des). — Là communauté des artisans qui, sous le nom de cardeurs, peigneurs, arçonneurs de laine et coton, drapiers-dra- )ants, coupeurs de poils, fileurs de omignons, etc. , s^occupaient à carder e coton et la laine, était très-ancienne à Paris quand elle fut abolie avec les autres en 1789. Ses statuts et règlements avaient été confirmés par lettres patentes de Louis TSJf du 24 juin 1467, et depuis, par d'autres de Louis XIV, du mois de septembre 1688, enregistrées au parlement le 22 juin 1691. JNul, d'après ces statuts, ne pouvait être reçu mâttre cardeur qu'après avoir fait trois ans d'apprentissage, un an de compagnonage, et exécuté son chef-d'œuvre. La communauté était gouvernée par trois jurés , dont deux étalent renouvélés vite année, et le troisième Tannée suivante. Il était permis aux cardeurs de faire teindre, ou de teindre eux-mêmes dans leurs maisons toutes sortes de laines ch to\r\ mais il leiir était défendu, par arrêt du conseil du io août noo , d^arracher ou couper aucun poil de lièvre, iîiéme d'en avoir des peaux chez eux, parce que ce droit était réservé aux chapeliers. Il était permis aussi aux èaraéurs de fiiire et monter les cardes dont ils avaient besoin pour Fe&ercice de leur métier, mais ils ne firent que fort rarement usage de cette faculté.

Ils se fournissaient de ces outils chez

tes cardiers dé Paris, ou les tiraient aes provinces du royaume, des payi ëtrangeré, et particuiièrement de la

CAtt FRANCE. CAS 151

Hollande. Le procédé du cardage par Iles moyens mécaniques, adopté dans ks fabriques, a presque anéanti la

profession de cardeur. Les ouvriers qui Texercent n'ont guère d'autre travail aujourd'hui que celui que leur Ofif^e le cardage des matelas, qui même se fait quelquefois par le moyen d'unè mac hine de peu de volume, et qui se transporte aisément partout où Toa veut.

Càbdevaque (Aone-Gabriel-Pierre de), marquis d'Avriiicourt, lieutenant

général, est né le 25 septembre 1739.

Il entra, à IMge de douze ans, dans la première compagnie des mousquetaires de la maison du roi, et devint aide de camp du duc de Chevreuse , puis mestre de camp de dragons. Il suivit le due dans la campagne de 1758, et prit part à la bataille de Crevelt. En 1759, il se distingua a la bataille de Minden. Il lit aussi Tes campagnes de 1760 et 1761 , se trouva an combat de Warbourg, et, (le grade en grade, il parvint à celui de maréchal de camp le 5 décembre 1781. A répoque de la révolution, il émigra, allà rejoindre les prinees à Cobientz , et Qt la campagne de 1792 à l'armée du duc de Bourbon, comme maréchal de camp. Louis XVIII, le 1" janvier 1812, le nomma lieutenant général. Le marquis d*Avr incourt , rentré en France à la restauration, a pris sa retraite en 1821.

C.4HDTNALTSTES. — On appelaitainsi les partisans de Richelieu ou de Mazarin sous Louis XIII, et pendant la minorité de jMiB XIT.

CABOittAUx. Yo^fez PAPAUté.

Cardonne (Denîs-Domin.), orientaliste, né à Paris en 1720, partit à râ^e de neuf ans pour Constantinople, OÙ il apprit le turc, Farabe et le persan. De retour à Paris, il fut nommé successivement professeur de langue turque et de langue persane au collège royal de France en 1750. Il mourut en 1763. On lui doit : 1*" Histoire de PAftique et de t Espagne sous la domination des Arabes j 17G5, 3 vol. in-12, ouvrage malheureusement peu exact; 2* Mélanges de littérature orientale, traduits de différetUs manuseritê

turcs, arabes et persans y 1770, 2 vol. 1n»19. Ce recueil passe pour très-bien fait. Cardonne a fourni les extraits

d'auteurs orientaux qui se trouvent à la suite de Tédition de JoioYiiie de

Cabdonnel (Pierre-Salvi- Félix) naquit à Monestier en 1770. IVommé juge an tribunal civil d'Alby au cotnmencement de la révolution, il fut appelé peu de temps après (en 1795) au Conseil des Ciuq-Ceiits par le département du Tarn , et s'y prononça contre toutes 1esinstitutionsr6publicaines.il échappa aux proscriptions du 18 fructidor, et sortit du Conseil au 20 mai 1798. Retiré alors à Alby, il y reprit ses fonctions de juge , et les exerçait encore en 1811 , lorsqu'il fut appelé au Corps lé* gislatif. Dans cette assemblée comme dans les précédentes, il se lit remarquer par ses opinions monarchiques, il continua à siéger dans la chambre législative, après la restauration, et y vota contre la liberté de la presse, disparut pendant les cent jours, et revint, après la seconde rentrée du roi, siéger ue nouveau à la chambre, où il se montra plus que jamais partisan des mesures de rigueur. Louis XVIII, en 1811, lui avait accordé des lettres de noblesse, et l'avait, peu de temps après, nommé président de la cour royale de Toulouse.

Câbel (Jacques), sieur de Sainte- Garde, conseiller et aumônier du roi, naquit à Koucn vers 1G20. On a de lui un poëme qu'il avait tl'abord intitulé Childebrana, ou lesSwrrasinsthassés de France; mais Boileau s'étant moqué du nom de son héros , il le changea en relui de Charles-Martel , et repondit a Boileau sous le nom de Lérac, par la Défense des beaux esprits de ce temps y Paris, 1675, in-12. Il n'a publié que les quatre premiers chants de son poëme, imprimé à Paris en 1660 et en 1670, in-12.

Gabéxb. — Les Gaulois , puis les Francs, dès qu'ils furent convertis à la religion chrétienne, en observèrent les prescriptions avec une grande ferveur, et principalement celle qui ordonnait rabsl^oMioe d'aliments gras pendant

L'UNIVERS

CAR

le carême. 11 est vrai de dire que pour

la faire respecter, l'autorité royale vint souvent en aide au pouvoir ecclésiastique. En 789, Ciiarlemagne déclara

Sunissable de mort celui qui enfreiQraît cette loi sans IraisoD légitime.

Des donations de harengs faites en 12t5, par Thibault, comte de Blois, en 12C0, par Louis IX, à des maladreries et des léproseries, ainsi qu'un état des dépenses de rHôteI«Dieu de Paris pour Tannée lOGO, prouvent que jusqu'à cette époque, autant que faire se pouvait, on soumettait les malades eux-mêmes à la règle canonique. Les troupes étaient également tenues de s*y conformer; et, pendant les guerres de la ligue, les catholiques l'observèrent avec une grande sévérité, pour se distinguer des huguenots , qui affectaient de la violer. Lors du siège d'Orléans, où le duc de Guise fut assassiné par Poltroten lôfi^ , M. de Cipière, qui fut pendant queitjues jours à la tête de l'aruiée, comme étant le personnage le plus élevé en dignité, demanda au cardmal de Ferrare, légat du pape en France, la permission, pour ses soldats, de manger de la viande les jours maigres.

Le légat lit des difficultés , parla d'accorder l'usage du lait, du beurre et du fromage, mais de la viande point.

Cependant, ouand il lui eut été démontré que s il refusait la permission Qu'on lui demandait, les soldats se 1 accorderaient eux-mêmes, et qu'il valait mieux qu'ils .parussent profiter d'une concession que violer audacieusement une défense, il céda, et le général de l'armée catholique gagna sa cau^c. Ceci indique que déjà on s'était relâché de l'antique sévérité. En effet, dès Tannée 1534, Guillaume du Moulin, seigneur de Brie, avait obtenu de révèque de Paris, pour sa mere, âgée de quatre-vingts ans, la permission de faire gras en carême; et, en t549, Henri II avait permis de vendre, dans le même temps, de la viande à ceux qui seraient pourvus d'un certificat de médecin, attestant qu'elle leur était absolument nécessaire. Quatorze ans après, Qiarles IX défendit d'en vendre même aux huguenots, à qui

leur croyance permettait d'en manger toute Tannée; puis, en 1565, revenant un peu sur cette mesure, il en permit la vente, et fattribua exclusivement aux hôtels-Dieu , à la condition qu'ils n'en livreraient qu'aux malades. Le parlement, par deux arrêts de 1575 et 1595, confirma cette disposition, à laquelle il mit cependant une entrave.

Il exigea non*seulement que celui gui venait acheter apportât une attestation du médecin , mais encore que le boucher prît le nom et la demeure du malade , ahn qu'on pût vérifier si son état exigeait résllement qu'il fit gras. Ces formalités déjà si gênantes le devinrent plus encore par la suite. Au certificat du médecin, il fallut en joindre un du curé, et dans ces deux certificats devaient être spécifiées la nature de la maladie et l'espèce de viande qu'il fal* lait. On tint longtemps rigoureusement la main au maintien de ces prescriptions, et les Parisiens qui voulaient faire, pendant le carême, un repai» eu gras, se rendaient à Gbarenton, où il y avait un temple protestant et où l'on trouvait de la viande. Cette manière de rompre l'abstinence étant devenue fréquente et ayant scandalisé les âmes timorées, le magistrat chargé de la police y mit ordre en 1G59, en défenoant les dîners à Charenton. L'an 1775, les bouchers, dont les boutiques devaient être fermées tant que durait le carène, ayant obtenu l'autorisation d'étaler en ce temps-là leurs marchandises, comme en temps ordinaire, il devint plus facile qu'auparavant de se procurer de la viande. INéanmoins, les mesures prohibitives ne tombèrent point en désuétude; la police veilla avec soin à ce que les traiteurs et gargotiers ne les violassent point , et longtemps encore après il fallut une permission pour faire gras. Les délinquants étaient punis par la confiscation de leur dîner au profit des hôpitaux. Jusqu'à la révolution , les Parisiens eurent la coutume de faire rôtir des harengs saurs sur le pas de leur porte, pour déguiser à l'odorat des flaireurs de cuisine le parfum des viandes qu'ils faisaient cuireen fraudedans rintérieur

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