‹ France (volume 5)Chapitre 4 sur 114 · CITA · texte numérisé non relu

CITA

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daos le premier instant, avec un en* tnânement politique ? Ça été , un monent, un triste spectacle de voir le grand citoyen , qui avait si noblement oûfflbatta pour nos libertés, se faire le champion d'un parti qui ne remonterait au pouvoir que pour conspirer kar ruine. Depuis quelques années, M. de Chateaubriand, éclairé sans doute par la réflexion , s'est renfermé im m repos qui sied si bien à sa fidlbse et à son caractère; il n'est , fios occupé qu'à jouir des douceurs de la retraite où l'accompagnent de Idèles amitiés , et qu'il charme encore |ar la culture des lettres auxquelles il doit sa plus belle gloire. Depuis ^830 il a donné au public les Études ^storiques, brillante ébauche d'une kistoire universelle , tableau éloquent It inspiré des révolutions et des mœurs le l'humanité , mais souvent revêtu de 'touieuTS ambitieuses et trop chargé '^ornements poétiques; ÏEssai sur ktiUératwre anglaise, la traduction 4e MUkm , l'intéressante Histoire du «wjres dé Férone; enfin nous ne WB^rons pas de posséder, Avant iiwN&e, au moins une partie des

lUmm dans lesquels rillustre vieil- ":ftRl retrace pour nous, avec sa pro- FR histoire , l'histoire du siècle qu'il ^tftiversé, et dont il est, par ses iniiMtables écrits, par sa vie «errante de^ $oëte, par l'éclat de ses lutteKS politi- 1^, par son beau génie et son genêts earactère , un des noms les plus g^ods, un des représentants tœ plus

Brieux. . ^

Çhatsaubbiant. Petite ville fort denne de la Bretagne , aujourd'hui »f-iieu d'arrondissement au départent de la Loire-Inférieure, li'origine de Châteaubriant parait nterau temps de la domination ^-ine. Mais son nom, devenu si wbre dans l'histoire du règne de nçois 1" et dans nos annales conporaines, lui vient de Briant, itede Pepthièvre, qui, en 1015, fit bâtir un château.

'Ï^Trémouille vint former en 1488 le JTO de ce château , qui tint bon penw quelque temps , et qui ne capi-

tula que lorsque Tartilierie y eut ouvert une large orèche. Les fortifications et le château furent alors rasés ; et du vieux donjon de Briant il ne reste plus que trois tours , dont deux sont fort élevées. Dans le château neuf. On voit encore l'appartement de la belle Françoise de Foix , comtesse de Châteaubriant , et le cabinet doré où , suivant une tradition falfuleuse , elle périt victime de la jalousie de son mari.

La terre et seigneurie de Châteaubriant était un des plus anciens fiefs du duché de Bretagne. On la trouve citée dans Guillaume le Breton , sous le nom de Castrum Briani, et dans la liste des bannerets de Bretagne , du temps de Philippe-Auguste , sous celui de Castrum Briendi.

Après avoir appartenu à la maison de Laval , elle passa au connétable de Montmorency qui, d'après les Mémoires de Vieilleville , se la fit donner par le mari de la célèbre maîtresse de Fran(^oi8 I*'*', en lui faisant peur de sa sévérité au sujet des prévari^tions commises par le comte dans son gouvernement de Bretagne. Plus tard , elle appartint à la maison de Bourbon- Condé. Châteaubriant , situé à treize lieues de Nantes , compte aujourd'hui trois mille sept cent neuf habitants.

Chateàdbhiànt (comtesse de).

Voyez Foix.

Chateaubbiânt (édit de). Henri II s'était toujours montré^fidèie à la politique de François I'*^ qui faisait brûler les protestants à Paris, tandis qu'il ' les soutenait en Allemagne; « afin, dit ft Théodore de Bèze , d'oter tout souo- « çon qu'il pût favoriser ceux de la « religion. » Ce fut dans cette intention qu'il publia, le 27 juin 1551, à Châteaubriant, un édit en quarantesix articles pour renouveler les persécutions. Il commençait par rappeler les diverses tentatives faites par lui et par son père pour extirper 1 hérésie : « £t n'y voyons, dit*il, aucun amen- « dément, ni espérance d'y pouvoir « remédier, sinon par un extrême soin A et diligence , et avec toutes les ri* «goureuses procédures dont on doit « user pour repousser vivement i'in*

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VT3MVSU.

• mrè et obstination d'nne telle mal- 4 beurenafê secte , et^^eh purger et net^ « toyer notre royaume. » La sévérité de ce préambule fait prévoir les me* sures rigoureuses qui vont suivre ; eh effet, la connaissance et la correetioù des hérétiques était attribuée par cet édit tant aux cours souveraines qu'aux juges ^résidiaux , sous la condition toutefois qu'à élux-ci se joindraient, dix conseillers ou dix avocats du ressort pour signer les sentences définitives, car les jugements portés contre les hérétiques étaient sans appel. Puis viennent les prescriptions les plus sévères et les plus minutieuses contre la liberté de la presse, cette puissance qui commençait dès lors à grandir et à effrayer le pouvoir. Déjà, en 1S85, François P" avait voulu l'anéantir tout d'un coup , en ordonnant la suppression des imprimeries sous peine de là hart ; mais les réclamations du parlement l'avaient obligé, la même année, de révoquer cette ordonnance. Des précautions^ que rappellent celles que prend aujourd hui le saint-siége à l'égard des livres français,sonto«ioqnées, dans i'édit de Ghateaùbriaht , contre l'iritroduction de livres venant da lieux suspects, surtout de Genève, cet éternel foyer de la réforme. Tous les livres imprimés devaient être soumis à la censure de la Sorbonne. Les imprime^ ries clandestines étaient interdites, et la copie signée d'un ' manuscrit destiné à l'impression devait être laissée entre lès mains du censeur, dont l'autorisation était même nécessaire pour qu'on pût mettre en vente les livreâ provenant d'un héritage. A l'arrivée d'un ballot de livres, le censeur devait être requis et présider lui - même à l'ouverture du paquet. Les imprimeries e^ les magasins des libraires et des imprimeurs de Paris étaient soumis annuellement à d^ux visites du censeur, qui devait aussi inspecter trois fois |»ar an la ville de Lyon. Enfin les libraires étaient obligés de tenir expo* fiés dans leur boutique un catalogue des livres prohibés ^t un autre des livres qu'ils avaient en étalage. De plus, il était défendu d'admettre qui

que ce fût dans les éôolefi ou di^s M tribunaux, s'il ne pouvait jsroduire vt eértiôeat d'orthodoxie. Vient ensaiH l'énumék*ation des peines portées ccm»

tre les {^artisans des hérétiques, contm ceux qgi les défendaient devant le^ tïi* bunaux , contre ceux qui leur w voyaient des secours d'argent ou qui adressaient des lettres aux protestaotl réfugiés, soit à Genève^, soit dans é'm très pays séparés de l'Église* Tous leà biens de ces réfugiés devaient être, |Nt \ le fait même de leur fuite , confisqué!' au profit du roi; entio, une clause ai^i surait aux délateurs le tiers des meii^J blés ou immeubles des condamnés cl'i des proscrits.

CHiLTBAUB&LàNT (famille de). YHfi:

Laval. •

Chateacbkiant ( traité de )* Gf traité est peu important par lui-mémef Biais comme il servit de prétexté ^ Anne de Beaiqeu , régente de Fraoi pendant la minorité de Charles V] pour envahir une partie de la Brsl gne, il est nécessaire d'en dire quelques mots.

Les divisions qui avaient éclaté Mf; Bretagne pendant l'administration " Lannois, ministre et favori du François II, prirent un caractère ticulier, lorsque le duc d'Orléai brouillé avec Anne de Beaujeu « vii chercher un rdfuge à la cour de j pHnce. La régente vit dans cette ~ constance une excellente occasion intervenir dans les affaires de Br< gne ; aussi le procès et le supplice Lannois ne purent ils apaiser les t blés. Le duc d'Orlé0ns, qui devait tard devenir roi de France « sous nom de Louis XII, et recevoir le ti de père du peuple , se mit alors à tête des seigneurs bretons les plus posés aux projets de la régente. Il

Îdusgll ne craignit pas de s'entendre a^ 'étranger, pour résister à la cour. ' 13 décembre 1486, une ligue fut gnée dans ûe but entre Maximilien, des Romains, le roi et la^ reine de varre, le duc de Bretagne François le duc de Lorraine, le duc et le nal de Foix , frères de la dudiesse Bretagne, les comtes d'Angoulémei

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FRASCË.

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ffim à de Dunbis , lé ^\tt d' Albret, ilil j^enenrs de Lautrec, de Pons et fOM, beaucoup de seigneurs bre* l|M»i te prince d'Orange, Lesciire, MtedeComminges, le maréchal de Rlnxêt la comtesse de Laval. Cette 1^ fut tenue secrète pendant quel* fie temps; mais bientôt un asse2

B nombre de seigneurs bretons, peu its de voir le gouvernement de tàm^ passer dans les mains du duc lOi'Sai» et d'autres seigneurs fran- ^1, soDgèrent à prendre aes mesures tition. Le duc François II , eu rimprudence de laisser croire les ennemis du ministre Lannois t être recherchés pour les actes avaient entraîné sa condamnation, mécontentement éclata, et, sur l'inition du vicomte de Rohan, du mail de Rieux et du comte de Laval, jne toute la noblesse bretonne se i à Cbâteaubriant. On jura d'ex* 1 le duc ^Orléans , le comte de il, le prince d'Oraiige et le comte minges, qui, aux yeux des Bre* n'étaient que des étrangers. Anne ■^jeu avait trqp d'habileté pour ^er dans cette nouvelle ligue it aisément contre-balancer avait été conclue le 13 dé- 1486. Elle prodigua les pro- Çaux conjurés et parvint à leur fener avec la France, vers le mié l'année 1487 , une convention ^t le nom de Cbâteaubriant.

nila que Charles VIII ne ferait en Bretagne que quatre mille is de pied et quatre cents homd*afmes. La r^ente déclara en Jom qu'il ne venait que pour purébellion du duc d'Orléans, s'enà n'attaquer aucune place que de " avec le maréchal de Rieux, et acquitter religieusement le prix ce que ses troupes consommerais la digne fille de Louis XI, jNMeieose de ses promesses, avait tes en campagne une armée de I mille hommes , oui s'empara l^ind nombre de places impor- 1^ sans toutefois avoir pu se rennattresse de Nantes. Malgré la ce de cette ville, les po!»i^oufi

que prirertt alot's les troupes éfdèreHt considérablement aux avantages qu'elles remportèrent plus tard, et au 6iic<cès de la bataille de Saint - Aubin da Cormier, livrée le 2Q juiMet 1488.

Cette bataille, dans laquelle le due d'Orléans fut fait prisonnier, porta un coup terrible à l'indépendance de la Bretagne, qui cependant ne fut réunie à la France que sous Ml règne de François T'.

Ainsi le traité de Cbâteaubriant ne fht qu'une ruse adroite dont se servit Anne de Beaujeu pour commencer l'invasion de la Bretagne.

Chateaubrun ( Jean-Baptiste Vivien de), auteur dramatique, naquit à Angouléme en 1686. Pour ne point déplaire au duc d'Orléans , prince éé*vot , auquel il était attaché comme maître-d'hotel, et aussi pour qu'on ne lui reprochât pas de consacrer aux lettres un temps /[u'il devait à ses occupations administratives auprès du ministre de la guerre d'Argenson, il s'abstint courageusement , pendant quarante ans, de mettre au théâtre les pièces qu'il avait faites en secret. Ce ne fut qu'à soixante-huit ans qu'il produisit ses œuvres sur la scène. Il débuta par la tragédie des Troyennes qui réussit et s'est soutenue asse2 longtemps au théâtre. Cette tragédie offre des situations touchantes; le style, faible en général, est quelquefois plein de sentiment , de naturel et de pureté. Mademoiselle Clairon dans le rôle de Cassandre, et mademoiselle Gaussin dans celui d'Andromaque, contribuèrent beaucoup au succès.

Chateaubrun allait chercher tous ses sujets dans la tragédie grecque; il en imitait les modèles autant que possible, mais sans comprendre au fond le génie grec , et sans voir par où cette imitation pouvait être originale. Après les Troyennes, parurent Philoctète et Astyanax qui eurent peu de succès, thâteaubrun avait encore composé deux autres tragédies ; mais les ayant laissées dans un tiroir qui ne fermait pas, un jour il ne les retrouva plus ; son valet en avait enveloppé des cdtelettes : oh assure qu'il supporta cette

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L'UNIVERS

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ihésaventure avec beaucoup de philo* Sophie. Il mourut dans un ége avancé en 1775. Il avait été reçu à F Académie en 1753.

Château - Ghinon , Ca^^m ou CasteUum caninum , petite et fort ancienne ville avec titre de comté, dans le département de la Nièvre. Jadis capitale du Morvant et sjége d'uu bailliage seigneurial, cette ville occupe , à ce que Ton croit, l'emplacement d'une forteresse romaine : c'est ce que du moins tendraient à prouver de nombreux restes de monuments et de larges voies pavées. — C'était autrefois une place importante, défendue par des fortifications considérables et par un vaste château , sous les murs duquel Louis XI défit en 1475 l'armée du duc de Bourgogne. Les royalistes se rendirent maîtres de la place après un long siège , et passèrent au fil de l'épée la garnison amsi qu'une grande partie des habitants.

Château-Dauphin (prise de). Le prince de Conti, joint à don Philippe, commandant l'armée espagnole, avait passé le Var, emporté Nice et Villeiranche , et pénétré jusqu'à Château- Dauphin à l'entrée de la vallée de Stura. Le 19 juillet 1744, le bailli de Chivri et Chevert escaladèrent ce roc sur lequel deux mille PiénK)ntais étaient retranchés. Malgré l'artillerie qui les foudroyait , et la présence du roi de Sardaigne, ils en atteignirent le sommet, et restèrent vainqueurs après uu combat sanglant et acharné, oii l'on avait vu des grenadiers français profiter du recul des pièces pour se jeter dans les embrasures des retranchements. Du côté des alliés, il périt deu^c mille hommes; mais il n'écuappa aucun Piémontais ; le roi de Sardaigne, audésespoir, voulait se jeter parmi les assaillants.

Le prince de Conti écrivit à Louis XV : « C'est une des plus brillantes et « des plus vives actions qui se soient (( passées. Les troupes y ont montré A une valeur aundessus de l'humanité.

« La bravoure et la présence d'esprit « de M. Chevert ont principalement «>décidé l'avantage. »

Chateau-du-loib , Casinm ad Lasdum , Castrum Liai , ancien chef* Jieu du Vaux du Loir, petit canton de. Touraine, aujourd'hui compris dans le département de la Sarthe. Y.ers le milieu du XP siècle , Château-du-Loir soutint un siège fort long , pendant sept ans, contre Geoffroy Martel, conite d'Anjou , qui en retint le seigneur prisonnier , et ne lui donna ia liberté que lorsqu'il lui put céder cette place avec d'autres qui étaient à sa convenance. Le seigneur de Châteaudu-Loir était Gervais, évêque du Mans. Vers Tan 1090, Mathilde de Çhâteau-du-Loir apporta cette terre à Élie de la Flèche , qui se mit en pos< : session du comté du Maine, non saos avoir été obligé de le disputer vivement j à Guillaume le Roux, roi d'Angleterre | (voyez Maine). Château-du-Loir était I alors la meilleure forteresse du pays, | et ce fut là qu'Élie se retrancha pen- j dant que les Normaaàs ravageaient!

son comté. Depuis , ce château suivit i la fortune des successeurs d'Élie , qd I devinrent comtes d'Anjou , ducs de Normandie et rois d'Angleterre. Ri- :

chard Cœur de Lion assigna sur cette terre le douaire de la reine BérengèK sa femme. Après la réunion des pro*.

vinces démembrées, Phi lippe- Auguste] en fit don à Guillaume des Roches, sénéchal du Maine, de l'Anjou et de la Touraine. Château-du-Loir passa eor suite aux comtes de Dreux , desquell Philippe de Valois la racheta en M\ pour la somme de 31,000 livres. Fai| elle fut donnée en apanage avec M Maine à Louis, premier ducd'Anjoo»

et réunie à la couronne par Louis XL £n 1496 , Charles VIII la donna a« maréchal Trivulce sous le titre de ba* ronnie. Louis XII la lui conserva d 1499, mais à la charge de rachat pep pétuel. Cédée par le maréchal de W vuîce à P. de Rohan, maréchal de Giéi elle fut retirée aux héritiers de ce dep nier, puis donnée par engagement à b maison de Soissons qui la posséda r* ce titre Jusqu'au commencement ui dix-huitieme siècle.

Outre le siège dont nous avons d^ parlé, le château, construit sur un r(»*!

FRANCE {xvta)

PRAnCE. (XVÎS)

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FRAIÏCE.

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cher isolé et entouré d'eau, fut encore investi et pris en 1075 par Foulques ieRéchio, comte d'Anjou , et eu 1181 par Philippe-Auguste. Fm 1589 il se rendit à Henri IV.

Cbâteau-du-Loir a aujourd'hui une population de 3,500 habitants.

Chateaudun , Castellum Dunum, Castrum Dunense ou Castrum Dum n , ancienne capitale du comté de Duoois, aujourd'hui chef- lieu d'arrondissement du département d'Eureet-Loir, à quarante-huit kilomètres de Chartres. Située sur une hauteur au pied de laquelle coule le Loir, Châteaudun porta aussi le nom de Hupes- Clara ou Uràs-Clara (**). Aimoin la mentionne dans la vie de Sigebert , et Grégoire de Tours dans celle de Gontran. Le prenrier des vicomtes particuliers deChâteaudunest Geoffroy P"^^ Gis de ff^arin de BeUesme et petit-fils de Guillaume P% comte d'Alençon.

Geoffroy I" fut assassiné vers 1041.

Son successeur fut son fils Rotrou P', mort yfers 1066. Celui-ci fut le sixième ouseptième aïeul de Geoffroy IV, mort vers 1248, dont la fille puînée Clémence porta cette vicomte dans la

maison de Dreux y d'où elle passa

successivement par mariage dans celles de Cleimont, de Flandre et de Craon, — Jean de Craon , grand échanson de France , dix-huitième vjpomte de Châteaudun, fut tué en 1415 sans laisser de postérité. Alors la vicomte de Châ« (eaudun revint à Charles^ duc d'Orléans , qui en 1439 la donna avec le comté de Dunois à son frère naturel , Jean, bâtard d'Orléans (voyez Dunois). — Au dix-huitième siècle, Châteaudun , capitale du Dunois et cheflieu d'un bailliage , avait une abbaye royale de l'ordre de Saint-Augustin , dont on attribuait la fondation à Charlemagne. Le château, remarquable par la hardiesse de sa construction^ est accompagné d'une grosse tour bâtie , suivant les traditions locales, par ThU baud le Fieux ou le Tricheur en 935.

U reste des constructions est dû aux

(p Dun, hauteur. (CeiL)

(**) yilU-claire, que l'on aperçoit de loin.

comtes de Dunois, ducs de LongueviUe (quinzième siècle).* Châteaudun fut presque entièrement détruit par un incendie , en 1723. Les environs de cette ville furent en 1 183 le théâtre d'un massacre épouvantable des bandes dévastatrices des Brabançons y CoUereauXy çtc. Les Capuciès (voyez ce mot) y rencontrèrent une troupe considérable de ces aventuriers; ils en tuèrent sept mille sur la place, et firent un grand nombre de prisonniers , parmi lesquels se trouvaient quinze cents filles de joie que ces brigands traînaient à leur suite.

Ces malheureuses furent ensuite impitoyablement brûlées avec les aventuriers à la fortune desquels elles avaient lié la leur.

Châteaudun a donné le jour à plusieurs hommes célèbres, entre autres, à Lambert' li'Cors , qui commença , avant Alexandre de Paris, le poème de l'Alexandride ; et à l'oiîévre Jean Toutain^ l'un de nos plus habiles peintres en émail.

La population de cette ville est aujourd'hui de 6,500 habitants.

Châteaudun (monnaie de). On n'a encore retrouvé aucune monnaie de Châteaudun antérieure à Charlemagne; mais on en connaît beaucoup de la période carlovingienne. Outre la pièce de Charlemagne , qui ne porte que le nom du roi et qui appartient au second genre des monnaies frappé.es sous son règne, il en existe de Charles le Chauve, d'Eudes et de Raoul ; mais aucune ne aéroge au type consacré de ces princes. C'est toujours le nom de la ville dvni-

GASTRYM ou DYNIGASTELLVM , Ct la

légende GRATiA di bex avec le monogramme royal d'Eudes , de Charles ou de Raoul ; seulement les deux lettres DI de la légende y sont quelquefois /remplacées par les lettres dn , abréviation de DOMiNi. D'après un usage qui était général au moyen âge , les vicomtes de Châteaudun prirent au onzième S'ècle, pour type de leur monnaie, celui qui était adopté dans leur ville épiscopale, Chartres. Mais les monétaires ne tardèrent pas à défigurer cette empreinte , et bientôt le type des monnaies dunoises n'eut plus que les ca-

T. T. $• livraison. (Dict, engtgl., etc.)

eux

L*DNIVERS.

GIIA

iractèr«s génémux des monnaies de Chartres. On y voyait toujours une tête sur le côté dépourvu de légende , mais une tête qui s'altérai-t autrement que celle de Chartres. Quant à l'autre c6té, on y lisait en caractères cunéiformes DTNTCASTELLMm OU d'autres lettres ^ très-souvent mêlées et formant une légende bizarre et défigurée, autour d'une croix à branches égales. Enfin , vers la

f)remière moitié du treizième siècle , orsque déjà les derniers linéaments de la tête avaient disparu pour faire place à une figure à laauelle on ne peut pas donner de nom , les seigneurs de Châteaudun commencèrent à mettre dans la légende leurs initiales ou leurs prénoms tout entiers. Le premier qui introduisit cette nouveauté semble être Geoffroy V, qui vivait vers l'an 1216.

Robert de Dreux, Raoul de Clermont et tous les autres seigneurs de Châteaudon continuèrent cet usage jusqu'à la confiscation du comté, en 1393. A force d'altérer le type primitif, ils avaient fini par le faire ressembler au type des tournois , et depuis le treizième siècle , la légende avait envahi le côté qui jusqu'alors en avait été dépourvu. Il parait qu'en 1236 les vicomtes de Châteaudun cherchaient à étendre au delà de leurs possessions le cours de leurs nM)nnaies. 11 existe en effet une ordonnance rovale rendue afin de réprimer cet abus. D'après l'ordonnance de 1315, les deniers de Châteaudun devaient être à trois deniers dix grains de loi argent le roi , et les mailles à onze deniers vingt et un grains. Quatorze deniers dunois valaient un sou tournois.

Chatb^u-Fbbmont, ancienne seigneurie de Bretagne (aujourd'hui département de la Loire-Inférieure), à 3 myrfamètres de riantes , érigée en inarquisat en 1694.

Chatbàij - Gàillàbb • d'ândely (sièges du>. — Philippe-Auguste exécutant îa sentence prononcée contre Jean sans Terre par la cour des pairs, entra, en 1203 , dans la Normandie , pendant que son ennemi, se livrait avec insouciance au plaisir et à la débauche. Il Tint mettre le siège devant les forte-

resses d^Andely; c'était le boulevard de la province entière , et Richard n'avait rien négligé pour en compléter la d^ fense. Un château très-fort dans une tle de la Seine , le bourg d'Anddy entouré d'une double enceinte , enfin le château Gaillard , au haut d'un rocher escarpé sur la rivedroitede la rivière, formaient un ensemble de fortifications redoutable pour cette époque. Philippe commença l'attaque au mois de sefrtembra, €t pendant cinq mois il éprouva la plus vigoureuse résistance. Les assiégés avaient à leur tête le vaillant Roger de Lascy, connétable de Chester. Après de longs combats, qui sont décrits d'une manière animée par Guiliaaine le Breton , dans son poème de la Phi- Hppide y le château de l'île fut pris d'abord ; le bourg d'Andely céda ensuite. Roger commençant alors à manquer de vivres , renvoya de Teoceinte toutes les bouches inutil^.

Deux bandes , chacune de 500 vieillards malades, femmes ou enfants, avaient déjà traversé le camp da' assiégeants. Une troisième troupe de 1 ,200 malheureux , repoussée par Philippe , dut rester entre le camp et la place. En butte aux traits des dm armées , sans abri et saos vivres , réduits à se nourrir de la chair des chiens ou des cadavres de leurs coi»pa^nons, plus de la moitié avaieitt déjà péri , quand Philippe , toucM enfin de leur sort , leur distribua dai vivres et leur permit de se retirer î mais il était trop tard^ la plupart moururent après avoir mangé. Gepeih dant la résistance du Château-Gaillari se prolongea tout Phiver, et ce M seulement le 6 mars 1204 qu'il M pris de vive force, après avoir éfé escaladé et incendié par lés asst^ géants. Roger de Lascy n^avait ptai alors que 180 combattants. P^^ustft la durée de ce siège opiniâtre , le m^ Jean s'était enfui en Angleterre. CUf teau-Gaillard , dont il reste des niiMi fort curieuses (voyez les planches 36i| 274 , 275 et 276) , a été déroautelé plTordre de Louis Xin. (^Voy. Andblv.) Chatbau-Gày, ancieime seigneurit de l'Auvergne, aujourd'hui départ. dtt

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FRAUCaL

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{^•de^Dôiiie, à G kilom. de CtomoDt- Ferrand , érigée en marqaisat , à la fin du dixrseptièrtie siècle.

Ghaxiau-Gibon , petite ville de Tancienne Bretagne , a 16 kilom* de Rennes , âuidurd'hai chef-lieu du dé* partement d'Ille-et*Vilaine. Elle était autrefois fortifiée. Ce fut sous ses BHirs que le comte de Soissons fat battu et fait prisonnier, en lâ90 , pav Je duc de Mercoeur. Château-Oitoa eompte aujourd'hui 1,453 habitants.

Chatsai^Gontisb, Cctëtrum Gori' krii , petite ville de Tancien Anjou , aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement do départ, de la Mayenne, à 28 kilom.

d'Angers, fut entourée de fortifîcations au comnoencement du douzième siècle par Foulques Néra , comte d'Anjou , qui substitua' le nom de Gontier, que portait le chevalier auquel ii en confia la garde, à celui de BotsUica (Basociie), sons lequel elle était connue auparavant. Pkis tard. Foulques donna cette forte** lesse oa fief à Yvon, que l'on croit avoir été fils d'Yves , oomte de Belksme et d'Alencon.

la terre de dhâteau-Gontier passa ptas taid par mariage à Pierre II , eomte d'Alençou , et fut vendue , par /eaon, à la maison d'Amboise. Saisie en 1431 , par arrêt du parlement , séant à Pontoise , elle fut ensuite réunie à la couronne , d'où elle fut détadbée en 1656, pour être érigée en manpiisat , en faveur de Nicolas Bail-* leuly président à mortier au parle* flM»t de Paris , chancelier de la reine Anne d'Autriche et surintendant des

Cette ville était, avant la révolution, chef- lieu d^une élection, d'un présidial et d'une sénéchaussée. Elle fossède aujourd'hui un tribunal de première instance, une société d'agriculture et un collège communal. Sa popolation est de 6,143 habitants.

Il s'est tenu, à Château -Gontier, cinq conciles provinciaux: en 1231, U64, 1269, 1336 et 14^8. Louis XI jr fit sa résidence pendant quelques flioia; lesi Vendéens s'en emparèrent le 20 octobre 1793, mais ils furent foras de révacuer quelque temps après.

CHATEAU • Lardon , petite ville de l'ancien Gâtinais français, aujourd'hui ehef-Iieu de canton du département de Seine-et-Marne, à 30 kilom. de Fontainebleau.

Cette ville, dont le nom latin est Castrum Nantonis ou Landotds, passe pour être fort ancienne , et l'on pense généralement qu'elle existait déjà souS la domination romaine; saint Severin y mourut en 503, et Childebert, fils de Clovis, y fonda quelques années après une abbaye, qui fut reconstruite vers 1151. Sous les rois de la seconde race , Château-Landon devint le chef« lieu d'un comté; Louis le Gros y avait un château où il séjourna, en 1119,^ pendant les vives et longues auerelles des chanoines d'Ëtampes et de l'abbé de Maurigny. En 1436, les Anglais s'emparèrent de la ville et du château, que le connétable de Richement reprit d'assaut en 1437. Cette ville fiit encore

Êrise par les reitres en 1587, et par les gueurs en 1589. L'élise paroissiale, ^ dédiée à Notre-Dame, est remarquable par son clocher, que fit , dit-on , construire un évêque de Poitiers , vers le milieu du quinzième siècle. La [>opU" lation de Cnâteau-Landon est aujourd'hui de 2,200 bab.

Ch ATBAu - Lardon ( monnaie de ).

— Château-Landon possédait, sous la seconde race , et au commencement de la troisième V. un ateher monétaire d'où sont sorties quelques pièces, dont quelques-unes sont parvenues jusqu'à nous. Tels sont, entre autres, des deniers d'argent de Charles le Chauve et de Carloman II , qui n'offrent d'aiU leurs aucune singularité remarquable, et des deniers frappés au nom de Phi* lippe P', de Louis VI et de Louis VIL Ceux de Philippe P% qui sont fort rares, présentent d'un coté le nom de la ville, LAifDOifis gasti, avec une croix grecque, cantonnée de deux croisettes dans le champ, de l'autre le nom du roi , PHiLippus bsx , inscrit autour d'une figure bizarre que l'on a comparée à la pièce de blason , connue sous le nom de Pal, Cette ^ure est accompagnée de deux G, en forme de croix, et de quelques autres caractères que

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L'UNIVERS

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Ton ù'a point encore expliqués. Nous sommes assez portés à voir dans cette espèce de pal une imitation dégénérée du monogramme d'Eudes , monogramme que Ton retrouve en effet sur les monnaies d'une ville voisine , celle d'Étampes.

L'empreinte des deniers de Louis VI et VII n'est qu'une dégénérescence de celle de la monnaie de Philippe P^ On y retrouve ce pal avec le nom royal; mais les O en forme de croix se sont métamorphosés en une croix véritable, et les autres caractères sont remplacés par une crosse; circonstancié qui a lait attribuer à l'abbaye de Saint-Severin de Château- Landon l'émission de cette monnaie. Quoi qu'il en soit de cette opinion , que nous ne partageons pas, il existe encore à Château-Landon un lieu connu sous le nom de la Monnaie.

Chàteau-l'Arg, ancienne seigneurie de Provence, aujourd'hui département des Bouches-du-Rh6ne, à 12 kil.

d'Aix, érigée en marquisat en 1687.

Chateaulin, Castrolinum y petite ville de l'ancienne Bretagne, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département du Finistère, à 23 kil. de Quimper, et dominée par les ruines d'un ancien château , bâti vers l'an 1000, par Budie, comte de Cor nouai I- Jes. Elle possède un ti^ibunai de première instance et une société d'agriculture. Sa population est de 2,783 habitants.

ChatbauMeillant, castruniMeéUoldnum, cnstrùm MelUani , petite ville de l'ancien Berry, aujourd'hui chef lieu de canton du département du Cher, à 28 kil. de Saint-Amand , fondée , suivant l'opinion la plus générale, parles Romains, est surtout remarquable par un ancien château que l'on fait remonter au cinquième siècle. On y voyait encore , au siècle dernier, une grosse tour carrée bâtie, suivant la tradition populaire , par Jules César, et sur ta lanterne du dame de laquelle était une figure en cuivre doré , représentant Mell usine , personnage qui figurait aussi dans les armes de la maison de Saint^elais

Lusignan, à laquelle la seigneurie dé Château-Meillant avait appartenu.

Chateau-Meillant (monnaie de).

— Haultin , et après lui de Bèze , ont publié, sans doute d'après le manuscrit de Saint -Victor, où Pon trouve quelques détails sur la monnaie de Château-Meillant , le dessin d'un denier de cette ville qui n'existe plus nulle part. On y voit , d'un côté, la légende : -f- margabeta dna (domina) , avec un lion rampant dans ua champ parsemé d'étoiles, et de l'autre,

— B. h GASTBIMELHA , aveC UnC

croix grecque. Cette pièce, qui doit avoir appartenu à Catherine de Boues, dame de Château-Meillant ( 1280-1323), et une autre, récemment découverte, et qui date de la fin du quatorzième siècle , sont les seules monnaies que l'on connaisse de Château-Meillant.

La dernière est un 6ar6an» copié sur ceux de Limoges. On y lit, d'un côté, le mot GHASTELLYM, autour d'une croix grecque, et de l'autre hhelU BES , autour d'une tête barbue. (Vof.

Limoges [monnaie de].)

Chateauneuf, petite ville du âé« partement d'Ille-et-Vilaine , à 13 kil de Saint-Malo , était jadis une place importante. Elle joua un assez grani rôle dans les guerres civiles de Bre- . tagne , entre les Montfort et les Pen* thièvre. Elle était défendue par un château qui fut pris par les troupes royales le 26 mars 1592, repris peu de temps après par le duC de Mercœur, et enfin démantelé par ordre de Hen* ri IV, en 1594.

Il y a auprès de Chateauneuf un fort hexagone construit sous, terre, es^ 1777, d'après les plans de Vauban, d'^ destiné à protéger la cote nord-ouesl du département. On peut y loger 60(1' hommes. Le magasin à poudire est, voûté à l'épreuve dé la bombe.

Chateauneuf (Renée de RieaXi surnommée la belle de) naquit veri 1550, d'une noble famille de Breta* gnç. Elle fut'placée comme fille d'bon* neur auprès de Catherine de Médicis; et son étonnante beauté, qui, pendant longtemps, fut proverbiale a la cour C)t

(*) « Le comte de Tonnerre avait fiât

CBA

GHA

de

lai attira les hommases de Charles IX et du duc d*Anjou , depuis Henri III, dont elle fut la maîtresse pendant plusieurs années; ce prince lui adressa, par l'entremise de Desportes , le nmewr de la cour, une foule de sonnets qui roulent tous sur sa beauté , et en particulier sur sa blonde chevelure.

Devenu roi de France, Henri III, s*unissant à Louise de Vaudemont, bien ue, d'après le malicieux Tallemand es Réaux, il eût eu quelque envie d'époaser sa favorite , proposa la main de la belle Châteauneuf au comte de Brienne, sfmple cadet de famille ; celui-ci , néanmoins , refusa un mariage oui le déshonorait en lui assurant la faveur du roi, et il fut forcé de quitter la cour. Cependant ^mademoiselle de ChâteauneuT craignaft peu les charmes de la jeune reine; elle se crut même assez sûre de sa puissance pour oser braver cette princesse dans un bal ; et le roi se vit jforcé de la punir de cette insolence en l'éloignant de la cour. Par dépit, et peut-être par amour, elle épousa un Florentin nommé Antinoitti, qu'elle poignarda dans un accès de jatousie. L'ancien amour du roi la fit absoudre de ce crime, et, plus tard, après avoir, suivant Tallemand des Réaax, refusé la main du prince de Transylvanie, qui avait envoyé demander une fille de la cour de France, elle ^MHisa Philippe Altoviti , capitaine de plère, que Henri III créa baron de Castellane. Ce second mari périt encore de mort violente; il fut assassiné par Henri d'Angouiême, grand prieur de France, contre lequel H avait cons-

Rré. Depuis cette époque (1586), listoire perd la trace de mademoiselle de Cnâteauneuf , et Ton ne sait Blême pas la date précise de sa mort.

Chatbau-ISbuf/u Val de Babgis, ancienne châtellenie du Nivernais, aujourd'hui département de la Nièvre, à 34 kil. de Nevers. La population de ce lieu est aujourd'hui de 2,057 habitants.

pondre mademoiselle de Châteauneuf sur un. trône et loi humilié devant elle qui lui mettait le pied sur la gorge. » ( Tallemand dn Réaux.)

Cr atbau-Nbuf db Bonafos (mon*

naie de). —Les monnaies d'Alby sont les mêmes que celle de Château-Neuf de Bonafos. Nous avons donc cru devoir les réunir pour en faire le sujet d'un seul article. On ne connaît qu'un seul triens mérovingien d'Alby : c'est une petite pièce d'or, sur laquelle on lit ALBiviBNSB autour d'un profil droit, et domino honitabio autour d'une croix à branches égales. Aucun denier carlovingien appartenant à cette ville n'a encore été retrouvé; jl faut descendre jusqu'au temps de la féodalité pour retrouver quelques traces de la monnaie de cette ville. Elle semble avoir appartenu tout entière, à cette époque , au comte de Toulouse. Plus tard , elle fut divisée entre trois possesseurs, le comte de Toulouse, révoque d'Alby, et le seiçneurde Bonafos, qui firent, vers le milieu du treizième siècle, un accord par leauel ils convinrent que la monnaie d'Alby nommée Raymondine serait frappée à frais et à bénéfices communs , dans le château de Bonafos. Il existe en effet d'anciens deniers sortis de Tatelier monétaire établi en vertu de cette convention , et qui présentent au côté drttit la légende baimvndys , dans le champ un monogramme que nous n'avons pu lire sur les pièces que nous avons eues entre les mains, et au revers, le mot ALBiEGi, autour d'une croix ; c'est sans doute ce type dégénéré qui a donné naissance à l'empreinte publiée par Duby (Supplément, {)1. X , n*^ 14). Cette empremte a été ongtemps regardée comme inexplicable ; nous y avons cependant reconnu les mots Raymundus et Albie dnitasy BAMVivio et albieci. La croix grecque du revers y est restée, mais le monogramme s'est changé en quatre petits piliers dont les deux supérieurs accostent une crosse. A la fin du douzième ou au commencement du treizième siècle , Sicard d'Alamon changea cette monnaie et la ramena à une meilleure empreinte. On y vit • alors, d'un côté, une croix avec les mots ALBiBNSis , et de l'autre côté, tes quatre petits piliers réunis en

auL

uuravERS.

CSHA

eroix et caotonnés , au ttoisième canton, d'une OFOSse; autour, on lisait la légende a« bonafos, dont la première lettre 9 b, est un souvenir de Tancienne légende baimyitdvs.

GHATBAU^KlUr BB GADA0NB, aOr

cienne seigneurie avec titre de duché, dans le comtat Yenaissin, à 8 Ul» d'Avignon. Ce lieu, dont la population «st aujourd'hui de 1,100 bap», était possédé, au dix*8eptième siècle, par rune des plus illustres fanoilles du pays. Voy. Gallban (famille de).

Chatèau*I9buf db Gaiaubb , auK cienne baronnie du DauphiQé, aujour<d'hui département de la Drôme, à J6 kil. de Romans.

GHATBAUrl^BnF LB KouoB, an* cienne seigneurie de Provence, au<r jourd'hui département des Bouchesdu-Rhône, érigée en marquisat en

Ghateaunbuf " Rah DON , petite ville de l'ancien Gévaudan, aujourd'hui chef-lieu de canton du départe^ ment de ia Lozère, à 34 kil. de Monde, célèbre- par le siège qu'y soutinrent les Anglais en 1380, contre du Guesclin, général des armées de Charles Y.

Ce fut devant cette place que mourut le connétable , en donnant aux capitaines qui l'entouraient ce conseil, qu'il avait toujours suivi lui-même:

« Qu'en quelque pays qu'ils fissent la « guerre, les gens d'église, les femmes, « les enfants et le pauvre peuple n'é^ « talent pas leurs ennemis. »

Le gouverneur de Randon avait capitulé avec du Guesclin, et promis de se rendre dans quinze jours, s'il ne recevait pas de secours. Lorsque ce temps fut écoulé , le maréchal de Sancerre s'avança sujr les bords du fossé de la ville assiégée, et somma le gouverneur de se rendre; il répondit ^u'il avait donné sa parole à du Guesclin, et qu'il ne se rendrait qu'à lui. Sancerre avoua alors que le connétable était mort :

« £b bien , reprit le gouverneur, je « porterai les clefs de la ville sur son « tombeau. » Sancerre revint tout préparer pour cette cérémonie extraordinaire. On ôta de la tente du héros tout ce qu'elle renfermait de lugubre; son

cercueil fat placé sur une tsbli cou»

verte de fleurs; puis le gouveraear dt la ville a$(siégée sortit et ia place à Is tête de sa garnison, trav^sa l'ann^ au bruit des trompettes, et arriva ûm la tente du connétable s les prindpfios officiers de l'arma , debout et silent cieux , y étaient rassemblés. Le goi^ verneur se mit à genoux devant 1$ corps du connétable, et déposa m m cercueil les clefs de la place et m épée* Un modeste monument a ëi élevé en 1820 au hameau de la Bita* relie sur le théâtre de cet évéïtfr ment.

GHATBAUirEUP- 8UB * GHABENUt

Castrum novuMy Neœwtrumf m cienne diâtellenie de l'Anjou , ai^ooii d'hui chef-lieu de canton da départie ment de la Charente, à 12 kil. oe C»

gnac, érigée en comté en 1644. Charl(| Y la prit sur les Anglais après uotoif siège, en 1880. C'est entre cette vi8 et celle de Jarlfiac que se donna, c| 1569, la fameuse bataille connue le nom de Jarnac, et où les calvini furent battus. (Yoy. JABNic.) La .

pulatiAu de Ghâteauneuf-sur-Charep^ est aujourd'hui de 2,350 habitants. .^ Ghatbaunbuf - sua - Chbb , 9Ê^ cienne seigneuriedu fierry, aujourd'i département du Cher, à 16 kil.

Bourges, érigée en marquisat en t en faveur de Golbert. Cette ville, la population est aujourd'hui de2,< habitants, possédait autrefois une ri< collégiale.

ChATEAUNEDF - 8UB - LOIBB ,

cienne seigneurie de l'Orléanais, jourd'hui département du Loiret 17 kil. d'Orléans, érigée en mar< en 1671, en faveur de Balthasar P peaux, secrétaire d'État, et aïeul Louis Phelipeaux, comte de Pon ' train, qui fut chancelier de France, 1699 à 1714.

Ghateaunbuf - sub - Sabthb , cienne seigneurie de l'Anjou, ai^ d'hui département de Maine-et-Loi à 16 kilomètres d'Angers, érigée baronnie en 1584.

Chatbau-Pobgien, Castrtm cianmi^, ou Castn^m Porcinc$um, cienne principauté de Chamj

caiA

CHA

aujoiirâ*hui chef-Jieo de canton du d^rtement des Ardennes, à 7 kilomètres de Rethel. La ville de Château- Porcien est mentionnée dans le testament de saint Remy, archevêque de Reims; inais elle devait exister bien aotérieurement à cette époque, puisqu'on a découvert sur une montagne ., au nord-est de cette ville, d'anciennes fondations de murs, des puits, des pavés et des- médailles romaines. Château-Porcien , situé sur la rive droite de TAisne, est dominé par un rocher escarpé sur lequel on aperçoit encore les ruines d'un château fort , bâti dans le quinzième siècle, qui soutint, au dix-septièine siècle, quatre sièges en peu de temps. Tombe au pouvoir des Espagnols en 1650,, il fut repris la même année par les Français, qui le j^rdirent encore en 1652, mais le re* «ouvrèrent en 1653.

Cette ville ne fut d'abord qu'une mmïe seigneurie qui relevait du comté ée Sainte-Menebould , et que Raoul de dlâteau-Porcien vendit, en 1263, à Thibaut, roi de INfavarre et comte de Cbammigne , en échange de revenus que ' ee pnftoe lui assigna à Fismes ; puis ^ passa avec la Champagne à Phi* Ulfpck Bel, qui l'érigea en comté, en IM, en l'échangeant avec Gaucher II #e Châtillon , contre la terre de ChâlîHoD*sur'-Marne« Depuis, elle passa dans la famille des ducs d'Orléans, et en 1439, dans celle des seigneurs de Eenty, qui la possédaient lorsque Charte IX, en 1561, l'érigea en princijMté. Après avoir appartenu aux ducs ieNevers, elle fut acquise, en 1659, yir le cardinal Mazarin, et passa enfin m dues d'Aiguillon.

CHATEAU-ReONÀBD ou R£NAB9«

{Mrum yulpinumy petite ville du Çlâtinais Orléanais , aujourd'hui du dé*- Maternent du Loiret, doit son origine I on château fort construit par Re- 9Hard le Vieux, comte de Sens, vers le fliâieu du dixième siècle. Louis le Gros déCmisit ce château en 1230; mais Rokort , comte de Joigny, le fit recons^^ . tmire et l'entoura de fortes murailles fmqaées de tours, dont il existe entote quelques restes assez bien oon«

serves. Il fut démoli, en 1627, par ordre de Louis XIII. La seigneurie de Château-Regnard appartenait , en 1^69, à l'amiral de Coligny, après la mort duquel elle passa dans la maison de Nassau-Orange. Cette ville compte aujourd'hui 2,988 habitants.

Chateau-Regnàult ou Renaud, Castrum JReginaldi, petite ville de l'ancienne Champagne, aujourd'hui du département des Ardennes, à 12 kilomètres de Mézières. C'était autrefois une principauté souveraine dont le chef-lieu était Monttharmé. La ville fut bâtie en 1230 , par Hugues , comte de Rethel , et elle appartint successivement aux comtes de Rethel et aux ducs de Clèves. £n 1629, Louis XIII en acquit la souveraineté en échange de Pont-sur-Seine, propriété de la princesse douairière de Conti. Louis XIV en fit raser le château . gui était trèsfort. La population ae Château-Re-.

gnault n'est plus aujourd'hui que de 600 habitants.

Chatbau-Regnault ^monnaie de).

— On a plusieurs pièces irappées dans cette ville, à l'effigie de François de Conti, qui posséoa la seigneurie de Château-Reçnault au commencement du dix-septieme siècle. Ces pièces sont de tous métaux et trop peu intéressantes pour que nous nous arrêtions à les décrire.

Chateau-Regnault, petite ville de l'ancienne Touraine, aujourd'hui chef-lieu de canton du département d'Indre-et-Loire , à ving;t-huit kilomètres de Tours , fut bâtie au commen-»

cément du douzième siècle par Geof* froy, seigneur de Château-Gonthier, qui lui donna le nom de l'un de ses hls. La seigneurie de Château-Regnault changea ensuite plusfeurs fois de maîtres; elle fut érigée en marquisat en 1620. Cette ville compte aujourd'hui 2,468 habitants.

Chatbau-Renaud (François-Louis Rousselet, comte, puis marquis de), l'un des plus granas marins que la France ait produits, naquit en 1637.

Il servit d'abord dans les armées de terre, et se distingua sous les ordres de Turenne, à la bataille des Dunes et

€HA

L'UNIVERS

CHA

aux sîéfi;és de Dunkerque et de Berque- Saint-Vinan.

II entra dans la marine en 1661 , en qualité d'enseigne de vasseau, et se distingua en 1664, dans une descente opérée sur les côtes d'Afrique par larmée navale aux ordres du duc de Beaufort. Nommé capitaine de vaisseau en 1672, il fut envoyé contre les pirates barbaresques; il s'empara avec un seul vaisseau de cinq de ces corsaires. Il fut promu Tannée suivante au frade de contre-amiraJ , et fut chargé 'aller croiser avec cinq vaisseaux dans les mers du Nord. A peine y était-il arrivé, qu'il aperçut un convoi de cent trente bâtiments marchands, escorté

Ear l'amiral hollandais Ruyter, avec uit vaisseaux de guerre. Quoique inférieur en forces, Château-Renaud n'hésita j3as à commencer ratta(]ue; le convoi fut dispersé : trois vaisseaux hollandais coulèrent bas, et les autres furent forcés de chercher un asile sur les côtes d'Angleterre.

Il commandait une escadre de six vaisseaux lorsqu'il fût rencontré, sur les côtes d'Espagne , au commencement de l'année 1677, par l'amiral hollandais Evertsen, avec une flotte de seize vaisseaux de ligne et de neuf brûlots.

Château-Renaud voulut d'abord éviter le combat, mais forcé ensuite de l'accepter, il soutint l'attaque avec tant de bravoure, et manœuvra avec tant d'habileté, que l'armée hollandaise, après avoir perdu trois vaisseaux , fut forcée de se réfugier en désordre dans le port de Cadix, et de retourner ensuite en Hollande pour réparer ses avaries.

Cliâteau-Renaud prit part au bombardement d'Alger, qui eut lieu en 1688; il fut promu l'année suivante au grade de lieutenant général des armées navales , et fut chargé de porter en Irlande les secours que la cour de France envoyait à Jacques II. Il partit de Brest le 6 mai 1689, avec vingt-quatre vaisseaux , deux frégates et six brûlots , arriva, le 12, sur lès côtes d'Irlande, et opéra heureusement le débarquement des troupes et des munitions qu'il était chargé de transporter, mal-

gré les efforts d'une flotte anglaise de Vingt-huit voiles, qui vint l'attaquer, et qu'il mit en fuite. Le 18, il rentra à Brest avec sept navires iiollandais qu'il avait capturés dans ^ route.

Il commandait l'avant-garde de Tarmée de Tourville, dans le combat liyré par cette armée, le 10 juillet 1690, à îa hauteur de Bévéziers, à la flotte combinée des Hollandais et des An* giais. Chargé de combattre l'avant* garde de l'armée ennemie, commandée | par l'amiral hollandais Evertsen, il parvint à l'envelopper et à la séparer du corps de bataille, et il la combattit avec tant de vigueur, que la dest^a^ truction de la plus grande partie des vaisseaux qui composaient cette escadre décida du succès de la journée.

Lors de la guerre de la succession .

d'Espagne, Château-Renaud futnommé' capitaine général de l'Océan par ^ lippe V, roi d'Espagne, en 1701, el par Louis XIV, vice amiral duLevantt à la mort de Tourville. Il passa ensoift dans les Indes occidentales, pour dé* fendre les établissements espagnols contre les entreprises des Anglais el des Hollandais , et ramena en Europl; la flotte du Mexique. Informé que l'ai» mée combinée d'Angleterre et k Hollande l'attendait sur les côtes d'El^ pagne avec des forces supérieures aot siennes, il voulait relâcher dans Ql port de France, mais l'amiral espa»' gnol , don Manuel de Velasco, s'y 0|r»

posa , et voulut aller aborder à Ym en Galice; il causa ainsi le désastreil la flotte, dont six vaisseaux et om galions tombèrent au pouvoir des al< liés, après que Château-Renaud eii ordonné lui-même qu'on en brûlât jic|l et qu'on fît échouer les autres, pow ravir cette riche proie à l'enneu»

Château-Renaud reçut le bâton (M maréchal de France en 1703- A PépOj que de sa mort, arrivée en 1716,1 était lieutenant général et gouveroéltt de la province de Bretagne.

CHÀTEA.UB0UX , chef-licu du dé] tement de l'Indre, est une ville ancienne, et doit son nom et son ou gine à un château fort construit ▼»

le milieu du dixième sièele, par Raov

FRAISCE.

CHA

'de Déols, surnommé le Large ^ c'està-dire le Libéral. Des habitations se groupèrent peu à peu autour de ce château , et formèrent dans le siècle suivant une ville qui prit le nom de Castrum Radulphiy d'où vint le nom moderne de Ch^teauroux. Cette ville, qui tomba plus tard au pouvoir de Philippe-Auguste, et fut par lui réunie au Berry, était, dans l'origine, possédée par les princes de Déols, issus, suivant Topinion la plus commune , de la famille des ducs d'Auvergne. La seigneurie de Châteauroux fut érigée en comté le 16 juillet 1497, par Charles Vm , en faveur d'André de Chauvigny, vicomte de Brosse. Plus tard , elle passa dans la famille des princes de Condé , et fut érigée en duché- pairie par lettres de mai 1616,' en faveur de Henri II de Bourbon , prince de Coi^dé. En 1736, Louis XV en fit l'acquisition et la donna à sa maîtresse Marie-Anne de Maiily-Nesle, qu'il créa duchesse de Châteauroux. Après la mort de cette femme, en 1744, ce duché retourna au domaine royal.

La ville de Châteauroux était, avant la révolution , le cheMieu d'une élection. Elle possède aujourd'hui des triluiiaux de première instance et de eootmerce, une chambre consultative des arts et manufactures , et une société d'agriculture. On y compte 1 1 ,é87 habitants. C'est la patrie clu général Bertrand.

Chateauboux (monnaies de). Voy.

BioLS. '

Chatbauboux (Marie- Anne, duchesse de), sortie de l'illustre famille ée Nesle, épousa en 1734 le marquis de la Toameilé, dont elle devint veuve è rase de vin^-trois ans. Belle, aimabte et spirituelle, madame de la Tournelle se trouva jetée, dans l'âge des passions, au milieu d'une cour dissolue. Elle était ambiteuse : l'exemple de ses trois sœurs, mesdames de Mailly, de Vintimille du Luc, et de Lauraguais, qui tour à tour étaient devenues les maîtresses de Louis XV, Tenhardit à briguer le même honnhir.

Weat'ètre une plus noble ambition famma-t-elle; toujours est-il qu'elle

parvint, ce qui n'était pas difficile, à se faire aimer de Louis XV, et que, différant adroitement sa défaite, puis, accordant ou refusant habilement ses faveurs, elle ne tarda pas à prendre un empire absolu sur ce prince et sur le royaume. Madame de Châteauroux n'était pas une femme aimante, et ce vice de son cœur contribua puissamment à sa fortune : elle stipula d*abord le renvoi de sa sœur, madame de Mailly, puis se fit nommer dame du palais* de la reine, et duchesse de Châteauroux, avec le brevet d'une pension de 80,000 livres. On ne voit jusque-là dans sa conduite qu'une ambition vulgaire, égoïste et personnelle; mais son âme forte et élevée tendait plus haut: elle voulait non-seulement qu'on lui pardonnât son titre de favorite , mais encore que la France bénît son nom et 3ue Tnistoire lui attribuât la grandeur e son roval amant. Par malheur, Louis XV était fort au-dessous d'elle, et ce fut à grand' peine qu'elle parvint à l'arracher quelques instants à sa voluptueuse rnollesse , pour Pentraîner à la tête des armées de Flandre et d'Alsace. Elle y était parvenue et se sentait heureuse, lorsque le monarque tomba malade à Metz, et sur le point de mourir, consentit, pour recevoir l'extrême-onction , que la peur lui faisait désirer, au renvoi de sa favorite. Madame de Châteauroux reçut l'ordre de partir immédiatement, et elle s'y préparait avec fermeté, lorsqu'elle se rappela que, venue dans la voiture du roi , elle n'en avait pas une à elle pour s'en aller. Dans les cours, une personne disgraciée est traitée comme on traite , en Orient , les pestiférés *, chacun craint la contagion de sa disgrâce, et on s'éloigne sans pitié. On ne doit donc pas trop s'étonner de voir citer comme un trait de courage l'acte du maréchal de fielle-Isle, qui osa prêter sa voiture à la favorite en disgrâce.

Assaillie d'injures et de menaces par le peuple des campagnes, de tout temps ennemi des favorites, elle traversa quatre-vingts lieues de pays au miliei( des outrages et des malédictions, se rendit à Pads et s'y cacha ,

CHA

attendant avec anxiété des nouvelles du roi. Pendant tout ce temps, le lAaréchal de Richelieu , son ami , lui resta fidèlement attaché, et lorsque le roi fut complètement rétabli , il ménagea un rapprochement entre les deux amants. Madame de Ghâteauroux rentrant alors à la cour, après quatre mois de disgrâce, reprit son ancien ascendant sur le roi , et elle semblait au comble de la faveur, lorsque la mort vint la frapper au mois de décembre 1744. On a dit que la duchesse de Ghâteauroux était morte empoisonnée ; les symptômes de sa mort et les nombreux empoisonnements qui eurent lieu à la cour pendant les règnes de Louis XIV, du régent et de Louis XV, rendent le fait assez probable. — On a publié en 1806 un intéressant recueil de lettres de madame de Ghâteauroux.

GHATEAtl-SALINS. VoyCZ SALINS.

Ghaxeau - Thibbby , Castrum Theodorici, Suivant une ancienne tradition , cette ville doit son origine à un château fort que Gharles-Martel fit construire pour garder le roi Thierry IV. Ce château, terminé vers l'an 730, resta au domaine roval jusqu'à ce que Louis le Bègue l'eut donné à Hébert P', comte de Vermandois^ dont les successeurs le conservèrent jusqu'en 945, époque où il passa à Richard , comte de Troyes. —En 123 1 , Ghâteaii-Thierry obtint du comte de Ghampagne une charte de commune , et ses franchises furent confirmées en 1301 par Philippe le Bel. En 1803 eut lieu dans cette viue une assemblée des grands du royaume.

Château - Thierry dut à sa position importante comme place de guerre de nombreuses vicissitudes. Prise en 998 par Raoul , duc de Bourgogne, elle fut reprise la même année par le comte de Vermandois , et tomba, Tannée suivante au pouvoir de Raoul et de Hugues, ducs de France. Les Anglais l'assiégèrent inutilement en 1371 ; ils parvinrent à s'en emparer en 1421 , et en furent chassés quatre ans après.

Charles - Quint l'attaqua et la prit en 1544. Durant les guerres de la Ligue, elle fut emportée d'assaut, en 1591 , par les Espagnols, qui y commirent

les plus grandes cruautés. Elle se soumit à Henri IV en 1595 ; et vingt m après, elle se rendit au prince de Condé et au duc de Bouillon. Rentrée sous l'obéissance du roi. en 1616, elle H prise et pillée en i652 , pendant les guerres de la Fronde* Lors de la euem a'invasion , en 1814, Château-Thierry eut horriblement à souffrir du passagi des alliés des Bourbons , qui , aans l«i premiers jours de février, la livrèrent trois fois au pillage. Le 12 février eot lieu sous ses murs le combat auquel elle a donné son nom. (Voyez plus bas*)

Château-Thierry, qui, avant la i^ volution , faisait partie de la Briff champenoise, était le chef-lieu d'une élection et le siège d'un bailliage et d'un présidial. C'est aujourd'hui l'iift des chefs -lieux d'arrondissement di« département de l'Aisne. Elle possè un tribunal de première instance, collège communal et une bibliothèqi publique. Sa population est de 4, habitants. C'est la patrie de d grand fabuliste, Jean de la Fontaine.

Cha-teau-Thiebry (combat de)^ Le 12 février 1814, les troupes du néral York étaient en bataille sur plateau en arrière du ruisseau des < querets, lorsque les colonnes françai arrivèrent devant elles. La canonn s'engagea vivement ; la cavalerie ennemis fut bientôt culbutée par nôtre ; le général Béliard tourna 1 extrême droite , enfonça leurs c et le petit nombre de soldats qui rent s'échapper alla rejoindre le ri de l'armée qui passait en désordre Marne à Château-Thierry. L'empe ayant vu le prince Guillaume dePmi sortir de la ville pour porter secoi aux fuyards , envoya contre lui le gi néral Petit , qui , avec deux bataill'" de grenadiers, lui prit quatre hommes, et l'obligea de repasser ponts et d'y mettre le feu. Cette gl< rieuse iournée, qui ne coûta gue qua' cents hommes, fit perdre à l'eno trois pièces de canon, douze ceai hommes et dix-huit cents prisonnir-' Le lendemain les Français rentré dans Château-Thierry et se mirent 14 à la poursuite des ennemis, aidK

FJUkNCR.

CHA

, ipelfi Ils firent encore Couver des pertes considérables, et qui expièrent, alors les horreurs qu'ils avaient comvsmB dans Château-Thierry et dans

, 1^^ environs , car les paysans, exaspérées* en massacrèrent plus de deux mille qui s'étaient réfugiés dans les bois.

CHATEAU-YiiiLAiN, Cctëtrum FiUanmR , petite ville de l'ancienne Cham-

Bie, aujourd'hui département de la te-Marne, à 16 kilomètres de Chau- Bt.La seigneurie de Château-Villain érigée en comté, sous Heqri II, en /eur de Joacbim de la Baume, comte I^Montrevei , et en duché-pairie, sous 'nom de Fitry^ en 1703, en faveur comte de Toulouse.

ATBAU - YjLLAiN (monnaie de).

'ordonnance de Lagny , rendue en

d , nomme le seign^r de Château-

aiin parmi ceux qui jouissaient du

it de battre monnaie ; cette mon-

, qui n'a pas été retrouvée, devait

à 3 deniers 6 grains de loi , et à la

j de 240 deniers au marc. Il fallait

deniers de Château • Villain pour

^« 1 sou ou 12 deniers tournois.

.ÔtiXBAUX FOBTS. — Daus les der-

ti^ps de l'empire romain , les

'^'~$ seules étaient garnies de

forts ; mais quand, par suite

jorasions que firent les tribus ger-

^ ses, toutes les provinces de la

„ fiirent devenues successivement

provinces frontières, il fallut aussi

protéger contre les invasions et y

struire des forteresses, et les lignes

châteaux forts s'étendant ainsi de

^ehe en proche , finirent par couvrir

Jnur réseau toute l'étendue du ter-

18 la première race , les princes ,

irs des châteaux qu'ils avaient

rés construits dans la Gaule y s'en

luèrent quelques-uns comme rési-

royales, comme rendez-vous

fiasse, mais ne pensèrent guère

stenir les autres et à en accrot-

noœbre, parce que leur coutume

pas d'attendre leur ennemi der-

des murailles , mais de marcher

vase campagne et de le vaincre à la

du soleil. Beaucoup de châteaux

it donc en ruine ; mais, dans

les neuvième et dixième siècles, on fbt forcé , par les irruptions multipliées des Normands, de réparer les châteaux forts et d'en construire de nouveaux ; on entoura alors de remparts jusqu'aux monastères eux-mêmes. L'wbaye de Saint-Germain des Prés, à Paris, fut ainsi transformée en une forteresse , ce qui ne l'empêcha pas d'être prise ,

Eillée et brûlée nlusieurs fois pisir les ommes du Nord.

Quand, sous le règne de Charles le Chauve , les fiefs furent devenus perpétuels entre les mains de ceux à qui ils n'avaient d'abord été octroyés que pour un temps, puis à vie, le nombre de château3( augmenta considérablement en France. £n effet, chaque seigneur, fier de son titre de suzerain hérédi-' taire et ialoux de le conserver , se cantonna dans son partage et s'empressa de s'y entourer de moyens de défense, soit contre les insurrections de ses vassaux, soit contre la pensée qui pouvait venir à la royauté de rétracter des concessions impolitiques et ruineuses auxquelles sa faiblesse l'avait contrainte.

Dans la suite des temps , la possession d'un château fort étant devenue le signe de la suzeraineté , tous les nobles qui en étaient investis ou qui prétendaient l'être , se hâtèrent d en élever un, dont ils firent leur manoir {)rincipal et le siège de leur domination égitime ou usurpée. Le sol de la France fut alors véritablement hérissé de châteaux forts ou maisons fortes, comme on les appelait aussi. C'est là que les seigneurs bravaient l'autorité royale, soutenaient des sièges contre elle et la faisaient souvent reculer. C'est de ces forteresses, munies de hauts et solides remparts, de tours menaçantes, de fossés profonds, et placées le plus souvent sur des cimes ae roehers, comme des nids de vautours, que des seigneurs ignorants, cupides et barbares^ s'élançaient dans la plaine , pour ravager la moisson du pauvre , rançonner , piller, et quel^eiois incendier les monastères, s'embusquer le long des grandes routes, y attendre les marchands qui se rendaient aux foires , et là , en véritables coupe-jarrets , les dé-

CliA

L'UNIVERS-

valiser et souvent les mettre à mort.

Les grands feudataires avaient un grand nombre de châteaux qui , lorsqu'ils ne s'élevaient pas sur la crête d'une montagne , défendaient l'entrée d'une vallée ou le passage d'une rivière. Comme ils ne pouvaient pas les occuper tous de leur personne , ils en confiaient la défense à des châtelains, ou les cédaient à titre de sous-iuféodation.

Il faut tout dire, si les châteaux forts furent presque toujours des moyens de brigandage et de tyrannie , ils furent quelquefois aussi dés moyens de protection pour l'impuissance et la fai« blesse. C'était dans leur enceinte, qu'au signal donné par le beffroi , les habitants des campagnes se retiraient, avec leur mobilier et leurs troupeaux, à l'approche de l'eimemi. Pour prix du secours qu'ils en recevaient, ils étaient tenus d'aider a leur entretien et de faire , à tour de rôle , même en temps de paix, le guet ou la guaite sur le rempart, pour la sûreté personnelle de leur seigneur. Les monastères fortifiés offraient le même abri et avaient droit au même service. Le roi eut aussi , pour une destination semblable, des châteaux forts, commandés par des capitaines et gardés de la même manière , Jusqu'au temps où les troupes réglées furent assez nombreuses pour qu'on pûf y entretenir des garnisons permanentes. L'obligation de faire le guet fut souvent , entre les mains des capitaines du roi, un moyen de rançonner ou de vexer les habitants soumis à leur autorité. Une ordonnance générale de janvier 1560, rendue sur les doléances , plaintes et remontrances des états généraux assemblés à Orléans , modifia ainsi qu'il suit l'obligation vraiment onéreuse pour les hommes des champs, de monter la garde dans les châteaux du roi :

« Défendons à tout capitaine ou à « leurs lieutenants en nos places et « chasteaux , qui ne sont pas en fron- « tière, de contraindre les habitants « des lieux à faire le guet , ou de leur « faire payer aucuns deniers pour ice- « lui guet, si ce n'est en cas de besoin

« et nécessité, à peine de privation de « leurs estats. « ,

Cet article laissait cependant eneorei une large porte ouverte aux vexations' i et à l'arbitraire, car, qui pouvait étit^ juge du besoin et de la nécessité, si* non les capitaines royaux , contre le quels les habitants n'auraient jat osé réclamer?

A mesure (jue la puissance roj prit de l'accroissement en France, châteaux forts appartenant aux gneurs diminuèrent en nombre, ps

3ue ies rois démolissaient tous cet ont ils pouvaient s'emparer. £n effe dès qu'ils avaient vaincu un vassal belle, ils lui imposaient pour premier condition de paix, la destruction T la forteresse à l'aide de laquelle il m résisté à sa volonté. Louis XI, en ps ticulier^ n'oublia jamais cette clai dans ses traités. François I*', en at ranl la noblesse à la cour , fit aba donner beaucoup de châteaux forts i se dégradèrent, tombèrent en ruinei ne furent point réparés par leurs pi priétaires devenus courtisans; pi sieurs furent pris et démolis par ' divers partis qui déchirèrent la Frai pendant les guerres de religion. Ri(' lieu en fit ensuite jeter bas un gi nombre, et le reste disparut sous XIV^ pour céder la place à des ci teaux de plaisance. Quand les chofl en furent venues là, lé roi lui-mén laissa tomber ceux qu'il possédait l'intérieur, sauf quelques-uns transforma en citadelles ou en prise d'État, comme la Bastille, le M( Saint-Michel, les châteaux de Hai de Joux , etc. Quant à ceux qui subsi taient sur la frontière, on les fortifiai la manière moderne , et on en fit ^ places de guerre.

Chàteigneràye (la), petite villes l'ancien Poitou « aujourd'hui chef-li( de canton du département de la V( dée^ à 15 kilomètres de Fontenay Comte, où se livra, en 1793, un coi bat meurtrier entre les soldats de république et les Vendéens. Cette compte aujourd'hui 1 ,437 habitaDta.J ChatektNebaye (combat de \C L'armée vendéenne ayant vaincu >

CHA

FRAKCE.

CHA

)aars, ]e gj^néral Quetîneau^ se disur Parlhejiay. D'Elbée, maître ï^eette vilie^ marcha, le 13 mai 1793, douze ou quinze mille hommes , . le |)oste de la Châteigneraye, que fendaient trois mille républicains, commandait le général Chalbos ; joés par des forces supérieures , i braves furent écrasés^ tués ou faits loiers. Les Vendéens, maîtres fil ville, pillèrent les habitations des Itriotes. Mais ils furent forcés de se lier quelques jours après, à la noule de rapproche de Chalbos , qui m(^\i à la tête d'une armée plus idérable.

liiEL (Jean), fils d'un riche mar-

id drapier de Paris, étudiait au

je des jésuites , lorsque le 16 dé-

^relâ94, il s'introduisit au Lou-

péuétra dans la chambre de Ga-

' d'Ëstrées , et frappa d'un coup

iteau Henri IV , au moment ou

» baissait pour relever deux gentils-

nes oui lui rendaient leurs de-

i; Qiatel avait voulu frapper le

là la gorge, il^l'atteignit à la lèvre

IWeassa une dent. Arrêté à l'ins-

f^fat soumis aux tortures les

laf&eoses et les endura sans révé-

Ijtt complices. Cependant, des per-

itioos raites chez les jésuites ame-

it la découverte de , plusieurs

séditieux , qui les firent cou-

}r à un bannissement perpétuel.

de Châtel fut chassé avec eux^

lison fut rasée et il paya une

de deux mille francs. Sur

)lacement de cette maison , qui

située en face le Palais de Jus-

fut élevée une pyramide portant

St du parlement et diverses ins-

ions en grec et en latin. Cette

|mide fut abattue en 1605 , à la

ûtation des jésuites rentrés en

Jean Châtel doit être consi-

I comme un instrument des haines

irti ligueur, que Henri IV n'avait

irmer par.son abjuration.

LTELAiN. L'origine des châte-

est fort modeste. Ils n'étaient

>rd que de simples officiers des

et des comtes, qui les envoyaient

inder en leur nom dans les

bourgades ou forteresses de leurs domaines. Ces officiers rendaient la jus« tice y maintenaient les sujets dans l'obéissance de qui avait droit de l'exiger, et jouissaient, dans toute l'étendue de leur ressort, de la même autorité que les vicomtes dans les villes. Pour éviter les conflits , partout où il y avait depuis longtemps un vicomte, on n'envoyait point de châtelain, et le vicomte commmandait au château aussi bien qu'à la ville. Un châtelain ne pouvait point se charger de la garde d un second château sans le consentement du seigneur à qui appartenait celui qui avait été confié d'abord à sa surveillance , et quand il avait sous lui des sous-châtelains, suhcastettani^ le seigneur pouvait exiger que. ces subalternes lui prétassent aussi un serment de fidélité. Vers le milieu de la seconde

{>artie du treizième siècle, leschâteains furent , dans les villes royales , remplacés par des prévôts qui n'eurent que - la juridiction municipale, avec le jugement des causes qui s'y rattachaient , et résidèrent dans les villes ou les bourgs. Quant à l'autorité militaire et à la garde des châteaux, elles furent remises à des commandants de place ou des capitaines, dont quelquesuns , en mémoire de leur origine , prenaient le titre de capitaines-concierges. Ces officiers recevaient directement les instructions et les ordres du roi.

Plus tard , on appela châtelains les seigneurs investis du pouvoir de posséder un château entouré de fortincatioi\s, et dont la terre, érigée en châtellenie , conférait le droit de justice. Dans la hiérarchie nobiliaire, les châtelains étaient d'un rang inférieur à celui des barons.

Chàtbldon^ petite ville de l'ancien Bourbonnais, aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement du^ Puyde-Dôme. On a publié, il y a quelques années , le dessin de deux deniers du douzième siècle , présentant d'un côté le monogramme d'Herbert, avec la légende : Castellykdon; de l'autre, l'A et l'oD attachés aux branches d'une croix grecque, et les mots Lydoyicys

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