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neooéSi'et s'appliqua à les renfermer daos on pian mûrement combiné, a Las du iiaux goût d'élégance qui affadissait la littérature, il méditait à la fois la reprodaction savante et naturelle des formes du génie antique, et Fapplicatioode ce langage aux merveilles de la dTJIisation moderne. C'est ainsi qu'il fonlait chaoter la découverte du nouma monde, et célébrer, sous le titre iHermés, les grands progrès des sciences naturelles. En même temps»
il s'étudiait à renouveler les grâces naïves de la poésie grecoue dans de eourtes élégies , admirable mélange d'étude et de passion, où la simplicité a quelque chose d'imprévu, oii l'art n'est pas sans n^ligence et parfois sans effort, mais qui respirent un diarme à peine égalé de nos jours (*). » Son talent s'essaya aussi à des ébaudKsd'égiogues, et, dans ces fragments, i retrempa aux sources de la poésie ce {enre qu'avait si complètement défiçffé la subtile affectation de Fonte- Mile. Bien peu de personnes étaient dans la confidence de ces travaux. Son MRi le poète Lebrun, Roucher, le wn[iis oe Brazais, le chevalier de i^, composaient tout son audi-
- les grands événenients politiques fnooihmencèrent la révolution vinttot interrompre les travaux d'André Chénier. Il abandonna les études poétiques de sa solitude paisible pour les orageuses discussions de la presse poitique, et, réuni à quel(|ues écrivains, 4Dtre autres à ses amis de Pange et Boucher, il établit, dans le Journal de Air», une énergique opposition aux |inoci[)e8 démocratiques qui coAimençaient à triompher. Mais il n'employa pas seulement, à l'appui de ses opilioDS, Féloquence au pamphlet; il ttma sa muse du vers satirique et de nambe acéré; et bientôt ses poésies eo|Otre-révolutionnaires appelèrent sur ni la sévérité du gouvernement. Arlêtédiez M. de Pastoret, il fut traduit iQ tribunal révolutionnaire, condamné
P Tillemaîa , Cours d'éloquence fran-
à mort, et exécuté le 7 thermidor an ii. Placé sur la fatale charrette avec son âmi Roucher, le peintre des mois, ils s'entretinrent de poésie en s'avançant vers l'échafaud, et récitèrent ensemble un passage de Racine, ces vers d'^ndromaqtte qui célèbrent les consolations de l'amitié. Puis Roucher se répandait en' regrets sur la destinée de son ami : « Vous, disait-il, vertueux jeune homme, on vous mène à la mort plein de génie et d'espérance ! ~ Je n'ai rien fait pour la postérité, répondit Chénier : pourtant, ajouta-t-il en se frappant le front^ j'avais^ quelque chose là. » C'était la muse, dit M. de Chateaubriand, qui lui révélait son génie au moment de la mort. Ce n'est qu'en 1819 que les essais d'André Chénier furent recueillis et publiés.
Jusque-là, quelques fragments élégia-
3ues étaient tout ce qu'on connaissait e lui. Cette publication eut la plus grande influence sur la littérature de notre temps, et c'est dans ce poète de la fin du dix-huitième siècle^ non moins que dans Shakspeare, que la nouvelle école a été puiser le goût de la simplicité naïve et familière, et des images pittoresques; heureux les novateurs, si, en empruntant à André Chénier la liberté des formes poétiques et la couleur descriptive, iis avaient imité sa réserve, la sobriété de sa riche imagination, la sage pureté de son génie.
Chénieb (Marie-Joseph de) naquit à Con^tantinople, le 28 août 1764.
Amené de bonne heure en France, il fit ses études à Paris, au collège Mazarin, puis entra en qualité de souslieutenant dans un régiment de dragons. De même que son frère, il sentit bientôt le vide de son existence militaire au milieu des loisirs monotones de la paix, et il revint à Paris pour se livrer tout, entier à de fortes études .littéraires. Bientôt il débuta par une tragédie, Azémirey qui fut représentée à Fontainebleau en 1686, et n'eut aucun succès. Pour être plus heureux à Paris, il s'avisa du stratagème suivant : Àzémire ne fut point annoncée sur l'affiche; au lever du rideau, mademoiselle Sain val vint annoncer aux
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L'UNIVERS
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spectatâirs réunis pour voir représenter Za^e^ que rindisposition d'un acteur avait forcé de changer le spectacle, et qu'on allait jouer une pièce nouvelle. Malgré cette précaution, Azémire échoua une seconde fois.
Après trois ans de travail, Ghénier donna son Charles IX, qui obtint un très-grand succès. En ITSTl parurent Henri f^III, qui offrait plusieurs scènes empreintes d'un pathétique vrai, et la Mort de Calas, talus Gracchus fut accueilli aussi favorablement que Charles IXy et accrut à la fois la renommée littéraire et la popularité politique du poëte. Bientôt après, cette popularité le désigna aux suffrages des électeurs, et il alla siéger parmi les membres de la Convention. Il se jeta d'abord avec ardeur dans le mouvement révolutionnaire , vota la mort de Louis XVI, et siégea longtemps parmi les députés qui formaient le parti de la Montagne; mais il s'en éloigna ensuite, et se rangea parmi les membres les plus modérés de la Convention. L'esprit de {>arti l'a cependant accusé d'avoir participé à la mort de son frère, ou du moins de n'avoir pas tout fait pour la prévenir. On sait aujourd'hui à quoi s'en tenir sur cette calomnie, dissipée par des faits irrécusables , tels que l'amour inaltérable que lui conserva sa mère. La carrière dramatique de Marie-Joseph se ressentit du changement de ses opinions.
Ses tragédies, de Timoléon^ de Féné- Ion, semées de traits contre le régime de la terreur, furent applaudies quelquefois par le public, mais censurées par les collègues du poëte, qui arrêtèrent . même les représentations de Timoléoà, et en firent saisir et brûler tous les manuscrits. Une seule copie, conservée en secret par madame Vertris, sauva cet ouvrage, et fut imprimée en 1795. Après les événements du 9 thermidor., auxquels Chénier prit peu de part, il continua à plaider la cause de la modération politique contre le parti triomphant^ qui exerçait alors de sanglantes réactions. Il demanda ,^ en 1794, le rappel des proscrits, et composa son hymne du Chant du départ ,
qui partagea lon^iiips, avec la Uar^ seUlaise* le privilège de 0Dn<fuire nos soldats a la victoire. Bientôt après il revint, sans se contredire, aux mer> sures de rigueur, dans l'éloquente accusation qu'il fit retentir contre les complots royalistes du Midi. Élu ffè* sident de la Convention , en 1795 , il la défendit avec une intrépidité re^la^ quable contre les sections insargéeti Les suites de la journée du 13 vende* miaire le portèrent au sein du eoœitf de salut public^ Après la dissolutidodè la Convention , Chénier devint mente du Conseil des Cinq^Cehts. Il eotle tort de s'irriter dés attaques dont la presse le poursuivait, au point à'uff^ quer les répressions de la force piiUî' que contre la plus précieuse et la plof sainte des libertés qu'il avait aidé à conquérir. Cependant, pendant toaH la durée de ses fonctions législative!^ il s'occoupa const£|mment des pro(p:ft de l'instruction publique, des scteoef | et des lettres. Ce fut sur son rappo$: que fut décrété, en 17911, TétablissB', ment des écoles t>rimaires. £n 11%^ il s'éleva contre la.destructioh des Ht vres et des objets d'arts qu'on vpoW ■ anéantir sous prétexte qu'ils hpflr.
laient la féodalité, et fît rendre oftdécret pour réprimer ces actes de «ao* dalisme. Le Conservatoire de mosiqill fut fondé en l'an ii , sur son rapoosl et d'après ses projets. Il travailla A l'organisation de l'Institut; appuya il fixation à deux cent cinquante, Al Doinbre des élèves de l'école polyte# nique; enfin, ce fut sur son rap^ que la Convention accorda ,. le 3 jal^ vier 1794, 300,000 fr. de secours, fi furent répartis entre cent seize Ur vants, littérateurs. et artistes. , Après le 18 brumaire, le républicaB reparut chez Marie-Joseph; et daniK commission législative des Cinq-Geo^ comn](e dans celle du Tribunat, il p^ testa souvent avec hardiesse, au nfll| des libertés publiques assassiiaées. Gr pendant , à l'épooue (kt couronnemeli^ par une contradiction déplorableyi composa une tragédie de Cyrus, <wi malgré quelques sentences généréqseï sur les droits des peuples, le poHnfP
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nouveau e^ offlciellement chanté. Plusieurs odes dédiées au conquérant, et même un commencement de poème épique en son honneur, sont aussi des inconséquences qu'on ne peut justifier.
Toutefois Ciiénier, mécontent sans doute du pouvoir, qui ne se montrait pas assez reconnaissant de ce qu*il faisvt pour (ui, revînt bientôt à son at- Me d'opposition; et quelques pas- Èges trop hardis de son épitre à rmavre fui firent 6ter si place d'inspecteur général de rUnIversité. Ce qu'il ne pouvait dire tout haut, il récrivit alors pour lui-même, voulant ainsi se soulager de la gène qui pesait sur tut, et se consoler, des malheureuses complaisances auxquelles il s'était abaissé. Pamrii ces vers satiriques ^ ces cpftres inédites composées dans la solitude, rien de plus amer, de plus énergique et de mieux écrit que lé fOOTceau cité par M. Villemaih dans ftm Cours de littérature -française, et JqI Oflit par ces vers : • * *
^▼Qix (Us oppresseurs fut toiyoars ennemie; ' HUodis qu'if voyait des flots d'adorateurs ttiTmrfre avec FEtat leurs vers adulateurs, tf ^Mn dans sa cour remàtqiis ^ngton absence : wit chanta la gloire et fioo pas la puissance.
l^ Tibère^ tragédie posthume d6 'oieph Chénier et son meilleur ou* Wage, ftit composé à cette époque de tt vie. Malgré une action pénible et iomiseniblable dans quelques-uhe^ d6 fts parties, malgré une teinte de déclamation renandue en plusieurs en- 'i^itsdu étylCj des beautés fortes et ûvantes assurent un rang distingué à ttttepiècç-, dont on trouvera d'aitleurs une analyse aussi intéressanteque juste dans le j^ours d^ M. Villèmain. On à encore (le Marie- Joseph plusieurs morceaux de critique littéraire , parmi les* tjucls on remarque iSon Tabieau histàjî«e ie Vétàt et des progrès de la fwéraiure française depiàs 1789, 2>mpo^ çn 1808, à la dertiande de jJapolédB; un discours Svr les progrès «^9 connaissantes' eti Europe^ et de ^^fifeiçhénentpMbHéenP'rance, qu'îi
g énonça ep 1801, lorsqu'il remplam arat dans !^ mrt d'instruction du dé- (^oôentâe la Seine, et son Rapport
sur les prise décennaux. Ce dernier, ouvrage, /ai/ à t Institut national, est line revue pleine de talent et d'impartialité de tous les livres de l'époque.
L'auteur y a rendu justice à Deiille et à la Harpe, ses ennemis, avec une sincérité u'éloge qui fait le plus grand honneur à son caractère. Marie-Joseph Chéniër est mort à Paris, en 18114 à l'âge de quarante-six ans. Son éloge funèbre fut prononcé par M. Arnault^ et M. de Chateaubriand lui succéda comme membre de la seconde classe de rinstitut.
. Chenilles. — Pendant longtemps^ les animaux furent considérés en France comme justiciables des tribunaux, et, en oonséquence, assignés, accusés, défendus, condamnés ou absous. On procédait en forme contre les cochons, les dùens, les mulets, les chenilles, etc. Le clergé prononçait gravement une sentence d'excommu* tiication contre les bétes coupables de eriiloes et délits , et les livrait ensuite à la justice séculière. Les preuves de la condaiirnation d'animaux à l'empriisonnement, au bannissement, à là mort , se rencontrent presque à chaque page de nos Tieill«s annales judiciaires; Parmi les pièces existant d'ans les àr^ chives dites de Joursanvauit, vendue^ il y a de quinze à éix-huit mois, se trouvait une quittance dtf 10 Irv. 2 sols 6 deniers, payés par le cliâtelaiû die Romorantrn , pour un pourceau qui fut retenu deux mois en prison , puisisoyé, iju commandement du baitii de Blôis^ pour avoir mangé un enfan(t à Viglain^ en 1438. Ce qui'ést <iigne de r^marque^ ts'est que, malgré les lumières oùe les lécrivains du temps deXbjuis XIV oiqt jetées sur la France, dans la dernière période du règne de cCi prince, ces extravagantes procédures ont été encore eri usage. Dans uhe des premières années du dix-huitième siècle, comm&lefi chenilles désolaient le territoire de Is petite ville de' Pont^iu-Çhâteau , en Âuver6;ne, un grand vicaire nommé Buriii les excommunia , puis renvoys la procédure devant le juge du lieu.
Clelui-ci, apt*ès avoir religieusement renipli toutes les formalités pronon^
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une sentence contre ces reptiles, et leur enjoignit solennellement de se retirer dans un territoire inculte qu'il leur désigna, et ce, sous peine de dommages-intérêts et de châtiments corporels. Le narrateur de cette curieuse aventure ne dit pas si les chenilles obéirent. i
Cheiïnbdollé (Charles de), poëte, auteur du Génie de Vkomme^ naquit à Vire, en basse Normandie, en 1769.
La révolution ayant éclaté au moment où il achevait ses études, il se décida à s'expatrier. C'est en Allemagne que son goût pour la poésie se développa, et qu'il composa ses premiers chants.
Rentré en France après le 18 brumaire, il continua ses travaux avec une nouvelle ardeur. Ses premières publications furent remarquées, et lui valurent upe chaire de professeur de belleslettres au lycée de Caen. Peu de temps après, il fut nommé inspecteur d'académie, fonctions qu'il exerça jusqu'en 1830, tout en continuant à s'occuper d'essais poétiques. Il vivait d'ordinaire retiré à sa charmante habitation du Coisei, où il menait une vie paisible et douce. Nommé alors au grade éminant d'inspecteur général de Tuniverfiité, il éprouva tant de peine à changer ses habitudes, et regretta tellement son loisir, qu'il ne tarda pas à résigner ces hautes fonctions. Il mourut en 1833, laissant de nombreux manuscrits. On trouve, dans les vers de Chennedollé, de l'élévation, du sentiment, un style brillant ; mais cet aur teur n'est pas exempt des défauts de cette littérature dite impériale, qui ne se faisait pas uneddée nette de la simplicité du style, et qui confondait souvent le faste avec la richesse, le luxe avec l'élégance, et la déclamation avec le sublime.
Chenongeàux, petite ville du département (fIndre-et-Loire, à 32 kil.
de Tours, sur les rives du Cher, où l'on remarque un des plus beaux château)^ de la province. La fondation du château de Chenonceaux est due à Thomas Bohier, qui le bâtit, sous le règne de François I*', sur l'emplacement occupé depuis le treizième siècle
par un très-modeste manoir appartenant à la famille de Marquis. Henri II Tacheta en 1535, et le donna à Diaue de Poitiers avec le duché de Valentinois. Elle déploya pour l'embellir la magnificence et le goût qui lui étaient naturels; mais à la mort du roi, sur lequel Diane avait exercé un si long empire, Catherine de Médicis, jalouse même du monument élevé par sa rivale, la contraignit à. le lui céder en échange de la terre de Chaumont-sur- Loire, et en acheva les travaux avec une pensée d'orgueilleuse émulation.
Transmis par la reine à Louise de Yaudemont , sa belle-illle , Chenonceaux vit couler les larmes de la veuve de Henri III. J. J. Rousseau , Fontenelle, Buffon, Montesquieu, Sainte-Palaye, Voltaire , ont habité et décrit ce gracieux séjour et ses riants ombrages.
Construit sur un pont qui traverse le Cher, Chenonceaux est encore, parfaitement conservé ; il appartient au comte de Villeneuve.
Cheppe (la) , villase du département de la Marne , arrondissement de Cbâ- Ions, situé dans une plaine immense; population , 350 habitants. C'est à peu oe distance de ce village que se trouvent des retranchements appelés camp d'Attila; et il parait à peu près incontestable que c est là que se donna la bataille ou le roi des Huns fut battu par Aétius, en 451. Ces retrancliements ont une circonférence de 1>79!1 mètres , et occupent une superficie de 243,648 mètres. [Voy. Chaloms-sub- Mabne (bataille de).]
Cheb (département du). — Ce département, formé principalement de la partie orientale du Berry, réunie à une petite portion du Bourbonnais, doit son nom à la rivière du Cher, qui le traverse du sud-est à l'ouest, et dont la vallée particulière en comprend la presque totalité, tandis que celle delà Loire en forme seulement la lisière orientale, où elle le sépare du département de la Pïièvre. Le Cher a , sur ce département, un cours de 8 myriam.
4kilom., et y reçoit plusieurs affluents: par la droite, la Marmande et l'Eure; par la gauche, rArnon. La partie sep-
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tentrionale est en outre arrosée par la grande et la petite Sauldre. Au nord, ce département est limité par celui du Loiret; au nord-ouest, par celui de Loir-et-Cher; à l'ouest, par celui de rindre; au sud, par celui de TAllier.
Sa superficie est Je 706,844 hectares , Kur lesquels les terrains improductifs en tiennent près de 63,000. Sa population s'élève à 276,853 âmes; elle est répartie en 3 arrondissements dont les chefs-lieux sont Bourges, St-Amand et Sancerre, et en 29 cantons renfermant 297 communes. Bourges est le siège de la préfecture; d'un archevêché qui a 5 autres diocèses sous sa juridiction; d'une cour royale et d'une académie universitaire ; de la 22* conservation forestière, et de la 15*" division militaire. Il paye 1,310,130 fr. de contributions directes sur un revenu territorial de 9,985,000 f., et nomme quatre députés.
Les hommes les plus illustres nés dans le département du Cher sont : le célèbre Jacques Cœur, Térudit Labbe , k mathématicien Souciet, Bourdaloue; et parmi les contemporains, le maréchal Macdonald, M. Raoul-Rochette, etc.
Ceekasco (prise de). — Après la victoire de MondôvJ, Bonaparte, ne voulant laisser aucun relâche aux Piéinofltais et aux Autrichiens, envoya Masséna investir Cherasco, ville reviStue d'une bonne enceinte palissadée et garnie de vingt-huit pièces de canon , 9Qe l'ennemi abandonna pendant la luit. L'acquisition de cette petite place, importante à.cause de sa position au confluent de la Stura et du Tanaro, procura un poste à l'abri d'un coup de iDain , très-propre à établir les dépots de première ligne, empêcha lérétaolis- <nneot de la communication avec leaulieu, et força Colli de se mettre à «Hifert au delà du Pô.
CHERB0UB&, ville forte et maritime , place de guerre de première classe, «jïcf-lieu d'une préfecture maritime, jl'ane direction des douanes, et de "une des sous-préfectures du département delà Manche, est le siège d'un ^ibuàal de première instance, de •iMnmerce et de la marine, et possède ■oc école d'hydrographie de deuxième
classe. Sa population est de 13,443 habitants. Elle est située à l'extrémité de la presqu'île du Cotentin, à l'embosichure de la Divette, au fond de la baie comprise entre le cap Levi à l'est et le cap de la Hague à l'ouest.
Cherbourg , qui est désigné sous les noms latins de Cœsarls Surgus , Ca- ' roburgns, Chereburgum , CherebeV' tunij passe pour une ville fort ancienne. ' Il est bâti sur l'emplacement d'une station romaine, appelée Coriallum dans l'Itinéraire d'Antonin. On croit son château d'origine romaine , et Yauban, qui le fit démolir en 1688, crut y reconnaître des restes de maçonnerie antique. Aigrold, roi de Danemark, y séjourna vers 945. Un acte de 1026 parle de son château. Guillaume le Conquérant fonda l'hôpital dans la ville et construisit l'église du château. Le roi d'Angleterre Henri II y fit souvent de longs séjours avec la reine Éléonore et toute sa cour. Lors de la conquête de la ISormandie par Philippe-Auguste, Cherbourg tomba sans*!coup férir au pouvoir des Français. En 1295, il fut pillé par les Anglais. En 1355 , le Cotentin ayant été cédé à Charles le Mauvais , roi de Navarre , Cherbourg devint le principal appui de la domination de ce prince; et, durant le reste du quatorzième siècle, ce fut là que débarquèrent constamment les troupes anglaises et navarraises qui venaient ravager la Normandie. En 1418, les Anglais assiégèrent Cherbourg, dont ils ne purent s'emparer qu'après trois mois de siège. En 1450 , l'armée du roi Charles VII assiégea et reprit cette place, et ce succès compléta l'expulsion des Anglais de la Normandie. Durant les guerres de la Fronde , cette ville embrassa le parti du prince de Condé.
Vers 1687, Louis XIV forma le projet de créer un port militaire à Cherbourg, et d'en faire une place forte considérable. Vauban y fut envoyé, mais après quelques travaux préliminaires, le projet fut abandonné, et même, en 1689, les nouveaux ouvragés et les anciennes fortifications fu-
rent détruits 'par ordre de la cour.
T. T. ?• Livraison. (Digt. engycl.^ btc.) 7
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liéanmoîns on sentit bientôt la faute qu'on avait commise, et, dang les preinières années du dix-huitième siècle, quelques travaux furent entrepris à la bâte , mais ils étaient insuffisants , et les Anglais purent sans peine, en 1750, s'emparer ne Cherbourg.
Napoléon comprit toute l'importance de Cherbourg , que Yauban appelait une position audacieuse, et il nt reprendre avec activité les travaux de la digue que Ton avait commencée sous Louis XVl a Jamais lés Romains , « dit-il dans lé Mémorial de Saintea Hélène, n'entreprirent rien de plus n fort, de plus difficile, qui dût durer s davantage... J'avais résolu de renou- « vêler à Cherbourg les merveilles de « rÉgypte : j'avais élevé déjà dans la ' mer ma pyramide ; j'aurais eu aussi « mon lac Mœris. Mon grand objet « était de pouvoir concentrer à Chérit bourg toutes nos forces maritimes ; a et, avec le temps, elles eussent été « immenses, afin ue pouvoir porter le « grand coup à l'ennemi. J'établissais a mon terrain de manière à ce que les ft deux nations tout entières eussent « pu, pour ainsi dire, se prendre corps « a corps ; et l'issue ne aevait pas être « douteuse, etc. v
Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des prodigieux travaux exécutés et terminés à Clierbourg depuis le commencenoentde ce siècle. Nous nous bornerons à dire que l'illustre voyageur, M. Alexandre de IJumboldt, avant été visiter Cherbourg en 1837, s est écrié, après avoir vu la digue, que cV/atï le plus bel ouvrage de main d'homme qu'il eûtiamais vu, '
La digue est établie à 6,000 mètres de l'entrée du port de commerce ; sa longueur est de 3,768 mètres sur une base de 80 mètres.
Cherbourg , qui était anciennement compris dans le Cotentin , le diocèse de Coutances, le parlement de Rouen, l'intendance de Caen , et l'élection de Yaloçnes, est la patrie des frères Parmentier, qui, en ISâb, découvrirent l'Ile de Fernambouc ; de Jacques et de François Callières ; de Jean Hamon, médecin; du contre-amiral XroudQ etc.
Ghebboubg (sièges de).— Le château de Cherbourg a soutenu plusieurs sièges mémorables. En 1378, cette ville, que le roi de Navarre avait cédée pour trois ans à Richard II , fût assiégée par les Français; mais la résistance fut vigoureuse et opiniâtre. Oli* vier du Guesclin, frère du conaétable^ tomba dans une embuscade que loi avait dressée le commandant an^ait, et fut fait prisonnier. Enfin , après six mois d'efforts infructueux , les assiégeants renoncèrent à leur entreprise,
— En 1450, les Anglais, battus!
Formigni et chassés de toutes les ]^ ces qu'ils possédaient en Normandifi ^ se retrancnèrent dans Cherbourg, dofjt ils étaient mattres depuis 1418 , i bientôt y arrivèrent d'Angleterre t«|»
tes sortes de munitions. Cependant connétable de Richemont assiégea place , u la plus forte de Normaudii sans nulle excepter, » dit Alain C tier. ft Les Français s'y gouverne honorablement et vaillamment, firent battre la ville de canons et bardes , et de plusieurs autres eo^ merveilleusement et le plus subfi meut que oncque homme vit. » ÂJ les assiégés virent avec étooDen leurs ennemis dresser une de 1< batteries sur la grève, dans un que les eaux de la mer couvraient lois par jour. A l'approche de la i gud , ils bouchaient la lumière et bouc^ede leurs canons avec des graisseuses , et , quand les eaux talent retirées , ils revenaient à l
{)ièces et recommeàçaient le feu. £ e commandant Thomas Gowel ( tula le 22 août. Ainsi , la Norman était tout entière redevenue fran
— En 1758, lorsque les anglaises, encouragées par l'inepti nos gouvernants, venaient faire tentatives jusque dans nos ports, s'emparèrent de Cherbourg sans 0| sition, en restèrent tranquilles pc' seurs durant huit jours, démoi les fortifications, brûlèrent vingt^i vaisseaux , emportèrent l'artillerie même les cloches , et ne se retiri"^ qu'après avoir fait payer une rançon aux habitants. ii
CHE
FEAIfCE.
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CfmGm^l-hiUa Cxtarêa), ville 'joaritime de T Algérie, à 73 kilom.
ouest d'Alger, fut construite près des jaues dePaocienne C^arée, par les Jfaares (tosés d'Ëspagoe , dans les àniières années du quinziènae siècle.
Vmxd\ André Doria s'en empara par un coup de main en 1531. Le hasard décida de roecnpation de cette viliepar le3 Français, le 36 décembre 1839. Un brick de commerce français jibt d'Alger à Oran fut pris par un sAm plat à la hautear de Cherchel ; lesKabaïles s'en enîparèrent. Mais le i^pitaine, qui avait tait mettre la cha< jpipe à la mer, parvint avec son équi- ;eè gagner Alger. Le lendemain, I bateaux à vapeur incendiaient le ick frapi^is amarré dans le port de Qierehel, et Toccupation de cette ville lut décidée. En effet, la première opénlioQ de la campagne de 1640 fut la frise de cette ville. Le 16 mars , le *""" expéditionnaire entrait à Cherévacuée par ses habitants. (Voy.
>TAlftWÀC.)
• JUs habitants n'ayant plus reparu , "■/inrêtédu gouverneur de l'Algérie, 'itedu 20 septembre 1840, or- \ le séquestre et la réunion au ' e de l'État de toutes les prosituées daos la ville et dans la 4e défense du territoire, qui ieot pas été réclamées au V^ oeil prescrivit en même temps la tioo d'une colonie composée de ^milles , dont chaque dief dut ^oir une maison dans la ville et hectares de terre dans la banlieue, i|^ charge de réparer la maison et de "ver les terres dans Tannée 1841.
ïBBCHjBicoNT (Jean de) , trésorier relise de Laon , fut chancelier de uçesous Philippe le Long, en 1320, jnvé de son emploi à la mort de ce ^ en 1321. Charles le Bel le rédeux ans après, et il conserva place jusqu'à sa mort, arrivée 1338. Charles le Bel l'avait nommé 4e ses exécuteurs testamentaires, âcnillede Cherchemont s'éteignit
Www (Louis-Kicolas-Henri) , né «ftins, vers 1769, succéda à son père
dans la charge de généalogiste des ordres de Saint-Lazare , de Saint-Michel et du Saint-Esprit. A l'époque de la révolution, il prit le parti des armes et parvint de grade en grade jusqu'à celui de général de brigade- dans les deux premières campagnes de l'armée du Nord , où il commanda aux soldats d'un bataillon de l'Yonne de faire feu sur Dumouriez qui trahissait. En 1795, il fut nommé chef de Tétat-major général de l'armée de l'Ouest, commandée par le général Hoche , son ami , et eut une grande part à la première pacification de la Vendée. Choisi^ en 1797, pour conimander la garde du directoire exécutif, il déplut à l'un des directeurs, et reprit du service dans l'armée active avec le grade de général de division. Peu de temps après, i) fut appelé au posté de chef de l'étatmajor général de l'armée du Danube, sous les ordres de Masséna. Blessé grièvement dans une des actions qui précédèrent la mémorable bataille de Zurich, il mourut de ses blessures le 14 juin 1799. Sa mémoire fut honorée par les regrets de l'armée et du corps législatif de France. On a de lui , entre autres ouvrages, un Abrégé chronologique d*édits, déclarations y règlements y arrêts et lettres patentes des, rois de France de la troisième race, concernant le fait ds noblesse; Paris, 1788, in-12 : c'est un code de jurisprudence nobiliaire, précédé d'un discours sur l'origine de la noblesse, ses différentes espèces , etc.
Chébisey (Louis, comte de) , né à Metz, en 1667, d'une famille très-ancienne, combattit en Allemagne sous les maréchaux d'Asfeld et de Coigny.
En 1738, Louis XV le créa lieutenant général malgré son âge avancé ; il servit encore en 1742 et 1743, signala son courage par divers faits d'armes , fut blessé deux fois à la journée d'Ettingen, et, h peine guéri, alla commander sur la Sarre , sous les ordres de Coigny, puis en Flandre, sous le maréchal de Noailles. Il mourut à Metz, en 1750.. Ses fils et petits-fils ont tous suivi la carrière militaire;, Tun de ces derniers, maréchal de'
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camp en retraite, a commandé un régiment de la garde royale; l'autre, capitaine d'état-major , a donné sa démission en 1880.
Chbron (Aug.-Athan.)f acteur de l'Opéra,. est né en 1760, à Guyancourt.
Il débuta en 1779, et les applaudissements quMl reçut du public décidèrent sa réception. A une belle voix de bassetaille, Cbéron joignait une figure intéressante et une taille majestueuse.
Parmi les rôles dans lesquels il s'est distingué, on doit citer Agamemnon dans Iphigénie en Aulide^ le paclia dans la Caravane, le roi d*Ormus dans Tarare y et surtout Œdipe à Colone. A cette époque, l'art ou chant était inconnu en France., et l'on criait bien plus qu'on ne chantait : Chéron, très-bon musicien et possédant une voix facile, commença a ne plus crier, et c'est à ce titre surtout qu'il a droit à occuper une place dans rhistoire de l'art. Il quitta le théâtre en 1808 et mourut en 1829.
Chébon (Elisabeth-Sophie), peintre de portraits, naquit à Paris en 1648.
Fille de Henri Chéron, peintre sur émail, elle dut à son père les premières leçons de son art et devint bientôt célèljre. Elle fut reçue à l'Académie en 1676, et mourut en 1711. Son frère, Louis Chéron 9 né en 1660, fut aussi un peintre distingué. II fut forcé, en 1696, de se réfugier en Angleterre, à cause de sa religion , et y mourut en 1713. On voit de lui de beaux plafonds au château de Bou^ton.
Chébub.in (le père), capucin , né à Orléans, au commencement du dixseptième siècle, se livra à la culture des sciences exactes, et perfectionna divers instruments d'optique et d'acoustique. On voit par une de ses* lettres, datée du 27 février 1675, que, dans une expérience faite en présence de Tun des généraux de son ordre , il fit «entendre très -distinctement, à A quatre-vingts pas de distance, et « discerner les voix des particuliers « dans une multitude qui parlaient en- « semble, quoique dans le milieu on « ne les pût aucunement entendre , car « ils ne parlaient qu'à voix basse , et
« néanmoins on n'en perdait pas tm « syllabe. » Il a laissé plusieurs o\h vrages estimés.
Chbbubini ( Marie-Louis-Cbarles» Zenobi-SalVador), compositeur de mit sique, est né à Florence, le 8 septei bre 1760 ; il apprit , dès l'âge de ne ans, les règles de la composition soi Bartolomeo Felici et sous son fils AI sandro, puis il passa sous la directio| de Pietro Bizzari et celle de Giusepi Castucci. En 1773, c'est-à-dire à l'âj de treize ans , il composa et fit exé ter une messe solennelle et un intei mède, et à dix-huit, il donna, àl'i glise et au théâtre, plusieurs ouvragi Le grand-duc de Toscane Léopbld protecteur éclairé des beaux-arts, 1 accorda une pension en 1778, poi qu'il pût aller à Bologne étudier le célèbre Sarti. Ce fut cet babi maître y dont il suivit pendant quai ans les leçons, qui lui donna cette pi fonde connaissance du contre-noi qui est le caractère principal de talent. Chérubini se mit entin à co poser. Il donna, en 1780, l'opéra Quinto Fabio , à Alexandrie ; en 17 ceux d'Jrmida, de Messenzioy à* rence, et d'Jdriano in Stria, à vourne; en 1783, Quinto Faèio Sposo di tre femine^ à Rome; en 17i Vidalide. à Florence, et Jlessan nelle IncUe, à Mantoue. M. Chéru se rendit à Londres , et y fit exécu en 1785 et 1787, la Finta Princii et Giulio Sabino. Il fut bientôt ap à Turin , pour écrire une Iphigéni AuUde, Il était déjà venu à Paris 1786, mais il ne s'y fixa qu*à son tour de Turin, en 1788 : ce fut al| qu'il fit la musique du Démop Marmontel pour l'Opéra. La mon nie générale de cette œuvre nuis son succès, et le Démophon de Y fit bientôt oublier celui de Chérub Mais on établit, en 1789, un oi italien à Paris; la troupe était exi lente : Chérubin! en devint le chef d chestre, et lui fit représenter plusi opéras de PaesieuOy de Cima etc., auxquels il ajouta divers ceaux, en général assez goûtés; citerons surtout le magnifique qua
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Cara^ da voi dipende, dans les F'iaggiatorifelici; mais il ii*osa jamais risqaer, sur ce théâtre, aucun opéra entier de sa façon , pas même un seul de ceux qu'il avait composés jadis en Italie. Il est vrai, que Cimarosa était un I rirai redoutable. Tout à coup , M. Chénibini , sortant de la route des grands (Dattres, voulut se faire novateur : la mélodie était usée , vieille ; elle exige Dne dépense considérable d'imagination; le révolutionnaire employa toute sa science à développer son instrumentation, et, en substituant à la mélodieles effets bruyants d'une orchestration sarante, il assura à la musique d*e£fet un triomphe momentané sur la musique de sentiment. Cette révolution fut commencée par son opéra de Lod(Âska, représenté en 1791. Déjà Motart,et après lui MéhuI, avaient su tirer parti d'une puissante harmonie alliée a la mélodie ; M. Chérubini n'inventait pas en cela ; il donnait seule- HMnt plus d'importance à l'harmonie; il sacrifiait l'art à la science ; et c'est a cela qu'il nous paraît avoir fait un nal considérable à l'école sur laquelle diaercé une longue influence. Ce-
S^ant le public n'était pas encore itué à ces effets, et, en général, fcsoovrages de M. Chérùhini, malgré h science profonde qui s'y trouve, bmx peu goâtés et sont a peu près Aobliés aujourd'hui : ils manquent de Tflfve, de variété, d'originalité. l,a nélodie y est nulle , ou si souvent bri- .aée, interrompue, qu'on ne peut la tuivre. Cepenaant, 1 opéra des Deux Journées f joué en 1800, est resté au ïépertoire; il fut proposé, dans le apport sur les prix décennaux, en 1810, pour- une .mention honorable.
Les opéras d'Élisa (1795) , de Mé- <we (1797) , composés d'après le sys- ^e de musique développé dans Lo- ^ka , eurent moins de succès, il. Chérubini, qui n'était encore qu'inspecteur du Conservatoire , ne trouvant pas sa position en rapport avec sa réputation, partit alors pour l'Allemape.Il se rendit à Vienne en 1805, et V fit représenter son opéra de Fani»- ^>qui obtint un grand succès. Mais
la campagne d'Austerlitz changea sa position en Autriche : il fut obligé de revenir à Paris. [Napoléon , qui ne l'aimait pas , le laissa de côté. En vain écrivit-il sa partition de Pîmmo^/ione (1809), l'empereur ne lui donna aucun encouragement. Il se retira alors auprès du prince de Chimay, chez leauel il composa sa messe en /or. M. Chérubini, s'écartant de toutes les traditions reçues, voulut, a-t-on dit, que sa musique exprimât le sens dramatique des paroles ; mais cette innovation est, suivant nous, un résultat déplorable : ce fut de confondre deux genres très-différents, la musique dra- ^matique et la musique religieuse.
La restauration valut à M. Chérubini le titre de professeur au Conservatoire, en 1816, celui de surintendant de la musique du roi , la même année; enfin, celui de directeur du Conservatoire, en 1822. Il avait été nommé en 1814 membre de l'Institut.
Depuis cette époque, M. Chérubini a peu travaillé pour le théâtre : son dernier ouvrage a étéÂli-Baba, joué en 1833 et accueilli froidement. Il a préféré composer des œuvres religieuses en assez grand nombre, notamment ' la messe du Sacre de Charles X,
Chervin (Nicolas), né à Saint-Laurent d'Oingt, vers 1785, après avoir fait ses études au collège de Villefranche, se rendit en 1805 à Lyon, où il commença ses études médicales. Dès 1809, Chervin voulut passer dans l'Inde, par terre, à cause du blocus continental , dans le but d'observer le choléra-morbus. Désirant aussi étudier par lui-même la fièvre jaune, il s'embarqua le 3 novembre 18i4, et arriva à la Guadeloupe le 15 décembre, cinq jours après la prise de possession de cette île par les troupes françaises. La fièvre jaune n'y exerçait plus ses ravages , mais il put y recueillir des renseignements précieux sur les épidémies antérieures. Au printemps de 1816, la maladie reparut; bornée d'abord à quelques individus, elle finit par moissonner la plupart des Européens, y compris la garnison. Le docteur Chervin se multiplia; il vit tout , connut
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tout , et en moins de quinze mois il ouvrit plus de cinq cents cadavres à la Pointera* Pitre. Non content des faits qu'il a ainsi recueillis, il recommence de nouvelles études : il parti ▼isite tous les lieux où la fièvre jaune a régné , se rend dans ceux qu'elle ravage, recueille partout les opinions, de quelque part que ce soit; et, chargé de cet inappréciable travail , fl rentre dans sa patrie après huit années de courses et de périls, apportant avec lui les opinions de plus de six cents médecins américains sur la contagion ou la non-contagion de la fièvre jaune. Parti de la Guadeloupe en 1822, il apprend, en arrivant en France, quek»
lièvre jaune vient de ravager l'Espagne, alors en révolution, et le 9 mai 1823 il arrive à Madrid. Après cette nouvelle excursion , ces nouvelles dépenses ajoutées à tant d'autres, le docteur Chervin revint à Paris. Un corps, placé par son élévation même au-dessus de toutes les coteries , de tous les préjugés , l'Institut, a honoré ses travaux du seul prix qu'il fût libre d'accorder à de semblables sacrifices. L'Académie des sciences lui a décerné , en 1828 , le prix de dix mille francs.
Cheby (Philippe), peintre d'histoire," naquit à Paris , le 15 février 1759. Ses , parents virent avec regret son goût décidé pour les arts ; toutefois ils consentirent à le placer chez Yien. Bien qu'il n'eût alors que quatorze ans , il comprit que l'instruction était le plus utile auxilâire de l'art , et il entreprit de refaire ses études. Il passait les jours à peindre et consacrait une partie des nuits à étudier le grec et le latin , et bientôt il put lire dans leur langue les écrivains d'Athènes et de Rome. Son premier ouvrage fut une Annoncia* tion , qui attira sur lui l'attention de l'Académie ; quelques ^ autres sujets religieux traités par lui , entre autres une Décollation de saint Jean , pour l'église de Carantan , fixèrent sa réputation.
Sa fortune lui permettai de travailler pour la sloire seule. Le marquis de la Villettejui commanda un Martyre de saint Etienne , qu'il devait lui payer
trois mille francs. L'àtti'ste tfépargiiâ rien, ni temps ni travail. « \m «t dépensez plus que je ne vous donner « lui dit un jour le marquis. — Qu'imft porte ? l-épondit le peintre, je ne me 41 suis pas engagé à vous rendre Jastê « la monnaie de vos mille écus? »
Vien , de retour de Rome^ vint voir son ancien élève et le trouva terminant ce tableau , dont il fut tellement satisfait , qu'il engagea le jeune artiste) se présenter à l'Académie pour s'y ûiiré admettre comme agréé. Mais Chéry voulant mériter cette distinetiofi paf des travaux plus importants, composi sa Mort d'Alcibiaae, dont l'esquisie fut mise par Yien sous les yeux dl TAcadémie. Cette société , confirmant toutes les espérances du jeune bomnM^ arrêta que ce sujet serait traité par Irà sur une toile de grande dimension. Gl : tableau , rapidement terminé , fijt cl* posé ati salon de 1791 et placé sous II n' 1". Il n'est paâ inutile de rappdtf ici que ce n» 1*' était Une distinction ordinairement attribuée au premitf peintre du roi. Vien étant alors reyétt de ce titre, Chéry se défendit d'ttl honneur qui lui semblait un empiâ6^ ment sur les droits de son maître. 4 . TAcadémie , charmée de cette mowtie , le nomma agréé.
Cependant la révolution avait co# mencé ; Chéry , plein d'entbousiastté pour la liberté et nourri de Tbistoifè des républiques anciennes , accepta M idées nouvelles avec ardeiir ; il ootiSi^ cra son talent et sa vie au triompM de cette cause.
Au 14 juillet , il marcha contre a Bastille à Ta tête d'une compagnie A gardes françaises qui l'avait cbow pour son chef. Il monta à l'assaut ftà * des premiers. Blessé à la tête, ilivt obligé de subir l'opération du trépat.
A peine guéii , il partit comme voicHh taire et gagna les épaulettes de cap^ taine sur le champ de bataille. D> retour à Paris , il fut nommé membit de la Convention et fit partie du pï*' mier comité de salut public. CompW* rais dans l'affaire du duc d'OrléansJI | fut a^rêté et ne recouvra la libei»
qu'après le 9 thermidor.
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Le gouTefnement ouyrit, en 17d4, . m concours entre les artistes ; chacun avait le eboix du sujet. Ghéry peignit un soidai s'élançant aurdevant aun tovp de sabre destiné à son générai ^ épisode des guerres de la Vendée. Il obtint le second prix ; le premier avait ^ été décerné à Gérard. Ghery avait toujours compris noblement et la révolu* tion et rinfluence sociale des beaux-arts. Aussi le Directoire qui , comme toufe nos gouvernements révolutionnaires^ comprit très-bien Taction qu'un ausbi lissant moyen pouvait exercer sur I masses, le chargea de faire un taieau dont le but était de ramener le uple au calme et au respect des lois, 'artiste peignit Charondcts mourant ur donner l'exemple de ce respect, tableau fut exposé en plein air sur place Vendôme, devant Thôtel du inistre de la justice. L'artiste fut osûite nommé maire de Gharonne et « Bellerille, puis chef de la police 'rite et militaire dans le département la Seine. Au 18 brumaire, il somma^ après les ordres du Directoire, le J Bonaparte de venir rendre
r! de sa conduite. Mais celui-ci , faisant mettre hors la loi, lé à prendre la fuite : quant au ibfeau de Gharondas , il fut mis en
L'orage passé, Ghéry rentra dans
[ans et exposa, en 1802, .^^rcwre
mant amoureux d^ Hersé (tableau
est passé en Angleterre) , et un
VDid jouant de la harpe devant
L En 1803 , un concours eut lieu
)ar la repr^entation de la paix d'A-
liens. « Ghéry, dit M. Huàrd , qui
lavait célébré en vers cet événement,
insporta son poëme sur la toile,
sa composition obtint le prix, ri
1804 , il fit plusieurs tableaux re-
mi, et, en 1806, plusieurs por-
n'ts de personnages célèbres. En
112, il exposa la Naissance et la Toi*
de Fénus. La même année, le
l^overnement le chargea de représen-
r la distribution dés récompenses
[iiitaires , faite par Tf apoléon sur le
tianip de bataille d'Iéna. L'empereur,
titisâk du tableau, en demanda une
copie réduite pour son cabintit. La chute de l'empereur suspendit oe travail et le tableau fut détruit; aussi Ghéry disait-il : « Je compte les évé- « nedfients politiques par mes tableaux * crevés. »
Ghéry s'était montré trop patriote pour ne pas être persécuté par la restauration. Il fut arrêté en tSlô et eut beaucoup de peine à recouvrer la liberté. Lorsque la révolution de 1830 arriva, fidèle à ses souvenirs, le vieux peintre fit son tableau (aujourd'hui en Angleterre) de Thrasybule rendant au peuple d Athènes ses lois démocratiques. Mais la fortune continua à lui être contraire : oublié et pauvre, Ghéry vivait du produit de quelques leçons : dans l'hiver de 1888, il était malade et sans bols. Un faible secours qu'il reçut , après l'avoir demandé au roi Louis-Philippe, dont il avait essayé jadis de sauver le père au péril de sa Tie, vint adoucir ses derniers moments. Il mourut le 28 février 1838, pauvre et fier de la carrière qu'il avait parcourue.
Ghesapeàk (combat de).-— Une es^ cadre française , commandée par Des-* touches , capitaine de vaisseau , appa<< reilla de New-Port le 8 mars 1781.
Elle était composée de sept vafsseaux de ligne, du Romukts de quarante* quatre canons , pris aux Anglais , e^ ^une frégate. A son bord se trouvaient mille hommes de troupes de terre, commandées par M» de Vioménil. Le 16 mars on découvrit, près de la baie de Ghesapeàk, une escadre anglaise croisant dans ces parages; quoique l'infériorité du nombre tut du côté de l'escadre française , Destoucbes donna ordre de se former aussitôt en ligne de bataille et d'attaquer les Anglais.
Le feu commença de part et d'autre avec vivacité. La liardiesse et l'habileté des manœuvres du commandant fran«> cais eurent un p^ein succès sur la tête oe la ligne ennemie comme à l'arrière* earde. A deux heures trois quarts le feu ayant cessé de part et d'autre , les Français se trou vaut en avant et sous le vent des Anglais , Destouches or-* donna de rétablir l'ordre de bataille 9
L'UNIVERS
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mais les Anglais ne crurent point devoir courir les risques d'ug second engagement et se retirèrent.
— Après la prise de Tabago , le comte de Grasse, commandant la flotte des Antilles , dont Rocliambeau avait réclamé Tassistance-, vint, le 30 août 1782 , mouiller avec vingt et un vaisseaux , dans la baie de Chesapeak.
Ayant pris position à rentrée des rivières de James et d'York, il informa de son arrivée les. généraux des armées combinées, et débafrqua 3,500 hommes qu*il avait amenés du Cap.
Pendant qu'il attendait le retour de ses embarcatiops, sa frégate de découverte signala vingt-sept voiles ennemies , se dirigeant vers la baie. Le comte de Grasse ordonna alors de se tenir prêt à combattre et à appareiller. Vers midi, la marée lui permit de former une IJgne de vitesse, et les capitaines obéirent avec tant de célérité, que, malgré Tabsencede quinze cents hommes et de quatre-ving-dix ofOciers, employés au débarquement des troupes , Tarmée navale fut en moins de trois quarts d'heure sous voiles et en ligne. Le combat s'engagea par un feu très-vif à j'avant-garde ; il dura jusqu'au coucher du soleil. Plusieurs vaisseaux furent très - endommagés , mais la victoire resta indécise. Pendant quatre jours de suite les deux flottes demeurèrent en présence sans pouvoir, à cause des mauvais temps, recommencer la bataille^ Enfin M. de Grasse, craignant d'être devancé dans la baie, prit le parti de s'y rendre.
Chessb (Robert) , gardien des cordeliers du temps de la Ligue, se déclara tout à coup ennemi forcené de Henri IV, après la mort de Henri III. Son ordre l'ayant envoyé en qualité de gardien des cordeliers, à Vendôme , il contribua, lorsque cette ville eut été livrée au duc de Mayenne, à soutenir l'exaltation des habitants. Le roi vint en faire le siège au mois de novembre 1Ô89 , et l'emporta d'assaut. Chessé fut saisi dans la chaire même de.
Saint-Martin, et pendu à l'instant par les soldats du duc de Biron. Voyant qu'on manquait de cordes , il détacha
lui-même celle qui lui servait de ceioture, pour aider à son supplice. Les cordeliers le regardèrent comme un saint et un martyr. En 1789 , sa têle était encore attachée à la tribune de l'orgue de l'église de 'Saint-Martin.
Cheyâgb (droit de). — On appelait ainsi un droit de douze deniers parisis qui , dans quelques provinces , se payait tous les ans au roi , par les bâtards et aubains mariés qufy étaient établis. Ceux qui payaient le droit de chevage étaient appelés chevagiers.
Cheval.— Les Gaulois avaient une haute estime pour les chevaux. Ordinairement beaucoup plus forts en cavalerie qu'en infanterie, ils étaieut fort adroits dans les combats à cbe?a}. Les Francs , dont la principale force consistait en infanterie, n'employaient guère de chevaux dans les* batailles, mais ils en faisaient un grand usage à la chasse, dans les voyages et dans les cérémonies publiques; ils se piquaient sur ce point d'un luxe qui ne le cédait* point à celui des Romains. Ils coih ^ vraient leurs montures de riches cafMK raçons chargés de broderies d'or et':
d'argent, et même de pierreries. Rid»»/ mer, jeune seigneur franc, étant venu" en Gaule visiter le préfet de l'Auvei^ gne , fît le voyage avec un appareil magnique dont la description se trouTe^ dans la deuxième épître de Sidoine*.
Apollinaire, adressée à son ami Domi* tius : « Que je regrette , dit-il , qoe^ « vous n'ayez pas été témoin du su* « perbe cortège du jeune Ricimer et « de son équipage à la manière bar- « bare... Son cneval était cou vert d'une « housse magnifique ; un grand nom* « bre de chevaux de main, sur lesquels « brillaient des pierres précieuses, « précédaient et couraient. » Ce luxe de pierreries ornant les harnais def chevaux devait faire d'autant plus d'impression sur les Gallo Romains qu'il était prohibé chez eux par une loi expresse.
La considération dont le cheval jouissait chez les Gaulois et chez les Francs, était souvent funeste à ee noble animal. Lorsque son maître était ' mort , on regorgeait sur sa tombe et i
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