‹ France (volume 5)Chapitre 20 sur 114 · HR · texte numérisé non relu

HR

CHR

le eatholieisme. La France témoigna son approbation par des transports d'ivresse , en apprenant qu'elle avait enOn repris son rang dans la grande famille chrétienne. Cependant, il faut le dire, le premier consul tira parti delà circonstance. dans l'intérêt de sa politique plutôt <]ue dans des vues religieuses. S'il avait profité des avantages de sa position et mis en usage toutes les ressources de son génie, il est probable qu'il durait fait consentir la papauté à une sage réforme qui aurait régénéré le catholicisme et toute la chrétienté. Mais, aussi pressé de renouer avec le passé que la révolution avait été impatiente de devancer l'avenir, il se contenta de stipuler, sur les bases des anciennes libertés de l'église gallicane. A. quoi bon aurait servi de ni^gocier en faveur des autres nations, et prendre le rôle de conciliateur entre le pape et les peuples? Il méditait déjà ie faire plier un jour sous le sceptre du conquérant, et la papauté, et les rois les peuples. Ses prévisions ne l'a- ' fflt pas trompé : l'Europe vit biensurgir des ruines de la république lise un nouveau Charlemagne ; la cour de Rome, après avoir lifert de nombreuses humiliations, redressa contre Napoléon comme te s'était redressée contre les héri- \ de l'empereur carlovingien. Jouais, elle n'échappa à son joug que ar retomber sous celui de l'Autriche de la sainte-alliance, dont elle ne (^affranchira que le jour où elle saura conquérir l'amour des peuples qu'elle si longtemps protégés avant de prenreparti contre eux. Quoi qu'il en soit, .uis le concordat, la France est restGdèle au christianisme, dont elle apéàe chaque jour davantage la supériorité sur les autres religions du monde.

Ainsi donc , pour résumer ce qui Ifécède , la France, à part un moment 'erreur, n'a jamais cessé de rendre s plus glorieux services au christia- 'snie, à toutes les époques de son oire, du temps des Gaulois, sous Mérovingiens, sous les Carlovin- ^ns , sous les Capétiens , pendant le «oyen âge , à l'époque des croisades,

au seizième et au dix-septième siècle ; elle travaillait encore pour lui dans le siècle dernier, alors même qu'elle sem* blait le renier. En revanche, le christianisme a présidé à notre éducation religieuse, et n'a'paé été non plus sans influence sur notre éducation politique , en entretenant chez nous les sentmients de sociabilité démocratique qui caractérisent notre génie national , en réveillant les principes d'unité auxc[uels la conquête romaine avait initié les Gaulois nos ancêtres. Avec l'assistance du clergé catholique, les Mérovingiens ont soumis les Visigoths et les Bourguignons qui avaient démembré notre territoire ; avec l'assistance du clergé catholique , les Carlovingiens ont fondé une des plus vastes monarchies' qui aient jamais existé, et dont le cœur était la France. Soutenus par le clergé catholique et par la papauté , les Capétiens ont triomphé de la noblesse féodale , qui , par d'autres moyens que les Bourguignons et les Visigoths, mais d'une manière non moins funeste , avait aussi démembré notre territoire. D'intelligence avec la papauté enfm , Louis XI , François P', Richelieu et Louis XIV ont solidement assis cette nationalité française à laquelle nulle autre ne saurait être comparée.

Maintenant que nous avons répondu aux deux questions posées au commencement de cet article, il est temps de terminer par quelques considérations générales, où. nous essaierons de pressentir l'avenir. Une des meilleures preuves que les prédictions des philosophes qui annoncent la fin du règne du christianisme ne sont pas prêtes à se réaliser, c'est qu'après s'être séparé un moment de cette sublime religion, le plus grand pedple de l'Europe a fini

f)ar se ranger de nouveau sous sa loi ; a religion ^ui a accompli ce miracle en accomplira encore beaucoup d*autres. D'ailleurs, quelle vérité nouvelle a apportée la philosophie? serait-ce le dogme de la charité, ou celui de l'égalité, ou bien encore celui de la fraternité? mais l'Évangile ne les renfermet-il pas tous? n'est-ce pas lui qui les a

Ifl)

L'ùiïîvâ».

en

Ï»Topâgé$? Serait-ce le principe de là iberté ? mais leâ premiers temps de rÉglise chrétienne et les différentes oommunaiités protestantes montrent que Id liberté n*a rien dinconciliable avec les maiimes de TËvangile.

La religion qui porta tant d^hommes à souffrir le martyre plutôt que de transiger avec leur foi , ne saurait faire des esclaves; et Thistoire témoigne qu'elle a partout développé Tamour de rindé|)endance. !Nous ne parlons pas du principe de l'unité et de Tautorité ; l'exemple de la papauté et même celui de TÉglise grecque ont trop largement démontré sa puissance.

Quant au principe de la multiplicité, le christianisme, avec son admirable conception de la trinité une et indivisible, lui a accordé tout ce qui pouvait lui être accordé, sans retourner au polythéisme.

La plus grande gloire de la philoso-

nianifesté dans la défense de cette doctrine à la fois si pieuse et si consolatrice; mais, .loin que le christianisme soit contraire à la perfectibilité , il en est le plus ardent propagateur. L'Évangile n'invite-t-il pas à chaque instant le Odèle à prendre soin de Famélioration de son âmé? or le perfectionnement de rindividu et celui de .

la société sont inséparables : l'un mène naturellement à l'autre. Ce n'est que par un esprit -d'aberration qu'on a pu imaginer que l'Évangile est un obstacle au développement de la. loi du progrès , dont le germe est en lui. Le christianisme n'a pas moins l'intelligence du passé aue celle de l'avenir. Quelle religion s honore de plus belles traditions quenelle gui , remontant à Abraham et à Moïse, résume en elle la philosophie grecque et toutes les religions de l'Asie , les plus nouvelles comme les plus anciennes , depuis le mahométisme jusqu'au bouddhisme et même jusqu'au brahmanisme!

où trouver ailleurs aussi complètement réunies toutes les conditions de la plus vaste eathoUcUé f

De tristes malentenddâf Odt seob motivé la lutte du protestantisme et de la papauté au seizième siècle. Ui christianisme ne repousse ni le pri cipe de l'unité que défendaient les (

f)es , ni le principe de la liberté po equel combattaient les protestao* avec un peu moins d'exagération part et d'autre , on serait faciletn tombé d'accord , et on n'aurait prêté le flanc aux envahissementâ la puissance temporelle. Le chri nisme ne repousse pas non plus le [ cipe de la fraternité , de l'égalité et progrès au nom duquel la philoso du dix-huitième siècle battit en br et le protestantisme et la papai tout au contraire , il en est le sou inébranlable. Si les protestants et catholiques, oublieux de la morale Christ , n'avaient pas tonné contre philosophes, ceux-ci ne se scrr pas montrés aussi aveugles envei christianisme, qui est un arsenal plet , qui contient en lui tout ce i^ philosophie a cru découvrir et qui sède toutes les ressources nécess pour améliorer le sort du monde.

Aussi , voyez comme il s'avanee cessivement à la conquête de l'uni' Déjà toute l'Europe , à l'exception peu qui reste de la Turquie , est "* tienne; l'Amérique entière, i quelques sauvages indigènes, est tienne ; une grande portion de T soumise aux Russes et aux An est chrétienne ou obéit au ch nisme; avec la France, le christiai règne à Alger; une foule de col européennes ont été l'implanter d'autres côtes de l'Afrique , et jif dans les îles de la Polynésie. Là sionnalres de toutes les Églises le piagent incessamment et le font " -trer jusqu'au sein des déserts, cette immense république , il y a l'i de dix empires aussi grands que cien empire romain. Desespossci directes, si l'on passe aux paysq domine ou qu'elle menace , on v Turquie d'Europe, dont la popo est presque entièrement cbréticf la veille d'échapper aux rausa et de suivre l'exemple de la G ^

Cfift

PkANCE.

franchie; PAsie Mineure, la Perse, FArabie, TÉgypte et les régences de tttfaarie , en un mot , tout rislamisme , aar le point 4e subir le même sort

SipÂigérie. L'Asie entière, à part ipire chinois , est sous l'ascendant i9<Rasses et des Anglais , qui n'atiiileQt qu'une occasion pour se la Hta^r; la Chine elleméme serait mt d*état de résister aux attaques Hnbi&ées des armées de la Russie et flattes de l'Angleterre. Il est donc évident que c'est Télëment chréqui fait aujourd'hui la loi au [e; encore quelques pas, et Tunitout entier sera le domaine du tiaoisme , qui Tenserre.

te pins grand obstacle qui s'oppose 'ûttenant à l'accomplissement des 'ennes prophéties , ce sont les déents intérieurs de la république eone. Divisée enj)lusieurs Églises B, la grande Eglise a tourné t elle-même la force qui ne lui été donnée que pour faire triomle christianisme. Fier de sa suite , le catholicisme a refusé de attre TËglise grecque , si puisint représentée aujourd'hui par ^nnpereurs russes; et il a longtraité en filles révoltées les nom- Églises auxquelles a donné nce le protestantisme. Mais les ences sont moins profondes qu'on icrait tenté de le croire, en ne que les effets de l'animosité une; il y a dans le christianisme d'ampleur et assez d'esprit de îliation pour que la lutte aes dif^ tes Églises se termine par de I concessions. Si les leçons de bire, pendant les trois derniers s, ont suffisamment prouvé aue, lé domaine religieux comme dans «naine politique, la monarchie . rselle est ùh rêve, on commence ii à comprendre que l'unité n'offre moins dVivantages en religion qu'en **1tte. Ce que n'a pu faire la conavec la force des armes , l'assole fera avec le secours de la ^ Déjà , en politique , la concepdëréqnilibre a été acceptée comme ibeiliear moyen d'obtenir les avan*

tages de !^unité , sans en avoir les inconvénients, c'est-à-dire, sans violet l'indépendance des peuples qui ont sa asseoir leur nationalité sur aes fondements solides ; la diplomatie sagement comprise est le meilleur gage d'union et d'harmonie. Eh bien ! cette même conception de l'équilibre, ne pour* rait-on pas s'en servir avec encore plus de facilité pour ramener la paix dans le sein de la république chrétienne.^ Des négociations ne s'entameront-eltes jamais entre toutes ces Églises qui devraient être lasses de s'entre-choquer inutilement, et qui devraient enfin comprendre que la division du travail^ en religion comme en économie politique, est un moyen d'arriver plus sûrement et plus rapidement au but ? Le jour où le christianisme aurait ses congrès comme la diplomatie, ce jour-là, la supériorité de la papauté cesserait d'être un objet de contestation (*). Sous la présidence de quelle autre Eglise que l'Église romaine pourraient être tenus ces nouveaux concilesPL'Ëglisegrecque est soumise à l'autorité temporelle du czar ; l'Église anglicane et les Églises protestantes dépendent également , d'une manière plus ou moins directe, du chef politique de l'État; la papauté ^eule ne courbe pas la tête devant répée de César ; elle ne relève que de Dieu même. De ce rapprochement des Églises , résulterait une régénération religieuse , qui centuplerait la force d'action du christianisme; et le triomphe

(*) Un précédent de triste mémoire a prouvé naguère qu'un rapprochement entre les différents cultes a cessé d*é(re impraticable. On a va la Russie, TAutriche et la Prusse , c'est-à-dire , trois puissances représentant l'église grecque , l'église protestante et réglise catholique , en) appeler à la re«ligion pour cimenter leur politique rétror grade. Ce qu'a fait la sainte aUiance pour la cause du passé , les peuples , s'ils suiven| les nobles conseils de Béranger, le feroni lin jour pour la cause de l'avenir. Et , s'il faut un président à celte nouvelle alliance, véritablement digne du nom de sainte , ce n'est pas au czar qu'elle s'adressera, c'est aux héritiers des Sixte-Quint et des Grégoire TII.

GilB

L'UNIVERS

CHR

de la papauté , pour être moins impérieux, ne serait pas moins éclatant.

Dans une postérité peu reculée peutêtre, nos neveux pourraient voir le monde entier converti au catholicisme , suivant les prédictions; la terre délivrée du fléau de Tesclavage et de la polygamie, et voyant commencer le règne universel de la liberté , de l'égalité, de la fraternité et du progrès.

Malheureusement un dernier reste d'animosité ajournera peut-être à longtemps encore la réconciliation que nous appelons de tous nos vœux pour la gloire de TËglise chrétienne autant que pour le bonheur de la famille humaine.

Mais aujourd'hui même, le christianisme tel qu'il est représente rétablissement le plus gigantesque et le plus grandiose dont Thistoire ait jamais donné le spectacle. Ce ne seront certes pas les pronostics passionnés de quelques matérialistes ou de quelques métaphysiciens, si grand que soit leur mérite personnel, qui arrêteront sa marche ascendante. Rien ne manque plus à son triomphe : la philosophie elle-même est à moitié convertie; faisant un noble retour vers la tradition , elle a le bon esprit maintenant de s'appuver sur le passé pour se diriger plus sûrement et plus majestueusement vers Tavenir. Si le christianisme avait pu périr, il aurait succombé sous les coups simultanés de la philosophie d^ dix-huitième siècle et de la révolution de 1793; ayant résisté à ce double choc, ayant reconquis et ranimé à son teu sacré ceux mêmes qui , un instant, avaient espéré de le détruire, il a dorénavant d'autant moins à craindre qu'il est sorti de la lutte plus jeune et mieux retrempé, et que c'est TÈvangile à la main que les peuples aujourd'hui demandent un soulagement à leurs misères. Il est donc temps que la France reprenne son ancien rôle; le christianisme et la civilisation ne sont Cju'une seule et même chose; se mettre à la tête du christianisme, c'est mériter encore mieux de rester à la tête de la civilisation. Depuis un quart de siècle surtout notre essor est entravé ,

parce que n'étant plus philosophes, nous ne savons pas redevenir chrétiens comme l'étaient nos pères dans les belles époques de notre histoire.

Nous sommes toujours le peuple le plus sociable, le plus charitable, le plus civilisateur; mais nous ne possédons plus cet ascendant moral qui était le plus bel attribut de notre nation. Encore une fois , cela vient de ce que nous né* gligeons trop de placer notre politique bienfaisante sous l'égide du christianisme, qui féconde tout ce qu*il protège.

Dans la question d'Orient , par exemple , quel peuple a manifesté des sentiments plus honorables et [liui désintéressés que la nation firan(^aise, toujours prête à secourir tantôt |i Grecs renaissant à la liberté, tantôt' Ëgyptiens, tantôt les Turcs essay de se régénérer, c'est-à-dire, d'entr dans le mouvement de la civilisât!' moderne? £t cependant cet exenaple été jusqu'à ce jour sans une influei .bien marquée sur l'opinion des au nations de l'Europe. L'Angleterre et Russie, beaucoup plus habiles que noi sont parvenues à voiler leurs proj ambitieux en excitant, au nom christianisme, les passions des peu contre les mahométans de Consta nople et d'Alexandrie. En réalité, n'est pas à l'affranchissement des tiens qu'elles aspirent, c'est à l'en hissement, celle-ci du détroit Dardanelles, celle-là de l'isthme Suez ; mais Tune et l'autre ont l'art mettre leur intérêt personnel à couf sous le manteau de la religion. No au contraire, ce que nous dési~ avant tout , c'est l'amélioration du des chrétiens, c'est leur délivr mais comme nous n'avons jamais mot de diristianisme à la bo tout en ayant une politique confoi à ses maximes, et que d'un autre nous favorisons les projets de r' ration des musulmans, ce qui encore cojiforme au christianisme, adversaires s'appliquent et ne r sent que trop a nous faire passer un peuple impie qui pactise avec infidèles. Si nous prouvions bau

CHft

GHtt

à TEarope que notre politique est beaucoup plus dans le véritable esprit du cbristianisnie que celle de ceux qui nous accusent, Terreur générale serait bientôt dissipée. Or, la meilleure manière de le prouver, c'est de parler, oon-seulemeot au, nom de la civilisation que certains Étuts ne se fout pas défaut de tourner en dérision, mais encore au nom du christianisme , c|u*ils font profession, au moins publiquement, de respecter. Pourquoi nous pri- Ter gratuitement d'un pareil secours?

De nos jours, le cliristianisme est la cause ou le prétexte de tout ce qui , se fait d'important dans le monde« Sa puissance matérielle est vigoureusement représentée par l'Angleterre et inrla Russie, deux peuples chez lesquels le pouvoir temporel et le pouvoir 3>irituel sont réunis dans la personne 0 chef de TÉtat; quant à sa puissance norale, elle semble tout à fait effacée ^pois que la papauté, négligeant de iiriger hardiment les peuples catholi*

Pies et s'épuisa nt dans des disputes Qtiles avec l'Église protestante et figiise grecque, a perdu le prestige ^1 omnipotence. Tant que le clergé .Aétien n'aura pas trouvé le secret Ane nouvelle association plus large

re l'ancienne, il en sera de même, et politique demeurera prépondérante iBf la religion. Cependant la civilisa- "tioo n'est pas absolument privée de Censeur; la France la protège et la %a triompher. Mais combien son triomphe serait plus pro npt et plus complet, si le peuple fran(;jai8 , embrastsuit de nouveau le christianisme avec mtant d'ardeur que par le passé, redeytmi le peuple très-chrétien! Alors, tp présence du christianisme mercantile des Anglais et du christianisme ^uérant des Russes, on verrait urgir un christianisme civilisateur, «tiquel ne tarderaient pas à se rallier toutes les nations de l'Europe et du nonde, qui gémissent sous le double çog de l'Angleterre et de la Russie.

Joe telle mission serait- elle donc autesus des forces de ce peuple que le monde entier a salué longtemps du nom de grande nation ?

Chbistin (G. Gab. Fréd.), avocat»

député aux états généraux, né à Saint* Claude en 1744 , uublia des Mémoires en faveur des serfs du chapitre de cette ville, et sut intéresser Voltaire à leur cause, qui échoua devant un arrêt con* firme par le conseil d'État. Après la session de l'Assemblée constituante, Il revint occuper la place de président du tribunal de son district, et périt en 1799, dans l'incendie qui consuma la ville de Saint-Claude. Il a laissé une Dissertation sur Pabbaye de Saint* Clavde^ ses chroniques ^ ses légendes , ses chartes, etc., 1772, in-8**; une Collection de Mémoires présentés au roi par les habitants du Mont-Jura et le chapitre de Saint-Claude, etc., 1772 , in-8°. Il est auteur de la Lettre du P. Polycarpe à tavoccU général Séguier, attribuée à Voltaire.

Chbistine de France, digne fille de Henri IV, née en 1606, épousa, en 1619, Victor-Amédée II, duc de Savoie. Ce prince étant mort en 1637, elle gouverna, pendant la minorité de son fils, avec prudence et fermeté.

Attaquée par ses deux beaux-frères, dont l'un, le prince Thomas, ligué avec les Espagnols, réussit à s'emparer de Turin , elle se mit sous la protection de Louis XIII, son frère, fit rentrer le Piémont sous l'autorité de son fils, Charles-Emmanuel II, et rendit le calme à ses États. Cette princesse mourut en J 663.

* Chhistinedb Pisan était fille d'un conseiller de la république de Venise.

Son père, Thomas de Pisan, fut appelé en France par Charles V, en qualité d'astronome. C'était en 1368. Christine avait alors cinq ans. Elle fut élc* vée à la cour de France , et épousa , dès l'âge de quinze ans, un gentil»

homme picard nommé Pierre du Cartel. Mais bientôt Charles V mourut; Thomas de Pisan , déchu de son cré> dit, mourut peu après de vieillesse, et surtout de chagrin , et du Castel luimême ne tarda pas à les suivre. Demeurée veuve avec trois enfants, sans famille et sans protecteurs , Christine chercha sa consolation dans l'étude.

Elle lut les livres que lui avait laissés

L'UNIVF».^.

son pèpe; e^]e j^ss^yç d-^ composer à Son tour. Ses premiers écrits, ses petits Dictiez , comme elle les appe^ fait , compo3és de ballades , de lais, de rondeaux , et autres poésies légères, lui firent bientôt un^ réputation qui ne tarda pas à se répandre , même au dehors de la France. Le roi d'Angleterre, le duc de Milan, firent tous leurs efforts pour fattirer à leur cour; mais rien ne put la décider à quitter son pays d'adoption, Philippe, duc de Bourgogne , prit à ses gages son fils aîné , et donna encore à notre poè'te d'autres témoignages du vif intérêt qu'il lui portait ; mais on ne voit pas que Christine ait profité , pour s'enrichir, de la protection des grands et du jcrédit que lui donnait sa réputation.

Elle vécut dans un état voisin de la gêne; et nous trouvons, en 1411, quele roi lui accorda un secours de 200 livres. On ne sait ni où , ni en quelle année elle mourut.

C'était une femme d'une grande beauté, si l'on en iuge par un portrait qui est en tête d un des manuscrits de la bibliothèque royale. Ses ouvrages , extrêmement nombreux , puis- Îju'ijs ne forment pas moins de 15 voumes, ne méritent pas l'oubli profond où ils sont tombés. ]S'était*4a langue imparfaite et bégayante de son temps, Christine de Pisan serait un grand

Ï)pëte. Elle a du poète véritable toute a noblesse de sentiments, toute la tendresse id' âme, toute la grâce; il ne lui a manqué qu un bon instrument.

Le sien lui a suffi pour traduire sa pensée; mais ce n'était point assez pour se faire entendre de la postérité. Il n'y a pas d'édition générale des œuvres de Christine de Pisan; mais Une bonne partie de ses écrits a été réimprimée dans les tomes II et.III de Ja collection des meilleurs ouvrages français composés par des femmes.

Bon jaîstoire du roi Charles le Sage, publiée pnr l'abbé Lebeuf dans les notes du 3® volume de son Histoire de 'PariSy a été reproduite dans le tome V de la première série des Mémoires sur l'histoire de France publiés par M. Petitot. M. Hiomassy a fait paraître, dans

ces dernières années, un Essai sur les écrits politiques de Christine de Pi' san y suivi d'une notice littéraire et de pièces inédites, Paris, 1838, in-8°.

Chboniques. Voyez Histoire.

Chroniques de Sainx-Denis (les), appelées aussi les grandes chrofdqm de France. Cet ouvrage, l'un desçlus curieux monuments de notre histoire) jouissait autrefois d'une grande réputation. Mais après avoir servi de oasf à nos premiers annalistes, tels quf picole, Gilles, Gaguin , etc., il tomhi dans un tel discrédit au dix-septièine, siècle, qu'à peine quelques éruditf osaient y avoir recours. Cependant u| mémoire que la Curne de Sainte-PçJ laye consacra à cet ouvrage, et quitt inséré dans le recueil de l'Académi des inscriptions et belles-lettres, le jmit en faveur, et depuis cette époqi son autorité n'a fait que s'accroître.

D'après une savante notice de M.

X.acabane, publiée dans la Bibli que de l'école des chartes, lesgr chroniques ne remontent pas au des premières années du règne de lippe le Hardi , qui parvint au en 1270. Entreprises par l'ordre prince, et peut-être même par celui Louis IX, elles furent exécutées les yeux du célèbre Vendôme, abl Saint-Denis, et régent du roya par un religieux de son abbaye, mé Primaz. Le travail primitif, s'arrêtait à la mort de PhiUppe guste (1223) , était déjà terminé 1274, époque ou il fut présenté l'auteur à Philippe le Hardi.

Dans cette première partie des niques, on trouve, cour le com ment de notre histoire, un grand bre de fables qui faussèrent coi tement, pendant pluisieurs siècles idées que l'on devait avoir sur V\ gine de la monarchie française. ' ,Yant elles, les Gaulois et les F étaient issus des fugitifs de Troie uns par Brutus, prétendu fils d' nius, fils d'Ënée; les autres par eus ou François, fils d'Hector, Jusqu'au règne de Charlemagoe, narration suit en général un seulî teur, Aimoin, reUgieux dtFkwg

cm

FflÀHCp.

Page 1