‹ France (volume 5)Chapitre 111 sur 114 · OS · texte numérisé non relu

OS

fient qu'aux hommes attachés au service des autels, et que, jusqu'au temps de Louis le Jeune, la confession ne fut d'obligation que pour les clercs.

Cette dernière opinion nous paraît fort hasardée, car le second canon du concile de Leptine, tenu en 743, enjoignait à chaque commandant militaire de se faire accompagner, en temps de guerre, d'un prêtre pour recevoir les confessions des soldats et leur imposer des pénitences. On sait en outre que, sous Louis le Gros, lors de l'institution des milices communales, les curés suivaient leurs paroissiens à l'armée pour les prêcher, les confesser et les assister à la mort.

On a longtemps parlé des confessions faites à haute voix; et, faute de bien comprendre les diverses significations du mot confessiOj on s'est imaginé que les pénitents s'accusaient

{)ubBquement, et en présence de tous es fidèles, des fautes qu'ils avaient commises. Il en a été ainsi quelquefois sans doute; mais ce n^a été que par suite d'un abus. Dans l'origine, la confession publique était tout simplement la récitation du Confiteor. Le pénitent s'accusait d'avoir péché d'une manière générale et absolue, et sans entrer dans le détail de ses fautes. Dans là suite, quelques hommes, plus scrupuleux que les autres , crurent donner une preuve d'humilité en racontant leurs péchés avec toutes les circonstances qui les avaient accompagnés ; et les prêtres adoptèrent volontiers une pratique qui les initiait aux secrets les plus intimes des individus et des femilles, et, pour enipécher les scandales dont ces révélations publiques étaient souvent la cause, ils imaginèrent la confession secrète', telle qu'elle est en usage aujourd'hui.

Autrefois les confessions n'étaient pas aussi fréquentes , même dans les couvents, qu'elles l'ont été depuis.

Dans la narration d'une visite pastoijile qu'Odon , archevêque de Rouen , fit, en 124S, dans son diocèse,, on lit que les religieuses de Saint-Âmand n'étaient pas tenues de se confesser plus de cinq fois par ah. Dans la même

narration , l'archevégue rapporte qu'il trouva dans les environs de Saint-Lô neuf prêtres qui ne confessaient qu'une fois l'an, et qu'il leur enjoignit de renouveler annuellement quatre fois cet acte de religion.

Ce fut toujours à un prêtre (jue les

Ï)énitents durent faire la révélation de eurs fautes. Cependant cette règle générale eut des exceptions. Des abbesses obtinrent ou usurpèrent le pouvoir de confesser leurs religieuses, de leur imposer des pénitences et de les absoudre. Quand on manquait de prêtres, que le danger était pressant, et qu'il y avait risque qu'un malade mourût déconfèSy un laïque pouvait remplir les fonctions de confesseur. C'est ce que permirent, en 1248, les statuts synodaux de l'église de Carcassonne.

Cum îmminet mortis periculum , nec potest habere proprium sacerdotem, in quo casu, si alii defuerint, potest etiam lalco confiterî, Joinville, dans la Fie de saint LoulSy nous fournit en ces termes une nouvelle preuve de cet usage : « Messire Gui d'Ybelin, connes- « table de Chypre, s'agenoilla en coste « nioy et se confessa à moy, et je li ft dis : Je vous absolz , de tel pooir « comme Dieu m'a donné. » Lors de la proscription des templiers, ces chevaliers, auxquels on refusait les secours spirituels, se confessèrent les uns aux autres , et se donnèrent mutuellement l'absolution avant de marcher au supplice.

Mais quand un laïque avait reçu la confession d'un mourant, il était tenu de la reporter à un prêtre, et d'accomplir la pénitence qui aurait été imposée au pénitent s'il eût survécu. On lit dans des lettres de rémission de 1474: « Le suppliant mena le blessé dehors la maison, en l'admonestant de son salut, et lui priant, en l'onneur de Dieu, qu'il se confessast et ne mourust point sans confession, et que s'il vouloit se confesser à lui, qu'il s'obligeoit à dire sa confession à bouche de prestre, et de faire la pénitence pour lui. »

Longtemps on refusa aux criminels .

condamnés à mort la consolation de se confesser avant de subir leur arrêt,

CQH

LUniYEBS.

et Ton croît eomBranémeiit qae ce fot Qiarles VI qui la leur aecorda. On est dans Terreur. Ce prince ne fit qae confirmer et étendre an usage qui commençait à s'introduire avant lui.

En effet,* les statuts synodaux de l'église de Castres ordonnèrent, en 1358, aux pasteurs ordinaires, d'avertir, et, au besoin, de contraindre par les censures ecclésiastiques , les juges et les seigneurs temporels de mettre les criminels condamnés à même de se confesser, et à cet effet, de leur envoyer des confesseurs s'ils le demandaient ; et on lit dans le registre de l'hôtel de ville d'Abbeville, dit le Livre nmge, sous la date de 1366 , « ^e se depuis le criminel reaueroit avoir confession , que prestre li fut baillé pour le confesser, et pour che fu ledit Jehan confessé au gibet par un prestre. »

Quand la corruption et la vénalité eurent fait irruption dans le clergé, comme dans tous les autres ordres de l'État, la confession , comme tous les autres sacrements et cérémonies religieuses , ne s'accorda qu'à prix d'argent , et ce qui avait été dans l'origine une offrande volontaire devint une taxe que le clergé exigea avec beaucoup de rigueur. Des lettres de rémission de 1476 parlent d'un nommé Havart cpii < demanda à icelui Thomassin cinq solz et demy à prester, pour soy confesser et oraonner à Pasques. »

Le produit des confessions fut souvent un sujet de contestation entre les évéques , les abbés et les curés de paroisses; et il nous reste des actes nombreux de transaction qui l'attribuent soit aux uns , soit aux autres , notamment un accord de 1254, entre je doyen de Saint-Giermain FAuxerrois et le curé de Saint- Ëustache, par lequel il fut convenu que les deux prétendants partageraient, entre autres produits, celui des confessions. La question de savoir si ce produit appartenait au commendataire ou au desservant du bénéfice, donna lieu à des milliers de procès , qui furent jugés tantôt dans un sens , tantôt dans un autre, suivant les circonstances. Un des obstacles les plus sérieux que les

ordres mendiants rencontraient quand ils voulaient s'établir quelque part, venait de la pratique observée par eux de s'attribuer le produit des eonfcssions , et même d'en faire l'abandon aux pénitents. Quand les confessions forent gratuites, les chefs de paroisses se montrèrent beaucoup plas aooommodants, et acceptèrent volontiers des auxiliaires qui ne leur coûtaient plus rien. Alors aussi l'obligation de se confesser quatre feis l'an fut réduite à une seule, le jour de Pâques.

La confession fut souvent une source de graves désordres. Cette communication intime d'un homme avec un autre fut dans tous les temps, entre les mains du clergé , un dangereux levier politique. « Ceux qui travaillèrent le plus efiacacement à rétablissement de la ligue , furent , dit de Thon , les confesseurs , qui développaient à l'oreille de leurs pénitents ce que les prédicateurs n'osaient pas clairement exposer en public; ceux-ci, en effet, s'abstenaient de nommer les personnes, dans la crainte d'être punis ; mais les confesseurs , abusant da secret de leurs fonctions, n'épai^naient ni le roi, ni ses ministres, et au lieu de consoler par des discours de piété œox qui s'adressaient à eux, ils leur remplissaient l'esprit de faux bruits, et mettaient leur conscience à la torture par des questions embarrassantes et par mille scrunules. Par le même moyen, ils fouillaient dans les secreli

des familles , soutenaient que les

sujets pouvaient former des associa* tionssans l'autorisation du prince, les entraînaient dans cette funeste ligne, et refusaient l'absolution à ceux qâ ne voulaient point en faire partie. Oi porta des plaintes contre ces eonfttseurs séditieux, continue le même auteur, on leur enjoignit de ne pas abuser ainsi de (a sainteté de leur mini^ tère. lis ne changèrent pas , ils forerit seulement plus circonspects, et Instituèrent ce dogme nouveau, que le pé> nitent qui découvre ce que lui a dit son confesseur est aussi ooupaNe on

le confesseur qui révèle la '

de son pénitent. »

GON

CON

Après la conversion de Henri IV et sa reconnaissance en qualité de roi de France et de Navarre, la haine que le clergé portait à ce prince ne s'éteignit pas dans tous les cœurs. Dans piu-

^ sieurs paroisses de Paris, notamment à celle de Saint-André-des-Arts , les prêtres refusaient d'admettre à la confession ceux qui s'étaient réjouis de son entrée dans la capitale. Mais cette ténacité dans des sentiments que défend la religion alla plus loin, et plus (l'un assassin, chancelant avant la perpétration du crime, put aller cherchier auprès du confesseur à qui il avait confié son dessein, des encouragements qui lui rendirent des forces, et des argumentations qui levèrent ses scrupules.

L'influence des confesseurs fut quelquefois très-puissante dans Tesprit des rois; aussi les jésuites étaient-ils trèsempressés de faire obtenir ce titre à l'un d'eux. Cette confiance accordée par le chef de l'État à un homme qui, par sa position et par le serment qu'il avait prêté, était obligé de tout révéler au général de son ordre, même les secrets qui n'étaient pas les siens , de quelque manière qu'ils fussent parvenus a sa connaissance , livrait la politique du royaume à la merci d'un étranger, et eut souvent des suites

' désastreuses. Pour n'en citer qu'un exemple, nous dirons que c'est au jésuite le Tellier, confesseur de Louis XIV, que furent dus les persécutions religieuses du dix- septième siècle , la révocation de Fédit de Nantes , l'exil de tant de familles riches et industrieuses, et la révélation de tant de secrets dans les arts que Ta France avait nossédés seule jusqu'alors.

Il mt toujours sévèrement défendu par les lois ecclésiastiques, et même par les lois civiles, aux prêtres de révéler, même à la justice, ce qui leur avait été confié au tribunal de la pénitence. Plusieurs d'entre eux ont été réprimandés, interdits, dégradés, et même punis de mort, pour avoir rompu sur ce point le silence que leur ministère les oblige à garder. Aussi, quand un ecclésiastique est appelé en témoi-

gnage , s'il dit que pour répondre a la question qu'on lui adresse, il serait dans la nécessité de révéler ce qu'il a appris en confession, il n'est

f»lus fait d'instances sur ce point, et il ui est permis de conserver le secret qui lui a été confié sous le sceau d'un sacrement.

Confiscation. — C'est le nom par lequel on désigne l'adjudication oes biens d'un particulier au profit du fisc, pour cause de crime, de contravention ou de délit. La peine de la confiscation, fréquemment employée sous les premiers empereurs romains, fut en* tièrement abolie par Justinien. Un édit rendu en 630 par DagobertP% sur l'observation du dimanche, est le premier document où il en soit fait mention chez nous. Cet édit défendait de voiturer par terre le dimanche, sous peine de la confiscation du bœuf attelé du côté droit. On connaît une ordonnance semblable rendue par Pépin et promulguée, suivant l'opinion la plus

f)robable, en l'année 744. Cependant a confiscation pout cause de crime ne s'est définitivement établie en France que sous Phi lippe- Auguste, qui rétendit des fiefs aux grands alleux, à toutes les espèces d'héritages, et même aux effets mobiliers du criminel ; c'était, on peut le dire, une législation de circonstances et qui servit merveilleusement l'esprit envahisseur de la royauté. Toutefois, dès le commencement de la régence de Blanche de Castille, les seigneurs se plaignirent que les confiscations, en retombant sur les enfants des condamnés, ne frappaient que des innocents, et ils demandèrent que, suivant l'ancienne coutume, on restituât aux familles les biens confisqués. Mais la reine, dans une assemblée tenue en 1227« ne leur accorda qu'une partie de leurs demandes.

La confiscation n'était pas appli-

?|uée de-la même manière dans les diférentes provinces du royaume. A Yillefranche , en Périgord, les biens d'un homme condamné à mort comme meurtrier appartenaient au roi, les dettes payées préafabiement ; le fisc ne prenait que dix livres sur ceux de

cox

L'UNIVERS

CON

rhooime pendu pour crime de vol ; le reste passait aux héritiers.

A Langres, la veuve d'un homme condamne au dernier supplice reprenait ses biens et son douaire. Si cette peine frappait une femme, Tévéque ayait droit à une part dans les biens du mari.

Pans les pays de droit écrit, la confiscation n'avait lieu que pour le crime de lèse-majesté divine et humaine. Cependant le parlement de Toulouse rappliquait en plusieurs autres cas , sauf réserve, au profit des enfants, de la moitié ou du tiers des biens.

(.a confiscation pour crime, à laquelle tant de favoris des rois durent leur immense fortune , fut abolie dans toute la France par la loi du Ht janvier 1790; mais elle fut rétablie le 30 août 1793, par une loi que complétèrent celles dfu 19 mars 1793 et du 1*" brumaire an ii.

Le Gode pénal de 1810 appliqua la confiscation au crime d'attentat contre la sûreté de l'État et à celui, de fausse monnaie. Mais Napoléon fit toujours, en faveur des enfants du condamné»

remise de cette peine, qui fut enfin abolie par la charte de 1814. La confiscation pour cause de contravention subsiste encore, et probablement elle restera toujours en vigueur.

CoNFLANS. — Ce bour^ de l'ancien 4uché de Bar, aujourd*hiy chef-lieu de canton du département de là Moselle, était autrefois défendu par un château fort, construit en 1170 par Thierry, évêque de Metz. Ce diâteau fut pris par les Messins en 1354, rendu peu de temps après au duc de Bar, assiégé sans succès par le duc de Bourgogne en 1546, et pris par le maréchal de Vieille ville en 1552.

CoNFLÀNS (traité de). — Ce traita, signé en 1465, termina la guerre du bienpublic. Trente-six commissaires furent nommés par Louis XI pour réformer les abus dont les princes s'étaient plaints. Le roi accordait en outre à tous les princes qui s'étaient ligués contre lui des gouvernements, des provinces, des villes, des pensions; a son frère le duché de Normandie ; au

comte de Charolais les villes de la Somme; au duc de Bourbon glu^eurs seigneuries en Auvergne; au due de Nemours le gouvernement de Paris et de l'IIe-de-France ; au comte d'Armagnac les châtellenies du Rouergue m'il avait perdues. Telles étaient tes irincipales clauses du traité de Coo' ians ; elles étaient humiliantes pour le roi qui cédait à des sujets rebelles; mais les princes ligués se dégradèrent parce qu*ils terminaient, en se partageant lés dépouilles du peuple aussi bien que celles du roi, une guerre qu'ils avaient entreprise sous le prétexte du bienMh blic. Cette paix atteignit enfin un dernier but, elle mit fin à une ligue fatale au royaume, et Louis XI sépara fies ennemis en leur faisant deâ promesses qu'il était bien déterminé à ne pas tenir.

Confient, petite contrée, avec titre de comté et de viguerfe, dans Fan* cienne province de Roussillon. Le pays de Confient était enclavé entre la vi-

fuerie de Perpignan à l'est , et la Cer* agne française à l'ouest. Il avait environ 4 nîyriamètres dans sa ploi grande longueur, sur 29 kilomètres de largeur. Villefranche en était le chef-lieu. Cette contrée fut oéd^ à h France avec tout le Roussillon par le traité des Pyrénées.

CoNFOLENs , ConfluetUes , petite ville de l'ancienne Marche, maintenant l'un des chefs-lieux d'arrondissement du département de la Charente.

Cette ville, qui compte aujourdlmi 2,687 habitants, possède un trtbiBiai de 1"^* instance et une bibliothèque ptblique de 13,000 volumes. On j remarque un pont d'une haute antioailé et les ruines d'un ancien château Hirt. La terre, seigneurie et baronnie de Confolens fut érigée en comté en 1604, en faveur de Joacïiim de'ChâteaUYivn, gouverneur de Bourgogne.

CONFBÈRES DE LA PaSSIOK. — Cé-

tait le nom que l'on donnait aux acteurs qui, au moyen âge, repvéaeataient les mystères de la passion, cC dont Charles VI érigea, en I^M, la troupe en confrérie , sous le titra de maUreSj gouverneurs et eonfirèreBie

tù^

FEAHCE.

la confrérie de la passUm et résurrèctîon de Notre-Seigneur , fondée 4ans l'église de Sainte-Trinité à Paris, Ils représentèrent pendant 150 ans des moralités^ dans la grande salle de rtiôpital de la Trinité, puis achetèrent Thôtel de Bourgogne, qu'ils cédèrent

f^lus tard avec le privilège qui, en 1548, eur avait été accordé par le parlement, à d'autres comédiens dont les successeurs représentèrent, sous Louis XIII et Louis XIV, les pièces de Corneille et de Racine. (Voy. Abt dbamati-

Congé. — La plus ancienne ordonnance qui renferme le mot congés dans Je sens où l'emploie aujourd'hui notre langue militaire (*), est celle qui fut yendùe en 1879, sur les permis d'absence accordés dans la gendarmerie par les capitaines des compagnies d'ordonnance. Les différentes espèces de congé étaient marquées encore dans le dernier siècle , non-seulement par le contexte de l'acte, mais par la couleur du papier ; ainsi il y avait des cartouches blanches, jaunes, rouges, vertes.

En droit féodal, on donnait le nom de congé à la permission que le seigneur donnait a son vassal ou à son censitaire de disposer d'un héritage qui était en sa mouvance.

CoNGBÉGATiON. — Associatiou de personnes appartenant au même ordre ecclésiastique , et vivant à part sous une règle particulière.

Il y avait en France trois sortes de congrégations : les congrégations régulières , les congrégations séculières, 6t les congrégations laïques.

' Les premières étaient celles qui se formaient dans le sein d'un ordre religieux. Telles étaient les congrégations de Saint-Maur, de Saint-Vannes, de âaint-Hidulphe , et les deux observances de Cluni , toutes issues de l'ordre de Saint-Benoît. Les chanoines réguliers formaient différentes congrégations ; celle de Sainte-Geneviève , la plus nombreuse, se nommait congrégation de France. Le concile de Trente, qans la sess. 15 , chap. 8, ordonna que

^*) De con^eare (basse lat.), congéer.

tou^ les monastère qui n'étaient point àoumis a deâ chapitres généraux , ou à de^ évéques , et n'avaient pQint leurs visiteurs réguliers, fussent tenus de se mettre en congrégations.

Les congrégations séculières étaient celles que formaient entre eux des prêtres séculiers.. Il y en avait plusieurs en France ; le^ plus célèbres étaient celles de l'Oratoire , de la Doctrine chrétienne , de la Missioii , de Saint- Su Ipice , des Ëudistes , etc. Ces congrégations, dont quelques-unes subsistent encore , étaient formées de différentes maisons réunieâ sous ia direction de supérieurs généraux.

Les congrégations laïques sont celles qui sont composées de personnes pieuses, se réunissant sous l'invocation d'un saint , pour se livrer en commun à des exercices de piété.

Dans le temps de la restauration^ on appela congrégation une esoèce de gouvernement occulte recrute dans tous les rangs de la société , et ou dominaient principalement les Pères de la compagnie de Jésus. Cette association avait pour but spécial d'étouffer les lumières, de refouler le progrès, et de ramener la France au régime du bon plaisir et à la servitude du moyen âge. A cet effet , proscription des bons livres , publications d'oeuvres fanatises , prédications incendiaires , processions scandaleuses, érections de calvaires , plantations de croix, profanation de tout ce que la religion a de saint et de sacré , la congrégation n'épargna rien; et les lois ne furent pas plus respectées par elle que les autorites qu'elle fît taire et qui la redoutaient. Heureusement , la révolution de juillet ,' qu'elle avait provoquée par son intolérance et par s^ excès , en a fait bonne justice.

CONGBÈS DIPLOMATIQUE . nom

sous lequel on est convenu de désigner les réunions des plénipotentiaires de différentes puissances ; réunions dont lé but est d'essayer de résoudre, par les négociations, les questions dont la force des armes n'a pu amener la solution.

L'origine de ces réunions est touj;^.

CON

LUNIVERS.

COH

moderne; le premier congrès européen se réunit en 1644; il se tint à Munster et à Osnabruck , villes qui avaient été désignées par la France, et où se rendirent les plénipotentiaires des diiférentes' puissances mtéressées, pour ne former qu'un seul congrès, bien que les affaires dussent se traiter séparément, savoir : dans Tune de ces deux villes , par des plénipotentiaires eux-mêmes , et dans l'autre , par leurs délégués. Ce fut là que fut conclu le traité de paix dit de ^estphaUe.

En 1659 eut lieu , dans une île de la Bidassoa ( Ttle des Faisans ) , un con-

frès où les plénipotentiaires de la 'rance'etdeTEspagne signèrent, après vingt - cinq conférences , la paix dite des Pyrénées. Ce congrès est connu dans rhistoire sous le nom de congrès des Pyrénées, L'Espagne adhéra à celui de Munster , et céda à la France le Roussi lion , le pays de Gonflent et plusieurs places dans le Pays-Bas.

Le 31 juillet 1667 fut signé , au cotir ^rès de Breda , le traité qui mit fîn à «a guerre que les Pays-Bas , la France et le Danemark faisaient à l'Angleterre. Ce traité avait pour objet principal le règlement des intérêts des différentes puissances dans les Indes occidentales. Les droits de péage à l'entrée du détroit du Sund y furent sérieusement discutés dans ce congrès.

En 1668, le 3 mai, à la suite du congrès d^ Aix-la-Chapelle , fut signé ie traité qui termina la guerre dite de )a Dévolution entre la France et l'Espagne. Les places conquises par la France , dans les Pays-Bas espagnols , lui restèrent , à' la charge par elle de restituer la Franche -Comté à l'Espagne.

En 1673 , le conarès ouvert à Cologne pour mettre un à la guerre qui durait depuis 1672, entre la France et l'Espagne, fut dissous par suite des violences exercées par l'ambassadeur de l'empereur d'Allemagne contre le ministre de l'électeur de Cologne.

En 1678 eut lieu le congrès dit de Nimègue, où furent signés, en 1679, plusieurs traités de paix , dont un entre la France et les Pays-Bas ; un autre

entre la France et l'Espagne; et ud troisième entre la France, la Suède « et l'Empire germanique. Ce congrès eut encore pour conséquence immédiate la paix avec le Brandebourg , signée ù Saint-Germain ; la paix avec le Danemark , signée à Fontainebleau et à Lund ; et ennn la paix entre la Saède et la Hollande , signée à ïïimègue.

La prise de Strasbourg, dont LoQii XIV s'était emparé en pleine paix, et ses projets d'agrandissement, gu'O ne

f>renait pas même le soin de dissimoer , donnèrent lieu , en 1681 , à m ligue offensive et défensive concloe à la Haye, entre divers États de l'Altemagne. Guillaume III en fut le dief; la Hollande et la Suède, puis r£mpe* reur , l'Espagne , et quelques cerdes de l'Empire y adhérèrent. Le congrès qui s'ouvrit à Francfort fut rompa par la France «n décembre 1682, et transféré à Ratisbonne, où il eut pour conclusion une trêve de vingt ans avec la France ; trêve qui n'empêcha pas les armées françaises d'envahir , en 16S8, les provinces du Rhin et de commencer une nouvelle guerre qui duraneof ans. Des considérations relatives à la succession d'Espagne déterminèrent cependant Louis XIV , après avoir essayé en vain de diviser les alliés, àio; voquer la médiation de la Suède, qu provoqua l'ouverture du congrès è Ryswick , en 1697. On y négocia (faprès les principes consacrés dans les traités de Westphalie et de Nimè^ et Ton finit par signer une paix générale **

Depuis 1713 jusqu'en 1814,euKrt lieu un ^rand nombre de congrès où" France joua le principal rôle. Lespracipaux furent : le congrès à*Utrê^ qui termina la guerre de la successioi d'Espagne , et donna lieu à hait tr* tés de paix séparés signés , de 1719 à 1715, entre la France, l'Espaipe, l'Angleterre , la Hollande, la Savowjt le Portugal ; le congrès de itow»

tenu en 1714; le congrès deHanooftt en 1715; le congrès de Cambrdf • 1722 , où, sous ^a médiation de »

France et de l'Angleterre , eut li« ■ conclusion de la paix entre l'EspagB^

CON

COTS

«ftS

et TAutriche ; le congrès de Soissons, en 1728; le congrès d^Aix-la-ChU' pelle, en 1748; le congrès de Tes-' cherty en 1779 ; le congrès de Paris ^ en octobre 1782 , qui termina , entre la France et TAngleterre , la guerre dite d'Amérique ; le congrès de VersaiUeSy en décembre 1784, dans lequel la France fut médiatrice entre Joseph II et la Hollande.

La série des congrès qui ont été tenus depuis la révolution française commence par cplui de Rastadt , ouvert le 9 décembre 1797 , et qui n*eut d'autre résultat que Tassassinat de deux plénipotentiaires français , le 28 avril 4799. Vinrent ensuite le congrès d'Amiens ^ à la suite duquel fiit signé , le 27 mars 1802 , un traité de paix entre la France et TAngleterre ; le fameux congrès d'Erfurth^ où l'on vit, en octobre 1808 , les empereur^ Napoléon et Alexandre, les rois de Saxe, de Bavière, de Vurtemberg, le roi de Westphalie , Jérôme;, le grand - duc Constantin , le prince Guillaume de Prusse , et plusieurs princes ou envoyés d'autres puissances. L'Angleterre s'y montra disposée à traiter avec la France et la Russie , à condition que l'Espagne et la Suède seraient représentées au congrès par des plénipotentiaires. Mais Napoléon ne voulut point reconnaître ce droit à l'Espagne, et le congrès n'eut d'autre résultat que la conclusion de la paix entre la France et l'Autriche , et des copventîons qui restèrent secrètes entre les empereurs Napoléon et Alexandre. Il nous reste encore à citer le congrès de Châtillon, tenu en février et mars 1814 ; le congrès de tienne , de 1814 à 1815 , où les puissances ennemies de la France firent un nouveau remaniement de l'Europe ; le congrès iT j^iX'la- Chapelle ^ en 1818, où fut décidée l'admission de la France dans la sainte-alliance; enfin, le congrès de f^érone , en 1822 , où il fut décidé que la France porterait la guerre en Espagne pour y rétablir le pouvoir absolu de Ferdinand.

Congres judigiaibe, espèce de preuve juridique dont on faisait usage

autrefois, lorsque la nullité d'un mariage était demandée pour cause d'impuissance. Il n'y a aucune trace de cette preuve ni dans le droit civil , ni dans le droit canonique ; cependant elle était en usage dans les ofQcialités de France, vers le milieu du seizième siècle, et quoiqu'elle fût contraire aux bonnes mœurs , elle n'en subsista pas moins pendant plus d'un siècle , puisqu'elle ne fut abolie qu'en 1677. — On attribue l'origine de cet usage à un jeune homme , qui , accusé d'impuissance , offrit de prouver le contraire en présence de chirurgiens et de matrones. L'official permit ce genre de preuves ; les autres tribunaux suivirent cet exemple, et une multitude d'arrêts des parlements constatent que cette preuve était généralement admise. Le mari accusé d'impuissance était condamné à prouver sa virilité en présence d'experts nommés par le tribunal. S'il sortait victorieux. Faction de sa femme était rejetée ; si , au contraire , il n'avait pu consommer le mariage , la demande était admise , et le mariage déclaré nul. L'abolition de ce libertinage légal fait le plus grand honneur au parlement de Paris et à l'avocat général Lamoi^on. Ce/ fut dans la cause du marquis de Langey , dont le mariage avait été annulé pour cause d'inipuissance , que Lamoignon fit son célèbre réquisitoire pour demander la suppression du congrès; le parlement, par son arrêt du 18 février 1677 , ordonna que cette preuve judiciaire serait à jamais abolie dans le ressort, et les autres parlements imitèrent cette jurisprudence. Le congrès fut alors remplacé par les visites des gens de l'art; mais depuis la révolution de 1789, l'impuissance n'est plus une cause de nullité de mariage , et il ne reste rien de cette impudeur judiciaire dans notre législation moderne.

Congrès scientifique, institution digne des plus grands encouragements, et toute dans les intérêts du progrès, fondée il y a quelques années par M. de Caumont , savant antiquaire de • Caen. Cette institution consiste à réunir dans une même ville un grand

OM

J/mXTŒKS*

eoir

nombre d'hommes distingués dans les sciences , les arts et les lettre^ , appelés des eerirops, et même des contrées les plus éloisnées , pour y débattre et y r&oudre des questions posées par les académies et sociétés savantes , ou ()ar des particuliers, et faire des explorations dans la ville et les lieux les plus remarquables qui Tavoisinent. Le congrès se divise en plusieurs commissions ou bureaux qui tiennent des séances particulières « pour examiner les questions qui leur sont renvoyées, puis ensuite faire leur rapport et'donner leurs conclusions, dans les séances générales, qui sont toujours publique^.

Les sessions du congrès scientifique, qui n*ont lieu qu'une fois par an , ont été Gxées jusqu'à ce Jour au mois de septembre , pour utiliser le temps des vacances. Elles durent ordinairement dix jours. Avant de se séparer, le congrès désigne la ville dans laquelle il s'aissemblera Tannée suivante , et y domine un secrétaire général qui se choisit deux secrétaires adjoints, pour donner connaissance de la résolution , rassembler les matériaux qui serviront de base aux délibérations, faire les invitations, et prendre tous les moyens nécessaires pour rendre la réunion intéressante et nombreuse. Les sociétés savantes sont invitées à y prendre part, soit en y envoyant des' députés exprès , soit en se choisissant des représentants sur les lieux mêmes. Chaque assistant, en qualité de membre , doit payer une somme de dix francs , pour concourir aux frais de la session, et ceux qui ne peuvent point s'y rendre en personne , sont admis , moyennant la même cotisation , à adhérer à ses travaux. Après la clôture du congrès, ceux qui ont rempli les fonctions de secrétaire général et de secrétaires adjoints , restent chargés de la publication du compte rendu des séances , lequel est distribué tant aux participants qu'aux adhérents au congrès.

La session du congrès scientifique pour 1940 a eu lieu à Besançon. M. €h.

Weiss, bibliothécaire de cette ville, en avait été nommé secrétaire général.

£116 a attiré un grand nombre de sa-

vants de Suisse et d'Allemag^e,et9tf foirt brillante. Celle de 1841 s'est \xm à |L.yan , celle de 1842 aufa liea à Bordeaux.

CoTfi (sièges et bataillç de). Le lieutenant général de Bujonde était chargé, en juin 1691, d'assiéger et de preoire Conj. Dix jours après l'investissemetf de cette place, le prince Eugène écrivit au gouverneur qu'il comptait souspn de jours attaquer les lignes françaises: c'était une ruse. Le paysan chargé de cette dépêche se laissa prendre; an interrogatoire confirma les dessein des Impériaux. Aussitôt legéoânl^ Bulonde, s^isi d'une terreur penij|9i et croyant à chaque instant voir le prince Eugène tomber sur ses qosr* tiers , leva le ^iége sans attendre « renfort que lui envoyait Catinat,

—Apres la prise du Châteao-DasplBi les armées réunies des Français <^ilfi Espagnols se portèrent sur GoKi dont le sjége fut aussitôt commeoâi' Cette ville ^ située au confluent dei rivière de Gesse et de laStorSf^ quatorze lieues de Turin , est nntài principales places fortes de ritalie.^ tranchée était à peine ouverte, fwk roi de Sardaigne se présenta ipm^ lever le siège , et livra bataille }fl^ septembre l744.Qnsecanonnad'alv pendant quelque temps ; mais veisii heure après midi , les grenadien m roi de Sardaigne se portèrent veitli porte de la Madona del Ulmo,etfi' taque devint vive et sanglante. « I^ Français et les Espagnols combattii^ en cette occasion comme desalliéif!

se secourent et comme des riTaaxf| veulent chacun donner rexempifef roi de Sardaigne perdit près de M mille hommes^ et le champ de hattj Les Espagnols ne perdirent que >* cents hommes, et les Français «sj^ onze cents hommes tués ou hkij»

Le prince de Conti , qui était ^[* et soldat, eut sa cuirasse peroés* deux coups et deux ^vaux tuésjjj lui (*). » La prise de Coni fiitleW' tat de la bataille, rtéamnoins fv0

(*) Campagnes de Louis UT, i' page 36.

COH

des coalisés » vaincue par la rigueur de |a saisoQ et affaiblie par les maladies, se hâta de repasser les Alpes. *

— Quand Bonaparte eut remporté les victoires de Montenotte , de Millesimo et de Monde vi, le roi de Sardaigoe demanda la paix. Il l'obtint , mais U dut remettre Coni pour assurance de sa fidélité (1796).

— Après la déroute de Schérer, les Français eurent à combattre dans la baute Italie les Impériaux et les Rus< ses réunis sous le commandement de S^varoff, et ne cédèrent le terrain

Îue pied à pied. Championnet défenit, par des manœuvres savantes, les approches de Coni ; mais, a^ant perdu la bataille de Genola, Tarmee française coupée battit en retraite, et laissa Mêlas former le siège de Coni. Celui- ;i poussa les travaux avec vigueur :

sept mille hommes furent employés à ouvrir les tranchées, à élever des batteries. Les eaux furent détournées pour *endre inutiles les moulins de la for- Heresse, et les tranchées ouvertes tout i la fois dans la nuit du 4 au 5 déjeuibre 1799. La garnison tenta le endemaih une sortie; mais ses efforts furent infructueux. Dans la nuit du [ t au 12, on établit deux cents pièces l'artillerie sur dix-neuf batteries. Le en demain elles commencèrent un feii ;i terrible, que les troupes qui défenlaient les ouvrages extérieurs furent >bligéè6 de les abandonner précipitamnent : une bombe tombée dans un nagasin à poudre fit sauter une reloute. Les Autrichiens Toccupèrent îans la nuit du â au 3 janvier, et ou- TÎrent aussitôt la seconde parallèle.

L.e bombardement continua, et le feu »rit à plusieurs endroits de la ville.

/'ers le soir, ta redoute du milieu sauta, t les habitants firent prier le général ;4ichtenstein d'épargner la ville : ce irînce s'y refusa. Le gouverneur franais, dénué de toute espérance de ecourSf se détermina à capituler après leuf jours de tranchée ouverte; deux nîlle cinq cents hommes formant sa garnison furent prisonniers de guerre.

Cependant les Autrichiens n'occupèeot pas longtemps Coni , la clef da

Piémont du côté de la France. Bona-

f»arte, vainqueur à Marengo, en exigea a remise cmq mois après.

CoNjuRÀTEUB. On appelait, en basse latinité, conjuràtores, plusieurs personnes qui attestaient ensemble, par serment , devant les juges , qu'ils croyaient faux ou véritabFe un fait dont la preuve était douteuse ; que de deux plaideurs, l'un était bien fondé dans le droit que lui contestait son adversaire, ou enfin qu'un accusé était innocent du crime sous la suspicion duquel il avait été traduit en justice. Le serment des conjurateurs, auxquels se joignait toujours la partie intéressée, se prononçait quelquefois sur des reliques , ce qui s'appelait jurer par les saints. Cette manière de prouver un fait incertain ou un droit litigieux, apportée dans la Gaule par les populations d'outre-Rhin, y "fut usitée sous les deux premières races, et subsista jusque vers la fin du treizième siècle. Notre histoire fournit plusieurs exemples de cet usage du serment; nous ne citerons que le suivant :

Gontran, roi de Bourgogne, faisait difficulté de reconnaître Clotaire II pour fils de Chilpéric, son frère. Frédégonde, mère de Clotaire, non-seulement jura que son fils était légitime, mais fit appuyer son serment par celui de trois éveques et de six autres conjurateurs. Alors Gontran, convaincu, h'hésîta plus à reconnaître Clotaire pour son neveu.

CoNNBXABLB. — On fait généralement remonter l'origine de cette dignité au règne de Henri V; mais ce ne fut d'abord qu'un office de la maison du roi, ayant quelque rapport avec celui de grand écuyer, qui paraît l'avoir remplacé. Les plus granaes prérogatives furent ensuite attachées à cette charge ; mais il est probable qu'elle ne prit cette importance que par degrés* Aussi est-il difficile de dire précisément à auelle époque elle devint la première derÉtat. Les uns prétendent que Dreux de Mello , douzième connétable , fut le premier auquel on confia le commandement des armées, en 1191 ou 1193.

D'autres assurent, au contraire, que

COlff

L'UNIVERS

€ON

ce fut seulement en 1218 que cette charge fut donnée par commission à Mathieu de Montmorency, « dont on faisoit alors, dit Pasquier, le plus grand état.» Cette opinion est la plus accréditée; c'est celte que nous adoptons.

Les archives de la cour des comptes contiennent deux pièces extrêmement curieuses sur le sujet qui nous occupe; mais par malheur elles ne portent point de date. Voici un fragment de la première : « Le connestable est et « doit estre le plus secret et étroict « conseil du roy, et le roy ne doit or- « donner nul tait de guerre sans le

« conseil du connestable Le con-

« nestable doit estre logé à la cour, a près du roy ou dans la chambre du « roy; avoir douze curdes et douze ft coiffins et busches pour ardoir, et « doit aussi avoir sept septins et six « cinquains et deux poignées de chan- « délies menues , et torches de nuit « pour le convoyer en son hôtel ou en « sa ^ville , et le ^lendemain doit-on « rendre aux fruitiers, si doit avoir « trente-six pains , un septier de vin « pour saiiamille, devers le tinel (office) « en deux barils pour sa chambre , ' « l'un devers sa bouche, l'autre devers

« les bouz , et estable pour quatre

« chevaux. » On lit dans la deuxième : « Le connestable est par dessus tous t autres qui sont en lost (armée) ^ ex- « cepté la personne du roy. »

Le connétable avait en outre de grands privilèges : il était inamovible, avait le droit de mettre la main sur les plus hauts dignitaires de J'Ëtat , et était lui-même mviolable pour tout autre que pour le roi. Dans une place

f>rise d assaut, tout lui appartenait , à 'exception de l'or et des prisonniers , qui revenaient au roi, et de l'artillerie, qui était le partage du grand maître ^ des arbalétriers ; enfin, il avait le droit de prélever un iour de solde sur les appointements de tous les capitaines et soldats de l'armée. Philippe de Valois exempta de cette redevance les princes du sang, non à cause de leur dignité , mais parce qu'ils faisaient la guerre à leurs dépens. Le connétable

possédait le droit de justice; outre sod prévôt, qui l'accompagnait en teoips de guerre , il avait encore sa justice ordinaire à la table de marbre de la grande salle du palais de Paris. A la guerre, quand le roi commandait ^a^ mée, le commandement de rayantgarde appartenait au connétable. L'on des principaux griefs de Charles de Bourbon contre François I*" était ^e ce prince avait, en 1521, confié à son détriment le commandement de l'avant-garde au comte d'Alençon.

Charles VII, en accordant Tépée de connétable à Arthur de Bretagne , lui conféra l'autorité sur les amiraux;»

qui prouverait que ce grand dignitaire commandait les armées navales aussi bien que les armées de terre. Il oe paraît p^s que la puissance du connétable ait jamais porté ombrage à l'aotorité royale; cependant cette cbai^ resta souvent vacante^ il en fut ainsi,

Ear exemple, depuis Jean II de Boin> on, mort en 1488, jusqu'à Charles II de Bourbon, créé connétable en 1515.

L'insigne de la puissance de connétable était une épée d'armes ayant k manche d'or émaillé de fleurs de iô.

Alain Chartier nous a conservé la des* cription du cérémonial observé Ion de la réception de ces officiers. « Apièi la résolution du conseil, dit cet wà/h rien, on manda messire Charles d'Aï»

bret, comte de Dreux, vers le roi, ai jardin de l'hôtel Saint-Paul à Paris; là «se trouvaient avec le roi , Looii, duc d'Orléans, le duc de Boui^ognei plusieurs autres prélats ou banmiy ainsi bue Reynaut de Corbie, chaan* lier. On présenta Tépée au seignoif d'Aibret, qui la refusa moult de fni| mais par le plaisir et le vouloir do m et des princes, l'épée lui fut doniil publiquement et par grand mvslin (cérémonie). Après que le roi la lai o^ remise nue, les ducs d'Orléans ttéi Berri, de Bourgogne, de Bouiten, M ceignirent le baudrier, et le eomSttt ble prêta serment entre les ndrâsÉi chancelier. »

Voici le cérémonial qui fîit olmuirf plus tard à la nomination d'Afiae éi Montmorency : L'écuyer donna fé^

Page 1