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perré, Baudin, etc. ; les historiens ou littérateurs Tallemant des Réaiix , "Si. INougaret, Desforges, Maillard, les deux Dupaty,etc.
Châxsnton , bourg de I*Ile de France , auj. chef-lieu de canton du dép. de la Seine, à 8 kii. de Paris, est divisé en deux communes , dont Tune
i>orte nom de Charente-le-Pont , et *aotre celui de Charenton-SainMMau* rice. La population totale est de 9,450 hab.
Char entofi-le- Pont doit son nom à un pont dont il est question très-anciennement, et qui est désigné, dans la vie de saint Merry (huitième siècle), sous le nom de Pons Carantonis. Ce n'était alors qu'un pont de bois ; mais sa position fut de bonne heure regaridée comme très-importante. Les normands s'en emparèrent et le rompirent en 8G5. Plus tard , on y établit un fort. Les Anglais , qui s'en étaient rendus maîtres en 1436 , en furent chassés en 1437. En 1590 , il tomba au pouvoir de Henri IV, qui ne put toutefois le garder jusqu'à la fin de l'année. Lors des guerres de la fronde, eu li)49 , le prince de Condé s'en em-
g ira. Le 30 mars 1814, les alliés at* qnèrent ce pont, qui n'était prdé 'que par une co?npagnie de vétérans, un bataillon des élèves de l'école vétérinaire d'Alfort, et quelques canonniers pointeurs. Malgré une Tive résistance, les colonnes austro-wurtembergeoises s'en emparèrent et forcèrent les défenseurs à repasser la Marne.
€e pont a été rebâti plusieurs fois :
• sa dernière reeonstructioo date de 1714» Il se compose de dix arches, dont six sont en pierre, et quatre en bois. T.e nom de Charenton se rencontre souvent dans notre histoire. La situation de ce bourg avait séduit les rois de France, qui y avaient établi leur séjour dans une maison qu'on appelait encore, en 1578, le Séjour du roi. Ce fut à Charenton que Charles V, régent de France, campa, le 30 juin 1358, à la t6te de trente mille hommes , pendant que Paris était au pouvoir du roi de Navarre. En 1418, la peste régnant à Paris, des conférences eurent lieu à
Charenton , entre le duc de Bourgogne et le dauphin , mais ils se séparèrent sans avoir pu s'accorder. En 1420, Henri V , roi d'Angleterre , allant à Troyes pour y épouser Catherine de France, s'arrêta en passant, à Charenton, où la ville de Paris lui fit présenter quatre charretées de moult bon vin, Charenton renferme aujourd'hui de nombreuses fabriques de produits chimiques , des forges , et une manufacture de porcelaine.
Charenton - Saint - Maurice devint célèbre au commencement du dix - septième siècle , parce que ce fut Tendroit que Henri IV assigna aux protestants, le T"" aoilt IGOG, pour les cérémonies de leur culte. Ils y tinrent leur première assemblée, au nombre de 3,000, dès le dimanche 27 du même mois. Plus tard, ils y firent bâtir, sur les dessins de Jacques de Brosse, un temj)le qui pouvait contenir plus de 14,000 personnes. Ce fut dans ce temple que se tinrent les synodes natio* naux de 1633, 1633 et 1644. Quelques catholiques essayèrent une ntiît d'y mettre le feu, au mois d'août 1G7I; les réformés en portèrent plainte au parlement, et une information fut commencée; mais après la révocation de l'édit de Nantes, on ordonna la démolition de cet édifice. On se mit à l'ouvrage le mardi 23 octobre 15S5, et, bien que les murs fussent épais de près d*un mètre 50 centimètres, tout fut détruit en moins de cinq jours. Les matériaux furent abandonnés à l'hôpital général de Paris, et la place resta vide pendant seize ans, après qi|oî on y b.1tit un couvent destiné aux religieux du Saint-Sacrement. Ce cou-vent, depuis la révolution , a été détruit et vendu en plusieurs lois avec ses dépendances.
C'est à Charenton- Saint -Manrioe qu'est situé le célèbre établissement des aliénés. Cet établissement, fondé en 1644 par Sébastin le Blanc, ne fut d'abord qu'on hospice peu considérable qui ne contenait qu'une douzaine de lits , et n'était point spécialement affecté à un genre particulier de maladie. Quelquefois même on s'en ser-
CIIA FRANGE. CHA M
fait comme d*une prison. Cette mai- l'autre d*oiie fiiudlle et d'ofle étoile
son devint, en 1792, une propriété qu'on remarque aussi sur les mon»
nationale; une partie de ses Liens fu- naies de liourDon et de îSevers. [Voy.
rent vendus, et rétablissement était Nevebs (monnaie de)]. Cette pièce et
à pen près anéanti, lorsqu*en 1797, celles qui portent les armes de Lonis II
Tabbé Decoulniiers , ancien membre (1826-1346) sont les seules monnaisf
de l'Assemblée constituante, en fut que l'on connaisse de cette localité,
nommé directeur. Enûn, un décret, Charette de la Conterie (Fran-
daté de 1 au x de la république , Taf- cois-Athanase), Tun des cbefs les plus
feeta spécialement au traitement des ramenx de Uinsurrection ▼endéenne,
aliénés. Depuis ce temps, ces malheu- naquit à Couffé, près d'Ancenis , en
rçux sont la seule classe (!(^ malades 1763. A l'âge de 16 ans, il entra dans
qu'on y admette. Mais Napoléon, dès la marine, et s'y distingua; mais ayant
le consulat, en fit en outre une prison épousé, en 1790, une de ses çarentes
d*État, oà il envoya plus d'une fois, qui lui donna de la fortune, il quitta
sans jugement, les écrivains qui osaient le service et se retira dans ses terres,
manifester des opinions en opposition Quelque temps après, il alla rejoindre
avec ses idées. Un bomme tristement les émigrés à Coblentz. Mais il y fbt
célèbre, le marquis de Sade, qui déjà mal accueilli par la noblesse, revint à
Lavait été emprisonné avant 1789, y Paris, se battit an 10 août pour la t de nouveau enfermé sous le consu- monarchie , et se retira ensuite à sonlat, et y mourut en 1814. ISIaintcnant château de Foiiteclause. La Vendée Cbarenton n'est point un hôpital pro- venait de se soulever. Charette, pressé prenient dit , c'est bien plutôt une de se joindre aux rebelles , s'y refusa maison de santé, où Ton n*est reçu d'abord, et ce ne fut qu'après y avoir qa*à titre de iiensionnaire, et moyen- été contraint par les paysans , qu'il nant une pension, qui varie de 800 à consentit n se mettre a leur téte. Il 1,500 fr. Cette maison contient envi- éprouva d'abord quelques échecs; mais ron àOO malades; et ordinairement on il les répara bientôt, et remporta, à y reçoit un peu plus de femmes que Macbecoul , sur les républicains , une d'hommes. Les recettes ont été, en victoire assez importante. Après des 1833, d'environ 450,000 fr., et les dé- alternatives de défaites et de victoires, penses de 412,000 fr. les royalistes étaient parvenus à s'em- CiiAREKTON, ancienne seigneurie parer de Saumur ; ils étaient maîtres du Berry, dont le possesseur avait des deux rives de la Loire; ils se réodroit de battre monnaie. Une ordon* nirent , et Cathelineau, général en chef, nance donnée à Lngny-sur-Marne, en proposa à Charette de se concerter avec 1315, oblige, en etfet, le comte de lui pour l'attaque de Nantes. On sait Cbarenton a faire ses deniers à 6 grains que cette entreprise échoua , et que deloi argent le roi (c'est-à-dire, ^uesur Cathelineau y perdit la vie. Charette, douze parties, il devait y en avoir trois qui espérait le remplacer dans le cornet demie d'argent fin), et à la taille de mandement en chef, fut écarté par la 240 au marc ; les 15 deniers valant 12 jalousie des autres généraux; il fut deniers tournois, monnoie le roi. Ce blessé de ce manque de confiance, mais texte curieux est te seul document que il n*en seconda pas moins les mouvenous connaissions sur cette monnaie, ments de la grande armée, qui fut ce«
3ui existait déjà au moins depuis le pendant battue à Flines, à Vihiers, à
onzième siècle, ainsi que le prouve Chantonay et à Luçon. Charette se
un denier frappé par Renaud de Mont- sépara alors de ses collègues , et se re-
ÛKioon , seigneur de Cbarenton , qui tira à Macbecoul, où les royalistes Tao-
vivaitvers Fan 1171. Ce dernier, qni cosent d*avotr passé dans les plaisira
porte pour légende : Renavdvs dns et la débauche un temps qu'il eût pu
Cabentonis, est marqué d'un côté employer plus utilemerit dans l'intérêt
d'une croix à branches égales, et de de leur cause. Mais bientôt la garni-
CBA
von ëe Mayence arri? a dans la Vendée, et les chefs des rebelles comprirent qu'ils avaient besoin, pour résister à ces troupes a^çuerries , d'agir avec le plus grand concert. Ils réunirent donc toutes leurs forces , et remportèrent les victoÎFes de Torfou et de Montai- ||U , auxquelles la bravoure et les talents de Charette eurent la plus grande part. Les batailles où Charette" se si-
Snala seront racontées en détail dans es articles spéciaux, et elles sont trop nombreuses pour que nous les mentionnions toutes ici. Contentons-noMS de dire qu'aiîissant, tantôt de concert avec les autres chefs royalistes, tantôt seul , il montra dans toute ooeasioh une bravoure à toute épreuve et une activité surprenante ; ses efforts ne purent rependant rétablir les affaires ' du parti royaliste. La division régnait entre tous les nobles, qui se battaient bien plutôt poUr leur intérêt personnel que pour la cause royale. Aussi Charette fut-il enfin amené à signer, avec les plénipotentiaires de la Contention, un traité par lequd il s*engagealt à reconnaître Pautorité de cette assemblée et à déposer les armes; Il offrit même de réduire Stofflet, son ancien collègue , qui continuait à se battre. Conformément an traité, il fit dans la ville de Nantes une espèce d'efitrée triomphale; mais les couleurs du royalisme, qu'il portait, furent insultées par le peuple; le lendemain, il retourna à son quartier général, recommença la guerre, et obtint d'abord quelques' succès; mais la défaite de Quiberon , et surtout la faiblesse du comte d'Artois, qui n'osa pas effectuer la promesse qu'il avait faite aux insurgés , de débarquer sur les côtes du Poitou, et de venir se mettre à leur tête, lui ôtèrent tout espoir de réussir. Dès lors il ne chercna plus qu'à mourir glorieusement; cerné à la Freulère, il se défendit avec courage, fut blessé à la téte et à la main , et
Parvint cependant à s'échapper dans la orèt de la Chabotière, où il fut arrêté le 2ô mars 179G, conduit à Angers,
Suis à liantes; il y fut traduit devant n conseil d6 guerre, et fusillé quatre
jours après. Charette liefbt pas an 4b ces royalistes enthousiastes qui combattaient pour Dieu et pour le roi :
l'amour de la guerre et le désir de commander furent ses princtipaux mobiles. IJ méprisait la plupart des chefs de son parti, et plusieurs fois il parla avec déoain de la famille royale. Il n'en fut que plus coupable: car pour lever contre sa patrie l'étendard de la révolte, il n'eut pas même l'espèce d'eicuse que les autres pouvaient tirer de leurs convictions. Son excessive ambition le poussa d'ailleurs à commettre contre ses compagnons d'armes des crimes dont ses partisans ne peuvent l'excuser eux - mêmes. L'assassinat de Marigny sera pour sa mémoire une tache éternàle flux yeux de tous les partis.
Chabges sobdides. — On appelait indifféremment charges sàrmaei ou extraordinaires, les contributions imprévues qui n'étaient pas de nature à être comprises dans le Canon (voyez ce mot), et que des circonstances particulières rendaient nécessaires. Lorsqu'on n*avait pas pu prévoir ces circonstances, et que le besoin était pressant, le prcfct du prétoire était eA droit d'en faire Tindiction de sa seule autorité; hors de là, il fallait qu'elle émanât de Tautorité du prince. Un granrl nombre de faits nous apprennent que les charges sordides étaient des redevances personnelles. Les gouverneurs de province écrivaient de leur propre main à quel travail devaient être employés les contribuables, et combicîi de journées d'hommes, de voitures ou de chevaux étaient nécessaires. Ce tableau général était remis au juge, qui dressait l'état de tous ceux qui dev;iicnt acquitter la contribution, en commençant par les plus aisés et les plus notables, et en exemptant les clercs , les magistrats et les décurions. C'était un crime capital de comprendre dans cet état les laboureurs au moment où ils étaient occupés a ensemencer la terre ou à en recueillir les fruits. Parmi ceux qui n'ap* parténaient pas à Tune des trois <}lû« Seé privilégiées dont nous venons do
ààk, FRANCE. MA SSi
parler, fes possesseiim «jne leàr f ndl^
^encc réduisait au service personnel pouvaient seuls obtenir légitimement ce C|u*on appelait une vacation, c'està-dire , une exemption de charges extmordinairès. Cette fàvear était pa« reillement acquise à ceux qui s'étaient fait inscrire dnns un corps de métier.
Voilà pourquoi on appelle encore vacation, en ternie de droit, la profession particulière d*un artisan. LetI hommes qui ne faisaient partie cTau-^ cune corporation industrielle reconnue par les lois étaient tous soumis aux charges sordides, de même que les colons et les serfii des décurions et des églises. Après la conouéte de la Gaule par les Francs, ces cnarj;es devinrent perpétuelles sans qu'il t'dt nécessaire d'eu publier l'indiction, et, jusqu'à la révolution, qui les abolit, aies firent partie, sous le nom de corvéès, du re* Tenu utile des terres seigneuriales.
Charité. — Bien que nous ayons formé ce terme du mot latin chariias, gui revient à chaque pa^e dans les enrits philosophiques de Cicéron ; bieri que le principe affectueux dont il représente l'idée, ait servi de base à la morale religieuse de presque tous les peuples, on peUt dire 6e|i«adant qu'il est devenu chez nous l'expression d'un sentiment que Ton ne retrouve dans aucune autre foi que la loi chrétienne, La charité n'est plus , en effet, dans le ebrfetfanisme, tine ai^ple sympa^ tflie de l'homme pour les souffrances de son semblable; elle ajoute à la bienfaisance la sanrtion d'en haut, et fait au croyant une obligation d'embrasser dans un même amour ses frères et le père céleste. G*«st, ndn-seuler ment un désir, mais encore un effort continuel dirigé vers le bien du prochain en vue de suivre les voies de la Divinité. La charité, avant les progrès du scepticisme moderne, a ronde plus grand nombre de ces asiles ouverts à toutes les misères, et que nous ont légués nos ancêtres. Elle a créé ces saintes sociétés dont les membres iè dévouent au soulagement de toutes If's souffrances. Nous ne nierons point que hi «âtarité n'ait parfois ses erreurs^
Le tdie dè ses adeptes n'est pas tdii^
jours éclairé. C'est elle qui , pendant des siècles, entretint au cœur de Parid la hideuse plaie de cette population de truands que vomissait chaque matin dans les rues le repaire de la couf des Miracles. C'est peut-être elle aussi qui, par ses libéralités irréfléchies , a rendu le fléau de la mendicité si difficile à extirper. Mais diSôns aussi que la charité à sur sa moderne émule , li philanthropie, cet avantage, qu'essentiellement active de sa nature, elle ne peut même se concevoir à l'état spéculatif, état auquel se réduit trop souvent ta seconde. Rappelons d'aillenrd en finissant, que c'est la charité qui , dans des vocations diverses , a inspiré Vincent de Paul, Fénelon, Belsunce et l'abbé de l'Épée. L'histoire de plusieurs grandes (Euvres dé charité a été résamée aux articles Av^
MÔNE et BlENPAlSANCTÎ PUBLIQUE $
nous devons cependant encore nous arrêter sur quelques-unes de ces œu* très, dont la place se trouve marquée naturellement ici, par le titre mémo qu'elles portent.
Les frères de la charité^ institués par Jean de Dieu , approuvés comme société par Léon X en 1520, reconnus plus tard comme Ordre rèlîglenx , furent introduits en France par Marie de Médicis en ICOI , et fondèrent à Paris l'hôpital qui a conservé leur nom. Henn IT leur accorda, èn 1^3, des lettres patentes que confirma son successeur. Ils eurent jusqu'à vingt* sept maisons , tant en France que dans les colonies, et pratic^uerent avec succès la chirurgie jusqu'à la révolution. Leur ordre disparut alors poué toujours. Un frère de la charité, le P, Élysée, jouissait encore auprès de Louis XVIII d'une assez grande id^* veur.
Sous le titre ^ênsHtMm de lé
charité chrétienne, Henri III avait voulu fonder à Paris, dans le quartier Saint-Marcel, une maison de retraite pour les vieux soldats invalides. Les fonds devaient èn étrti prié Sur ceux de tous les hôpitaux de France; mais le prciiet re^t à pallie un èommènie^
&Ï4 iMJL L'UJ^l
ment d'exéeation. Voyez Moiiœ lai.
Les dames de charité, <jui sont depuis longtemps attachées à la plupart cies {}aroisses et à quelques bureaux de bienfiiisanoe , sont géoéraleinent choisies dans les classes de la société les plus favorisées de la fortune. Elles ont la double mission de solliciter les aumônes du riche et de rechercher les besoinsdapanm^S'ilii'estgue trop vrai qoecessainteafonctions sont pour qoel« ques-unes un simple objet de mondaine vanité, d'autres savent ajouter, par ces douces consolations dont leur sexe a le secret, un prix nonveau aux secours qu'elles ap|K>rtent à l'indigence.
Écoles de charité,— Des écoles gratuites sont établies sous ce nom dans la plupart de nos grandes villes. Qu'on nous permetle de faire observer, au sujet de ce nom , que l'on commence, du reste , à mettre de côté , combien c'est une chose choquante que dans un pays comme la France, ce soit par dutrité que Ton donne au peuple tes notions les plus indispensables au commerce de la vie.
Filles ou sœurs de la charité. Le no^au de cette utile institution existait dès 1617 à GhâtiUon-lez-Dombes, en Bresse. C'était une confrérie dont on désignait les membres par le titre de servantes des pauvres. Des soins aux malades, des secours aux indisents, l'instruction chrétienne à J'enlance, des consolations religieuses aux prisonniers , telles étaient les œuvres auxquelles avait appelé de pieuses veuves et de généreuses lilles, la dame Louise de IMarillac, veuve d'Antoine le Gras , secrétaire de la reine.
En novembre 1633, aidée de la coopération de Vincent de Paul, elle établit sa confrérie à Paris , dans le voisinage de Saint-Nicolas du Chardonneret, d'où elle la transporta ensuite dans une maison sise à la Villette, pour la fixer définitivement, en 1636, rue du Faubourg-Saint- Denis, en face des bâtiments de Saint-Lazare. Le 18 janvier 1655, l'archevêque de Paris, le cardinal de Betz, érigea cette confrérie en congrégation;
Louis XIV l'autorisa par lettres pa^*
tentes le 14 novembre 1657; et enfin le cardinal de Vendôme, légat à latere de Clément IX , en confirma les statuts les juin 1668. En 1770, les Filles de la charité desservaient en France plus de 400 établissements, dont près de 130 hospices. Paris seul en comptait 35. Ces pieuses filles furent forcées, en 1792 , d'évacuer le siège de leur communauté ; et tant que dura la tourmente révolutionnaire, on ne rencontra plus leur robe grise consacrée par tant de bénédictions; mais la plupart de ces charitables hospitalières, en déposant le costume, étaient demeurées fidèles à l'œuvre, et elles n'avaient rien perdu de leurs habitudes de dévouement , lorsque Napoléon les rappela, en 1802. L'empereur voulut qu^elles fussent, comme autrefois, sous la direction du supérieur général des Lazaristes , et en méme^ temps il les plaça sous la protection* de sa mère. Toutefois , elles ne reprirent pas d'abord ■ leur habit primitif ; la bure noire remplaça le drap gris , et le bonnet rond la grande coiffe empesée. Elles ne sont revenues que depuis quelques années à leur ancien costume. Depuis 1813, le chef-lieu de l'ordre est établi rue du Bac , dans l'hôtel de la Vallière.
C'est là que réside la supérieure générale, et qu'est placée la maison du no- Ytdat. Le temps des épreuves qu'on y fait est de 5 ans, et les vœux simples que font ensuite les sœurs ne les engagent chaque fois que pour ce laps de temps. A Paris, elles partagent avec d'autres communautés le service des hospices. Elles ont en particulier les Incurables , les Ménages, les Enfants-Trouvés , où elles sont rentrées ' en 1814 , etc. Elles gèrent aussi les
Kaisons déchanté où se fait la distriitîon des secours dans les arrondissements municipaux. Si, d'un côté, le pouvoir hiérarchi(jue auquel elles sont soumises , éteint a peu près complètement chez elles la liberté Individuelle, de l'autre, les exigences extrêmes de leur discipline ont quelquefois forcé l'administration à se priver