‹ France (volume 4)Chapitre 65 sur 79 · UA · texte numérisé non relu

UA

CUA

de leurs soins : comme il est arrivé à Fhospice de la Charité de Paris, où eÛes considérèrent la nomination è*un économe comme une atteinte portée à Tindépendance de leur ordre. Toutefois, disons - le en terminant , dans Taccomplissement de leur mission , ces dignes filles de Vlneeot de Paul méritent bien cette fénération dont le peuple ne se départit jamais à leur égard, et le spectacle des douces vertus des sœurs grises ou des sœurs du pot, comme il les appelle dans certaines localités, n*est pas renseignement religieux dîont il profite le moins.

Vordre de la charité de la sainte yierge fut fondé par Guy, seigneur de JoinTille, à Boueheraumont, en Cham-

gigne; il fut approuvé par les papes oniface VIII et Clément VI , et on lui donna le monastère des Biliettes, bâti à Paris en 1290, sur la maison d'un juif accusé de sacrilège. Ces religieux, qui suivaient la règle de Saint- Augustm, se consacraient exclusive* ment au service des malades.

U association de la charité maternelle, iofOAé» par madame Fougeret, a pour < bot ;d*encourager, par le don d'une layette'et d'une légère pension en argent, les femmes indigentes devenues mères en état de mariage, à nourrir elles-mêmes leurs enfants. La reine Marie-Antoinette se mit dès Torigine, c'est-à-dire, en 1788, à latéte de cette association , dont les temps difficiles qui survinrent arrêtèrent les progrès, mais qui se reforma dès les premières amiées du Directoire par les soins de madame de Pastoret. Les ressources de cette institution étaient cependant encore fort bornées, lorsqu un décret du ô mai 1810 la mit, SOUS le nom de SoeléU matemeUe, au nombre des institutions impériales, et lui assigna une large dotation. Un autre décret du 25 juillet de Tannée suivante homologua ses statuts. La société devait être exclusivement ré* de par des dames. Marie-Louise prit le titre de protectrice, lequel s'est depuis perpétué dans la première princesse de chaque (amilie régnante. £a

1837, la société avait étendu de bienfaisantes ramifications dans 36 des principales villes du royaume , et à Paris seulement , près de 800 mètes avaient , dans l'année, eu part à ses secours.

Charité - sur - Loibe ( la ) , petite ville de l'ancien Pjivernais, aujourd'hui dnl-liett de canton du département de la lïièvre , doit son origme et soa nom à une abbaye de Tordre de Cluny, fondée vers le milieu du onzième siècle, ou même, suivant quelques traditions assex incertaines, a un monas* tère établi vers Tan 700. ËUe était jadis fortifiée et beaucoup plus considérable que maintenant. Mais sa position sur la route de Paris à Lyon , et près d'un pont sur la Loire, fui ont attiré de grands malheurs. Elle a été plusieurs fois prise , dévastée et détruite , notamment dans les guerres contre les Anglais et dans les guerres de religion, où elle fut une des places de sûreté accordées aux protestants. Le prieur du monastère avait le titre de seigneur spirituel et temporel de la ville, et possédait, outre des revenus considérables , le droit dénommer à un grand nombre de bénéfices du royaume. La Cliarité était , avant la révolution , le sié^e d'un bailliage. On y compte maintenant cinq mille cent habitants.

Cbabivabi , nom que l'on donne à un bruit injurieux que, dans certaines provinces, et surtout dans les campagnes, le peuple va faire , pendant la nuit, aux portes des personnes qui convolent à de secondes, troisièmes ou quatrièmes nooes , et même de celles .

ui épousent des personnes d'un âga isproportionné au leur, ou qui refusent de contribuer, par le don d'une somme proportionnée à leur fortune »

aux divertissements de la jeunesse du lieu. Lêcbarivari était , au moyen âge, une peine presque légale dont on se rachetait moyennant une composition. On Ut , en effet , ce qui suit dans une pièce de 1409 : « Le suppliant et «Jeiuln Lolier dirent qu'ilz avoient « composé cellui sur qui devoit se faire « ledit chalivari à xij solz pour le boire « des compaignons et à iiij solz parisii^

« pour la chandelle que les femmes « mettent ardent Timage de Kostre- « Dame dudit Kes. •

Depuis quelques années , et notamment depuis la révolution de 1830 , le charivari est devenu une manifestation politique. Les minorités vaincues dans ks lottes étectorales font rete&liv Quelquefois son bruit discordant et sauvage aux oreilles des candidats qui l'ont emporté sur les leurs; et plus d'un préfet a été, pour des mesures qui n'avaient pas obtenu l'assentiment général, flagellé ainsi par une partie de ses administrés; enfin, il est arrivé quelquefois à des députés d'apprendre par un charivari , après la clôture d'une session législa^ ti?e, que la conduite politique qu'ils avaient tenue à la chambre n'était pas approuvée par tout le monde. Sous le point de vue de l'ordre public, le charivari est considéré comme bruit et nomme tapage ooetume; et, selon Ici circonstances, il est puni de peines de police et même de peines eonrectioBnelles.

Cbablatàns.— C'est ainsi que l'on désigne partieulfèrement ces bibleini

qui haranguent le peuple sur les plaeoi

publiques, et lui donnent pour son argent des élixirs, des drogues, de l'orviétan, et autres spécifiques uni' p»e$ qui guériflient les maux passés , présents, ftitovs, et, ehose bien plus étonnante encore , empêchent de mourir. Mais, dans une acception plus générale, ce nom s'applique encore à tous les diseurs de mensonges , à tous ' les faiseurs de beHes promesses , dont Findostrie est de spéculer sur la niaiserie du public. Sur la même ligne que le marchand d'eau de Cologne, il faut placer tous ces faiseurs de phrases so* liores , qui , dans les salons, dans les journaux , dans des préfaces de livres, dans les collèges électoraux, à la chambre haute, à la chambre des députés, partout, s annoncent comme des phénix, et ne font tant de bruit que pour attirer sur leur petite personne l'attention du pays , qui , sans cela , ne les remarquerait pas. Charlatans en plein air, cbarlataas en gants jaunes, tous

ont cela de commun qu'ils conspirent contre la bourse du public. Les uns et; ks autres le flattent en effet f|lus ou moins adroitement, et l'on sait que^ coDune l'a dit le bon la Fontaine :

Tout flatt««r Yit aax dépens de celai qui l'écoate.

S'il fallait donner la préférence à quelqu'un parmi eux, nous la donnerions aux véritables saltimbanques.

Ceux-ci, au moins, ont une livrée qui les rend faciles à reconnaître, et la moindre ordonnance de police peut Anus en débarrasser; mais oomment fermer la bouche aux eharlatans poli* tiques? Comment les empêcher de couvrir la voix des citoyens honnêtes, qui mettent l'intérêt de la patrie au-dessus de leur Intérêt personnel ; qui plaident la cause du peuple par amour du bien , et dans le but de prévenir quelque nouvelle explosion révolutionnaire?

Le mot charlatan vient de l'italien ciarhtanOf fàrmé dëdarlare y parler

beaucoup, mentir beaucoup. C'est aussi de l'Italie que sont venus en France les premiers charlatans ; c'étaient des aventnriers de Cereta , petite ville des États de rÉgHse. Aussi , dans la langue italienne, ceretano est-il synonymede ciarlatano. Depuis , l'industrie du charlatanisme s'est acclimatée chez nous, particulièrement dans les pro* vincesdu Midi, qui envoient chaque année tant de brillants discoureurs à nos places publiques et à notre tribuns parlementaire.

Il serait difScile de donner une énumération même des charlatans les plus célèbres. En effet, beaucoup de bruit

Eendant leur vie et le plus profond ouli après leur mort , tel est le destin de ces sortes de gens. C'est à peine si l'on pent citer quelques excitions, telles que Moudor, Cagliostro, et un au* tre, dont le nom s'est malheureusement perdu. Voici comment ce dernier s'y prit pour avoir de l'argent : il professait la médeeine; mais le nom do financier, entendu d'une certaine ma* nière, lui convenait beaucoup mieux que celui de médecin. De retour dans sa viûe naUde , après une assez ionguo

CUA FRANGE. CHA M

abnnee^ Il convoqua une assemblée

de tous ses compatriotes , et leur dit : «Je dois le jour à cette ville, j'y ai « été élevé; en reconnaissance des bien- « ùiits que j'y ai reçus, je veux faire « présent û*mk éeu dé trois francs « a tous ceux de mes concitoyens « qui voudront bien l'accepter. »

Ouvrant alors un grand sac, il en tira une foule de petits paquets, pois il ajouta : « Je les vends ordinal- « rement 3 fr. 6 sous ; mais par consi- « dération pour le lieu qui m'a vu « naître et que j'aime tendrement , je « rabattrai 3 francs. » Les paquets tareàt enlevés en quelques minutes, et la recette du vendeur s'éleva à iine assez forte somme.

Une chose qui mérite d'être remaripiée, c'est qu avant la révolution de 1789, les charlatans Jouissàient seuls « du droit de parler en public. Alors il n'y avait point de tribune nationale, et les audiences des tribunaux se tenaient à buis clos. L'opinion publique ne pouvait donc se faire entendre quë dans la chaire sacrée, pair labouche des Fénelon et des iMassillon, ou dans les rues , par la bouclie impure des saltimbanques. Mais huit ou dix ans avant la révolution , une ordonnance royale imposa silence à ces orateurs de bas étage, qui furent bannis en masse.

Longtemps après que la voix puissante de Mirabeau eut inauguré la tribune française, plusieurs des bannis revin* rent', dit-on , et voulurent se donner ppur les héritiers légitimes de notre Démosthène. Jusqu'à cejour, la France n'a pas voulu les croire; et il est probable qu'elle ne se montrera pas crédule de sitôt. Maïs l'important pour eux , c'est d'être revenus, et de faire très-bien leurs affaires.

Si au moins ces charlatans politiques faisaient du diarlatanisme 1 usa^e qui en a été fait dans deux ou trois circonstances exceptionnelles , il n'y aurait que demi-mal. En attendant qu'ils se corrigent, et pour leur inspirer le goût du changement, citons quelques traits de charlatanisme qui oiit eu d'heureux résult-ats. C'est la DMôUeure manière d'en finir avec m

sujet oû la nature humaine sep^ésent»

sous un jour peu flatteur.

En 1728, un nommé Villars dit à quelques amis que son oncle, qui avait vécu près de cent ans , et qui n'était mort que par accident, lui avait laissé le secret d'une eau qui pouvait aisément prolonger la vie jusqu'à cent cinquante ans , pourvu qu'on fût 50bre. Ses amis , auquel il en donna, et qui suivirent le régime prescrit , s'en trouvèrent si bien , qu'ils se mirent h le prôner. La mode en prit , et Villars , bien qu'il eût taxé le prix de la bouteille à six francs, pouvait à peine satisfaire au nombre toujours croissant des demandeurs. C'était tout * bonnement de l'eau de la Seine , saturée d'un peu de nitre. Ceux qui s'astreignirent à la diète virent leur tempérament se fortifier comme par miracle. Aux malades qui n'éprouvaient aucune amélioration , Villars répondait : C'est votre faute si vous « n'êtes pas entièrement guéris ; vous « ayeséÊé intempérants et incontinents , «corrigez-vous de ces deux vices « et « vous vivrez cent cinquante ans pour « le moins. » Certes , la leçon valait bien les si]^ francs. Par mallieur , on finit par savoir que cette eau miraculeuse n'était que de l'eau de rivière; . dès lors on n'en voulut plus, et on redevint intempérant, incontinent com*.

me auparavant.

. L'autre exemple e$^ aussi ingénieux, et il est en outre désintéressé.

C'est en partie à une supercherie iniîénieuse de Parnientier que la classe indigente doit les ressources immenses que lui fournit la culture de la pomme de terre. Voyant qu'on restait iroid aux éloges qu'il prodiguait à ce précieux tubercule, il eut l'idée d'en faire planter dans toutes sespropriétés de Montreuil, et d'entourer la nouvelle plantation d'un cordon formidable de gardiens , auxquels il recommanda de laisser tromçer quelquefois leur vigilance. Aussitôt, tous les paysans d'alentour accoururent pour dérober quelques-unes de ces plantes précieuses a la garde desquelles tant d'honmiei ' étaient employâ. Us se hâtaient en*

CIIA L'UNIVERS. €HA

suite, malignement joyeux d'avoir esquivé les sentinelles, de planter sur leurs terres le fruit de leur larcin.

L*aonée suivante, le pays eut une récolte abondante de pommes de terre.

Quand donc l'engeance des (charlatans proUuira-t-elle encore un homme qui ressemble à Parmentier ?

Chablbhagnb ou Charles V naquit en 742 au château de Salzbourg , en Bavière. Il était le fils aîné de Pépin le Bref et de Bertrade. Pépin , avant sa mort , avait partagé ses vastes États entre ses deux fils , Charles et Carloman (768) ; mais Carloman étant mort (771), Charles resta seul • maître de toute la monarchie des Francs.

Le règne de Charlemagne est demeuré

célèbre dans l'histoire; il jette une clarté brillante , mais courte , au milieu de ces temps de barbarie qui suivirent la chute de Tempirc romain.

Quel a donc été le rôle de ce grand homme, qu'on a tant vanté, mais dont la vie et Pinfluence n'ont pas encore été appréciées avec justesse ?

Ce qui frappe d'abord quand on étudie le règne de Charlemagne , ce sont les guerres nombreuses qu'il eut à soutenir , et dont il sortit constamment victorieux ; ce sont ses conquêtes et 6d gloire militaire. iMais Charleroagne n*aurait-il été qu*un conquérant vulgaire, semblable à ces conquérants qui paraissent de temps en temps en Asie , lorsque la Providence a marqué la fin des empires vieillis? Si Ton étudie attentivement Thistoirede son règne, on s'apercevra que toutes les pucrres qu'il a soutenues avaient un même but. Il s'agissait d'arrêter cette impulsion qui , depuis cina siècles , précipitait les barbares sur ta Gaule, et de mettre une fin à l'invasion , qui s'était ralentie sans doute , mais qui n'avait jamais entièrement cessé. Bien des États s'étaient déjà élevés sur les ruines de l*empire romain : les Yisigoths en Espagne , les Vandales en Afrique , les Lombards en Italie , les Francs en Gaule ; mais aucun de ces États n'avait en lui les conditions de 1^ durée. Leurs limites variaient sans

cesse au gré des invasions nouvelles, pendant qu'à l'intérieur aucun gouvernement stable ne parvenait à s'organiser. Et cependant de nouveaux rar-

bares menaçaient l'existence de ces États éphémères : les Arabes au sud , les Saxons à l'est. Le rôle de Charlemagne fut de réunir sous sa domination tous les peuples qui, à diverses époques, s'étaient établis sur le sol de l'empire, d'en faire comme un seul faisceau, et de les opposer à l'ennemi commun. C'est là le vrai sens de ces guerres , guerres tontes défensives , quoique souvent elles paraissent offensives par In forme. C'est là ce qui absout Charlemagne, et ce qui l'élève bien au-dessus des autres conquérants.

Et d*abord Charlemagne achefa la soumission de l'Aquitame. Les peuples du midi de la Gaule , si souvent , vaincus par les Francs du nord, et récemment subjugués, après une euerre opiniâtre, par Pépin le firef, s'étaient soulevés à la voi.x du vieux Hunald , leur ancien duc, qui était sorti de son couvent de l'Ile de lié pour affranchir sa patrie et venger là mort de son fils. Charlemagne fit aux Aquitains une guerre cruelle , ravageant méthodiquement leurs campagnes, brûlant leurs moissons , déracinant leurs vignes et leurs arbres fruitiers. Ils cédèrent enfin , et se soumirent en fré* missant au joug des Francs. Mais Tindomptable Ilunald ne se tenait pas encore pour vaincu. 11 se retira cnez Didier , roi des Lombards. Ce prince était depuis longtemps brouille avec Charlemagne , qui avait répudié sa fille ; usant de représailles , il prit alors en main la cause des fils de Carloman, que Charlemagne avait dépouillés. Charlemagne passa les Alpes à la tête d'une armée, défit le roi des Lombards, l'assiégea dans Pavie , et contraignit cette ville à se rendre, après que les habitants eurent lapidé Hunald, qui s*était opposé à la capitulation ; et aussitôt le royaume des Lombards fut réuni à la monarchie des Francs ( 774 ). Cependant le duc de Bavière, Tassillon , gendn de Di-.

^er, soutenait encore la cause de fos.Poiircôntenir les Saxons, Cbarle-

son beau - père. Il avait appelé à magne fixa sa résidence sur le Rhin, à son aide ceux des Lombards qui s'é- Aix-la Chapelle, d'où il pouvait surveîltaient maintenus dans le duché de 1er plus facilement leurs mouvements. Bénévent , les Grecs , maîtres de la Tel fut le commencement de cette mer, les Slaves et liss Avares. Il fût fameuse (perre des Saxons qui dura cerné par trois armées que 'Charle- trente-trois ans. Il ne nous serait pas magne avait envoyées contre lui , et possible d'en raconter tous les détails, obhgé de se livrer sans avoir com- Dès que les Francs quittaient la Saxe, battu. Il fut enfermé dans un cou- les Saxons retournaient au cuite de vent, et la Bavière fut réunie à la mo* leurs anciens dieux. C'était tous les narchie des Francs (788). < ans à recommencer. Ils avaient un Désormais les armres de Charle- chef habile et indomptable, le fameur magne pouvaient se recruter non-seu- Witikind , qui résista longtemps, et lement en France, mais en Italie, en quelnuefois avec succès aux armées de Bavière, et dans une grande partie du Ghariemagne. L'empereur comprit reste de rAllemagneJl entreprit alors enfin que , pour assurer leur soude repousser les invasions des Arabes; mission, il fallait une conquête renforça ces peuples à reculer au delà de ligieuse. Une armée de prêtres vint rÈbre, et établit entre ce fleuve et les alors après une armée de soldats. Tout ^rénées les deux Marches de Gotbie le pays fut partagé entre les abbés et et de Gascogne, destinées à servir de les évéques chargés d'^bllr un svsrempart à son empire. C'est au retour tème régulier de conversion, et l'^on de cette expédition qu'il essuya le fa- créa successivement huit grands évêmeux désastre de Koncevaux. (Voyez cbés : Minden, Ualberstadt, Verden, RonGBYAUx.) Brème , Munster , Hildesheim , Osna-

Mais la plus longue et la plus im- bruck et Paderborn.

portante de ses guerres , fut celle Cependant Witikind revient du fond

qu'il fit contre les Saxons. Ces peu- de la Scandinavie, et renverse en peu

pies , encore païens , étaient partagés de jours l'œuvre de Charlemagae et

«1 trois tribus : les WestpbaHens , les de ses évéques. Mais il est bientôt

Ostphaliens et les Anganens. Ils ado- obligé de reculer devant Tarmée des

raient les dieux des anciens Germains: Francs. Toute la Saxe est alors im-

Odin, le Jupiter des peuples du nord ; pitoyablement ravagée, et quatre

Tbor , le dieu de la guerre ; Freyda, mille cinq cents Saxons , qui n'a-

la déesse de l'amour , la Vénus scan- vaient pu suivre Witikind dans sa dînave. Cependant ils avaient été les retraite rapide, furent faits prison* alliés des Francs sous Charles Martel niers, condamnés à mort comme couct Pépin le Tlref , et ils avaient cou- pables de lèse-majesté, et décapités à senti qu'on leur envoyât des mission- Verden (782). Cet horrible massacre naires pour leur prêcher l'Évangilç. excita une indignation universelle ; Mais l'un de ces missionnaires eut mais les Saxons furent de nouveau l'imprudence de les menacer des ar- vaincus à Dethmold (785) , et obligés mes du grand empereur. Les Saxons, de se soumettre. Witikind lui-même indignés, brillèrent l'église de Daven- reçut le baptême, et la Saxe resta ter, que les Francs avaient récemment tranquille pendant huit ans. Charleconstruite ; et Ghariemagne saisit avi- magne y recruta dès lors ses armées , dément ce prétexte pour commencer et se servit ainsi des Saxons pour la guerre. Les Francs marchèrent combattre les Arabes et les autres endroit au sanctuaire des Saxons , et dé- nemis de son empire. A la fin , les truisirent la fameuse Irmen^Saeul , Saxons cependant se lassèrent de cornée mystérieux symbole dans lequel on battre pour leurs oppresseurs. Ils mas-

Ëouvait voir l'image du monde ou de sacrèrent les lieutenants de Tempe*.

i patrie, celle d'un dieu ou d'un hé- . reur, brûlèrent les ^lises, et retouf*

T. IT. 94* Xt9. (DiGT* BKGTGL. 9 BTC.) S4

nèrent avee passion au enlte de leurs pape liéen/pm le récompenser 4ë.

anciens dieux. Charlemagne, après les ses services , plaça sur sa tete la couavoir vaincus encore une fois, les con- ronne impériale (800). Aux fêtes de traitait en grande partie a quitter leur Noël, pendant que Cbarlemagne papatne ; et ceux qui restèrent embras* laissait absorbé dans la prière , Léoq aèrent le christianisme, qu'ils nequtt» le revêtit de la pourpre impériale, et tèrent plus depuis. ( Voyes &A.XOK le peuple le salua du nom de César et [Guerre contre les]}. d'Auguste. Ainsi fut renouvelé l'em- . Tandis <|ue Cbarlemagne fortifiait pire romain d'Occident, après une inainsi fempire au dehors par ses vietoin terruption de quatre cents ans. Gbarres et par ses conquêtes, il essayait de lemagne adopta dès lors le cérémonial Torganiser à l'intérieur en établissant de la cour de Byzance, qui fut conun gouvernement régulier. Il institua servé par ses successeurs. Il mourut des et des fJicûm^e^- chargés de en 814, laissant le trône à son fila fOttfemer les pvorinces., et il établit Louis le Pieux. IBS mUsi dominici, chargés d'inspecter La grande physionomie de Cbarletoutes les parties de l'empire , et de mafi;ne se dessmê dans l'histoire sous lui faire connaître les abus qu'ils un aspect exceptiounri ; il a été pour pourraient remarauer. Lui-même pré- l'Église d'Occident, c'est-à-dire pour iidait les aasenaolées générales du la papauté , ce ^ue fut Constantin pour dkaam demai, où étaient rédigés, TÉglise primittre; il a marqué, avec sens le nom de capitulaires, les lois une gloire immense , l'époque de traiH et les décrets qui devaient régir la sition entre la barbarie et la civilisa*? nation. Mais toutes ces tentatives tion, et on retrouve en lui avec iMoïse, étaient prématurées. Au milieu de et peut-être plus encore avec Mahotant de peuples qui dlIGéraient par met, certaines analogies qui en feront leur langue, leurs mœurs et leurs usa» toujours un personnage à part. Comme ^es , on avait beau essayer d'établir les califes , successeurs du prophète, quelque unité; ladissonnance reparais- Charleniagne a réuni dans sa personne iait toujours , et les efforts de Char- le pouvoir spirituel et la puissance lemagne restaient frappés de stérilité, temporelle ; comme eux enoore , il a (Voyez Capitulaibes , Champ de fait la guerre au moins autant poui^ haï, Comtes, Vicomtes, Misai do? convertir les peuples que pour étendre KiNici, Ceintralisation.) ses conquêtes. 11 a délivré les papes du - La tpntative de réforme littéraire voisina|;e mena^nt des Lombards ; ii dirigée par Alcuio ne fut plus les a aidés, il est vrai , à s'afihrancbu iMureuse. On Sait que les pnncipaux de la suzeraineté de la cour de Byzance t conseillers de Cbarlemagne avaient mais il les a placés directement, sinoa formé une sorte d'académie , dans la- sous son autorité religieuse, du moins

3ueile il siégeait lui-même sous le nom sous son protectorat politique ; et ,

e Bafid, les autres se disant appe- dans plus d'une circonstance, Il s*est

1er Horace , Homère , etc. Dans ces montré lui-même à la fois pape et em*

tentatives, c'est la volonté qu'il faut pereur. Le rival et l'ami du calife Ha-

louer ; mais toute celte littérature fac- roun-al-Raschid ne voulait lui être iu«

tice resta sans fruit. ( Voyez Acaué- férieur en rien,

jf IB VE GHABLBMAeirB.) « Cbarlemagne , a dit M. Gaizot , se

Ce sont là les grands faits qui se servait beaucoup des ecclésiastiques;

rattachent au règne de Cbarlemagne. ils étaient, à vrai dire, son principal

Sous avons envisagé ce prince sous un moyen de gouvernement ; mais il vou-

triple point de vue comme conquérant, lait s'en servir eu effet, et non se

eonune législateur,et oomme protecteur mettre à leur serviee. Les Capi tulaires

des lettres. Il fut aussi le protecteur de attestent sa yigilance à gouverner te

FÉglise, qui combattait alors pour la clergé lui-même, et à le contenir soui

cause de la civilisation. (Voyez Chris- son pouvoir. » Son omnipotence s'exep-

xiANm|£ et Papauté.) On sait que le ^it f ^ssi sur \p, papq ^ui , à spp ^lec^

tion, prêtait serment de fidélité à Tempereiir.Charlemagneécrivait à Léon III :

« Nous nous sommes grandement réo joui et de l'unanimité de l'élection, « et de l'humilité de votre obéissance, « et delà promesse de fidélité que vous « nous avez faite. » De son côté, Léon III écrivait à Cliarlemagne : ^ Si nous « avons fait quelque chose incompé- « temment, et si , dans les affaires qui a nous ont été soumises, nous n'avons « pas bien suivi le sentier de la vraie « loi, nous sommes prêt aie réformer « d'après votre jugement et celui de vos « commissaires. » Environnée d'ennemis et naissante à peine, la papauté ne songeait pas encore à lutter contre des princes qui la mettaient à l'abri des attaques des Arabes , des Lombards et des Grecs, et qui avaient refoulé et converti les Saxons; ce fut plus lard seulement, lorsque, grâce aux concessions de Pépin le Pref et de Charlemagne, elle eut grandi et pris de nouvelles forces , qu'elle put faire respecter sa puissance spirituelle, traiter d'égal à égal avec les successeurs de l'empereur, et leur apprendre de quel poids est la puissance morale qui s'appuie sur la religion et sur l'amour des peuples. A Tepoque de Charlemagne , l'unité politique et l'unité religieuse étaient encore vaguement confondues , et la prépondérance penchait naturellement du côté de la force matérielle, qui ne demandait à l'autorité pontiGcale rien autre chose que sa sanction.

On a été généralement frappé de la rapidité avec laquelle eut lieu le démembrement de l'immense monarchie de Gharlemagne ; la plupart des historiens ont vu la cause de sa décadence dans sa grandeur même , dans les iuvasions des Northmans et des autres barbares, enOn, dans la diversité des races et des peuples que le génie d'un grand homme n'avait pu reunir que pour un moment, A cette triple cause de démembrement, qui est évidente, il faut, suivant nous, en ajouter deux autres d'un ordre plus élevé et beaucoup plus puissantes, puisque la diversité des races ne s'était pas opposée à la

formation de l'empire, et qu'une fois créé par le génie , il aurait pu être consolidé par les moyens ordinaires.

D'abord ce ne fut pas seulement à Gharlemagne que l'empire carlovingien dut sa naissance. Pépin d'Héristal, Charles Martel et Pépin le Bref avaient déjà beaucoup fait lorsqu'il mit la main à l'œuvre.Le besoin de défendre lachrétienté contre les invasions des Arabes, voilà quel fut le motif de l'avènement des Carlovingiens. La Neustrie , efféminée par les jouissances de la conquête , était hors d'état de tenir téte aux mahométans; l'Austrasie, au contraire , encore vigoureuse et d'ailleurs retrempée par le contact des Saxons idolâtres , s'élança à la rencontre des Arabes , et les battit dans les plaines de Poitiers. La victoire de Charles Martel hûta la ruine des Mérovingiens et rendit possible le couronnement de Pépin le Bref. De toutes parts , on sentit dans l'Occident le besoin de s'unir contre la monarchie arabe dont l'extension prodigieuse mettait en péril toute la chrétienté. La papauté, également menacée par les mfidèles, seconda ce mouvement ; et , en échange des services que Pépin le Bref lui rendit contre les Lombards, elle donna son approbation au détrônement des rois fainéants. Le génie de Gharlemagne profila habilement de la frayeur qu'mspiraient les Arabes à la chrétienté , et de l'assistance morale que prêtait le pape à son ambition pour grouper en un seul faisceau tous les peuples chrétiens, et élever en Europe un empire capable de servir de contre - poids à l'empire arabe.

Il y a , dans l'existence de ces deux grandes monarchies de l'Orient et de l'Occident au huitième siècle, un rapport de coïncidence qui ne saurait être attribué au hasard , surtout lorsqu'on voit se reproduire au neuvième siècle une coïncidence analogue dans le démembrement de ces deux mêmes monarchies. Le danger n'existant plus, les Francs ne sentaient plus si vivement le besoin de rester unis , et l'unité carlovingienne pouvait se rompre sans compromettre l'équilibre. Les

modifications qui te remarquent dans dû tous leurs succès à leur alliance

Thistoire de enaque peuple ont à la avec le clergé catholique , quMIs traifois leur raison d'existence dans les tèrent toujours comme un pouvoir événements de l'intérieur et dans les supérieur, et les évéques profitèrent de éTénements du dehors , |>arce que les leur condescendance pour augmenter uns et les autres réagissent, soit outre mesure leur pouvoir. Les Carlosur l'état social des nations, soit vingiens, au contraire, héritiers de la sur leurs rapports internationaux, puissancedes Mérovingiens, essayèrent îïous nous croyons donc autorisé à de dominer les prêtres, et de renouvedire que Tune des principales causes 1er Tempire romain, dont le souvenir de la dissolution de la monarchie car- s'était conservé même en Austrasie, lovingienne fut la dissolution de la où Brunehaut avait déjà fait une premonarchie arabe , de même que l'a- mière tentative. Ainsi on voit Charles grandissement des Sarrasins contribua Martel maltraiter les évéques, que les

{)our beaucoup au développement de Mérovingiens adoraient presque, et les a puissance des Carlovin^ens. A ce dépouiller des richesses dont les rois point de vur , on pourrait peut-être fainéants les avaient comblés. Mais si justifier la critique qui a été adressée Charles Martel dépossède les prêtres, plus d'une fois au système politique s'il enrichit ses hommes d'armes de de Charlemagne. On a blâmé ce prince leurs dépouilles, c'est pour faire de ses d'avoir fait la guerre trop souvent généraux des évéques , et de ses solaux Saxons , et pas assez souvent aux dats des abbés. Ce n'est pas à la Arabes d'Fspagne. Une lutte suivie religion qu'il en veut, c'est à ses micontre les infidèles aurait, en mainte- nistres ; lui-même est le missionnant Texaltation religieuse des Francs, naire armé du christianisme contre les retardé peut-étrele triomphe de la féo- Saxons idolâtres et les Arabes mabodalité ; mais Charlemagne aima mieux métans. Seulement, il remplace Tanporter ses armes, et avec elles la dif- cien clergé, qui ne veul pas recontusion du christianisme , chez les bar- naître sa suprématie, par un nouveau bares du JNord , ignorant encore l'art clergé qui consacre sa urépondérance; des combats , gue de s*eb prendre aux aussi est-il bal des prêtres et n*08e-t* Sarrasins, qui étaient puissants et il pas poser la couronne sur sa tête, aguerris , et pour lesquels il eut tou- parce qu'il n'a pas l'assentiment de la jours une sorte de ménagements qui cour de Rome. Pépin le Bref , plus semblaient aller Jusqu'à l'affection, heureux, fait sa paix avec la papauté Gomme ils avaient cessé de prendre en la dérendant contre les Lombards, roffensive, et que les Ommiades d'Es- Charlemagne, qui succède à son pagne le séparaient du centre de la père en vertu d'un droit, est plus inmonarchie gouvernée par les Abassi- dépendant dans sa conduite , et nous des, il j)ut sans imprudence pactiser avons vu qu'il était parvenu à réunir, avec les infidèles.'Toutelois, une poli* sinon de droit, du moins de fàit, les tique contraire eût été plus conforme deux pouvoirs. Nul doute querexemple à celle qui avait fait la fortune de sa des califes nrabes n'ait puissamment race et aurait eu l'avantage de donner inilué sur les prétentions d'omnipoplus de dév eloppement à la marine des tence religieuse et politique manifesrrancs, qui nfetait pas en rapport avec tées par les Garlovingiens. La réunion leurs forces continentales et qui seule du spirituel et du temporel, ou du aurait pu leur permettre plus tard de moins la subordination de la puissance repousser avec avantage les invasions religieuse, leur paraissait d'auL:int plus des pirates nortbraans. désirable que, sous les Mérovingiens, la La seconde cause qui précipita le morgueducJergéétait parvenue au plus démembrement de l'unité carlovin- baut degré; elle leur semblait fa- Çienne, est, à notre avis, encore plus cile, parce qu'ils se sentaient puissants, importante que celle dont nous venons et que le clergé était incapable de leur de parler. Les Mérovingiens avaient résister; ils la croyaient indispensable.

parée qu'elle seule aTait permis aux nabométansde foikleren peu de temps

une monarchie sans pareille. Sous les Mérovingiens , lechet de l'État n'était qu'un lieutenant militaire du clergé; 80U8 les CarloTîngiens, le roi ou rempereur est un véritable calife , les généraux sont des émirs , et les Soldats autant de moines armés, i Tant que Charlemagne vécut , les évéques et le pape acceptèrent la positiOD subalterne que leur avait faite la nécessité , puisque , sans le sabre des Francs austrasiens, c'en était fait peutêtre du christianisme, menacé à la fois par les Saxons et par les Arabes; cTen était fait de la papauté naissante, mise à deux doigts de sa perte par les Lombards. Mais après la mort du grand homme, et sous son débile successeur, le clergé prit fÎMilement sa revanche.

EnefTét, dans toutes les guerres civiles qui a«:;itérent !e règne de Louis le Débonnaire , on voit les évéques et les papes activer ie démembrement de J'empire, ceux-ci pour se rendre Indépendants , celui - là pour élever son pouvoir spirituel au-dessus de la puissance de l'empereur. D'accord pour détruire la monarchie de Charlemagne, les évéques et le pape sont en d»si« dence. parce que le pape veut fonder Tunite sacerdotale sur les débris de l'unité politique et gue les évéques veulent être à la fois mdépendants du pape et de Tempéreur et partager l'impunité des seieneurs féodaux; cette complication d'intérêts augmente le désordre de la situation ; mais le fait général qui domine tous les événements, <^e8t que le clergé, soit avec les évéques , soit avec le pape , repousse de toutes parts la supériorité que s'étaient arrogée les Carlovingiens et revendique la prépondérance pour le pouvoir spirituel. Enfin, et ceci est décisif, le résultat de cette anarchie, c'est que la succession de Charlemagne , c'està-dire, l'omnipotence sur le clergé, sur les seigneurs et sur le peuple , échoit à la papauté. A la monarchie carlovîngienne succède la monarchie sacerdotale, à laquelle les empereurs d'Allemagne, héritiers du titre de Charlemagne, vont faire une guerre terri-

[CE. ÇliA ,6M

ble. De la sorte, Gharlemacne apparaît comme un tjrpe intermédiaire entre

les empereurs et les papes, et partie!-' pant de la nature des uns et des autres. ' Ainsi donc , la dissolution de l'em-

I lire arabe d'une part, et de l'autre 'agrandissement naturel du pouvoir religieux de la papauté, ont été, pour Fempire de Charlemagne, deux causes de décadence bien plus actives que la çnusdeur de la monarchie , les invasions des Northmans , la diversité des races et les germes de féodalité qui se trouvaient dans les mœurs des Francs et dans leurs lois de succession. Croit-on que l'empire se serait ainsi dissous si les Arabà ne s'étaient pas eux-m^mes séparés en une foule d'États rivaux? Croit-on que son démembrement edt été aussi rapide si le clei^ et les papes avaient prêté aux successeurs de Qiarlemagne le même appui qu'aux successeurs de Clovis?

Loin de les soutenir, le clergé hâta leur chute de toutes ses forces , dans Tespoir d'hériter de leurs dépouilles.

Disons-le franchement, la papauté aurait manqué à son rôle si elle n*avait pas employé son génie à remplacer par des nationalités plus vraies un vaste empire , reposant avant tout sur la force , et , par conséquent , destiné à mettre dans la même dépendance que l'Église de Constantinople , l'Église romaine, qui était appelée à devenir la plus grande puissance morale qui ait encore eiisté. La monarchie de Charlemagne fut une immensedictature plutôt qu'un empire, dictature nécessaire pour dompter les Saxons, résister aux Arabes et arracher la papauté au joug des Lombards^ mais qui devait cesser dès que les Lombards auraient été vaincus, que les Saxons auraient été domptés, convertis, et que les Arabes ne seraient plus à craindre. Malheureusement la papauté dépassa le but, et favorisa jusqu'à l'exi ès ie morcellement des Ktats, redoutant sans doute que de l'un d'eux ne sortît un nouveau conquérant qui vint abaisser sa suprématie. Malgré toutes ses précautions, les peuples finirent par établir leur indépendance , et mille ans après Charlemagne, r^apoléon éleva la

M au L*imitltti.

jmissance politique au-dessus de leur

jmissance politique au-dessus de leur . x a • ^ I ^

autorité religieuse. Açrès avoir sup- ««• Wnm k Angtion : —j— , É

]Kirté le joug avec résignatioa, la pa^ * ' wIa

pauté se redressa contre Napoléon,- Marseille: , etc. D^autwsfois, les

comme elle s'était dressée contre les successeurs de Charlemaene; mais elle finit par tomber sous Te Joug des rois, dans la ligue desquels elle avait

eii rimprudence d*entrer. Quand re-

viendra-t-elle sincèrement aux peuples dont l'amour et le respect l'avaient jadis rendue si bienfaisante et si forte?

(Voyez CABtOTiiiGiBNs et Ëitpnm stNiGiiiBNT, et au 1*' vol. des Anna-*

XES,lés pag. 33 et suivantes).

Chaulemagne (monnaies de). — Charlemagne et Carioman continuèrent d*àtK>rd les usases que Pépin «vàlt établis dans la fabrication de la monnaie. Il avait abandonné la monnaie d'or ; ils ne la reprirent pas , et ne firent frapper que des deniers d'argent , marques d'un eôté du nom dd prince , et de l'autre de celui de la ville. Mais ces deniers sont d'un type et d'un travail tout différeht, suivant l'époque de leur émission. Au commencement dé son règne, Charlemagne faisait tailler comme son père vingtdeux sous dans la livre d argent, de sorte que les deniers pesaient vingtquatre grains. Mais dans la suite, il entreprit de réformer lel liiéSures ét les monnaies usitées dans ses États.

Chaque denier fut porté à trente grains ou environ, et l'on ne tailla plus que vingt sous à la livre. On ne connaît au nom de Carioman qu'uni seule monnaie qui fât frappée à Clermotit en Auvergne, ainsi que le prouvent ces lettres du revers , A R , et celles-ci du droit, CRM. Les deniers de Charlejuugue sont au contraire fort nombreux , et nous ne pourrions en décrire ici toutes les variétés. Nous nous contenterons d'en citer quelques-uns parmi les plus remarquables.

Les pièces de la première moitié du règne de ce prince sont en général d'un style fort grossier ; elles présen-

siis

lettres de ce nom sont placées circulairement autour d'un besant qui oc- 5u^ le champ, commë à Melle ad Poitou : MEDOLVS. Quelquefois eUetf forment deux lignes séparées ou ikoa

par un tirait, «ommeftlftn: 1^"^^ i

ctàUsès

VCE CIA

D*autres foii« oom^

tent au droit le nom du roi ^ en deux lignes: , et au revers celui d« lu deux lignes : iriUe,écart6lé entre tesbranches d*uDe monogrtoiine du roi.

me à Paris , on voit reparaître TaiH cien type noéroTingip. Mais, dans la

suite, et surtout après ses conquêtes en Italie , Charlemagne améliora considérablement le titre de ses mon* naies. Ce type représenta alors , d*uii cdté , l0 monogranim» d« Chartes | dans le champ et autour , le nom du roi tout entier : cablvs rex fr. ; de l'autre côté une croix, avec le nom do la ville : mediolanvh, Milan; papia^ Pavie. Quelquefois 4 comme à Mello^ c'est le tiom de la ville , MBtVLio , qui entoure le monogramme. Les monnaies de Mayence offrent Pexemple d'un emprunt remarquable fait au type mérovingien; on j voit «n isfMt la croix anséë, qui forme, oomnie ùH sait, l'un des principaux éléments dë ce type. Les deniers frappés à ArleS présentent , d'un côté , l'effigie dti prince 4 avec la légende t iMVKà]|£VË IMPBBXFETL ; dé l'autre , unè pôrfe^ de ville, emblème de la cité) Al^là légende arelato.

r^ous avons dit que Cbarlemagne B'ëviiit fait ftaplier aocnnè iildiinAfe d'or ; cela est vrai poël* là France.

Cependant on connaît trois pièces de ce métal frappées sous son rè-« gne à Uzès; mais il n'est pas prouvé que ce soient de véritables monriaies. Quoi quMI en soit, leur type est celui des premiers deniers frappés sous le règne de (Charlemagne. Elles présentent d'un côté le nom d'Uzès en

et au reveit k

CitA

CHA

Charlemagne rendit sur les monnaies plusieurs ordonnances. Suivant le éapftulàire dé Mayence , de Tannée 774 , ceux qui s'opposaient au court de la moiinaie impériale devaient être condamnés à quinze sous d*an<ende, s'ils étaient libres, et fouettés en pretence du peuple, s'ils étaient esclaves, à moins que leur crime n*eât été commandé par leur maître , auquel cas te maître seul était responsable. L'empereur publia en 805, à Thionville, une autre ordonnance, dans iebutde réprimer les ^lix monnayeurs gaî infestaient tes Etats ; et pour r^er autant que' possible rusa;;e de la monnaie, il décida que dorénavant elle serait fabriquée dans son palais même. On douiatt en effet des deniers de Char* leniagne qui portent pour légende:

PALATINA MONETA.

CiiARLEMONT, Tunc dcs fortcrcsses lés plus importantes du royaume, autreroischef-liea do Namurroisfirançais, aujourd'hui comprise dans le département des Ardennes , doit son nom à Charles-Quint, son fondateur, et à sa situation sur une hauteur escarpée.

L'empereur ayant aciieté, vers 1540, le comté d'Agimont, dépendance de la principauté de Liège , fit bâtir le château de Charlemont , et bientôt après une petite ville , qu'il unit au Kamurrois en 1555. Cette place fut cédée par le traité de Nimègue à Louis XIV, qui en prit possession le 22 avril 1679. Ce fut alors que le roi fit fortifier Givet , qui se composait à cettç époque de deux villages séparés Bar la Meuse* et Situés au pied de la forteresse. De plus , il chargea Vanban d'ajouter de nouvelles fortifications a celles qu'avait élevées Charles- Quint , et l'illustre maréchal conduisit luf-méiae les travaux. Alors Gharlomont et les deux Givet ne formèrent plus, pour ainsi dire, qu'une seule ville, ayant un seul gouverneur et un seul lieutenant du roi.

En 1815 , les Prussiens entrèrent à Givet après avoir éprouvé une courte résistance ; mais ils ne purent s'emparer de la forteresse inexpugnable qui domine cette ville. Charlemont, défendu par le comte Boucke, refusa de

leur ouvrir ses portes, et conserva sa garnison française tant que dura l'occupation du territoire national par les aînés des Bourbons.

Chahleboi ( sièges de ). — Cette ville avait été bâtie en 1666 par les Espagnols. Mais avant qu'ils eussent eu le temps de la fortifier complét&ment, Tureilne la leur enleva, let juin 1667 , au début de la guerre ei^ treprise pour défendre les droits de la reine, et Charleroi resta sous la domination française, en vertu du traité d'Aix-la-Chapelle, conclu en iisès.

— Le 13 décembre 1672 , le prince d'Orange , profitant de l'éloignement des généraux français, et renforcé de dix mille Espagnols', vint investir cette

f>lace. La Mlle défense de ïfontal el 'flpreté du froid l'obligèrent à se re-^ tirer avant d'avoir ouvert la tranchée.

Cinq ans après , il vint une seconde fois mettre le siège devant Charleroi , mais sans plus de sueoèsj

— Rendu aux Ëspagnols par ie traité deNimègue, en 1678, Cnarleroi fut bombarde par le roi en 1692, et pris le 11 octobre de l'année suivante, è la suite de la victoire oe Nerwin* den ; il revint aux Espagnols en 1G97, par le traité de Ryswick. Puis, au mépris do ce traité , l'électeur de Bavière y introduisit de nouveau une garnison française en 1701. Le mal* heureux traité' d'Utrecbt nmdîtccdte ville à la Hollande. Le 2 août 1746, elle se rendit au prince de Conti après quatre jours d'attaque. Mais au corn*!

mencement de Tannée 1749 , à la paix d*Aix - la - Chapelle, elle retourna au pouvoir de l'impératrice.

— Le 12 novembre 1792 , Charleroi fut occupé par les troupes françaises, commandées par le général Valence , dont rapproche suffit pour foire fuir la garnison autrichienne. Mais la trahison et la retraite de Dumouriez le firent retomber Tannée suivante aU pouvQîr de TAutriche.

—La cainpagnede 1794, que la répu* blique ainsi que la coalition regardait comme décisive , était engagée. Les ordres absolus du comité de salut public enjoignaient à Pichegru , renforcé

par rarmie des Ardennest d'attaquer

CHA

LimiVEES.

CHA

les ennemis vers Charleroî , où se sart , elle avait craint de perdre se*

trouvait le centre de leurs positions , communications avec la rive droite, et

et où ils avaient réuni la majorité de elle s'y était portée en bon ordre ; le

leurs forces. En conséquence, le n;éné- reste de l'armée fut obligé de suivre

ral Charbonnier franciiit la Sambre le son mouvement » Les Autrichiens

'ao mai , et menani Charleroî. Mais détroisfrent tous nos travaux , et se

trois jours après ill fut battu , et re> retirèrent aussi dans la nuit sur Ni-

pousse en désordre sur la rive droite, velles. Dès le lendemain, le général

L'armée des Ardennes, pressée par rioflexible volonté des représentants idela Convention nationale, fit, le 26, de nouveaux mais vains efforts pour repasser la Sambre. EnGn le 29, après trois jours de combats acharnés , le passage fut force, et Charleroî investi.

Jourdan tenta de noiiveai: le passage de la Sambre, l'opéra malgré de grandes difficultés, et recommença le siège.

Cobourg accourut alors pour soutenir ses lieutenants avec trente mille hommes. Mais on poussait avec rapidité les opérations du siège

ais un renibrt de vingt mille hommes Le 35 Juin , le gouverneur demanda a

étant survenu aux Autrichiens dans capituler ; Je suis arrivé en hâte, ré*

cet intervalle, les généraux ennemis pondit Saint -Tust, j'ai oublié ma

tombèrent sur nos lignes de blocus, et plume ; je n'ai pris qu'une épée (**).

nous forcèrent à repasser la Saïubre Le même jour, le commandant, crai-

une troisième fois.

A ce même moment, le général Jourdan, à la téte de quarante mille hommes détachés de l'armée de Rhinet-Moselle , traversait les Ardennes , et opérait sa fonction avec les corps

gnant un assaut, se rendit à discré* tion, tandis que les généraux autrichiens, ignorant cette reddition , s'ébranlaient pour dégager la place. Le lendemain, au point du jour, les armées , qui se trouvaient en présence ,

qui venaient d^ltre battus sous Char- se disposèrent à combattre, et alors

1^..^! TT„ I . :i .1.. ^ l l^ï^.-

leroi. Un grand conseil de guerre se réunit , et il fut résolu qu'a îa téte de ces forces imposantes, désignées plus tard sous le nom d*armée de Sambre* ct-Meuse, on reprendrait avec une nouvelle vigueur le siège de Charleroi. Jourdan s'établit autour de la ville , en couvrant toutes les routes . qui y conduisent. Bien que secondé par d'habiles généraux, par Lefebvre, Champîonnet , liatri , Kléber , Marceau, etc., il essuya encore un échec.

« Le prince d'Orange , Kaunitz et Beaolieu tombèrent sur les positions où les républicains n'étaient pas encore affermis. Un combat opinirUre s'engagea au milieu d'un brouillard épais . qui déroba aux généraux fran-

gis la force et les mouvements de irs adversaires. Néanmoins, sur le Piéton et vers Gosselies, les Impériaux furent culbutés ou contenus. Jourdan se croyait vainqueur, lorsqu'il apprit

s engagea la célèbre bataille de Fleurus , brillante journée qui valut à la république la conquête de la Belgique.

~ Au mois de juin 1815, Napoléon opéra sous les murs de Charleroi la réunion des armées de la ÎSIoselle et du Nord. Le 15, le général Quielhen, qui avait dans cette ville son quartier général , Pavait évacuée précipitamment, et le général Pajol y était entré, suivi immédiatement par Tempercur.

Ce fut dans les plaines de Charleroi, de Fleurus, de Ligny, que les armées françaises remporârent leurs derniers succès avant la fatale journée de Waterloo.

Chables , nom fort commun en France depuis l'établissement de l'empire carlovingien , et dont la véritable

(*) TaUeaa des gueires de la révoluUou,

(*•) Frappé d'étonnement , en entendant

que son aile droite avait repasse la ces belles paroles, l'officier auUickieu à

Sambre. Ignorant ce qui se passait sur qui elles étaient adressées se loarna Ters

les autres points, et voyant deux re- ceux qui le suivaient en s*émant : « Cemon^

doutaUes colonnes menacer Lambu* murdcSaiat-JuttUeiimbiengrtH^hamms^

ou

orthographe , d'après le son de l'andernie tangue tudesque, est KarL qui , •ubant J. Grimnif s^nifie robuste.

Chables IMartel naquit en 689.

Son père, Pépin d'Héristal, était maire du palais dans les royaumes de Neustrie et d*Auttrasie. Sa mère, Alpaîde, n'était qu'une simple concuDÎne ; car la femme de Pépin se nommait Plectrude. On raconte qu'un jour Tévéque Lambert, se trouvant assis à la table de Pépin, aux côtés d*Alpa!de, Tootragea cruellement par ses paroles , pour faire sentir au duc des Francs que rKglise était scandalisée de sa conduite. Quelaues jours après, un frère d*Alpaide qui avait été témoin de Toutrage fait a sa sœur , surprit révêque en prière , et le tua au pied de l'autel. Un fils de Pépin, Grimoald , étant allé prier devant le tombeau du mart>T, fut frappé par un inconnu ; et Pépin , soupçonnant le fils qu'il nvait eu d'Alpoïdè, le fit enfermer dans un cacliot, et léf^ua ses tAats à son petit-fils, âgé de six ans, qu'il plaça sons la tutelle de son aïeule Plectrude.

Cependant les »ustriens , après la mort de Pépin d'Héristal, s'étaient révoltés contre cet enfant, au nom du-

3uel les chefs des Austrasiens prétenaient les gouverner. Ceux-ci voyant le pouvoir échopper de leurs mains , résolurent de mettre à leur tête un homme capable de les conduire à la victoire. Ils tirèrent de sa prison le bâtard de Pépin, qui défit les Neustriens dans deux batailfes successives, et gouverna ensuite les deux royaumes de Neustrie et d'Austrasie au nom du mérovingien Cbilpéric II, qu'il avait décoré du titre de roi.

La Gaule fronque était alors menacée sur le Rhin par les Germains, aux Pyrénées par les Arabes. Charles Martel réussit à repousser les Germains, et porta la dévastation jusqu'au fond de la Saxe. Puis, ayant pris à sa solde un grand nombre de ces barbares qu'il avait vaincus , mais dont il appréciait la valeur et le caractère indomptable, il revint en Gaule et les opposa aux Arabes* Maîtres du nord

de l'Afrique et de l'Espagne, les Arabes avaient franchi les Pyrénées, el ib avaient planté l'étendard du prophète jusque sur les murs d'Autun. Ce fut dans les champs de Poitiers qu'eut lieu (732) la rencontre solennelle des guerriers francs et des guerriers arabes. Ceux-ci, montés sur des chevaux légers, mais peu accoutumés aux chances d'un combat en règle , vinrent échouer contre les lourds bataillons des Francs , qui leur paraissaient comme un rempart de fer. Trois cent soixante-quinze mille Arabes restèrent sur le champ de bataille, au dire des chroniqueurs , dont Timagination paraît avoir été vivement frappée de cette rencontre décisive de deux armées animées par une égale valeur et par un même enthousiasme religieux.

Toutefois^ cette grande victoire fut si peu décisive , qu au dire de ces nié« mes chroniqueurs, Charles Martel ne poursuivit pas les ennemis, cfecraînte d'embûche. (Voy. Poitiers [bat. de.]) L'anuée suivante, il les attaque encore dans le Midi, sans réussir cependant à les repousser au delà des Pyrénées.

Ce sont ces victoires qui ont valu au fils de Pépin le glorieux surnom de Martel , parce que , semblable à un marteau de fer, il tombait sur ses ennemis et les écrasait. Mais pour remporter ces victoires , Charles Martel avait été obligé d'appeler en Gaule des guerriers frisons et saxons qui étaient encore païens. Les descendants des guerriers francs n'étaient plus ni assez nombreux , ni assez énergiques pour suffire à la double tâche de repousser les Germains et les Arabes. Charles Martel d^bribua à ses alliés les biens des églises. Delà vient que sa mémoire nous est |)arveniie chargée de malédictions et d'anathèmes. On raconte qu'un Jour saint Eucher, évéque d'Orléans, eut dans une vision une révé* lation de l'autre vie , et qu'il aperçut Charles Martel ploncé dans les dernières profondeurs de l'enfer, et souffrant les supplices réservés aux damnés.

Lorsque Ton creusa dans la suite te lieu de sa sépulture « et qu'on ouvrit «m cercueil , on te trouva vide» mais

ClU

tout noirci comme par des flammes , et il en sortit un serpent. Ce récit prouve que TÉglise ne pardonna iamais à Charles Martel dé ravoir dé* boaîllée dé ses biens. Et cependant Charles avait rendu des services à la cause de la religion. Il avait repoussé les apôtres armés de Mahomet» il avait prot^ les missionnaires irlandais du pa|>e préchant l'Évangile aux Germains, il était intervenu entre le papè et les Lombards, ses persécuteurs, et avait enfin déposé de riches offrandes an tombeau des apdtres. ;

Après une vie si agitée et si glorieuse , Charles Martel mourut dans son lit en 741 , à râi^e de cinquante- Ixois ans , laissant trois tils : Carloinan , iPepin et Griffon. Il avëit eii ce dernier d une captivé allemandé, et il rie lui laissa qu*uiie faiblé partie de fion héritage.

Charles 1". Voyez Cha£L£MA«

ONB.

Charles II , lb Chauve.-^ tSiar-

les 11, roi de France, et ensuite éitipiereur, naquit à Francfort-sur-ie-lVIein le 13 juin S23. U était ûls de Louis le Débonnaire et de iudith , isècônde ^mmede ce prince. Son père lui donna presqu'à sa naissance le titre de roi o'Alemannie , et celui de roi d'Aquitaine, après la mort de Pépin, son fils aîné. C'est pourauoi le jeune princè devint un objet ne jaloiisie pour seé pr^res Lotbaire et Louis , et participa successivement à la bonne et à la mauvaise iortune de son père. Après la mort de Louis le Débonnaire, Charles fit alliance avec Louis le Germanique contre Lotbaû'e, qui aspirait à la possession entière de tous les Etats de sou père. Les deux frères remportèrent contre leur aîné la victoire de Fontenay ( 841 ) ( voyez Fontbnat [bataille de]), et renouvelèrent en* suite leur alliance à Strasbourg. Charles prêta sermenten langue allemande, pour être compris de l'armce de Louis, et Louis prêta le sien en langue to« mane* pour être compris de Tarmée de Cnarles. Ces deux serments sont les plus anciens uioiiuments que nous

aygûs dç lu iau^^uc dUçmaadç et de la

langue française. Lothaire fut obligé de céder, et le traité de Verdun, conclu en 843 , régla le partage déliai tif de l'emitfre. (xai'Ies reçut toute la pàrtie de l'empire de Cbaîrlemàghè comprise entre l'Océan d'une part , l'Escaut, la Meuse, la Saône, le Rhône, la Méditerranée et les Pyrénées, de hiutre. Pai^ conséquent , il peut être regardé comme le premier roi dé France. Son tègne fut troublé par les invasions des pirates danois ou normands. Les ecclésiastiques, qui étaient en mime temps les commandants dee armées, étaient incapables de défendre le royaume. Ils s'enfuyaient timidement, emportant les reliques des sai nts , ou bien ils prodiguaient aux P^ormauds des sommes énormes , qui ne faisaient qu'en attirer de nouveaux essaims.

C'est alors qu'eut lieu le mouvement féodal , si approprié au génie des guerriers francs, et qui seul pouvait sau- Ver le royaume. Les nommes vaillants se défendirent par eux-mêmes contre les barbares. Ils élevèrent des châteaux et des tours fortifiées sur les sommets des montagnes, sur les rochers, dans les plàinés, au passage des grands fleu* yé^, dans l'intérieur des forêts, partout oii ils pouvaient espérer de résister aux «nvahisseurs. Charles le Chauve essaya en vain d'arrêter ce mouvement immense , qui préparait la ruine défi* hitivede la monarchie. Il défendit à plusieurs reprises [l'élever des châteaux; mais ces défenses étaient coupables en présence de l'ennemi. Le roi ne fut pas obéi, et il finit par céder. L'édit de ]l.iersy-sur-Oise (877) flitèommela charte que la royauté vaincue OCtroya à la féodalité victorieuse.

Au milieu de ces revers , Charles eut ridée bizarre de vouloir être empereur. Après la mort de liOuis II, il alla eu Italie dérober la couronne im* pérîale , en prévenant de vitesse les soldats de Louis le Germanique. Mais au moment même où il ceignait le diadème des Césars « Louis le Germanique s'emparait oe son propre palais.

Charles mourut sans gloire h son retour d'Italie, pendant qu'il traversait

le moat Cenis ^ô77}. Oa croit qu'iifut

CUÂ

CHA

empoisonné par le juif Sédécias, soo médecin.

Ceàblbs le CHAinrs(nioniiaieBde).

Ce prinoe est le seul roi des deux

premières dynasties qui ait rendu des ordonnances un peu détaillées sur le fait de la monnaie. La première, datée d'Attigny, avait pour oyt de réprimer les faux monnayeurs; elleifat suivie la même année pak* le fameux édit de Piste, dont le texte se trouve imprimé dans le Traité des monnaies de France de Leblanc. La valeur de Tor fin était fixée par cet édit à douze fois celle de l'argent ; la livre d'or d'un titre inférieur ne devait valoir que dix livres d'argent. Le palais impérial et neuf villes seulement devaient posséder des ateliers monétaires. Ces villes étaient:

Orléans, QuentOric (Saint - Josse près Ëtaples , département du Pas-de-Calais ) , Paris , Chàlon - sur - Saône, Sens, Melle, Rouen, Narbonne et Reims. La monnaie qui avait eu cours jusqu'alors devait être décriée; et, à partir de la messe de Saint-Remi , on ne devait plus recevoir que les espèees nouvrilest dont le type devait présenter, d'un côté, le nom du roi dam la légende, et au milieu son monogramme ; et de l'autre le nom de la ville, et au milieu une croix. Tous les comtes qui avaient oa&s leur ressofi une des villes ci-dessus mentionnées »

étaient tenus d'envoyer à Senlis leur vicomte avec leur monétaire et deux cautions, pour y recevoir de l'épargne cinq livres d'argent «ivec un poids^ afin de commencer à travailler. Les mêmes personnes devaient revenir à Senlis quelques mois après, pour remettre aux ofliciers de l'empereur les cin<] livres d'argent réduites en déniera* Enfin des peines sévères étaient pre^ noncées contre les faussaires et contre les monnayeurs intidèies. Ln nouveau capitulaire , daté de Crécy-sur-Oise , renouvela en 861 cette ordonnance, et y ajouta une pénalité eùntte cèux qui refusaient les nouvelles monnaies ; cette pénalité consistait dans Tappli* cation d un fer rouge sur le front.

Quelque formelle que soit Tordon-

iHuiGe que nous ymns d'analyser, on

ne connaît aucun denier qui ait ét^ frappé conformément à ses prescrip^ tions ; et cependant Charles le Cbauvf de loua les princes celui dont lea monnaies sont les plus nombreuses; On compte près de deux cents villes où l'on en a frappé sous son rèf m. Les types de ces monnaies sont ^ailleurs assez variés. Celui que Ton renrontre le plus communément présente d'un coté le monogramme de Qiarles , avec la légende gratia d| Bvx , de rentre pna erojx grecque, et le nom de la ville ou du lieu oà la pièce a été frappé : avreliapîis civii

TAS, KALA MO\ASTEBlVM, CASTAA MONETA, CARISIACO PALAI^IO, etQ*..

D^aotres nièces, celles de Beauvais, par exemple, portent d'un cdté le mos^ nogramme de Charles , le nom de la ville autour , et de l'autre côté celui du roi : cabolys bëx faaucobvh , avae une croix dans le champ. D'aQ^ tres« comme celles de Bombes , présentent des deux côtés le nom de li ville.

On a vu que Charles le Chauve se fit décerner, vers la fin de sa vie, le titre d'empereur. Quelques-uns de ses de^

nîers lui donnent en effet ce titre. Ces pièces, qui furent frappées à Tonnerre, a Bourges, à Auxerreet à Nevers, présentent d*iiB edté la légende : cablvs IMP. AyB» , a\ ec lé monogramme de Charles , et de l'autre le nom de la ville, avec une croix. Le style de ces pièces s'oppose d'ailleurs à ce qu'on les attribue, comme Tont fait quelques auteurs, à Cbarlemagne.

Charles le gros , né vers 832, mort en 888 , est quelquefois compté parmi les rois de France. C'était le troisième fils de Louis le Germanique.

Proclamé successivement empereur et roi d'Italie, roi d'Allemagne et roi de France, il parut un instant réunir sous sa domination tout l'empire de Charlema^ne ; mais c'était une véritable dérision. Tant d'éléments divers ne pouvaient plus former un empire ; et il n'y avait plus d'unité possible, depuis que la féodalité avait pris possession du sol dans toutes les provinoes eoTahies Jadis parles barlNvea. Cbar«

MO

CHA

LWVERS.

€HA

les le Gros fut déposé en 888 , et sa déposition marqu.i le démembrement final et définitif de Peinpire que Clïarlemagne avait fondé.

' Chaules le Gbos (monnaies de).

I/es monnaies attribuées à ce prince sont des deniers ou des oboles. A l'exception d'une seule , qui porte d'un côté une croix, avec la légende:

tAELVs IMPEBAT, et de l'autre Timage d*un temple, avec les deux hiots : XPISTIANA RELiGio, toutes ces monnaies, frappées à Arles, à Béziers, à Ntmes et a Uzès, présentent d'un côté te monogramme de Charles, a?ec le nom de la ville où. elles ont été frappées , et de l'autre une croix, aveele nom du roi.

CHAfiLEs III , dit le Simple, fils de liOnis te Bèjgue , né en 879, tat longtemps privé du trône , à cause de sa jeunesse et des malheurs qui frappèrent sa famille après la déposition de Charles le Gros. Toutefois, Tempereur Arnould et le doc de Lorraine, Zvintibold, le soutinrent contre Eudes, qui avait usurpé le trône ; et enfin la mort de ce prince (898) le laissa sans compétiteurs.

Le seul événement de son règne qui mérite d'être cité est la fondation du duché de Normandie. Charles le Simple avait résolu d'attacher au sol ces pirates du nord qui venaient tous les ans remonter tes grands fleuves, en ré» pendant partout la dévastation et la terreur. Leur chef Rollon consentit à recevoir le baptême des mains de l'archevêque de Rouen; et, parle traité de Saint-Ctair-8ur-Epte(911), Charles lui céda toutecette partie de l'ancienne Neustrie qui porta depuis le nom de Normandie. Kolion lui prêta serment de fidélité et se reconnut son vassal ; mais il ne le défendit pas contre les nombreux ennemis qui s'élevèrent à diverses reprises contre lui. Ces ennemis n'étaient autres que les seigneurs qui continuaient à battre en brèche la royauté, afin de fonder sur ses ruines leur indépendance. L*un d*eux, Herbert II, comte de Vermandois, parvint à attirer Charles dans ses Etats , se rendit maître de sa personne , et le

retint prisonnier dans la tour de Péronne jusqu'à la fin de sa vie (929).

Ce fut sans doute à la confiance imprudente ^ue ce malheureux prince avait témoignée à Herbert, qu'il dut le surnom de Simple ; mais on aurait tort de conclure de ce surnom, qu'il ait été le plus incapable des Carlovingiens.

Chaalës le Simple (monnaies de).

Charles ter- Simple porta longtemps le titre de roi , et Ton dut frapper à son nom un grand nombre de deniers. On lui en a, en effet, attribué beaucoup, et les numismates sont convenus de lui donner tous oeux qui ne peuvent convenir à Charlemagne, et qui ne portent pas d'un côté la îé/xende gra- TiA Di REx , avec le monogramme de Charles , et de Tautre un nom de ville avec une croix (nous avons dit que ces derniers appartiennent probablement à Charles le Chauve). Une telle classification est , comme on le voit, bien douteuse. Deux circonstances viennent d'ailleurs augmenter la difficulté. A Vépoque ou Charles le Simple monta sur le trône , l'empire carlovingien était eu pleine dissolution. Chaque seigneur s'était rendu maître absolu dans ses terres, et la puissance féodale était constituée. Au milieu des troubles qui furent la suite de cette révolution, le peuple perdit toute confiance dans la monnaie qui avait cours; et, comme il arrive toujours dans les temps de troubles , il rechercha de préférence les pièces anciennes, telles que celles de Charlemagne , de Louis le Débonnaire, et des premiers Carlovingiens. Les seigneurs imaginèrent alors de copier tout simplement ces monnaies anciennes, et cet usage, qui dura pendant tout le moyen fige , auporta dans le monnayage une telle confusion, que, jusqu*à Richard Coeur de Lion , on frappa à Melle, dans le Poitou , des pièces au nom de Charles (CARLVs REX EQ pour Cavlus rex

AquitaniîB^ , (voyez Monnaie de

Melle) ; qu'à Angoulême et à Langres on en frappa jusqu'au treizième siècle au nom de Louis (lodoicvs egolis-

SlMfi ; UNCONIS VRliS LVDOYIGVS

Diqitized by Gc)

CHA FRANCE. CHA Ui

BBx), bfen'qu'aucun prince du nom de Charles ou de Louis n\iit été maître de ces villes. A cette époque , Charles le Simple se trouvait, à Têtard de ses sujets , dans la même position que les grands barons ; il fut comme eux obligé, pour donner du crédit à ses monnaies, d'adopter les types anciens ; de sorte que ses espèces se confondent d'un côté avec celles de Char* lemaene, et de Tautre avec les deniers qui turent frappés pendant le moyen âge à l'imitation de ces dernières. Au reste, en traitant des monnaies des Tilles, nous essayerons de déterminer celles qui loi appartiennent réellement.

CHARLES IV, dit le Bel , comte de îa Marche , troisième fils de Philippe le Bel, né en 1294, succéda à son frère Philippe le Long , le 3 janvier 1S32. Son règne ne fîit que la eonti* nuationdes r&nes précédents. Mêmes besoins et mêmes expédients pour y subvenir. Pour remplir son trésor épuisé, il confisqua les biens des Loml»rds et les exila de France , altéra les monnaies, etdéponilla, sous divers prétextes , un grand nombre des plus riches seigneurs. A l'extérieur, il fut heureux contre les Flamands, qui s'étaient révoltés contre leur comte , dévoué aux intérêts de te France ; il aida sa sœur Isabelle dans sa lutte contre son mari , Édouard II , roi d'Angleterre, qui fut vaincu et expira dans les plus affreuses tortures ; mais il échoua dans sa tentatlTO pour se faire proclamer empereur, quoique le pape l'eût recommandé puissamment aux électeurs. Du reste, la fatalité qui semblait attachée à la race de Philippe le Bel, tomba sur loi comme sur ses frères aînés. 11 mourut sans laisser de postérité mâle, et avec lui s'éteignit la ligne des Capétiens directs.

Il tomba malade à Yincennes le Jour dé Noël de Tannée 1327, et souffrit longtempsdecruelles douleurs. «Quand il aperçut, dit Froissard , que mourir lui convenoit , il devisa que s'il avenoît que la reine s'accouchât d'un fils^ il vouloit que messire Philippe de Valois, son cousin germain , en filt maînjNNirg (tuteur) , et régent du royaume ,

jusques à donc que son fils seroit en

âge d'être roi ; et s'il avenoit que ce fut une fille, que les douze pairs et hauts barons de France eussent conseil et avis entre eux d'en ordonner, ét donnassent le royaume à celui qui avoir le devoit. Sur ce , le roi Cliarles alla mourir environ la Chandeleur. Ni demeura mie grandement après ce,

aue la reine Jeanne accoacha d'une Ile. De quoi le plus du royaume en furent durement troublés et courrotH cés (*). «

Charles le Bel (monnaies de). — Ce prince fit frapper des monnaies d'or , des monnaies d'argent , et des monnaies de billon. Les premières sont connues sous les noms de mow tons et de royaiix. Les moutons ou aignels étaient d'or fin et valaient vingt-cinq sous ; on en taillait cinquante-neuf au marc. Ils représentaient au droit l'agneau pascal, avec la légende agnus dei , et le nom du roi en abrégé, kls bex , se lisait audessous des (lieds du mouton ; au re* vers on voyait une croix fleuronnée, encadrée et cantonnée de fleurs de lis, avec la légende ordinaire : xpcc vinciT, XPCCBEGNAT, ctc. On ccssa en 1335 de fabriquer des moutons, et ces pièces furent remplacées par de dou' hles royaux et de petits royaux y que le peuple nommait longs vesfus. Le double royal était d'or lin comme Tagnel et valait vingt-cinq sous ; on en taillait cinquante-huit au marc. Le petit royal valait moitié moins. Le type de ces pièces représentait le roi sous une arcade gothique , vétu d'un long habit , la couronne en tête et le sceptre en main ; la légende était :

KOL REX FRANCOR. Lc TCVCrS , OÙ Otl

lisait la légende ordinaire des pièces d'or , présentait aussi une croix fleuronnéeet enfermée dans quatre cercles concentriques eantonnés de quatre couronnes.

Les monnaies d'argent frappées sous Charles le Bel sont des gros tournois y des demi*gros^ ef des oboles Hefxes, Toutes ces pièces, dont

* (*) Chronique de Froisnrd , ch. 49«

l'empreinte est la même , sont semblables à celles des règnes précédents, c'est-à-dire, qu'elles ont pour type au droit un châtel , avec deux légendes concentriques : BE?jEDiCTV,etc., et le nom royal , karolys bex ; et au revers la rangée de douze fleurs de lis , avec la légende : tvronvs civis ou

TVRONVS ARGKMEVS, OU enfin TV-

BONVS FRANCORVM , autouf d'une croix. Ces deux dernières légendes ne se rencontrent cependant jamais sur les pièces des règnes précédents.

Charles le Bel fit enfin franper des deniers parisis , simples et aoubles, des doubles tournois, des deniers tournois , et des oboles tournois. Les doubles parisis portaient dans le champ

Page 1