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goire , qui voyait avec douleur tant de maux prêts à fondre sur l'Empire, fit une dernière tentative : il se mit eu marche vers le camp de Tempereur, et Jorwpill fut arrivé, il donna sa bénédiction suivant Tusage. Louis, malgré sa piété et son respect sans bornes pour les évèques, reçut le pape avec froideur, et lui dit : « Si je ne te rends «point les mêmes honneurs qu*aux K papes tes prédécesseurs , si je ne cé- « lèbre point ton arrivée par des hymnes « et des cantiques , c'est que tu n'es «poÎDt venu, comme eux, pour une « nonne cause. » Grégoire lui répon* dit : « Ma cause est bonne, puisque je « suis venu pour rétablir la paix et la « concorde. Cette paix , je dois i'ensei- « gner à tous les hommes, la porter en «tous. les lieux.» Cependant le pape eut encore plusieurs conférences avec l'empereur, mais bientôt il revint triste et découragé dans le camp de Lolhaire.
L'arrivée de Grégoire, ses paroles, avaient dû produire sur les partisans de Louis une impression profonde.
Quand ils surent que la mission du
Sape n'avait pas eu de succès , ils périrent tout espoir d'accommodement et de paix. Ils s'entretenaient entre eux sur les causes de cette guerre, sur ses chances probables , et déjà ils délibéraient sur les moyens d'abandonner Fempereur.
Qo était arrivé à la fin de juin. Pendant la nuit qui précéda la féte de saint Paul , les soldats de Louis s'échappèrent en grosses troupes, mais sans tumulte, et ils vinrent dresser leurs tentes dans le camp des rois confédérés. Quand le jour commença à paraître , la surprise fut grande dans l'armée de Lotbaire. Les soldats et les chefs s'interrogeaient sur ce chan-
fement subit , sur les causes qui , dans espace d'une nuit , avaient amené la désertion de toute celte multitude. Les principaux conseillers de Lothaire, é^éques et abbés, Wata en téte, se rendirent dans la tente du pape pour lui annoncer cette nouvelle. Alors un des piètres romains qui accompagnaient Grégoire se leva et chanta le psaume : Dextera JkmUnifecit virtU'
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tem. On croyait la lutte termiBée, et
la joie était universelle.
Cependant, autour de l'empereur, de sa femme Judith et de Charles, le plus jeune de ses fils , quelques Ûàèkm étaient restés. Ils vinrent auprès de l'empereur, qui leur dit : « Allez vers « mes bis ; je ne veux point que vous « souffriez pour moi dans votre vie ou « dans vos membres. » Ils se retiré* rent en pleurant. Trahi par tous les siens, Louis se vit forcé d'accepter les
f)ropositions de ses fils. Rassuré par eurs paroles , il partit pour se mettre entre leurs mains ; mais il était triste et abattu. Lothaire, Pépin et Louis, du plus loin qu'ils aperçurent leur père, mirent pied à terre et coururent à sa rencontre. « Souvenez-vous , leur dit «l'empereur, de vos serments; vous « avez juré de protéger ma femme et «Charles, votre plus jeune frère.»
Apres quoi, il embrassa les trois rois et continua sa marche vers leur camp.
Déjà Lothaire, Pépin et Louis songeaient moins aux intérêts de l'F.mpire qu'à régler leurs propres affaires. Mais l'opinion publique commençait à changer : ceu.\-là même qui avaient livré rempereur eurent de grands remords, quand ils le virent humilié et traité en prisonnier par ses propres enfants.
L'imagination populaire resta frappée de cet événement. « Le lieu où Tempereur Louis a été abandonné, dit un contemporain , a été dès lors appelé d'un nom ignominieux , Champ du Mensonge, Là , en effet , tous ceux qui avaient promis fidélité à l'empereur faussèrent honteusement leur parole. »
A l'endroit même où s'était accomplie la trahison , sur le Champ du IMenson|;e, les trois fils de l'empereur avaient encore une fois partagé l'Empire; puis ils avaient exilé Judith à Tortona, et confié à la garde de Lotbaire l'empereur et son fils Charles.
Le pape vit bien alors qu'on l'avait trompé. La lutte avait cessé, mais la paix n'était point faite; car cette paix, qu'il avait si ardemment désirée, ne
{ïouvait ^Ire le fruit de la fourbe et de a violence. Honteux d'avoir servid'instrument aux passions mauvaises des
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princes, Grégoire passa les Alpes, et rentra , plein de tristesse , dans sa ville
de Rome.
Pepifi avait repris la route de l'Aquitaine, et Louis celle de la Bavière.
Lotbairese dirigea, avec son père, vers les provinces de la Gaule , où il espérait trouver encore, pour ses desseins, le concours et Tassistance des évéques. Il traversa les Vosges, çassa par Metz et Verdun; enfin fl arriva à Soissons. Ce fut au couvent de Saint- Médard qu'il enferma l'empereur. Là, il le retint sous bonne garde, comme dans une prison. Pour lui , il chassa justpi'à Tautomne dans les grands bois qui couvraient encore tout le nord de la Gaule ; puis, tirant son père du couvent de Saint-Médard , il se rendit à Compiègne, où devait se tenir la grande assemblée qu*ll avait convoquée.
Champeaux (Guillaume de), ainsi appelé du village de Champeaux en Brie, près de Melun , où il naquit vers .Je milieu du onzième siècle, étudia sous Anselme de Laon. Puis, ayant été nommé archidiacre de Notre - Dame à Paris, il enseigna publiquement dans l'école de la cathédrale pendant plusieurs années , et acquit la réputation du plus habile dialecticien de son temps (*). Parmi les disciples ou'attira sa célébrité, fut le fameux Abeilard , dont le mérite ût bientôt ombrage au mattre. Dégoûté du monde, Guillaume quitta Pans en 1108 pour se faire moine, et jeta, dans un faubourg de cette ville, les fondements de l'abbaye de Saint-Victor ; toutefois , il y rouvrit bientôt une éeole publique , dans laquelle il enseigna la rhétorique, la philosophie et la théologie , et où professèrent depuis , avec tant d'éclat , Hugues et Richard. Abeilard , qui avait conçu contre lui une vive animosité, vint Vy entendre, et réfuta , dit-on , avec succès son opinion sur les universaux. En 1113, Guillaume fut placé sur le siège épiscopal de GbâIons-sur-Marne , éa il contracta une liaison étroite avec saint
(*) riiron. de Landulfe ; Muratori, Rer,
iua., v,485.