CHAN
Castillon (J. Fr. A. le Blanc de), procureur général au parlement de ProveneCt naquit à Aix enl7t9. Il fut l'un des magistrats les plus recomman-
dables du siècle dernier, soit par ses talents comme orateur, soit par son érudition. Ses réquisitoires de 1765 sur
l'étude des lois naturelles , sur les actes de l'assemblée du clergé, et celui de 1768 sur les brefs de Clément XIII, firent grand bruit à cette époque. Il montra le caractère le plus nonorable dans la révolution parlementaire de 1771, et protesta vivement contre les actes du chancelier Maupeou. Castillon mourut en 1800.
CASTOIBMBNT ou CASTOYEHEnT,
roman célèbre nu douzième siècle, et dont voici Torigine : un juif espagnol qui avait abjuré la religion de ses pères et pris le nom dePierre^Alpbonse, vint enFranceen 1106, à Tâge de quarantequatre ans, apportant avec lui un recueil , dont il lit bientôt après une version latine intitulée Clerica discipUna. La bibUnllièque royale possède plusieurs copies manuscrites de cette version, qui servit, à son tour, de texte à plusieurs traductions en vers et eu prose. Ce sont ces traductions qui sont connues sous le nom de Castmê" ment. Cet ouvrage, auquel les tables de Pilpay semblent avoir servi de modèle, est une suite de contes. L'auteur y suppose qu'un Jeune homme prêt à entrer dans le monde reçoit de son père les conseils nécessaires pour s'y conduire avec prudence, et chaque leçon mise en action est suivie d'apophthegnies, d'historiettes et de bons mots relatifs à ce qui a été dit précédemment. Cette manière d'enseigner par apologues, ce mélange de préceptes et de fables vient des Orientaux, et n'est pas le seul emprunt que nous ayons fait aux Arabes dans le temps des croisades. M. Méon a publié ce roman dans son nouveau recueil de contes et fiibliaux.
Castor (saint), né à ^^mes vers le milieu du quatrième siècle , était marié et avait une fille, lorsque lui et sa
femme , cédant à une pieuse exaltation , se séparèrent volontairement, embrassèrent la vie religieuse, et fondèrent dans leurs propriétés, au territoire de Menérbeen Provence, deux monastères entre lesquels ils partagèrent toot
CAfl' FRANCE.
leurs biens. La fille prit le voile avec sa mère. Castor, peu d'années après, Kut élu évéque d^Apt, et mourut le 2t septembre 419. L'abbaye de Saint»
Castor suivait la règle des solitaires d'Égypte et de Palestine, règle qui lui avait été donnée par le célèbre Cassien , abbé de Marseille.
Cast&ation. ^ Cette opération sarrilége, que l'on pratique de nos jours encore en Italie, pour procurer aux malheureuses victnnes que Ton ne craint pas de mutiler ainsi, le frivole avantage d'avoir une voix que la nature n'adonnée qu'aux femmes, et de chanter dans la chapelle du pnpe, a toujours été considérée en Ir rance comme un erinie. Selon quel(]ues exemplaires de la loi salique, celui qui y avait soumis un homme libre était puni de cent sous de composition, et selon d'autres de deux cents. Chez les Ripuaires, cet attentat était mis sur la même ligne que le meurtre, et frappé de la nieine peine. Celui qui s'en était rendu coupable devait composer de deux cents sous avec sa victime, et, s'il se prétendait innocent, jurer avee douze témoins. Si plus tard on ne s'exprima pas toujours en termes formels, la castration ne cessa jamais d'être considérée comme un crime fort grave , et on sait que le chanoine Fulbert, qui l'avait exercée sur le célèbre et malheureux Abailard, fut forcé de prendre la fuite pour échapper au châtiment qu'il avait encouru. Aujourd'hui, cet acte est considéré comme une mutilation, et puni des mêmes peines que ces sortes de délits.
Castrel fcombat du mont). — A près la prise de Courlrai, le général Souham ayant attaqué Clerfayt , le 39 avril 1794, le for^, par la vigueur du choc, à se retirer sur les hauteurs de Castrel. Ce poste ne pouvait être aborde que par cinq déiiiés couverts de batteries.
Les généraux se mirent à la téte des colonnes, composées en grande partie de réijuisitionnaires. Ces jeunes gens, sous la conduite de leurs chefs, se battirent comme de vieux soldats, emporlèrent les hauteura à la baïonnette, et mirent les Hanovriens et les Autri-
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chiens dans une déroute complète.
Clerfayt, blessé dans l'action, céda le champ de bataille, laissant entra les mains dès Français douze cents prisonniers, trente>irois canons et quatra drapeaux.
Castres, ancienne ville du Languedoc dans l'Albigeois , aujourd'hui chef-lieu d^arrondissement du département du Tarn. Selon qupiques auteurs , Castres doit son origine à un monostère de bénédictins établi, dit-on, par Charlemagne. Ce qu'il y a de certam, c'est que cette ville était déjà fortconsidéraole au douzième siècle. Pendant la guerre des Albigeois, les habitants se oonnèrent volontairement à Simon de Montfort. Éléonore , fille de ce prince , apporta en dot à Jean , comte de Vendôme, la seigneurie de Castres, qui passa ensuite a Jean , comte de la Marche, cadet de Jiourbon, époux de Catherine de Venddme. Plus tard, une autre Éléonore , en épousant Bernard , comte de Pardiac, la lit passer dans la maison d'Armagnac. Après la mort du malheureux Jacques d'Armagnac, en 1477, tous les biens de cette famille furent confisqués , et Louis XI donna le comté de Castres à son lieutenant général en Roussillon, le IVapolitain fioffilo del Giudice; mais cette donation souleva de nombreuses contestations que François V termina enfin en faisant rendre 'par son parlement un arrêt qui, en 1519, réunit ce comté à la couronne.
Les habitants embrassèrent le parti de la réforme dès le commencement des guerres civiles qui suivirent la mort de Henri II, fc fortifièrent, et érigèrent leur ville en une espèce de république. Mais après les ravers des protestants, en 1629, ils furent forcés de se soumettre et de démolir letirs fortilicalions. C'est à Castres que fut établie lu chambre de Cédit à laquelle devaient être portées les affairas des protestants étanlis dans le ressort du parlement de Toulouse. (Voy. Cn ambre.) Ce tribunal fut transféré, en 1679, à Castelnaudary, et enfin supprimé en 1685. Castres, bAtie sur t'Agottt, dans un bassin agréable et fer«
il66
CAS
LUiMVERS.
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tj)e, è^t,9\ijoiircl*huj peuplée de se\^ iîqme diiàtre cent aix-iipit habitàntç; c'est la patrie d'André bacier, de Rapin de i;i^pyras, de tj/jbatier, etc,
Ca^tbigdm (ooinbat dé), jLé 4 octobrjB 1799, p|Bi| jf>ur8 aprèé la l)atailje d'Alkmaer (voyez ce mot), i'arn]ée française et tannée arij^lorus^e se retrouvèrent en présence près 4ji village de Ca^tricum, qui, forniant la position la plus inipor** tante, la clerciu champ de bataille, fut vivement disputé. Occupé d'abord par les Français, puis enleyé jjar le général Èssen, il avait été repris aui; Ru^* ^es. maison par riiaison , après tin^ mêlée dés plus sanj^iantes , lorsque Àbercrouiby intervint, rallia les fuyards çt livra un nouvel assaut. Le combat recommença ^visc fureuir. Bruné Toyapt 9lors que le moment déc^îf était ar« rivé, conduisit en personne une charge brillante, qui fixa de notre coté je fuccès de la bataille. La cavalerie ennemie se dispersa, et Tinfanterie re*:
cula jusqu'à Bakkum et Limmen. Cette bataille acharnée affaiblit de quatre mille hommes l'armée des coalises. Le lendemain même, le duc d'York, renonçant à lutter plus longtemps contre les soldats français,. nssembla un conseil de guerre, où il proposa de battre
retraite, et l'on sait que bientôt il ^,hâta de conclure avec lirune la capitulation qui termina eelte campagne.
CIastbies, ancienne baronnie du Languedoc , à huit kilomètres de Wontpellier (département de TllérauU). Cette kironnie, acquise eu i495| pa(r, GuiUaume if^ la Crçiap^ gouYe^neur qit Montpellier, fut érig^ en marquisat, en 1G45, en faveur de René- Gaspard de la Croix, qui fut ainsi le premier marquis de Castries.
ÇASti^iE^ (famille de).— Le petit-fils
de René-Gaspard de la Croix, Charlesliugène- Gabriel de Castries, fut le perspnui^e le pliis reu){irquable de eette familte^Il naquit en 1727. ^ loyatiie^noijabreux services aux armé^ d'Allemagne, cfe Flandre et de Corse; avX; bk'Jtailles de Footenoy,(leKaueoux, de Rosbacb, etc., et sa belle conduite à
re^cajàde de la ville de Saint-i^o^ri ^ à la prise du chfiteau de RliinfoWs, en 1758, lui valurent le grade de lieute»
nant général. Il continua de se distin?
fuer sur le Qibîn, à Glostercamp, ^ ^esel et aux campagnes de 17§| ett de 1762; nommé en 1780, ministre oe là marine, il devint en 1783, maréchal dé ]france et émigra en 179L II all§ alor^ demander un asile au prince de Bruhsyick, qu'il avait vaincu à Clostercamp ; il en reçut l'accueil le plus honorable, commanda une division de Tarmée des princes dans 1 expédition de Champagne, en 1792, et contre-signa |a décla- Kiition adressée par Monsieur aux émigrés français, le 28 janvier 1793, relativement à la régence. En 1797, le maréchal de Castries dirigeait coqtointement avee le comte de.âaint- Iprîest, le cabinet de Louis XVni, résidant alors à BInnckenbourg. Il mourut à Wolfenbuttel , le 12 janvier 1801 , à ràge de soixante et quatorze ans, et fut enterré à Brunswick , où le duc lui fit élever un monument.
Son fils, Armand-Nicolas- Augustin, duc de Castries, né en avril 17j56, était maréchal de camp^ en 17S9t Défwtjl de là noblesse de la vioomté df Paris aux états généraux , il s'y iQontra l'un des plus opiniâtres défenseurs de la monarchie tiîodale, et se battit avec Charles de Lameth, pour soutenir ses opinions politiaues. Uh6te] de Ca^f tries ayant été pillé par le peuple, ^ la suite de cet événement, le duc dç Castries passa en Allemagne , et y servit dans les corps d'émigrés jusqu'en i794, époque où il se chargea aVii organiser un, à la solde de TÂngleterre. En 1795, il combattit en Portugal, à la tète de ce corps, et ne rentra en France qu'a la restauration de 1814. l^ommé par le roi membre de la ebanh brè dès pairs, il a continu^ ^ 8*y fa^è remarquer par Tardeur de son royalisme.
Caslel. — Çe mot , employé suhs,tantivement, signifie, en aroijt ççcle« siastique , les profits éventuels i^t vâ-f
riables d'une cure , comme ceux des baise-mains, baptêmes, mariai^es ^ enterrements, les rétributions des nies-
CAS FRANCE. CAS ièf
ses « 0Uv G'^t ên ce sens que nous en i^nt^UQf à» celle qiiVn ^plissait, ôa
pavîejrcM^^ ki. )a reffUçA bientôt coiprue une rétribjyi-
Voic] Torigine de celte espèce de re- tien, comme le prix d'une chose ache-
3î^nu. Dans le^ temps de la primitive téeet vendue; etce principe e$t si bien
l^gliseï ii ét^^t usage que fidèiçs établi , q^,e le prêtre qui n^anqMe dé
fui am^ient au çacritiee ûh la iness0, célébrer messes qu'c») It^i 9^ ^yé^ ,
y ^pi^rtas^ent chacun uue offrande «e rend , suivant lias câiniistes, coùpa*
de pain et de vin. Une partie servait à ble de vol.
la communion du prêti e et des assis- Il était aussi d'usage de faire auj^
|ant$ ; le rf||te se diâtribuait aux mi- çurés, à Toccasion d^es fiais^auçc^ et
nistres lie l!Eglise et àiix pauvres , i des raariac;es , à ti(ré ^e rétri|>ûtioii
rexceptiou d'une portion dti pain, que pu de salaire , un présimt de vin, ap-
|e célébrant bénissait, et dont ies fidè- pelé vin de baptt^mey où vin de tîo-
ies , par dévotion , emportaient cha- ces. Un peu plus tard, on y substitua
cun un morceau pour le manger en aussi un don en argent ; et , à Taide
(aniille. Cest cle ce banquet mystique, de pratiques dont pouç (Kit-rerons plps
que Ton nonunait les. iÊMiogies, quç lias , le caçuel dleis curés , qui avait
nous viennent la présentation et la commencé par une offrande bénévole
distribution du pam bénit, qui ont de peu de valeur, devint un droit po-
lieu à la grand'messe ies dimanches sitif d'assez haute importance, surtout
et tes fttes. dans les paroisses riches et populeu«
Quaed la religion chrétienne fut ses.
adoptée dans la Gaule, on y célébra Lecasuel, abandonné à la discréles Eulogies avec une sainte ferveur, tion des prêtres, n'a jamais été, à Grégoire de Tours fait mention d'une proprement parler , réglementé p;^ le femme pieuse « qui , toua les jours , pouvoir. U semblait permis à eaux lirait pour la messe un Haoon de ce qui le percevaient , de chercher à vin précieux de Gaza , si reiiommé 1 augmenter par tous les moyens qui 80MS nos premiers rois. On lit dans leur paraissaient convenables, et plula Translation des reUques d» ^int sieurs d'entre eux ne s'en sont ppiot fienifotiXi que des toboureurs de Vi fàlt faute. Faisant payer les mei^es Selogne firent vœu de donner tous les privées , les baptêmes et les maria^ea, ans, en l'honneur de ce saint, une cer- ils trouvèrent tout naturel de (aire taine quantité de blé pour servir au payer les enterrement^. Ijs créèrent sacrifice de la messe. des congré^tiçns doat les membres
Si la dévotion fut d*abord lort vive, devaient verser entre ]fiurs mçiins une
y C8t à présumer qu'elle ne tarda pas contribution mensuèlle , suscitèrent
» a^ rellicher sur le présent volon- une foule d'occasions de prières et de
taire de pain et de vin. L'Église, re- bénédictions , qu'ils ne donnaient
gardant sansi doute comme un devoir qu'argent comptant , et finirent par
co qui n'avait été dans l'origine qu'un ajouter d'onéreuses charge^ indirectes
adè de plélé^ plusieurs conciles en à l'impâtde la dtne, déjà si lourd
France, notamment le second concile dans les campagnes, de JMàcon, tenu dans l'année 585, lirent Une déclaration de 1644, s'occu-
de cette oiffrande une obligation cano- pant en&n du casuel des cures , porta
nique au moins les dimaDehes. Dès le qu'il ne devait pojnt être compris dans
faattièiM siècle , on commença , pour les portions eongrues (voyes ce mot),
les messes privées, à substituer au On ne comptait point le casuel d'une
pain et au vin un présent en argent; cure de campagne , quand il s'agissait
et cette offrande nouvelle, beaucoup de décider si le gradué pourvu de cette
plus commode pour b main qui la cure était sulfiaamncient doté ; en eiola
tkisatt et pour ceHe qui In recevait, il y avait quelque justice , car ce casuel
lîit bientôt ^ seule en usage. Mais au n'était jamais considérable ; mais dans
lieu de la regarder comme la repré« les villes, où il s'élevait souvent fort
L'UNIVERS
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haut, il en était autrement; on pouvait cence ou la modicité de leur don ; on
alors le grever d'une pension, commeun ne verrait pas enfin ané multitude de
fonds certain sur lequel on avait droit pratiques, qui, si cela pouvait être,
de compter. Un desservant nommé dégraderaient la religion comme elles
par tni évêque à une cure en litige, nuisent à la considération de ses niinis-
ou dont le titulaire était en interdit, tres.Espéronsqueietempset la pudeur
ne poûvait exiger que les lionoraîres publique amèneront sur ce point une
qui lui avaient été fixés, sans avoir -réfortne que les personnes véritable-
aroit de s'approprier dans le casuel ment pieuses appellent de tous leurs
des baptêmes , mariages , enterre- vœux.
ments et offrandes, une portion plus Catacombes de Paris. — Toutes
forte que celle que Tusage ou le tarif les pierres qui ont servi à la cons-
attribuaient aux vicaires. Telle était traction des maisons du vieux Paris,
la législation qui réalnit le casud, ont été tirées d'abord des carrières
quand la révolution l'abolit. souterraines ouvertes sur les bords
Lorsque, sous le consulat , il fut de la Bièvre , dans remplacement
question de rouvrir les églises et de qu'occupèrent plus tard le faubourg
réorganiser le corps ecclésiastique, Saint •Marcel, les constructions du
IVapoléon, au sein de son conseil Mont-Parnasse, et les bâtiments au-
d'I'tiit, s'éleva avec force contre Je jourd'bui démolis des Ciiartrcux. Dans
casuel des ministres du culte. des temps postérieurs , on demanda
' « En rendant les actes de la reli- des matériaux au territoire de Gen-
« gion gratuits , disait- il , nous rele- tilly, de Mont-Souris, et à celui que le
« vons sa dignité, sa bienfaisance et faubourg Saint-Jacques occu|)e en ce
« sa cbarité ; nous faisons beaucoup moment. Faute de surveillance de la
« pour le petit peuple , et rien de plus part de l'autorité, les exploitations
« simple que de remplacer le casuel eurent lieu sans règle fixe et sans es*
• par une imposition l^ale. Tout le prit de prévoyance , fort avant sous « monde naît , beaucoup se marient , le sol de la campagne , et fort avant « et tous meurent. Voila trois grands aussi sous les propriétés déjà bâties, «objets d'agiotage religieux qui me II résulta de ce désordre, que dt nomm répugnent , que je voudrais faire breux édiCces et des quartiers entiers
• disparaître. Puisqu'ils s'appliquent se trouvèrent assis sur des terrains
également à tous , pourquoi ne pas « lès soumettre à une imposition spé- « ciale,ou bien encore les noyer dans la m masse des impositions générales? »
Cette idée était bonne, pourc|uoi n*a-t*elle pas été mise en application ? Wous l'ignorons. Si h s choses eussent
minés en dessous , et pour ainsi dire suspendus sur des abîmes. Malgré cet état de choses , qui était connu de tout le monde, il fallut que des éboulements et des affaissements causassent de nombreux malheurs , pour que la sollicitude du gouvernement
été réglées ainsi , on ne verrait pas le s'en occupât. Enfin, dans les derniers
prêtre qui vient d'administrer un sa* mois de 1776, après des enfoncements
crement obligé de recevoir un salaire et des écroulements de maisons, Tau-
pour ses snmtes fonctions ; on ne torité ordonna la visite de ces vastes
verrait pas les agents des fabriques et profondes excavations. Alors , dit
exploiter la vanité des fidèles , et les M. Hericart de Thury , on reconnut
forcer à des sacrifices qui souvent avec épouvante « que les temples, les
leur coûtent, en recueillant l'offrande des assistants dans un bassin découvert ; en obligeant des mariés à fixer la leur aux cierges qu'ils tiennent chacun à la main, les exposant ainsi , pendant toute la cérémonie, aux commentaires de chacun sur la magnifi-
palais , et la plupart des voies pubîi« ques des quartiers méridionaux de Paris étaient prêts à s'abîmer dans des gouffres immenses ; que le péril était d'autant plus redoutable , qu'il se présentait sur tous les points, v Eu 1777 • on créa une compaignre d*in|||é-
CAT FtVANCE. *
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nîeurs spécialement chari^ée de consolider les excavations par des étais et des voûtes. Les travaux de cette compajznie , qui , depuis leur ouverture, n'ont subi aueune interruption, et se continuent encore , n'ont point empêché que quelques affaissements n'aient eu lieu ; mais on espère qu'avec le temps ils deviendront très-rares, et cesseront tout à fait. Du reste; les précautions ont été prises avec intelligence : chaque galerie souterraine correspond à une rue, et les numéros des maisons sont répétés audessous , de sorte que si un ébouletnent se fait à la surface, on sait tout de suite, à l'intérieur, sur quel point il faut mettre les ouvriers.
C'est dans une partie de ces carrières que l'on a établi cet Immense ossuaire, que l'on appelle les en taromhes de Paris , et voici à quelle occ^ision : le cimetière des Innocents, qui , depuis dix siècles, recevait les morts de plus de vingt paroisses, était encombre d'ossements et de cadavres, qui portaient l'infection dans les quartiers environnants.
Des plaintes longtemps répétées , et plusieurs accidents successifs , attirèrent d'abord l'attention des savants , qui publièrent plusieurs mémoires sur ce sujet, et enfin du gouvernement, que ia clameur générale força de s'en occuper. Le conseil d'État , par arrêt du 9 novembre 1795 , décida que le cimetière cesserait d'être consacré à son ancienne destination , et serait transformé en un marché public. L'archevêque de Paris v consentit en 1786, ordonna que le terrain serait fouillé à la profondeur de cinq pieds, la terre passée à la claie , et les ossements transportés dans les galeries souterraines disposées pour les recevoir , c'est-à-dire , dans les carrières de la plaine de Mont-Souris , que l'on était parvenu à cotisolider. Plusieurs grands vicaires, accompagnés de docteurs en théologie, et du clergé dont les paroissiens reposaient dans le cimetière des Innocents, étant venus , le 7 avril 178C, consacrer avec toute la pompe sacerdotale le nouvel asile ouvert a la mort, on s'occupa
avec activité du soin de l'enrichir aux dépens de celui que l'on abandonnait.
Des inscriptions, qui attestent que ia première translation se fit dans les mois de décembre 1785, janvier, février et mars 1786, nous apprennent cependant que l'on n'avait pas attendu fa bénédiction des catacombes , pour y transporter les ossements du cimetière des Innocents. Depuis cette cérémonie, les transports furent fréquents. Les cimetières de Saint-Eustache et de Saint- Ëtienne des Grès avant été supprinies en 1787, on transféra dans l'ossuaire les débris humains qu*ils contenaient.
Dans la suite , pendant et après les orages de la révolution , on y déposa les corps des personnes tuées dans les troubles, et les ossements enfouis dans les cimetières des autres paroisses et des maisons religieuses. Divers travaux faits en 1808, I809, 1811, et postérieurement, dans le marché des Innocents, mirent à découvert de nouveaux ossements, dont la plus grande partie fut encore transportée dans les catacombes ; le reste fut déposé dans les cimetières de l'Est et de Montmartre.
Les personnes munies de billets pouvaient autrefois visiter ces cavernes sépulcrales, qui étaient devenues, il y a environ vingt ans, l'objet d'une curiosité très-vive , et, en quelque sorte , le but d'une promenade à la mode. Aujourd'hui , l'accès en est tout à fait mterdit au public. Nous croyons donc devoir en donner ici une courte description.
On y pénétrait ordinairement par une porte située dans la cour du pavillon ouest de la barrière d'En^r.
Après avoir descendu quatre-vin^tdix niarches, on se trouvait dans une galerie de dix-neuf mètres quatorze centimètres d'élévation. De là on arrivait dans une autre galerie creusée sous la route d'Orléans ; on faisait différents détours , dans lesquels on était guidé par une large ligne noire tracée sur la voûte, et qui tenait lieu du fil d'Ariane. On rencontrait dans le trajet plusieurs constructions faites pour empêcher la contrebande , les grands ouvrages commandés en 1777
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pour la consolidation de Taqueduc d'Arcueil, et un labyrinthe de galeries lougues , ténébreuses , dans lesquelles IliKSieiln ilniRnideiitf s^élaiit^ mt-OD, engagés sans guide , se sont pondus et sont morts de fbim. Un nouvel escalier que l'on descendait, conduisait 4lans une salle, où Ton voyait un plan .c» fdicf dé lu lorteres» de Fort* îfalion , exécuté par un ouvrier , ancien soldat qui 9vatt assisté à In prise de cette ville, sous le maréchal de Richelieu, en , et qui , sans autre •guide que ses ipvy^atrs, avait employé j^eodent cinq ans les heures de ses repas à l'exécution dp cette œuvre de patience. Dans une autre salle , on voyait un amas de rochers , qui , en
loilmpt , s'étaient arrangée d'une
Smïîjre ielknrtent pittoresque, qu'on I jilgea dignes de servir de modèle aux décorations de l'opéra des Jiardfis. Ou p9s$aiit ensuite près d'un pi- Uev ulUedane la masse calcaire, e| d'un autre en pierres sèches , puis on arrivait au vestibule des catacombes En entrant, on rencontrait un cabinet u\lAérQWgi(|ue cpntenant une collée- I^QIi ciMppièt9 des éol^otillons des b^Qps <U terre et de pierres qui constituent le sol des carrières ; et plus loin , dans un ancien carrefour, entre quatre murs de sojii^ement , un capiM de pathologie où spnt rénnis et çlaillés méthodiquement une foule d^ossements remarquables par quelques singularités , ou par les altérations que les maladies leur ont fait ^gbif. y^e crypte , établie dans une yastp salle dont l'entrée est décorée de pilastres d'ordre de Pestiim, offrait çq^uite un piéde^m construit eu os- 9f ineo|« t dont les n^puli^re^ çe comr ySUm^ ^« tibias <|e la phis graii4<l <|ii^ension ; au-dessus est une tete oe mort- Là reposent les corps exhumés du cimetière 4p Saint-Laurent, su{)nrimé en 1QQ4. tp que Ton appelajt Y^iiM 4^ Û^iêlls/ivfià est un massif pppi|{P^é d'ossements , avec des for-
S^eç' imitées de Tantique, accompagné ^ colonnes quadpangulaires reposant ^mr des (^ié^estau^ et surmontées de t^s ()p vû(3^\. On a donné à d^autres
travaux de consolidation la forme d'un monument sépulcral , que l'on a appelé sarcopliage du Lacrymatoire on tamheau de Gilbert 9 à cnnse dé quatre vers de ce poile qui ify troa^ ' vent inscrits. Un monument composé d'un piédestal , surmonté d'une lampe antique , se trouve non loin d'un pir lier 4ue Ton appelle (ht Mémento, ues eaux éparses , recueillies dans un bassin , ont formé l:i fontaine de la Samaritaine , dans laquelle on a jeté en 1813 quatre dorades chinoises^ qui y vécurent longtemps saMseeeprodnire»
Toutes ces salles of&ent à leur enlrie* ou dans leur intérieur, des inscriptions graves et religieuses qui portaient râme au reeueUUniexit. Au-des- •0U8 du sol, «mt ûfiwQél kl» nqpes des victimes d(S diye^sM scènes sa«b^ glantes qui eurent lieu h Paris pendant la révolution. Ces sépultures ne portent d'autres inscriptions que la date de réyéDfsmnnt qui les a nfndu^i nécessaires, telles que : 10 août\i^%»
— 2 et Z septembre 1792. Du second étage des catacombes , on descendait dans un t|ro|sièm§i j npmmié liasses catofiêmbfs, p|gr ua efctaH^r soim lcquii| on a coqsti^t un aqueduc qui COI^W les eaux d'upe source voisine daps le puits de la tombe Isoire. Un pilier de {orte dimensiou y a été élevé pour soutenir |a TO^te., qui , fendue et lézaf? dée en plqsieqrsêpdrjoits, faisait crain< dre un éboulement. Quatre strophes tirées des JSuits clémentine^ , composées sur la mort du pa^e Gangane.lli , «Qnt inscrites spir ce pilier, qui avsiit reçu, en Oppiléquence, le moiQ dfpIr lier des Nuits clémentines.
On sortait des catacombes , ap;'çs avoir remonté aqx g^lejrje^ supérieures, en parcourant m Vf9^t|))H|t et upi long corridor , au ïnout duquel se trouve un escalier de dix-sept mètres cinquante-trois centimètres , construit eq 1794 , et abputiçs^nt au cbeini^ qui conduit de ^i^t-Souris au petit Môntroqge-
Catalauni, peuplade de la second,^ Belgique, dont C<j^ialauimf)i (Cjiâl^^i; sur-Marne) était la capital^. l\% av(^i,^|)t
pour ToisjBji au nprd leti ^emi^ au ^
CÀP FRANCE.
CAT
• les Lîngones , à l'est les Leuci et les T'erodunij et à l'ouest les Tricasses et les Suessiones. Les Catalauni sont mentionnés pour la première fois comme peuple distinct des Remi, dans Eumène et dans Ammien Marrellin , ensuite dans Eutrope et dans la Kolice des Gaules.
Catalogue (relations de la France avec la). — Le roi d'Aquitaine, Louis, qui plus tard succéda à Cliarlemagne , sous le nom de Louis le Débonnaire , voulant, dès l'année 798, former au delà des Pyrénées un établissement qui pût servir de point de départ pour des conquêtes ultérieures sur les musulmans , fil relever les murs et les forlidcations de plusieurs anciennes villes de la Tarraconaise orientale, détruites par les Arabes un sipcle auparavant. Il y plaça des garnisons, ety appelades populalionsclirétieimes, qui, à la condition de défendre ces villes contre les Arabes, furent organisée? en petites corporations niunicipaleset investies de divers privilèges. Ces villes formèrent, avec le district qui leur fut attribué, que seigneurie dépendante de la Marche d'Espngne , et que Louis donna à un Franc nommé Jiorel, et qualifié du litre de comte dans les chroniques. Celte seigneurie devint le noyau primitif du vaste et puissant conité de Catalogne. Elle fut, au delà des Pyrénées , la première terre chrétienne reconquise par les Franco-Aquitains sur les musulmans.
Mais Barcelone resta quelque temps encore au pouvoir des Sarrasins (voy.
Barcelone et comtes de Barcelone).
La destinée de la Catalogne fut d'abord intimement liée à celle de la Provence ; et dans les guerres des Albigeois, les Catalans vinrent plus d'une fois au secours des Provençaux. Pendant longtemps , la Catalogne reconnut, au moins nominalement, la suzeraineté des rois de France. Ce ne fut qu'en 1180 qu'Alphonse II, comte de Barcelone et roi d'Aragon, fit déclarer par le concile de Tarragone , que les actes qui se dataient en Catalogne de l'année du règne des rois de France , ne se dateraient plus que de l'ère chré-
tienne. Les rois de France protestèrent contre ce décret ; mais plus tard, les rois d'Aragon ayant acquis des droits sur plusieurs villes du Midi , comme Carcassonne , Albi , ÎSîmes , etc., et Philippe le Hardi ayant épousé Isabelle d'Aragon , Jacques V\ père de cette princesse , lui donna en dot la seigneurie de Carcassonne et de Béziers, et renonça à toutes ses prétentions sur le reste du Languedoc.
De son côté , Philippe en fit autant à l'égard du comté de Barcelope et de la Catalogne, et depuis, l'histoire de cette
firovince se confond dans l'histoire de 'Aragon.
Cependant, vers le milieu du dix-septième siècle, une insurrection terrible éclata en Catalogne contre le gouvernement tyrannique de l'Espagne, l^arcelone donna le signal en massacrant son vice-roi. Les autres villes suivirent rapidement l'exemple de la capitale , et toutes les garnisons espagnoles furent ou exterminées ou chassées. Richelieu , qui peut-être avait fomenté cette révolte, sut bientôt la tourner à son profit. Lorsque le roi d'Espagne, Philippe IV, se fut disposé à faire niarcher une armée pour les soumettre , les Catalans envoyèrent en France D.
Francisco de Vi'iaplana , cavalier de Perpignan , pour contracter alliance avec Te cabinet français. Leur première pensée avait été de former unp république, et le cardinal avait autorisé Duplessis-Besançon , qui servait alors dans l'armée dé Languedoc , à s'entendre avec les députés des étatç de Catalogne pour l'établissement d'une république dont Barcelone eût été la capitale, et qui se fût placée sous la protection du roi de France.
Enfin, le 16 décembre 164|, Louis XIII signa avec la principauté de Catalogne , et les comtés de Roussillon et de Cerdagne , un traité par lequel il s'engageait à fournir aux msurgés des officiers pour commander leurs troupes, six mille hommes (|e pied et de^x mille chevaux. Espenan , gouverneij^ de Leucate, fut chargé de conduire Barcelone les premiers secours français : ils consistaient en trois n]i(lQ
27^ CAT
fantassins et huit cents chevaux. Malheureusement , après s'être avnncé jusîju'à Tarragone, Espenan fut obligé de capituler et de retourner en Languedoc, et le général espagnol Los Velez se hâta d'aller mettre le siège devant Barcelone ; mais il était entré dans cette ville quelques troupes nouvelles arrivées de France sous les ordres de Seri(^an et de Duplessis-Besançon. Les ingénieurs français rele* vèrent à la hâte les fortifications , et les Espagnols furent repousses avec perte. En proie à une terreur panique, ils prirent la fuite et laissèrent oerrière eux deux mille morts ou hlessés.
Lorsque le siège eut été levé , les Catalans , tri^vaillés en secret pnr Richelieu , renoncèrent à leur projet de république , et se donnèrent à la France par un acte que les états de la Provence signèrent, le 23 janvier 1 lU 1 , et que le roi accepta h Pcronue , le 18 septembre suivant. Ce traité portait eu substance , que Louis XIII acceptait la principauté de Catalogne, avec les deux couités de Cerdagne et de Roussillon, coninie partie indivisible de la monarchie. En même temps , le roi jurait de respecter les libertés dont jouissaient les habitants de ces pays, d'observer leurs lois et coutumes , et de maintenir toutes leurs magistratures, soit nationales, soit communales. Il abandonnait aux états le droit exclusif de lever des contributions ; il ne s*en réservait pas même le cinquième, comme fnisait probablement le roi d'Espagne.
Il promettait de n'accorder ^u ù des Catalans les bénéfices ecclésiastiques et les emplois civils de la province; il y maintenait l'inquisition et l'obsertion des canons du concile de Trente; il supprimait la convocation du ban de la province, qui était remplacé par un corps de cinq mille fantassins et cinq cents cavaliers , que les états s'engageaient à entretenir pour la défense exclusive de la principauté. Eiilin , le privilège de rester couverts devant le roi était accordé aux premiers magistrats catalans.
La guerre civile , qui ne tnrda pas à éclater en France , nous lit perdre
CAT
cette nouvelle acquisition. Le prino6 de Condé s'étant brouillé une seconde fois avec la cour, un de ses partisans, le comte de Marsin , abandonna la Catalogne , où il avait un commandement, emmenant avec lui trois mille hommes de bonnes troupes qu'il débaucha à l'armée française , et qu'il conduisit par les frontières d'Espagne Jusqu'en Guyenne. Par suite de cette' désertion , la Catalogne se trouva dégarnie de troupes , lorsque don Juan d'Autriche, (ils naturel de Philippe IV, appelé par la plus grande partie de la noblesse et du clergé du pays, parut devant Barcelone , vers le milieu d'avril t651 , avec une flotte nombreuse, qui intercepta toute communication du côté de la mer. Ce fut en vain qu'au printemps de Tannée suivante le ma* réchal de la Mothe vint se jeter dans la ville, et dirigea avec habileté la défense des assiégés; il fut obligé de capituler, ie 13 octobre, et, heureusement pour sauver Thonneor français , TEspagne accorda aux Catalans une amnistie entière , avec la conservation de leurs privilèges. Dès lors, la Catalogne rentra définitivement sous la domination espagnole , et les Catalans restèrent en repos malgré les armées que la France envoya dans leur pays , et oui ne firent guère que reprendre
auelques places. Ces places , de peu 'importance, nous furent enlevées en 1659 par le traité des Pyrénées , qui nous céda, en compensation, le Roussillon et la Cerdagne , possessions indispensables pour assurer l'iodépendance de notre territoire.
Ainsi donc, après avoir fait partie de la France , ou reconnu la suzeraineté de nos rois pendant près de six cents ans , la Catalogne fut déclarée indépendante vers la fin du douzième siècle, à la demande du comte de Barcelone et du roi d'Aragon. Englobée dans la monarchie aragonaise, a la lin du treizième siècle ^ la Catalogne s'en sépara au dix-septieme siècle , et consentit à être incorporée à la France.
Les intrigues de Richelieu influèrent sans doute sur cette détermination ; mais ces intrigues n'ont eu du succès
L'UiSiYERS.
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^ue parce que les Catalans ont tou- JODTS conservé un souvenir de leur origine à moitié française , et de la
loncriie l'ériode de temps pendnnt laquelle leur pays fut réuni a la France. Aujourd'hui encore , on retrouve en Catalogne des traces évidentes de cet ancien mélange des deux peuples. On rappelle souvent l'Espagne française, comme le Piémont reçoit le nom d'Italie française.
Mais la possession de la Catalogne importait trop à la sûreté du terri* toire espagnol, pour que la France pût la garaer sans s'exposer à une série de guerres qui auraient desavantageusemeut compensé le profit de sa possession. Richelieu du moins le comprit ainsi , et l'habileté quelque peu machiavélique de sa diplomatie à l'é-
Sard des Catalans révèle qu'il consiérait leur pays moins comme un afh -pùt que comme un gage qui devait valoir à la France l'acquisition de la Cercln^ne et du Roussillon. Ces deux provinces , déjà moitié achetées , moitié coniquises par Louis XI , avaient été légèrement abandonnées par Char> les VIII (voyez Castille). Elles ne sont pas moins précieuses pour l'indépendance de la France que ne Test la Catalogne pour Findépendance de TEspagne. Elles sont en outre un excellent point d'attaque pour rappeler au besoin le cabinet de xMadrid à des sentiments de modération. LcCposition de François I'^ vis-à-vis de son rival aurait été bien plus soutenable , si la Cerdagne et le Roussillon avaient été dans ses mains , et lui avaient ouvert le chemin de l'Espagne. Charles-Quint, menacé chez lui , aurait eu moins d'audace , et il est probable que la Catalogne n'aurait pas oppose aux armées françaises la résistance opiniâtre que la Provence opposa aux troupes espagnoles.
Catalogne (Campagnes de). Cainpagjie de 1 794 à 1 795. — En avril J794, les Espagnols , au nombre de plus de trente mille, occupaient encore toute la partie des Pyrénées qu'arrose le Tech, et, s'étendant par une longue chaîne de postes successifs sur la nve gauche de
T. IT. 18* liP. (DiGT. BNGYCL. ,
cette rivière, ils couvraient ainsi les places dont ils demeuraient maîtres :
Céret, le Boulou et Bellegarde, d'une part, Collioure etPort-Vcndre de l'autre. Au mois de moi , Dui^ommier fut envoyé contre eux , et , déployant plus d'activité que ses deux prédécesseurs Bagobert etTurreau, non seulement il expulsa l'ennemi du territoire da la répuDiique, mais transporta le théâtre de la guerre en Catalogne. En vain les Espagnols , avant de repasser la firontière, avaient-ils entrepris de dégager Bellegarde, seule place française qui leur restât, et que le général républicain pressait vivement; ils avaient été défaits, avaient laissé deux mille cinq cents hommes sur le champ de bataille, et la place s'était rendue à discrétion. Ils avaient alors battu en retraite, et étaient allés prendre position en deçà de Figuières; mais Dugommier les avait suivis. Leur ligne de défense, depuis longtemps préparée, couvrait à la fois Roses, Figuières et la Cerdagne; elle s'étendait depuis Saint-Laurent de la Mouga jusqu'à la mer. Ce développement de cinq lieues présentait une suite de fortilications dignes de la patience espagnole; on y comptait plus de quatre-vingt-dix redoutes construites avec soin , derrière lesquelles étaient rangés cinquante mille hommes. Après avoir reconnu ces redoutables positions, Dugommierrésolut de les attaquer en personne par la gauche, et chargea Augereau de îaire une démonstration contre |e centre.
Soutenu par cette diversion, qu* Augereau exécuta avec son audace accoutuméC) il réussit, dans la soirée du 19 novembre, à couronner les hauteurs dllanca, qui formaient Teitréme gauche du camp espagnol. Le lendemaiD^ au point du jour, Augereau renouvela Taction avec le même succès, et la bataille commençait à devenir générale, lorsque Dugommier fut atteint d'un édat d'obus qui le tua presque sur le coup. Le commandement passa au général Pérignon, qui s'en montra digne La gauche de l'ennemi, couiplétement battue, abandonna ses redoutes, et rétrograda Jusqu'à Figuières. Après un
Bic.) 18
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jonr He repos donné aux troupes , la bataille s'engagea de nouveau; mais la trouée était faite , Augereau s'y élança, et peu d^heures sufOrent potir emporter toutes 1m positions. Le généra! en chef espngnol périt dans cette dernière journée; les ennemis perdirent dix mille hommes, et ne purent se rallier 5009 le canon de Figuières.
PérîgDon assiégea sur-le-champ cette place, oui capitula le 27. Les Français et les Espagnols entrèrent alors en quartiers d'hiver.
A la réouverture de la campagne, Pérignon investit Roses, l'assiégea, et réussit à renlcver le 3 février 1795. Les Espagnols, rétrogradant de nouveau, allèrent prendre position derrière la Flufia; Scherer, qui avait remplacé Pérignon et Augereau , entre lesquels le comité de salut public craignait une rivalité. Scherer les battit en juillet, et les eût poursuivis fort loin sMi n'eût reçu Tordre de s'arrêter, par suite des ouvertures que le cabinet de TEscurial faisait à la république. La paix fut effectivement signée à Bâle par le citoyen Bartliélemy et le chevalier Iriarte.
Campagne de 1808 à 1813. — Le 2 février 1808, un corps de douze mille hommes, commande par le général Duliesme, pénétra en Catalogne parla Junquera. Duhesme, comme le général pupont et le maréchal Moncey, sous les ordres de qui deux autres aîrimées avaient déjà pénétré en Espagne, devait s'avancer le phis possible dans le pays, et, sous l apparence d'un sincère dévouement à la cause de Charles IV, s'établir si bien dans les places et forteresses, que les protecteurs pussent facilement se changer en maîtres le jour où il plairait à Napoléon de ne plus dissimuler. Dès le 29, Duhesme s'était frauduleusement introduit dans la ville et même dans la citadelle de Barcelone. Mais les Espagnols ne tardèrent pas à découvrir les véritables intentions des Français, et la révolte de Madrid, le 3 mai, fut un signal d*insurrectioQ pour toutes les provinces. Duhesme, aussitôt qu'il apprit que le mouvement insurrectionnel atteit^nait la Catalognei
i^ERS. CAT
fil marcher des troupes sur les villes de Tarragone et de"!\Fansera, où les symptômes de troubles se manifestaient.Tarragone rentra dans le devoir; mais la colonne envoyée contre Mansera ftitarrêtée en roule par un rassemblement, et contrainte de se replier sur Barcelone.
Alors Duhesme marcha en personne contre la masse principale des insurgés réunis sur les bords du Lobregat.
Ils furent défaits, mais se rallièrent bientôt, et il fallut les combattre successivement au village d'Arbos , à l'ermitage de Moncada, suV le Beso^, autre rivière à Test de Barcelone, au clulteau de Mongat, à INTntaro, et dans les detilés de Santo-Polo de-Mar. On voit que toute la Catalogne était soulevée; toutes les places où il n*y avait
f>as garnison française avaient fermé eurs portes. Gérone était du nombre.
Duhesm" tenta, le 20 juin, de l'enlevejr d'un coup de main j mais il échoua, et comme il n'avait ni le temps ni les moyens d'en faire le siège, il revint vers le Lobregat, où de nouveaux rassemblements réclamaient sa présence.
Le 30, il les dispersa encore, et les Ût poursuivre just^u'à Matorell.
Sur ces entrefaites, la junte centrale,
f)0ur soutenir le dévouement des Cataans , leur envoya des munitions, des officiers et des renforts de troupes régulières, iloses^ Gérone, lloslalrich, Tarragone, Lérida, Cardone, Tortose, Balagucj:, furent mis en état de défense. Bientôt le général Duliesme , affaibli j)ar des combats nombreux, se trouva comme bloqué dans Barcelone.
Mais un nouveau corps, destiné à la soumission des Catalans, se réunissait sur la frontière des Pyrénées- Orientales. Le 6 octobre, ce corps, sous les ordres du général Gouviou Saint-Cyr, investit la place de Roses, qui ne capitula qu'après trente jours de siège. Le 5 décembre, immédiatement après la reddition de la place , Gouvion Saint-Cyr marcha vers Barcelone, qu'il était urgent de secourir, et y entra le 17, après avoir battu l'ennemi en plusieurs rencontres, notanunent à Carcaden. Il donna deux jours de repos à ses troupes, et se porta
Cir FRANCE.
le 20 sur les bords du T-obrcgat, où les Espagnols s'étaient retrancliés pour la troisième fois. Le 21 , il les battit, et les força de se réfugier dans les montagnes. Il les poursuivit le lendemain, et les atteignit au col d'Ordal d'abord, puis au village de Vendrell, où il acheva de les détruire. Il s'avança ensuite jusque sous les murs de Tar* ragone, qu'il espérait surprendre; mais, le premier monient de stupeur passé, les habitants s'étaient mis sur leurs gardes. Tenter le siège lui était impossible; il replia donc ses troupes entre Tarragone et Barcelone, et resta quel(jue temps sur la défensive. Les ressources en vivres qu'offrait le pays furent bientôt épuisées. Dès la fin de janvier 1809, il fallait, pour s*en procurer, que les Français se répandissent dans les contrées montagneuses du littoral, où ils étaient continuellement aux prises avec des bandes de partisans. V&nt W 15 février, le géùéral Saint Cyr, que la disette réduisait aux plus durs expédients, vint occuper le pays entre les rivières de Fraucoli et de Gaya. Dans la nuit du 24, les insurgés débouchèrent par les dédiés de mfttblanch. Au jour, ils étaient rangés sur la rive droite du Vrancoli. Les Français les mirent encore en déroute, et les poursuivirent Jusque SOiili 16 canon de Tarragone, où ils entrèrent à la déljandade. G ou* vion Saiiit-Cyr alla ensuite («eeiiper la ville de Ueuss, la seeonde de la Catalogne ; mais il n'y séjourna qu'un mois, faute de pouvoir compii^qittigaer avéc Barcelone. Quant aui communications avec la France, nous dirons, pour donner une idée de la nature de cette guerre, que depuis novembre 1808 le général en chef n*avait ni reçu ni expédié de courrier, et que , s'il avait une seule fois donné de ses nouvelles, c'était en risquant une barque à travers les croisières anglaises et espagnoles. ' ' "^^^^
Au (ommencement d*aTHt, Parmée française qmtta ses cantonnements près de Barcelone pour marcher sur la ville de Vigne, où elle entra sans çeip^f, car tous les habitants, hommes,
femmes, vieillards, enfants, s'étaient enfuis. Après deux mois de séjour, lorsque toutes les ressources de la vallée environnante furent consommées, Gouvion Saint-Cyr se dirigea vers Gérone pour en faire le siège. Investie dès les premiers Jours de Juin, cettQ
Elace tenait encore à la fin de septemre, lorsque le maréchal Augereau vint prendre le commandement de Larmée de Catalogne. Étroitement bloquée, elle capitula enfin le 10 décembre; ce long siège n'avait pas coûté aux Français moins de vingt mille hommes, tués devant la place ou morts dans les hôpitaux. Gérone prise, Auereau gagna Barcelone, et s'installa ans le magnifique palais du gouvernement, où trente ans auparavant il avait monté la garde, alors simple sol* dat au service de Naples.
Dès janvier I8I0, l'insurrection relevait la téte ; et d'ailleurs, Tarmée française, stationnée autour de Barcelone , consommaitles ressources de cette ville, ressources d'autant plus précieuses,
?|u'il les fallait tirer de France. Augereau brma trois divisions: avec Tune, il se porta sar Gérone, et, tandis qa*il envoyait la seconde bloquer le fort d'Hokairich, la troisième alla occuper de nouveau la vallée de Vigne. Dans ces trois directions, les Français battirent plusieurs fois les troupes espagnoles régulières et irrégulières. Tranquille dès lors sur la hante Catalogne, Augereau crut l'instant favorable pour diriger le gros de ses forces au delà de Barcelone. Des ordres supérieurs lui enjoignaient d'ailleurs ce mouvement pour appuyer le corps de Suchet, qui se préparait à venir d'Aragon faire le siège de Lérida. Augereau se mit én route an commencement de mars, après avoir laissé trois mille hommes devant Hostalrich pour en continuer le blocus. Ses troupes ne rencontrèrent d'obstacles nulle part; mais il commit la foute grave de laisser, che* min faisant, àManresa et àVillafranca, dans un pays infesté de miquelets, des garnisons trop faibles pour assurer les communications entre deux divisions, qui allèrent cantonner à
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Reuss et à Barcelone, où il revint ensuite lui-même. Ces ^misons ne tardèrent pas à être taillées en pièces, et ce ne fut qu'avec beaocoujide peioe^ uoe fois les commuDications coupées, que les deux divisions, au lieu de continuer à se porter en avant , purent rétrograder vers Gérone. Le 12 mai , le fort d'Uostairich se remlit, et vers la même époque, les Français s'emparèrent des petites îles de las Medas, qui, situées à l'une des pointes du golfe de Roses, offraient un important mouillage aux Anglais.
Dans les derniers jours du .moi&, Augefeau, à qui l'empereur né pardonna point la retraite de Reuss , fut remplacé. Le premier soin du maréclial Macdouald , son successeur, fut d'approvisionner Barcelone pour six mois ; après quoi , franchissant les cols d Orilal et de San Cliristina, il alla se réunir dans Lérida au général Suchet, qui avait tout récemment réduit cette place, et qui se préparait au siège de Tortose, mvestie déjà par deux de ses divisions.
Comme la baisse des eaux de TEIbe retardait les auprovisionnements nécessaires, Macaonald se décida, pour nourrir ses troupes , à les cantonner dans les plaines fertiles qui entourent la petite ville de Cervera, située à huit lieues au nord de Tarragone. £n vain les Catalans essayèrent-ils d'arrêter sa marche, il remporta sur eux une éclatante victoire le 5 septembre, et resta maître du pays. Mais il n'y put séjourner longtemps : l'occupation de Palanios par les Anglais, et la sanglante défaite essuyée à la Bisbal par une de ses divisions, l'obligèrent à retourner, en novembre, dans la haute Catalogne. Après avoir battu l'ennemi en plusieurs rencontres, et ravitaillé Barcelone, il revint coopérer au siège de Tortose. Cette place, vivement pressée, tomba au pouvoir des Français le 2 janvier 1811. Sa prise porta' un coup terrible aux provmces de Test, car elle était leur principal point de communication, et le grand dépôt de leurs ressources militaires.
La Catalogne se trouva dès lors pri-
vée de tout secours derintérieur,et ce fut pour empêcher qu'elle n'en reçût de la côte que Suchet se prépara à faire le siège de Tarragone, dont toutefois ^investissement ne commença que le 4 mai. Dans l'intervalle , Macaonald se retira sur Lérida, et, pour y parvenir, toujours harcelé par rennemi, il eut de nombreux combats à livrer, notamment à Vais. Vers la fin de mars, le fort de Mont-Jouy, qui domine la ville et le port de Barcelone, faillit tomber par trahison au pouvoir des Espagnols; Macdonald dut se porter encore de ce côté; mais l'armée ennemie, manœuvrant sur Tarragone et IMont -Serrât, lui barrait la route: il lui fallut faire un détour, et renionter le Lobregat. Arrêté a Manresa, il fut assailli par une vive fusillade :
c'était une division d'insurgés qui , après l'avoir suivi le long des hauteurs , engageait le conibat. Macdonald parvint à les mettre en fuite, et entra dans la ville; mais la nuit, soit hasard , soit vengeance des Français, elle fut incendiée. Les troupes espagnoles , postées sur le Montserrat , purent voir Tincendie consumer la ville, une des principales de la Catalogne. Cette vue les remplit de rage; tous les paysans des environs se joignirent <à eux^ et la colonne fran-
Siuse ne cessa d'être assaillie le reste e la route.
Macdonald n'arriva à Barcelone que
pour y apprendre une triste nouvelle. La forteresse de Figuières, si importante pour assurer les comnmnications avec la France, venait d'être prise, et toute la Catalogne en poussait des cris de triomphe. Déjà dix mille Espagnols étaient sortis de Tarragone, et venaient augmenter la garnison de Figuières. Mais Macdonald arriva sous les murs avant eux, les défit le 8 mai , et bloqua la forteresse. Suchet, vers la même époque, commençait le siège de Tarragone, qui, après une héroïque résistance, lui céda le 28 juin. Tous les Catalans demeurèrent frappés de stupeur; et quand , au bout de quelques jours , Suchet marcha vers Barcelone, plusieurs Jùm*
des d'insurgés se dissipèrent devant lui sans qu'une seule amorce fût bcûlée. Le2l juillet, il se rendit- mattre de Mont*$errat , dernier dépôt d'armes et de munitions qui restât à Tennemi , après quoi il se vit obii|2;é de retourner en Aragon ; mais Figuières venait de se rendre , et la tranquillité de la Catalogne semblait assurée. Vers cette époque, Macdoiiald fut remplacé par le général Decaen, qui, malgré son zèle et son habileté , ne réussit pas mieux que ses prédécesseurs. En va1n remporta-t-il de nombreux succès sur les Catalans; les victoires mêmes coûtaient trop cher.
Au mois de janvier 1812, douzemille Espagnols, troupes régulières et guérillas, se réunirent sous les murs de Tarragone, et la bloquèrent, tandis
3ue deux vaisseaux anglais y lançaient es bombes. Pour aller au secours de cette ville, Becaen quitta Barcelone, vint camper le 22 à \ illafranca, et le lendemain défit, sur les hauteurs d'Altafulla, le général espagnol, qu'il y avait attiré en lui dissimulant, par des marches de nuit, la véritable rorce numérique de son armée. Tarragone fut ainsi sauvée. Dans son retour vers Barcelone, Decaen battit encore les Catalans au Grao d'OIot et à Centelles, puis , traquant rennemi dans les hautes vallées qui avoisinent Puycerda, Il le dii^iersa partout, lui enleva tous ses magasins, et détruisit une immense quantité d'armes. £n novembre, les Catalans étaient parvenus de nouveau à réunir une assez nombreuse armée autour de la ville de Vigne. Decaen les lit attaquer sur plusieurs points, les mit en luite, et occupa Vigne le 4 décembre.
L*ennemi se concentra alors vers le Mont-Serrat; le IS, il fut expulsé de ces nouvelles positions.il se porta ensuite vers le Lampordan : on le dispersa encore. Mais il était infatigable. Du mois de janvier au mois d*août 1818, un grandf nombre de combats et d'en* gagements partiels eurent encore lieu surdivers points: partout l'habileté des généraux français et le courage de leurs soldats triomphèrent de la ruse et de raudaoe des Espagnols. A la fin de mai,
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lord Murray, 5 qui Suchet avait victorieusement tenu tête en Aragon, rembarqua ses troupes à Alîcante, et aborda sur les côtes de Catalogne, où, dès le 2 juin , il insultait la place de Tarragone. Suchet vint le repousser, et les Anglais se rembarc^uèrent le 22. En aoât, ils renouvelèrent leur tentative. Suchet la fit échouer de nouveau.
Après avoir fait sauter les ouvrages de la place , et s'être renforcé de la garnison, Suchet alla établir son quartier général è Yillafrancaj et répartit ses troupes dans les environs. Forcé par la disette, il étendit ses cantonnements jusqu'cà San-Satnrni ; mais à peine un bataillon était-il établi dans ce village, que des bandes de miquelets, rassemblés à Esparquera, exécutant une marche de huit lieues, l'atlnquèrent au point du jour, et le détruisirent. Suchet se replia alors derrière le Lobregat, près du pont de Moulinsdel-Rey. Un second échec vint lui apprendre qu'avec les Catalans il fallait toujours se tenir sur ses gardes : tout un bataillon fut encore taillé en pièces dans la nuit du 11 septembre.
Mais le 14 il prit une éclatante revanche au col d'Ordal sur les armées anglaise et espagnole qui se dirigeaient sur Barcelone. Ce combat fut le dernier événement remarquable dans Test de la P^insule, à la fin de 1818. Les revers éprouvés par les Français, soit au nord de l'Espagne, soit en' Allemagne, obligèrent bientôt Suchet à ramener l'armée d'Aragon et le corps de Catalogne vers ia frontière de France.
Catamaivtalîîde , roi séquanais , père de Castic , mentionné par César dans sa Guerre des Gaules, livre I, cbap. 8.
Catapulte. C'était une machine de guerre à peu près semblable à la haliste. On n'a cessé de s'en servir que depuis l'invention de la poudre. Elle puisait sa force dans la tension de nerfs ou de cordes à boyau , qui , en se débandant, lançaient au loin des projectiles de toutes' sortes, comme des pierres, des poutres (voyez Balistique).
IiC chevalier de Folard, voulant savoir
GAT
GAT
à quoi 8*ea tenir sur les effets de la
catapulte , en fit faire une petite de dix pouces de long sur treize de large, avec laquelle il lançait une balle d'une livre de plomb à deux cent trente toises; le bandage était tendu sous .Vangle de trente-six degrés.
CATEAU-CAMBREsis"(le), joHc ville de 1 ancien Cambresis, dont elle prétendait être la véritable capitale, est aujourd'hui le chef- lieu d'un des cantons du département du Nord, à vingt-cinq kilomet. de Cambrai. Le Cateau s'est formé de la reunion des deux villages de Péronne et de Vendelgies , où ré- . véque Halluis fit bâtir un château pour protéger les habitants. L'évêque Gérard 1" y fonda une abbaye en 1020.
Prise et brûlée, en 1133, par un sei- . gneur nommé Maufilâtre , elle fut encore six fois prise et reprise dans le cours (lu quinzième siècle. Les Français la brûlèrent en 1554, après la Je- . vee du siège de Cambrai ; elle fut cédée à la France par le traité de Nimègue, et en 1798, les Autrichiens Toccupè' rent pendant quelque temps. La population actuelle du Cateau est de six mille habitants. C'est la patrie du maréchal Mortier, duc de Trévise.
Cateau-Cambresis (combat du), appelé aussi combat de Catillon ou des Tbois VILLES. Les coalisés, persuadés que la campagne de 1794 serait le dernier coup à porter à la France, avaient réuni cent mille hommes autour de Landrecies. Toutes les actions de détail , dans les environs de cette ville, avaient été contraires aux Fran-
Sais. Le comité de salut public orionna une attaque pour la délivrer.
Le général Chapuis lut chargé de rassembler les troupes du camp de César et des postes voisins. Ces troupes, divisées en trois colonnes, se portèrent, le 7 avril 1794 , sur les hauteurs du Cateau , oii s'était retranché le duc d'York. Deux de ces colonnes atta-
?|uèrent avec vigueur une redoute déendue par les Anglais. Mais la résistance prolongeant le combat, elles furent tournées à leur gauche par un corps nombreux de troupes autrichiennes, et se virent forcées de se
retirer avec des pertes assez considérables. Landrecies , perdant alors tout espoir d'être secouru, capitula.
Catëau-Cambb£sis (monnaie du).
Outre leur hôtel des monnaiee de Cambrai, les évêques de cette ville en possédaient deux autres à Lambres et à Cateau-Cambresis.On connaît un denieret un gros au cavalier sortis de^ ateliersde cettedernière ville, appelée en latinCisstrum Sanctœ-Mariœ. Le denier date de la première moitié du onzième ou de la fin du dixième siècle; il porte d'un côté la légende castaym autour d'une croix, aux branche^ de laquelle sont suspendus r« et IV ^ à» rautre côté la légende scemarie, en deux lignes, dans le champ. Le gros représente le type flamand d'un homme portant un pennon sur un cheval au galop; lia pour légenite : pbtbvs comes caméra ; au revers , une croix à branches égales; siginvm cveis en première légende dans le champ, puis au pourtour : mohbta nova cas* TELLiiiA, sans doute pour CastelU Mariœ. Si l'on ne connaissait pas l'habitude qu'avaient les seigneurs du moyen âge de copier les espèces de leurs voisins, et si les évéques de- Cambrai, n'avaient offert plus d'une fois l'exemple d'une semblable fraude, on s'étonnerait du singulier tvpe adopté parPierre m (1309-1323) ou Pierre IV (1349-1368) , à qui appartient cette monnaie. Pourtant on dirait que le bon évêque a éprouvé une sorte de pudeur, car il a oublié son principal titre, celui d'episcopus^ et n'a inscrit que sa dignité laïque de comes,
Cateau-Cambresis (traités du).
Après la bataille de Gravelines, gagnée parle comte d'Egmont sur le maréchal de Thermes, le 13 juillet 1558, le duc de Guise, qui venait de prendre Tbion»
ville, dans le Luxembourg, fut obligé de se retirer pour venir défendre la frontière de Picardie. Philippe II et Henri II vinrent se mettre à la tête de leurs armées , et Ton s^attendait à une bataille déeisive. Mais les peuples étaient épuisés, et désiraient vivement le repos. Des négociations furent ouvertes , et^ enfin , après six mois de
GAT FRi
Morparlera, deux traîtég furent signés
a Cateau-Cambresis; le premier fut conclu le 2 avril 1559, entre la reine d'Angleterre, d'une part, et le roi de j^Vance, la reine d'Écosse et le roi dauphin de Tautre. La clause capitale consistait dans la promesse de rendre Calais aux Anglais au bout de huit années, sinon le roi de France s'engageait à payer la somme de cinq cent mille éeus : la reine d'Angleterre pré* tendait même, après le paieiment de cette somme, conserver ses droits sur Calais, à moins qu'elle ne vînt ellemême à violer quelquearticledu traité; mais il était faeile^de comprendre que Ton n*aTait aucune intention de remplir ce vague engagement, qui n'axait d'autre but que d'apaiser un peu le violent mécontentement que la prise de celte ville avait excite en Angle*, terre.
Le lendemain , 8 avril , un second traité fut signé entre les plénipotentiaires d'Espagne et de France. Les conditions furent humiliantes pour cette dernière puissance. Henri et Philippe convinrent de se rendre réciproquement toutes les places qu'ils avaient conquises l'un sur l'autredans les Pays-Bas et la Picardie. De plus, les Siennois, alliés fidèles et utiles de la France, furent livrés sans défense au duc de Florence, leur ennemi acharné. Les Corses , qu'on avait poussés à la révolte contre les Génois, furent trahis et abandonnés à leurs anciens maîtres. Henri devait en outre restituer toutes les places qu'il occupait en Toscane. Il rendait le Montferrat au duc de Muntoue, et au duc de Savoie tous ses États, excepté Turin, Quiers, Pignerol, Chivas et 'Villa-Nova, qui devaient rester entre les mains du roi jusqu'à ce qu'on eût réglé delinitivement ses droits à la succession de son aïeule, Louise de Savoie. «Il semble * dit M. de Sismondi , que les négociateurs français ne «sentirent pns immédiatement toute i'eteniJue des concessions qu'ils avaient faites. Ils rendaient ouatre places du Luxembourg au roi a^Espagne; ils en recevaient en retour trois de lui en Picardie. Ils cooser-
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vaient les conquêtes Importantes des trois évéchés et de Calais, et iisrenon*
çaient à l'Italie, qu'on avait souvent nommée le tombeau des Français. Ce fut seulement lorsqu'on vit revenir les garnisons du Piémont et de la Toscane qu'on fit le comf)te effrayant de cent quatre-vingt-neuf villes fortifiées que la France s'était obligée de rendre par cette paix, et qu'un déchaîiliement universel contre les négocia* teurs , contre Montmorenci et Saint- André en particulier, qui, tous deux prisonniers, avaient fait payer plus cher leur rançon à la France que celle de François 1", fit taire Texpession de la joie que la paix devait inspirer après une guerre si longue et si cala* miteuse (*). »
Deux mariages se célébrèrent peu de temps après ce traité : la fille de Henri II, Kiisabeth, qui avait été fiancée à don Carlos , fils de Philippe II, épousa Philippe lui-même; et la sœur de Henri II, Marguerite, devint la femme du duc de Savoie. Le roi s'en> ' gagea à donner quatre cent mille écus de dot à sa fille, et trois cent mille à sa sœur.
Cateie ou Cateye, sorte d'arme de jet en usage chez les Gaulois et les Teutons. Cette arme se lançait de près.
C4TEL (Charles-Simon), l'un des
grands compositeurs de musique que la France a produits, natjuit à l'Aii^le en 1773. Entraîné par sa passion pour la musique , il vint à Pans , bien que fort jeune , et étudia sous la direction de Sacchini et deCossec. C'est à l'école de ce dernier qu'il ap[)rit rharmonie et la composition. En peu de temps, il parvint à pénétrer tous les secrets de la science , et put remplir diverses fonctions importantes. 11 fut admis, eu 1793, en qualité de chef de musique adjoint, dans le corps de musique de la garde nationale (depuis le Conservatoire), et consacra tout son talent à célébrer les actions héroï(|iies de notre grande révolution. Il coujposa un grand nombre de morceaux
(*) De Fiimondi, Hiiloire des Fhofii^ t. XYIU, p. 90.
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L*UNIVERS
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de musique pour nos régiments et les fêtes nationales. Jusqu'alors Ja niusioue n'avait pas été employée dans les mes publiquesà exciter l^eothousiasme des citoyens; on ne «avait comment exécuter, en plein air et pour un auditoire de trois ou quatre cent mille spectateurs, les morceaux composés powt les fêtes. Catel diercha et trouva le )rorédé qui consistait à bannir de 'orchestre les instruments à cordes, et à n'employer que des instruments à %'ent ou à percussion, et des chœurs. U n'existait point de musique composée dans un pareil système ; Catel en composa. Le premier essai en fut fait le 11 messidor an ii, et le succès fut immense.
Devenu, en Tan m, professeur d'harnionieau Conservatoire demusique, Catel composa le Traité d'harmonie qui devait servir, dans cet établissement , à l'enseignement de cette science. Son système fufadopté par les professeurs, et l'ouvrage parut en 1802. « Ce livre a été firndant phis de vingt ans, dit M. Fétis , le seul guide des professeurs d'harmonie en France. » « L'ouvrage ui a le plus contribué à la réputation e Catel , ajoute le même critique , est incontestablement son Traite d'harmonie. A l'époque où il l'écrivit, le système de Rameau était le seul qu'on connût en France; la plupart des professeurs du Conservatoire n'enseignaient même pas autre chose pendant les premières années de l'existence de cette école. Catel était trop habile dans la pratique de Tart d'écrire lliannonie pour ne pas apercevoir les vices de ce système, » et bien que celui qu'il y a substitué ne soit pas à l'abri ae toute critifjue, on doit dire qii'il fît faire un pas iuimense u la science de Tharmonie et contribua puissamment aux progrès de l'école française.
Comme compositeur de musique dramatique, Catel doit être aussi placé au premier rang parmi les MehuI , les Lesueur et les Berton. Il a donné à rOpéra , Sémîramis , en trois actes , 1802; les Baijadéres, en trois actes, 1810; Zirphi/e et Fleur de Myrte, en deux actes , 1818 ; Alexandrè chez
ApellCj ballet en deux actes, 1808.
L'Opéra-Comique lui doit : les Artistes par œcasUm, en un acte , 1807 ; FAu' berge de BagnèreSy en trois actes, 1807; les Aubergistes de qualité , en trois actes; le Premier en date, en un acte; fVallacCj en trois actes, 1817; l'Of* fider enuvé, en on acte , 1819. Lorsque l'opéra de SémîramU fut joué , le Conservatoire était, en raison de son caractère novateur et de son opposition aux vieilles routines, expose à mille attaques. Catel surtout était l'objet de ces naines et de ces jalousies.
Sémîramis tomba , malgré la noblesse du chant et la pureté de l'harmonie.
V Auberge de Bagnèrts était une composition trop forte, le style en était trop grand pourl'opéra-comiquedecetteépoque ; eette partition n'eut que peu de sticcès , et ce ne fut que plus tard , à la rejtrise, que l'on comprit et que Ton apprécia ce chef-d'œu vre.Le trio des Artistes par occiMston est resté un morceau classique ; et il excite toujours de sincères applaudissements aux concerts du Conservatoire. L'opéra de ff^al/ace est, dit-on, le chef-d'œuvre de Catel : aussi est-il le moins connu de tous.
A ce sujet, nous ne saurions trop blâ* mer l'insouciance du public français ; l'ingratitude, l'indifférence qu'il témoigne à tous nos artistes; et cela, en même temps qu'il admire, sur parole, le moindre artiste étranger.
Certes, le nom de Catel est trop célèbre pour tomber jamais dans l'oubli ; mais il devrait être populaire , tandis qu'il est encore peu connu en France.
En revanche, beaucoup le copient et le pillent hors de ce pays.
CATELET (le), Castelletum , petite ville de l'ancien Cambresis , à deux myriametres de Saint- Quentin , aujourd'hui comprise dans le département de l'Aisne. Le Catelet doit son nom à une forteresse bâtie, en 15i>0, par François I". Les Espagnols s'en emparèrent en 15.S7 , et l'occupèrent jusqu'au traité de Cateau-Cambrésis , en 1559. Ils y entrèrent par capitulation en 1595 , après un siège d'une semaine, et un assaut , et le rendirent en 1598 ^ par le traité de Vervins. £n 1G36 {l an*
née de CorMe) , cette place mit enoove les ^açDols joints aux Impériaux,
et se rendit précipitamment. Le gouverneur Saint- Léger fut condamne par contumace à être écarteié. Reprise cTàssatit en septemlire 1638, la ville du Catelet retomba, le 14 mai 1650, au pouvoir de ses éternels agresseurs.
Cinq ans après , les Français y entrèrent à la suite d'un assaut /et passèrent la garnison au fil de l'épée. Les fortîQcations du Catelet furent enfin rasées en 1674. La population de cette ville est anjourd*Jiui de six cent dix habitants.
Catellan, nom d^une famille originaire dltaile, mais qui , dès le dixseptième siècle, était déjà depuis longtemps en France. Cette famille a fourni plusieurs présidents, douze conseillers au parlement de Toulouse, et plusieurs évéques. Parmi les membres les plus distingués , nous devons citer Jean de Catellan , conseiller au parlement de Toulouse, mort en 1700, auteur d'un Recueil des arrêts du parlement de To/utouse^ publié dans cette ville en 1708, et souvent réimprimé depuis; et Jean de Catellan, évéque de Valence, mort en 1725, auteur d'un livre fort estimé , intitulé : ÀiUiqtùtés de l*église de ralencey 1734, in-4'.
Cathédrale , du irrec xa0£8pa, chaire, parce qu'une cathédrale est un temple où se trouve la chaire de Tévéque. C'est donc l'église principale d*un diocèse ; et il semble que Thistoire d'une ebose dont le nom a une signification aussi claire et aussi précise ne devrait offrir aucun embarras. Il n'enest pas ainsi pourtant; oncroitque c*est au dixième siècle que le nom de cathédrale a remplacé celui de basilique; mais l'on ne sait pns au juste ce qui sépare ces deux espèces d'édifices.
Cependant, on se sert plus fréquemment du mot basilique pour les temples de style roman , tandis que l'on entend ordinairement par cathédrale un temple de style gothique. rSous avons donné, aux articles Basiliques et Bbaux-Abts , tous les détails relatifii à rhistoirc artistique des ca-
thédrales. Noos y reoToyons le lecteur.
Cathelineau ( Jacques ), généralissime des armées vendéennes, né en .
1759 , au bourg de Pin-en - Mauge ( Maine-et-Loire ) , était un pauvre marchand de laines, selon d'autres un tisserand, et vivait tranquillement au sein de sa famille , où il se faisait remarquer par sa dévotion , lorsqu'un événement imprévu vint le tirer de l'obscurité. Les jeunes gens du dis»
trict de Saint-Florent, ayant été rassemblés au mois de mars 1793 , pour tirer au sort , par suite du décret de la Convention, qui ordonnait la levée de trois cent mille hommes, se soulevèrent contre les autorités, battirent et dispersèrent la force armée , puis retournèrent tranquillement chez eux.
Cathelineau ayant appris le lendemain les événements , abandonne sa chaumière, malgré les supplications de sa femme, rassemble, haranciue ses voisins et leur persuade que le seul moyen de se soustraire au châtiment qui les attend est de prendre ouvertement les armes et de chasser les républicains.
Vingt-sept jeunes gens le suivent , s'arment à la hâte (le tous les instruments qui leur tombent sous la main et marchent sur Jallais, en sonnant le tocsin , et en recrutant une foule de paysans qii'entraîne la voix de Cathelineau ; arrivé devant Jallais, qui était défendu par quatre - vingts républicains et une pièce de canon , il s'empare du poste et enlève la pièce. Bientôt Chemillé est aussi emporté après une assez vive résistance- Cet exploit exalte toutes les têtes, de noriibreux renforts viennent encore accroître la troupe de Cathelineau ; le 14 mars, il compte déjà trois mille hommes sous ses ordres , et le 15, il se présente devant Chollet , où il est encore vainqueur. C'est alors que l'importance toujours croissante de la révolte décida les Vendéens à choisir pour chefs Bonchamp et d'EIbée. Caiheiineau ne sert plus alors que sous les ordres de ces nobles seigneurs, mais il conserve encore un rang Im* portant et une immense influence sur
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les paysans qui le chérissent et le surnomment le saint dJnjou, et il combat avec sa bravoure orolnaireà Vihiers, Chemillé, Vezins, Beaupréau, Tliounrs, Parthenay, la Chateigneraie, Vouvant, Fontenay,Concourson,l\Iontreuil et Saumur (voyez tous ces articles). Après Ja prise de cette dernière ville, rin8urreetion,d*abord moins heureuse sous les ordres de la noblesse que sous ses anciens chefs , avait pris un tel degré d'importance , que les chefs royalistes , a la téte desquels était Lescure , crurent devoir , pour assurer l'accord dar)s leurs opérations, confier le coinnuindcmeut à un seul.
Ils choisirent Cathelineau , dont ils redoutaient peu l'influence , et dont Télévation devait d'ailleurs flatter les paysans. Le pauvre tisserand, simple et modeste , dut se rendre au v(ru gf^ncral. Le 27 juin 1793 , il se présenta devaitt la ville de Nantes , à la téte de quatre-vingt mille hommes, tandis que Charette devait le seconder avec trente mille insur^çés du bas Poitou. Mais cette formidable expédition était mal combinée; elle vint échouer contre les courageux efforts des habitants et d*une faible garnison dp trdis mille hommes. Apres avoir tenté plusieurs attaques et combattu avec acharnement pendant toute la journée du 29 , Cathelineau fiit renversé de cheval par une balle. Cet événement ralentit tout à coup l'ardeur des rebelles, qui bientôt plièrent devant les républicains, se dispersèrent et francbirent la Loire. Catbelineau fut emporté à Saint-Florent et ne survécut que dou2e jours à sa blessure.
Catherine de Boi rbon , princesse de Mavarre , sanir de Henri IV, naquit à Paris en loô8. Son amour pour le comte de Soissons , dont elle était la cousine germaine , et son m:iri;ige avec le duc de Bar, Henri de Lorraine, firent le mallieur de sa vie. Des motifs politiques avaient déterminé Henri iV à la donner au duc de Bar qui l'épousa en 1599; mais elle ne céda qu"a rcuret, et elle necraijxnit pas de répondre à un courtisan qui la couiplimeotait sur son union : « Peut-
ERS. tA
(c être y a-t-il de grands avantages; mais tR je n y trouve pas mon compte. i> Aussitôt après son départ, le chagrin s'empara d'elle, et, après bien des ennuis domestiques auxquels ses amours ne furent pas étrangers , elle mourut sans postérité , à Nancy, le 13 février 1604. Sa conduite ne fîjt peut-être pas toujours à l*abri du reproche ; mais, quoique un peu romanesque, son cœur était bon, et sa douceur lui valut des regrets unanimes.
Elle aimait beaucoup la poésie , et y réussissait quelquefois. Une Histoire secrète de Catherine de lîourbon, diirhrsse du Jiar, et du comte de Soissons a été publiée par mademoiselle Caumont ae la Force.
Catherine de France , fille de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, née en 1401, épousa en 1420 Henri V, roi d'Angleterre. En consécjuence de ce mariage, et conformément aux stipulations de Pfnfâme traité de Troyes (voyez ce mot), ce pITince fut proclamé régent du royaume pendant la vie de Charles VI , et son successeur après sa mort. Mais il mourut avant son beau-père (1422). Sa veuve épousa un simple gentilhonmie du pays de Galles, nommé sir Owen Tudor, que le duc de (ilocester fit mourir pour avoir osé épouser une reine douairière d'Angleterre. Cependant trois flis étaient nés de ce mariage, et après les guerres civiles des deux Roses, la maison des Tudors parvint à conquérir le trône d'Angleterre qu'elle occupa jiendant plus d'un siècle. Catherine mourut en
Catherine de Médtcts naquit à Florence le 15 avril 1619, de I,aurent de Medicis , duc dl rbin, et de Madeleine de la Tour d'Auvergne , comtesse de Boulogne. Elle était, par l ouséquent, moitié Italienne, moitié Française; mais elle était Italienne avant tout par le cœur et par la pensée. Elle vint en France , ayant à peine accompli sa quatorzième année « et y mourut le 5 janvier 1589 , à Tâge de soixante et dix ans. Mariée le 28 octobre 1534 à Henri , duc d'Orléans, second lils de François 1*% et n ayant
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Miaé de vivre que peu de temps avant Henri III, elle fut mêlée directement ou indirectement aux affaires de notre pays pendant plus d'un demi -siècle. Succesbivement princesse royale, ^ éfNHise du roi râ^nant , régente et reine mère , elle lut témoin des funérailles de François I*"^, son beaupère , de Henri II , son époux , de François II et de Charles IX ses iils, et il s'en fallut de quelques mois seulement Qu'elle ne vtt mourir aussi Henri III, le dcrnior de ses enfants mâles. Étrange destirue que celle de cette princesse qui traversa près de cinq règnes , et qui, après ébre restée dix ans sans avoir eu d'enfants, survécut à deux rois ses fils , et suivit l'autre jusqu'à la porte du tonibrnu !
Que de grandes choses n'aurait pas
Su accomplir une femme de cœur et e génie dans le cours d'une si longue existence! Mais malheureusement Catherine de Médicis vécut à une époque de crise révolutionnaire où le salut même de la France était en question ; et loin d'avoir les qualités éminentes des grands caractères qui dominent les situations difficiles , elle s'étudia à profiter drs événements et non à les diriger. Lli^ eut surtout le malheur de vivre dans iin moment où le livre du Prince deMaçbiavel exerçait sur les esprits un pernicieux empiré. La doeti ine contenue dans cet ouvrage était loin d'être oou velle ; mais les ruses du despotisme, pour la première fois professées en public, y étaient mises a la portée et à la disposition de tous les ambitieux qui sauraient s'en servir. L'intention de Machiavel, en prenant la plume, était au moins autant de faire la satire des rois que d'apprendre à quelque prince l'art de créer en Italie une dictature qui aurait permis à ce pays de constituer son unité à Texemple de la France, et de se débarrasser enfin du joug si pesant de l'Allemagne. Mais il manqua son but; son livre, loin de sauver l'Italie , rendit plus habiles les tyrans qui l'opprimaient, et il enseigna aux souverains des autres nations une politique vers laquelle ne les portaient que trop les progrès incessants du
matérialisme. Enfin , comme, pour at* teindre un but louable en lui-même, il n'avait montré que de mauvais moyens, ia postérité le châtia en infligeant le nom de machiavélisme à une doc* trine dont il n'avait point été l'auteur « qu'il ne fit qu ériger en système, sans doute pour la rendre plus odieuse, mais qui du reste n'avait pas le mérite de la nouveauté, car les potentats de l'Asie , et particulièrement les sultans de Gonstantinople, en savaient sur ce point autant que lui et que tous les profonds politiques de l'école italienne.
^ Soit qu'il eût voulu désirer à flndignation publique la famille qui régnait à Florence, soit qu'il eût sérieusement espéré de trouver dans son sein ce prince oui devait réunir toutes les principautés et toutes les républiques de l'Italie èn un seul corps de nation et purger ce pays de l'invasion étran-
§ère, c'était aux Médicis qu'il avait édié son livre. Catherine se trouvait donc exposée plus que tout autre à la séduction. Digne héritière de sa famille, elle adopta comme une tradition paternelle plutôt que conmie une nouveauté les conseils de ftladiiavel, dont elle lit 1 application , à son regret peut-être, non pas en Italie, mais en France. Elle prit au niot le livre du Prince, qui devint son Évangile. Dès lors, elle se crut autorisée à activer la guerre civile eu France, au lieu de regarder comme un devoir de l'étouffer. Jamais la devise du maître:
Diviser pour régner, ne fut mise en jjratique sur un aussi arand théâtre et peut-être par un disciple aussi habile. Étrangère dans un pays où la loi exclut les femmes de la succession à la couronne, elle ne désespéra pas de profiter de l'anomalie qui les admet à la régence pour s'emparer du pouvoir suprême, seul objet de son ambition. Pour. régner, elfe usa toutes les ressources de la dissimulation , de l'intrigue et même du crime.
Pour ré^;ncr , elle commença par diviser les protestants et les catholiques, le parlement et la cour, les bourgeois et les nobles , puis elle finit
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par donner le signal de la Saint-Barthéleniy. Pour régner, non contente
de diviser, de corrompre et d'exterminer tour à tour les différents partis qu'elle avait encourages, elle divisa , elle iit plus , elle corrompit ses propres enfants ; peut-être ménie elle attenta indirectement aux jours de quelques-uns d^entre eux. Mais grâce à Dieu , les résultats auxquels aboutit l'ambition effrénée de cette femme qui étouffa dans son seîn jusqu'aux sentiments de la nature, ont donné à la doctrine impie qu'elle suivait à la lettre le démenti le plus manifeste. Après avoir mis tant de persévérance dans le mal , Catherine de M rd icis mourut, méprisée par le fils qui 1 u i rest a i t, exécrée par le peu pie français, privée d'influence politique et presque dans la (lis2;rilce. Si elle eiU vécu quelques années de plus , elle eut ajoute encore une mauvaise action à sa vie, déjà remplie de tant de scandales; elle eilt ou détrôné ou avili son fils pour le seul plaisir de rentrer au pouvoir et de s'y crampoi»ner jusqu'à sa dernière heure. Mais là encore, malgré son machiavélisme, elle était le jouet de ses propres illusions : un terrible châtiment Totlendait; elle eiU infailliblement succombe soit sous les coups de la ligue , soit sous ceux de Henri IV, qui, aussi bien que les ligueurs, avait le bras levé sur sâ téte.
Ce ne fut guère qu'à la mort de son fils François II que ('.atherine tie Médicis parvint a prendre la haute main dans le maniement des affaires, en devenant régente pendant la minorité desonsecond fils, Charles IX. Jusquelà, elle n'avait joué qu'un rôle subalterne. Perdue parmi les autres dames delacour, sous lerègnedePrancoisF% longtemps effacée par Diane (le Poitiers , sous le règne de Henri H, elle avait dtl céder le pas à Marie Stuart et aux Guises , sous le règne si court de François II. Cependant , si l'on veut étudier son caractère, cette né- ' riode de temps , en apparence perdue pour Tambition , n'est pas la moins importante; c'est celle où , environnée d'obstacles qui semblaient invin-
cibles, elle jeta dans l'ombre les bases de sa grandeur future. Elle avait un
peu plus de quatorze ans « lorsqu'une
combinaisqn politique décida François I'"'" à la donner pour épouse à son second ûis, qui ne comptait que quelques mois de plus. Son jeune Age la .
mettait donc hors d'état de tirer d'abord un parti avantageux de son mariapie , et (failleurs , la mort du pape Clément VII, son oncle, qui descendit dans la tombe environ un an après l'avoir mariée , la laissa bientôt sans protection à la cour,
FJIe avait apporté pour toute dot cent mille écus en argent comptant , et les biens situés en France de Madeleine de la Tour-d'Auvergne , sa mère , lesquels ne valaient pas davantage. Il est vrai que l'ambassadeur de la cour de Rome avait dit aux courtisans , qui s étonnaient qu'elle ne fût pas plus richement dotée : « Vous ne voyez donc pas qu'elle apporte encore trois joyaux d'un grand prix : Gènes, Milan et ISaples. » C'était en effet un appât que Clément VII avait présenté à François I"* , pour le détacher de Talliancê de Henri VIII , et l'empé* cher d'entrer dans le mouvement de la réforme , vers laquelle il penchait.
Mais la mort empêcha Clément VII de nous aider à conquérir les trois joyaux en question , conquête qu*il n'aurait sans doute pas vue avec plaisir , et la dot de Catherine de Médicis se trouva réduite à un apport d'environ deux cent mille écus. Toutefois , son mariage eut cela de particulier, qu'il marqua l'époque où François F' cessa de flotter entre la réforme et le catholicisme. Depuis, ce prince s'allia encore avec les protestants et avec les Turcs, pour se doendre contre Gbarles-Qu i n t; mais , à l'intérieur , il se montra de plus en plus attaché à la religion catholique et ennemi de la réforme. S'il s'elait prononcé pour les calvinistes , c'en était fait de la France. Les attaques de Charles-Quint et les empiétements inévitables de la noblesse auraient amené le démembrement de la monarchie, que la conservation des principes d'unité royale et d'unité re-
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ligieuse préserva seule de ce malheur.
Aussi Catherine de Mëdicis, qui avait été le gage de ce retour vers la |japauté, manifesta-t-elle dans le principe autant de ferveur pour les devoirs du ratholicisnie que pour les plaisirs de la chasse, amusement i'avori de François 1er.
Cependant sa position à la cour était d'autant plus précaire que son époux înGdèle ne tarda pas à fui donner une rivale , et qu'elle-même resta stérile pendant dix ans. Que de ménagements , que de ruses ne lui laliut-ii pas pour éviter le divorce, surtout après que la mort du dauphin , empoisonné par elle, dit-on , ent placé Henri sur le premier degré du trône! Flatter François 1er, s'associer à tous ses plaisirs , rentretenir dans Tamour des lettres et des beaux-arts, pour lesquels il avait eu un penchant si vif, le elmniier par les agréments d'une conversation non moins profonde que brillante , témoi-
âner la plus vive affection à la duchesse 'Étampes , sa maîtresse ; tel fut le système qu'elle adopta pour désarmer le père. Klle ne fut pas moins adroite a\ec le fils. Fermant les yeux sur toutes ses galanteries , elle redoubla
Sour lui de prévenances et de marques *amour ; elle vécut en bonne Intel li- «ence avec Diane de Poitiers ; elle feignit d'aimer la maîtresse de son mari. Sans doute, elle n'oublia pas non plus de rappeler au roi et à celui qui oevait lui succéder, que, dans la famille des IMédicis , les femmes tardaient ordinairement à être mères , mais qu'elles finissaient par avoir une nombreuse postérité, et qu'ainsi sa stérilité n*était qu'apparente, comme celle des autres femmes de sa famille.
Dans tous les cas, elle fit si bien qu'elle évita le divorce , dont elle fut longtemps menacée.
Lorsque, trois ans après Tavénement de Henri II à la couronne , elle eut mis un fils au monde , elle s'occupa du soin de son éducation, de manière à ne Jamais lui permettre de s'affranchir de la tutelle maternelle.
Elle se conduisit de même à T^ard des deux autres fils et des deux filles
qu'elle eut plus tard. On ne saurait croire jusqu'où , dans l'intérêt de son ambition , cette femme poussait la rigidité envers ses enfants, et quel em»
pire elle avait pris sur eux. Le passage qui suit, extrait des mémoires de la reine Marguerite , femme de Henri IV , en fera juger. Voici comment son frère , le due d'Anjou , peu avant la bataille de Moncontour, la pria de le maintenir , pendant son absence , en faveur auprès de la reine nière. « Ma sœur, dit le duc (rAnjou, «' je vous connais assez d'esprit et de « jugement pour me pouvoir servir « auprès de la reyne ma mère, et pour « me maintenir en la laveur où je « suis. Or, mon principal appuy est » d'estre conservé en sa bonne grâce.
« Je crains que l'absence n'y nuise ; « et, toutes fois, la guerre et la charge « que j'ay me contraignent d'être près-
que toujours esloigné. Cependant « le roy mon frère est toujours au- « près d'elle, la flatte, et lui complaîst « sans cesse. Je crains qu'à la longue « cela ne me porte préjudice. Kn cette « appréhension, songeant les moyens « pour y remédier, je trouve qu'il est « nécessaire d'avoir quelçjues person- « nés très-fidèles , qui tiennent mon « party près de la reyne ma mère. Je « n'en connois point de si propre « comme vous , que je tiens comme « un second moy-métne. Pourveu que 9 VOUS me vouliez tant obliger que « d'y apporter de la subjection (vous « priant d'être toujours à son lever, « a son cabinet et à son coucher, bref
tout le jour) ; cela l'obligera de com- « muniquer à vous. Parlez-luy avec « assurance , comme vous faites à • moy , et croyez qu'elle vous aura «< afçréable ; ce vous sera un grand- « heur et bonheur d'estre aimée d élie. « Vous ferez beaucoup pour vous et « pour moy ; et moy je vous tiendrai, « après Dieu , pour la conservation de « ma bonne fortune. » — Ce langage « me fust fort nouveau , pour avoir « jusques alors vécu sans dessein , et « avoir été nourrie avec telle con- « trainte auprès de la reine nia mère , « que non-seulement je ne lui osois
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• parler ; mail guaqd elle me regar- « doit , je transissois de peur d'avoir « fait quelque chose qui lui dépleust.
« Peu s'en fallut que je ne luy répon- « dise comme Moïse à Dieu, en la vi- « sion du buisson : Que suis-je, nioy ? « envoyé celuy que tu dois envoyer.
« Toutes fois, trouvant en moy ce que «je ne pensois pas qui y fust, ces pa- « rôles me pleurent, et me sembla à « l'instant que i'estois transformée, « et que j'estois devenue quelque ctiose
• de plus que je n'avois esté jusques « alors. Tellement que je coinmenray a à prendre conOance en nioy-uiènie , « et luy dis : « Mon frère, si Dieu me « donne la capacité et la hardiesse de « parler à la reyne ma mère , comme « j'ay la volonté de vous servir en ce « que vous désirez de iiioy, ne doutez « point que vous n'en retiriez l'utilité « et le contentement que tous vous en « estes proposé. »
Ce duc d'Anjou , qui parlait ?i timidement de sa mère, devint roi plus tard, sous le nom de Henri 111, et osa se soustraire à son joug. Gomme il
. ravait prévu , Catherine de Médicîs , trop heureuse de j)ouvoir se servir des confidences de ses enfants , pour les tenir toujours desunis , autorisa Marguerite à rester près d'elle et à lui parler librement. « Ces paroles., » ajoute Marguerite dans ses Mémoires, «firent ressentir à mon âme ce « qu'elle n'avoit jamais ressenti , un « contentement si démesuré, qu'il me « sembloit que tous les contentements « que j'avois eus jusqu'alors n'estoient « que l'ombre de ce uien. J'obéis à cet
• « a.i^réable commandement , ne man- « quant un seul jour d'estre des pre- « mières à son lever et des dernières « h son coucher. Elle me faisoit cet « honneur de me parler quelquefois « deux ou trois heures , et Dieu me a faisoit cette grâce, qu'elle restoit si « satisfaite de moy , qu'elle ne s'en « pouvoit assez louer à ses femmes. »
L*asoendant maternel s'exerca-t-il jamais avec plus de tyrannie ? Lorsque le duc d'Anjou, devenu roi , refusa d'imiter la condescendance de Charles IX, Catherine de Médicis le
y£AS. * CAT
fit trembler sur le trône , en lui opposant la princesse Claude , son autre sœur, mariée au duc de Lorraine, et en le menaçant de la faire couronner à sa place ^ s'il persévérait dans ses sentiments d'indépendance.
On devine ce que devait être h Téçard des personnaces politiques qui lui portaient ombrage , la conduite d'uue femme qui comprenait ainsi les devoirs de la maternité. Entourée d'une trouped'empuisonneurs et de si* cairesqu'elleavait fait venir d'Italie, et d'un essaim de jolies femmes (jui composaient sou entourage, Catherine de Médicis se défaisait de ceux que la séduction ne pouvait atteindre. Elle flattait , promettait , menaçait, suivant le besoin des circonstances, et savait même se prêter à des amours qu'elle croyait nécessaires.
Sous le règne de Henri II, elle eut des rapports d'intimité avec le cardinal de Lorraine , dont la protection lui fut extrêmement utile. Elle émit fort belle, galante comme toutes les erandes dames de ce temps , mais auuessus de ses passions, elle s'en servait plutôt qu'elle ne leurobéissait.Le portrait qu'en a tracé Varillas est trop ressemblant pour que nous le passions sous silence. « Catherine, dit il, avait la taille admirable ; la majesté de son visage n'en diminuait pas la douceur ; elle surpassait les autres dames de sor) siècle par la blancheur du teint, par la vivacité des yeux ; quoiqu'elle changeât souvent d'habits, toutes sor^ tes de parures lui seyaient si bien , qu'on ne pouvait discerner celle qui lui ct.iit la plus avantageuse. Le beau tour de ses jambes lui faisait prendre plaisir à porter des bas de soie bien tirés ; et ce fut pour les montrer , qu'elle inventa la mole de monter nu-jambes sur le pommeau de la selle, en allant sur les haquenees , au lieu d'aller, comme on disait, à la planchette C). Elle inventait de temps en
(*) La planchette était ua large élrier d'oi ou d'argent sur lequel les dames posaient les deux pieds; elles se trouvaient ainsi assises de côte sur le cheval. Aojourd'hiti encore cet
CAT FRANCK. .ciT ^87
temps des modes également galantes et superbes ; et comme on ne vit jamais an si grand nombre de befles dames qu'elle en eut à sa suite , on ne la vit jamais plus brillante. Il semblait que la nature lui eût donne toutes les vertus et tous les vices de ses ancé»
très. Elle a?ait rattachement de Gôme le Vieux pour Targent; mais elle ne le ménageait pas mieux que Pierre le -, lils de Come, son trisaïeul. Klle était magnifique au delà de ce qu'on avait vu dans les siècles précédents, comme Laurent, son bisaïeul, et n'était pas moins raffinée en politique ; mais elle n'avait ni la droiture de ses sentiments, ni sa libéralité pi'ur les beaux esprits. Son ambition ne cédait point il celle de Pierre n, son aïeul; et, pour régner « elle ne mettait pas plus de différenre que lui entre les moyens légitimes et ceux (jui sont défendus.
Les divertissements avaient des cbarnies pour elle ; mais elle ne les ai* mait, à l'exemple de TiHurent, sou père , qu'à proportion de la dépense dont ils étaient accouipaiinés. »
Elle était quelquefois fort leste dans ses façons et dans ses propos, s'il faut s'en rapporter au passage suivant de Brantôme : « Klle prenoit grand goût aux paiihlons , et y rioit son saoul ; car elle rioit volontiers , et de son naturel, elle étoit joviale et aimoit à dire le mot. »
Henri II, dominé par Diane de Poitiers, tint d'abord Catherine de Médicis éloignée du pouvoir; cependant il paraît qu elle linit par gagner sa confiance, car il lui remit Tadministration du royaume en 1552, lorsqu'il pnrlit pour l'expédition de Lorraine.
A la vérité, il lui adjoignit un conseil de régence ; mais elle n'en ramena pas moins à elle toute l'autorité.
Dans ce premier passage aux affaires , elle ébaucha le système qu'elle devait développer plus tard avec tant d'impunité. £n trompant tous les
usage s'est conservé dans quelques proviuees, notamment «i Pk!iFdie,oà les paysannes pofieni V» piecU for une véritable pkn-
princes qui s'étaient ligués contre elle, elle eut l'adresse dé les diviser. Henri n étant mort peu de temps après son retour , Catherine s'efforça de garder les rênes du gouvernement,
3ue ne pouvait tenir la main débile e son ûls François IL Le succès trompa son attente. Elle n'eut la main heureuse que contre le faible Antoine de Bourbon , roi de Navarre, qui , en sa (jualité de chef des hnizuenots, voulait s'emparer de la direction des affaires. Connaissant Tascendant des femmes sur ce prince et sur son frère le prince de Condé, elle confia le soin de les séduire h deux de ses confidentes , mesdemoiselles de Limeuil et de Rouet, dont la beauté en effet triompha de tous les obstacles.
Mais elle-même futbîentÔt le jouetdes Guises, qui, après avoir fait cause commune avec elle contre les huguenots, devinrent assez redoutables pour entreprendre de porter la main sur la couronne. Alors elle passa du côté des
(protestants et s'allia avec les Châtiions, qui re(;onnaissaient pour chefs le roi de ISavarre et le prince de Condé, Pun et l'autre vaincus par les Guises et emprisonnés. Sur ces entrefaites, François II , bien qu'il eût subi Tas* cend.mt de IVÎiirie Stuart, sa jeune et belle épouse , qui elle-même subissait l'ascendant des Guises, mourut empoisonné par un valet qui avait été au service de cette famille , plus ambitieuse eneore que catholique, (^ette mort soudaine rendit la liberté au roi de ISavarre et au prince de Coude dont la vie était menacée , et la lutte pour la possession du pouvoir recommença de plus belle.
C^ette fois encore , Catherine de Médicis se débarrassa facilement des prétentions du roi de Navarre, qui se désista de son droit à la régence pour la charge de lieutenant général du royaume. Klle eut plus de peine à gagner les états généraux qui avaient été convoqués a Orléans. Eux seuls avaient le droit de conférer la régence, et ils étaient peu disposés à remettre l'exercice du pouvoir à une étrangère. Lorsque Catherine eut ob-
CAT L*Tn«IVERS.
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tenu le désistement du roi de Navarre, pour lequel penchaient les états généraux, eue mit en usage toutes les ressources de Pintrigue; puis, profitant de la considération qu'avait l'assemblée pour le chancelier de rHôpiial , elle se présenta aux députés et se fit investir du droit d'exercer la régence pour son fils, le jeune Charles IX, qui n'avait pas encore atteint sa dixième année.
A peine reconnue comme régente, elleentrepritde ruiner la préponderunce que la conjuration d'Amboise avait donnée au parti des Guises. Gontre-balan-
cer les catholiques et les protestants
f)Our avoir raison de leurs chefs qui , es uns et les autres, nourrissaient uue arriére-pensée d'usurpation, tel fut son système politique. C était le plus conforme à son caractère et aux principes qu'elle avait puisés dans la lecture de Machiavel; n»ais c'était aussi le plus mauvais. La situation était d'ailleurs devenue extrêmement diflicile. Que ce fussent les princes protestants ou les Guises qui prissent ledessus, c*en était lait du pouvoirde Catherine delMédicis, de rancieane dynastie, représentée par un roi mineur : la conjuration d*Amboiseet la mort de François II ne laissentpas dedouteàcetégard. Alaissi les chefs du parti novateur et ceux du parti catholique avaient acquis autant d'importance , c'était parce ^ue la nation elle-même se trouvait divisée en deux fiartis , que les ambitieux exploitaient ' sans les avoir fait nnître. Il ne s'aiiissait de rien moins que de savoir si l'aiicienne religion de l'Etat serait remplacée par une autre , comme en Angleterre et dans certains pays de l'Allemagne. Les calvinistes avaient beau ne demander pour leur culte que le bienfait de la tolérance, le boa sens de la nation comprenait parfaitement que ce premier pas ne pourrait manquer d en amener un autre.
Et puis, en supposant morne que les calvinistes , une fois reconnus, n'eussent pas voulu étendre plus loin leur triompiie , que serait devenue Tunité nationale? On aurait vu une France catholique et une France protestante;
il n'y aurait plus eu de nation française. Le parti vraiment national, qui ne parut sur la scène que deux siècles apiès, n'était encore représenté que
par quelques hommes, vertueux, il est vrai, comme le chancelier de l'Hôpital , mais en si petit nombre qu^'ls ne pouvaient rien pareux-mémes. L'immense majorité du peuple était catholique; le calvinisme ne recrutait guère ses adeptes que dans les rangs de la noblesse , et les [)rogrès de celte doctrine étaient le résultat d'intrigues politiques beaucoup plutôt que oVin mouvement religieux. Le pouvoir monarchique , autant par système que par conviction, devait donc rester iidèle au catholicisme , qui lui avait prêté une si grande force pour commencer Tunité politique de la France, et sans lequel cette unité ne pouvait désormais subsister. C'est ainsi que l'avaient entendu François T*^ et son successeur Henri II. Le problème était déjà résolu, et, seule. Catherine de Médicis, sans comprendre b portée de ses actes, avait tout remis en question. Pour l'excuser, on ne peut même pas
S rétendre qu'elle subissait l'ascendant u parti des tolérants, dont le véné^ rable mêpital était le chef, et qui reçut plus tard le nom de parti des
f)olitiques. Catherine utilisa, il est vrai, es talents et les vertus du chancelier, tant qu'elle crut en avoir besoin; mais bien loin de nourrir les mêmes illusions que lui, elle l'abandonna du moment qu'elle se sentit capable de se passer de son assistance, et (les lors, elle ne lit plus aucune attention a lui. 11 faut avouer aussi que les projets du chancelier, quelque généreux qu'ils fussent, étaient bien prématurés. Ce qui le prouve , même sans parler de l'abjuration de iienri IV , c'est que , longtemps après, ce parti des politiques dont rHopital fut le précurseur, mais dont Richelieu devait être le chef, jugea encore nécessaire de s*aider du catholicisme pour consolider l'unité nationale de la France. Ainsi Catherine de xMedicis n'avait aucun motif pour abandonner la i politique de François r** etde Henri II. Si elle s*en sépara, c'est parce que
CAT
ne comprenant rien aux idées qui agitaient et entraînaient la masse de la nation , elle ne vit que les intrigues des Guises et des princes protestants pour arriver au trôae; elle ne vit, en un mot, que la superûcie des choses. Les Guises, dira -t- on peut-être , l'avaient devancée , ils s'étaient mis à la téte du parti catholique. Cela est vrai; mais ce qui Test aussi , c'est que les Guises n avaient pu se parer du titre de protecteurs (le la religion de TÉtat que parce que Catherine de Médicis, malgré l'exemple de François I" et de Henri II, s'était rangée du côté des protestants , ou plutôt avait adopté un système de bascule qui leur était favorable.
et néanmoins, sans le poignard de Jacques Clément, on ne peut pas trof prévoir ce qui serait arrivé.
Nais Catherine de Médicis se proposait de régner bien plus que de suivre les errements de l'ancienne monarchie. Que lui importait l'avenir de la France? Que lui importait Teffusion du sang français ? Elle-même a pris soin de résumer ion earactère eu un mot : Soif , pourvu que je règne.
On connaît le scepticisme religieux de la femme qui a ordonné le massacre de la Saint-Barthélemy. A la bataille de Dreux , la victoire qui avait d'à-, bord penché du côté des protestants, fut ramenée, après un nouvel engagement , sous les drapeaux des catholi-
C'est lors de sa première régence , en ques j)ar l'audace du duc de Guise. Un
155S, qu'elle était ouvertement en- courrier étant venu annoncer à la
trée dans cette voie funeste. Les Gui- cour la nouvelle de l'avantage rem-
ses avaient habilement profité de la porté par les protestants , Catherine
faute qu'elle avait commise; c'est ef- de Médicis s'écria : « Eh bien ! nous
fectivement à partir de cette époque entendrons la messe en français. »
qu'ils commencèrent à acquérir une Lorsqu'un second courrier vint ap-
popularité toujours croissante, et que prendre la brillante manière dont ie
n'expliqueraient pas suffisamment les duc de Guise avait relevé l'honneur
succès du duc de Guise, dans l'expé- des catholiques, elle changea brusque-
dition de Lorraine sous Henri II. Au ment de langage, et manifesta la plus
commencement du règne de Char- grande joie de ce bonheur inesjM^ré.
les IX, Catherine de Médicis aurait Ce trait peint Catherine de Médicis
encore pu réparer le uial que ses aber- entière.
rations avaient causé. Si elle s'était. Quand les calvinistes , grâce au alors, franchement déclarée pour le concours qu'elle leur avait prête , euparti catbolique,qui était aussi le parti rent grandi en nombre et en puisnational,lepeople,oubliantqu'elleétait sance, elle fut la première à oonseiiler étrangère, se serait bien viteralliésous à Charles IX de donner son approbale drapeau de la mère du monarque tion à Thorrible guet - apens qu'elle légitime. La révélation des intelligences avait médité contre eux. Ën agissant secrètesentwtenuesparlesGuises avec ainsi, elle cédait probablemement aux la cour de Rome et avec l^spagne injonctions de l'Espagne, de la cour aurait fait tomber le masque dont se de Rome et de la faction des Guises , couvraient ces ambitieux ; quant aux que toutes ses intrisiues n'avaient pu
S rinces protestants, le peu de laveur empêcher de se forlilier. Effrayés des
ont ils jouissaient auprès des masses progrès accomplis par la secte nbu-
ne leur aurait pas permis de travailler velle , exaspérés par les cruautés
longtemps avec impunité au démem- qu'elle avait commises dans plusieurs
brement de la France , ou , pour le occasions et par la morgue anstocrati-
moins, au retour de la monarchie, que de ses cliefs, les catholiques étaient
féodale. Lorsque Henri III revint à ! décidés plus que jamais à poursuivre
ce système, et voulut supplanter les cette lutte avec opiniâtreté. Comme
Guises en se proclamant lui-même le ils étaient les plus nombreux et les plus
chef de la ligue, il était déjà bien tard; forts, Catherine revint à eux, dès
T. IT. 19* XiPfOjCOfl* (DiGT. BHGYCL., SIC.) 19
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L'UNIVERS
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qu'elle s*apercut qu'ils pouvaient se passer d'elle. Ils voulaient une guerre ouverte, elle préféra une guerre de trahison. Elle accorda une trêve aux eaivmistea, attira leurs cbeft dans Paris sous le prétexte de consacrer la pacification et d'assister au mariage du prince de Béarn avec la princesse Marguerite. Quand ild furent tombés dans le piège , ellè lea fit ^oii^er. Lé nom du massacre de la âlaint Barthélémy est à jamais inséparable de celui de Catherine de Médicis. Qu'on ne dise pas que c'est un acte national ; ce qui était national, c'était lé besoiq d'empêcher les calvinistes d'ébranler les fondements de la foi paternelle et les bases de l'ancienne monarchie ; mais le caractère bien connu de la aatîOn réçu£;nait aux liAeaureâ crfmi-' Belles qui ont été emplloyées. L'idéîè d'une boucherie ne pouvait venif que de l'étranger, qui avait intérêt à affaiblir la France. Conçue par Catherine de Médi'ciS 6d peut-être par le due d'Albe ; fil Samt - Barthélémy fut exécutée par une bande de fanati-
3ues, à la tête de laquelle figuraient es Italiens dévoués a la reine. Elle excita les applaudissements de la cour de Rome , eHe excita surtout les applaudissements de TEspagne. Le peuple, décjiàîné par les agents de Catherine de Médicis et par ceux des Guises, céda à un premier mouvement de fureur ; mais bientOt rindignëtion g^èralefut telle, que, loin de|^siSvérer dans cette abominable voie, on bissa les calvinistes réparer leurs pertes. .Sans la nolitii|ue suivie pur Catherfbe de Méidids dejpuls sa pre> mière î^éiioe^ la contuiuation du système de mesures répressives employé par François P*" et Henri II aurait suffi pour sauver la religion de l'État, et personne en France n'aurait eo l'idée d'une hionstruosité de ce genre. Sans (^athorinc dp Mcdicis, personne en France n'aurait eu l'impudeur d'attirer les chefs des rebelles à Paris, Sous prétexte d'une féte , et de donner le signal de leur immolation :
sur elle seule doit rejaillir lé sang versé à la Saint-fiarthéiemy.
Maïs ce qui j)eut-être est plus infime encore , c'est qu'elle traita de noiiveau avec les princes calvinistes, lorsqu'elle s'aperçut que son crime avait servi la cause des Guises et augmenté l'audace du parti protestant.
Ainsi, en rentrant dans son ancien système de bascule, elle préparait les éléments d'uh nouveau massacre. S'il est permis de sonder les profondeora de râme d'une pareille feiiime, il est probable que la Saint-Barthélémy n'était que le début d'un horrible dframe qui devait se diviser en trois actes. La réoonoiliatioii de la rêiite avec les calvinistes lui aurait fourni le moyfsn dé se débarrasser des Guises , comme son alliance avec ces derniers lui avait permis de faire tomber la tête de COHgni et des ^rindpau^t chefs du parti protestant. Les Guises abat« fus, rien de plus facile que d'achever les prolestants en se mettant à la téte de l'immense majorité de la nation.
Alors Catherine ae Médicis aurait solidement assis sa domination sur ta ruine de tous les chefs de factions.
Mais pour que ce plan infernal pût ' réussir, il aurait fallu que Henri lir se laissât gouverner lui-même. Moins docile que Charles IX, W vbuldt se soustraire au JjMig maternel , et réaliser, pour son propre compte , les projets que Catherine avait eu l'imprudence de lui commuui(]uer ou qu'il avait devinés lui-même! lA ihéhlère dont il fit assassiner le duc de Guise montre qu'il était bien diirne de sa mère. Lorsque Catherine de Médicis se vit supplantée par son propre fils qui la rëdoutait encore pluk ^u'il ne redoutait la ligae^ un ciruel désespoir s'empara de son âme ; elle lui prédit ce qui allait arriver, et elle mourut le 5 janvier 1589, emportée par une fièvre violente. Henri lil ne mahife^a aucun regret et ne prit nul souçi de ses funérailles. Son cadavre fut jeté dans Un bateau et inliumé dans un tom!)eau plus que modeste. D gne lin d'une pareille vie!
La bcule chose qu'on pui.sse louer en Càtherine. c'est son àmour poûr les beaux-arts ; mais cela ne sufllt pas^our faire oublier .un dinui^siède decriineSi
w frahoe»
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dont le premier remonte à Tempoisonnement du dauphin « sous le règne de Pi^nçois p', lonMiue Oattuerine n'avait encore que dix-sept ans , et dont le dernier tVéAt méitift pu la Saint- Barthélémy.
Cathebtnot (Nie), avocat , né à Lnçon, prftsd^BHuiteSi en 1638, mort en 1689, rassembla de nombreux matériaux pour l'histoire de sa patrie. On raconte que pour répandre ses écrits, il avait la singulière habitude, toutes les fois <iu'il venait à Paris , de les glisser dans les étalages des bouquinistes, sur les quais, en nynnt Tnir de regarder les livres. La Bibliothèque historique porte à plus de cent trente le nombre de ses ouvrages. Le plus curieux est ta ^ ds mademoiseik Cttjas.
Catholicisme. — Nous ne parlerons pas ici de l'introduction de la religion âltrtHienne dans hesi&aules, ce spjet sera tnité à Tariletie CnnistiANisnE.
Nous ne parlerons pas non plus des relations de la France avec le chef de l'Église catholique, l'article Papauté devant contenir une histoire générale de ces relations. Cependant , comtfie la puUkancé des papes ne s^e^t pas établie d'une manière solide avant la fin du huitième siècle, et cjue le catholicisme naissant a puissamment influé sur la formation mène . de rempire des ÏVaAës dans lès Gaoles, on ne saurait passer sous silence cette période de temps qui s'est écoulée du cinquième au huitième siècle, et qui est si f mporlmtte dans lliisttîre de la nationalité ft'amgaise ettfans eeUe du
catholicisme.
'tous nos hi'itorîens, soit anciens, soit modernes , quels que soient d'aililmrfi lemrs diœntintents sur une ftmte d'autres points, Mmt d'accord sur ce fait , que la conversion des Francs 'au catholicisme a été la principale cause de la rapidité et de la durée de leurs conquêtes dans les Gaules. Lies uns voient un Inen dans le choix que fit ce peuple barbare ; les autres, en plus petit nombre, regrettent qu'il n'ait pas adopte l'hérésie arienne ; mais tous conviennent que sa
fortune politique fut la conséquence de son alliance avec le clergé gaulois,
2ui éâit catimliqoe. Gela est en effet e la demièr« évidence, et atgpurdîiiii
encore le souvenir de la conversion de Clovis est pour la France une tradition populaire.
• Yen la fin du cinquième éièele., lorsque les invasions des Francs prirent un caractère plus marqué, le midi
de la Gaule était déjà occupé par les Bourguignons et les Visigoths^, les uns el les antres partisans de rariani|nfi6. Toujours sous Tinfluence ronsaine , mais incapable de résister longtemps aux barbares f|ui le menaçaient de tout coté, le nord de la Gaule redoutait moins le joug des Plrancs que tout antre joug. On peut en dire autant du clergé de tout le reste de la Gaule, qui était reste attaché à l'église de B.ome alors que le reste du monde ftîsait scission avec elle. Barbares pour barbares , il préférait les Françs encore idolâtres aux Bourguignon^ et aux Visigoths déjà convertis, mais convertis au culte de l'Orient. Il avait au moins i espoir de leur faire embrasser ses croyanees et de trouver en eux des instruments énergiques À en état d'assurer le triomphe du catholicisme dont le berceau était entoure d ennemis. Le succès répondit d*ai|tant plus vite à son attente, (]ue les Francs comprenaient déjà instinotivement la supériorité du christianisme, et qu'en outre ils avaient besoin de devenir chrétiens pour effectuer plus facilement la conquête dés Gaules^ objet de leur ambition.
« La victoire de Tolbiac, dit M. de Sismondi , avait mis Clovis à la téte d une puissante confédération germanique ; mils sa eonversiôii 'seule pouvait lui assurer la bienveillance et l'obéissance des Gaulois , au milieu desquels il voulait établir son empire.
Clovis se hâta donc d'accomplir le vœu qu'il avait fbit à Clotiide et à son Dieu.-. . .Par un sort singulier , Clovis se trouva être, à cette époque, le seul roi civilisé ou barbare qui fîtprofession de la foi orthodoxe. L'empereur Anastase, en Orient, était toiiibe d^ns
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L'UIilVERS.
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quelque erreur obscure sur Ja doctrine de rîncarnation ; le grand Théo»
donc, qui Tenait de fonder en Italie le royaume des Ostrogoths; Alaric, roi des Visigoths à Toulouse ; Gondeboud et Godegisile , rois des Bourguignons ; Trasainond, roi des Vandales en Afrique ; le roi des Suèves en Espag[ne, dont le nom n'est pas connu, ' étaient tous ariens La conversion de Clovis fut pour les Gaulois et pour tout le clergé catholique un Jour de triomphe. l!n nouveau Constantin prenait la défense de l'Église , et de' persécutée il lui promettait de la rendre pprsPcuMce.
« Le pape Anastase adressa de Rome une lettre à Clovis pour le féliciter, et Avitos, éréqoe de Vienne, sentant dé^à quelle conséquence pouvait avoir' pour tout le clergé des Gaules la conversion d'un roi aussi vaillant , lui écrivit : f'otre foi est notre victoire.
« En effet, dans les villes gauloises, qui, démembrées de TEmpire; a'é-* talent point encore envnhies par les barbares, un clergé riche (^t puissant, secondé par la superstition des peuples , avait remplacé tows les autres pouvoirs de l'État. L'évoque, premier citoyen de la ville, était roracle de la municipalité , souvent son chef, et il s'arrogeait toutes les fonctions des comtes que Tempereur ne nommait plus. Les rois des Visigoths avaient exercé quelque persécution contre les catholiques; le premier intérêt des Gaulois était de ne pas tomber entre leurs mains ; leur politique la plus naturelle, de se choisir un défenseur guerrier.
« Un chapitre de Procope , au livre premier de sa Guerre gothique , nous donne les seules notions qui nous soient parvenues sur Talliance qu'une inéme toi religieuse fit contracter entre les Francs et les Gaulois. Il nous dit que les Armoriques , qui confinaient avec les Francs , après avoir été attaqués par eux et les avoir vaillamment repoussés , acceptèrent leur alliance; qu'ils convinrent de se réunir en un seul peuple, et de se régir par les mêmes lois ; qu'en même temps
les soldats romains, dispersés dans diverses provinces des Gaules , et ne pouvant plus avoir de oommuniea»
tions avec l'ancienne ou la nouvelle Rome , furent également incorporés dans l'armée et la nation des Francs, dont ils accrurent subitement la puissance Aucune trace, il est vrai,
de ce grand événement n'est demeurée dans aucun des historiens de France, ni dans aucune des lois des peuples barbares. Cependant, dès le moment de la conversion de Clovis, nous voyons le chef de trois mille guerriers devenir le souverain de la plus belle portion de la Gaule. Entre les années 497 et 500, espace de temps où Grégoire de Tours ne place aucun événement , tous les restes de la domination romaine dis-, parurent, et toutes les provinces qui, soit réunies en confédération , soit éparses, n'avaient encore reconnu l'autorité d'aucun barbare , devinrent des parties de la monarchie des Francs. A la fin du cinquième siècle , ou vingtcinq ans après la suppression de Tenipire d'Occident , la domination de Clovis s'étendait jusqu'à i Océan, jus-qu'à la Loire , ou elle confinait avee celle des Visigoths; jusqu'au Rhône, où elle confinait avec les Bourguignons; et jusqu'au Rhin, où elle conhnait avec les Allemands et d'autres Francs. »
MM. Guizot et Châteaubriand, aussi bien que Mezeray, voient dans Talliance du clergé catholique et des Francs le secret de l'élévation de ces derniers. M. Augustin Thierry lui-même partage cette opinion ; suivant liii, Clovis, rbonime politique parmi les rois francs de la première race, mit sous ses pieds le culte des dieux du jNord dans le but de fonder un empire, ^(Uioeia aux évéques orthodoxes pour la destruction des deuœ royaumes ariens. M. Michelet surtout a admirablement caractérisé ce grand événement; voici en quels termes il s*ex|>rime : « Attito s^oinaît, et TEmphre ne pouvait profiter e sa retraite. A qui devait rester la Gaule ? aux Goths et Burgundes , ce semble. Ces peuples ne pouvaient
OAT, . FRANGE. CAT
manquer d'envahir les contrées centrales, qui, telles que l'Auvergne, s'obstinaient à rester romaines. Mais les Goths eux-mêmes n*étaient-iis pas Romains? Les Goths n'avaient que
trop bien réussi à restaurer l'Empire. L'administratîmi impériale avait reparu , et avec elle tous les abus qu'elle entraînait. L'esclavage avait été maintenu sévèrement dans l'intérêt des propriétaires romains. Imbus des idées b^antines dans leur long séjour en Orient, les Goths en avaient rapporté Tarlanisme grec, cette doctrine qui réduisait le christianisme à une sorte de philosophie , et qui soumettait l'Église à l'État. Détestés do dergé des Gaaies, ils le soupçonnaient; non sans rnison , d'appeler les Francs, les barbares du .Nord. Les Burgundes, moins intolérants que les Gotbs, partageaient les mêmes craintes. Ces défiances rendaient le gouvernement chaque jour plus dur et plus tyrannique. On sait que la loi gothique a tiré des procédures impériales le premier modèle de l'inquisition.
« La domination des Francs était
d'autant plus désirée que personne peut-être ne se rendait compte de ce qu'ils étaient. Ce n'était pas un peuple, mais nne fédération; phis on moins nombreuse , selon qu'elle était puissante; elle dut l'être au temps de Mellobaud et d'Arboejast , à la fin du quatrième siècle. Alors les Francs avaient certainement dés terres considérables dans l'Empire. Des Germains de toute race composaient, sous le nom de Francs, les meilleurs corpsdes armées impériales, et lagarde même de Tempereur. Cette population flottante entre la Germanie et VEm»
pire se déclara généralement contre les autres barbares qui venaient derrière elle envahir la Gaule. Ils s'opposèrent en vain à. la grande invasion des Bourguignons, Snèves et Vandales, en 406; beaucoup d'entre eux combattirent Attila. Plus tard, nous les verrons , sous Clovis , battre les Alemaas , près de Cologne , et leur
fermer le passage du Rhin. Païens encore, et sans doute indififérents-dans
la vie indécise qu'ils menaient sur la frontière , ils devaient accepter facilement la religion du clergé des Gauks.
Tous les autres barbares à cette époque étaient ariens. Tons ap[>artettaient à une raee» à une nationalité distincte. Les Francs, seuls , population mixte, semblaient être restés flottants sur la frontière , prêts n toute idée , à toute iniloenoe, à toute religion. Eux seuls reçurent le christianisme par l'Église latine, c'est-à-dire , dans sa forme complète, dans sa lioute poésie. Le rationalisme peut suivre la civilisation, mais il ne ferait que dessécher la barbarie, en tarir la séve, la frapper d'impuissance. Placés au nord de la France, au coin nord-ouest de l'Europe, les Francs tinrent ferme et contre les Saxons païens, derniers venus de la Germanie, et contre les Visigoths ariens , enfin , contre les Sarrasins, tous également ennemis de la divinité de Jésus-Christ. Ce n'est pas sans raison que nos rois ont porté le nomde fils atnés de l'Église.
« L'Église fit la fortune des Francs.
L'établissement des Bourguignons, la grandeur des Goths , maîtres de l'A-
auitaine et de l'Espagne, la formation es confédérations armori(^ues , celle d'un royaume ronuâit à Soissons sous le général Egidius, semblaient devoir resserrer les Francs dans la forêt Carbonaria entre Tournai et le Rhin.
Ils s'associèrent les Armoriques , dH moins ceux qui occupaient rembouchure de la Somme et de la Seine. Ils s'associèrent les soldats de l'Empire, restés sans chef après la mort d'Egî- •dins. MaisJamaU leurs faibles bandes n'auraient détruit les Goths^ humilié les Bourgingnons , repoussé les AlkmaïuU , si pariout ils iVeus^ sent trouvé dans le clergé un ardent auxiliaire, quiles auida, éclaira leur marche j geîgna travanee les populo* Uons,
« Clovis ne commandait
encore qu'à la petite tribu des Francs de Tournai , lorsque plusieurs bandes
ItUBIVISRS.
Sa^u^f , déiigiiéèi «m I* nom *iJI-iiifln ( 10111 hommes ou tout à
fnit hommes ), menacèrent de passer le Rhin. Les Francs prirent les armes, comnie à l'ordinaire , pour fermer le pasisage aux iiQuveaux venus. £n pareil cas, toutes les tribus s'untssaîeBt «pus le cbeif la plus brave. Clovia eut ainsi riîonneur de la victoire commune. II embrassa, en cette occasion, \c cuit(î de la Gaule romaine. C'était oslui de $a femme dotikle, nièee do
foi des Bourguignons
a Cette tinionde Clovis avec le clergé des Gaules semblait devoir être l'jtale aux Bourguignons. Il avait déjà es-
- sayé de profiter d'une guerre entre leurs rch Godegisîie el Goodebaud.
II avait pour prétexte contre celui-ci son arianisme'el la mort du père de Clotiide que Gondebaud avait tué;
.nul doutQ qu'il ne £ût appelé [jar les
.évéques. Gondebaud s'humilia. Il amusa les évéques par la promesse de se faire catholique. Il leur confia ses enfants à élever. Il accorda aux Roniains une loi piuç douce qu'aucun peuple barbare n^en avait encore ae-
.0ordéaux vaincus. Enfin, il se soumit
f| payer un tribut à Clovis.
« Alaric U , roi des Visigoths, partageant les mêmes craintes , voulut gagner Govis, et le vit dans une tiede fa Loire. Celui-ci lui donna de bonnes paroles ; mais immédiatement après Il convoque les Francs, a II me déplaît, dit-ilf que ces ariens possèdent
# la meilleure partiedesGauras; allons f snr eux aveo Taide de Dieu, et chas- « sons-les; soumettons leur terre à no- ^ tre pouvoir; nous ferons bien, car
■f ellti est très-bonne. >»
« Loin de rencontrer aucun ohetade« il sembla qu'il fût conduit par une main mystérieuse. Une biche lui indiqua un gué dans la Vienne. Une colonne de feu s'éleva pour le guider, la nuit, sur la cathédrale de Poitiers. Il envoya considtar les sorfs à Saint- INTnrtin de Tours, et ils lui furent favorables. De son côté, il ne méconnut
,»a^ d'où lui venait le secours. Il dé- Mndit de piller autour de Poitiers.
Ma de Tours, il avait iîrappé de son épée un soldat qui tnlavait du fofai
sur le territoire de cette ville, consacrée par le toinbeau de saint \lartin.
«» Ouest, dit-il, r espoir de la vietoire y sii nous ojjensons saint Mar-- Untn Afftè» sa victoire sur Syagrius, un guelrrier refusa au roi un vase sacré qu'il demandait dans son partage pour le remettre à saint Remi, à l'église duquel il appartenait. Peu après , Clovis , passant sas bandes en revue, arrache au soldat sa francisque, et, pendant qu'il la ramasse, lui lend la tète de sa hache : « Souvienstoi du vase de Soissons. » Un si zélé défenseur des biens dt TÉgUse devait trouver en elle de puissants secours pour la victoire. Il vainquit en effet Alaric à Voiislé près Poitiers , s'avança jus(^u'en Languedoc , et aurait été plus lom si le grand Théodoric, roi des Ostrogoths d'Italie et beau-père d' Alaric II , n'eût couvert la Provence et l'Espagne par une armée , et sauvé ce qui restait au lils encore enfant de ce prince , qui, par sa mère, se trouvait son petit-fils. »
Nous n'en finirions pas si nous voulions multiplier les citations. Tous les événements qui ont suivi , aussi bien Que ceux qu'on vient de lire dans ces dif- Krents passages empruntés à MAI.Sismondi , Augustin Tnierry et llicbelet , témoignent que cette rnain mystérieuse, qui aplanissait partout les obstacles en faveur des Francs , c'était la main des évéques et du dern eathoK- 9U& Avec le secours de ce même clergé qui avait cons'^lidé leur puissance et aidé à leur triomphe sur lesVisigoths et les Bourguiiinons, les Francs devinrent les âielB militaires de la Gaule; et ils acquirent sur le reste des bsrbares une supériorité assez grande pour les grouper autour d'eux, en un seul faisceau , et en faire un contrepoids assez fort pour que l'Occident n'eilt rien à craindre de l'accroisse»
ment prodigieux de la monarchie arabe, sou les successeurs de llahomot. ( Voj.
CliAflLEMAGNE.)
Mais si le concours du clergé latin
CAT
lot ndle à ragrandUuHiMiit 4e la mo* narchié franqlie, ralliante des Franci
ne fut pas moins utile nu développement du catholicisme et à l'élévation de la papauté. Avec le secours des Francs mérovingiens , le cathotiôisina ressaisit la Gaule, dont la perte définitive lui aurait fermé tout avenir. Avec le secours des Francs carlovingiens, le catholicisme triompha et des Saxons idolâtres et des Arabes mahométans.
Les Francs furent |es missionnaires armés du catholicisme ; ils en furent les soutiens et les sauveurs. Cliariemagne, le plus grand homme qui soit sorti de leurs rangs, délivra la papauté du voisinage des Lombards qui menaçaient de l'étouffer. Il fit
S lus, il la dota, jeta ainsi les bases e son indépendance politique, et c'est à lui que les papes durent cette puissance, qui leur permit, bientôt après, de tr^'er d*égaux à égaux avec les empereurs qui lui succédèrent.
Ainsi donc , l'alliance prolita aux uns et aux autres. Quoi qu*en aient pu dire ou penser quefques critiques, ce fut un bonheur |x>ur la civilii^ation générale. Si les Francs avaient embrassé Tarianisme comme les Bourguignons et les Visigoths , la grande Église chrétienne n'aurait jamais existé', et le christianisme n'aurait pas pu prendre tout son essor. Il serait resté partout subordonné à la puissance tem})orelie, comme daus les Églises ariennes et dans eelle de Constantinople. L* Église latine , au contraire, se servit de l'épée des Francs pour faire reconnaître Tindépendance du pouvoir spirituel; indé-
Spndance qui d avait existe que de nom ans les anciennes théocraties , où, distrait par Texercice des fonctions politiques et par le besoin de veiller à la conservation de ses privilèges, le prêtre oubliait souvent les devoirs du sacerdoce. Alors , pour la première fois , le .monde vitsurgirdu sein de la sociétéune république vraiment indépendante, ne reconnaissant que Dieu pour maître, ne voyant que des frères dans tous les hommes , n'obéissant qu'à des chefs de aon ehoiz , et n'adfnettant pas d'autre
tilM au paavoir que la talent et la vertu : gouvernemeot mod^, donné en exemple à tous les peuples pour
qu'ils pussent s'en rapprocher successivement, et chacun dans la mesure de ses forces; institution pleine de puis* sance et de majesté; cité de Dieu* offerte à l'admiration de l'univers entier , comme le but vers lequel doivent tendre toutes les associations partielles dont se compose le genre immain.
Cette république religieuse, condamnée à une lutte incessante contre la puissance civile, et forcée de s'isoler du monde pour agir avec plus de force sur le monde, eiit sa diseipline particulière qui reçut des modiOcations plus ou moins sagement conçues. Elle eut des alternatives de liberté ou de dictature, pendaut lesquelles dominèrent tour à tour les conciles ou les papes. Elle eut ses moments de fainlesse , et parut plus d'une fois sur son déclin et à deux doigts de sa ruine; mais son but resta toujours le même :
travailler à faire de rcvangile le code qui doit régir la terre; propager les sentiments de charité, d'égalité et de fraternité universelle. A ce titre, elle a eu raison de se proclamer catholi' que y et de se prétendre Tonique héritière de rftgiise primitive, puisque seule elle a su mettre la religion audessus des atteintes du pouvoir temporel et à l'abri des envahissements de César.
Cependant, elle ne se borna paa toujonrs à dire que , de tous les sentfments de l'homute, celui qui a le plus besoin d'indépendance, c'est le sentiment religieux. I^orsque la papauté se sentit toutfr-puissante, TÉglise empiéta à son tour sur le pouvoir politique qu'elle avait consacré rependant, et entra avec lui dans une lutte terrible qui troubla la société chrétienne -pendant plusieurs siècles, et se termina à I avantage des rois soutenus par les peuples. Cette grande lutte, dans ce qu'elle a de relatif a la France, sera, comme nous l'avons d^à dit, es* quissée à rarticle P^Aiixi.Ici» nou9
GAT
L'UXaVERS.
devoDS nous restremdre à cette considération générale, que, depuis le sei-
zièFTïe siècle surtout, le catholicisme, désormais privé de sa prépondérance , a alternativement subi Tinfluence politique des États qui environnent le saint-siége; tantôt celle de la France, tantôt celle de l'Espagne et de l'Autriche. Il en résulte que le clergé catholique n'a pas toujours conservé cette haute indépendance, si néces* saire au développement et au triomphe de la religion. C'est sans doute pour cette cause que , dans la lutte des peuples contre les privilégiés , il a trop souvent suivi le système des jésuites, si opposé à la politique des anciens papes, et surtout si peu conforme aux prmcipes de rÉvans^iIe. Cependant au commencement de la révolution fran-
' çaise , une grande partie du clergé frao» çais, Adèle à la tradition de l'Église, avait prêté son concours à la démocratie naissante. Un prélat italien, l'évôque de Chiaramonte, depuis le pape Pie VU, disait, en 1797, dans une homélie publiée à Imola: ^LOui, mes très 'Chers frères y soyez bons chrétiens, et vous serez (f excellents déviocrates... Les vertus morcUes rendent bons démocrates... Les premiers chrétiens étaierU animés de Vesprit de démocratie; Dieu favorisa les travaux de Caton d'i' tique et des illustres républicains de Home... Devenu pontife, révéque de Chiaramonte, il faut en convenir, ne dirigea pas ton* jours sa conduite d'après ces principes; mais, enfin, il les avait proclamés. D'ailleurs, Pnmbition de Napoléon, qui voulait réduire le catholicisme au rdfe subalterne d'instrument politique, ne permit pas au nouveau pape de réaliser les projets de réforme qu'il
* paraissait avoir conçus. Pour écha|)per a la domination de JN'apoléon, il fut obligé de se jeter dans les bras des Autrichiens , des Russes et des An* -glais.
T.e catholicisme serait plus puissant aujourd'hui si la chancellerie autriehienne ne pesait pas aussi lourdement ■sur la cour deRome. Le jour où les pa-
pes, serappelantleuraoeienrôlede protecteurs et de représentants des peuples, chercheront à diriger plutôt qu'à étouffer le désir d'affranchissement qui agite l'Europe catholique, ce jour-là, le cattiolicisme ressaisira son ancienne puissance et son ancienne majesté ; ce jour aussi il redeviendra l'allié de la France. Les descendants civilisés de ces barbares qui l'ont rendu tout-puissant au moyen âge, sont encore là pour mettre à son service des bras et des cœurs non moins forts et non moins généreux que les bras et les cœurs des Francs mérovingiens et carlovinf|[iens. *
Mais il est temps que la papauté se licite, car l'Église grecque, soumise à la volonté du czar, mais armée d'une grande puissance matérielle, gagne ^shaque jour du terrain et menace de réduire à la servitude plus d'une population catholique. Si l'Espagne, l'Italie et la France ne forment pas avant peu un faisceau compacte, les protestants et les Grecs, ou, ce qui revient au même, les Anglais et les Russes , usurperont bientôt la suprématie politique, et feront descendre les nations romanes du haut rang qu elles ont jusqu'à ce jour occupé. Quel plus admirable lien pour ces nations que le clergé catholique!
!\Inis pour redevenir le ^uide des peuples les plus civilisés, il ftiut que le catholicisme , se rajeunissant à l'exemple du reste de l'Europe , ait le courage d'en appeler lui-même à une sage raforme. Cela lui sera d'autant plus facile que la politique des peuples en France , en Italie et en Espagne , repose sur les bases mêmes de l'Évangile, etest absolument conforme à la politique des Grégoire VII, des Alexandre III et des Sixte-Quint. Alors les papes étaient leschels, ils étaient les tribuns de la démocratie; alors le catholicisme était une doctrine de progrès et un foyer de lumières. Alors, pour occuper la chaire de Saint-Pierre, il ne fallait pas être Italien comme cela est nécessaire aujourd'hui; il suffisait d'être catholique, et de posséder do talent
CAT
et de Is verta. Le commandement suprême était accessible à tous, ainsi (|U*i) convient dans une société d'apôtres qui doit servir d'institutrice à tous les peuples de la terre.
CATHOLicofi. Voyez Satire Me*
IIIPPBB.
.Gatinàt (Nicolas), maréchal- de
France, naquit, le 1"^ septembre 1637, à Paris , où son père était doyen des conseillers au parlement. Il suivit d'abord la carrière d'avocat ; mais la perte d'une cause dont la justice lui semblait évidente le dégoilta du métier; il quitta le barreau pour les armes , et entra dans la cavalerie. SinipU; soldat au siège de Lille en 1667, il se fît remarquer de Louis XIV, qui récompensa son courage par le don d'une lieutenance. Chacun des grades intermédiaires par lesquels il passa depuis 16G7, pour s élever enûu à celui de lieutenant général en 1689, il les dut, de même que le premier, à des actions d'éclat dont Maëstricht , Besançon , Senef , Cambrai , Valencienncs, Sàint- Omer, Gand , Ypres , lurent successivement les théâtres. Blessé h la bataille de Senef, il eut l'honneur de recevoir du grand Condé le billet suivant : « Per- « sonne ne prend plus que moi d'intérêt A à votre blessure ; il y a si peu de gens « comme vous, qu'on perd trop qùaod « on les perd. » En 1689, lorsque Louis XIV, justement nlnrmé des tergiversations de Victor- Auiédée II, duc de Savoie , lui déclara la guerre , Catinat fut envoyé en Italie. Le 18 aodt 1600, il gagna la bataille de Staffarde, qui le rendit maître de la Savoie ; en ^691 , il occupa une partie du Piémont. La victoire de Marsaille, qu'il remporta le 4 octobre 1693, lui valut le bâton de maréchal, ettermina la guerre, car, dès lors, la France négocia secrètement avec le duc. Louis XIV accueillit Catinat de la manière la plus flatteuse à son retour de l'armée, l'entretint longtemps d'opérations mili* taires, et nnit par lui dire: «C'est assez parler de mes affaires, comment vont les vôtres?» — «Fort bien, Sire, répondit le maréchal , grâce.aux bonlés dA Votre M^esté. « « Voilà , reprit
le roi eu se tournant vers ses courtisans, le seul homme de mon royaume qui m'ait tenu un pareil langage. »
Envoyé en Flandre , Catinat ne fut ni moins» habile ni moins heureux qu'en Piémont, et il prit Ath en 1697.
Mis de nouveau à la téte de l'armée ^ d'Italie, en 1701, il allait se mesurer avec le prince Eugène, et c'était pour ce prince un digne rival ; mais Eugène avait l'armée impériale à son entière disposition, et Catinat ne pouvait agir que d'après les ordres de sa cour. Cette dépendance , jointe au manque de vivres et d'argent , et aux inquiétudes que lui causaient les secrètes dispositions du duc de Savoie, fut fatale à Catinat. La défeite qu'il essuya le 9 juillet à Carpi l'obligea d'ef* foctuer sa retraite, et d'abandonner le pays entre l'Adijïe et l'Adda. Battu de nouveau à Chiari , il fut disgracié. On lui dta le commandement pour le donner à Villeroi; et après la campagne, qu'il acheva sous les ordres de son successeur, il ne servit plus. Les échecs de Carpi et de Chiari furent plutôt le prétexté que la cause de sa disgrâce. La cause véritable c'est que ' Louis XIV estimait Catinat sans I aimer; et il ne l'aimait point |)arce que madamedeMaiotenon, dont l'influence sur l'esprit de son royal époux augmentait de jour en jour, avait su l'indisposer contre lui. Quant à l'inimitié de madame de Maintenon, Citinat l'avait encourue dès longtemps , parce qu'on le soupNÇonnait de jansénisme , et qu'il n'était que religieux : pour trouver grâce devant elle, il fallait être dévot. Elle-même, dans une de ses lettres, assisne à la disgrâce de Catinat le motif que nous donnons : « Il « ne servira plus, dit-elle; le roi n'aime « pas à confier le soin de ses affaires à « ceux qui n'aiment pas Dieu. »
Catinat clôt la liste des grands capitaines qui ont illustré le siècle de Louis aIV; car, après lui, Viliars seul empêcha que h gloire des armes françaises ne s'éclipsât tout à fait; néanmoins, s'il faut en croire le Mémorial de Sainte- Hélène, Napoléon disait que i'iDspectioa ta lieux où Catinat avait
CAV
LtUNIVElLS.
opér« en Italie, et la lecture de sa oorraspondanoe avec Louyoîs le lui afâient lait parahre beaucoup audessous de sa réputation. « Sorti du tiers état, observait l'emperenr, et du corps des avocats ; avec des vertus douées, des mœurs, de la probité; af- ÏBCtaot la pratique de Tégalité; éûbli à Saint-Gratien , aux portes de Paris, il était d(>venu l'affection des G;ens de lettres de la capitale et (Jes philosophes du jour, qui Font beaucoup trop exalté... Il n'était nullement coiriparable à Vendôme. » Certes, en pareille matière, l'empereur s'y connaissait; cependant on peut dire que son ju>^ement est sinon injuste, du moins tort rigoureux ; et qu'en appréciant tes campagnes du maréchal en Piémont, sur un terrain où hii-niême avait ouvert si glorieusement sa campagne d'Italie , il n'a point tenu sufiisamment compte de la diverdté des circonstances , des difficultés qui entravaient Catinat, et des progrès que l'art de In guerre a faits depuis. Il est vrai que Catinat n'eut ni la fougue ni le brillant de Vendôme; mais, comme Turenne , il fut toujours calme , prii- • dent, réfléchi ; et cette disposition habituelle de son âme avait frappé jusqu'aux simples soldats , qui l'appelaient entre eux ie père la Pennée.
Les talents militaires n'excluaient Boiht dbutres capacités chez Catinat.
rlusîeUrs fois d'importantes négociations lui furent confiées, et il s'en tira toujours avec succès. Doué d'un esprit éminemment juste, il était propre à remplir avee distinction les emplois en apparence les plus opposés. Aussi le maréchal de la Feiiillade, quoique son ennemi, disait-il à Louis XIV que Catinat eût été aussi bon ministre et aussi bon chancelier que bon général.
Mais ce qu'on doit surtout admirer chez Catinat, c'est rheureiise trempe de son ciirartère, ce sont les nobles qualités de son cœur. Sa bonhomie Tavait rendu Tidole du soldat. A la guerre, il croyait ne pouvoir jamais user, à l'égard des vaincus, d'assez de douceur et de ménagements. Souvent il éluda l'entière exécution des ordres .dun et inffleiiblesqa'UraeeraîtdeliOa^»
vois. Sa modestie était si grande, que, dans la relation qu*il envova à la cour a près sa victoire de Staffiarde, il s'oublia pour citer avec éloge tous les officiers sous ses ordres; de sorte qu'on aurait pu croirequ'il n'avait lui-même pris aucune part à cette mémorable bataille.
Catinat, qui, interrogé par l^uis XIV su r l'état de ses affaires, ai sait être content de son sort, n'était pas riche ; et il avait fillu un ordre exprès du roi pour qu'il çonsentit à accepter ce qu'en temps de guerre les généraux appellent ie traitement du pays. A la fin d'une cainpagne , sa bourse se trouva si dégarnie, qu'il se vit contraint de solliciter une gratilication de trois mille écus , avouant « que les autres années cette gratification était de commodité , mais que, pour l'année présente, elle était de nécessité. »> Malgré son peu de fortune, il savait au besoin se montrer généreux : ainsi il était en Piémont lorsqii'il fut nommé maréchal de France, et donna mille éeiis au courrier (jui lui apporta le bâton. Mais ce courrier n'avait fait que remplacer un gentilhomme tomné maladie en route; et ce gentilhomme prétendit que la gratification lui revenait de droit. Catinat, venant à apprendre la diseus^ion , ût donner mille écus à chacun des deux.
La rancune et fti jalousie nVaient aucune prise sur son âme; lorsque Villeroi vint le remplacer dans le commandement, Catinat, mettant la gloire d'être utile bien au-dessus du point d'honneur , consentit à servir sous son successeur. « Je tâche d*ou- « blier ma disgrâce, écrivait- il à ses « amis, pour avoir l'esprit plus libre « dans rexecution des ordres du maré- « chai de Villeroi. Je me mettrai jus- « qu*au cou pour Taider. Les méchants « seraient outrés s*ils savaient josqu*oà « va mon intérieur à ce sujet. » Enfin , telle était la sîmplic té de ses habitudes, que madame de Sévi^né,dans une de ses lettres à sa fille, lui marque, avec Une surprise qui peint les mœurs du siècle, qu'elle a vu le maréchal de Catinat se promener dans sou Jardin sans épée.
' Çatinat moof ut dans sa retraite da
CAT FRA2fCE.
CAT
Sajiit-Gratien le 25 février 1712, à rlgie'de soixante et quatorze aus^ sans .avoir jamais été marié.
Catinat (Alniias Manuel, dit), chef caniisard , romiuarulnit SOUS Ca\ nh'er, et ce fut « il Jurande part'^ à hii que les insurgés durent Torganisation de leur cavalerie. Cependant , malgré sa bravoure et de brillants faits d'armes, sa désobéissance aux ordres de ses ^ chefs le fit traduire devant un con- ; seil de puerr^V pù on raccusa aussi 'd*avoir incendié des éelises sans ordres et sans raison. Il s'avoua coupable, et. iir.'ice à ses services, il fut acquilté a l'unaniiuile. Il refusa de f^ire sa soun^ission au roi , comme Cavalier, et passa en Suisse; mais i)i^Dtât il se laissa séduire par les £g^ts de l'Angleterre, rentra en France, et prit part à la conspiration
f pt Pol^et était de tuer rintendaht vi(|§. çt d*efitever le maréchal de rwicl* On wit que cette entreprise loua. Cntinnt fut saisi et envoyé devant les tribunaux , qui le condamnèrent à être brûlé viif , sentence oui fut exécutée le 21 lîiai 1705.
CATINEAU-LAROCHr {P. AT. S ), né à Snint Brieuc en 1772, se trouvait à Saint-Domingue en 1791, et y publiait un journal intitulé CAmi de la paix si ifi tûnionf dont jes prtnçipes| le firent dénoncer aux tripunâiiJÎi' Il échappa à iir.iiul' peine a ime condamnation c;jpit;ile, et revint en France.
$ous l'einpirc , il fut successivement péci^èfUirt général des douanes en Autriche, inspecteur géTïéral en Illyrie, et chef de Padministration de la librairie. Après avoir voyaiic qiiel(|ue temps en Aniérique, il fût, en I81D, chargé b^tr'1^'!r6i d'explorer 1^ Guyane française, et mourut a Paris en 1828. Il a
})nblié un f ocabulalrc pnriafîf de fa dngue française, in-l(î, in)f)riin(' plusieurs fois; des Réflexions sur la lif^rcfirie, l807Jn-8»; et iîrié JMWrçe àuthÔuffanefra/urnsr.Vans, 180.
Cativolke. chef des F.btirons, partageait le commandement avec le l)r;ive Am()iorix, lorsque celui-ci organisa Coiam César sa 'Va§te conspiration.
' iûiitfiôlkéV mail tiodiile et vatémn
par l'âge et la maladie Oi s'opposa d*abora à ees projets. Ënfiiiy ëotratné
f ar les abllicitations de rinfatigablé . ndntiomar, il seconda son jeune eollèfiue,et le snivit à l'heure du combat. Quand la fortune eut trahi la cause de findépendance, le vieui Ciativolke, ne pouvant plus supporter les fatigues de la fuite et de la guerre, niit lin a sa vie en s'empoisonnant avec le suc de l'if Il expira en prononçant « des paroles de doaleur et da malédiction et en dévouant à la Tengeance dn ciel et de la terre l'homme qui était venu troubler ses vieux jours, et verser sur sa patrie de si effroyables cala* mités r*). »
Cet homme, César prétendit que c'était Ambiorix; « mais nous pouvons croire, en toute sûreté de conscience, dit M. Thierry, que les im- . précations do vietnara gaulois 8*adressaient plutôt à l'étranger eontre qui Ambiorix n'avait fait que remplir son devoir de chef patriote et de Gaulois. »
Catopan, manière de porter les cheveux, en usage au dernier siècle, parmi les troupes d infanterie. C'était un chignon ou une pelote de cheveux roules sur eux-mêmes et noués par le milieu , et pendants à une hauteuf prescrite. Le catogan , d'abord renfermé dans un crapaud, fut plus tard recouvert d'une chevrette, laquelle, en 1792, remplaça cette coiffure, qui, longtemps après, était encore en usage dans des corps de hussards.
Catrod (Franc., le P.), né à Paris en 1659, mort en 1737, entra chez les jésuites en 1677, et obtint pendant sept ans de grands succès dans la chaire. Mais son principal titre de gloire est la fondation âw Journal de Trévoux , qui commença à paraître en 1701. Il entreprit cette publication avec trois autres jésuites, la soutint pendant près de douse années , et s*y ac(|uit la réputation d*un écrivain spirituel et d*un critique Judi-
(*) César, Bell. OalL, liv. v, c. 3ï.
(*') Ctsar, ibid., liv, vi , c. 3r.
(•••) Am. Thierry, t. II, p. 79 de l'Hi»toiredesGiinloii.
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300 CAT L'UNIVERS. . CAT
deux. I) a composé en outre un grand nombre d'ouvrages historiques, tels que l'Histoire générale du Mogol, .1705, in-4°, ou cinq volumes in-t2, avec VHisMre du règne d^Aurenç' Zéb; VHiitoîre du fanatisme dans la religion protestante^ contenant l'histoire des anabaptistes ^ du davidisme et des trembLeurs , Paris, 1733, trois ▼ol. in*18 ; VHisMre des anabaptistes^ Paris (Amsterdam), 1695,in-12, et Amsterdam, 1700, in-12; une Traduction de Firgile , avec des notes critiques et historiques : cette traduction est entièrement oubliée; une Histoire romaine, 1725-37, en 21 vol. in-4»:
cette histoire est fort étendue; mais une foule d'ouvrages supérieurs , surtout depuis quelques années, font laissée fort en arrière. Le style, d'aiUeors, en est difXîis , recherché, et quelquefois puérilement ambitieux.
Cathufo (Joseph), compositeur dramatique, naquit à Naples en 1771, entra, en 1783, au conservatoire de cette ville, et composa à Malte, en 1791, deux opéras IxMiffes. L'invasion de l'Italie par les armées françaises arrêta pour un temps l'essor de cet artiste. Il entra au service, et fit sous nos drapeaux toutes les campagnes d'Italie; c'est là qu'il gagna ses lettres de naturalisation. Pendant le temps qu'il resta dans nos années, il composa plusieurs morceaux de musique pour consacrer le souvenir des événements auxquels il prenait une part glorieuse , et pour propager les idées républicaines en Italie; ces morceaux sont des hymnes républicains ^ et une cantate pour céléorer la victoire de Marengo. En 1804 , il quitta le service, et se fixa à Genève, où il fit le premier essai de renseignement mutuel appliqué à la musique.
C'est pour cet enseignement qu'il composa ses solfèges progressifs. Il réside à Paris depuis 1810, et a composé pour Feydeau plusieurs opéras, dont la musique est harmonieuse et élégante; ces opéras sont : lu' Aventurier y opéra-comique en trois actes; FèUcie, en trois actes; une Matinée de Frontin , en un acte; la Fiiie romanesque^ la BataiUe
de Denain , en trois actes ; les AveU' g les de Franconvilley en un acte; enfin la Fée Urgelle, en trois actes.
Caxtaneo (Bernard-Louis), lieutenant général, né à Ajacdo en 1769, entra au service en 1786, comme souslieutenant au royal-corse. Il combattit à Jemniapes et à"FIeurus,et était parvenu, en 1793, au grade de capitame, lorsqu'il fot destitué comme -noble , et roroé d'émif^rer. Il offrit alors ses services au prince de Condé, mais il rentra en France aussitôt qu'il put le faire sans danger. INommé, en 1806, colonel de la légion corse, il fot envoyé la même année, avec ce corps, au service du roi de Naples. Élevé, deux ans après, au grade de général de brigade, il devint en même temps aide de camp de Murât, qu'il suivit dans la campagne de Russie* Blessé grièvement cà la ]\Ioskowa, et nommé lieutenant général sur le champ de bataille, il revint ensuite à Naples avec son souverain d'adoption, fit, avec Farmée napolitaine, la campagne de 1814 et de 1815, et fut emmené en Moravie comme prisonnier de guerre. Rentré en France en 1816, il passa dans la disgrâce tout le temps de la restauration. Le général Cattanéo est mort en 1832. Sa famille était alliée à celle deliapoléon ; son oncle maternel , Baceiocchi , avait é{)ousé la princesse Éiisa, sœur de l'empereur.
G4TEBL. Ce mot désignait, suivant la coutume de Hainaut, un effet mobilier, et, par extension, un droit seigneurial que l'on exprimait par droit au meilleur cattel. Ce droit consistait dans la faculté qu'avait le seigneur de prendre le meilleur effet mobilier que laissait en mourant un affranchi, un descendant d'affranchi ou l'habitant d'un lieu affranchi.
Voici , selon les feudistes, l'origine de ce droit : jusqu'au milieu du treizième siècle, le Hainaut était, comme lesautres provinces de la France, rempli de serfs et de gens de mainmorte. En 12o2, la comtesse Marguerite donna Texemple des affranchissements aux seigneurs de sa cour, qui l'imitèrent « en se réservant comme elle une cer*
taine portion dans la succession mobilière ae ceux auxquels ils rendaient la liberté, et cette réservé fut appelée dn^ au meilleur caUely puis tout simplement droit de cattel. Les affranchissements ayant été personnels ou locaux, c'est-à-àire, accordés à un ou plusieurs serfis , ou concédés géué»
ralement à un village ou à une ville, il s'ensuivit que le cattel était ou personnel ou local.
Le cattel personnel était celui ^ue devaient les héritiers d*un affranchi et les héritiers de ces héritiers , jusqu'à extinction des lignes. Le cattel local se percevait sur la succession de ceux qui étaient venus se fixer dans un lieu anciennement affiranchi, bien qu'ils lussent, par leur origine, étrangers à ce lieu , et par la naissance affranchis de ce droit.
Cattho (Angelo), né à Tarenle, aumônier de Louis XI , avait d'abord résidé à la cour de Charles le Téméraire, où il s'était lié avec Comines; lorsqu'il s'aperçut que les affaires du duc de Bourgogne commençaient à aller mal, il demanda son con^é , et vint en France. Louis XI raocueillit avec bienveillance, le nomma son aumônier, et le fit archevêque de Vienne. Ce fut à la prière de Cattho que Comines écrivit ses mémoires , et il y est loué pour son grand savoir etpour son habileté à prédire Vaoettir* B paraît en effet qu'il avait une grande ré[mtation à cet égard , car, dans une biographie du temps, intitulée Sommaire de la vie de Cattho ^ on lit qu'il devina la mort de Charles le Téméraire. » A l'instant , dit l'auteur, que ledict duc fut tué, le roy Louys oyoit la messe en l'église Saint-Martin'à Tours, distant de Nancy de dix grandes journées pour le moins , et à ladicte messe lui servoit d'aumosnier Tarchevesque de Vienne, lequel, en baillant la paix audict seigneur , luy dyct ces paroles :
« Sire , Dieu vous donne la paix et le « repos; vous les avez si vous voulez, et qma consummatum est, Vostre en- « nemî , le duc de Bourgogne , est « mort ; il vient d'être tué, et son armée « déconfite.' Laquelle heure cottéefust
«AT 801
trouvée estre celle en laquelle véritablement avoit été tué ledict duc. »
Cattho était, de l'aveu de plusieurs.
de ses contemporains, savant en médecine et en mathématiques et habile littérateur. Sa devise était : Ingerùum superal vires. Il mourut à Vienne en
Cattibb (Ph.), savant hellénistedu dix-septième siècle, dont les principaux ouvrages sont : Gazophylacium Grsscum, Paris, 1652, in-4«, réimprimé plusieurs fois; Gazophyloebm latinum, Paris, 1665, in-4»; Jardin des racines latines j Paris, 1667, in-4<»,
Catugnat , chef des Allobroges, s'était jeté, l'an 62 après J. C, sur le midi de la province romaine , dont il ravageait ou soulevait les eantons. Au bruit de quelques succès remportés par le lieutenant Lentinus , il revint sur risère , et fit tomber Farniée romaine dans une embuscade où elle faillit périr tout entière. Catugnat s'étant éloigné de nouveau , le consul rentra sur son territoire , le dévasta par le fer et par le feu, et les Allobroges furent pacifiés,
Catumand, roi des Ligures (*).
Dans une des nombreuses guerres de ce peuple contre Marseille, Catumand assiégeait cette ville, et il allait s'en rendre maître, lorsqu'il eut, dit-on, une vision: une femme, une d^œe, à Taspect terrible , lui apparut dans son sommeil, et se déclara la protectrice des assiégés. Aussitôt Catumand, effrayé, lui accorda la paix. Au moment où il entrait dans la ville pour adorer les dieux, il reconnut, dans une statue de Minerve, la déesse qu'il avait vue. C'est elle, s'écria-t-il, c'est elle qui m'a effrayé cette nuit! c'est elle qui m'a ordonné de lever le siège! Alors, détachant son collier d'or, il le passa au cou de la déesse, et, après avoir félicité les Marseillais, il s'empressa de conclure avec eux une alliance durable.
' Gatubiobs, ancien peuple de la Gaule, mentionné par César comme habitant , avec les Centrones et les
(*) Jusliu , liv. xLiii t c â.
m tâ9 LUN
Garoceli, les déCIés des Alpes cottiennés, où ils voulaiml «mpâclier won
armée de pénétrer (*). Leur position
dans la vallée de la Durance se trouve déterminée par celle de Charges, leur capitale, que les itinéraires romains appellent Caturigse. On a trouvé, en efret, à Chorges, une inscription rapportée par Spon, où on lit: Civ. Cat.
Cette ville céda plus tard son rang à Eburodunum (En)brun), après l'avoir toutefois conservé, selon toutes les apparences, jusque dans les derniers temps de la puissance romaine. Pline nomme les Caturiges dans Tinsonption du trophée des Alpes. Dans Ptolémee , ce peuple se trouve place dans les Alpes grecques; mais ce n*é$t évidemment qu'une erreur de copiste.
Catus , petite ville de rancien Quercv (département du Lot), à seize kilomètres de Cahors. Pouulation , mille quatre eent trente-hiiit habitants.
C'était aotrefois une des villes les plus importantes de la province. Pendant les guerres contre les Anglais, elle était entourée de remparts et de fossés dont on voit encore les restes , et s'étendait en partie dans la vallée « en pnrtie sur le sommet de la montagne, où subsistent les ruines d'un ancien fort. Les Anglais, après l'avoir plusieurs fois attaquée sans succès , s'en emparèrent sons le règne de Charles VI , et affermirent par cette conquête leur domination dans la cofitrée. Lps habitants de Cahors reprirent cette place sous le règne suivant, après une vigoureuse nÊsistanœ.
Cauchabd , enseigne de vaisseau , commandait le vaisseau V Jchille au combat de Trafalgar, au moment oii ce bâtiment, après avoir perdu ses officiers et plus dé la moitié de son éqilipage, était en feu; il n'y avait plus d'autre voie de salut que de se jeter à la mer. Canchard , au milieu du désordre, n'était occupé qu'a lancer à Teau tout ce quMI trouvait pour sauver ses compagnons d^armes; il ré^solut de ne sortir du bâtiment que le dernier; il tint parole, et périt victime de son dévouement.
(*; Liv. I, cil, xo,
Cauchb (Fr.)) voyaeeur, a oublié, en l«51 , une des premières relations
qui parurent sur 1 île de Madagascar,
où il avait séjourné quelque temps. Son journal, réuni à quelques autres voyages, entre autres à celui de Bouiou Baroau Brésil, à celui de Morçau dans le même pays, et à ceux dé Lambert et d'Abère en Égypte , a paru sous ce titre : Relations véritables et curieuses de l'île de Madagascar et du Brésil; savoir: Relation du voyage de François Couche de Rouen en fUe de Madagascar^ îles adjacentes et côtes d' ifrique en 1 G38 , et autres pièces, Paris, IGÔl, in-4f>.
Gauche était né à Rouen, d'une famille pauvre, et n'avait oas tait d*étudeè; mais la simplicité de son récit inspire de la confiance. Se trouvant à Dieppe à l'âge de vingt-deux ans, il s'embarqua, en qualité de soldat, sur un bâtiment commandé pâr .Alonze Goubert, qui se proposait d'aller dans la mer Rouc;e, et de fonder un comf)toir à l'ile de France. Ayant trouvé cette lie occupée par les Hollandais, l'expédition dut se replier sur Hâdagascar, où elle mouilla, et où Cauchè resta avec un petit nombre de Français. Ses compagnons et lui parcoururent l'île dans plusieurs directions, et furent généralement bien accueillis par \ef indigènes. Lorsqu'une 6xp( dition fut envoyée de Francis pour hnider une colonie à Madagascar , Pronis,àqui en avait étéconliée la conduite, voulut réunir à sa troupe Gauche et ses comi)ngnons; mais celui-ci préféra revenir en Francé.
Toute cette partie de son voyage est avérée; ce qui Test moins, tout eu paraissant tres-probable , c'est qu'après avoir passé les ties Comores, le bâtiment sur lequel Cauche était embarqué entra dans la mer Rouge, où notre voyageur et les autres gens de l'équipage se Miirent à faire le métier de pirates. S'il faut en croire Cauche luimême, ils prirent ainsi plusieurs vais^ seaux arabes ou malabares« et reviiiren^ en Europe, après avoir touché de nouveau à Madagascar.
Flacourt, qui succcdaaPronis dans
le CDRlIiiandenient d« la colonie française de Madagascar, prétend que Cauche n'a pas bougé de Madagascar ^ et que ses excursions dans cette île, aussi bien que son voyage dans la mer Rouge, në sont que des fables. Cependant, 8Î Cauche avait voulu mentir, son imagination lui aurait fourni des aventures plus romanesques, et surtout plus honorables . que les entret>ri8e8 de piraterie dont il parle, La vérité, c'est que Flaoourt, bonime de distinction , ne se sentait que du dédain pour (fauche, voyageur obscur et de basse extraction y qui toutefois, desoH avëu méibe, parle, assez raisonnabJement de Carcanossi, ville madécasse où il avnit résidé.
Quoi qu'il en soit , Cauche fait des habitants de Madagascar un portrait beaucoup plus flatteur que eeluî qu'eu a donhé Flacotirt
• Cauchois- Lematbe (Louis-Auî^ustin-Frnnçdis), né à Paris en 1789.
Cet écrivain politique, à qui les persécutions du pouvoir sous la restaura* tfon ont ae()ui8 de la célébrité , était pt'Opriétaire du journàt le iVain Jaune, que son opposition maligne fit supprimer en 1815. Les Fantaisies, qu'il avait données comme suite au Aai/i faune, furent épçblemeni arrêtées pres^ qu'à leur naissance. Le Journal des ârfs pf de la politique, qu'il publia ensuite sous d'autres noms, fut encore interdit, parce que le numéro 24 contenait un éloge de Gamot. Réfugié en Belgîqnè, M. C Michois-Lemaire y rédigea ensuite le Nain jaune réfugié, auquel succéda le / rai libéral Mais bientôt il futvà la sollicitation du ministère français, livré aux gendarmes pour être conduit aux frontières. Cependant il parvint à s'échapper et à se cacher à la Haye, oxï il reçut une généreuse hospitalité. Du sein de sa retraite, ii adressa aux états généraux une réclamation oui donna lieu à de tifs débets, et qui lut enfin rejetée. Découvert peu de temps après, il erra pendant un an dans les Pays-Bas , jusqu'à ce que l'ordonnance du 5 septembre lui permit de rentrer en France. En 1821 « 11 publia « «DUS le titre é'Qpiuciae9\
une réunion d'articles, tous empreints d'une ironie mordante. Nouveau procès, nouvelle condamnation à une année de détention et à la saisie d'un cautionnement de vingt mille francs , fourni par sfs amis |K>ur obtenir sa mise en liberté provisoire. Ce fut aussi à cette époque qu'il publia ses Lettres sur les cent jours. Lors(pril eut été rendu à la liberté, il consacTa presque tout son temps aux journaux libéraux, et particulièrement au ConstitutionneÀ»
Depuis la révolution de juillet, M.Cauchois-Lemaire a rc()ris sou opposi-, tion, et fondé le journal le Bon Sens, Mais depuis quelque temps il s'est retiré 4e rarène politique.
*Cauchoix (N.)i eoloîicl du V régiment de carabiniers, mis à la retraite avec le grade de général de brigade, par suite de graves blessures reçues devant Ùlm en 1805. 00 cite de ce brave offi* cierun trait touchant de bienfaisance:
dans la campagne de 1800, une contribution de^tierre avant frapné les habitants de l'evéché d ËiclistaBat, ces malheurejuxi hors d'état de l'acquitter, se virent enlever jusqu'aux vases sacrés de leur église. Caïu'.hoix, touché de leur desespoir, et secondé par le chef d'escadron Fauchçr, lequai tier-maitre éjf le capitaine Corne et le maréchal des logis Berger, s'efforça d'obtenir du général en chef la remise de la contribution. Ayant échoué dans leur tentative , ces braves Tacquitlejent de leur propre argent. L^e sourenir dé cette belle action est consacré dans le pays par une messe solennelle que Ton y célèbre tous les ans po^r l'éterniser. . , , .
Caochoek (Robert- a glaé), habile opticien, né en 1776, dans le département (le Seine- et -Oise, est le premier qui ait employé avec succès le ilint-glass français dans les instruments d'optique.. Tous les instruments de M. CAuchoix sontexéenléa avec une rare perfection, et cet artiste joint a une grande habileté des connaissances théoriques fort étendues. 11 a rendu à l'astronomie un service important par l'invention d'un pied propre à supixip»
ter et à mouvoir dans tous les séné
CAV
L*UNIV£BS.
CAU '
ks lanettes et les télescopes de toutes
dimensions. C'est lui qui, jusqu'à présent, a fait les plus belles lunettes astronomiques, et Tune d'elles, ayant un objectif oe cinq pouces de cHâniètre , a servi deroièrement à faire des découvertes fort ImportaDtes sur Fanneaii de Snturne. M. Cauehoix , retiré des affaires depuis quelques années , a été l'année dernière nommé au bureau des longitudes, en remplacement de M. Lerebours.
Gàuchon (Pierre) prit une part active dans la lutte des partis qui divisèrent la France au commencement do quinzième siècle. Après la mort du roi Cbarles VI , il s*était jeté dans la faction des Bourguignons , et , par suite , il s'était montré un des amis les plus chauds et les plus dévoués de la doniination anglaise. Il était évéque de Beauvais, lorsque, en 14iJ9, les habitants de la ville le chassèrent ignominieusement de son siège, parce qu'il s'était fait TalUé des ennemis de la France. Pierre Caucbon voua dès lors une haine implacable aux partisans du roi Charles VII, et bientôt il se rendit célèbre par racharnenient qu'il mit a poursuivre Jeanne d'Arc, qui avait été prise par les Bourguignons.
Jeanne d'Arc était encore au pouvoir du comte de Luxembourg , lorsque Pierre Cauchon se porta comme son accusateur, et demanda le droit de la
i'uger et de la concjamner. Il s'adressa, 1 cet eifet , au roi d'Angleterre , au duc de Bourgogne et à l'université de Paris. Il olitint enfin ce qu'il désirait si ardemment, et on lui confia le jugement de la Pucelle. Ce hideux
Srocès , qui s'instruisit et s'acheva à Louen, souillera la mémoire de Pierre Cauchon d'une honte éternelle. 11 mit tout en œuvre pour arriver à ses fins. Il employa le mensonge et la perfidie , il supposa des aveux, il fiilsifia les ré* ponses, et cependant on put croire un instant que la victime qu'il poursuivait avec tant de haine allait lui échap-
rir. Pierre Caucbon avait eu recours un prêtre nommé TOiseleor ; celuici , après avoir gagné la confiance de Jeanne, reçut sa confession, que deux
hommes apostés reoneinirait par écrit. Mais cet odieux sacrîlége ne servit en rien les projets de Pierre Cauchon : la confession n'avait dévoilé aucun des crimes que l'on reprochait à Jeanne. H prononça d'abord une sentence qui condamnait la jeune fille à une prison perpétuelle. Les Anglais et une vile populace repoussèrent ce jugement, et Pierre Cauciiuu fut oblige d'avoir recours à de nouvelles perSdies pour consommer Tadie infâme qui lui était demandé. Jeanne d' a rc, que l'ancien évêque de Beauvais déclara relapse , excommuniée, reje- Me du sein de l'Église , périt enfin sur un bûcher (voyez l'article Jeanne d'Arc). Après cette condamnation, Pierre Cauchon vécut encore douze ans et mourut en 1443. La haine que le peuple avait conçue contre lui, se manifesta alors d'une manière si violente, que ses restes furent déterrés et jetés à la voirie.
Caucuy (Augustin-Louis), né à Paris, fils du suivant, est un de nos mathématiciens les plus distingué^. De bonne heure , il fit preuve pour les sciences d'une rare aptitude. A seize ans, il avait donné la solution d'un problème très-compliqué , solution qui lut insérée dans la Correspondance de l'école polytechnique. Plusieurs ménioires de M. Cauehy ont été imprimés dans les recueils scientifiques :
celui dont le sujet est la l^iéone des ondSes, et qu'il a présenté en 1815 au concours de l'Institut , a été couronné par la classe des sciences physiques et mathématiques. JNommé, en 181G, membre de l'Académie des sciences (section de mécanique), M. Caucby n'a cessé, depuis cette époque, de communiquer à cette compagnie une foule de travaux d'un haut intérêt. Nous citerons, entre autres, ceux qui ont pour objets les Résidus, les Équations, et la Théorie de la lumière.
Calichy (Louis-François) , né à Rouen eu 1765, a publié" des poésies latines , dont les plus remarquables sont une Odeaupremierconsut, in-8% 1802 ; la Légion d'honneur, ode, 1805; la BaUùUe d^AuslerliU, dithyrambe»
CAU
f 806; Nereus vaHeinator, poëme sur la naissance du roi de Rome, 1811.
On lui doit aussi quelques poésies françaises. Nommé, sous le consulat, archiviste du sénat , il conserva ensuite ces fonctions auprès de la chambre des pairs , avec le titre de garde des registres et de rédacteur des procès-verbaux des séances.
Caldataire, c'est-à-dire, porte-
Îmeue, nom donné à celui qui porta a queue de la robe du pape, d*un cardinal, d'un primat, d'un archevêque, d'un évêque ou de tout outre prélat. Ces fonctions furent d abord rempiles par des ecclésiastiques. Plus tard , en France, les prélats eurent, dans les cérémonies, un laïque qui leur portait la robe, avec Tépée au côté. Avant la révolution, on voyait souvent de pauvres eentilshommes, et surtout des chevaliers de Saint-Louis, devenir caudataires des nobles princes de l'Église. François de Clermont -Tonnerre, évéque et comte de ISoyon , pair de France, ayant voulu que ce fût un chanoine de la cathédrale qui lui servît de caudataire dans les processions, le chapitre de îNoyon s'éleva contre cette prétention, qui fit la matière d'un procès au parlement. Un des avocats les plus renommés du temps, Fourcroi , qui plaida pour le chapitre , parla avec chaleur contre la queue de M. de iNovoii , et dit que cette queue était une comète dont la maligne influence allait se faire sentir a toute TEglise gallicane, si Ton n*y apportait \n\ prompt remède; aussi la prétention de M. de Pioyon ne lit -elle pas fortune.
En 1705, dans une assemblée du
clergé qui se tint à Paris, à Tépoque de la procession du Saint-Sacrement, on agita , pendant plusieurs séanees , si les prélats se feraient porter la
Sueue; les évéques de Mdntpellier, 'Angers, de Chartres et de Senez, soutinrent l'affirmative pour la dignité du caractère épiscopal ; d'autres, au contraire, déclinèrent cet honneur au
nous. Les rois, les princes et lesfnrîn-
cesses avaient aussi leurs caudataires»
C'était un valet de chambre qui remplissait cet oûice auprès des gens de robe. Le mot caudataire vient du latiu eanida, queue (voyez Queue).
Caudbbbg, CeUktum'Beccumf .Ca»
lidobeccum, ancienne capitale du pays de Caux , en Normandie , à vingtauatre kilomètres de Rouen, ai^ourd'hui comprise dans Tarrondissement d'Yvetot, département de Ja Séine- Inférieure.
L'origine de cette ville paraît remonter au delà du neuvième siècle.
Elle était autrefois très-forte, et entourée de murailles flanquées de tours, dont les restes, encore considérables, témoignent de son ancienne importance. Après la prise de Kouea par les Anglais , en 1419, Caudebec fut investie par Talbot , qui ne s'en rendit maître qu'après un long siège. Les Anglais Tevrienèrent en 1-150. Flic se déclara pour les catholiques en lô02 ; mais elle tomba la même année au,
Eiuvoir des protestants. Le duc de' arme l'assiégea en 1 fjOS , et y reçut une blessure dont il mourut quelques mois après. Mayenne prenant alors le couunandemcut, pressa vivement la place, qui se rendit. Les deux ducs vinrent s'y loger. Mais se voyant enfermé dans le pays de Caux par l'armée du Béarnais , le duc de Parme prolita de la négligence de Henri pour faire embarquer ses troupes pendant ' la nuit au port de Caudebec , et l'armée de la ligue fut sauvée. Avant la révolution , cette ville était chef-lieu d'une élection , avec bailliage, presidial« amirauté et vlcomté. Elle est bâtie en amphithéâtre au pied d'une montagne boisée , sur la rive droite de la Seine. L'église paroissiale est un édifice remarquable du quinzième siècle, que Tarfiste a orné à rextériear de toute l'élégance et de toute la délicatesse de l'architecture gothique. La population est aujourd'hui de deux mille huit cent trente-deux liabitants.
nom de la modestie dont le clergé de- Caulaincouiit , ancienne seigneuvait donner l'exemple. Le résultat des' rie de Picardie (aujourd'hui du dépar* délibérations n*est pas parvenu jusqu'à tement de l'Aisne) , à huit kilomètres ^
T« IT. 10* iJhraison, (Digt. bnctcl,, btg.) 90
L'UNIVERS
CAV
de S^B^Quentin, érigée en marquisat
* Cette terre a donné son nom à
fane des plus anciennes familles de Picardie. Au quatorzième siècle , la maison de Caulaincourt avait déjà ffnsni pflusiears hommes remarquables. Au seizième siècle, en 1554, Tun de ses membres, capitaine de cinquante beimmcs d'armes, se jeta dans la ville de Saint-Quentin , assiégée par les , troapes impériales, et contribua puissamment à la sauver. Mais c^est surtout dans le dix-huitième et le dixneuvième siècle que la famille de Caulaincourt s'est illustrée- Parmi les hommes les plus remarquables qu elle a fommis pendant cette période, nous citerons surtout FrançotS'jérmand, en faveur de qui la terre de Caulaincourt fut érigée en marquisat; Marc-Louis j marécbal de camp sous le r^ne de Louis XV; et Gabriel- Louis, qui parvint au grade de lieutenant général , et fut le père des deux derniers et des plus illustres personnages de sa famille.
jérmand'Jugustin-Louis, marquis de Caùlàincoubt* duc de yic^ce,.
né à Caulaincourt en 1773, entra au service dès Tâge de quinze ans , devint successivement sous-lieutenant , lieutenant, capitaine, et lit en cette qualité la campagne de 1792. Desti* ^é et arrêté comme noble Tannée suivante, il ne fut pas plutôt rendu à la liberté, qu'il entra comme volontaire dans le dix-septième bataillon de Paris, d'où il passa dans le quatrième, puis dans le 16' de chasseurs , avec lequel il combattit comme simple soldat jusqu'à la fin de Tan m, époque oij , sur la demande de tiocbe , il fut réintégré dans son çrade de capitaine.
Devenu bientôt après aide de camp du général Aubert-Dubayet, il Tacco/npagna à Venise, puis a'Constantinople, d'où il revint à X*aris en l'an v avec l'ambassadeur ottoman. Il lit eu Tan Tïi la campagne d'Allemagne ; et , après la paix de Tan yni , il fut envoyé à Pétersbourg pour renouer les relations de la France avec la Russie, dont la gpuronne venait de passer sur
la téte d'Alexandre : il n'y séjourna
3ue six mois, flommé aide de camp u premier consul , puis grand écuyer
de l'empereur, et plus tard général de brigade, il avait été cbargé, en l'an XI ., d^une mission diplomatique qui consistait à surveiller les complol^ que tramait le ministre anglais sur les deux rives du Rhin contre le nouveau gouvernement de la France. A l'instant où s'effectuait à £tlenheiq[i l'arrestation du duc d'Enghien, laquelle avait été confiée par le minis^ tre de la guerre à un autre général , qui en rendit compte directement au premier consul , Caulaincourt se trouvait sur la route d'Offenbourg pour Texéeution dess ordres dont u était chargé. Il fut donc étranger à renlè-^ vement et , par suite , à la mort du prince. En 1805 , Caulaincourt fut nommé général de division , grand cordon de la I^égion d*booo«ur et d*Q de Vicence. £n sa double qualité d'nide de camp et de grand écuyer,ji suivit l'empereur dans toutes ses campagnes, à l'exception de celles d'Espagne et de Wagram , pendant lesquelles il fut ambassadeur à la cour de Russie^.
Cette mission , qui dura quatre ans , et lut terminée en 1811 , était de la» plus haute importance ; le duc de Vicence la remplit à la satisfaction de Napoléon et d*Âlexstndre. Il désap»
prouva constamment la malheurtiiaè expédition de Russie ; et , lorsque ses prévisions furent réalisées , ce fut lui que i empereur choisit pour compa* gnon de son voyage de Smorgony à Paris. Jamais souverain et sujet n*av valent été rapprochés pendant un temps aussi long et dans une situation aussi extraordinaire. La confiance de Napoléon pour Caulaincourt s'accrut par ce tête-à-téte de quatorze jours et de quatorze nuits. Aussi , à l'ouverture de la campagne suivante, pendant Tabsence momentanée du ministre des relations extérieures, le chargea-Ml de la correspondance politique et de quelques négociations
f)ressantes. Le duc réussit à conclure 'armistice de Pleswitz, fut ensuite envoyé comme plénipo^ntiaiire au
CAO FKi
4M9rèf de Praguet nais travailla
vainement à amener îa paix. Bientôt arriva le désastre de Leipzig , et alors eut lieu la conférence de Francfort, où les t«frtati?e8 da pténipoteo* lialfê français pour amener la paix n'eurent pas plus de succès. Après avoir échoué de nouveau , non sans quelques efforts hoiiorables , au confirès de Châtillon , il rejoignit IVapoiéon et Tarmée k Saint-Dizier. Fidèle jV0|tt*aii dernier moment, il défendit avec force les droits de l'empereur auprès des souverains alliés, à Bondy et à Paris, fut Tun de ses plénipojtntiaim pour le traité da 11 avril 1614 , et r«n de oeax <|iu portèrent ensuite son abdication au gouvernement provisoire. Il n'accepta aucun «mploi de la première restauration , il .firt Boaamê pendant les cent joura •Noistra des relations extérieures.
Rentré dans l'inaction après le second retour des Bourbons, il vécut paisiî)le et loin de toute intrigue , ne fut qu'une seule fois Tobjet des tracasseries du gouvernement , et mourut a Paris en 1827. Ses derniers moments furent empoisonnée , et sa vie fut peut-être abrégée par le souvenir de la déplorable circonstance qui l'avait fait «ocuser de rarrestation du due d'En-
Pbien. De tels regrets, accompagnés à heure suprême d'un désaveu formel, le justifient compiétemeut aux veux de la postérité.
ji%lguste - Jean - Gabriel , comte dé CA.in.A[NCOUBT , frère du précédent , né aussi à Caulnincourt, en 1777, entra au service en qualité de souslieutenant de cuirassiers , en 1792 , et devint aussi aide de camp du général Aubert-Dubayet ; il fit ensuite les campajînes du Rhin avec le grade de capitaine de dragons , puis passa à l'armée d' Italje^ fut blessé à Marengo , nommé colonel « et envoyé en Espagne en 1806 avec le grade de général de brigade. Il y commanda avec .succès un corps de cinq mille hommes , puis passa à l'armée de Portugal. Chargé en 1809 de tenter le iwssage du Tage sous les yeux des .BUHPéâiaMs rétiBia i il exécuta cette
iCE. . CAU ao7
opération difficile avec une valeur, une habileté qui triomphèrent de tous les obstacles. Il fut nommé général de division à la suite de cette brillante afiiiire, et continua de combattre daus la Pèninaule jusqu'à l'ouverture de la campagne de Russie. H commanda le gnni(l quartier généra) pendant cette malheureuse expédition, et fut tué à la bataille de la Moskowa| le 7 septembre 1813 , en pénétrant, a la téte du 5e r^iment de cuirassiers , dans une dea prindpafea redoutes de l'ennemi.
. La bibliothèque ro.vale|Miasède, sous le titre de ChtvnieànCorMetuegOà fumo 66S, ad anmm 1330, In-niiiiit
un ouvrage manuscrit , composé au seizième siècle par un religieux de l'abbaye de Corbie , nommé Jean de Caulaincoubt , et qui était de la &> mille des précédents.
Caulet (Étienne-François de), évêque de Pamiers, naquit en 1610. Son talent et son caractère diaritablele firent remarquer par )*abbi Ollier, ^i le choisît pour son principal CQopérateur dans l'établissement du séminaire de Saint-Sulpice, et par Vincent de Paul, qui le désigna, en 1644> pour succéder a Sponde dans l'évéché de Pamiers. Le nouveau prélat entre»
f)rit der reméd ier àl'état d'anarchie dans equel les guerres de religion avaient mis le diocèse. Il y introduisit les réformes les plus salutaires , conaacra aut pauvres une grande nartie de ses revenus , créa des éCahtia«* sements pour servir d'asile aux vieillards et aux infirmes, en un mot, il se montra digne en tout point de ï^opinion que Vincent de Paul a^étaît formée de lui.
IMais les malheureuses affaires du jansénisme et de la régale ne tardèrent pas à le distraire de ses occupations pa^rales. De concert avec révéquo d'Aleth , son voisin , il embrassa le parti de Port-Royal et admit la distinction du fait et du dr-oit sur ^a signature du Formulaire d'Alexandre vn, distinction qui amena le schisme auquel se proposait de mettre fin la paK de Clément DL. Ladé-
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L'UNIVElLS.
claration de 1673 ayant assujetti , en f dépit de iears privilèges, les églises de Languedoc au droit de régale, qai autorisait le roi à percevoir les revenus d'un évêché vacant , les évêques de Pamiers et d'Aleth furent les seuls qui refusèrent de s*y soumettre. Caulet défèndit, sous peine d'excommunication , à tous ses chapitres , de recevoir et d'installer les pourvus en régale , qu'il qualifiait du nom d'intrus. L'archevêque de Toulouse, son métropolitain , eut beau casser les ordonnances, il résista toujours , et en appela au saint-siége. T/isoleinent dans lequel le laissa la mort de l'évéque d'Aieth , les lettres de cachet qui turent lancées contre ses adhérents, la saisie de son temporel et de celai dé ses chapitres, rien ne put l'ébranler. Cette querelle aurait pu lui devenir encore plus funeste, lorsqu'il mourut, en 1680, à l'âge de soixante et dix ans. Cependant Louis XIV montra toujours de la répugnance pour les mesures par trop violentes. Ln abbé ayant fait passer de l'argent à l'évéque de Pamters , qui sfe trouvait dans ia détresse , un membre du conseil proposa de le faire enfermer à la Bastille , comme soutenant im rebelle, a Lorsque j'ai fait saisir le temporel « de M. de Pamiers , répondit Louis « XIV , Je n'ai pas prétend^ qu'il « mourût de faim , ni empêcher qu'on « l'assistât. Il ne sera pas dit que , « sous mon règne, on aura puni quel- « qu'un pour avoir fait un acte de « charité. »
L*évéque de Pamiers a laissé quel- . ques ouvrages qui , pour la plupart , ont trait à ses différends avec ia cour.
Caulex (Jean de), évéque de Grenoble, mort en 1771, était petit-neveu du précédent, et 11 sut aussi se concilier Tiimour et la vénération de son diocèse. Il était fort savant, et a laissé quelques ouvrages, entre autres : Discours WT PattentiU commis par Do* mkn contre la personne de Louis JCr, Grenoble et Paris-, 1757, in-^*'; Disseriaiion sur les actes de rassemblée du clergé de 1765, en trois parties, Grenoble, 1767 et 1 768, ouvrage qui eut peu de suceès, mais qui valut a l'au-
teur un bref de Clément XIII. La ville de Grenoble fit l'acquisition de sa bibliothèque, qui se composait de vingt mille volumes, et fut ainsi ouverte au
public.
Caumabtin, nom d'une famille originaire du Ponthieu , et qui a donné a la magistrature française plusieurs
personnages distingués.
Louis 'Leférre de Caumartin, né en 1552, fut élevé, en 1622, à la dignité de garde des sceaux, après avoir été successivement intendant de Poitou et de Picardie , ambassadeur en Suisse, conseiller d'Etat, et président du grand conseil. La prudence et les talents éprouvés de Caumartui, qui, bien que bèçue , comme le dit Brantôme, fit voir dans mainte ambassade qu'il n'avait pas la langue empêchée, avait décidé Louis XIU à le revêtir de la première magistrature du royaume.
Mais il n'en jouit pas longtemps, et il mourut en 1623, trois mois après sa nomination. Ses Mémoires et ses Lettres ont été déposés à ia bibliothèque du roi.
Louis- François Lefèvre de Caumabtin, son petit-fils, intendant de
Champagne, né en 1624 , ami du cardinal de Retz , fut le conseil et même l'agent de ce prélat pendant la guerre de la Fronde , où il joua un rôle assez important. 11 mourut en 1687.
unàS'MKàn Lefèvre de Caumabtin , son fils , né en 1653 , fut successivement conseiller au parlement, maître des requêtes, intendant des finances et conseiller d'Etat. Digne élève du cé- ]â>re Fléchier,ce magistrat avait été lié avec les hommes les plus distingués du règne de Louis XIY, et se plaisait à raconter
« Et tom les faiu et tovi les dils
Des grands huinines, tli>s beaux e^ritl S
Mille cbannantes bagatelles ,
Des chansons vieilles et noavdlct*
Et les annales immortdlet
Des ridicules da Paria. »
Ces vers terminent le portrait que
Voltaire, dans une de ses épîtres, a laissé de M. de Caumartin. Boileau a dit du même magistrat:
Cbacno de l'équité ne fait pas son flambesd . Tout n^est pas CaiûMirtin, Bignon et d'Aguesseao;
et la postérité a ratifié ces éloges.
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Louis-Urbain de Caumartin mourut en 1720. C'est à lui que l'on doit la conservation des Mémoires du cardinal de Retz et de ceux de Joly.
Jea»-Firancois-Patd»Lefévre de Caumabtin îdt élevé sous les yeux du cardinal de Retz, son parrain, qui, avant de mourir, lui résigna un de ^es
S lus riches bénéfices. Caumartin avait peine vingt-six ans lorsqu'il fut reçu membre de l'Académie française. Quelques mois après , l'orgueilleux évéque de Noyon (Giermont-Tonnerre), étant entré , de par le roij dans cette docte société , Caumartin , chargé de présider à sa réception, lui adressa un discours (jui fut pris par le public et par TAcademie elle-même pour une ironie fine et soutenue, où le directeur se moquait du récipiendaire en Taccablant de louanges. Aussi ce discours ne fut-il pas donné à l'impression.
Néanmoins le roi lui en garda rancune, et l'abbé de Caumartin n'obtint un évéebé qu'en 1717.11 mourut en 17S8.
Il était aussi associé honoraire de VAt eadémîe des inscriptions.
Caumartin (Jacaues-Étienne), fils d'un notaire de Cbâions-sur-Saône, et né dans cette ville en 1760, était depuis long^temps maire de sa commune , lorsqu'en 1814 ses opinions politiques le firent destituer. Les électeurs du département de la Côte-d'Or, qui avaient, dans plus d'une circonstance, . apprécié le noole caractère de M. Caumartin, le nommèrent à la chambre des députés en 1817. Il s'y montra constamment le défenseur dès libertés nationales, appuya l'amendement qui tendait à appliquer le jury au délit de la presse, et, à l'occasion delà discussion de la loi sur le recrutement, il énonça cette proposition, si neuve et si hardie pour l'époque : « Que la « Charte était de ûft et de droit un « véritable contrat entre la nation et « le monarque; mais que celui-ci ayant « stipule seul pour les deux parties, ce « que la Charte n'avait pas prévu de- « vait s'interpréter nécessairement en « faveur de la partie qui n'avait pas « été consultée dans la rédaction du « contrat, » Il avait été désigné, en
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1819, comme rapporteur de la commission chargée de présenter une pro-
t>osition sur le sort des bannii> ; mais e ministère fit nommer à sa place un autre rapporteur. M. Caumartin n'en défendit pas moins la cause des bannis dans la séance du 17 mai. Depuis, il ne s'occupa plus que de matières de finances. Il est mort à Montpellier en
Caumont, CaledomonSy Calvemontium, Castrum deCavo monte, ou de Cavis montibus , bourg de l'ancien pays d^ Lomagne, en Gascogne, à vingt kilomètres de Montauban.
Caumont, petite ville de l'ancienne province de Guyenne, aujourd'hui du département de Lot-et-Garonne , à six kilomètres de Marmande. Bâtie sur une hauteur qui domine la Garonne, Caumont était autrefois importante par ses fortidrations. Les réformés s'en emparèrent en 1G21, et In perle de cette ville dérangea les desseins de Mayenne, occupé au siège de IVérac. Cependant , comme le gouverneur tenait encore dans le château, le fils du célèbre chef de la ligue accourut à son secours.
Pour pénétrer jusqu'à lui, il fallait enlever trois retranchements établis sur le penchant assez rapide du coteau. Le combat fut opiniâtre et meurtrier. Enfin, Mayenne repoussa les protestants, et entra dans le château. Dès lors , n'espérant plus conserver la ville , ils se retirèrent après avoir fiiit sauter l'église qui leur servait de grenier et de magasin à poudre. Pour augmenter la terreur que la prise de Caumont répandait dans la province, Mayenne lit démanteler la ville et le château.
Caumont, petite ville de l'ancien comtat Yenaissin , aujourd'hui du département de Vaucluse, à huit kilom.
de Cavaillon. Le fief de Caumont était très-ancien. II appartenait ^r indivis, au commencement du onzième siècle, aux comtes de Barcelone et de Toulouse, qui se le parta2;èrent en 1125.
Depuis , la seigneurie de Caumont passa, avec le comtat, sous Tautoritédu souverain pontife, qui la divisa entre plusieurs familles, dont les principales furent celles de SaJbran et deSeytres*
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Caumoiit ul Fobcb. Voyez La-
T0JtCB.
Cauhes , petite ville du haut Lanfuedoc, au diocèse deCarcassonne,au« fiNivd*lliii du dépattement éo PAude.
Population, deux mille deux cent quarante-cinq habitants. Caunes était autrefois célèbre par une abbaye de bénédictins fondée, conformeaieut aux Of^hret d» Cluurieniagne , par MiJan, comte de Marbonne. Ce monastère iexistait encore avant la révolution.
L'église seule subsiste aujourd'hui ^ et c'est un édifice fort remarquable.
Caorois, funvtnr en médailles, né à Bar-eur-Aube en t7S8, est élève deDejoux; il a obtenu, en 1813 » le deuxième grand prix de gravure en médailles sur le sujet de Thésée déeouoratU le* armes de son père. Il a esqioaé» depuis 1819, tm assez grand nombre de productions en général remarquables. M. Caunois s'occupe aussi de sculpture.
Caus (Salomon de), Tondes hommes fbmt la France doit le plus s'honorer, ■aquil en Normandie yers la fin du seisîâae siècle, et y mourut en 1630, sufvant Topinion la plus commune. Longt£oips les Anglais ont attribue a Tuude ImtoompatrioteB, le marquis de Wor^ eester, te ééoouvertft des propriétés de la vapeur comme force motrice ; M. Arngo est le premier qui ait restitué rtionueur de cette découverte à te Franc» et à Satemon deCaus, à oui te marquis de Worcester n'avait fait aue l'emprunter. Nous n'entreprenarons pas de refaire la savante notice de l'éloquent secrétaire de l'Académie des sciences; nous nous oontenteroM d'en citer ici quelques passages, en te félicitant d'avoir rendu à la France une gloire que d'autres lui avaieot ior justement enlevée. '
« Pav uQeliiiarrerie bien singulièret un homme que te postérité regardei*
S eut être comme le premier inventeur e la machine à feu, n'est cité, dans l'histoire des mathématiques de Montucla, qu'à l'occasion de son Traité de. perspective, et encofela citation n'esfep' elle que de cinq mots. A peine a t-il ^isfiÀ otiuaii les homieurs d'uu arti-
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cle de quelques lignes dans les volumineux dictionnaires biographiques publiés de nos Jours. La Biographie universelle le fait nattre et mourir en Normandie. Elle dit qn'il habita quel* que temps l'Angleterre, où il fut attaché au prince de Galles. Dans les Rai»
sons des forces mouvantes^ Salomon de Caus prend lui-même le titre d'mo génieur etd^arehUeeiedeSm AUeee$ Palatine Électorale. Cet ouvrafse fut composé, je crois, à Heidelberg; il a été imprimé à Francl'ort. Ces trois circonstances out fait supposer à quelques personnes que Caus était Alte** mand. Mais remarquons d'abord conn bien il serait peu probable qu'un Allemand eût écrit en français dans son propre pays. Ajoutons que, dans la* dédicace au roi Irès-cterétien (Louiii XIII), la formute suivante précède la signature: De T'otr" Majesté ^ le très obéissant subject; qu enfin, on lit dans le privilège, et ceci tranche tous, les doutes : Notre bien aimé Sa* Imaon de Caus, maiaire ingénieur, ESTANT BB PBÉSKNT au service de nostre cher et bien aimé cousin la prince électeur palatin, Jious a fait dire, etc„. \ désirant gratifier leoUcà de Caue comme estant NoarruB sijbi* jECT. etc. — Ainsi, Salomon de Caus était Français. »
« Salomon de Caus est l'auteur d'un ouvrage intitulé : les Âaisons desjbrcee tHowanies, anee dkfenee macké*^ me», tant uMCss que plaisojites ; cet ouvrage parut à Francfort en 1615.
Ou y trouve , entre autres choses ingénieuses , aue plusieurs mécaniciens ont présentées de nos Jours corhdo Bouvelles , un théorlmfi »nsi OMfU, sous le n" 5 : Veau montera par aide du feu plus haut que son niveau.
Yoici en quels termes Caus justifie son éDoneé:
« Le troisième moyen de faire mon* (c ter l'eau est par l'aide du feu , dont
il se peut faire diverses machines.
« J'en donnerai ici la demoo&tratifia « d'une:
9 Soit une balte de cuivre narquéch
% A, bien soudée tout à l'entour, a la- «> quelle il y aura un soupirail marqué
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« D, par où Ton mettra l'eau, et aussi « un tuyau marqué B G, qui sera soudé c en haut de la balle; et le bout G « approcbera du fond sans y tooeher; « après, iaut emplir ladite balle d'eaa « par le soupirail , puis le bien rebou- « cher et la mettre sur le feu ; alors « la chaleur, donnant contre ladite « balle, fera monter toute Feau par le « tuyau B G. »
« L'appareil dont je viens de transcrire la description est une véritable machine à vapeur propre à opérer des épuisements. Mais peut-être supposft' rait-on , si je me bornais au passage précédent, que Salomon de Caiis ignorait la cause de l'ascension du liquide Dar le tuyau B G. Gette cause , toutelois, lui était parfaitement connue, et J'en trouve la preuve dans son théorème premier, où , à Toccasion d'une expérience toute semblable, il dit que « la violence de la vapeur ( produite « par l'action du feu), qui cause l'eau « de monter, est provenue de ladite « eau , laquelle vapeur sortira après « que l'eau sera sortie par le robinet « avec grande violence. » (Arago, ./nnuaire du bureau des longUudes de 1830.)
Causans, ancienne seigneurie de la principauté d'Oranj^e, à huit kilomètres d'Oranj^e (département de Vau- • cluse), érigée en marquisat en 1667.
Causans (Jos.-L. Vincens de Matiléon de), gouverneur delà principauté d'Orange, né à Avi^^non au commencement du dix-huitième siècle, fut l'un des hommes les plus singuliers de cette classe de fous qui prétendent avoir trouvé la quadrature du cercle, îl raconte qu'étant simple officier aux gardes, il misait couper une pièce circulaire de gazon, lorsque la solution du fameux problème lui vint subitement à l'esprit. Alors il annonça publiquement qu'il déposait chez lîn notairetrois cent mille francs, qui devaient appartenir à quiconque pourrait parvenir à lui ^trouver la fausseté de sa démonstration. Ce défi, on le pense bien, fut accepté par un grand nombre de personnes, et entre autres par une ^euue tille, qui actionna le chevalier de
Causans au Châtelet; mais le roi fit arrêter la procédure et déclarer tes paris nuis. Causans en appela à l'Académie des seicaees, qui nt obligée dt déclarer que sa démonstration était absurde depuis un bout jusqu'à l'autre.
Mais le malheureux ne se tint pas pour battu ; il écrivit à un M. de Vausen» ville , qui était dans le même cas que lui, pour aviser aux moyens d'obtemt le leîîs de cinquante mille écus fait par M. (le Meslay en faveur de l'inventeur de la quadrature du cercle. Ge qu'il y a de plus bizarre dans la Mî» de Ça»» sanSy c'est qu'il prétendait expliqua^
f»ar sa démonstration de la quadrature, es mystères du péché orij;inel et de la Trinité. Il a laissé : 1* ProspectUM apologétique pour M qmtétmÊÊtrt M cercle, 1753, in-4*; 2* BémoiMlMIlkiih de la quadrature du cercle, 1754 , in-4° ; 3*" Écloircissemeni sur le péché originel.
Gause GB.4SSE.— On appelait ainsi one eause, <^uelquefDi8 supposée, quei^ quefois aussi sérieuse et réelle, qu'oft
plaidait et jugeait avec pompe en plein parlement pendant les jours gras. On choisissait d'ordinaire une cause qui prêtât fort au scandale, et en cas d*»^ suffisance, les avocats y suppléaiAit de leur propre fonds. T.es personnages oblijïés de ce drame burlesque étaient toujours un mari trompé, une femnoe infidèle, un amant heareux, quîf 0t trouvaient en discnsaton sur leurs droits et devoirs respectifs, et venaient présenter leur cause en justice. Chacun des avocats expliquait ài 1^ barre les grieft de sa partie 99^ tonte là liberté et toute la licence qu'autorisait le carnaval ; le ministère public développait ses conclusions et la cour rendait arrêt. Il est question dans les oeuvres de deux graves ma^istriits, le président d'Expilly et le présMeifrftnfk rvs, de deux causes grasses. Dans Tune, if s'aî2;issait de savoir si l'enfant né le sixième mois après le mariage était légitime et s'il ne pouvait pas être désavoué par Ib mar£ Le préMeMd?El^ pilly, ayant porté la parole é»im éitlt cause , nous a laissé son plaïdoyèir avtû cette annotation : « Ge fut une cauee
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