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en leur personne , et condamnés à des saisies, des amendes et des peines proportionnées à la gravité de rinfraction qu'ils avaieot 'commise; et une multitude d'arrêts rendus par les cours souveraines , prouvent combien la mapîstratiire fut de tout temps attentive à défendre cette partie de nos libertés. (Voyez ExcomiuniCATioif,
INTBBDIT et PiNITBNCB PUBLIQUE.)
Ct:tvtenier. — Sous les rois de la première et de la seconde race, le centenier, appelé tunginus par la loi salique, ^it un magistrat subal* terne subordonné au comte, de qui il recevait l'institution , et inférieur au vicaire. Sa juridiction s'étendait sur un district habité par une centaine de i^imilles , qu'il conduisait à la guerre, et dont il réprimait les délits et jugeait les différends. Voici quelle fut rorig;ine de cette institution- Sous la domination romaine, le préfet faisait la police dans une légion avec droit de vie et de mort; le tribun la faisait dans une cohorte, et infligeait de moindres peines; le centenier la faisait dans sa con^agnie , et ne connaissait que des délits passibles d'un châtiment moins sévère encore. Lorsque les soldats furent devenus sédentaires, chacun de ces officiers exerça Tautorité qui lui appartenait, dans le district qu'occupaient les troupes soumises à son commandement. Ce district fîit uncamp, et les ter* res qui le composaient furent tout à la foîô le poste que les soldats devaient occuper et en quelque sorte la paye de laquelle ils tiraient leur subsiÂ>tance ; et, en conséquence, les délits commis dans oe district forent de la compétence des ^ges militaires. Quand les soldats se Dirent attribué à perpétuité les terres dont ils n'étaient que les usufruitiers pendant la durée de leur service, et se lurent transformés en libres propriétaires , leurs centeniers contmuèrent à avoir juridiction sur eux, non plus en vertu de leur grade militaire, mais par suite des pouvoirs que leur conférèrent les comtes. Lorsque ceux-ci te> naient leurs plaids , les centeniers, et, à leur défaut , les plus notables propriétaires , au nombre de douze , de«
valent les y assister. Quelquefois , le comte tenait lui-même le plaid du centenier, ou le faisait tenir ôar des commissaires auxquels il dâéguait pour cela ses pouvoirs; alors toutes m affaires attribuées au comte pouvaient y être jugées ; mais , lorsque le centenier tenait lui-même ses assises, on ne pouvait y porter que les actions d'^t on de propriété, et les causes mineures.
Comme officiers de police , les centeniers étaient chargés , sous la responsabilité de leurs centaines, de la tranquillité de leurs districts, de la sdreté des chemins , de la poursuite et de l'arrestation des vagabonds et des voleurs. A cet effet , tous les propriétaires soumis à leur autorité étaient tenus de leur prêter secours à leur première réquisition. Avec ces dernières attributions, les centeniers subsistèrent jusqu'au commencement du dix-septième siècle, à Paris, sous Tautorité du prévôt, et dans les grandes villes, sous celle du maire , consul, ou mayeur. Ils avaient an-dessus d'eux les qiiartiniers ^ ou chefs de quartier, et au-dessous les dizainiers, qui n'avaient Juridiction que sur une dizaine de familles; tous ces officiers cessèrent d'exister lorsqueLoulsXIV confia la po lice de la capitale à un lieutenant général qui fut chargé de nommer les agents et subordonnés dont il avait besoin.
Cbntièxb bbnibb. — C^était la centième partie du prix ou de la valeur des biens immeubles que, avant 1789, tout acquéreur, en France, était obligé de payer au roi ; les biens qui venaient par succession ou par donation en ligne directe étaient seuls exceptés de cet impôt.
Cent Jours. — On appelle ainsi l'époque si courte pendant laquelle Napoléon , après son retour de l'tle d'£l« De, occupa une seconde fois le trône; du 20 mars, jour où il rentra dans le château des Tuileries, au 28 juin, date de la réinstallation définitive des Bourbons, il s'écoula en éiM cent jours.
Ce fut le second règne de l'empereur; règne d'un moment, mêlé de gloire et de revers, où le capitaine se montra digne de sa réputation, et déploya une
activité encore ^lus grande qu a toutes 1^ autres éppqtjes ait sa irie, mais où rhomnift 4^Élat fut inférieur à luimême, parce que, reconnaissant que la réalisation de son ancien système était impossible, il ne sut ni en concevoir un Douveau , ni accepter les moyens 49 salut que lui offrait la nation* Avant et après les événements de ce second rèçne, se placent naturellement la rentrée triomphale de Isapoiéon, Tune des pins belles scènes de notre hiSn foire, et son départ pour Texil, dé?
lîodment fatal qui termine si tristement le grand drame des cent jours.
Deux causes principales contribuèrent à amener cette grande crise. On a généralement tenu compte de la première, qui était en effet la plus évidente; nous voulons parler de l'impo-
Îmlarité des Bourbons. Alais on a moins ait attention à 1^ seconde, qui, bien que moins apparente, domine aussi la sir tuation. Cette seconde cause, c'était }e machiavélisme des rois coalisés, lesquels en voulaient à la France au moins autant qu'à Napoléon, et avaient tiré un trop grand profit de lear première invasion pour ne pas vouloir en pré-
Earer une nouvelle. En 1814, Tamition démesurée de l'empereur, qui, de son aveu , voulait faire de la France Je chef- lieu d*une monarchie européenne , leur ava i t fourni l'occasion de soulever contre lui tous les peuples au nom de la liberté. Craignant que l'élément populaire qu'ils avaient décbaîné dans toute l'Europe ne se tournât contre eux s'ils abusaient trop ouvertement de la victoire , ils s'étaient contentés d'un demi-succès. Ils avaient laissé à la France l'ombre d'un gouvernement représentatif, de peur que leurs peuples ne s'anerçussent trop tdt qu'ils n'avaient pas l'intention de donner les constitutions qu'ils leur avaient promises en récompense de leur dévouement. Mais ils nourrissaient une trop grande haine contre la révolution française ; ils éprouvaient un trop vif |)e80in de s'enricbir et de s'agrandir aux dépens de la France, pour se contenter de ce demi - succès. Une halte d*iui moment, pendant laqoéito
les BourbQns auraient le temps de se créer qn parti capable de te^lif tête au partinapoléonien, tandîsqu'cŒit-méiiwi
se procureraient les moyens de se passer du secours de leurs peuples, telle fut, dans leur qrrière-pensée , cette
I»aixde 1814, pour la conclusion de aquelle ils avaient exigé de nous tanf de sacrifices. A l'article Congrès de Vienne, il ne nous sera pas difficile de prouver nar des faits ce uue pous avançons lof. En ce moment, bornonsnous à dire que si les rois avaient voulu franchement la paix, ils n'auraient pas eu l'imprudence d'assigner pour séjour à JNapoléon une lie située aux portes de la France; ils n'auraient
f)as eu ensuite l'imprudence de révéler 'intention qu'ils avaient de l'envoyer à Sainte-Hélène ; et si cette menace n'avait pas eu pour but de le forcer à reprendre les armes , ils l'auraient enlevé sans Ten prévenir; cpfini Us n'auraient pasinqpitetéMnratsur sonavenir, avant d'en avoir fini avec l'empereur. Ce qu'ils se proposaient , c'était de pousser IVIurat à se liguer avec INapoléon , et à lui fournir les moyens de faire qne dernière tentative. Ils étaient persuadés que la présence de TSapoléon sutTirait pour soulever le Midi; mais ils espéraient que le JNord tiendrait pour les Bourbons. Alors ils seraient revenus en France, sous te prétexte de mettre un terme à la glicrro civilp qui se serait engagée.
En 1813, la guerre avait eu l'Europe pour théâtre ; il y avait , de leur part, une grande habileté à vouloir, en 1815, transporter le champ des hiostilités sur le sol de la France; mais l'étoile de Napoléon donna un éclatant démenti à leurs prévisions età leurs calculs machiavéliques. Il n'eut qu'à se montrer pour fairetomberLouis A VI II de son trône; In guerre civile, si habilement ménagée , n'eut pas lieu ; le tyran rentra dans le citâteau des Tuileries sans avoir brtilé une amorce; il reparut sur les champs de bataille de l'Europe, et il s'en fallut de peu qu'il ne ramenât la victoire sous ses drapeaux.
Sortie de Porto-Ferrajo (ile a'Flbe) le 34 février 1815| la flottille qui por-
en if'AA^CK. CBN m
tait Mtpoléoii et toi n«tf «mes grenadiers composant sa garde, entra le l'^'^ mars dans le golfe Juan , après une pénible traversée , pendant laquelle Ifi petite eipéditiQii avait eoura las plue grandi dtangara. Avant de mettre le pied sur la terre française, Napoléon quitta et fit quitter à ses soldats la cocarde de Tue d'Elbe ; après qu'elle eut été remplacée par la cocarde tricolore , il donna Tordre d'effectuer le débarcfuement sur la plage de Cannes.
Son bivouac fut établi dans une plantation d'oliviers, où il reçut un accueil empressé des habitants de la campa/(ne. « Beau présage, dit-il; puiséet-il ae réaliser! i» L'un de ces paysans, qui avait servi , reconnut Napoléon , et ne votiliit plus le quitter. « Eli bien, Bertrand, dit Tempereur, voici du renfort. » Cependant une escouade de quinae hommes , commandée par UO capitaine , fit maladroitement sur Antibes une tentative qui échoua. Le 2, on arriva au village de Cérénou ; le 3 , on eoucba à Barlme; le 4, à Digne, et, le j», à Gap. Là, Napoléon fît imprimer deux proclamations qu'il avait improvisées sur mer le 28 février : l'une était adressée au peuple français, l'autre à Tarmée. Cétaient encore ces mêmes accents magiques qui avaient tant de fois électrisé la nation. « Français ! «dans mou exil, j'ai entendu vos « plaintes et vos vœux... J'ai traversé « les mers au milieu de périls de toute « eepèœ; j'arrive parmi vous repreoo « dre mes droUs, qui sont les vôtres... « Français ! il n'est aucune nation , «quelque petite qu'elle soit, qui n'ait « eu le droit de se soustraire , et ne se « soit soustraite au déshonneurd'obéir « à un prince imposé par un ennemi « momentanément victorieux. Lors- « que Charles VII rentra à Paris , « et renversa le troue éphémère de « Henri V. il reconnut tenir son trône « de la vaillance de ses braves, et non « d'un prince récent d'Angleterre !... »
Sa proclamation à l'armée, surtout, est un des plus beaux monuments d'élo-
Suence militaire qui existe. Elle proniait un effet merveilleux, « Soldats I «noua n'avons pas ^ vaiocosi Deux
«.hommes sortis de nos rangs ont trahi
R nos lauHers... Soldats ! venez vous « ranger sous les drapeaux de votre a chef... La victoire marchera au pas « de diarge ; l'aigle , avec les couleurs « nationales , volera de elocber en clo* « cher jusqu'aux tours de Notre- « Dame... » A Saint-Bonnet, on voulut sonner le tocsin pour faire lever les villages en sa faveur : « Non , dit-il « am habitants, vos sentiments me ga- « rantissent ceux de mes soldats. Plus « j'en rencontrerai, plus j'en aurai. Res- « tez tranquilles chez vous. » Il ne se trompait pas; mais ce refus faisait déjà pressentir qu*il altait se montrer tel qu*il avait toujours été, c*e8t4»
dire, Phomnie de I armée, plutôt que l'homme de la nation. A Sisteron, le maire voulut s'opposer au passage, mais les habitants sympathisèrent avee les soldats de l'empereur. Au sortir de Sisteron, l'avant-garde de la petite armée , qui se composait de quarante grenadiers sous les ordres de Camoronne , fut arrêtée par une colonne Que le général Marchand avait envoyée de Grenoble pour repousser les conspirateurs. Un secona officier, dépêché par Napoléon, ne fut pas plus heureux
Sue Gambronne; on refusa de Ten- . Bodre. La situation était critique; de ce qui allait se passer dépendait tout le succès de l'entreprise. Napoléon ne s'attendait pas à cette résistance; il en témoigna sa surprise au général Bertrand, au^d il dit: «On m'a trompé.* Mais, retrouvant bientôt toute sa présence d'esprit , il ajouta : «N'importe, en avant!» Descendant alors de cheval , et découvrant sa poitrine: «S*il en est un parmi vous, « dit-il aux soldats de Grenoble, S'il en « est un seul qui veuille tuer son géné- « ral, son empereur, il le peut, le voici !» Les soldats répondirent tous par le cri de Vive Temomurl et ae précipitèrent autour de lui , en lui baisant les mains. On se remit en marche au milieu d'une immense population; celle de Vizille surtout , où était née , pour ainsi dire, la révolution française, se signala par son enthousiasme. EntreVisille et GrenoblOf airivaattpas de course le 7r de
L'UNIVERS
ligne , commandé par Labédoyère. Na-
poléon pressa sur son oœor ce ç^énéreux officier, dont il ne pouvait prévoir le malheureux sort, et lui dit avec effusion : « Colonel , vous me replacez sur le trône. » Cependant le générai Marchand se préparait à la résistance; et quand on arriva sous les murs de Grenoble, on en trouva les portes feruiées. D'abord silencieuse et indifférente en apparence aux cris de Five Pempereur poussés par les grenadiers de nie d'Eloe, la garnison de Grenoble ne put maîtriser son émotion lorsqu'elle vit IVapoIéon en personne s'avancer sous les murs de la place, et regarder d*an œil assuré les canons chargés et les mèches allumées ; elle poussa à son tour le cri de Fh-e l'empereur, que répétaient les habitants , et qui devint unanime. On se précipite aux portes, on les enfonce, et on en Jette les débris aux pieds de Tempe* reur, en lui disant: «Tiens, voici les «< [)ortes, à défaut des clefs de la ville de «< Grenoble.» L'empereur dit alors à ses ofllciers : « Tout est décidé mainte- « nant» nous allons à Paris I » Le lendemain , 8 mars , il fut reconnu et salué romme empereur par toutes les autorités. «J'ai su, dit-il alors, que la n France était malheureuse. J'ai en- « tendu ses gémissements et ses re- « proches. Je suis venu pour la dé- « livrer du jouiî des Bourbons; leur « trône est illégitime. Mes droits ne n sont autres que les droits du peuple. « Je viens les reprendre, non pour ré- « gner, le trône n*est rien pour moi ; « non pour me venger, je veux oublier «tout ce qui a été dit, fait et écrit n depuis la capitulation de Paris; j'ai « trop aimé la guerre , je ne la ferai « plus... Nous devons ouolier que nous « avons été les maîtres du monde... Je « veux régner pour rendre notre belle «France libre, heureuse, indépen- « dante... Je veux être moins son sou- « verain que le premier et le meilleur « de ses citoyens. » Les proclamations de Gap furent imprimées de nouveau ; on répandit le bruit que l'impératrice avait ordre de revenir avec le roi de Rome; que l'Autriche était d'accord
avec rempereur ; enfin , que le roi de Naplesmaffiiaitaveeqaatre-vingt mille
hommes. "Napoléon rendit un décret portant qu'à dater du 15 mars, les actes publics seraient faits et la justice rendue en son nom. Un autre décret or-* donna Torganisation de la garde nationale dans les cinq départements qu'il venait de traverser. On a justement reproché à INapoléou la précipitation avec laquelle il s'était ressaisi du pouvoir impérial à Grenoble. I9*eût-il pas été plus sage de ne pas imiter les Bourbons, en s'obsti nant , comme eux , à ne rien oublier du passé? N'eût -il
Sas mieux valu attendre les suffrages e la nation plutôt que de les devancer? Ce n'était pas pour ressusciter l'empereur que la France battait des mams au retour de INapoléou ; elle aimait en lui le héros qui n'avait jamais voulu subir les humiliations de l'étranger ; elle le rcjgardait comme un libérateur qui venait laver la souillure de la restauration; mais elle n'entendait pas qu'il s'adjugeât lui-même la récom-
{)ense de ses nouveaux services. La soennité de Grenoble porta une première atteinte à sa popularité, que les fautes de la restauration avaient cependant rendue plus c;rande que jamais.
Ce fut seulement le 7 mars que le Moniteur annonça le débarquement de Napoléon par à (H IX ordonnances, dont l'une le mettait /^or6 lu loi , en prescrivant (le lui courir sus, et dont l'autre convoquait les chambres. Le lendemain , le Moniteur publia que Napoléon , poursuivi par les populations et abandonné des siens , errait dans les montagnes. Ce qui n'empêchait pas le comte d'Artois , le Juc d'Orléans et le maréchal Macdonald de partir pour Lyon, où quinze mille cardes nationaux et dix mille hommes (le ligne s'opposeraient nu passage du rebelle, tandis que les généraux Marchand etDuvernet, le duc d'Angouléme et le prinee d'EssIrng lui fermeraient la retraite. Le général Lecourbe avait reçu l'ordre d'inquiéter les flancs de sa troupe, et le maréchal Oudinot s'était mis en marche à la tète des fidèles grenadiers royaux. Tout le