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jets furent anéantis par la mort d*HaiJl-Pacha , et son fanatique successeur arrêta ces efforts de régénération , qui devaient être repris plus tard par le sultan Mahmoud.
Le comte de Choiseul se montra , dès le principe , hostile à la révolution.
Nommé, en 1791, à l'ambassade d'Angieterre, il refusa de se rendre à son poste, resta à Constantinople , et envoya sa correspondance politique aux prmces émigrés. Décrété alors d'arrestation , il se rendit auprès de Catherine II , qui l'accueillit d'une manière flatteuse. Sous Paul P", il devint le directeur de l'académie des arts et des bibliothèques impériales. Cependant il revint en France aussitôt qu il le put, et reprit, en 1802, sa place à rAcadémie des inscriptions et belles -lettres.
En 1809, il nt paraître la première partie du second volume de son Foyage m Grèce, La seconde partie n'a été publiée qu'en 1820, après la mort de fauteur. Sous la restauration , le comte JeChoiseulfut nommé ministre d'État, Oembre du conseil privé et pair de înoce. Il mourut en 1817. Le recueil ItUcadémje des inscriptions et belles- . bttres contient de lui plusieurs mé- AiOires, parmi lesquels nous citerons W Dissertation sur Homère, son Mé* iMÂre sur r/iippodrome (TOlympiey et ses Recherches sur Vorîgine du Bosphore de Thrace, La collection fa monuments antiques de divers genres, qu'il avait recueillie en Grèce, a été acquise en grande partie par k gouvernement , qui l'a placée au Louvre.
Branche des comtes du Plessis, dites
de Choiseul, pairs de France.
Ferry //de Choiseul , troisième fils de Ferry V de Praslin , auteur de cette branche , eut pour fils César de ChoisetU, duc de Choiseul, pair et maréchal de France, comte du Plessis- Praslin. Celui-ci naquit à Paris, en 1^; il commença à se distinguer au <i^e de la Rochelle, où il commandait un régiment. Il défendit ensuite les lies d'Oieron et de Ré contre les Anglais. Plus tard, il contribua à la prise de Pignerol, et gagna la confiance du cardinal de Richelieu, qui l'em-
ploya à diverses négociations^ où il eut l'habileté de détacMr de l'alliance des Espagnols les ducs de Savoie, de Parme et de Mantoue. Depuis 1636 jusqu'en 1645, .il servit dans le Piémont, et commanda plus d'une fois en chef l'armée française. Il conquit toutes les places de ce pays, et vainquit constamment les Espagnols; en 1645, il alla assiéger, en Catalogne, la forteresse de Roses , dont la prise lui valut le bâton de maréchal. Il retourna ensuite en Italie, où^ tour à tour général et négociateur, il vainquit le pape Innocent X et le força à traiter. En 1648, il remporta sur les Espagnols la victoire de Trancheron , qui lui assura la conquête du Milanais; mais manquant de tout ^ et ayant dépensé 450,000 fr. de sa fortune, il ne put pousser plus avant ses succès. Les troubles de la Fronde avaient éclaté ; la cour rappela Choiseul, lui donna des éloges , et le chargea de défendre, avec 4,000 hommes, Saint-Denis et le pays qui s'étend depuis cette ville jusqu à Charenton. Le maréchal s'acquitta de cette mission avec succès , battit les Parisiens, et força les Espagnols qui venaient à leur secours a battre en retraite ; puis il soumit Bordeaux; et lorsque Turenne leva, à Stenay, l'étendard de la révolte, Mazarin le charsea d'aller réduire lé grand capitaine. Cnoiseul arrêta Turenne, l'empêcha de venir délivrer les princes détenus a Vincennes , et le vainquit à Rethel. Choiseul fut ensuite le maître de Louis XIV dans l'art de la guerre, et il le suivit dans plusieurs sièges ; plus tard, il dirigea la construction des fortifications de Perpignan, et donna ainsi à la France un de ses plus redoutables boulevards. En 1663, il fut créé duc et pair, employé à diverses négociations , et il ménagea le traité d'alliance qui fut conclu entre Charles II et Louis XIV contre la Hollande. Enfin il acheva sa glorieuse carrière en 1675, à l'âge de 78 ans.
Alexandre de Choiseul , comte du Plessis -Praslin, maréchal de camp, fut tué au siège d'Arnheim, en 1672. — César 'Auguste 9 duc de Choiseul, pair de France, comte du Plessis-Pras-
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lin, frère du précédent, succéda au maréchal de C noiseul , et fut tué au siège de Luxembourg, en 1684. — Auguste, duc de Choiseul, pair de France, comte du Plessis-Prasiin, frère du précédent, servit en 1669 sur le Rhra , puis à Candie et dans les Pays- Bas ; il se couvrit de gloire à Fleurus, à Steinkerque , et mourut en 1705 , sans postérité.
Branche des comtes d'Hostel.
Le personnage le plus célèbre de cette branche , qui commence à Fer»
ry m de Choiseul, troisième fils de Ferry du Plessîs, est Jean-François- Gaston de Choiseul, qui fut lieutenant général des armées du roi, se distingua aux batailles de Cassel , Fleurus , Steinkerque et ISerwinde; alla, en 1701 , servir en Italie , où il sauva Crémone; fut ensuite gouverneur de Mantoue, et mourut en 1705, des suites des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Cassano.
La branche des seigneurs de Traves n'a produit aucun personnage remarquable.
Choisniw (Jean), secrétaire de Henri III, né à Châtellerault dans les premières années du seizième siècle , fut chargé par la reine Catherine de Médicis de préparer auprès de la diète polonaise, et avant même gue le roi Sigismond -Auguste eût expiré, Télection du duc d'Anjou. Il commença et seconda l'œuvre achevée plus tard par J. de Montluc, évêque de Valence, auprès duquel il fut ensuite employé.
Il a laissé un ouvrage fort curieux , contenant les détails de toutes ces intrigues, et intitulé Discours au vray de tout ce qui s'est faict et passé pour Pentière négociation de è élection du roi de Pologne^ Paris, 1574, in-8*.
Choisy ou SoiSY, ancienne seigneurie du Gâtinais Orléanais (aujourd'hui département de Seine-et-Marne), érigée en comté en 1564, et en marquii?at en 1599.
Choisy (François-Timoléon , abbé de) , membre de r Académie française , né à Paris en 1644. On raconte que, doué d'une très-jolie figure, il fut, dès le berceau , gâté par sa mère, qui se plaisait à rhabiller en femme, peut-
être pour singer la manière do»t pQ élevait, ou plutôt dont on énervait le frère de Louis XlV, et faire ainsi sa cour à Mazarin ; ce qu'il y a de certain, c'est que ce déguisement , sous lequel il se montra presque continuellement jusqu'à l'âge de trente-deux ans , à la cour, au théâtre, et même à l'église, favorisa plusieurs aventures galantes et scandaleuses racontées par luimême dans l'œuvre anonyme publiée en 1736 sous ce titre : Histoire de madame la comtesse des Barres , noni qu'il avait pris pour compléter son travestissement. Atteint d'une maladie dangereuse à son retour de Rome, où il avait accompagné le cardinal de Bouillon, il résolut de se convertir; et , pour eflfecer le souvenir de sa conduite passée , il publia , de moitié a?ec Dangeau, quatre dialogues surïim' mortalité de rame , la providence ^ rexistence de Dieu et la religion^ Par ris, 1684, in^l2. L'année suivante,!
obtint de faire partie de rambassa(B| envoyée au roi de Siam pour le coo* vertir à la religion catholique. C'i pendant ce voyage , dont 11 a publié relation (Paris, 1687), que labbé Choisy se fit ordonner prêtre , a avoir pris tous les degrés en quà jours. Le reste de sa vie se resseni de ses antécédents. Malgré sa cornai sion, il fut toujours homme de pl^r sirs, et mourut à Paris en 1724, doyà. de l'Académie française. Ses ouvra£f|> sont légèrement écrits, encore plas^^ gèrement pensés. Les principaux son^ 1*" une yie de David , et une P^ie ($■ Salomon, panégyriques du roi m France, qui lui assurèrent la faveif royale et lui ouvrirent les portes i€ l'Académie; 2« V Histoire de rÊgUse/ en onze volumes in-4**. ^ :
Choisy au Bac, Cauciacum^ tIK lage de l'Ile de France, aujourd'h^', département de l'Oise, à 4 kil. 4|' Compiègne , où les rois des deux prfr»
mières races possédaient un cbâton}qui leur servit souvent de résîdepos.
Auprès dé ce château se trouvait ooi.
abbaye, dans l'église de laquelle ftireuf enterrés les rois Clovis III, Chilfe bert Iljet Dagobert III. Berthe, femml de Pépin, et mère de Charlemagnet
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morte au château de Ghoisy en 783 , ht aussi Inhumée dans JSette église ; mais son corps fut pins tard transféiré à Saint- Denis. Il ne reste plus aujourd'iiai de traces du château ni de Tabbaye de Ghoisy.
Choisy-lr*boi , petite ville de Tancieûneîlc de France, auj. dép. de la Seioe, où mademoiselle de Montpensier fit bâtir par Mansard, en 1682, un magnifique château , qui , habité successivement par Louvois, par le Daupbia fils de Louis XIV, et par la prin* cesse de C!onti , fut acheté à la mort de cette dernière, et reconstruit, par ordre de Louis XV, pour madame de Pompadour. Ce château , en partie démoli, est aujourd'hui converti en fabrique. La ville de Ghoisy compte S,OH hab.
Choléba ÉpiDÉMiQtJB. — Quoiçue fious devions traiter dans un article spécial des principales épidémies (voy.
cemot)quiont sévi sur la France, Mqs croyons utile d'exposer rapidement l'histoire du choléra épidémique, itot le triste passage est encore prétttt à tous les esprits. Les ravages I^Bx qu'il a exercés dans toute TEuiK les nombreuses victimes qu'il a Jfes, sa marche singulière des réfî^ les plus éloignées jusqu'à nouSj M en dépit de toutes les barrières qui itttpu loi être opposées, lui méritent litte place particulière dans l'histoire 4es épidémies.
Tous les témoignages s'accordent
tir établir que l'épidémie commença , août 1817 à Jessore, ville du Ben- K située dans le. Delta du Gange, à milles de Calcutta. Depuis cette jpoqne, elle s'est toujours avancée de fist à l'ouest, saps rien perdre de sa fcrcc et de sa nature primitive. De lessorc, elle parvient en quelques mois
^u'à Dacca , Dinapore et Calcutta, inée suivante, elle gagne Bombay et Madras, et en 1819 elle atteint Ceylan , Ulé de France et Bourbon, ta 1820 et 1821, les cdtes et les Btincipales villes du golfe Persique •ent envahies par le fléau, qui frappe «cccssivement Schîraz, Mascate, Isfahan et toute l'Arménie. Pendant 1832 , il remonte le long du Tigre
et de l'Euphrate , et se montre à Alepw En 182a, il touche U Russie dans les gouvernements de la Nouvelle^ Géorgie et du Caucase. Mais à cett# époque, par suite de circonstances in<* saisissables^ il n'étend pas plus loin tes progrès vers l'Europe. Pendant plusieurs années, il s'arrête, et od n'est qu'en 1829 qu'il est observé à Tiflis et ensuite à Astrakan. A dater de cette époque, sa marche semble^ pour avoir été suspendue pendant quelque temps^ n'en être que plus rapide. Il éclate à Orenbourg et à Mos^ cou. En 1831, il frappe Saint-Pétërs-* bourg, la Pologne, la Gallicie, l'Au* triche » la Bohême, la Hongrie, la Prusse, et, continuant ses effrayants progrès, il traverse la mer, se montre en Angleterre, d'où, frandiissant le dé« troit, il passe en France, éclate à Calais le 15 mars 1832, et bientôt après à Paris.
A la première annonce de l'apparition du choléra dans Londres, il fut facile de prévoir son invasion dans Paris. Dès lors, l'administration crut devoir prendre à l'avance toutes les précautions que réclamaient les circonstances. Dès le 20 juillet 1831, M. de Bondy, alors préfet du département, écrivit au conseil général des hospices une lettre qui renfermait plusieurs questions polir la solution desquelles ce conseil crut devoir for-* mer deux commissions, l'une administrative, composée de MM. le comte Chaptal, le baron Carnet de la Bonatdière et Coehin, auxquels on adioigilit MM. Desportes et Jourdan^ administrateurs des hôpitaux; l'autre, sanitaire, dont MM. Portai, Antoine Dubois, Lisfrano, Chomel, Cruveilhier, Parent du Châlelet et Guénau de Mussy ^rent nommés membres.
Cette dernière commission proposa d'établir^ dans les quartiers les plus éloignés du centre de Paris, troil où quatre hôpitaux exclusivement destinés au traitement des cholériques] elle désignait pour le service spécial ceux de Beaujon, de Saint-Louis, de Saint-Antoine et de Coehin, et elle en demandait surtout la séquestration* Elle indiquait en même temps la formation d'hospices à Montmartre ou
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au mont Vadërien, pour recevoir les conyalescents. Elle conseillait en même temps de défendre, pendant toute la durée de Tépidémie, les grai^des réunions d'hommes, la vente de la friperie et des bardes ; de transporter les marchés sur les boulevards extérieurs, non loin des barrières; de placer à toutes les maisons où il y aurait des cholériques, un signe particulier et reconnaissable qui serait maintenu huit jours encore après la cessation de la maladie. Du reste, elle ajoutait à ses conseils des mesures pleines de sagesse et de charité pour les pauvres et les indigents, auxquels elle proposait de distribuer des vêtements, et chaque jour un peu de vin, de bière,
' et même d'^eau-de-vie.
Persuadée qu'elle ne pouvait tout faire et tout voir par elle-même, l'administration résolut d'appeler auprès d'elle un certain nombre de citoyens habitués, par état ou par goût, à s'occuper d'objets d'utilité publique. Du reste , on sentit que cette espèce de conseil devait se composer d'hommes instruits et assez connus de leurs concitoyens pour en être écoutés; qu'ils devaient être investis d'un certain pouvoir pour être obéis ; enfin, qu'ils devaient être assez nombreux pour suffire à tous les besoins. Dans le désir d'atteindre ce triple but, le préfet de police , de concert avec le préfet du département, prit, le 20 août 1831, u» arrêté qui créait tout à la fois une commission centrale de salubrité composée de 43 membres; douze commissions d'arrondissement chargées de correspondre avec elle, et qui devaient elles-mêmes s'entendre avec d'autres comipissions nommées
' dans chacun des 48 quartiers de la ville et des deux arrondissements ruraux du département. Des médecins, des chimistes, des pharmaciens connus, des citoyens honorables; présentés par les maires, furent désignés pour faire partie de ces commissions ; et afin qu'elles ne manquassent d'aucun renseignement utile , on leur adjoignit des commissaires voyers et des commissaires de police. Les commissions de quartier furent plus spécia-
lement chargées de visiter les maisons particulières, de constater l'état des fosses d'aisance, des plombs, des puits, des puisards ; cle surveiller les institutions, les écoles,^ les maisons habitées par des nourrisseurs de chevaux, de porcs, de lapins^ de chiens, de pigeons. Elles durent encore porter leur attention sur tous les établissements qui pouvaient devenir nuisibles par une mauvaise tenue ou par l'odeur qu'ils exhalent. Les commissions ceu* traies intermédiaires entre la commis* sion centrale et les commissions de quartier eurent pour attributions de recevoir les rapports de ces dernières, de les examiner, d'en vérifier l'exactitude, d'en faire ensuite un extrait des* tiné à être envoyé à la commissiott \ centrale. Enfin, la commission centrale, joignant à ses propres lumières .
la connaissance de tous les faits ainsi acquis, devait à sou tour éclairer l'ad* . ministration, et lui proposer les me-, sures au*elie croirait nécessaires.
On établit dans chaque quartier, même temps que l'on prenait tout< ces mesures de salubrité, des bureai de secours ou portes médicaux^ da lesquels un médecin , un pharmaeicé et un certain nombre d'élevés en m6^ decine, d'infirmiers et de eardes-nttn lades, devaient se tenir prêts jour e^ nuit à porter secours aux malades pour lesquels on les réclamerait.
Enfin la commission centrale % publier une instruction (15 novembif 1831) sur le régime à suivre pour 8<^ préserver du choléra et sur la cou* duite qu'il faudrait tenir si l'on s'eft: trouvait atteint.
De son côté, l'administration d(i hôpitaux ne restait pas oisive: el|(l préparait des salles nouvelles, faisaifi purifier les anciennes, augmentait W personnel des élèves et des infirmiers^ enfin, ne voulant négliger aucune <kl précautions que la prudence semblail mdiquer,, elle ordonna de suspendlfi les cours d'anatomie. t
Tout avait donc été prévu autant^ que possible par l'autorité pour rendrt| 1 épidémie moins meurtrière à Paiw] que dans les villes qu'elle avait traversées, lorsque, le 13 février 1832, le
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bruit se répandit que dans la rue des Lombards, un portier venait de mourir du choléra. Cependant les membre^ de la coDunission centrale hésitaient encore à se prononcer, lorsque le 26 mars, quatre personnes furent tout à coup attaquées, et moururent en peu d'heures. Le lendemain 27, six autres iodjvidus, chez lesquels la maladie était bien caractérisée, furent transportés à FHôtel-Dieu. Le 28, on en comptait 22, et sur les 48 quartiers de Paris, la maladie en avait envahi 35. Dès lors, la commission centrale se déclara en permanence ; les bureaux de secours furent organisés, et des hôpitaux temporaires établis dans chaque quartier. Seul de tous les arrondissements, le 3* avait été épargné; mais du 31 mars au 1" avril, l'épidémie se répandit dans toute la ville, et surtout dans la plupart des quartiers situés sur les bords de la Seine. Déjà, sur les 300 nudades existants ^u 31 mars, 86 n'existaient plus. Le choléra avait éclaté le 36 mars, et, dès le 2 avril, le nombre ^ morts s'élevait à plus de 100 par )m\ le 3, il était de 200 ; toutes les Î^BBures, il augmentait dans une Jiitigression effrayante : le 9, plus de ^t20O personnes furent atteintes, et J14 périrent. Enfin, 18 jours après linvasion du fléau (14 avril), on comptait 12àl3,000 malades et 7,000 morts; <^r la plupart des individus frappés parla maladie succombaient au bout ^ quelques heures.
Cette marche rapide de l'épidémie, tttte violence extrême à laquelle on ne s'était pas attendu, rendirent insuffisantes toutes les précautions déjà Îrises. Il fallut recourir promptement de nouvelles mesures, dont les unes Wrent pour but d'assainir la ville, et ks autres de porter de prompts secours ^ citoyens frappés par la maladie.
htmi eux, deux classes méritaient au (ilas haut degré l'intérêt : les pauvres tt les détenus. On organisa pour les premiers des secours à domicile, et un ttrtain nombre d'ambulances que l'on wtsoin de placer dans des quartiers ^ rapprochés de leurs demeures que les hôpitaux temporaires, situés pres-
que tous aux extrémités. de la ville; mais ces nouveaux asiles, créés à la hâte, manquaient pour la plupart de matelas, de couvertures, de linge.
L'adn;jnistralion se résolut alors à faire un appel à la bienfaisance publique, et le zèle des bons citoyens ne fit f)as défaut dans ces tristes moments :
es uns offrirent de fortes sommes, et les autres une partie de leur propre habitation pour y recevoir des malades.
24 heures s'étaient à peine écoulées, que déjà la charité publique avait meublé de tout ce qui leur était nécessaire les ambulances, les hôpitaux temporaires et les postes médicaux. Dés étudiants s'offrirent en .même temps pour soigner les malades, des femmes de toutes les conditions s'empressèrent de suivre cet exemple, et leur zèle infatigable ne se démentit pas un seul instant pendant toute la durée de l'é-
Sidémie. Quant aux détenus, le préfet e police leur fit distribuer des vêlements plus chauds et des aliments plus abondants. On blanchit à la chaux les murs intérieurs des prisons ; on renouvela l'air des chambres et des dortoirs; enfin on fit de fréquents lavages à l'eau chlorurée des vases, des couchers, des planchers et des latrines.
Le service des inhumations fut aussi pour l'autorité un sujet de graves inquiétudes. Le nombre des morts augmentant dans une proportion tout à fait inattendue, il fallut augmenter le nombre xies individus chargés d'ins« crire les décès , et créer dans chaque mairie de nouveaux registres. Bientôt les moyens de transport furent insuffisants pour conduire à leur dernière demeure les victimes de l'épidémie.
Les ouvriers chargés par l'entreprise des convois de construire de nouveaux chars funèbres, s'y refusèrent, dans la crainte de devenir eux-mêmes la proie de la maladie , par suite du travail forcé qu'exigeait une construction aussi rapide. L'idée vînt alors d'avoir recours aux fourgons de l'artillerie. On les essaya pendant une nuit; mais il fallut y renoncer, à cause du bruit que détermine leur marche pesante. Ces voitures d'ailleurs n'étant
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pas suspendues, imprimaient aux corps qu'elles transportaient des secousses telles , que les planches des cercueils se séparaient , et que le tissu des viscères déchirés laissait échapper un liauide infect qui se répandait dans 1 intérieur des voitures, et de là sur le pavé. Enfin Ton se décida à employer, pour Fenlèvement des corps , de ce$ voitures dont les tapissiers se servent pour Tenlèvement des meubles ; mais la vue de ces chars funèbres improvisés , dans lesquels on voyait entassés un grand nombre de cercueils , porta dans l'âme des citoyens, et surtout dans celle des femmes, une telle im-«
{)ression de douleur et d'effroi , que 'on fut obligé de renoncer à s'en servir. Alors tous les moyens furent mis en usage : des cercueils étaient transportés dans des voitures de place , que suivaient les parents et les amis du défunt, d'autres étaient transportés à bras ; enfin l'on voyait, dans ce triste moment , des malheureux porter euxmêmes jusqu'à leur sépulture leur femme ou leurs enfants. Bientôt lea rues de la capitale n'offrirent plus que le spectacle de la maladie et de la mort ; la désolation et l'effroi ne connurent plus de bornes alors, et les habitants, se croyant dévoués à une mort inévitable , se hâtèrent de fuir de toutes parts. Pendant les journées des 5 , 6 et 7 avril , le nombre des chevaux de poste demandés fut de 618^ et celui des passe-ports augmenta de 500 par jour.
Enfin, après avoir acquis une intensité aussi effrayante, le mal s'affaiblit* Le 14 avril, le nombre des décès baissa de 756 à 651 ; le 30 , ils dépassèrent à peine 100 (114), et du 17 mai au 17 juin , on n'en compta plus que 15 à 20 par jour. Déjà l'on commençait à res-
J)irer^ lorsqu'à la fin de juin et dans es premiers jours de juillet, une augmentation assez forte se fit remarquer dans la mortalité, qui remonta et se soutint journellement de 30 à 45. Tout à coup^ cette limite fut dépassée : le 9 juillet , 71 personnes succombèrent; le 13, il en meurt 88; le lendemain»
107; 128 le 15; 170 le 16, et 225 le
18. Mais dès le lendemain, les décès étaient tombés à 130, et à partir da 28 juillet , il â'y en eut plus que 25 à 30
Ï^ar jour. La maladie se tint dans cette imite pendant tout le mois d'août et le commencement de septembre, i partir du 8 de ce mois , le nombre des décès alla de 10 à 20 par jour; il oscilla ensuite entre 1 et 10 du 18 septembre au V octobre; puis enfin, entre 0 et 6. A cette époque , l'épidémie fut considérée comme éteinte.
* La durée totale du choléra épidémique dans Paris fut de 180 jours ou 27 semaines , du 26 mars au 30 septembre. La période d'augmentation ou d^ croissance fut de 15 jours, et la périodo de diminution de 62. Dans les prar miers moments de l'invasion , plus dé| trois cinquièmes des malades périlt saient. Sur les 22 premiers , 18 suOr.
combèrent ; mais à compter du 20 avrilt le nombre des décès ne dépassa piu^ la moitié ; au commencement de nm^ il était à peine le tiers, et plus tard il ' vint une fraction moindre encore, décès furent ainsi répartis : pendant première période , il y eut en mars morts; en avril^ 12,733, en mai,St en juin (jusqu'au 15), 266. Pendaûl seconde période ou de recrudesceiMH en juin (du 15 au 30) , 602 ; en jailf^ 2578; en août, 969; en septemti 357 ; ce qui donne un total de 18,4 morts pour la durée entière de l'éj demie.
Le choléra, une fois déclaré à Pai ne* tarda pas à envahir les contrées vi sineis; sur les 80 communes ru .du département, l'épidémie en a attaqué 9 avant le 1*' avril , 33 avi le 6 y 51 avant le 11 , 67 avant le 1 mai , et au 1*' octobre 77.
Il nous resterait maintenant à la marche de l'épidémie dans toute France, et à indiquer comment le rayonnant autour de Paris comme d'i vaste foyer d'infection , s'est rép dans toutes les directions ; mais oui que les matériaux de cette looj histoire n'ont pas encore été r rétendue de cet article ne nous mettrait pas de la faire avec asaet détails. Nous renvoyons aussi, '
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la description des symptômes , des causes et du traitement de dette maladie, aux ouvrages spéciaux, et surtout aux dictionnaires de médecine qui ont été publiés depuis Tépoque où le choléra s*est montré en France.
Cholet, petite ville de l'ancien iDJou, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de Maine-et-Loire, à 36 kilomètres d'Angers. Cette ville a joué un prand rôle dans les guerres de la Vendée, et son château, pris et re- ^8 plusieurs fois par les républicains, rot complétenient détruit; il avait été Mti en lese.'Cholet , ^uijavait le titre k baronnie. fut érige en marquisat CD 1677, en faveur d'Edouard Colbert, comte de Maulevrier. Cette ville pos- |ede aujourd'hui un tribunal de commerce, un conseil de prud'hommes et we chambre des manufactures. On y eompte 7,345 habitants.
Chout (combats et prise de). — IBS les premiers jours de Tinsurrecvendéenne , Cathelineau s'était à la tête des bandes et avait suciTcment occupé Saint-Florent, Jal- Chemillé. Ces rapides exploits ' "ent tellement le nombre de ses ns, qu'il n'hésita pas à marcher, mars 1793, sur Cholet. Cette ville qu'une faible garnison ; les eurs y entrèrent et la saccagè- Ce fut alors que l'importance »urs croissante de la révolte décida champ et d'Ëlbée à en prendre le mandement.
Depuis cette première occupation , tel devint un dçs principaux foyers rinsurrection , et te but vers lequel dirigèrent les principales attaques 'généraux républicains. Après la itede Chemillé(ll avril 1793), Vendéens avaient évacué la ville et ient retirés découragés au delà de ;Vre Nantaise, et Berruyer en avait s possession. Plus tard, Cholet, ' encore au pouvoir des Vendéens, it leur quartier général. Mais les très successifs de Châtillon , dé igne et de la Tremblaye ( voy. ces ), les forcèrent de l'abandonner 15 octobre 1793. Alors, désespérés, songèrent à passer la Loire. Mais
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avant de se déterminer à cette retraite fatale ils voulurent tenter un dernier effort, et l'attaque de Cholet fut résolue. Le 17 au matin , ils se dirigèrent sur la ville au nombre de 40,000 hommes. Ils étaient attendus. Se précipitant avec la rage du désespoir, Stofïet . et la Rochejaquelin attaquent d'abord les ailes ,. tandis que Bonchamp .et d'Elbée marchent au centre sur Chalbos. Ce choc vigoureux ébranle la ligne républicaine, et le général Bard est blessé. Mais en ce moment la réserve mayençaise accourut pour rétablir le combat; Bard, malgré sa blessure, rallie ses grenadiers et s'écrte : Camor rades , voulez-vous passer pour des lâches aux yeux de ces braves f Aussitôt on fait volte-face, et Je combat recommence avec une nouvelle fureur.
Les Vendéens reculent à leur tour.
Bonchamp , d'Elbée , font des efforts désespérés pour prolonger la mêlée.
Le général Beaupuy, serré par eux, échappe avec peme au carnage; ils tombent enfin criblés de blessures mortelles. Leur collègue Piron fait un dernier effort et les arrache du champ de bataille. Mais ensuite la déroute est générale et tous s'enfuient dispersés jusqu'à Beaupréau, laissant 8,000 morts sur les hauteurs de la Tremblaye et de Cholet. L'armée républicaine exécutant alors avec une extrême rigueur les ordres terribles de la Convention , pénètre dans Cholet la torche à la main , et cette ville est incendiée et livrée au pillage.
— La Rochejaquelin venait de périr dans une rencontre près de Trémentine , lorsque Stofflet »qui avait pris le commandement et brûlait de se signaler, se disposa pour attaquer Cholet, défendu par le général Moulin , commandant 5,000 hommes, et ayant pour toute artillerie cinq pièces de canon.
Le 10 février 1794, 5,000 Vendéens fondent sur les retranchements en poussant d'affreux hurlements, et y pénètrent de toutes parts. En vain le général Moulin veut rallier ses soldats; atteint de deux coups de feu , poursuivi par les tirailleurs de StofQet y il va tomber vivant dans les mains des
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royalistes , quand il saisit ses pistolets et'^se brûle la cervelle. StofOet entra triomphant dans Cholet, si souvent baigné du sang des deux partis. Mais le général Cordellier vint bientôt faire cesser les déplorables excès auxquels se. livrait le vainqueur. Accourant de Geneste au secours de Cholet, il rallia, sur la route de Nantes, un grand nombre des fuyards de la veille, et força de nouveau les Vendéens à évacuer la place. Stofïlet ne parvint à régulariser la retraite que sur les hauteurs de Nouaillé.
— - Lorsque, dans les premiers jours de mars , Cordellier fut remplacé par le général Huchet, Stofïlet, devenu plus hardi, se présenta aux avant-postes de la ville. Le général Grignon, qui , avec sa colonne, venait de renforcer la division de Cholet , ordonna la charge et ne fut pas obéi ; ses soldats se débandèrent, sous prétexte que les cartouches étaient trop grosses pouir leurs fusils. Grignon les conjura en vain de marcher à l'ennemi à Tarme blanche; ils se révoltèrent. Informé du désordre, Huchet arrive sur le champ de bataille avec des troupes nouvelles et arrête les fuyards. Grignon s'écrie : Je suis déshonoré; je ne puis plus commander. En même temps les soldats se pressent autour du général Huchet et lui présentent des cartouches : Tiens y général y lui disent-ils, vois les cartouches anglaises et dis qu'on ne nous trahît pas.
On ne put arrêter ce désordre qu'en faisant rentrer ces troupes dans leurs retranchements. Deux jours après, les républicains sorftrent dfe Cholet, où ils abandonnaient équipement , grains et fourrages.
Chomel (A. F.), médecin à l'hôpital de la Charité, et professeur à l'école de médecine , a publié un Essai sur le rhumatisme, Paris, 1813, in-4° ; des Éléments de pathologie générale, Paris ^ 1817 , in-8'' ; et un mémoire sur les fièvres et les maladies pestilentieUes^ Paris, 1821. Il est un des auteurs du nouveau Dictionnaire des termes de médecine , chirurgie y pharmacie^ physique, etc.; du Diction--
naire de médecine, avec Adelon, Béclard , Biett , etc.
Chomel ( Jean-Baptiste-Louis), fils d'un médecin du même nom, naquit à Paris et fut reçu docteur en 1732.
Nommé , en 1747 , professeur de botanique , il devint ensuite médecin otdinaire du roi, puis doyen de la faculté de médecine en 1755, et mourut à Paris en 1765.
Choppet, serçent du génie, découvrit , au siège de Dantzig, en 1S07, | un puits de mine, communiquant i ; des galeries que les assiégés construisaient pour renverser les travaux d'atr taque des Français. Sans s'inquiéter des dangers qu'il allait courir, il descendit dans le puits , y trouva douie mineurs prussiens, leur imposa par son courage et son audace , les fit pri* sonniers et les ramena tous les dooz^ au camp'.
Chobévêques , espèces de prélî subalternes qui n'étaient point ordc nés évéques , mais qui étaient chi de gouverner , sous l'autorité des ques , les paroisses où ils étaient blis. Ces prélats siégeaient dans conciles et prenaient rang après 1 membres de l'épiscopat. Us pouvaic conférer les quatre ordres mineurs^ le sous-diaconat , mais les conc" d'Ancvre et d'Antioche leur défci rent de conférer le diaconat et la tri se , ce qui ne les empêcha pas d'< piéter souvent sur les fonctions évéques.
Charlemagne , de l'avis du Léon , et de concert avec les ési de ses États, les réduisit, en 803, la condition des simples prêtres; ' défendit d'exercer aucune fon( épiscopale, et déclara nulles les oi nations qu'ils faisaient. Malgré ce glement, ils continuèrent à admit trer la confirmation , ce qui leur défendu en 829 ; enfin , un assemblé à Paris , en 849 , et cofflj des métropolitains de Tours , Re« et Rouen, et des évéques leurs saf gants, déposa tous ceux qui exisf en France. Il paraît cependant survécurent à cette mesure rigoui car ilâ ne disparurent que dans
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dixième siècle, époque où ils furent remplacés par les vicaires généraux.
Chobges , petite ville de l'ancien Dauphiné , aujourd'hui chef-lieu de canton des Hautes -Alpes , à 5 kilom.
d'Embrun. Cette ville est bâtie [>rès de remplacement d'une ancienne cité des Caturiges , où les Romains firent élever plusieurs édifices , entre autres un temple de Diana qui sert aujourd'hui d'alise paroissiale ; auprès de ce temple s'élevait une citadelle qui domiaait la ville. La population de Chorges est aujourd'hui de 2,009 habitants.
Chobges ( monnaie de ). — Lelewel a, le premier, publié un tiers de squ d'or qu'il attribue avec beaucoup de raison à ia ville de Chorges. Cette monnaie, comme toutes les pièces mérovingiennes, présente, d'un côté, un buste de profil tourné à droite, la tête ,ornée d'un collier de perles, et le corps couvert d'un paludamentum, avec cette légende : cathiricï. Au revers on istingue une croix potencée et ansée M un globe, accosté de deux besants.
ft liten légende : vgihtnak, et à .RKTgae , qui est séparé du champ par tttnit, se trouve le signe ^ . Cette %ttde doit peut-être se lire ygimon- X4JUTS. Cette pièce est le seul monuinent monétaire que Ton connaisse de h îille de Chorges.
Chobieh (Nicolas), né à Vienne ft> Dauphiné en 1609, fut avocat au farlement de Grenoble , mais négligea fe barreau pour se livrer tout entier à l'étude de l'histoire de sa province, mourut en 1692. On a de lui , entre ^tres. ouvrages : une Histoire gêné' wfe du Dauphiné, Grenoble et Lyon, ii661 et 1672, 2 vol. in-fol. ; Nobiliaire éi Dauphiné j Grenoble, 1697 , 4 vol.
fc-12 ; Recherches sur les antiquités Se Henné, Lyon, 1659. Il est aussi fauteur de l'ignoble recueil publié tfabord sous le titre à^Aloisiœ Sigeœ TdktanaR satyra sotadiça, et ensuite •Ous celui de /. Meursii latini sermo- ^elegantisBy à Grenoble, sans date, î yol. in-12. Chorier avait de l'éru- Won; mais il manquait de goût et w critique. Ses ouvrages latins sont Béanmoios écrits avec une certaine
élégance. Il mourut à Grenoble en
Chobon< Alexandre-Etienne ) , professeur et compositeur de musique, .naquit à Caén, le 21 octobre 1772. Dès son enfance, ses dispositions pour la musique étaient si heureuses , qu'il apprit sans maître , et sans autre secours que les ouvrages de d'Alembert et de J. J. Rousseau , les principes de la composition. Grétry l'engagea ensuite à prendre des leçons de l'abbé Rose, habile théoricien. Forcé d'étu- .dier les mathématiques pour pouvoir exécuter les calculs de la composition inqsicale, il fit dans cette étude des progrès si rapides , que Monge le fit nommer répétiteur pour la géométrie descriptive a l'école normale, en 1795, puis cnef de brigade à l'école polytechnique. Choron apprit l'italien et l'allemand. Il étudia les ouvrages des principaux auteurs qui ont écrit dans ces deux langues , et bientôt il eut acquis une immense érudition musicale.Di vers ouvrages que nous citerons plus loin le firent alors avantageusement connaître, et, vers 1812, le ministre des.
cultes , Bigot de Préameneu , lui confia la direction de la* musique des fêtes et cérémonies religieuses , et le chargea de réorganiser les maîtrises et les chœurs des cathédrales. Mais les événements de 1814 empêchèrent l'exécution de ce travail que l'empereur avait approuvé ; cependant il fut nommé, en 1816, directeur de l'O-
f^éra, et il profita de l'influence que ui donnait cette position pour demander la réorganisation du Conservatoire de musique, que le gouvernement avait fermé, comme une fondation d'origine républicaine. L'école de chant et de déclamation fut rétablie et reprit bientôt son ancienne réputation.
Choron perdit, en 1817, sa place de directeur de l'Opéra. Ce fut alors qu'il conçut le projet d'enseigner la musique par une méthode simultanée, qu'il appela concertante. Son projet fut approuvé par l'intendant de la maison du roi, M. Pradel, et Choron se mit aussitôt à l'œuvre
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avec Penthousiasme qui M était habituel; il publia, en 1818 , sa Méthode concertante de musique à quatre par^ tiesy et donna une nouvelfe extension à son école, qui devint, plus tard, le Conservatoire de musique classique.
II parcourut ensuite la France et recruta partout des élèves; et, peu de temps après, en 1827, on entendit, pour la première fois à Paris, les compositions de Bach , de Handel et de Palestriria. Le gouvernement , cédant à Tenthousiasme général excité par les succès de Choron , se décida alors à l'encourager; on lui alloua une subvention et il institua un pensionnat. Il ne se contentait pas de répan.* dre le goût de la musique dans Içs classes élevées , il voulait la rendre populaire; il fît des essais en grand sur les enfants des écoles des frères, et ses succès prouvèrent qu'il n^y avait (ju'à vouloir pour réussir. La révolution de 1830 arriva sur ces entrefaites ; le Conservatoire de musique classique coûtait à rÈtat quarante -six mille ffahcs ; trente-deux élèves, y étaient élevés et formés à Tart du professorat : dans un de leurs accès d'économie, les chambres réduisirent Tailocation de quarante-six mille à douze mille francs : en vain Choron protesta-t-il , en vain rappela-til les services qu'avait rendus son école , la réduction fut maintenue et l'école fut fermée. Il en mourut de chagrin le 29 juin 1834. Il avait publié sur l'art musical un grand nombre d'ouvrages , dont nous citerons seulement les principaux : Collection de romances^ chansons et poésies y mises en musique, 1806, in-8**: plusieurs de ces airs, entre autres celui de la Sentinelle, sont devenus populaires; —^Dictionnaire historique des mtisieîens, etc., morts ou vivants, Paris, 1810-1812, 2 vol. in-8° (en société avec M. Fayo\k) -.^Méthode élémentaire de musique et de plain-chant , à l* Usage des séminaires et maîtrises des cathédrales , 181 1 , in - 12 ; — Traite général des voix et des instruments d'orchestre y 1812, in-8'*; — Bibliothèque encyclopédique de mu-' sîque, 1B14, in-8^— Iwré choral de
Paris, contenant le chant du diocèse de Paris y écrit en contre-point, etc»y * 1817 ; — Méthode concertante de musique à plusieurs parties , dune d(jf- Jlculté graduelle, etc., tSi7 '^-Exposition élémentaire des principes de la musique , servant de complément à la Méthode concertante, 1818; — Méthode de plain-chant , etc,, conte:
nant les leçons et exercices nécessai' res, etc., 1818, petit în-4*'; — leMU' sicien pratique pour appreîidre aw élèves à composer correctement^ etc,, 1818; — Méthode raisonnée d'harmonte et daccompagnement à t usage des professeurs , etc., 1818;— 3féthode pratique d'harmonie et daC' compagnement à Pusage de^ élèves^ etc., 1818; — Méthode concerta, de plaint -chant et de contre-m^ ecclésiastique, etc., 1819; — Solfêgi ou Leçons élémentaires de mttsigi en canons; — Solfèges à plusleit voix sans basse continue ; — Solji\ harmonique ou Exercices mémo ques d'harmxynie vocale, etc., 1811 Chouan (Jean Cottereau , di Cet homme, qui donna la premi impulsion au soulèvement des bani royalistes de la rive droite de la Loi et qui leur transmit son nom (*), et né en 1757 sur la paroisse de Saia Berthevin (canton ouest de Laval, A l'exemple de son père et de ses trd frères , n fut d'abord contrebandu pour le sel , ou faux-saunier , et il distingua de bonne heure par son a| lité et son audace. Arrêté un jour
(*) « On ignore presque généralemeatj^i dit Tauteur du supplément de fat Bh^'* phie uiùi^erselle , « la Véritable cause fait appeler du nom de ekouans les m royalistes de Ja rive droite de la Loire, sieurs pensent que c'est parce qu*ik m nissaient la nuit dans les bois et conl saient le cri du chat-huant pour se naître. Nous' pouvons affirmer que la raison est que la famille Gottereau p ce nom parce que l'aïeul de Jean était rellement triste et taciturne. On lui d( le nom de l'oiseau de nuit, et par un assez ordinaire, on donna le même i qîiet à toute la famille, qui le portait lô temps avant rîhsurrection.*
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flagrant délit, il fut condamné à mort, et ne dut la vie qu'au dévouement de sa mèrt , gui fit soixante-dix lieues h pied pour aller implorer la clémence de Louis XVI. Cette leçon ne put cepaidant le faire renoncer à sa dangereuse profession ; il recommença à l'exercer aussitôt qu'il fut libre ; mais rassemblée constituante, en abolissant les gabelles , vint bientôt lui ôter ce moyen d'existence. Il songea alors à s'en procurer un autre qui fût en rapport avec la manière de vivre à laquelle il était habitué depuis son enfance. Le U aoât 1792 , lorsque des gendarmes et des gardes nationaux de Laval vinrent à 5aînt-0uen publier le décret de rassemblée nationale qui ordonnait la levée en masse , il harangua les payfâps, les souleva, et^secondé par eux,
Sint à expulser les agents de la force ique. Ce qui d'abord n'avait été l^ne émeute, devint bientôt une initnectioD ; des bandes se formèrent , ururent en armes tout le pays , irent pour chefs les frères Chouan, tts depuis longtemps par leur aui braver les lois et les décrets du ement. Les forêts de Misdon , 'Otigère et du Pertre, furent les iers théâtres de leurs exploits et ienrs brigandages ; une espèce de ier creusé dans un bois , et recoud'une claie gazonnée, fut le pre- ^artier général de leur chef, n Gottereau conduisit ensuite sa npe à Laval , oii il opéra sa joncavec les Vendéens. Il les suivit o'à Granviile , puis il les accoma dans leur retraite après ta dédu Mans. Forcé ensuite de suseleshostilitésaprèslacapitulation I la Jaunaye , il fut un des premiers K)Ttir des bois et à reprendre les aren 1794. Un jour qu'il faisait ret ses soldats fatigués dans une ie dite la Babinière, un détaent cantonné au Port-Brillet sursa troupe , qui s'enfuit en désor- Jean Chouan, resté en arrière protéger la fuite de sa belle- , fut atteint d'une balle pendant il chargeait sa carabine et se dis- ^losait à tirer sur les soldats de la ré-
publique. Emporté par ses gens dans le bois de Misdon , il y expira quelques heures après , le 28 juillet 1794, et fut enseveli dans le lieu même des réunions ordinaires de ses bandes. La Biographie universellB, à laquelle nous empruntons ces derniers détails, recueillis sur les lieux mêmes auprès des compagnons d'armes dé Chouan , qualifie de mensongers les différents récits qu'on a faits de la mort de ce chef de rebelles, et surtout la version d'après -laquelle sa tête aurait été séparée du corps , et portée en triomphe aGravelle. '
Deux autres frères de Jean Chouan périrent comme lui les armes à la main. Le quatrième , nommé René , vivait encore en 1806, et s'était retiré, Couvert de blessures , à Saint -Ouen (Ma5^enne).
Chou Aws.— Nous avons, dans l'article précédent , fait connaître l'origine des premières bandes de chouans. Ces bandes , encore peu nombreuses , surprirent et massacrèrent quelques détachements de troupes républicaines.
Ce succès attira dans leurs rangs un grand nombre de déserteurs , de gens sans aveu , qui voulaient légitimer en quelque sorte leurs brigandages, en les exerçant au nom de la royauté. Mais ils furent poursuivis activement et chassés des environs de Laval. La Vendée s'était aussi soulevée : l'insurrection n'y était pas partielle, comme dans le bas Maine; tout le Bocage avait pris . les armes , et se rangeait sous les ordres dés nobles et des prêtres. Des rebelles de Normandie»
d'Anjou et de Bretagne , les uns vinrent se ranger dans les rangs de l'armée catholic|ue ; les autres, liant leurs opérations a celles de cette armée, continuèrent à désoler le pays par leurs vols et leurs brigandages. Après la pacification de la Vendée, les chouans Continuèrent la guerre dans le Maine, et surtout dans la Bretagne. Ils avaient d'immenses avantages sur les républicains ; protégés par les accidents d'un terrain qu'ils connaissaient parfaitement , secourus par les habitants ,' qui leur servaient d'espions , ils attaquaient
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leurs ennemis par petites bandes , et , après avoir tué quelques bleus , ils disparaissaient dans les champs de blé et dans les ajoncs dont le pays est couvert. C'était une guerre de haies et de buissons , beaucoup plus meurtrière pour les soldats que pour eux.
Ils furent cependant forcés d'en venir à composition ; mais la paix ne pouvait être de longue durée entre eux et la république. Leurs bandes ne se composaient plus de paysans fanatiques ; ces premiers défenseurs 4ii trône et de l'autel étaient morts ou avaient reconnu qu'ils n'étaient que les instruments de nobles aventuriers ou de prêtres intrigants. On ne voyait plus répondre à rappel des chefs que des conscrits réfractaires , C|ue des déserteurs de l'armée républicaine , ou des hommes qui s'étaient fait une habitude du pillage et des excès qu'amène la victoire. Ces hommes ne pouvaient plus vivre que de la guerre ; ils la recommençaient sans cesse , afin de pouvoir continuer impunément leurs rapines et leurs assassinats. Il n'est pas possible de calculer exactement le nombre de chouans qui combattirent le gouvernement républicain : après la déroute de Quiberon , les chefs de ces rebelles firent le relevé de leurs bandes , et ils les évaluèrent à 120,000 hommes armés et à 50,000 sans armes ; en faisant la part de l'exagération, on peut croire qu'il restait encore environ 60,000 chouans décidés à se battre à l'occasion. La chouannerie ne fut complètement détruite qu'en 1803 ; sous l'empire ^ sauf quelques résistances individuelles qui avaient ppur cause la conscription, il n'y eut pas d'insurrection. En 1815, lorsque, l'empereur revint de l'île d'Elbe » la rébellion vendéenne recommença ; mais ces vaines tentatives , excitées par l'Angleterre , furent heureusement comprimées par le général Lamarque.
La révolution de 1830, en chassant une dernière fois la branche aînée des Bourbons , fournit aux fauteurs de troubles un prétexte pour renouveler leurs scènes de vols et de vengeances.
En 1832 , la veuve du duc de Berri
vint , au nom des prétendus droits de son fils, activer par sa présence ta guerre civile dans les départements^ de la Loire-Inférieure et des Deux-5èvres; mais elle put à peine réunir ud millier d'individus pour soutenir soa entreprise. Après quelques combats, dans lesquels ces malheureux furent écrasés , les nouveaux chouans déposèrent les armes , et cette tentative se termina par l'arrestation de Théroïne d'une aussi malencontreuse levée de boucliers. — Les principaux chefs de chouans furent le% frères Chouan , Frotté , Cadoudal , Puisaye , le prêtre Bernier, Rivière et Polignac.
Choudied (Pierre), né à Angers, d'une famille de robe , suivit la cat' rière du barreau ; et lorsque éclatai!
révolution , il fut investi des fonctions d'accusateur public près le tribunal du département de Maine-et-Loire. Non»»
me à l'assemblée législative en ITdU il y devint bientôt membre du conuti militaire , au nom duquel il accusa *^ ministre de la guerre Duportail.
était dès lors dans le parti républieai et il fit l'un des premiers entendre cri de déchéance. Mais ce n'était seulement contre la cour et la royai que s'élevaient alors les amis la liberté, c'était contre Fasse législative; et, la veille du 10 aoAl nous voyons Choudieu déclarer la tribune^ que cette assemblée, d il faisait partie, est incapable de ver la patrie. Le lendemain, il sera du côté des démocrates , et contri de toute sa puissance au renversera du trône constitutionnel. Cepen'
Shoudieu, ancien avocat, était l'ho 3 la légalité ; et on le vit tour à s'opposer à l'établissement d'un tril nal populaire aux Tuileries , combat le proiet de transférer les prisonni d'Orléans à Paris, et s'élever contre municipalité insurrectionnelle du août. Élu ensuite membre de la vention , il se rangea parmi les bres qui composaient le parti de Montagne. Après avoir repoussé, * l'intérêt du duc d'Orléans , le p d'expulsion de tous les Bourbons se porta accusateur du ministre
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ée; puis, dans le procès de Louis XVI, il vota la mort sans appel ni sursis. Envové plus tard en mission dans la Vendée , il s'y prononça pour les mesures les plus vigoureuses. A son retour, il se montra Tun des plus ardents adversaires^ des girondins. Les événements du 9 thermidor lui enlacèrent le crédit dont il jouissait à la Convention , mais ils ne purent altérer sa fermeté d'âme; il lutta de toutes ses forces contre la réaction, et oe craignit pas d'accuser directement les plus puissants de ses fauteurs. Décrété d'accusation après le 12 germinal, comme l'un des auteurs du mouvemeni insurrectionnel qui éclata contre la Convention , Choudieu était détenu au château de Ham , lorsque ramnlstie du 4 brumaire le rendit à la lihertc. Nommé chef de division au ministère de la guerre , après le triomfbf du parti républicain sur les directCQTs Merlin et Treilhard, il fut disffacié sous le consulat , comme mem- •nvde la société du Manège ; poursuivi grès le 3 nivôse par la police de Foulé, qui s'obstinait à chercher dans Ittitstes du parti jacobin \es auteurs An crime commis par les royalistes, Ile réfugia en Hollande, puis il rentn en France sous l'empire, fut banni far la restauration en 1816 comme lucide, et se réfugia en Belgique, où la révolution de 1830 le trouva. Il est ttort en 1840.
" Choukguen (prise du fort). — Il y ivait longtemps que les Anglais Oxaient Jbrs vues ambitieuses sur les possesiNons françaises de l'Amérique. Ils trurent, en 1756, avoir trouvé une occasion favorable ; ils se préparaient à fondre sur le Canada , lorsque le mar-
£18 de Vaudreuil , lieutenant générai la Nouvelle-France , se mit en devoir de les prévenir, et résolut d'attafier le fort de Chouéguen, à l'emwKiçhare de la rivière de ce nom. Il B'avait que trois mille hommes ; mais fa o/ficiers secondèrent si bien ses ^eins, que les Anglais se trouvètent investis et attaqués lorsqu'ils s'y attendaient le moins. Le marquis de Montcalm , qui s'était chargé de la
calm , qui s'était chargé de la d'£schyie r. Y. 11* lÀvraism. (Digt. ekgygl., etc.)
principale attaque , surpassa ce qu'on attendait de sa valeur ordinaire.Les Canadiens et les sauvages traversèrent la rivière à la nage. Par cette manœuvre hardie , la communication fut coupée entre le fort George et celui de CÎioué-. guen. Une batterie de canons, établie avec la plus grande célérité , 6t cesser le feu de la place. Le gouverneur demanda à capituler , et fut fait prisonnier de guerre avec sa garnison. Sept vaisseaux de guerre et deux cents bâtiments chargés de munitions furent les fruits de cette victoire.
Chrétien db Troyes. — L'un des romanciers les plus féconds et les plus estimés du douzième siècle, mourut en 1191, la même année que Philippe d'Alsace, comte de Flandre, qui fut son protecteur. Il ne nous reste de ce poète que trois chansons et six romans, qui sont ceux de Percevaly du Chevalier au Lioii , de Lancelot du Lac^ de Clîgety ^Érec et dÉnidej et de GtdUaume a Angleterre, Tous ces romans se trouvent en manuscrit à la ^ bibliothèque royale. Ses diverses traductions et son roman de Tristan sont perdus.
Chrétien (Florent), l'un des plus célèbres érudits du seizième siècle, naquit en 1540 à Orléans. Son père, médecin distingué , et qui fut attacha en cette qualité à François r*" et à Henç II , prit beaucoup de soin de son éducation. Le jeune Chrétien étudia le grec sous la direction de Henri Etienne, et devint précepteur du prince de Béarn^ depuis Henri IV. On a de lui divers ouvrages envers et en prose, tels que le Cordelier ou le Saint-Fran" çois de Buchanany mis en vers français, Genève, 1567, in-4"; Jephté ou le FœUy tragédie, traduction du même auteur en vers français, Paris, 1566, ^-4**; les quatre livres de la vénerie d'Oppian, traduits du grec en vers français, ibid. , 1575, in-4**; Epigrammata ex anthologid grgeca selecta, etc., Paris, 1608, in-8°; Histoire de notre temps , etc; enfin , il est encore auteur de traductions en vers latins, d'Aristophane, d'Euripide, d'£schyie, de Sophocle, et d'autres
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Soëtes grecs. Chrétien occupe un rang istingué j^armi les savants qui, au seizième siècle, réveillèrent en France J^amour de Tantiquité et des lettres en général. Ses traductions sont correctes et fidèles; mais malheureusement le travail ne donne pas le goût , et ses versions manquent le plus souvent d'élésance, dUiarmonie et de facilité. Dans la tragédie de Jephté , par exemple, on trouve en très-grand nombre des hiatus , des enjambements , des vers languissants, composés de synonymes mutiles. Pour voir Chrétien véritablement poëte, i) faut lire ses vers latins. On dit qu'il travailla à la satire Mélaippée. Rovaliste zélé, il dut saisir avec joie 1 occasion de porter im dernier coup à la ligue. Il eut aussi une querelle avec Ronsard , mais une querelle qui n'avait rien de littéraire :
quelc[ues attaques dirigées contre les calvinistes, et non une question de goût, avaient excité sa colère. Il se convertit cependant avec son élève Henri IV, et mourut zélé catholique, en 1596.
Chbistiani (le baron Cli. J.), maréchal de camp, était frère d'un avocat de Strasbourg qui fut député à la Con* tention nationale, membre du Conseil des Cinq-Cents, commissaire du Directoire dans son département, et révoqué en 1799. Acijudant- major en 1794, il décida par sa bravoure la prise du fort Saint-Èlme. Colonel des» grehadiers de la garde impériale à la bataille de Dresde, il attaqua à la baïonnette des ennemis de beaucoup supérieurs en nombre , et les culbuta sur tous les points. Les batailles de Vachau et de Leipzig , et les campagne^ de France enl814etl815, mirent le comble à sa réputation. Il est mort dans ces dernières années.
CHBiSTiArtiSME. Quelle influence la religion chrétienne a-t-elle exercée sur les destinées de la nation française? Quels services , en échange , la trance a-t-elle rendus au christianisme? Telles sont les deux questions que la nature de cet ouvrage nous oblige d'examiner, au moins sommairement , dans cet artjq^e.^ ^jprès y
avoir répondu, quelques considérations générales suffiront pour faire entrevoir ce que , dans l'avenir, le christianisme a le droit d'attendre encore de la France, et ce que, de son côté, la France peut espérer du chris-^ tiantsme.
Il est inutile de dire que ce dernier mot sera pris dans son acception la plus étendue , et que tout ce qui concerne le .dogme et la théologie restera complètement étranger à notre sujet, aussi bien que l'histoire de l'église chrétienne en elle-même. Ce qui doit nous occuper uniquement, ce sont, qu'on nous passe le mot , les rapports de la France avec le christianisme; c'est l'action réciproque qu'ont eue l'un sur l'autre et le peuple et la religion. Cette étude n'est pas moins importante que neuve, et nous espérojB qu'on excusera ce qu'elle pourrai avoir de trop imparfait, en songeant!; la grandeur de la sphère qu'elle em* brasse.
La plupart des événements qui v être mentionnés, ayant été ou devi être traités , avec les développem nécessaires , dans des articles à il suffira de les apprécier rapide!
dans leur ensemble , et surtout leurs conséquences , en ayant le i de renvoyer le lecteur aux arti mêmes.
La conversion des Gaulois rai sous le drapeau du christianisme des peuples les plus braves de laterie nous disons un des peuples , car, si '' Gaule n'était alors gu une proviii romaine , bn pouvait déjà prévoir^^ viendrait un temps où , aidée par i circonstances , elle finirait par lorD^ une grande nation , dont Fépée rait de tout son poids dans la ' du monde politique et religieux leur côté, les Gaulois, en se coovi tissant, recevaient beaucoup plus q^^ ne donnaient. La con(juête rofDaf commençait , il est vrai , à les iailb au secret de l'unité politique; m»' l'exemple de la religion païenne, « se§ dieux innombrables, avec ses Mi* timents profonds d'in^iité qui Wmettaient deux races d^omoMS itMf
FRAîîCE.
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rjuimaDité, les maîtres et les esdaveiSt n'était pas de nature a développer, dans Tesprit du peuple conquis, la croyance à Fé^alité, à la fraternité uoiverselle et a Funité de Dieu. Ce que le polythéisme n'apprenait pas aux Gâoiois, le christianisme vint le leur apprendre; la conquête, en brisant leurs clans, les avait préparés à la vie politique; la conversion les Gt naître à la vie morale.
Cette double influence se manifesta bientôt dans leur littérature, païenne pour la forme, chrétienne pour le lond; s'ils demeurèrent inférieurs aux jconquérants pour la beauté du style, ' combien ne surpassèrent-ils pas pour i'éléva^on des sentiments et la profondeur des' idées , ceux d'entre eux 2ui ne voulurent pas reconnaître la mne nouvelle? Le christianisme, indépendamment des consolations qu'il leur donna , améliora donc beaucoup la situation politique où se trouvaient les Gaulois. Dans le cas où le gouvernement romain aurait persévéré dans aoQ refus de se converti;', l'Évangile jouait aux Gaulois une supériorité
ft avec le temps, leur eût permis s'affranchir de la servitude. Si, contraire, quelque empereur venait adopter la loi du Christ , c'en était â encore de la servitude nationale; cessait d y avoir des Gaulois et des Somains , un peuple vainqueur et un peuple vaincu, il n'y avait plus que jfes cbrétiens et des païens. Cet événement si désirable se fit longtemps i|ttendre; les néophytes eurent de terrihiessouffrances, d'horribles martyres k endurer avant qu'il arrivât (voyez .CofiVEBSiON ) ; mais il arriva enfin Mys le règne de Constantin le Grand.
La Gaule, qui s'était distinguée de Jioone heure par la vivacité de sa foi , £t qui avait arrosé, elle auj^i, de son Ai^, les racines de l'arbre sacré' dont b s^ve devait être si féconde^ la Gaule vît dés lors grandir tous les jours davantage le rôle qui lui était départi laos Tempire romain, à la veille de devenir Tempire chrétiçn.
)Le zèle religieux des Gaulois contribua be^pcoup , par son exemple., à i^
ço^iversioii de Constantin, qui, comme on sait, résida d'abord dans les Gaules* Ce prince eut cela de commun aveô César ^ qu'il jeta dans notre pays les premières bases de sa grandeur, C'est de la Gaule que César s'élança pour renverser l'aristocratie romame, et pour porter au peuple^roi l'unité poli*» tique , qui seule pouviait consolider sa puissance; c'est de la Gaule encore que s'élança Constantin pour vaincre Maxence. le représentant des vieilles erreurs au polythéisme, et pour doter l'empire césarien de l'unité religieuse qui lui manquait. L'un et l'autre, celuici avant de passer le Rulncon, celui-là avant d'entrevoir le Labarum, avaient dû franchir tes Alpes; l'un et l'autre avaient des Gaulois dans leurs armées.
Ainsi nos ancêtres ont pris part aux deux grandes révolutions qui ont renouvelé le monde antique : la monar-»
cbie impériale et le triomphe politique du christianisme. Jus(}u'à ce jour nous nous sommes montrés plus fiers de Tassistance qu'ils ont prêtée à César que de celle qu'ils ont prêtée à Constantin ; cependant, de ces deux titres de gloire , le moins ancien est encore plus considérable que le premier. Il témoigne que la Gaule n'avait pas at* tendu l'arrivée des Francs pour s'en* rôler au service de la religion de l'avenir.
Lorsque le christianisme fut monté sur le trône, la Gaule continua de le défendre avec courage. L'unité de rE*glise, menacée par les hérésies, trouva en elle un soutien non moins fort que dans les provinces d'Afrique. C'est appuyée sur l'Église gauloise et sur l'Ëglise africaine que l'unité religieuse triompha des premiers coups qui lui étaient portés. Dès le troisième siècle, saint Irénée composa contre les gnostiques son livre de ï Unité du gouver^ nement du mondé. Au quatrième, saint Hilaire de Poitiers lutta aussi contre les dissidents, souffrit l'exil comme Athanase, et languit plusieurs années dans la Phrygie, tandis ç^u'Athanase se réfugiait à Trêves , près de saint Maximin, évéque de cette ville et natif de Poitiers. Saiut Jérôme donne
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les plus grands éloges a saint Hiiaîre. li trouve en lui la grâce hellénique et la hauteur du cothurne gaulois; il rappelle le Rhône de la langue latine; enfin il dit en propres termes : « L'Ë- «glise chrétienne a grandi et crû à « Ponibre de deux arbres, saint Hilaire « et saint Cyprien. » Saint Cyprien défendit en Afrique les mêmes principes d'unité que saint Hilàire dans la Gaule (*).
Après que l'invasion des barbares eut, |)ar le démembrement de l'empire romain , mis en péril l'unité de l'Église chrétienne, le clergé gaulois continua de demeurer fidèle à l'évéque de Rome , au pape, dont la direction l'avait déjà aide à accomplir de si grandes choses.
Il eut alors à traverser une époque extrêmement critique; les irruptions successives des barbares dans la uaule , l'établissement, sur son sol, des Bourguignons et des Visigoths convertis, il est vrai , mais professant l'arianisme , menaçaient de aétruire les églises dépendantes de rÉglise de Rome, la seule, à cette époque, qui fût assez fière pour ne pas baisser la4;ête devant la puissance temporelle. Incapable de résister longtemps aux Bourguignons et aux Visigoths ariens , le clergé catholique des Gaules comprit qu'il ne pourrait contré-balancer la puissance de ces barbares qu'avec le secours d'autres barbares , et il rechercha l'alliance des Francs Saliens, dont le courage était au moins égal à celui des autres, et que leur barbarie même tendait à rendre plus dociles ou au moins plus disposés à subir son influence. Ce parti ^tait d'autant plus sage , que , même en dépit de la résistance la plus énergique de la part des prêtres, les Francs auraient toujours fini par conquérir une grande partie de la Gaule libre. Par un heureux hasard , le clergé gaulois renfermait dans ses rangs un prélat distingué , et les Francs avaient pour chef un prince aussi intelligent que brave : l'un était saint Remi , évêque de Reims; l'autre était Glovis. Le
(*) "Voyez V Histoire dt France, par M. Michèle! , t. I, p. ix8.
succès répondit aux espérances de ces deux grands hommes.
La conversion des Francs sauva le clergé gaulois ; elle prépara la formation de notre unité nationale , par la ruine des Visigoths et des Bourguignons , et par la fusîon de tous les barbares et des Gaulois en un seul peuple. Il y a plus , cette conversion sauva la papauté naissante, qui trouva désormais dans la France un auxiliaire capable de protéger son autorité morale.
C'est à tort, suivant nous, qu'on a attribué aux Francs tout l'honneur de cet événement qui décida des destinées de l'Occident; les Gaulois y contri-.
huèrent aussi pour une large part.
Personne n'ignore que les ide^ politiques ne furent pas sans influence sur la pieuse détermination de Clovis: en se faisant catholique, il devenait le protecteur naturel de la majorité de la nation gauloise, qui ne souffrait qu'avec impatience le joug des Bourgiiifnons et des Visigoths. Il eut le mérite e comprendre les conséquences poli* tiques de son changement de religion.
Mais, si ce calcul était habile, cèdent personne ne doute aujourd'hui , c'était ' parce que l'immense majorité des Gaih lois demeurait sincèrement attachée à l'Église qui comprenait le mieux l'esprit du christianisme. Pourquoi donc ne voir que ce qui est en faveur des Francs et fermer les yeux sur ce ^m honore les Gaulois? La cause première de tout le bien qui eut lieu alors r^ dait dans les sentiments religieux de la Gaule et dans l'intelligence de son clergé national; sans ces deux cir* contances, les Francs n'auraient pas fait le quart de ce qu^ils ont accompli, ils auraient tout au plus fondé un éta- ' blissement dans le genre de celui des Visigoths et des Bourguignons. La postérité leur doit des actions de grâces pour avoir fait un choix éclairé; mail n'en doit-elle pas plus encore aux Gaih lois, dont les bonnes dispositions ool seules rendu possible le triomphe do catholicisme? Cette main mystérieine qui aplanissait partout les obstadei devant les guerriers francs, c'était l'Église gauloise , c'était la foi de la
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nation qui voyait en eux les instruments da Christ.
Quoi qu*il en soit , ta conversion de Ciovjs eut d'heureux résultats et pour le christianisme et pour la France.
Rome catholique sortit de son berceau, et songea dès lors à remplacer Rome païenne ; quant a la France , entrete- Jiue dans ses sentiments d'unité par le clergé romain , elle jeta les fondements de sa nationalité qui devait courir de grands dangers encore , mais enfin qui triompha , et qui est aujourd'hui un objet aadmiration et d*envie pour les peuples lés plus civilisés du monde. Et de la sorte , le même pays, sinon le même peuple, fut une des principales causes qui amenèrent le triomphe du christianisme sous Constantin , et le triomphe du catholicisme sousCIovis. (Voyez Mérovingiens.) Quand les Mérovingiens» amollis par les jouissances de la conquête, cessèrent d'être en état de commander clignement à la France , d'autres barjbares, les Carlovingiens. vinrent les sup- ^anter, et ne firent pas moins pour le àristianîsme que n'avaient fait leurs ivedécesseurs. Ils commencèrent par le ^ttre à l'abri des attaques du maho- {Détisme et des invasions des Saxons idolâtres. La sphère d'action des Mérovingiens ne s'était guère étendue que ^r la Gaule; la sphère d'action desCar- Iovin{;iens embrassa l'Europe entière.
Pour faire équilibre à l'immense monarchie des Arabes, ils groupèrent en un seul faisceau la France gauloise et toutes les populations germaniques. La papautéleurdut plus encore qu'elle n'avait dû aux Mérovingiens : raltiance de ceux-ci avait indirectement protégé l'évêque de Rome contre les envahissements des Ostrogoths ; les Carlovingiens le délivrèrent du voisinage encore plus inquiétant des Lombards, et assur<èivnt son indépendance religieuse par des donations territoriales.
Pour prix de tant de services , le pape consentit à ce que Charlemagne, le plus ^and homme de sa dynastie, prit le titre d'empereur romain. Mais ce n'était pas un vain titre que rechercbait Charlemagne ; il voulait sérieu-
sement ressusciter le grand empire , et , à l'exemple de César, de Constantin, et des califes, isuocesseurs de Mahomet , réunir dans sa personne le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. A la rigueur, il admettait le partage de l'autorité religieuse entre lui et l'évêque de Rome , mais à la condition que ce dernier lui céderait la prépondérance. (Voyez Chàblehagne.)
De son côté , le pnontife romain nourrissait des prétentions non moins élevées , mais mieux justifiées. Il reconnaissait la toute-puissance de César dans les choses de ce monde ; dans le domaine de TËglise, il n'acceptait d'autre supérieur que Dieu même. S'il pliait quelquefois sous la ver^e de fer de Charlemagne, il protestait intérieurement contre la violence , et en appelait du présent à l'avenir.
A partir de cette époque, on put déjà prévoir la guerre terrible qui allait s'engaçer entre la papauté et l'empire, et qui devait remplir de troubles toute la durée du moyen âge. Tant que Charlemagne vécut , la papauté fit acte de résignation , enchaînée qu'elle était par les liens de la reconnaissance et par l'ascendant du génie. Mais aussitôt que le trône de France fut occupé par le débile héritier de l'empereur, elle travailla sourdement au démembrement de ce vaste pouvoir qui , après avoir sauvé le christtanisnie mis en péril par les inahométanSy avait empiété sur l'indépendance même du saint-siége. Elle n'eut pas grand' peine à y réussir : la dissolution de l'empire arabe permettait d<^ détruire 9 sans danger pour la religiolp, la monarchie carlovingienne , dqnt l'extension était devenue un obstacle au développement de la puissance pcfntiOcale. Une foule d'autres causes, telles que la diversité des races, les prétentions féodales de la noblesse, les invasions des Normands, favorisèrent encore les projets de la cour de Rome. Le morcellement fut si complet , que la France du moyen âge eut beaucoup moins d'étendue que la France des Mérovingiens, ou -que la Gaule à l'époque de la conquête romaine; et, de plus, les prétentions de la
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noblesse ftodaie à Tindépendancè réduisirent à presque rien la nationalité fran^ çaise et le pouroir des rois , ses représentants. Les véritables successeurs de Cfaarlemagne furent non pas 1^ empe- Teurs français^ mais les pontifes roinains; la monarchie sacerdotale rem-
Îlaça là monardiie carlovingiennei ies empereurs d'Allemagne ayant aussi porté la main èur la succession du grand homme, ce fut entre eux et la papauté qu'eurent lieu les hostilités le& plus sanglantes qui signalèrent la lutte delà théocratie chrétienne et du nouvel empire romain.
Oh le voit , les papes punirent sévèrement la France pour les prétentions de Charlemagne à la suprématie religieuse. Toutefois , on ne doit voir là qu'un dissentiment dont la religion n'était pas l'objet , car dans les deux camps, on était sincèrement attaché à la loi du Christ: l'empereur empiétait sur le pouvoir spirituel du pape, le pape ne se faisait pas faute d'agir en prince temporel, et d'empiéter sur la puissance politique de l'empereur ; mais la cause du christianisme n était pas pour cela radicalement compromise; ce n'était qu'une querelle de famille au sein de la chrétienté. L'histoire a conservé le souvenir de tout le sang'que la France carlovingienne a versé pour la défense de la religion du Christ ; et ce souvenir ne s'effacera jamais.
f Touchée des maux que faisait endurer à la France la tyrannie des seigneurs féodaux , et désirant en outre créer un contre-poids politique en état de contenir les empereurs d'Allemagne, la papauté contracta une alliance étroite avec la dynastie capétienne , et l'aida avec persévérance à^ relever l'unité nationale du pavs, à l'asseoir sur des bases solides. Elle en a été récompensée par le dévouement des rois et de la nation , toujours prêts à prendre les armes pour la sainte cause, comme ils furent toujours prêts aussi à résister aux envahissements injustes.
On en vit la preuve pendant les croisades : aucun peuple ne paya son tribut aussi généreusement que la France dans cette lutte de la chrétienté contre leà
sectateurs de Mahomet, Quel qu'Sittété le parti que la politique tira de cet événement,renthousiasme futgénéral, le peuple se leva en n>asse , et plusieurs rois se joignirent avec lui aux seigneurs féodaux pour voler à la délivrance du tombeau du Christ. Les dievaliers français se distinguèrent entre les chevaliers de toutes les autres nations; aussi les historiens des croisades ont-ils à bon droit intitulé leurs écrits : Gesta Dei per Francos, Faits et gestes de LHeupark bras des Francs, Encore aujourd'hui, les Arabes et les Turcs, gardant le soU' venir de cette époque, donnent à tous les Européens le nom de Francs. C'est dans le personnage de saint Louis surtout que se manifestèrent glorieas^ ment les sentiments de la natioa française; il sut en même temps combattre pour le christianisme et résister aux exigences immodérées de la papauté. L'influence morale de ce prince égale souvent et surpasse quelquefois l'ascendant du pape, qui se laissait préoccuper par des pensées politiques.
Peu de mots suffiront pour caratt tériser l'époque de la réforme , qui fttt pour la France une question politiqot au moins autant qu'une question reli* gieuse. Cette fois encore, comme sooS les Carlovingiens , ce n'était pas le christianisme même qui était en cause, c'était une des manières de le comprendre ; il s'agissait d'un dissentime^ grave , sans doute , mais qui ne brisaii pas le lien commun de la famille chrétienne. Le protestantisme avait |)0Qr la France un attrait puissant, c'^ son principe de liberté si bien faii pour séduire les descendants de ces Gaulois qui avaient accueilli avec taAl de faveur les doctrines de Pélas^; mais il avait un tort grave qui devait le faire repousser par la majorité de la nation , c'était son manque de sociabilité, son éloignement poof toute autorité, et pour toutes les vérités acquises sur lesquelles repose la doctrine de l'unité, dans l'ordre politique comme dans l'ordre religiest; c'étaient surtout ses tendances aristocratiques et ses idées sur la prédesti* nation qui menaçaient de faire revivre
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]à préjugés d6 rdntt^uité. Le protestantisme remplaçait, à son insu peut-être 1 les hommes libres du paganisme par les fidèles favorisés de la grâce, et les esclaves par ceux que la grâce n'illuminait pas. Un pareil sys- ! tèrae, dont raristocratie était la conséyience nécessaire, ne pouvait convenir à la monarchie la plus démocratique de TEuropc ; il ne fut guère accepté que par les classes privilégiées. Après une longue série de guerres civiles, les calvinistes succombèrent sous les attaques des partisans de Tunité nationale et du catholicisme , qui se confondaient dans une même croyance et se prêtaient un mutuel appui. Dans cette occasion encore, Tancienne alliance de la France et de la papauté fut utile à toutes les deux : à la papauté, en maintenant son ascendant moral sur le seul État qui pût la protéger contre les empiétements de l'Espagne devenue trop prépondérante; à la France, en Taidant à garder intacte sa nationalité, qui n'aurait pas manqué d'être profcndément entamée par les projets fiodépendance de la féodalité renaisbnte; l'exemple de la portion de l'Ai- Almagne qui embrassa la réforme est là pour le prouver. L'unité religieuse, en d'autres termes, le catholicisme, était le soutien naturel de l'unité politique; cela est si vrai, que les plus grands défenseurs de la nationalité française, quel qu'ait été le mobile ou l'étendue de leur foi, furent tous de zélés catholiques, tels que Louis XI, François F', Richelieu , Louis XIV et Napoléon lui-même. Il est à remarquer encore que les États de l'Europe chez Jesquels l'unité politique se développa le plus tôt et se consolida le plus solidement sont la France et l'Espagne, c'est-à-dire les deux États le plus sincèrement attachés au catholicisme.
La gloire du règne de Louis XIV fut pour le peuple français la récompense au choix qu'il avait su faire; mais lorsque le grand roi eut abusé de la fortune, le protestantisme, énergiquement représenté par l'Angleterre et par la Hollande , parvint à prendre sa ïevandie, en se liguant avec l'Autriche contre l'ennemi commun.
Jusque-là, comme nous t'avons déjà fait observer , il n'y avait eu que des dissentiments plus ou moins sérieux entre la papauté et la France , dissentiments qui avaient toujours fini par une réconciliation, et qui avaient tourné à l'avantage de la religion chrétienne. Au dix-huîtième siècle, il en fut autrement; emportée par l'élan de la jeunesse, là philosophie se mit à miner en même temps le trôneet l'autel, à attaquer les papes et les rois ; dans sa haine du passé,elle méconnut le christianisme lui-même. Pour arriver plus tdt à l'avenir, qu'elle n'entrevoyait encore que vaguement, elle rompit complètement avec la tradition. C'était s'enlever le meilleur moyen d'atteindre le but.
Au lieu de chercher à ramener le catholicisme dans la voie de l'Ëvangile, dont il n'avait que trop dévié depuis l'institution des jésuites, la philosophie prit pour les conséquences naturelles de la religion d'amour et d'égalité , ce
3ui n'était que l'effet d'un moment 'égarement et d'abus. A part quel- . ques honorables exceptions, Rousseau entre autres, tous les philosophes dti dernier siècle tombèrent dans cette funeste erreur, et firent passer dans l'esprit des masses les préjugés, spirituellement exprimés peut-être, mais certainement peu honorables , dont ils étaient les premières victimes.
S'ils avaient dépensé, pour introduire une sage réforme dans le sein même du catholicisme , une faible partie de tout l'esprit qu'ils dépensèrent pour le ruiner à tout jamais dans l'opinion publicjue, la France n'aurait pas été ébranlée jusaue dans ses fondements, et mise à oeux doigts de sa perte.
Fille de la philosophie du dix-huitième siècle , la révolution française en eut toutes les qualités et tous les défauts. A l'exemple de l'école philosophique, l'école révolutionnaire se laissa tromper par les apparences ; elle se vengea sur la religion même des obstacles que les émigrés et les ultramontains opposaifent à l'avènement de la démocratie. Il y eut un moment de vertige où la rupture fut complète, et où les orgies du prétendu culte de la raison ouvrirent la porte à l'invasion de l'athéisme.
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La révolution eut cruellement à se repentir de son divorce avec le christianisme; de tous les malheurs qui fondirent sur elle, ce fut celui qui eut les conséquences les plus terribles. A partir de cette époque, elle ne fut plus comprise par les autres peuples de TKurope: condamnée à Tisolement, méconnue, calomniée, en proie à toutes les fureurs de la guerre civile, elle fut réduite à ne plus vaincre qu'avec le secours des armes ^ elle qui .avait si fortement compté sur la puissance de son ascendant moral. Le monde présenta alors un singulier spectacle : d*un côté, un peuple héroïque ne craignant pas de verser son sang à flots pour la défense de la liberté, de régalité et de la fraternité, tandis gu*il repoussait nominalement la religion ^ui lui avait enseigné ces vérités sublimes; de l'autre, l'Europe entière coalisée contre ce même peuple au nom du christianisme, et défendant tous les privilèges que TÈvangile avait voulu détruire. Certes , si la loi du Christ avait de véritables défenseurs dans un camp, ce n'était pas dans celui où Ton abusait ainsi de son nom, c'était parmi ces révolutionnaires qui, à leur insu, lui servaient de nouveaux martyrs. Mais , comme ils avaient le faux semblant de l'impiété, on ne voulait voir en eux que des athées en révolte contre la religion qui avait régénéré l'univers , et qui avait fait la
Srandeur de cette belle France qu'ils éfendaient avec tant de valeur.
Les mauvaises leçons de la philosophie n'avaient pas été les seules causes de l'irréligion des révolutionnaires en 1793 , irréligion, d'ailleurs, beaucoup plus apparente que réelle , ainsi que le prouva la suite. Les intrigues de l'étranger y avaient été pour beaucoup , ainsi que la conduite du clergé français. Après avoir d'abord servi la cause populaire, les prêtres, au lieu de réunir tous leurs efforts pour la diriger, entrèrent dans une voie d'égoïsme et de réaction qui leur enleva toute influence morale, et qui porta préjudice aux intérêts de la religion. Des querelles domestiques entretinrent la division dans leur sein, quand ils avaient besoin du plus étroit
accord pour coiriprimer le débordement des mauvaises passions. Plusieurs d'entre eux n'eurent pas honte de donner au peuple l'exemple de Tapostasie. D'une autre part, 1 étranger, a qui ses relations avec les émigrés, et les intelligences de ceux-ci avec lears parents du leurs; amis non émigrés, mettaient, pour ainsi dire , le pied en France 9 poussa les masses à tous les genres d'excès, pour avoir le droit de démembrer notre territoire et de renouveler sur une plus grande éebelie le partage de la Pologne. Pitt se croyait bien près d'atteindre ce but, lorsqu'il disait en plein parlement d'Angleterre, que la France n'était plus qu'une chose sans nom.
Mais son machiavélisme l'abusait; tous les chefs de la révolution n'étaieot pas sans croyances; un d'entre eux, surtout, Maximilien Robespierre, osa affronter l'hydre de l'athéisme, et, après une lutte sanglante, il parvint à le terrasser. Alors la Convention déclara, devant Dieu et devant les hommes, que le peuple français avait étéi calomnié et qu'il croyait' à l'existeocal de l'Être suprême et à rimmortalitl>] de l'âme; de là au retour à l'Évangile, il n'y avait qu'un pas. Tout porte à croire que Robespierre voulait réconcilier la révolution avec le christianisme , comme il l'avait réconciliée avec Dieu Ç) ; mais la haine de ses ennemis ne lui en laissa pas le temps.
Cette gloire était réservée à Napoléon , qui fit un concordat , non-seulement avec rÉvangile, mais encore avec
(*) Certes il était difficile de mieux résumer la morale de l'Évangile et de la niieni approprier à l'esprit du temps qu'il ne l'avift fait dans Tartide 3 de la loi du i8 floréal an II : « Le peuple français met au premier « rang des devoirs de lîiorame de détester « la mauvaise foi et la tyrannie, de punir « les tyrans et les traîtres , de secourir les « malheureux , de respecter les faibles , de « défendre les opprimés , de faire aux au* « très tout le bien qu'on peut et de nêlre *•• 'ajuste envers personne, » De ces priadpei à un retour au christianisme il n*y aTait plus qu'un pas. On peut même dire qM tenir un pareil langage c'était avoir coibmencc déjà la réconciliation.