‹ France (volume 5)Chapitre 15 sur 114 · JOS · texte numérisé non relu

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M Teifteirrait dans sa fosse , souvent iTec le$ serviteurs qui avaient été chargés de lai donner leurs soins. Dansk tombeau découvert à Toumay , en 1653, et que l'on croit être celui de

IChiidéric , père de Clovis , on trouva , avec les ornements en or et les véteineots du défunt, des harnais , la tête d'uo cheval, et les ossements de deux hoinmes immolés aussi , sans doute , pour lui continuer leurs soins dans l'autre monde.

Après la conversion de Clovis , on n'immola plus les chevaux sur la tomitt des guerriers, mais ils continuèrent à figurer dans les cérémonies des funérailles, et telle est Torigine de Tusage où Ton est encore de nos jours , de mener, à la suite du char funèbre d'un officier général ; son cheval de ^taille couvert d'un caparaçon noir.

Insensiblement, et à mesure que la fosion s'opéra entre les diverses popotations qui habitaient la Gaule, on •ploya les chevaux à la guerre ; Tulage en devint même si général, qu'au '^yen âge la noblesse ne voulut ijtti combattre qu'à cheval. Alors les y'Wtt furent classes, et reçurent «WBes destinations et divers noms :

i^Jestiers ou dextriers et les pale- /^ forent réservés pour les tournois <tle8 batailles. La Castille et le Da- ^^fL fournissaient les meilleurs.

J*&haquenées servaient aux prome- ~ ies^ quelquefois aux voyages, et ient surtout la monture des fem- • L'humble roussin ou ronsin avait r destination de porter les bagap; c'était de la Bretagne que 1 on itles plus vigoureux. Ce modeste utile serviteur était souvent l'objet ofle redevance féodale que les vas- Qx étaient tenus de payer à leur seir, dans certains cas prévus par la ^i; On l'appelait alors ronsin de ser-

Pour quelque raison qu*un homme

noble race montât à cheval , il ne

[^Mvait chevaucher juc sur un cour-

^it que le fer avait respecté. Con-

fiiner un chevalier à monter un che- N bongre ou une iument, c'était le '^Kgrader et l'assimiler à un vilain, à

2ui toute autre monture était interite.

Monter un cheval Manc était une prérogative qui n'appartenait qu'aux rois , ' et que ceux-ci n'accordaient qu'aux hogimes d'un rang au moins égal au leur et qu'ils voulaient honorer. Lorsque Manuel Paléologue, empereur de Constantinople , vint en France pour implorer les secours de la chrétienté contre Bajazet, Charles YI, gui alla à sa rencontre, le 3 juin 1400, jusqu'au pont de Charenton, accompagné de trois cardinaux et d'un grand nombre de ducs , comtes et barons , lui fit donner un cheval blanc pour faire son entrée dans Paris, honneur que son père, Charles Y, avait refusé à l'empereur d'Allemagne.

C'était , de la part d'un chevalier , une grande preuve de fofce et d'agilité que de s'élancer , armé de toutes pièces, sur son destrier dont un écuyer tenait la bride. Mais comme il n'était pas donné à tout le monde de faire de ces tours de vigueur et d'adresse , on dressait^ le long des routes , des bornes en pierre et de peu de haujteur ai^pelées montouers , et qui servaient aux vieillards et aux femmes pour se placer sur leur haquenée. Dans plusieurs rues, du Marais , à Paris , on trouve encore j, à la porte des anciens hôtels, de ces bornes qui aidaient aux magistrats du parlement et des cours souveraines à enfourcher la mule pacifique sur laquelle ils se rendaient au Palais. (Voyez Sautoibs et Ëtrtebs.)

L'usage de monter deux sur le même cheval fut très-fréquent au moyen âge : Charles YI était monté sur le même cheval que son favori Savoisy, lorsqu'il lui prit envie, en 1389, cle voir, comme simple particulier, l'entrée de sa femme Isabelle à Paris , et l'histoire rapporte qu'il reçut de bons coups de homaie des sergents chargés de maintenir l'ordre parmi le populaire qu'avait attiré ce spectacle. La reine LIisabeth d'Angleterre paraissait en public sur le. même cheval qu'un de ses grands officiers , et assise derrière lui. Au dix-septième siècle encore, on offrait à la personne que l'on ren-

L'UiaVERS.

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eontràit à pied, et que Ton respectait, la croupe au cheval ou de te mule que Ton montait, ist c'était une politesse exquise.

Les chevaux furent quelquefois em* ployés comme moyen de supplice. On dit que la reine Brunehaut fut attachée à la queue d'une cavale indomp*»

tée , qu'ensuite on lança à travers les rochers et les broussaillles où elle mit en pièc^ le corps de cette prmcesse.

L'écartèlement d un criminel se faisait au moyen de quatre chevaux; c'était le suppliée réservé au régicide : ce fut celui que souffrit Damiens. (Yoy. Gà*

VALBUIB, RAfiÀS.)

CHEVALsaiE. — « C'est , dit M. de Sismondi,-un caractère très-frappant de la révolution qui donna le trône de France à la maison capétienne, que le progrès graduel, mais constant, de la nation, et la décadence simultanée de ta race royale. Au fondateur de la dynastie nouvelle succèdent, dans un ordre régulier, son fils , son petit-fils , son arrière-petit-tils ; chacun de leurs longs règnes embrasse toute une génération ; tout un siècle se passe , et leur domination s'affermit; cependant ils n'ont fait , durant ce long temps , que sommeiller sur le trône : ils n'ont montré que faiblesse , amour du repos ou ^mour des plaisirs ; ils ne se sont pas signalés par une seule grande ac'tion. La nation française, au contraire, qui marque Ses fastes par les époques de leur règne, s'agrandit et s'ennoblit d'année en année , acquiert à chaque génération des vertus nouvelles , et devient, à la fin de cette même période, l'école d'héroïsme de tout l'Occident, le modèle de cette perfection presque idéale qu'on désig^ne par le nom de chevalerie, et que les guerres des croisés, les chants des troubadours et des trouvères, et les rotnans même des nations voisines rendirent propres à la France (*). »

La chevalerie brillait de tout son éclat au temps de la première croisade , c'est-à-dire . sous le règne de Philippe 1er; mais à -quelle époque

O Histoire des Français, t. IT, p. 197.

avait commencé cette grande inUt»

tion? Cette question a embarrassé tous les historiens, et aucun n'a pu h résoudre d'une manière satisfaisattti Chez des peuples naturellement ^ riers, comme les barbares qui vidr^nt^ à l'époque des grandes invasiODs , ntremper la nationalité gauloise et donner leur nom à la France, la prf^ mière prise d'armes devait être M brée par d'imposantes cérémonies.

« Il est d'usage, dit Tacite, eu fs^ lant des Germains , qu'aucun d^eax oe

Ï)renne les armes avant que la tril^ 'en ait jugé capable. Alors , dansfl semblée même, un des chefs, oa père, ou un parent, revêt le jeu homme de l'écu et de la framée. Gt là leur toge; c'est chez eux le prein^ honneur de la' jeunesse. Avant gT'^ cérémonie, ils ne paraissent être des membres de la famille, alors deviennent membres de larépubliqal Ainsi, chez les anciens Germaios chez les Francs , la prise d'armes ' un acte national, une cérémoaie blique. Cette coutume ne périt avec l'invasion; Charlemagne eein solennellement l'épée à son fils , ~ le Débonnaire , et celui-ci conféra même honneur, avec le même monial, à Charles le Chauve, en

Mais bien qu'on ait dû puiser A ces cérémonies l'idée de celles quij rent plus tard en usa^e pour coi l'ordre de la chevalerie, on ne p voir l'origtoe de cette institution même. Ce sont les maux extrêmes font trouver les remèdes destioél les combattre; c'est au milieu de narchie et des désordres qui si^ rent l'établissement de la l^odi que dut naître la chevalerie. « La sécration des armes de la noble devenue la seule force publique,^ défense des opprimés, en rut l'I fondamentale. A une époque où lei religieux se ranimait, où cependanij valeur semblait être la plus digne ^ toutes les offrandes qu^on pût ter à la Divinité, il n'est pas qu'on ait inventé une ordination taire à l'exemple de l'ordination Si dotale , et que la chevalerie ait

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