‹ France (volume 4)Chapitre 52 sur 79 · FRANGE. CHA · texte numérisé non relu

FRANGE. CHA

tartane tripolitaine , et força un corsaire algérien de trente-huit canons de 8*ëchouer à la côte. Ces glorieux services lui valurent les félicitations du grand maître, Marc-Antoine Zondadari, et lai firent donner le grade de capitaine de vaisseau , avec la commanderie de Virecourt en Lorraine.

Au mois de janvier 1726, Chambray fut appelé au commandement du Saint' Antoine, de soixante canons, et chargé de d^ruire les nombreux corsaires qui parcouraient la Méditerranée.

En quelques courses, il prit, brûla ou coula bas un grand nombre de bâtiments appartenant aux régences d'Alger, de Tripoli et de Tunis. II fut alors élevé au poste le plus honorable de l'ordre , et nommé lieutenant général, commandant des vaisseaux de la Religion, dignité qui mettait sous sa dépendance toute la marine de Malte.

Un succès éclatant mit, en 1732, le comble à la gloire. Il fut envoyé, avec le Saint-Antoine et le Saint- George, sur

' les eètes de la Syrie, d'oik un nominreux convoi de bâtiments turcs devait partir pour les ports de Constantinople et de Smyrne. Deux tartanes lui servirent de mouches et lui donnèrent des renseignements sur les forces quMl allait avoir à combattre : le convoi , comprenant une quarantaine de bâtiments, était sous la protection de deux sultanes, dont Tune de soixante et dix et l'autre de soixante canons; et non loin de là, sur sa route , croisait un troisième vaisseau portant soixante et dix canons. Chambray arriva le 15 août au soir à la hauteur de Damiette , et fit ses dispositions pour Tattaque. Les vaisseaux turcs voulurent d'abord l'éviter; mais le commandeur leur donna la chasse pendant plusieurs heures , atteignit enfin la sultane amirale de

. soixante et dix canons, et, de ses premières bordées, la démâta de son grand mât. La riposte ne fut pas moins vi-

Soureuse que l'attaque, et le coumianeur fiit contraint de laisser arriver pour réparer ses avaries. Commencé à une heure et demie, et soutenu avec une grande valeur de part et d'autre,

le combat continua jusqu^iii soir. Les combattants réparèrent pendant la nuit les dommages qu'ils s'étaient faits réciproquement ; et le lendemain, comme Chambray se dlspo^ sait à reprendre l'ofiensive, il fot rejoint par le SaUnt - George , qui avait poursuivi Vautre sultane sans avoir pu l'atteindre. Les deux Maltais écrasèrent l'amiral turc, lui abattirent ce qui lui restait de mâts et le rasèrent comme un ponton. La résistance de celui-ci fut glorieuse, longue, désespérée , et il fallut que ses adversaires lui envoyassent leurs volées en enfilade et le canonnassent en pointant à couler bas, pour le forcer à amener son pavillon. La reddition de la sultane apprit au commandeur de Chambray qu'il avait eu pour adversaire le fameux Mébémet-Ali , l'un des meilleurs officiers de mer du Grand Seigneur. Il le reçut avec toutes les marques de considération et de respect qui étaient dues à son courage etàson malheur. Sur cinq cents hommes d'équipage, Méhémet en avait perdu trois cent soixante et dix , et son vaisseau n'était plus qu'une ruine llottante.

Reconnaissant l'impossibilité de conserver ce bâtiment , le commandeur y fit mettre le feu. De nouvelles félicitations et de nouveaux honneurs l'attendaient à Malte : à son retour^ il fut nommé grand-croix, bailli do l'ordre, et promu à la oonunanderie magistrale de Metz.

On peut juger d'après les résultats que le commandeur obtint avec de faibles moyens, de ce qu'il aurait pu Mt9 avee des forces plus considérables.

Mais encore plein de vie et de force , il se vit arrêter tout à coup dans cette glorieuse carrière. Grâce à ses services , les Barbaresques étaient moins à craindre, et Ton pensa qu'il suffirait de deux vaisseaux et d'une frégate pour les contenir dorénavant. La réduction de la marine maltaise lui ôta toute l'importance qui l'avait fait placer sous le commandement d'un lieutenant général. Elle passa sous les ordres d'un capitaine de vaisseau , et Chambray fut condamné à une retraite

forcée. Ce fut une grande joie nour les gouvernements des régences a'Alger , de Tripoli et de Tunis : « Nous ne rencontrarons donc plus à la mer

Bougé de Malte , » disaient les beys; car ils avaient donné ce surnom à 1 illustre marin , dont la Ggure martiale était relevée par un teint très-cuioré.

Qiiiiibrav , en qualiU de commandant, avait fait vingt -quatre campagnes, pris onze bâtiments aux infidèles et fait entrer un million quatre cent mille livres dans le trésor de Tordre.

. Le bailli voyant sa carrière militaire terminée a Tâga de quarante-huit ans, donna aussitôt un autre but à son activité. Il sollicita et obtint du grand maître et du conseil de l'ordre la permission de bfltir une ville fortifiée sur rîle de Gozo, située an nord-ouest de Malte. Les travaux , commencés en 1749 , lurent poussés vivement pendant six années ; la cité neuve de Ckamkraff t'ékiva sous la direction du bailli, bordée d*un côté par des rochers inaccessibles surmontes d'un fort, et de l'autre par une ligne de lortitications. Mais le fondateur de la nouvelle cité ne devait pas avoir la satisfaction de terminer son œuvre.

Ayant eu l'imprudence de s'installer dans une maison d'une construction trop récente , il y contracta une maladie grave qui le conduisit au tombeau, le 8 avril 1756 , à Pâge de soixante-neuf ans. « Chambray, ditun historien , était un hommed'unegrande taille , très-corpulent, doué d'un tempérament des plus robustes et d*une force de corps extraordinaire. Sa vue, oui était fort bonne , lui permettait de distinguer les moindres objets à une très-grande distance, et cet avantage lui fut plus d*uoe fois utile à la mer. A ces diverses qualités , il Joignait une rare bravoure et un sang-froid imperturbable. Il était généralement considéré comme le plus célèbre marin de son temps , et il est justement placé au nombre des plus grands hommes dont s'honore l'ordre de Malte. »

Ledernier membre connu de la maison de Chambray est le marquis de Ckambray, né àParis en 1783.11 fit en

qualité de capitaine d'artillerie la campagne de 1813, et en écrivit l'histoire, sous le titre d'Histoire de l'eivpédifio» de Husiief Paris, 1833, 3 vol. in-8".

CuAUBBB. ^ Ce mot signifie au propre une pièce quelconque d'un appartement ou d'une maison; mais il se dit aussi du lieu où se tiennent certaines assemblées , où siègent oer« tains tribunaux , et , par extension, de ces assemblées et de ces tribunaux eux-mêmes. C'est dans ces deux derniers sens que nous entendons le mot chambre dans les articles suivants.

Chambre apostolique , juridiction que l'abbé de Sainte Geneviève exerçait autrefois à Paris en qualité de conservateur-né des privilèges apostoliques et de députe da 8alat>siég0; Cette cbambre , qui connaissait d*ua grand nombre de causes entre les genà d'église, avait au moyen âge une grande importaiice ; mais elle se réduisait à peu de chose au moment où elle fut abolie par la révolution. Les fonotions ae la chambre a|n)Stolique s0 bornaient alors à décerner des monitoires, lorsque les juges séculiers croyaient devoir lui en demander»

Cette chambre se composait de trois juges , l'abbé, un chancelier et un secrétaire.

Chambre ardente. —On donnait ce nom, dans Torigine, au lieu où Toa Jugeait les criminels d'État appartenant à d'illustres familles, parce que ce lieu, entièrement tendu de noir, était éclairé par un grand nombre de flambeaux. Dans la suite, le nom de chambre ardente fut donné à tous les trihuurmx d'exception, à toutes les commissions tenifioraires établies hors du droit commun. Ainsi on appela chambre ardente la cbambre établie par François 1*' vers 1535, au parlement (le Paris, pour la recherche et la punition des iiéretiques et des réformés. Cette juridiction, dont les arrêts étaient souverains et eiéeutës sans délai , cessa de siéger vers 1660.

On donna également le nom de chambres ardentes aux commis> ons extraordinaires établies sous Louis

XIY contre les empoisonneurs, et

sous la régence contre les fermiers des revenus publics , et lors du visa des actions de la banque de Law (voy.

Cour det poUoni et Chambre au

visa).

Chambre aux deniers, institution dont les attributions étaient les mêmes que celles de rintendanoe de la liste dvile, pour ce qui concernait les dé« penses de la bouche du roi. Cette chambre était composée de trois trésoriers qui alternaient chaaue année, avaient sous leurs ordres aes oootrôleurs, et étaient cux-méines subordonnés au grand maître de France.

Chambre civile, nom d'une ancienne juridiction qui siégeait au Châtelet, et dont le lieutenant civil était le seul jage. On n'y jugeait que des affaires sommaires, et dont 1 importance ne dépassait pas mille livres.

Chambre de justice ^ nom par lequel on désignait ordmairement des y cours souveraines, établies extraordinairement, pour rechercher les mal* versa tions des fina iciers.

La première chambre de justice dont ij soit fait mention dans notre histoirê est celle qui fut établie en Guyenne par déclaration du 26 novembre 1581. Un édit de 1584 en établit une autre , qui fut composée d*officiers de la chambre des comptes et du parlement; mais elle fut supprimée en 1585. Enfin , une t( oisième chamdre de justice fut formée en 1597, et révoquée (juelcjues mois plus tard.

Mais la sévérité que déployaient ces cours, pendant leur existence éphémère, n'effrayait que médiocrement les comptables , et les mêmes désordres se renouvelaienttoujours. Henri IV établit, au mois de mars 1007, une nouvelle chambre de justice , qu*il supprima au mois de septembre suivant, après s'être fait donner un million de livres par les comptables.

Dès le 8 avril 1U08, une chambre de Justice fut rétablie, et elle tint ses séances, sous forme de grands jours (voyez ces mots) , dans m ville de U* inoges.

une chambre de justice fut encore créée an mois 4*octobre 1634 1 et ré-

voquée au mois de mai 1625, par un édit dont Tun des articles portait que la recherdie des officiers de finance serait continuée 4e dix ans en dix ans. Mais dix ans après, en 1635, les financiers furent déchargés de la plupart des poursuites décrétées contre eux ; et , en 1643, les prescriptions de Tédit de 1625 furent tout à fait abrogées.

Cependant , cinq ans s'étaient a peine écoules que l'on se crut de nouveau forcé d'établir une chambre de jus- .tice, qui subsista jufqu^en décembre 1653; mais, en 1655, soit que l'on reconnût que les prévarications des comptables élaienttrop nombreuses pour que l'on pût toutes les punir; soit, ce qui est plus probable , que les prévaricateurs eussent traité avec eoax qui diri<;eaient alors le gouvernement, on abolit toutes les poursuites dont ils étaient l'objet, et on leur accorda une amnistie pleine et entière pour toutes les concussions qu'ils auraient pu commettre jusqu'à la fin de cette année.

Depuis ce temps, il y eut encore deux chambres de justice; la première fut établie au mois de novembre 1661, et fut supprimée au mois d*août 1668; la seconoc , créée par un éà\X du mois de mars 1716, fut révoquée en mars 1717. Elle dut rechercher toutes les prévaric:ations commises par les comptables, depuis 1689 jusqu'à cette époque. Les historiens du temps donnent quelquefois le nom de chambre ardente à cette dernière chambre de justice.

(Voyez Chambre ardente.)

Chambn 4^ la maçonner iê, tribunal établi autrefois dans Tenclos du palais, à Paris, et qui connaissait de toutes les contestations relatives aux bâtiments. Ce tribunal était composé de huit conseillers du roi, qui prenaient le titre de juges et maîtres généraux des bâtiments de Sa Mnjesté.

Chambre de réunion. « Les traités de Westphalie (1648), d'Aix-la-Chapelle (1668), et de Siimègue (1679), avaient stipulé que les villes données à la France étaient cédées avec leurs dépendances. Ce terme était vague, et il y avait tant de complexité dans le régime féodal, qu'on pouvait, louf

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le nom de dépendances, élever des prétentions sur des provinces entières.

Louis XIV créa , oaDS les parlements de Metz, de Brisach et de Besancon, des channbres dites de réunion , chargées de rechercher les terres et fiefs

aui avaient relevé des trois évêchés, es villes d'Alsace ou de Franche- Comté, afin de les réunir à la couronne. Ces chambres adjugèrent à la France Saarbruck, Saarwerden, Falkenberg, Germersheim, appartenant à rélecteur de Trêves ; Yeldentz , ap-

girtenant à l'étecteur palatin ; Deuxonts , appartenant au roi de Suède ; I^auterbourg, appartenant à l'évoque de Spire; Montbéliard, appartenant au duc de Wurtemberg, etc. Des troupes furent dirigées sur tous ces points, et les occupèrent sans résistance. Vainement la diète de Ratisbonne adressa des représentations.

Louis n'y répondit qu'en réunissant secrètement en Alsace vingt mille hommes, qui investirent Strasbourg, et sommèrent cette ville de reconnaître le roi de France pour maître, en vertu d'un arrêt du parlement de Brisach , 4ui lui adjugeait toute TAlsaee en pleine souveraineté. La résistance était impossible; les magistrats se laissèrent séauire ou eftrayer; et la ville qui, dans la dernière guerre , avait été tant de fois une porte oaverte aux ennemis de la France , capitula , sous condition qu'elle conserverait ses libertés , ses magistrats , ses revenus , l'exercice de la religion luthérienne ( 30 septembre 1679). Louis y fit son entrée en triomphe, et Yaubao commença les immenses travaux qui devaient faire de cette place le boulevard de la France (*). »

Mais la paix de il iswick, conclue le 80 octobre 1697, en confirmant les traitésde Westphalieet de Nimègue, annula les arrêts des parlements de Metz , Besançon et Brisach; et Louis XIV s'engagea à restituer à l'Empire tout ce qu'il avait occupé, soit pendant la guerre , soit auparavant , sous le nom de réunions. Cependant la vlUe de

C) Lavaliée, Histoire des Franc., t. III, p. %5S.

Strasbourg ne fut pas comprise dans cette restitution ; et , depuis cette épo-

âue , elle n'a plus cessé de faire partie uterritoirefrançais. (Voyez Riswigk [traité de].)

Chambre des aides. Voyez Cùur des aides.

Chambre des avocats, des avoués, des huissiers, des notaires. Voyez ces

mots.

Chambre des blés, juridiction établie dans le parlement de Paris le 1 1 juin 1709, pour connaître de toutes les questions relatives au commerce des blés. Cette chambre n'eut pas une année d'existence; elle fut supprimée le 4 avril 1710.

Chambre des décimes. Voyez DÉcniBS et Bfureau des décimes.

Chambre desJUifs, Voyez Chambre des comptes.

Chambre des nwtinaies, Voy. Cour des monnaies.

Chambre des pairs. On donnait quelquefois ce nom , avant la révolution, à la grand* chambre du parlement de Paris , parce que c'était dans cette chambre que se réunissait cette compagnie, quand les princes et les pairs venaient siéger avec elle. (Voyez Pairs et Pablement.)

Chambre des prélats j nom par lequel on désignait aussi quelquefois la grandC^ chambre du parlement de Paris, parce que, suivant une ordonnance de Philippe le Bel (22 mars 1302), il devait toujours y avoir au moins deux prélats parmi les membres de cette compagnie. (Voy. Pablbkbiit.)

Chambre des requit. Voyez Pau* ^

lEMENT.

Cham bre des terriers. Voyez Chany^ bres des comptes.

' Chambre des vacatUms. Cest celle qui , dans les cours et tribunaux , est

chargée de faire le service et de rendre la justice dans les affaires urgentes, pendant le temps des vacances. (Voyez d^ailleurs les articles Parlement et Vacances.)

Chambre dorée du palais, nom par lequel on a quelquefois désigné la (francF chambre du parlement de Paris , parce que Louis XIX en avait fait

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dorer le plafond. Guillaume Poyet, chancelier de France, fut condamné par arrSt da parlement de Paris, du

23 avril 1545, en la chambre dorée du palais, [Voyez plus bas {Chambre {grand') ].

Chambre du Châtelet. Voyez Cha-

Chambre du domaine, nom sous lequel on désignait, avant la révolution , la réunion des vingt directeurs de la régie chargée, par une ordonnance du 35 septembre 1774 , d'administrer le domame de la couronne. Ces directeurs étaient subordonnés au mi«* nistre de la maison du roi.

Chambre du trésor, juridiction qui j uçeait en première instance les affiiires relatives au domaine du roi, et dont l'appel ressortissait au parlement.

Chambre du visa , nom que l'on a donné aux deux dernières chambres de justice , mais particulièrement à celte

?|ui , après la cnute du système de Law, ut établie pour juger les malversations commises par les préposés au visa des billets de la banque. Elle se composait de quatre conseillers d'État, de douze maîtres des requêtes, d'un procureur général , d'un rapporteur et d'un greflier. Quatorze accusés y comparurent, et plusieurs d'entre eux furent condamnés à mort. (Voyez Law et Vi^'iii.)

Chambre ecdésiâsHque* Voyez Î3^' CIMES et Bureau des décimes. * • Chambre {g-ra/ur), nom que ron' donnait à la première et à la principale chambre de chaque parlement. C'était le lieu où toute la compagnie se rassemblait et où le roi tenait ses lits de justice. C'était la que se faisaient les enregistrements, et que l'on plaidait les appellations verbales, les appels comme d'abus, les requêtes civiles et autres causes majeures.

Quelquefois, par le terme de grand* chambre, on entendait aussi les magistrats qui y tenaient leurs séances.

La grand' chambre du parlement de Paris s'appela d*abord la chambre des plaids, caméra placitorum. C'est en 1342, dans une ordonnance de Philippe YI , que l'on trouve , pour la première fois , le nom de grand'chamore.

Cette chambre se composait alors, suivant une autre ordonnance du même prince, de trois présidents, quinze conseillers-clercs, et quinze laïques* (Voyez Parlement.)

Chambre /7»*-/jarfie, juridiction établie dans cliaque parlement pour juger les proeès oà des gens de la religion réformée étaient intéressés. La moitié des juges devait appartenir à cette religion , et c'est de là que ces chambres avaient tiré leur nom.

Le premier des édits de pacîfleation qui donna aux religionnaires quelques privilèges de ce genre, fut celui du mois d'août 1570. Il leur fut en effet accordé , par l'article 55 de cet édit , la Acuité de récuser, dans clia||ue diambre du parlement où ils auraient un procès, quatre conseillers pour le fait de religion, indépendamment des autres récusations de droit qu'ils ^urraient faire. La m^ne feeuité était ac* cordée aux catholiques.

Un autre édit du mois de mai 1576 établit, au parlement de Paris, ime chambre mi-partie , composée de deux présidents et de seize oonsdilefs : cette chambre allait tenir ses séances a Poitiers , trois mois de l'année , pour y rendre la justice aux habitants des provinces de Poitou , Angoumois , Aunls et la Rochelle.

Il en fiit établi de semblables à Montpellier, pour le ressort du parlement de Toulouse, et dans chacun des parlements de Dauphiné, Bordeaux, Aix , Dijon, Rouen et Bretagne. Celle du parlement de Dauphiné siégeait, les six premiers mois de l'année, à Saint- IMarceilin , et les six autres mois à Grenoble. Celle de Bordeaux siégeait aussi une partie de l'année à Clerac.

Les édits sui?ants apportèrent quelques changements à cet état de choses ; les cliambres mi-parties de Paris et de Rouen furent remplacées, en 1598 et 1599, par les chambres de l'édit; celles de Toulouse, Grenoble et Guyenne forent supprimées en 1G79; mais les autres subsistèrent jusqu'à la révocation de l'édit de iSantes. (Voyez Chambres de l'édit.)

Chambre syndicale de la iUrraMc

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eê dê Fhhftrimêrte, nom que Ton donnail autrefois aux assemblées des syu* dics et adjoints élus par les imprimeurs et les libraires, pour traiter de toutes les affaires concernant leurs professions.

^ Ces chambres étaient au nombre da vingt et une; elles siégeaient à Amiens, Ansjers, iiesançon, Bordeaux, Caen, Châlons ■ sur - Marne , Dijon , Lille , Lyon , Marseille , Montpellier, Nancj^, Pîantes, Nîmes, Orléans, Paris, Poitiers, Rein», Kouen, Strasbourg et Toulouse.

Elles étaient chargées d'enregistrer les prifiléges et permissions d*impri* mer, etd'eiaminer les ballots de livrai et estimpes introduits en France.

Chambre royale , con)mission établie par lettres patentes du '2ù août 1001, pour juger, en dernier ressort, Isa appellations interjetées des jugeinents des commiss.iirps envoyés dans les provinces pour verilier les comptes des traitants. La diambre royale fut supprimée en 1604*

Chambi^e royale de Ferckm, tribunal établi dans cette ville, en 1607, pour juger en dernier ressort les nppellatious des premiers Juges, qui étaient auparavant dévolues à la chambre de Spire. Cette chambre subsista jusqu'à rétablissement do parlement de Metz , en 1C3:^.

Chambre tournelle civile et tournelle crimineUê, Voyez Pablembni et

TOUBNELLB.

Chambres cuiêmblées, audiences solennelles , où toutes les chambres du parlement se réunissaient pour juger en commun. Cet usage existe encore en France, dans tous les tribunaux partagés en plusieurs sections ou chambres, pour vider un partage de voix, pour une audience de rentrée ou de réception ; et à la cour de cassation , pour statuer sur un second pourvoi formé dans la même cause et pour lea mêmes motifs.

C/iambren consultatives des manufactures ^ fabriques , arts et métiers.

Ces chambres, mstituées par suite de la loi du 22 germinal an xi, ont pour destination de £dre connaître

les besoina et les moyens d*améliora«

tion des manufactures, fabriques, artf

et métiers; elles sont composées chacune de six membres, et présidées par les maires des lieux oii elles sont plaeées. Lea membres des chambres sont renouvelés par tiers tous les ans « et leurs fonctions sont gratuites.

Dans les localités où le gouvernement n'a point établi une chambre consultative des manufactures, la cbambm de commerce, s'il en existe une, en remplit les fonctions. (Voyez Chambres de commerce.)

Chambres de commerce^ assemblées instituées dans les principales villes de commerce pour délibérer sur les intérêts commerciaux de leur localité, donner leur avis, quand il leur est demandé, sur des questions de leur oom|)étenee, et à éclairer l'administration à l'occasion des mesures éprendre pour aider au développement et concourir a la prospérité du coninierce.

A la ûn clu dix-septième siècle, il n'eilstait en France qu'une chambre de commerce; c'était celle de Marseille. Deux arrêts du conseil, en date des 29 jum 1700 et 30 août 1701 , en instituèrent dans les principales villes commerçantes du royaume. Celles de Paris, Lyon, Rouen et Toulouse datent particulièrement du second de ces deux arrêts. Successivement il en fut créé une à Montpellier en 1704; une à Bordeaux en 170d; une à Lille en 1714.

Les villes de Nantes, Bayonne et Sainte Malo n'en ont eu que plus tard. Ces diverses chambres avaient pour attribution d'eclaircir par des discussions préparatoires les questions d'intérêt commercial, et elles reçurent ledroit de concourir à la composition du conseil général du commerce siégeant à Paris, en envoyant ou nommant chacune un délégué qui en devenait membre.

Cm chambres , composées de huit à douze membres, étaient électives; et les conditions d'éligibilité variaient suivant la spécialité industrielle de chaque localité; mais chaque industrie importante devait y être représentée.

Les chambres de commerce furent Buppriméea par la révolution. Lon

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du travail de réorganisation que Napoléon entreprit quand il n'était encore que premier consul, il les rétablit en prmant Télectioii pour base,

mais une élection bien moins large et bien moins libérale que ne l'avait été, im siècle mip.iravatjt , celle qu'avait adoptée le plus absulu de nos rois.

Louis XiV avait vou|o etMdottift <|ue les choix et nomination des membréiL des ch iinhres de commerce se fissent librement et sans brii;n(; par le corps de ville et par les marcbands et les «égociaots^ J*éleetioii se fenomrelaiit chaque année. Napoléon ordonna que, pour former coschambres, le prelel, ou le maire dans les \illes où il n'y aurait pas de prélét, réunit auprès de lui quarante a soixante eoHMner^ants à son choix, pour procéder , sous sa présir dence, a l'élection des premiers membres, lesquels devaient ensuite se renouveler d eux-mêmes par tiers tous

les ans. - .

Telle lut Torganisation donnée aux chambres de commerce par l'arrêté consulaire du 3 nivôse an m. Quant à leurs attributions, elles furent a peu près les mêmes que cellei des cbambres instituées par Louis XIV. La chambre de commerce de Paris n été créée par arrête particulier du 0 ventôse an XI ; et ses membres , élus par cinquante-trois électeurs, ont temi leur première séance le 17 germinal suivant.

Les chambres de commerce, créées d'abord dans quelques villes de premier ordre, se multiplièrent gradué*lement jusqu'au nombre de quarante et une; elles sont réduites aujourd'hui a trente -huit, et sic^^ent à Amiens, Aviguon, Bavonne, Besançon t Bordeaux, Boulogne, Caen, Calais , (^arcassonne , Clermont - Ferrand, Dieppe, IJunkerque. Gran ville, la Rochelle, Laval, le Ha\re, Lille, Lorieat, Lyon , Marseille , Metz , Montpellier, Mqrlai)[, ilulbâusfp, fientes, Nîmes , Orléans , Paris, H eims^ Rouen; Saint -Brif-uc, Saint - Ktienne , Saint- Malo , Strasbourg, ïouiip^ , ioi^ftuiiç, Tours, et Troyes.

idmttiées par les édiu d'avril ifiSI

et août 1599 aux chambres mî-par* ties dans les parlements de Paris et de Rouen. Ces chambres jugeaient eu limier ressort les proeès ou les réfor* més étaient parties principales. L*uii des conseillers dont elles se composaient devait appartenir à la religion réformée. Ces chambres furent supprimées en 1860,

. Chambres de rhétorique, sortes

d^académies qui fleurirent, au quatorzième siècle, dans les Pays-Bas, où elles ne furent peut-être qu une imitation de nos puyt ou compagnies littéraires. Au commencement du siècle suivant, nous trouvons une association établie sous ce titre à Arras, et distribuant, eu 1431, des prix sur cette question : Pourquoi la paim ne vient pa$ en France. La ville de Tournai eut de même une chambre de rhétorique, et elle conserve encore, dans sa bibliothèque, un manuscrit contenant la suite des nièces couronnées dans cinquante -deux assemblées , du premier mardi de mai 1477 au premier mardi de juin 1491.

Ces compositions, toutes en langue française , sont des rondeaui, des bal* lades, des fastras (voyez ce mot). Chaque cliamhre avait sa devise et son blason symbolique. (Voyeî Comlpa-

GNIES LITTÉBAIBES.)

Chambres des comptes ^ nom que

l'on donnait autrefois aux c- urs établies pour connaître et juger en der-

iiier ressort de tout ce qui concernait a manutention des Onances et la conservation du domaine de la couronne.

La chambre des comptes de Paris était la plus ancienne et la principale de ces cours. KUe était d'abord ambulatoire» c'est-à-dire , qu'elle se transportait successivement dans les différentes p-irties de son ressort. Philippe le Long, par un édit daté de Viviers en Brie, en 1319, la rendit sédentaire à Parts, et en nomma présidents Sully et l'évêque de INoyon.

Il lui donna an palais le local qu'elle occupa depuis jusqu'à sa suppression.

L(S rois venaient souvent assister

aux délibérations de la chambre dea comptes. Philippe de 'Valolft, Cbar-

433 CHA L'UiaVERS«' CKA

les y, Charles Yl et Louis XII 8*y étendue à tout le royaume. Mail

rendirent souvent pour délibérer sur les six chambres supprimées fuies affaires les plus importantes de rent rétablies en 1568. Depuis, plur État. Ce fut à la chambre des comptes sieurs autres chambres des comptes que l*on examina s'il eontenaft de don- Airaitsueeessirementcréées , àRoaen, ner connaissance au peuple du traité en 1680; à Pau, en 1624 ; à Dole, en de Bretigny conclu en 1359. et qu'il 1692, et à IVIetz, en 1(579. Enfin, les fut résolu qu'on le rendrait public. chambres des comptes de Lorraine et Le conseil secret, que Toa appelait de Bar furent conservées après la réualors grand conseil , se tenait souvent nion deees deux provinces a la France, à la cnambre des comptes en présence Celle de Blois fut supprimée en 1775. des princes, des grands du roynume, Les archives de la chambre des du cnnncelier, des cardinaux, des ar- comptes de Paris contenaient ies actes chevéques et évéques, des présidents les plus im{>ortants de l'autorité publiet des maîtres des requêtes, et l*on que; Tbistoire pouvait y puiser dwles traitait , dans ces assemblées, des af- renseignements , mais on n*avait pas faires les plus importantes sur les fi- eu soin d'en faire faire des copies aunances, la justice et l'administration thentiques; un incendie éclata, le du royaume. Les résolutions prises 27 octobre 1737, dans ces archives, en dans ces circonstances forment ce consuma une grande partie, et fit me Ton appelle les ordonnances ren- ainsi éprouver à la science une perte aues par le conseil tenu en la chaîu- irréparable.

bre des comptes. Dans d'autres oc- Cette chambre se composait, au mocasions, les ofGciers de la chambre des ment où elle fut supprimée , d'un précomptes étaient mandés près du roi, mier président, de douze présidents et aamis aux délibérations qui avaient de chambre, soixante et dix-huit matlieu dans le conseil privé. très, trente-huit correcteurs, quatre- ' Philippe de Valois donna pouvoir à vin^xt-deux auditeurs, un avocat et un la chambre, par lettres du 13 mars procureur générai, deux greffiers en 1339, d'octroyer, pendant le voyage chef , un commis plumitif, deux comquMI allait faire en Flandre, toutes mis du greffe, trois contrôleurs du lettres de grâce, d'anoblissement, greffe, un payeur des gages et trois légitimation, amortissements, octrois, contrôleurs, un premier huissier, un etc.; et il lui permit, par d'autres contrôleur des restes, uu garde des lettres du dernier janvier 1 340 , d'aug- livres , vingt-neuf procureurs et trente monter ou diminuer le prix des mon- huissiers : en tout , deux cent quatrenaies d'or ou d'argent. Des officiers vingt-neuf officiers. Elle se divisait en de la chambre des comptes furent plusieurs chambres particulières, telchargés de l'exécution des testaments les que la chambre des fiefs, où de Charles Y et de Charles VL étaient déposés les actes de foi et

On comptait dans le royaume, ea hommage, les aveux et les dénombre* 1566, six cnambres des comptes, outre ments; la c^am6re des terriers, oik celle de Paris. Ces chambres étaient se faisait le dépôt des terriers de tous établies ù Dijon, Grenoble, Aix, Nan- les héritages qui étaient eu la centes , Montpellier et Blois. Les quatre sive du roi , etc. premières avalât été créées par le duc Michel rHdpital fut premier préside Bourgogne, le dauphin deViennois, dent de la chambre des comptes de le comte de Provence et le duc de Bre- Paris, depuis 1554 jusqu'en 1560, épotagne. Celles de Montpellier et de que où il fut nommé cnancelier. Cette Blois avaient été établies par Fran- charge devint ensuite presque hérédiçois I" en 15» et 1525. taire dans la famille de Nicolaf ; c*é-

Toutes ces chambres furent sup- tait un membre de cette famille qui

primées en 15G6, excepté celle de présidait l'audience solennelle du 17

Paris, dont la juridiction fut alors août 1787, lorsque Monsieur (depuis

CBi FRANCE. CHA

Louis XVm) sV présenta pour faire sbil des Cinq - Cents , Consti-

«nresistrer les edits du timbre et de tutions , Convention , Cobps lé-

la subvenlion territoriale. gislatff , Députés , Étais gsne-

Toutes les chambres des comptes baux , Paibs , Sénat.)

ayant été supprimées par l'article 12 Ch4mbbisb de France, Caméra^

de la loi du 7 septembre 1790 , furent riu^. — La charge de camérier ou cham-

d'abord remplacées par la commission brier était, comme nous l'avons dit

de comptabilité nationale y qui le fut, ailleurs, tout à fait distincte de celle

elle-même, par la cour des comptes , de chambellan : elle consistait dans

en conséquence de la loi da 16 sep- la garde de la chambre da roi , e'est-

tembre 1807. ( Voyez Cour wet à-dire, du trésor royal. Son origine

comptes.) remonte très haut , puisque TarchevéT

chambres législatives. C'est ainsi que de Reims, Hincmar, mort en 882 , qu'on appelle, depuis 1814, les deux parle en ces termes des devoirs du assemblées qui, de concert avecle chef chambrier: « Le bon ordre du pa* du pouvoir exécutif, sont chargées lais, le soin des ornements royaux par la constitution de procéder à la et des dons annuels faits par les vasconfection des lois. L'une de ces deux saux , excepté ce qui peut avoir rapcbambres porte aujourd'hui le nom port aux vivres, aux boissons et aux de chambre da députés; Tautre, ce- chevaux , appartient principalement à lui de chambre des pairs. la reine, et sous elle, au camérier:

Les assemblées législatives n'ont pas ils doivent fes ran2;er suivant leur natoujours, en France, été désignées par ture et leur qualité, afin qu'on puisse les mêmes noms. On sait que celle qui s'en servir en temps utile. Au camé- Alt convoquée en 1789, sons le nom rier seul appartient la réception des d'états généraux y prit , après la véri> présents fints par les ambassadeurs , à lication des pouvoirs de ses membres, moins que , sur l'ordre du roi, la reine et la réunion des trois ordres en une ne s'adjoigne à lui pour les recevoir. » seule assemblée , le titre Assemblée Le camérier recevait encore les tributs fMlfona/^, et Qu'elle fut plus tard nom- en argoit payés au prince; et, après mée Assemblée constituante. Celle qui les avoir pesés, il les serrait dans la lui succéda, en vertu de la constitu- cassette royale. « Le chamberier, dit tion de 1791, est connue sous le nom « unregistredelachambredescomptes, d*A8sembUe législative. EWe n'eut que «cité par du Can^e, à cause de sa quelques mois d*existence , et fut rem- « chamberie , a plusieurs cens et rentes pboee par la Convention nationale. « assisjtant en la ville de Paris et envi- . Après la Convention, deux assemblées «ron, comme ailleurs, à cause desfurent chargées du pouvoir législatif; «quels cens il a telle justice et conce furent le Conseil des Anciens et le « trainte comme à seigneur foncier Conseil des Cinq-Cents^ auxquels suc- « a()partient. » Cet officier avait droit cédèrent plus tara le 5Ma< et le 0>f7» de juridiction sur les fripiers, les législatif. Ces deux assemblées furent cordonniers , les ceinturiers et sur remplacées, en 1814, par la chambre quelques autres corps de métiers de des pairs et la chambre des députés; Paris.

celle-ci fut désignée, dans l'acte addi- Cette charge, après avoir éprouvé

tionael aux constitutions de l'empire , de nombreuses modifications, fut enfin

sous le nom de chambre des repré» supprimée en 1545 , par François ^^

sentants; mais elle reprit, après les qui remplaça le chambrier par les

cent jours, le titre de chambre des quatre gentilshommes de la chaiii-

dépiUés; et, depuis, les deux chambres bre.

Mpislatives ont toujours conservé les v Voici , diaprés du Gange, les noms

d&oaûnatioos sous lesquelles on les de quelques chambriers de la première

désigne aujourd'hui. ( Voyez Assem- et ae la seconde race , et la série com-

BLEBs, Conseil des Amciens, Con- plète de ces ofliciers depuis lOGO :

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