CE. CAR J9S
des deux États, la division éclata entre les (ils de Pépin , et sans doute leur haine naissante aurait amené une guerre civile , lorsqu'un danger commun vint les menacer. Le vieux Hu* nald . dépossédé par Pépin le Bref de son duché d'Aquitaine, et qui vivait depuis vingt-quatre ans enfermé dans un couvent, quitta ses habits de moine, et reparut dans son ancien duché. Les deux frères se réconcilièrent pour lutter contre un ennemi aussi dangereux , et Carloman accourut à la tète des Francs- A ustrasiens , pour porter secour-5 à Charles. Mais après une entrevue avec son frère aîné, qui le blessa peut-être par ses prétentions , il retourna dans ses États , sans avoir vu l'ennemi. Peu de temps après il mourut, à l'âge de vingt ans, et sa veuve , craignant pour ses enfants la cruauté de leur oncle , se réfugia en Italie, à la cour de Didier, roi des Lombards (771) , et laissa Charles seul maître de toute la monarchie des Francs.
Le troisième Carloman, fils de Louis
le Rpjzue, rerut en partage l'Aquitaine et la Bourgogne, en 879. Il vécut avec son frère Louis III dans une parfaite union , et tous deux, plus d'une fois, repoussèrent ensemble les Normands.
Mais leur concorde ne put empêcher Boson de se faire élire roi de Bourgogne à MantaiUe. Louis III étant mort en 882 , Carloman devint seul roi de France. Il mourut en 884 , atteint par une flèche maladroitement tirée contre un sanglier.
Caelomàn II (monnaies de). Voyez
CHABLBMAftini.
Caeloxan m (monnaies de).—
Nous ne possédons d'autres documents sur rhistoire monétaire du règne de Carloman III que quelcjues deniers.
Ces pièces sont de différents types ; quelques-unes offrent la légende xpi»- TI4NA. BELiGio, et la représentation d'un temple ; deux , l'une de Substantion , ville aujourd'hui détruite , l'autre, de Saint-Médard de Soissons , sont marquées du monogramme de Carloman. Les autres, qui ont été frappées à Troyes , à Auxerre , à Arles , à Châ*
CAfc I/UNIVF.RS.
CAR
teau-Landon , présentent , au lien de ce monogramnie , celui de Charles; bizarrerie qui a besoin de quelques explications» De peuple, aoeontOMé à toir, aous le leng règne de Charles le Chauve, le monogramme de ce |)rinre figurer sur les deniers, avait (ini par Je regarder comme un signe indispensable à la circulatiï>ii de ces pièces. Ce fut dans la vue de le tromper, ou tfe lui faire entendre que les deniers nouvellement fabriqués avaient la même valeur que les anciens, que les princes et les rois, même étrangers , conSer- 'Vèreiit ce monogramme sur leors espèces. Les monnaies de Louis III , de Lothaire et d'Kudes, nous présenteront la même bizarrerie. A l'exception du denier de Saint-Médard , qui tonSertê Tantique légende de Gharle»
U ChauTe , GAAtiAbi ebx , tous les èUtres deniers de Carloman portent au
OUrtOUr CABLOMANVS BEX OU HCAR-
ohAmys iiBX. Tous ces deniers, au- Joitrdliol assw rares, sont d*ailleûrs
du même poids que ceux de Charles
magne et de ses premiers successeurs; ils pèsent environ trente-deux grains.
' Cablovingi£NS 4 nom par lequel on d^fgne 'Ordinairement la seconds
race des rois francs, ou les princes de la famille de Charlemagné, qu'il serait cependant plus exact et plus logique
d'appeler Caro/iny^O' ' Par suite de la déeadenee de la fa* mille dé Mérovée, de Taffaiblissement de la Neustrie, de l'ambition des maires du palais et des grands propriétaires austrasiens , oui tous aspiraient h rindépendance , la monarchie des Francs s*en allait en lambeaux. L'Ai* lemagne, dont ils avaient réuni une gçande partie , se divisait en six ou Sept principautés, dont les chefs voulaient former autant de royaumes indépradants; et, de leur côté, les pro* irincesdamididelaGaule, qaln*aTaient
(*) Le lecteur trouvera dans des articles spéciaux que nous consacrons à chacun de ces princes, les détails biographiques (|ui . les ooncemeiit ; nous nous bornerons ici à jeter un coup d'oeil d'eniemble turla dynutit tout entière.
jamais été complètement incorporées à la monarchie, brisaient les derniers liens qui les y attachaient. Il appartenait aux Carl0Tin|»lens d'arrêter ce (Idfneinlirement prématuré.
Cette famille réunissait deux carao* tères qui devaient la faire prévaloir : elle était austrasienne et ecclésiastique ; elle tehalt à le fois à l'Allemagne et à l'Eglise , c'est-à-dire , d'un côté à la barbarie , mais à la barbarie pleine encore de force et dejeunesse, de l'autre au pouvoir spirituel, a ()ui l'nveiur du monde était confié. Ce double caractère défait nécessairement faire tonrfher entre Ses mains l'héritage des princes mérovingiens , qui s'étaient trop souvenus que l'Église, mal{;ré ses services , était de la race des vaincus , et la tonsure cléricale était ane honteuse dégradation pour un roi chevelu. « L'homme de Dieu, dit le biographe de saint Colomban, avant été trouver le roi de Bourgogne, Tbeudebert, lui conseilla de mettre bas Tar^ roganeeet la présomption, de se faire clerc, d'entrer dans le sein de l'Kglise, se soumettant à la sainte reli^xion , de peur que par -dessus la perte du i^yaumoteoiporel, il n'eilcoorût encore celle delà vieétemelle^ Cela excita le rire du roi et de tous les assistants ; ils (lisaient, en etïet, qu'ils n'avaient jamais oui dire qu'un iMcrovingien, életé à fft royauté « fOt devenu clerc volontairement. Tout le monde ahoniinant cette parole, Colomban ajwjta : « Il dédaigne l'honneur d'être clerc; eh bien ! il le sera malj^ré lui. » Le dernier roi de cette race fut en effet enfermé dans un elol^.
La famille des Carlovingiens ne dédaignait pas ainsi l'Église. Plusieurs d'entre eux furent évéques ; Arnuif, Chrodulf, Proton, occupèrent successivement lesieee épiscopalde Mets; d'antres forent archevêques , abbés , moines ; quelques-uns enfin ont été canoî isés.
Le chef de cette maison , Pepi/i de Landeriy surnommé le f 'ieux, est compté parmi les saints. « Dans tous ses jui^enients, dit son biographe, H s'étudiait a conformer ses arrêts aux règles de la divine justice; chose a^
CAR
JTRAJNCE.
4estée non-seulement pai* If témoignage de tout le peuple , mais aussi , et plus encore par le soin (jirii prit (d'associer à tous ses conseils et a tou- Bes affaires le bienheureux Ai^ noul, évéque de Metz, quMl savait être éminent dans la crainte et l'amonr de Dieu ; car s'il arrivait que, par ignorance des lettres , il fût moins en éta( de juger des choses , celui-ci , fidèle .interprète de la divine volonté , la lui •Isilsait connaître avec exactitude. Arnoul était homme, en <ffet, à expliquer ie sens des saintes {écritures; et* jvapt d*étre évéque , il avait exeroé tsans reproche les fonctions de mairedu palais. Soutenu d'un pareil appui, Pépin imposait au roi lui-même le frein de Tequite, lorsque, négligeant la justice, il voulait abuser de la puissance royale. Après la mort d'Arnoui, il fut attentif à s'adjoindre dans l'adniini.stration des affaires, le bienheureux Chimibert , évéque de ilologne, également illustre parla renommée de aa sainteté. On peut juger de quelle iirdeur d'e^juité était enllammé celui qui donnait à sa conduite des surveillants si diligents et de si incorruptibles arbitres. Ainsi ennemi de toute méchanceté, il vécut soigneusement ap* ,)liqué à la pratique du juste et de 'honnête , et , par les conseils des lonmies saints, demeura constant 4ans Texercice des saintes œuvres. »
Enfin sa feosme Itta , sa fille Gertrude, réponse choisie du roi des an- • ges , comme dit le vieux chronirjueur , moururent en odeur de sainteté. Une si sainte maison devait avoir Tappui de TÉglise : il ne lui manqua pas.
Bagobert avait laissé en mourant deux fils encore enfants , qui furent confiés à la tutelle des maires du palais de ISeustrie et d'Austrasie. A la inort du roi anstrasien « Grîmoald , fnaire du palais , se crut assez fort pour envoyer en Irlande le fils du roi, et tenter ile placer la couronne sur la tête de son propre fils. Sa tentative ne réussit pas , et les trois royaumes îrancs se trouvèrent encore une fois réunis sous la faible domination de Clovis II, roi de Neustrie. Mais Ébroïn,
mair^ dtt palais d^eettepar|ie de Tem-t
pire , ayant , pour rendre à Tautorité royale ses, anciens droits, cherché à établir une loi territoriale faite dans un esprit tout roniain, les grands se soiilo» vèrent contre lui.lj'ÀMStrasie ^'abor4 voulut avoir un roi à part ; puis les grands de Neustrie , s'alliant secrète-»
meut à ceux d'Austrasie, les sollicité* rent de venir les délivrer de' la tyran* nie de leur maire du palai^ L*armé<^ qu'Ébroïn conduisit contre eux, Tabandonna au moment de la bataille ; lui-même fut fait prisonnier e^ en*" fermé au monastère de Luxeuifi Bfai^ il en sortit bientôt, à la faveur dei| troubles qui furent la suite de Tassast sinat du roi d'Austrasie , Childéric II. qu'après sacliuteles Neustriens avaient accepté. Il ressaisit son ancien pout voir ; et, continuant la politiaue ^u*i| avait déjà suivie , se fit l'adversaire des grands et de Martin, maire du palais d'Austrasie. Cette fois il eut recours à la rose ; Martin, appelé par lui à une conférence, fut assassiné; mais il ne recueillit pas le fruit de en meurtre ; il fut tué lui-même quelques jours après par un Franc qui voulait venger sur lui une injure personnelle.
Les hostilités continuèrent après la mort d'Éhroïn, mais sans qu*il se pas^ sât rien de décisif, jusqu*a la bataille de Testry. Le duc Pepiîi d'Héristal,
f)etit-fils de Pépin de Landen, et dont 'autorité avait sans cesse augmenté dans cette lutte du parti aristocratique contre la royauté, défendue par Ebroïn, fut bientôt en état de trancher ia question. Les Neustriens furent complètement battus à la bataille de Testry (687). « Pépin, dit Frédégaire, prit le roi Thierry III avec ses trésors, et s'en retourna en Austrasle. « Il ne dépouilla point les vaincus de leurs terres; aucun de ses guerriers ne t'établit de force parmi eux; mais la royauté de Neustrie fut effacée de fait; la 'domination passa dt s bords de la Seine aux bords du Rhin, et, s'il y eut èncore des rois mérovingiens, ci'est que les maires austrasieos trouvaient utile de pouvoir montrer aux peuples, de temps à autre, un roj clierciu de
CAR
L'UJNIVERS.
GAft
la famille de Clovis, afin de légitimer, en quelque sorte, Tautorité qu'ils exerçaient.
La victoire de Te&try semblait avoir brisé tous les liens die la monardife
des Francs. Le midi de la Gaule s'isola du nord; la Bourijogne et l'Aquitaine redevinrent des pays romains. Les peuples de l'Allemagne eux-mêmes se déclarèrent Indépendants ; mais Pépin sut arrêter cette dissolution ; il atta- C|ua d'abord les peuples voisins de PAustrasie. « Il fit beaucoup de guerres, disent les chroniques, contre Ratbod, duc païen , et d'autres princes ; oontreles Saèves et plusieurs autres nations, et fut toujours vainqueur (*). » D'autre part, il s'efforça de rattacher à sa cause ceux-là même qu'il avait vaincus à ïestry; et pour se concilier les hommes libres de Neustrie , il fit . épouser à son fils la femme de leur dernier maire.
La mort de Pépin (714) semblait devoir être funeste à sa famille; mais son héritage passa à son fils Charles, «guerrier nerculéen, chef victorieux, qui, dépassant les limites où s'étaient arrêtés ses pères, et ajoutant aux victoires paternelles de plus nobles victoires, triompha des chefs et des rois, des peuples et des nations barbares, tellement que, depuis les Esclavons et les Frisons jusqu'aux Espagnols et aux Sarrasins, nul de ceux qui s'étaient levés contre lui ne sortit de ses mains que prosterné sous son empire et accablé de son pouvoir. » Ce Cnai^ les, surnommé Martel ou Marteau ^ était un fils illégitime de Pépin. Quand celui-ci mourut, sa veuve^ Plectrude, 8*efifOT^ de conserver la double mairie de Neustrie et d'Austrasie à son petit-fils Thcol)ald. sous le nom duquel elle aurait auministré les deux royaumes; mais les INeustrieus, ainsi
Îue les peuples germains vaincus par >epin , refusèrent de se soumettre à un enfant et à une femme. Tous se soulevèrent; les ISeustriens se choisirent un maire et attaquèrent l'Austrasie; les Frisons la ravagèrent; les
(*) Vie du bienbenreos doc Pepio.
Saxons enfin se jetèrent sur toutes les
frontières orientales. Les Austrasicns, ainsi pressés de toutes parts, mirent à leur téte (paries Martel, alors âçé de ▼ingt ans, et que Plectrude avait enfermé dans une prison.
D'abord il attaqua les Neustrîenset les battit à Vinry, près de Cambrai; les Aquitaius étant venus avec leur duc, Eiides, les secourir, ne furent pas plus heureux, et la victoire de Soissons assura la domination de Charles sur la Gaule du nord-ouest. Puis ce fut le tour des peuples d'au delà du Rhin; [>ar des expéditions souvent ré-
gâtées, iloontr^nit les Alemans, les avarois , les TEurin|;iens , à reconnaître au moins nominalement la suprématie des Francs-Austrasiens. La Frise entière redevint (734) une province de l'émpire , et les contrées situées près des rives de la Lippe furent rendues tributaires; enfin les Saxons furent repoussés dans leurs forêts (738); mais la grande victoire de Charles, celle où irjustifia son surnom de Martel, et qui lui mérita la reconnaissance de la Gaule, ce fut la défaite des Arabes à Poitiers.
Tout le midi de la Gaule, des Pyrénées à la Loire , allait devenir leur proie; Eudes, duc d'Aquitaine, pouvait à peine se défendre dans Toulouse; vivement pressé par les Arabes, il se décida enfin à recourir au maire d'Austrasie , et Charles , comprenant rimmensité du danger, s*avança avec ses Francs jusqu'à Poitiers; c*est là qu'il rencontra les Sarrasins, et remporta sur eux une sanglante bataille (732), où ses ennemis perdirent, si Ton en croit tes chroniques, trois cent soixante-quinze mille nommes. Pour achever et compléter sa victoire, Charles voulut rejeter les musulmans audelà des Pyrénées, et leur enlever tout ce qu'ils possédaient dans la Gaule méndionale. Il marcha contre un de leurs émirs , qui cherchait à élever en Provence le siège d'un nouvel empire, s'empara d'Avignon, qu'il réduisit en cendres, assiégea inutilement Narbonne, mais enleva Marseille, et entra dans Nîmes, où il brOla les arè-
CAR FRANGE. CAS m
B«iqu*onaTBft changées en tôrteresse. trodueCîon du christianlame en Alle-
. Ces succès sur les inCdèles firent magne qui les avait rapprochés. Pour
bientôt oublier qu'il avait payé les ser- pouvoir travailler à la conversion des
vices de ses guerriers avec les biens païens de la Frise et de la Saxe , les
des églises ; et quelque temps avant moines envoyés par le pape avaient
sa mort, il reçut deux nonces du pape besoin de trouver derrière eux une
Grégoire III , les premiers qu*oti ait terre amie où ils pussent trourer un
▼us en France. Ils lui apportaient les refuge en cas de revers. De leur o6té,
clefs du sépulcre de saint Pierre, avec les chefs de i'Austrasie comprirent
d'autres présents, et venaient lui de- quels avantages ils pouvaient retirer
mander, contre Luitprand, roi des ue la conversion de cçs peuples bar*
Iiomhards, des secours qu'il leur pro* bares et remuants. Laissant donc les
mit , mais que la mort ne lui permit missionnaires traTsiller pour la foi
pas d'envoyer. Ainsi commençaient à chrétienne et pour lui-même en Alle-
se rapprocher ces deux grandes puis- magne, Pépin tourna son attention et
sances, le papeetle maired'Austrasie, ses efforts vers le midi de la Gaule et
qui devaient s*aider Tune Tautre à do- vers l'Italie, où le pape rappelait
miner le monde. d'ailleurs contre les Lombards.
Charles , en mourant (741) , laissa Après avoir enlevé aux Arabes leurs
trois fils , Carloman , Pépin le Bref dernières possessions dans le Langue-
et Griffon; mais bientôt Pépin resta doc, il passa les Alpes, et, vainqueur
seul par la retraite volontaire de Car- d'Astolphe, roi des Lombards, il fonda
ioman, qui alla se &ire moine au mont le patrimoine de Saint-Pierre , en for-,
Cassin , et par la mort de Griffon, çant ce prince à remettre au pape les
tué en 753 , après avoir inutilement villes de FFlxarchat, delà Pentapole
cherché à arracher à ses frères la part et du duché de Rome,
qui lui revenait de Théritage paternel. Cette expédition au delà des Alpes
Ce fut Pao 75S que Pépin crut le a?ait été peu difficile; deux campa-,
pouvoir de sa famille assez fermement gnes avaient suffi pour vaincre les
établi pour mettre la main sur la cou- Lombards. Mais la guerre contre l'A-
ronne des fils de Clovis. «L'année quitaine occupa presque tout le règne
urécédente, il avait envoyé, dit Egin- ae Pépin. Elle fut impitoyable; de la
nard , au papeZacharie, Tévéque Bur- I,oire à la Garonne, tout fut ravagé,
chard et le chapelain Frihard, afin A la fin, Topiniâtreté des Francs
de le consulter touchant les rois qui l'emporta; les Aquitains , épuisés, se
alors étaient en France, et qui n'en soumirent. Leur duc Waifre venait
possédaient que le nom, sans en avoir d'être tué, et il ne restait plus , dans
en aucune façon la puissance. Le pape toute la nation, un chef capable
répondit qu'il valait mieux que celui d'organiser et de continuer la résis-
qui avait aéjà Tautorité de roi en eût tance.
aussi le titre... D'après la sanction Pépin revenait de sa dernière expé-
du pontife romain , Pépin fut oint de dition au Midi, lorsqu'il mourut à Pa-
Ponction sacrée, et élevé sur le trône, ris, le 24 septembre 768. Il avait pap-
selon la coutume des Francs. Quant taeé son royaume entre ses deux fils,
à Gbildéric, qui se parait do faux nom Charles et Carloman, Le premier
de roi, Pépin le fit mettre dans un soin de celui-ci fut de terminer la
monastère. » Ainsi se termina cette guerre d'Aquitaine. Après avoir fait
longue comédie que les maires du pa- bâtir un chAteau fort sur les bords
lais jouaient depuis un siècle. de la Dordogne , il rétablit en faveur
La réponse de Zacharie aux envoyés de son fils, encore enfant, Tanden
de Pépin, et le sacre de ce prince, sont royaume d'Aquitaine. Il l'envoya
des preuves de la bonne harmonie qui même aux Aquitains, potir qu'il irtt
existait alors entre le pape et l'ancien élevé au milieu d'eux, et s'habituât
moire d'Austrasie ; c'était surtout l'in- de bonne heure à leurs coutumes.
iiO «AU
Bîtntôt après, Carloman fut emporté par une nmdia, après un rèf^iie d*eti-
viron trois ans, et Charles, sans se soucier des droits que le défunt laissait à ses fils , s'empara de son- héritage. La veuve de Cariouian se retira auprès de Didier, lai des Lehibafdi; mids ce prino» ptyâ cher la satisfaotion de lai avoir donné asile. Charles passa lés Alpes (773), s*empara de sa personne, le fit enfermer dans uo monastère «ireo 8t 'fémnne el m eaâiiits, ét anéantit le roVanme des Lombards, dont toutes les possessions en Italie furent réduites au duché de £éjiéveut.
Mafs la grande goerre de Charie-
magne fàt œnt^e les Saions. Preiqile
tout le reste s'efface à côté de cette luttp héroïque; d'autres ont pu être aussi importantes par leurs résultats , niais aucune ne fut soutenue de part et d'autre avee alitant de eourage et d'opiniâtreté (voyez Saxons [guerre contre les].) La" guerre contre les Avares n'en fut qu'un épisode, et la
fuerre d'Espagne elle-même ne semle qu'accidentelle ,'au milieu de tou* * tes les expéditions de Gbarlemagne (voyez RoNCEVAUx).
Ce fut dans la première année du neuvième siècle que Cbarlemagne reçut du pape la couronne impérial^.
R II s*était rendu à Rotne soua prétexte de rétablir le pape Léon qui en avait été chassé. Aux fêtes de Noël, pendant qu il est absorbé dans la prière, le pape Ini met pur la téte la couronne impériale, et le proclame AiJ?;uste. L'em[!ereur s'étonne et s'afflige himiblement; hypocrisie qu'il démentit en adoptant les titres et le cérémonial de la eonr de Byzanoe.
Pour rétablir Tempire, il ne fallait plus qu'une chose , marier le vieux Cbarlemagne à la vieille Irène, qui régnait à Constautinople après avoir fait tuer son fils. C'était la pensée du pape, mais non celle dlrène, qui se .garda bien de se donner un maître.
« Une foule de petits rois ornaient la cour du roi des Francs, et l'aidaient h donner cette faible et pâle représen- .lalioii de Tenipîre. Le rçi de Galice el
les Êdrissites de Fez lui envoyèrent des ambës^adeiire. fianmtl»al'*Âas-
chid , calife de Bagdad , crut deVonr entretenir quelques relations avec l'ennemi de son ennemi , le calife schismatique d'Espagne. Il fit, dit-on, dfîrir à GlMrlemagne , entre autre»
p^ents, les deftoii saint sépulcre.
fi C'est dans son palais d'Aix-la- Chapelle qu'il fallait voirCharlemagne.
il avait dépouillé Eavenne de ses marbres les plus ptéoiettt pour orner sa Rome barbare. Actif dans son repos même, il y étudiât sous Pierre de Pise, sons le Saxon Alcuin, la grammaire, la rhétorique , l'astronomie : il apprenait à écrure, i^ose fart rare «ors^ il se piquait de bien chanter au lutrin^ et remarquait impitoyablement les clercs qui s'acquittaient mal de cet of^ fice.
« Cbarlemagne ne donna point , k proprement parler, uhe législatiob nouvelle, mais il fit de louables efforts
pour organiser une administration régulière. Quatre fois par an, ses missi Ou inspecteurs parcouraient les pro* tioces , recueillaient les plaintes , et s'informaient des abus. Ses capitu*laires, délibérés dans les assemblées nationales , sont en général des lois administratives, des ordonnances civiles et eodtisiastiques.
« Malgré-' tout oet éelat du règne de Charlemagne, l'empire des Francs sembknt atteint d'une caducité précoce. En Italie , ils avaient échoué contre Bénévent, contre Venise; les Grecs avaient détruit leur flotte en Germanie; ils avaient reculé dei'Oder à rEil)e, et partagé avec les Slaves (*)... » L'œuvre de Charlemagne ne devait pas lui survivre; cette unité quHI avait voulu imposer à l'Occident, elle
f>ouvait durer tant qu'il était là pour a maintenir; mais quelle main serait assez ferme après lui pour tenir réunis tant d'intérêts différents? A coup sûr, ce ne pouvait être celle de son débile successeur.
Louis, surnommé le Débonnaire y était pieux et intègre. Les premiers
(*) Micfadel,Mdi dliiiiowe de Francs.
CâR FRANCE
•CAR
actes de son gouvernement furent des actes de justice; mais bientôt sa faiblttseèt Bén incapacité se montrèrent.
. De toutes parts l'on se prépara à rompre une union forcée. L'Italie réclama la première; Bernard, (ils d'un fils aîné de Charlemagne, voulut conser- Ter cette contrée malgré le nouvel empereur; mais l*effort était prématuré:
Bernard, mal soutenu , fut obligé de venir se livrer lui-même. Louis , excité par sa femme , lui flt crever les yeux; Bernard en mourut. L'empeireur se repentit bientdt de sa cruauté, et il en fit pénitence publique; mais cet acte d'humilité ne fit que dégrader, aux yeux des peuples^ la majesté de Tempire.
Louis avait associé son fils atné
tothaire à Tempire ; Pépin avait été nommé roi d'Aquitaine , et Louis, un autre de ses fils, roi de Bavière. La naissance de Charles le Chauve dérangea ce partage. I/empereur, excité )mr ta femme Judith, voulut lui faire un 'apantjge aux dépens de ses aînés; ils se reunirent contre lui et le déposèrent (830); mais Lothaire, cherchant à profiter de la supériorité de son titre pôur comifMiiidei' à ses frèrés comme à ses lieutenants , Louis et Pépin délivrèrent leur père.
Toute la vie de ce malheureux prince ne fut ainsi qu'une guerre continuelle contre ses fils. Nous Tavons tu déposé en ésO; il le fut une seconde fois en 833 » lorsque ses efforts pour accroître la part de son plus jeune fils eurent encore une fois fait prendre les arines aux atiiés. Il se vit abandonné tout à coup de ses troupes ét forcé de se livrer à Lothaire. (^elui-ci se niontra peu généreux envers son père, li voulut le dégrader à tout Jamais en le forçant de faire , en na* bit de pénitent, une confession publique ae ses fautes. On se sentit de la pitié pour son père, qui fut une seconde fois rétabli. Mais il était plus que jamais incapable de se conduira par lui-même; il céda encore une fois a l'influence de Judith. Son fils Pépin, roi d'Aquitaine , étant mort, Charles fut à l'instant investi de ce royaume.
Lothaire s'accorda pour un moment avec son pere, lui promit de protège^ son jeune fils, et, en récompense y re-
Sut tout Torient de Tempire : l'occient devait former le patrimoine de Charles. Mais, dans ce partage. Louis de Bavière et les fils de Pépin étaient complètement sacrifiés ; ils en appelèrent- aux armes , et l'empereur passa ses dernières années à combattre son fils et son petit-fils. L'Aquitaine fut à peu prés soumise, mais la guerre contre Louis offrait plus de difficultés.
Ce fîit pendant Teipédition que Louis le Débonnaire entreprit contre luj, qu'il mourut dans une île du Rhin, près de Mayence (840). Aveç fut détruite Tuuité de l'empire.
Son fils ainé , Loi^ftulre » succéda à son titre d'empereur; mois il ne pouvait espérer d'en exercer tous les droits; la France et In Germaaie voulaient des rois particuliers. La question fut vidée à Fontanet, près d'Auxerre. Les peuples de la Germanie et ceux de la Gaule y conibattirent sous les mêmes drapeaux pour le renversement du système fondé par Charlemagne. Lothaife, le représentant de 1-unité, fut vaincu, et, deux ans plus tard (843), le traité' de Verdun consacra un premier démembrement.
Trois royaumes, Germanie, France pt Italie, furent reconnus.
' Le traité de Verdun suspendit pour ouelque temps la guerre civile entre les oèscendants de Charlemaj^iie; mais tout ne fut pas calme et tranquille dans les trois royaumes pendant cette période ; peut-être n'eurent-ils jamais plus à souffrir. Il semblait que l'invasion allait recommencer; mais cette fois c'était aux dépens de ceux qui avaient fait la première. Les Slaves de toute race, 4e8 Scandinaves « sous le nom de Normands, attaquent les royaumes francs à l'orient, au nord et à l'ouest, tandis que les Sarrasins leur disputent Tlialie et la Provence. Bientôt vont arriver les Hongrois, ces hardis et infatigables cavaliers qui, comme les Huns , vont toujours devant eux, tuant et pillant, traversant toute l'Allemagne sans souci du retour, et
m CAR vxm
rencontrant enfin un jour, sur le Rhône, ces autres cavaliers de TAfrique , les Sarrasins, arrivés jusque-là, grace à la faiblesse des petits-fils du grand empereur. Quant aux Scandinaves, ce sont dMmpitoyables pirates, des rois de la mer qui n*y laissent rien passer.
Mais la mer fournissait peu alors ; Tocéan Germanique ne voyait guère que les barques Scandinaves; aussi les Normands étaient obligés, pour trouver du butin , de ravager les côtes et de pénétrer daos les terres. L'an 845, ils portèrent la désolation sur tout le' littoral de l'empire, depuis l'Elbe jusqu'à la Garonne; en 845, ils détruisirent Hambourg ; quelques années après, ils débarquèrent eo Frise, dévastèrent tous les pays que le Rhin traverse, et ruinèrent les villes dont ils purent s'emparer. Les côtes de la Saxe lurent également menacées, et Louis ie Gemaniquê fîit obligé de donner ' aux Saxons un duc ehai^é de veiller sur cette frontière.
Au lieu de s*opposer à ces pirates, les rois n'étaient occupés que de leurs dissensions intestines, et do soin d'ajouter quelque nouveau titre à ceux qu'ils portaient, de nouvelles provinces à celles qu'ils étaient incapables de défendre. Ainsi , après la mort de Lotfaaire, et celle de son fils, Lo* thaire II, à qui était échue la Lorraine, Louis le Germanique partagea celte province avec Charles le Chauve. Les villes de Bâle, de Strasbourg, de Metz, de Cologne, de Trêves, d*Aix-la-Chapelle et aUtrecbt, vinrent augmenter son royaume.
Lorsqu'un autre fils de Lothaire, Louis II, qui avait eu l'Italie avec le titre d'empereur, mourut en 875, Louis le Germanique, comme l'atné de tout ce qui restait de princes carlovingiens, voulut recueillir son héritage; mais Charles le Chauve le ^agna de vitesse, trompa Carlonian, iils de Louis, qui avait passé les Alpes avec une nombreuse armée, et courut se faire proclamer à Rome , où le peuple et le pape paraissaient encore avoir seuls le droit de décerner la dignité impériale.
Charles le Chauve, én devenant em-
TEKS. CAE
pereur (875;, afiaiblit plutôt qu*il n'accrut sa puissance. Les çrands de Tempire lui arrachèrent à Kiers)r-sur*
Oise, en 877, l'édit célèbre qui, en consacrant l'hérédité des comlés, assura le triomphe du système féodal , et porta à Tautorité royale une atteinte dont les effets se firent sentir pendant plusieurs siècles.
L'année suivante, Louis le Germanique mourut, et ses trois fils se partagèrent TAllemagne : Carloman eut la Bavière avec la Garinthie, l'Autricbe, la Moravie et la Bobéme ; Louii le Jeune prit la Franconie, la Thuringe, la Saxe, la Frise et la moitié de la Lorraine; Charles le Gros eut la Souabe, l'Alsace et la Suisse. Mais ces partages furent bientôt dérangés, d'abord par la mort de Carloman , puis par celle de Louis de Saxe. Charles le Gros réunit ainsi , sans peine , tout l'héritage du Germanique; il y joignit ritalie et la couronne impériale. Mais c'était pour lui un trop lourd fardeau. II laissa les Normands s'établir à Gand , à Louvain , à Uaslou , sur la Meuse , et piller ou réduire en cendm Liège, Maêstricht,Tongre8,Mayence,Worms, Cologne, Bonne et Aix-la-Chapelle. Au lieu de les combattre, Charles leur donna deux mille quatre cents livres d'argent.
Pendant qu*il signait ce honteux
traité qui indignait toute l'Allemagne, des troubles éclataient sur les autres frontières : en I\ioravie, où le duc Zwentibald s'était révolté; en Italie, où le duc de Spolète refusait obéissance et s'unissait aux Grecs et aux S:irrasîns. Ce malheureux empereur, accable de titres et de couronnes, ne savait où reposer un instant sa tête:
et voici qu'après la mort de Carloman, on vint lui apporter encore la cott« ronne de France. A Charles le Chauve, mort en 877, avaient succédé son fils, lA>uis le Bègue, qui ne régna que deux ans; puis ses deux petits*fiis, Louis III tx Carloman, qui moururent tous deux par suite d'accidents, Louis 111 en 882, et Carloman en 884.
De toute la dynastie de France , il ne restait qu'un enfant, Charles, depuis
CAR
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surnommé le Simple, Il fallait partant un chef. Les grands s'avisèrent
de songer 5 Charles le Gros, et crurent qu'il pourrait les défendre contre les rïormands (884). Charles accepta. Mais comment aurait-Il su mieux protéger la France que l'Allemagne? II laissa assiéger Paris , et cette ville eilt été
{)rise si le comte Eudes, fils de Robert e Fort, révéque de Gozlia et l'abbé deSaintOermain des Prés ne l'eussent défendue avec courage. Leurs efforts auraient été récompensés si Charles avait voulu les soutenir. Il s'approcha de la ville assiégée avec une armée; mais, au lieu de combattre, il acheta la retraite des Normands , et leur abandonna même la Bourgogne h piller. Les peuples à la lin, lasses de ce dernier et mutile essai de la puissance impériale, le rejetèrent à touiours , et Charles fut déposé à la diète de Tribur (887).
Charles le Chauve avait signé en quelque sorte l'abdication de la royauté en reconnaissant, par l'édit de Kiersy, rbérédité des comtés. Dès ce moment , les CarloYÎngiens de France YÎrent tomber Tun après Tautre tous leurs droits et diminuer chaque jour l'étendue de leurs domaines. A cuté d'eux, s'élevèrent les puissants ducs de Tllede-France, de Bourgogne et d'Aquitaine, les comtés de Flandre, de Verjnandois, de Toulouse, etc. Après la déposition de Charles le Gros, ce fut l'un de ces anciens officiers des empereurs qui prit leut place. Dans le mâne temps où les Allemands choisissaient Arnolf , les Français (888) reconnurent pour roi le vaillant défenseur de Paris contre les Normands, Eudes, qui sut consenrer son titre malgré les prétentions et les attaques de Charles le Simple.
Ce dernier cependant recouvra le trône de ses pères à la mort du roi Eudes, en 898; mais il fut obligé de signer le traité qui donna Tune des plus belles provinces de France à un chef de pirates danois. Rolf ou Roi Ion obtint, en 912, la Normandie, (|ue ses compatriotes pillaient depuis près d*un siècle. Fidèle au traité d'alliance qu'il avait fait avec Charles le Simple, il lé
soutint contre Robert de France, frère
du roi Eudes , que les grands, indignés de la faiblesse de Charles , élurent pour roi à sa place, en 922. Robert, vainqueur à la bataille de Soissons , mourut au sein de son triomphe; mais il fut lenoplacé par Raoul, duc de Bourgogne, et le malheureux Charles fut emprisonné par le comte de Vermandois dans la ville de Château-Thierry, puis à Péronne, où il mourut en 929«> Le principal auteur des malheurs de Charles le Simple était Hugues le Grand, comte de Paris, le plus puissant seigneur entre la Seine et la Loire , et le représentant de cette réaction qui s'était peu à peu formée dans la Gaule contre les indignes descendants de Charlemagne. Ceux-ci, en souvenir deleur origine teutonique, tournaient constamment leurs regards vers T Allemagne, et imploraient ses secours contre leurs vassaux rebelles; aussi plus d'un seigneur du nord de la France était tenté de les renvoyer au delà du Rhin. Cependant la force des souvenirs leur conserva quelque temps encore îa couronne. A la mort de Charles le Simple, on fit venir d'Angleterre Louis, son fds, à qui cette circonstance valut le surnom d'Outre-mer, Louis, élevé à Péeote de l'adversité , montra une activité et une vif^ueur qui auraient dû lui mériter un meilleur sort; mais chaque jour croissait et se fortifiait l'opinion nationale qui repoussait les uirlovingiens. Ënfin , lorsque les défiances mutuelles se furent accrues au point d'amener, en 940, une nouvelle guerre entre les deux partis qui depuis cinquante ans étaient en préMnce, Hugues le Grand, quoiqu'il ne prît point le titre de roi , joua contre Louis d'Outre-mer le même rôle qu'Eudes, Robert et Raoul, avaient joué contre Charles le Simple. Son premier soin fut d'enlever à la faction opposée l'appui du duc de Normandie.
Il y réussit, et, grâce à l'interventioii normande , parvint à neutraliser les effets de rinfluencegermanique. Toutes les forces du roi Louis et du parti franc se brisèrent « en 945 * contre le petit duché de Normandie. Le roi.
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vaincu en bataille rangée, fut pris avec seize de ses comtes, et enfermé daos la tour de Rouen « d'où il ne sortît que pour être livré aux chefs du parti national I qui Temprisonnèrent a Laon.
« Pour rendre plus durable la nouvelle alliance de ce parti avec les Kornfiands, Husues le Grand promit
de donner sa fille en mariage à leur duc. Riais celte confédération des deux puissances gauloises les plus voisines de ta Germanie attira contre elles une coalition des puissances teutoniquesi dont les principales étaient alors Otton et le comte de Flandre. Le prétexte de la guerre devait être de tirer le roi Louis de sa prison; mais les coalisés se promettaient des résultats d*un autre genre : leur but était d^anéantir la puissance normande en réunissant ce 4uché à la couronne de France, après la restauration du roi leur allié. En retour, ils devaient recevoir une cession de territoire, qui a^ndirait leurt États aux dépensdu royaume de France.
L'invasion, conduite par le roi de Germanie, eut lieu en 946. À la tête de • trente-deux légions , disent les historiens du temps, Otton s'avança jusqu'à Reims. Le parti national qui tenait un roi en prison , et n'avait point de roi à sa tête, ne put rallier autour de lui les forces suffisantea pour repousser les étrangers. Le roi Louis fut remis en liberté, et les coalisés s'avancèrent jusque sous les murs de Rouen. Mais cette campagne bril* lante n'eut aucun résultat décisif. La llormandie resta indépendante , et le voi délivré u'eut pas plus d'amis qu*auparavant : au contraire, on lui imputa
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les malheurs de l'invasion, et, menacé bientôt d'être pour la seconde fois déposé, il retourna au delà du Rhin pour implorer de nouveaux secours. '
« En Tannée 948, les évêques de I»
Germanie s'assemblèrent , par ordre du roi Otton , en concile à Ingelheim pour traiter, entre autres alT^Ires , des griefit de Louis d'Outre-mer contre le parti de Hugues le Grand. Le roi des Français vint jouer le rôle de solliciteur devant cette assemblée étrangère (*). »
Cette déférence de Louis IV lui fht inutile. Réduit à la possession de la seule ville de Lnon, il passa tout son rh^ne à guerroyer contre les petits seigneurs du voisinage, et mourut en 9â4, d'une chute de cheval qu'il Gt k Reims.
Son fils Lothaire , .^i;é de treize ans, lui succéda. Lorsqu'il fut en âge de régner par lui-même, il voulut reconquérir quelque popularité en se déclarant contre les Germains. Il essaya de reprendre la Lorraine i et, entrant à l'improviste sur les terres de l'Empire, il pénétra jusqu'à Aix-la- Chapelle; mais cette expédition aventureuse ne servit qu'à amener soixante mille Allemands sous les murs de Paris. Lorsque Lothaire mourut, en 986, il laissa son titre à Louis V, qui ne régna qu'une année, et fut surnommé le Fainéant. Avec Louis V, s*éteignit en France la dynastie des Carlovingiens. Elle avait occupé le trône pendant deux cent trente-six aOAf et donné douze rois au pays.
(*) Aiig. Thierry, LeltNS sur rbiilair< de Fniiee*
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