‹ France (volume 4)Chapitre 41 sur 79 · CAD · texte numérisé non relu

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gniflse, où les advocats s*estendirent anez avant, selon le sujet et la saison,

cl un peu trop licencieusement» sur quoi nous prîuies la parole. »

Heures, portant la pjxroie daus une cause semblable, a?ait àtraiterla question de savoir si un mari qui avait consenti une séparation de corps sur l'aveu d(; sa propre ini{)ui.ssance, pouvait revenir sur cet aveu pour réclamer à la fois et sa femme et une succession ifui lui était échue. L'heureux possesseur de la femme délaissée était intervenant en cause. Après avoir tiré son exorde de la comparaison du mariage au jeu de trictrac , le grave magistrat suivit les détails de sa métaphore avec un bonheur d'expression qui dut souvent exciter les rires de l'auditoire, et probablement à la jurande contusion du malheureux patient de cette exécution rabelaisienoe.

Mais peu à peu ces. jeux d'esprit , en s'éloignant des mœurs du temps, finirent par ne plus paraître aux ^eus sérieux qu'une dérision de la justice. Le

rremier président de Verdun , qui fut la tête du parlement de 1611 à 1617, en abolit l'usau^e. Toutefois cette prohibition n'empêcha pas, à ce qu'il paraît , l'abus des causes grasses d'être reoouvelé par la basoche, et Ton vit le président de Laraoignon user de son autorité toute-puissante pour les proscrire de nouveau. Mais l arrél qu'il ht rendre, le 18 lévrier 1617, resta d*abord sans exécution, tant était in* ■vétéré au palais cet usage, que le temps seul put faire disparaître.

Causerie. — Le monde entend par causerie tout entretien familier où les idées s'échangent avec un agréable et piquant abanoon, que l'esprit aiguise, que la sensibilité anime, mais d'où la contrainte et l'affectation sont bannies; qui peut aborder tous les sujets, mais à la condition de passer vite et légèrement sur tous, et de ne jamais disserter sur aucun. Tous les autres peuples de I Kurope sont d'accord avec nous, quant a la supériorité , disons mieux, à la spécialité de notre pays en fait de causerie. G*est une preuve de plus de Pétat avancé de

notre civilisation ; car sans des mceurs

éminemment sociales , sans une habi*

tude particulière d'éléiiance, sans un langage parfaitement souple, cette aptitude ne se fût pas développée. L'Anglais, méthodique; l'Allemand, pesant ou rêveur; l'Italien, tantôt trop vif, tantôt nonchalant; l'Espagnol, trop prompt à se monter au ton de Teinphase, ne sauraient nous disputer cet avantage. Eux-mêmes conviennent que les Français sont le peuple de la terre qui cause le mieux.

La causerie est une chose moderne dans l'histoire de nos mœurs. Au moven âge, la rudesse de la langue, mélange irrégulier et confus de j)lusieurs idiomes, Textréme simplicité des !iururs, s'opposaient à son développement. Sans doute, dans les cliAteaux, on devisait au coin du foyer.

Sans doute un entretien naïf sVn^ageait entre les dames et les chevaliers a la suite du récit d'un croisé sur la Palestine, ou de la légende contée par un clerc; mais ce n'était pas la la causerie: il y manquait la variété, la délicatesse; il y manquait l'esprit, chose toute moderne, ^lais lorsqu'au commencement du dix-septième siècle , la langue s'épura , se polit, s'assouplit, par les travaux de Malheriie et de Bal» zac , dont le succès avait été préparé par le génie de Rabelais et de Montaigne, lors(jne ies mœurs, dégagées des restes de la barbarie du seizième siècle , prirent une élégance dont la langue n^était que l'image, alors la société comprit le plaisir que l'esprit peut trouver dans l'usage rapide, familier, délicat, que la causerie fait de la parole pour présenter toutes les idées et tons les sentiments avec une vivacité ingénue et une douce gaieté.

Mais d'abord , comme il arrive pour toute nouveauté, on alla jusqu'à l'excès. Éprise du charme de la causerie, la société en dépassa les limites. On apporta tant de soin dans les salons à parler avec élégance, le goût de la délicatesse devint si fort, que l'affectation froide, les calculs du bel esprit, la Toideur empesée du purisme» régnèrent dans ces oerdes d*élite, nés

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du perfeotîmuieiii6Olde80ii06Uf8.Gefut.

le temps de rhôtel de Rambouillet ^

ce fut le temps des précieuses et des éclatants succès de Chapelain et de Voiture. Bientôt le naturel ayant repris ses droits , et le goût de la délicatesse étant resté , on vit naître à la cour du grand roi , et dans les principaux salons de Tépoque, ce mélange unique de grâce et de familiarité , de néglieenceet de saillie, de gaieté -et de Bensibilité, de bonhomie et de finesse, . qui est la véritable , la parfaite causerie. Pnrmi les cercles du temps qui offraient ce caractère, il faut citer les salons de madame de la l ayette et du duc de la Rochefoncauld. A la coor, madame de Montespan, madame de Thîanges, leur frère , M. de Vivonne, portèrent le genre à une perfection (jue Tesprit des Morlemart put seul atteindre. Une autre femme de ce temps a écrit comme on causait alors:

c'est madame de Sévigné.

Ce fut Vàgc d'or dé la causerie. Les roués de la régence n'avaient plus cette sensibilité qui en fait un des plus grands charmes. Bientôt aussi, dans la société du dix-huitième siècle, l'esprit plus brillant, plus épigrammatique , devint plus prétentieux. Bientôt il fut i^jonvenu que pour se distinguer dans le monde, il fallait dire sur tout des choses fines, et se moquer de tout avec des traits. On était arrivé à ce point de raffinement que produisent l'excès .

et Pabus de la civilisation. Une autre cause d'infériorité pour la conversation du dix-huitième siècle, comparée à celle du dix-septième, c'est la mode de philosopher qui s'introduisit avec les premiers écrits des libres penseurs. Le philosophisme envahit les salons, et avec lui arrivèrent le goût des analyses, la manie des dissertations, auxquels les femmes elles-mêmes n'echap- |)èrent pas. C'est là le grief qui subsiste aux yeux du goût contre ces femmes d'ailleurs si spirituelles, si dignes des éloges dont on les comblait : mesdamèsdu Châtelet, de l'Espinasse, do Deffand. Les traditions du siècle précédent se conservèrent mieux peutêtre chez madame GeofTrio diez sa fiUe, madame de la Fcorté.

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. Enfin rconise des secousies mu Pont si longtempi ébranlée, et qui la troublaient trop profondément pour laisser aux mœurs le calme et la douce élégance , éléments si nécessaires de la causerie , la société aujourd'hui revient de plus en plus à ce genre de plaisir si propre à l'esprit français. Mais les rangs ont été confondus : les classes

3ui ont eu si longtemps le privilège e la délicatesse et du bon ton ont été détrônées, et vont bientôt disparalire.

Ce qui domine maintenant, ce qui compose toute la partie supérieure de la société, c'est la bourgeoisie. L'éducation de cette bourgeoisie, dont Tavénement est d*hier, ne peut manquer de se faire; mais elle n'est pas encore faite. Aussi, dans la plupart de nos salons, on trouve plus de bon sens

âue d'esprit, ou bien, plus d'esprit que e goût, ou bien, plus dMdées que de souplesse à s'exprimer. Aussi esl-il aujourd'hui bien difficile de hien causer, et est-ce à juste titre que l'on juge favorablement celui dont uu juge compétent dit ; Il cause bien.

Causeur (Jean), paysan breton, né au village de Lanfenot , en 1638 , mourut à Saint-Mathieu, près de Brest, en 177Ô , a i'àge de cent trente-sept ans. G*est peut-être le {dus curieux exemple de longévité que présente la France.

Causeur se maria à quarante ans; sa femme avait quatre-vingt-seize ans lorsqu'il la perdit : il en eut quatre filles et un garçon. Il mangeait neaucoup de laitage, et ne fit jamais excès de liqueurs spiritueuses. A cent vingt ans il se rasait encore lui-même, et allait à l'église entendre la grand'messe à genoux. Après avoir fait trois grandes maladies à différentes époques de sa longue existence , il mourut ou plutôt il s'éteignit sans douleur. Sa barbe avait été remplacée par un léger poil follet; ses yeux avaient presquedisparu.

Caussade, petite ville de l'ancien Quercy, aujourd'hui du d^iartementde Tarn-et-Garonne, à deux myriamètres de Montauban : population , 4776 habitants. Ou ignore l'époque de l'origine de cette ville. Pendant la guerre des Albigeois, l'éréque du Puy lui fît payer ' une forte rançon. £n 1663, Duras,

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chef d'un corps de protestants, la surprit et la détruisit presque entièreniMit , après avoir WMiwacrt tes liabi« tanli qui refusèrent d'embrasser Ui

nouvelle religion , et fait précipiter Ips ecclésiastiques du haut du clocher. Après la Saint* Barthélémy, les vi- OMntM éê Paulin et de Paoat s'en ren> dirent tmâxna et y mirent garnison.

Blayenne Porcupa en 1621 ; sept ans après elle fut reprise par les protestants, qui en relevèrent les fortilications et ne la rendirent qu'après la capitulation de Rfontauban.

CAUSsm (IXicolas, le Père), confesseur de Louis XIII, naquit à Troyes en 1583, entra chez les jésuites en 1607, enseigna les bel les- lettres à Rouen , à Paris, à la Flèche, et obtint, dans la chaire, des succès qui filèrent sur lui l'attention de la cour. Le cardinal de Richelieu , mécontent du P. Gordon , confesseur du roi , jugea prudent de lui donner pour successeur le P.

Gaussin, dont la bonhomie ne lui inspirnît pns d'inquiétude. Les jésuites virent a regret cette nomination, et essayèrent, mais en vain, d'obtenir du nouveau confesseur qa*il ne se eoodtiirnit que d*après lenrs conseils.

Après avoir rendu quelques services au cardinal et avoir fait couse commune avec lui pour éloigner de la cour mademoiselle de la Fayette, dont l'influence auprès du roi devenait menaçante , le P. Caussin voulut faire tom- Èer le cardinal à son tour, et , dans ce but, noua des intrigues avec mademoiselle de la Fayette. Ses griefs étaient qoe RioheHen favorisait la circulation de divers écrits contre Pautorite du pane; quMl entretenait le trouble dans l'Eglise; qu'il grevait le peuple d'impôts; qu'il soutenait les Hollandais rdielles oonCre leur souverain légitiR»; formait des alliances avec les l^rcs contre les princes chrétiens , et avec les princes hérétiques contre les princes catholiques. Louis XlII lui proposa de soutenir ces aecnsations devant le cardinal, auquel il ne fut pas difficile de se justifier. T.a disgrâce du P. Caussin fut la suite de l'entrevuG qui avait eu lieu devant le roi. Elle fut iaitesi annoncée dans li CazetUt de

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