‹ France (volume 4)Chapitre 42 sur 79 · FERS. CAV · texte numérisé non relu

FERS. CAV

France : « Le P. Caussin a été dis- « pensé par S. M. de la plus confesser « a f avenir, el ^igné de la oour, parc» « qn'il ne s'y gouvernoit pas avec la « retenue qu'il devoit, et que sa con- « duite étoit si mauvaise , qu'un cha- « cun, et son ordre même , a bien plus « d*étonnement de ce qu'il a tant doit meuré en cette charge, que de ce « qu'il en a été privé. »

Dans les lettres qu'il écrivit pour sa défense à son général , le P. Caussin attribue sa destitution au refus de révéler certaines oonfidences de son royal pénitent , et aiix scrupules qu'il avait fait naître dans sa conscience sur sa conduite envers la reine mère, alors retirée en pays étranger; et il reproche à ses confrères de nivoîr abandonnér au ressentiment du cardinal ; ils s'opposèrent cependant à son départ pour le Canada. Il mourut à Paris, en 1651, après quatorze jours de cruelles souffrances qnll appelait un bain de délices, en comparaison de tout ee qu'il avait souffert à la cour.

On a de lui qtielques ouvrages, entre autres une Apologie pour les reli^ieua:

de la compagnie de Msus, dont il partasea toujours les principe» «Uramoi»tams ; ce qui ne contribua pas peu h sa disgrâce.

Caussin de Pebceyal ( Armand- Pierre), fils du suivant, né à Paris, en 1795, ftit envoyé, en l814,comme élève interprète à Constantinople , et quitta cette ville en 1817, pour parcourir la Syrie. Après avoir passé une aimée parmi les Maronites du mont Liban, il pareonrot les (>nnci pales villes de là côte et de l'intérieur du pays, et remplit ensuite, à Alep, les fonctions de drogman. De retour à Paris, M. Caussiu fut nommé, en 1822, professeur d*arabe vul^ire k l'école royale des langues orientales vivantes ; et , en 18*24. il reçut le titre d'interprète arabet du ministère et du dépôt de la guerre. On a de lui : Précis tiistorique de la • guerre des 1\tres contre les Husses, pendant les années 1769 à 177 I, tiré de rhistoricn turc Vassif-Ktïeudi , Paris, 1822, in-8°; 2° Grammaire arabe vulgaire, Paris, 1824, in-4^

Caussin de Pe&cevax (Jean-lie»

CÂV TOANCE. CAU

ques- Antoine), orientaliste, né àMontdidier, le 24 juin 1759, vint jeune à Paris , où il apprit la langue arabe aa eoliége de France, sous Cardonneet Deshanterayes ; il obtint la chaire d'arabe, en 1783, après la retraite de ce dernier. En 1787, il succéda à son oncle Bejot, dans la place de çarda des manuscrits orientaux de la bibliothèque du roi , et ta conserva jusqu*à IVpoqne du 10 août 1792. I.e ministre Rollnnd la lui 6la alors, et depuis, elle ne lui fut point rendue. JNomnié mem* ' bre ée la troisième daase de Pins* titut, en 180», il fit partie de TAcadémie des inscriptions vt belles-lettres, depuis le 21 mars 1816. Il a publié : 1** i Expédition des Argonaulesy m la Conquête de ta TàUon iltor, poëme en quatre chants , par ApoUo»

nius de Rhodes, traduit, pour la première fois, du grec en français, Paris, 1796, iu-8'; 2" Histoire de la Sicile WU8 la domimHoi^ des Musulmtms, par Howaîri, traduit de Tarabe en français, Paris, 1802, in-S"; 3" Suite des Mille et une nuits, 2 vol. in:l2; 4" Tables astronomiques d'El-YouniSj traduit de Tarabe, Paris, 1810, in-4'^ 5> divers Mémoires^ imprimés dans le lecueil de P Académie des inscriptions; On lui doit aussi des éditions soignées de quelques textes arabes , savoir : 1* les Cinquante séances de Hariri, Paris^ 1818, in-4"; 3* les Fablee de Lokman, ibid., 1818, in ^" : c'est la meitteure édition de ce fabuliste; 3° les Sept Moallnkals , in-4°; 4° les Trois premiers chapitres du Coran, etc.

Bf. Caoasin est mort au mois de juillet . 1886^ professeur au collège de France. Une notice sur lui, composée par M.

Daunou, a été lue dans la séance aflnuelie de TAcadémie des inscriptions, te.2f septembre 1840.

CÀiTTfiBETS, bourg du département des Hautes-Pyrénées, devenu célèbre par les sources d'eaux thermales qui jaillissent de sa vallée. D'antiques eonstructîoM é» bains trouvées à Tovient de Cauterets font» croire que ces sources étaient connues et fréquentées des Rouiains. Ce qui est certain, c'est que le bourg doit sa naissauce à une

corporation de cénobites bénédictins, réunis à Saiot-Savin par Cbarlemagne.

Cautiok it Caiitionrbment féodal, y. PlBIGB et PlBIGBBIS.

Cautionnement. — Les employés des fermes étaient assujettis, avant la révolution , à des cautionnements que divers arrêts du conseil des 30 avril 1750, 16 septembre 1780, 8 mars 1761 • 26 décembre 1762, 8 mars 1771 et 17 février 1779, avaient soumis à différentes règles. Toutes les dispositions établies par ces arrêts devinrent sans objet, lorsque les anciennes compagnies de finance forent supprimées; et, en conséquence, il fut rendu, le 22 septembre 1791 , une loi pour le remboursement de tous les cautionne* ments des employés, comptables et non comptables , de la ferme et de lâ régie générale.

line loi du 14 pluvi(5se an it , confirmée par une autre du 7.11oreal suivant, avait ordonné quMI ne serait pas exigé de cautionnement des receveurs des deniers publics; mais une nouvelle loi du 15 germinal an ivrévoqua cette disposition , quant aux receveurs des contributions directes des départements , auxquels une antre loi dii 6 frimaire an Yiii imposa Tobligation de fournir un cautionnement en numéraire, dont le versement devait avoir lieu à la caisse d amortissement.

La lot du 7 ventôse an vin assujets* tit à la même obligation les régiiiseur»! administrateurs et employés des régies et administrations de renregistrement, des douanes, des poste9,dek loterie et S» notaires; Par la suite, plusieurs lois^ dont nous croyons inutile de rapporter les dates, assujettirent également les greffiers, les avoués, les huissiers, les payeurs du trésor public, lescommissai^ rés priseurs, les agents de change, les , courtiers de commerce, les percepteurs des contributions directes dans les communes , les receveurs des hospices et autres établissements de charité, les directeurs, les entfepreBesm et émf^ tants des manuAéture» royaièsTenfin;^ tous ceux qui, par profession, sont chargés des intérêts de l'État et de ceux des particuliers , et les Journaux, bien

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ÎjuMIs n'aient aucun manfement de onds. Aux termes de l'art. 23 de la loi du 25 ventôse an xi, sur le cautionnement des notaires, ce cautionnement doit être spécialement aifecté à la garantie des condamnations prononcées contre eux par suite de 1 exercice de leurs fonctions. Cette disposition a été, par la loi du 25 nivôse an xm, étendue aux cautionnements fournis par les agents de change, les courtiers de commerce, les avoués, les greffiers^ les huissiers et les commissaires priseurs.

Celui des journaux n'a pas d'autre but.

C.4.UVET (Gilles-Paul), sculpteur et architecte, naquit à Aix en 1731, et mourut à Paris en 1788; il s'appliqna surtout à la sculpture d'ornement, et composa un grand nombre de dessins, d'arabesques, de frises, de portes, de galeries, de vases, de pendules, etc.

« Tout nVst pas pur dans les ouvraj^es de cet artiste, à dit M. Émeric-David, mais tout s'y montre bien supérieur à ce qui s'exécutait avant lui , et même de son vivant : il réformait la branche .des arts à laquelle /l s'était appliqué , bien avant répoque où nos grands maîtres ont épure le style de la pein- .ture. . . . On peut le regarder comme le

Sremier artiste français qui ait banni e la décoration des' appartements le genre vicieux appelé la rocaille, et substitué à ces lormes maniérées des ornements d'im goût simple et nobie^ imités de Tantique. »

Cauvillé, Pun des commissaires de la fédération des faubour^^ Saint- Antoine et Saint-Marceau, signa, en cette qualité, le pacte du 10 mars 1S15, qui fut afûché dans Paris avec l'approbation de l'empereur. Le iS mai , il présenta à Napoléon l'adresse des fédérés qui commençait ainsi : « !Nous « avons reçu les Kourbons avec indif- « férence et froideur , parce qu'ils « étaient devenus étrangers à la Fran- « ce, et que nous n*aimons pas des rois « imposé par rennemi. Mous vous « avons accueilli avec enthousiasfne , « parce que vous êtes l'homme de la « natiou,le défenseur de la patrie, etc.; « nous venons vous offrir nos bras, • notre courage et notre sang... Vous

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< triompherez, nous en avons Tassu-

« rance; oui , nous vous devrons la lift berté avec le bonheur, et la France «vous chérira comme un bon roi, a après vous avoir admiré comme le « plus grand des guerriers. »

Caux ( pays de ), Caktensis /^ger, partie de I ancienne ISormandie , bornée au nord et à l'ouest par la INlan- . che, a l'est par le pays de Bray , au sud-est par le Yexm normand, et au sud par la Seine.

On croit que ce pays a pris son nom de ses anciens habitants , désignés dans César sous le nom de Caleles, et dont la capitale était JuHobcna , aujourd'hui Lillebonne. Le pays de Caux n'ajaniais eu de seigneurs particuliers.

Il a toujours suivi ie sort de la Normandie.

Caux de Blacquetot, nom d'une famille qui a fourni à Tl^tat plusieurs ingénieurs distingués.

Pierre-Jean de Caux de Blacque- TOT, né h ITesdin , en 1720 , était parvenu au grade de maréchal de camp, et occupait la place de directeur des fortifications, lorsqu'il prit sa retraite en 1701 ; il mourut l'année suivante.

Son frère, Jean-Baptiate de Caux de BLACQUETOT,né à Montreuil-sur-Mer, en 1723 , assista à la bataille de Fontenoy , aux sièges de Tournay , de Munster, de Didinbourg, et de Ziegenheim, et dirigea , en 1761 , la belle défense de Cassél. La paix conclue , il continua de servir, et rendit , comme ingénieur, d'importants services. Il était, an moment de la révolution, lieutenant gênerai et inspecteur des fortilîcations. Se voyant alors privé de ces fonctions, il se retira en Westphalie, où il mourut sur la fin de 1793. f.oi/is-f'lcfor de Càvx de Blacque- TOT, son iils, né à Douai, en 1775, fut admis en 1792 à l'école du génie de Mézière^, et nommé lieutenant l'année suivante. Destitué bientôt après, à cause de sa qualité de noble, îl ifut réintégré, en 1795 , avec le grade de capitaine, et fait chef de bataillon en 1799. li joignit alors l'armée du Rhin, fit avec elle les campagnes de 1800 , 1801, s*y dlstiogua plusieurs fois, fut

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diaigé de la direction du çénie au corps de gauche, puis à celui du centre, et il montra dans ces fonctions autant d'habileté que dans la détermination des conditions de l'armistice de Paffsdorfqu'il avait réglées avec le comte Bubna. Cependant il quitta bientôt après le service actif pour être employé au u^iuistère de la guerre. Les Anglais menaçant Anvers, de Caux fut chargé , dans cette Tille, de la direction de son arme ; il pressa, multiplia les travaux , et eut bientôt cinq a six cents pièces en batterie.

]Nommécolonel a|ms cette campagne, il fijt fait, au retour des lîourlions, maréchal de camp , conseiller d'administration militaire et inspecteur des fortitications.

Caux (Gilles de), littérateur et poëte dramatique, né près de Baveux, en 1682, descendait du grand Corneille, par sa mère. Il mourut en 1733. On a <1p lui entre autres productions : Mariua, tragédie représentée en 1715, et qui fut attribuée au président Hénault.

Cavagnes. Voyez Brtquemaut.

Cavagnole , ancien jeu de hasard

Î|ui nous a été apporté de Gènes, vers e milieu du dii-liuitième siècle. Les Génois rappellent cavajola, mot qui signifie nappe ou serviette. Ce jeu se jouait avec de petits tableaux à cinq cases, qui contenaient des ligures et des numéros. Comme au loto, chacun tirait les boules à son tour. Voltaire parie de ce jeu dans les vers suivants:

On croirait que le jeu console; Mais l'ennui vient à pas comptés t A la table d'un cayagno/e S'asseoir «ntre deux majestés.

Cavatgnac (Godefroy), fils aîné du conventionnel, a pris unepart glorieuse a la révolution de juillet. L'intrépidité

Î[u*il déploya dans les trois journées ui mérita les suffrages de ses concitoyens, et lors de la réorganisation de la garde nationale , il fut nommé capitaine d'une compagnie dartillerie.

Godefroy Cavaignac a joué un rôle important dans les journées de juin et d'avril. Enveloppé dans les con-

damnations qui en furent la suite , il parvint à s'échapper de Doulens et se réfuij;ia en Angleterre. Quelque jugement que Ton porte sur ses opinions, il n*y a qu*un avis sur la loyauté de son caractère et Ja sincérité de son patriotisme.

Cavaignac (le vicomte Jacques- Marie), frère du conventionnel, est né à Gordon, en 1773. 11 servit avec dis* tinction dans les armées de la république et de l'empire, et se signala particulièrement au passage du Tagliainento , pendant la retraite de l'armée d'Italie, sous les ordres de Moreau, au passage du Splugen et du Gari* gliano. A la bataille d'Austerlitz , Napoléon le nomma commandant de la Légion d'honneur.

. En 1806, il passa avec son frère an service du roi de Naples, et s'y com* porta d'une manière très - brillante.

Joachini Murât ayant résolu de faire une descente en Sicile , lui confia le commandement de l'un des trois corps de son armée; mais Cavaignac seul opéra son débarquement sur les côtes siciliennes. Les autres corps de l'armée napolitaine, retenus par les vents, ne purent le suivre, et l'on fut forcé de le rappeler. Cependant son retour devenait tort difiicile; il était pressé d'un côté par la Hotte anglaise, et de l'autre par les troupes de terre. Les barques sur lesquelles la division napolitaine avait été transportée mettaient déjà à la voile pour Reggio: le i^énéraï Cavaignac, autant par ses exhortations que par ses menaces , arrête le départ de la plupart d'entre elles, fait rembarquer sa division , monte dans la dernière barque, et parvient , en passant sous le feu de Tennemi, et à la vue des deux armées, à descendre sur les côtes de Calabre sans avoir perdu un seul bâtiment. Le roi de r^aples, témoin de cet heureux retour, embrassa le général Cavaignac, le félicita dans les termes les plus flatteurs, et le nomma son premier aide du camp. 11 quitta ensuite Naples avec son frère et rentra dans les rangs de la grande armée, en qualité de général de brigade. Chargé du oommandemeikt

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de la cavalerie du 11' corps, il protégea la retraite de Moscou , et s enibnna 4m Ja plaoe de Dantzic am dix-buit cents miiiiiMS qal liu nm taient, et qui concoururent avec les autres troupes de la garnison à soutemt le siège de cette ville. La place ttptela tais, mail les alfiéme tHnmft •BttiM àm conditions qui avaient été •ouscntes , et Cnvaignac fut envoyé à Kiow comme prisonnier de guerre.

Il rentra cependant bientôt après en i!rMice, e^nânKttÊàwemntit nommé fiemenantxénérai, clievalier et commandeur de Saint-Louis , baron de Baragne , vicomte, et entin inspecteur . général de cavalerie.

Cavaionac (Jea»-Baptiste), mem*fcve de la CMfention et du Genseil des Cinq-Cents, naquit à Gordon , département du Lot, en 1762. Après avoir exercé les fonctions d'avocat au parlement de Toulou&e, il était devenu •dnrnntratenr da départeoient de la Haate-Garonne, lors qa^il fut envoyé par ce département à la Convention nationale. 11 y vota la mort de Louis XVi, et fut ensuite chargé d'une misflÎM àl'amée des odtes derOiiest,oàll nontra beaucoup d'énergie et de cou* fige. De retour a la Convention, il en fut bientôt éloigné par une nouvelle mission à Tarmee des Pyrénées-Occideotales, aux premiers auocês de laquelle il eontrimia. Cependant sa conduite ne fut pas alors exempte de blâme, et des plaintes nombreuses arrivèrent contre lui à la Convention.

Mais k son retour, il se rangea du côté des ibermidorieDS, et ce fut peut4tre eette polltk|ue qui le sauva. Une troifiiènie mission lui fut ensuite confiée; envoyé près de l'armée de Rhin et Moselle, il s'y conduisit en administrateur habile et en soldat intrépide. Il était de* puis peu à Paris, lorsque éclata le mou:vement insurrectionnel du premier prairial an m. On lui confia la direction de la force armée; mais il ne put emféober Teavahlssement de la Gonvention, et il roawliia d*étre assassiné.

Au 13 vendémiaire an iv, il fut adjoint à Barras, et contribua au triomphe de i'Aâi>caiblee sur les sections in-

surgées. Nommé membre du Conseil des Cinq-Cents^ lors de la réélection des deux tiers, il en sortit peu de liSHipf après par décision dn sort. Cavaignac fut alors forcé pour vivre, d'accepter un modeste emploi de receveur aux barrières de Paris ; il devint ensuite adtammstratear de la loterie* et fut enfti nommé, après la paix d'Amiens, commissaire général des relations commerciales à Maskate, dont le souverain réclamait depuis longtemps un agent français. Il se rendft;i par Vile de France et Poudicbéry, dans ce port de l'Arabie; mais déjà la guerre avait recommencé entre les Français et les Anglais , et rinlluence que ceuxci avaient acquise à Maskate empêcha le ooamiissaire français d'y être admis. A son retour en Europe, Ga vaignac suivit son frère dans le royaume de IVaples, où il fut chargé d'organiser Tauministratiou de l'enregistrement et des domaines. Murât le nomma ensuite eonseiUer d'État; mais lorsqu'un décret impérial rappela dans leur patrie les Français employés au service de l'étranger, il se démit de tous ses emplois et rentra en France. Nommé t pendant les cent jours, préfet de la Somme, il fut h la seconde restauration atteint par la loi dite d'amnistie et fut forcé de s'expatrier 11 se retira alors à Bruxelles, où il monrut en 18S9.

Cayaignac (Louis-Eugène), second fils du précédent, lieutenant -colonel , commandant le régiment des zouaves , est né à Paris le 15 octobre 1803. Après avoir terminé ses études au collège de Sainte-Barbe, ilfritadmis à l'école polytechnique; puis entra, comme élève sous-lieulenantdu génie, à l'école d'application de aAletz, et fut placé» en 1824, dans le 2** régiment du génie. Il y devint suoeessivement lieutenant eo second le 1"*^ octobre 1826, el lieutenanten premier le 1 2janvier 1827, et fit , en 1828 , la campagne de Morée , ou il remplit les fonctions de capitaine en second. Il fut nommé, le l*'oer tobre 1890, capitaine dans le même régiment.

A son retour de l'expédition de Morée, il se trouvait en garnison ù

Metz, lorsque parut, eo 1831, le projet «TiBfisoeiation nationale. Gavaignac uit Ynn des premiers signataires de cet

acte. Mais le gouvernement n'approuva point les nobles sentiments des citoyens qui consacraient ainsi leur fortune à la défense du pajs. Le capitaine Cavaignac fat mis en non*aotivité. Rappelé au service en 1832, il fut dirigé sur Bone, où il trouva , en arrivant , une lettre de service pour se rendre à Alger. De cette dernière ville , Il fut envoyé i Oran , où il contriiMia aux travaux de casernement et de défense de la place, et à rétablissement de la belle route de Mers-el-Kebir. Le 3 juillet 1833, il fut nommé clievaiier de k liégioQ d*bomieur.

A Tarmée d^A^ique, le capitaine Cavaignac trouva plusieurs fois l'occasion de se faire remarquer; mais aussi modeste que brave , jamais ou ne le vit faire valoir des services qu'il Déconsidérait que comme l'accoiniiAls* sèment rigoureux de ses devoirs.

Après le succès de l'expédition de Mascara, à laquelle ce brave otlicier avait pris part, le maréchal Clause!

TDUlut profiter , pour .^'eim)arer. de Tleraceo , de la ptésififu» <tejs nombreux renforts qui avaient été envoyés à Oran. Le 8 janvier 183G, un corps expéditionnaire quitta les mui s de cette ville, et arriva, ie 13. à Tlemcen, ayant parcouru une route d'environ quarante lieues sans qu'on eût eu à déplorer la perte d'un seul homme, sans avoir eu un seul blessé , saa$ même qu'un seul coup de lîisil eût été tiré. L'armée KBSta vingt-cinq jours à Tlemcen ; et , pendant ce temps , plusieurs colonnes furent envoyées sur différents points.

Enfin, le maréchal Clausel songea à r^trer à Oran; mais, ayant résolu de laisser une garnison française au Mécbouar, il demanda des bommes de* bonne volonté pour la former. I.a po-.

sition était périlleuse: enfoncée dans les terres , à Textrémité ouest de 1 Algérie , non loin des frontières du Ifar. roc, à une distance considérable da tout secours; entourée de Cabaïles entreprenants et belliqueux, la garnison, ainsi isolée, devait se suffire à elle-

même, et ne compter que sur ses propres ressources. Xa grandeur du isuh .

ger ne fit qu'enflammer davantage le

courage de nos soldats , et des centaines de braves se présentèrent. Parmi eux se trouvait le capitaine Cavaignac.

Qe fut lui qué le maréchal nomma commandant supérieur du Méchouar et des cinq cents volontaires pris dans tous les corps de l'armée expéditionnaire. Le gouverneur général donna alors au capitaine Cavaignac le titre de chef de bataillon provisoire; il fit distribuer cinq oents fusils à ceux des coulou^lis qui manquaient d'armes; et, après avoir laissé une certaine quantité d'approvisionnements dans la fortcfcaie du Médiouar, il quitta Tlemcen le 7 février pour revenir à Oran.

Dès ce moment, le brave Cavaignac ' fut livré à lui-même; dès ce moment aussi ses actes révélèrent un homme Élit pour exercer un commandement supérieur. Avec des ressources presque nulles, il établit des hôpitaux, des ateliers en tout cenre, des casernes, et

Serfectionna les moyens de défense du iécbouar.

. Plusieurs ravitaillements de la garnison de Tlemcen eurent lieu successivement; en 1 830, le général Bugeaud conduisit deux fois dans cette placedes approvisionnements en blé ; mais ces ressourcesétaient bientôt épuisées; et à peine une expédition était-etiederetour, qu'il fallait songer à en entreprendre une nouvelle. Aussi , vers la lin de novembre, un nouveau ravitailleineut était- il devenu indispensable; car, malgré la ndie capture de boeufe que Cavaignac avait laite dans une de ses nombreuses excursions contre les tribus hostiles , il n'en était pas moins dans la dernière pénurie d'autres objets. En elfet, a partir des premiers jours de septembre , la garnison avait été réduite aux trois quarts de la ration de pain. En octobre et en novembre, on n'avait pu distribuer que dju pain d*orgB fût avec de la farine non blutée, et seulement à raison de huit onces par jour à chaque homme. Aussi la détresse avait-elle atteint son dernier période, malgré i abondance de

viande fraîche dans laquelle on se trouvait , et malgré les ressources de détail ■que rintelligence deCavaignac, son activité et sa foi à la noble mission qu il avait acceptée, avaient créées. Le 33 novembre, un corps expéditionnaire partit d'Oran, et remit, le 28 du même mois, à la garnison de TIemcen , un approvisionnement de blé et de riz pour cent onze jours , et quatre-vingt mille francs en espèces. Cavaignae con« tinua à exercer son commandement avec succès ; attaqué plusieurs fois par des troupes nombreuses, il parvint non-seulement à les repousser, mats encore il occasionna aux Arabes des pertes si considérables qu'il les obli* gea enfin à s'éloigner de la place.

Vers la lin de mai 1837, un nouveau ravitatlfement fut amené ; la garnison fut relevée par un bataillon du 47* régiment de ligne , et Cavaignac fut remplacé par le cbef de bataillon Menonville. Pendant l'accomplissemeni de sa pénible et glorieuse mission, Cavaignac avait su conquérir l'estime et l'affection de ses troupes , et il emporta, en quittant Tlemceu, les regrets de tous les habitants.

Malgré les services signalés que Cavaiçnac et les oflQciers sous ses ordres avaient rendus pendant cette longue occupation , le gouvernement se montra peu empressé de confirmer les grades provisoires qui avaient été donnes par le maréchal Clausel , et il ne fallut rien moins que la chaleureuse insistance du générn! Bugeaud pour que justice fût enfm rendue à ceux qui l'avaient si bien méritée. Une ordonnance du 20 mars 1887 créa un troisième bataillon de zouaves , dont le noyau fut formé par les officiers, sous - officiers et soldats des volontaires de TIemcen. Le 4 avril suivant , Cavaignac fut promu au grade de chef de bataillon , et conserva le commandement de ses braves compagnons d'armes. Mais, appelé en France pour y régler des affaires de famille , il se vit forcé de les quitter momentanément: et , pendant son absence , son bataillon fut envové à Alflùtf pour y être incorporé dans le ré*

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giment dont il devait désormais faire

partie. A peine rentré de son congé, il ifut forcé, par le mauvais état de sa santé, de quitter le sol de l'Afrique, et de demander h être mis en non-activité pour infirmités temporaires , ce qui lui fut accordé. A peine rétabli , il demanda à reprendre son service, et fut nommé aû commandement du 2' bataillon d'infanterie légère d'Afnque. H servît avec la même distinction à la téte de ce corps qui , connaissant la réputation d'habileté et de bravoure de son nouveau chef, lui accorda , dès le premier jour, toute sa confiance.

Un acte de piraterie , commis par les habitants de Cherchell envers un navire français, ayant nécessité un châtiment exemplaire , le maréchal gouverneur général dirigea contre cette ville une expédition dont fit partie le 2* bataillon d'infanterie légère d'Afrique, commandé par Cavaignac.

Le corps expéditionnaire, parti de Blidale 12mars 1840, entra sans coup férir à Ghercliell le 15 du même mois.

Après être resté quatre jours dans cette place , le maréchal retourna à Blida, et laissa, pour garnison à Cherchell, le 17' régiment d'infanterie légère et le !l* bataillon d'Afrique , avec quelques soldats du génie. Le 20 avril, le 17 léger quitta c^tte ville pour se rendre à Alger, où il devait faire partie de la nouvelle expédition qui se préparait.

Cavaignac resta donc avec son seul bataillon pour défendre la place. Aussi les Arabes, persuadés que la faiblesse de la garnison leur permettrait de se rendre facilement maîtres de la ville, vinrent, dès le 21 , l'attaquer avec fureur; mais ils furent vigoureusement repoussés. Le 22, une nouvelle attaque fut tentée avec tout aussi peu de succès , grâee à l'activité et au courage du commandant, qui ne cessa jour et nuit de se trouver partout, et de soutenir par son exemple le courage des soldats. Les journées suivantes se passèrent assez tranquillement; néanmoins on continua à se tenir sur ses gardes, et on tirailla chaquejourauxavant-postes* liais le 27, vers le soir, une inane

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CAT FRAIVCE.' CIV 321

. considérable d'Arabes, sous le corn- truite, mais il paraît certain qu'elle mandement de Ben-Arrach , s'appro- fut rebâtie dès le temps de la dominacba de la ville; et, depuis ee moment tion romaine , au bas du rocber , à

t'asqu*aa.3 mai, ce ne furent que com* Tendroit occupé par la ville moderne.

»ats et attaques continuplles constam- Les Romains y établirent une colonie

ment repoussées par les braves de la qu'ils favorisèrent beaucoup à cause

garnison de Cberchell. Dans le combat de son port sur la Durance. Ce port,

2ui fut livré le 39, Cavaigpac reçut une qui était alors très-commode , fut dé-

alle dans la euisse. Heureusement truit plus tard par les inondations de

cette blessure ne fut point assez grave la rivière. Les restes d'antiquités qui

pour le forcer à quitter le champ de attestent le long séjour des Romains

bataille; mais le sentiment de crainte en ce lien , consistent en nn grand

qui se manifesta parmi les troupes nombre de médailles que Ton y dé>

en apprenant ce fâcheux événement, couvre encore tous les jours, en quel-

suffit pour prouver toute la confiance ques statues ou tombeaux , et en

qu'avaient mspirée à la garnison le un friîiment d'arc de triomphe, qui,

caractère, la bravoure et les talents vraisemblablement , date du temps

de leur commandant. Dans cette lutte d'Auguste. La partie inférieure de

disproportionnée, et dont les heureux cet are est cachée sous la terre jus-

résultats furent entièrement dus aux qu'à ta corniche de l'arcbivolte (Voy.

bonnes dispositions de Cavaignac, les la planche 83). De la domination

Arabes éprouvèrent des pertes consi- des Romains , Cavaillon passa sous derables. . celle des barbares; elle resta, pen-

LeSl juin suivant, les services de dant près d*un siècle, au pouvoir

Gava^ac reçurent enfin leur récom- des premiers rois de Bourgogne , fût

pense. Nommé alors lieutenant-colo- ensuite soumise aux Francs, et appar-

nel, commandant le régiment des zoua- tint successivement aux comtes d^Ar-

ves , il continue depuis , à la téte de les et de Provence et à ceux de Tou-

œ corps, sa carrière de gloire et de dé- louse. Enfin, elle tomba, comme le

vouement. Il est maintenant à Médéab, reste du comtat Venaissin, sous la

avec son brave régiment; et il y sou- puissance du saint-siége. Avant la

tient dignement la brillante réputation réunion de cette province à la France,

que ses premiers faits d'armes lui ont la juridiction civile de Cavaillon était

acquise. partagée entre l'évéque et la chambre

Cavaignac est un homme modeste , apostolique, à laquelle était réservé

instruit, ferme, brave jusqu'à la té- le jugement des causes criminelles,

mérité. Dans les campagnes qui vont Au reste, l'évéque prétait hommage

s'ouvrir, il trouvera, nous n'en doutons au pape pour la moitié de la ville. Le

pas , Toecasion de signaler de nouveau gouvernement y fut longtemps exercé

son dévouement à la Franee, et de dé* par cinq consuls qui furent plus tard

velopper sur une plus grande échelle les réduits a deux. Cette ville est aujour-

talents militaires qui le distinguent. d'hui l'un des chefs-lieux de canton

CAVAiLLON,CQ6f///o, ancienne ville du département de Vaucluse. Sa po-

du comtat Venaissin, à deux myriam. pulation est de six mille neuf cent

cinqliiIom.d*Avignoh.G'étalt,avant les onze habitants,

premières conquêtes des Romains dans . Cavale. — Dans les temps héroî-

les Gaules, nnedes principales villesdes oues de notre histoire, c^est-à-dire *

Cavares, et les iMarseiilais y avaient dans les siècles chevaleresques une

étabh uncomptoiretdes marchés. Elle cavale, aussi bien qu'un cheval que le

8 élevait alors sur la montagne du Cûh fer avait mutilé , était une monture

t'^ffi/, comme le prou vent les fondations déshonorante affectée aux roturiers

d'une forteresse et des restes de niurs et à laquelle on condamnait, comme

qu on y voit encore. On ignore Tépo- à la punition la plus humiliante qui pût

que ou cette ancienne ville lut dé- être infligée, un chevalier qu'on avait

T. lY. 21' Livraison. (Dict. engycl., etc.) 21

dégradé pour cnuse de lâclieté ou de félonie. Quoique les épopées du moyen âge ftssent rarement autorité pour ce qui se rapporte aux feits historiques, on peut les mettre avec confiance à contribution pour tout ce qui <;oncerne les mœurs, qu'elles reproduisent ayee une grande vérité de pein-' tare et une grande ingénuité de langage. Nous citerons donc ici un passage du roman de Perceforest, où il est dit : « A celui temps un chevalier « ne pou voit avoir plus grand blasme « fUe monter sur une jument , ne on * ne pouvoit un chevalier plus desho- « norer, que de le faire chevaucher V recru et de nulle valeur , ne ja , plus « chevaliers qui aimast sou honneur, « né jottstoit avec lui , ne le frappoit « d\ spée non plus qu'un fol tondu. »

Cavaleèie, — Lors de leur invasion dans les Gaules, les armées des Francs étaient entièrement composées dHn* fiinterie ; fnàis nen de temps après leur établissement dans ces contrées, ils organisèrent une cavalerie. Au huitième siècle, sous le règne de Charlemagne, la cavalerie prit une supériorité marquée sur rinfanterie. La prouesse dominait déjà, et dès le neuvième siècle, la cavalerie jouait le principal rôle dans lesarmées. Vers le temps de Louis le Gros eut.l^eu l'établissement de la milice des communes. Alors chaque ville dut fournir an contingent de combattants à pied et à cheval ; mais cette institution ne dispensait pas 1rs ducs et les comtes de répondre à rappel du roi et de prendre part à la guerre. Ils s'jr faisaient accompagner par un certain nombre de comnattants pris parmi la noblesse de leurs liefs. Cette cavalerie, connue sous le nom de chevalerie, est une des plus braves qui aient existé. Les chevaliers étaient couverts d'armures défensives; ils avaient pour armes offensives la lance et i'épée , et combattaient en haie , c'est-à-dire , sur une seule li^ue bien serrée. Chaque chevalier était accompagné d*un nombre plus ou moins grand de dlents et de satellites. Les premiers appartenaient à la noblesse , mais les autres se composaient de paysans à cheval,

TERS. èm

armés de l'arc ou de Tarbalète et faisaient le se^rvice de la cavalerie légère.

Sous le hffM de Phi lippe- Auguste, vers 1200, il se fit un changement notable dans notre constitution militaire.

Ce prince accorda , pour la première fois, une solde aux gens de guerre, et les assujettit à Un service plus ou moins permanent.

Sous saint Louis et ses successeurs, le nombre des troupes soldées fut successivement augmenté, et la milice prit des formes plus régulières tant pour la tenue que pour la manière de combattre. ^Néanmoins, jusqu'au règne de Charles VII , la cavalerie ne se composait que d'une agrégation bizarre de chevaliers , bacheliers , écuyers et gens de trait à cheval, amenés |lar les seigneurs bannerets ou fournis par les communes, et d'un nombre souvent assez considérable de soldats étrangjers.

Lorsque Charles Vil se vit tranquille possesseur de son royaume, il songea a créer une milice permanente et régulière, et, en 1440, il institua quinze compagnies d'ordonnance , dont l'organisation fournit un corps de cavalerie d'environ neuf mille hommes (voy. Compagnie). Cette nouvelle cavalerie étdit soldée par le roi , sur des montres ou revues établies par des commissaires sj^éciaux. Dès lors disparut entièrement TiBisage des bannièi«8 ; le titre dé hanneret ne fut plus considéré que comme la récompense «due aux actions d'éclat, et les grades, aussi bien que les ordres militaires créés pendant le quinzième siècle, remplacèrent peu à peu la chevalerie.

I>'organisation primitive des compagnies d'ordonnance subit , dans la suite, différentes modifications : le nombre de ces corps fut augmenté; mais leur effectif, au lieu crétre de cent lances comme à Torigine, fut réduit à cinquante et même à vingtcinq. Cependant , Montluc nous apprend qu'elles furent longtemps l'école OÙ les jeunes gentilshommes allaient filire, sous le nom de page d'abord , puis sous celui d'archer, leur appren* tissage du métier de la guerre.

Les archers, dont le rôle se bornait

«AT

«AT

à escarmoucher et à poursuivre , prenaient rang , dans Tordre de bataille, tn arrièiPe oa sur les flânes des hom*mes d'armes de leur compagnie; aussitôt que ceux-ci avaient rompu la ligne ennemie, ils se portaient en avant et achevaient sa déroute.

Au temps de Charles VII , la cavalerie légère se réduisait à un petit nombre de crenneqtdniers (aroalé- ' triers à chevnl ) et aux nrchers des , compagnies d'ordonnance. Celte es-

Êèce de cavalerie , si utile et si nomreuse de nos jours dans toutes les armées de TEttiope , ne commença à former un corps particulier et à prendre quelque consistance que sous le règne de Louis XII, qui prit des estradiots ou s^adlots à son service.

Les hommes qui composaient cette cavalerie, formée de Grecs, dans l'origine , connne Tindique son nom (oTpaTtwrai), étaient coiffés d'une salade, couverts d'une cotte de mailles, et armÀ de Tépée large, de la massue et de Tarzegaie, espèce de pique de quarante décimètres de Ions; , garnie aux deux bouts d'un fer aigu. Quelquefois les estraUiots combattaieqt à pied, et alors ils se servaient avec beaucoup d'adresse de leur arzegaie.

Cette troupe étrangère , dont l'existence sous le règne de Louis XII est attestée par Comines (*) , existait encore f suivant Brantôme sous le lègne de Henri III. Elle nit aussi connue en France sous le non de cor Valérie albanaise.

Martin du Bellay (livre X de ses mémoires) nous apprend goedu temps de François T"" il existait une cavalerie . légère , dont M. de Brissac était le colonel général. Néanmoins , et maigre le nom de cavalerie légère que, dans leur langage fort inexact , le P. Daniel et la plupart des écrivains (donnent à cette cavalerie, elle avait, à cause de son armure , beaucoup plus de ressemblance avec nos carabiniers et DOS cuirassiers qu'avec nos chasseur s ' et nos hussards , mais on la désignait

(*) Livre vni , chap. 5,

O dfl M. de f oatraiUci.

ainsi par o|)po8ition aux hommes d'armes qui étaient armés de pied en cap.

Sous Henri II , les armes des gendarmes devinrent plus légères et la cavalerie légère fut plus nombreuse qu'auparavant. Ce fut aussi sous ce règne que Ton vit paraître les dragons, qui turent crées , dit-on , par le marécnal de Cossé de Brissac , lorsqu'il était à la téte des armées françaises dans le Piémont. (Voyez Dbagons.)

La cavalerie légère fut considérablement augmentée sous Uenri IV.

Les guerres civiles avaient tellement épuisé la France, c|u*on éprouvait les plusgrandesdifficultésàseprocurerdes chevaux propres au service de la cavalerie pesamment armée. Dès lors on abanaomia la lence, erme si meurtrière, et dont Texpérience desguerres de Tempire a de nouveau constaté l'utilité»

C'est de cette époque que date la déca-dence de notre cavalerie, car les Français, suivant les historiens du temps , avaient toujours su manier cette arme r^doiiiableplusdextrement qu'aucunM aultres ; « mais le combat de la lance. « dit le cavalier Meizo, suppose une (( grande adresse pour s'en bien ser- « vir, et un esercice très-fîréquent oà f l'on élevait auparavant les jeunes « gentilshommes. L'habileté à manier « cette arme s'acquérait dans les « tournois et dans les académies. Les « guerres civiles ne permettaient plus « guère depuis longtemps Tusage des « tournois, et la jeune noblesse s'en- « gageait dans les troupes sans avoir « lait d'académie , et par conséquent « n'était guère habile à se servir de la « lance. » Cette arme fut alors remplacée par le pistolet.

En 1635 , Louis XIII réunit en régiment les débris de la gendarmerie et toutes les compagnies de cavalerie légère. Les Moles compagnies d'ordonnance dee princes et des maréchaux de France survécurent à cette organisation ; la plupart ne furent réformées qu'à la paix des Pyrénées en 1669.

IM régiments se composaient de deux à ^piatre escadrons , ceux-ci de quatre compagnies de vingt - cinq à cinquante maitrei, La dénomination

CAV ' L'UNIVERS

CAV

de iiiaître , dont on se servait encore peu d'années avant la révolution ^ur désigner on cavalier, fat sans doute consacrée à Tépoque où l'homme d'armes marchait accompagné de ses satellites, comme un maître de ses valets. Chaque régiment était commande par un mestre de camp ou colonel, on lieotenant-colonel, un major, et chaque compagnie avait un capitaine, deux lieutenants et un cornette. On créa plus lard , dans ces régiments, une compagnie de mousquetaires et une compagnie decarabiniers, ces compagnies furent réunies en régiment en 163(5, et donnèrent naissance à un régiment de mousquetaires à cheval; et en 1640 et 1643 , à deux régiments de fusiliers à cheval,

La cavalerie française , qui avait combattu en haie jusqu'au règne de Henri If, commença dès lors à se former sur plusieurs rangs; mais cet ordre de bataille n'était qu'éventuel, et ce n'était qu*au moment décharger gu'on réglait le nombre des rangs qui devaient composer l'escadron.

A mesure que les hommes d'armes

{)erdirent de leur importance , la cavaerie légère en acquit davantage, et l'on bréa, dès le règne de Henri II , les charges de colonel général et de mestre de camp général de la cavalerie légère

3ui subsistèrent jusque SOUS le règne e Louis XV.

Dans les guerres de religion , sous la régence de Catherine de Médids,

on vit apparaître dans nos armées une cavalerie allemande sous le nom de reitres. Montluc dit que c'étaient d'excellents soldats. Quelques-uns servirent dans Tarmée royale , mais la plupart furent envoyés par les princes protestants de rAllemagne au secours de leurs coreligionnaires. Pal ma Cayet dit, dans ses mémoires, que ces cavaliers étaient plus à charge à leurs amis que funestes à leurs ennemis ; cepencant on s'en servit en France jusqu'au règne de Louis XIU, époque où ils furent enrégimentés.

Si Ton en croit le P. Daniel , les premiers arquebusiers à chevcUîaT&ûX créés sous Henri II. Mais ces trou*

pes dégénérèrent rapidement ; leur nombre fut considérablement diminué sous Henri IV ; et il paraît qu'elles furent entièrement supprimées après le siège de la Rochelle. Cependant cette suppression semble n'avoir été que momentanée, caron retrouvebientotaprès quelques régiments d'arquebusiers à cheval , sous le nom de dragons , et entre autres le régiment de Richelieu, dont la force était de douze ceÉlts hommes.

Lorsque Louis XIV monta sur le trône, la guerre de trente ans avait apporté quelques améliorations dans les détails de l'organisation de l'armée. La profondeur des escadrons était alors lixee à trois rangs; la cavalerie avait été allégée, et les armes à feu étaient mieux appréciées. La gendarmerie n'avait plus des anciennes armures que le casque , la cuirasse et les gantelets. Peu a peu même ces armes défensives furent entièrerement supprimées , et, en 1763, il restait à peine un vestige des anciens hommes d'armes; un seul régiment conservait encore la cuirasse. Après la paix des Pyrénées, en 1669, tous les autres corps de cette arme avaient été réunis sous le nom de gendarme»

rie. La gendarmerie de France se composa alors 1" des compagnies de la viaiwji du roi, qui consistait en quatre compagnies de gardes du corps, une compagnie de gendarmes de la garde et une de cnevau' légers; V de seize compagnies désignées sous le nom de petite gendarmerie ou gendarmerie de LunéciUe. Ces seize compagnies étaient divisées en huit escadrons qui , en temps de guerre, faisaient ordinairement brigade avec la cavalerie de la maison du roi pour composer une réserve. Trente et une compagnies de maréchaussée étaient attachées à la gendarmie de France.

Les ofliciers des compagnies connues sous le nom de gendarmerie avaient le grade supérieur dans les troupes de l'armée. Les capitaines lieutenants' étaient me$tres de camp et les Ue^ tenasuU Ueidenants^olonels,

iM gendarmes avaient pour armei

le pistolet et Tépée qui se portait avec un bjudrier dont Tusage fut général Jusqu en 1688, époque a laquelle il fut leroplaoé par le ceinturon. Ces oompagnies farent réduites à dix en 1763, a huit en 1775, et entièrement 8uppri« mées en 1787.

La portion de la cavalerie connue qpiM la dénomination de cavalerie lé-

Sèra depais là fègne de François P% evint de plus en plus nombreuse sous celui de Louis XIV. Daniel compte près de soixante régiments de cette arme , de quatre à six cents hommes chacun. Cette cavalerie était armée de répée, du pistolet et du mousqueton ; chaque régiment avait une compagnie de 4nousquetaires ; il existait même, nous Tavons déjà dit, des ooros entiers armés du mousquet ou du nisil.

Les régiments de cavalerie se composaient de six à douze compagnies , dans chacune desquelles il y avait un capitaine, un lieutenant, un oornette et un sous-lieutenant. Le ré^ment était commandé par un mestre de camp , un lieutenant-colonel et un major. La cavalerie française avait un nombreux état-major général , à la tête duquel étaient un colonel général, uû mestre de camp général, un commissaire général et un maréchal général des logis. Les trois dernières charges furent instituées par liOute XIY , les deux autres Tavaient été antérieurement.

Lorsque , en 1688 , le duc de Lauzun fut nommé colonel générai des dragons , il n'y avait encore que deux régiments de cette àrme ; - mais au . moyen du crédit dont il jouissait à la cour , il en fit successivement augmenter le nombre , alin de donner plus d'importance à sa charge. En 1690 , il y avait déjà quarante-trois régiments de dragons; et à la «mort de Louis XIV, il y en avait encore trente-cinq régiments, de douze compagnies chacun.

De 1636 a 1715, l'organisation de la cavalerie subit un grand nombre . de modifications. En 1698, elle se composait décent dix-neuf régiments, dont un de carabiniers^ un de cuiras-

siers , soixante et douze de cavalerie (grosse cavalerie), deux de hussards et quarante- trois de draf(ons.

• En 1715 , on la réduisit à soixante et douze régiments , en supprimant dix - huit régiments de cavalerie et vingt-neuf de dragons. En 1730, elle fut augmentée de deux régiments , et,

• lors de la guerre de 1740, plusieurs DouTeaux r^ments de buasards farent créés.

Sous le ministère du duc de Choiseul , dix-neuf régiments de cavalerie furent réformés, ce qui réduisit le nombre des régiments de cette arme à trente-cinq, et tous les régiments furent organisés à quatre escadrons , de deux compagnies chacun. Il y avait, à cette époque , dix-sept régiments de dragons. Les hussards furent également organisés à quatre escadrons.

Sous le ministère suivant, les régiments de cavalerie et de dragons furent réorganisés à trois escadrons, mais chaque escadron était de quatre compagnies. Les hussards seuls conservèrent leur organisation à quatre escadrons de deux compagnies.

En 1 776, le comte de Saint-Germain réduisit les régiments de cavalerie à vingt-«|uatre, et porta les dragons au même nombre , en y incorporant les régiments de cavalerie supprimés.

Chaque régiment eut alors cinq escadrons , et le cadre d'un sixième pour recevoir et exercer les recrues en temps de guerre. Ce cadre fut supprimé en 1779, et les régiments de cavalerie n'eurent plus que quatre escadrons.

Les vingt -quatre escadrons d'excédant formèrent six nouveaux régiments, sous le nom de chevau-légers, et les vingt-quatre escadrons supprimés aux dragons formèrent six régiments de chasseurs à cheval. Les hussards conservèrent cinq escadrons.

En 1784, une ordonnance maintint l'orf^anisntion telle qu'elle était alors, mais elle augmenta Teffectif des escadrons. Les chevau- légers, supprimés en 1788 , furent incorporés dans lea chasseurs et dans les hussards; six régiments de dragons furent aussi réformés et devinrent chasseurs. Tous

896 €AT L'UNIVERS

les régiments furent alors réduits à trois escadrons.

En exécution de la loi du 1*' Janfier 1791 , portant réorganisation de la cavalerie , les régiments de cette arme quittèrent les dénominations sous les-, quelles ils avaient été connus jusque-là, pour ne plus être désignés désormais que par le numéro de leur rang de création. Par l'ordonnance du 1*' avril suivant, les régiments de chasseurs et ceux de hussards furent portés à quatre escadrons, ceux de cavalerie et de dragons restèrent composés de trois escadrons.

Dans le courant de cette même année eut lieu la création de deux noofeaux régiments de cavalerie.

£n 1792, la cavalerie française se composait de soixante - quatre régiments , dont : deux de carabiniers , vingt-six de grosse cavalerie , dix-huit de dragons, douze de chasseurs et six de hussards. La grosse cavalerie et les dragons avaient trois escadrons; les carabiniers, les chasseurs et les hussards en avaient quatre. ( Dans le nombre des régiments de grosse cavalerie se trouvait toujours compris un régiment de cuirassiers.)

Au mois d'octobre 1T08, la cavalerie française avait été portée à quatrevingt-trois régiments par l'addition d'un régiment de grosse cavalerie , de deux de dragons, de onze de chasseurs at de cinq de hussards.

Le décnwt du 31 nivdse an n donna quatre escadrons de deux compagnies à fa grosse cavalerie, et six escadrons, paiement de deux compagnies, à la cavalerie légère. Les compagnies de grosse cavalerie avaient un enectif de quatre-vingt'Six hommes, et celles de cavalerie légère en comptaient cent seize, ce qui donnait une force totale de cent mille cinq cent cinquante-six cavaliers.

Après divOTses modifications , la cavalerie française se trouva , le 12 nivôse an VII, composée de quatre-vingtcinq régiments , savoir : deux régiments oe eavabinfers, vingt- cinq de cavalerie, vingt de dragons, vingt^noq de rlia^seurs, et treize de hussards.

La 1800, tous les régiments furent

d'abord portés à cinq escadrons de deux compagnies, et ensuite réduits à trois.

Vers la fin de lM4,lesdouze premiers

régiments de grosse cavalerie formèrent autant de régiments de cuirassiers. Les treize autres régiments supprimés furent incorporés dans les carabiniers, les dragons eljes euirassiars de nouvelle formation. A cette époque aussi le casque remplaça le chapeau.

La cavalerie ne comptait plus alors que quatre-vingt-deux régiments , savoir s deux de oarabiniers , douse de * cuirassiers, trente de dragons , vingtcinq de chasseurs, et treiie de hussards.

Ën 1807, le nombre des régiments fut porté à soixante-dix-neuf , par la création d'un treizième de cuirassiers. Le nombre varia un peu pendant les années suivantes; en 1808, il fut de quatre-vingt-un ; en 1810dequatrevingt-^uatre.

Plusieurs régiments de dragons, qui avaient été démontés lors de l'expédition projetée contre l'Angleterre, avaient, dès 1806, reçu des chevaux, et ils formèrent la plus grande partie de la cavalerie des années françaises en Espagne^ Les dragons rendirent, dans cette guerre désastreuse, des services signalés ; aussi le nombre des régiments de cettearme fut-il .ensuite augmenté e mais un décret du t5 Juillet 1811 ayant prescrit la formation de neuf régiments de cherau-légers lanciers, six régiments de dragons et trois de chasseurs composèrent ces nouveaux corps, qui devaient remettre la lance en honneur. Au moyen de ce revirement , le nombre des régiments demeura le même; mais en 1813, il était de 93 , répartis ainsi qu'il suit : quatre régiments de gardes d'honneur (créés en vertu d'un sénatus-consulte du a-avril 1818), deux de carabiniers, treize de cuirassiers , vingt-quatre de dragons, neuf de chevau-légers lanciers , vingt - huit de chasseurs , et treixe de hussards , sans compter huit régiments de cavalerie illynenne et croate et un régiment espagnol y ni la cavalerie de la garde.

Napoléon avait , en iS09 , établi à Saint-Oermain en Laye une école de

pavalerie sur le modèle de l'école militaire Saint-Cyr. Cette école, destinée à fournir à la cavalerie des officiers instruits, fut supprimée par ordonoauce le 80 juillet 1814.

A UL nouvelle organisation du 19 mai de cette année, la cavalerie se composa de cinquante-six rc'^inients, dont deux de carabiniers , douze de cuirassiers, quinze de dragons, six de iancieri, ouinze de cbaasenm, el atx de hussaras , tous à quatre escadrons de deux compagnies chacun.

Plusieurs corps prirent alors les noms de régmients du Roi, de la Jïeine, d' Angouléme, de Berry, d^Of iSans, de Coudé ^etc — ; les autres gardèrent tout simpleoient leurs nu* inéros.

Le retour de l'empereur rendit à la cavalerie son ancienne organisation, liais bientôt la trahison nous ramena l'ancien régime à la suite des bagages ennemis , et le licenciement de l'armée, prononcé par une ordonnance du 23 mars 1815, fut immédiatement mis à exécption. Ce fut seulement après le retour de Louis XVIII qu'une ordonnance du 16 juillet 1815 en prescrivit la réorganisation. La cavalerie eut alors quarantesept régiments, dontundecarabiniers, six de cuirassiers ^ dix de dragons, vingt-quatre de chasseurs , et six de hussards. Chaque régiment fut composé de quatre escadrons, mais chaque escadron ne forma plus qi|*nne seule compagnie pour raaministration • et, depuis cette époque, il en a toujours été ainsi. Paria création d'un deuxième régiment de carabiniers, l'ordonnance du 27 février 1826 porta le nombre des régimentsàquarante-bui(, ettous les régiments eurent six escadrons.

Les régiments de chasseurs, qui jusqu'alors n'avaient eu que leur dernier escadron armé de lances, en eurent deux à cette époque, savoir le 1" et le 6*.

Outre la cavalerie de la lic^ne, il exista, pendant toute la restauration, huit re^uueutâ de cavalerie de la garde

royale et quatre compagnies 4^ gar4es 4u corps.

En vertu d'une décision royale dw 27 novembie 1825, à dater du 1" janvier 1826 , les 7% 8% 9' et 10' régiments de dragons devinrent les 7*, 8% 0* et 10^ de cnirassierSt et )çs numéros 19 à 24 de chasseurs k phi^val pirent transformés en autant de régiments dedra^ons sous les numéros 7 à 12.

Apres la révolution de juillet , la garde royale et la maison militaire du roi fiimt licenciées. Pour compensi^ la diminution d'effectif qu'entraînait ce licenciement, on augmenta la force des escadrons et on créa, le 14 août 1830, un nouveau régiment soms la dénomination de ktfuAn tTOrUatM, Le 19 février 1831, les cinq premiers régiments de chasseurs devmrent lanciers, et le régiment d'Orléans prit le numéro 6. La même ordonnance créa un quatorzième régiment de chasseurs à cheval, des cavaliers de première classe, des brigadiers élèves fourriers, et un peloton hors rang par r^iment.

Le nombre des régiirients de lanciers a été encore augmenté, le 27 no-

veinhre 1836, par l'moorporatîou des 13' et 14' de cnasseurs , qui ont pris les numéros 7 et 8 de lanciers. Cette ordonnance du 27 novembre a sup* primé la lance dans les escadrons de chasseurs qui en étaient pourvus.

Tous les régiments de cavalerie ont conservé six escadrons jusqu'au mois de mars 1834 ; à cette époque ils furiBfit réduits à cinq.

Aujourd'hui le nombre des régiments de cavalerie est de cinquante, répartis ainsi qu'il suit : deux de caral)iniers, dix de cuirassiers, douze de dragons, huit de lanciers , douze d^ chasseurs, et six de hussards ; tous à cinq escadrons ; à quoi il £iut ajouter quatre régiments de chasseurs d'Afrique, à six escadrons , et un corps de spahis réguliers , dont la formation a été prescrite par diverses ordonnances, et qui est réparti dans les provinces d'Alger, de Bone, de Gonatantine et d Oran.

La cavalerie iraacalse se divise eu

CAT LinaVERS. * CAY

cavalerie de réserve, comprenant les carabinien et les. cuirassiers ; en cch vàkrie de Ugne^ qui se compose des

dragons et lanciers; et en cavalerie légère, où figurent les chasseurs et les hussards.

Cavalier (Jacques), né le 30 mars 1773, à Saint-André de Yalborgne, département du Gard, sous-lieutenant à répoque de la révolution, cnpitaine en 1792, fut envoyé alors à Parmée des Alpes, où ii fit les campagnes de 1792 , 1798, 1794; il se distingua en Italie, donna en Égypte des preuves de bravoure et d'intellip;ence, et y organisa le régiment dit des Dromadaires, dont on lui confia le commandement. De retour en France, en i*an ix, il fîit nommé colonel de la troisième légion de gendarmerie à Alençon.

Cavalier (Je'an), né à Ribaute, près d'Anduse, en 1679, exerçait à Genève la profession de garçon boulanger, lorsque éclata dans les Cé?ennes PinsurrectiondesCamisards (voy.

ce n}Ot). Désigné comme le libérateur d'fsraéi par une visionnaire dont les prédictions avaient une grande autorité sur Tesprlt des Cévenols, il rentra en France pour se Joindre à eux , et son extrême bravoure, son habileté instinctive dans un art pour lequel il semblait être né , et aussi les |)rédictions dont il avait été robjet, lui firent bientôt déférer, par lesreii^îonnaires, le commandehient des troupes de la plaine. Ses talents et son audace déconcertèrent toutes les mesures des généraux envoyés contre lui ; et quand la cour changea de système, et se décida à faire des propositions de paix, il obtint une bonoranle compensation.

On lui accorda la liberté de son père et de quelques autres individus détenus pour leurs opinions religieuses, un brevet de colonel pour lui, et avec une pension de douze cents livres, et pour son frère, un brevet de capitaine. Appelé à Versailles pour y recevoir les ordres da ministère de la guerre, il fut présenté à Louis XIV, qui, en le voyant, haussa les épaules. Ce dédain du roi irrita Cavalier, qui prévit d'ailleurs , non sans raison , qu*il courait eucore

des dangers. Il se bâta de quitter la France, et se* rendit d*abord en Savoie, puis en Hollande, et de là en Angleterre. Il avait alors vingt-quatre ans. C'était, suivant un contemporain, un petit homme blond , d'une physionomie douce et agréable. La reine Anne Taccueillit avec distinction, et lui donna du service. « Il fit, dit Voltaire, la guerre en Espagne, et y commanda un régiment de refut^ies français à la bataille d'Almanza. La troupe de Ca?aller se trouva un Jour opposée à un ri^iment français. Dès qu'ils se reconnurent, ils fondirent l'un sur l'autre avec la baïonnette, sans tirer... La fureur fit ce que ne fait presque jamais la valeur : il ne resta pas trois cents hommes de ces régiments. Le maréchal de Berwick contait souvent avec étonnemeiit cette aventure. Cavalier est mort officier général et gouverneur de l'île de Jersey, avec une

§ rende réputation de valeur, n'ayant, e ses premières fureurs, conservé que le courage, et ayant peu à peu substitué la prudence à un fanatisme qui n'était plus soutenu par Texemple.»

Gavalot, monnaie de billon de la valeur de six deniers , fabriquée sous Louis XII , et ainsi nommée parce que saint Second y était représenté à cheval. Les cavalots furent frappés à Asti vers Tan 1500 , pendant que Louis XII était maître du duché de Milan.

Cavari , ancien peuple de la Gaule narbonnaise, dont parlent Strabon, Ptolémée , Pomponius Mêla et Pline.

Les Cavari, situes sur la rive orientale

du Rhône, avaient sous leur dépendance tous les peuples compris entre les Allobroges et les Voconces, c'està-dire, les Segalaunij les Tricastini et les Mimetd. Leur territoire comprenait donc le Valentinois, le Tricastin et le comtat Venaissin. Ptolémée leur doinie pour villes Acusiorum colouia ( Montélimart), Aveniunum cobmia (Avignon), jérausio (Orange), CabeUio colonia (Gavaillon). D*autre8 géographes anciens y ajoutent encore Jeria (le château dé Lers, près d'Auriac}.

CAY

CAV

Cavabin, roi des Cénons. Les Romains, dont la politique constante était d'étouffer dans la Gaule le principe de r indépendance, avaient lorcé la haute assemblée des Cénons, peuple de la Gaule celtique ,* à reconnaître pour roi Cavarin , homme nbhorré de tous , et dont le père et le frère avaient déjà exercé une odieuse domination.

Cavarin ayant été, peu après , chassé dtt paySf César humilia les Cénons , le leur imposa une seconde fois, et l'emmena ensuite avec lui, comme chef de la cavalerie gauloise, dans son ex* péditioo contre Ambiorix et les Trévires (*).

Cavaboux (Jean-Baptiste), grenadier à la 110* de ligne, ne à Montfort, (Doubs). Assailli par neuf insurgés valaisans à Martiny, le 17 floréal an Tii , il en tua cinq, et combattit Jusqu'à la mort contre les quatre autres, qui furent tous blessés.

Cavabiis, dernier chef des Gaulois qui avaient formé des colonies dans la Thrace. Prusfas, roi de Bithynie, nourrissait un profond sentiment de haine et de vengeance contre Cavarus, qui l'avait contraint n conclure avec les habitants de Byzance une paix désavantageuse. Pendant que les bandes barbares ravageaient les villes ûvVl leliespont, il les attaqua; et pour leur faire perdre

* l'envie de repasser en Asie, il massacra les femmes et les enfants qu'ils avaient laissés dans le camp. Puis , à force d*or et d'intrigues, il excita contre ces dangereux ennemis un sou-

■ lèvement général. Cavarus et tous les siens furent exterinjnés par les Xhraces.

CA.VATICA1BB. Bans le temps de la domination romaine, on appelait quelquefois cavaficum la capitation, census capitalis y impôt personnel que tout homme libre, dépourvu de biens, et à Tabri du cens proprement dit^ devait paver pour sa téte. De là est venu le mot cavaticarhis , et en français cavaticaire y pour désigner le contribuable soumis à cet impôt.

Çavatiebs. Voy. Savetiebs.

- (*) .Yoy. GéMT, De BeB, GaU^ , v et vu.

Caveau (société du). Par suite de la coutume qui siibsistnit encore au milieu du dix-nuitième siècle dans les classes élevées de la société, de fréquenter les cabarets, plusieurs auteurs et beaux esprits, au nombre desquels on comptait Panard, Piron, Collé, Gallet, Sedaine, Fuzelier, Vadé, etc., se réunissaient à jour (ixe chez un traiteur pour se communM|uer leurs ouvrages, et recevoir les avis les uns des autres avant de les livrer au public. Chaque séance finissait par un banquet où régnait la gaieté la plus franche et la plus spintaelle. Cette société gastronomique, qui s'appelait Société du en* veauy fut dissoute par la mort successive des membres dont elle était composée, et surtout par la révolution,

3ui appela l'attention des esprits sur es choses bien plus graves que des dîners, des opéra-comiques et des flonsflons.

En l'an v, Piis , Barré, Radet, Desfonlaines, Sé^ur, Deschamps, Armand Goufféet nlusiearsautres poètes, fondateurs du théâtre du Faudeville, instituèrent, riiez le restaurateur Baleine, des dîners qui s'appelèrent d'abord dîners du faudeville, puis réunUms du Càveau moderne. A ces nouvelles assemblées on ne lut plus d'ouvrages; là grande et unique affaire fut de se livrer, le 20 de chaque mois, aux plaisirs de la table, et de chanter des chansons bachiques, satiriaues, pleines d'esprit, de malice et quelque* ibis de philosophie.. Ces chansons, faites sur des mots donnés , ont été publiées en huit volumes in-18, et ont, en partie, fait le tour de la France. Qui ne sait pas, encore aujourd'hui, la plupart de celles de Désanuiers? C'est là que Béranger, qui devait porter la chanson à une hauteur ou personne ne l'avait encore élevée , a risqué ses premiers essais.

Le Caveau moderne fut longtemps présidé par Laujon , qui , jusqu'à l'extrême vieillesse, conserva une douce philosophie et une hilarité spirituelle.

Après sa mort, Desaugiers, le type Je plus véritable, Toreane le plus entraînant de la gaieté uançaise, s'assit ao

I/UHIVERS.

fauteuil de la présidence, et, la mnrotte en main, dirigea les toasts et les diaots de ce peu pie folâtre de beaux esprits, qui s'était volontairement placé 80US sa tutelle. On devait croire que des réunions où étaient amenés , par le plaisir et pour le plaisir, des hommes de même profession, de mêmes goûts, et qui s'estimaient entre eux , ne cesseraient jamais de se renouveler. Il en fut autrement. Des rivalités, des jalousies, péeshors du lieu oii la folie tenait ses assises, firent naître la division parmi les membres de la soeiété, et ils se séparèrent vers 1814. Peut-être y eut-il du patriotisme dans leur détermination : car ^lors Je ^mps de gaieté était passé.

Plnsieurs d'entre eux, lorsque Thorizon se fût un peu éclairci , se rapprochèrent cependant , et fondèrent, sous le nom de Soupers de Momus, une société nouvelle qui publia quelques folnmes , niais fort inférieurs , pour ^ensemble, à ceux du Caveau, soit parce que, pour les former, il avait fallu y admettre des talents du second ordre, c'est-à-dire, des médiocrités, soit parce ^ue les deux sociétés précédentes avaient épuisé tous les sujets de chansons. Quoi qu'il en soit, les Soupers de Momus cessèrent, après une existence assez courte et assez obscure. Aujourd'hui aue les préoccupations politiques et te désir de faire ce que Ton appelle son chemin absorbent tous les esprits, nous n'avons plus de sociétés semblables. Pour qu'il s'en reconstitue , il faut qu'il s'opère dans les idées et les désirs une modification que rien n'annonce encore, et qui sera lente à se faire , si toutefois elle doit se faire un jour.

Caveirac (Jean INovi de), savant ecdésiastique , né à ïïtmes en 1713 , mort en 1782, a publié, à l'époque où s'agitait la question de la tolérance à accorder aux protestants, les ouvrages suivants : La f'érité vengée, 1756, in-1 2 j Mémoire politico-critique , etc. , 1757, in-8o; Apologie de Und» XI K et de son conseil sur la révocation de l'édit de Nantes, avec une dissertation sur la Saint- Jiartkélemif 1768 9

in-S". Dans cette dissertation , qui a fait beaucoup de bruit, et qu'on peut mettre en regard de l'apologie de Gabriel Naudé (voy. l'article Saiht-Babthélemt), l'abbé de Caveirac prétend que la religion n'eut aucune part aux massacres ; que ce fut une aifaire de proscription; qu'elle ne fut piss préméditée; qu'elle ne concernait que Paris; que l'amiral de Coligni était un homme sans probité, un conspirateur dangereux, dont il était devenu nécessaire de prévenir les desseins; enfin, que la proscription atteignit à peine deux mille individus dans toute l'étendue de la France. Quant à la révocation de l'édit de Nantes, l'auteur s'efforce de prouver que cette mesure ne portait aucun préjudice à TÉtal; que la religion catholique et la religion réformée ne pouvaient subsister ensemble dans un Etat monarchique sans en troubler le repos. L'abbé Caveirikc pr jt ensuite la défense des jésuites dans un écrit intitulé Appela la raison,' des écrits publiés contre les jésuites de Fraîice, Bruxelles (Paris), 17G2, 2 vol. in-1 2. Cet ouvrage provoqua la mise en jugement de Tauteur, qui fut condamné par contumace, au tribunal du Cbâtelet, en 1764, à être mis au carcan et banni à perpétuité. L'abbé Caveirac chercha un refuge en Italie, et rentra eu France après la disgrâce • du qsinistre Cboiseul et la dissolution du parlement. Cet écrivain n*ayant mis son nom à aucun de ses ouvrages, on lui en a attribué plusieurs auxquels il fut étranger.

Gi£TEif TOU ( Joseph -Bien-Aimé ) , pharmacien et chimiste habile, né fi Saint-Omer en 1795, s'est fait une réputation méritée par ses nombreux travaux. Associé avec M. Pelletier, il a fkit connaître un grand nombre de corps nouveaux, tels g^e la strychnine, la brucine, la chlorophile, la quinine^ la cinchonine, etc. Il s'est livré seul a des travaux fort intéressants, parmi lesquels on ^eut citer son travail st<r Veau Setfsi, f analyse de la rhubarbe, ses Rechetches eurtamidon, etc.

Çavftonnieb ou Chavetonnteb.

— Les çavetonniers ou chavetonniers,

appelés aussi basanierSy étaient des fabncants de chaussures, qui ne mettaient 60 mxm que la bârape, diffé* rant an cela det eordonniers qui

pouvaient travailler en basane et en cordouan, c'est-à-dire, en peaux tannées et corroyées. Ces artisans habitaient en prAid nombre, à Parts , les environs de Saintç-Op^rtnne , et notamment une rue qui, selon i'abbé Lebeuf , est aujourd'hui celle de i'Aiguiilerie.

Lorsque Étienne Boileau recueillit, en 1960, les statuts des eor^ Doratiens de Paris, le métier de çavetonnîer s'aclietait de Pierre de Vilfebéon, seigneur de Bngneaux, chambellan , et du conUe d Eu , chambrier, à qui le roi avait donné le produit de la vente des maîtrises de cette profession et de celle des cordonniers. Le

f)rix était de seize sous , dont dix pour e chambellan, et six pour Te chambrier.

Voici sous quel régime fut alors placé ce métier. Le çavetonnier ne pouvait faire que des souliers légers, appelés petits solers, et plus petits que ceux ue faisnienl les cordonniers. 11 lui tait défendu de travailler le dimanche ; et , le samedi , il devait quitter Pouvrage au dernier coup des vêpres sonné à Sainte-Opportune. S'il violait cette prescription , les souliers par lui confectionnés en Âraude devaient être saisis et brûlés. Il pouvait avoir autant d'apprentis quMl voulait , était mettre de régler les conditions de leur apprentissage , etdevait, par an, trois deniers pour les hiièses (les bottines) du roi, payables le dernier jour de la semaine fàteuse (la semaine sainte), entre les mains du mattre des cordonniers.

Moyennant une redevance annuelle de trois deniers au profit du roi, payable le même jour, il elail quitte et Iranc de tout droit sur ce qu'il achetait et vendait dans Paris, de matières premières ou de marchandises fabriquées se rattachant à sa profession, sauf aux foires de Saint-Ladre et de Saint-Germain des Prés, où, il était tenu de payer pour droit de' place deux deniers par douzaine de souliers qu'il vendait. La veuve du çavetonuier, en acquittant

CAT Ml

les redevances ordinaires, héritait du métier de son m^ri , et pouvait Texereer libcemenl tant qu'elle feitait m Yiduité; Biais si elle se requiriait §

un homme d'un autre état, ce second époux ne pouvait exercer la profession du premier .s^i^s acheter lui-même la la^tlrise. Le çavetonuier pouvait devenir cordonnier, en payant ce que payait celui-ci.

Alors il lui était permis de travailler en cordouan aussi bien qu'en basane, sans toutefois mêler ces deu^ espaces de cuir dans set oqrrageç. Si seulement il hotdait en liasane un soulier de cordouan, le soulier était saisi et brûlé, et lui amende de douze deniers au proiit du maître de^ cordonniers.

Mais il était autorisé à fiiire entrer du cordouan dans des souliers de basant, parce qu'il est toujours permis à un artisan de faire de meilleur ouvrage. Le çavetonnier qui avait atteint soixante ans était eienpt du guet, mais il devait la taille et toutes les redevances ' que les autres bourgeois avaient coutume de payer au roi. Tel fut le règlement qu'établit Étienne Boileau.

Le 30 janvier 1350, le roi Jean, dans une ordonnance qu'il publia ppiir la police du royaume , défendit at|i çavetonniers, qu'il appelle faiseurs de souliers de basane f « de mettre en œuvre « ne faire souliers de mQutoo pu de «brebis, ou de chien tanné, ne I(Bs « vendre , mais tant seulement de |ia- « sane d'Auvergne et de Provence. Et n qui fera le contraire, ajoute Tordon- « nance , perdra la marchandise , et «sera privé du mestier, et amen- « dera ae dix sols pour chacune fois «qu'il fera le contraire, et celui qui a l'accusera aura le quart. Et seront « visitez lesdits basaniers par cer- « taines personnes qui seront à ce or- « donnez. • U ftut croire que la inrivatloii du métier dont il est question ici, comme faisant partie de la peine, n'était que temporaire, autrement ces mots : a chacune fois qu'il fera le con- « traire, i» seraient auperflus. Ces artisans partageaient la vente des petits souliers, ou souliers de basane, avec de ftfitit& paarcliands , pauures et jfi-

389 CAT

téables personnes y comme les appelle rordonnaace qui les autorise a gagner leur vie daoi ce commerce, lesquels avaient le droit d'en exposer aux yeux du public, en des places à eux désignées sous les piliers des Halles. Tel lut rétat dés choses pendant un temps dont on ne peut fixer la durée ; car, inaensiblement, les çavetonniers et les cordonniers se confondirent et finirent par ne faire qu'un même métier. Il ne resta des premiers que les fabricants de pantoufles, qui étalaient leurs mar^ chandises sous les galeries du Palais de justice , et qu'on vient d'en expulser. Aujourd'hui, les cordonniers travaillent a leur gré le cuir ou la basane, et le métier des çavetonniers, qui était distinct et séparé du leur, a 'Cessé d'exister.

Cavoie (Louis d*Oger, marquis de) , né en 1640, fut un des personnages les plus brillants de ia cour de Louis XIV. Admirablement bien fait et d*une belle contenance, toujours recherché dans sa parure, aussi adroit que brave, il devint bientôt à la mode pour ses bonnes fortunes et ses aventures de duelliste. Cependant il ne tarda pas à faire un meilleur usage de sa rare intrépidité. En IGOG, il prit du service comme volontaire dans l'armée navale des Hollandais contre l'Angleterre, et étonna Ruyter lui-même par le sangfroid avec lequel il alla couper les câbles de plusieurs chaloupes anglaises qui amenaient un brûlot droit sur le vaisseau amiral. Ce trait d'audace lui valut l'amitié de Turenne. Cavoie lit toutes les campagnes du règne de Louis XIV. Au passage du Rhin, il se signala par des prodiges de valeur ; on le croyait au nombre des morts, lorsqu'on* le vit tout à coup s'élancer à cheval dans le fleuve , arriver à la nage , et apporter la nouvelle du succès. Il épousa mademoiselle de Coëtogou , qui était amoureuse folle de lui , mais

I>our laquelle il ne manifestait que de 'indifférence. Pour le décider au mariage, il fallut que Louis XIV intervînt , et lui donnât la charge de grand maréchal des lof^is de sa maison. Cepeudaut l'avancemeat n'ayant, pas ré-

CAT

f)ondu à ses espérances, à cause de 'inimitié dont le poursuivait Louvois, il se plaignit à Louis XIV, et demanda à quitter la cour. Le roi lui répondit en ces termes flatteurs : « Il y a trop « longtemps quenous sommes ensemble « pour nous séparer : je ne veux pas (( que vous me quittiez ; j^aurai soiu de , «vos affaires. » i

Cavoie était ami de Turenne et du maréchal de Luxembourg; il avait une haute réputation de loyauté et d'inté-

Srité. Comme il protégeait les ^ens | e lettres avec un peu d'affectation , et quMl faisait grand bruit de sa liaison avec Racine, on l'accusait à la cour de prétentions littéraires. Louis XIV lui-même avait remarqué que Cavoie et 'Racine se promenaient toujours ensemble. Les voyant , un jour, passer sur la terrasse, il dit en souriant à ceux qui l'entouraient : « Cavoie croit « devenir bel-esprit, et Racine se croira « bientôt un fin courtisan. » Cavoie | mourut en 1716, à TAge de soixante et treize ans.

Cayenne, nom qui sert à la fois à désigner Tune des rivières de ia Guyane française « une grande partie du territoire de cette colonie , et la petite ville qui en est la capitale. (Voyez Gdyanb

FBANÇAISE.)

Cayet (Pierre-Victor-Palma) naquit, en 1525, à Montrichard, en Touraine. Élève et ami de Ramus, il embrassa avec lui la réforme; et, après avoir étudié la théologie à Genève , il fut nommé pasteur dans un village du Poitou. Catherine de Bourbon en fit son prédicateur, et Tamena à Paris lors de l'entrée de Henri IV. Mais là , le cardinal Duperron , par ses conseils, par ses [ironiesses, par une argumentation victorieuse peut-être, arracha à Cayet l'engagement de rentrer dans le sein de rEij;lise catholique. Les calvinistes, qui se doutaient du dessein de Cayet, le citèrent à comparaître dans un synode, pour y répondie à diverses inculpations. Ca^^et ne parut pas , et fut déposé. Cet événement le décida tout à fait, et i1 fit son abjuration le 9 novembre 1595. L'année suivante , ii fut nommé professeur d'Ué-

L*UNIVER&

FEÀNCE.

bm'av collège de navarre. En 1600,,

il fut ordonné prêtre, et mourut en 1610, à l'âîîe de quatre-vingt-cinq ans. La mémoire de Cayet a subi de la part des protestants "les plus rude;s attaques : Bayle lui-même ne le ménage pas« Mais on sait combien Tesprit de secte est porté à Tinjustice, et combien les pnrtis sont prompts à jeter à la tète de leurs ailversaires les accusations de corruption, de mauvaises mœurs, d'infamie. Des innombrables ouvrages de Cayet sur la théologie, Thistoire, Ta chronolof^ie, etc. , nous ne citerons que ses Mémoires et la réponse qu'il dt à un factum du ministre Dumoulin. Le titre seul de ee dernier livre prouve abondamment que Cayet n'était guère plus courtois à réf^ard de ses ennemis que ceux-ci ne Tétaient envers lui ; car il est ainsi conçu : La fourncûse et te four de réoert)èremmr évaporer les prétendues eaux de Sir ioé, et pour corroborer le purgatoire, contre ies hérésies, calomnies . faussetés et cavillations ineptes au prétendu ministre DumouUn, Taris, 1G03, in-8* de 88 pages. .

Caylus, ville de rancien Quercy, aujourd'hui du département de Tarnct-Garonne, à quatre myriamètres huit kilomètres de Montaubau. La population de cette ville est aujourd hui de cinq mille trots cent dix- neuf habitants.

CwLUS (Anne-Claude-Philippe de Tubières, de Grimoard, de Pestels, de Levi , comte de) , né a Paris en 1 692 , suivit d'abord la carrière militaire, entra fort jeune dans les mousquetaires, fit, en 1711, la campagne de Catalogne à la téte d'un régunent de dragons, et se distingua, en 1713, au siège de t ribourg. A la paix de llastadt, il voyagea en Italie, revint en France en 1716, quitta définitivement le service, et partit Tannée suivante pour Constantinople , à la suite de Tambassadeur de France. Il visita les ruiues d'Éphèse et de Troie, TAsie Mineure, la Syrie , la Grèce; et, sur les instanoei de sa mère, revint en France en 1717, au moment oij il se disposait à pousser ses explorations classiques jusqu'en Égypte. Fixé dans sa patrie après avoir

fait encore quelques voyages en Allemagne , en Hollande et en Angleterre,

il se livra entièrement à Tétude de Tantiquité et à la pratique des arts. Il entreprit un grand ouvrage sur les antiquités é^'ptiennes, grecques, étrus* ques, romames et gauloises, fut reçu, en 1731, amateur honoraire à PAcaciémie de peinture, et, en 1742, associé libre de l'Académie des inscriptions et belles- lettres, et partagea ses travaux entre ces deux compagnies. « Si l'on peut reprocher au comte de Gaylus, dit un judicieux critique, de n'avoir pas toujours rencontré la vérité, qu'il cherchait de bonne foi , de n'avoir pas toujours mis dans ses redierches toute la profondeur désirable, on ne peut lui refuser le mérite d'avoir été trèsutile aux arts, non-seulement par ses talents, mais encore par son rang et sa fortune, en multipliant, par son exemple , le nombre des amateurs de la haute société. » Ce savant archéologue, qui était aussi un littérateur agréable, a laissé un grand nombred'ouvrages qui peuvent se diviser en trois classeb : ceux qui traitent spécialement de rantiouité ; ceux qui sont relatifs aux arts ; enfin ceux oîi il s'occupe de littérature légère, tels que roni;jns et facéties, ^otre cadre ne nous permettant pas de donner la liste de toutes ses productions, nous nous bornerons à indiquer ici les plus remarquables, /lecueil (F Antiquités égyptiennes^ greC" ques, etc., Paris, 17â2 et années suivantes, 7 volumes in-4''; tVumismaia aurea imperai. roman., sans date , in-4'' , très-rare ; Heeueil de medailles du cabinet du roi, id., in-4'', très-rare; Recueil de peintures aidiques, d'après les dessins colories de P. S. Bartoli , Paris, 1757, in-follo, en société avec Mariette , et tiré seulement à trente exemplaires. Parmi ses écrits sur les arts , on remarque les suivants : Tableaux tirés de l'OdyS" sée, de t Iliade, de ( Enéide, avec des observaHotu générales sur le coS'> tume, Paris, 1757, in -8'; Mémoire sur la peinture à l'encaustique, en société avec Majaut , 1755 , in-S** ; les Fies d€ Mignard et de Lemoine, dans le

recueil des fies des premiers peintres du roi, Paris, 1752, ia-8*; la

ne d'E, Bouckardon, ibtd., 1762,

in- 12. La plupart des romans et facéties du comte de Caykis ont été réunis sous le titre à' Œuvres baignes du comte de Caylus, et pu^ bliés par Garnter, Paris, 1787, 12 roi. in-S". Le comte de Caylus mourut à Paris en 1765, à l'âge de soixante et douze ans. Sa vie,qu*ont honorée une foule de traits touchants de générosité et dé bienfaisantie , avait été consacrée tout entière à Tétude et au travail. Il avait entrepris de faire graver les dessins exécutés par Mignard , sur Tordre de Golbert, et représentant les monuments grecs et romains qui existent ehcore dans le midi de la France. H a exécuté lui-même à l'eau-forte, avec beaucoup d'esprit et de goût, un grand nombre de sujets , parmi lesquels nous distinguerons : une suite de deux oent§ Pièces, d'après les plus beaux dessins au cabinet du roi ; un recueil de têtes d'après Rubens et Van Dyck ; de grandes estampes représentant les Fêtes htpercates, d'après Bouchardon , etc.

CA-YLira (Martbe-Marguerite de Vil* l'ette, marquise de), née en 1673, riière du comte de Caylus , fut une des femmes les plus aimables de la cour pendant les dernières années du règne de Louis XIV. Ifièoe de madame de Maintenon,elleéta!tnéedansla religion protestante comme tous les d'Aubigné; sa tante voulut la forcer, encore tout enfant, à embrasser le catholicisme; ét , pour parvenir à cette fin , elle em-> ploya d*autres moyens que ceux dont on se sert d'ordinaire : « Je pleurai beaucoup d'abord , dit madame de Caylus , mais je trouvai la messe du roi si belle que je consentis à me faire ca<* tbolique , à condition que je Fentendrais tous les jours, et qu'on me garantirait du fouet. » Mariée à treize ans à M. de Caylus , menin de Monsieur, elle ne fut pas plutôt maîtresse d*elle-méme que, fatiguée sans douté de îâ géne qui régnait dans la société de madame de Maintenon , elle se lia avec madame la duchesse, l'une des filles naturelles du vieux roi , fameuse

comme ses sœurs par un esprit de li* oence , qui . s'exerçant alors a la déro* bée, devait bientôt s'asseoir sur le trdn« avecJe régent. «ÎMadame de Maintenon m'avertit du danger que je courais , dit-elle; mon goût l'emporta, je me Ifnal tout entière à madame la duchesse, et je m'en trouvai mal. » Ce peu de mots nous indique que la marquise de Caylus eut une jeunesse orageuse. Villeroi fut le plus connu de ses amants. C'est pour elle que Racine composa le prologue d*Esther; la Fare Ta célébrée dans de petits vers. Voltaire, qui aimait avant tout le goût français, dont il a donné de délicieux modèles, eut le premier Tidée de publier les spirituels et gracieux mémoires qu'elle a laissés sous le nom de Souvenirs, livre d'une lecture amusante, qui montre un coin alors peu connu de la cour du grand roi , devenu le Tieux roi ; le eoin oû la Jeunesse et la volupté se liguaient en cachette contre l'étiquette et la dévotion.

Cayot (Augustin), sculpteur, naquit à Paris en 1667. Après avoir étudié la peinture à Técole deJouvenet, il se livra à la sculpture « et entra dans l'atelier de le Hongre. Il obtint, deux années de suite , le grand prix de sculpture, en 1695 et en 1696, la première année , sur le sujet des Ber^ ffers monirani Raehel à laûob; la Seconde, sur celui de Jotefih expliquant les sn7igrs de Pharaon. Après avoir séjourne en Italie le temps ordinaire , Cayot (*) revint à Paris et fut ibroé d*y travailler pour Van Qève :

il aida oe célèbre sculpteur pendant

Quatorze ans. Cependant son talent le t recevoir à l'Académie en 1711, et, en 1720, il fut nommé adjoint à professeur, n mourut.en 17SS. Cet ertiste fui run de nos bons sculptëurs de second ordre. Les Deux anges du maUre-autel de Motre-Dame de Paris sont dé lui , ainsi qu'une Nymphe de Diane, aux Tuileries , et une Didon aban* ekmnée, qui fut son moreau de réception à l'Académie.

Cazalès ( Jacques-Antoine-Marie

(*) Leg registres de rAcadémis éerivont

Caillot,

tAi FRANCE.

de), né en 1752 , à Grenade , département de la Haute-Garonne « entra , à râge de quinze ans , dans les dragons de Jarnac, et y obtint, en peu de temps , une compagnie. Nommé députe de la noblesse du bailliage de Rivière- Verdun aux états généraux, il

Krît le parti de la cour, mais avec une orte de modération, et ne fut avoué, malgré ses talents , ni par les nobles ni par le peuple. Il fit partie de la commission chargée d'opérer la réunion des trois ordres, s'opposa à la fusion, et quand il la vit décidée , il quitta l'Assemblée, et partit potir le Languedoc; mais il fut arrêté à Caussade, près de Mootauban. Il écrivit alors pour demander sa mise en liberté, à l'Assemblée nationale , qui fit droit à sa demande, et lui ordonna de revenir à son poste. Cazalès obéit ; mais, fidèle à ses principes, il combattit successivement le serment des prêtres et la constitution ei? ile du clergé; attaqua le projet d'ôter au roi le droit de paix et de guerre, et de l'obliger à ne pas s'éloigner du lieu des séances de l'assemblée. Il appuya la proposition de soumettre à la sanction royale le décret qui adoptait les articles déjà réglés de la constitution, et en particulier la déclaration des droits de l'homme; enliu il demanda le renouvellement deTAssemblée pour Tadoption de la constitution. Il défendit successivement les parlements de Rennes et de Bordeaux accusés de résistance aux décrets de l'Assemblée; vota constamment contre Tadoption des principes et des projets démocra- ' tiques ; demanda la mise , en liberté des prisonniers d'Orange, et s'opposa à ce que le prince de Condé fût déclaré traître à la patrie. L'expression de ses regrets monarchiques dans le discours qu'il prononça pour la défense de Bouillé, excita de vifs murmures. Il causa le même mécontentement, en demandant, à l'occasion des troubles de ntmes, an commencement de . 1791, la répression des perturbateurs des différents partis , et en menaçant TAssemblée de l'animadversion 'des amis de la monarchie^ si elle n'ajour-

nait pas le projet de décret sur la résidence de la ramille royale. Opposé à la souveraineté du peuple , il ne put obtenir la parole lorsque, le 19 avrifde la même année, il voulut blâmer l'opposition que le peuple mettait au voyage de Saint-Cloud , dont le motif avait cessé d'être un secret. Le 19 mai suivant, il vota, avec le côté gauche, pour l'éligibilité immédiate des membres de l'Assemblée, s'opposa , le 10 juin, au licenciement de l'armée , et à la formule du serment de fidélité à ta natUm, à la M ei au roi. Après le voyage de Varennes , il voulut passer à l'étranger; mais il fut de nouveau arrêté par le peuple , et ne dut qu'à l'intervention de plusieurs de ses collègues, envo^rés pour le ramener , de n'être pas victime delafureur populaire.

Peu de temps après, il offrit de nouveau sa démission, qui fut enfin acceptée. Il partit ensuite pouir Bruxelles, et se rendit de là à Goblents, d'où il fut expulsé par ordre des princes : triste récompense de son dévouement. Il revint alors à Paris; mais il quitta de nouveau la France après le 10 août 1792, et se rendit encore à l'arméede Condé, où une nouvelle humiliation l'attendait. Les gentilshommes, pleins d'enthousiasme et d'humeur belliqueuse, ne voulurent pas associer à leurs triomphes futurs un homme qui a?ait combattu pas à pas , avec toute la puissance de sa logique , mais trop tièdement selon eux, les principes populaires dont ils espéraient triompher à la première campagne. Il se réfugia alors en Italie, de Jà en Espagne , et enfin en Angleterre , d'où il ne revint en France qu'après le 18 brumaire. Il y mourut le 24 novembre

Gazes (Pierre- Jacques), l'un des

grands peintres du dix-huitième siècle, est né à Paris , en 1676. Il commença à étudier la peinture sous Houasse , mais il fut réellement l'élève de Bon Boullongne l'aîné. Il obtint, en 1699 , le premier grand prix de peinture, et fut reçu académicien, en 1704, à son retour cl'Italie, Son tableau de réception représentait le

816 CAZ L'UNIVERS. CAZ

Combat (F Hercule et (TAchéloûs. Car zes resta dans la grande tradition de l'école française; son style convenait surtout à dès tableaux ahistoire re« ligîeuse; aussi consacra-t-ii son talent à décorer les églises de Paris d'un assez grand nombre de tableaux. Sa composition est grande , son dessin correct, et sa couleur toujours vraie et harmonieuse ; on peut lui reprocher cependant de n'être pas assez varié, de reproduire trop souvent certains effets et certains types. Mais ces défauts sont compensés par de belles quah'tés, et c*est avec raison qu'on Ta mis au nombre de nos peintres les plus distingués. Il remplit, depuis 1710, les fonctions de professeur à TAcadémie, dont il fut nomnié recteur en 1743, directeur en 1744, et enfin chancelier en 1746.

On voyait dans les églises de Paris un grand nombre de tableaux de cet artiste. Les principaux étaient : 1" à Kolre-Dame, C Hémorrkoïs&e ; S'a Saint- Jacques la Boucherie, une Saint»

Catherine et un SoàtU Jacques; $• à lacbapelle de Sainte-Marie Égyptienne , Sainte Marie dans le désert; Saint Nicolas la Vierge et l'en/ant Jésus entourés (Ranges ; 4« à Saint-Martin des Champs, le Centenier^ l'Annonciation; h" à Saint-Gervais , la Multiplication des pains ; 6° au petit Saint- Antoine, C Ad'jration des mages; 7*' à Saint-Germain des Prés , Saint Fincent et tMque Falère jugés demnt Dacien; Saint Foncent et Fa- 1ère traînés en prison; Saint Vincent préchant devant Véi^éque Valère ; Saint P incent ordonné diacre par ' Falére; une Descente de Croix; le Sacre de saiiit Germain ; Saint Germain présentant a Childebert le plan de l'. Ibfjaije; Ctotaire guéri par saint Germain; la Mort de saint Germain; Saint Pierre guérissant m boiteux à laportedu Temple; la Résurrection de Jabithe; 8" à l'hôpital de la Charité, le Martyre de saint Pierre et saint Paul;9'' à Saint-Antoine de Versailles, une Adoration des mages.

Cet artiste ne fut pas seulement apprécié eoFranoe; ses ceuvres étaient

également recherchées en Allemagne.

Voici ce qu'on lit à son sujet dans V Examen critique des diverses écoles de peinture, par le marquis d'Argens : «Gazes avait un dessin correct et gracieux , un pinceau large , et peutêtre ne risquerait-on rien en soutenant qu'il n'y en a jamais eu de plus beau, si Ton en excepte celui du Corrége.

Sa couleur était brillante et d'une fraîcheur admirable : c'est ce qu'on peut voir dans un grand nombre de tableaux qui sont dans les églises de Paris , surtout dans celui de l'hémorrhoTsse qui est à Notre-Dame, et dans deux c|ut sont dans la nef de l'église de Saint-Germain des Prés, dont l'un représente saint Pierre qui guérit le boiteux, à la porte du Temple, et l'autre Tabithe ressuscif-éepar cet apôtre.

Ce dernier tableau fst si beau qu'il suffirait pour mener lui seul son auteur à l'immortalité. La composition, le dessin, la couleur, le pmceau, tout s'y trouve dans un degré supérieur.

«Gazes faisait quelquefois les doigts des mains trop longs , pour leur don* ner plus de grûce, et il ne les caractérisait pas assez , en sorte que , crai-

ânant de rendre les doigts trop durs, arrifait quelquefois qu'ils étaient peints dSine manière un peu lâche; c'est ce qu'on peut voir dans trois tableaux qui sont dans les salons de Sans -Souci : le premier représente Y Enlèvement d'Europe , le second la ToUetié de Vénus ^ le troisième Bacchus et Ariane, Il y a dans tous ces tableaux une harmonie de couleur brillante, une composition gracieuse, et des enfants qui sont peints d'uau mollesse et d'une grâce digne du Corrége. Mais de tous les tableaux de Cazes le plus beau qu'ait le roi de Prusse, c'est celui de ta Naissance de Féhus. Cet ouvrage, se trouve dans le château de PotsdanL II y a encore, dans le palais de Charlottenbourg , trois tableaux de Cazes : l'un représente Jésus - Christ appelant 1rs en^ fants auprès de lui , l'autre une Cène y peinte dans un ^odt admirable, soit par la couleur, soit par la mollesse du pinceau, soit par le clair-obscur qui

CA» FRAHGE. CAS

Dègne dâos ce tableau, dont tout le jour vient par une lampe qui pend mi piaBcber de la salle ou se fiul la oène. Le

troisième tableau , qui est assez grand, et dont les ligures sont presque de petite nature , représente le Jugement de Péris, i>

. Parmi les élèves de Cazes on doit citer Chardin, Parrooel fils, et le Suédois Lundberg.

CAZii.LA.G.2 ancienne baronnie du Quen^, à seiEe kilomètres de Brives.

fiette baronnie a donné son nom à une illustre famille qui la posséda pendant cinq cents ans , et s'éteignit en 1679. Depuis, elle fut vendue au duc dé Bouillon , dont les héritiers la cédèrent, en 1738 , au domaine de la couronne , d'où elle passa , dix ans après , à la famille Sahugu et- Dama rz if.

Cazotte (Jacques) , ne a Dijon , en 1720 , entra d'abord dans Tadministration-de la marine et parvint, en 1747, au grade de commissaire. Il Jiassa ensuite à la Martinique en qualité de contrôleur des îles du Vent. Il avait toujours eu du gout pour la poésie; la oonnaissance qu*il avait faite à Paris des littérateurs les plus remarquables de cette époque , avait encore augmenté son amour pour les lettres.

A la Martinique, il partagea son temps .entre les devoirs de sa place et la société de quelques hommes instruits, entre autres du fameux jésuite Lavalette. Après quelques années de séjour dans cette colonie, il obtint un congé, et revint à Paris , où il trouva une .Dijonnaîse, son amie dés l'enfance, madame Poissonnier, qui était nour* rice du duc de Bourgogne. Cette dame lui demanda des chansons pour endormir le royal enfant ; Cazotte cona- 'nosa à cet dfet la femeuse romance Tout au beau nUlieudés yirdennes, et .cette autre, crowî??zère, il faut chauffer le lit. Les éloges que lui attirèrent ces premiers essais lui firent penser qu'il pourrait réussir dans des ouvrages .plus importants. Il repartit pour l'Amérique, et pendant toute la traversée il ne songea qu'à s'essayer dans un genre de littérature auquel il n'avait

!• lY. 22*" Ltoraisoa. (Dicx. a«(

pas songé jusque-là. A son arrivée, il mit la main à Fœuvre , et composa

OUivier. Lorsque les Anglais attaquèrent le fort Saint-Pierre, en 1759, Cazotte contribua , par son zèle et son activité, à rendre leur attaque inutile. Mais le climat ayant hfbSm sa santé, il demanda un nouveau coi|gé etar« riva en France au moment oii son.

frère, qui Tavait nommé son héritier, venait de mourir. Cette circonstance lui fit demander sa retraite, qui lui fut accordée avec le titre de commis»

saire général de la marine. Il avait cédé au P. de Lavalette tout ce qu'il possédait à la Martinique, et en avait reçu en payement des lettres de change sur la compagnie des jésuites. Ceux-ci xefusèrent de payer, et les traites furent protcstées. Cazotte était menacé de perdre cinquante mille écus ; c'était presque toute sa fortune; il se vit contraint de plaider contre ses anciens maîtres , et ce procès fut l'origine de tous ceux qui sont venus fondre ensuite sur la société. Lorsque la révolution éclata , Cazotte s en montra l'adversaire; plusieurs lettres écrites par lui à Ponteau, secrétaire de la liste civile, et où ses sentiments hostiles à la révolution se manifestaient clairement , furent saisies après la journée du 10 août 1792 dans les bureaux de rîntendaiit Laporte ; il fut arrêté à Pierry, avec sa fille Elisabeth, qui lui avait servi de secrétaire , et tous deux furent conduits à Paris et enfermés dans les prisons de TAbbaye. Il allait être massacré dans les Journées de septembre , lorsque Tbéroïque Klisaheth se précipita entre lui et ceux qui allaient le frapper, et s'ecria , en lui faisant un rempart de son corps : « Vous n'arriverez au « cœur de mon père qu'après avoir « percé le mien. » Ce noble dévouement désarma les exécuteurs des vengeances populaires ; Cazotte et sa fille furent portés eu triomphe jusque dans leur maison. Mais ils n'y restèrent pas longtemps. Cazotte fut arrête une seconde fois, ef traduit devant le tribunal qui devait cou*

roLOP., ETC.) sa.

naflK de tout ee qui avtit rapport aut erimes du 10 aodt* Il ne ma pas ses

relations avec les contre-révolutionnaires, et condamné à mort, il fut exécuté le 25 septembre 1792. Ses ouvrages ont été réunis sous le titiè wOEn^res fkorakê tt hadineêp Ftois, 17T6 , 2 vol. in-S**, et sous celu! Û*0^îtvr^ badines et morales, hfsfnriqiies et philosophiques, 4 vol. in-S", Paris, 1810-1817. •

Oict£Ë (A. M.) , littérateur, kié eik France, vers 1770, a composé Geneviève de Brabanty tragédie en trois actes, jouée avec quelque succès en 1797, et imprimée in-8° ; Tableau histotigue , littéraire et politique de fim TL de kt république française.

Paris , an Yii, m-S^ ; l» Tasse , trag^ die en cina actes et en vers. T.e peti de succès de cette dernière pièce dérangea le cerveau de l'auteur , qu'on ïbt obligé d'enfermer è Charenton, où il mourut en 1804.

Ceiluer (dom Remi) , savant bénédictin , naquit en 1688 , à Bnr-le- Duc, et mourut en 1761 , après avoir été président de la congrégation de Saint-Vannes et de Saint-Hydulphe.

On a de lui , Jpologie de la morale des Pères, Paris , 17(8, 111-4», et une Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques y Paris , 1729-1763, 3S voll in-4*.

Ceiutubb. — La ceinture, dont nos ancêtres ont emprunté l'usage aux Romains, était, avant l'établissement des Francs dans la Gaule, et 'dans les premiers temps de leur moliarchie . une distinction que l*on aotBordait a la naissance et au mérite , 'dont on pouvait être dépouillé pour Ctiuse d'indignité, et qui investissait de certains privilèges. La ceinture militaire dont on revêtait un jeune homme d'extraction noblé, était, avec le baudrier , le signe de son admissfon dans les rangs de l'armée, lui conférait le titre de soldat , et faisait partie le te qu*alors on appdalt les honneurs. On Y suspendan; ses armes , et même son nouclier. La ceinture étant ensuite devenue commune à toutes les dasset de la société , cessa d'être une

distinction , et ne Ait nlofl ffO'fflie pa^rure , qUb chacun enjonva a son gréw

Les hommes riches la surchargèrent d'ornements. Dès le septième siècle, saint Éloi, argentier du roi Dagobert , en portait une couverte d'or et de pierreries. On y pendait l*aonié* nièré, qui contenait la menue monnaie que l'on distribuait aux mon* diants , et dans laquelle , au rapport de Guillaume de Nangis , le roi saint Louis tenait enfermée dans une doiir* sette d^iwire\B chaîne de fer à cinq branches aveclaquelle il se faisait fustiger par son confesseur, quand il avait terminé l'aveu de ses fautes.

C'était par la ceinture que l'on prenait les malfiiiteurs pour les eonduiro devant le juge. Quand on conférait à un gentilhomme l'ordre de rhevaierie, on lui ceignait les reinsd'une ceinture blanche, en signe de la pureté de corps dans laquelle il devaft toujours se mainteuir. Outre cela, quand lelB chevaliers avaient quitté leurs arma^. res de fer et revêtu leurs habits de ville, pour prendre part aux banquets qui suivaient toujours les tournois, ils assujettissaient autour d'eux leurs robes traînantes^ au moyen d'ime ffi«i che ceinture.

Charles VI, en 1420, défendit aux femmes qui se livraient a une prostitution avérée et publique de *pbrteir des ceintures ornées d'or et de brode> ries. En vertu rie cette prohibition , plusieurs fois renouvelée depuis , les agents de l'autorité saisissaient et ven* daient ao profit du roi les ceintures de cette espèce dont ces femmes se paraient nu mépris de l'ordonnance.

Elles s'obstinèrent pourtant, et les infractions devinrent si fréquentes, que l'autorité se lassa de les punir, et qu'elles restèrent en possession de leurs ceintures. Alors les femmes honnêtes abandonnèrent , en disant, pour se consoler : « Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée , » un ornement que celles qui l'ataient si vive»

ment défendu quittèrent d'élles-mémes, quand on cessa de le leur disputer.

Dans le temps où l'usage en était ^nérai, i'âbâodou de la ceinture était

' nUlHGEf

un signe de dé^çradation , de détresse, -ou de renonciation à certaÎDs droits.

he» débiteurs insolvables et les banquerouticrs étaient forcés de quitter h leur ; et ^nd Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, fut mort Tan 1104, en laissant une succession fort ()l)éjrée , sa veuve déposa la sienne avec ■Mt fkiê BOT le tonbmi du défonts

rmr indiquer par là qu*elle renonçait la communauté de mens. Lorsqu on /cessa de porter des habillements lons^s •et amples, les [personnes du monde

Quittèrent la oeintar». Néanmoins, m magiitrala et les ecelésiastiauM là 43onservèrent , et les religieux de certains ordres pardèrent jusqu'à la fin la icorde grossière qui leur en tenait lieu. Aux seizième et dix-septième siècles , m reprît la eaiotm ; mais on la fcmplaça , sous Louis XIV, par Téoharpe , qui devint une décoration attachée à de hauts grades militaires.

La ceinture prit alors le nom de ceinturon , et Votk ne ^en «ervit plus qtn pour porter Tépée. Pendant la révolution , les représentants du peuple , plus tard les membres du Directoire, et après eux les consuls , portèrent , ainsi que plusieurs loDeliomMH'res, la ceinture , comme insigne de la

Snitëdont ils étaient rev^ttis. Atijour- 'hui , les membres des cours et tribunaux , les officiers généraux , les préfets , sous-préfets , conseillers de préfestura^ maires, adjoiaits, eommissairas de police , etc. , portent la ceinture quand ils figurent dans les cérémonies publiques, ou lorsqu'ils sont dans Texercice de leurs fonctions; mais es o^est pour eux qu^un signe dé leoomiaiaaanco , ot M ornement ne leur confère aucun autre droit que ceux qui résultent de leurs grades ou de leur position dans la hiérarchie admiuMflNve. Cette éetiUttro tt\sli pas pour tmm la mène s «eHè des magis-^

trats consiste en un large ruban noir, a\^ec deux bouts tombants et garnis d'un eflilé: celle des fonctionnaires de Tordre auministratif est une large baade d*éKiffi da soie ani eoulewrs a8tipÉÉies4

• CBoénimWr-^Iiaoefiiiayef m

cessant d'être Tattribut caractéristique d'une toaction et de ce que i on appelait un bommur, pour devenir un ornement commun à toutto les cla^ ses (le la société, donna naissanoeà la profession des ceinturiers. Lacom^ nuinauté formée à Paris par ces artisans était fort ancienne, et avait ■défà des statuts à l'aYénemeut do Louis IX. Par lettres patantmdo mare 1263, ce prince leur accorda une place à la Halle , pour y vendre comme les autres fabricants et marchands. Charles le Bel eooftrma, en tSM, leur règlement, dont HagUes Aubriot, pré^ v()t de Paris, changea, la même année, plusieurs articles importants. Mais en 1475, Jacques d'Ëstouteville, aussi prévôt de Paris , révoqua ces change»

ments , et replaça les ceiatMrion sous leurs anciens statuts. Cm artisans les gardèrent pendant trois quarts de siècle, après quoi ces statuts furent modiliés àToccasion que voici : les ceintmiefÊ tPékUfiy ainsi nommés .des clous d'étain dontilsornaieutlMceitt" turcs de cuir, étant devenus assez nombreux , et ayant demandé à faire une corporation à part, les faiseurs de denU-cchUs^ on cemtures à pendants portaient alotfS Im femmes des artisans et les paysannes , unis aux courroyeurs • ceinturiers , s'opposèrent à cette prétention , et de longues discussionB s'ensuivirent. Enfin , Henri II, pour les mettra d'aeeord , les réunit tous soos la même ban* nière , par lettres patentes du mois de mars l.S.'il , et n'en forma qu'un seul corps de métier, auquel il donna de nouveaux statuts. La profession des eeinturiers , qui serait libre aujourd'hui , n'existe plus en tant que profession séparée.

CÉLESTiNS, ordre religieux fondé ^ en lSj»4, par Pierre de Mourron , depuis pape, sons le nom de Gélmtin V.

Cette communauté, qui fut confirmée, en 1274, au concile de Lyon, avait été, dix ans auparavant , incorporée 5 Tordre de Saint-Benoît par le pape Uiftaiii nr. r r i

Les célestinsfàrent attirés en Franee, en 1300, par Philippe le Bel , qui leur

S40' cBii LtnnfSRS. eêL

donna deux monastères , l'un dans la Célibat— Siquelquefois, en France,

foret d'Orléans, au lieu nommé Am- on essaya de favoriser Taccroissement

bert ; l'autre , dans celle de Compiègne , -ée la population , en aoeordaht des se»

au mont de Chartres. Ils 8*établirent cdurs àceoxipii avaient donné le jour

à Paris, en 1318, dans une mnîsop à de nombreux enfants, en aucun temps

que leur donna un bourgeois de cette on n'y punit le célibat. Seulement une

ville, nommé Pierre Martel. Dans la loi du 3 nivôse an vu, 23 décembre

suite, cette maison devint chef de 1798,etquitonibabiflàtdtendésoétude,

VOrdi'e en France. Les oélestins pos*> ordonna , à Toccasion de la oontritNi*

sédaient dans le royaume, en 1417, tion personnelle et mobiiiaire, que la

vingt-trois monastères; et ils y for- valeur des loyers d'habitation des

jnaient, sous le nom de Congrégation hommes de trente ans et au-dessus,

de France, une congrégation spéciale, non mariés ni veufs , serait surhaussée

dont les chapitres se tenaient, tons les de moitié et taxée en conséquence,

trois ans , dans la maison de Paris. Sauf cela , les personnes du monde

Il s'était introduit dans l*ordre des furent toujours libres de ne pas s'en* célestins un tel relâchement , une telle gager dans les liens du mariage, corruption, que, lorsque Louis XV, Quant aux hommes engagés dans les par nn édit de 1768, vonlot rétablir la ordres sacrés , la prescription dn céliconventualité (*) dans tontes les mai* bat est pour eux aussi ancienne que sons religieuses du royaume, ces l'Église. Ce n'est pas que, dans moines, enrayés d'une mesure qui leur vafngile, il y ait aucun article qui déparaissait une réforme sévère, refu- fende d'admettre les hommes mariés sèrent d'obéir, et demandèrent Venr au sacerdoce, ou proAiibe lemuiage sécularisation. Ils furent en effet sécu- des prêtres. Au contraire, on voit dani larîsés par un bref de Clément XIV , les premiers siècles de l'Église une et par des brefs particuliers de Pie VI, foule d'hommes, chargés des liens de 1776 à 1778. Leurs maisons furent conjugaux, être promus à l'épiscopat , supprimées et leurs biens mis en sé< à la prêtrise et au diaconat ; mais il questre. leur était enjoint de garder la conti-

L'église des Célestins de Paris était» nence , et de répudier leurs femmes

une des plus riches de la capitale; elle après leur ordination, ou du moins

contenait un ^rand nombre de monu- de vivre avec elles aussi chastement

ments funéraires, dont le plus remar- que si elles eussent été leurs sœurs*

Îjuable était celui que Loms XII avait On lit, dans Grégoirè de Tours , qu'un ait élever à la famille d'Orléans, Leur évéque , sollicité vivement ^ar sa cloître était un des plus beaux de Pa- femme, à qui la continence pesait sans ris, et leur bibliothèque contenait un doute plus qu'à lui, ayant eu le malgrand nombre de livres rares et pré- heur de céder, à ses instances, eit deux. Après la suppression de l'ordre, conçut un remords si vif, qi?il se leur maison fut d abord destinée aux condamna lui-même à une longue et cordeliers; maison la consacra, en 1785, rigourelise pénitence. Il était en ouà un autre usage : une partie reçut le défendu aux évéques , prêtres et nouvel institut des sourds -miiets, diacres de se remarier lorsqu'ils devefondé jpar Tabbé Sioard; une autre naient veufs. Quant à oeitt q[iii étaient partie tut convertie en caserne de ca^ libres, ils devaient, en entrant dans le yalerie, et le reste fut vendu. sacerdoce, prendre rengageaient de

garder le célibat.

(*) Terme droit ecclésiastique , par . Toutefois, ce ne fut guère qu'à par»

lequel on désignait l'obligatioa a laquelle COOCile de Trente qU6 l'obhga-

éuû6Dt «Munis les religieux de vivre en tion du célibat, pouT leS évéques, pré-i

commun au nombre de trois au moins, dans très, diacreS et SOUS-diâcrcS , devitttî

"Î^SLi^*^ ^ observer la règle de une loi générale de l'Église. Depuis

«wo™. . cette époque, on regarda les or-

' t^L FR

dres comme un empêchement dirimant an mariage; on décida que les alliances

contractées parles ecclésiastiques constitués dans les ordres seraient déclarées nulles , et ^ue les coupables seraient condamnes à une pénitence et même à des peines corporelles, suivant les circonstances. Les clercs furent seuls exceptés de la mesure ; encore Alexandre III déclara-t-il ceux d'entre eux Qui seraient mariés, incapables» de posséder des bénéfices» et ce décret fut confirmé par Innocent III. Malgré la loi générale du céli])at , le cardinal de Châtillon, Epifane, év^^qiie d'Orléans , et quelques ecclésiastiques du second ordre, osèrent , pendant les guerres de religion , se marier publiquement; mais ces exemples eurent peu d'imitateurs.

Du clergé séculier Tobligation du eélibat s'étendit aux ordres religieux , même militaires. Un dievalierdeMalte, nommé la Ferté-Imbaut , ayant adopté la religion réformée et s'étant marié , son mariage fut déclaré nul sur la poursuite de son frère, et il lui fut défSendu, sous peine de la vie, de cohabiter avec sa femme.

Cependant , la loi du 13 février 1700 ayant proclamé qu'elle ne reconnaissait point les vœux religieux, et celle du 20 septembre 1792 , ainsi que le code Napoléon, n*ayant point ini^ l'ordination au nombre des empêchemeiUs au mariage, il fut un temps où , en France , les prêtres purent se marier civilement. Mais la loi do 18 germinal an x, qui exclut de fait les prêtres mariés de toutes les fonctions ecclésiastiques, apporta ensuite un obstacle au mariage des hommes appartenant au sacerdoce; et cet obstacle fut tout à fait invincible, quand unç lettre du ministre des cultes , en date dû 14 janvier 1806, eut décidé que les officiers de l'état civil ne devaient plus admettre à se marier les ecclésiastiques engagés dans les ordres sacrés. Plus tard , la Jurisprudence donnant à cette décision une portée encore plus grande, et reconnaissant que l'ordination ecclésiastique imprime un caractère indélébile, il ne fut pas pérmis à un

UaCE. *ciL '$41

prêtre de se marier, même en renonçant au sacerdoce , et en rentrant dans

la vie civile. Plusieurs arrêts de cours souveraines ont repoussé des demandes faites en ce sens et à cette occasion. • CÉLiDOiNE, évéque de Besani^ou, succéda à saint Léonce vers Tan 448.

Saint Hilaire, évéque d*Arles, l'ayant déposé par suite de diverses accusations, Célidoine en appela au pape saint Léon, qui le (établit dans sou siège. C'est le premier exemple d*un appel interjeté au pape par un évéque.

On croit que Céliaoîne périt en 451 , lors de la prise de Besançon par Attila.

Cellamaae (conspiration de). — A la mort de Louis xIV, la politique européenne fut entièrement changée.

On abandonna le projet d'alliance entre la France et l'Espagne ; on oublia la belle parole que le grand roi avait prononcée quand il plaça son petit-fils sur le trône d'Espagne *, et l'on s'aperçut qu'il y avait encore des Pyrénées. Albéroni gouvernait au nom de Philippe V; cet homme , d'un génie aventureux , fécond en projets, hardi dans leur exécution , voulait donner à son mettre la régence du royaume de France , et supplanter le duc d'Orléans. C'était agir contre le traité d'Utrecht , qui avait établi que la France et i'Lspagne ne pourraient être gouvernées T)ar ics mêmes mains. L'Angleterre, qui avait fait ce traité, était intéressée à le soutenir; le regent s'unit à elle et à la Hollande. Albéroni menaça l'Augleterre de l'épée de Charles XII , et suscita en France une conspiration.

Le prince de Cellamare , noble napolitain , descendant d'une famille génoise, fut envoyé en France, en 1715, comme ambassadeur extraordinaire. Il devint l'instrument des desseins d' Albéroni. Tous les mécontents , et il y en avait un grand nombre, entrèrent dans le complot. La duchesse du Maine , courroucée contre le récent qui avait abaissé son mari , le premier des princes légi* timés, s*employ;a avec un zèle fougueux à la réussite de l'entreprise. Le duc du IMaine agit aussi, mais avec moins d'ardeur que sa femme qui le

dominait , et qui espérait exercer elle*

342 CftL l.*UNIVERS. ' C»

même toute l'autorité que l'Espagne laisserait au duc. Elle agita le parleipent, dont le régent avait repoussé les remonti'ânces, après loi atoir reiu|Q 10 droit d'en faire ; elle excita la noblesse qu'il avait humiliée, en maintenant contre ses réclamations la prééminence des pairs. Elle se lia avec le parti niolinlste et tes défensears de la balljs VnigenUus. La noblesse bretonne entra en foule dans le complot. Les états de cette province venaient d'être cassés en 1717, et le pays, mécontent, était sur le point de se soulever. Une flotte espagnole défait y débarquer des termes et des troupes , et alors l'insurrection devait éclater et se répandre. Mais cette entreprise, qui n'avait d'autre but que la satisfaction de quelques intérêts personnels, ne s'appuyant sur aucune S3^mpathie populaire, manquait deforce réelle et devait échouer ridiculement, après avoir fait quelijues vifctimes. Dubois,.qui venait de conclure la triple alliance avec la Hollande et TAngW gleterre, et que le régent avait fait secrétaire d'État après l'abolition des conseils, fut informé du complot par une courtisane qui déroba des papiers importants à Tabbé dePorto-Carrero^ agentde Cellamare.£lle les vola dans les poches de l'abbé au moment d'une de ces distra(;tions, dit Voltaire, oii per- ^nne ne pense à ses poches.Ces papiers faisaient connaître la conspiration sans en révéler le plan. On fit poursuivrd l'abbé de Porto-Carrero que l'ambassadeur envoyait en Espagne; on l'arrêta près de Poitiers, et on trouva dans sa valise des dépêches du prince de Cellamare, et tout le plan des conjurés. A rinstant même, le régent fit arrêter l'ambassadeur d'Espagne, et le fit reconduire jusqu'à la frontière (septembre 1718). Les coupables furent poursuivis, mais avec peu de rigueur.

Il n'y eut que les nobles bretons , qui âvaient été sur le point de prendre les armes, contre lesquels on déploya de la sévérité. Plusieurs eurent la téte tranchée : les autres prirent la fuite, ti'^oi fut izrand à la cour du duc du Maine. Le duc et la duchesse furent enfermés dans les châteaux de Dour-

lens et de Châlons \ les agents fiul^lternes furent détenus à la Bastille.

Parmi ces derniers, fut comprise la confidente de la duéKès^e du Marne i

filademoiselle de taunay, plus tardt

madame de Staal , qui a laissé sous ce nom de charmants ménioires , où elle raconte sa captivité en détail, niais où elle se montre très -discrète sur la conspiration qu'elle devait bien connaître. Un grand nombre decoupalje^ étaient en prison; beaucoup d'autres étaient sigualcs encore. Le duc d'Orléans , effrayé des poursuites à f£|ire , amnistia tout le monde. Le duc et la duchesse furent remis en liberté, sans, avoir perdu un cheveu de leur téte^ dit Saint-Simon, assez punis sans doute par le renversement de leurs projets et le triomphe de leur viva).

Celle. — ^ droit féodal , ce mot qui se trouve dans plusieurs coutumes»

et notamment dans celles de Troyes et ' de Cliaumont en Bassigny, signifiait la maison» démeur{ince et ttielan^ea des biens des personnes de condition servile. Plusieurs communes, notamment dans les départements de l'Aube, du Puy-de-Dome, de l'Allier, du Cher, ptc. , en ont pris le nom qu'elles portent. C'est à tort que, dans le départe-, ment de Loir-ct-Cner, on écrit la Selle Saint- Denis; on doit écrire; la Celle Saint- Denis. (Voyez Sebp.)

Cellebieb, OeUerarius^ nom par lequel on désignait, dans les monastères, l'économe, ou celui qui était préposé à tout ce qui regardait les provisions de bouche. Le celierier d'un seigneur était chargé de faire serrer dans les greniers les grains appert^ naht au seigneur, moyennant une part qu'il prélevait, etunerobede fourrure.

Sous les empereurs romains, le celierier était un fonctionnaire chargé de Texamen des comptes. Les prélata donnèrent asseï: longtemps ce titre à

leurs procureurs et h leurs intendants.

Dans les communautés de femmes, la celierière avait les mêmes fonctions nue le celletler dans les monastères a'hommes,et quelquefois, en outre, elle jouissait de plusieurs juridictions ' temporelles.

Celtes. — La race celtique est une

de ces populations primitives qui se répandirent autrefois sur la surface du globe , et dont l'origine se rattache aux premiers souvenirs de l'histoire du monde. Cette grande famille a peuplé les contrées centrales et occidentales de l'Europe; elle en a été dépouillée par d'autres races barbares et par la conquête romaine, et refoulée aux extrémités de l'Occident, dans des forets et des montaf!;nes, où les vainqueurs ne purent jamais les forcer.

Aujourd'hui , les débris de ce grand

f)euple, réfugiés dans la Bretagne, dans e pays de Galles et en Écosse, conservent encore leurs traditions et leurs mœurs antiques, et sont restés l'image vivante de ce que leurs ancêtres furent autrefois. Mais les souvenirs du passé ont presque tous disparu , et l'histoire de cette race est aujourd'hui bien incertaine. Les anciens ne nous ont conservé que de rares indications, auxquelles la critique moderne a ajouté toutes les lumières de la linguistique. C'est avec des preuves tirées de l'histoire des langues , et même de la conformation physique des races, que M. Amédée Thierry, dans son Histoire des Gaulois, a éclairci les origines de lu race celtique. La population primitive des Gaules était divisée en race gnllique et en race kimbrique. Les Kymri et les Galles, ou Celtes, sont regardés par les historiens anciens , Plularque, Appien , Strabon , Diodore de Sicile, comme étant de la même famille. De plus, il est démontré que les Cimbres sont les mêmes que les Cimmériens des Palus-^ïéotides ; les Celtes se trouvent par là rattachés aux Cimmériens; et ces trois noms , Celtes , Cimbres et Cimmériens, représentent des peuples frères. Ces tribus errèrent d'abord dans les immenses plaines qui s'étendent entre la Caspienne, le Pont-Luxin, le Tvras (Dniester) et la nier du Nord.

C est dans ces limites que les anciens placeut d'abord la Celtique, mettant en face la Scythie, dont les tribus combattent et poursuivent les Celtes et les Cimbres. La Celtique s'éloigne ensuite de l'Orient , où elle a pris nais-

sance , et ne s*arrête dans ce déplacement successif que sur les bords de.

l'Océan. Dans cette longue marche, depuis la Caspienne jusqu'à l'Atlantique, les Celtes ont laissé derrière eux de nombreuses traces de leur passage. Les Cimbres f dans la presqu'île danoise; les Boiens, dans la forêt hercynienne; les Scordisces et les Taurins , sur le Danube, et beaucoup d'autres , sont autant de Celtes restés derrière la masse de la nation qui vint se concentrer dans la Gaule. Les Cimbres s'étendirent dans la Belgique et la Grande-Bretagne, où les habitants du pays de Galles s'appellent encore Cymrn. Les Galles ou Celtes se répandirent dans le reste de la Gaule.

A différentes reprises, j)lusieurs tribus celtiques recommencèrent en sens inverse le voyage que toute la nation avait fait, et émigrèrent vers l'est:

les unes rentrèrent dans la vallée du Danube; les autres allèrent en Asie Mineure, et y fondèrent le royaume des Galates; d'autres, passant les Alpes, établirent une Gaule en Italie.

C'est là que les Romains rencontrétent d'abord les Gaulois. Après les avoir vaincus dans la Cisalpine, ils les poursuivirent dans la véritable Gaule.

Les tribus celtiques résistèrent avec héroïsme; elles s'unirent à Annibal ; partout elles combattirent avec opiniâtreté le génie grec et romain. Mais, épuisée par cette longue lutte, la nation gauloise tomba en décadence au second siècle avant l'ère chrétienne; les chevaliers et les prêtres, c'est-à-dire les ordres prépondérants dans chaque tribu , se disputèrent la souveraineté, et bientôt César parut pour les mettre d'accord en les subjuguant II trouva la Gaule divisée en trois régions- La Bel-

f;iquc au nord , la Celtique au centre, 'Aquitaine au sud. La Celtique était peuplée par les tribus celtiques ou galliques, proprement dites. Elle était circonscrite par l'Océan, depuis la Garonne jusqu'à la Seine, à l'ouest et au nord-ouest; par la Seine, la Haute-Marne et les Vosges, au nordest; par le Rhin et les Alpes à l'est; par la Durance, le Rhône, le golfe

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