‹ France (volume 5)Chapitre 63 sur 114 · coiomal · texte numérisé non relu

coiomal

le*" -^ des. ptmts et chaussées,

17** — diplomatique et de défense générale.

1 8** — dh? sûreté générale*

19° — de salut pubiifi.

1» Comité de constitution. Ce comité était chargé de nrésenter à la Gouveotion un prqjet de constitution républicaine, et devait se dissoudre après la présentation de son rapport ; ce rapport eut lien dans le nioisde février 1793. Le comité de. constitution était danft Torigine composé de neuf nxemines dont les noms isaiveat : 3ièje9 *

Th. Payne,Brissot, Pétlpni Vergniaud, Gensonné, fiarrère, panton e( Condorcet.

2? Comité d'instrticti^ publique.

Ce comité divisa son travail général en treize sections, savpir ; 1** Organisation générale de Tinstruçtiôn publiq^è , composition ou examen des ouvrages destinés à rédiicàtipn publique; 2° £iupa|.ion morale, régime intérieur des dinérents étahli^fçments^ ni^ures a prendre r^làtivepi^nt aux, pensionnats , resppnsabiiité deâ chêfi^ dç pensioi^nats , étabii^seipents particuliers d'éducatjpn dans ieur§ rapports Qvec les établissements piiblics ; 3** éducation physique; 4"* edue«)tion ^ femmes ; 6*" éducation ^ês Qrphe|ias , des aveuglés - néç. et àp^ ' sçurds -» muets ; 6" écoles d'iniiyçtrieî 7? voyageurs, bibliothèque^ , m,i)spç^i.cp)i^çtion8 et Gorrespopdance générale , fnoiJe dinstruction pour le$ écoles des clinérents degrés, mode^ d'enç,ei^némëqt d^ns.les lieux où 1^ langue tr^pçai^e.est peu usitée ; S° examens , prix et encoura-

§em(^ts , révision de (a (pi ^ur les revêts d'ipvention, d^ \^ loi sur le bureau de consultât jon,<çt, sur lé bureau d'adipipjçtratiQf) ; d* fêtes nationales; tO*" élfx^tionçaux places vacantes, première formation de la société nationale; il'' traitements e^ pensions ^e retraite, bourses attaphée? aux établissements ^t {'auçién régime; là"* bibliographie, cataiogUe . général dé toutes l€^ pibliothèques nés établisj^qa^nts relig pux et autre^ qui avaient été supprimés; 13° dictionnaire des municipalités. Outre ces travaux, le çpmité devait s'occuper d'un, travail spécial sur la valeur et le produit des biens dépendants des établissements d'instruction publjgue. fe cpipîte auquel la France doit la plujpàrt ai Eps grancj^ établissements spii^ntifiques., r institut, le inuseum d'I^istoire naturelle, le bureau des longitude^^ le don- &ervatoire de musique, la bibliothèque nationale , etc. , était composé àe vingt - quatre membres ; ce& membres étaient , lors de la première formation, CfOndoircet, JPrieur, Àrbogast, Ch^ier Hérault, j&orsas, Lauj^inaU) l^bmoMt I^Qtenas , Sieyés , Bar^, Pusaulx ,

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cp^i

Chdsset, L. S. Mercier, David, Ch.

Vîllette, Durand-Maillanne, Lequinio, RoUx-Fasillac, Ant. Kabaut, Ci. Fauehét, Baudin (des Ardennes), Quinette et Léonard Bourdoh.

3* Comité des secmrs publics. Ce comité, divisé dans te principe en trois sections, sous les noms de secours publics y mendicité et salubrité, sur- Teillait lés établissements publics de charité, tes hôpitaux et les prisons sous le rapport de la salubrité seulement ; il était chargé de proposer un mode de répartition générale des secours pour les pauvres dans tous ^es départements ; un mode de répartition particulière pour un département dél^igné, pour une ou plusieurs communes , et même pdur les individus , à l'occasion d'accidents graves , tels oûMiiôndations , incendies, etc. ; enân \i devait surveiller les vagabonds , la voirie et la médecine sous le rapport de la pratique et de son application au service pomic. Ce comité comptait vingt-quatre membres.

4° Comité de division et circonscription. Ce comité était chargé des changements à opérel* dans la division des communes et des districts. Il s'occupait de l'établissement des juges de pS\x, dès tribunaux de commerce, des commissaires de police; rectifiait les erreurs commises dahs les élections et nominations d'administrateurs ; réglait le nombre des notaires, la circonscription et le nombre des paroisses, et généralement tout ce qui concernait les matières ecclésiastiques. Il était composé de vingt-quatre membres.

S** Comité de législation et féodal.

Ce comité formait deux divisions : la première , dite systématique , se divisait en huit sections : 1® procédure civile de première instance et d'appel , de requête civile et de cassation , relativement à tous les tribunaux ; exécutions des titres et jugements sur les rapports d'experts ; saisies et oppositions, inventaires; 2® mariages, puissaiice maritale ^ ses effets, sa durée et sa dissolution; 3"* tutelles et curatelles, pupillarités , minorités, interdictions ; 4* travail sur les choses , meubles ou

immeubles , corporelles oii iacorporelles , propriétés , possessions , prescriptions , usufruits « usagf s , habitations, servitudes, etc. ; 5^ transmissions des biens par donatioiis entre vifs, institutions oontractuelJes, donations à cause de mort , teâtaments , codicilles, fidéi-commis^ substitutions, legs, etc.; 6"* successions légitimes descendantes , ascendantes , collatérales, rapports, partages, etc.; 7*" et B"" obligations , en général , et tous leurs accessoires, contrats et quasicontrats, dvoits respectifs des conjoints , conventions ntatriolonialos , échangés, ventes, emphytéoses, etc. La seconde division se subdivisait seulement en deux sections , soils le nom de sections des rapports. Elles étaient composées chacune de douze membres, occupés des différents rapports qui étaient prescrits, par décrets de la Convention. Les deux divisions du comité comptaient ensemble quarante -huit membres. Le comité de législation, qui présenta la fameuse loi des sus' pectsy était l'un des trois comités de gouvernement. Les deux autres étaient le comité de salut public, et le comité de sûreté générale.

6** Comité d'agricuUure. Ce comité formait six sections , savoir : l"" canaux , cours d'eau , moulins et machines hydrauliques ; 2<> mines, minières et carrières ; S^ haras , troupeaux , écoles vétérinaires et animaux destructeurs ; 4» police rurale, fêtes agricoles, encouragements, dîmes, boulangerie, vendanges ; 6«» routes , chemins vicinaux, pépinières, tabacs, rhubarbe, garance, ponts et chaussées ; 6* dessé-. cheraents, défrichements. Ce comité était composé de vingt-quatre membres.

7® Comité de commerce» Ce ci^mité était divisé en quatre sections, dont les travaux étaient partagés de la manière suivante : 1° commerce proprement dit, primes d'encouragement, subsistances et commerce des grains; S"* tout ce qui concernait les artâ ^ les manufactures ; 3° niessageries , roulages , navigation intérieure et extérieure, postes , douanes, poudres cl

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salpêtres ; 4® enfin , la auatrième préparait les décrets relatifs à la législation, aux tribunaux de commerce,- aux foires et marchés, aux faillites , aux poids et mesures, à la police des routes. Ce comité était composé de vingt-quatre membres.

8* et 9" Comité des finances et c<h mité d'aUénatUmdes biens nationaux.

Ce comité s'était divisé en six sections : la première , nommée section des assignats et monnaies, se subdivisait en deux parties, dont Tune s'occupait de la fabrication des pièces d'or, d argent et de cuivre, de leur cours, de leurs empreintes, et de tout ce qui était relatif au système monétaire ; elle surveillait la commission des monnaies , les mar-

Îjues et contrôles de l'orfèvrerie, la abrication des sous provenant du métal des cloches; elle examinait les réclamations des villes et départements sur rétablissement des hôtels des monnaies; elle recevait les bijoux, vaisselles d'or et d'argent offerts en dons patriotiques et envovés à la monnaie pour être fondus ; elle était dépositaire des essais des différentes pièces de monnaies proposées par les artistes.

La seconde partie surveillait la fabrication des assignats. Des commissaires pris dans son sein étaient constamment en tournée dans les différentes manufactures de papier ; d'autres assistaient au brûlement des assignats retirés de la circulation. La même section était encore chargée des rapports sur la contrefaçon de ces billets, sur les moyens d'y obvier, sur les demandes en remboursement d'assignats faux, brûlés , déchirés ou perdus ; des rapports sur les récomnenses à accorder aux dénonciateurs aes fabrications de faux assignats, des rapports sur les récompenses à accorder aux auteurs des inventions utiles à la fabrication des assignats et monnaies; et enfin ^ de la correspondance avec les caissiers et directeurs de la caisse de l'extraordinaire, et avec le ministre des contributions publiques, sur tout ce qui avait rapport aux assignats et monnaies. Cette section fut d'abord composée de vingt-quatre membres, mais

elle en détacha huit pour la section d'aliénation des biens nationaux. Les deuxième et troisième sections étaient chargées de la surveillance de tout oe qui était relatif aux contributions et aux dépenses publiques , de la trésorerie nationale , de la vérification des comptes et de l'achat du numéraire; elles formaient un bureau des recettes, ayant pour objet la contribution directe , le timbre , les droits d'enregistrement et autres y réunis, les douanes, les postes, messageries et loteries, les anciennes créances du trésor public; et un bureau des dépenses, chargé de régler les dépenses du culte, de 1 extérieur, payées par le trésor public , de l'intérieur , à la charge des départements , de la guerre , de la marine et des colonies, des affaires étrangères, de l'ordre judiciaire , à la charge du trésor public. Ces sections surveillaient en commun les caisses de l'extraordinaire. Elles étaient chargées d'examiner et arrêter les états de recette et dépense de cette caisse, notamment celles qui provenaient des ventes, régies et emplois des biens nationaux, ainsi que les~ difficultés qui s'élevaient à cette occasion ; elles opéraient la liquidation de l'actif et du passif de la nation ; elles réglaient aussi tout ce qui se rapportait à l'émission, à la circulation du papiermonnaie , et généralement tout ce qui devait être payé par la caisse de l'extraordinaire ; elles examinaient les pétitions relatives à ces objets , renvoyées par l'assemblée, ainsi que tous les projets de finance qui leur étaient présentés. La section des contributions directes et indirectes était composée de dix membres, et celle de l'ordinaire et de l'extraordinaire des finances , de seize. Enfin la quatrième section da comité des finances fut séparée par un décret du 21 octobre 1792 pour former, avec une section du comité des domaines , un comité à part , sous le titre de comité d'aliénation des biens nationaidx. Voici le texte de ce décret : « La Convention décrète que les deux sections, l'une du comité des finances, l'autre du comité, des domaines , qui

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étâîentcbargéesderaliéûatioD des biens nationaux, de ceux de la liste civile, de Tordre de Malte et autres ordres de chevalerie , et des biens des émigrés , seront réunies en un seul, comité qui s'occupera desdits objets, ainsi que de tout ce qui pourra y avoir rapport, et qui demeurera séparé du comité des linances et du comité des domaines. »

Seize membres composaient le comité d'aliénation.

lO^ Comité des domaines. Le travail de ce comité embrassait trois objets :

1* la rentrée de tous les biens de l'ancien domaine de la couronne , aliénés par engagements , dons , concessions ou échanges; de cet objet dépendaient les liquidations des finances, payées par les détenteurs , pour raison des objets aliénés; l'examen des échanges et des. baux des objets domaniaux ; la surveillance des opérations de la régie relativement aux domaines fonciers (la partie fiscale étant du ressort du comité des finances) ; la correspondance avec le comité de législation , pour la rédaction du code des eaux et forêts.

T^e deuxième objet était la démarcation précise de ce qui appartenait à la nation dans les biens pîossédés par les communauté laïques et ecclésiastiques qui avaient été abolies. Le troisième objet était de régler l'administration forestière sur laguelle une loi avait été portée. Ce comité était composé de vmgt-quatre membres.

11° Comité de liquidation. Ce comité était divisé en sept sections : V* arriéré des départements ; 2^ offices de judicature et municipaux ; 3** créances du clergé et des anciens pays d^états; 4** pensions et gratifications; 5° brevets de retenue , charges et otKîces militaires, receveurs généraux et particuliers des finances et domaines ; fsf" greffes domaniaux , dîmes inféodées , objets domaniaux et féodaux ; 7° jurandes et maîtrises. Ce comité était composé de vingt-quatre membres.

12° Comité de Vexamen des comp' tes. Un arrêté pris pr l'Assemblée législative, le 5 décembre 1791, et confirmé par la Convention, avait réglé ainsi les attributions de ce co-

mité: «Le comité de Texamen des comptes sera chargé d'examiner les comptes sur pièces et acquits comptables , et tous les comptes qui auront été présentés au bureau de comptabilité établi par décret du 15 septembre 1791 ; d'en faire le rapport à l'Assemblée; de proposer les lois à former Ï^our accélérer la présentation et 'apurement soit des comptes courants, soit des comptes arriérés. » Ce comité était composé de quinze membres.

13** Comité de la guerre et des arômes. Il se divisait en six sections , comprenant dans leur ensemble toute l'administration du personnel et du matériel de la guerre. Mais l'action gouvernementale était confiée au comité de salut public. Le comité de la guerre était composé de ving^quatre membres.

14*" ComUé de marins. Ce comité préparait les travaux de la Convention relativement à l'administration de la marine. Il était composé de dix-huit membres.

15^ Comité colonial» Ce comité était chargé de l'examen des différentes affaires concernant les colonies. Il était composé de douze membres.

16^ Comité des ponts et chaussées.

Ce comité , charge de la direction des travaux publics et de l'examen de toutes les affaires qui s'y rattachaient, se composait de douze metabres.

1 7° Comité diplomatique. Ce comité, ui prit plus tard le nom de comité de 'éjense générale, s'occupait des relations de la république avec les nations étrangères. Neuf niembres le composaient. Ses attributions finirent par passer au comité de salut public.

18** Comité de scUut pubHc,

19** Comité de st^rete générale.

Ces deux comités , surtout celui de salut public, ayant joué un très-grand rôle, et ayant été revêtus de la plus grande partie du pouvoir exécutif pendant toute la durée de la session conventionnelle , nous avons cru devoir leur consacrer des articles à part. Voy. ci-après, Comité de salut pubug

et COHITB DE SUASTÉ GÉNERALB.

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ComUésJnrméâ en dehors des assemblées iégislatives.

Comités de surveillance. Aussitôt après l'établissement du comité des recherches et inforriiations, à TAsschibiée constituante, un semblable comité fut établi à l'hdtel de ville par les électeurs de Paris. Les districts ou sec- Hons de la capitale et les communes des départements voulurent ensuite avoir aussi leurs qomités de recherchés. Leui exeinple fut suivi par les clubs; et bientôt il n'y eut pas une société populaii-e qui n*eût, sdiis le nom de comité de surveillance , son comité de recherches, comme TAssemblée nationale.

Dans Porigine, ces eomités examinaient les dénonciations, et si elles leur paraissaient fondées, elles en référaient au club, qui les transmettait à Tautorité compétente pour prononcer sur le fait dénoncé. Ces rapports étaient

Quelquefois publiés dans les journaux, ^àns la suite , une loi du 14 frimaire an II assimila apx corps constitués les comités de surveillance établis dans le sein des différentes sociétéis populaires. Oes comités devinrent alors des autorités publiques, et correspondirent directement avec les comités de sûreté générale et de salut public de la Convention. Ils remplacèrent, pour tout ce qui boncernait la police intérieure, les administrations des districts et des sections. Leurs attributions, qui avaient toujours été en augmentant jusqu'au 18 brumaire, furent ensuite successivement restreintes; cependant ils subsistèrent aussi longtemps que les sociétés populaires, avec lesquelles ils furent abolies. Voyez Clubs.

Comité autrichien. Carra fut le dénonciateur de ce club royaliste. Voici comment il s'exprimait à ce sujet dans ses annales patriotiques: « Ce complot (une Saint-fiarthéjemy de patriotes), médité depuis longtemps et qui a toujours échoué, soit par la faiolesse des conjurés, soit pair la surveillance et les précautions des bons citoyens, prend aujourd'hui une consistance effrayante dans les combinaisons et dans l'âme stupidfi et atroce des directeurs du

comité aatriehiéh , des pî^IncIpatixdieCs de la garde du roi , du plus grand nombre des membres de Pétat-major parisien , et des commandants de la gendarmerie nationale. » Chabot soutint à la tribune de TAssemblée législative que ce comité existait, et il lé prouva au nioyen d^une foule de pièces aoi furent examinées par lé connité clés recherches dé l'Assemblée. Les papiers trouvés dans l'armoire de fer confirmèrebt l'accosatidn de Carra et de Chabot, et il fût prouvé que le comité autrlchren avait été forme sodU Finspiration de Marie* Antoinette^ à l'enet de correspondre avec les émigrés, les

Ï puissances coalisées et les agents royaistes, qui travàillaieiit à l'étranger aa rétablissement de la monarchie absolue. Barnave, Dupoft, A. Lameth, Chapellier, gagnés par la cour, Duport- Dutertre, garde dés sceaux en 1791, Duportail, ministre de la guerre à la même époque, Laporte, intendant de la liste civile, Durosoy, correspondant des émigrés , Montmorin , Bertrand de Molleville, anciens ministres, Clermont-Tonnerre et Saint-Priest , étaleat les principaux meneurs de ce comité.

Comité central des fédérés, Lejoar même où Brunswick publiait son iosoient manifeste, l'Assemblée législative décréta la permanence deis sections de Paris. Mais les patriotes avaient devancé cette tardive résolution ; les fédérés avaient constitué on comité central qui s'était assemblé plusieurs fois chez Santerre. Ce comité , composé de quarante-quatre membres, et réuni dans la salle dès correspondances aux jacobins , choisit cinq de ses membres qui formèrent le directoire de l'insurrection : c'étaient Vaugeois d'Argentan, Debessé de !i Brome, Guillaume de Caen, Simon de Strasbourg et Galissot de Langres.

A ces chefs furent ensuite adjoints Carra , Fournier l'Américain , Westtfmann , Kcecklin , Santerre , Alexandre, Latouski, Antoine la Grey et Garin.

La première réunion du directoire eut Ueu dans la nuit du 19 au 20 juillet, i Charenton, chez Villate, qui plus tard devint l'un des jur^ au tribunal lévo-

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latEOnnaîre, Af^ plusieurs délibératîoQS fort orageuses, le projet d'insurrection fut arrêté, pqur le 29 juillet ^ mais rien n'était p^épaf é pour ce mpmeht; le peuple paraissait en:

core avoir tirop de conftance dans l'Assemblée nationale. Le dirççtpirq ajourna son eptjreprise, saos cesser de tenir ses séances, soit à Cparentof^, soit dans le faubourg Saint- Antoine, soit dans le Ipcal flu comité de surveil? lance, des j§(iobin§. Il s'était aMgmenté de plusieurs patriote^ bien cpnqus, tels quQ Robespierre^ Marcb^nd , Chabot, Granet 4e Marseille, Tallinn, Vilain d'Aubigny, Legendr^ et Lacroix (d'Eure-et-Loire). Lp 4 août, il avait été décidé que le peuple se Içyerait dans la nuit du 9 au 10 et irait assiéger \efj^ Tuileries. Le plan d'attaqp^ était af psi organisé : Sa^terre et Wqçt^rmapn devaient pon4uir^,ie fEmbourg Saint-AntoJn^; Foi^rnier TAjnériç^in , la fauboprg Saint-Marceau; Danton î B^rl^aroux, barra, Ç^tnille Desmou* liDS, Qai|lee^Rebepque^ veillaieptavec les Marseillais sou^ les armes. A oqzjs heuires et demie du soir, uo coup 4é feu ^e fit entendre d^ps la cour du Commerp^, et le p§upïe se u^it à crier aiui. armes. Aussitôt lé? Marseillais partir rei^t, ej; Canii)le Il^snioulins cpqrut aux église^ faire soiiner le^ tocsin* Les, patriotes arriyèrepi; p§pdapt la nuit, et 1^ lendemain, ^ cjnq heures dû matin , l'attaque cpmmpuça (*). .

Comité pqptulaixe ,ÇL l'évécM* ÏA Gphventipp venait d^ prendre upQ ii^iesure.qMi allait sauver ia.répgbiiqufi; eiie venait de décréter rétabli ss^ipept d'i^Q comité de salut public. Le parti illtjrarévolutidnpaire , qui commençait à ^çqiiérii: 4e J'influence sur ig peuple, né se contenta pa^ de cette rnanifestatipn 4es sei^timpntç déippcratiques de r Assemblée; les meneurs des sections, déclamant contre §a mollese, firent décréter là fprrpatipq d'uij cp- Tniié central de safyt pufiUQ^ gui se réunit à réyéché. pe comité prétendit; aussitôt exercer la souveraineté au potii dés quaranté-buit sectipps de Paris, se

(*) Vjoyez l'art ^.oùt J^journée 4» <lbiL).

mit en correspondance aveo les quarante-quatre mille municipalités de la république, prépara une insurrection contre les girondins, et décida que le peuple devait se leyet pour aller de-" n[)an4er à la Convention si elle croyait avoir asseiî d'énergie pour sauver la patrie. Mais Robespierre et Marat attaquèrent ce eomité eomiiie inutile et cqninie dangereux, et les jacobins firent imprimer et distribuer une liste de ^s noeaobres pour lès faire surveiller- Abandonné alors pai; les chefs . du parti populaire, le comité central de salut publie se sépata, mais ce ne fqt. que poiir reparaltce biedtôt après sou$ un autre nom. .

Comité cenixal révoiuiionfiaire de sahtt public. Le danger devenait à chaque instaut plus terrible à l'intérieur et à l'extérieur. La Commune, sur la proposition de Chaumette, arrêta qu'il serait organisé, un comité entrai répoiutionnaire de salut pu' bliÇf con)posé des présidents des comités révolutionnaires des sections et des députés de tous les corps administratifs, lesquels ;se réuniraient à la municipalité les dimanches et les jeudis. A peine ce comité fut-il formé, qu'il prépara un nouveau 10 août cpntre la faction girondine. Mais la majorité des représentants ji'était pas encore convainque de-l'iphabileté politique des girondins; elle résista à la volonté populaire; le conaité de salut public dénonça même, par l'organe de Barrère, Ghaumette et le comité centrai révplutionnaire, qui avaient formé le projet d,'eplever les yipgt-deux députés dopt les sections avaient demandé I4 niise en jugemept.

Le lendémjiin, le comité central révplutionnaire des seciiops se réunit sous prétexte de répartir l'emprunt forcé et 4e faire la (iste des suspects, mesures que la Commune avait ordpnnéjBs; mais à peine étajt:on en pré- ^enpe, que. quelques, m W^res s'écrièrent qu'ilfallalt marcher sur la Convention , où se triqpyaient les plus dangi?reux suspects, e|; qu'il faljait enlever les vingt-d^qx déj^qtés désignés cdmm^ ïf^ chefs dfi pajT^i giron4ip- On reyint

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L'UÎÎIVERS-

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eneore dan joon après sur ee projet,

301 derait, disait-on, mettre nn aux issensioDS qui dédûraient la GooTeotion; mais le maire Paebe refusa de sortir des Toies légales , et aucune résolution ne fut adoptée. Deux membres du comité furent ensuite arrêtés par ordre de la commission des douze; mais ils furent bientôt relâchés. Cependant ces lenteurs du comité lui avaient fait perdre la confiance des patriotes; il n'avait pas su. organiser l'insurrection ou'ils demandaient; un nouveau comUé insurreeUaimel, composé de commissaires envoyés par les sections « la Commune et les cluDs, fut formé à révéché. Le 28 mai , ce comité , qui comptait cinc[ cents membres, nomma une commission de six membres pour présenter un plan d'insurrection. Le 29, il décida, pour rassurer les timides et ôter tout prétexte à la résistance, quet*insurrectionyîirai^ respect aux propriétés ; et chacun de ses membres promit le secret et une obéissance absolue à la commission des six. Cette commission, investie ainsi de la dictature, eut bientôt arrêté le plan de Finsurreetion ; elle ne veut pas employer la force ni verser de sang; son premier acte sera de casser la Commune actuelle, d'en installer une autre, qui, en vertu des pouvoirs qui lui seront conférés , requerra la force publique, fera entourer la Convention par les sections armées, lui iH*ésentera une pétition dans laquelle on demandera l'arrestation des vingt-deux girondins, et ne se retirera que lorsque cette demande sera accordée.

Le comité insurrectionnel s'assembla le 30 à neuf heures, approuva le plan de la commission des six , prit le nom di* union républicaine y se déclara en permanence et en insurrection pour sauver la chose publique, menacée par une faction aristocratique et oppressive de la liberté, et convoqua les sections pour obtenir leur approbation et leurs pouvoirs. Ces préparatifs durèrent . toute la journée. Le soir, la commission des six fit fermer les barrières, battre la générale et sonner le tocsin. Le 31 , dès le matin , cette commission

Tint à la Commune, fit vérifier ses pouvoirs par trente-trois sections sur quarante-huit, cassa la Commune, la Rintégra à l'instant en lui conférant une autorité fllimitée, et se l'associa pour diriger Finsurreetion. Le plan des six fot aussitôt exécuté ; les sections se réunirent; le canon d'alarme, tiré par ordre du nouveau commandant de h garde nationale, Henriot, appela bientôt sous les armes quatre-vingt mille hommes , qui parcourure-nt silencieusement les rues pour aller se poster autour des Tuileries. Alors la Commune, toujouis dirigée par le eomité insurrectionnel, envoya successivement trois d^utations à la Convention pour demander qu'une commission formée dans son sein pût se mettre en rapport avee l'assemblée, et qu'il lui fat accordé une salle voisine de celle où si^eaient les représentants. Cette proposition fut adoptée, ainsi que celle de donner quarante sous par jour à chacuii des ouvriers qui resteraient sous les armes pour veiller au maintien de l'ordre public. La commission des douze fut ensuite supprimée, et ses papiers furent saisis. Cependant l'insurrection n'était pas terminée; ceux qui l'avaient commencée ne voulaient s'arrêter que lorsque les vingt-deux seraient exdus de la Convention. Dans la matinée do l''*' juin , le comité insurrectionnel , qui se réunissait dans une salle voisine de celle où siégeait le comité de salut public, voulut s'entendre avec les membres de ce comité pour obtenir l'arrestation de ces députés. La journée se passa en pourparlers ; mais le soir, le tocsin sonna, la générale fut de nopveau battue pendant toute la nuit, et dès qu'il fit jour, la Convention fiiit une seconde fois cernée. Une députatîonde la Commune se présenta alors à la barre et exigea l'arrestation provisoire des conspirateurs. Vovez Commission BES douze et Mai (Journée du 31).

— On donne encore aujourd'hui le nom de comités à des assemblées permanentes d'hommes spéciaux , créées par l'autorité supérieure, pour délibérer sur différentes questions d'intérêt public : tels sont , auprès du ministère de

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la guerre, les comités d'artillerie, de cavalerie y dHn/anterie, des j^orWûcixtions, etc. ; et auprès du ministère da commerce , le comité consultatif des arts et numujactures. Enfin les différentes sections dont se compose le conseil d'État portent aussi le nom de comités.

GoHiTB BE sAJLvr PUBLIC. -^ Placé au timon de i*État , dans le fort de la tempête révolutionnaire, au moment où le choc de tous les éléments conjurés présageait un naufrage presque certain , le comité de salut puoiic sut non-seulement mettre la France à Fabri des attaques de FEurope coalisée, et la délivrer des fureurs de la guerre civile, il sut encore lui rendre 1 offensive, et l'élever à un degré de puissance qu'elle n'avait jamais eue avant lui.

Aussi la contre-révolution ne manqua-t-elle pas de prendre prétexte des excès qui avaient été commis sous son W^ne, pour le renverser, et [)our jeter un blâme injurieux sur sa mémoire et sur celle de toute la révolution ; comme si un grand peuple, menacé dans son existence , et oont l'étranger , de concert avec l'émigration , se partageait d'avance les dépouilles, avait pu voir sans indignation ces projets impies , ou agir , dans les transports de la colère , avec une modération que ne gardent même pas ses rivaux , quand ils combattent pour quelques oallots de marchandises.

Mais la raison de l'Europe et la reconnaissance nationale ont fait justice de l'exagération de ces reproches ; et aujourdliui, c[uels que soient son pays ou ses convictions politiques, tout homme qui a le moindre sentiment de la grandeur s'associe au jugement qui a été porté par Napoléon à son avènement au consulat, jugement qu'il confirmait encore à Sainte-Hélène : « Le comité de salut public, disait-il, c^est le seul gouvernement qu'ait eu la /France pendant la révolution, » Les légitimistes eux-mêmes partagent secrètement cette opinion . et 1 homme de génie de leur parti , ae Maistre , a eu le courage d en convenir hautepaent. Il avouait que, sans le comité

de salut public , c'en était fait de la France , parce que les émigrés , après l'avoir livrée aux rois, n'auraient jamais pu l'arracher de leurs mains. M. de Chateaubriand, M. Berryer, sans s'expliquer avec autant de liberté, laissent souvent entrevoir qu'ils ne pensent pas autrement.

Pour être juste , il ne faut pasju^er ce gouvernement, tout révolutionnaire et tout martial , comme on jugerait tin gouvernement ordinaire ; il faut le prendre pour ce qu'il était, c'est-àdire , pour un pouvoir exceptionnel , dictatorial, et transitoire, ainsi que toute espèce de dictature. Il faut avoir toujours présente à la pensée la mis* sion dont il était chargé , mission dont la nature se révèle par les circonstances qui l'engendrèrent , et par le nom même qu'ij reçut à son origine. Le salut de l'État, voilà le motif qui lui donna naissance ; le salut de FEtat , voilà quelle fut la base de toute sa politique. En voyant combien il se montra sévère, terrible, et quelquefois impitoyable, il ne faut pas oublier contre quels ennemis il avait à lutter, en quel état de détresse il reçut le dépôt du pouvoir, quelle responsabilité enfin aurait pesé sur lui, s'il n'avait pas triomplié. Il faut se rappeler qu'il avait à combattre l'Europe entière , à faire rentrer dans le devoir un grand nombre de villes et de provinces insurgées. Il faut se rappeler surtout que , pour vaincre les rois et terrasser rhydre de l'anarchie , il ^vait à conquérir sur les préjugés de la Convention . sur ceux de la Montagne , sur ceux de toute la France républicaine, la somme de puis* sance nécessaire pour ramener l'unité au sein de l'anarchie , Tordre au sein du chaos. En effet , ce serait une erreur de croire qu'il fut investi tout à coup de la dictature ; ce ne fut qu'à son corps défendant , et à mesure que le danger croissait, que la Convention se laissa arracher , plutôt qu'elle ne céda volontairement , la dél^ation de ses propres pouvoirs qui n'avaient pas de bornes. Encore ne cessa-t-elle jamais d'y mettre certaines restrictions, comme on pourra bientôt s'en conr

UUI9IVEES.

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yainere en lisdnt le texte des lois qui fixaient les attributions da gouverae* ment réroluticnnaire.

Nous insistons sur ce point , parce que, si Ton a généralement tend compté au comité de salut public des obstacles matériels qu'il rencontra dans l'intérteur du jiays et à la frontière , on a peu ou point fait attention aux obstacles moraux que les sentiments de liberté de l'époque , portés au plus haut degré , opposaient à son activité. De . loutes parts, sur les bancs m^mede la Convention ; on lui criait : Sauvez l'État ; mais , par une défiance om^ brageuse, on lui en refusait les mo^^ens.- Dans ratternative de laisser périr la France, en respectant tous les scrupules d'une légalité jaloqse, ou de sauver la patrie, en forçant la représentation nationale à être conséquente avec ellemême , le comité de selut public n'hésita pas ; il prit en main les armes que Ton craignait de lui confier , et , sous le titre de gouvernement révolutionnaire, il se ut investir un moment de la toute- puissance, Quitte à en rendre compte lorsque 1 ennemi serait terrassé. Sans les divisions qui éclatèrent dans son sein , il est très-probable qu'il serait parvenu à doter la ré- Bublfque de cette unité de pouvoir qui roi a toujours manqué, et a fonder enfin , sur Ijes bases de Tédifice révohitionnaire , un gouvernement plus ré« gulier et plus solide que ce Directoire a cinq têtes, qui tomba en poussière au premier souffle de l'armie^ seule fraction du peuple où la tradition de l'unité rie s'était pas complètement effacée ; où , au contraire , le besoin de vaincre l'avait constamment réchauffée; où, enfin, la victoire lui avait donné une consécration nouvelle.

D'une manière ou d'une autre, il Aillait que le pouvoir redevînt unitaire ; seulement , la France avait le dioix entre une tmité librement consetitie , et une unité imposée par la violence.

La Convention n'ayant pas voulu choisir un président de la république dans le sein de son comité de gouvernement , qui renfo'mait cependant plus d'un homme d'État distitogué ^ le

Directoire , installé par elle, fîit contraint de céder la place à un jeune général, oui, de premier consul^ ne tarda paè à devenir empereur et autocrate.

L'institution du comité de salut public ne s'éleva qu'avec peine, et à travers des phases lentement pilogressives ; son personnel ne fut ni toujours composé des mêmes individus, n\ constamAient animé du m^n^e «sprit. Les différences sont si marquées , qu'on a distingué avec raison plusieurs comités de salut public, dont un seul, celui dui exerça la puissance depuis le mois ae juillet 1793 jusqu'au mois de juillet 1794, a accompli les grandes eboses dont il tient d'être question; aussi l'histoil'e lui a-t^elle donné le titre d^ grand comité de sahûpubUc, Il était composé de douze membres, dont les noms sontdevedus célèbres : Barrère, Biliaud - Varennes , Carnot , iGoilotd'Herbois, Prieur de la Marne, Robert-Lindet , Robespierre aîné , Gqutfaon, Saint-Just, Jean-Bon Saint-ikodré, Prieur de la Côte-d'Or, Hérault- Séchelles. Antérieurement^ il y en avait eu un premier assez niai dessiné, puis un second déjà plus puissant , quoique manquant encore d'homogénéité.

Après le 9 thermidor, il y en eut encore plusieurs autres; mais à partir de cette époque, l'institution du comité de salut public, envahie par ks thermidoriens, alla toujours en dédinant, à ce point mie la dernière audmi- Rïstration semblait travailler pour les royalistes, lorsque la Convention se déclara dissmite. On retrouve done dans son existence trois périodes bien tranchées : 1** celle de sa formation depuis le printemps de l'année 1799 jusqu'à Tautomne de la même année; 2"* celle de son apogée, qui dura près d'un an ; 3" celle de sa décadence , du 9 thermidor an ii (27 juillet 1794) au 5 brumaire an m ( 36 octobre 179&), moment où le Directoire prit le gouvernement des affaires. Un grand nomlNre d'écrivains ont eu le tort de tout confondre, sans taire attention à <sette di- Tision cependant bien fondée; Quelques autres ont compté trois pniMah paux oonùtés : un premier qui eatca

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en gestion le, 5 avril 1793* et qui ett sortit à la fia de juillet de la même année; Pa)iiton,Bafrère et Hobert-Liiidet en faisaient partie; un second, dans lequel Danton refusa d'entrer, inais qui exerça ia dictature à partir de la fin de juillet 1793 jusqu'au 37 Juillet de l'année suivante : c'est le grand comité de salut public dont nous avons déjà nommé les membres; un troisième, où se glissèrent d'abord quelques thermidoriens adjoints aux membres (Survivants ou non remplacés du précédent coiiiité,. et ensuite mêlé de thermidoriens et de contre-révolutionnaires peu éloignés du royalishie* Cette classification a l'avantage d'être conforme aux trois périodes de formation , d'apogée et de décadence que parcourut l'institution durant sa .

carrière; mais 0ile a l'inconvénient d'être incom(>lète et de ne pas faire ressortir des subdivisions fort impor* tantes. £n réalité , il y eut un grand nombre de comités de salut public ^ dqnt un seul acquit une puissance considérable, et resta pendant une année composé des mêmes membres. Après ce qui vient d'être dit , il est presque superflu de répéter que c'est celui qui fut démembré par la révolution du 9 thermidor, lorsqu'il était dans l'enfantement d'un gouvernement régulier, et à la veille de mettre fin à la dictature révolutionnaire. Pour être à la fois logique et complet , il nous paraît inr dispensable de ranger les diftérents comités souB trois divisions correspondant aux trois périodes de la maN che de l'institution; ainsi le lecteur aura sous les yeux l'ensemble et les détails dans Tordre chronologique, et sans confusion.

Première peVîocfe. Autant'par l'tffet d'une erreur grave eh politique , qu'à cause de la division qui se manifesta, dès l'ouverture de ses séances , entre la Montagne et la Gironde , la Convention recula aussi longtemps qu'il fut possible devant la fiécessité de créer un pouvoir exécutif doué d'assez d'énergie et d'assez d'indépendance pour remplacer l'ancien pouvoir, abattu dans la journée du 10 août. Réunis*

$ant en elle, par droit dé i^préseifta* tioa, tous les éléments dé la puissance nationale, elle aurait voulu être à là fois assemblée délibérât! ve et gouvernement; prétentiori contraire à I expér rience et à la théorie, qui Tune et l'autre ont démontré la nécessité de la séparation du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif, et les avantages de leur indépendance respective dans de certaines limites et sous le contrôle de la souveraineté nationale. L'imminence du danger pilt seule décider la Convention à déléguer une partie de ses dttî*ibutions à quelques-uns de ses membres. L'impossibilité matérielle d'expédier les affaires directement pat* elle-même lui arracha d'abord une première concession; à l'exemple delà Constituante et de la Législative, qui, par suite du mauvais vouloir de la monarchie, s'étaient trouvées dans uûh situation analogue, elle partagea le travail préparatoire entre plusieurs eomitjés choisis daus ^bn sein, et n'agissant presque pas pàreux-mémesl Tel fut, pour ce qui concernait la guerre, le comité de défense générale; qui devait servir de transition pour arriver au coipité de salut public , c'est-à-dire, à quelque chose qui corn»

mençât à ressembler à un pouvoir exécutif. Ainsi donc , ce fut l'urgente nécessité de résister aux ennemis du dehors qui seule fit faire de premier pas; le oesoin decouipr^m^ les ennemis du dedans en avait également fait accomplir un autre par la formation d'un coniité 4k surveillance et de sûreté génék*ale. La Convëntioo sb montra toujours moins avare envers ce dernier comité qu'envers lesautrelg.

parce que, exerçant la police, il avaii mission de les tenir en respect; et l'on verrla que sa <léfiahce en tira un parti fort habile , lorsque Taucroisseipent du danger lui eut imposé de plus grands sacrifices.

Le pieu d'étendue des aftributioiis du comité de défense générale, le grand nombre de tnembres dont il se composait, membres d'opinions différentes, et mis avec intention les uns en présence des autres pour se faire équili«

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brei la publîdté de ses délibérations, dans lesquelles les ministres venaient rendre compte de leurs opérations, et auxquelles étaient admis les autres députes qui jugeaient convenable de s'y rendre ; toutes ces imperfections réunies n'étaient guère propres à assurer les succès de nos armées, surtout au moment où le général Dumouriez ne demandait qu'à profiter des divisions du gouvernement. Des trahisons , des revers, prouvèrent à la Convention et à la France au'il fallait plus d'ensemble et plus ae secret dans les opérations pour vaincre des ennemis dont les plans étaient conçus dans le mystère et exécutés sans confusion.

Depuis longtemps Robespierre , Danton, Marat, et la voix du peuple, demandaient qu'on introduisît de l'unité dans la direction des affaires.

Instruits par l'expérience, les Girondins, alors prépondérants, résolurent enfin d'apporter quelc[ue remède au mal. Le 22 mars 1793, après plusieurs propositions d'AlbUte y de Bentabole et de ÎHtinette, tendant au même but, Isnard emanda que, conformément au décret du 13 mars, on s'occupât de laformation d'un comité de salut public. Bancal, ae faisant l'interprète des sentiments ombrageux de la majorité, ne s'opposa pas à cette motion; mais il demanda que ce comité se bornât à surveiller les ministres , que ses membres fussent réélus de quinze jours en quinze jours, et qu'il n eût qu'un mois de durée. Le même jour, la Convention chargea le comité de défense générale de lui présenter un projet d'organisation d'un comité de scuut public. £n ^et, dans sa séance du 25, l'Assemblée décréta l'établissement d'un nouveau comité sous le nom de comUé de défense générale et de salut public, composé de vingt-cinq membres. Le lendemain furent élus , pour en faire partie: Dubois-Crancé^ Pétion, Gensonné, Guyton-Morveau, Robespierre aîné, Barbaroux, Rhul, Vergniaud, Fabre ^d'Églantine , Buzot, Delmas, Guadet, Condorcet, Bréard, Camus, Prieur de la Marne , Camille DesmottUns, BarrèrC) Quinette, Danton,

Sieyès, Lasource, Isnard, Cambaeârès, Jean Debry. On vota en outre une liste de dix suppléants. Voilà quelle fut la première éoauche du comité de salut public, ébauche encore pâle et douteuse, ainsi que l'indique son nom, emprunté moitié à l'ancien comité qu'il remplaçait, moitié au comité nouveau qui allait surgir. C'est sans doute pour ce motif que les auteurs

gui ont écrit sur le comité de salut pulic passent ce premier essaii sous silence; mais c'est à tort, suivant nous, parce qu'on y voit clairement la véritable origine de la nouvelle institution, et la source toute militaire d'où elle est sortie (*). Au reste, la composition du nouveau comité, oii les girondins avaient la majorité , mais où les montagnards étaient en nombre suffisant pour entraver leur politique envahissante, ne se prétait nullement à cette rapidité d'opérations , à cet accord de vues aue la Convention s'en était promis. Il était chargé de préparer et de proposer toutes les lois et les mesures .nécessaires pour la défense extérieure et intérieure de la républi* que ; il devait appeler à ses séances , au moins deux fois par semaine , les ministres composant le conseil exécutif provisoire, lesquels étaient tenus de lui donner tous lesédairoissements ^u'il demanderait : mais on lui avait imposé l'obligation de rendre compte tous les huit jours à la Convention de l'état de la république et de ses opérations qui seraient susceptibles de publicité, et de désigner chaque jour deux de ses membres pour donner à l'assemblée les éclaircissements qui lui seraient demandés sur l'état de la république. Des attributions aussi res-

(*) Déjà, en juin 179a , une commission de salut public avait été instituée par FAssemblée législative pour sauver le pays, mis à deux doigts de sa perte par les intrigues de la cour et par les démonstrations hostiles du duc de Brunswick; la patrie fiu déclarée en danger; mais la Commune se chargea alors, de son propre mouvement, d'agir avec une énergie dont la représentation nationale se montrait incapable. (Voy« CowKxssioirB.)

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treifltes ne pouvaient pas plus lui donner la force désirable que la multiplicité de ses membres et la publicité ié ses délibérations répondre du secret.

En outre, il offrait largement prise aux divisions intestines et aux intrigues ; aussi ne tarda-t-il pas à se diviser en deux parties : d'une part , les girondid^, ayant Gensonné à leur tête, et possédant l'avantage d'avoir presque toujours fait la loi dans Tancien comité de défense générale ; d'une autre part, les montagnards, dirigés par Danton et par Robespierre, par Danton surtout, et ayant à la fois plus de bonne volonté et plus de vigueur jointes à une intelligence instinctive du iDaniement des affaires. Robespierre s*aper{ut un des premiers que ce comité, mstitué par le décret du 25 mars, n'était pas à la hauteur des circonstances, et qu'il ne ferait rien de bon. Le 3 avril , à la séance de la Convention , il se crut obligé de donner sa démission, qu'il motiva sur la mau- Taise volonté de ce comité , qui , suivant ses expressions , professait des principes contraires à l'égalité, et ressemblait plutôt à un conseil de Du* mouriez qu'à un comité de l'Assemblée nationale.

Le lendemain , 4 avril , Isnard proposa une réforme , an nom même du comité de défense générale et de salut

Sublic ; il demanda l'établissement 'un comité d'exécution composé de neuf membres , chargé de remplir les fonctions attribuées au conseil exécutif des ministres , et de prendre toutes les mesures de défense générale, nécessitées par les circonstances, n II <c faut , dit-il , donner aux ressorts du a gouvernement plus d'action , plus a d'énergie, plus d'unité. Les ménan- « ces qui environnent le pouvoir exé- « cutii et vos comités , la publicité des « délibérations de ces comités , l'abus « qui peut résulter de cette publicité , «l'aveu des ministres eux-mêmes, « tout a concouru à déterminer le co- « mité à la mesure qui va vous être « soumise. ^ Ces paroles produisirent de l'impression sur l'Assemblée; mais la proposition fut ajournée au lendemain.

^position lui ajournée auienaemam. « aemoni X. V. 23* JJvraison. (Digt. engygl., etc.)

Le 5, en effet , Isnard revint à la charge; cette fois il fut appuyé par Bréard et Barrère. Les ménagements qu'employa ce dernier , pour vaincre les résistances de l'Assemblée , méritent d'être mentionnés, parce qu'ils montrent quelle défiance animait les esprits. « Vous vous effrayez de la « dictature, dit -il, tandis que vous « avez confié au comité de surveillance « (sûreté générale), à cause des trahi- « sons et des conspirations, le droit « terrible de lancer des mandats d'ar- « rêt et d'amener contre les citoyens. » Ce qui suit est relatif au nouveau comité. « Un comité sans pouvoir

« sur la liberté civile , délibérant sans « publicité , sans action sur les finanr « ces, sans pouvoir indépendant de « l'Assemblée nationale, exerçant une « simple surveillance , délibérant dans « les cas urgents les mesures de salut tt public, et en rendant compte à la « Convention ; pressant l'action du Cl conseil exécutif, dénonçant à î'As- « semblée les agents publics suspects « ou infidèles, et suspendant provi- « soirement les arrêtés du conseil exéa cutif , quand ils paraîtront contrai- « res au bien public, à la charge d'en « rendre compte dans le jour à la Con- « vention. » C'était sous ces dehors modestes que se présentait le comité qui devait plus tard faire trembler rEurope et la Convention elle-même.

La proposition fut adoptée, et on chargea Isnard, Barrère , Thuriot, Mathieu et Danton de rédiger un projet de décret.

Enfin, le 6 avril, l'organisation d'un comité, portant cette fois exclusivement le nom de comité de salut public, fut décrétée. Il n'est pas inutile de citer le passage suivant de la réponse de Thuriot à Buzot , qui s'opposait à la mesure : « On a créé un co- « mité de sûreté générale qui agit « pour la Convention contre les parti- « culiers , et sans lui en rendre compte. « Ici le comité de salut public est tenu « de vous rendre compte de toutes ses ' « opérations : on craifit son influence « sur le tribunal criminel ; mais on a « démontré que , ne pouvant accuser

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« personne, le tribunal ne t)eut être « son instrument.» Le décret présenté par Isnard fut adopté en ces ternies :

Art. !•'. Il sera formé, par appel nominal, un comité de salut public y composé de neuf membres de la Convention nationale. — Art. ii. Ce comité délibérera en secret; il sera chargé de surveiller et d'accélérer Taction de l*ad mi nist ration confiée au conseil exécutif provisoire (des ministres) , dont il pourra même suspendre les arrêtés, lorsqu'il les croira contraires à l'intérêt national , à ta charge d'en informer sans délai la Convention. — Art. in. Il est autorisé à prendre, dans les circonstances urgentes , des mesures de défense générale extérieure et intérieure ; et ses arrêtés, signés de la majorité de ses membres délibérants, qui ne pourront être au-dessous des deux tiers , seront exécutés sans délai par le conseil exécutif provisoire. Il ne pourra , en aucun cas, décerner des mandats d'amener ou d'arrêt , si ce h'est contre ses agents d'exécution , à la charge d'en rendre compte sans délai à la Convention. — Art. IV. La trésorerie nationale tiendra à la disposition du comité de salut public , jusqu'à concurrence de 100,000 livres, pour dépenses secrètes, qui seront délivrées par le comité, et payées sur les ordonnances qui seront signées comme les arrêtés. (Cet article est renvoyé au comité pour être présenté de nouveau.) — Art. v. U fera chaque semaine un rapport général et par écrit de ses opérations et de la situation de la république.

— Art. VI. Il sera tenu un registre de toutes les délibérations. — Art. vu.

Le comité n'est établi que pour un mois. — Art. viii. La trésorerie nationale demeurera indépendante du comité d'exécution et soumise à la surveillance immédiate de la Convention , suivant le mode fixé par les décrets.

Cette seconde tentative d'organisation du pouvoir exécutif, quoique laissant encore beaucoup à désirer san^ doute, était cependant en progrès sur rétablissement antérieur d'un comité de défense générale et de salut public.

Un moins grand nombre de membres, le secret dans les délibérations,^ le droit de diriger les ministres et' de suspendre leurs opérations quand ils feraient fausse route, la faculté de punir les agents de l'administration refusant d'obéir aux lois de la hiérarchie , le nom de comité d^sxécidUm glissé dans le corps du décret, étaient autant d'innovations qui ramenaient la Convention vers cette partie des traditions gouvernementales qu'une grande nation ne peut jamais oublier sans' imprudence. Du reste , les restrictions ne faisaient pas défaut , et l'on cherchait à reprendre d'une main ce que l'on donnait de l'autre. Le gouvernement naissant , placé sous la tutelle de la Convention , et sous l'inspection du comité de surveillance et de sûreté générale, n'avait d'action que sur les fonctionnaires publics; les finances étaient mises à l'abri de ses atteintes ; son budget ne se montait gu*à la somme de 100,000 francs ; il était tenu de rendre compte de ses opérations à tout instant du jour ; enfin , il ne pouvait prendre des mesures d'exécution que dans les cas urgents et pour la défense extérieure et intérieure. A vrai dire , ce n'était pas encore un gouvernement; mais c'était déjà une pierre d'attente pour aider à édifier plus tard un monument plus solide.

La Convention avait beau résister à l'évidence, la force des choses supérieure à ses préjugés l'entratoait insensiblement vers un changement de système.

Immédiatement après Padoptîon du décret et séance tenante, l'Assemblée procéda à la nomination du personnel ne ce comité , le premier qui porta exclusivement le nom de comité de salut public, bien qu'en réalité on doive le regarder comme le second. Les membres qui réunirent la majorité des suffirais turent: Barrère,Delmas,Bréard,Caiiibon , Danton , Jean Debry, GuyUm- Morveaux, Treilhard, Lacroix d^Eureet-Loir. Jean Debry ayant donné sa démission le lendemain, le comité Hit réduit à huit membres; mais on ne tarda pas à lui adjoiùdre R(ri)ert*

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Lîndet. Pas un girondin ne fut choisi; mais, pour neutraliser l'influence des montagnards, on leur adjoignit plusieurs membres de ^ la Plaine.

La Gironde ne cherchait qu'à lier les bras à Danton, et réservait ses forces pour la fameuse commission des Douze. ( Voy. cet article. ) Soutenu par Lacroix, Robert-Lindet, et quelques autres , Danton s'appuya sur la Commune, dans le but de renverser les girondins , qui eurent le tort de vouloir jouer au plus fin -avec les montagnards , au lieu d'entrer franchement en accommodement avec eux. La révolution du 31 mai leur révéla trop tard la faute qu'ils avaient commise , et , de leur côté , les montagnards ne surent pas se défendre d'abuser de la victoire.

Quoi ^u'il en soit , le comité de salut public, institué par le décret du 6 avril 1793, et conservé intact le mois suivant, ne parcourut pas une carrière fort brillante. Le manque d'homogénéité ne lui ner mettait pas d'exercer une grande influence, dans un moment où la division était dans l'assemblée qui lui avait délégué ses pouvoirs, dans un moment surtout oij la puissance de la Commune prenait un développement excessif. A cette époque ,. et quelque temps encore après, ce n'est pas de la Convention que vient l'impulsion , c'est du peuple , qui est impatient de prouver sa souveraineté et de tout conduire lui-même. Néanmoins, le comité du 6 avril 1793 continua d'exister jusqu'au 10 de juillet de la même année ; au mois de juin cependant, il avait subi une modification dans son personnel par la nomination de Jean Bon- Saint-André et Gasparin, qui remplacèrent Robert-Lindet et Treilhard.

L'homme qui joua le principal rôle dans ce comité fat Danton , qui avait pris pour sa part d'attributions la conduite des affaires extérieures, et dont la puissance s'était assez considérablement accrue pour inspirer des craintes à tous ceux qui ne voyaient la république que dans l'absence d'un gouvernement unitaire. Le fait est que Danton ne se regardait pas comme

très-éloîgné du moment où il mettrait la main sur le pouvoir suprême. Cette ambition non moins précoce qu'imprudente lui suscita des ennemis jusque sur les bancs de la Montagne. Vamdueur de la Gironde depuis le 31 mai, il se flatta de faire prévaloir son système sur celui de la Montagne et de la Commune, avec lesquelles il avait iusque-là marché d'accord. Dans ce out, il changea tout à coup ses batteries : après s'être servi adroitement des deux premiers comités de salut public dont il avait été le personnage mfluent, il sembla vouloir prendre son point d'appui sur le comité de sûreté générale, qui lui était toujours dévoué, et sur le conseil des ministres, lesquels, pour la plupart, étaient ou ses créatures ou ses partisans. Il crut, en outre, se donner plus de liberté d'action en affectant de se retirer de la direction des affaires; une démission volontaire lui parut le meilleur moyen d'occuper une position supérieure , tout en gardant les apparences du désintéressement et de la modération. Mais ses prévisions le trompèrent ; en cherchant trop à s'effacer, il se mit plus que jamais en évidence, et devint le point de mire de toutes les attaques. De leur côté, les montagnards aési« raient le renouvellement du comité de salut public, où les modérés se trouvaient en trop grand nombre, et qu'ils accusaient d'avoir agi avec mollesse dans les derniers événements. Le 10 juillet, dans la séance du soir de la Convention , Danton proposa lui-même la dissolution de ce comité, et il profita de la circonstance pour prier l'Assemblée de recevoir sa démission, parce qu'il se sentait peu propre à ce genre de travail. Mais il ajouta quelques paroles bien imprudentes : « Formez sans moi un autre comité plus fort et plus nombreux, dit-il; j*en serai V éperon au lieu d'en être l'agent y et je ferai plus de bien. »

Seconde période. C'est donc au 10 juillet 1793 que remonte la formation du grand comité de salut public, âui apporta à la révolution cette force 'unité qu'elle avait jusqa^aîors inuti-*

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lement poursuivie. Mais son personnel, d'abord de neuf membres, puis ensuite filé à ciouze, ne se recruta qu'avec peine, et ne fut entièrement complet que vers le commencement du mois de septembre. Les neuf membres nommés le 11 juillet furent Barrère, Gasparin^ Coutnon, Thuriot, Saint- Just, Prieur de la Marne, Hérauit-Séchelles, Robert-Lindet et Jean Bon-Saint-André.

Cette administration , où ne fieraient que des montagnards, ne reunissait cependant pas encore les conditions nécessaires pour agir avec ensemble ; elle présentait un mélange de dantonistes et de jacobins assez puissants pour se faire contre-poids, pas assez pour prendre l'initiative dans un sens ou dans un autre. Il fiallait une épuration quelconque qui assurât la supériorité à ceux-ci ou a ceux-là. La retraite d'un membre démissionnaire (Gaspa^ fin) permit à Saint-Just et à Coutnon de proposer Robespierre , qui fut admis à l'unanimité, et qui entra dans le nouveau comité le 27 juillet. La nécessité d'imprimer aux affaires de la guerre une direction vigoureuse et éclairée fit rechercher un peu plus tard Carnet et Prieur de la Cote-d'Or , dont les talents militaires allaient être d'un si grand secours; ils furent nommés tous les deux ensemble, le 14 août* Enfin, le 6 septembre, Billaud-Yarennes et Collot-d'Herbois , à la grande satisfaction des ultrarévolutionnaires , qui commençaient à se plaindre de la modération au nouveau comité, vinrent lui apporter son dernier appoint.

Désormais , sauf l'élimination de Tku' riot, qui ne sortit qu'à la fin de septembre, il fût assis sur des bases solides et invariables , du moins pour neuf mois. Les deux derniers choix, faits dans la séance du 6 septembre, achevèrent de ruiner le parti de Danton dans le comité. Vainement la Convention lui offrit d'y prendre rang; il persista dans son refus; faute impardonnable au moment où Billaud-Yarennes, son ennemi personnel , allait trouver tant d'occasions pour se venger. Il est à présumer que Danton ne croyait pas plusd'aVenir au comité du mois de juillet

3u'à ceux du mois de mars et du mois 'avril. S'il n*avait pas eu l'espérance de le dominer et de le plier à ses désirs, aurait -il, dans cette même séance du 6 septembre, où il eut l'imprudence de se récuser, propoté d'ériger ce comité en gouvememe/U provisoire! Il le fit parce qu'il ne voyait en lui qu'un marchepied. D'ailleurs, il s'y croyait suffisamment représenté par xKuriot et Hérauit-Séchelles; mais ce dernier ne tarda pas à être victime de sa fausse position et de sa conduite plus qu'équivoque. Danton et lui approchaient de leur ruine.

Nous n'avons rien dit de Granet, élu en même temps que Billaud-Yarennes et CoIiot-d'Herbois , mais qui donna sa démission, ce qui, après la retraite de Thuriot, laissa à douze le nombre des membres restants.

Tel était, au mois de septembre de Tannée 1793, le duodé^mvirat auquel était réservée la gloire de sativer la révolution. Il acceptait la direction des affaires dans un moment de crise, où le plus grand nombre commençait à désespérer du succès. La. moitié dé la France en rébellion; l'Europe entière en armes, maîtresse de nos places fortes et ayant déjà pénétré au cœur de la France, à quelques lieues de Paris ; une armée dénuée de tout, démoralisée et abandonnée par ses généraux; notre marine livrée aux Anglais avec l'arsenal de Toulon ; Dunkerque à la veille de subir le même sort; le pays ruiné, affamé; les parents et les amis des émigrés favorisant à Tintérieur les entreprises du dehors et prêtant main-forte aux girondins révoltés; la Yendée en feu; tel était l'état des affaires lorsque douze hommes énergiques et dévoués acceptèrent le fardeau du gouvernemaat.

Encore n'avons-nous pas parlé des entraves que leur suscitaient la jalousie ombrageuse de la Convention , voyant

f)artout le fantôme de la dictature; 'exagération et l'indiscipline de la Commune toute-puissante et aveuglée

f)ar les intrigues des agents de la coaition; le mauvais vouloir des dantonistes, qui ne gênaient pas moins sa

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marche que les orgies des hébertistes; enfin, dans le sein même du comité, des germes de division, qui, sans des efforts de patriotisme et d'abnégation qu'on ne saurait assez louer, auraient tout perdu. Quelques mois plus tard, la révolte des girondins et des royalistes était vaincue, la Commune réprimée, les dantonistes et les hébertistes réduits à l'obéissance , les armées étrangères battues et en retraite. Un peu plus d'une année après, l'histoire avait a enregistrer vingt-sept victoires, dont huit en bataille rangée , cent vingt combats , quatre-vingt mille ennemis tués, quatre-vingt-onze mille faits prisonniers, cent seize places fortes ou villes importantes conquises, dont seize après siège et blocus , deux cent trente-sept forts ou redoutes enlevés, trois mille bouches à feu, soixante et dix mille fiisils,dix-neuf cents milliers de poudre , quatre-vingt-dix drapeaux pris à l'ennemi ; plus de mille captures faites sur le commerce anglais; une bataille navale qui, sans avoir été suivie du triomphe, avait cependant relevé l'honneur de notre marme, dont le matériel et le personnel avaient été en grande partie renouvelés, etc., etc. Certes, il y a là de quoi effacer- quelques taches et rendre indulgent pour quelques excès de sévérité; Ta contre-révolution a pu seule garjder rancune au comité de salut public.

]Ve pouvant donner ici le détail des opérations de ce comité, qui expédiait environ cinq cents affaires par jour, nous nous bornerons à dire comment ses différents membres s'étaient distribué entre eux le travail. — Billaudf^arennes et CoUot-d'Herbois étaient spécialement chargés de la correspondance avec les départements. — Saint- Just s^occupait des institutions et des lois constitutionnelles. — Robespierre avait pour sa part l'étude des questions générales et la direction morale de r esprit public. Il se montra à la hauteur de cette pénible tâche en terrassant le monstre de l'athéisme; et cette victoire sauva la révolution à l'intérieur, en même temps que les succès de nos armes la sauvaient à la fron-

tière. — Coutkoriy presque toujours malade, n'eut de fonctions bien déterminées que vers la fin, lorsque le comité eut songé à former un bureau de police générale; alors il reçut en partage, avec Robespierre et Saint- Just, la responsabilité de ce nouveau département. — Les relations extérieures furent un moment du ressort de Hé' ratUt-SéchelleSy qui , tout jeune encore, monta sur i'échafaud le même jour que Danton, le 4 avril 1794 (14 germinal an II) , sous l'accusation d'avoir trompé la confiance du comité en emportant chez lui des pièces diplomatiques et en les communiquant à un agent de l'Autriche. Hérault-Séchelles avait d'abord concouru à l'élaboration des ins« titutions politiques; c'est lui qui présenta la constitution de 93 , laquelle fut en grande partie son ouvrage ; la nouvelle déclaration des droits de l'homme avait été rédigée par Saint-Just. — Jean Bon-Saint- André avait le ministère de la marine; il se rendit à Brest, et y resta presque toujours pour activer les arnlements. — Robert-Lindet el Prieur de la Manie devaient veiller sur les approvisionnements en subsistances; mais Prieur ayant été constamment en mission, ce soin reposa entièrement sur Lindet, qui s'en acquitta avec beaucoup de zèle. — La partie matérielle des opérations militaires avait été confiée à Prieur de la Côte-d'Or, officier du génie d'un grand mérite. — Carnoty également officier du génie, était à la tête du ministère de la guerre ; les plans de campagne , la nomination du personnel et la direction du moral de l'armée rentraient dans ses attributions. C'était lui surtout qui avait pour mission d'organiser la victoire; il y parvint en travaillant quinze heures par jour, en réalisant aes combinaisons stratégiques d'une

f>ortée nouvelle, en prenant lui-même e fusil dans une circonstance décisive, en remplaçant les officiers nobles qui avaient abandonné l'armée par une nouvelle génération d'officiers plébéiens, parmi lesquels il sut distinguer dès son début le jeune artilleur de Toulon, qui devait bientôt rivaliser

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avec les plus grands capitaines de Tantiquité. — Barrère faisait ordinairement les rapports à la Convention.

Après la mort de Hérault-Séchelles , il eut, en outre , l'inspection des affaires extérieures, dont la sphère était du reste peu étendue dans un temps de guerre générale. L'absence de Jean Bon-Saint-André rejeta encore sur lui une partie du poids de l'organisation maritime. Enfin, il avait dans sa dé^ pendance le domaine de l'instruction publique et des beaux-arts, directement confié à deux commissions composées d'hommes compétents; mais sa véritable fonction était celle de rapporteur du comité, et ne fût-ce que pour annoncer des victoires , elle ne lui laissait guère de loisir.

Les hautes questions d'État se traitaient dans des réunions générales où la majorité seule faisait loi. Ceci explique comment on trouve assez souvent la signature de tels ou tels membres apposée au bas de certaines mesures contre lesquelles ils avaient voté. Aux termes de l'article 3 du décret du 6 avril 1793 , les arrêtés du comité de salut public devaient être signés par la majorité de ses membres délibérants , dont le nombre ne pouvait pas rester au-dessous des deux tiers ; ce qui nécessitait cinq signatures pour le moins.

Mais la multitude des affaire^ courantes s'opposa à l'accomplissement de cette formalité : les membres du comité regardèrent trois signatures comme suffisantes , et là plupart du

^ temps ils signèrent de confiance les dispositions prises par un collègue dans sa spécialité; il y eut même, mais en fort petit nombre, des arrêtés qui

. ne furent signés que d'un seul nom.

Dans les derniers temps surtout , le comité de salut public appelait quelquefois à ses grandes reunions les membres ducomité de sûreté générale, guiprenaient part à la délibération.

Cest de cette manière que fonctionnait , tantôt en commun , tantôt en bureaux distincts , le grand comité de salut public. Cependant , il lui manquait quelque chose pour être un gouvernement plus parfait il n'avait

pas de président. En lui en donnant un , la Convention aurait redouté de sMmposer un maître , tandis qu'elle se croyait garantie contre les usurpations de douze hommes absolument égaux entre eux et privés de cette lî^Brté d'action et de cette rapidité de mouvement que procure seule une hiérarchie bien ordonnée. Cette absence d'un gage puissant d'unité rendait la situation du comité d'autant plus précaire qu'on exigeait de lui des efforts de puissance que la concentration du pouvoir avait seule produits jusque-là. L'indépendance respective de ses différents membres avait des inconvénients imparfaitement compensés par les précieux avantages de la division du travail. Il était à craindre que chacun n'affectât une espèce de souveraineté dans les matières de sa compétence, et, de plus , ceux qui étaient diargés des travaux les plus épineux encouraient une responsabilité plus effrayante que les autres. A ce pomt de vue , Robespierre , Saint- Just et Couthon se trouvaient les plus mai partagés; ils avaient le département à fa fois le plus difficile et le plus délicat : le plus difficile, lyuisqu'ils avaient à traiter les questions générales ; le plus délicat , puisqu'ils devaient exercer un contrôle sur la conduite des individus. Il â fallu des prodiges de patriotisme et d'activité pour que ces douze hommes se soient entendus assez longtemps pour tirer la France du danger où l'avaient mise les attaques simultanées de la coaiitioa et de l'anarchie. Par une force de volonté sans pareille , ils ménagèrent entre eux cette union dont les éléments leur avaient été refusés ; et elle leur donna le moyen de dominer la Convention elle-même, malgré tout et gu'elle avait fait pour les retenir to«jours en tutelle.

Mais ce ne fut pas d'un {H*eniier bond qu^ils atteignirent le fout marqué ; ils n'y arrivèrent qu'après bien aes hmnagements et en tirant parti des cvconstances. On a vu ce qu'était leur pouvoir à son point de départ : un Gioiple droit de surveillance sur le conseil des ministres, et la feculté de prendre

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dtes maures de salut public dans les cas urgents , mais sous la réserve du contrôle permanent de la Convention , où les fluctuations de la majorité n'étaient pas de nature à entretenir un esprit de suite dans le système d'opérations. Aussi bien que le précédent , le nouveau comité était sous le coup du décret du 6 avril ; la Convention persistait toujours à désirer un pouvoir capable dfe sauver la république, mais hors d'état de devenir un gouvernement durable. Le comité, au contraire, qui ne pouvait rien faire d'utile sans unité , tendait à absorber en lui toute la puissance executive; de là une lutte d abord déguisée , et ensuite ouverte , où le comité garda l'avantage tant gue le danger fut imminent, mais ou il succomba lorsque la Convention n'eut plus à trembler pour l'existence même du pays.

A peine installé d'une manière définitive, le nouveau comité eut à soutenir un choc violent. Dans la séance de la Convention du 25 septembre, il fut attaqué simultanément par les hébertistes et par les dantonistes. Les revers qui avaient suivi la victoire de Hond- £cboote servaient de prétexte aux mécontents , et des divisions avaient été fomentées dans le sein même du comité; ilu moins Thuriot s'était-il déclaré depuis quelque temps en désaccord avec ses collègues ; mésintelligence qui motiva sa démission.Les agresseurs obtinrent d'abord un premier avantage:

£ri€^y qui avait attaqué le plus vivement le comité , fut élu pour en faire partie. Mais bientôt la fortune tourna contre eux, lorsque le comité eut fait entendre sa défense. Billaud-Varennes, Barrère, Prieur de la Côle-d'Or, Robespierre et Jean Bon-Saint-André, seuls membres présents , prirent successivement la parole et ramenèrent la Convention à des sentiments meilleurs. Robespierre surtout monta plusieurs fois à la tribune et y obtint un de ses plus beaux «uccès d'éloquence ; sa dernière improvisation, encore plus applaudie que les autres, remua profondément l'assemblée, qui se leva tout entière et déclara que le çomUé avait toute sa confiance.

Briez fit amende honorable; son élection fut rapportée ; on décida de plus que le comité garderait les 50 millions mis à sa disposition , et dont il avait

Eroposé de se dessaisir. Au lieu d'éranler sa puissance, cette attaque lui fit faire un pas de plus vers la dictature (*). Quelques jours plus tard, le 19 vendémiaire (10 octobre), sur un rapport de Saint- Just , la Convention rendit le décret suivant , qui ruina les espérances de ceux qui espéraient encore renverser le nouveau gouvernement : « Art. l*'. Le gouvernement provisoire de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix. — Art. 2. Le conseil exécutif provisoire, les ministres , les généraux , les corps constitués, sont placés sous la surveillance du comité de salut public , qui en rendra compte tous les huit jours à la Convention. — Art. 3. Toute mesure de sûreté doit être prise par le conseil exécutif provisoire , sous l'autorisation du comité, qui en rendra compte à la Convention.— Art. 5. Les généraux en chef seront nommés par fa Convention nationale, sur la présentation du comité de sailut public. — Art. 12. La direction et l'emploi de l'armée révolutionnaire (**) seront incessamment réglés de manière à comprimer les contre-révolutionnaires. Le

(*) Le même jour , il fat décrété c|ue le comité de salut public de la Convention nationale porterait seul cette dénomination, et que les autres comités de ce nom , établis dans les diverses sections ou départements de la république, seraient aopelés comités de surveillance. En outre, depuis le i3 septembre» les comités de la Convention eux-mêmes n'étaient plus nommés que sur la présentation du comité de salut pu^ blic.

(«*)Dè8 le 5 septembre, sur le rapport du comité de sâlut public , la convention avait décrété qu'il y aurait à Paris une force armée soldée par le trésor public, composée de 6 mille hommes et de i a 'cents canonniers, destinée à comprimer les contrerévolutionnaires , à exécuter les lois révolutionnaires et les mesures de salut public qui seraient ordonnées par la Convention nationale et à prot^er les subsistance^.

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comité de salut public en présentera le plan. » L'adoption de ce décret donnait une grande extension aux attributions du comité ; les ministres s'effaçaient de ))Ius en plus devant lui , et il commençait à prendre la haute main sur les généraux. Dans ses considérations préliminaires, Saint-Just avait attribué tout le mal au pouvoir exécutif et à l'administration. Sur trente mille employés , avait-il dit , il en est peut-être fort peu à qui le peuple donnerait sa voix. Il s'était plaint aussi du généralat , dont quelques membres subissaient l'influence des dantonistes, quelques autres celle des hébertistes ; du reste, cette seule déclaration , que le gouvernement serait révolutionnaire jusqu'à la paix , fournissait au comité les moyens de triompher de tous les obstacles et de remplir sa tâche.

Mais l'organisation du gouvernement révolutionnaire fut encore mieux déterminée le 14 frimaire an ii (4 décembre 1793) , sur la proposition de Billaud-Varennes. La citation de quelques articles de cette loi du 14 frimaire suffira pour montrer tout le mécanisme du gouvernement d'alors , auquel participaient la Convention , le comité de salut public, et le comité de sûreté générale.

« Section IL Exécution des lois,

«Art. l""*. La Convention nationale est le centre unique de l'impulsion du gouvernement.

« 2. Tous les corps constitués et les fonctionnaires publics sont mis sous l'inspection immédiate du comité de salut public, conformément au décret du 19 vendémiaire. Pour tout ce qui est relatif aux personnes et à la poUce intérieure, cette inspection particulière appartient au comité de sûreté générale de la Convention, conformément au décret du 1 7 septembre dernier. Ces deux comités sont tg;ius de rendre compte , à la fin de chaque mois, des résultats de leurs travaux à la Convention nationale. Chaque membre de ces deux comités est personnellement responsable de l'accomplissement de cette obligation. »

La Convention, au premier rans ; le comité de salut public , au second; le comité de sûreté générale , au troisième ; telle était la composition du gouvernement révolutionnaire , trinité terrible qui étonna le monde par des prodiges d'énergie. Mais il s'en fallait beaucoup que le jeu de ces trois principaux ressorts fût combiné dans un but d'unité. La Convention, arbitré suprême , avait opposé l'un à Tautre plutôt qu'associé ensemble le comité de salut public et le comité de sûreté générale. Comprenant enfin que le comité de salut public avait besoin d'une force dictatoriale pour vaincre l'étranger, elle prenait son parti de cette dure nécessité, mais à reg^t, et en rappelant au nouveau pouvoir qu*il resterait toujours placé sous la surveillance du comité de sûreté générale, exclusivement chargé de la police intérieure et de tout ce qui concernait les personnes , conformément au décret du 17 septembre, qui n'était autre chose que la fameuse loi des suspects. Non contente du droit de censure qu'elle s'était réservé à ellemême, la Convention s'efforçait de créer une seconde censure plus directe et plus active, une censure de tous les jours, de tous les instants, et toujours prête à frapper celui des douze dictateurs qui voudrait non-seulement satisfaire son ambition personnelle, mais encore agrandir les limites du cadre dans lequel avait été renfermé le goovernement. Par ses attributions, par son ancienneté , le comité de sâreté générale était éminemment propre à cette fonction ; aussi la Convention se plaisait-elle à augmenter ses pouvoirs avec autant de persistance qu'elle marchandait ceux du comité de saint public. Il est encore à remarquer qu'elle ferma toujours les veux sur lei excès de l'un, tandis qu'elle punit avec une grande sévérité les contraventions de l'autre; et cependant les abus d'autorité qui eurent lieu dans le cooaité de salut public, ne sauraient être oomparésàceux que se permit le comité de sûreté générale , qui renfermait dans son sein des hommes d'une cruauté

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et d*une immoralité dont rien n'approche. Mais ce comité était considéré comme un instrument qu'il fallait se ménager, pour s'en servir en toute liberté quand le moment serait venu.

Pour tout le reste, la loi du 14 frimaire était plus largement co'hçue que celles

3 ai avaient précédé. Par l'article 1*' e la section III, relative à la compétence des autorités constituées , le comité de salut public était particulièrement chargé aes opérations majeures en diplomatie^ et il pouvait traiter directement ce qui dépendait de ces mêmes opérations. L'article 5 introduisait un changement notable qui offrait au gouvernement le moyen de mettre un terme à l'anarchie. Il y était dit : « Tout ce qui est relatif aux lois révolutionnaires et aux mesures du gouvernement et de salut public n'est plus du ressort des administrations de département.» £n conséquence, 1^ hiérarchie qui plaçait les districts , les municipalités, ou toute autre autorité sous la dépendance des départements, est supprimée pour ce qui concerne les lois révolutionnaires et militaires , et les mesures de gouvernement, de salut public et de sûreté générale. Enfin l'article 1*' de la section IV, concernant la réorganisation des autorités constituées, autorisait le comité de salut public à prendre toutes les mesures nécessaires pour procéder au changement d'organisation des autorités constituées. Certes, il y avait loin de là à la première ébauche de pouvoir exécutif, conçue le 26 mars, et à ce comité du 6 avril qui s'était trouvé sans force , en présence de la Convention et de la Commune , d évente encore plus puissante après la révolution du 31 mai. Touteiois , le gouvernement restait toujours placé dans une position embarrassante visà-vis du conseil des ministres et du comité de sûreté générale , quoiqu'il eût besoin de toute sa force pour se défendre contre les dantonistes et la Commune , qui continuaient leurs attaques.

Dans la séance du 18 nivôse an ii (7 janvier 1794), Danton parvint à di-

minuer les ressources financières du comité. Sur sa proposition et sur celle de Bourdon de l'Oise, la Convention décréta en principe qu'à l'avenir aucun ministre ne pourrait puiser dans le trésor public qu'en vertu dun décret rendu sur le. rapport du comité de salut public. Elle chargea le comité de salut public de veiller à ce que l'activité des forces nationales n'éprouvât aucun ralentissement; elle le chargea en outre de présenter un rapport sur le mode de versement à laire pour toutes les dépenses nationales et sur l'organisation d'urgence du gouvernement provisoire. Ce décret avait évidemment pour but de changer le conseil des ministres, qui ne travaillait plus pour Danton, et de l'empêcher de tirer aucun fonds du trésor public sans que le comité de salut public eût provoqué une discussion sur l'objet de ces fonds. C'était une véritable victoire remportée par les dantonistes.

Le mois suivant , les hébertistes recommencèrent l'attaque , et cette fois, sans l'énergie de Collot et de Saint- Just, c'en était fait du comité. Billaud- Yarennes était absent, ainsi que plusieurs autres membres ; Robespierre et Couthon étaient malades au lit; Carnot, Robert-Lindet et Prieur de la Côte-d'Or avaient à peine le temps de suffire £tux besoins du service militaire. La section Marat et les cordeliers profitèrent de ces circonstances pour tenter une insurrection, à la léte de laquelle ils voului*ent mettre Pache, qui heureusement ne seconda que mollement leur&. efforts. Grâce à cette hésitatioli, Saint-Just et Collot-d'Herbois purent tenir tête à l'orage. Ce dernier se rendit au club des jacobins, où, après avoir montré tout ce qu'avait déjà fait le comité de salut public pour sauver la patrie, il s'écria : « Vaine espérance! Billaud et Saint -André sont absents; nos amis Couthon et Robespierre sont malades ; nous restons donc en petit nombre pour combattre les ennemis du bien public ; il faut que vous nous souteniez ou que nous nous retirions ! » Mille voix l'interrompirent : « r^on ! non! ne nous

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quittez pas ! ne vous retirez pas, nous vous soutiendrons! » Alors Collotd'Herbois reprit : « Fort de votre assistance, le comité de sàlut public ne cédera pas aux intrigants ; il prend des mesures fortes et rigoureuses, et, dûtil périr, il ne reculera pas devant une tâche glorieuse ! » La société des Jacobins envoya aussitôt une députation aux cordeliers , qui finirent par se rendre à la raison , et par retirer le voile quMls avaient mis sur la déclaration des droits de Thomme.

Vainement , le 20 mars , les dantonistes firent un dernier effort à la Convention pour renverser le comité de salut public et le comité de sûreté générale , qu'il entraînait dans sa sphère ; Couthon, Moïse, Bayle et Roj)espierre les repoussèrent avec avantage. Cette double victoire ne tarda pas à devenir fatale aux hébertistes et aux dantonistes, qui portèrent leur tête sur Téchafaud ^ Hébert et ses principaux partisans , le 24 mars (4 germinal), et Danton et les siens, le 14 du même mois (4 avril).

Déjà le 7 germinal (27 mars), le comité avait obtenu le licenciement de l'armée révolutionnaire, toute dévouée aux hébertistes , et qui s'était souillée par d'horribles excès. Le 12 germinal (!*' avril) , il avait fait décréter une réforme encore plus importante. Dans la séance de ce jour , l'Assemblée nationale consentit , sur la demande de Carnot , à la suppression du conseil des ministres, et au remplacement des six ministères par douze commissions administratives rattachées au comité de salut public , sous l'autorité de la Convention. Le droit de préhension &t attribué exclusivement , sous la surveillance du comité de salut public, à la conimission chargée du commerce et des approvisionnements. L'article 20 du décret portait : « Les membres des commissions et leurs adjoints seront nommés par la Convention nationale, sur la présentation du comité de salut public. Ces commissions organijseront sans délai leurs bureaux , sous l'approbation du comité de salut public Les nominations des employés

lui seront également soumises , et devront être confirmées par lui. » Le discours remarquable que prononça alors Carnot renferme un tableau complet des différents ressorts du gouvernement révolutionnaire. L'enchaînement des pouvoirs y est exposé avec autant de grandeur que de clarté: — premièrement , le peuple , qui cherche la tamière et la direction qu*il doit prendre , mais c|ui , ne pouvant délibérer en assemblée générale , se forme en assemblées d'arrondissement pour élire les mandataires qu'il charge de le représenter dans une assemblée nationale ; — deuxièmement, la Convention, conservatrice des droits qui assurent la liberté du peuple , et qui ne peut oublier que son enceinte ne doit jamais offrir aux nations qu'un grand spectacle ; que quiconque y apporte des discussions étrangères aux intérêts du peuple , quiconque affaiblit dans l'opinion l'idée de tout ce que la puissance offre de plus imposant, de tout ce que la . vertu offre de plus généreux , de tout ce que les mœurs et le courage offrent de plus propre à élever, à intéresser les âmes, méconnaît la sublimité de sa mission, avilit la majesté d'un peuple que la nature , la liberté, la rage impuissante des rois ligués contre lui , ses maux , sa eonstance, ses sacrifices, ont rendu le premier des peuples dont il soit fait mention dans les annales de l'univers; — troisièmement, le comité de salut public, émanation directe, partie intégrante et amovible de la Convention , chargé de tous les objets d'une importance secondaire ou qui ne peuvent être discutés en assemblée générale, et placé au centre de Texécutioa pour mettre entre les divers agents de i^ tion immédiate, qui aboutissent à lui, la concordance nécessaire à leur imprimer le mouvement qu'exige le prodigieux ensemble d'une nation de vingt-cinq millions d'hommes; — quatrièmement, les douze commissions, qui, rattachées au comité de salut public, embrassent tout le système de l'exécution des lois; — avant tout, la raison qui plane au-dessus du gou-

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vernement, au-dessus de la Convention, au-dessus du peuple lui-mét^e.

La suppression dû conseil des ministres , qui n^avait que trop souvent entravé la marche des affaires par ses hésitations et par les intrigues auxquelles il servait de prétexte ou d'instrument , donnait enGn au comité de salut public une plus grande liberté d'action. A partir de cette époque, en effet , "commença l'apogée de sa puissance. Il avait réprimé l'insurrection des Girondins, il avait repris Toulon et Chassé les étrangers du cœur de la France , il venait de dompter les hébertistes et les dantonistes, le conseil des ministres était supprimé, le comité de sûreté générale, reflet presque toujours exact des sentiments de la majorité de la Convention , subissait l'ascendant du nouveau pouvoir. Cependant il restait encore la Commune, qui continuait à faire mauvais usage de l'influence extraordinaire qu'elle avait acquise après la révolution du 31 mai, et qui donnait au peuple l'exemple de la démagogie et de l'irréligion.

Soutenu par le club des jacobins.9: le comité de salut public parvint, non sans de grands efforts , à la faire rentrer dans le devoir, et à déjouer les intrigues des contre-révolutionnaires , parents ou amis des émigrés, agents de l'étranger comme eux , et feignant un républicanisme effréné pour pousser la révolution aux excès, et la faire expirer dans les convulsions de l'anarchie. On sait quelle part Robespierre prit à cette victoire, et avec quel courage il risqua sa popularité , dans le but d'arracher la France aux embrassements impurs de l'athéisme. Le 20 prairial (9 juin), à la suite d'un magninque discours, souvent interrompu par les applaudissements , il fit décréter par la Convention que le peuple français avait toujours cru à l'existence de l*Être suprême et à l'immortalité de l'âme. L'article 3 du décret présenté par lui allait plus loin; il reproduisait, dans uii stvie révolutionnaire, l'esprit de quelques-unes des plus belles maximes de l'Évangile. Il était ainsi conçu : « Le peuple français

met au premier rang de ses devoirs de déserter la mauvaise foi et la tyrannie, de punir les tyrans et les traîtres, de secourir les malheureux , de respecter les faibles, de défendre les opprimés, défaire aux autres toutie bien qu^onpeuty et de n^être injuste envers personne, » La réponse de Car- , not à l'orateur des jacobins est également remplie de passages de la plus grande beauté.

Ce dernier triomphe remporté sur la Commune et sur les ultra-révolutionnaires porta à son comble le pouvoir du comité de salut public. Alors tout trembla devant lui; plus on avait voulu restreindre ses attributions, plus elles devinrent étendues, et il se trouva en possession d'une véritable dictature.

«... Le comité de salut public , dit M. Mignet, disposa de tout sous le nom de la Convention qui lui servait d'instrument. C'était lui qui nommait et destituait les généraux, les ministres, les commissaires - représentants , les luges, les jurés. Par ses commissaires, les armées et les généraux étaient v sous sa dépendance, et il dirigeait d'une manière souveraine les départements; par la loi des suspects , il disposait de toutes les personnes ; par le tribunal révolutionnaire, de toutes les existences; par les réquisitions et le maximum, de toutes les fortunes; par la Convention effrayée, des décrets d'arrestation contre ses propres membres. »

Si ces hommes étaient restés unis , rien n'aurait pu rompre un pareil faisceau ; malheureusement trop de causes tendaient à les diviser , pour que la mésintelligence ne se glissât pas parmi eux, dès que l'existence du pays aurait cessé d'être en danger. Par sa nature même , le gouvernement révolutioiinaire était une exception à laquelle il fallait s'empresser de substituer un gouvernement régulier pour Fnettre un terme aux moyens terribles qui seuls avaient permis de sauver la France. Mais si les dictateurs avaient été assez heureux pour tomber d'accord sur toutes les grandes questions de salut public , il n'était guère possible qu'ils

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s'entendissent de même sur la manière de concevoir les modifications à introduire dans la nouvelle organisation gouvernementale.

C'est du moins ce qui arriva. Quel-

3ues membres du comité persistèrent ans la croyance que Tunité politique pouvait subsister sans un chef quelconque chargé de la représenter; quelques autres travaillèrent à l'établissement d'une pr^idence dans le genre de celle des États-Unis d'Amérique ; ceux-ci se montrèrent partisans d'une démocratie excessive; ceux-là inclinèrent.vers une réconciliation entre le peuple et la bourgeoisie; d'autres, prévoyant les malheurs qui allaient arriver, se prononcèrent pour le maintien du statu quo. Le desaccord augmenta insensiblement; et, malgré quelques tentatives de rapprochement, il passa à l'état d'hostilité; les rivalités vinrent encore envenimer la querelle. La mort de Hérault- Séchelles, et l'absence de Saint-André et de Prieur de la Marne , en mission permanente, réduisaient à neuf le nombre des membres présents au;^ délibérations du comité. Une chose bien remarquable, c'est ^ue ces neuf membres se classèrent instinctivement en trois triumvirats : d'une part , Robespierre, Couthon et Saint-Just ; d'une autre, Biliaud-Varennes, Collot-d'Herbois et Barrère ; d'une autre encore , Garnot, Prieur de la Côte -d'Or et Robert -Lindet. Le triumvirat dont Robespierre était le chef ne voyait de remède que dans une réforme qui donnerait enfin un président à la ré-

Ïiublique. Il n'avait provoqué la loi errible du 22 prairial que dans l'esf>oir d'intimider et de punir au besoin es grands coupables qui profitaient de leur titre de conventionnels pour conserver l'impunité et éterniser le régime exceptionnel dont ils profitaient avec tant de scandale. En réalité, il se jproposait d'abolir la terreur , aussitôt après l'établissement d'un gouvernement régulier ; ses censeurs les plus sévères ont avoué qu'il avait préparé un projet d'amnistie, et ce ne fut qu'après le 9 thermidor que les vain-

Sueurs purent rejeter sur la mémoire es vaincus la responsabilité de toutes les cruautés commises. Le triumvirat soumis a l'influence de Biliaud-Varennes représentait tous les sentiments les plus ultra-révolutionnaires ; dominé par une sombre jalousie contre Robespierre , qu'il espérait supplanter , Billaud - Varennes dominait Gollotd'Herbois , non moins terroriste que lui, et il avait eu l'art de s'attacher Barrère, homme plus faible que cruel, mais qu'un vieux levain de fédéralisme aveuglait sur les idées gouvernementales de Robespierre. Le triumvirat où figurait Carnot redoutait avant tout une rupture ; composé d'hommes modérés en politique, et exclusivement occupés de travaux militaires , il voulait que le comité restât uni , pour concentrer toutes ses forces contre l'étranger. Biliaud-Varennes, qui spéculait sur la désunion , s'efforça de prouver que c'était Robespierre qui prenait l'offensive. Ses collègues le crurent d'autant plus facilement, que, depuis plusieurs semaines, Maximilien avait cessé de venir au comité. Une autre considération les rassura sur les sentiments de Biliaud-Varennes, ce fut sa liaison avec Barrère , qui , jusque-là , ne s'était pas fait remarquer par autant d'exagération que son ami; enfin , la dureté flegmatique de Saint- Just , qui n'avait rien d'un jeune homme que l'âge ; son dogmatisme doctoral , sa crudité si souvent insultante, achevèrent de les indisposer, et ils prirent parti contre Robespierre, qui avait le tort d'être absent. L'exemple de la majorité du comité de salut public entraîna le comité de sûreté générale , où Le Bas et David tenaient seuls pour Maximilien. Le comité de sûreté générale ne pouvait pardonner à Saint- Just , à Couthon et à Robespierre d'avoir accepté la direction du bureau de police*générale , qui emniétait sur ses attributions, et qui tenaait à le réduire à la nullité, résultat d*aatant plus désirable, que ce comité avait déshonoré la révolution par d'norribles excès. Tout ce qu'il restait de <}antonistes et dliâiertistes

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à' la Convention vint grossir ce premier noyau ; et , pour comble de malheur , la Plaine , qui , depuis quelque temps , appuvait de ses votes la politique^ modère de Robespierre , n'eut pas honte de le trahir , et de faire cause commune avec le»thermidoriens contre Thomme qui avait sauvé la vie aux soixante-treize membres de la Gironde détenus en prison. Devant une telle coalition, Robespierre devait succomber; il succomba, en effet, le 27 juillet 1794, un an, jour pour iour, après son entrée dans le comité de salut public, qui, décimé par cet événement , ne tarda pas à être entraîné dans la chute des triumvirs.

Troisième période. Le 9 thermidor, la Convention prit sa revanche du 31 mai. La coalition des rois était à moitié vaincue, la Commune et les factions avaient été abattues , le salut de rtttat ne pouvait plus inspirer de craintes sérieuses ; on se crut en droit de payer d'ingratitude les anciens services, et de se délivrer du comité qui avait accompli de si grandes choses.

Il ne suffisait pas d'avoir envoyé au supplice Robespierre, Saint -Just et Couthon, il ne suffisait pas d'avoiiw enveloppé dans leur ruine Robespierre jeune, Le Bas et une centaine de leurs amis, on voulut, sinon se défaire sur-le-champ de tous les anciens membres du comité , du moins paralyser leur influence en leur adjoignant des thermidoriens pour collègues. La mort de Hérault-Séchelles, celle de Robespierre, de Saint- Just et de Couthon n'avaient laissé que quatre places vacantes ; pour enlever aux membres survivants tout espoir de domination, on regarda Jean Bon-Saint- André et Prieur de la Marne comme démissionnaires pour cause d'absence, ce qui porta à six le nombre des membres à remplacer. En conséquence , le 14 thermidor (l**- août 1794), Tallien, Eschassériâux ( la Vierge ), Bréard, Laloi , Treilhard et Thuriot furent nommés membres du comité de salut public. Ainsi, les six anciens membres du comité se trouvèrent hors d'état de soutenir la lutte contre les intrus

qui, peu de jours après, forcèrent Billaud-Varennes et Collot-d'Herbois d'abord, puis ensuite Barrère à donner leur démission. On ne conserva que Carnot, Prieur de la Côte -d'Or et Robert-Lindet, parce qu'on ne pouvait se passer de leurs talents pour achever de vaincre la coalition. Mais ce qui porta surtout un coup terrible à ia puissance du comité de salut public, ce qui dénatura complètement l'esprit de l'institution , c'est au'il fut décidé qu'à l'avenir ses membres seraient renouvelés par quart tous les mois. Pour plus cle précautions encore, la Convention réorganisa les comités , les rendit tout à fait indépendants les uns 4cs autres , et les fit surveiller plus activement encore par le comité de sûreté générale , encouragé dans ses fonctions de grande police. Dès lors, il n'y eut plus de comité de gouvernement ; ce fut l'assemblée qui gouverna ou plutôt qui essaya de gouverner elle-même par l'intermédiaire de ses comités. Les héritiers du grand comité de salut public n'eurent plus en partage que les affaires diplomatiques et les opérations militaires.

Pour se faire une idée des sentiments mesquins de défiance ^ui dominaient la majorité de la Convention , il faut lire la discussion qui eut lieu, dans son sein , le 18 fructidor (an ii), au sujet de la nouvelle organisation des comités. Poultier,>Rewbell, et Lequiniô surtout, se distinguèrent dans cette croisade contre tout genre de supériorité; ils allèrent jusqu'à nier que jamais homme fût plus nécessaire qu'un autre. « Citoyens, s'écriait Rewbell , si la raison seule ne pouvait nous convaincre qu'un exemple que nous a donné une ancienne république ne soit pas perdu pour nous, Épaminondas avait déjà rendu les services les plus importants à sa patrie. £h bien ! dans un renouvellement de magistrature, pour prouver qu'un homme n'est jamais nécessaire dans une république , il fut nommé inspecteur des égoûts.

Quoique nous n'ayons pas encore beaucoup d'Épaminondas parmi nous, n%

COM

L*tJNIVERS.

soyons pas moioB jaloux que les Thébams de prouver que la liberté n'admet point d'hommes nécessaires. Ainsi plus d'hommes nécessaires, plus de do'^ minateurs ; vous devez vous interdire la faculté de perpétuer le pouvoir dans les mêmes mains, sans quoi vous n'avez rien fait pour la liberté publique. Je propose donc , au lieu de la rédaction du projet portant que les membres sortants des comités die salut public et de sûreté générale ne seront rééligibles dans le même comité qu'a« près l'intervalle d'un mois, de décréter que les membres de l'un des deux comités de salut public et de sôreté générale ne pourront être élus membres de l'autre comité et réélus dans le même comité qu'un mois après leur sortie. » Cette proposition fut adoptée au milieu des plus vifs applaudissements. Lequinio alla encore plus loin ; « Je demande , dit-il , à faire un amendement à la proposition de Rewbell.

Je propose de décréter que les membres des comités de salut public et de sûreté générale, sortant par quart tous les mois , ne puissent y être rééligibles qu'après quatre mois. Sans cette précaution , vous courez les ris-

2ues de voir la formation de chacun e ces deux comités rouler sur une vingtaine de représentants , qui formeront une sorte de comité permanent, dont les membres auront alternativement un congé d'un mois. £t vous en voyez tous les dangers ; nous sommes tous purs ; mais lorsqu'il s'agit des intérêts du peuple, toutes les possibilités doivent se calculer. Or, quand on connaît le cœur humain , on sait combien facilement on s'accoutume à boire dans la coupe de l'ambition; tel est entré pur dans la carrière, que la jouissance du pouvoir a bientôt perverti. On vous dira que vous ne réélirez que les hommes qui en seront dignes ; mais je vous répéterai ce que vous a dit Rewbell : il ne faut pomt dans la répubiiqued'homme nécessaire.

Quant au secret , ou vous en croyez tous les représentants également capables, ou bien vous devez décréter la permanence des premiers élus. Je de-

mande que l'on décrète ma proposition. » Il faut dire, à la louange de ta Convention , Qu'elle passa à l'olrdre du jour; mais elle approuva les considérations sur lesqufilles Lequinio avait a^uyé sa motion. Le décret de réorganisation des comités en fixait le nombre à seize , et les déclarait indépendants les uns des autres , pour mieux les retenir sous le conirôle de la Convention. Voici le titre II de cette même loi , pour ce qui est relatif aux attributions du comité de salut public:

« Article 1"'. Le comité de salut public aura sous sa surveillance directe et active ;

« Les relations extérieures ;

« L'organisation et la levée des troupes de terre ;

« L'exercice et la discipline des gens de guerre ;

« Les plans de campagne, mouvements et opérations militaires ;

a La levée des gens de mer ;

« Les classes et organisation de Tarmée navale;

« La défense des colonies ;

« La direction des forces et expèdilions maritimes, et la construction aes vaisseaux et agrès;

« Les manufactures de toute espèce d'armes; les fonderies, les bouches à feu et machines de guerre, les poudres, les salpêtres, les munitions de guerre, les magasins et arsenaux pour la guerre et la marine ;

« Le travail des ports, la défense des côtes, les fortifications et les travaux défensifs de la frontière, les bâtiments militaires ;

« Les remontes, charrois, convois et relais militaires ;

« Les hôpitaux militaires;

« L'importation, la circulation intérieure, l'exportation des denrées de toute espèce ;

« Les magasins nationaux ;

a Les subsistances des armées;

« Leurs fournitures en effets d'habillement, équipement, casernement et campement.

« Il a seul le droit de réquîsitioil sur les personnes et les choses.

« Ilaledroitde fairearréter les fonc-

PÏIÂJÏCE.

€OBt

tîounaires publics et agents civils et militaires, sur lesquels il exerce sa sur* veillance.

« Il peut les traduire au tribunal ré- Tolutionnaire , en se concertant atieç ie tomité de sûreté générale.

n^ Article â. La trésorerie nationale Itii ouvrira , pour dépenses secrètes et extraordinaires, un crédit de dix mi^ lions; les crédits préeédemment ouverts et non employés sont supprimés. »

Cette fois , rinstitution était ramenée aux proportions que lui avaient toujours rêvées les représentants de la nation. Ils avaient besoin d'une grande force pour achever de détruire la coalition; cette force, ils la trouvaient dans leur comité de salut public , auquel ils ne refusaient aucun genre de ressource pour vaincre ; les thermidoriens n'avaient pas oublié l'argent.

Mais^ autant ils désiraient qu'il fut irrésistible à la frontière , autant ils exigeaient qu'il demeurât sans puissance a l'intérieur ; aussi , pour prévenir la résurrection d'une dictature j d'un triumvirat ou même d'un tribunal ^ ils s'empressèrent de décréter que toutes les délibérations du nouveau comité seraient toujours signées de sept membres au moins , présents à la délibération; quant aux dangers du fédéralisme administratif, personne ne paraissait s'en préoccuper. L'organisation du 18 fructidoi: avait enfin résolu le problème; on avait trouvé ce que le seul besoin ^'improviser la fouare avait fait chercher si longtemps , mais en vain : une immense niachiite de guerre , et pas de gouvernement.

Non contents encore de tous ces succès, les thermidoriens voulurent faire le procès à l'ancien comité dans la

Îersonne de plusieurs de ses membres.

>ès le 1 1 fructidor, un mois après la chute de Robespierre, Lecbintre de Versailles avait dénoncé Billaud-Varennes, Collot-d'Herbois et Barrère, ainsi que Vadier, Amar et Vouland, du comité de sûreté générale ; mais cette accusation avait été repoussée par l'immense majorité de la Conventiofi et déclarée calomnieuse. Cependant, après plusieurs autres tenta-

tives inutiles, la réaction, renforcée par la rentrée des soixante - treize girondins, finit par arriver à son but. Le 12 ventôse an m (mars 1795), la Convention décréta d'arrestation Billaud-Varennes, Collot-d'Herbois, Barrère et Vadier, et peu de jours après l'insurrection populaire du mois dé prairial, ils furent condamnés à la déportation. L'un des principaux chefs d'accusation était qu'-ils avaient réduit la Convention à un état d'oppression ; ce ^ui n'était pas tout à fait inexact , mais ce qui ne faisait honneur ni à l'aptitude gouvernementale de la représentation ni à son courage. Ce lameux procès eut surtout pour conséquence de prouver que dans le comité, ce n'était pas Kobes pierre qui avait constamment poussé aux mesures impitoj^ables, et que pour l'ambition, aussi bien que pour la cruauté, Billaud-Varennes n'avait point eu d'égal.

A partir du 15 germinal an m (avril 1794), le nombre des membres du comité de salut public fut porté à seize, circonstance qui n'était guère

{)ropre à lui rendre l'homogénéité et 'influence qu'il avait perdues. Déjà depuis le 15 ventôse (mars) de la même année, Carnot avait cessé d'être réélu; le royalisme avait déjà assez d'ascendant pour l'éloigner des fonctions ?u'il avait si glorieusement remplies.

)u reste, à part le mois de vendémiaire où le sort l'avait. désigné comme membre sortant, il resta chargé de la dfrection des affaires de la guerre depuis le mois d'août 1793 jusqu'au mois de mars 1795, c'est-à-dire pendant l'époque où l'armée républicaine étonna le monde par des prodiges. Il eut pour successeur un certain Aubry , royaliste déguisé, qui poursuivit de sa haine le général Bonaparte, et dontTincapacitc est devenue proverbiale. Lindet fut également remplacé aux subsistances par Boissy - d' Anglas , que le ]|^uple surnomma Boissy-Famine. Il en fut pour tout le reste à peu près comme pour la gueiTC et pour les subsistances ; aussi, lorsque le Directoire prit en main les rênes du gouvernement , il trouva l'État dénué de ressources.

COM

L'UNIVERS

COM

On nous saura gré sans doute de ne pas être entré dansT'examen détaillé des opérations de cette foule de comités de salut public qui se succédèrent du 9 thermidor jusqu'au 4 brumaire an ly (26 octobre 1795) , époque où la Convention déclara sa mission terminée.

Cependant, avant de finir^ il est nécessaire de dire un mot sur la commission de cinq membres, qui fut instituée le 30 vendémiaire an ly (22 octobre 1796)^ pour prendre des mesures de salut public contre les royalistes, lesquels commençaient à . oublier la leçon qu'ils avaient reçue le 13 vendémiaire. La Convention désigna Tallien, Dubois - Crancé , Florent Guyot, Roux de la Marne et Pons de Veriîun, pour composer cette cowimissîon de salut public. On craignit un moment que Tallien ne mit cette circonstance a profit pour s'emparer de la dictature , dont il semblait avoir quelquefois caressé la chimère; mais, soit qu'il manquât d'audace, soit qu'on eût mis des obstacles suffisants a son essor, il n'en fut rien. La commission des cinq se borna à faire décréter par la Convention des mesures de précaution contre les royalistes émigrés ou parents d'émigrés, pette fois encore les conventionnels en furent quittes pour la peur ; mais le Directoire , ce fils de leur œuvre, allait bientôt avoir affaire au général Bonaparte.

Tableau des membres de la Convention nationale qui ont composé le comité' de salut public (*),

COMITÉ DE DÉFENSE GÉH ÉRALB ET DE SALUT PUBLIC , OU COMMXSSIOIT DE SALUT PUBLIC.

96 mars, Dubois-Crancé , Pétion , Gensonné , Guyton - Morveau , Robespierre Taîné, Barbaroux, Kuhl, Yergoiaud, Fabred'Églaiîtine, Buzot, Delmas, Guadet, Condorcet , Bréard , Camus , Prieur de la

(*ICe tableau et celui des membres du comife de sûreté générale, que nous donnerons p. 376, ont été dressés par nous d'après le Moniteur et les procès-verbaux de la Convention. G^est un travail entièrement neuf qui nous a coûté de longues et pénibles recherches. Nous pouvons en ga> nmtir Texactilude.

Marne, Camille Desmoulins , Barrère, Quinette , Cambacérès, Jean t)ebry , tiantoa, Sieyès, Lasource, Isnard.

GOKITÉ DE SALUT PUBUG.

7 amA Barrère, Delmas, Bréard, Danton , Robert-Lindet , Treilhard , Guyton- Morveau, Lacroix d'Eure-et-Loir, GambioB.

1 1 mai. Les mêmes membres.

m Juin, Les mêmes, excepté Treilhard et Robert-Lindet , qui sont remplacés par Gasparin et Jean Bon-Saint-André.

10 juillet» Jean Bon-Saint- André, Barrère, Gasparin, Couthon» Hérault - SéchelleSfThuriot, Prieur de la Marne, Saint- Just , Robert-Lindet.

27 juillet, Gasparin donne sa démissioa pour cause de maladie. Il est remplacé par Robespierre.

i3 août. Les mêmes.

14 août. Adjonction de Camot et de Prieur de la Gô(e-d'Or.

6 septembre. Adjonction de Billand-Yarennes, GoUol-d'Herbois, Danton et Granet Danton refuse, et le lendemain Granet écrit à TAssembiée pour donner sa démission et demander son remplacement. L'Assemblée passe à l'ordre du jour ; cependant Granet n'en persévère pas moins dans son refus.

1 1 septembre. Le comité est prorogé poar un mois.

A la fin du même mois , Thuriot donne aussi sa démission. Le comité se trouve alon composé de douze membres , savoir : Jeu Bon-Saint- André , Barrère , Hérault-Séciielles , Prieur de la Marne, Saint-Jast , Rdiert- Lindet, Robespierre, Prieur de la CÀte-d'Or, Garnot;BiiIaud-Yarennes et GoUot-d'HeriMM.

25 septembre, Briez est adjoint au comité par un décret rapporté le même jour.

11 octobre (20 vendémiaire an 11 }. Lb mêmes membres.

12 novembre (22 brumaire). Les membres.

i3 décembre (23 frimaire). Les membres.

10 janvier (21 nipose). Les mêmes bres.

10 février {in pluviôse), Jjes mêmes bres.

12 mars (22 venldsé). Les mêmes membres.

3 avril (14 germinal). Mort d'Héranlt- Séchelles. Il n'est pas remplacé. Le comiiê se trouve alors composé de onze membres; mais en réalité on n'ea comptait qae iiaa^ car Jean Bon-Saint-An^ré et Prieur da h

OOJH

COM

Marne , envoyés en mission dans les dcnarlements, ne rentrèreat qu'après le 9 tnermidor.

XI avril (n2 germinal). Les mêmes.

X X mai (a a floréal). Les mêmes.

10 juin (2 a prairial). Les mêmes.

10 juillet (aa messidor). Les mêmes.

a8 Juillet (to thermidor). Mort de Robespierre, Samt'Just et Gouthon.

3 X juillet (^ 1 3 thermidor), Jean Bon-Saint^ André et Prieur de la Marne sont consi- ,dérés comme démissionnaires en vertu d'une décision du x x thermidor. En conséquence, six nouveaux ihembres viennent compléter le comité; ce sont Laloi, Eschasseriaux , Rréard, Xhnriot, Treilhard et Taliien.

I*' septembre (i5 fructidor), Fourcroy, Cochon, Delmas, Merlin de Douai, Eschasseriaux Taîné , Bréard , Laloi , Thurioi, Treilhard, Prieur de la Céte-d'Or, Garnot, Robert-Lindet.

6 octobre (x5 vendémiaire an m).

Membres sortants.

Robert-Lindet.

Camot.

Prieur d« la CAte-d'Or.

prieur de la Marne.

C ujrton-Morveaa.

Jtichard.

Foareroy.

Cochon.

Delinas.

Merlin de Doaai.

Bscbasseriaax alnë.

Brèard.

Ijaloi.

Thariot,

Treilhard.

5 novembre (i5 brumaire).

Membres sortants.

Treilhard.

Laloi.

Eflchasseriaux l'aîné.

Cambacérès.

I*^iet de la Lozère.

Carnot.

Prieur de la Marne.

G uyton -Monreau.

Richard.

Fonrcroy.

Cochon.

I>elma8.

Merlin de Dooai.

Bréard.

Tbvriot.

6 décembre {t 5 frimaire).

BodfSjyi*jitnglas.

^ndré Dumont.

J?uboiS' Craneé.

Cambacérès.

Pelet de la Loieire.

Carnot.

Prienr de la Marne.

Gnyton-MorTeaa.

Richard.

Foareroy*

Del mas.

Merlin de Dooai.

Membres sortants.

Cochon.

Bréard.

Tfihriot.

Chaxal. Delmaa.

Boissj-d'Aiiglas. Merlin.

André Dumont.

Dnhois-Crancé.

Cambacérès.

Pelet de la Lozère.

Carnot.

Prieur de la Marne.

Guyton-Morveau.

Richard.

3 février (i5 pluviôse).

Merlin de Douai.

Fourerojr.

Laeombedu Tarn,

Bréard.

Marec.

Chaxal.

Boissy-d'Anglas.

An Iré Dumont.

Dubois-Crancé.

Gambacérèi.

Pelet de la Lozère.

Carnot.

Membres sortants.

Prieur de la Marne.

Guyton-Monreau.

Richard.

5 mars (i5 ventése).

Membres sortants.

Cambacérès. Pelet de la Lozère.

Carnot.

Siejrès.

Juipprte.

Rewbel.

Merlin de Douai.

Fourcroy

Lacombe.

Bréard.

Marec.

Chazal.

Boissy.d'Anglas.

André Dumont.

Dubois-Crancé.

4 avril (i5 germinal).

Cambacérès. Membres sortants.

•Aubry, Boissy-d'Anglas. ,

Taliien. André Dament.

Creuze'-Latottche, Dubois-Crancé.

Cillet.

Roux de la Haute-Mame.

Siejès.

La porte.

Rewbel.

Merlin de Doaai.

Fourcroy.

Lacombe.

Bréard.

Marec.

Chazal.

5 Janvier (i5 ntvdse).

Membres sortants.

JJtÊoree, Fourcroy.

T. V. 24' lÂoraison. (Dict. encycl., etc.)

Treilhard.

Ferment.

F'emier.

Babaut»Pommier.

Doulcet.

Cambacérès.

Attbry.

Taliien.

Gillet.

Roux de la Hante>Marne.

Sieyès.

Laporte.

Rewbel.

Merlin de'Donai.

Fourcroy.

Lacombe.

4 mai (i5 floréal).

Membres sortants.

Bréard.

Marec.

Chazal.

Creuzé-Latoudie.

COM

L'UNIVERS

COlf

s juin (i5 prairial).

Membres sortants.

Merlin de Douai.

Fourcroy.

Lacombe.

Laporte.'

Camon,

Larivière.

Blad.

TreilharcL

Fermont«

Vemier.

Babant-Pommier.

Bonicet.

Cambacérès.

Aubrj.

Tallien.

Gillet.

Bous.

Sieyès.

Bewbel.

3 jtùltet (i5 messidor).,

Soîss/-d*Ânglas, Membres sortants,

J^wet, Gillet.

Jean Debrjr, Boux.

Lesage d Eurent' Loir. Sieyà«,

Marec. Rewbcl.

Gainon.

Larivière.

Blad.

Treilhard.

Fermont.i

Vernier.

Baba u t-Pommier.

Boulcet.

Camhacérès.

Aubry.

Tallien.)

a août (ï5 thermidor).

Merlin de Douai. Membres sortants.

Leloumeur de la Manche. Cambacérès.

Sie/ès. Aubry,

JtewbeL Tallien.

Boissy-d'Anglas. Treilhard.

Louyet.

Jean Debry.

Lesage d'Eare-et*Loir.

Marec.

Gamon.

Larivière.

Blad.

Feroiont.

Vernier.

Babaat'Pommier.

Doulcet.

!«' septembre {iS fructidor).

Zareveillère'Lepaux. Membres sortants.

Cambacérès. FermonW

Daunou, Vernier.

Berlier. Babaat-Pommier.

Merlin de Dooai. Doulcet.

Letonrneor de la Manche.

Sieyès.

Bewbel.

Boissy-d'Anglas»

Louvct.

Jean Debry.

Lesage d'Eure-et-Loir.

Marec.

Gamon.»

Larivière.

Bhd.

6 <ictohe (i5 vendémiaire), Chénier Membres toftoaU,

Eschasseriaux aine. Marec.

Gourdon. Gamon.

Thibaudeau, Larivière.

Lareveillèv*-Lepaox. Blad.

Cambacérès, Daunou.

Berlier.

Merlin de Douai.

Letoomeor de4a Manche.

Sieyès.

Bewbel.

Boissy-d'Angtas.

Lonvet.

Jean Debry.

I<esage d'Bure-et-Loir.

Comité db subets géné^alb. - C'est celui qui , après le comité de saiot public, joua le rôle le plus important sous la Convention. U n'était m ia continuation du comité desurveitianee, formé soiis l'Assemblée législative, Ifr quel avait pris sa source dans le comité des recherces ou dans celui des rapports , créés l'un et l'autre par la Constituante, le 28 juillçt 1789 (voyez plos haut).

Sous la Convention, le comité de sûreté générale occupa un rang exceptionnel : dénué d'attributions gouTe^ nementales, il devint cependant I'bb des principaux rouages du gouvernement révolutionnaire , par la piiissaoce dont la Convention se plut toujours ï l'investir, pour qu'il exerçât sur lc8 personnes une police vigilante. Notf avons dit, dans rarticle précédent, quil était considéré par laConvention comoN un contre-poids qu'elle opposait aa comité de salut pubHc, et comme une c^ sure permanente prête à frapper cec qui, soit par ambition, soit par amoiv du bien public, essayeraient d'augineo- . ter la somme de pouvoir concéd^ayec tant de peine au gouvernement. I^oitf Tavons prouvé en citant la loi du 1^ frimaire an ii (4 décembre 1793)» 9''' statuait sur l'organisation da ^Hve^ nement révolutionnaire. L'artidêtt (section ii), après avoir déterflQÎoéjtf attributions du comité de salut publiai ajoute : « et, pour tout ce qui «tit latif aux personnes et à là police iw^* rieure^ cette inspection partiamt appartient au comité de sûreté génârale de la Convention, conformément JJ décret du 17 septembre dernier. » ^

GOH

COM

décret du 17 septembfe est mieux connu sotts le nom de loi de$ suspects^ U avait été présenté pdr le comité de législation , run d(tô trois principaUit comités de gottvémement. Aux termes d6 Farticle 9 dô la loi du H frimaire ( même section), le comité de sûreté générale devait diriger les Opérations des districts, auxquels était exdusivémiéiit attribuée la surveillarice de rexécdtiôn dés lois ré- Tolutiorinaires, et dèÉ mesurée de gôuvernement, dé sûreté générale et dé çalùt public 4ans les départements.

Cet article est ainsi conçu : «Néanmoins; aftin Uu'à Paris Taction de la police n^épl'Oove aucune entrave, les comités révolutionnaires continueront de correspondre directement et sans aucun intermédiaire avec le comité de sûreté générale de la Convention , conformément au décret du 17 septembre dernier. >•

On le voit, dans ces temps de crise et de défiance , le coniité de sûreté générale était , à part le mystère , quelque chose de semblable aii conseil des dix de Venise; sous ses coups se trouvaient placées la liberté et la vie de tous les cito^en3. Il exerça cette magistrature terrible avec une rigueur excessive, et c'est aux nàembres qui en composaient la majorité qu^il faut surtout demander compte do sang dés innombrables victimes de la terreur. Par un insigne privilège, refusé au confite de salut public, la Convention permit au comité de sûreté générale de se choisir un président, pour introduire quelque unité dans seâ délibérationis. Pendant les mois les plus orageux de l'année 1793, c'était Vadier gui avait le titre de président du comité; plusieurs lettres de l'accusateur public, Fouquier- Tînville , lui Sont adressées sous ce couvert.

Dès le 21 septembre 1792, second jour de son installation, la Convention s'occupa du comité de sûreté générale (*). Le comité alors existant ayant

(*) Le 3o mai i7pa , TAssemblée législative avait décrété que le coniité de surveillance, formé sottt U Constituante , porterait

été convoqué à l'ouverture de là séance, un membre fit observer qu'fl èè trouvait sans pouvoirs, par la dissolution de l'Assemblée fégislative qui l'avait créé. Mais comme tous lés membres du comité avalent été choisis par les électeurs pour faire partie de la Convention, celle-ci les maintint dans leurs fonctions , et elle décréta que les divers comités et commissions existants sous l'Assemblée législative se- Mient provisoirement conservés.

Cependai^t ^^ comité provisoire de sûreté générale ne fut remplacé que vers le milieu du mois d'octobre 1792.

Jusqu'à cette époque, la Convention lui renvoya un grand nombre d'affaires.

Le 2 octobre, e|le l'avait autorisé à se faire rendre compte de toutes les arrestations politiques qui avaient eu lieu dans toute la république depuis le 10 août; du reste, il nes'occupaitgtièreque des questions qui lui étaient renvoyées. Enfin, le 17 octobre, eut lieu l'installation d'un comité définitif composé de trente membres, conformément à une décision du 2 du même mois. Voici laliste des membres élus : Fauchet, Bazîre,Gorsas, 6oupilleau de Montaigu, Grégoire, Lecoinle-Puyraveau , Gossuin, Maribou-Montaut (Louis), Ro- Vère, Delaunay d'Angers, Ruamps, Chénier, Kervélégan, Couppé , Bréard , Ingrand, Saladin, Musset, Bordas ^ Alquiër, Brival, Hérault, Duquesnoy, Levris, Audouin, Laurent de Marseille, Niou, Chabot, Lavicomterie, Salle. C'était un mélange de montagnards et de girondins dans des proportions à peu près égales. Mais lorsque la division se fut jprononcée avec plus de force entre la Gironde et la Montagne, chacun des deux partis ajouta une plus grande importance à s emparer de cç comité par de^ nominations faites dans son sens. Vers la fin du mois de décembre, quelques jOurs avant l'ouverture des débats relatifs au jugement du roi, les giron*

le nom de comité de sûreté générale ; depuis lors , il fut alternativement désigné par Pune DU l'autre de ces dénominations, sou^ venit par toutes les deux à là fois.

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L'UNIVERS

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dîns remportèrent d'abord Tavantage.

Ils parvinrent à éliminer un grand nombre de montagnards^ en proGtant d^un article du règlement qui prescrivait le renouvellement des comités tous les deux mois. Le 22 décembre, en eiïet, la Convention décréta que tous ses comités seraient renouvelés par moitié et suivant la désignation au sort, avec cette particularité que les membres qui n'avaient pas assisté assidûment aux séances du comité seraient rangés au nombre des sortants. A cette époque, le personnel du comité de sûreté générale et de surveillance était ainsi composé: Bazire, Musset, Goupilleau de Montaigu, Maribou -Montant, Rovère, Coupé, Brival, Leyris, Cbabot, Vardon, Cavaignac, Duprat, Bernard, Bonnier, Duquesnoy, Ingrand, Ruamps, Audoum, Tallien, Kervélégan, Drouet, Hérault, Fauchet, Delaunay d'Angers, Grangeneuve, Lecointe-Puyraveau , Lavicomterie, Manuel , Bordas, Laurent de Marseille. Les quinze derniers membres furent désignés comme membres sortants. Les noms de cette .

liste , qui diffèrent des noms de la première , sont ceux de plusieurs membres suppléants qui avaient remplacé des absents ou des démissionnaires. Le 9 janvier 1793, pendant les débats du procès, on opéra le renouvellement, et les girondins ne manquèrent pas cette occasion de se rendre maîtres du comité de sûreté généi^àle, ainsi qu'on va le voir par les réclamations de plusieurs montagnards et par la liste des remplaçants. C'étaient Chambon, Depéret, Grangeneuve, Champeaux, Jarry, Lemaréchai, Gomaire, Dupont, Ruault, Rebecqui, Gorsas, Zangiacomi, Bordas, Ëstadens, Jouene- Long-Cbamp. Plusieurs montagnards se récrièrent vainement contre ces nominations. — a Marat: C'est une conspiration... Reconnaissez-vous enfin les intrigues de la faction ? — Un autre : Ce ne sera plus un comité de sûreté générale; ce sera un comité de contrerévolution. — Marat : C'est Roland qui a fait la liste. — Une voix : A peine y trouve-t-on deux patriotes. » Deux

jours auparavant, pour prévenir les troubles que pourrait occasionner le procès, la Convention avait décrété que le nombre des membres du comité de sûreté générale serait doublé, c'està-dire porté à soixante. Le coftiité de sûreté générale avait, en outre, reca l'autorisation de se faire remettre les pièces du procès , qui avaient été déposées au tribunal au 17 août.

Mais les montagnards ne tardèrent pas à prendre leur revanche après Fissue des débats, et ils songèrent à l'établir sur des bases nouvelles. Le 21 janvier, plusieurs membres, Fabre d'Églantine entre autres , demandèrent que le comité de sûreté générale fût à l'instant renouvelé; ils observèrent que cette institution avait été de la plus grande utilité pour la liberté lors deFAssemblée constituante , qu'on en avait senti les avantages sous l'Assemblée législative; mais que l'organisation qui lui avait été donnée dans la Convention s'opposait à tout le bien qu'on en devait attendre; qu'un tel comité, composé de soixante membres, contraint à ne décerner de mandats d'amener que sous la signature de dix-huit membres, toujours difficiles à réunir, ne pouvait remplir son objet; que cependant les émigrés rentraient chaque jour: à Paris; que les ennemis de la liberté^ les royalistes, les contre-révolutionnaires, y affluaient. Ils conclurent à ce que le comité de sûreté générale ne fût plus désormais^ composé que de douze membres, nommés à haute voix. Cette mesure fut présentée comme étant seule capable de retenir les conspirateurs, qui ne craignaient pas de menacer les jours de ceux qui avaient voté la mort du roi. Le même jour , dans la séance du soir, le renouvellement du comité fut mis aux voix et décrété. Le lendemain 22, le président proclama les noms des douze députés qui , par le résultat du scrutin, étaient désignés pour composer le comité de sûreté générale. En voici la liste : Bazire, Lamarque, Chabot, Ruamps, Maribou-Montaut, Tallien , Legendre de Paris, Bernard de Saintes, Rovère, Ingrand, JeanDe^

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bry, Duhem. Cette fois , le triomphe de la Montagne n'était pas douteux ; ce qui ne ressortait pas moins, c'était rinuuence qu'avait eue Danton sur la

Î>lus grande partie de ces nominations ; a majorité des voix lui appartenait évidemment dans le nouveau comité.

Le 28 janvier, Buzot, l'un des chefs de la Gironde, attaqua ce nouveau comité. « Vous devez , dit-il , rapporter ce funeste décret, par lequel vous avez ordonné que le comité de sûreté générale serait composé de douze memores, décret qui a été rendu dans une malheureuse circonstance dont on a su profiter, et qui a été exécuté dans une séance du soir, où il ne se trouvait presque personne. » Mais l'assemblée, ^oique beaucoup plus nombreuse ce jour-là, passa à rordre du jour sur la proposition de Buzot.

Ce comité de sûreté générale, en grande partie dirigé par Bazire et Chabot , amis de Danton et de Fabre d'Églantine , fut conservé , sauf quelques modifications , pendant plus de nuit mois ; on ne le changea que vers le milieu du mois de septembre 1793.

La plupart de ses opérations furent l'objet des attaques des Girondins.

Il servit le plus souvent la politique de Danton , lequel était entré , le 26 mars , dans le comité de défense générale et de salut public, et qui, le 7 avril, fut également compris parmi les membres^ du premier comité, qui porta exclusivement le nom de comité de salut public (voyez l'article précédent). Le 9 avril , trois jours après l'établissement du comité de salut public, le comité de sûreté générale demanda, à cause de la multitude d'affaires dont il était chargé, une augmentation de quatre membres etleremplacementdeRuamps et Maribou-Montaut, envoyés en naissîon. En conséquence, la Convention nomma Cavaignac, Brival, Lanot, Carrier, Leyris et Maure, pour faire partie du comité de sûreté générale, dont le personnel se trouva ainsi de seize membres, au lieu de douze. Ce renfort lui permit de seconder plus activement l'opposition de la Montagne contre la commission des douze , créée

par les girondins, et qui resta en fonctions depuis le 18 jusqu'au 31 mai. Le 24, le comité de sûreté générale dénonça à la Convention les abus d'autorité que s'était permis cette commission fameuse, à laquelle nous avons consacré un article spécial.

Après la révolution du 31 mai, le comité de sûreté générale, aussi bien que le comité de salut public du 6 avril, commença à devenir l'objet des 'attaques de la Montagne. Ces attaques redoublèrent lorsque, le 11 juillet, la Convention eut élu les premiers membres de ce second comité de salut public, auquel l'histoire a conservé le nom de grand. Une foule de voix répétaient que le comité de sûreté générale aurait dû être renouvelé depuis longtemps. De plus, la mésintelligence s'était glissée parmi ses membres. L'un des plus récents, Maure, crut, avant de partir en mission, devoir avertir l'Assemblée nationale que le comité de sûreté générale, dont il ne suspectait cependant pas le civisme, était d'une grande négligence.

«Peu de comités, dit-il, ont autant « de besogne, et peu travaillent moins « que celui-là. Des femmes assiègent « toute la iournéa son antichambre , « comme chez les ci-devant grands. »

Le 13 août on lui avait déjà adjoint Dartigoyte, Michaud du Doubs, Bernard de Saintes, Jay de Sainte-Foi, Du- Ï)uis de Rhône-et-Loire , Moïse Bayle ; e 9 septembre , sur la proposition de Drouet, appuyée par Maure, la Convention décréta qu'il serait renouvelé et réduit à neuf membres. Le 11 , en effet, elle nomma Panis , Lavicomterie , Guffroi, Chabot, Alquier, Lejeune de l'Indre, Bazire, Garnier de Saintes, Julien de Toulouse. Mais ce comité où figuraient encore des dantonistes ne pouvait convenir au comité de salut public; aussi n'eut-il même pas le temps de s'installer. Deux jours après sa nomination, le 13 septembre, la Convention décréta que tous les comités seraient renouvelés intégralement et recréés sur des listes, présent tées par le comité de saktt pmlic. £n conséquence, le lendemain 14, un

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