‹ France (volume 5)Chapitre 48 sur 114 · GOG · texte numérisé non relu

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fortement à ce projet , qui aurait décidé le succès en sa faveur. Le 9, après la séance de la Convention , ce fut encore CofQnhal qui alla délivrer Henriot, retenu prisonnier au comité de sûreté générale, et même à ce moment, SI Robespierre avait voulu suivre ses conseils et ceux de Saint- Just, la victoire pouvait revenir du c6té de la Commune, mais il aima mieux succomber que d1 miter Cromweti. Les troupes de la Convention , sans avoir éprouvé la moindre résistance sur leur route, entrèrent de même, sans coup férir, dans la salle de rhôtel de ville, où était assemblé le conseil général de la Commune. Coffinbal parvint à s'écbepper , mais après avoir passé sa fureur contre Henriot , dont Tineptie avait été si funeste à son parti. L*ayant rencontré dans un corridor de Photel de ville, il s'élança sur lui et le précipita du haut d'une fenêtre daus une des cours intérieures , en lui disant : « Tiens, misérable, voilà le prix de tes lâchetés. » Un fait certain, c'est que si Coffinhal avait été le chef de la force armée à la place de Henriot , l'événement aurait très-probablément pris une autre tournure ; mais Robespierre, qui ne voulait pas de violence , l'avait tenu , à dessein , éloigné du commandement militaire.

, La fin de Coffinhal fut tragique.

Étant parvenu à s'ouvrir, sabre en main, un passage à travers la foule des sections armées, il erra quelque temps à l'aventure et finît par aller chercher un refuge dans rîle des Cygues. Là, il endura pendant quelques jours les souffrances de la solitude au milieu des privations les plus cruelles, sans consolations, sans nouvelles de ses amis , sans vivres. Mourant dMnanition , il se décida enfin à quitter ce triste séjour et à aller demander l'hospitalité à un ami auquel il avait rendu d'importants servires et sur la dévotion duquel il comptait :

cet ami s'acquitta des devoirs ae l'amitié et de la reconnaissance en le livrant à la gendarmerie. Comme tous les autres vaincus , Coffinhal avait été mil hors la loi par le décret du 0

thermidor ; le tribunal n'eut donc qu*à constater son identité, pour l'envoyer 'à l'érhafaud. Il y monta le 18 thermidor (août 1794), avec le courage qu'on lui avait toujours connu.

Coffinhal - Dunoyeb ( Joseph ) , frère du précédent , baron , conseiller d'État , conseiller à la cour de cassation, naquit à Aurillac, en 1757. Il ne partagea point les opinions po»

litiques de son frère dont il répudia même le nom, et sut semaintenir constamment dans une ligne-de modération qui lui permit de conserver ses hautes fonctions sous tous les gouvernements. En 1814, il fut un des premiers à adhérer à la déchéance de l'empereur, qui l'avait comblé de faveurs, et dont il avait plus d'une fois célébré la puissance et la gloire.

COFFBETIEBS-lVf ALLETIEBS. — CeS

artisans , nommés aussi bahuiiers , étaient régis par des statuts qui remontaient à l'année 1596; deux jurés gouvernaient l«ur communauté et faisaient des visites dans leurs ateliers.

L'apprentissage était de cinq ans , après quoi l'aspirant à la maîtrise devait encore faire cinq ans de compagnonnage : la maîtrise coûtait ensuite sept cents livres , et le brevet cinquante livres.Les cpffretiers-malletiersne pouvaient commencer leur travail avant cinq heures du matin ni le finir plus tard que huit heures du soir , à cause du bruit qu'ils faisaient, et qui aurait incommodé le voisinage.

CoGEB (F.-M.) , licencié en théologie, né à Paris en 1723, mort dans la même ville en 1780 , après avoir été recteur de l'Université, ne nous est maintenant connu que par les sarcasmes dont Voltaire la accablé , et qu'il s'était attirés en faisant une critique amère du BélUaire de Marmontel , et des philosophes. Il n'était désigné parmi ceux - ci que sous le nom de cogepecus. Outre des poésies latines, il a laissé une Oraison funèbre de Louis XV.

Cognac , Coniacum. ou Copriniet^ cum, petite ville de l'Angoumois , aujourrbui chef -lieu d'arrondissement

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4u déûarteroent de la Charente, était autreiois dominée par un château fort dont U ne reste plus que quetoues rui* nés v^ dans le parc duquel la auchesse d'AngouIême accoucha de François P' en 1494.

Cette vilk, où îl s'est tenu trois conciles, dans le treizième siècle , fut issiég^ inutilement par le prince de Condé, en 1551. C'était ^ avant la révolution 1 ie cbef-lieu d'une élection et ]^ siège d'un bailliage. Elle possède auiourd'hui des tribunaux de première rastanoe et de commerce; sa population est de 3,400 habitants.

, CoGNiET (Léon), peintre d'histoire, né à Paris en 17d4, élève de Guéria, a obtenu le prix de Kome en 1817; ses principales œuvres sont; MetahiAS p&ursuM par se^ sujets , Marias à Carthage , prise de Loqrono , Numa , Rebecça enlevée par h templier ^ le plafond de la salle des manuscrits au Louvre, représentant Bonaparte dirigeant les trcwaua: des savants en Égfpie, eto«

CoG:NiST ( Juies-Louis-Pbilippe), peintFe de paysages , né à Paris en 179S , est élevé de M. Bertin. Cet artiste, qui a adopté le genre de Michallon, a exposé, depuis 1824 , un assez grand nombre de vues de France , d'Italie et de Sicile.

CoBOBTBs. — Cette dénomination , empruntée à la nomenclature militaire des Romains, était sans application dans nos armées, -quand Bonaparte l'introduisît dans Torganisation primitite de la Légion d'honneur ( voyez ce mot), et plus tard danni eelle des gardes nationales. Suivant le décret du 30 septembre 1805 , chaque cohorte de la garde nationale fut composée de dix compagnies : une de grenadiers , une de chasseurs, et huit de tu^iliers. Plusieurs cohortes devaient être réunies en légion. Ce furent les cohortes levées en vertu de ce décret , qui , lors de la descente des Anglais à Flessingue , marchèrent sur ks cotes de la Flandre hollandaise, et contribuèrent à leur faire évacuer l'Ile de Yalcberen. {Voyez OARDE nationale. )

Ci»KU& et CoHUAGB» •— On donnait

autrefois le nom de cokue à une gs^lerie ouverte, élevée sur une place publique, quelquefois dans un cimetière, sous laquelle se tenait le marché d'une ville et où se rendait en quelques endroits la justice, lorsqu'il ne s'agissait que de causes sommaires et aun faible intérêt. On appelle aujourd'hui ces portes de galeries des Halles.

Quand les cohues étaient employées comme lieux d^exposition et de vente, les marchands (^\ venaient y apporter leurs denrées , étaient tenus de payer, au profit de la ville , ou du seigneur de l'endroit , une redevance appelée cohuage, dont il est souvent fait mention dans nos vieux auteurs et danç les pièces originales;

En Normandie et en Poitou , la 'cohue était le lieu ou se tenaient les plaids, quel que fut celui où siégeait le magistrat,

-C'est à la grande afOuence de monde que l'on rencontrait dans lés marchés et dans les salles des tribunaux qil'est dû le mot cohue que nous employons aujourd'hui pour parler d'un rassemblement considérable et confus.

Coiffure. — Nous avons , dans des articles spéciaux , traité de la coiffure des hommes; nous ne parlerons ici que de celle des femmes.

Jusqu'au règne de Charles VI , la coiffure des femmes différa peu de celle des hommes : une belle chevelure , Quelques fleurs choisies avec goût , étaient les seuls ornements par lesquels elles se distinguassent.

Elles imaginèrent alors une haute coiffure conique , à l'extrémité de laquelle elles attachèrent un voile qui pendait plus ou moins bas suivant les qualités. Le voile de la bourgeoise ne descendait que jusqu'à la ceinture, celui de la femme d'un chevalier touchait jusqu'aux talons , et celui d'une reine ou d'une princesse traînait sur la terre.

Jouvenel des tJr&ins , en parlant des désastres dont l'hôtel d'Isabeau de Bavière fut le théâtre, dit qu'en 1417, malgré les guerres et les tempêtes politiques , « les dardes et demoiselles menoieot un excessif est^t , et qu'elles

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portQieBt des cornes merveilleusement hautes et (arges , ayant de chacun costé deux grandes oreilles si larges que quand elles vouloient passer par un huis , elles étoîent obligées de se baisser et de se présenter de costé. » En Flandre y où les cornes étaient nées, on les appelait des hennins ; dans les anciennes tapisseries flamandes , on retrouve de ces coiffures gigantesques qui s'élevaient jusqu'à deux et trois pieds de hauteur. <

Ces cornes monstrueuses qui servirent d'abord à distinguer les femmes du premier rang , et ^ue toutes les autres adoptèrent ensuite, ainsi que le voile qui y était attaché , excitèrent l9 bile des prédicateurs. Deux carmes , Tun nommé Breton , et l'autre Tho-mas Gooare, les attaquèrent publi(juement en chaire , et elles disparaissaient partout où ils passaient , mais pour se redresser plus orgueilleuses encore lorsque le sermon et le sermonneur étaient oubliés. Cinquante ans après , en t467 , sous Louis XÏ , les femmes , dit Monstrefet , « mirent sur leur tête bourrelets à la manière de bonnets ronds qui s'amenuisoient par-dessus de la hauteur de demi -aulne, ou de trois quartiers de long ; telles y avoient et aucunes (es portoient moindres , et déliés couvre-cliiefs par-dessus, pendant par derrière les aucunes et les autres. « Comme on le voit, les femmes avaient alors de la persévérance, et conservaient longtemps les mêmes modes. Elles finirent pourtant par abandonner les hennins , et passèrent d'une extrémité i l'autre. Sous le règne de Charles VIII , elles prirent de petits bonnets fort bas , garnis en de* hors de peaux tachetées de noir et de blanc. A la mort de son premier époux, Anne de Bretagne mit sur sa tête un voile aoir. Les dames de la cour l'imitèrent et ornèrent de franges rouges ou couleur de pourpre ces voiles que les bourgeoises adoptèrent aussi, et dont elles augmentèrent l'éclat en y joutant des affrafea d'or et en les chargeant même de perles.

Les femmes de Qualité , dont les ridhe» btourgeoîses adoptèrent toutes les

coif^res, imaginèrent « soua François I*% de relever leur toupet , de retaper les clieveux des tempes t et de faire du tout une espèce de pyramide qu'on rejetait en arrière; mais cette mode ne dura pas longtemps comme ornement distincUf ; elle devint bientôt générale, et même, quelques dames d'un rang élevé ne l'adoptèrent jamais.

Marguerite , sœur du roi chevalier , et aïeule de Henri IV , prit une toque surchargée de dorures , ou un petit chapeau avec une plume ; cette coiuure devmt bientôt à la mode, et elle se soutint jusqu'à la fin du règne de Henri II. Les femmes portèrent ensuite, jusque sous Henri ÎY, de petits bonnets avec une aigrette. La seconde Marguerite de Valois, femme de ce prince , ne s'assujettit à aucune mode ; cependant sa coiffure favorite était le toupet relevé , les cheveux des tempes frisés, et elle portait sur h tête un bonnet de velours ou de satin enrichi de filets de perles et de pierreries , avec un bouquet de plumes.

A peu près dans le même temps reparut le chaperon des Mérovingiens , et cette coiffure, (|ue Scaliger trouvait fort sotte , dura jusqu'à Louis XIH.

C'était pour les dames une pièce de velours oui formait le bonnet et revenait sur le front , où il faisait la pointe ; les bourgeoises ne le portaient qu'en drap. Ou les appelait dames à choc peron.

Sous le règne de Louis XIY , après l'introduction des rubans connus d'abord sous le nom de Fontanges^ qu'ils avaient empruntés à la belle personne qui les avait mis à la mode, les, hautes coiffures reparurent et parvinrent bientôt à un tel degré d^'élévation, que les architectes furent obligés de hausser et d'élargir les portes , parce que, comme au temps des hennins, les femmes ne pouvaient plus y passer.

Tant que dura le règne de Louis XV, hg coiffures subirent de nombreuses variations; elles s'abaissèrent ou s'exhaussèrent suivant le goât ou la fantaisie de la favorite en titre que les dames de la cour et les bourgeoises

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de la ville s^empressaient d*iinîter« Mais sous Louis XVI, vers 1774 et 4775, les femmes élevèrent leur coiffure à une hauteur tellement exorbitante que , dans [es loges des théâtres, elle interceptaient aux spectateurs la vue des décorations et des acteurs, et que, pour mettre Gn aux querelles continuelles que cet obstacle suscitait , de Vi>me , directeur de TOpérà , fut obligé de faire, en novembre 1778, un règlement qui défendait Taccès de l'amphithéâtre aux personnes dont la coiffure était trop haute.

Ces coiffures extravagantes ne pouvaient se soutenir qu'à Taide d*un échafaudage fort compliqué et souvent fort pesant, et il y entrait tant de fil de fer ou d'archal, qu'on était en droit de demander à une dame. quel était le serrurier qulTavait coiffée. On imagina alors d'introduire dans la coiffure une multitude d'objets qui la transformaient en un parterre ou en une boutique de curiosités. Lors du célèbre combat de la Belle-Poule , les femmes placèrent sur leurs têtes une petite frégate avec ses agrès, sa mature, ses voiles, ses pavillons; et cette coiffure fut appelée du nom du bâtiment qui lui avait donné naissance. Vers la même époque, une plaisanterie de Beaumarchais , qui tombait sur le gazetier Marion , donna lieu à la création du qmsaco^ lequel fiit ensuite détrôné par le pou/f.

Cette coiffure était infiniment supérieure au quésaco , par la multitude de choses qui entraient dans sa composition ; elle empruntait son nom de la confusion d'objets qu'elle pouvait contenir. Il y en avait d'ailleurs plusieurs espèces, dont la plus remarquable était le pou/f au sentiment , ainsi nommé parce qu'il était relatif aux objets qu'on aimait le mieux. Bachaumont nous a laissé dans ses Mémoires une curieuse description du pov^ au sentiment de la duchesse de Chartres , mère de Louis-Philippe.

« Au fond , dit-il , était une femme assise sur un fauteuil et tenant un iiourrisson ^ ce qui désiguait le duc de

Valois et sa nourrice. A la droite était un perroquet becquetant une cerise, oiseau précieux à la princesse ; à gauche , était un petit nègre , image de celui Qu'elle aimait beaucoup. Le surplus était garni d'une toufre de cheveux du duc de Chartres, son mari; du duc de Penthièvre , son père; du duc d'Orléans , son beau-père, etc. Tel était l'attirail dont la princesse se chargeait la tête. Toutes tes femmes de la cour raffolèrent des pouffs et voulurent en avoir. »

Mais, en 1780, la reine ayant perdu ses cheveux à la suite d'une couche, et adopté une coifftire basse appelée à Venfanty toutes les femmes de la cour répondirent à ce signal , et la hauteur de la coiffure , réduite à Versailles , le fut bientôt à Paris et dans les provinces.

Depuis cette époque , les variations de la coiffure des femmes ont été trop fréquentes pour que nous entreprenions de les enregistrer ici. Disons seulement que dans cette partie de leur parure elles ont remplacé le désir de se faire remarquer à tout prix par de la simplicité et de l'élégance, et qu'on n'a plus eu à leur reprocher les extravagances oui leur ont attiré, à juste titre , les epigrammes et les sarcasmes de nos aïeux.

CoiGNET (Horace) , musicien , né à Lyon, en 1736, a composé la musique dû Pyi^malion de J.-J. Rousseau. Coignet' s'inspira près de l'auteur, et sa composition a résisté aux efforts tentés pour la remplacer. Il est mort à Lyon , le 29 août 1821.

CoTGNY , ancienne seigneurie de Normandie (aujourd'hui du département de la Manche) , érigée en comté en 1650, en faveur de Jean- Antoine de Frauquelot , maréchal de camp , et enfin en duché en 1747. Le personnage le plus remarquable de la famille de Coigny est :

François de Franquelot^ d'abord comte, puis duc de Coigny, né en 1670. Il embrassa de bonne heure l'état militaire , servit d'abord en Flandre, puis sur le Rhin. Villars, qui commandait Farmée d'Italie ^ ayaof

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FRAJNCE.

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