CL. , ETC
L'UMIVERS*
îa Motte et Coconas. De Luynes fut vainqueur en préwsence du roi et de toute la cour. I>e dernier champ clos fut celui que Henri III permit en 1578 , dans la rue Saiot-Antoirte à Paris, pour le combat qui fut livré entre Caylus, Mauiïiron et Livarot, contre Balzac d'Antraguet, Aidie de Ribcrac et 6choniberg. Voyez Combaï jud;-
CIAIBB, DUBL, JO0EMBIIT BB DlBQ.
CtaAHP DE MAI. — Les assemblées nationales étaient désignées,sous la première race, par le nom de chanip de mars; sous la seconde, elles furent appelées champ dê mai. Le eontifiualeiir de Frédégaire à Tannée 766 nous apprend que Pépin le Bref chnnjîea l'époque de ces assemblées et qu'il les mit au mois de mai. Celait le moment des «i|)éditiaii8 militaires; les rois cobsoI» taient alors les chefs et passaleiit l'armée en revue. Outre ce changement dans l'éfwque de leur réunion, les coniices nationaux en subirent un plus imporlMldans le nede de le«r «oui»
positioB. Les prélats y furent appelés et V obtinreî)t,surtout sous Pcpin, une influence qui eu écarta bientôt les chefs militaires. Tous les actes de ces noutBiuxclianips de mai émanest de Tes»
prit ecdésiastifiia ; «t , en effet , /a dyâastie carlovingienne fut beaucoup plus soumise à Tinfluence reKj^ieuse que les Mérovingiens (voyez
CÂB£(yviii«tBm et MiBdmoiBiiB}.
Sous PepfB, les éteemblées devte-
renl des conciles, comme en Espagne , chez les Wisicoths. Les décrets des diètes de Verberie , de Vernou , de llîeitt, ée Gompiègne , sobI aussi bien des canons de conciles que des capitulaires. Sous Cliarlemagne, la grandeur du roi était telle, que l'ftglise se laissa douiiner à sou tour. D'ailleurs Teeprit MièoetMt de ee pnnee rendit aux assemMées Mr ancienne forme, et les guerriers y reparurent. Toutefois, les prélats n'en furent pas exclus, mais aucun des deux partis ne domina f antre; ils étaient égaux défaut l'ea^^> pereur.Hincmar,arcnevéquedeReîa[k8, a écrit, à la demande de quelques grands du royaume, une lettre pour f instruction de Carloman , lils de Louis le Bègu e , qui contient des détails très* .
curieux sur les assemblées sous Char* lemagne. M. Guizot a cité cette \eltt& dans sa vingtième leçon et dans ses Essais. Ces grands plaids étaient précédés d'une réunion de eonseillers où l'on préparait ce qui devait être proposé a l'assemblée générale. Outre l'initiative, les rois avaient la sanction. Les décrets de ces assemblées étaient les oapitulaires (voy. ce mot). Cbarlemagne, Louis le Débonnaire, Charles le Chauve , tinrent beaucoup de ces grandes diètes; mais elles disparurent lorsque commença la dissolution de l'empire earlovingien.
Champ db mai br 1816 (assemblée du). — Nous nous bornerons à donner ici quelques détails sur cette solennité, dont nous avons essayé de montrer le caractère politique dims Tarticle Cent JOUBS. Bien qu^ello ait été loin de répondre à l'attente générale, cependant les paroles énergiques (jue l'empereur adressa aux fédérés et à la députation des électeurs enflammèrent un moment les esprits. Des invocations patriotiques, une éloquence militaire, étnient la seule ressource qui restât à iNapoleon depuis le 22 avril, jour où il avait promulgué de son propre mouvement l'acte additionnel , et trompé l'espoir de la France, à laquelle son décret de Lyon avait annoncé une constitution sérieuse, et non un vain stumlacre de charte octnsyée. lyoin d'avoir à nommer les députés qui devaient composer la nouvelle assemblée constituante, les électeurs n'eurent plus qu'à constater le résultat des votes sur racoentation ou le refus de l'acte additionnel. Encore, ce dépouillement des votes n'était-il qu'une formalité illusoire, puisque l'empereur, n'admettant pas la possibilité d*UB refiis, avait ordonné, le 30 avril, que quatre jours après la publication de son décret, les collèges électoraux se réuniraient pour procéder à l'élection des représentants du peuple, conformément à Vaete envoyé wntr être soumit à son acceptation. C était toujours la même tactique qu'aux beaux temps du consulat et de l'empire, tactique qui consistait à arrangeras cboses
i sa manièreyetàdemander ensuite au
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peuple s'il donnait son adhésion aux faits accomplis. Quoi qu'il en soit, pendant dix jours, des registres furent ouverts aux secrétariats des municipalités, des administrations, des greffes de tribunaux et de justices de paix, chez les notaires et dans chaque régiment.
Comment n'aurait-on pas été sdr d'avance de la majorité, puisqu'on faisait voter l'armée, et que la discipline était là pour éclairer ses votes? En vingtcinq jours, le relevé général de chaque département fut envoyé au ministre.
IScanmoiiis, malgré ces façons expéditives, l'empereur fut oblige d'ajourner au l*"" juin l'assemblée du champ de mai, qui avait d'abord été indiquée pour le 2G mai, cl dans laquelle devait être relevé le chiffre des votes aflirmatifs ou négatifs. Ainsi, pour que la déception Mt plus complète, la fameuse assemblée du champ de mai n'eut pas lieu dans le mois dont elle porte le nom. Des grandes proportions d'une nouvelle fédération nationale, elle descendit à celles d'une fête militaire. Le chef de l'État n'y parla de constitution et de liberté qu'avec une réserve extrême ; en revanche , le grand capitaine y parla de guerre et de gloire avec autant de magie qu'à son ordinaire. Malheureusement JNapoléon , en dépit de sa confiance dans son propre génie , allait être moins heureux contre ]a coalition des rois que contre l'indépendance nationale. La victoire sur l'étranger ne devait plus nous consoler des défaites de la liberté a l'intérieur.
Le 1*" juin, tout Paris se porta au Champ de Mars, oii vinrent se réunir le gouvernement, les membres de la représentation nationale et de la chambre des pairs, les députations des collèges électoraux, celles des différents corps de l'armée et les fédérés des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau. Le trône de l'empereur s'élevait en avant de l'École militaire, au milieu d'une enceinte demi-circulaire de gradins immenses, oii étaient assises six à sept mille personnes d'un côté et autant de l'autre. Pour donner un caractère religieux à la solennité, l'empereur avait fîAit dresser à côté du trône
un autel où la messe fut célébrée en grande pompe. Avant de recevoir le serment du peuple et de l'armée, le nouveau Charlemagnc fit bénir ses armes par le clergé, lequel, avant peu, devait bénir celles des étrangers qui allaient ramener les Bourbons. Pour voler au combat, les bénédictions des prêtres ne sont pas suffisantes , lorsfjue le guerrier qui les implore n'a pas su mériter les bénédictions du peuple, qui sont la manifestation la plus certaine de la protection divine.
Après la célébration de la messe, la dépulation des collèges électoraux, composée de cinq cents membres, vint entourer l'empereur sur les marches du trône. Dubois d'Angers parla en leur nom. Quelques-unes des paroles de l'orateur laissèrent voir que ieséiecteurs n'étaient pas complètement satisfaits de l'acte additionnel. 11 dit que, confiant dans les promesses de l'empereur, les électeurs lui remettaient, et aux deux chambres, le soin de consolider et de perjectionner sans secousse le système constitutionnel, et que les Français, serrés autour du trône, étaient'décidés à tous les sacrifices pour maintenir V indépendance et Yhonneur national. Ensuite Cambacérès, archichancelier de l'empire, proclama que l'acte additionnel aux constitutions de l'empire était accepté à la
f Presque unanimité des votes. Vax effet, e nombre des votes négatifs n'était que de quatre mille sept cent quatrevinqi-douzey tandis que celui des votes alfirmatifs s'élevait à un million cinq cent trente mille trois cent cinquante sept, majorité factice, qu'il n'avait pas été tort difficile de se procurer, puisque, comme nous l'avons dit, il y avait eu un registre ouvert dans chaque régiment. A près que les acclamations eurent cessé , l'empereur signa l'acte de promulgation et prononça les harangues éloquentes dont nous avons cité quelques passages dans Tartickî Cent jours. De nouvelles acclamations se firent entendre. Alors l'empereur prêta sur l'Évangile le serment d'observer et de faire observer les constitutions de l'empire. Les grands di-
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gnitaires et toute rassemblée Jurèrent aussi d*étre fidèles à ces constitutions.
Après le Te Deum, iSapoléon quitta son manteau impérial, et s'avanra sur les premières marches du trône, pendant qu*un roulement de tambours attirait sur lui l'attention du petqple entier. Alors, montrant les drapeaux que tenaient les ministres de Tintérieur, de la guerre et de la marine, l'empereur dit aux troupe» : « Soldats «de la garde nationale de l'empire, «soldats des troupes de terre et de « mer, je vous confie l'aigle impériale, « «lux couleurs nationales. Vous jurez «de la défendre, au prix de votre « sangt contre les ennemis de la patrie «et de ce trône? Vous jurez qu'elle « vous servira toujours de signe de «raliieujent; vous le jurez?... « Nous fejftirons/s'éerîèrentrarméeetia garde nationale, que des traîtres empêchèrent quelques mois plus tard de tenir leur serment. Heureux de l'enthousiasme qui avait accuelli ses dernières paroles , l'empereur alla se placer avec son cortège sur un trône au milieu du Champ de iMars. Il y distribua les drapeaux aux présidents des collèges électoraux des départements, à la ^arde nationale de Paris et à la garde impériale; puis les troupes, au nombre de cinquante mille hommes, dont vingtsept mille gardes nationaux, défilèrent devant lui aux cris de vive l'empereur! répétés par la foule immense qui couvrait les tertres du Champ de Mars.
Comme féte nationale, rassemblée dite du champ de mai fut incomplète, et ne mérite en aucune manière d'être comparée aux deux grandes fédérations de 1790 el de 1793; comme féte militaire, elle eut un brillant succès^ et diacun en sortit convaincu que Taigifi impériale allait de nouveau s'éîancc:r à la victoire. C'était tout ce que demandait le plus grand capitaine des temps modernes.
Champ de mars, assemblée de chefs et de guerriers (|ue les premiers rois francs avaient coutume de convoquer tous les ans au mois de mars et
2ui se tenait en plein air. Flodoard, listorien de l'église de Reims, et Tau-
tenr àt la Fie de 9cM Remi, pensent que ce nom vient de Mars , diea de la guerre, adoré par les barbares avant .
leur conversion. Du C;mc,e préfère ravis de ceux qui croient que ces assemblées étaient ainsi nommées panse qa*on les convoquaitau mois de mars, et assurément il a raison. Dans l'origine, ces assemblées n'étaient que des réunions militaires. Ce fut dans un champ de mars , où il faisait la revue de ses troupes, que Clovis fendit d'un coup de hache la téte de ce guerrier qui l'avait bravé à Soissons; ce fut dans un champ de mars qu'il annonçd à ses compagnons qu'il avait résolu d'envahir le territoire des Coths, et qu'il leur tint ce discours si bref et si significatif r.ipporte par Grégoire de Tours.
Sans perdre ce caractère primitif, les diamps de mars furent moins exclusivement militaires quand la race conquérante eut commencé à s'organiser sur le territoire des vaincus. Ainsi les assemblées tenues à Cologne, Trêves, Andernacb, sous les petits-GIs de Clovis, s'occupèrent de la législation du peuple franc. Le décret de Childebert est l'œuvre de Tune de ces assemblées. Avec la décadence des Mérovingiens, les champs de mars tombèrent en désuétude. Mais la victoire de Testr^, en assurant le triomphe du parti aristocratique , remit en viiîueur une institution qui donnait aux ieudes une part considérable dans le gouvernement. Les guerriers qui avaient vaincu pour Pepin d'Héristall prétendirent être consultés par lui, et il fit revivre les comices généraux de la nation selon les anciennes coutumes.
Le roi mérovingien assistait à la première séance, prononçait un discours sur des lieux communs du temps, sur la paix intérieure, sur la défense des églises , des veuves , etc. ; rendait quelques édits aussi insignifiants que ses paroles, et rentrait ensuite dans sa villa de IMauniagne. Pepin présidait après son départ, recevait les ambassades étrangères et réglait tous les iatéréts de l'Etat. Telles furent sous les Mérovingiens les vicissitudes de oes assemblées, que les cbroniqueurs ap«
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pellent campus martii, publicum mallum, plcuitum, convmùus gênera^ fis, etc.
Champ du drap d'ob. — En 1520, Qiaiiefi-Qnint et François I**, se pré*
Ï tarant à la guerre, se disputaient 'amitié de Henri VIII , prince orgueilleux , passionné , et qui avait pris luimèn,t pour devise : « Qui je défends est maUre, » Charles a^ait déjà visité le roi d'ÂQglèterre, quand François voulut à son tour avoir une entrevue avec ce prince. Les deux souverains étaient convenus de cette rencontre parie traité de 1518, en vertu duquel Tournai avait été restitué à la France ; mais leurs commissaires avaient perdu beaucoup de temps à régler les dispositions que l'on croyait nécessaires pour ménager la sâreté et le point d'honneur des deux rois. Au commencement de juin, les souverains arrivèrent au lieu du rendez- vous avec leurs courtisans ; et, jaloux de se surpasser en magniticence, ils déployèrent un luxe dont on n*avalt
f)as encore vu d'exemple. « Avolt £aiit e roi de France, dit Fleuranges, les plus belles tentes qui furent jamais vues , et le plus grand nombre et les principales etoient de drap d'or frisé dedans et dehors, tant chambres, salles que galeries ; et tout plein d'autres araps d'or ras , et toiles d'or et d'ar- Çent. Et avoit dessus lesdites tentes force devises et pommes d'or ; et quand elles étoieiit tendues au soleil , il les faisoit beau voir. Et y avoit sur celle du roi un saint Micliel tout d'or, afin qu'elle fust cognue entre les autres, maii^ il étoit tout creux. Or, quand ie vous ai devisé de Péquipage du roi de France , il faut que je vous devise de celui du roi d'Angleterre , lequel ne fit qu'une maison; mais elle étoit trop plus belle que celle des François , et de plus de coutanee; et étoit assise ladite maison aux portes de Guines , assez proHiP du château ; et étoit de merveilleuse grandeur en carrure , et étoit ladite maison toute de bois , de toile et de verre; et étoit bien la plus belle verrine que jamais l'on vit , car la moitié de la maison étoit toute de Terrine j et vous assure qu'il y faisoit
bien clair. Et y avoient quatre corps de maison , dont au moindre vous eussiez logé un prince. Et étoit ia cour de bonne grandeur, et au milieu de ladite cour et devant la porte y avoit deux belles fontaines qui jetoient par trois tuyaux, l'un hypocras, l'autre, vin, et l'autre, eau. Et faisoit dedans ladite maison le plus clair logis qu'on sauroit voir, et la chapelle de roerveUleuse grandeur et bien étoffée, tant de reliques que de tous autres paremens, et vous assure que si tout cela etoit bien fourni , aussi étoient les caves , car les maisons des deux prinoes, du* rant le voyage , ne furent fermées à personne.» Ces tentes étaient dressées dans un champ situé entre GuiFies et Ardres, et qui reçut le nom de champ du drap dtcr. Les deux rois s'y reneontrèrent le 7 juin ; ils s'embrassèrent , entrèrent (fans le palais , et y signèrent un nouveau traité rédigé par Wolsey et par Robertet. Dès le lendemain , François 1'% qui « n'étolt pas homme soupçonneux, et qui étoit fort marry de quoi on n'<youtoif pas de foi les uns aux autres^» laissant de côté tous les règlements établis par les commissaires , alla à Guines voir Henri VIII, sans être attendu. Il entra dans la chambre du roi qui dormait encore , l'éveilla et l'aida à s'habiller. Le lendemain, Henri VIII lui rendit sa visite ; et dès lors , pendant trois semaines, les deux cours passèrent leur temps en déduits et choses de plaisir, « Par douze ou quinze jours coururent les deux princes l'un contre l'autre , et se trouva audit tournoi grand nombre de bons hommes d'armes , ainsi que vous pouvez estimer, car il est à présumer qu'ils n'amenèrent pas des pires. Je ne m'arresterai à dire les grands triomphes et festins qui se firent là , ni la grande dépense superflue, car il ne se peut estimer; tellement gue plusieurs y portèrent leurs moulins , leurs forests et leurs prés sur leurs épaules (*). » Cette entrevue , dont on attendait de si grands résultats, n'en produisit aucun. Le
(*} Mémoires de M. du Bellay.
CHA L'UNIVERS
traité signé par les deux rois devait unir à jnmais l'Angleterre et la France; niais, pendant que le cBevaleresque François V joutait è Ardres, et j prodigaait follement les sommes il venait d'arracher à la France, sous prétexte des besoins de l'État, Chnries-Quint gagnait Wolsey et préparait en secret ia luinedes projets desonrivaLHedriVIIIf en 8*eh retournant, trouva à Graves ïines Chaflès qui était venu à sa rencontre, et lui renouvela ses promesses d'alliance. QuoiquMl en soit, les arts ont perpétué le soufenir de cette fête royale, que ine|iré* sentent les bns - reliefs en marbre de l'hôtel de Bourgti)éro;ilde, à Rouen, exécutés au seizième siècle, et d'un fort beau traTail.
Champ du Mensoiigk(*).— Après son expédition contre Pépin, roid'Aquitaine, l'empereur Louis s'était liatéde regagner son palais d'Aix-la-Chapelle.
Il croyait avoir mis fin à la guerre , et il espérait, après la lutte honteuse qu'il avait soutenue contre son (ils, trouver quelques instants de repos. Mais bientôt ii apprit qu'une grande ligue s'étiUt formée; due Lethaire, ¥&piû et Louis, le roi de Bavière, se disposaient à venir lui demander, à main armée, le maintien des anciens partages. Déjà les trois rois avaient Msseoibié leurs {guerriers. L'alerme fut grande au palais d'Aii-la-Cbapelle.
L'empereur Louis convoqua ses tldèJes et tous ceux (iiii s'étaient dévoués aux ioteréis de sa ieiuuie Judith et de Charles , le plus jeune 40 ms fils. Beaueoup répondirent à cet appel ; c'étaient sans doute des hommes du yorâ qui prirent les armes en haine des populations du Midi, qu i'iiUaiiiaient a leur suite les fils de ^empereur. Cétaient aussi quelques évéques et quelques abbés , qui n'avaient point cessé d'avoir f)nrt aux faveurs impériales; des comtes Jiouvellenieat crées , et les otliciers enri-
(*) Nous empruntons eet article pleiii
d'inlérêl et de recherches curieuses aux scènes historiques publiées par M. Jean Tanoïki , damleiVa/Miia/du u5 août i838.
chis par les bénéfices que LOHig tOpM»
dait avec tant de prodigalité.
Quand l'empereur eut autour de lui une suite nombreuse, il se mit en marche, et il arriva à Worms aux appro<* ches du printemps. Il s'arrêta quelque temps dans cette ville, et il y célénra les têtes de Pâques et de la l^entecùte. Lothaire, Pépin et Louis envoyèrent à leur père plusieurs messages ; mais -l'empereur rejeta toutes leurs propositions. Cependant il ne savait à quoi se résoudre, et il hésitait encore lorsqu'il apprit que ses fils ^'avançaient arec leur armée; alors il résolut de marcher à leur rencontre.
Près de Colmar, entre cette ville, Riinsheim et Sigoltsheim, s'étend une vaste plaine qu'on appelait Rolbfeld OU le champ rouge f c'est dans cettf plàine que les armées se trouvèrent eu présence. Des deux cotés on éleva des tentes; et les guerriers, qui avaient des vivres en abondance dans ces riches campagnes ||u Rhin , purent attendre le résuhatdes négociations qui venaient de commencer. Mais déjà la partie n*était plus égale; les hommes les plus illustres de TKmpire arrivaient au camp de Lothaire, le chef de la ligue, et au milieii d'eux on voyait FévéquC de Rome, dont la suprématie sur toutes les églises d'Occident, sanctionnée par le roi Pépin et par Charlemagne, était alors fermement établie.
Il y eut un moment où le bruit courut dans l'armée île I.otn's que le pape Grégoire allait l'excommunier, lui et les siens. Un grand tumulte s'éleva, les évéques qui accompagnaient rem|)ereur s*écrièrent : « Nous ne reconnais- « sons point Tatitorité de Grép)ire , et « SI le pape de Rome nous exconununie, tt nous l'excommunieroiis à notre tour. » J^ientdt la colère fit place à la réflexion , et la crainte s*empara des pibs courageux. Le nape était le chef reconrm de toute la chrétienté , et c'edt été un sacrilège que de combattre contre lui.
Le pieux empereur Louis devait avolt lui-même de grands scrupules. Dès lors le découragement gagna son armée, et ceux qui rentouraient attendirent avec anxiété ïmaini de cette lutte»
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Cependant des messagers franchissaient chaque jour l'intervalle qui séparait les deux camps; et, s'il faut en eroire un coiStemporaÎD, Pempereur et ses fils échangèrent entre eux ces ptf rôles :
« Vous me devez la vie , écrivait « l'empereur à Lothaire , à Pépin et à «Louis; n'oubliez point que je sois « TOtre père. »
A quoi les fils répondirent : « Après « Bien , ô le plus grand des Augustes, « votre personne est ce que nous avons « de plus cher et de plus sacré. Nous « ne sommes point des rebelles, eomme « le disent nos ennemis; nous venons, «en suppliants, implorer votre misé- « rirortie. Ne nous condamnez point « injustement, ne nous dépouillez point « sans cause de notre héritage. »
L'empereur ajouta : « Souvenez- « vous que vous êtes mes vassaux , et « que vous vous êtes engagés par ser- « ment à me demeurer fldèles. »
« Nous ne vous avons point refosé « le service que nous vous devions, cat « votre honneur , votre gloire , votre a bonheur, sont des choses qui nous « sont plus précieuses que la vie. Si « nous venons en armes vers vous , m c'est pour vous délivrer des ennemis « qui vous entourent, c'est pour expo- « ser au grand jour les crimes de ces «hommes qui essayent de pervertir k votre âme si pieuse et si aouce, et « oui veulent vous perdre en nous pei^ « dant. »
L'empereur dit alors : « Je suis le « détenseur lé°:itime du siège aposto- « lique ; pourquoi tenter de me ravir « une pr^ogative que Je n'abandonné* « rai jamais tant que je vivrai ? »
Lothaire répondit : « Que Votre « Grandeur se souvienne qu'elle a bien « voulu m*a9Socier à elle pour la dé- « fimse de toutes les églises. Du con* « sentement de la nation , j'ai été votre « collègue. Mon nom a figuré à côté « du vôtre dans tous les actes et sur « les monnaies. C'est par votre volonté « que j*ai été appelé empereur, ^e là «couronne iniperinie a été placée sur « ma tête , et que j'ai pris en main '« l'épée pour déieudre votre empire et
« l'Église. J'ai entendu dire que plu* « sieurs dressaient des embûches au a pape; mon devoir était donc de le «prendre sous ma proteetiiin ; je ni « souffrirai point iffûk M km lu»
« jure. »
« Il n'est pas juste , écrivit l'empe- « reur, que vous reteniez Grégoire dans « votre camp, et due vous lUi fermiei « tout accès ànpres de ma personne. •
« Vous nous accusez à tort , dit 1*0ft thaire ; c'est nous qui avons ouvert n au pape la route des Alpes que vous** « même aviez fait garder. NoUs ne «tenons point Grégoire pàr fOfOe, et «nous souhaitons ardemhient que, « pour la gloire de Dieu et pour notro « bien , vous vouliez l'entendre. » "*
L'empereur s'adressa alors directe»
ment à Lothaire : « Til fliis uAe ihau^ « vaise action , puisque tu rétiens aù*^ « près de toi tes frères , qui sont mes « iils , puisque tu les pousses à se ré* « volter contre moi. »
« Cela n'est pas, Seigneur, oda n'est «pas. Mes frères persécutés àvàieht o pris la fuite, et j'ai voulu les ramenerà « vous : tous ensemble nous venonÉ « implorer votre miséricorde. »
Le dernier message de Tempereiiè était ainsi conçu : « Tu as ret^u contré « tout droit mes vassaux dans tes ranl^s» « tu les retiens auprès de toi. »
a Eux aussi, répondit Lothaire, «étaient dispersés, fugitifs, réni^ «més dans des prisons ou subissant « un dur exil , et cela parce qu'ils vous « avaient été fidèles, parce qu ils avaient « dévoilé l'astuce et les mauvais des- «sdns des ennemis qui voue envi^ «ronnent, parce qu*ennn ils avaient « résisté avec courage , avec constance , « aux hommes qui déshonoraient votre « personne et votre empire. J'ai ac- « cueilli ces fidèles dont le sèle a été « si mal récompensé ; je vous les ra^ « mène aussi pour que VOUS les « viez en grâce. »
Ces négociations, oik Taiereur s'était souvent mêlée à des paroles de paix , n'avaient eu aucun résultat, et des deux parts on se préparait à recourii* aux armes. Le 24 juin , jour de la féte de baiat Jean-Baptiste , le pape Gré^