‹ France (volume 4)Chapitre 68 sur 79 · UA · texte numérisé non relu

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les seigneurs protestants , qui l*offensaient autant par leur morgue aristocratique que par leur mépris affecté pour toutes les cérémonies du culte catholique. Lorsque Charles IX apprit qu*un coup d'arquebuse avait été tiré surColigny, il s'écria avec fureur : « Mort de Dieu ! je ne serai « donc jamais tranquille! » Puis il alla visiter Coligny blessé , le combla des marques les plus affectueuses de son attacnement, et Jura de le venger.

Quelques jours après, sa mère le faisait consentir à ce massacre qui a flétri sa mémoire. « Qu'on tue donc l'a- « mirai, s'écria-t-il , dans un accès de « rage frénétique, et avec lui tous les « huguenots, afin quMI n'en reste pas « un seul qui me le puisse reprocher « un jour ! » On dit qu'il prit iuiméine une part active au njas:sacre de la Saint*Bartbélemy. Mais, depuis cette nuit fatale, Charles IX ne fît plus que languir, et il mourut le 30 mai 1574, en proie à d'affreux remords, sans avoir retiré de son crime les fruits qu*il en avait attendus. « L'ardeur qu'il « avoit, dit de Thou , pour les exerci- « ces violents, la chasse, le ballon, les a danses outrées , la fabrication des « armes, l'avoit rendu presque insen- « sible aux plaisirs de l'amour , et on A ne lui a point su de maîtresses « qn'unejeune fille d'Orléans , dont il « eut un fils nommé Charles , comte « d'Auvergne et d'An^ouléme. Il man- « geoitpeu etdormoit peu; et, depuis « la Samt*BarthéIemy , son sommeil « étoit souvent interrompu par un

frisson d'horreur qui le saisissoit « tout à coup. Pour le rendormir, on « faisoit chanter ses pages, i» Voy.

les Annales, t. P', p. 345 et soiv., et au Dictionnaire les art. Barthélémy (massacres de In Saint-), Calvinistes et Catherine de IMkdicis.

Charles IX (moim. de). — L'histoire monétaire du règne de Cbarles IX s'ouvre par une particularité assez remarquable. Il paraît que depuis la mort de Henri II , ou n'avait pas encore eu le temps de faire de nouveaux coins; pendant tout le règne de François U, on s'était servi des

coins employés sons le régne préoédent ; on continua à s'en servir as

commencement du règne de Charles IX, de sorte que bien que Henri II fut Uiort en 1558, on trouve encore de& pièces marquées à son nom et à son effigie, avec le millésime de 1561. Un peu plus tard, cependant, on fit, au nom et à l'effigie de Charles IX , des écus d'or, des testons, des sols tournois, des liards , des aoMes et des deniers. Les éeus (for valaient 50 sous en 1501, quand on commença à en frapper ; mais le peuple donnant bientôt à ces pièces une valeur supérieure , on fut obligé , en 1570 , d en fixer le cours à 54 sous. Le titre était de 23 carats, et Ton taillait 72 pièces et demie au marc. Le type représentait au droit Técu de France , surmonté d'une couronne fermée , avec la légende garolts yiiu dg franco BEX et le millésime en chiffres romains; et, au revers, une croix fleurdelisée avec la légende christvs régnât VINCIT ET IMPERAT. Sur leS

testons, on voyait reffi||ie du roi, avee

une légende qui différait seulement de celle des écus d'or, en ce que le millésime était en chiffres arabes; la croix du revers était flanquée de deux G couronnés , avec la légende bbiis-

DICTVM SIT ItOMER DOMINI. CcS

pièces ne valaient, en 1561, que 9 sous 4 deniers, mais elles furent portées à 13 sous enlâ73; elles étaient d'ailleurs de 10 deniers 18 grains trois quarts de fin, et Ton en taillait 25 7 au marc. Les monnaies les plus remarquables du règne de Charles IX sont les écus d'or et les testons ; les autres sont moins importantes; nous nous y arrêterons à peine. lAsolpa»

risis présentait au droit les armes de France couronnées , et au revers une croix formée de quatre c et de quatre fleur de lis ; le double sol patisis, au droit 8 fleurs de lis couronnées, et au revers une croix fleurdelisée; le douzahi , au droit les armes de France, couronnées et accostées de deux c,etau revers une croix échancrée, contournée de deux couronneset de deux flenrs dè lis ; le Hard, au droit un G oonronnéi

s$4 CBA vmrvms. au

et au revers une croix fleurdelisée^ ou bien uni accosté de deux fleurs de lis et

Une croix ; le double tournois , les armes de France couronnées dans un trèfle; au droit et au revers, une croix fleuronnée, dont le centre était occupé par deux c entrelacés; le denier touf' luiU, deux fleurs de lis couronnées, et une croix à branches égales.

Charles X (monnaies de). — Le cardinal de Bourbon (vo^ez Vendôme

È saison de] ) , après avoir accepté, à mort de Henri III, le titre de roi de France , et pris le nom de Charles X , décida, par un édit du 15 décembre 1589, que Ton cesserait, à partir du 1"' janvier suivant, de frapper des firmes et des demi-francs au nom de Henri ITT, et que Ton commencerait à fabriquer à son nom des écus et des demi-écus au soleil, des quarts cl'écu, des demi-quarts d'écu d'argent, et des éhuMins, aux mêmes conditions que isous le règne précédent. L'écu aov devait ^tre à peu près du m^me poids mie sons le règne de Charles IX, mais q'un cours un peu plus élevé.

Ainsi , il devait valoir 5S sous an lieu de 51. Lefi^anc devait être au titre de 10 deniers 10 îirains 1° de fin, et à la taille de 17 J au marc; le quart d'écu était à 1 1 deniers de Un , et à la taille de 25 j à la livre.

Vécu (For au soleil avait le même type à peu près qûe celui de Charles IX, et il en était de mC'me du douzain.

Quant au double tournois et au franc, ils portaient Teffigie du prince. Les quarts d'écu présentent, d*un côté, les armes de France , accostées du chiffre un*, et, de l'autre, une croix fleiu'delisée. Ils doivent être rangés, avec les francs de Charles X, parmi les plus belles monnaies de France, et ils sont, en effet, fort recherchés des amateurs.

Les poinçons à l'effiizie de Charles X furent déposés sur le bureau de la ec3ur des monnaiCsS le 21 janvier 1590; quatre mois après , Henri IV décria ces monnaies par des lettres datées du camp de Chelles, le 21 mai 1590, et adressées à la chambre des comptes séant à Tours. Le cardinal de lîourbon mourut en 1594; mais il parait quon ne

cessa pas pour cela de battre monnaie à son efOgie ; car on ^ de hii des quarts d*écu qui portent là date de 1597.

Lorsqu il n était encore que cardinal fégat, il avait fait frapper, en cette qualité , des monnaies à son effigie dans la ville d'Avignon, Nous en parlerons à l'article Coûtât Ybh aissin (monnaies du).

Chables X (Charles-Philippe) , le second des frères de Louis XVI , naquit à Versailles le 9 octobre 1757, et porta, jusqu'à son avènement au trône, le titre de comte d'Artois. Il épousa, le IG novembre 1773, Marie-Thérèse de Savoie, sœur de Marie-Joséphine- Louise de Savoie, mariée en 1771 au comte de Provence, depuis Louis XVIII. IMarie-Thérèse mourut en Angleterre pendant l'émigration, le 2 juin 1805, après avoir donné au comte d'Artois trois enfants : une fille , la princesse Sophie, décédée en bas âge, et deux fils, le duc d'Ângouléme et le duc de Berri.

Désespérant de jamais parvenir à la couronne, d'où le séparait effectivement une grande distance , le comte d'Artois chercha de bonne heure des distractions dans le plaisir. Les avantages personnels dont l'avait doué la nature, et la légèreté de son esprit, le livraient sans défense aux sâuctions d'une cour encore pleine dés souvenirs de la régence et du règne de Louis XV. Aussi, pendant (pie Louis XV J, prince range et modeste, s'essayait à l'art difiBcile du gouvernement, et cherchait à réparer les fautes de ses prédécesseurs ; pendant que le comte de Provence , naturellement studieux et raisonneur, suivait la marche de l'esprit philosophique, le comte d'Artois, peu soucieux d'imiter ses aînés , ne songeait qu'à déployer les grAees de sa taille, et à faire dire qu'il elait le chevalier de France le plus renommé pour ses belles manières et sa tournure à la promenade, à la chasse ou au bal. C'était dans les boudoirs de toutes les femmes galantes de l'époque qu'il allait prendre des leçons de politique et de philosophie. A la veille d'une révolution

comme celle qui allait éclater, cea M*

Meases ne devaient paa lai concilier Tes-

time de la France; i! ne tarda pas à être aussi mal vu de la nation qu'il était à la mode dans la société aristocratique ; et , comme d^ailleun il ne paaaait pas pouravoir un grand courage, cette première (jiialité des anciens chevaliers, il fut bientôt aussi tourné en ridicule par ceux-là même dont il am« bitionnait le plus les suffrages.

Il a été écrit dei volumes wf les aventures du comte d'Artois; mais iîon<;Tious estimons heureux que notre cadre ne nous permette pas d'entrer dans ces tristes aétails. Avec ses mœurs faciles, ce prince compromit jusqu'à la reine, qui était cependant k femme de son frère. A coté de ces intrigues de haute volée , on cite de lui des orgies de bas étage, oii il oublia toute dignité peraonnelte. Ge|>aidant, avant de parler de sa carrière politique, nous devons dire un mot du démêlé qu'il eut en 1778 avec le duc de Bourbon, démêlé qui se termina par un duel sans résultat, après avoir égayé longtemps le public. Dans un bal de l'Opéra, le comte d'Artois avait témoigné pour madame de Canillac un empressement qui choqua vivement la duchesse de Bourbon. Celle-ci alla s'asseoir auprès du prince an moment où il venait de quitter sa rivale , et après avoir fait ne vains efforts pour lui prouver qu'elle l'avait reconnu , leva si vivement le masque du coupable, que les cordons s*en détachèrent.

De son côté, le prince arracha le masqïie de la duchesse , et s'en alla sans lui faire aucune excuse. Le duc de Bourbon se crut obligé de demander raison de cette insulte , qui avait fait oonnattre à tout le monae les transports jaloux de sa femme pour un autre que lui. La cour se divisa en deux partis, l'un qui voulait le duel, l'autre qui ne le voulait pas. Jjd comte d'Artois pencliait pour le dernier parti ; mais la reine repoussait toute espèce de transaction; et le duel eut lieu. Les deux nobles adversaires se battirent à Tépée, et se défendirent Tun et l'autre

avee tant durasse , que per^omia no Alt blessé.

La première mission politique dont ce prince fut chargé remonte à 1777; il dut alors visiter les ports du royaume, pour y activer développement de notre marine. Il alla ensnite , en 1782, en Espagne, pour prendre du service comme volontaire dans la campagne contre Gibraltar; mais ses exfkloits se bornèrent h une tournée à la cour de Madrid et à un séjour d'environ une semaine au camp de Saint- Boch. Cette expédition n'était pas faite pour diminuer son impopularité, à laquelle les premiers événements de la revolntion allaient bientôt mettre le comble. On ne saurait croire jusqu'où allait sa prodîîxalité : à Ptlge de vmjiçtsix ans, il avait déjà près de huit millions de dettes; quatre ans plus tard, il devait plus de quatorze' millions, dont treize étaient exi|9;ibles; et cela, bien que, d'après le livré rouge, quatre millions et demi lui fussent alloués pour les dépenses de sa maison. Il est vrai que les ministres du roi son fr^re étaient là pour faire honneur | ses engagements. Lorsque de Calonne, pour dissimuler la détresse des finances et inspirer de la confiance aux capitalistes, multiplia comme à plaisir le nombre des pensions, le comte d'Artois profita des bonnes dispositions du ministre. « Quand je vis « tout le monde tendre la main, « a-t-il dit lui-même, je tendis mon « ehapean ; ce ne ftit pas en vain. » On conçoit après cela pourquoi, dès le début de la révolution, il se prononça avec tant d'énergie contre toutes lés tentatives de réforme. Lors de la convocation de rassemblée des notables, Louis XVI a^ïït nommé chacun de ses frères président d'un bureau , le comte d'Artois entraîna le sien dans une opposition systématique à toute idée d'amélioration; et la minorité dont il était le chef osa prendre le nom de cotnité des francs. Aussi, lorsque lui et le comte de Provence furent envoyés à la cour des comptes et à la cour des aides pour y faire enregistrer

m CHA L'UI«1

les deux édits sur le timbre et sur l'impôt, le gouvernement fut obligé de disposer une haie de troupes depuis la barrière jusqu'au palais de justice et jusqu*au Luxembourg; et ce déploiement de forces n'empêcha pas le peuple de manifester les sentiments bien différents qui l'animaient alors à l'égard des deux frères. La route fut jonchée de fleurs sur le passage du comte de Provence, tandis que le comte d'Artois fut accueilli par des murmures et des menaces. « f ive la « nation! en dépit de vous, monsei- « gntturt » Tels furent les cris qui retentirent de toute part à ses oreilles. Quelques jours après on ne voulut plus voir paraître sa livrée dans Paris.

Le 14 juillet , Louis XVI , ayant résolu de se rendre à l'Assemblée constituante, sans suite et sans garde, le comte d'Artois Vy accompagna ; mais les dispositions du public et l'attitude des représentants produisirent sur lui une telle émotion de frayeur, que le soir même il mit à exécution ses proies d'émi^ation. Il se rendit d*abord a Turin , où il séjourna quelques mois ; puis il alla à JMantoue, où il eut une conférence avec l'empereur Léopoid pour concerter un plan d'invasion. Il parutensuite successivemeotà Worms, au château de Bruck , près de Bonn , à Bruxelles et à Vienne. A Worms, il s'entendit avec le prince de Condé et le maréchal de Broglie pour provoquer la désertion des officiers firançais.

Enfin , il assista à la fameuse conférence de Pilnitz, où l'Empereur et le roi de Prusse arrêtèrent avec lui les bases de la première coalition. Toutefois, le plan des coalisés ayant été ébruité par les indiscrétions des confidents du comte d'Artois, l'Empereur refusa aux princes émigrés un lieu de recrutement dans les Pays-Bas. Sur ces entremîtes, Louis XVl accepta la constitution , et rappela auprès de lui ses frères , en leur transmettant le décret de l'Assemblée nationale , qui déclarait ennemis de CÉtat tous les Français qui ne rentreraient pas avant le i*' janvier 1793* Le comte d'Artois

rERS. CHA

se trouvait à Coblentz lorsqu'il reçut ce message; il répondit que l'état de captivité morale et physique du roi ne lui permettait pas d'obéir à dés ordres arrachés par la violence.

Le 2 janvier 1792, l'Assemblée le décréta d'accusation. Le 19 mai, un second décret supprima le traitement qui lui était alloue par la constitution, et déclara ses rentes apaoagères saîsissables par ses créanciers. Dans la campagne ae 1792 , un corps de gentilshommes français, sous les ordre du prince, servait d'avant - garde aux Prussiens ; et lui-même, dit-on, ftit vu en personne dans les rangs des ennemis do la France.

Après la mort de Louis XVI, le comte de Provence prit le titre de régent pendant la minoritéde Louis XVH, et nomma le comte d'Artois lieutenant général du royaume. Ce prince partit alors pour Saint-Pctershourfr, où Timpératrice Catherine II lui remit une magnifique épée, eu lui disant qu'elle espérait qu'il s'en serviraU pour le ré» ieiUssement ^ la gloire de sa maison* En même temps, elle mît à sa disposition vin.2;t mille hommes que l'Angleterre s'était engagée à solder et à transporter sur les côtes de France.

Mais ni l'épée ni les vingt mille soldats de Catherine ne firent couler une goutte de sang français ; le comte d'Artois vendit l'épée uour satisfaire ses créanciers, et r Angleterre trouva trop coûteux de solder et de transporter les vingt mille hommes. Toutefois, cette machination diplomatique eut l'effet que cette puissance s'en était promis; les rebelles de la Vendée, encouragés par l'espoir d'un prompt secours « re* doublèrent d'audace, et la guerre civile continua d'ensanglanter la France.

Ce fut seulement le 29 septembre 1795 que le comte d'Artois, amené sur les côtes de l'Ouest par une escadre anglaise, se montra aux Vendéens. Encore ne fit-il que se montrer de loin, et disparaître après l'affreux désastre deQuiberon ; il resta ensuite vingt jours à rile-Dieu , sans oser rien entreprendre. Aussi Charette, qui, après avoir

CBA FRANCE. CBA 55^

déposé les armes, ne les avaii reprises que sur rassurance qu*ii serait secondé par le comte d'Artois, écrivit- îl à

Louis XVIII , avant de mourir , une lettre où on lisait ces mots : « Sire, la « lâcheté de votre frère a tout perdu. » A la suite de cette expédition , le comte d'Artois regagna Portsnioutli, puis alla vivre en Ecosse , au château d'Holy-Rood , d'une pension de quinze mille livres sterling que lui faisait le gouvernement anglais. Il quitta m moment cette résidence, en 1799, pour se rendre an quartier général de l'armée autrichienne. Mais lorsqu'il arriva, cette armée, et les Russes ses auxiliaires, étaient en pleine déroute, n revint à Londres, et y resta quelque temps; mais, après la paix d'Amiens, il fut obligé de retourner à Holv-Rood. Enfin, en 1809, Louis XVIII lit l'acquisition du eliâteattd'HartwelI, dans le Buckinghamshire; le comte d'Artois alla l'y rejoindre; et c'est là qu'il attendit, avec le reste de sa famille, que la for- . tune se lassât de favoriser la Ifrance et Tempereur.

En 1813, le comte d* Artois se rendit à BAle, puis entra en France, où il pénétra jusqu'à Vesoul; mais un ordre des souverains coalisés l'ohligea de rétrograder. Il ne devait rentrer dans sa patrie qu'à la suite de leurs bagages. En effet, le 31 mars 1814, il pénétra dans la Franche-Comté, et prit le titre de lieutenant général du royaume , au nom de son frère encore retenu en Angleterre. Le 13 avril 1814, il fit son entrée à Paris (*) ; puis , suivi d'un brillant cortège, il alla rendre grâces à Dieu dans l'église de Notre-Dame; et aussitôt il envoya dans les départements , sous le nom de commissaires royaux , des agents de réaction, qui ne tardèrent pas à y exercer d'horribles représailles (voyez Cours pbévô- TALEs). En même temps, il signait, avec une précipiution qui lui rot re-

(*) On nitqnele mot qu'on lui a fait dire dans cette circonstance , Bien n'est changé, H n'y a qu'iui Français de plus, a élé fabriqué par les iiersonnes qui Tenlouraieiit 4t qui avaient intérêt à le rtodie populaire.

{)rochée par Louis XVIII lui - même , e traité qui abandonnait toutes les

places fortes conquises par nos arméecl depuis 1792, et qui réduisait notre marine au nomhre de treize vaisseaux de ligne, vingt et une frégates, vingt -sept corvettes et bridisi quinze avisos , treize flûtes et gabarres , et soixante transports ; cinquante-trois places fortes, douze mille bouches à feu , trente et un vaisseaux et douze frégates avaient été ainsi 'sacrifiâ.

Louis XVIII , quelques Jours après son entrée dans Paris , nomma le comte d'Artois colonel des gardes nationales de tout le royaume, et joignit à ce titre celui de eoronel gl^éral des Suisses. Ainsi, on rétablissait les anciennes capitulations, et à cçtte mesure, qui pouvait être considérée comme un aveu du peu de confiance que l'on avait dans raraonr du peuple, se trouvait rattadié le nom du plus impopulaire des membres de la dynastie. Toutefois, quelques mesures moins impolitiques avaient été prises; on avait suspendu l'action des cours prévdtales, et aboli les tribunaux des douanes. Dans une réponse au consistoire des réformés, le comte d'Artois avait déclaré que le rot embrassait élément dans ses affections les Français de tous les cultes.

Mais, un voyage qu'il fit ensuite dans le Midi, fit bientôt oublier ce retour à des sentiments plus français , et mit le comble à son impopularité. Pie s'occupant que des hommes qui avaient été connus de lui, soit jadis à Versailles , soit par leurs intrigues pendant les vingt dernières années ; ne faisant aucun cas du reste de la nation , il n*obtint d'autre résultat que de réveiller les craintes, on de ranimer les haines. A TVIarseille particulièrement, l'exaltation que sa présence occasionna devint fatale pour des hommes accusés de n'avoir pas , au mois de mars, salué avee enthousiasme le drapeau blanc, au moment de l'abdication de Napoléon.

Le b mars 1815, on apprit aux Tuileries l'apparition de Napoléon sur )es c^tes da Var. Dés la nuit sut-

note, le comte d'Artois partit pour IiyoDf où il arriva le 8 à dix heures du matin : mats bientôt Napoléon y fut reçu avec enthousiasme, et, au moluent où le prince reprit en hâte la route de la capitale^ il ne fut accompagné que d'un seul garde national, dont Napoléon honora la fldélité en lui accordant la croix d'honneur. Tandis que l'assentiment général accompagnait l'empercuf vera la eapitalei le comte d'Artois suivait le roi au corps législatif, et, dans la tardive séance du 16 marîî, il jurait, au nom de l'honneur, iidelité à cette charte dont il avoit pïuB d'une fois parlé comme d'un eilgagcnient dérisoire. Dahs la nuit du 19 au 20, le roi quitta les Tuileries, et, quelques heures après, son frère courut aussi vers la frontière avec le duc de Berri. Ils s'arrêtèrent à Ypres, puis ils se rendirent ft Ga6d àuprea dti ckiif de la famille.

Cependant, bientôt après, la journée de Waterloo vint leur ménager un triomphe moins national encore que eelai ae têl4; revenu en France avec rappoi des baïonnettes étrangères, le comte d'Artois présida , le 26 juillet , le collège électoral de la Seine. Le 12 octobre, après que le prince de Polignac et le comte de te Béw^ donnaye eurent prêté ferment dans la chambre des pairs , avec des réserves inconstitutionnelles , il allégua lui-même de pieux motifs pour autoriser ces restrictions. Sa sincéHtéafait été d^ fortement contestée ; on ee rappelait qu'il avait dit à ses courtlftans : « llésignez-vous pour le pré- « sent , je vous réponds de l'avenir. » A la vérité , il s'opposa à ce que la diambre des fiire votM dee Mmerdinente an doc d* Angotiléme , à Toecasion de l'essai de guerre civile que ce prince avait tenté d'opérer dans le Midi. « C'était, avait-ildit, contre desFran- «çais qu'il «Tétait m contraint de * combattre. >» Maiâ de telles démonstrations n'offraient aucune garantie, et l'on ne tarda pas à exiler ou émettre à mort plusieurs de ces Français égarést Le 13 février 1S90| lli doe de BetrI m 9ÊBÊÊÊM i eet êféamM^

mis aussitôt à profit par la faction dont son père était chef, termina la carrière politique du ministre Decazes.

Toutefois, ce fut seulement au mois de septembre 1821 que le comte d'Ar* toie présenta an roi des ministres de sonâioix. MM. de Villèle et Corbière reçurent alors des portefeuilles, et l'on regarda la composition de ce ministère connue le prélude du règne si impatiemment attendu par la faotion ultra* monarchique. Les cliefs de eetle foc* tion avaient osé dire qu'une attaque d'apoplexie pouvait seule sauver l'Ktat. Ils virent entiu succomber Louis XYIII, le 16 septembre 1834. Le même jour, à midi, les ministres se réanirent à Saint-Cloud , et le nouveau roi fut proclamé sous le nom de Charles X.

Is'ayantrien d'essentiel àcbanger au système d'une administration dont Louis XYin , trop affaibli i n'avait pa» été le maître , on se mit immédiatement h préparer les opérations concertées a'avance , et particulièrement l'indemnité destinée à payer aux émigrés les vingt années que beaucoup d'entre eux avaient passées dans les rangs des ennemis de leur patrie. Ce-

f)endant, à l'ouverture de la session , e 22 septembre, Charles X assura que la confiance de Ik nation lie serait pas trompée. «Vous assisterez, Measteara»

« ajouta-t-il , à la cérémonie de mon « sacre. Là, prosterné au pied du même « autel où Ciovis reçuti'onction sainte, < en pr^enoe de cehli qui juge Im « penpfes et les rois , je renouvellerai « le serment de maintenir et de faire « observer les lois de l'État , et les « institutions octroyées par le roi mon « frère. «

Le sacre eut lieu, en effet, le SBmai 1825 avec un grand édat. Un procèsverbal certifia que l'huile miraculeuse, employée jadis pour le baptême de Ciovis, aVait été conservée en partie,

Quoique la fiole qai la contenait eût té brisée publiquement en 1793. L'archevêque de Renns emplovn ces précieux restes, et Charles X tut oint avec une huile de treize siècles, au dire du proeès-verbal.

Uvleitaeii iWjfh&itùp ée Mm*

Onier, où l'on venait de réunir dixsept mille iioinines. La faction espc- • rait que là seraient signées les ordonnances qu'elle invoquait chaque jour; mais son attente fat déçue, le moment n'était pas arrivé. Le roi traversa les départements de l'Oise, de l'Aisne, de la Somme , et visita surtout celui du Nord ; il parut également satisfait et de raccueif quMl reçut et de l'état de l'industrie dont il remarqua lui-même les

{»rogrcs.Les canaux, les fortifications, es routes, ainsi que les lieux connus par des souvenirs ntstort^ues , parurent fixer aussi son attention, et tout se

t)assa paisiblement. Mais ceux qui vouaient des troubles, ceux qui mettaient - leur espoir dans ce qu'ils appelaient . une journée, s'alarmèrent du faible aeoord qu'ils avaient cru remarquer entre le monarque et le peuple. Les ministres se ménagèrent des prétextes pour déterminer le licenciement de la garde nationale de Paris, et pour faire Qtéouter des cbar|;es de cavalerie dans quelques-unes des rues les plus populeuses. C'était à l'approche du renouvellement de la chambre, et le but de ces machinations était visible : mais elles excitèrent moins de terrsur que d'in« dignation. L'esprit public , manifesté dans les collèges électoraux , fit disparaître cette administration coupable, jja cour parut céder jusqu'à un certain point; elle forma , te 4 janvier 1828, un cabinet dont on pouvait d'abord attendre quelque biea< (Voyea Mabtignac.)

. Mais bientôt, après de vains tâtonnements, au milieu desquels le loi fit un voyage à Met2 , LooéviUe^ Strasbourg et Mulhausen, les cob« seillers qui flattaient ses préventions, portèrent brusquement au pouvoir des hommes dont lu seule présesoe semblait une déclaration ck uerre contre la nation. Ce ministère* u 8 août 1829, fut accueilli comme on devait s'y attendre, et comme les hommes incorrigibles l'avaient désiré •ux-mémes pour en finir, disaiefit-ils% Une expédition avait été résolue con»

tre Alger ; on voulait un triomphe au

fcoâfc de la £siciio% &y a'ii eut lieu U^y

tard pour elle , du moins elle put décerner le commandement général à rhomme dont la nomination pouvait le plus o&ieDser l'armée. (Yoy. BouB'*

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