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VVJXLYMMS. - UAL
«melèN. NatUMUement léger, Cklonne voyait diflKflilinient le côté profond des choses ; aussi sembla-t-ii se jouer des graves difficultés contre lesquelles la royauté eut à lutter avant 1 explosion de la révolution. Sa trop . grande confiance dans son habileté pour les tours d'adresse lui fit croire qu'il suffisait de louvoyer pour échap-
• per à tous les écueils ; mais ayant voulu tromper tout le monde , il tomba de-
- vaat le méoDstentetneot général. On trouvera dans nos Annales dearen-
• aeignements positifs à cet égard.
Calonne a publié plusieurs mémoires sur les finances etsurdiversesquestioDS politiques, qui sont écrits avec beaucoup a*élégance, mais dans lesquels se retrouvent tous les défauts de son caractère. On a en outre de lui : Coirespoiidance de IS'ecker et de Calonney 17Ô7, iii-4*'; Répotiae de Calonne à FécrUdeJMtêr, in-4% Londres, 1788; Note mw le mémoire remis par iVeaker au comité de subsistmices, T.ondres, 1789; De l'état de la France tel qu il peut et tel qu'il doit être, Londres, 1790; Obsei-vations sur les foncée y in-4*, Londres, 1790; Leltres d'un publiciste de France à un publiciste de lAllemagne y 1791; £"5guisse de l'état de la France, in-8**, 1791; Tableau de l'Lwope en novembre 1795, Londres, fn^; De$J^ nonces pubUques de la France, in-8% .1797; Lettre à l'auteur des Considérations sur les affaires publiques, in-S", 1798. On lui attribue aussi un Traité de la police pour l'Angleterre; une Béponse à Montyon ; et enfin des Remarques sur V histoire de la riwh "f hition de Russie par Rulhière.
Calotte (régiment de la). Au commencement du dix -huitième siècle,
Quelques beaux esprits de la cour, tous *ane humeur satirique et railleusé, dans le but de châtier par le ridicule les écarts de conduite , de style et de langage qui parviendraient à leurconnaissauct-, formèrent une société uu'ils nommèrent le M^imemt de la calotte^ et le composèrent uniquement de personnes distinguées par la singularité lie leiira diacoura ou de leurs actioas*
Peur pNittir 4|ii'ils nt' s'épargnaieiit • |His plus qu'ils n'épargnaient ba aa*
très, ils s'inscrivirent les [)remiers sur le registre matricule de ce corps fantastique, et élurent un des leurs pour son général. Bientôt il n'y eut dans la vie publique , dans la Yie privée , dana les œuvres de l'esprit, rien qui fût à l'abri de la mordante critique aes chefs de cette singulière milice, qui avait ses étendards, qui lit frapper des médaittes, et trouva dea poctea pour maître en vers aea arrêts burlaaques.
Quand un homme avait fait ou dit une sottise , on lui donnait une calotte , c'est-à-dire, c|u'on lui décochait une épigramme bien acérée qui le couvrait de ridicule, ou bieu on lui envoyait un brevet de ccdottin^ et ilétait censé faire partie du rés^iment en qualité d'extravagant. Une fois le roi demanda à M. de Torcy, exempt de ses gardes du corps, et général de la calotte, s'il ne ferait paa un jour la revue de aon régiment. « Sire , répondit Torcy, j'y ai « pensé plus d'une fois; mais il est si « nombreux que j'ai toujours craint n qu il ne se trouvât uersonne pour le « voir passer. * Soua le nom de ca/io^ tes et de eaioMaês^ fl partît de cette société un grand nombre de pièces dont on a recueilli et publié les meilleures. Ces pièces ont eu quelquefois beaucoup çlus pour but de satisfaire des animosités particulières que de servir à la correction des moeurs publiues. Voltaire, qui lui-mémeest appelé, ans VAnti-mondain y cher calottin de la première classe, se plaint amèrement, dans'UBe lettre de t746« d'une calotte que Ton avait faite contre M. et M"* de la Popelinière, pour prix de fêtes qu'ils avaient données , et auxquelles n'avaient probablement pas été conviés les officiers du régiment. Après avoir été , pendant plusieurs annéea, une puissance, le régiasent de la calotte mourut tout doucement; mais en disparaissant du monde il légua à des 'gens d'esprit, qui devaient venir plus tard , ridée de Tordre de YÉtê^fiuàr et de celui de la Girouette, dont les fondateurs, pendant les neuf mois de
la prwnièff rfiatai^ritiftni diatribuèreut
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d'inconstance politique.
Calvados, chaîne de rochers, ainsi nommée, dit-on, du nom d'un vaisseau espagnol qui y tit naufrage. Ce rocher^ ^1 eoom tooU to cdta de rarronditsement de Bafcux , est ntaé à daux kilomètres environ de la terre, et a vingt- trois kilomètres de longueur.
Calyados (département du). Ce dé-
Sartement, forme de la basse Normaaie et dff diocèses de Usifui el d*Rmnxt doit son nomav uMbtvdu Cal- Tddos, qui s'étend sur une partie de ses cotes. 11 est borné au nord par la Manche , à Test par le dép9rten)ent l'Eure, àii sud par oeluî de l'Orne, el à Touest par le département de la Manche. Sa superlicie est 'd'environ cinq cent soixanb€-deux mille quatrevingt-treize hectares, et sa population de cinq cent un mille sept cent soixante-
Simà habitaolB. Il a pour eNMîaii en , est partagé en six arrondisser ments, ou sous -préfectures (Caen, Bayeux , Falaise , Lisieux , Pont-l'Évéque et Vire)» et en trente-sept can* tons. Il renferme liuil cent neuf com« niines. Son reveou territorial est évalué à 35 millions 500 mille francs. Il fait partie de la division militaire, de la 15* conservation lorestiere, ressortit à la cour royale de Caen, et forme le dlocèle de Bayeux. It^envoie sept dé* piités à la chambre.
Boisrobert , les frères Boivin , Rrébeuf, Alain Ghartier, le maréchal de Coignv, Daléchamp. Tannegui-Lefèr vre, Ûuet, évjgque d Ayrancbes, Mal* filastre, Malherbe, Jean Ma rot, père de Clément, secrétaire de la reine Anne de Bretagne; Mezerai, le jésuite Porée, Sarrazin, Segrais, Touret, le marquis de Laplace , Vauquelin , les généraux Beeaeo et Lafosse, ete.» sont nés^dans Je département du Calvados.
Calvet (Esprit Claude-François), médecin et antiquaire, né, en 1728, à Avignon, où il étudia la médecine et fut reçu docteur agrégé, en 1745; il passa «If njte up an à IVksOle de Montpellier et se rendit, en 17|p0, à Paris, pour y continuer ses études médicales.
▲ soa jTiitoiir à Avignon, il ouvjpit à la
fteulté de médecine an cpurt de physiologie, qui fut très-fréqueoté, et fut
nommé, peu de temps après, médecin en chef des hôpitaux. Sans négliger les devoirs de son état, il cultivait l'histoirë naturelle et rarebéologie ; un Mémoire sur les xtMcvkàru de Ga« vaillon, qu'il présenta, en 1765, à l'Académie des inscriptions et belleslettres, lui valut le titre de correspon- ^dant de cette société. Il mourut à Avignon, en ISIO, dans sa quatre-vingtdeuxième année; il avait conservé Tusage de toutes ses facultés morales et avait composé, trois ou quatre ans auparavant, sa propre biographie; le 10 Janm 1810, six mots avant sa mort, il écrivit son testament olographe. Ce dernier acte de Calvet est à la fois un monument de sa reconnais^ sance envers sa patrie, de ses sentiments religieux, de sa modestie, de sa bienfaisance et de Torigmalité de son caractèret Comme il n'avait que des collatéraux fort éloignés, il légua à la ville d'Avignon, pour être mis a la disposition du public, sa bibliothèque, sa collection d'histoire naturelle, et surtout son cabinet d'antiquités, le plus riche qu'il y ait en France, après celui de la bibliothèque royale. Pour subvenir à l'entretien, à Vaccroissement de sa bibliothèque et du musée| ainsi qu'aux traitements des fonction?
iiaires chargés de leur conservation, Dilvet donna à la ville tous ses biensfonds, rentes et capitaux; il laissa, en outre, à l'église cathédrale, un basrelief en argent et un christ en ivoire \ une pension perpétuelle de soixante francs par mois au vieillard le plus âçé d'Avignon, sans distinction d état ni de sexe ; une rente de deux cents francs au paysan qui aura )e plus il'enfants vivants; deux cent quarante francs par an au jardin botanique d'Avignon; cent francs pour un prix annuel de dessin, etc., etc. Il demanda à être enterré sans cérémonie, même sans cercueil, à être seulement mis dans un sac et porté par quatre pauvres dultivateurs, vêtus de leurs habits de travail, etc., etc. On doit à Calvet, outre plusieurs ouvrages de o^eciocy
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une Dissertation sur un monument singulier des utrieuUéres 'du €avaU-' lorty où Ton éclairnit un point împor-' tnnt de l^v navigation des anciens, 17()r), in-8'', ligures; un Mémoire sur deux iiiscriptions grecques dans le genre érofiquet Magasin encyclopédique, 1802, 1,154; et dèiii lettres à M. de la Tourettd, sur la jambe du cheval de bronze, trouvée dans la Saône en 1766. On conserve, danst son musée, six volumes in-folio niannserits, contenant tckis ses ouvrases sur la médecin«, l'histoire naturelle, la philosophie, les antiquités et la numismatique. Millin avait distingué, dans ce recueil , un Spicilegiiim inscriptionum antiquarum, et il exprime, dans son Voyage dans les dêpàr^ Umenis du Midi , le désir que le gouvernement se charge de la publication de cet ouvrage.
Calvi, Tun des chefs- lieux de souspréfectare du département de la Ciorse, place de guerre de seconde cîasse. La fondation de cette ville est due aux {guerres civiles qui, dès le treizième siècle, désolaient la Corse. Vers l'an 1268, Giovanninello, de Pietra- Allerata, faisant la guerre è Gtudîoe délia Rooea, seigneur de toute rîle, "vint se fortifier sur ];i hauteur où est aujourd'hui Calvi : il se retira ensuite; mais ce lieu continua d'être habité.
Postérieurement, les Avoghari, seigneurs de Nonza, y furent a()pelés et continuèrent à y dominer jusqu'au moment où les habitants se soumirent aux Génois, aux mêmes conditions
auc ceux de Bonifacio. Les troupes 'Alphonse, roi d'Aragon, occupèrent momentanément Calvi. Du temps de Henri IL l'armée combinée des Turcs et des Français en leva le siège, événement regardé alors comme un prodige opéré par un crucifix qu'on avait, la veille, planté sur les remparts, et qu'on n depuis appelé le crucifix des miracles. La ville de Calvi ne prit jnmaîs part aux mouvements insurrectionnels de l'intérieur contre les Génois. Pour reconnattre et encourager cette inaction, le gouvernement génois fit placer sur la porte de la citadelle cette ins*
cription : ciyitas càlvi sÉlfPEB
' Les Anglais assiégèrent Calvi an commencement de juin 1794. La garnison fut puissamment secondée par les citoyens ; les femmes même se firent remarquer par leur courage en portant des munitiona sur les remparts et en travaillant aux fortifications dans le moment le plus terrible du bombardement. Après une longue et opiniâtre résistance, ^ui réduisit la garnison à deux Cent soixante hommes, et après avoir vu les Anglais occuper le fort Mozello, Calvi se rendit faute de vivres. Les habitants abandonnèrent aux Anglais les restes méconnaissables de leur cité et s'embarquèrent pour Toolouse. En 1796, les conquêtes dtt général Bonaparte en Italie encouragèrent les Corses à secouer le joug des Anglais; Calvi fut repris et ses habitants rentrèrent dans leur patrie.
Cette ville, dont la population est
aujourd'hui de trois mille deux cent quatre-vingt-deux lial)itants , n'offre d'ailleurs aucun monument remarquable. La caserne, qui est l'ancien palais des gouverneurs génois, et l'élise, oà Ton voit le tombeau de randenne &mille BagUonif offrent seules quelqut intérêt.
Calvi (combat et prise de). Une colonne napolitaine, battue le 6 décembre 1798, a Otricoll, se retira sur les hauteurs de Calvi, petite ville de la
terre de Labour, à 12 kilomètres de Copoue. Champiormet fut instruit que le général MacK avait pris position à Cantalupo, pour tenter de couper les communications des divisions françaises. Afin d'arrêter cette entreprise, {]hampionnet donna ordre au général Macdonald de faire porter la brigade du général Mathieu sur Calvi, celle du général polonais Rniatewitz sur le même point par Magliano^ tandis que le général Lemoine déboucherait sur Calvi par Contigliano.
Ce mouvement, bien combiné, fut exécuté avec une grande précision; toutes les colonnes se mirent en mai> cfae dans la nuit du 8 «i 9 éèomhnt
et sVfvmeèrant per det elîeittioB fto*
Êeux au milieu (Tune plaîe horrible. A \ i>ointe du jour, les troupes de Macdonald arrivèrent devant les hauteurs de Calvi. Après un combat très-vif, l^ennemi fut jeté dans la ville et cerné. Od le somma de se rendre, et après
Suelques pourparlers la garnison, iorte.
e cinq mille hommes , se reconnut prisonnière.
Galyiere (Charles-François, marquis de) naquit à Avignon,* en 1C93, entra dans fa earrière militaîre et par- Tînt au grade de lieutenant général ; il se retira en 1755, après quarante-quatre ans de service, dnns son château de Vezenobre, près d'Alais, où il mourut, en 1777; Il avait été reçu, en 1747, roembrehonorairedePAGadémie royale de peinture. Il a laissé en manuscrits plusieurs mémoires sur les antiquités d'Arles, de ISîmes et d'Orange. On a publié de lui, aurès sa mort, un RC' ctM defablu mçerses^ 1792, in-18.
Caltibbbs (le baron Jules de), né à. Ntmes, vers 1775, ne sortit de l'obscurité qu'à la seconde restauration. U figura, en 1815, dans l'armée du duc d'Angouléme, et contribua, avec le comte Charles de Vogué , à soulever la population des environs de Beaucaire et de INÎmes en faveur de la cause royale. Entré dans cette dernière ville à la tête de quelques milliers de paysans , il y prit le titre de préfet provisoire. Siousson administration éâata l%orrible réaction populaire qui se perpétua d'une manière si iiffligeante sous son successeurd'Arbaud Jouques. M. de Calvières fut nommé membre de la chambre des députés par le collège élec> tbraldu Gard, séant à Ntraes^deux jours aprèi que cette ville eut été ensanglantée par le massacre de seize personnes, qui furent portées en plein jour à la voirie, sur le fatal tombereau qu'escortaient Traistaillons et Truphémy. Il fat une des têtes ardentes de la Aïdm' \ttt Uttrouvables où II applaudit à la proposition de son compatriote, M.
de Trinquelague , réclamant une amnistie pour les assassuiats politiques
âui avaient pu être commis daiis les épartements méridionaux ou dans
Quelques ccmlréeB'de l'Ouest. £ii dépit de Tordonnance du 5 septenibre, M. de
Calvières fut élu de nouveau, et vint reprendre sa place au côté droit , dont il partagea les défaites jusqu'aux élections de 1818, qui le rendirent à la Vie privée. La nouvelle loi électorale le ramena encore à la chambre; et, sous le ministère de MM. de Yillèle et Corbières, il passa successivement à la préfecture de Vaucluse et à celle de risère.
CALYiir (Jean). Le laborieux émule de Luther dans l'accomplissement de la révolution religieuse du seizième siècle naquit à Noyon le 10 juillet 1509. Son père, qui était issu de parents fort pauvres, mais avait obtenu la charge de procureur fiscal du comté , portait le npnii de Cauvin , dont le fils forma , après ravoir latinisé, celui auquel il devait donner une si grande célébrité. Disons en passant qu'en diverses circonstances, Calviil se servit, pour dérobor à ses ennemis ses écrits ou sa (personne, des pseudonymes de Caldarius, Happeville , Deparçan , etc. Il paraît qu'il fut redevable à Claude d Han-
âest , abbé de Saint-Éloi de IVovon , e ses premières études, et sans doute des bénéfices ecclésiastiques dont il fut investi presque au sortir de l'en»
fance. Il n avait en effet que douze ans, lorsqu'on lui coulera une chapellenie dans la cathédrale* Quelques aunées plus tard, il fut successivement nommé titulaire des cures de Marteville et de Pont-Lévêque, quoiqu'il ne fût que simple tonsuré. Sa première destination était, il est vrai, pour TÉ-
flise ; mais après avoir fait à Paris s.es umanités au collège de la Marche, et sa philosophie à celui de Montaigu , il tourna ses vues, d'après le désir de son père, vers la jurisprudence, qu'il alla étudier d*abQfd à Orléans, sous Pierre de l'Étoile, puis à Bourges, sous Alciat. Il commença aussi dans cette dernière ville l'étude du grec et de l'hébreu avec l'Allemand Melchior Wolmar, dont les leçons développèrent chez hii te goût des textes saaés, ^e lui avaient déjà inspiré à Paris les
conTemtioDS de son allié et condisciple, Robert Olivetan. On rapporte même que, dès lâ29, époque de 8on séiour à Orléans, il a^essayait à X la prédication dans quelques assem* bjées religieuses qui se tenaient chez des particuliers. On le vit ensuite parcourir les can)pagnes des environs de Bourges pour y catéchiser les euiantsj et le seigneur de Lignières, après ravoir entendu , trouvait que celui-là.
du moins enseignait quelque chose de nouveau.
A la mort de son père , qui arriva vers 1532, CaWin se démit de ses bénéfiees; puis, quittant Tétude des lois humaines, il employa ses premiers loisirs à l'examen de la morale, et sembla, par son commentaire sur le traité de Sénèque, De Clementia^ vouloir rappeler son siècle aux principes d'une tolérance dont plus tard il s'écarta lui-même étranj^ement. II ne devait pas rester longtemps simple spectateur des scènes de persécution dont il était entouré. Il était depuis quelque temps à Paris. Ses liaisons avec Michel Cop le firent soupçonner d'avoir pris part à la composition d'une harangue de ce docteur, dans laquelle le parlement et la Sorbonne avaient cru retrouver les doctrines des réformateurs. Il dut se cacher pour échapper aux poursuites du lieutenant criminel. Du logement qu'il occupait rue Saint-Victor , il se réiugia d'abord au collège du cardinal Lemoine ; puis, s*éloignant de Paris, il se retira chez un chanoine d'Angouléme, Pierre du Tillet. Pour subsister, il se mit alors à enseigner le grec. On suppose que, dans cette retraite , il s'occupait déjà - I reeuelllir les matériaux de ses ou« vrages contre le catholicisme; il saisissait du moins toutes les occasions de répandre ses opinions , et il les développa dans d'assez nombreuses réunions, tant à Angouléme et à Poitiers
St*à Mérac , où la reine dé Navarre , arguerite, sœur du roi François P*", l'accueillit avec distinction. La médiation de cette princesse ayant apaisé la persécution dont Calvin avait failli être victime, il revint en 1534 à Paris,
n'y fit qu'une courte apparition, et alla publier à Orléans son premier ouvrage de tliéologie (K)ur combattre l'opinion de ceux qui croyaient Tâme abandonnée à un état de sommeil , dans rintervalle de la mort au jugement.
Cependant la persécution se rallumait i Calvin fut forcé d'aller chercher un asile en pays étranger. Il se dirigea vers la frontière de Suisse , et une fois en sûreté à Bâie, il fît paraître, sous le titre Institution chrétiennCy l'exposé de la doctrine de la reforme telle qu'il la concevait. Il avait d'abord écrit ce livre en latin; mai9 il en donna, dès la fin de 1533, une traduction française. L'ouvrage était précédé d'une préface en forme de discours au roi très - chrétien.
Dans ce morceau , l'un des plus éloquents de Tépoqne, il s'attache à repousser les accusations d'hérésie et de rébellion portées contre les ; réformés de France, déclarant que leur unique ambition est de ramener à sa primitive pureté la religion du Christ. Mais , dans ce but , il repoussait aussi bien l'autorité des conciles que la puissance du pape ; il anéantissait le sacerdoce avec l'épiscopat , et rejetait comme des actes ^idolâtrie les prières adressées aux saints et les honneurs rendus aux images. La simplicité du nouveau culte ij'était pas, du reste, le moindre attrait qu'il offrît.
Ou était porté à sujjposer qu'en purifiant la forme extérieure de la religion | chr^ienne, Calvin n'avait pas négligé d'en purifier aussi le fond. Jaloux de pro()ager lui-même sa doctrine, le nouvel apôtre voulut sans doute aussi juger de plus près l'effet des coups qtril venait de porter à la cour de Rome, et ce fut peut-être le motif du voyage qu'il fit à Ferrare en l SSO ; mais, malgré le bienveillant accueil de la duchesse Renée de France, tille de Louis XII, il ne pot songer à s'arrêter longtemps en Italie. Le séjour de sa patrie ne lui présentait guère moins de danger.
Il ne fit qu'y passer , et se détermina à retourner à BâIe; mais comme la guerre lui fermait les routes de Isi
iMsiae,' Xlôi<IUliit-pvMiidii parla Savoie.
Arrivé à Genève, il crut obéir à une injonction du ciel , en cédant aux instances du ministre Guillaume Farel, qui réclamait sa coopération à la cnliim de cette portion de la vigne du Scigoear, et Dienldl il fut luimême proclamé ministre et professeur de théologie. Il avait alors vingtsept ans. L'année suivante, il fit jurer au peujHe une abjuratkMi définitive du papume. Les moeurs lui parurent alors appeler une réforme tout aussi urgente que celle de la croyance et du rite ; mais cette partie de sa tâche présentait de graves difficultés. Le rif orisnie du réfomiataiir souleva uae videiite oppositioo à laquelle prirent part les premiers mêmes de la cité.
Le jour cfe Pâques 1638, non contents de résister à un acte du synode de Lauzanue, qui ordonnait l'emploi des azyipa^ da^s la célébration de la cène, ainsi qa0 le rétablissement des fonts baptismaux et des f^tes que Calvin avait fait disparaître, les uns du temple et le$ autjes du calendrier, le$ mipistr^s déclarèrent ijfk^m rajsoo dii scandale des mceurs , ils ne pouvaient administrer la communion. Cet acte d'autorité détermina leur chute; on ne leur laissa que trois jours pour sortir de la république. Ce fut en vain «le le conseil da Berne et le synode oe Zurich intervinrent pour demander leur réinstallation ; le vote des citoyens confirma l'arrêt des magistrats.
A Strasbourg » oii se retira Calvin , la réforme luthérienne comptait déjà dix ans d*«dfteace; il y accepta une ebair» de théologie au chapitre deSaiD|»Tbfrmas, et fonda bientôt après une église française pour les réfugiés, dont le nombre était déià considérable. Pendant sM B^ur dans cette ville, en 1540, il pobba le TraUé de la sainte céne^ dans lequel il s'efforçait d'établir une opinion intermédiaire entre celle de Luther, qui, prenant dans le sens littéral les paroles du Christ, admettait la préieoee réelle, et celle du iniuistre de Zurich, Zwingli , qui ne voyait dans le textequ*une figure, dans les espèces
(ia*iia||]fialiole. Ciua tud du leita^
Calvin déstea «• nager à ca dander
sentiment. C'est encore à Strasboui;g qu'il épousa Idelette de Bure, veuve anabaptiste qu'il avait convertie à sa croyance. Il n'en eut qu'un fils et le
{)erait fort jeune. Le cardinal Sadoet , évéque de Carpentras, Tun des hommes las plus vertueux qui aient honoré la pourpre, crut voir dans Téloignement de Calvin de Genève une circonstance favorable au rétablisseqieot de l'autorité pontificale. Ses lettres au peuple genevois , comhattuéi par les habiles répliques du ministre exilé, n'eurent pas le succès que s'était promis le prélat, triomphe du réformateur donna de nouvelles forces à son parti ; aussi, tandis quHI «Restait avec l'ami et le diseinla de Idi* ther, iMélanchthon , aux conférences de Worms et de Ratisbonne , eut-il la satisfaction d'apprendre gue son arrêt de bannissement venait d'être révoqué à runanimité dans l'assemblfle du peuplade Genève.
Replacé, en 1541, à la tête de son Église, Calvin songea à y asseoir plus fortement une autorite qui avait été un Ifkstant méooi|nue.Il djrei^^ donc qn formulaire de sa confession et de la discipline ecclésiastique. Un consistoire fqt établi, qui, investi du droit d'infiiger les peines canoniques, jusqu'à l'excommunication imluxivemetU, devint bientdt un instrument redoutablie pour las adversaires du maître. On vit alors ae tribunal nouveau, institué pour la conservation des bonnes mœurs et de la saine doctrine, dicter aux juges temporels les arrêts qu'ils devaient pronoaear, et appuyer de la tarreurdessuppli* ces la sévérité des censuras. Calvin travailla ensuite à reviser avec les magistrats la législation civile. Ses anciennes études de jurisprudence le rendaient assurément propre à cette tâche; mais cette réunion des deux pouvQira entre ses mains semblait donner raison à ceux qui le qualifiaient de pape de Genève. Il sentait bien lui-même, quelque temps avant d'entrer dans l'exercice du pouvoir temporel, que ea n'était |HiS là le champ le plusdignedesonambition.
Aussi, pour propager sa puissante in-
CAL
devait diriger son ami Théodore de Bèze, et favorisa it-i! en même temps de tout son pouvoir rétablissement de ces presses nombreuses , qui pouvaient si activement servir la fêoontfité de son esprit et de celui de ses disciples.
Au milieu de travaux aussi multipliés, Calvin trouvait encore le temps d'entretenir une correspondance suivie avec ia France , l'Angleterre , l'Allemagne , la Pologne. L'activité de eet homme était prodigieuse. On ne saurait sans injustice lui refuser non plus le mérite d'avoir exercé, dans diverses occasions et à unjiaut degré, plusieurs des vertus du christianisme. C'est ainsi que , lorsqu'en 1545, to peste désola Genève, on vit le pasteur se multiplier, et exposer maintes fois sa vie pour la conservation de son troupeau ; et, à peu de temps de là, c'est à .800 utile intercession auprèsdesprinces d'Allemagne, que les malheureux sectateurs de vaido, échappés aux massacres de la Provence, durent un asile et des protecteurs. Son désintéressement, la pureté de ses mœurs , la sincérité de sa conviction ne sauraient être révoqués en doute. Mais, si nous ne balançons pas à lui rendre cet hommaj^e, sous quel jour pouvons-nous présenter la cruelle énergie avec laquelle ii poursuivait ses aavérsaires? H avait oommencé par les envelopper tous dans la désignation de libertms ; mais les injures, qui ne lui étaient du reste g»ie trop familières, ne pouvaient satisfaire son dévot ressentiment. Le bourreau élalt, à cette époque, l'auxiliaire du prêtre; et cet horrible sacrilège ne fut pas du nombre de ceux dont Calvin craignit desouiller son nouveau culte.
Sans parler des rigueurs sans nombre que l^iomme de Dieu sollicita contre ses enneinis , pouvons-nous paasér sous silence la mort de Jacques Gruet, qui fut décapité à Genève le 26 juillet 1547, pour ses écrits contre la reforme, et celle du médecin espagnol Michel Servet , qui y fut bralé vif , le 27 octobre 1 553, pour avoir attaqué le dogme de ia Trinité? L'un des griefs consignés dans les motifs de l'arrêt rendu contre le premier, était d'a-
vofar «mal parlé de M. CaWin; » quant, au second, condamnécomme hérétique
par les ma«îistrats du Dauphiné sur des pièces livrées par Calvin lui-même,
11 venait chercher un asile en Suisse quand il y fut arrêté. Cest par de tels actes que Tapêtre de Genève affermissait sa doctrine contre le principe même du libre examen auquel
elle devait son existence ! Le aer-
nier acte important de la vie publique de Calvin fiit la mission qu'il remplit, en 1556, à la diète de Francfort, où il contribua à apaiser les différends <juî s'étaient élevés dans le seindeTÉghse réformée. Les soins incessants qu'il s'était donnés , dès ses premières années, pour assurer le triomphe de ia cause qu'il avait embrassée, avaient dé> truit (le bonne heure une santé naturellement peu robuste. Les migraines, la goutte et la gravelie lui causaient depuis longtemps d'affreuses souffrances, quand il mourut, le 27 mai 1564.
Calvin avait le visage pâle et sec; son caractère était un mélange " de timidité et de roideur; son esprit était aussi fin qu'actif, son style Bnm vif mie eorrect. A ceux de ses ouvrages dont nous avons eu occasion de parler , il faut ajouter des commentaires sur presque tous les livres de la Bible , de nombreux écrits de controverse , et une foule de sermons dont beaucouf) n'ont jamais été im* primés. L'éditien la plus complète de ses œuvres est celle de Genève , en
12 volumes in-folio. Le dogme le plus saillant de sa doctrine est celui d'une prédestination antérieure m^e à la prescience divine. Il le développa au chapitre xxi du 3* livre de son Insti^ tutioii chrétienne , et l'on ne conçoit
Sas que la plume ne soit pas tombée es mains du théologien quand il osa écrire ce blasphème que son Dieu, sans autre motif que son bon plaisir, avait destiné la majorité du çenre humain à une réprobation éternelle!
Quant au libre arbitre, Calvin le croit anéanti par l'effet du péché originel : Tabeence du mérite des œuvres de l'homme en est le corollaire naturel. C'est, comme on voit, la doctrine du fatalisme paasée dans i Évangile U
CÂI»
oV a donc ças lieu de s^étttmier aue, pour en prévenir les épouvantables
conséquences , et assurer à la morale la protection qu'elle cherchait en vain dans son dogme , il ait si souvent recouru à des mesures de violente ré* pression !
Calvîx, général de brigade, déploya la plus rare valeur, et concourut a la prise de Naples, en 1799. Le 6 décembre 1800 , pendant la campagne dltalie, ce général, à la téte de trois bataillons de la 24* légère et d'un escadron de hussards, battit l'ennemi qui avait voulu le surprendre, et fit prisonnier un escadron autrichien; Calvin se fit remarquer de nouveau a Taffaire de Monsembano, sur les bords du Mincio; mais il fut tué à la fin de l'action.
Calvinisme. Voy. CnRisiiANiSMB et Sect£s religieuses.
Calvinistes. — Avant de retracer dans une rapide esquisse le rôle que jouèrent les disciples de Calvin dans cette lutte impie où s'entre-choquèrent
f)endant deux siècles les intérêts de a terre et du ciel , il convient de jeter un coup d*œil sur les circonstances à la feveur desquelles se développa l'hérésie qui fut la cause ou le prétexte de ce drame douloureux. Les scandales de Kome avaient comblé la mesure. Ce n'étaitjpoint assez que la cour pontificale étalât aux regards du monde chrétien cet ignoble tarif des indulgences , qui fixait ^e prix auquel on pouvait obtenir l'absolution de toutes les fautes, depuis la simple rupture dujeûnejusqu'à Tincesle et au meurtre; un pape lui-même, rimjpudic|ue Borgia, Alexandre VI, avait souillé la soutane blanche dans la fange des vices les plusdéhontés ; et ce n'était pas en faisant un casque de la tiare de saint Pierre uue le fier Jules U pouvait lui rendre la lorce morale que lui avait enlevée son prédécesseur.
N'oublions pas d'ailleurs que l'ambition temporelle du vicaire du Christ avait
8 lus d une fois excité le ressentiment es princes de fOecident avant que ça dictature spirituelle rencontrât roppo> sition des peuples. Soit que les désordres fussent descendus du chef aux in*
fiérieurs, ou qu'ils fussent .raMmtés
d'eux à lui , l'autel , dans toutes léi
fiarties de la domination romaine, volait d'autres mystères que ceux du tabernacle; et encore le clergé n'avait-il pas toujours la pudeur d'en garder le secret. Depuis longtemps, les populations étaient accoutuiiiées à se moquer, dans de mordantes épigrammes, des désordres ^es serviteurs de Dieu. L'indifférence religieuse était devenue générale.
La voix de saint Bernard s*était perdue dans le désert quand il avait voulu prêcher la nécessité d'une réformation générale. Nous n'examinerons pas si, comme le dit Bossuet dans son Histoire des variations des églises protestantes, cette mesure devait regarder la discipline ecclésiastique, et non la foi; nous nous bornons à constater quelle était la disposition des esprits relativement aux questions relij^ieuses , lorsque la France vit.se manifester les premiers symptômes de la réforme. En reparaissant chez nous avec tout l'éclat de la nouveauté, la philosophie et la littérature des anciens ouvrirent aux esprits un vaste champ d'étude , et leur imprimèrent en même temps une énergique activité. Ce qu'au douzième siècle le marchand de I yon , Valdo, avait osé seul entreprendre, un appel à l'autorité du raisonnement, une loule d'esprits se trouvèrent disposés à le faire au seizième. Aussi , la querelle théologique, brusquement entamée nar Luther, avait-elle déjà excité en aeçà du Rhin une ardente sympathie lorsque Calvin parut. ]Sous lisons, dans ï Histoire du coMnlsme par le P. Maimbourg, que, dès 1520, les savants qu'avaient appelés d'Allemagne les universités françaises, y semaient les doctrines de l'ex-augustin de Wittemberg, et qu'un évéque de Meaux , Guillaume Brissonnet (voyez ce nom) , contribua lui-même à l'établissement de l'hérésie, en fixant auprès de lui , pour l'aider à rétablir la police de son diocèse , plusieurs maîtres ès arts de l'université de Paris, au nombre desquels était ce Guillaume Farel , qui précéda Calvin à Genève. Ces hommes furent bientôt forcés de ftiir ^ ii est mi i devant le»
CÂi.
L'UNiVËRS.
menaces du parlement, oui s'empressa de prendre en inaili la défense de la foi ; înais le çerme du*ils avaient Jété dans
les consciences aevait porter ses fruits, ét l'œuvre de la réforme allait être continuée par une maio plus puissante que la leur.
Luther li'aTalt guère fait que déiiniirët Calvin entreprit d'édifier. Théologien jurisconsulte , il sut imprimer à son Eglise celte forte organisation qui , dès Torij^ine , en fit une puis
force des armes dut suppléer à celle tfë la logique. Delà, les (nemiers conflits» Biais les questions théologiquA
n'orciipaîent pas tellement les esprits qu'ellesetouffassent dans les cœurs tout intérêt pour les objets étrangers au salut. Les rivaux, dans les afraires du monde , exploitèrent donc au profit de leur politique le zèle aveugle des anciens religlonnaires et celui des nouveaux. De là, cette part si active prise dans la guerre des deux sectes par tout
sa'nce capable de porter Palarihe aussi ce que la nation avait de puissant ou bien soiis rbermine royale que sous la d*ambitieux. Et enfin , comme le peuple
pourpre sacrée. François V flotta avait été accoutumé a voir ses princes
ncois
quelque temps indécis. Si , d'un coté, les conciles de Lyon , de Bourges, de Paris, lui demandaient, en 1528, Texfermination de rhérésie, de l'autre, Henri Vm le sollicitait , en 1582 , de secouer, à son exemple, le joug pontilical. Mais le roi chevalier était lié par un concordat; et puis, les membres du clergé ne lui payaient- ils pas bien par leurs subsides le droit de pour* suivre leurs nouveaux ennemis r Ce-
f»endant le petit troupeau , nom par equel les calvinistes aimaient à se désigner, grossissait rapidement. Il se nserutait de i;ens de toutes les conditions; d'hommes d'église que la réforme affranchissait de vœux toujours gênants, quoique souvent enfreints, et d'hommes d épée dont Texercice d'un culte persécuté piquait l'orgueilleux courage ; d*artisans qui voyaient dans la simplicité des formes de la nouvelle religion une sorte de sympathie pour leur pauvreté , et de nobles dames qui préféraient le naïf français des psaumes de JVlarot ail mystérieux latin de la Vui^ate et de leurs Heures. Mais il était évident que trop d'intérêts
employer des troupes étrangères à la garde de leurs personnes que ne protégeait plus assez la vieille majesté du trône, les éalvinistes crurent qu'ils pouvaient, à leur tour, appeler Tétran^ ger au secours de leur foi qu'attaquaient les forces réunies du Louvre et du Vatican. Les alliés que comptaient Tun et i*aiitre camps ne nor* talent pas tous, du reste, rarqaeouse et la cuirasse : car l'Italie avait lancé dans cette arène ses femmes et ses prêtres, et Ta llemagne, ses docteurs.
ISotre intention n'estpas de revenir ici sur ledétail de ces guerres; mais tout en signalant quelques faits particuliersque le point de vue sous lequel nous considérons la question ne nous permettait pas de néiiliger, nous nous attacherons aux résultats moraux bien plus
2u'aux faits eux-mêmes qui ont été sofsamment exposés dans les Anitalbs* Dès le rè^ne de François I*', et pendant les premières persécutions, les calvinistes trouvèrent un ret ugedans la Navarre et le midi de la France , d'où, sortant aux premiers moments de calme, ils se répandirent dans tout Touest et
se rattachaient à l'ancienne Eglise pour jusqu'au cœurdu royaume. Les rigueurs
qu'il fût permis à la nouvelle de s'éta- exercées contre eux ne l''S empêchèrent
blir sans opposition ; et, d'ailleurs, les pasdedomiuerbieutdtdansunefoulede
avantages qu*avaitd^à obtenus celle-ci villes. François I*' meurt ; mais, touteil
enflaient trop Torgueil de ses chefs pour armant contre le pape, Henri II rc-
Î[Ueleùr ambition se contentât d'un parâge. Les deux croyances durent , en conséquence, se disputer l'une à l'autre sinon les consciences, du moins les tersonnes; et, comme les arguments iTétaieiit salis réplique d'aucun côté, la
nouvelle, en 1551, les édits de son père contre les hérétiques, et croit devoir V ajouter l'obligation d'un certificat de catholicisme pour l'admission aux charges publiques. Sous lui , quel^ ques réformes veiuent mettre Tespatié
des mers entre eux et leurs persécuteurs; et, en lôôô, un fort parti d'entre eux , toai la oondiiite de Durand de Tillegagncm , va fonder sur la côte du Brésil, aux environs de Rio-Janeiro, une colonie que ne tarde pns à ruiner la mésintelligence qui se met parmi ses membres. En France, cependant^ le narti prenait chaque jour de noutetlei tbrces. L'université était remplie de ses adeptes ; et le Pré aux Clejcs , où ils se réunissaient le soir pour chanter leurs psaumes, fut maintes fois le théâtre de rixes TtoleBteeafeoleeiiioinés qui revendiquaient la possession du lien.
L*anné« suivante, les prétentions des calvinistes étaient devenues telles que leurs députés, assemblés à Nantes, déclaraient constituer les états da royaume. En Provenee, lia guerroyaient sous Paolon de Mouvans ; en Bauphihé, ils avaient mis à leur tête du Puy de Montbrun; enfin , sous la protection de Coiigny, on faisait pu> niquement lé prêche à Dieppe, an Bavre et à Caen. Lors de l'assemblée des notables tenue à Fontainebleau, on vit Tamiral réclamer la liberté du culte au nom de cinquante mille calvinistes de ta seule pi ovincede Norman* die. £tt lâtl« les religioanaires avaient en France plus de deux nrille temples, et, dans leur fanatique aveuglement, ils se crurent si ferts qu'ils osèrent sommer le jeune roi Charles IX , ou , pour mieux dire , sa mère, de faire dispa« raftre ce qu'ils appelaient 1rs monu»
mentsde 1 idolâtrie cathoHquè, c'està-dire , les images et les reliques des églises. Sur le refus qu'ils éprouvèrent, quelques-uns d'entre eux se chargèrent de oommeneer Tceuvre de destruction « et portèrent leurs outrages jusque sur les hosties consacrées. Si ces imprudentes et sacrilèges démonstrations n'empêchèrent pas la régente d'admettre leurs docteurs à La discussion solennelîe de leur profession de foi . àPoîssy, elles contribuèrent sans douta à neutraliser les efforts tentés par les gens modérés des deux partis pour opérer une réconciliation, et la sauglante . seène de Vase^ Anitpâr rendre impos- .
liu» «el tiww miltil«
Comme tontes les luttes religieuses, celles.-ci furent cruelles dans leurs hostilités, perfides dans leurs trêves. - Les calvinistes firent expier aux catholiques leurs écliafauds et leurs bûchers. Dans liMir retraite, après la bataille de Saint-Denis, ils uassèrent au fil de répée la population ae Pont-sur- Tonne, et qnand ils eurent nénétré dans Ntmes, après la déroute ae Moncontour, ils massacrèrent lâchement le clergé de la cathédrale. Les suspensions d'armes ne servaient qu'à Aire prendre aux deux partie de noo* velles forces pour de nouvelles attaqlies A peine le traité d'Amboise, du 12 mars 1563, était-il signé, que tous les conseillers de la cour, à la tête desels étaient les envoyés du pape et l'emperenr, en attaquaient la validité. Il n'avait d'ailleurs été enregistré oue « par provision, et à cause de la nécessite des temps, » et cette horrible maxime s'était établie, qu'on n'était point engagé par un semiènt faii à un hérétique. En prenant, dans leur synode général de Lyon , l'initiative (Tune nouvelle levéede boucliers, les calvinistes pouvaient donc secroireencore dans les bornes d'une légitime défense.
Les traités qui servirent de dénoÂ<»
ments aux divers actes de cette grande tragédie, eurent cependant cela de remarquable, que le parti calviniste, qui, surtout dans les derniers temps de la lutte « n^arrivait à dee tréveà que par des défaites, aemMait pourtant av<»r la plus grande part au règlement des articles, gagnant de plus en plus dans les transactions diplomatiques à mesure qu'il essuyait plus de pertes sur le cbampdeliataHle, jusqu'au jour où, par.
la sanglante exécution de la Saint-Barthélémy, les catholiques reprirent, le poignard à la main, les concessions successives que leur avaient arrachées leurs adversaires. Longtemps encore la lutte ae prolongea. Les deux partie eurent leurs alternatives de aneeès et de revers , et usèrent avee one égale cruauté de la victoire.
£niio, le bras des bourreaux se lassa, les baineis'asfioupirent, etdndolufeaoz
Les calfinistes' virent namiter sur le trôneon des leurs, et, s'ils lui gardèrent
quelque rancuned*avoir pensé que Paris valait bien une messe, ils n'en éprouvèrent pas moins les effets de sasy mpatiiie. Malheureusement Henri IV passa les bornes d*uQe généreuse protection , et rédit même par lequel il croyait assurer la concorde renfermait le germe de nouvelles divisions. Les calvinistes constituèrent dans l'État un corps légalement reconnu. Une partie du territoire continua n^e à être, en leur laveur, loustraità la juridiction royale; enfin, on sembla avoir opéré « le* rapprochement de deux peuples plutôt que la fusion de deux partis (*). » Les anciens adversaires des réformés ne leur |)ardottnèrent ^s d*avoir obtenu despnnléi!te8qui,8Uivanteux,n'avaient été accordés qu'aux dépens des leurs ; et quand Louis XIII eut succédé à Tau- . teur de Tédit de ISantes , on entendit, aux états généraux de 1614, le cardinal Duperron assimiler les protestants à des oondamnésdont le supplice a seulement éprouvé un sursis. Tl est juste d'ailleurs d ajouter que hi longue période de résistance armeed'où les calvinistes sortaient à peiné les avait mal préparés à la jouissance paisible^des avantages qu'ils venaient d'obtenir, et que, remuants et inquiets, ils menaçaient encore, du fond de leurs forteresses, la tranquillité de rÉtat. £n 1621, ^poque à laquelle l'intérêt de leurs oonsdeoces oe pou<* vait plus servir d'excuse à leurs ambitieuses entreprises, ils voulurent, dans une assemblée tenue à la Rochelle, dresser pour la France le plan d'une république fédérative divisée en huit cercles, ou plutôt de huit principautés réunies par le seul lien de la communauté de culte, et qu'ils destinaient aux plus influents aentre eux.
On ne sait pas quelles places ils réservaient aux catholiques dans cette organisation. Quoi qu*il en soit, Richelieu, en renversant leur rempart, rendit vain ce dernier effort du fanatisme enté sur les débris de la féodalité.
C'était une haute politique , et non (*) De l'état du protestantisme en France dapéif k wiâème aède, par M. kigauh