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légende la premij^re lettre du nom de la vjlle où la pièce avait été MonDa^rée :
ainsi le^ monnaies d'Orléans portaient un 0, celles de Cliinon unC, celles de Loches un L, celles de Bourges un B.
Les pièces sorties de ce dernier atelier sont surtout remarquables, en ce que l'une d'elles porte Bitvr en toutes lettres. C'était le fameux Jacques Cœur qui dirigeait alors l'atelier monétaire de Bourges, et l'on appela de son nofn, ^rûs de. Jacques Obut, les pièces ainsi marquées. Puisque nous avons parlé des lettres que Charles VII introduisit dans la légende pour distinguer les ateliers monétaires, nous dirons aussi fSR. passant que c^est sous le règne de ee prince, ou sous celui dQ son père, que s'introduisit la coutume déplacer sous les lettres de la légende des points nommés points secrets, servant à faire reconnaître de quel hétet des monnaies sortait telle oi| telle pièce. (Voyez ^ au surplus, l'art. Mabqttt-s MOivETAiRTîs.) Les malhcurs qui aliligèrent le royaume pendant la régence de Charles VII le forcèrent plus é'une fois à altérer les monnaies; ce Ibrent ces circonstances qui, nous l'avons dit, déterminèrent aussi Charles VI et le roi d'Angleterre, Henri VIII, à faire frapper des saiuts d'or; mais dès 1439, lorsque Charles YII monta sur le trdne, il revint & la forte monnaie, et depuis cette époque il n'altéra .plus les espèces.
Chables VIII, fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, né à Amboise le 30 juin 1470, succéda à son père le 90 août 14S3. Sa sœur, Anne deBeaur jeu, gouverna le royaume pendant sa minorité, et elle prouva, par sa fermeté et son énergie, qu'elle était digne d'être la fille de Lonis XI. Le jeune roi commença seulement à l'âge de vingt ans à régner par lui-même.
. Nourri de la lecture des romans de dievaierie , Charles VIII n'aspirait u*è imiter les prouesses de Roland , e l'Aniadis des Gaules et des paladins de Ch;irleni;igne. Une occasion se présentn. Louis le Maure, menacé par le roi de rsaules, appelait les Français en Italie. Charles Tni résolut de proûter
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de cette* eirooastanee pour fiiire re« vivre les droits de la maison d*AnJoa
sur le royaume de Naples, dont il se prétendait l'héritier légitime. Déjà même il rêvait la conquête de Constantinople, l'expulsion des Turcs et le rétablissement de Tempire romain d*Orient.
Avant de quitter la France, il se hâta de signer avec ses voisins des traités funestes, pour acheter leur neutralité. Qu'importait au futur oonquérant de Naples et de Constantinople la possession de quelques provinces telles que le Roussdlon ou Im Franche-Comté? Une fois assuré de n'être pas inquiété pendant son absence, il passe les Alpes h la téte d'une armée peu nombreuse, mais bien disciplinée, et dont l'artillerie était la meilleure qu'il y eilt en Europe. Il marche à l'aventure, sans argent, sans vivresi sans réserve. Le froid Comines ne peut s*empéclier de faire la remàr-'
Sue que cette guerre fut toute provientielle. Dès son arrivée à Asti , il manque d'argent pour solder ses troupes , et oblige la ducbesse do Savoie d'engager ses diamants pour lui four-' nir les sommes dont il a besoin. Cependant tout lui réussit. Le duc de Milan l'accueille comme un allié; Pise se soulève à son approche et se donne à la France; à Florence, le gouvernement des ^lédicis s'érroule , et Charles VIII entre dans cette ville en triomphateur; à Home, aucune résistance n'est organisée; le pape Alexandre VI se réfugie dans le château Saint-Ange, et livre aux Français le frère du sultan Bajazet, Gem, mais il le livre empoisonné; puis Naples se soulève contre ses rois , et Charles VIU y entre sans coup férir, le diadème an front et revêtu du manteau impérial. D^'à les Grecs se soulevaient Je l'autre côté de l'Adriatique, à la nouvelle de l'approche des Français, lorsqu'uneligue générale eontraignit Charles Vni à renoncer à ses projets de conquête et à nuitter l'Italie. Le roi d'Espagne, Ferainand le Catholique, l'empereur Maximiiien, le t)ape, Venise, Milan même, s^étaient reunis contre loi. Ils s*oppo-
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sèrent à son retour; mais une brillante charge de la gendarmerie fran-
çaise mit en fuite les troupes mal dis* ciplinces des Italiens. 8,000 Français trioiii[)lièrent, àFornovo, de 40,000 Italiens , et Charles VIII revint en f rance, après avoir justifié toutes ses imprudences par une victoire. Il mourut nu moment où il faisait des préparatifs pour une seconde expédition
gn Italie (l'498). Ses débauches avaient été sa mort.
« Charles VIII, loin d'être un grand
roi, était, dit M. de Sismondi (*), dépourvu de toute capacité pour le gouvernement; aussi ses succès avaientils été regardés par ses contemporains comme une sorte de miracle. On vwail bien, disaient-ils, que c'était Dieu seul qui avait conduit son entreprise; car lui-même n'aurait pu le faire.
Toutefois , Charles avait une vertu rarediez les rois, et plus remarquable en lui , quand on songe aux exemples
?u'il avait reçus et au père qui l'avait levé : c'était* la bonté. « La plus bu- « maine et douce parole d'homme qui fi Jamais fut* étoit la sienne, dit Go« « mine; car ie crois que jamais à n homme ne dit chose qui put lui dé-
« plaire et je crois que j'ai été
A l'homme du monde à qui il a fait le « plus de rudesse ; mais connaissant « que ce fut en sa jeunesse, et qu'il ne « venoit point de lui« ne lui en sus ja- « mois mauvais gré. » Cette douceur, cette bonté, avaient été appréciées, et quoique Charles VIII eùi fait peu de Dien au peuple, on lui sut gré de celui qu*il avait voulu faire, et il ne fut pas moins pleuré par la masse des Franfjais que par la noblesse et les courtisans. » Deux de ses domestiques moururent, dit-on, de douleur en apprenant la nouvelle de sa mort.
Charles Vit! (monnaies de). — Los monnaies d'or frappées en France sous ie règne de Charles Vlil sont des écus au soleil et à la eourome; leur type est à peu près le même que celui des pièces dont nous avons parlé à l'article monnaies de Cuaa^es VII; seulement
. (*) Bûtoirâ {fn mtm^ais, l. XV, p. aSg.
Vécu solo\x au soleil diffère des écu$ ^or de Charles VU, en ce que lacou?
ronne y est remplacée par un petit
soleil. Au commencement du règne de Charles VIII , l'écu à la couronne était estimé 30 sous , et l'écu au tioleil 31 ; mais la valeur intrinsèque df ces monnaies dépassant leur valeur nominale, on s'aperçut bientôt qu'on en exportait une quantité considérable. Une ordonnance du 31 juillet 1487 fixa alors la valeur de Vééa h la couronne à 8$ -sous , et celle de Técu au soleil à 36 sous 3 deniers.
Les monnaies d'argent et de billon frappées sous Charles VIII sont assez nombreuses ; parmi elles on distingue des gros, des demi^ros, des bkmc$ au soleil et à la couronne f des caro* des liards^ des tournois, doubles iournois, etc. Les gros valaient 2 sous 10 deniers j ils étaient à 4 deniers 13 gr. de fin, et à la taille de 70 au marc* Les blancs étaient au même titre, et à la taille de 86 nu mnrc; ils valaient 12 grains. Ces pièces ne diffèrent des blancs de Charles VII que par un petit soleil introduit par Louis XI, au-des« sus de récussbn, ou par Thermine de Bretagne. Quant aux carolus marqués d'un K, initiale du nom de Charles VIII, ils ont été inventés sous le règne de ce prince. (Voy. Cabolus.) Le^ autres monnaies de Charles Vni étant entièrement semblables à celles da Charles VU, nous ne les décrirons pas.
Le roi prenait, sur celles de Provence, le titre de comte. On possède de ma« gnifiques i^rands blancs frapdés dans cette provmce, et présentant d'un côté les arines de France, penchées et surmontées d'un heaume orné de lambrequins, avec la légende : Kàbolys d£| Gfi4ciA FBAjfGOBYH BEX ; le revcrs présente une croix fleurdelisée can« tonnée d'A, initiale d'Anne de Bretagne, et de couronnes; ou un R couronné accosté de deux A. La légende qui fait suite à celle du droit se compose des mots suivants : Et Fobqtai.-
QVEBII COMES PBOVINCIE.
Les monnaies frappées en Italie par l'ordre de Charles VIII sont fort remarquables : l'une d'elles, un yrosdePi^e,
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présente, connue les monnaies de cette ville, la Vierge tenant l'enfnnt Jésus, avec la légende : Pboiege Virgo Pi- 8As; mais aa revers on voit Téca de France, couronné, flanqué d'un R et d'un L, avec la légende : Kabolvs rex piSA ivoRv. LiB [e?'afor]. A Naples,- Charles Vlll avait fait Irapperdes écus doTy dei dniiùaisy Jes grands blancs et d'autres espèces où l'on remarque d'un côté les armes de France , de l'autre celles de Sicile, avec les croisettes de Jérusalem. La ville d'Aquila , dans PAbmsze, fut la première du royaume de Naples qui se déclara pour les Français. Cette circonstance lui valut de nombreux privilèges, et entre autres celui de battre monnaie. Quelquesunes des pièces- frappées alors dans cette ville présentent cette particularité remarquable , que leur légende est en français , tandis que celle de toutes les monnaies frappées en France à la même époque étaient encore en latin.
On y voit, au droit, Técu de Francecouronné avec la légende: Charles, boi DE Fre, etau revers un aigle les ailes déployées , avec ces mots : Cité de LEiGLE.On connaît d'ailleurs d'autres pièces frappées à Aqaila pendant Toccopation française, et dont la légende est en latin.
Charles TX, fils de Henri II et de Catherine de Médicis, né à Saint-Ger> main eo Laye, le 27 juin 1550, monta sur le trône le 15 décembre 1560, après la mort de François II, son frère, ctfntsacréà Reims, Te 15 mars 1561.
C'était un prince d'un esprit vif et pénétrant et d'un courage remarquaoie; il avait de Téloquence et du ta* lent pour la poésie. On sait qu'il admirait Ronsard, et qu'il lui adressa ces beaux vers :
Tous deux cgaletnent nous portons des couronnes « Mail» Ml, j« Im Nçoia, poii«> to les donnes.
Malheureusement , son heureux na«
turel lïit perverti par les soins de sa mère, Catherine de Médicis, qui voulait se maintenir au pouvoir en rendant son (ils incapable de gouverner.
La tenue des états d'Orléans , la mise en liberté des Bourbons , les édits de janvier et de juillet, le colloque de
Poissy, le massacre de Vnssy et la première guerre civile qui en fut la suite, appartiennent à l'histoire de cette reme plutôt qu'à celle de son fils encore enfant. Charles IX n'atteignit sa quinzième année qu'en 1563. Habitué par sa mère à dissimuler et à faire plier son humeur emportée devant les exigences d'une i^osition qui se compliquait tons les joors , le jeune prince n'avait pas encore opté d'une manière décisive entre les deux partis religièux et politiques qui divisaient la France.
Sa fameuse entrevue avec le due d'Albe à Bayonne le rattacha au parti catholique. Il avait vu de près , pendant son voyage dans le midi de la France , ces gentilshommes protestants qui préparaient une nouvelle guerre civile, et un iour on Tentendit dire : « Le duc d'Albe a raison ; des « têtes si hautes sont dangereuses dans « un État; l'adresse n'y sert plus de « rien, il faut en venir à la lorce. » La tentative du prince de Condé poar renlever pendant un voyage qu il fit à Meaux acheva de l'aignr contre les protestants, et la guerre recommença. £Ue fut heureuse pour les catholiques , qui remportèrent la victoire a Jarnac et à Moncontour, sous la conduite du duc d'Anjou, frère de Charles IX; et cependant la paix de Saint-Germain (1570) lut toute favorable aux protestants vaincus. Jaloux du pouvoir de sa mère et impatient de secouer son joug , se défiant d'ailleurs des Guises qui aspiraient secrètement au trône, Charles IX appela à sa cour les chefs des protestants. Il accueillit Coligny comme un père et lui dit en l'embrassant : « Nous « vous tenons maintenant , vous ne « nous échapperez plus. » Il donna sa sœur Marguerite en mariage au Jeune Henri de Bourbon. Lui-même épousa une fille de Temperear Maximilien, contrairement au vœu de l'Kspagne, et on ne parlait que d'aller secourir les protestants des Pays-lias en révolte contre Philippe IL Au milieu des fêtes qui accompagnèrent cette réconcilintion, le peuple de Paris avait de ia peine à contenir sa rage contire
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