‹ France (volume 4)Chapitre 69 sur 79 · MONT · texte numérisé non relu

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Pendant que ces préparatifs se faisaient à grands frais, les chambres furent convoquées. Dans la séance rovale du 3 mars 1880, le roi , après s'être félicité de là part que la France avait eue sous son règne à là régénération de la Grèce, et présenté le châ-« timent qu'il espérait iulliger au dey d'Alger , comme devant « toumw au «profit de toute la chrétienté , » in« sista sur les droits sacrés de la coU" ronne, et insinua qu'il fallait repousser avec mépris les plaintes de l'opposition. Alors fut rédigée la fameuse adresse des deux cent vingt et un.(Voy« Adi^esse.) On sait comment la cham"* bre fut ensuite prorogée, puis dissoute. Il fut alors aisé de prévoir que de nouvelles élections ramèneraient tes mêmes députés. En avrils et durant les mois suivants , de nombreux ii^ cendies, effets d'un complot politique, affligèrent la Normandie. La police n eu découvrit pas les auteurs , et les journaux dont le ministère disposait en conclurent qu'il fallait rétablur let| cours prévôtales.

Le 23 juillet , le résultat des élections était connu, à l'exception de celles du département de la Corse : les deux cent vingt et un avaient tous été réélus.Cluu> les X se trouvait place dans une position très-difficile; il avait compromis la dignité royale en publiant, en son propre nom , une sorte de manifeste auquel on n'avait £ut aucune, attention. £n« fin, le 25 juillet, parurent dans le ilfon niteur les six ordonnances destinées à modifier, ou plutôt à annuler la charte. Cette publication fut luuuédiatement suivlepar des protestations des députés présents dans la capitale , et des rédacteurs des principaux journaux. Aussitôt, Paris fut déclaré eu étatde siège; le corn mandement en fut remis par une ordonnanoe au duc dé Raguse ; m conseil de guerre fut institué ; des cours prévôtales furent établie» f et on iança quar anU'àn^ uioa-

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dats (l'amener. Enfin, on distribua, comme encouragement, près d'un million aux troupes qui devaient occuper b capitale. Cnarles X avait donné de sa liste civile la moitié de cette somme: Je reste avait été fourni par le trésor.

On sait que toutes ces mesures furent inutiles; le peuple triompha de tous les obstacles qui mi furent opposés. Cependant Charles X était à Saint- Cloud; le bruit du eaoon tiré à mitraille dans les places et dans les rues de Paris ne Tempécha pas de faire sa

gartie de cartes comme à Tordinaire.

lais, le 39, le duc de Raguse fiit forcé de se replier avec ses troupes vers le château royal. La victoire du peuple étaitconiplète; la i^arde parisienne était organisée, et déjà le duc d'Orléans avait pris le titre de lieutenant général du royaume.Charles X, su i vi de toute sa famille, s'éloigna alors de Saint-Cloud,et, dès son arrivéeà Rambouillet, il expédia trois ordonnances, dont la première révoquait celles du 25 juillet, la deuxième nommait un nouveau ministère, et la troisième convoquait les chambres pour le 2 aoiU. Ces ordonnances ne jurent point mises au Moniteur , parce que Charles X était détrôné lorsqu'il les rendit. Le 2 août, ce prince et son fils abdiquèrent en faveur du duc de Borde;\u\'. (Voy. Abdica.tion.)

Charles X se dirigea ensuite sur Glierbourg, escorté par ses gardes du corps et accompagné de quatre commissaires, qui ne devaient le quitter que lorsqu'il serait sorti du territoire du royaume. Il passa le 11 à Vire , pour se rendre au port où Tattendaient deux liâtiments américains et une frégate française chargée de les observer. Parti de Valognc le 16, à neuf heures du matin, il arriva en quatre heures a Cherbourg, et se dirigea vers la rade, sans 8*arre* ter dans la ville. Le 17, il écrivit de la rade de Spithead , en vue de Portsmouth, au roi d'Angleterre, qui ne put lui offrir que l'accueil qu'on donne à un simple étranger. Quand Charles X voulut ensuite prendre terre à Portsmouth, on l'avertit des dispositions de laplupart des habitants, qui prenaient,

pour le recevoir, les couleurs nationales de France. Il avait formé, diton, le projet de s'arrêter à l'ile de Wight ; mais chaque jour augmentant son incertitude sur ce que les cabinets étrangers croiraient pouvoir entre* prendre, même en faveur du duc de Bordeaux, il choisit nour résidence le château d*Holy-Rooa , à Édimbourg, dont il s'éloigna dans la suite pour échapper aux désagréments d'un procès que lui intentèrent ses anciens créanciers. Il quitta alors l'Angleterre pour la Bohême , et alla habiter, avec sa famille , Tancien palais de Burg, au llradchin de Prague , que l'empereur d'Autriche mit à sa disposition. Il est mort à Goritz, le G novembre 1836, à l'âge de soixante et dix -neuf ans et vingt-huit jours. Son règne avait duré six ans, et il en avait passé trente-deux dans l'exil.

Chaules I*"" d'Anjou, fils de Louis Vlll , roi de France, et de Blanche de Castille, naquit en 1330. Il épousa Béatrix , la dernière des quatre filles de Raymond l'érenger, comte de Provence, et, par cette nilinnce, fit entrer ce con)te dans la maison de France , qui déjà dominait dans tout le Midi du royaume. Les trois sœurs de Béatrix avaient épousé des rois; elle voulait un trône aussi , et irritait , par ses désirs, l'ambition de Charles d*Anjjou. La France avait alors une grande influence au dehors : l'Angle* terre, l'Espagne s'abaissaient devant elle; Charles, maître de la Provence, lui asservit bientôt l'Italie. Il y fut appelé par le parti guelfe et national , qui se débattait depuis si longtemps oon* tre la maison de Hohenstaufen. Il porta les derniers coups à cette dynastie autrefois si puissante, et recueillit une partie de son héritage. Le pape Urbain IV, puis Clément IV, son suecesseur, prêchèrent une croisade contre Manfred , roi de Naples , et en donnèrent le commandement à Charles d'Aniou. Celui-ci vint à Rome en 126â, et y nit couronné roi le 34 mai , oen* dantque Béatrix traversait la Lombardie avec une armée. Dans l'hiver de 1366, il pénétra dans le royaume de

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Naples par la route de Ferentino, et remporta sur Manfred une victoire complète près de Bénévent. Manfred , voyant la déroute des siens , se jeta au milieu des Français, et se lit tuer.

Charles défendit de Tensevelir; maïs ses soldats, indignés de cet ordre, dressèrent un tombeau àce malheureux prince. Le conquérant usa de sa victoire avec une avidité farouche. Il se hâta de jouir, oomme 8*il eût craint de ne pouvoir conserver ses conquêtes. L'Italie épuisée se repentit bientôt de s'être livréeelle-méme ; etqnand le jeune Conradin parut avec trois mille hommes pour reprendre le royaume oui avait appartenu à sa famille , les Italiens, accourant en foule, lui firent bientôt une armée. Il livra bataille à Charles, fut vaincu à Tagliacozzo le 23 août 1268, et le vainaueur, toujours impitoyable , fit tomber sur 1 echafaud la tête du dernier des Hohenstaufen. En mourant , Conradin avait jeté son gant dans la foule; ce gant fut ramassé, dit-on , par Jean de Procida , qui prépara la vengeance avec une obstmation infatigable et une froide fureur. Cependant Charles paraissait s'affermir en Italie , et il travaillait à asservir le nord de cette contrée , dont il possédait déjà tout le midi. Les Guelfes de la Lombardie, de Piémont, de Toscane, le reconnaissaient pour leur chef; mais les papes, effrayes de ses progrès, contrarièrent ses desseins.

Gr^oireX, et surtout Mcolas m, rompirent avec lui. Nicolas le força à résigner le vicariat de l'empire en Toscane, et il encouragea les projets de Jean de Procida. Mais, a|>rdsla mort de ce pontife, Charles parvint à lui faire nommer pour successeur , Martin TV, sa créature; il sembla alors de nouveau inattaquable , et déjà il rêvait la conquête de l'empired'Orient, lorsque le massacre des Fépres sicilîenneê lui enleva la Sicile (1282). Tous ses efforts pour la reprendre furent inutiles : sa flotte fut brûlée par Roger de Loria , habile marin qui combattait pour Pierre d'Aragon , défenseur des Siciliens. Dès lors aucune de ses entreprises ne réussit, et il n'éprouva

plus que des revers. H mourut le 7 janvier 1285, au moment où il préparait une nouvelle descente en Sicile.

Charles d'Anjou avait de grands talents,mais point de vertus. Il était terrible pour tout te monde. Ceux qui ne le haïssaient pas le craignaient. Jean Villani , son historien et son admirateur, ne semble parler de lui (|u'en tremblant.Il y a une émotion de crainte dans * le portrait suivantqu'il nous ena laissé: « Ce Charles, dit-il, fut sage et prudent dans les conseils; preux dans les armes , sévère et fort redouté de tous les rois du monde ; magnanime et de hautes pensées gui l'égalaient aux plus grandes entreprises; inébranlable dans radversité, ferme et fidèle dans toutes ses promesses ; parlant peu et agissant beaucoup; ne riant presque jamais; décent comme un religieux , zélé catholique, âpre à rendre justice , féroce dans ses regards. Sa taille était grande et nerveuse, sa couleur olivâtre, son nez fort grand. Il paraissait plus fait gu'aucun autre seigneur pour la majesté royale. II ne dormait presque point. Il' fut prodigue d'armes envers ses chevaliers, mais avide d'acquérir, de quelque part que ce fdt, des terres , des seigneuries et de l'argent pour fournir a ses entreprises. Jamais il ne prit de plaisir aux troubadours, amf mimes et aux gens de cour (*). »

Chables d'Anjou. Voyez Mainb (comtes du).

Chables de Blois ou de Cha- TiiLON , frère puîné de Louis , comte de Blois, et fils de Marguerite, sœur de Philippe de Valois , épousa , en 1337, Jeanne de Penthièvre, fille de Gui de Bretagne. Les conditions du mariage furent que Charles prendrait le nom, le cri et les armes de Bretagne, et qu'il succéderait au duc Jean III , qui n*avait pas d*enfants. En consé*

3uence, la plupart des seigneurs et es barons lui prêtèrent foi et hommage , comme à l'héritier présomp^iC du prince régnant.

Mais Jean de Montfort, frère du

(*) Villaiii, liv. Vfc;SbiiioiMli,Rép. itaL,

lom. III.

T. IV. 3a' U»raUon. (Dicx. eimcygl.» stg.)

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IL'yNIVERS.

dac ^6 Bretagne, prétendait aussi hériter de ses États; niais toutefois il dissimula jusqu'à la mort de son frère (1340). Alors il s'empara des trésors da doc, et se fit proclamer son successeur. De son côte, Charles de Blois fit valoir ses droits, et i! s'éleva entre les deux prétendants une guerre longue et sanglante. Jean de Montfort . avait pour lui le peuple des Yilles et des campagDes , et il était soutenu par Edouard, roi d'Angleterre. Charles avait pour partisans la plupart des barons et des prélats, et il implora iap> pui de Philippe de Valois. Les deux princes furent cités devant la cour des pairs ; ils s'y présentèrent tous deux. Mais Jean de Montfort s'apercevant , à la manière dont il fut re^u de Philippe de Valois, que sa cause était jugée d*avance, s'enfuit aussitôt en Bretagne. Cependant le procès s'instruisit; et les pairs réunis à Conflans décidèrent, en 1341, en faveur de Charles de Blois. Aussitôt le duc de Pïormandie, fils aîné du roi, entra en Bretagne à la tete d'une nombreuse armée; le comte de Montfort, contraint de se réfugier dans la ville de Nantes fut fait prisonnier, et conduit dans la tour du Louvre. Cet événement semblait devoir mettre fin à la guerre ; mais elle fut continuée par la comtesse , dont le grand caractère et

S courage en cette drqonstance ont it Tadmiration de tous les historiens contemporains. Cependant Charles de Blois s empara de Rennes, et vint mettre le siège devant Uennebon , où cette princesse 8*était enfermée. La ville était réduite à l'extrémité, et allait être forcée de capituler, lorsqu'une armée anglaise , arrivant tout à coup dans le port, vint forcer les assiégeants à se retirer. Le comte de Montfort était sorti de prison en 1843, à la faveur d'une trêve. Il mourut en 1345, laissant son fils unique, Jean de Montfort, sous la tutelle de sa mère.

La guerre n'en continua pas moins avec des succès divers jusqu'en 1346 , où Charles de Blois fut, a son tour, fait prisonnier à la bataille de Laroclie-Derien.Oo le conduisit eu Angleterre, et il

fut enfermé dans la tour de Lon*

dres. Jeanne de Penthièvre suivit alors l'exemple que lui avait donné la comtesse de Alontfort, et continua la guerre avec une semblable activité ; quant à son époux, il ne put obtenir sa liberté qu'au bout de trois ans, moyennant une rançon de trois cent cinquante mille écus. Pendant sa captivité . le jeunecomtedeMootfort avait épousé Jeanne, fille d'Édouard.

On proposa alors aux deux prétendants de partager la Bretagne. Charles répondit d'abord qu'il voulait tout ou rien; cependant, en 1864, il céda aux instances des barons , et consentit au partage. Un traite fut préparé à cet effet, et les signatures étaient déjà données. Mais Jeanne de Pentliievre. Informée du résultat des né-

f;ociations, écrivit à son mari qu'elle 'avait prié de défendre son patri* moine, et qu'il ne devait pas le remettre eu arbitrage quand il avait les armes à la main. Charles envoya aussitôt sa rétractation, et la guerre recommença avec une nouvelle fureur.

Mais, dès ce moment, il sembla que la fortune l'eût abandonné; il n'éprouva plus que des revers, et la oataille d'Aurai, livrée le 29 septembre 1364, décida enfin du .«ort de la Bretagne. Les deux armées s'y étaient préparées par la prière ; la mêlée fut horrible; Charles y fit en vain des prodiges de valeur; le bataillon au milieu duquel il combattit, et où se trouvaient avec lui du Guesclin et Beaumanoir, fut enfoncé, et déjà il était prisonnier, lorsqu'un Anglais lui plongea son épée dans la gorge. Oa trouve, dans les chroniques du temps, une autre version sur la mort de Char- | les de Blois. Suivant les auteurs de ces chroniques , ce prince , après avoir été ifait prisonnier, aurait été conduit à Jean de Montfort, qui lui aurait fait trancher la téte en sa présence. Nous avons raconte d'abord l'opinion la plus généralement admise.

Charles de Blois était brave et ^é* néreux, mais d'une piété plus vive qu'éclairée. Aussi les seigneurs de son parti disaient-ils qu'ils avaient uocbeC

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né pour être moine, et non pourgouverner un État.Après sa niort,on le trouva revêtu d*un cilioe de crin. Le bruit se répandit que des miracles avaient lieu sur son toiiiI)e;ui, et une enquête fut ordonnée par le |;ape l rbain V , pour sa canonisation. Mais elle fut interrompue par ordre de Grégoire XI , et à la prière de iean de Montfort , qui craignit de passer pour un impie et un persécuteur, si l'ennenii qu'il avait vaincu était présenté comme un saint aux hommages des peuples. (Voy.BBi-

TÀONB.)

CnABLEs DE France , fils de Louis IV d'outre-mer, naquit en 953.

Louis IV étant mort eu 904» Lothaire, son fils aîné, lui succéda à Texclusion de Charles, et contrairement h Yancienne coutume , d'ayrèf? laquelle l'autorité royale se partageait entre les fils du dernier roi. La couronne commençait à subir la loi des fiefs; elle ne devait plus désormais appartenir qvCk !*a!né. Charles se dédommagea en Taî-

£ant valoir les droits de sa mère Gerlerge sur la Lorraine; Othon II, roi de Germanie , pour éviter qu'il ne troublât le pays , lui céda toute la basse Lorraine, à condition qu'il le reconnaîtrait pour son suzerain ; et Charles, en se taisant le vassal d'un prince etran-

?;er , juitlfia, aux yeux des seigneurs rançais, la mesure qui Tavait exclu du trône; aussi ses titres furent-ils de nouveau méconnus, lorsque le trône, devenu vacant par la mort de Louis Y, son neveu (987), fut donné à Hugues Capet, duc de France et chef du parti national. Cette fois pourtant, il voulut faire valoir ses droits ; mais il ne se pressa pas d'agir, et ce fut seulement au bout de dix mois que, profitant de l'absence de Hugues Capet qui combat^ tait dans le Midi, il surprit la ville de Laon, la véritable forteresse carlovingienne. Maître de cette position, il rempara ensuite de Spissons^ et marcha sur Reims pour 8*y faire couronner. L'évéque A(falbéron, qui venait de mourir, avait été remplace par ArnoipbCf û\$ naturel de j^olhaire et neveu de Charles: le nouveau prélat ouvrit a m onde les portes de ffi

ville épiscopale. Mais Charles ne put s'y maintenir. A l'approche de Hugues, vainqueur des Aquitains, il quitta la plaine et se retrancha de nouveau dans la ville de Laon. Il s'y croyait inattaquable; mais l'évêque Ascelin, qui avait toute sa conGance , le trahit et livra la ville à Hugues Capet, qui y entra le jeudi saint 991. Charles, surpris au moment oij il était en prière, tut enfermé à Orléans avec toute sa famille. Il y mourut deux ans après , laissant dm fils qui moururent sans postérité, et deux filles , dont Tune fut mariée au comte de Namur, et Tautro au comte de Hainaut.

Chaules de Loba a.i«e. Voyez Lob*

BAIHB.

CHABI.B8 d'Oblbans. Voyez Ob*

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