CÀ
CAS
tions des villes, aux rivières navigables, nui ties et atterrissemeots, aux naufhh
geflf enGn, aux terres sans possesseurs; !8 contestations relatives à la capitation, aux tailles, aux aides, aux gabelles, au contrôle, et à tous les autres impôts et deniert royaux. Mais il y avait pour ces cas royaux des juges extraordinaires, tels que les intendants et commissaires des généralités , les cours des aides , les élections, les grer oiers à sel , etc.
'Les causes relatives aux érections de terres en duché-pairie, marquisat, comté, baronnie, ou autre fief de dignité, et aux concessions de privilèges Edtes à des villes, à descommunaor tés, à des universités, à des acadér mies, et enfin, à d*aulres particuliers; les causes gui concernaient l'état ou les droits de la noblesse; les privilèges attachés m droit de Justice ; la naturalisation des étrangers ; la légitimation des bâtards ; les lettres d émancipation et de bénéfice d'âge; les lettres de changements de noms et d'armoiries; les lettres de grâce, de rémission , d'abolition ou de commutation de peine ; les lettres de réhabilitation; les lettres d'état; les concessions de foires et marchés, etc., étaient autant de cas royaux.
On comprenait aussi parmi les cas royaux, rexercice que les juges royaux faisaient de leur autorité pour la conservation des droits ecclésiastiques, et, en même temps, la surveillance de tout ce qui touchait à la discipline et à la pohce extérieures de T Église; la connaissance des entreprises de la cour de Rome contre les libertés de l'Église gallicane ; la répression des entreprises de la puissance ecclésiastiaue, lorsqu'elles tendaient à blesser Pautorité du roi, ou à troubler Tordre public et la tranquillité de l'État; la connaissance des causes de suspension de lettres monitoires obtenues contre la disposition des ordonnances.
11 faut ranger dans la même classe, les causes relatives aux matières béneûciales, et tout ce qui en dépendait, comme le possessoire des bénéfices litigieux ; le droit dd patronage; la col-
lation des bénéûces ; le droit de faire saisir les revenus des bénéfices, faute
par les bénéficiers d'entretenir les biens qui en dépendaient; l'usurpation des bénéfices et de tous les droits qui en dépendaient ; les contestations et déclarations relatives aux portions congrues , aux droits des curés primitifs , aux dîmes, à la confection des terriers des biens ecclésiastiques, à l'aliénation des biens des églises, des hôpitaux et des confréries ; la connaissance de la régie des biens des religionnairea fugitifs (*) ; les causes des personnes et des communautés qui étaient particulièrement en la garde et protection du roi: telles étaient les causes personnelles des évéques, et celles qui concernaient leurs droits et privilèges; In garde des églises cathédrales et des autres églises ou communautés qui avaient des lettres de garde-gardfenne ; enfin, les causes des pairs de France, des ducs, et autres privilégiés; les contestations relatives aux contrats passés sous le scel royal , lorsque les parties s'y étaient soumises a la juridiction royale; et même, dans plusieurs coutumes, cette juridiction était forcée, et le scel royal était attributif de juridiction ; les causes qui concernaient les villes , leurs deniers patrimoniaux ou dVtroi , l'usurpation de leurs droits^ et les droits d'usage et de pâturage prétendus par les seigneurs ou habitants des lieux ; le droit de contraindre les particuliers à vendre leurs biens au public, ou, comipe nous disoqs aujourd'hui, l'expropriation pour cause d'utilité publique; tout ce qui avait rapport à la conservation des établissements publics, tels que dépôts de titres et papiers publics, bibliothè<]ues , etc.
On rangeait aussi parmi les cas royaux tout ce qui intéressait la police générale du royaume ; ainsi, les causes relatives à l'état des personnes, à la célébration des mariages , aux registres des baptêmes, mariages, sépultures, à la suppression ou rectification des actes de ces registres. Les causes relatives aux droits honorifiques dans
(*) OfjoonaDoe de MB,
CAS
rUNIVERS.
les églises; celles qui concernaient les insinuations et publications des donations et substitutions; les certifications de criées; Tenre^istrement
des ordonnances, édits, déclarations
et lettres patentes; rexécution des sentences des olïiciaux, et celle des sentences consulaires étaient aussi des cas royaux.
Suivant Tordonnance de 1669, les
icas royaux, en matière d*eaux et forêts, étaient ceux qui concernaient la police générale des l'oréts et rivières, et qui intéressaient le roi et le public; telles étaient la chasse sur le domaine du roi; la prise du cerf et de la biche, en quelque lieu que ce fiU ; les contraventions aux règlements sur la pèche; toutes les affaires relatives aux rivières navigables et flottables; la coupe des bois de haute futaie; les délits commis dans ces bois par les particuliers, les ecclésiastiques, ou les communautés qui en avaient la propriété, etc.
Cas royaux en matière criminelle.
C'étaient là les cas royaux proprement dits. Aussi l'ordonnance criminelle 8embte-t*elle ne reconnaître expressément que ceux-là. L'article 11 ou titre premier de cette ordonnance s'exprime ainsi : « Nos baillis, sénéchaux et juges « présidiaux , connoitront privalive- « ment à nos autres juges et à ceux des « seigneurs, des cas royaux , qui sont, « le crime de lèse-majèsté en tous les « chefs, sacrilèges avec effraction, ré- « bellion aux mandemens de nous ou « de nos officiers ; la police pour le port « des armes, assemblées illicites, sédi- « tions, émotions populaires , force pu- « blique ; la fabrication, l'altération ou « l'exposition de fausses monnoies; « correction de nos officiers, mal versa- « tions par eux commises en leurs «charges; crimes d'hérésie, trouble « public fait an service divin , rapt et « enlèvement de personnes par force et a violence, et uutre6 cas expliqués par « nos ordonnances et réglemens, »
Parmi ces autres cas , que les ordonnances et règlements n'expliquent que d'une manière fort peu satisfaisante, ou peut citer l'infraction de
sauvegarde, le crime de péculat, les levées publiques de deniers sans commission du roi ; la falsiGcation du scel roval; les incendies des villes, des églises et des lieux publics; les bris des prisons royales ; la démolition des murs ou fortilicntions des villes; les vois des deniers patrimoniaux et d'octroi ; les entreprises contre la sûreté des chemins royaux ; la simonie commise par des laïques; les oppressions et exactions connnises par les seigneurs contre leurs vassaux; les assassinats prémédités; le duel ; les crimes contre nature, etc., etc.
IVous terminons ici cette longue énumération, qui cependant n'est pas complète, et même ne pourrait pas l'être.
II y a là bien des prétextes à Jugements ; il y a surtout des crimes bien . complexes et bien élastiques. Qui pourrait dire tout ce qu'ils portaient dans leurs flancs? les baillis et prévôts royaux sans doute, s*ils revenaient à la vie, ou peut-être encore ceux qui , de nos jours, ont inventé la théorie des attentats. INous pourrions le demander à Tbistoire; mais l'histoire n'a pas tout dit. LMmagination pourrait y suppléer ; mais nous ne sommes qu'historien.
Laissons donc de côté la critique du criminaliste ; et, d'un point de vue purement historique, demandons-nous si , ce que nous ne savons trop comment qualifier, une chose ou un nom, les cas royaux enfin, n'offrent pas un autre sens, et n'ont pas un autre intérêt que les sens qu'ils paraissent offrir, et l'intérêt qu'ils paraissent avoir dans ce dernier état du droit. Il semble, en effet, qu'il n*y ait là qu'une simple question de compétence , donnant lieu à des règlements déjuges; et, malgré la multiplicité des ordonnances, édits, déclarations, arrêts, instructions, on ne voit j)ns qu'il s'agisse d'autre chose que de fixer , dans tel ou tel cas donné, les limites des juridictions diverses, royales ou ecclésiastiques et seigneuriales, et de terminer, par voie d'autorité, des conflits de juridiction. Ce qui confirme encore cette observation, c'est que même, en remontant beaucoup plus haut, aux édits de Jr'ran-
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>çoi8 r*^ sur ces matières , on voit que ces éflitsont été rendus pour décider des conilits qui s'élevaient non-seulement entre les juridictions diverses , mais souvent aussi entre les juges divers d'une même juridiction; entre les prévôts royaux et les baillis royaux ; entre la main gauche et la main droite. C'est ainsi qu'on arriva à établir de grands eas royaux pour les grands juges royaux ou baillis; et de petits cas royaux pour les petits juges royaux ou prévôts. Car les cas prevôtaux , comme on le voit clairement dans les instructions ded'Aguesseau, ne sont qu'une espèce de cas royaux , une variété du genre* Envisagée ainsi, cette longue énumération de cas royaux n'est plus que la lettre morte d'une législation morte aussi. Mais si l'on veut bien songer que chacun de ces cas est une conquête de la royauté, une dépouille de la féodalité , on comprendra alors qu'il y a là autre chose qu'un intérêt de procédure et de pratique. Ce n'est pas en un jour que la royauté a conquis toutes ces prérogatives; ce n'est pas en un jour que la féodalité les a perdues. 11 suffit d'examiner le léger bagage de la royauté au départ, pour reconnaître, dans les richesses de ce dernier inventaire, le travail de plusieurs générations, le dépôt successif de plusieurs siècles. C'est un sol d'alluvion formé de couches diverses et superposées, que nous pouvons distinguer et énuniérer. Pour bien comprendre comment ce sol s'est constitué, il faudrait l'analyser et le recomposer par la pensée, en partant des terrains primaires pour arriver aux terrains les plus récents. Ce serait faire l'histoire même de la royauté. Qu'est-ce en effet que les cas royaux , sinon l'expression juridique de la puissance royale? S'il est vrai qu'il n*y ait pas de signe plus réel du pouvoir dans les sociétés, que le libre exercice du droit de justice, qui suppose nécessairement une force capable de ùàre respecter ses décisions, il en résulte. qu'on peut mesurer l'étendue du pouvoir à l'étendue de la juridiction. Ainsi , la puissance royale dut être
d'autant plus grande que les objets sur lesquels s'exerçait sa juridiction furent plus nombreux, ou qu'il y eut un plus grand nombre de cas royaux. Si donc Fon pouvait déterminer d'époque en époque l'étendue des cas royaux, on aurait comme une échelle graduée qui indiquerait , pour ainsi dire, les variations de la puissance royale , et son mouvement toujours ascendant. Nous devons faire ici une remarque importante, et qui , en même temps, établira d'une manière rigoureuse la relation que nous avons reconnue entre les cas royaux et la puissance royale. C'est oue l'expression de cas royaux a eu aeux significations très-diverses, dont la diversité même fut une conséquence nécessaire des rapports intimes qui existèrent entre les cas royaux et ridée représentée par le nom de roi. Nous allons le montrer.
Sous la monarchie absolue de Louis XlVjOn ne distinguait plus dans laroyautéqu'un principe unique d'autorité; principe en vertu duquel elle existait, aîzissait, commandait; le roi était un, et il était tout; aussi les cas royaux comprenaient-ils indistinctement tous les objets soumis à la juridiction royale, à quelque titre que s'exerçât cette ju*. ridiction, et quelle qu'en idt l'origine. Mais il n'en tut pas toujours ainsi de la uuissance royale; elle eut une double origine , et , pendant une longue période elle offrit un double caractère : celui qui l'exerçait était tout à la fois roi et seigneur suzerain. Le oersonnage du roi apparut d'abord en dehors de la féodalité, respectant les droits, les rapports féodaux. La royauté reconnut l'indépendance des seigneurs féodaux, et leur laissa exercer librement dans leurs domaines la juridiction qu'elle-même exerçait dans les siens, et au même titre. l$iais , en même temps, elle se sépara de la féodalité , et se plaça au-dessus de tous ces pouvoirs, connne un pouvoir distinct , supérieur, qui j par le titre originaire de son office, avait droit d'intervenir pour rétablir l'ordre et la justice. En même temps qu'elle se prévalait de sa suzeraineté pour rallier
aiitour d'elle ses vassaux , elle ne par* Hit âiieana occasion de mettre le roi à part, de Télever aa-dessus du suzerain. Tout en s'accommodant aux principes de la féodalité, elle réclamait, au nom d'autres principes^ en son propre nom , le droit de poursuivre et de punir.
À ces deux titres elle eut et elle exerça un double pouvoir et une double juridiction : un pouvoir réel fondé sur des moyens matériels , sur des lois certaines et reconnues, et balancé par d'autres pouvoirs du même î^enre,
Quoique de force inégale; et une juriiction correspondante avant le même principe, les mêmes limites et les mêmes lois ; puis un autre pouvoir, d'abord purement nominal , sans limites précises, indéfini plutôt qu'infini, unique et sans contre-poids régulier ; et une Juridiction , unique aussi , et illi« mitâ comme le pouvoir dont elle émanait. Or, ces deux juridictions différentes durent avoir des objets différents ; de là cette distinction
3u*on retrouve partout dans les or* onnances et les écrits des jurisconsultes, des cas ro7jaux et des cas de ressort o u d es appels ,correspondant au double caractère de la royauté , à la souveraineté royale et à sa suzeraineté seigneuriale. Quand ces deux pouvoirs et ces deux juridictions se Furent confondus , nuand le roi eut absorbé le suzerain, les cas de ressort se fondirent dans les cas royaux et ne 8*en distinguèrent plus. Alors tout objet de la juridiction royale, envisagé d'une manière passive, fut un cas royal. Mais pendant la première période, dans le sens restreint de causes auxquellu le roi pouvait avoir iniérét comme roi (*), indépendamment de ses droits comme seigneur suzerain , les cas royaux jouèrent un rôle des plus importants et qu*il est nécessaire de faire connaître.
Ils furent , avec les cas de ressort ou les ap[)els, Tinstruinent décisif de la révolution qui concentra entre les mains du roi toutes les prérogatives
Cf. Loyscan.
de la féodalité. Les appels en effet subordonnèrent les cours nodalcs au
pouvoir royal, et donnèrent au roi
l'interprétation des coutumes et la souveraineté des jugements, et lui soumirent par là les lois et les hommes.
Les cas. royaux resserrèrent les cours féodales dans des limites de plus en plus étroites, et restreignirent les droits des seigneurs comme les appels avaient détruit leur indépendance.
« Les ju^es royaux, ditLoyseau (Abud des justices de village) , ne peuvent avoir juridiction sur les justiciables des seigneurs qu'en deux cas, c'est à sçavoir aux cas de ressort et aux cas royaux. Cest pourquay ovcsi Us ont tasché par plusieurs art^iees et subalitez d'étendre ces deux exceptions presque à toutes causes. » Voilà, en deux mots, tout le secret de la royauté. Au temps où écrivait Loyseau , c'està-dire, à la fin du seizième ou au commencement du dix-septième siècle, les cas de ressort avaient fait n
8 eu près tout ce qu'il leur était donné e fiiire. « Aujourd'huy, dit-il, les appellations sont venues en style si commun, qu'on y est tout accoutumé, et n'y a plus ny ju^e ny seii^neur qui s'en offense. » Mais les cas royaux pouvaient encore scnrvir à ouelque chose, comme il est &cile de s en convaincre par ces piquantes paroles de Loyseau :
« Au regard des cas royaux, les entreprises y sontbien plus fréquentes et en plus grand nombre, car nliyant jamais été spécifies ny arrestez par aucune ordonnance, on en a fait une idée de Platon, propre à recevoir toutes formes et un passe-partout de pratique; vérifiant le dire au poète : An nescis longas regibus esse manus, »
Ce qui faisait des cas royaux un instruments! souple et si docile entre les mains de la royauté , c'est qu'ils fi*étalent pas mieux définis que le principe même sur lequel ils étaient fondés. Qu'était en effet la royauté à une certaine époque, sous saint Louis par exemple. « Si la royauté n'était pas absolue en droit, dit M. Guizot, elle n'était pas non plus limitée. Dans l'ordre social, aucune institution qui
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Iqillt équilibre; ral coiilM«fMidt lé-
fulier, soit par quelque grand corps ristocratique , soit par aueique assemblée populaire. Dans i ordre moral, aucun principe, aneune îdéa puis* santé, généralement adaiiae, et' qui assignât des bornes au pouvoir royal.
On ne croyait pas qu'elle eût droit de tout faire, d'aller à tout; mais on ne savait pas, on ne chercbait pas même à savoir où elle devait s'arrêter. En xiroit, point de souveraineté systématiquement illimitée, mais point de limites converties en institutions ou en croyances nationales. En fait, des adversaires ou des embarras , mais pas de rivaux. » On comprend maintenant
Sue si les cas royaux n'étaient ni dénis ni spécifiés, c'est qu'ils ne pouvaient pas l'être. Ils s'étendaient jusqu'où pouvait s^éCendre la main êa roi ; ils étaient tout ce qu'était le roi. A l'aide des cas royaux , les officiers du roi convertissaient en faits toutes ces grandes idées de protection , de souveraineté, de majesté . de dlgoité iroyale, que l'influence du droit romain et le langage emphatique et boursouflé des législateurs du Bas- Empire avaient surtout contribué à accréditer. Les baillis royaux , comme on l'a déjà vu , furent les propagateurs les plus ardents et les plus infatigables de ce large principe de l'aulorité royale , essentiellement indéfini , capable de se resserrer e( de s'éten»
dre, de s^adapter, en un mot, aux circonstances les plus diverses. Tous les jours ils firent de nouveaux titres au roi par leurs arrêts, en faisant pénétrer la juridiction royale dans une ibule d'affaires auxquelles, suivant les principes de la féodalité, le pouvoir royal aurait dû rester complètement étranger. Toutes les fois qu'ils entendaient débattrerdans les cours seigneuriales une cause qui paraissait intéresser l'autorité du roi, ils déclaraient la cause cas royal et en attiraient le jugement à leurs cours. Et quand ils avaient pu faire reconnaître la juridiction royale dans un cas particulier, c'était un précédent à Taide duquel ils érigeaient leurs prétentions en
droits. Gequtfit jouer aux cas royaux un
rôle si important, c'est quMls se confondaient avec les droits dont ils n'étaient que l'expression. Un droit est quelque oiose d'abstrait qui ne ^t se manifester que par son exeveiee et sa pratique. Or les cas royaux étaient les droits de la royauté mis en action et réalisés dans la pratique. Ainsi on
Keut dire que les cas royaux étaient à I fois effet et cause. Ils existaient en vertu de droits qu'ils créaient en fait , en leur donnant une existence active.
Tout ce que nous avons dit suffit pour faire apprécier l'importanoe bistorique des cas ro^ux. liais nous ne les avons envisagés que d'un [>oint de vue général. Il resterait maintenant à les montrer en action dans l'bistoire, à les prendre à leur origine, en suivant d'époque en époque leur développement , en indiquant tout ce qui vint contrarier ou accélérer leur marche. 11 faudrait en même temps montrer le développement simultané, dans les faits et dans la doctrine , du principe même sur lequel ils étaient fondés ; développement qu'on peut suivre à la trace dans les cbroniques, dans les ordonnances, et surtout dans les écrits des jurisconsultes.
Malgré l'intérêt, ou pour mieux dire à cause de l'intérêt de cette question, nous ne la traiterons pas ici ; comme nous le disions plus naut , ce serait Aire Thistoire même de la royauté,
3ui sera traitée ailleurs avec plus 'ensemble. Quant aux faits particuliers oui sembleraient devoir rentrer dans la spécialité de cet article, nous leur trouverons aussi an cadre plus large, qui nous permettra de les niire marcher de front avec d'autres faits non moins intéressants, qui, eux aussi, ont contribué plus ou moins activement au même résultat. Tout ce que nous pourrions dire des cas royaux se rattache trop intimement à l'histoire du droit de justice en France, pour que nous ne réservions pas , pour ce sujet,
fuelques fiiits et quelques documents istoriques. ( Voyez MwacM Bccts* sT\sTiQUE, Justice kotaLB, Jos»
TICS SfilGRBUJiXAUt.)
386 CAS L'UIOVËRS. CAS
CassIOKe. Voyez Lacàssàgne.
Cassagne (Loûis-Victorin , baron), né en 1 774, (it les premières campagnes delà révolution, et passa, en 1796, à Tannée d'Italie. Il y uit blessé deux fols, etse fitsouvent remarquer à latéted'on corps d'éclaireurs. Il suivit, en 1798, le général Bonaparte dans son expédition d'Égypte. Arrivé devant Saint- Jean d'Acre, il reçut l'ordre de s'emparer d'une redoute ennemie , l'attaqua, soutint un combat des plus meurtriers, et reçut cinq coups de poignard, dont un à la poitrine. Il fut oncore blessé à la bataifîe de Canope, an moment où il pénétrait dans le camp des Anglais, et revînt en France avec le grade de colonel, après la capitulation d'Alexandrie. Il se couvrit de gloire à la bataille dléna, et fut créé successivement général de brigade et baron de l'empire. Cassagnefut envoyé ensuite à Tarmee d'Espagne , fut blessé à Jaen., et soutint partout avec distinction la gloire des armées françaises. Rappelé en 1812, il fut employé à la grande armée en Allemagne, et combattit vaillamment comme général de division à la bataille de Dresde. Lors de la capitulaliion de cette ville, il fut fait prisonnier, et envoyé en Hongrie, où il resta jusqu'à la restauration.
A son retour en France, il fut employé pendant quelque temps, puis il fut mis en non activité, et ne fut rétabli qu'en 1818 sur le cadre des officiers généraux disponibles, où il figure encore aujourd'mii.
CASSAQiN£s ou Cassaigues (Jacq.) naquit à Ntmes, le 1*' août 1636. Il embrassa l'état ecclésiastique, et prit à Paris le bonnet de docteur en théologie. Quelques poésies fugitives, des odes et des poèmes , le firent recevoir à l'Académie française en 1662. On prétend que Cassagnes, qui avait de grandes prétentions comme prédicateur, fut tellement affecté des vers satiriques de Boileau, qu'il en perdit la raison. Ce qui est certain , c'est qu'on fut obligé de l'enfermer à Saint- Lazare, où il mourut, le 19 mai 1G79.
Sa vaste érudition l'avait fait choisir par Colbert pour être un des quatre
premiers membres delà petite académie qui devint bientôt l'Académie des inscriptions et belles-lettres. On a de Cassagnes , outre la préface des œuvres de Balzac, édition de 1665, la Rhétorique de Cicéroiiy Paris, 1673 , in-8° ; et \ Histoire de la guerre des Homains, traduction de Saliuste, Paris, 1675, in-8^
Cassais (Armand) s'est £Eiit connaître pai' une traduction estimée des Lettres de Marc-Aurèle et de Fronton, par une bonne statistique de l'arrondissement de Mantes, 1833, in-8% et par un mémoire sur les antiquités gauloises et gallo-romaines du même arrondissement, 1835, in-S". Après avoir été, pendant la révolution de juillet, aide de camp du générai la Fayette, il fut nommé sous - préfet de rarrondissement de liantes. Il est mort dans cette ville il y a quelques années,
Cassan (Jacques), avorat du roi et conseiller au siège présidial de Béziers, a publié les ouvrages suivants : 1« Les dyyiasties , ou Traité des anciens rois des Gaules et des Français, depuis Gomer, premier roi de France , Jusqu'à Pharamondj Taris, 1626, in-8°.
Le titre seul prouve mie l'auteur a développé toutes les traditions fabuleuses sur le commencement de notre monarchie. '2^* lîecherc/ifs sur les droits des rois de France sur les royaumes, duchés, comtés, villes et pays occupés parles princes étranger s, Paris, 1(532, in-4°. Ce livre soulcNa de iotimies diseussions en Europe , car Cassan y étend les prétentions de la l'rance sur tonte l'Europe méridionale , depuis la Hollande et l'Allemagne jusqu'à Naples et Majorque. 3" Panégyrique, ou Discours sur F antiquité et excellence du Languedoc, lieziers, 1617, in-8*.
Gassandbe (FrançO, écrivain français, mort en 1695, est adteur d'une traduction de la Rliétorique dArîS" tote, qui a été très-estimée, et a eu de nombreuses éditions, tant en France au'en Hollande. La |)remière est celle de Paris, 1654. La dernière, et Tune des meilleures, est celle de la Haye, 1718. Ou u encore de François Cas-
sandre, dont Boileau faisait un cas purticuUer, des Parallêlet kMoriques, Paris, 1680, în-lS.
Cassandria ou CATZA.ND (prlse de Yiie de). — Après la prise de IXieu-
{)ort par l'armée du INord (28 juiiet 1794), le siège de l'Écluse fut ré» flolu. Cette op&ation présentait de • grands obstacles , dont le principal était de s'emparer de l'iie de Cassandria. On ne pouvait y aborder que par Que digue étroite inondée de tous cdtés, et défendue par une batterie de quatorze pièces de canon. Moreau n'avait • point de pontons; mais l'audace des soldats français y suppléa. Tandis que sous le feu des batteries Quelques militaires se jettent dans oes batelets, dont ils forment les cordaiies en liant les uns aux autres leurs cravates et leurs mouchoirs , d'autres se précipitent à la nage au milieu d'un courant rapide. A la vue d'une telle intrépidité, les Hollandais prennent la fuite; les canonniers français retrouvent au delà des eaux de nouvelles batteries, et les tournent contre les fuyards. La possession de cette île coupait toute retraite à la î^arnison de TEcluse, interceptait la navij;ation de l'Escaut, et menaçait la Zélande d'une prochaine invasion. Âu moment de ce passade audacieux, le général Moreau aperçoit un petit bateau emporté par le courant et sur le point d'être submergé; il se jette à la nage, et sauve un capitaine de canonniers. Parmi tant de braves, l'histoire réclame le nom du caporal Bonnal, qui se jeta le premier dans le canal, le passa en nageant, et électrisa ses camarades par son intrépidité.-
Cassano (batailles de). — (16 août 1705.) Victor-Amédée , duc de Savoie, après avoir d'abord reconnu Philippe V à son avènement, avait quitté, trois ans après, l'alliance de Louis XIV pour celle de l'Empereur. Les troupes françaises occupèrent alors ses États. Assiégé dans Turin, en 1705, il n'avait plus d'espoir que dans sa jonction avec l'armée de l'Elmpereur. Le prince Eugène qui la commandait, venant de remporter quelques avantages, téaohil
de passer l'Adda, nonobstant la présenee du duc de Vendôme et du graid prieur» qui étaient tous deux aux environs pour l'observer. Une première
tentative ayant échoué, il marcha vers Treviglio et Cassano, dans l'espoir de prévenir l'armée française. Mais le due de Vendôme fit une marche forcée et le trouva encore à l'autre bord. Le prince Eugène attaqua sans balancer, et avec tant de violence, que ses troupes gagnèrent le pont du canal Retorta , et poussèrent les Fïrançaîs dans Teau.
Ceux-ci étant revenus à la charge, obligèrent l'ennemi de repasser le pont; mais ils furent repousses de nouveau par la droite de rarmée impériale, malgré les efforts du duc de Vendôme , qui se mit deux fois à la tête des siens pour les ramener au combat. L'attaque ne lut pas moins rude d'abord à la gauche des Impériaux; plusieurs bataillons français furent renversés. Mais n'ayant pu soutenir leur première attaque, les ennemis, après avoir passé un canal, où leurs armes à feu s^étaient mouillées , furent repoussés des bords d'un autre canal , qu'ils ne purent traverser, et où se noyèrent même un ^rand nombre de soldats. Lugène, qui se trouvait toujours au plus fort du feu pour am'mer les troupes, leur ordonna alors de s'arrêter, et resta sur le champ de bataille pendant plus de trois heures,
âuoique les Français tissent de la téte e leur pont et du château de Cassano un feu-extraordinaire de canon et de mousqueterie.
L'action, qui avait commencé à une heure après midi, ne Unit qu'à cinq heures au soir. Les ennemis se retirèrent à Treviglio avec quatre mille trois cent quarante-sept blessés, abandonnant sur le champ de bataille six mille cinq cent quatre-vingt-quatre morts. On fit près de deux mille prisonniers le jour du combat, ou le lendemain n)atin, parce qu'on en trouva plusieurs que leurs blessures avaient empêchés de suivre leur armée. On prit sept pièces de canon , sept dra- • peaux et deux étendards. Parmi les Dlessés étaient le prince Joseph de
îiOrraine, le prince de Wurtemberg, Ipii fluoiirmrent de lears blesnms, ètie {nrince Eugène , qui ftit atteint à la
gorge et à la jambe.
Le gain de la bataille de Cassano rompit toutes les mesures que le prince Eugène avait prises pour pénétrer en Piémont et secourir le duc de Savoie, et le duc de Rerwick ()ta à ce dernier la seule espérance qui lui restait, en s'emparant du château de Nice. Ce fut la fin de la campagne.
— En 1799, le généra) Sdi^rer, oom* mandant Tarmée d'Italie, venait d'éprouver de nombreux échecs qui l'avaient tendu impopulaire. Comprenant qu'il fallait relever le moral de ses troupes déeonrâgées, il abandonna le commandement au général Moreau.
Celui-ci se détermina à défendre le passage de TAdda. L'armée ennemie , composée de troupes fraîches et de beanccmpi lupériaire en nombre, s'a^ vançait flUKis le commandement de Snwarow, qui , déjà précédé d'une grande renommée, allait pour la première fois se mesurer contre les Français.
En arrivant sur VAéûA « le 85 avril ,
Suwarow disposa son armée sur trois colonnes correspondantes aux points de défense des Frani^is. Celle de droite se porta sur la peinte du lae de Côme et sur Lecco ; celle de gauche oampa en face de la tête du pont de Cassano, que IVloreau avait fortilire et garnie d'artillerie, tandis que le centre bivouaquait «fur les boitis de l'Adda. Le 26avril, lesRusses attaquèrent te poste de Lecco, en deçà du lac de Côme, et poussèrent jusqu'au pont de Lodi. A la nuit, Wustassowich parvint à rétablir, sans être aperçu, le pont de Brivio , et prit poste sur la rive opposée avec quatre bataillons , deux escadrons et quatre pièces de canon. D'un autre côte, les divisions du centre arrivèrent en face de Trezzo, oft le marquis de Chateier fit aussi pendant la nuit jeter un pont dans la partie de l'Adda, où Tescarpenient des rives et la violence du courant semblaient offrir le plus de difticultés. Lorsque ce pont fut achevé, è Sis heures da mabn, les postes
français furent surpris, délogés de Jrezzo, et poundivts jusqu'à Ponou Moreau chargea la division Grenier de les soutenir et de rétablir la communication avec la gauche. Alors s'engagea une action des plus vives , que les renforts arrivant de part et d'autre rendirent encore pins longue et plus acharnée. Enfin les Français désespé-' rant de forcer des bataillons qui se grossissaient ou se renouvelaient sans cesse, se replièrent sur Milan. Pendant ce temps , Sermrier ayant abandonné le lac de Côme, se trouva assailli de front par W uskassowich , et attaqué en queue par les Russes qui avaient passé le pont de Lecco. Dans cette situation désespérée, n^ayant plus aucun espoir d'être dégagé, il se défendit vaillamment, mais fut enfin forcé de mettre bas les armes avec les débris de sa division. De son côté. Mêlas força le passage du pont de Cassano. Ainsi rennemi était maître du oours de l'Adda; et les Français, après avoir perdu dans cette funeste journée cinq a six mille hommes, n'eurent plus qu'à évacuer le Milanais.
Cassanyés (J.), membre de la Convention nationale , y vota la mort de Louis XVI , fut envoyé à l'armée des Pyrénées-Orientales et reçut une blessure à raffaire de Payres. Il remplit également les fonctions de commissaire de la Convention près de rarn)ée d'Italie, passa au Conseil des Cinq-Cents, et en sortit en 1797.
Gassabd (capitaine de vaisseau) , né à Nantes en 167S« commença ses services sur un corsaire de Saint-Malo. En 1G97, il partit pour Carthagèneavec Pointis, qui, dans son rapport, lit de kii le plus grand éloge. Chargé easnite du commandement d*un vaisseau équipé pour la course par les armateurs de Nantes, il fit des prises considérables. Louis XIV voulut le voir, le com- ^imenta, lui donna nne gratification de deux mille livres , et le nomma lieutenant de frégate, ('assard partit aussitôt, prit le commandement de la corvette le Jersey, et délivra la Manche des corsaires anglais qui Tinfestaient.
Ayant reneentté, an moi» de se^em»
bre 1708, près des Sorilugues, un oonYoi anglaisde trente-ci nq bâtiments, escorté par un vaisseau de guerre, il
se mit en devoir d'attaquer, bien qu'il n eut avec lui qu'une Irégate et deux corvettes. Mais le vaisseau enoeuii prit la fiiite en abandonnant son convoi.
Cassard en amarina cinq des plus richement chargés, qu'il conduisit à Saint- Malo. Il y ragréa sa frégate, retourna dans la Maucbe, et prit encore iiuit bâtiments richement chargés.
Chargé, lors de la disette de 1709, d'aller au-devant d'une flotte de vingtsix navires qui apportaient des blés à Marseille, il lit armer à ses frais deux vaisseaux de l*Ëtat. Les armateurs de vingt-cinq autres bâtiments qui se rendaient dans le Levant , le prièrent de les convoyer, et comme il leur conseillait d'attendre uue escorte plus forte, jis lui dirent : Nw vaisseaux seront en sûreté lorsque M* Cassard les escortera. Après les avoir fait accompagner par le Sérieux, il ramenait avec i'Édatant la flotte chargée de blé, lors-^^ ^u*uileèscadré decinq vaisseauxanglais le rencontre, Fentoure et l'attaque.
Malgré l'infériorité du nombre, Cassard les maltraite, les bat et les fait fuir. Pendant cette action, qui dura fort longtemps, le convoi avait eu le temps de se mettre en sûreté. Obligé de passer la nuit sur le lieu du combat pour se ragréer, Cassard fut encore attaqué le lendemain , au jour, par deux des vaisseaux ^ui avaietot fîii la veille. Mais bientôt le plus fort coula bas, et l'autre fut force de s'éloigner en trèsmauvais état. Revenant ensuite à Toulon , Cassard y ramena encore plusieurs bâtiments anglais. Mais, le croiraiton? lorsqu'il se rendit de là à Marseille pour réclamer le remboursement de ses avances, les magistrats rejetèrent sa demande, sous le prétexte qu'il n'avait pas lui-même ramené le convoi.
Il n*en fut pas moins nommé capitaine de frégate, après plusieurs nouvelles courses où il se montra toujours le même.
La disette s'étant fait sentir de nouveau en 1711, on se souvint de.
Cassard; on le chargea d'acheter des
CAS 989
blés à Constantinople , et quelque temps après , il ramena un convoi qai rendit l'abondance au pajfï. ïl était à Aix en
1712, pour son procès contre les magistrats (le Marseille, quand il reçut ordre d'aller attaquer les Portugais dans leurs colonies. Gè fut pour lui une nouvelle occasion d*acauérir de la gloire. Il avait rapporté à la Martinique pour plusieurs millions de dépouilles, et y attendait la guérison de ses blessures, quand arriva de France une escadre a laquelle il eut ordre de réunir ses vaisseaux. Il fallut obéir. Après une traversée de quelques jours, on rencontra une escadre anglaise. Cassard demanda aussitôt Tordre d'attaquer; mais le commandant, auquel ses instructions défendaient d'engager aucune action, parce qu'on négociait alors la paix, répondit par un refus. Cassard attribuant cette réponse à la pusillanimité, justement irrité d'ailleurs de sa destitution, s'écria : «Partout où je trouve les ennemis de mon maître, mon devoir est plus fort que des ordres dictés par la lâcheté; » puis, donnant le signal aux vaisseaux de son escadre, il attaque les Anglais, les disperse et leur prend deux vaisseaux. En arrivant à Toulon, il apprit que le roi l'avait nommé capitaine de vaisseau. La paii d'Utrecbt le rendit alors à un repos dont son activité ne s'accommoaait guère. Au lieu de mendier des pensions, des honneurs cependant Lien mérités, Cassard ne parut à la cour que pour réclamer obstinément les sommes que lui devait le commerce de Marseille. Mais le brave marin était un courtisan malhabile; aussi assiégea-t-iî en vain les antichambres, et la misère devint sa seule récompense. Un jour que Duguay-Trouin , plus heureux que lui, se promenait dans la galerie de Versailles avec quelques seigneurs, il aperçut dans un coin un nomme à l'extérieur misérable, à la mine triste et rêveuse. Aussitôt il courut à lui, l'embrassa, et l'entretint longtemps.
Les courtisans étonnés lui demandant qui était cet homme : Cet homme ^ ré> pondit rillustre marin, c*est le plus ^and homme de mer que la Framce
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L'UNIVERS
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ait à présent: c'est Cassard. Je donnerais toutes les actions de ma vie pour une des siennes. Il n'est pas connu ici, mais Û est redouté chez l'ennemi: avec un seul vaisseau, U ferait plus quhm autre avec une escadre entière. Coitiment nrrivn-t-il qu'un tel homme mourut, en 1740, enfermé au fort de Ham , après y avoir bngui une viniitaine d*années? G*est.
3ue sans cesse rebuté dans ses justes emandes, il avait osé céder à son indignation, et proférer quelques paroles indiso^tes contrôle cardinal deFleury.
I9*était-ce pas assez pour impatienter Son Excellence, et faire oublier tous les services de cet homme?
Cassas (Louis-François), néà Azayle-Féronen 1756, peintre et architecte, voyagea longtemps en Asie Mineure, en Syrie, en Palestine, en Grèce, en Sicile, et dans le royaume de JNaples.
Il iit un grand nombre de dessins des monuments antiques de ces contrées, et publia trente livraisons de planches sur ces divers pays. Cet artiste avait formé une collection en relief de ces divers monuments, qui furent exécutés SOUS ses yeux , en terre cuite ou en liège. Cette collection , acquise par l'empereur, est maintenant placée à l'Ecole des beaux-arts , avec celle de M. Dufourny. Cassas a publié: / oyage pittoresque de ta Syrie et de la Phi" nicie, 1799, 8 vol. in-fol., trente livraisons seulement ont paru ; royage pittoresque de la Si/riCy de la Palestine et de la basse J£(jijpte, 1 vol. in-fol. ; Grandes vues pittoresques des principaux sites et m on uments de la Grèce, de la Sicile et des sept collines de Aome, 1813, 1 vol. in-fol. Cet artiste avait été nommé en 1815 inspecteur de la manufacture des Gobelins. U mourut à Versailles, le V novembre 1827.
Cassel, ville du département du Nord, arrondissement d'IIazebrouck , dont elle est éloignée de quatorze kil. On ne peut guère assigner une époque précise à sa fondation ; mais il paraît a peu près certain qu'elle était la capitale des Morini lors des guerres de Jules César dans les Gaules, et qu'alors elle était déjà assez peuplée. Elle fut
saccagée plusieurs fois , entre autres, en 396 , par des brigands , qui avaient leur retraite dans les marais environnants , et en 928 , par Slfride , roi de Danemark , qui détruisit ses fortifications. INlais Arnould le Grand, comte (le Flandre, la releva quelque tempsaprès. Elle fut prise par Philippe- Auguste en T21S; en 1311, elle fut iconsumée par un violent incendie. Philippe le Bel y entra, en 1328, après avoir remporté sur les Flamands une sanglante victoire, et y mit tout à feu et à sang. Les Anglais s*en emparèrent sous le règne de Charles VI ; mais bientôt après elle leur fut reprise par Clisson , qui en permit le pillage à ses troupes. En 1477, Louis XI, irrité contre les Flamands , qui avaient fait pendre ses espions à Bruges, se jeta sur Cassel, la pilla, et fit mettre le feu à tous les édifices. Retombée encore au pouvoir des Français en 1658, cette ville fut définitivement cédée à la France par le traité de Nimègue, en 1678.
Trois batailles remarquables se sont livrées auprès de Cassel. (Yoy. l'article suivant.)
Cette ville, qui a été jadis une des plus fortes places des Pays-Bas, est, depuis le siècle dernier, démantelée et ouverte de toutes parts. Son vieux château, qu on regardait comme imprenable , a été détruit, ainsi que sa belle tour, nommée la tour Grise, qui longtemps a servi de phare. On a, de la terrassa de ce château , l'une des plus belles vues de l'Europe. On aperçoit jusqu'à trente-deux villes à la ronde, cent bourgs, les cdtes de la mer du Mord, et avec une lunette on peut, par un temps serein , découvrir les vaisseaux dans la rade de Douvres.
Cassel est bâtie au somm'et d*une montagne conique , isolée au milieu d'une vaste et riche plaine. Parmi les édifices publics, on remarque l'église paroissiale, construite en 1290; le maître-autel est en marbre, et décoré d'une statue de la Vierge qui jouit d'une grande réputation dans le pays.
La tour renferme l'horloge de l'ancienne cathédrale de Thérouanne et un beau carillon. Derrière cette église
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se voient encore les restes du couvent et du collège des jésuites. Sur la grande place est un bâtiment de construction espagnole qui servait autrefois de maison de ville. Des six portes fortifiées qui servaient d'entrée à C.issei, il en subsiste encore trois dont la maçonnerie est très-bien conservée : ce sont celles dTpres^ d*Aire et de Bergues ; les deux (lernières passent pour être l'ouvrage des Romains.
Cassel était autrefois le chef-lieu d*une châtellenie et d*une subdélégation; on y comptait deux paroisses et trois cent vingt-deux feux. Sa population actuelle est de quatre mille deux cent trente-quatre habitants.
Cassel (batailles de). Robert le Frison ayant nstirpé, en 1070, le comté de Flandre sur son neveu, Philippe 1 " essaya de prendre la défense de Torphelin. Suivi d'une foule déjeunes seigneurs parés comme pour un tournoi , il se-laissa imprudemment attirer dans un pays inconnu, coupé de canaux et de fossés. Tout à coup il fut attaqué par Robert , près de Cassel , le 20 fé- .vrier 1071. La déroute fut complète.
Le jeune comte de Flandre, Amolphe, et Fitz-Osberne , couverneur anglais delalNormandie, restèrent sur le champ de bataille ; Philippe lui-même fut forcé de prendre honteusement la fuîte.
— Le comte de Flandre étant venu invoquer contre ses sujets rebelles l'assistance de Philippe de Valois , ce prince, heureux d'inaugurer son règne par une bonne guerre contre d*or^ gueilleux bourgeois» oonvoqua une armée magnifique, avec laquelle il marcha vers Cassel. Les Flamands s'étaient campés et retranchés sur une hautenr hors de la Tille. Us avaient insolemment arboré un drapeau , oà était peint un coq avec ces mots :
Quand ce coq cbanté aura , ht roi CaiMl conquéren.
CepondantlesFrançais restaient dans
leurs lignes, ou se contentaient de ravager les campagnes et d'incendier les villages. L'impatience prit alors aux Flamands : le 23 août 1338, à Theure où les seigneurs français dînaient oo
T, ly; 10* lÀvraUon, (Dict. ekc
dormaient sans songer à l'ennemi , ils fondirent sur le camp, firent main basse sur tout ce qu'ils rencontrèrent, et percèrent jusqu'à la tente de Philippe. Là , comme à !\ïons-en-Puelle , le roi faillit être surpris. Cependant la bataille se rétablit bientôt; et, enveloppés de toutes parts, ces- bourgeois, dont la plupart avaient endossé de lourdes al-mures, furent jetés à terre et taillés en pièces, nu nombre de treize mille. Cassel fut prise , rasée et réduite en cendres.
— 1677. Le prince d*Orange, venant au secours de Saint-Omer învesli par Monsieur et par le maréchal d*Huniières , était à Cassel quand Monsieur quitta ses lignes pout aller au*devant de lui. Le duc de Luxembourg, que IvOuis XïV avait envoyé à son rrère, attaqua si brusquement les ennemis qu'ils se débandèrent dans le plus grand désordre, laissant quatre mille morts et trois mille prisonniers (11 ' avril 1C77). On prétend que le roi fut jaloux de la valeur que Monsieur, échappant à ses lisièjes, avait montrée dans cette action , et que ce fut la cause pour laquelle il ne lui donna plus, depuis, aucun commandement.
Cassel (monnaie de). — M. Combrouse, dans son catalogue. des monnaies nationales de France, attribue à Cassel un denier de Charles II, sur lequel on lit, d'un côté, entre grenetis, et autour d'une croix à branches égales la légende : casselloav; et au revers , avec la légende ordinaire gba- TiA Di REX , le monogramme de Charles. Cette attribution nous paraît fort douteuse, quoique l'auteur Fait em* pruntée au savant Lelewel.
Cassbl bn Hbssb (siège de).— Dans la guerre de sept ans , les Fran* rais avaient pris Cassel en Hesse. Le riuc Ferdinand de Brunswick résolut, en 1762, de la leur reprendre. Profitant de rinaction du maréchal de Soubise, qui, avec. son armée de cent mille hommes, le regardait faire tranquillement, il ouvrit la tranchée le 15 octobre, et, le 7 novembre, la ville capitula. Soubise allait être chassé de la Hesse, quand on apprît la con^.
:lop., etc.} '16
•cas:
oHisioii des préKmlnairM de la paix.
C A SSBL (Guillaume), pi^otesseur de chant au conservatoire de musique de Bruxelles, naquit à Lyon le 12 octobre 1792. Ëntrainé par un penchant irrésistible rers Tétude delà mnsique, il entra au conservatoire de Paris, et y suivit les cours de Garât et de ïalnia, pour le chant et la déclamation. De 1814 à 1827, il fut attaché à divers th^tres de France , et , en dernier lieu^ à rOpéra-Comique de Paris. £a 1837, il se retira en Belgique, chanta au grand théâtre de Bruxelles, et fut nommé, en 1833, professeur de chant au conservatoire de cette ville. Sa méthode est celle de Garât ; madame Dorus-Gras doit être citée parmi les élèves qu il a formés en France. On lui doit plusieurs morceaux de musique religieuse.
CAssENBun. , CatsinogUtmy petite
ville de Guyenne (département de Lotet-Garonne), où naquit, suivant la tradition, Louis le Débonnaire. La po-
Sulation de cçtte ville est aujourd'hui e 1964 liabitants.
Cassien (Jean) naquit vers l'an 350. Quelques-uns lui donnent pour
Î>atrie une ville grecque des bords de a mer !Noire; a autres pensent quMl reçut le jour à. Marseille, où il écrivit tous ses ouvrages, et où il mourut après avoir fonde la célèbre abb^iye de Saint-Victor. Les voyages aux lieux saints étaient , à cette époque de ferr veur religieuse, un épisode nécessaire dans la vie de tout homme prenant part nu mouvement intellectuel. Cassien, jeune encore, fut saisi du désir de visiter les solitudes de TOrient. Il se rendit d*abord à Bethléem , où il resta peu de temps ; puis il partit pour les déserts de la Thébaïde , berceau du cénobitisme ciiretien. Il était accom|>a£;né, dans son pèlerinage, par son ami Germain, qu'on présume avoir été un jeune Gaulois. Tous deux, à la prière des solitaires de Bethléem, qui craignaient que ces ames ardentes, séduites par la vie du désert, ne la préférassent aux combats de ta foi active et militante , s'engagèrent par serment, 4an8 la grotte du Christ, à revenir en
Palestine. Us s^avan'cèrent de solitude
en solitude, la besace sur le dos, le bourdon à la main, cherchant dniis rit|zypte chrétienne les enseignements de là sagesse nouvelle. Accueillis avec cordialité par les anachorètes, initiés par eux aux saintes obscurités du christianisme, ils s'oubliaient au milieu des sévères séductions de la vie cénobitiaue , quand le serment qu'ils avaient . fait leur revint à la mémoire. Ils s'arnehèrent donc au désert , et repartirent pour Bethléem. Bientôt après, Cassien se fit autoriser par les Pères de cette ville à retourner en Egypte. 11 y demeura dix ans ; mais la supériorité de son intelligence ne permit pas qu*onl'y oubliât, comme il le désirait. Vers 401, il fut envoyé à Rome, et chargé, parles orthodoxes de Constantinople, d'une mission au sujet de la lutte contre les ariens. Peu de temps après, il alla se fixer à Marseille , et se mit à travailler à deux ouvrages ; l'un , intitulé : Institution des monastères; l'autre: Collations ou Dialogues, Ces deux ou* yrages forment ce qu*on peut appeler le code des institutions monastiques.
Ils furent d'abord Punique base de la législation des cloîtres, ils contiennent tout un système de morale, et les récits légendaires qui sV trouvent mêlés en grand nombre, en Font im tableau animé et curieux de la vie religieuse de l'époque. Cassien ne donna point dans les excès de zèle qui égarèrent quelquesuns de ses contemporains^ Ses éorits ,
?' |ui ont fourni quelques traits à Dante, ureiit la lecture préférée de saint Thomas d'Aquin. Les solitaires de Port- Boval professaient pour lui un culte Spécial , et c'est dans ses livres quMIs allaient clierclieK les règles de la vie monastique. Arnaud d'Andilly lui a emprunté presque tous les matériaux de son ouvrage intitulé, la Pie des Pères du déserti
Cassini , nom d'une famille originaire du comté de Nice, naturalisée en France sous le règne de Louis XIV, et dont chaque génération a fourni depuis , à l'Académie des sciences , Tun des membres les plus distingués de eette société.
' kàÉ FRANCE. CAS S43
Jean- Dominique Câssini , né à dène, 1653 , in-folio de 29 pages : c'est
Perinaido , dans le comté de Nice , en son premier ouvrage ; Operd astro-
1625, était professeur d*astronoinie à ncmleaf Rome, 1666, in-folio. On y
Bologne , et s'était déjà rendu célèbre trouve tous les Opuscules qu'il avait
)ar oes ouvrages du plus haut mérite, publiés jusqu'alors. Il a laissé en ma-
orsqu'il fut appelé en France par Col- nuscrit une Cosmographie en vers
}ert, en 1668. On eut beaucoup de italiens.
peine à l'enlever è l'Italie; ce fut Tob- Jacques Cassini, son fils, né à
jet d'une négociation. Enfin on l'obtint, Paris en 1677, fut reçu membre de
mais seulement pour quelques années. l'Académie des sciences en 1694, et de
Il vint à Paris , et fut reçu à l'Acadé- la Société royale de Londres en 1690.
mie des sciences en 1669.* Le terme de Le recueil de l'Académie des sciences
ton séjour expiré, l'Italie le réclama, renferme de lui plusieurs mémoires
et lui-même ne songeait point à rester importants ; mais il est principalement
en France; mais Colbert pnrvint, non connu par ses travaux relatifs à la dé-
sans peine, à lui faire accepter, en teriiiination de la figure de la terre.
1673, des lettres de naturalisation. Après avoir prolonge avec sou père,
Cassini fit, dans sa nouvelle patrie, én 1701, jusqu'au âuigou, la mesure
en 1684, la découverte des quatre sa* du méridien de Paris, et en avoir exé-
tellites de Saturne; ce qui en donna cuté , en 1718, la partie septentrionale
cinq à celte planète, au lieu d'un seul jusqu'à Dunkerque, il publia, en 1720,
Îue Iluygens avait d'abord aperçu, son \ivre De la grandeur el de lajîgure .'année précédente , il avait découvert de la terre, Paris , in*4*. Jaçaues Cas* la lumière zodiacale; il en fit connaître sini mourut dans sa terre ne Thury la forme avec exactitude; et, d'après en 1756. Outre les ouvrages que nous la position de cette lumière relative- avons cités, on a de lui des Éléments ment à l'écliptique, il détermina les d'astronomie^ Paris, 1740, in-4<', en- Circonstances où elle devait s'observer trepris sur la demande du duc de Bourle plus exactement. Après plusieurs gogne,ettraduits en latin parle P. HetI, autres belles découvertes , Cassini alla , professeur à Vienne , et des Tables asen H)95, revoir une méridienne qu'il tronomiques du soleil j de la lunCy des avait tracée à Bologne; à son retour, planètes, des étoiles et des satellites^ il continua celle qui avait été com- Paris, 1740, in-4". tnencée en 1660 pi r Picard , continuée César'FYançols Cassini deThury, en 1683. au nord de Paris, par Lahire, son fils, né en'l714 , n'avait pas viniztet qui fut enfin poussée par lui, en deux ans quand il fut reçu à l'Acadé- 1700, jusqu'à l'extrémité au Koussil- mie des sciences comme adjoint surlon: c'est cette même ligne qui fut numéraire. Les recueils de cette société mesurée de nouveau, quarante ans contiennent beaucoup de mémoires de après, par François Cassini et h Caille, lui; mais un grand ouvrage qui porte et, cent ans après, [)ar ^lechain et le nom de sa famille fut surtout l'objet Delambre, avec une précision qui ne de ses soins. On avait formé le projet laisse plus rien à désirer. Cassini mou- de Êiîre une description géométrique rut en 1712 ; il avait perdu la vue dans de la France : le jeune Cassini conçut fees dernières années. Sa vie, écrite le plan plus étendu de lever le pfan par lui-même, a été publiée par Cas- topographique du pays entier, et sini deïhury, son arrière-petit-fils, de déterminer par ce moyen la disdans ses Mémoires pour servir à Vhis- . fance de tous les lieux à la méridienne toire des sciences, 1810, în-4«. On de Paris et à la perpendiculaire de peut voir dans L^hnde (Bibliothèque cette méridienne. Jamais on n'avait astronomique) le détail des nombreux formé en géographie ime entreprise ouvrages de J.-D. Cassini; nous ne plus vaste et d une utilité plus géné^ .citerons que les suivants : ObservaHo» raie. Cassini eut la consolation de la fi€$comàœ, arnio 166S et 58, Mo- voir {mque entièrement achevée, et
rUNIVERS.
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la gloire cVen avoir lui-même assuré le guccès. Il mourut en 1784. Parmi les ouvrages de Cassini de Thury, nous citerons : Relations de deux voyages faits en 1761 e$ 1762 en^Uemagne, *pour déterminer la grandeur des de" grrs de /ougif nde , par rapport à la géographie et à l'astronomie y 1762, in-4"; Opuscules divers, 1771, in-8°, contenaiit4in almanach perpétuel , une table pour les étoiles, et deux lettres; Description d'un instrument pour prendre hauteur et pour trouver C heure vraie sans aucun calcul, 1770, in-4*; DescrijHion géométrique de la terre, 1775, iii ^**; Description géO' métrique de la France, 1784, in-4".
Jacques- Dominique , comte de Càs- SiNi, son iils, né à Paris ie 30 juin 1748, lui suceéda dans la place de dl-' Tecteur de l'Observatoire. Ce fut lui qui termina la belle carte de France, commencée par son père. Celte carte, connue sous le nom de Carte de V Académie et de Carte de Cassini^ a trente* trois pieds de hauteur sur trente-quatre de largeur; c'est Touvrage le plus beau et le plus complet qui existe dans ce genre. L'Assemblée nationale avant ordonné, en 1790, la division d« la France en départements , cette carte servit de type a ce travail , auquel Cassini lui-même eut une part importante.
Membre de l'ancienne Académie des sciences , il fit partie de l'Institut dès la formation de ce corps. Il a publié plusieurs ouvrages estimés , entre autres : Foyage fait par ordre du roi en 1768 et en 1769, pour éprouver les jnonires marines inventées par M. Leroy} yoijage en CaUfomie par M, Chappe cTJuteroche; de tinfluence de Vêquinoxe du printemps et du solstice d été sur les déclinaisons et les variations de l'aiguille aimaniée ; Exposé des opérations faites en Framce en 1787 , pour la Jonction des observations de Paris et de Green* wich. ^
Mexandre-Henri-Gahricl, v icom te de Gassiui , son fils , né à Paris en 1781, entra dans la carrière judiciaire
en J811, comme metnbre du tribunal première instance de la Seine, Vi U\
successivement vice -président de ce tribunal , conseiller et président à la cour royale de Paris , député de l'arrondissêment de Clermont (Oise), et pair de France. Il mourut du choléra en 1832. Il était, depuis 1827, membre de l'Institut ( Académie des sciences). Henri Cassini ne suivit pas la carrière où sa famille s'était illustrée; il ne se sentit jamais aucun goût pour letude de Tastronomie; mais il se livra avec un grnnd siifcès à celle des sciences naturelles et de la botanique. Cette dernière science surtout lui doit de précieuses découvertes.
Il a fourni au recueil de l'Académie des sciences et à plusieurs journaux scientiliques un grand nombre de mémoires; les plus importants ont été réunis et publiés par lui , sous le titre à'Opuscum phytologiques , Paris , 1826, 2 vol. ln-8^
Cassis, petite ville de l'ancienne Provence ( auiourd'hui du département des Bouches-du-Khône), à deux myriamètres et demi de Marseille, est mentionnée dans l'itinéraire d'Antonin , sous le nom de Carsicis portus. Cette ville était alors située au fond du golfe de TArène; elle fut détruite , en 573 , par les Lombards , et rebâtie, quelque temps après, par les anciens babitants, sur une éminence voisine; position qui fut encore . abandonnée, au commencement du treizième siècle, pour remplacement où se trouve la ville actuelle. Cassis possède aujourd'hui une population de deux mille cinquante habitunts. C'est la patrie de l'auteur Anacharsis. ■
Castagne (Raymond) , capitaine au 32*" régiment de ligne, né à Aibi, se signala, le 17 octobre 1806 , à la prise de Halle, où il arriva l'un des
8 rentiers sur ie pont , malgré le feu e rennemi. Son exemple entraîna ses camarades, qui firent des çrodiçes de valeur. Cet officier ayant pénétre dans la ville, s'empara, avec quinze hommes, de deux pièces de canon , après on combat des plus opiniâtres , et fit un grand nonrfve de prisonniers.
Castaigne ou Castagne (Gabriel
de} f religieux d§ l'ordrç de ^inW
CAS , FRAJNCE.
François, né dans le seizième siècle , s'adonna à l'étude de l'iiichimie , devint aumônier de Louis XIII, et mourut fers 1630. On a de lui : VOr potable qui guarit tous les maux.
Le grand miracle de nature métaUi', qiie. Le Paradis terrestre. Ses œuvres ont été recueillies en 1 seul volume et publiées à Paris, en 1661 , in^*.
Castaing, célèbre empoisonneur, né à Alençon en 1796, exécuté à Paris en 1823 , et dont le procès excita une grande curiosité , à cause de la publicité qai fut alon donnée pour la première rois aux propriétés (les poi* sons végétaux.
Ca stalion ( Sébastien ) , théologien calviniste, né en lôlô dans le Dauphiné, s'appelait Châteillon, nom qu'il crut devoir latiniser, suivant Tusage des érudits du temps. Il fut lié avec Calvin » qui le fit nommer professeur à Genève. Mais s'étant ensuite brouillé avec ce chef de secte, qui le fit destituer et bannir en 1544 , Castalion tomba dons la misère , et se vit réduit à cultiver de ses mains un modeste champ, qui ne lui laissait de libres pour rétude que quelques heures du jour. Il mourut delà peste à Bâie, en 1503. Son principal ouvrage est une traduction latine de la Bible, dont la première édition est de 1551 , et la plus estimée de 1573 (BâIe). On doit citer parmi ses antres écrits : MoscM latinus , Râle, ir>16, in-4'* , oii i! se déclare contre la peine de mort ; quelques poèmes ^recs et latins ; et une traduction latine d*Homère.
Castalla (bataille de). — Dans la nuit du 20 juillet 1812, le général espagnol Joseph O'Donnel , à la téte d'un corps d'armée de douze mille hommes, se mit en marche pour surprendre l'avant-garde de l'armée française d'Aragon , commandée par le général Delort. Cette avant-garde était cantonnée dans la petite ville de Castalla et dans les villages voisins d'Ibi et de fiiar. Au point du jour, l'aile gauche, le centre et l'infanterie de la reserve des Espagnols attaquèrent avec vivacité les postes français en avant de la ville, tandis queVaile droite commen*
çait une forte fusillade sur Ibi, et que huit escadrons de cavalerie se dirigeaient sur Biar. A la vue des troupes nombreuses qui venaient l'attaquer , le général Delort avait évacué la ville , bien qu'elle eût été mise à l'abri d'un coup de main, et, disputant le terrain pied à pied , il était allé 'prendre position un peu en arrière , sur des hauteurs. De la, son artillerie cherchait, innis en vain, à arrêter les colonnes ennemies , (iiii s'avançaient résolûment , et deja il était enveloppé par une multitude de tirailleurs. Sa situation devenait de plus en plus périlleuse, lorsque tout à coup le 24'' de dragons arriva de Biar. Ce mouvement, que les Espagnols n'avaient pas même songé à prévenir, les surprit et les déconcerta, tandis qu'il augmenta l'énergie des Français. Delort, mettant à profit, et l'ardeur des siens, et l'hésitation de l'ennemi, se décide sur lechamp à un grand effort offensif : il envoie aux dragons Tordre de charger au galop, et d'enlever deux pièces de canon établies par O'Donnell pour protéger le passage d'un ruisseau. Les dragons , dâlant on à un sur le pont étroit qui communique d'un bord à l'autre, exécutèrent cet ordre avec valeur. Non-seulement ils s'emparèrent des deux canons , mais , en un cl ia d'œilfles bataillons ennemis, qui se formaient en carrés pour les défendre, furent enfoncés, sabrés et anéantis. Toute l'infanterie espagnole fut ou taillée en pièces ou faite prisonnière. La réserve seule se sauva en désordre au milieu de Castalla ; elle y fut poursuivie dans les rues et exterminée. Déjà la déroute était complète au centre et à la gauche de l'ennemi ; bientôt le général Delort se ^ porta sur Taile droite , et força les troupes qui la composaient à mettre bas les armes. Les manœuvres de l'avant-garde française avaient été si rapides , qu*avant huit heures du matin le feu avait entièrement cessé. Deux pièces de canon attelées, et leurs caissons , seule artillerie des Espagnols, trois drapeaux, six mille fusils anglais , qu'on ramassa sur le champ
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L*UNIV£RS
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de bataille , deux mille huit cent trente-deux prisonniers, dont cent cinquante offlciers de tout ïrade , cinq cents morts et autant de hlesses , telles furent les pertes de l'ennemi dans la mémorable journée de Castalla. Les Français, 'qui, avec mille fantassins lit cinq cents chevaux , avaient défait un corps de plus de neuf mille hommes, n'eurent que quatorze morts, dont un seul officier, et cinquante-six blesses.
' GASTB&&IO. (Voyez Montebello [bataille de] ).
Casteill-Roussillon ou CrTA.- TEAL'-RoussiLLON , hameau situe sur une élévation dans la partie orientale de la plafne de RoussiAon, sur la rive droite du Tet, à une lieue ouest de la mer, et à une lieue est de Perpignan (département des Pyrénées - Orientales).
Ce hameau occupe remplacement
de l'ancienne Ruscino de Strabon , de Mêla, de Piine, dePtolpmée, et de l'itinéraire d'Antonin. Tite-Live nous apprend que ce fut à Ruscino que s'as- Éemblèrent les tribus gauloises voisines des Pyrénées, pour disputer le passofio à Annibal. On sait qu'à la snite d'une conférence avec les Carthaginois , tenue à llliberri ( Elne ) , les ch^, séduits par des prâents, conclurent un traité d'alliance. Ces deux villes appartenaient alors aux 5orf/o;î(?^, j)euplade tectosage. Suivant Pline, lluscino devintensuite une ville latine; suivant Mêla, elle auraft reçu une colonie romaine. Quoi qu'il en soit , on trouve encore à Casteill-Roussillon, en fouillant la terre, des médailles romaines et des fondations d'ediilces .considérables. En 1768, on y a dé« couvert des débris de colonnes, de chapiteaux, de socles de marbre, etc.
Cotte ville commença à dépérir à ré|)0que de l'invasion dès Sarrasins, et fut entièrement détruite par les Normands vers 838 ou 838. Elle passait encore^ en 816, pour une des villes les plus importantes de la Marche d'Espaiine, puisque Louis le Débonnaire , concédant un privilège aux peuples d'Espagne, et ordonnant le dépôt d*une copie de l'acte dans les sept villes pria- ,
cipales , nomme Ruscino la troisième.
Il ne reste plus de cette antique cité qu'une tour ronde, des vestiges de bains publics, deux citernes, et des fragments de moulins à bras de forme cylmdrique.
■ Castel (combat de). — En avril 1794 , les troupes destinées par Piche-
gru tà faire une diversion en Flandre, avaient commencé leur mouvement, lorsque le général autrichien Clairfait , à qui des démonstrations , faites le 23 , sur Denain , avaient donné le change, et qui s'était porté vers cette place avec la plus grande partie de ses forces, reconnut sou erreur. Il revint •n toute bflte sur Tournai , pour barrer le passage à l'armée d'invasion.
I.e 28, il se retrancha sur les hauteurs de Castel , d'où il menaçait les uornrounications des troupes françaises avec Lille; mais il n^avait que dixhuit mille hommes pour en arrêter cinquante mille. Souliam, le général français, attaqua le 29. Après avoir balayé tous les avant-postes des Autrichiens , il fit marcher ses troupes contre leurs retranchements de Cnstel. La nombreuse artillerie qui les défendait n'arrêta point l'ardeur des soldats fraii-
}|ais. Le combat dura plus de quatre leures ; mais enfin les hauteurs furent emportées à la baïonnette, et les Autrichiens mis en déroute. Clairfait, blessé dans l'action, laissa aux mains du vainqueur douze cents prisonniers, trente canons et quatre drapeaux.
Castel (Jehan de), bénédictin, vivait flans le quinzième siècle. Il ne nous reste de lui que le Mirouer des pécheurs et . pécheresses , en vers* Dans cet ouvrage, composé en 1468, et imprimé in-4'', sans date, ni indication du lieu de l'impression, l'auteur emploie indifféremment les langues latine et française et tous les rh} tbmes possibles. Comme il y prend le titre de chroniqueur de France, il est probable que c'est le Cas/cl dont parle Molinet, et qui, au dire de cet auteur, avait composé des chroniques perdues aujourd'hui. Il est aussi à présumer due Jehan de Castel est le même que Jehan de Chastel, moine franciscain
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FRAISCË.
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de Vin», auteur â*une épître en vers
imprimée- vers Tan 1500.
Castel (Louis-Bertrand), jésuite, céoniètre et pliysicien, né à Montpellier en 1668 , exposa dans plusieurs ouvrages les systèmes qu'il s'était créés sur plusieurs parties de ces deux sciences , travailla pendant plus de trente ans au Journal de Trévoux et au Mercure y et mourut en 1757. Ou peut voir dans le Journal de Tré" voux, deuxième volume d'avril , année 1757 , la liste assez longue de ses écrits. Le travail qui a le plus contril)ué à sa célébrité , est sou Clavecin oculaire, dont il annonça le pri>Jet dans le Mercure de novembre 1725 , et dont il développa toute la théorie dans le Journal de Trévoux de 1735.
Castel (René-Richard) , né à Vire en 1758 , fut élu maire de sa ville nataie, au commencement de la révolution. Nommé, en 1790, membre de l'Assemblée législative , il s'associa aux Dumas , Ramond , et autres orateurs du côté droit, pour défendre la cause de la monarchie. II se retira en Normandie, après la clôture de la session; et, quelques années plus tard, il devint professeur de belles-lettres au collège Louis le Grand, puis successivement inspecteur général de lUniversité, et inspecteur des écoles militaires. 11 a publie : fun Poetne des Plantes , in- 18 , 1797; 2° la Forêt de Fontainebkau, in-13, 1805; 3* Foyage de Paris à Crévi., en Chablais , et un .Discours sur la gloire littéraire; 4»
r Histoire naturelle de Bu ff on y classée d'après le système de Linné ; 5» le Prince de Catane, opéra, 1813, in-8'. Castel est mort à Reims en
Castel (N.) , grenadier au 40^ régiment d'infanterie de Ugne, fut dangereusement blessé d*un biscaîen à la prise de Landau , et tomba noyé dans son sang. Un de ses camarades lui fit avaler quelques gouttes d>au-de-vie ; Castel sent aussitôt renaître ses forces , et avec elles toute son énergie : il se relève , et court de nouveau au combat. Mais son sang continue de couler y et il retombe en s'écriaut :
« Je meurs content , nous sommes maîtres de la redoute. » Ce héros fût
rappelé à la vie.
Castel-Alfiebi. — Asti avait été prise en 1745, par le lieutenant général Chabert. Mais Tannée suivante, après la malheureuse affaire de Plaisance , elle retomba au pouvoir des Impériaux.
Tous les postes français de la gauche du Pô furent évacués ; mais on oublia un hôpital de deux cents malades, établi a Castel- Aifieri. Au nombre des convalescents se trouvait un sergent de fjrenadiers du régiment de Tournaisis, surnommé Fa-de-bon-Cœur.
Ce sergent proposa aux autres ma* Jades de quitter le lit , de se mettre en défense, et de ne se rendre qu'après avoir soutenu un siège. La proposition est acceptée, on preud les armes, on ferme les portes, on attend les Piémontais de pied ferme. Quelques jours après , on vit paraître un officier piémontais qui venait, à la tête d'un faible détachement , prendre rhôpital à discrétion. Il fut salué d'une décharge générale d'artillerie et de mousr qneterie; car on avait trouvé, dans un coin du château, une vieille pièce de fer, que Ton avait mise en Latterie.
L'efficier, qui ne s'attendait pas à une telle réception, alla en rendre compte à son général, M. de Leutrun. Celuici, pour la singularité du fait, voulut aller reconnaître la place, et demanda à parlementer. Va-de^-bon-Coeur, établi gouverneur d'une voix unanime, déclara que la jzarnison de l'Iiopital était disposée à se détendre, et qu'il ne capitulerait qu'après avoir essuyé quelques volées de canon et vu ouvrir la tranchée, n'en ouvrît-on que de la longueur de sa pipe. M. de Leutrun répondit qu'il admirait sa bravoure, et qu'on le servirait suivant ses désirs.
On ouvrit donc la tranchée, et deux canons furent portés à dos de mulet devant rhôpital. Après deux jours de tranchée ouverte, et quelgues volées de canon, auxquelles ou repondit par un feu soutenu , le gouverneur demanda à capituler. Tous les honneurs de la guerre lui furent accordés. La capitulation signée I roffîcier piémontais, qui
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avait commandé le siège, envoya des rafratcbissements à la garnison, et lui fit offrir ce dont elle pouvait avoir besoin pour son transport. Le lendemain, elle sortit, précédée d'un tambour qui s'appuyait sur une béquille et portait un bras en écharpe; marebait ensuite 3VI. Va-de-bon-Cœur, qui saluait de la hallebarde; puis venaient vingt charrettes chargées de malades, criant:
f^'ive le roi! autant que leurs forces le Jeur permettaient, et portant le fîisil ' lé plus haut qu'ils pouvaient.' La marche était fermée par les convalescents, qui s'avançaient sur trois de front. £nfin une charrette, couverte de brandies de pin et de romarin, portait les ustensiles de Thdpital. Ces brave?;, après avoir traversé les postes piémontais, arrivèrent ainsi en triomphe à Novi, quartier général de Tarmee française. Le roi décora de la croix de Saint-Louis le sergent Va-de-bon-Cœur, et le nomma aide-major de la place de lîrisach.
Gastel-Bajac (Marie-Barthélemy, Vicomte de), né en 1776, près Babasteins en Bigorre, servit d'abord, contre la révolution, dans l'année de Condé, rentra en France à la seconde restauration, et fut un des membres les plus ardents de la chambre dite introuvable* Kéélu après l'ordonnance du 5 septembre 18 IG, il siégea à côté de MM. de Villèle et Corbière, parmi les chefs de cette opposition violente subitement convertie à la charte, depuis que le gouvernement avait cessé d'écouter ses inspirations réactionnaires. Plus tard, les électeurs du Gard n'ayant ^ius voulu dun pareil représentant, il exhala son mécontentement aristocratique dans le Conservateur. Cependant les électeurs de la Hante-Garonne lui rouvrirent le chemin de la tribune, et en 1819, il appuya fortement Tordre du jour contre les pétitions qui réclamaient le maintien de la loi des élections, jugée , selon lui, par la nomination de M. Grégoire. A mesure que la marche rétrograde des ministres Decaze et Pasquier rappro- (ha de plus en plus ses amis du pouvoir, M. de Castel-Bajac devint moins
fougueux , et quand M. de Villèle eut
S ris les rênes de l'État, il n'hésita pas e se séparer de ces ultra royaliste$f
qu'il avait proclamés ullra-mdJheU' reux pour la cause royale. Il fut réconmensé de son dévouement ministâ'iel, d*abord par la direction générale des haras et des manufactures, ensuite par celle des douanes.
Castelbar (combat de). I.e 22 août 1799, le général Humbert, envové par le Directoire sur les cdtes dlrlànde, avait débarqué avec onze cent cinquante hominp.s dnns In baie de Killaln, au fond du golfede Slif;o. Sur-lechamp il s'était porté vers l'intérieur, et le 26, sans presque avoir rencontré d*ob6tacl6s, il prenait position à Balayna. Ayant jrppris que les généraux anglais Lake et Ilutchinson avaient rassemblé leurs forces à Custelbar, et se disposaient à venir l'attaquer, il résolut de les prévenir, et même de les surprendre s'il le pouvait. Il quitta donc Balnyna à trois heures du soir, et le lendemain 27, à six heures du matin, après quinze heures démarche à travers un pays de montagne, il atteignit les hauteurs voisines de Cnstelbar. Itnniédiateinent il lit reconnaître la position des Angluis, et, quoiqu'elle fiHt très-forte, ifrattaqua. Les tirailleurs ennemis furent d'aoord repousses: puis le reste des troupes républicaines s'avança au pas de charge, sans que le feu vif et meurtrier de douze pièces de canon pût modérer leur anieur. Tandis que cette audacieuse attaque est tentée contre le centre de l'etinenii, l'adjudant général Sarrazin, s'avançant à la téte d'un bataillon de ligne et d'une compagnie de grenadiers, essaye de forcer sa gauche. Le bataillon, (jùi se présente le premier, est contraint de se replier sous le feu de plus de deux mille hommes; mais Sarrazin vole a son secours avec les grenadiers, et rejette les Anglais sur leurs lignes. Renonçant toutefois à enfoncer l'aile t^auche , il laisse le bataillon pour la tenir en échec, et se porte lui-même avec ses grenadiers sur l'aile droite, qu*ilculbute.LemoavemeQt rétrograde
Û9 la droite est bientôt fmité par le
eentre^ et alors le bataillon chargé de conlenir la gauche l'oblige à se réfugier dans la ville. Les républicains clierdient à l'en déloger, et des deux parts on se bat avec acharnement; enCn, une charge de chasseurs à cheval force le gros de l'année anglaise à repasser le pont de'Casteibar. Elle abandonne artillerie et bagage, et on la poursuit deux lieues l'epée dans les reins. Six cents morts ou blessés , douze cents prisonniers , douze pièces de canon et cinq drapeaux, telles furent les pertes des Anglais. Le générai Hunibert, qui avait Irattu un ennemi au moins trois fois supérieur en nombre, ne per* dit que deux cents hommes.
Castelbon (monnaie de). Castelbon ou Castelloubon est un petit village situé en Gascogne , dans la vallée de Laudon, au comté de Brgorre, à treize kilom. de Tarbes. Ce village possédait autrefois le titre de vicomte, et jouissait du droit de battre monnaie, ainsi . que le prouve un acte passé en 1374 entre le duc d'Anjou et le vicomte Roger-Bernard de Foix. Par cet acte, le duc permettait au vicomte de Castelbon de faire battre dans ses domaines des tnomiùiês bUmckes et noires en la forme et manière que le duc de Lescan (seigneur du voisinage) avoit et faisoitfab e au temps qu'il vivait. Ces monnaies, qui devaient être du même poids et au même titre que celles du roi de France , n*ont pas encore été retrouvées. La moitié au profit qu'on devait retirer de ce monnayage appartenait au roi , et l'autre moitié au vicomte.
Castsl-Fobte (prise de). Le 10 janvier 1799, le général Championnet, commandant l'armée française dans le royaume de Naples, avait conclu, 80US les murs dé Capoue, un armistice avec le général en chef des troupes autrichiennes et napolitaines. Se trouvant ainsi débarrassé , pour le moment du moins, de son |)rincipal ennemi , Championnet put s*occuper de châtier sérieusement les paysans napolitains qui s'étaient insurges sur
plusieurs points du territoire même
que rarmistice avait attribué aux Français. Le général Rey, d*aprèi
ses ordres , occupa successivement Ilri, Fondi et la petite ville de ïraèta, sur la rive droite du (iarigliano , principaux refuges des rebelles.
De là , Rey se porta sur Castel-Fortei où s'était réiiiiie une autre bande non moins considérable de révoltés; ceuxci se défendirent en désespérés. La position de la place ne permettant pas au général français de se servir de son artillerie, il fit donner l'assaut par l'infanterie française et polonaise. Ces bataillons enfoncèrent à coups de hache une des portes de la ville , et v pénétrèrent. Le général Rey était tellement exaspéré du massacre du capitaine Tremeau, son aide de camp, qui avait été entouré et égorgé avec un détachement de quarante tiommes aux environs de Traëta, quMI fit fusiller tous les habitants saisis les armes à la main, et mettre le feu à leurs maisons. La prise de Castel-Forte eut pour les Français le double avantage de supprimer un des principaux centres de rin* surrection, et de taire tomber en leur pouvoir un petit parc d'artillerie de montagne et des magasins de vivres considérables.
CikSTEL-FRANCO (combat de). En 1805, la marche rapide de la grande armée, commandée par Napoléon, avait séparé de Tarmée autrichienne une colonne de sept mille hommes , commandée par le prince de Rohan; ce général , dont tous les mouvements étaient observés, descendit résoldment la vallée de la Breuta pour se joindre au prince Charles dans le Tyrol, surprit Bassano, et marcha sur Castel- Franco. Là, une division du général Saint - Cyr l'atteiiinit , et lui fit essuyer une déroute complète. Tout ce qui n'avait pas été tué ou fait prisonnier sur le champ de bataille demanda à capituler. Le prince de Rohan fut pris avec beaucoup d'officiers. On enleva aux Autrichiens douze canons, douze drapeaux et un étendard , et ron retrouva les Français faits prisonniers deux jours avant à Bassano.
Castel-Ginbstb (combat dej. Tan»
ftiO CAS ZiinflVËBS. CAS
dis que le général Dugommier attaquait Toulon , Masséna défendait les Alpes contre les entreprises des Austro-Sardes, qui de Castel-ûineste , où ils s'étaient retirés, menaçaient encore le quartier général d'Utelle. Le 24 no* veinbre 1793* il part, à la téte de cinq cents hommes d'élite. Continuellement suspendue sur d'affreux précipices, et s'accrochant aux degrés naturellement taillés dans ie roc, la petite colonne parvient aux postes avancés, qui, surpris d'une telle audace, s'enfuient devant elle. Ayant surmonté de nouvelles difficultés, elle atteint les hauteurs de Castel-Gineste, où Tennemi était retranché, et prêt à la recevoir vigoureusement. Après deux heures d'un combat opiniâtre, les retranchements sont forces, et l'ennemi se retire, dans le plus grand désordre, sur la monta-
Êne du Brec, la plus escarpée et la plus aute de cette cliaînedrs Alpes. Masséna osa entreprendre delà débusquer de ce poste, où il paraissait impossible de conduire du canon. Néanmoins, il y fait passer une pièce de quatre, qu'on porte à bras pendant deux milles; général , officiers, soldats , y mettent la main. Ejifin, après sept heures de travaux, cette pièce est mise en batterie, et elle tonne sur les Sardes. Épouvantés des effets et du bruit de cette artillerie, répété et çrossi par les échos , et stupéfaits de la hardiesse des Français, ils n'opposent qu'une faible résistance.
I.a petite colonne de Masséna gravit le plateau et les poursuit de rocher en rocher. Pendant ce temps, une colonne, commandée par le général Desçindy, s'empare de Figaretto;enfin après une courte fusillade , les Piémontais fuient de toutes parts, abandonnant troia camps , (les armes et des bagages.
Gastel-Jâloijx, ville de l'ancienne Gascogne (département de Lot-et- Garonne), à deux niyriamètres deNérac. Castel-Jaloux doit son origine et son nom à un château construit par les seigneurs d'Albret sur la rive gauche de l'Avance, et ainsi appelé ueutétre à cause de la jalousie reprochée à l'un de ses propriétnires. Cette ville était autrefois entourée de foxtifica-.
lions. Elle était, en 1622, occupée par
les protestants. Mais à rapproche de Louis XIII, Favas, député général des Églises, en ouvrit les portes. Le roi fit raser les fortifications.
Castellamabb (affaires de). Les Napolitains ayant secoué le joug des Espagnols , et choisi pour roi le pêcheur Masaniello (1647), avaient demandé des secours à la France. Le duc de Guise, gui se trouvait à Rome, alla se mettre à leur téte. 11 charge Cérisantes d'attaquer Casteliamare avec un petit corps de trouue^. Ses soldats se mutinent , et demandent de l'argent.
Le duc, averti, accourt. A son abord, les révoltés soufflaient leurs mèches et se préparaient à tirer sur lui leurs mousquets. Il s'avance, met i'épée à la main , perce de sa main un des plus mutins et en fait pendre un second à un arbre. Les autres , étonnés de cette audace, mettent bas les armes et lui demandent pardon. On sait que IMazarin ne profita pas de cette révolte de Naples , que bientôt le due de Guise fut fait prisonnier, et que les Napolitains retombèrent sous ia domination espagnole.
— Lors de la première occapation du royaume de Naples par les Français (voyez l'article Naples), le fort de Casteliamare fut attaqué par des bandes nombreuses de l'armée du cardinal Kuffo. Les cauonniers napolitains refusèrent de tirer, et assassinèrent leur officier, dont ils déchirèrent et brdièrent le cadavre. Cependaiit les Anglais avaient débarqué des troupes, et garnissaient de canons la grande route de Casteliamare; mais les Fran* çais, accourus de Naples, tournèrent leurs batteries , les prirent en liane , et firent un grand carnage de ceux qui les défendaient.
Gastellan (Antoine-Laurent), né à Montpellier en 1773, se voua d'abord à la peinture, entra, en 1788, dans l'atelier de Valenciennes , et acquit bientôt pour le paysage une réputation méritée. Habile aussi en architecture , il se faisait remarquer par le bon goût de ses fabriques. Pendant la révolution, il fut quelque temps employé
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dans les charrois militaires: mais
quand il fut rendu h ses études, il partit pour le Levant, visita Constnntinopie, la Grèce, les îles, Tltalie et la Suisse, recueilJant parfont un grand nombre de documents, de dessins, et puisant, dans ces riches contrées, un èoût d'autant plus sOr, mi'il ne se laissait pas aller à un sotentliousiasme, et que la rue des chefiB-d*oeuvre étrangers ne le rendait pas» injuste enyers Ceux de sa patrie.
Fixé à Paris dès 1804, il s'occupa de publier divers ouvrages où se trouvent consignés les résultats de ses voyages et de ses observations. Ce sont : Lettres sur (a M orée et les îles de Cerigo , Hydra etZante, 1 vol.
iû-8°, tig., Paris, 1808; 2* Lettres sur ConstanHnople , in-8% Paris, 1811:
ces deux ouvrages ont été réimprimés sous le titre de Lettres sur la Morée, rilellespont et Constant inoplej 3 vol.
in-8°, fig-, Paris, 1820 i 3° Uttres sur fItaUe, faisant 9uUe omob iMn» sur fa Morée, etc., 3 vol. in^g», fig., Paris, 1819; 4° Mœurs, usages, coutumes des Ottomans, 6 vol. in-18, Paris, 1812. Byron disait de cet excellent fivre : « N'allez pas en Turquie sans « avoir CasteUan dans votre poche.»
Peintre et graveur distingué, CasteUan s'occupa beaucoup de la partie technique de son art, et inventa un nouveau procédé de peinture à la cire, ketiré à Fontainebleau, Castellan consacra ses dernières années à l'étude de la théorie des beaux-arts et à l'histoire de notre art national. La mort, qui le frappa en 1838 , Tempécha de publier un livre auquel il avait travaillé longtemps avec amour; nous voulons parler de ses Études sur le çjiàteau de Fontainebleau, considéré çomme l'un des types de la renaissance des arts en France au seizième siècle. Cet excellent livre n'a paru qu'en 1840, 1 vol. in-8°. Castellan , en étudiant de bonne foi le magnilitjue palais de Fontainebleau, y reconnut, dit l'éditeur de Tonvrageen question, « le t^pe d*une école brillante et toute française, dlgned'^treopposée à plusicursdes écoles dltâiie, et les titres glorieux d'un
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grand nombre d^artistes français qui ne méritaient pas l'injuste oubli dans lequel ils sont tombés. » En effet, ce livre est le premier qui rende hommage à la vérité, et restitue à nos artistes oe que l'ignorance a trop longtemps attribué à l'étranger; et à ce titre surtout il mérite les plus grauds éloges.
GiSTBLLAïf (l'abbé), antiquaire et littérateur, né à Tourves en Provence, vers l'an 1760, fit ses études ecclésiastiques au séminaire d'Aix, et fut ordonné jprétre peu de temps avant la tévolution. En 1799. Il nit nommé, curé de Lnuihesc, dé|Hirtement de^ Boucbes-du-Rhône , puis , en 1810, chanoine de l'église d'Aix, et enfin
i>rofesseur d'histoire ecclésiastique à a faculté de théologie de cette ville.
Ad mis, vers la même époque, à la société académique d'Aix, il y lut plusieurs mémoires, dont quelques-uns sont imprimés dans le recueil de cette société: 1* Dissertation sur ia rdigten des anciens Provençaux ; 2* IfoHee sur une inscription d'un genre singulier qu'on voit dans la chapelle de la Madeleine , dite de la Chèvre , près du lac de Mirabeau , suivie d*un aperçu historique sur (bs frères pontifes; 3** Notice sur Tourves (l'ancien Turris des Romains) ; on attend encore la publication de son IJistoire littéraire de Provence, Jusqu'à la réunion de cette province à la France, »
Castellan (L. de), petit-fils d'un notaire du diocèse d'Arles , avait eu pour père Olivier de Castellan, qui occupait un haut grade militaire lorsqu'il fut tué devant Tarragone, en 1644. Ayant obtenu, à quinze ans, une compaanie dans les îiardcs françaises, il dcvifit bientôt brigadier d'infanterie. 11 fut, en 1GG4, envoyé à Gigery, sur les côtes d'Afrique , rendit compte au roi lui-même de cette expédition dans un mémoire intéressant; et enlin fit partie de l'expédition du duc de Beaufort à Candie. Il fut tué en 1669, à Tâge de trente-sept ans. Le sculpteur Girard a élevé à son père et à lui un tombeau dans l'église Saint- Germain des Prés.
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Gabtbllark , petite et ancienne ville de Provence, était, à Tépo-
que romaine, la capitale des Suetri^ et portait le nom de Salinœ. Cette cité ayant été détruite par les Sarrasins vers Tan 812, les habitants montèrent en haut de leur roc, et s'y fortiflèrent; mais Tau^mentation progressive de la population les força ensuite de descendre dans la plaine audessous- de rancieiine ville. Capitale, pendant le moyen âge , d'une petite souveraineté dont parlent des chartes des dixième, onzième et douzième siècles, puischef-lieu d'une sénéchaussée, d'une viguerie et d'une recette , dépendant du parlement et de Tintendance d*Aix, Castellane était encore, avant la révolution , la résidence de l'évêque de Sénez. C'est aujourd'hui l'un des chefs-lieux d'arrondissement du département des Basses-Alpes, et l'on y compte deux mille cent six habitants.
Castellane ( famille de ). Cette maison était, sinon l'une des plus riches, du moins Tune des plus anciennes de Provence. Une charte de 1089 parle d'un Boniface de Castellane. Un autre Boniface de Castella>'e, troisième ou quatrième du nom , troubadour du treizième siècle, est mentionné par Tsostradamus dans VHU" toire ae Provence , comme ayant eu la tête tranchée en 1257, j)our s'être mis à la tête des Marseillais révoltés contre Charles I*"', roi de Naples et comte de Provence. Bontfaee'LouiS' yiiidré , comte de Castellane, né en 1758, fut, en 1780, députe de la noblesse à l'Assemblée constituante, et figura dans cette minorité de sa caste qui se réunit nu tiers état. Ainsi il vota la liberté des cultes, appuya la déclaration des droits , et demanda l'abolition des prisons d'État. Après la session, il disparut de la scène politique jusqu'en 1802, époque oCi il fut appelé a la préfecture des Basses-Pyrénées. 11 devint ensuite pair de France et lieutenant général , et mourut eu 1837. E, B., vicomte de Castellanb, son frère, présida la section le Pelletier en 1795, à Tépoque où les sections
s'insurgèrent contre la Convention. Il fut, pour ce fait, condamné â mort par contumace la même année, et acquitté par le jury l'année suivante.
Castellabo ( combats de ). — Wurmser, cherchant à se jeter dans Mantoue, et poursuivi par la division de Masséna, se porta, le 12 septembre 1796, vers le Tartaro. Apprenant là que le pont de Castellaro avait été rompu, il gagna celui de Villimpenta, au moment où le général Charton y arrivait avec quelques centaines de chasseurs pour s'en emparer et le couper. Malgré des forces aussi disproportionnées, le générai Charton attaqua les Autrichiens ; mais il perdit la vie, et ses troupes, maltraitées , se replièrent sur Castellaro. Dès lors ^Vurmser put continuer sans obstacle sa marche sur îNlantoue. .
—A l'euverture de la campagne de 1801, le prince de Hohenzollern occupait Castellaro. Les généraux Delmas et Moneey l'attaquèrent de front et en queue dans cette position redoutable, gravirent, sous un feu meurtrier, des pentes très-rapides, et le forcèrent à se retirer avec une perte de douze cents hommes tués, blessés ou prisonniers.
Castellb ( Adrien dragon au 1*' régiment, né à Valenciennes , fit mettre bas les armes à quarante gre* nadiers hongrois , qu'il conduisit au quartier général à la bataille de INIarengo. 11 fut tué peu de temps après.
(Tastellit (le), seigneurie avec titre de comté, dans le ComtatVenaissin ( département des Basses-Alpes ), à douze kilomètres de Cavaillon.
Castello de LOS GuARDios (combat de). — Dans les premiers jours de septembre i s 1 3 , le général espagnol la Roniana , dont le corps était cantonne sur les frontières de l'Andalousie, envoya attaquer le poste de Castello de los Guardios, occupé par des Français. L'attaque dura quatre jours de suite; constamment repoussés, les assaillants se retirèrent enfin avec une perte de deux cents hommes.
Le 6, Tennemi ne fut pas plus heureux dans une tentative du même genre :
deux mille Espagnols se portèient un
CAS FAANCE. CAS U9
peu loin sor Fuente-Ovejunâ , où se de Substantion, où fut établi, de 757 trouvaient qiintre-vingt- seize Fran- à 1037 , le siège épiscopal de Magueçais du 5V de ligne. Ce faible déta- lonne. Il y existe encore des ruines de diement combattit avec intrépidité murs , d'aqueducs , etc., qui ont été pendant treize heures , à rentrée du dernièrement Tobjet des explorations village d^abord, ensuite dans sonquar- de la société archéologique de Mont* tier, puis dans Téglise, et enfin dans le pellier. Castebiaii compte six cent clocher. Environnés de toutes parts, soixante et treize habitants. Le nom ces braves continuaient à se déiendre de Castelnau, qui ne signilie que châavec tant de courage et de sang-froid, teau neuf, est commun à un grand ^eTennemî compta bientôt deux cents nombre de bourss et de petites villes morts. Renonçant alors à vaincre avec du Midi. T.a pmpart y joignent un honneur cette poignée de héros, il mit surnom qui les distingue, le feu au clocher. Quarante-cinq Fran- Castelnau (Jacques , marquis de), çais avaient déjà été tués : les autres maréclial de France, petit-fils de Miallaient tous devenir la proie des flam- chel de Castelnau, naquit en 1620, se mes , lorsqu'ils furent sauvés par l'an- distingua dans plusieurs affaires improche de quelques troupes dont la portantes , et commanda l'armée de vue mit les Espagnols en fuite. Sui- Flandre en l'absence de Turenne, vant une autre version , ces braves, après la bataille des Dunes (1658). Il se voyant sur le point d*étre étouffés fut blessé mortellement au siège de
{>ar la fumée des matelas et des bal- Dunkerque. Le roi lui envoya le b:i-
ots de laine qu'on avait entassés au- ton de maréchal de France'; mais il
tour du clocher , et auxquels on avait n'en jouit qu'un mois , et mourut à
mis le feu à cet effet , se rendirent et Calais à Tâge de trente-huit ans.
furent conduits prisonniers en Portu- Castelnau (Michel de), né en
ç;al, où toutefois ils ne tardèrent pas Touraine, vers 1520, était petit-fils
a être délivrés. de Pierre de Castelnau , ccuyer de
Castëllo-JN'uovo (prise de). — Le Louis XII. Militaire et diplomate , il
général Championnat, maître des fau- rendit de nombreux services dans sa
ourgs de Napies (janvier 1799), fit double carrière. Après avoir voyagé
sommer les habitants de se rendre, en Italie et visité Tile de Malte , il fit
Cette sommation n'ayant produit au- ses premières armes en Piémont. Son
cun effet, il força sur plusieurs points courage lui concilia l'affection du
rentrée de la ville; et porta simulta- cardinal de Lorraine et du connéta*
ném^nt des corps de troupes sur tou- ble de IMontmorenci , qui lui firent
tes les positions fortifiées que ren- confier les missions les plus impor-
ferme cette capitale. L'une des plus tantes. Henri II l'envoya en Ecosse
importantes était le fort de Castello- avec des dépêches pour M^rie Stuart,
IVuovo , situé au centre d*un quartier fiancée au dauphin, depuis François II.
populeux, et dominant d'un côté le D'Écosse, il se rendit en Angleterre,
fiaîals du roi et de l'autre le port mi- auprès d'Elisabeth qui conservait des
itaire. Ce fut le général Keliermann prétentions sur Calais. Le résultat
qui eut ordre de $*en emparer; il des négociations fut que cette ville
renleva à la baïonnette, après un resterait à la France pendant huit
combat acharné dans lequel les lazza- ans, au bout desquels elle retourne-
roni rivalisèrent avec les Français de rait h l'Angleterre, si cette puissance
courage et d'opiniâtreté. laissait la France en paix. Castelnau
Castelnau , village de l'ancien fut ensuite successivement envové
I^anguedoc , aujourd'hui département comme ambassadeur en Allemagne,
de l Hérault , à trois kilomètres de en Savoie et à Rome. Le but de sa
Montpellier. En sortant de Castelnau, mission en Allemagne était de faire
vers le nord , on aperçoit la colline abandonner aux princes le parti pro«
mf laquelle éUut UUiq l anciçnnç ville testant, A^rès la mort de François II,
CAS
L'UNIVERS
il accompagna Marie-Stuart, sn veuve, en Ecosse. A son retour , il fit la guerre en Bretagne contre les protestants, qui s'emparèrent dê sa personne. Bientôt délivré par échange, il assista au siège de Rouen, à la bataille de Dreux , et concourut à la prise du Havre sur les Anglais.
Envoyé de nouveau en Angleterre pour renouer des liaisons avee cette puissance qui avait secouru les protestants , Castelnau obtint des couditions de paix favorables à la France.
Un peu plus tard , résidant auprès du duc d*Albe dans les Pays-Bas, il découvrit, à Bruxelles, le complot qu'avaient formé le prince de Coudé et l'oniiral de Coli^ny, de surprendre et d'enlever la fauiillë royale a Monceaux.
II obtint pour Catherine de Médicts deux mille cavaliers ollemands, que le duc d'Albe n'accorda toutefois qu'à grand'peinp. A près la bataille de Saint- Denis, il alla en Allemagne demander d'autres secours. En récompense de tant de services, Catlierine de Médicis le nomma gouverneur de Saint-Dizier; de son côté Castelnau se montra reconnaissant aux batailles de Jarnac et de Moncontour, dans lesquelles il contribua fortement à la victoire. En 1574, après différentes missions en Angleterre, en Allemagne et en Suisse, Castelnau fut encore envoyé par Henri
III en Angleterre, où, cette fois, il séjourna dix ans.
Lorsqu'il revint , il déclara qu'il resterait fide'^ie à l'autorité royale, et qu'il ntr subirait pomt le Joug de la ligue. Les Guises s'en vengèrent en lui ôtant son gouvernement de Saint- Dizier; les soldats de la ligue pillèrent ses domaines, et il se trouva presque dénué de ressources. Henri IV, qui connaissait son attachement au catholicisme, mais qui estimait son caractère , lui offrit un refuge dans son armée, et ne craignit pas, après son avènement à la couronne , de lui donner des missions de confiance.
Castelnau nwurut à Join ville, en 1693, à râge de soixante et douze ans. Il esta remarquer que dans la terrible époque de guerres civiles qu'il eut à
traverser, il resta toujours fidèlement attaché au parti royal, qui lui paraissait , à bon droit , représenter la France mieux que tous Us autres , mieux que les protestants qui s'appuyaient sur l'Angleterre , mieux que les ligueurs qui faisaient cause commune avec l'Rspagne, et , de leur coté aussi , appelaient une intervention étrangère.
Castelnau a laissé des mémoires qui commencent à la mort de Henri II, en 1559, et finissent en 1570, à la troisième paix avec les protestants. Cet ouvrage renferme une ibule de renseignements curîeiix, et pour cela seul d peut être consulté avec intérêt : mais on y remarcjue aussi quelques qualités littéraires qui en font un livre estimable. Le style en est clair, débarrassé le plus souvent des vieux termes; les phrases, bien qu'un (teu longues quelquefois, fmisseut en général d'une manière harmonieuse. L'abondance des détails n'exclut pas la précision. Une rapidité as* sez grande règne dans la narration :
on voit que l'auteur n'est pas étranger à ce qu'il raconte. Enfin , dans toutes les parties de l'ouvrage, circula je ne sais quel souffle de vérité. Castelnau a en outre un mérite bien rare au seizième siècle, celui d'une impartialité inaltérable. Malgré toutes ces qualités, c'est lui faire trop d'honneur que de le placer auprès de Philippe de Comines, comme on Ta fait quelquefois. Il n'a ni les défauts ni les qualités de cet écrivain célèbre. S'il n'a pas cette indifférence morale qui est un des caractères des oeuvres de Comines , il n'a pas non plus cette vigueur de pensée, cette énergie de style qui a rendu inunortelles quelques pages de l'historien du règne de Louis IX.
Castelnau (Pierre de) , religieux de Cîteaux, au couvent de Fontfroide, près de Narbonne , fut investi par Innocent 111 du titre de lé^at, et chargé, avec deux autres moines de son ordre , Raoul et Arnaud , Vabbé (ft's abbés, de combattre par le fer et par le feu les progrès envahissants do
là sacte des Albigeois. Castelnaù ]K>rta, dans cette terrible mission , un esprit
roide et austère et un fanatisme lougueux. Pséanmoins , les envoyés du pape n'obtinrent pas le succès qu'ils avaient espéré. Castelnaù lui* même eoonit pSos d'une fois le danger d*étre tué par les Imbitants. Un jour enfin qu'il avait osé reprocher en face à Raymond VI sa mauvaise foi et son impiété , et lancé contre lui Texcom^ munication et l'interdit , le comte, frémissant de colère , laissa échapper des paroles de vengeance qui ne restèrent pas sans effet. Deux jeunes entilshommes crurent bien mériter e leur seigneur en exécutant ees mennres. Déguisés en matelots , ils atteifjnirent Pierre de Castelnaù sur le Rhône et le jetèrent sur la plage, percé d'un coup de poignard. Cet évé* nement arriva au commencement de Vannée 1208.
Le cadavre de Castelnaù fut enseveli à Saint-Gilles, dans l'église du monastère, auprès du saint patron de la ville f et on lui éleva un tombeau que les religioonaires détruisirent en
Castelnaudary , ville du Lnn-
Suedoc, ancienne canitale du pays de •auraguais, aujourd'hui chefAieu de sous-préfiscture du dépàitAnent de l'Aude.
On ne sait rien de l)ieii précis sur l'origine de cette ville ; on pense seulement qu'elle a été élevée surl'emplacement d'une ville appelée So.stoniagus , détruite par les Vandales, et reconstruite quelque temps après, sous le nom de Castrum novum Arianorum^ dénomination qui rappelait les croyaii* ces religieuses des Visîgoths. Il en est fait mention pour la première fois dans le testament de Bernard Aton, vicomte de Béziers et de Carcassonne, testatnent qui porte la date du 7 mai 1118 Castelnaudary joua un ^and rôle dans la guerre des Alhigeois , et ses environs furent le théâtre de la défaite des comtes de Toulouse et de Foix, par Simon de Montfort. En 1 355, le prince de Galles s'en empara, la brûla et la détruisit presque eutiè-
CAS' 35a
rement. lean. comte d'Armagnac, 1»
rebâtit et la rortifia l'aimée suivante.
C'est sous les murs de Castelnaudary qu'en 1G32 le duc de IMonlmoreney lut fait prisonnier (voyez batailles de Castblnaudâby). Les principaux monuments sont : Téglise de Saint- Michel , où l'on remarque un tableau de Rival, et riio{)ital général , fondé il y a quatre siècles, et dote en 1774 de cinq cent mille fr., par M. de Langle, évéque de Saint-Panoul. Castel* naudary est la patrie de Pierre de Castelnaù , d'Antoine Tolosani , de Germain de la Faille, des généraux Dejean et Andréossy, et de Al. Soumet, de l'Académie française. On y compte aujourd'hui neuf mille neuf cents habitants.
Castblnaudâby (batailles de). — La première bataille fut livrée et per? due en 1911 par Raymond VI, comte de Toulouse, et par le comte de Foix, contre Simon de Montfort. (]e dernier était assiège dans Castelnaudary avec une troupe choisie, qui ne s'élevait pas à cent chevaliers. Son maréchal, Gui de Lé vis, et son beau-frère, Bouchard de INlarli , rassemblèrent \ pour venir à son secours, une troupe assez nombreuse de chevaliers, dans les diocèses de Narfoonne, de Carcaasonne et de Béziers. Le vaillant comte (le Foix les attendit au passage, à une lieue de (Castelnaudary, les battit et les dispersa à deux reprises différentes. Malheoreusement, ses troupes se débandèrent pour piller, et Simon de IMontfort , sortant tout à coup de Castelnaudary a la téte de soixante chevaliers , assaillit les vain- queurs et les mit dans une déroute complète. Mais ce brillant succès n'eut pour le moment d'autre résultat que la délivrance de Castelnaudary. Cette bataille a été longuement racontée dans le poème provençal sur la croisade contre les Albigeois, publié en 1837 par M. Fauriel. Voici quelques fragments du récit anime qu'en a fait le poète; nous croyons qu'ils ne seront pas déplacés ici :
• . « fiés Français de Paris et ceux devers la Champagne s'en venaient
€J» VmiYEBiS. €AM
Casteinau , bien rangés à travers la
. plaine. Mais voilà le comte de Foix avec toute sa troupe et les routiers d'Espagne , qui leur barrent le cliemin , et ne tes prisent pas une châtaigne pour la bravoure. « Barons, se « disent-ils entre eux , qu'il n'en reste « pas un vivant de cette race étran- « gère, et que leur sort fasse peur en « Allemagne et en France, dans l'An- « jeu , en Poitou , par toute la Breta- «gne, et là haut en Provence, jus- « qu'aux ports d'Allemagne : ainsi a seront-ils corriges. » Le couUe de Foix chevauche avec une partie des siens à Saint-Martin des Bordes ; car tel est ie nom du lieu. Ils dressent leurs lances appuyées à l'arçon de devant, s'en vont criant : Toidouse ! à travers la plaine. longue et belle, et de leurs arbalètes lancent flèches et bessons... Grande , au baisser des lances, devient la bataille. Les Toulousains crient : Toulouse ! et les Gascons : Coniniinges ! D'autres crient :
Foix, ou Montfort, ou Soissons... Les Français éperonnent comme vrais barons, poussent en avant tant qu'ils peuvent sur le penchant d'une vallée.
La plaine est longue et belle , et rase la campagne ; et des deux edtés H en meurt de faibles et de forts * . ^
— I>es environs de Caste! tinudary furent encore, dans le dix-septième siècle, le théâtre d'une bataille. Gaston, révolté contre son frère Louis XIII, et serré de près par les troupes royales, s'était jeté d;ins le Languedoc pour se réunir a la j)etite armée du malheureux Montmorency. Schomberg, chargé de ' réduire les rebelles , s'avança près de Casteinaudary avec deux mille hommes de pied et douze cents chevaux. Lorsque les deux armées turent en présence.
Montmorency , courageux jusqu'à la témérité, résolut d'aller lui-même re« connaître les ennemis à la téte d'une faible troupe de cavalerie. -Mais bientôt, victime de son impétuosité, il fut démonté , blessé et pns. (^uaot à Gas-
(^*) Histoire de la croisade oontue les bé-
reliques albigeois, traduite et publiée |>8r faumi , vers ao73 et suiT,
ton, à la première nouvelle de ce mal«
heur, il se hâta de fuir , abandonnant le prisonnier au bourreau de Richelieu.
Castelnal-3Iol\tràtieb , petite ville de l'ancien Quercy , aujourd'hui
département du Lot, à deux myria-
mètres quatre kilomètres de Cafiors.
Appelée autrefois Casteinau de / aux, elle reçut son surnom actuel d'un seigneur nommé ila/ier, qui en augmenta les fortiOcations. Sa position sur une colline à pente rapide, ses remparts, dont il existe eii<'orede l)e:iu.\' restes, un vaste château fort , entouré de fossés, lui donnèrent une grande importance pendant les guerres du moyen âge.
Simon de INlontfort s'en em|)ara en 1214. Les Anglais Tenlevèrent sous Charles VI , et ils en étaient maîtres en 1428. On y voit encore d*anciennes portes surmontées de tours. La population de cette ville est aujourdiuii (le quatre mille cinquante-trois habitants.
Gâstbl-Novo , près du lac de
Garde (affaires de). — La droite de l'armée dVMvinzi avait continuellement battu dans le Tyrol la division Vaubois. Davidovich , par des manœuvres habiles , avait remporté sur ce général des avantages marqués , et l'avait repoussé de positions en positions jjisqu'à Castel-Novo. Mais après la victoire d'Arcole, les affaires changèrent de face. Davidovich , ignorant la position d'Alvinzi , qui fuyait vers la lîrenla avec les débris de son arniée, fut lui-même altafjiié, le 21 novembre 17U6, ^ixr lionaparte, commandani les divisions Vaubois etMasséna, dont la jonction s'était opérée a Villa* Frauea. Ces divisions marchèrent ensend>le sur Castel-Novo, taudis qn' \ugereau se portait sur les hauteurs de Sainte-Anne, pour couper la vallée de TAdige à Dolce. Cette manœuvre fermait toute retraite au général autrichien. JoLibcrt, commandant l'avantgarde, atteignit les Impériaux sur les «auteurs de Campana. Après un léger combat , un corps de l'arrière* garde autrichienne fut entouré, douze
CM
FtlAKCiB.
trois à quatre cents se noyèrent dans l'Adige. Les Français reprirent les - positions de RîTolfel de la Corona , pendant qu*Augereau , rencontrant les Autrichiens à Sainte- Anne , les dispersait « leur faisait trois cents prisonniers, prenait Doice , et s'emparait de quatre canons et de six caissons.
— En 1801, après la bataille de Poz- Z(>lo, les grenadiers hongrois du prince de HohenzoUern furent repoussés en désordre sur Castel-Novo par les colonnes des généraux Delmas et Moncey , qu'électrisait l'exemple du brave Oudinot. Ce fut en vain qu'ils voulurent s'y défendre ; pris et repris trois fois, ce village resta enfin au pouvoir des Français.
Castel-Nuovo (combat de). — Castel-Nuovo , ville de Dalmatie , située dans la vallée de Sutorina et sur le col de Debilibrich , n^avait jamais vu d'armées françaises avant Parrivée de celle qu'en 1806 conduisait le général Marmont. Six mille Russes étaient réunis sur ce point à huit ou dix mille Monténégrins et menaçaient la com« muttication de Marmont avec Raguse. Dans la nuit du 29 au 30 septembre , six mille Français sortirent de cette dernière ville, et firent fuir sans combat les Russes et les Monténégrins.
Le lendemain , Marmont continua sa marche sur les hauteurs qui sont visà-vis de Castel-jSuovo, culbuta trois bataillons russes, et dispersa une nuée de Monténégrins qui les soutenaient.' Ils laissèrent dans cet endroit quatre cents des leurs sur le champ de bataille. Cette position enlevée, une colonne française , qui agissait par la vallée, débonche et amve sur quatre mille Russes rançés en bataille. Le soixante-dix-neuvieme régiment de li-
f;ne se porte en avant , formé en coonnes d'attaque; après une charge vigoureuse conduite^r le gtoéral Délions , les ennemis se retirent en désordre sous le canon de la place et de la flotte russe, qui envoie des chaloupes pour protéger leur fuite. Marmont, pour punir les Monténégrins de. leurs hostilités , fait brûler leurs villages et le faubourg de Castel-Nuovo. Ces
T. IT. 17* lÀvraUon, (Digt. bngygl. , btc.)
peuplades sauvages, poussées au désespoir, fondent alors comme une nuée SUT les Français ; mais leurs efforts sont repoussés, le champ de bataille est couvert de leurs morts , et cette îeçon terrible leur apprend à craindre' la baïonnette de soldats auxquels rien n*avait résisté en Europe.
Castel-Sabbàsin , petite ville de l'ancien haut Languedoc, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement au département de Tarn-et-Garonne. Quelques auteurs , sans doute à cause de son nom , pensent qu'elle existait déjà du temps des Sarrasins. Mais on a lieu de croire qu'elle est moins ancienne, et que sa dénomination n'est qu*un dérivé corrompu de Castel-sur-Azin.
En effet , elle est bc^tie sur la petite rivière d'Azin ou Azine, près de la riv» droite de la Garonne. Le parlement de Toulouse 8*y réfusia dans le seizième siècle, pour échapper aux dernières fureurs de la ligue. Elle était autrefois entourée de murs et de fossés. On n'y remarque plus d'autres vestiges de constructions anciennes que des restes de remparts, le portail gothique d'une église, et deux portes toutes semblables à celles de Toulouse.
Elle a sept mille quatre-vingt-douze habitants, et possède un collège coiii* munal.
Casteras , seigneurie de Languedoc, érigée en marquisat, et donnée par Louis XIII à Jacques de Minut , flis de Georges de Minut , Milanais , qui était venu en France à la suite de François l" , et en avait obtenu la charge de premier président au parlemeut de Toulouse.
CAsms, bourg de Fancienne Guyenne, département de la Gironde, jadis chef-lieu d'une vicomté. Le château de Castets, bâti comme le bourg, sur un plateau élevé qui domine le cours de la Garonne , Tut fondé en 1213 SOUS Édouard II , roi d'Angleterre , par Robert de Got , frère de Bertrand de Got, pape sous le nom de Clément.V. Sa position lui donna une grande importance dans les guerres des Anglais et pendant nos troubles civils. On voit dans les mémoires de
SvUy et dans les historiens de la ligue, queCastets fut assiégé en 158^ par i\Iatignon, puis secouru par le roi de INavarre. Assiégé dç nouveau en 1586 par le même Matignon et par Mayenne, elle finit par rester au pouvoir de ces génér raux, qui en firent raser les principales fortifications. Ce fut le président Duliamel , dans la famille duquel le chatéaa"8e ffonve encore' aujourd'hui , qui donna en 1680 à cet édifice un' style plus moderne. L'énorme épaisseur des murs , de vieux souterrains à demi coniblés , attestent seuls quels furent autrefois sps moyens de a^fepse.
populàii,on du bourg est auJoard*htt| de douze cents Irihitanls.
Castbx (Bertrand-Pierre, baron), né en 1771 à Pavie, en Languedoc, açrvif ay^ honneur dans lés armé^ des Pyrénéeâ-Orientates , d*Italie et d'Espagne, et fut promu cri\ grade de colonel à léna. Il continua de se distinguer en diverses rencontres, et lit preuve d'une intrépidité rare aui^ journées d'iiylau et d^ Friedland.
Nommé commandant de la Légion d'honneur, et bientôt après baron, Castexmarclia contre rAutri^;lie en 1809, exécuta des charges heureuses à Wagram , et fnt ensiiite créé général de brigade. Appelé, en 1812, à faire partie de l'expédition de Russie, il pr[t part aux diverses actions de la campagne , et fut atteint d'un coup de feu au passade delà Béré^na. Il assista néanmoins à la bataille de Dresde, fut blessé d'un coup de sabre dans une charge, nommé général de division, et envoyé à l'armée du -Nord' Il contribua à défendre la place d'Anvers « et-malgré une nou- Ten^ blessure reçue dans un engagement très-vif contre les Russes, il continua cependant de tenir la campagne jusq.udux événements de fontainebièaii. Gastex déposa alors l6f armes; mais au moment oh PJ^UBope reprit les armes contre nous , il accourut encore à la défense de la frontière, et fut licencié après le désastre de Waterloo. Appelé cependaBt, quelqués ann^ plus tard , au commandement delà sixième, puis de la cinquième division militaire, il fit partie du ca-
dre d'activité jiisfa'au mois d'aodt
Castic, chef séquanais , que l'Helvétien Orgétorix avait a^çoç^é à ses ambitieux: projets QPntre b li|)ert|S de son pays et d^ Ifi Gaula entière (voy.
ÔBGÉTORIX).
Castiglione (affaires de). — Tandis que Bonaparte soutenait à Lonato Favant^fiarflle de Massf^Qj^ , Aygereau attaquait conforméno^nt a ses instructions celle de Wurmser. Après avoir replié les avant-postes de l'ennemi, on rencontra la division Liptay dans une assez bonne position, à «ntiite et à gauche de Castiglione. Après un combait très-vif, les Autrichiens furent repowssés ; mais voyant le petit nombre des troupes qui les poursuivaient, ils se reibrnrièrei)^ bientôt. Unf! nouvelle phargp les força uo^ seconde fois à la retraitil^ et les jeta sous le feu de la cinquanteunième, qui acheva leur déroute. Ce furent les deux combats de Lonato et di$ Castiglione qui assurèrent le succès de toutes les opérations eontre Wurmser. Les Autrichiens y perdirent trois mille hommes, tués, blessés ou prisonniers , iudependanmient d$ vingt pièces de canon (3 août 1796).
Wurmser était réduit à son centre et à sa gauche ; mais Ip sort de l'Italie n'était pas encore décidé. On se prépara de part et d'autre à un engagement général. Bonaparte aé retidit lui-noéroe à Lonato, pour voiv les troupe^ qu'il en pouvait tirer; mais quelle fut sa surprise, en entrant dans cette place , d'y recevoir un par^ lementairie, qui sommait leoomman* dant de se rendre, parce que, disait-il, il était cerné de tous côtés. Effectivement, on annonçait l'approche de
âuatre mille Impénaux ; c'étaient lea ébris de la division coupée , (pii y après s*étre réunis, chercliaieot a se faire un passage. La circonstance était pressante; Bonaparte n'avait à Lonato que douze cents hommes ; il fiât venir Te pailameiitiiire, et hi| parX ainsi : Âllez dire à vbïre général gué c'est lui-même et son corps qui soné prisonniers, qœ si dans huit minu*