‹ France (volume 4)Chapitre 53 sur 79 · X. IT. 28" Livraison. (Dicx. sngyci», sic · texte numérisé non relu

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mié sons Da|^ol>i>rr.

TandUliUar, son» Gootran.

Reginard , Tanculfe et limuaû » ton» Louis

le Débonnaire.

Tn(^tnnn , comte , ao>B ChwlèS It Cfa««f«. Thierry, Ml» Lomiê II* inCo. Raiiinud.

jo65 à io85. WaleIraiMl on GtlemicL &oS6. GuiliAume.

«co6i Gui ou Guion (WiUoj 1127 et 1128. Aubiy (^Uifsrieiu}.

ii3o. Maiiassps.

li34. IlM^ues.

{•i^. (fui ou Gutoo (Wi^o.) Hugues.

J139. Malhieu, inorl en ii5iouii5a.

yiSa. Aubri; il Tivail encore en 4i8r»

f f6o et 1174. Iteikleu.

1176. Renaud.

jii6. Raoul.

iigo et ijo7. MelUtu» mortataot iti4* «909. Urfiop. *

Bardrara, lukantle nonveeu traité «c 4*'

ploinntîfjtK".

1206, 1210, 1217. Kartliéleiny de Roya.

Jean de Be-iiiinnnt.

saio à 1248. Jean de tiaiileuil.

it58. Alphonse de Brîénne, Miertcn 1270. t?7i. l'irnnl do Valéry, mort en 1277.

12^9- K(i')<^ri, ducdc Uourgugue , qui vivait encore

cil 1297.

Jean 11 • cnmle do Dreux » mort vera lio^ fSia. Lvnts 1*', dué de Bonrbdn, mort en iSki,

j34r. Pierre I*"", duc de Bourbon, mort en i3S6< |356. Ix)ais II, duc de Bourbon, mort en i4iO« i4io. Philippe de Bourgogne, mort m i4lS> iiiS. Jean de Chàlon III, mort en t4i8* «419. Qnillaeiae, seigneardeCbasleawrinain,mort en i43y.

j439. Charles T'"", duc de Bourbon, raorl en t456. S456. Jean II, duc de Bourbon, mort en i488. S4S8. Pierre 11, duc de Bourbon , mort en i5o3. iSo3. Cbarles II! , doc de Bourbon, mort en iSa?* s5a7* Henri , duc d'Urléans «1 d'AngouMma, 4mpuis Henri 11.

Gmitaa» dMd'Orliana, RMrlea tS4S.

Qéahbubs ( Auguste * Lepdietler de), Tan des officiers les plus braves

de nos armées impériales, naquit, en Î789, à Vitteaux (Côte-d'Or) , fit les campagnes de Prusse et de Pologne,

Euis passa en Kspagne , où il se fit ientot remarquer par de nombreuses âclions d'éclat. Il fut mis à Tordre du jour pour sa belle conduite pendant la défense de Ciudad-Rodrigo : dans une audacieuse sortie , n'avant avec lui que trois cents hommes, il fut at« taqué par dix-luiit cents fantassins, douze cents cavaliers et trois pièces d'artillerie; l'engagement commen(^ait à peine, lorsqîriiii biscaîen lui trar 4iassa l'épaule. Sans se laisser abattrê |»âr la douleur ni par la perte de son fang, il soutint un combat de quinze

heures, et se Retira enfin venSflamiftl

que , suivi seulement d'une centaine d'hommes qui lui restaient. Épuisé par les nombreuses blessures qu'il avait reçues, il rentra ensuite «if France et abandonna la carrière militaire. Mais lorsqu'cn 1812 la guerre éclata de nouveau avec la Russie , il demanda à rentrer en activité , et pttnit, quoique souffrant encore, pour àlller se renfermer dans la ville ds Pnntziï;, en qualité d'officier d'étatinajor du général Rapp. Là , il commença une suite de faits d'armes dont le réoi't fonrme , peut-être, la partie la lUlus brillante de l'histoire de la mé* tnorabie défense de cette ville. A la téte d'une compagnie franche , qu'il •avait formée pour les coups de main lès plus hardis et les plus périlleux , il releva par son dévouement le couragé des assiégés et répandit la terrsur parmi les troupes assiégeantes.

L'ennemi poussait ses travaux en avant du Bischofsberg ; CbamburO s'embaraue avee ses cent braves à Neufanrwasser , au milieu de la nuit, descend à quatre lieues sur les derrières des Russes , et arrive au village de Bohnsack, occupé par trois mille hommes. Sa marche est si secrète et si rapide , son attaqué si soudaine et si furieuse, que les sentinelles sont égorgées avant d'avoir pu pousser un seul cri, et que la garnison est surprise dans le sommeil | trois cents hommes sont massaerés.

des magasins saccagés, quinze pièces de canon cnclouées, et plusieurs milliers de fusées incendiaires détruites avec leurs baissons. Blessé fie deoi coups de baïonnette, Chatnbure réunissant ses forces, remonte à cheval, ramène sa troupe à travers les bandes de (josauues et rentre a Dantzig à huit heures du matin , après avoir perdd trois hommes seulement.

Pendant l'incendie de la ville, les a.ssiégeaiits s'étaient ejnparés de l'avancée des redoutes de Frioul. Cbam* bure, commandant touSours sss eeiti braves, s'élance dans les {wNssaderi^ tue cent cinquante hommes , et èmmène le reste prisonnier* Plus tai^

une bombe ayant éclaté dâns la chambre de Chaimmro et rayant féreillé, il se lève aussitôt , réunit sa compagnie infernale , se précipite sur la batterie d'où était partie la bombe, tue sur la place quatre- vingts bommes, encloue les canons, et met dans la bouche d*un mortier «ne le^ tre qui est devenue célèbre.

La capitulation de Dantzi^ vint enfin mettre uo terme à tant d'héroïques efforts \ mais Tempereur Alexandre 'relîisa de la ratifier, et exigea que In garnison fût envoyée prisonnière en Russie. Chambure déclara dans le conseil de guerre, où ses brillantes qualités Tavaient fait admettre, quoique son grade de capitaine ne lui en donnât pas l'entrée, que tout homme cnpable d'accepter ces conditions était indigne de porter le nom de Français, et fit la proposition de détruire tous les magasins , d'enciouer les canons , de faire sauter les fortifications , pour ne laisser à l'ennemi que des rumes , se chargeant lui-même de tous les périls de l'exécution , tandis que la garnison tenterait de se jeter dans Birschau , où elle pourrait tenir longtemps encore.

Le général Rapp recula devant tant d*audace : « Ëh bien, s'écria Chamit bure, si cette capîtalatioo honteuse « est signée, je cesse d'être sous les n ordres d'hommes qui sacrifient à « leurs intérêts l'honneur de leur « pays. » La capitulation signée , Chambure porta son épée au prince dé Wurtemberg, qui le fit partir pour Saint-Pétersbourg.

Revenu eu France en 1815 , il fut chargé, pendant les cent jours, d'organiser,dans le département de la Côte> d'Or, un corps franc qui battit en toute rencontre les Autrichiens et les royalistes. Quand il faihit se retirer vers la Loire, Chambures'y rendit suivi d'un petit nombre de oavaKers ; quelques- •uns de ces hommes qui marchaient en avant garde, arrêtèrent deux officiers anglais et les pillèrent; Chambure étant survenu répara de son mieux eette violeiice, et fitrelteher les é^wijers, bîsii fus la oessatiop dei hvfS^

lités n*eût point encore été ofiScielIement prodamée» Tel fut , cependsnl ,

le fait qui servit plus tard de prétexte,

lorsqu'on voulut punir, dans sa personne , l'un des plus nobles modèles de dévouement et de patriotisme. Des eondammftîoiis aux tnrrwi forcés ^ perpétuité, au carcan, à la marque, et bientôt nprès, en 1816, une condamnation a la peine capitale, vinrent frapper le brave officier qui avait voulu empêcher les royalistes du Dou)» dp prendre la cocarde biancbe et de fiiire cause commune avec l'étranger. A cette funeste époque , Chambure s'était réfugié à Bruxelles. Plus tard, 11 revint en France, demanda à purger sa contumace, et fut renvoyé au |)rocureur général ]\ï. Bellart ; « mais , dit-il , quand je voulus y a aller, il me sembla que l'ombre « de Ney se plaçait devant moi « pour m'arrêter. » Il lui fut moins dii'ficile de s'adresser à M. Jacquinot de Pampelune, et enfin, après bien des démarches , il obtint un arrêt qui le couvrit de Famnistie de 1816. Il vécut alors dans la retraite, tout en continuant néanmoins A travailler pour la gloire nationale , et ne revint à Paris qu'après la révolution de 1830 , époque où le maréchal Soult le nonama colonel d'étatmajor, et l'appela auprès de sa personne en qualité de premier officier d'ordonnance. 11 fut enlevé, en 1832, par une attaque de choléra. Chambure avait publié en 1836 et 1837, Napo^ iéon et ses contemporains , suivi de gravures représentant des traits

héroïsme , de générosité , Qtc,^ 12 livraisons in-4% avec texte.

Ghamvobt (Sébastien-Rodi-Nico^ las) était, comme d'Alembert, comme Deliile, un enfant naturel : il ne connut jamais d'autres parents que sa mère, à laquelle il fut toiyours tendrement attaché. H naquit en 1741, dans un village près de Clermont en Auvergne. Un docteur de la faculté de IVavarre , nommé Morabin , ohtint, pour le Jeune rvicolas (tel était le nom primitif de Gbaoïfort) , une bourse au ^lollége dsp Grassiiw. Cest U qu'U ttt

as.

L'UNIVERS

ses premières études , qui, d'abord ne présagèrent pas ce qu'il derait être im Jour. Mais son esprit naturel ue tarda pas à se développer , et il termina ses dasses de la manière la plus brillante. A son entrée dans le monde il prit le nom de Ghamfort , qu'il devait rendre célèbre. Il débuta par quelques articles dans le Journal encyclopédique, et par une collaboration au f^ocabtdaire français. Il remporta le prix de poésie à l'Académie mn- «lise par son ÊjMre don père à son fils sur la naissance (Tun petit-fils.

Les éloges de Molière et de la Fontaine, (^ui obtinrent aussi des palmes académiques , Tun à Paris , Tantre à Marseille; le succès de la Jeune Indienne^ du viarchand de Smyrnej de la tragédie de Mustapha et Zéangir, lui acquirent bientôt une grande réputation, et lui valurent quelques faveurs de la cour. Le prince de Gondé le nomma son secrétaire des commandéments , et, peu de temps après , en 1781, il fut élu membre de l'Académie française, à la place de Sainte-Palaye. Son discours de réception fut un des meilleurs qu*on eât entendus depuis longtemps; mais ce fut le dernier morceau purement littéraire que composa Ghamfort. Il renonça même à écrire pour le public, et se consacra tout entier à la société, dont il faisait les délices par les agréments de son esprit. Ce fut pour une seule personne, madame Elisabeth , qu'il rédigea ce commentaire de la Fontaine, travail dont, suivant ses propres expressions, il ne conserva que les rognures , que Gail a publiées plus tard dans les Trois fabulistes. Le manuscrit complet , qui était dans la bibliothèque de madame Élisabeth , a été détruit on s'est perdu pendant la révolution.

Né avec un caractère ferme et indépendant, Ghamfort n'avait pas attendu 1780 pour invoquer de tous ses vœux une réforme sociale. Il avait contribué pour une grande part à l'éloquent écrit de Mirabeau sur Vordre de Cincinnatus ; et quand la révolution commença , il continua à influer par ses conseils, et quelquefois, plus

directement encore , sur les produc* tiens du grand orateur. Il composa

même tout entier le discours tur la Destruction des académies, que Mirabeau devait lire à la tribune.

Les violences populaires dont Ghamfort avait admis la nécttsité finirent cependant par révolter, son âme. Il cacha trop peu ses sentiments. C'est lui qui traduisait les mots Fraternité ou la mort, inscrits sur les édifices , par ceux-ci : Sois mon frère, ou Je te tue, 11 fut arrêté et conduit aux Madelonneltes. Il en sortit peu de temps après; mais telle était l'horreur qu'il avait conçue pour le séjour des pnsons, que, sur le point d'être arrêté de nouveau , il fit plusieurs tentatives de suicide. Il se blessa fort grièvement; mais on le rappela à la vie, et on lui laissa la liberté. U jouissait du repos , lorsqu'il mourut presque subitement, le 13 avril 1794. Chamfortne fut ni un grand écrivain , ni un grand poète , mais il avait quelques-unes des qualités du poète et de l'écrivain, surtout une pureté soutenue dans le style, et une notable habileté à manier la langue.

Chamier (Daniel), l'un des plus grands théologiens du parti réformé, fut pendant longtemps ministre à Montélimart, sa patrie , puis ensuite à Montpellier, et eut la plus grande part à la rédaction de l'édit de Nantes.

Nommé, en l(îl2, professeur de théologie à Montauban , il se trouvait dans cette ville, lorsqu'elle fut assiégée par Louis XIII. Il déploya alors le plus grand courage , alla exhorter les soldats, partout où il y avait du danger.

Lnliu, il fut tué d'un coup de canon, le 16 octobre 1691.

GHàMiLLARD (Michel de), nommé contrôleur général des finances en 16(99 , à la place de M. de Pontchartrain , et ministre de la guerre en 1701 , en remplacement du marquis de Barbesieux, fils de Lou« vois. C'était au moment où l'Europe allait se coaliser de nouveau contre la France, que Louis XIV confiait à un homme aussi inhabile que Cbmnillard, le double béritage dt

€HA lEAUGE.

CMA 4S7

Louvoif et de Goibert. Le ministre •eenlait sa foiMesse, mais Louis XIV

le rassura par cette parole présomptueuse : Je vous secoiiderai, comme s'il eût pu se passer d*UQ ministre éclairé, et comme si sa main eût été assez puissante pour diriger toutes les affaires. On a prétendu que Cliamillard avait dil l'étonnante faveur dont iljouit pendant dix ans à son adresse au billard ; mais il est absurde de supposer que Loais XIV ait choisi an mmistre pour un motif aussi futile. Le véritable mérite deChamillard c'était d'être honnête liomme et d'avoir plu par sa modestie à madame de Maintenon , alors qu'il était cbar»§ de Saint-Çyr. Mais il n'était ni politique, ni guerrier , ni même homme de finance , et il se laissa toujours diriger par des subalternes. Au reste, madame de Maintenon avoae dans ses lettres que c'était un homme incapable. Elle sacrifiait donc l'intérêt de la France au désir de maintenir son influence sur l'esprit du roi, et dans ce but elle l'entourait d'hommes dont elle ne craignait rien.

On sait tous tes malheurs qui accablèrent la France sous le ministère de Chamillard.Instrumentdes passions de la cour , il éloigna Yillars des armées, renvoya dans les Gévennes combat* tre les Camisards , et opposa Villeroi à Eugène et à Marlborough. Le désordre dans les finances étant devenu extrême , le ministre eut recours à ces expédients qui ne font que pallier le mal et qui augmentent la misère publique. Enfin , cédant au mécontentement général , Chamillard remit le contrôle des finances à Desmarets, en 1708, et, en 1709, la direction de la guerre à Daniel Voisin. Il mourut le 14 avril 1721, à l'âge de soixante et dix ans, emportant la réputation d'un très - mauvais ministre , mais d'un homme honorable dans- la vie pri« ▼ée.

Ghamilly, ancienne seigneurie de Bourgogne, auj. du dép. de Saône-etliOire, a 12 kil. de Châlon-sur-Saône.

Chàmilly ( Noël Bouton , comte de), maréchal de France, naquit à GhamiUy, le eaTrill6M. «Il étoit d'sK-

cellente Camille, dit Saint-Simon, car depuis 1400 les Boutons ont toujouii

servi et aucun d'eux n'a porté robe. » Entré de bonne heure au service, Ghamilly gagna tous ses grades à la pointe de son épée. Dès ses débuts militaires, il prit part aux expéditions les plus aventureuses de l'époque. C'est ainsi que lorsqu'en 1664 le maréchal de Schomberg passa en Portugal avec quatre mille Français, en apparence soudoyés par le roi Jean Iv , mais réellement pavés de l'argent de Louis XIV, Ghamilly l'accompagna en qualité de capitaine de cavalerie, et se distingua a la bataille de Yillaviciosa, dont le suooès contribua tant à affermir sur le trône la famille de Bragance. De même, lorsau'en 1668 Louis XIV envoya sept mille hommes sous les ordres iiu duc de Beaufort , au secours de l*tle de Candie, Ghamilly sollicita comme une faveur de faire partie de cette expédition , et il s'y conduisit encore avec distinction, A son retour en France, il fut nommé inspecteur de l'armée d*Italie, et, quelques années plus tard , il joua un rôle important dans la guerre de Hollande. Nommé en 1075 , gouverneur de Grave, il s'illustra par une ▼igonrense défense de cette petito place que le prince d'Orange assiéeait en personne. Cette défense, gui ura quatre-vingt-treize jours, coûta seize mille hommes à l'ennemi , et si Ghamilly capitula , ce ne fut qu'aux plus honorables conditions et sur les ordres du roi. Louis XIV l'autorisa, en récompense de sa belle conduite, à lui demander une grâce. Ghamilly ne demanda que celle de son ancien colonel qui était à la Bastille. Nommé lieutenant général en 1678, il ne reçut le bAton de inaréciial que vingt-rmq ans après, le dimanche 4 janvier 17Q3.

Il y avait déjà neuf maréchaux ; on en créa alors dix du même coup, dans « la crainte d'en manquer, » dit Saint- Simon. Mais ce n'est ni à Théroïque défense de Grave, ni au bâton de maréchal de France , que Ghamilly doit sa grande célébrité; H la doit en grande partie an bonheur d'avoir été le hé*

»oi des lettm pbttugàkêÊ. fl «taiwnait im jour nae petite ville à la téte de son escadron , pendant qu'il servait en Portugal : de jeunes religieuses étaient venues se placer à Tua See balcons de leur oouf eut pour voir le défllé de la cavalerie francise. L'une d'elles, nommée, à ce qu'on croit, Alcaforada, remarqua Chamilly, connut pour lui une passion des plus vio- Inites, et lui adressa les lettres en question. Les trois ou ||uatre dont l'authenticité paraît certaine , sont ce que l'amour a jamais dicte de plus passionné et de plus éloquent. Mais si ees Lettres montrent jusqu'oii peut s*éleTer l'éloquence naturelle de l'amour,-elles sont, d'un autre coté, la preuve de raveuglement de cette passion. Chamilly était à la vérité grand et assez bien fait, mais il était en même temps fort gros, et si bête, si lourd, qu'a le voir et à l'entendre, non-seulement on ne comprenait pas qu'une femme se fût éprise de lui , nais encore qu*il pût avoir quelque talent pour la guene. S'il fît son chemin malgré son excessive bêtise , c'est qu'il eut le bonheur d'épouser une iemme pleine de sens et a' esprit. Appréciant son mari à sa juste valeur, la comtesse de Chamilly l'accompagnait partout et le suppléait dans toutes ses fonctions sans qu'il y partit. Ce fut elle qui, sous le ministère de Cliamillard, le remit à flot et lui fit enfin obtenir le bâton de maréchal. Du reste Cha* milly se comporta en véritable officier de cavalerie , dans son intrigue <ivcc Ja religieuse. 11 rendit d'abord llanmie pour flamme , puis , au bout de qoeK ques semaines, apprenant la nomination d'un de ses proches au grade de colonel , et voyant là une chance d'avancement , ii demanda à quitter le Portugal, et, de retour en France, il eut l'ii] signe fatuité de montrer à qui les voulut voir, et même de faire traduire et de publier les lettres de sa maîtresse. Chamilly mourut à Paris , le 8 janvier ^715, sans postérité.

Hèrard Bouton f marquis de Cha- MiLtY, frère aîné du marcchnl,s'atta-

€ba dès »9j«uo«s$eau prince (iQ Coadé,

qnll suivit to8toiiHise8iDfrres.Plu9

tard, il Se distingua tellement en Hollande , sous les yeux de Louis XIV, que le roi le nomma son aide de camp, et lui donna assez de place dans sera estime et son amitié pour exciter la jalousie de Louvois. Chamilly devint néanmoins lieutenant général, et il allait être maréchal de France lorsqu'il mourut en 1673., Il laissait un fil^ qui fut ambassadeur en Danemark , do

Chamont ou Chaumond (saint), était fils de Sigonius, préfet de Lyon. Élu évéque de cette ville, vers 653, il fut accusé d'avoir comploté, avec les évêques bourguignons , dans le parti dont saint Léger était le chef. 11 se rendit à Paris pour se justifier auprès d Ébroïu ; mais il fut assassiné, par ordie de ee ministre , à Cbâlon-sur- (aône, le 28 septembre 657. Ce crime a été attribué aussi à la reine Bathilde; mais cette imputation n'est pas vraisemblable. (Voy. Butler , trad.

par Godescard, au 38 septembre.)

ÇHàVoussET ( Claude - Humbert Piarron de ), maître ordinnire de la chambre des comptesde Paris, nédans cette ville, en 1717, mort le 27 avril 1773, consacra, pendant sa vieentièret tous les movens que sa position sociale et sa fortune privée mettaient à sa disposition, pour anjeiiorer le sort des ouvriers et soulager les infirmes, les malades èt les ^uvres. Né dans une classe distinguée, il manifesta dès son enfance les dispositions qui devaient en taire un jour l'un des philanthropes les plus actils et les plus dévoues qui aientjamais existé. Aussitôt qu*il fut mattrs de sa fortune, il transforma sa maison en un hôpital , où étaient accueillis et comblés de soins des malades de tout âge et de tout sexe appartenant à la classe indigente. La, ces malades recevaient gratuitement les secours de la médecine, et à leur sortie il leur était alloue unesommeq'ji les indemnisait du temps que leur maladie leur avait fait perdre, L*entasse* ment dans les hôpitaux publics de malades couchés plusieurs ensemble

dans le laêm ii^ s'e£ù:ii^aieAt

ou

CBA

IhiitiMllNDflirt piff |e speâldèli dêlëâft plaies^ de leur délire et de leur agonie, révolta son âme charitable , et il résolut d'offrir un exemple qui amenât l'administration publique à mettre fia à de tels abus. Il loua à la barrière de Sèvres une maison commode, et il en fit un hôpital-modèle , où chaque malade eut son lit séparé, et où les bons soins , accompagnés de la propreté , eurent pour résultat un grand nombre de luisons. Il eut la satisfaction devoir son enseignement produire des fruits, et l'administration introduire dans les hôpitaux publics le régime auquel il avait soumis sa maison de santé. Cliamottsset eut la première idée de ces associations de secours mutuels si nombreuses aujourd'hui parmi les classes ouvrières , associations ot\ chaque souscripteur, moyennant une cotisation hebdomadaire de peu d'importance , s*assure en cas de maladie, les secours de la science, une indemnité en nature ou en argent, et des funérailles modestes mais décentes en cas de décès. Nommé intendant général des hôpitaux militaires, Chamousset , malgré les devoirs que lui imposa cet emploi, ne discontinua point ses observations sur les difiéréntes parties de l'économie publique, et il est peu d'établissements de bienfaisance créés depuis , qu'il n'ait iadiqués ou dont il n'ait sollicité la fondation avec ardeur. Il proposa l'institution d*une maison de prêt offrant tous les avantages des lombards et des monts-de-piété sans en avoir les inconvénients.C'est sur ses instanceSiCt diaprés ses plans, que fut créée la petite poste de Paris ; et on lui doit la première idée des compagnies d'assurance contre l'incendie. Il publia en outre un grand nombre de mémoires remplis de vues utiles sur les hôpitaux militaires , les enfants abandonnés, Textinction de la mendicité, In poliee des ouvriers et domestiques, le commerce des grains, etc., etc.

Champagne {Campania). — Du temps de. César, cette province était habitée par les TYicasses, les Remi, les Camotmit les Senonu, ki Un»

gtmêii d un^ partie des MdâStn tis Jlemi et les Qitakami étaient Belges ;

tous les autres peuples étaient oe ia Gaule celtique. Sous Honorius , la Champagne était comprise en partie dans la seconde Belgique , en partie dans la quatrième Lyonnaise. Les /Mgones{\e Bassigny) dépendaient de la première Lyonnaise.

A répoqùe de la guerre de César , Mms et Langres étaient de puissatites cités. Langres, assiégé par le coii* quérant romain , fut obligé de capituler, et sa reddition entraîna celle de Reims. Trois siècles plus tardi Constantin le Grand, durant. sqn séjour en Gaule, choisit Langrf« pour résidence* et combattit les Alemans et les 13 urgundes aux portes mêmes de cette ville.

Durant les invasions des barbaiw gui amenèrent la ohute de l'empive

romain, la Champagne eut, comme le reste des Gaules, à souffrir sa part de désolation et de ruines. Dans la terrible invasion d'AttiU » Troyes, suivant les légendes, ne dut son salut qu'aux vertus de Loup, son saint évêque ; et ce fut dans les plaines de Châlons (voy. Chalons [bataille de J) ^ue se donna cette terrible bataille où Attila fut vaincu pour la première fois. Plus tard , quand Clovis envahit la Gaule , il battit aux environs de Soissons Afranius Syagrius, que Grégoire de Tours appelle roi des Romains. On pense que des lors la Champagne fut gouvernée par des comtes et des ducs délégués par les rois francs.

Lors du partage qui suivit la mort de Clovis , la Champagne échut au royaume d*Austrasie. C'est sous le règne de Siçebert qu'on voit paraître le premier duc de Champagne , Loup, qui sous ce prince jouit d'une grande faveur , quMI dut sans doute à Brunehaut; car, dans la lutte de la reine contre les seigneurs austrasiens, Loup perdit son duché , et fut renjplace par Guintrio ou Vintrio. Au septième siècle, on trouve comme ducs les noms de Jean et de Wimar. Au commencement du huitième , Drogon OU Dreux, et Qrimoaidf maire du pa«

CUA L'UNIVERS. CHA

lais de Childebert II, tous deux fils de Pépin d'Héristal , furent ducs de Champagne. Grimoald ayant été assassiné, son fils naturel, Théobald, âgé de six ans, fut mîs à sa place par Pépin ; mais Carloman et Pépin le Bief le firent mourir en 743.

Les ducs de Champagne finissent avec la première race , et Ton ne sait pas au juste oomment cette proYinee nit gouTernée durant les deux siècles suivants.

Comtes de Champagne de la maiion

de ï'ermandois.

Herbert ou Héribert, comte de Vermandois , doit être placé à la tête des comtes héréditaires de Champagne. U mourut Tan 943.

Son troisième fils, Robert, lu! succéda. Il étendit son autorité sur le Soissonnais, et obtint dans la succèsaioii de son bean*père Gisetbert , duc de Boufgogne , le comté de Chftions.

Il mourut en 968.

Herbert II fut confirmé dons la possession du comte de Champagne et mourut en 998.

Étietme /^r , son fils , mourut sans enfants vers 1030, et avec lui s'éteignit la race des premiers comtes de Champagne.

Comtes de Champagne de la maison de bIoU.

A la mort d'Étienne, Eudes H, quatrième comte de Blois , qui était son phis proche parent, lui .snrréda. Il fut tué en 1037 , dans une bataille contre l'empereur Conrad le Salique.

ÈHmne H, son fils aine, s'engagea dans de longues guerres contre Henri I^f , roi de France. A sa mort, son frère Thibaut I"" , comte de Klois , s'empara de ses Etats au préjudice .d*Eudes , fils du défunt, et posséda simultanément les deux comtés jus^ qu'en 1080, époque de sa mort.

Hugues /fi", son lils aîné, mourut en terre sainte, on ne aait en quelle année.

Thibaut //, septième comte de Blois, réunit le comté de Champagne à celui de Blois , par la cession que lui eu lit Hugues I"" son oncle. En 1141 I il lit hommage au duc de Bour-

gogne, pour le comté de Troves et

ses autres fiefs qui relevaient de ceduelle de la même année, il lit la paix avec le roi de France, contre lequel il guerroyait depuis plusieurs années.

Il mourut en iiô3. Sa mémoire fut longtemps en grand honneur à Troyes, qui lui doit ses premiers établissements d'utilité publique, ses manufactures et son commerce. Ce fut lui ^ui,

Sour la commodité des manufacturiers c cette ville, partagea la Seine en mille petits canaux qui portaient les eaux daub tous les ateliers.

HenH /» , fils aîné de Thibaut, lui succéda. !N'étant encore que comte de Meaux, i! nvait accompagné Louis VIT en Palestine, et s'y était distingué parmi les plus braves compagnons du monarque. Devenu comte de Champagne , il prit la qualité de comte Palatin , affectée à l'aîné de sa maison, et rendit foi et hommage au roi de France , avec lequel il vécut dans une mtimité dont il abusa quelquefois. En 1178 il se croisa de nouveau pour la terre sainte, et partit l'année suivante avec Pierre de Courtenay, frère du roi et pluiiieurs autres seigneurs. En revenant par TAsie Mineure et llllyrie, il tomba, en 1180, dans une embuscade, et fut fait prisonnier. Il fut délivré par l'intermédiaire de l'empereur grec , et mourut à Troyes en 1181, sept jours après son retour.

Henri //. dit le Jeune ^ s'allia en 1183 avec Philippe, comte de Flandre, contre Philippe-Auguste. En 1190, accompagné de Jacques d'Avènes, il s'embarqua pour la terre sainte, où il fut reçu avec de grands honneurs.

Deux ans après, Richard Cœur de Lion le nomma roi de Jérusalem , du consentement de tous les seigneurs.

En 1197, il tomba d'une fenêtre de son palais d*Acre et se tua. U eut son frère pour successeur.

Thibaut III fit, en 1198, hommage lige de ia ville de Melua à Philippe-Auguste. Le roi, de son côté, s'engagea à le défendre contre toute créature qui peut invre et mourir.

Lorsque Foulques de Neuilly vint, en 1199, prêcher uue nouveUe croisade

CHA

au château d'Écri , où le comte de Champagne donnait une fête magniûque , ceiui-ci, et tous les seigneurs qui se trouvaient à rassemblée, prirent suivle-champ la croix. Thibaut , quoi- (jue à peine âgé de vingt-trois ans, fut elu Tannée suivante généralissime de cette expédition. Mais, au moment de partir, il tomba malade. Il était au lit

3uand arriva Geoffrot de Ville-Harouin, maréchal de Champagne, qu*on avait envoyé à Venise pour traiter avec le doge et la sei|2;neurie de rembarquement des croisés. Le comte ayant appris de lui le succès de la négociation, se mit de suite en route.

<i Mais quand il et un pou allé, si re- « tourna, sa maladie li enforca. Il û&t « son testament et commanda qu'on « payast ses chevaliers et si com che- « valier recevroit Tavoir, que il jurast « l'ost de Venise à tenir ; le reraanant « commanda de partir en Test. » Il mourut peu après , le 24 mai 1901.

Son épouse, Blanche de Navarre, était enceinte; elle donna le jour à un fils qui fut Thibaut IV, surnommé le Posthume.

Tout porte à croire que iMnaUIf^ ne prit guère qu*à Tâge de vingt ans Vadministration de ses États ; jusquelà, ils furent habilement gouvernés par sa mère , Blanche de Isuvarre.

Après une lutte qui dura plusieurs années, Érard de Brienne ou de Rameru,

3ui prétendait avoir des droits du chef e sa femme au comté de Chanipa-

S ne, renonça à ses prétentious. Il céda Thibaut î du consentement de sa femme, les comtés de Champagne et de Brie, et Thibaut donna en retour à Érard douze cents livrées de terre en fief lige, a quatre mille livres, monnaie de Provins.

« En 1221, dégagé de la tutelle maternelle, Thibaut le Posthume commence cette existence chevaleresaue qui a rendu son nom si populaire, aes amours avec la reine Blanche de Castille sont devenues un des plus po^ques épisodes de l'histoire de Franre.

Le roman s'ouvre en 1226 ; Louis Vlll est parti avec lejeune comte de Champagne pour vm croisade contre Ici

Albigeois , les troupes royales ont pris et saccagé Avignon , et le roi s'est retiré au château de Montpensier , pour se garantir d*une affreuse contagion

3ui désole Tarmée. Thibaut , au bout e ses quarante jours de service obligé, demande à se retirer, et, sur le refus du roi, déclare qu'il usera de son droit et partira malgré lui. Louis a bna menacer, s'il le fait, de mettre en ftn tous ses domaines^ le comte s'éloigne; et, quelque temps après, on annonce à l'armée la mort du roi. « Le bruit courut, disent les cbroniques, que Thibaut lui avoit fait donner un poison à cause de la reine qu'il aimoit criminellement d'une passion charnelle. » Quoi qu'il en soit, lorsque Thibaut voulut se rendre à Reims pour le couronnement du jeune roi Louis IX , Blanche de Castille lui fit fermer l'entrée de la ville et en fît ciiasser ses gens. Cet affront dut irriter profondément le comte de Champagne , qui forma aussitôt contre la régente une ligue for- ^nidable avec Ilui^ues , comte de la Marche, et Pierre de Dreux, comte de Bretagne, surnommé Mauclere. Mais le roi leva promptement une armée , et marcha contre les barons rebelles jusqu'à la Charrière de Curçay. Soit que cette puissance et cette activité e& irayassent Thibaut, soit qu'il se repentît de s*étre aliéné celle qu^il aimait malgré sa dureté, il se rendit près de Louis et lui fit sa soumission. Un peu plus tard, les autres rebelles furent aussi reçus à pardon ; mais ils ne pardonnèrent pas à celui qui , le premier , avait fait défection, et ils suscitèrent contre lui Alix , reine de Clry pre , fille de Henri II , qui prétendait, comme sa sœur Philippe, an comté de Champagne et de Brie. Cependant , un raccommodement avait été opéré, et l'on était convenu que le comte Thibaut épouserait Yolande, fille du duc de Bretagne, dont on vantait la richesse et la beauté. Au jour marqué, le père, la jeune fille et tous ses parents attendirent en vain le comte de Champagne à Tabbaye de Val-Se*

ciet I où devait se foire le mazisge:

une lettre de la reine avait êu sdr Thibaut assez d'influence pour le faire manquer à sa parole , et le décider à rebrousser chemin jusqu'à Châteauirhienry.

> • lia ligue projetée avee Thibaut se forma, malgré sa défection, mais elle se tourna contre lui (1230). Les barons, indignés, entrèrent sur ses terra et s'avancèrent jusqu'à Ihrovins.

L'intervention du roi , qui parut à la téte d'une troupe nombreuse, força l'armée ennemie de quitter la Champagne ; mais il y eut encore bien des combets, bien des dévastations, avant que les haines fussent satisfaites. Le duc (le Bretagne et les Anglais , que les confédérés avaient fait entrer dans leur parti, et qui étaient descendus en France, conclurent une trive de trois ans avec Louis IX. Trois des plus puissants ennemis du comte de Champagne , rnrchevéque de Lvon, Robert, comte de Dreux , et Philippe , comte de Boulogne, fils dePhîiippe-Âugaste, moururent presque en même temps.

Enfin la reine de Chypre , Alix , renonça, en 1234 , au comté de Champagne et de Brie, moyeunaut quarante mCÔe livres tournois et deux mille Ifirrées de terre que Thibaut lui assigna sur ses domaines. Le roi approuva le traite fait avec la fille de Henri II, et ce fut lui qui paya les quarante mille ;Pvres tournois convenues , en retour desquelles Thibaut lui vendit ses fiefs des comtés de Clinrtres et de Blois, de Soncerre et de la vicointé de Chdteaudun, avec leurs appartenances.

« A la fin du traité, Thibaut est appelé roi de Navarre. Sanche le Fort, son oncle, lui avait destiné cette couronne. Après la mort de Sanche, le comte de Champagne fut couronné roi de Navarre le 7 mai 1234. Il trouva dans le trésor dix-sept cent mille livres ; et le pape Grégoire IX écrivit, en 123,3, pour empêcher la ligue de quelques seigneurs de Navarre contre Thibaut , qui avait pris la Croix , et la querelle fiit étouffée.

« Cependant Thibaut était abreuvé d'outraçes à In cour de Louis IX. Le comte d'Artois lui faisait jeter uu fro-

mage mou att visage par ses valetd,

sans que le roi voulût même infliger une punition aux coupables. « Jamais, dit Philippe Mouskes, on n'avait vu mener ainsi un roi et un comte. »

Thibaut songea enfin à se venger ; il fit épouser sa fille à Jean , fils du duc de Bretagne, puis il se ligua contre le roi avec le duc lui-ipéme , le comte de la Marche et plusieurs antres seigneurs. Mais il ne fallut qu'une démonstration de guerre de la part de Louis IX et une lettre de sa mère pour arrêter le versatile comte de Champagne, et l*amener à céder, pour

fiayer les frais d*armement fiilts par e roi, MoAtereaa et Bray-sur- Seine (*). »

£n 1239, on décoqvrit des Albigeois en Cliam pagne. Leur procès fut promptement instruit, et, sur leurs aveux , leur condamnation fut prononcée. Cent quatre-vingt-trois hérétiques furent brûlés vifs au mont Aimé, près Vertus , et Thibaut , accompagné d'une fOule immense , assista à cette tragique exécution. En 1239, il s'embarqua ù Marseille pour la terre sainte, et eu revint vers la fin de l'année suivante, A son retour • il accorda à ^a ville de TroyCS des lettres d'afhradchissement , par lesquelles il lui permettait de s'ériger en commune. En 1241 , il fit hommage au duc de Bourgogne pour le comté de Troyes , et mourut le 10 juillet 1253, âgé de cinquante-trois ans. La question de son amour pour la reine IJlanche a été longuement et diversement traitée par plusieurs auteurs. La Ravallière, dans son introduction aux poésies de Thibaut, s'est prononcé pour la négative; mais son opinion n'est pas généralenîeut adoptée. Le roi de Navarre était un habile trouvère ; et , suivant la chronique de Saint-Denis , ses chansons «Turent les plus délitables et les « plus mélodieuses qui oncques furent « oyes en chançons et en vielle ; et les

(*} Extrait d'iiu ouvrage plein de recherches savantes et curieuses sur la provinee

de Champa^e , publié en 1840 , par M. Félix liourquelot, sous le litre modeslo à'MUtoire dê Provins 1 1. I( p* 1O4 et suir*

.è igt eflcrirew sa sale de Provins et

« en celle de Troyes , et sont appelées « les chançons au roy de Navarre. »> Dante traite Thibaut d'excellent tyiaitre en poésie, « £n effet, dit M. Bourauetot (*), pour ceux qui ont étudié la langue des trouvères au treizième siècle, les chansons du poète champenois sont des morceaux pleins de charmes.

Peu de pensées, mais beaucoup de douteur, une grande délicatesse de sentiments , et quelquefois de la passion assez chaudement exprimée, tels sont les caractères de ces curieuses productions. »

Thibaut f^dUie Jeune n'avait ^ue treize ans lorsqu'il succéda à son père. Dix-sept ans après, il suivit saint Louis dans sa dernière croisade, et mourut la même année que le roi de France, à Xrapani en Sîcue.

Son frère, Henri III, fut aussi roi de Navarre. Il mourut en 1274.

Après lui , sa fille Jeanne prit possession du royaume de Navarre et du eomté 41e Cbampagne, soub la tade Blanche sa mère, qu\i après avoir réprimé quelques mouvements en Navarre, épousa, en 1275, Edmond , second fils de Henri lli , roi d'Angleterre. Cette alliance Qt prendre à ce prince le titre de comte de CliaïQi* pagrie jusqu'à la majorité de Jeanne.

Le 16 août 1284, Jeanne épousa Plu-!

lippe le Bel , qui devint roi de France Tannée suirante ; mais elle resta prot priétaire des biens qu'elle avait apportés en dot. Piiilippc le Bel ne prit point les titres de roi de Navarre, de comte de Champagne et de Brie. Lorsqu'il donna quelques ordonnances cni quelques chartes qui devaient avoir leur exéeutiou dans la Champagne ou dans la Brie , il y mentionnait le consentement de sa chère compagne, et à la fin de l'acte t Jeanne, par la grâce de Dieu , reine de France et de I9avarre, comtesse palatine de Champagne et de Brie, en approuvait le contenu, et y mettait son sceau après celui du roi,

Louis le HuUn suecéda à m màre

dans le royaume de l^vim^ et le

comté de Champagne et Qp Brie, ij mourut en 1316, ayant eu de Marguerite de Bourgogne une fille nommée Jeanne, e( laissant enceinte Clémence, sa secoiade &mmé. aon frère Philippe le Long conclut, le 17 juillet 1316, avec Eudes, duc de Bourgogne, au nom de Jeanne, leur nièce conmiune, un traité par leauel il fut stipulé que, dans le cas où la reine Clémence accoucherait d'une fille , cette fille et Jeanne, ou l'une des deux, si l'autre venait à mourir, auraient en héritage, lorsqu'elles seraient en âge d'être mariées , le royaume de Navarre et les comtés de Champagne et de Brie, sauf ce qui revenait de droit à Philippe lè Long et à son frère Charles le Bel pour la succession de Jeanne de Navarrct Isur mère.

La reine Clémence étant accouchée d'un fils gui ne vécut que quelques jours , Philippe le Long , devenu roi , lit un secoua traité, le 27 mars 1317, avec le même duc de Bourgogne stipulant pour sa nièce. Il fut convenu que si le roi venait à mourir sans enfants mâles, les comtés de Champagne el de Brie appartiendraient à la princesse Jeanne en propriété ; et que si elle itioorait sans héritiers, ces comtés xe» tourneraient à la couronne. Le roi promit à sa nièce, par le même acte, en tonue de dédomma|;ement , quinze cents Ijvres de rentes en domaines, e^ cinquante QiIUe livres à placer en héritage qui lui seraient propres.

Cependant Philipj)e le Long étant mort saus laisser de postérité, )es conv tés de Champai^ne et de Brie ne furent pas restitués a Jeanne de France, reine de Navarre , mariée alors au comte d'Évreux. Charles le Bel et Philippe de Valois en conservèrent la posi> session par deux traités conclus en 1327 et en 1333. Par le dernier, le roi et la reine de Navarre cédèrent à Philippe de Valois leurs droits sur les comtés de Champagne et de Bric, moyennant des rentes de cinq mille livres, de trois mille livres et ue sep. mille livres sur différents domaines

qu'ils tiendraient de la couronne^ ei)

444 CHA L'UNIVERS. CHA

baronnie et pairie , et à foi et hommage. Ainsi fut consommée la réunion de ces deux pays à la couronne , réunion qui devint irrévocable par les lettres que le roi Jean donna en 1861. Ce prince défendit en effet alors à . son fils de jamais les en distraire, non plus que quelques autres provinces qu'il y réunissait. Il voulut même que les rois, en montant sur le trône , jurassent robservatioD de cette loi.

La Champagne était bornée au nord par le pays de Liège et le Hainaut nançais , au sud par la Bourgogne , à rèst par le duché de Bar, le Touiois et la Lorraine, à l'ouest par la Brie, qui , au quatorzième siècle , fut comprise dans la province, et qui confinait avec rile-de-Franoe.

Elle se divisait en huit parties, savoir :

1° La Champagne proprement dite y comprenant les villes de Troyes, Chalons, Ste-Menehould , Épernay, Vertus ; 2« \^ Rémois, comprenant : Reims, Rocroy, Fismes, Château-Portien ; V le Rethelois , comprenant : Rethel , Mézières, Charleville, Donchery; 4° le Perthois, comprenant; Vitry-le-Français , Saint-Disier ; 5«* le FaUage , comprenant : Joinvitle, Bar-sur-Âube, Arcis-sur-Aube, Vassy ; 6" le Bassîgny , comprenant : Lnngres , Chaumont , Montigny-le-lloi , Andelot, Grand ; T le Sénonais, comprenant:

Sens, Joigny, Tonnerre, Ghably; 8* la Brie champenoise , comprenant :

Meaux , Provins , Cliàteau-Thierry , Sezanne, Couiommiers, Montereaufaut-Tonne, Bray-sur-Seine.

Le gouvernement de Champagne et Brie était Ttm des douze grands gouvernements -du royaume. Il rentermait deux archevêchés : Reims et Sens ; quatre évéchés : Langres , Chfllons, Troyes et Meaux ; et, de plus, un grand nombre d'abbaves, dont la plus célèbre était relie de Clairvaux.

Le revenu du clergé était estimé à quatre millions et demi de rente annuelle.

Le grand prieuré de Champagne, de l'ordre de Malte, était divise en i|uiiize commaaderies pour les cheva-

liers , et cinq commanderies pour leg chapelains et servants d'armes. Ses revenus s'élevaient à cent quarante-trois mille sept cent quatre-vingt-quatre li- Très.

Toute la Champagne était, ainsi qoe la Brie, du ressort du parlement, de la chambre des comptes et de la cour des aides de Paris. Son gouvernement renfermait neof bailliages et sièges présidiaux, et sa généralité, douze élections.

La Champagne était régie par diverses coutumes : celles de Troyes, de Meaux et de Chaumont étaient remarquables par un usage singulier. Nous voulons parler de la noblesse de ventre , c'est-à-dire de la noblesse que les femmes pouvaient transmettre. Ce privilège fut , si Ton veut en croire quelques auteurs, accordé aux Champenoig par Charles le Chauve après la bataille de Fontenay, où la plus grande partie de la noblesse de Champagne avait péri. Quoi qu'il en soit, voici comment a cet égara s'exprime la coutume de Troyes : « Entre les rivières d'Aube « et de Marne, le fruit ensuit le ven- « tre et la condition d'icelui , excepté « quand l'un des conjoints est noble, « auquel cas le fruit ensuit le côté no- « ble , si suivre le veut. »

On appelait bourgeois du roi en Champagne les roturiers qui demeuraient dans les ressorts du bailliage de la prévdté de Troyes ou dans la terre d*un seigneur haut justicier qui n*avalt pas de droits féodaux.

La Champagne forme aujourd'hui les départements de la Marne , de la Haute-Marne, de TAube et des Ardennés , et une partie des départements de l'Yonne , de l'Aisne , de Seioe-et- Marne et de la Meuse.

Champagne (campagnes de). (Voy.

pour celle de 1792 l'article Abgomne , et pour celles de 1814 à 1815 l'article France (campagnes de).

Champagne (Philippe de), peintre d'histoire, naquit à Bruxelles le 2G mai 1603. Il montra de bonne heure une forte inclination pour la peinture , et sut dessiner longtemp^^ avant de pouvoir écrire. Sou premier maître fut un

CflA .FRANGE^ OA i4i

artiste médiocre , nommé Jeân Bouillon; il étudia ensuite sons Bficbel de

Bourdeaux , et apprit enfin le paysage à récole de Jacques Fouquière. Venu à Paris , en 162i , il s'y lia d'amitié avec le Poussin, et peu de temps après ils furent tons deux employés par Marie de Médicis , qui faisait alors peindre au Luxembourg. Duchesne , premier peintre de la reine, et qui était chargé des travaux , lit taire à Champagne quelques tableaux, dont Maugis, intendant des bâtiments , fut si satisfait , que Duchesne en devint jaloux.

Champagne crut alors devoir repartir pour Bruxelles. Mais en 1628 , Duchesne étant mort , il revint à Paris sur les instances de Maugis, qui lui fit donner une pension de douze cents livres et la continuation des travaux du Luxembourg , où il Gt en effet quelques plafonds. C'est à la même époque qu'il peignit dans la vOÛte de régiise des carmélites de la rue Saint* Jacques , un Crucifix que l'on regardait comme un chef-d'œuvre de perspective. En 1634 , il fit, par ordre de Louis Xni, un tableau*représentant la Tenue du chapitre de fordre du Saint - Esprit à Fontainebleau en 1633; ce tableau fut placé dans l'église des Augustins. Louis XIII lui commanda aussi dans le même temps, pour I>}.-D., un tableau où il était représenté à genoux devant le Christ, en commémoration du vœu qu'il avait fait en 1630. £n 1636, le cardinal de Eicbelîeu lui fit peindre dans son palais(le Palais-Royal) l'un des c6tés(*) de la galerie des hommes illustres, un plafond représentant Apollon dominant sur les arts,ei nlusieurs tableaux à sa maison de Ruel : on signale surtout la Descente de Croix qui fut placée dans la chapelle du château. XI fit ensuite les peintures du dôme de la Sorbonne. Ces peintures représentent le Père éternel et les quatre Docieurs de f Église, Ce fut alors au'ayant perdu son fils unique , il fit venir de Bruxelles son neveu Jean - Baptiste de Champagne, qui devint son

Ç) Oa ft« Tenet qui peigiiî| fmUn eôti.

élève et fut l'héritier de ses talents. Après les peintures de la Sorbonne^

Il peignit une NatioUi de la Fierge

et une Présentation^ qui furent exécutées en tapisseries ; une Assomption ^ un Saint Germain et un Saint Fîneentpcm réf^tse de Saint-Germala TAuxerrois ; une Annonciation pour le noviciat des jésuites du faubourg Saint-Germain ; une autre pour la chapelle de rbôtel de Chavigny à Paris ; une NaiMté pour la cathédrale de Rouen; la Gtterison du Paralytique pour l'hôpital de Pontoise; la Vision de saint Bruno pour la chartreuse de Gaillon. Anne d'Autriche le chargea de travaux considérables au Val-de- Grftce : il y peignit les reines et les In»pératrices qui ont été en réputation de sainteté, la / ie de saint Benoit et la Madeleine aux pieds du Sauveur ^ etc. Il fit pour le couvent des bernardins de Port>Royal une Cène et une Samaritaine; pour la maison de ville de Paris, trois tableaux où étaient représentés les magistrats de la ville. Il alla à Bruxelles, en 1661, et y fit pour l'arcbiduc Léopold Âdam et Ève pleurant la mort d^Abel. A son re* tour , il fit pour Saint - Gervais les trois tableaux (aujourd'hui placés au Louvre et au musée de Lyon) qui représentent Tapparition de saint Ger^ vais et de saint Protais a saint km* broise, l'invention des reliques de oes saints, et leur translation.

Il peignit ensuite, en 1659, avec son neveu, run des appartements du château de Vincennes, oii il représenta la paix des Pyrénées et le mariage du roi. Puis il fit un Christ donnant les clefs à saint Pierre et une Assomption pour la cathédrale de Soissons ; un Crwsffix pour Téglise de Sainte-Croix de la Bretonncrie; une Présentation pour l'église de Saint -Honoré; une nativité de Notre - Seigneur et une Assomption pour les PP. de l'Oratoire ; Jisiu - ChiriU délivrant Isa ùimes du purgatoire et Saint Pierre délivré de prison pour les jésuites de la rue Saint-Antoine ; une / ierge de pitié pour Sainte - Opportune ; /éf«f-

ChrUt dmu le temple aumUteuékê

LtfMVBM.

docteurs pouï les chartreux ; le Songe de Joseph pour les minimés de la

itiace Royale; on Jitge paretten pour 'église des Incurables ; Saint Joseph et sainte Geneviève pour Saint-Séverin ; le Martyre de sainte Agathe pour Saint-Merry. Il travailla en 16G6, toujbui'9 Avée'son neyeu, à Tapt^arte* ment du dauphin aux Tuileries, où il fit son tableau de VÉducation d Achille.

Enfin il fit, en IG/l , son dernier ouvrage, le Portrait du président de Kxmoiqnon.

Philippe de Champagne excellaitdans les portraits; il en a fait plusieurs de Louis XIII , de Louis XIV enfant, d'Anne d'Autriche, de Richelieu, de màzafin , dé Golbert , do chancelier Séguier , etc. Il fut le premier membre élu de l'Académie de peinturp, et donna pour son morceau de réception Saint Philippe en inéditai ion. En 1€65, il fût nommé professeur , puis vecteur. Cet artiste ne fut pas un peintre de génie, et pourtant ce fut un grand peintre. Il dessinait fort bien, imitait avec exactitude la nature, savait la choisir belle, mais ne pooTaît s'élever jusqu'à TidéaUl était tres-versé dans toutes lessrienccs qui touchent à la peinture; et ses compositions sont en efletbicn plus savantes que poétiques; «Iles sont irréprochables , mais n'entraînent pas. Les musées du Louvre et de Versailles , la galerie du Palaislloyal , Fontainebleau , possèdent un firand nombre de ses oeuvres. Il mourut le 13 aodt 1674.

Son neveu, Jéaa-Baptiste de Cham- ■pAO^K, ou Champagne le neveu, peintre d'histoire comme lui , naquit à Bruxelles en 1631. Il fut appelé à Paris à l*âse de onze ans par son oncle, dont il devint Téiève. En 1658, il alla en Italie, et à son retour il aida Philippe de Champagne dans tous les travaux que ce dernier lit à Vincenues.

11 se rendit ensuite à Broxelles oà il rieignit divers tableaux ; et, en 1668, lorsqu'il revint à Paris , il fut reçu ncadémieien sur son tableau de la faleur sous Lajigure d'Hercule couronné par la f^erhL II peignit cnaulte au .W-dMrfti» ta dttOMoofota d§ la

chapelle du Saint-Sacrement. En 1667, il fit le tableau du may de Notre-Dame, et y représenta saint Pàul lapidé pof les juifs. Son oncle le chargea, l'année suivante, de décorer l'appartement du dauphin aux Tuileries, ne se réservant que le plafond , où il représenta^ ainsi 4^ nooB Tavons dit, Teducatioa d'Achille. Louis XIV l'employa ensuite à Versailles, où il peignit un Mer* cnre , divers sujets relatifs à l'histoire des lettres et des arts dans un plafond, et toute la 'Chapelle de la reine. Il fit ensuite , pour rabbaye de Saint-Antoine des Champs, une Apparition du Sauveur à ta Madeleine» il mourut ie 27 octobre 1681.

' CHAHPAairrfJean-BaptisteNompère de), duc de Gatfore , naquit à Roanne en 1756. Sa mère était sœur de l'abbé Terray ; et , par la protection de ce ministre , Champagny obtint une bourse an eollége de la Flèche. En sortant de ce collège , Il fut'adnn's à Técole milit tnire de Paris, et entra dans la marine. IVommé, dès 1775, enseigne de vaisseau, il parvint, eu 1780, au grade de lieotenant de Taisseao , et Ait finit major six ans après. Il comptait alors neuf campagnes , et avait assisté à cinq combats. Une blessure gravequ'il reçut à celui du V2 avril 1782 lui valot la croix de Saint-Lonis.

Élu dépoté aux états généraux par la noblesse de bailliage de Montbrison, il fit partie de la minorité de son ordre qui se réunit au tiers état sur la question du vote par tête. Il fat cependant du petit nombre des nobles qui protestèrent contre l'abolition des titres hcré^ ditaires, lors de la révision de l'acte constitutionnel du 8 août 1791. Pendant les trois années de la session , constamment occupé des utiles fonctions de rapporteur du comité de la marine, il ne se fit remarquer que par le succès de sa défense du comte d'Albert de Hivers , officier général aous les ordres duquel il avait servi.

Arrêté comme noble en 1793, il fut incarcéré et ne recouvra sa liberté qu'après le 9 tliermidor. Quand Bonaparte, après le 18 brumaire, voulut .)«l«r hm tedamtots li i|pi|^6

tttA FRANCE

monarchie, il rechercha de préférence les hommes qui avaient renoncé" aux traditions révolutionnaires , et s'empressa d'appeler Champagny au conseil d'État. Orateur du gouvernement au Corps législatif et auTribunat, Champagny montra dans ses discours, toujours fort habiles, un dévouement absolu au pouvoir consulaire ; aussi fut-il nommé , en juillet 1801 , ambassadeur à la cour de Vienne , où la noblesse , la douceur et la réserve de ses manières firent accueillir très-favorablement le gentilhomme représentant de la républinue.

Le premier acte au nouvel ambassadeur avait été de prescrire aux personnes de sa suite la plus grande circonspection politi(|ue , et de leur défendre d'affecter des sentiments révolutionnaires. IlétaitencoreàVienne, lorsque ISapoléon le nomma ministre de rinlérieur (aoiU 1804), en remplacement de Chaplal.nans son expose de la situation de l'empire , on remarquait ces mots, qui peuvent donner une idée de sa féconde adulation : «On a re- « connu enfin, dit-il, qu'il n'y avait de « salut pour les grandes nations que « dans le pouvoir héréditaire, que seul « il assurait leur vie politique, et em- « brassait dans sa durée les générations « et les siècles. Le sénat a été, comme « il devait l'être, l'organe de l'inquié- « tude commune ; bientôt a éclaté ce « vœu d'hérédité qui était dans tous les « cœurs vraiment français ; il a été pro- « clamé par les collèges électoraux, par o les armées. Le conseil d'État , les « magistrats, les hommes les plus éclai- « rés, ont été consultés , et leur ré- « ponse a été unanime... Napoléon a « voulu rendre à la France ses formes « antiques, rappeler parmi nous ces « institutions que la Divinité semble ff avoir inspirées, et imprimer au com- « mcncement de son règne le sceau « de la religion même. »

Le 10 août 1807, Champagny fut appelé au ministère des relations extérieures , en remplacement de Talleyrand, nui avait encouru alors ]a disgrâce de l'empereur. Le projet d'occuper le Portugal et l'Es-

pagne, et de détrôner la dynastie de Philippe V, le trouva tout disposé à justifier et à seconder les vues de l'empereur , et ses actes officiels dans cette occasion, comme dans les démêlés avec le pape , témoignent de son entière docilité. Devenu duc de Cadore, il fit partie de la célèbre réunion de diplomates tenue à Erfurth en octobre 1808.

En 1809 , la guerre étant devenue imminente avec T Autriche, Cham« pagny eut avec M. de Metternich un entretien dont il communiqua les résultats au sénat , en y joignant une dépêche qu'il avait adressée, le 16 août 1808, au général Andréossy, ambassadeur à Vienne, ainsi que ses divers rapports à l'empereur, et la séance se termina par un sénatus-consulte qui ordonna la levée de quarante mille conscrits. Il suivit ensuite Napoléon dans la rapide et brillante campagne de 1809, et contribua à la conclusion du traité de Vienne, qui amena le mariage de l'empereur avec l'archiduchesse Marie-Louise.lVIalgré ses services, ses adulations et son zèle, le duc de Cadore perdit en 1811 ]e portefeuille des relations extérieures , pour n'avoir pas compris , dit-on, la politique de Napoléon à l'égard de la Russie. Afin qu'il ne parût pas cependant avoir encouru une disgrâce complète, on le nomma intendant de la couronne, grand maître de l'ordre de la Réunion, et enfin sénateur, le 5 avril 1813. Il était mini>tre secré« taire d'État de la régence , et commandait en chef une légion de la garde nationale parisienne,1or8 de l'invasion des étrangers en 1814. Il adhéra , le 14 avril , à la déchéance du prince auquel il avait montré tant de dévouenient,et fut appelé,par une ordonnance du roi , à faire partie de la chambre des pairs. Au retour de Napoléon, ea 1815, il n'en reprit pas moins l'intendance des domaines de la couronne, et accepta la pairie impériale. Apres la seconde restauration, il rentra dans la vie privée. M. Decaze le comprit , en 1819, dans la fournée qui devait rendre ta majorité au iniDistère. Aprèl

44ft CBà LDinvEas. ou

les éféaenwntf de 1880; Il prêta serment au nouveau gouvernement, et vota constamment avec le centre droit.

Il a terminé sa carrière en 1834.

Ghâmpabt, terme usité autrefois dans plusieurs coutumes et proviooes pour exprimer une redevance qui consistait en une certaine portion des fruits de l'héritage pour lequel elle était *due. Ce mot vient du iatîit eampi pars ou campi partusy d*où l'on a formé dans les anciens titres latins les mots campars, campipartum, campartium, campartum, camparckis , camparius , campipertio.

(Voy. du Can^e,aux mots Gampipabs) .

En français, ce droit recevait aussi différents noms : en quelques lieux, on l'appelait terrage ou agrier; en d'autres, on l'appelait tasque ou tâche j droU de 91101^ ou de elnquoSn^ neuvième vingtain, etc.

Ce droit avait lieu en différentes provinces, tant des pays coutumiers que des pays de droit écrit. En quelques, enaroits, il était fondé sur la coutume , les statuts ou les usages du lieu; en d'autres, il dépendait des titrès.

• Il V avait trois sortes de champarts : on distinguait d*abord le ehampart

seigneurial, qui tenait lieu de cens, et était drt in recognitionem dominii; on donnait aussi ce nom à une redevance semblable au surceus ou rente seigneuriale; enfin le ehampart non seigneulial àait celui çpi consistait dans une redevance foncière due au propriétaire ou bailleur de fonds, dont l'héritage avait été donné à cette condition.

Le plus ancien règlement que Ton trouve sur le droit de ehampart se trouve dans des lettres de Louis le Gros, de l'an 1119, accordées aux habitants du lieu nommé Angere régis, aue Secousse croit être Anger- ▼ille dans l'Orléanais. D'après ces lettres les habitants de ce lieu devaient payer au roi un cens annuel en argent pour les terres qu'ils possédaient. Ces lettres furent confirmées par Charles VI, le 4 novembre 1391.

La dîme, soit ecclésiastique, soit in- |6odée , se percevait avant le ehampart ;

et le aeigneiHr ne prenait le ehampart '

que sur ce qui restait après la dîme prélevée; c'est-à-dire que, pour (ixer le ehampart, on ne comptait point les gerbes enlevées pour la dlme.

La quotité de ce droit dépendait de l'usase (lu lieu, et plus encore des titres.Les coutumes (Je Montargis, de Berri et de Vatan le fixaient à la douzième gerbe, s'il n'y avait convention contraire; cdiede Dovine à la dixième gerbe. Dans certains lieux il était encore plus fort : quelques seigneurs en Poitou percevaient de douze gerbes deux, et même trois. Dans les provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais, il était ordinairement du quart ou du cinquième des fruits; c'est pourquoi ou l'appelait droit de quatre ou de cinquaio. En Dauphiné, on l'ap- |)eiait droit de vingtain^ parce quil était de vingt gerbes une.

Le ehampart étant tine redevance en nature proportionnée au produit, les seigneurs avaient des officiers, nommâ nymeraioreê, qui com()taient les gerbes dont se composait la récolte, afin d'établir le nombre des gerbes qui leur revenait. Leur office se nommait nombrage {numeragium) ; et l'on appelait du même nom leur salaire, qui ordinairement se prélevait aussi sur la récolte.

Champaubert, village de l'ancienne Champagne, auj. du déu. de la Marne, à deux myriamètres u'Épemay, où Napoléon battit l'avant-garde de l'armée prussienne, le 10 février 1814.

Champm TîERT (bataille de). — La France était envahie par l'Europe coalisée; ses armées, affoiblies par la campai^ne de Russie et par ladérection des aliiés, défendaient cependant la patrie avec toute l'ardeur que pouvait inspirer la présence de Mapoléon.

Mais la supériorité numérique de Blùcher et de Schwartzemberg était telle, que pour n'être pas enveloppé ou coupé de la capitale, l'empereur dut , au commencement de février 1814, se retirer de Brienne sur Troyes et sur Nogent. Il avait aussi pour but de séparer par ses habiles et rapides maoceuvres les deux grandes

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armées prusnenne et autrichienne,

pour les attaquer et les battre Tune après l'autre. Ce plan eut un premier et brillant succès, le 10 lévrier, à Champaubert, où le général russe OuSOQvief s'était arrêté, à la téte de douze régiments. Napoléon le voyant isolé, fit marcher contre lui Marmont, soutenu par J\ey. L'ennemi , mis à couvert par des bois et par un marais, résista avec courage; mais on enleva les bois , et l'on se jeta sur les Russes , qui, débordés à droite et à gauche, ne purent résister. Attaqués une seconde fois sans aroir eu le temps de se remettre de ce premier échec, ils furent di; nouveau culbutés et poussés jusqu'au village par le corps de bataille des Français. Ils espéraient s*y arrêter et recommencer le combat, quand, à droite et à ji^auche, ils aperçurent des divisions d'infanterie et de cavalerie, et furent contraints de se jeter dans la traverse d'Épernay. Près de la Caure , ils changèrent de direction, croyant pouvoir déborder à leur tour l'aile droite des Français et reprendre la chaussée d'Étoges; mais une brigade de cuirassiers les chargea par le flanc, lesmitendterdre; puis l'infanterie de Ney les prévint au débouché de la route et acheva leur défaite. Le général russe fut pris avec six mille des siens; le reste de ses troupes demeura sur lechampdebatailleou fut noyédans un étann;. Quarante pièces de canon, tous les caissons et les bagages restèrent en notre pouvoir. Le lendemain, Btûcher fut battu à Montmirail.

Chàiipcenetz (le chevalier de), né à Paris en 1759, était officier aux gardes françaises avant la révolution.

Lié avec Kivarol , le vicomte de Mirabeau et quelques autres, il composa avec eux un recueil périodique mtitulé ies Jetés des Jpôtres, pamphlet dirigé contre les chefs du parti révolutionnaire. On a encore de lui beaucoup d*écrit8 du même cenre, et entre autres : les Gobe-mouchei au Palait»

Royal, et le Petit Mmanach de nos grands hommes. Après le 10 août 1792, ChampceneLz s'était retiré à Meaux , où il aurait pu vivre en sûreté.

T. IV. 29* Livraison, (DiCT. ehcy

Mais il eut Timprudence de revenir à

Paris; il y ftit arrêté peu de temps après, coruianmé à mort par le tribunal révolutionnaire, et exécuté le 23 juillet I7d4.

Champ ci.08. — Au Umçs des combats judiciaires, on appelait ainsi un terrain que l'on couvrait de sable, qu'on environnait d uue double barrière, et sur lequel on élevait des estrades pour le roi, les juges du camp, les dames, les hommes de la cour et le peuple, que ne manquait Jamais d'attirer le spectacle d'un procès plaidé par tes armes et jugé par la for* tune aussi souvent que par la valeur.

Tous les apprêts du champ clos se faisaient ordinairement par l'accusateur; quelquefois cependaut l'accusé avait la fierté de vouloir concourir pour moitié dans la dépense. On lit dans Sauvai que le prieuré de Saint- Martin des Champs et l'abbaye de Saint- Germain des Piiés avaient des champs clos. A cette occasion. Sainte- Foix remarque que, comme les religieux de ce prieuré et de cette abbaye ne pouvaient point se battre, ils' n'avaient préparé ces champs de bataille que pour les louer à ceux qui, dans une contestation, étaient décidés à recourir au jugement de Dieu.

Ce fait peut être exact ; mais ces champs clos pouvaient aussi servir aux moines de ces abbayes à rider, par le moj^en d'un champion, ainsi que le faisaient les vieillards, les femmes, les enfants et les gens d'église, les différends auxquels donnaient lieu leurs rapports a^ec les gens du monde.

Quand les champs clos furent fermés à ceux que divisaient des intérêts pécuniaires, ils restèrent ouverts à ceux qui demandèrent a prouver par le duel la fausseté d*une accusation ou d*uae imputation qui blessait leur honneur.

En 1547, il en fut préparé un à Saint- Germain en Laye pour Jarnac et la Cbâtaigneraye. Sous Charles IX, on en établit un à Vincennes pour le duel qui eut lieu entre Honoré d'Albret, seigneur de Luynes, et le capitaine Panier, qui lui avait reproché le soupçon qu'on avait contre lui au sujet de

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