‹ France (volume 4)Chapitre 28 sur 79 · AE FRANGE. CAR · texte numérisé non relu

AE FRANGE. CAR

de leurs habitatioDS. Da reste, ators

que la rigueur était portée au plus haut ae^r6, le carême rrétait point aussi difficile a observer qu'il le lut par la suite. A l'aide d'une interprétation commode d'un passagede la Genèse, la grasse poularde du Mans pouvait figurer en temps de pénitence sur les tables des plus scrupuleux. Un moine de Tabbaye de Cluny qui était allé voir sa famille, ayant demandé à manger, on lui répondit que comme on était en carène, on n*avait que du poisson à lui offrir. Alors, s'armant d'un bâton, il courut après une poule, la tua, en disant :

«Voilà le poisson que je mangerai « aujourd'hui. » Puis , il mangea sa poule en expliquant à ses parents que les oiseaux et les poissons ayant été créés par Dieu le même jour, étaient de même nature et pouvaient être mangés les uns et les aut^ en temps d*abstinence. Ceux qui se permettaient de manger des oiseaux en carême ne devaient pas faire difficulté de manger des œufs; et, en effet, cet aliment fut longtemps toléré. Mais quand ou eut mieux expliqué la cinquième journée de la création , et chasse des tables dévoteç la volaille et le £;ibier à plumes, à l'exception des oiseaux de rivière qui y sont encore admis, on crut devoir en chasser aussi les ceuft. Alors le plaisir de les revoir, après quarante jours d'absence, donna naissance à ces présents d'œufs peints, argentés, dores que Ton se faisait mutuellement, en signe de réjouissance, le jour de Pâques , où la prohibition était levée , et à ce débit d'œufs jaunes et rouges qui a lieu encore de notre temps, même en carême , et dont les trois quarts des vendeurs et des acheteurs ne connaissent pas Torigine. Le lait, le beurre et lefîro* mage ont aussi subi bien des fortunes diverses, en ces temps oij Ton faisait consister la perfection chrétienne dans Tusage ou la privation de certains aliments. Ils ont été bien des fois permis et défendus. Dans les temps de prohibition , les mets devaient être préparés à rhuile; mais comme ce moyen de préparation manquait aux peuples du Nora, ou réTeuait chez eux à un prix

tropélevé pour que le pauvre pût Templojrer, on permit d'y suppléer par le saindoux, qui fut réputé maigre. Cet assaisonnementayantété plus tard proscrit comme une friandise , on permit l'usage du beurre, qui fut défendu à son tour avec une sévérité si grande , que Charles Y futobligéde solliciter du pape Grégoire XT la permission d'en faire usage. Le Journalde Paris, sous Charles riet Charles FJl y voulant donner une idée de la misère du temps , dit que « pour la defifoute d*huile , on roangeoit du beurre en iceluy quaresme, comme en charnage. » En J491, la reine Anne, duchesse de Bretagne, dut obtenir de Rome, d'abord pour elle, ensuite pour son duché gui ne pro* duisait point d'huile, la laculté (l'accommoaer les mets au beurre. Il est bon de remarquer que toutes ces permissions d'omeindre la rè|^e n^étaient jamais accordées qu'à la condition de faire certaines prières, et surtout des aumônes qui tournaient au profit des églises. La révolution , en proclamant la liberté des cultes, a laissé tous les citoyens maîtres de foire, en tout temps, usage des aliments que leur état de santé leur rend nécessaires, ou que d'autres raisons leur font rechercher de préférence. Les prélats accordent bien encore , au commencement de diaque carâme, la permission de manger du beurre et des œufs ; mais cette permission, comme celle que le cardinal de Ferrare octroya aux soldats de M. de Ci])ière , n*â plus pour but que de prévenir une violation dont peu de personnes se feraient scrupule, et qui donnerait la mesure de l'importance qu'on attache aujourd'hui aux .injonctions et aux défenses disciplinaires de rÉglIse.

Carême (M. A.), l'un des plus célèbres cuisiniers du siècle , naquit à Paris, le 8 juin 1784. Son père, qui était pauvre, et qui avait quatorze autres enfants , l'emmena un jour , et , après une promenade dans les champs et un dîner à la barrière, le laissa dans la rue en lui souhaitant bonne chance.

La nuit venue, Carême fut accueilli par un gargotier , au service duç|uei il

fe nàît te ImdMdaia* A Tâge dè seî^ Gab^itct (femilte de). Yoyez le dA-

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qualité d'aide, puis ensuite chez Bailly, maison de Bourbon, tome III , [Nigè

pâtissier renommé de la rue Vivienne, 212.

et fournisseur du prince de Talley- Cakentan , Carentarium, petite rand. Carême passait dèa eetCe époque Tille de Pancienne province de Hordes nuits entières à dessiner des nio- mandie (aujourd'bui département de dèles de pAtii^serie d'après Tertio, Pal- la Manche), à vi^g^sept kilomètres de ladio , Vignole , etc. , qu'il allait étu- Saint-Lô.

dier aux bibliothèques publiques. Il Carentan, dont la population s'élève init bientdt par trarailter pour ton à peine ai^ourd*liui a neuf cent cinpropre compte, et il gagna beaucoilip ^tiante liabitants, était au quatorzième d'argent. Loin de s'en tenir à la pra- siècle une ville fort considérable. ti(ïue, il approfondissait la théorie, Édouard III, roi d'Angleterre, l'aslisait beaucoup , et suivait des cours âiégea eu 1346, et elle était assez bien lelatiâ à profeasioa. Il fit plus, fortifiée, suivant ieè historiens du il entreprit d'écrire l'histoire de la temps , pour le tenir longtemps en cuisine romaine, persuadé qu'il re- échec; la crarnison, composée de mertire rait un grand fruit de cette étude, cenaires génois , était disposée à se et n'épargna ni veilles , ni recher- défendre vigoureusement ; mais les cbes, pour ce travail , qu'il résuma en bourgeois se rendirent à la première ces termes : « La cuisine si renom- sommation. Les Génois se retirèrent mée de la splendeur romaine était alors dans le château ; ils ne purent foncièrement mauvaise et atrocement y faire une longue résistance ; mais lourde. » En 1814 , il lallut enlever ils obtinrent du moins une capitula- Garéme par réquisition, pour le ebn- tlon honorable. Quant aui bourgeois, traindre à exécuter le gigantesque dî- ils furent emmenés en Angleterre, ner donné dans la plauie des Vertus. Michel de Northbury , clerc du roi Ensuite il passa deux ans en Angle- Édouard , qu'il avait suivi dans cette terre au service du prince régent, qui, expédition, dit que Carentan était alors devenu Georges IV, le redemanda en aussi peuplé que Leieester. 1821. Carême se rendit plus tard à Les fortiOcations de Carentan , gui Saint-Pétersbourg, à Vienne, et figura avaient été démolies par les Anglais , à tous les congrès qui se multiplièrent furent relevées plus tard par Charles à cette époque. A Laybach , l'empe- le Mauvais , et, depuis, cette ville Joua reur de Russie lui ^ remettre unsr un réle assez impoôrtant dans la guerre bague de diamants. De retour dans sa • contre les Anglais et dans les guerres' patrie, Carême s'engagea successive- de religion. Une partie du château ment au service du prince de Wur- existe encore, et offre des modèles de temberg , de la princesse Bagration , l'architecture militaire de toutes les et enfin de M. Rotschild. Il est mort époques , depuis le douzième jusqu'au en 1888. Il a laissé V le Pâtissier royal seizième siècle.

parisien, 1810, 2 vol. in-8° ; 2** le Pà- Avant la révolution, Carentan était lissier pittoresque, 1 vol. in-S^; 3" le chef-lieu d'une élection et d'un bail- V^rl de la cuisine française au dm' liage, avec titre de vicomté. £lle lain/euoièMMé^, 8 vol. in-8^ Il a de sait partie de révéehé de Bayeuz, du plus £iit insérer dans la Revue de ressort du parlement de Rouen, et dé- Paris une curieuse notice sur la ma- pendait de l'intendance de Caen. nière dont Napoléon se nourrissait à Élie de Beaumont, défenseur de Ca- Sainte-Uelene. las; Jacques Godefroy, commentateur Caseiïcy , seigneurie de l'ancienne de la coutume de Normandie ; Léonor province d'Artois (départementdu Pas- Lansevin , auteur ascétique , étaient de-Calais) , à huit kil. d'Arras , érigée nés dans cette ville, en marquisat et comté vers 1668. Qkxsm (Antoine-Michel), ofQôer

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du génie, est né à Paris en 1772. Après avoir été compris dans la première réquisition, il reçut, à rexplosion des mines dlngolstadt , quarante-quatre blessures, qui le forcèrent de revenir à Paris. Employé successivement à d'immenses travaux, à Boulogne, à Gand et à Ostende, il prit, en 1814, une part activé à la défense de la place de Delfzil , en Hollande, où il com* mandait en chef ie génie. Depuis la restauration , il a été appelé comme professeur de fortitlcation à l'école Inilîtaire de Sainfc-Cyr, et a publié une traduction de U Géométrie au compas de Mascheroni.

Garez (Joseph), imprimeur àToul, doit être regardé comme l'inventeur du dichage. Ayant appris par les journaux les premier^ essais que Homnan exécutait sous le nom de pohjtypage, il tenta, en 1785, de deviner son procédé, et enfin il réussit, après de longs essais , à obtenir en relief, et avec Di

5 lus grande netteté , des empreintes e caractères d'imprimerie. En 1786, il imprima par ce procédé un livre d'église avec le plain-chant noté, et successivement une vingtaine de volumes de liturgie. En 1791 , il fut député à TAssembiée législative par le département de la Meurthe. De retour dans sa patrie, il termina l'impression d'un Dictionnaire de la Fable et d'une Bible en nonpareille, format grand în-S", dont le caractère est remarquable pnr sa netteté. En 1801 , il mourut à Toul, où il venait d'être nommé sous-préfet.

, C4IIGHÈ8B , Village du département de la Corse , à deux myriainetres d'A-

jaccio, fondé en 1764 par une trihu de Maniotes qui aimèrent njieux s'expatrier que de se soumettre au despotisme des Turcs. Nous croyons devoir emprunter à M. Villemàin (*) le récit de rétablissemefkt de cette colonie.

« Un Grec de Mania, Jean Stephanopolis , qui se prétendait issu ^uné

(*) Essai bktoriqae sur l'élat des Grecs depuis la conquête musulmane. Mélanges , f. II, p. iS^.

brancbe des Comnènes , et qui avait beaucoup voyagé, conduisit l'entre-

Srise ; il était allé d*abord à Gênes emander la protection du sénat, et avait visité la Corse. Il revint, après avoir choisi le canton de Paomia; et, de concert avec le capitaine d'un vaisseau français, il embarqua ceux de ses imrents et de ses com|iatriote» qui voulurent s'associer à lui. Partie de Porto-Belilo, le 3 octobre 1673, la petite colonie , qui comptait sept cent soixante personnes, hommes, femmes, enfants , après avoir relflché à Zante et à Messine , se rendit à Gènes , où la concession du territoire qui lui était promise fut solennellement réglée par le sénat. Le printemps suivant, elle passa dans rtle de Corse, et s'établit a Paomia. C'est là qu'elle a longtemps subsisté, fidèle au gouvernement génois, parmi les séditions fréquentes de nie, et cultivant ses terreur aved pne industrie fort su^rleure À celle des habitants. On refconnaissait à cette marque Te canton des Grecs. Quelques chants populaires des montagnes de la Morée se conservaient parmi. ces Maniotes expatriés, et ils les redisaient comme un souvenir de leur pays. C'est même un renseignement précieux sur l'ancienneté de ces poésies » rassemblées de nos jours par un savant plein d'imagination et de godt {*). Le beau chant d'une femme de la Morée sur la mort de son fils est connu chez les Grecs de Corse depuis leur émigration. »

Cependant la prospérité de là ctrfonfe excita bientôt la jalousie des indigènes, qtd se croyaient des droits sur les terres où elle s'était établie. Une guerre continuelle en fut la suite.

Pendant un demi-siècle, les Maniotes luttèrent avec succès pouf h défense du sol qu'ils avaient fécondé ; mais enfin , en 1730 , les Corses ayant secoué le joug des Génois, vinrent attaquer en forces ceux qu'ils regardaient cômme les protégés de leurs

(*) Chants populaires de la Grèce moderne, recu«illift et ptd>liés par M. Fau** riel. «

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anciens oppresseurs, et ils détruisirent les cinq hameaux habités par les Grecs. C'était à la France qu'il appartenait de relever ces ruines ; en e(ïet, M. de Marbeuf ne fut pas plu^ tôt gouverneur de la Corse, qu*il s occupa de réunir les débris dispersés de la colonie maniote. 11 lit construire , au milieu du territoire qu'elle avait défriché, le beau village de Carghèse , et le roi lui en donna la seigneurie , qui fut érigée en marquisat.

Cnrijilèse possède aujourd'hui six cent quatre-vingt-dix-sept habitants, qui conservent encore la langue , les rites religieux et les principaux usages de leur première patrie.

Cabhaix, petite ville de l'ancienne Bretagne (aujourd'hui du département du Finistère) , à six myriamètres de Chflteaulin , située sur une montagne élevée et d'un accès difficile. C'est la

{jatrie de la Tour d'Auvergne. Karlaix, Kéraës ou Ker-Ahès est un des lieux sur lesquels l'érudition bretonne s est le plus essayée. On a prétendu que cette ville tenait son nom de la princesse Ahès, fille de Conan Mériadec, ou du roi Grallon, qui la fit bâtir et l'enrichit de deux beaux chemins, dont Tun allait à Brest et l'autre à Nantes. On en voit encore des fragments nommés , en langue du pays, hcîit .iJiPs (chemin d'Abcs). On a pris ivéraès pour le Keris des anciens , pour la ville d'Is; mais , suivant Corzet, il paraît qu'A^lus en est le fondateur. Albert le Grand dit qu'en 878 les Normands, joints aux Danois, ruinèrent Carhaix. En 1197, Richard II, roi d'Angleterre , fut défait par les barons de la Bretagne , près de cette ville, qui était alors une place trèsforte. En 134 1 , elle se rendit au comte de Montfort. Charles de Blois la prit en 1342, et en rétablit les fortincations. Le comte de JNorthampton , chef des Anglais, du parti de Montfort, sfen empara en i*an 1345. Reprise par les Français , les Anglais s'en rendirent maîtres une seconde fois après la fameuse journée de la Roche- Derien « en 1347. Bertrand du Guesdii^ 1*^9 reojjfi^ iji^ttireen 1368 , après

six semaines d'une vigomTense résistance. Du temps de la ligue , un parti de royalistes, commandé par le capitaine Dulisccët, la surprit deux heures avant le jour, en 1590. Carhaix ne put résister, en 1592 , à la fiireur de buy de Fontenelle , aidé des troupes espagnoles, qui marchaient sous les ordres du duc de Mercœur; Duliscoët s'en ressaisit deux ans après.

CA.BIBEBT OU Hàbibebt, l'aîné des fils de Clotaire I*', eut le royaume de Paris pour son lot dans le partage qui suivit la mort de ce prince en 562. Caribert obtint , en outre , un certain nombre d'autres villes , entre autres ÀTranches et Marseille. Pendant son règne, qui ne dura guère plus de cinq ans, il se montra ami delà paix et de la justice. Doué d'une éloquence naturelle , il protégeait la culture des lettres, et la saçesse des instructions qu*il donnait a ses ambassadeurs, lui attirait le respect des autres princes. « Au lieu d'avoir l'air rude et guerrier de ses ancêtres, dit M. Augustin Thierry dans ses RéctU mérovingiens , le roi Haribert affectait de prendre la contenance calme et un peu lourde des magistrats qjii, dans les villes gauloises , rendaient la justice d*après les lois romaines. H avait même la prétention d*étre savant en jurisprudence , et aucun genre de flatterie ne lui était plus agréable que 1 éloge de son habileté comme iuge dans les causes embrouillées , et de la facilité avec laquelle, quoique Ger* main d'origine et de langage , il s'exprimait et discourait en latin. » Le P. Daniel fait observer « qu'un roi de ce caractère était en ce temps-ià une chose plus rare qu*un roi guerrier, les vertus militaires ayant beaucoup moins d'opposition avec quelque barbarie qui restait encore dans l'esprit des Français , que toutes ces qualités et toutes ces vertus .civiles et politi-

Sues. » Ce qu'il y a de srtr, c'est que es dispositions moins pacifiques auraient valu à Caribert une plus grande popularité. Sous son règne commença la puissance des maires du palais, qui devaient bientôt devenir les inattres

CAfc FRANCE. CAà m

de l'État pour avoir su d'abord de» d'épouse et de reine a une fille nomvenir les chefs de l'armée. mée ïhéodehilde , dont le père était Une autre particularité remarqua- gardeur de troupeaux. Quelques anble , c>st que Caribert est le premier nées après , Méroflède mourut , et le roi de France qui ait été excommunié, roi se IiAta d'épouser sa sœur Markonon pas par le pape ( sa puissance ne Avèfe. Il se trouva ainsi , d'après les s'étendait pas encore aussi loin), mais lois de l'Église, coupable d'un double ar révé^ue de Paris. L'incontinence sacrilège, comme bigame, et comme u roi, înGontiuence d'ailleurs com- mari (Tune-tonme qui avait reçu le mune à tous les princes francs de voile de religieuse. Sommé de rompre l'époque, fut la cause de cette excoin- son second mariage par saint Gerinunication, qui du reste n'eut pas de main, évêque de Paris, il refusa obssuites fort graves; iiiais laissons en- tinémcnt, et fut excommunié. I\]ai3 le oore parler Pclcgant narrateur des temps n'était pas venu où rÊçlise de* temps mérovingiens. vait faire plier sous sa discipline Tor- « Le roi llaribert prit en même gueil brutal des héritiers de la contemps pour maîtresses deux sœurs quête ; Haribert ne s'émut point d'une d'une grande beauté, qui étaient au pareille sentence, et garda prés de lui nombre des suivantes de sa femme ses deux femmes. » * In^oberghe. L'une s*appelait ^larko- ' Caribert mourut subitement peu de wefe et portait l'habit de religieuse, temps après , l'année 5()7 , dans un de l'autre avait nom MéroRède; elles ses domaines, situé non loin de Barétaient filles d'un ouvrier en laine, deaux.

barbare d^origine, et lUe du domaine Cabibbrt on CHAiimBT , qu'il ne

royal. faut pas confondre avec le précédent,

« Ingoberghe, jalouse de l'amour était fils de Clothaire II, et par connue son mari avait pour ces deux sequent frère de Dagobert , qui avait femmes, lit tout ce qu'elle put pour quelques années de plus que lui. Sans Ten détourner , et nV réussit pas. doute pour assurer la bonne intelU- N*osant cependant maltraiter ses ri* gence entre ses .deux fils , Ciothaire vales, ni les chasser, elle imagina une fit épouser à Dagobert une tante ensorte de stratagème qu'elle croyait core assez jeune de Caribert. IMçis, à propre à dégoûter le roi d'une liaison sa mon, comme il n'avait pris aucune indigne de lui. Elle fît venir le père mesure pour assurer le partage de son des deux jeunes filles, et lai donna héritage entre ses deux lils^ Dagobort des laines à carder dans la cour du s'empressa de s'emparer de tout le palais. Pendant que cet homme était royaume. Cepcnd.int , il se forma un a l'ouvrage , travaillant de son mieux parti autour de Caril)ert dans une pour montrer du zcle , la reine, qui portion de la INeustrie , et Dagobert se tenait à une fendre, appela son voulant éviter la guerre civile, con» mari : « Venez, lui dit-elle, venez ici sentit à traiter avec lui , et lui abanvoir quelque chose de nouveau. « Le donna le royaume d'Aquitaine , l'anroi vmt, regarda de tous ses yeux , et née ()28. Caribert II fit de Toulouse ne voyant rien qu'un cardeur de laine, sa capitale; il y habita les ()alais des il se mit en colère , trouvant la plai- anciens rois visigoths, et il étendit sa santerie fort mauvaise. L'explication domination deJa Loire aux Pyrénées; qui suivit entre les deux époux fut au pied desquelles il remporta quelviolente, et produisit un effet tout ques victoires sur les Gascons. Cacontraire à celui qu'en attendait In- ribert étant mort peu de temps après, eoberghe ; ce fut elle que le roi répu- en 631 , Dagobert fit aussitôt saisir dia pour épouser Méroflède. son trésor et égorger son fils Chilpé-

« Bientôt, trouvant qu'une seule rie, encore en bas âge, et engloba

femme iéiiitinie ne lui suffisait pas, l'Aquitaine dans sa vaste monarclîie.

Haribert donna solennellement le titre Caaibebt (monnaie de). — On coa-

oaf t plmiflini Irieni mérovingiens qui

portent en légende le nom du roi Charibert. Ces triens ont été frappés dans une petite ville du Gévaudan, nommée Bannassac, ou à Marseille. Les plus remarquables de tous sont ceux qni portent d*un côté le nom du roi , et, de l'autre , celui de l'officier monétaire préposé à leur confection : chàbibebivs ££x autour d'une téte couronnée de perles, XÀXiiainrsiio ou usy* BBVSYSMO autour d*un calice surmonté d'une croix. Il est fort rare, en effet , de rencontrer un nom royal et le non) d'un monétaire ainsi accolés ensemble. Ordinairement on ne trouve sur le même triens que le nom de la ville et celui du monétaire, ou celui du roi et celui de la ville. Tels sont les triens du même roi, qui portent pour légende BANNUCiAco FUT autour d'un calice , et gbaaibebtvs bsx autour d'un buste. La similitude de style, do fabrique et de type , a fait penser avec raison que les monnaies dont nous avons parlé en premier lieu avaient été frappées à Bannassac oomme les dernières. Les tiers de sou d'or, fabriqués à Marseille au nom de Caribert, ne présentent rien de bien remarquable -, on y lit d'un côté, CHiLBiBEBxvs BEX, et de Taotre, massihà. Cette légende est placée indifféremment autour du buste royal, ou au revers, dans le champ duquel on observe le type mérovingien ordinaire de Marseille, c'est-à-dire, une croix accostée d*une H et d'un et haussée sur un globe. Comme deux princes mérovingiens du nom deCaribert ont réfijné chez Jes Francs , il est assez difUcile de déterminer auquel deces prîncesies monnaies en ouestion appartiennent ; et ce qui rend encore la question plus obscure, c'est que l'histoire ne dit pas que le Gévaudan et Marseille aient appartenu à Tun ou à Tautre. Leblanc se prononce sans bésiter pour Gbaribert P', mais il ne motive pas son opinion.

Pournous, nous préferons Charmert TI, parce que Charibert V n'a jamais possédé le royaume d'Austrasie; or, le Gévaudan était enclavé dans ce rmume. Un texte de Grégoire de Tours

nous montre iptaie Si^^NSrt I**^ y faisant acte d'autorité; et l'on sait que les divisions établies par les fils de Clovis furent assez rigoureusement observées dans les partages postérieurs des Gaules. Au contraire , Dagobert conserva pour lui lë royaume tout entier, et n'abandonna à son frère que quelques villes méridionales, telles q^Li'Agen , Cabors , et d'autres , toutes situées dans les environs de celles-là.

On peut donc croire que le Gévaudan faisait partie de cette donation. D'ailleurs Bouteroue a publié une tnonnnie de Dagobert , à la légende ganto viajn o (pour GAVAtETATNO, le Gévaudao), toute semblable aux nôtres , et qui a âù être frappée dans le même lieu après la mort de son frère. Quant aux monnaies de Marseille, comme la légende vicTOBiA AVGG {Attgustorum) qu'on retrouve sur les sous de Clotaire, et les chiffres vil des mêmes pièces ne S'y voient pas , nous préférons les rapprocher le plus possible de nous. )Lvi conséquence , nous les attribuons au SDOond (laribert, de )[>référence au premier.

Cabicatube. — L'histoire de la caricature en France se lie d'une manière immédiateàrhistoirepoiitiquedupays, et, an b<»oin , prouverait à elle seule que la France, en employant sans cesse l'art à répandre des idées, a compris plus qu'aucun autre pays le véritable but de l'art. Qu'est-ce en effet que la caricature , qu'elle soft seulptée aux murs des eatbédréles, peinte dans les miniatures des manuscrits , gravée ou lithographiée pour être répandue par milliers dans les masses, si ce n'est une représentation satirique d'un Êiit quelconque , qu'on veut combattre à laide du ridicule, moyen tout-pujssant chez une nation aussi spirituelle, aussi gaie, et tout à la fois aussi pleine de bon sens que la nôtre Dès lors l'Importance de la caricature se comprend sans peine, c'est une arme politique redoutable. On a dit que la caricature était d'origine italienne, et on la regarde comme inventée par les ffran£ maîtres du seizième siècle. De ntalie, le mot caricature se serais

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