‹ France (volume 4)Chapitre 3 sur 79 · IC · texte numérisé non relu

IC

Calais était, avant la révolution, le chef-lieu d'un gouvernement et le siège d'un bailliage ; c'est aujourd'hui le chef- lieu de l'un des cantons du département dtt Pas-de-Calais. Sa po« polation est de dix mille quatre cent cinquante-sept habitants. Elle possède un tribunal de commerce , une école d'hydrographie , une école de dessin, et une bibliothèque publique. Elle a

produit plusieurs tiommes remarqua-

bles. Sans parler d^ustacbe de Saint- Pierre, dont le dévouement a été mis en

doute dans ces derniers temps, on cite parmi les plus célèbres : Delaplace, Pigault- Lebrun, Réal, le peintre Francia, et le voyageur Mollien.

Calais (siégÎM de). — Après la bataille de Crécy, Édouard III , roi d'Angleterre, entreprit d'assiéger Calais, Tune des clefs du royaume, et bâtit autour de cette ville une seconde cité, environnée de redoutes , de fossés et de tours. Il voulait TafCamer; et, en efifét, la famine s*x fit bientôt sentir. Cinq cents habitants, que le gouverneur avait mis hors de la ville, moururent de froid et de misère entre la ville et le camp. Le blocus durait déjà depuis dix mois, lorsque Philippe de Valois vint avec une armée redoutable au secours de la ville. Il négocia , défia l'ennemi, mais sans succès. Édouard ne bougea pas, et le roi fut forcé de se retirer. JLe gouverneur, Jean de Vien« ne, demanda alors à capituler. Mais Ëdouard , après tant de temps et d'argent perdu , voulait se donner la satisfaction de passer les habitants de Calais au fil de Tépée. Cependant il se laissa fléchir, pourvu que quelquesuns des principaux bourgeois vinssent tête nue, la corde au cou, lui présenter les clefs de la ville. Eustache de Suint-Pierre (voyez ce mot) se dévoua avec quelques généreux citoyens, et se rendit au camp d'Édouard. Ce grince Inflexible voulait les sacrifier à sa vengeance; mais les prières de la reine et des chevaliers parvinrent enfin à le fléchir, he lendemain, il entra dans la ville, en chassa les habitants, et y établit une colonie anglaise.

— Peu de temps après, Gcoffroi de Charni fit pour reprendre Calais une tentative inutile; quelques-uns de ses chevaliers furent faits prisonniers.

Edouard, après l'action , les fit souper avec lui, et le lendemain lenr rendit la liberté.

—Leduc de Bourgoî^nc fit aussi , en 1436, le siège de Calais; mais ses milices flamandes s'étant débandées, il fut forcé (i'abaadoooer cette entfc* prise.

— Leduc de Guise fut plus heureux en 15Ô8. k Le grand point pour réussir dans Tattaque de Calais , c'était de ne donner aucune alarme aux Anglais, €t de ne poiiit les fidre penser a en augmenter la garnison ; le grand nombre de troupes que, depuis la bataille de Saint- Quentin (*), les Français avaient rassemblées sur leurs frontières du nord ne paraissait destiné qti*à arrêter la marche d'une armée "rietorieuse. Elles étaient cantonnées de manière que le duc de Savoie croyait devoir veiller en même temps sur le Luxembourg et sur les places qu'il avait conquises en Picardie. Tout a coup ledue de Nerers^ qai lès commandait, fît marcher sîmqltanément vers le Boulonais tous ces corps divers. Le duc de Guise partit de la cour pour se mettre à leur téte, et, le l"" janvier 1668, il se présenta inopinément deywùt le pont de Nienllay, à mille pas de Calais. Un petit fort le défendait; trois mille arquebusiers français s'en emparèrent d'emblée. D'Andelot, qui, après avoir été fait prisonnier à Saint- Quentin , était parvenu à s'échapper , ▼ml attaquer le fort de Risbans, à

Î;auche de la petite rivière qui forme e port, et s'en rendit maître dès le 2 janvier. Ainsi l'entrée du port , ou l'abord à Calais par mer. et le pont de ]Sieullay, seule entrée de Calais j(m Urre, se trouvaient entre les mains des Français dès les premières vingtquatre heures. Tout le reste de la ville est entouré par des marais impraticables ; des batteries furent cependant montées aussitôt , soit dn côté de Ris-

Sankf soit de celui de la vieille dtaelle. liC 4 , une large brèche fut ouverte près de la porte d» la rivière.

Le 5, la vieille citadelle fut enlevée d'assaut. Lord Wentworth , qui commandait à Calais, n'avait que huit ou neuf cents hommes, de garnison ; il perdit courage et proposa de capituler.

Guise, qui craignait sans cesse de voir arriver une Hotte anglaise, n'hesita point à lui accorder les conditions les plus avantageuses. Tous les Anglais

(*) Yojrei SAonr-Quunn* (bataiUe de).

habitant Calais eurent la faculté de se retirer en emportant leurs propriétés mobilières; Wentworth consigna aux Francis toute son artillerie et ses mu» nitions , en s'engageant à ne oommettrè aucun dommage dans les propriétés publiques, tandis qu'il les occupait encore. La capitulation fut signée le 8 Janvier 1558; la ville fut livrée aux Français le lendemain. Il y avait uq peu plus de deux cent dix ans qu'É* douard III l'avait enlevée a Pbflibf)^ de Valois. Lord Grey,qui commandait dans Guines , se rendit le 20 janvier.

La garnison anglaise , qui occupait ïè petit fort de Ham , s'entuit de nuit, et les Anglais ne conservèrent plus ui^ seul pied de terrain sur le continent de la France (*). «

— La ville de Calais fut encore une fois prise, en 1596, par les Espagnols, sous la conduite du baron de Rosue^ mais la paix de Vervins la rendit à la France en 15IIS.

Câlàis (monnaie de). — La ville de Calais ne frappa jamais monnaie tant qu'elle fut soumise à l'autorité du roi de France; aucune charte du moins ne prouve qu'elle ait alors joui de ce privilège , et nous ne connaissons aucune pièce française que Ton puisse lui attribuer. Il en fut autrement lorsqu'elle fut soumise aux Anglais; Édouard III, Henri IV, Henri V et Henri VI , v firent Êibrif uer des groqLtSy des ha(rgroaiê et des sterling, qui ne différaient de ceux qui avaient cours dans la Grande- Bretagne que parce que le mol villa gàL£si£ y était substitué à ceux de

LONBON CIVITAS, CàNTEDA GIVTAS ,

etc.

Le nom de Calais se lit sur la première médaille peut-être qui ait été frappée en France. Cette médaille, dont le cabinet des antiques de la bibliothèque du roi possède un exemplaire, est une large pièce d'or fin , et pesant trois carats , ainsi que le prouve sa légende du revers :

(*) Sismondi , Histoire des Français ji tXVm, p. 5;, d'après de I^Ott , £eleai«% Jac. Heorio. Feir.y Rilner» Tnanoei et BabuUn»

CAL

D'or fin suis extrait de dacat ^ ]Bt fa fait pesant trois caras En l'an qu» Tarras moi tournant

Les lettres de nombre prenant.

Si Ton tourne en effet la médaille, on trouve sur le droit Je cjuatrain suivant , dont les lettres majuscules , additiomiées fuhrant lear valeur nnmé* riqiiei donnent le mUlésinie de i461,

qVant le fVs fait sans dlferaMt aV prVdent roi «Ml de dI«V on obeltaolt jMrtnVt an fHinCe fors à CaLals qVI eat fort LleV^

Cette médaille présente d'ailleurs d'un côté l'écu de France entouré de branches de rosier et orné d'une couroane royale , et de Tautre une croix MUfonnèB et cantonnée de fleurs de fis et de couronnes ; une riche rosace entoure le champ du droit et celui du revers.

Calaisis , ou pays reconquis, Tractus calesius, nom que Ton donnait, avant la révolution, è la partie de la basse Picardie dont Calais était la

capitale. A Tépoque où la domination roma'me s'établit dans les Gaules, ce pavs était habité par les Aromanci,

a m faisaient partie de la confédération es MarifU, Il suivit, en général, les destinées du territoire de cette confédération, jusqu*à rétablissement de J'empire carlovingien. Il reçut alors la dénomination de comté cie Guines (voyez ce mot), sous laquelle il fat déngné jusqu'en 1558, époque où Calais ayant été reconquis sur les Anglais, îe comté de Guines , agrandi du territoire de cette ville, prit le nom de Calaisis, ou de pays reconquis.

Calamay, nom que Ton donnait au iQOyen âge à la fête de la Chandeleur, GÂlanson (Giraut de), jongleur gascon, mort à la fin du treizième siècle, a composé des chants d'amour et des sirventes. Il nous reste de lui une quinzaine de pièces.

Calas (Jean). — Si ce n'était la mort injuste et cruelle qu'il a subie, Jean Calas serait un de ces hommes de bien que l'on estime de leur vivant, que l.on regrette quand ils ne sont plus , et dont iTiistoirc ne parle point. Mais sa mort est un exemniatrop effirayant des olrocités auxquelles peut entraîner

FBAWCE.

CAL

le fanatisme , pour que nous en omet« tions le récit aans cet ouvrage. ^

Depuis plus de quarante ans, Jeatt Calas exerçait à Toulouse la profession de négociant, et ioiiissalt de Is plul honorable considération, tînt à une femme an^^Iaise, tenant par son aïeule a la première noblesse du Languedoc, il était père de six enfants, quatre garçons et deux filles. . '

Marc-Antoine , Tatué de bei Hb , peA propre au commerce, aimait les lettres et avait fait des études dans Tinteiltion de suivre la carrièredubarreau.N'ayant pu se faire recevoir licencié en droit,

{>arce qu'ainsi que toute sa famille, à 'exception d*un serfirères dont nous parlerons plus bas, il professait la re« li^ion protestante, il était devenu taciturne, mélancolique, emporté, et lisait de prédilection les livres qui traitaient du suicide. Réduit au désœuvrement, il cherchait dans les Jeux de paume ou de billard et les salfes d*ar? mes des distractions coûteuses, peu dignes de lui, que son père n'approuvait pas, et qui lui attiraient souvent, de la part du vieillard , des réprimand&s et des menaces. , Un autre des fils de Jean Calasâ nommé Louis, celui dont nous avons promis de parler, avait abjuré le culfo protestant pour la religion catholique^ Telle avait été, en cette circonstance t la tolérance de son père, que se bornant à souhaiter que la conversion fût sincère, il l'avait toujours traité avec la même affection, lui avait assuré une pension de quatre cents hvres , et avait gardé à son service une servante ca* inolique dont les exhortations avaient amené l'abjuration de Louis Calas« Tel était l'homme que l'on accusa d'a-r voir, a l'âi^'ede soixante-huit ans, pendu son (ils aîné dans toute la force et la vigueur de la jeunesse» qui mourut sur la roue , et dont les restes furent livrés aux flammes, en expiation d'uU crime que non-seulement il n'avait pas commis, mais qu'il lui était même un* possible de commettre. i Le 18 octobre 17U1. un. itts dt M. Lavaisse, avocat de Toulouse, Art rivaut de Bordeaux» et m ttouvant

k GAI. vm

point chez lui son père qui était à la flaoïpagne, lot inmê à souper par la îsmnle Calas, dont il était ami. jD ao* cepta. Le repas, qui eut lieu dans une salle à manger au premier étage, fut décent et frugal. Au dessert, Marc- Antoinç Calas quitta la table et sortit xana qu'on ]sprtt grande attention, accoutumé que Ton était à des singulairités de sa part.

Quand vint, pour le jeune Lavaisse, Theure de se retirer, u prit congé de la fitmille. Un antre fils de Jean Calas , appelé Pierre, se munit d'un flambeau et l'accompagna pour Téclairer. Quelle ne fut pas Tepouvante des deux jeunes gens, en trouvant au rez-de-chaussée la porte du magasin entr'ou verte, les deux battants rapprocbés, un bâton , qui servait à serrer les ballots, placé, pourvu d*une corde à nœud coulant, sur l'un et l'autre battant, et à cette corde, Marc-Antoine Calas suspendu, 3ans autre vêtement que sa ciieroisel A leurs cris, on retint la dame Calas qai voulait descendre ; Jean Calas accourut, seieta sur son fils, le souleva, et un des bouts du bâton s'étant dérangé , uut laisser tomber le. corps à terre, ou 0 chercba avec anxiété et en sanglotant quelque reste de vie. Pendant ce temps, le jeune Lavaisse et le frère de Marc-Antoine coururent chez les chirurgiens et chez les magistrats.

Les {premiers reconnurent que Març- Antoine Calas était mort, et les seconds dressèrent procès-verbal, tant de ce quMs voyaient que de ce qui leur fut raconté.

Ce déplorable événement, bientôt connu de toute la ville, donna lieu sur-le-dbamp à une effroyable accusation, qui devait être suivie d'un arrêt et d'une exécution plus effroyable encore. Le pauple fanatisé, et confirmé dans son opinion par un capitoul appelé David, qui Joua* dans toute cette affaire un rôle plus affreux que celui du bourreau, le peuple, disons-nous, s'écria que Marc-Antoine, converti à la religion catholique, devait f.iire le lendemain abjuration, et que son père, pour prévenir cet aete, Tarait pendu, •Mé da Jeune LavaiiBe, venu «e Bor»

VERS. *CAU*%

deaox le jour même tout exprès pour commettre ce meurtre. On prétendit avoir entendu la lutte et les cris de la

victime; et sur la clameur publique la plus calomnieuse et la plus insensée répétée de bouche en bouche, Jean Ouas , sa femme , Pierre Calas, son fils , Lavaisse, la servante etunamidelamai* sonappeléCaveinç,furentconduitschex le magistrat, puis jet^ dans les prisons.

Alors commença au parlement de Toulouse la procédure la plus mons* trueuse dont puissent faire mention les annales des iniquités humaines, si l'on pense jamais à les écrire. Pendant

3ue la populace , s'obstinant à voir ans Marc-Antoine Calas un martyr, ne doutant point de sa conversion , l'inbumait solennellement dans Téglise de Saint-Étienne, à cet effet entièrement tendue de blanc, et lui arrachait les dents pour conserver de ses reliaues , on violait au palais toutes les lormes instituées par les lois du temps

f»our protéger les accusés. On recueilait tous les témoignages qui les chargeaient, de quelque part qu'ils vinssent et uuelque absurdes qu'ils fussent , tandis que Ton repoussait tous ceux qui pouvaient avçir pour résultat de prouver leur innocence. Ni les réclamations des infortunés si cruellement poursuivis, ni l'atrocité du crime, qui aurait dû inspirer aux juges des doutes légitimes , nen ne fit impression sur des houimes dont le parti était pris, et autour desquels circulait en hurlant une population menaçante et furieuse. On voulait commettre un assassinat judiciaire , et on le commit.

Le 9 mars 1763, à la majorité de sept voix contre six , Jean Calas fut condamné h expirer sur la roue , à être brillé, ses cendres jetées au vent, après avoir été préalablement appliqué à la question pour avouer ses complices.

Il subit les douleurs de la question, . les horreurs du supplice, en protestant de son innocence et en pardonnant à ses bourreaux. Sa mort fut si édifiante et si sainte, que deux religieux qui l'assistaient à ses derniers instants ne purent s'empêcher dédire après son

trépas : « Ainsi mouraient nos mar- « tyrs.» ^

Ce premier acte de Thorrible tragédie étant achevé, on reprit la procédure contre les autres accusés. Ca\ eing avait été mis en liberté dès lecommencement de l'instance. La dame Galas, le jeune Lavaisse et la servante furent mis hors de cour. Pierre Calas, que les Juges auraient bien voulu traiter comme son père, fut condamné au bannissement, et les deux demoiselles Calas fyreot enlevées à leur mère,^ et conduites dans une maison religieuse.

Trois mois après cette succession d'atrocités, Pierre Calas , qui avait été conduit hors de la ville, puis ramené secrètement et enfermé clans un couvent, trouva le moyen de s'échapper de cette prison, et sa mère vint à Paris implorer la justice du roi. Le célèbre ÉUe de Beaumont, appuyé des éloquentes réclamations de Voltaire, prit & défense de cette fiimille Infortunée.

Halgré la résistance prolongée pendant un an du parlement de Toulouse, les pièces du procès furent apportées à Paris, et le conseil d'Étnt, assemblé à Versailles le 0 mars 17G5, au nom* bre de près de quatre-vingts juges, cassa Tarrêt, réhabilita la mémoire de Jean Calas, permit à la famille de se pourvoir pour prendre à partie les magistrats de Toulouse, et obtenir contre eux des dommages-intérêts. Le roi en outre, à la prière de son conseil , accorda à la mère et aux enfants trente-six mille livres, dont trois mille devaient être remises à la pauvre et vertueuse servante, qui avait constam< ment défendu la vérité en défendant les maîtres.

Le 1 1 juillet 1791, là veuve de Jean Calas assista à la féte qui eut lieu lorsqu'on transporta au Panthéon les restes de Voltaire, qui avait si courageutensent dénoncé à Fopinion un jugement imque, et qui en avait poursuivi la réformatton avec tant de persévérance.

La mort de Calas a fourni à trois auteurs dramatiques de douloureuses et toudiaotes inspirations. Laya et M. I. Chénier y ont trouTé cbaouo le

NCEv CAL '

sujet d*one tragédie , et Victor Du* cange celui d'un mélodrame plein d*!»

térét, et qui a obtenu un grand nombre de représentations.

Calcinato (bataille de). Le duc de • Vendôme, profitant de l'absence d'Eugène , parut inopinément , le 19 avril 1706, (levant qumzemille Autrichiena retranchés sur laChiesa, entre Monte* Chiaro et Calcinato, dans le Bressan.

Vendôme donna ordre à ses troupes d'essuyer, sans tirer, une déchar^ générale , et de marcher ensuite à la baïonnettecontre l'ennemi en tirant sur lui à brûle-|)ourpoint. Le comte de Reventlau, général des Autrichiens, leur avait ordonné, de son côté, de laisser avancer les Français à vingt pas , espérant détruire ainsi leur iiuhnterie par le feu de toute sa mousquêterie; mais ils furent rompus avant que la fumée fdt dissipée. Trois mille nommes demeurèrent sur le champ de bataille , autant furent faits prisonniers. Six pièces de canon , mille chevaux et presque tout le bagage demeurèrent au pouvoir des vainqueurs, qui ne perdi* rent pas huit cents soldats.

CALDi£fio (combat de). Les Autrichiens j^fitèrent^ vers la fin de 1790; de la longue résistance de Mantoue pour former successivement des armées destinées à débloquer cette clef de ritalie, et à dégager le maréchal de Wurmser. Les Inipériaux firent de tels efforts, que le général d*Alrinzi posséda bientôt dans le Fr|oul une armée de cinquante mille hommes, tandis que son lieutenant en avait vingt mille dansle Xyrol. Bonaparte, ne pouvant, avec les divisions disponibles de son armée, résister à des rbr6es aussi con^ sidérables, chercha d'abord à arrêter les mouvements de Tennemi sur la Breiila par différents corps d'observation. Alvinzi passe la Piave; Bonaparte évacue le pays entre la Brenta et TAdige. Le 12 novembre, les armées française et autrichienne se trouvent en présence. Les Français étaient dans la nécessité de vaincre *sans délai leurs ennemis ; ils les attaquèrent avec autant dlntelligence que de bravoure. A la droite était Au^eccau i à-la gauche Mai*

fféna. Augereau enlève Caldiero, et fait

deux cents prisonniers; Masséna tourne Teonemif prend cinq pièces de canon; mais une pluie froide et abondante , gpd ae change sabitement en une petite

fréle, contrariait les mouvennents deg rançais. L'affaire resta indécise. Les deux années demeurèrent sur le ciiamp de bataille^ et Bonaparte se retira, méditant les moyens de vaincre à Aréole.

. —Tandis que Napoléon s'avançait à

grands pas en Allemagne, le maréchal Slasséna combattait de nouveau à Caldiero contre le prince Charles. L'armée française avait pris position à deux milles au-dessus de cette ville.

EUeattaqua les Autrichiens le 30 octobre 1805, à deux heures après midi. Le village de Caldiero fut emportéde vive force, et les enneinii» se virent repoussés jusque sur les hauteurs voisines. L*aotion se sontint Jusqu'à la nuit avec des chances diverses; enfin, rarchiduc rentra dans ses retranchements après avoir perdu cinq à six mille hommes , morts, blessés ou prisonniers^ Les Français n'avaient perdu que deux à trois raille hommes. En même temps, une colonne autricliienne, forte de cinq mille hommes, se trouva coupée par une suite de mouvements opérés par la division Seras. Le maréchal Masséna, après une sommation inutile, fit marcher quatre bataillons pour achever de la cerner entièrement. Le génériil autrichien sentit alors que toute résistance était imjjossible, et, le 3 novembre, consentit a mettre bas les armes sur les glacis de Vérone.

Cale, sorte de cliâtiment don'l on punit, sur les vaisseaux, les hommes de l'équipage qui se sont rendus coupables de vol ou d'excitation à la révolte. Suivant l'art. 33, tit. I*% liv. H, de l'ordonnance de 1671 sur la marine, le capitaine ou maître d'un navire devait prendre l'avis du pilote et du contre- maître, pour faire donner la cale aux matelots mutins, ivrognes, dtebéissants ; à ceux qui maltraitaient leurs camarades, ou qui commettaient d'autres délits semblables dans le cours d'un voyage.

On distingue deux sortes de catei s

la cah ordinaire et la cale sèche.

Dans la cale ordinaire, on conduit le condamné vers le plat-bord, autosous de la grande vergue, où on le fiilt asseoir sur un bâton au*on lui passe entre les jambes : il emnrasse un corda,i;e auquel ce bâton est attaché, eX qui glisse sur une poulie suspendue à l'un des bouts de la vergue. Trois ou quatre matelots bissent ce cordage avec la plus grande vitesse possible, jusqu'<à ce qu'ils aient élevé le patient a la hauteur de la vergue; après quoi ils lâchent le cordage tout à coup, et le précipitent alAsi dans la mer. QueU quefois on lui attache aux pieds uo boulet de canon, pour rendre la chute plus rapide.

Dans la cale sèche, on ne plonge pas le patient dans la mer; on le laisse seulement tomber jusqu'à Quelques pieds au-dessus de la surface de l'eau. C'est alors une espèce d'estrapade.

(Voyez ce mot.)

Le supplice de la cale est encore usité aujourd'hui.

G A LÈCHB. Yoyex Yoitube.

Calembour. Ce triste jeu de mots date de plus loin qu'on ne le croit communément; on en trouve plusieurs exemples dans les auteurs grecs et dans les auteurs latins les plus graves, dans les écrits du moyen age^ dans ceux du seizième siècle, et dans les productions des beaux esprits de riiôtel de Rambouillet. Nous avons une comédie dé Molière qui, tout en dévouant au ridicule qu elle mérite cette manière amphibologique de parler, nous apprend qu'elle était en usage parmi les courtisans de Louis XIV, Ce n'est cependant que depuis le mar« qois de Bienre, qui' se fit une léputatation par le calembour, que ce tyraïf si béte, comme l'appelle Voltaire dans une lettre à madame du Deffant , a usurné l'empire du bel esprit , et , de procne en proche, est devenu populaire.

De nos jours , à défaut d'esprit, d*ob* servation et de véritable comique, on en a farci de petites pièces dramatiques, et le théâtre des f ariétés a longtemps vécu de cette seule ressource. En ce

IMment f 1 oôtirt les rties '^m VirùpiAm

«nus forme de questions énigmdtiques 4ans les petits journaux, et c'est une industrie que de compulser le Dictionnake de rAoadémie, et d'eti trouver éê-MK^ taures pour les iMeoîiii de la MMUQUitiûA. Au demeurant, si le calembour est le plus stupide dea amusements, il a son bon côté : il pro- 4ro(|ue quelquefois le rire,, qui se perd f^ï;iiQMji, et qui .est oependànt m «boee^tj^aut son |Hr|x. Quand le ca* lemnoar produit cet effet, il est de honne justice de lui pardonner.

Calendes, nom par lequel on dé- ^^àii quelquefois} au moyen âge, la

; i^Cw.BNDaiBB. — Nous avons mentionné à l'article Année la réforme du calendrier par Grégoire XIII ; nouB devons revenir ici sur ce sujet, et ex- ^tiqper avec quelques détails cette rélpraie« àon% là connaissance est si jfflDortaote pour l'étude de la chroipologie de notre histoire.

De nombreuses erreurs s'étaient glissées, dans le comput des années , 4«fiiiià Vère chr^noe; les différents «yeles^doptés successivement pour ra« mener rannée civile et religieuse à Tannée astronomique , ne se trouvaient plus d'accord avec les véritables niouyements des corps célestes; il en était jpésalté une grande perturbation dans foi^e des fêtes, par rapport aux saisons : la Pâaue, surtout, franchissait les limites dans lesquelles il fallait la resserrer, d'agrès les prescriptions des Dremiers conciles. Après plusieurs.tenxatires*pour remédier à ees inconvé* 'nients, le concile de Trente porta Taffaîre au saint-siége. Grégoire XIII prit les conseils des astronomes , et , d'après l'avis d'Aloysius Lilius,décrét;» la léfonne k laqaelleiladônnéson nom.

Eo conséquence « il fut décidé que , conformément aux canons du concile de Nicée, la fête de Pâques serait célébrée à l'avenir le dimanche qui suivrait la pleine lune , après l'équinoxe de printemps, cet équinoxe tombant toujours au 21 mars. Après le 4 octobre 1582, dix jours entiers furent retranchés, de sorte qu'on sauta du 4

an 15 octdbrci et jfM oatli antlée

compta seulement-trois cent cinquantecinq jours. Pour remédier à 1 erreur du calendrier Julien, provenant des orne ninutes que ron comptait de trop dans chaque année* et qui , dans oeat ans, produisaient un total de plus de dix-huit heures , on convint que l'on retrancherait un jour au bout de chaque siècle, et qu'ainsi chaque centième tanée « an Ueu d'être «ne année >bîf»

sextile , ne sorait qu'une année onUk naire de trois cent soixante-cinq jours*. Mais comme on retranchait ainsi cinq heures quatre minutes de trop, ce qui, au bout de quatre siècles, devait oon* oer.encoffo un jour m^ns den hcnnt

Suaranto ttlinutes , la dernière annéé e chaque quatrième siècle devait être une année bissextile ; enfin , les deux heures quarante minutes, prises de trop tous les quatre cents ans, faisant' un total de vingt-qualK heiires eo • trois mille six cents ans, on convînt'

que Tannée 63Q0 M«ait iioe aiméooK^

di naire.

Nous avons indiqué, dans l'article dté plus haut , l'époqot dt radoptioQ de cette féformeen France.Nous ne re«

viendrons pas sur l'opposition qu'elle rencontra de la part de queU]ues-uns des grands corps de l'État. Mais nous devons consacrer ici quelques lignes à compléter ce que nous avons dit d'itno réibrmei»ien plus radicale, dont Tidéi appartient entièrement à notre pays , et qui , moins heureuse que celle de Grégoire XIII , ne put triompher des tieni préjugés, et succomba, après quelques années d'existence « seos les efforts des ennemis de tous les progrès.

Lorsque la Convention nationale eut proclamé l'établissement du gouvernement républicain, elle voulut consacrer le souvenir de ce grand événement par m monument durable : elle le prit

f)0ur point de départ de l'ère d'après aquelie les Français devaient désormais compter les années. Elle venait d'adopter l'admirable système des mesures décimalls ; elle voulut aussi appliquer ce système à la mesure de la durée, et décréta l'adoption du calea* drier républicain.

V étflil eonfCBéblo f|iie riMméeconi" neoçât arec Tune des saisons. Le 1*' janvier ne répondait à l'ouverture d'aucune ; la Convention plaça le commencementde l'année répuDlicaineau premier jour de l'automne. Plusieurs raisons la décidèrent à choisir ce jour, de préft* im» aux premiers iours des autres saisons; c*est que d'abord, par un singulier hasard , la république avait été

Sroclamée le jour même ae l'équinoxe .'automne ; ensuite , c'est dans cette saison que, dans notre ctimati après aroir recueilli les moissons de Tannée qui finit, on prépare par la culture et les semences , celles ae Tannée qui va suivre. D'ailleurs, c'est à cette époque de raimée que se renouvellent chez nous presque tous les baux des campaf^es. Il était convenable que Tannée civile et fiscale répondit le plus exactement possible à Tannée rurale.

Les noms des mois de Tannée ju- Uenne, empruntés presque tous à la n^thologie romaine, sont pour nous sans signification ; la Convention leur substitua des noms en rapport avec les phénomènes qui, chaque mois, se développent dans la nature. Nous avons ftit connaître ces noms à Tart. Annvb Bi&PDBUGÂiNB (*). Les mois juliens

(*) La Convenlion n'est point le premier pouvoir français qui ait conçu l'idée de substituer det Boot aiswfimib à la noneDcltture , absurde poar nous , du calendrier Julien. « Charlemagne,dtt Éginhard, donna » des nomsauxmoistdaos son propre idiome; « car Jusqu'à ton tempi les Fr*nouei avaient

• désignés par det mots en partie lalins, en « partie barbares. . . . Les mois eiirrnt les

• noms suivants .'janvier wintermano/u{mo'is m d'hiver) ; février hornunk (mois de boue); m mars ienzituiuuiohi (mois du printemps) ; « a^vril ostarmanoht (mois de Pâques) ; mai « winemanoht (mois d'amour^; juin prah- « manoAf (mois brillant); juillet licsvirnanolit

• (mois des foins) ; août aranmtmolu (mois «dei moÎMODs); septembre mntumanoht

sont in^gaiK; ils ont trente ci mi,

trente et vingt-huit jours; ceux du calendrier républicain étaient tous de trente jours, et Ton complétait Tannée, en ajoutant au dernier cinq jottr# complémentaires; six quand 1 année était biesextile, ou sextile, d'après ta nouvelle dénomination adoptée par la Convention.

Enfin , à la semaine on avait substitué la décade, ou période de dix jours, qui avait le douole avantage dn rentrer dans le système déelmsT, et d*étre une division exacte du mois.

Les noms des jours de la décade étaient purement numériques; le premier jour s'appelait primidi, les autres, duocUy tria, quartidi, gttMWI, HXM^^ septidi , octidi^ tumkU et deeadi». Le dernier était consacré au repos, et remplaçait le dimanche. Ces noms avaient* le très-grand avantage d'indiquer en même temps le jour de la décsde et le miantième du mois , et de rendre inutiles les almaqachs. Il est, en effet , évident qu'il ne fallait ancuri calcul pour trouver que le tridi de la première décade était en même • temps le 3 du mois, que le même jour de la deuziàme décade était le IS da mois, etc.

Un sénatus-consulte du 21 fructidor an xin abrogea le décret de la Convention uui avait décidé l'adoption de ce calenarier, et rétablit le calendrier grégorien à compter du 1" janWcr suivant. Le calendrier républicain avait duré un peu plus de treize ans. Le lecteur trouvera , dans le tableau suivant, la concordance des deux calendriers, pour cet espace de temps.

« (mois des vents); octobre windwnmema'

« noht (mois des vendanges) ; novembre /jcr» u histmanolit {mo\% d'automne); décembre « hernianoht (mois d'enfer). » Ftta Carol, ma^tti a6 MgimtHo script. , e. zxiv , <y»« tenpt, nr.Franete,, t. Tf p. loo.

CAL

CAL

!*• s lO « o «o

<0 en *-) A

Tcadtniaire.

GC

lO |0 l>5 1^

ka K> lo

g 13 »3 1,5 1,3 13 1,3 VJ ts3

Septembre.

Brumaire.

Octolife.

Fiimâira.

Hlvdte.

Décembre.

•ts.

K» K> M M M lO C O O M 5 O 9

JonTier.

Ventâse.

en A.

I Germinal.

Mars.

Page 1