‹ France (volume 4)Chapitre 7 sur 79 · ERS. CAL · texte numérisé non relu

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en liberté, et Calonne n'y gagna que la réputation d'un audacieux intrigant.

En montant sur le trône, Louis XVI avait cboisî Turgot et Necker pour ministres; mais les courtisans, alarmés des projets de réforme que préparaient ces deux hommes d'État , les obligèrent, par leurs cabales, à donner leur démission. Dès lors, tout fut perdu, et la révolution devint imminente. MM. Joly de Fleury et d'Orniesson,qui leur succédèrent, ne purent rétablir I ordre dans les finances. Galonné , protégé par ie comte d'Artois et M. de Vergennes , ministre des affaires étrangères, fut nommé, en 1788»

au contrôle général. Si les courtisans avaient eu à redouter la sévère économie de Turgot et de Kecker, ils n'eurent qu'à se louer de la facile complaisance du nouveau contrôleur général.

Galonné ne s'étudia qu'à plaire à la cour, et il y réussit, du moins pendant quelque temps. Il donnait des fêtes, payait les dettes du comte d'Artois, prodiguait l'argent à la reine^ donnait des pensions et des gratiûcatidns à ses protégés , soldait l'arriéré , acquittait toutes les dettes, achetait Saint-Cloud et Rambouillet. Lorsque le roi l'interrogeait sur les ressources du trésor, le ministre lui faisait le tableau le plus séduisant de la situation de la France. Il ajoutnit qu'il avait des plans tout prêts, qu'il mettrait au jour quand il j serait temps, et dont Tellet serait d'effacer jusqu'aux moindres traces du déficit. Les moyens qu'employait Calonne pour faire face à tant de profusions étaient simples : il empruntait, antici-

f>ait, rendait les édits bursaux , proongeait les vingtièmes , imposait des sous additionnels avec une facilité que n'avait jamais, montrée aucun de ses prédécesseurs.'Le parlement avait beau faire des remontrances toutes les fois qu'on lui présentait des édits , ie roi ordonnait d'enregistrer, et on était contraint d'obéir. La détresse du peuple parvint à un point (jui ne permit plus de lever de nouveaux impôts; et, quant au crédit, les nombreux emprunts du ministre l'avaient épuisé.

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Bans cette situation critique, il ne se bien quMI ne pourrait plus fournir à

laissa point décourager, et trouva de ses prodigalités, s'unit aux parlements,

l'argent pour maiotenir son luxe et ges ' La reiné et le comte d'Artois, aupara*

éiioriDes dépenses. Enfin , en 1786, il Tant ses soutiens chaleureux, entrat-

se prépara à mettre à exécution la nés par Tarchevêque de Toulouse, qui

Î;rande mesure qu'il gardait depuis si briguait la place de contrôleur général, ongtemps en réserve : il convoqua une l'abandonnèrent aussi. Piéanmoins , assemblée des notables. Son intenlion Galonné résista encore quelque temps, était de demander à cette assemblée II réussit mémo à faire disgracier un .régale répartition des impôts, Tanéan- de ses plus grands ennemis, le garde tissemem des privilèges d'État, l'abo- des sceaux Miromesnil; mais le lende- • lition des corvées et de la gabelle, main même du jour où il obtint cet Cette mesure ne satisfit aucun parti, avantage, le roi, pressé par les repré* La nation^ éclairée sur ses propres in< sentations des notables, envoya 91. de téréts, demandait la convocation des Breteuil lui demander sa démission, états généraux ; et, quant à la noblesse, La haine de ses ennemis ne s'en tint outre qu'il comptait parmi elle beau- pas là. Louis XVI fut contraint de lui coup d'ennemis qui conjuraient sa retirer le cordon du Saint-£sprit et nrine avec les parlements, eUe était de Fexiler en Lorraine, trop prévenue contre ses premières Quelque temps après, Calonne passa . opmtions pour lui accorder les sacri- en Angleterre, et engagea de là , avec fices qu'il réclamait d'elle. Ce qui nui- Neckeretles parlements, une polémique sit surtout au projet de Calonne, ce fut dans laquelle il mit beaucoup d'esprit la mort de Vergennes, arrivée quelques et de grâce, mais il ne put jamais , mal* jours avant la convocation des nota- gré tous ses efforts , convaincre perbUts. Néanmoins , il se présenta avec sonne de l'intégrité de son administraassurance devant l'assemblée , dont tion. Il épousa à Londres la veuve de l'ouverture eut lieu le 2 février 1787. M. d'Harveley, qui lui apporta en dot Il y prononça un discours non moins une grande lortune- Lorsqu'en 1789 brillant qu'habile , dans lequel il fit le les états généraux s'assemblèrent, CataUeaa le plus flatteur de Tétat de • lonne se rendit en Flandre dans le des- Findustrie et du commerce; cependant sein de s'y faire élire; mais la nation il fut forcé de convenir d'un déficit était animée alors de sentiments trop énorme de cent douze millions. Loin purs pour faire choix d'un tel mandad'accueillir les moyens qu'il proposait taire. Le refus qu'elle fit de ses services pour rétablir les finances, les notables l'engagea à'écrire contre la révolution, lui demandèrent des comptes. Obligé II devmt Tagent du parti' de Coblentz, de se défendre, mais fort embarrassé qu'il servît avec beaucoup d'activité, de le faire, Calonne déclare que Tar- et auquel il sacrifia toute sa fortune, riéré remontait au ministère de l'abbé Après que les événements de la guerre Terray; qu'il était alors de quarante eurent ôté aux Bourbons tout espoir millions ; que radministration de Neo* de rentrer alors en France, il retourna ker en avait joint quarante autres , et à Londres, ou il composa quelques qu'il n'avait pu lui-même éviter une ouvrages politiques. Calonne ayant à surcharge de trente-cinq millions. Nec- se plaindre du parti qu'il avait servi ker répondit en soutenant, comme il avec tant de zele, et dont il s'était atl'avait fait dans son compte rend», tiré la délâveur par la publication de ^e , pendant sa gestion , les recettes son Tableau de VEurope en novem' excédaient les dépenses dedix millions, bre 1795, sollicita, en 1802, la permis- Dès lors, les notables, heureux d'avoir sion de revenir dans sa patrie. Napoun prétexte pour se venger des inquié- léon la lui accorda; niais il mourut un tudes qu'il leur avait inspirées sur mois après son arrivée, le 30 octobre leurs privilèges , ne gardèrent plus de 1802, laissant la réputation d*un bomme issure cooKn lui, La «odr, i€y?M détalent, mais sans conviotioA ctaaas

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