‹ France (volume 5)Chapitre 51 sur 114 · OI · texte numérisé non relu

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ment de toute espèce de droit péca- Dîaire ou d'impôts , ne signi6ait plus, au moment de la révolution , que le recouvrement de Timpôt sur le sel et de la taille. Longtemps en France les communes eurent le ciroit de voter les impôts et de les faire percevoir par des collecteurs nommés par elles. Un grand nombre de chartes du quatorzième siècle établissent d'une manière irrécusable ce droit, qui survécut à Tanéantissement des franchises communales , mais qui au seizième n'était plus qu'une charge ruineuse à laquelle chacun cherchait à se soustraire, car les collecteurs étaient responsables de la recette, même lorsqu'ils n'avaiisnt point touché, et après un certain délai on pouvait les contraindre à payer de leurs propres deniers les tailles de toute la paroisse , sauf leur recours contre les habitants. Aussi les communes abandonnèrent-elles bientôt le droit de choisir des collecteurs; le pouvoir se vit obligé d'en nommer d'ofnce.

On appelait collecteurs des amendes les préposés à la perception des amendes prononcées pour les contraventions concernant les eaux et forêts.

CesofRciers furent supprimés en 1777.

Les collecteurs du pape en France étaient des ofGciers envoyés par le pape pour lever certains impôts établis au proGt du saint-siége, et qui avaient principalement pour motif la défense du christianisme contre les infidèles et les hérétiques.

Collège de Feange. — Parmi les savants qui s'enfuirent de Gonstantinople après la prise de cette ville , et vinrent répandre dans l'Occident le

§oût des lettres grecques, il en est un ont le nom appartient à l'histoire du collège de France : c'est Jean Lascaris, l'un des plus éminents d'entre eux. Il fut accueilli chez nous avec une distinction toute particulière, et c'est dans son commerce que se formèrent les premiers hellénistes français , et surtout Guillaume Budé , i^homme dont les efforts devaient contribuer le plus à cette fondation. Cependant un concile , celui de Vienne , venait de recommander l'enseignement du grec.

Les premières tentàtÎTes qui forent faites pour l'introduire à Paris n'eo suscitèrent pas moins une violente opposition de la part de l'Université, oà régnait alors sans partage le latin des scolastiques, et où la terreur qu'inspiraient les nouvelles hérésies, faisait rejeter sans examen toutes les innovations. Cependant Budé étant deve|;iu bibliothecaire.de François P', trouva dans Pierre du Chastel , premier aumônier du roi, et dans Guillaume Parvi ou Petit, son confesseur, deux zélés partisans. Tous trois pressèrent de concert l'exécution d'un projet qui, d'après une lettre du*premier, paraît avoir été arrêté dans l'esprit du souverain dès 1518 : c'était de fonder un collège où le grec serait la principale branche d'enseignement. Ce collège devait être placé dans les bâtiments de l'hôtel de Nesie, et avoir cent mille livres de revenu pour l'entretien de six cents places gratuites. Budé écrivit,

f)ar l'ordre du roi , à Érasme , pour 'engager à en venir prendre la direction, nonneur que celui-oi déclina tout en donnant les plus grands éloges au projet , dont l'exécution fiit ensuite retardée par les graves événements qui suivirent; mais, après la paix de Cambrai , des lettres patentes du 24 mars 1529 {*) fondèrent, sous le titre de Collège royal ^ l'école où devaient enfin revivre chez nous les doctes traditions de l'antiquité. Il est vrai qu'il ne fut plus question de lui assigner un local qui lui fût propre ; mais le plan primitif fut étendu , et, avec l'enseignement du grec , il embrassa celui de l'hébreu. Les professeurs, ou lecteurs royaux, comme on les désigne encore , uirent d'abord au nombre de quatre. C'étaient , pour le grec, Pierre Danès, élève de Lascaris, et Jacques Toussatn, élève de Budé; pour l'hébreu, Paul Paradis, dit le

(*) Il £Biiit se rappeler qu'il était encore d'usage a cette épo(|ue de faire commencer Tannée à Pâques, et que par conséquent si Ton veut ramener a notre calendrier la date des événements survenus du premier janvier à cette fêle , il faut forcer d'une unité le chiffre de Faunée.

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Canosse , juif converti , et l'Italien Agathias (juidacerio. L'un des deux derniers ne tarda pas à être remplacé par François Vatabie. La jeunesse des écoles se porta en foule pour entendre ces nouveaux maîtres, qui comptèrent Amyot parmi leurs premiers auditeurs. Chaque cours en réunissait près de cinq cents. L'enseignement des sciences fut bientôt associé à celui des lettres. En effet, en 1532, Oronce Fine fut chargé d'y faire un cours de mathématiques conjointement avec l'Espagnol Martin Poblacion. On avait d'abord hésité à faire figurer le latin dans le programme^ ann de donner moins d'ombrage aux anciens collèges, qui redoutaient la concurrence que pouvait leur faire le nouvel établissement, dont les cours étaient gratuits.

£n 1534, cependant, ou créa la chaire de langue et de littérature latine, qui eut pour premier titulaire Barthélemj Latomùs ou le Masson. Mais l'Uni- .versité n'avait pas attendu cette mesure pour donner des preuves de ses dispositions malveillantes à l'égard des lecteurs rovaux. L'année précédente, le syndic dfe la faculté de théologie avait porté au parlement ses griefs contre ceux qui étaient charges de l'enseignement du grec èt'de l'hébreu, les accusant d'affaiblir le respect dil à laVulgate, en se permettant d'expliquer directement les textes sacrés, bien qu'en cela ils ne fissent qu'exécuter la lettre de leurs statuts! On ignore quel jugement fut rendu ; mais les leçons continuèrent. Les cours se faisaient encore dans des salles des collèges de Cambrai ou des Trois-Évéques et de Tréçuier, qui occupaient alors le terrain ou devait plus tard s'élever le Collège royal. Au mois de décembre 1539 , François l" signa une ordonnance pour 'faire passer les marchés relatifs aux constructions qu'il y projetait , et qui devaient porter le nom de Collège êtes Trois tangues. Si le mauvais vouloir du chancelier Poyet empêcha que ce projet ne fût exécuté alors, il ne put empêcher du moins la création, en 1542, de deux chaires pour la médecineet pour la philosophie; \ts

nouveaux professeurs furent VidusYidius ou Vital Vidaro et François Vicomercato. Les lecteurs royaux se trouvaient ainsi au nombre de neuf.

Ils étaient traités de commensaux de la maison du roi, et François P*" leur avait accordé, avec 450 livres d'appointement pour chacun, l'exemption de tous impôts et subsides. Il voulait même leur assigner de plus une bonne abbaye; mais cette promesse ne fut

f»as réalisée. En 1543, ri les plaça sous 'autorité immédiate du grand aumônier, et le premier qui fut , en cette qualité, chef du collège de France, fut Antoine Séguin, dit le cardinal de Meudon. Jacques Colin, l'un des aumôniers ordinaires du roi, et son lecteur particulier, para}t avoir eu la direction de rétablissement jusqu'à cette époque. La dernière marque de faveur que François F' donna à ses lecteurs fut l'édit de mars 1545, qui les rendait justiciables des seuls parlements.

Quant à rUniversité, elle fut déboutée de sa demande, lorsqu'à l'occasion de quelques troubles survenus en 1556, elle voulut renouveler ses anciennes prétentions.

Pendant les guerres civiles , le nombre des élèves du collège de France diminua graduellement, et les" leçons finirent par être entièrement suspendues. A la fin de 1562, les professeurs reprirent leur enseignement , et en même temps touchèrent une partie de leurs appointements arriérés. Un des hommes qui honoraient le plus le collège à cette époque était Pierre Ramus ou la Ramée , qui occupait , depuis 1551 , la chaire d'éloquence et de philosophie.

Nul ne se montra plus ardent que lui à maintenir les privilèges du corps des lecteurs, dont, en 1566, il se trouvait le doyen. A roccasion d'une nomination peu goûtée, il obtint, cette année même, l'ordonnance du 24 juin^ réglant que les professeurs <]ui se présenteraient à 1 avenir seraient examinés publiquement , avant leur entrée en fonctions, par leurs collègues; et, l'année suivante, les lettres patentes de Mouhns, datées du 8 mars, por-

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L'UNIVERS

tafit qottlea tandîdtlft ne Bevafeo^ pré* sentéi àiftnomiBaliOndii roi qn'apr^ cet eoLaéiea. Toutefois, ces presQriiptiens pavaissent û'airoiir }afoms é^ fort reipeetées. 11 est ^vieux ée vqu^ àans qiieis termes Ramus peigeait la situation des professeurs en réclamant auprès de Calneriiie de M^dids, Téj^ectioo d'un bfttiment où leurs cours pi^. sent être réunb. ^ Ils se servent, di- « sait-U, par oiaoîièrç 4e prest, d'ur«e. « salle, ou plustôt d'une rue, so^s tel- « les conditions que leurs leçons sont f sqjettes à être destour||»ées par U « passage des crocheteûrs et lavsD* ft dières. » R^^n>^s fonda, par son tes-* ornent en date du y août 166a, uç^ nouvelle chgaire de mathématiques, laquelle subsista jusqu'en 1732. Il avait, liégué pour cett^ fondation une rent^ ^e bûQ livres sur Thôtel de ville. Vers î^ 9iênie teoops , l'Université obtint çsiôtk un arrêt assujettissant à ses statuts tous oeux qui enseignaient quelque, science que ce fÛt, et souoiet tant les Içctçurs royau^, ^oùj^çonnés, à ce qu'il paillait, d'hérésie, à signer upjB profes^ sien de foi rédigée par elle. Leur présence k ses processions fut cependant ce qu'elle en obtint de plu$ positif.

Chdjrles 1% organisa de nouveaux cours de pbiiosopnie et de médecine i Henri IIJ, en 1587,^ créa des chaires dé chirurgie et de langue arabe, et une chaire de philosophie i^our l'explication dju Nouveau Testamehf;, et il augmienita de l$p livres les appointements dfss lecteurs, pour les récompenser de leu^ fidélitjé pendapt les premiers troubles de la M^ue. Leur traitement se trouvait ^insi porte à 200 écus d'or, et l'onesl; étonne de les voir profiter des bonnes 4is|,osit;ions de son successeur ppur réclainer le pa^en^ent d'j^n fort long arriéré» « Pestime mieux , dit A âenri ly, qu'on djmiiiu^ de ma de; « pense e^ qn^qn, en ôte de ma tablé * pour en, payer mes lecteurs. » Il porta, plus tard leurs appointements de 6Q0 livres à 900, fooaà des chaires d'anatomi(9 et de bptanique, et fit reconnaître, en 1609, par Sully et dé Thou, le terrain occupé par les collèges de Tréguter et de Cambrai, afin d^

plaofir l^^iftcje^ dggcLt Xir^ùjÇi étail récUat^ dépuif $i long^enips- X^ blbliQthèquç ou roi, alors à Font^c^ebJeau, devait y être tr^ua^pprtée. ^^ iiçmX surprit ^enri IV ai;i lïoîlîçu dç ce^ projets. Ce fut tiOi^is ^I^ qu^ posa, le 28 apûtl610, la pr«mjiei;e pierre de la construction, arrêtée par son père, et qui, terminée seulement dansi quelques ^ties en ^634, resta ensuite longtemps inachevée. Le méme^ prince fonda une seconde chaire d'arabe et; une chaire de 4roit canoli*

Vancienue querella du collège et de L'Université se ranjmaen 1625. La rivalité de deux prétendants à U chaire de Kajmus. avait occasionné quelques troubles. Le recteur aj^ant. voulu s'in« terposer, l^s lecteurs royaux en masse se plaignirent de cette démarcfîe comme d'une ajtteinte à leurs privilèges. L'Université , ,de son côté , dienianda qu'ils rçconm^ssent définrtÎY'ement l'autorité de son dief , et qu'on ne. nommât plu$ aux places vacantes que des lionimes pris dans ^oç sein.

Elle appuyait particulièrement sur la Qécesàit^ de faire cesser Pa)3ils du trafic des chaires, qui avait surtout été Qagrantsous l'administration deis cardinaux du t^erron et de la Rochefoucauld. Un arrêt du 8 aoât ayant accueilli la demande de l'Université, les lecteurs royaux adossèrent piusieurK requêtes au conseil, qjai, par on airrdt du 18 marà 1633, reconqut le grand aumônier pour unique chef dû colljége de France, et fit défense an reeteur d'y prétendre à aucune autorité. t.cs choses demeurèrent dans cet état jusqu'à la mort du cardinal* Barberin^ ea 1671 ; alors radministratmn de rétablissement entra dans^les attrifoutioits du ministre de la maison du roi , qui était le grand Colfoert. Depuis, les rapports du grand aumônier avec les tocteups i;oyaux se bornèncent ao droit cte recevoir leur serment.

Louis XI^ ne paraît avoûr été que médiocrement favoraMc aux professeurs du coHége de France :cçr il diminua leurs appointements. R ^nda néanmoins une seconde ehafre d]edk*ott canon et une de syriaque. Quâiit an

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F&àNCE.

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«OM^ 4» ixo\\ fywnqsis quà j^ fut gnr y^t ^ 16S^4 U ^it ceas^ faire pactie de t'fioseignemeiit^ de ia faculté. Sou^ oe règne, ou créa, avec le titre cfiuSKpeoteur, up fopM^tioDoaire chargé dis radmînistration intérieure. Le premier qui pecupa ce post^ fut J. Gallois, nommé en 1684. En 1758, époque où écrivait Tabbé Goujet, auteur d un oaémoire historique sur le collège de France , le personnel de cet étabnsse'- ^leut se composait c|e dix professeurs.

Bas lettres patentes da 16 mai 1772 . çoQ^rniérent cçtte organisation , que y\at modifier un a^ret du conseil du âû iuin 1773, en substituant un cours . d^ mécanique à celui de syriaque , un . àe littérature française à celui de philosophie grecque et latine, un de turc et 4^ persan au second cours d'arabe, un d'histoire naturelle au second coui^s 4a ijnédecine, ua de droit de la nature et des fl^ens au second cours de droit canon. En 1774, on fit disparaître leç vieux bâtiments qui entouraient Tédlfice comnç^ncé par Louis XIII; et, Iç 22 mars, le duc de la Vrillière posa la première pierre d'un nouveau corps de logis donnant sur la place Cambrai. I^ f(<it construit sur les dessins de Chalgiin, et achevé au bout de quatre ans.

SéQ peintre ïarraval décora le plafond e bi grande s,alle d'un taJt>,leau qui «'existe plus.

Le collège de France fut au nombre des établissements que daps son rapport sur rinstructioH publique en 9i, Tallef ran4 proposait de fondre dans rinstîtut.' Sa proposition ne fut pas adoptée. X>e 13 juillet 1795 (25 messîcior au m) la Convention autorisa les professeurs à continuer Içurs fonctions comme par le passé , et les assimila

Sourie traitement à ceux du muséum ^histoire iktjurelle^ qui recevaient 6, 000 fr^ L'établissement, placé alors dans lés attributions du ministre de Fiutérieur, prit le titre de Collège nqtix^haL gu'il changea en l'an xiii contre çeku de Ççllêge impérial^ pour reprendre à la restauration son titre primitif. En 1816, sous Tadministrà- Ijion dç iy{. de Yaublanc , les appointements furent réduits à â,000 fi^. La

même amo^, on cj^é^ les chaires de sanscrit et de cliînois , confiées , Tune à M. Chezy, l'autre à M. Abel de Ré- JUdusai.

Le collège io France a été de nos jours témom de diverses disgrâces politiques. Le 30 décembre 1823, une ordonnance signée Corbière destitua, pour cause d^pinion, M. Leftvre-Gineau; puis, comme par uiie sorte dô réaction^M.'Récamier, nommé en 182^ à la chaire' de médecine, fut obligé, par les manifestations d'une jeunesse ^ui avait peu de sympathie pour les élus du pouvoir d'alors, de fermer son cours à peine commencé. Nous avons vu encore , en février 1831 , un mois avant l'ouverture du cours d'économie politique dé J. B. Say, M. Tissot suspendu de ses fonctions, ou plutôt femporairemeut destitué , pour avoir publié son Précis de Thistoîre de Id révolution^ et plus récemment le professeur de l'histoire des législation^ comparées trouva , dans les admirateurs mêmes de son talent, d'inexorables ju^es de sa conduite politique.

Apres avoir été longtemps dans le$ attributions du ministre de rintérieur.

le collège de France pass^ , le 4 avril 1831, au ministère des travaux publics! Le 11 octobre 18^2; H rentra dans son département naturel, celui de ^instruction publique- tout en demeu* rant en dehors ae radmînistration universitaire. Quant à soti organisation intérieure ,. elle resta telle que l'avait établie une ordonnance royale du 26 juillet 1829. Le personnel actuel se compose de vingt-quatre profts>seurs, dont l'un, avec le titre d^administrateur, prèsjde les réunions. La nomination aux chaires vacantes donne lieu à^une double présentation, faite d'un côté par lé corps d^s professeurs, et de l'autipe par l'Institut. Le mi bistre prononce entre les candidats lorsr que, ce q^ui est extrêmement rare» te même candidat n*est pas présenté des ' deux côtéSp Les décrets de FUntversité impériale avaient déféré anx înspeeteurs généraux de ces corps une troisième présentation, droit que M. Fraissinous vouhitun moment faireterâfe

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L'UOTVERS.

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lors de la Tacanee de la chaire d'astronomie par la mort de Delambre, mais 3a*ils ne reYendiqnent pins aujour* 'bui.

11 serait trop long de donner ici la liste complète des hommes distingués qui se sont succédé dans les différentes chaires depuis leur création. INous rappellerons cependant que le collège de France a compté parmi ses illustrations dans les sciences . Gassendi , Tournefort , Daubenton , Lalande , Halle, Darcet, Portai, Corvisart, Vauqueiin, CuYier, Ampère, Lacroix, Tliénard; dans les lettres: Batteux, Rollin, le Beau, de Guignes, Delille, Legouvé, Andrieux, Sylvestre de Sacy.

Son programme embrasse aujourd'hui l'astronomie, les mathématiques, la physique mathématique et la physique expérimentale, la médecine, la chimie, Fhistoire naturelle des corps organisés et celle des corps inorganisés, le droit de la nature et des gens, la morale de l'histoire , les langues hébraïque, chaldaîque et syriaque, l'arabe, le persan, le turc, le chinois et le tartare mandchou , le sanskrit , la langue grecque, la philosophie grecque et latine, la poésie latine, la littérature française, l'économie politi<]f]e, l'archéologie, l'histoire des législations comparées. En 1840 , le grand poète polonais Mickiewiz a inauguré dans cet établissement une chaire de littérature slave , à laquelle on vient d'en ajouter deux autres d'un intéréjt moins neuf, mais plus actuel : l'une, des langues et littératures germaniques ; l'autre, des langues et littératures de l'Europe méridionale.

Le collège de France figure, au budget de l'État en 1841, pour la somme de 149,000 fr.

De grands travaux de construction s'achèvent en ce moment, pour rendre

Elus digne de sa destination cet étalissement, qui forme le plus haut échelon de notre enseignement national, et qui justifie plus pleinement encore aujourd'hui qu'il ne le faisait au moment où il le recevait , cet éloge du député Villars , rapporteur de la loi de l'an III : « La Sapience à Rome , le

« collège de Gresham à Londres, les «t universités d'Oxford et de Cam- « bridge, celles d'Allemagne, ne pré- « sentent point un systèAned'enseigne- « ment aussi vaste , aussi complet , « aussi propre à conserver le dépôt des « sciences et des arts. »

Collèges. (Voyez Uhivebsité.)

Collèges électobaux. (Voyez Constitutions et Électeubs. )

Collégiale. — Dans les villes où il n'y avait point d'évéques, le désir de voir célébrer l'office divin avec la même pompe que dans les cathédrales , fit instituer des chanoines réguliers qui vivaient en commun et sous la même règle que les membres des chapitres épiscopaux. Les églises desservies par ces chanoines étaient appelées églises collégiales , on simplement collégiales. Elles étaient accompagnées d'un cloître qui subsiste encore près de quelques-unes. On distinguait aenx sortes de col égiales ; les collégiales de fondation royale , comme les saintes chapelles de' Paris, de Vincennes, etc., et les collégiales de fondation ecclésiastique. Dans les premières, le roi conférait les prébendes; dans les secondes , ces bénéfices étaient à la nomination de collateurs institués par l'acte de fondation de ces églises.

Plusieurs chapitres de coll^iales étaient même anciennement des abbayes qui , dans la suite , avalent été sécularisées, et dont les revenus avaient été convertis en prébendes et en canonicats. Telle était, entre autres, à Dijon, la collégiale de Saint-Étienne, qui avait été antérieurement un monastère de l'ordre de Saint-Augustin.

Les chapitres de collégiales jouissaient des mêmes privilèges que les chapitres de cathécfrales , mais à un degré un peu moindre. En revanche, ils étaient plus accessibles. Un bâtard ne pouvait obtenir un canonicat de cathédrale qu'avec une dispense du pape, tandis que celle de l'évêque lui suffisait ordinairement pour entrer dans un diapitre de collégiale, où Von pouvait aussi être admis beaucoup plus jeune que dans ceux des cathédrales.

Quand la révolution supprima les

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cbdpitirés, et déclara propriétés natio* nales les caDonicats et les prébendes , il Y avait longtemps que les chanoines ne vivaient pins en commun , sauf ceux que lés evéoues avaient réunis en collégiales dans la ville épiscopale. Ils étaient tenus toutefois à la résidence, et pouvaient habiter à part partout où ils voulaient , dans la circonscription de leur église.

On comptait en France, en 1789, 526 chapitres de collégiales. Il n*y en a plus aujourd'hui qu'un seul, celui de Saint-Denis.

Collembebct , ancienne baronnie du Boulonnais (auj. dép. du Pas-de- Calais), érigée en marquisat en 1691.

Collet (Joseph), contre-amiral, né à' Saint-Denis de Bourbon en 1768, passa , en 1790 , des bâtiments du commerce sur la corvette de guerre la Bourbonnaise y et se signala depuis ce temps par le courage qu'il déploya surtout dans divers combats contre les Anglais , dans les mers de l'Inde , en Egypte , à Saint-Domingue. Commandant de la première division de la flottille de Bordeaux , Collet , dans une sortie tentée avec cinq canonnières seulement , captura un cutter anglais et deux corvettes , après sept heures d'un combat opiniâtre. Sa belle conduite comme commandant de la Mi" nerve y dans le glorieux combat du 25 septembre 1806 , à la hauteur de rtle o'Aix, lui valut de la part de Tempereur le témoignage de satisfaction le plus flatteur. Au sortir des prisons d'Angleterre, où l'avait amené cette dernière affaire , Collet avait été nommé capitaine de vaisseau. Lors du bombardement d'Anvers , il {parvint à préserver son escadre , qui se trouvait devant cette ville. Le 30 avril 1815, il soutint dans le golfe de Na-

f^les, sur la frégate la Melpoméne, 'un des derniers et des plus beaux eombats livrés aux Anglais par notre brave marine. £n 1827 , il prit le commandement de la division chargée du blocus d'Alger. Malgré le danger de ces parages et le délabrement de sa santé, il remplit sa mission pendant * quatorze mois, jusqu'à ce que son état

fût presque désespéré. Collet ne jouit pas longtemps du titre de contre-amiral dont on venait de récompenser son mérite. Rentré à Toulon , le 30 août 1828 , il y mourut six semaines après, emportant de justes et universels regrets.

CoLLETST (Guillaume), un des pre^ miers académiciens, naquit à Paris en 1598. De bonne heure, il consacra tous ses travaux à la poésie et aux let« très. Le cardinal de Richelieu ajant vu de ses essais en poésie , le prit en affection et l'engagea à travailler pour le théâtre. CoUetet obéit, et composa CymindCf ou les deux victoires; tragicomédie , et se joignit en même temps aux poètes que Richelieu faisait travailler aux pièces qu'il aimait à laisser passer pour son ouvrage. C'est ainsi qu'il coopéra à l'Jveugle de Smyme et aux Tuileries. Le cardinal fut si content d'un morceau de CoUetet qui se trouvait dans les Tuileries , qu'il donna à l'auteur six cents livres pour six vers contenant la description de la pièce d'eau du jardin. Il ajouta « qu'il ne lui donnait cette somme que pour ces six vers, et que le roi n'était pas assez riche pour payer le reste. » Colletet exprima sa reconnaissance en termes où son avidité mercenaire s'étale ingénument. Il disait :

Armand qui pour six vers m'as dannë six cents litres, Qae ne puis-je à ce priy te vendre tous me» livres I

Cependant un mot de cette description déplaisait au cardinal. Un des six vers était celui-ci :

La canne s'hnmecter de la bourbe de Teau.

Ce fut en vain que le cardinal voulut faire mettre barboter. Colletet tint bon , et déduisit les motifs de son opinion dans une longue lettre. Le cardinal achevait de la lire, lorsque plusieurs courtisans le vinrent compli^ menter sur un succès que venaient de remporter les armées françaises, et lui dirent que rien ne pouvait résister à Son Éminence : « Vous vous trompez, répondit le cardinal en montrant la lettre, voilà un homme qui, à Paris même, me résiste en face. » Du reste, cette résistance n'eut pour CoUetet au-*

T. Y. 19" Livraison. (Digt. xngygl., btg.)

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LÎUMIVERS.

oune suite fâcheuse. Richeiiep ne fut pâÈ le seul prôtMteor de Colletet François de Harlay^ archevêque de Rouen, lui ayant demandé une nymne à la Vierge, lui envoya en payement upe statuette d'Apolloni m argent. Il eut aussi plusieurs places honorables et lucratives, entre autres cette d'avooat du roi aii conseil. Il possédait aussi dans les environs de Paris des terreâ considérables. Maii^ la frondd , et surtout son inconduite, dérangèrent gravement ses affaires. Dans les dernier»

jours de sa vie , il était à peu près réduit à la misère, et Ses amis furent obligés de se cotiser entre eqx pour le faire enterrer. Ce poète , peu délicat sur le choix de sa société habituelle , avait épousé successivement ses trois servantes. Il a célébré )a dernière, nommée Claudine , dans un grand nombre de vers. Outre les ouvrages dont nous avons parlé, il composa des sonnets, des épigrammes. Il avait de la facilité, et offre parfois des passages naturels et agréables , au milieu d'un ^rand nombre de platitudes , de grossièretés et de bizarreries. Il a composé aussi divers Traités de poé^ sicy réunis sous le titre dtArtpoétU que.

CoLLETBT (François), fils: du précé** dent, né à Paris en 1628. C'est celui dont Boileau a dit :

Tandis que Golletet, erotté jusqu'il l'ichiae, S'en va chj^^er sou pain de cuisine en cuisine.

Dans sa jeunesse, CoUetet porta les armes : if fut fait prisonnier par les Espagnols et emmené en pspagne. A son retour en France, il crut pouvoir, comme son père, s'enrichir avec sa plume ; mais il eut beau publier vo-^ iuroe sur volume , il tomba dans une misère que Boileau eût mieux fait de respecter. Sur la fin de sa vie, CoUetet obtint le privilège du Jfmmal d^Àvisj qui , selon toute apparence, ne le tira pas de son dénûment. 11 mourut vers 1676. Ses nombreuses production^ sont tombées dans on profond oubli:

Collets (petits).— Au dix-huitième siècle, on appelait de ce nom, des êtres amphibies , appartenant à TÉglise par la cdolécrâtioiB, et au monde par la \i»

cence de letfv conduite, port^nlUQ ^ tume de prêtre i Tétant qqelquefois, et se faisant appeler Monsiepir rat)bé.

Toujours vêtus ay^ une coquetterie rsolierohée , bien cbau^^és , t^ien poudi'és, le^ petits; collets étaie^ de toutes les partiel de débauche des ^gneurs libertins , et l'emportajeut prévue loujDprs flur.eux par kuir? mes de toute nature. Ils assiéges^ient les anticliambres des ministres , inondaient les boudoirs des femmes galantes en crédit , des actrices à la mode et richement entretenues , se constituaient les valets des prostituées de haut par^ge, chantaient, dansaient, sautaient pour elles , faisaient leurs commissions , les réconciliaient avec leurs amants ou leur en procuraient d'autres , se prêtaient enfin à mille intrigues, dans l'attente d'un bénéfice, quelquefois même d'un évéché, que ces femmes sollicitaient en leur faveur, et qui souvent ne devait jamais venir.

Quelques-uns d'entre eut , suivant une autre carrière , faisaient de petits vers fleuris , comm« Tabbé de Bernis, que Voltaire appelait Babet la bo9iquetiére; des contes graveleux , comme l'abbé Gréconrt; ou des opéras-comiques, commel^abbéVoisenoa. Les petits collets, dans liésqùeis il ne faut pas confondre les abbés t)ubo8, Mabiy, Condillac , Morellet , Kay^al > etc. , qui se sont occupés de matières historiques , philosophiaues et écoDoiaiques , les petits collets , dGsona-opus , ent disparu à la révolutioo, et n'ont point encore reparu.

COLLiBERTS. — On désignait sous ee nom une classe d'individus qui peuvent se placer à peu près indifféremment, ou au dermer rang des hommes libres ou à la tête des serfis. Soit que leur nom signifie ^rancf du coi ou cte çoUier, soit qu'il serve à dési^or proprement les aiSfranchts d'un même patron (*) , il n'en est pas moins certain qpe les colliberts étaient privés en pwrtie de la liberté. Leur maître pouvait les vendre, les échanger, les donner comme les serfs. Leur^ oifants

{*) De cum eide^UUrtus, i^a Canee*}

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