‹ France (volume 5)Chapitre 67 sur 114 · FRAIS CE · texte numérisé non relu

FRAIS CE

sont commencés. Ils continueront dignement , par leur importance , la série des travaux achevés, et ils serviront à rendre plus évidente , de jour en jour, Futilité de la création des comités historiques.

GoMM, roi des Atrébates, avait été imposé à cette nation par la [)olitique des Romains (64 av. J. G.), ainsi que Gavarin Tavait été au^ Gênons, Tasget aux Garnutes , et Gingétorix aux Trévires. Cependant la tyrannie du proconsul Labiénus ayant soulevé contre lui tout ce qui conservait un cœur généreux , .Gomm , depuis longtemps tourmenté par ses remords, et dans le fond sincèrement attaché à son pays , rompit avec rétranger , et travailla avec ardeur à Tœuvre de Tindépendancce. Labiénus, inquiet de cette défection , résolut d'en prévenir les suites en faisant assassiner le chef gaulois. II lui envoya un lieutenant avec quelques centurions dévoués, et quand on fut en présence, un des Romains le frappa a la tête d'un violent coup d'épee qui le fît tomber de cheval, baigne dans son sang.

Comm eut de la peine à se rétablir; mais il jura cependant « qu'il ne se ce retrouverait jamais face à face avec « un Romain que sur le champ de ba- « taille. » Gette occasion tant désirée ne tarda pas à s'offrir. Sous les murs d'Alesia, ce fut lui qui commanda l'infanterie gauloise. Quand, après les désastres de ce siège , une nouvelle ligue se forma, son nom figura encore parmi les chefs les plus dévoués à leur patrie. Ge fut lui qui alla enrôler, au delà du Rhin, 500 hommes de cavalerie germaine. Mais la défaite des Belloiraques et la mort de leur chef Gorrée lyant porté un coup fatal à la cause gauloise, les vaincus demandèrent à grands cris qu'on envoyât des députés st des otages à Gésar. « A ces seuls nots , Comm monta à cheval , sortit lu camp, et sous l'escorte des cavaliers p'il avait amenés d'outre-Rhin, de orét en forêt , il parvint à gagner la xapmanie , reniant une patrie qui se ésignait déjà à servir , et allant en liercher une 9utre où du moins ses

yeux ne rencontreraient pas un Romain (*). » Mais fl ne put se résigner longtemps à l'exil, et revint au milieu de ses sujets, qu'il chercha de nouveau à soulever contre l'étranger. Gette fois ils étaient résignés à la servitude , et ils le bannirent même de la cité. Il se réfugia alors dans les bois avec une poignée de braves , et fit aux légions une guerre de partisan qui les gêna beaucoup. Traqué avec acharnement par G. Yolusénus Quadratus, le même qui autrefois s'était chargé de le faire assassiner, il employa tour à tour,

λour échapper au danger, les armes et a ruse. Un jour enlin qu'après une action fort vive , il se retirait avec les siens , il aperçut Yolusénus qui le suivait de près. Tourner bride , s'élancer sur lui et le frapper mortellement de sa lance, fut l'affaire d'un moment.

Alors , soit qu'il lui suffît de s'être vengé de son assassin , soit qu'il vît sa position désespérée , il envoya proposer sa soumission au questeur, et elle fut acceptée à des conditions honorables. Mais Gomm, fidèle à son serment, n'avait voulu traiter que par truchement. Puisqu'il avait déposé les armes, il ne devait plus se trouver face à face avec un Romain,

Dès lors la Gaule fut irrévocablement et complètement soumise au joug de la république.

GOMMANDANT SUPERIEUB, officicr

général chargé , en temps de guerre , de la défense d'une ville fortifiée , du commandement des troupes composant la garnison, et de la haute surveillance des établissements militaires et des divers services administratifs. Les pouvoirs de cet officier, auquel le conàmandant de la place est subordonné, sont quelquefois illimités, et ont alors quelque analogie avec ceux des gouverneurs.

Le titre de commandant supérieur, qui avait disparu depuis 1814 de notre nomenclature militaire, fut employé de nouveau en 1831 , époque où on le donna à des officiers généraux chargés

(*) Am. Thierry, Histoire des Gaulois ^ L m , p. ai4*

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du commandânent de quelques-unes de nos places frontières. On désigne aussi quelaiiefois sous ce nom le dommandant d an diâteau ou d*ilne maison royale.

GomcARDÀHT DIS nJiGB, officîer auquel sont coniiées la conBervation, la garde et la défense d'une Tille fortifiée, d'un poste niiilitaire, d'uii fort ou d'une citadelle. Les lieutenants de roi, qui remplissaient ces fonctions avant nsi, furent Supprimés à cette époque, et remplacés par des officiers de même grade , auxquels on donna d'abord le nom de commandants temporaires y puis, en 1794, celui de commandants d^armes. L'administration des places de guerre reçut alors une nouvelle organisation , et les nouveaux titulaires , dont le nombre fut fixé à cent rquarante-sept , dont neuf de première classe , dix-huit de seconde, trente-six de troisième, et quatre-vingt-quatre de quatrième, eurent sous leurs ordres des majors de place , des adjudants de place divisés en deux classes (capitaines et lieutenants), des secrétaires de place et des portiers-consignes.

Le titre de eoïnmandant de place ayant succédé, le 16 avril 1800, à celui de commandant d'armes , on ne désigna plus s6us cette dernière dénomination que les officiers auxquels était confié le commandement d'un quartier général ou d'une place ennemie momentanément occupée.

Les ministres de la restauration, jaloux de faire revivre les anciennes institutions, rétablirent, en 1814, le titre de lieutenant de roi ^ auquel on renonça cependant en 1829 , pour re* venir à celm ée commandant déplace.

On fit alors un nouveau daSsement des places de guerre, dont les commandants ne formèrent plus que troi^ classes : la première, composée de colonels; la se(Conde, de lieutenants-colonels, de chefs de bataillon ou d'escadron ; et de majors ; et la troisième , de capitaines.

Les devoirs du commandant de place sont très-étendus. En temps de

Î^aix, il dirige la police des troupes de a garnison, et veille à la conservation

et

des fortifications et des établlssem militaires qui dépendent de son mandement. £n temps de gaerrèj doit défendre jusqu'à la dernière e mité là place qui lui est co; (Voyez C^PiTULÂTioif.)

Les emplois des eomma des officiers de rétat-matjor dei de guerre sont donnés obmme à d'anciens militaires que leur leurs infirmités rendent im{iro| service de l'armée active, peuvent encore utiliser, dans sition plus tranquille, leur ex et leurs talents.

D'après l'annuaire de 1840 sonnel des états-ihajors des compose de 23 commandants rarère classe, ST dé seconde troisième; 12 majors; 2d dants de postée, forts ou 108 adjudants , 6 aumôniers crétaires , formant ensemble de 310 oilSciers. On compte 10 officiers de toqs grades comme auxiliaires, à l^^uite majors des places. Nos pdé l'Algérie sont comprises dapr luations. (Voyez LiBttis

BOI.) ' COMMÀNDSHIE Ct COMH

Voyez Maltb (ordre de) et

MILITAIHBS.

CoifHAHrN, ancienne ba Bourgogne, aujourd'hui d de la Côte-^'Or, à 24 kilo Dijon , érigée en comté en 1

GoMHSNBE. — Pris dans iMtiW primitif, ce mot ne signifiaiiSjMit chose que le dépôt d'un bédé^MH les marns de celui qui; ne pooilA^ noriiquement lé posséder, n'eâ'iHjl que 1 administration pendant qu'flfcjj en vacance, à la charge de fvf compte des fruits à celi^i qui î^f^ pourvu plus tard. La commends W alors limitée au temps pendant IcfV le bénéfice pouvait rester sans v laire. Mais comme- ce temps dt^ cance profitait au commendatwwt qui prenait rarement le sbtn ds MW

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permettaient les prescriptions ecclésiastiques, et que, dans la suite, il parvint même à se faire maintenir dans ses fonctions, nonobstant la nomination d*un bénéficier, et à s'attribuer pour son droit d'administration une forte partie des revenus. C'est ainsi que naquirent les commendes perpétuelles.

Les commendes étaient données au commencement dans l'intérêt de TÉfflise, et à des hommes engagés dans les ordres sacrés, et ceiix qui en étaient pourvus ne pouvaient cumuler les fonctioûs eonlésiastiques avec le gouvernement flcin monastère. Mais cet arràngem^^fut troublé par la suite, s du clergé séculier, deendataires , prétendirent avantages dont ils jouisc leur premier titre , et réunir r une seule tête de doubles atives et de doubles revenus, prétentions réussirent. Alors les es, voyant que l'on pouvait posune commende sans appartenir ^ gé régulier, pensèrent qu'on aussi bien en jouir sans apdergé. Ils les briguèrent, ent à la faiblesse des rois, de la première race, on , des paroisses , des mo- ^nir la proie des officiers roi et des hommes de enaient abbés sans être trouvaient dans le res une solde et des

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te^^Sglise; mais l'abus de son règne, et de ses successeurs, ines ne tardèrent pas lourd le joug d'un comtuendataîre, qui leur faisait observer les règles de leur ordre d'une manière beaucoup plus rigoureuse quMls ne l*aaraient fait sans lui. Ils crièrent donc fort contre les commendes laimies: mais on ne les écouta pas. Il était en effet fort indifférent qu'un moine guerrier ou libeirtin laissât ses

confrères dans l'indigence, tandis qu'il entretenait à leurs dépens ses soldats , ses chiens, ses oiseaux et ses maîtresses, ou qu'un séculier le fit avec moins de scandale et peut-être plus de profit pour l'État. Aussi les commendes talques un moment proscrites furentelles bientôt rétablies, et se maintinrent nonobstant toute opposition. Les évêques même, en considération du pressant besoin qu'en avait le roi , approuvèrent la distribution que Charles le Chauve faisait à âes fidèles des monastères qui étaient à sa disposition. Ils exigèrent seulement qu'il rat pourvu à l'entretien des lieux saints ainsi qu'à la subsistance des religieux, et chargèrent le roi lui-même d'y veiller.

Cette indulgence, si toutefois c'en était une, fut le signal d'un débordement général , et toutes les digues que Charlemagne avait un moment opposées à l'avidité des séculiers furent rompues. Le roi s'attribua des abbayes, en donna à ses fils , à la reine , à' ses filles, et il n'y eut point de comte qui ne s'en fît concéder. Tous les vassaux un peu puissants en exigèrent, et mirent leurs services à ce prix. Bientôt ces commendataires regardèrent les bénéfices dont ils étaient pourvus comme des biens propres,/ et ils se mirent à en disposer par ventes, échanges, partages , etc. , laissant sans scrupule les lieux saints dans un honteux état de nudité, les bâtiments en ruine et les moines dans la misère.

Cet état de choses fit repentir les évêques de leur condescenaance. Ils déclamèrent vivement contre les dilapidateurs des biens des églises, lei$ frappèrent même d'excommunication; mais tout fut inutile, et l'abus des commendes alla toujours en augmentant.

Cet abus menaçait , sous la troisième race , les églises et les monastères d'une ruine complète. On crut avoir trouvé le remède qu'on avait inutilement cherché dans les siècles précédents , e| On retira les commendes aux laïques pouir les restituer aux clercs. Alors prit naissance un désordrç aussi grand et plus scandaleux encore que le pre«

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inîer. Les rois et les seigneurs firent tonsurer ceux de leurs enfants Qu'ils voulurent enrichir sans appauvrir leurs domaines, et leur firent donner des commendes opulentes. Les membres du corps épiscopal se firent investir de riches bénéfices. Des abbés possédant le titre d*un monastère s'attribuèrent la commende de plusieurs autres.

Enfin la corruption et le luxe du clergé dépassèrent bientôt toutes les bornes; on vit les gens d'église mener la vie des seigneurs les |)lus fastueux et les plus dissolus, avoir comme eux des tables somptueuses, des équipages de chasse, et; des gynécées peuplés de femmes de mauvaise vie.

De siècle en siècle , les conciles ajoutèrent inutilement sur cette matière des prescriptions nouvelles aux prescriptions anciennes. Vainement plusieurs papes révoquèrent les commendes que leurs prédécesseurs avaient accordées, et même celles qu'ils avaient accordées eux-mêmes ; vainement la suppression de cet abus fut demandée à Louis XI , par les états tenus à Tours en 1483; vainement le concordat de Léon X et de François P*^ les frappa indirectement de prohibition , leur nombre alla toujours en augmentant, et le contîile de Trente n'osant attaquer de front un état de choses que tant d'hommes puissants avaient intérêt à maintenir, lui accorda l'autorité de la chose jugée, se bornant à exprimer le vœu qu'en matière de bénéfices on rétablît l'ancienne discipline de l'Église.

II semblerait qu'après ces différentes tentatives on devait se tenir pour battu. Cependant les successeurs du roi chevalier cherchèrent aussi à mettre des bornes à l'abus des commendes, abus qui fournissait au luxe des prélats tant de moyens de se satisfaire , et aux réformés tant d'arguments contre l'Église dont ils se séparaient. Henri II , en 1556 , déclara les commendes abusives, ordonna en conséquence que les revenus des bénéfices tenus de cette manière seraient appliqués aux besoins de l'Église et aux ji^cessités des pauvres, et que tous les

bénéfices seraient conférés en titre.

Cette même suppression fut reDOuvelée par Charles IX en 1571 ; mais Henri m en revint à l'usage anciennement établi de donner des monastères et même des évéchés aux courtisans et aux hommes de guerre. « En 1574, ditl'au- « teur du journal de VÉtoUe, an eapi- « taîne dauphinois nommé le Gas, qui « avoit suivi le roi en Pologne, etàqui « Sa Majesté avoit donné, pour récom- « pense de ses services , les éveschezde « Grenoble et d'Amiens , vacants par la « mort de l'amiral de Crequy, vendit à « une garce de la cour l'évesché d'A- « miens , qui dès longtemps avoit ie «bouquet sur l'oreille, la somme de « trente mille livres, ayant vendu ao- « paravant l'évesché de Grenoble qua- « rante mille livres au fils du seigneur « d'Avanson. » Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'il ne vendit ainsi que la commende de ces deux évêdes; l'administration spirituelle des diocèses ne lui avait pas été donnée. Plus tard, aux états de Blois, tenus en 1579, Henri III, sans se dépouiller delafe* culte de disposer des bénéfices, b restreignit en ce qui concernait les bénéfices réguliers, auxquels il proiwt de ne nommer à l'avenir que des rdideux. La suppression des commendes fut encore arrêtée par Louis XIU»' l'assemblée des notables tenue à Rouen en 1617. Cependant, malgré tant d'ordonnances et de règlements qui seiB* blaient devoir les frapper de mort, te commendes se perpétuèrent jusqu'à la révolution , qui les abolit enfin, ^ appliquant les biens des éslisesetiks.

monastères aux besoins de l'État, ea supprimant les vœux religieux, et eo chargeant la nation de la subsista«% des membres du clergé séculier, quiuit seul reconnu.

Commensal, titre que l'on donnait autrefois aux officiers et aux doniesfr ques de la maison du roi et des maison royales, c'est-à-dire, des maisons» prmces du sang qui avaient ce ^ nommait une maison en titre d'(A^ Ce titre n'appartenait cependant pj indistinctement à tous les officiers d domestiques de ces maisons; il oeM

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donnait qu'à ceux qui , servant près de la personne des rois ou des princes, avaient bouche et livrée en cour, et étaient inscrits sur l'état de la maison du roi enregistré en la cour des aides. On distinguait trois ordres de commensaux. Le premier comprenait les officiers de la couronne , les chefs d'office, ceux qui formaient le conseil du roi , tous ceux enfin qui , à cause de la dignité de leurs offices , avaient le titre et rétat de chevalier, et étaient nobles d'une noblesse transmissibie à leur postérité. Tels étaient le grand maître de la maison du roi , le grand chambellan, le grand maître de la garde-robe, le grand ecuyer, le grand échanson , le grand veneur, le grand fauconnier, le grand louvetier et les autres grands officiers. Le second ordre de commensaux se composait des maîtres d'hôtel , des gentilshommes servants, des officiers de la vénerie, de la fauconnerie, de la louveterie, des écuyers, des maréchaux des logis, des fourriers, des gardes de la porte , des valets de chambre, huissiers, portemanteaux, valets de la garde-robe , contrôleurs , hérauts d'armes, gardes delà manche et autres officiers de seconde classe. Dans le troisième ordre, on comptait tous les bas officiers et domestiques dont les offices étaient depuis l'origine remplis par des roturiers.

Plusieurs ordonnances du seizième siècle accordèrent successivement la commensalité de la maison du roi au grand prévôt de l'hôtel, à ses lieutenants, à ses greffiers, gardes et archers, aux officiers du grand conseil.

Les avocats aux conseils du roi étaient réputés commensaux. Plusieurs sujets, sans être officiers et domestiques de la maison du roi ou des maisons royales, participèrent aux privilèges, exemptions et franchises des commensaux, en vertu des charges et offices dont ils étaient pourvus. Enfin plusieurs ecclésiastiques et bénéficiers, sans être expressément tenus à un service auprès de la personne du roi , de la reine, des enfants de France ou des princes, jouissaient des mêmes avantages ; tels étaient, entre autres, les chanoines de

la Sainte-Chapelle de Paris et de quelr ques autres chapitres.

Les privilèges des commensaux consistaient principalement en exemptions des charges publiques. Les plus anciens actes où il en soit guestion remontent au quatorzième siècle. Ce sont un commandement par lequel Philippe le Long fit rendre, le 10 janvier 1317, à trois de ses officiers, des droits de

Séage sur eux indûment perçus pour es denrées destinées à leur consommation, et un arrêt du parlement, de 1318, portant la même exemption en faveur des commensaux.

Outre ces privilèges utiles, les commensaux en possédaient aussi d'honorifiques, tels que celui de prendre le titre d'écuyer, d'occuper certaines places dans les processions et les cérémonies, etc. Les commensaux ecclésiastiques, indépendamment des privilèges qui leur étaient communs avec tous les autres'officiers et domestiques du roi, étaient dispensés de la résidence , percevaient les fruits de leurs prébendes pendant le temps de leur service à la cour, étaient exempts des décimes pour raison des bénéfices qu'ils possédaient.

Les commensaux gue la vieillesse ou leurs infirmités obligeaient de renoncer à leur service, obtenaient du prince des lettres de vétérance, en vertu desquelles ils continuaient à jouir des privilèges et exemptions attachés à la commensalité.

CoMM£BGE.~La fondation de Marseille par les Phocéens , 600 ans avant Jésus -Christ, et plus tard, l'établissement des Romains 'dans ce qu'ils appelèrent la province romaine , en donnant aux Gaulois du Midi la connaissance et le goût des productions étrangères que les premiers apportaient sur leurs navires , et que les s^ conds tiraient, pour leur consommation , de l'Italie et de la Grèce , fournirent , entre les denrées exotiques et les produits indigènes , l'occasion d'échanges variés et fréquents. De là naquit dans les pays qui s'étendent des Alpes , de la Méditerranée et des Pyrénées jusqu'à la Loire, un commerce qui dut être lucratif, si on en

T. V. 25* Livraison. (Dict. KNfcvcLOP., etc.)

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juge par l'éUil florissant dans lequel César trouva les villes de ces contrées lorsqu'il entreprit de soumettre la Gaule à la domination des Romains.

Quant aux Gaulois enfermés entre le Rhin , la Manche et le grand Océan, de nombreux passages d'auteurs grecs et latins nous apprennent que dans les mêmes temps où Tyr et Cartbage s'élevaient par le commerce à un haut degré de richesse et de puissance politioue , ils se confiaient avec intrépidité, sans guide ^ sans boussole, à des barc|i}es fragiles pour aller dans les lies Britanniques , et jusque dans les Orcades , recevoir du plomb , de Tétain, des pelleteries, des esclaves et des chiens de chasse , contre la poterie commune, les ouvrages de cuivre pu de fer , et les vins d'Italie qu'ils y portaient avec grand bénéfice. Vannes, alors capitale de l'Armoriqûe, était le centre ae ce commerce. C'était dans le port de cette ville que les négociants gaulois déchargeaient ce qu'ils apportaient de ces fies , pour transporter par terre ou par eau à Narbonne ou Marseille , et livrer aux marchands de Grèce ou d'Italie ce dont ils n'avaient pas trouvé le placement dans leur pays. Si quelque chose pouvait compenser pour les peuples la perte de leur indépendance et de leur nationalité , on serait en droit de dire que la domination romaine fut un bienfait pour la Gaule. En effet , elle y porta la civilisation du vieu]^ monde et y donna une )uissante impulsion au commerce qui, ui-méme , aida puissamment à l'éta- )lissement du christianisme. Si plusieurs cantons de la Belgique persévérèrent dans l'usage adopté oepuis longtemps chez eux , de repousser les productions étrangères, les Gaulois du Centre et du Midi ne firent aucune difficulté de les accueillir et de s'associer, pour se les procurer, avec les publicains et les chevaliers romains qui venaient trafiquer à ?ïarbonne et dans les quartiers riverains du Rhône et de la Saône. Comme ils possédaient l'art de travailler les métaux, et recueillaient des paillettes d'or dans le sable de plusieurs de leurs rivières , leur pa-

tience jointe à leur industrie leur foui: nit des objets à donner contre cm qu'on leur apportait , et un échange eontinuel de productions naturelles et de produits tabriqués s'opéra bientôt de ville à ville , de province à provlDce et de pays à pays. Lor^ue ces ressources devinrent insuffisantes, on défricha les terres , on déboisa les coteaux , on fouilla les mines, en même temps que l'on curait les rivières, que 1 on creusait des canaux , et qu'on ouvrait des routes. Grâce au commeree, le sol se couvrit de moissons , les richesses sortirent de la terre, les hommes et les marchandises circulèreot du nord aq midi, de l'es^ à l'ouest,* tout prit dpns la Gaule un ait de^ et de prospérité. ^ .

Bientôt on vit se manifester Te^ d'association. Dès le rè^ne deTibat, soixante ans au plus après la conm il existait à Paris upe compagnie de négociants par eau , appelés rmUS) nautœ parisiaci^ dont les bateaux couvraient la Seine, tant en mxm qu'en descendant. Bientôt toutes »

rivières navigables, telles que le Rbo«i la Saône, la Durance, la GaroDDe> l'Yonne , . la Loire , la Marne , cte*?

eurent des compagnies semblabl<sj celle qui exploitait la Seine; et les w que côtoyaient ces rivières se pcB|r rent d'actifs négociants qui les eanehirent en s'enrichissant eux-ineffl«- Dès ce moment, les nautes furent 9N^ mis à une organisatioa particuliètt»

divisés en ditiérents corps investis* beaux privilèges, parmi lesquels dobi ne citerons que l'exemption de la 11* telle et de la curatelle, charge alo0 fort onéreuses, la défense deNtfJ; même pour dettes, leurs marchai»' ses, lorsqu'elles étaient exposées J| vente sqr les marchés « ^ la facnllp faire juger les différend^ qui i^ vaient entre eux pour f^it^ de (f^ nierce , par des arbitras de leur m< et, à défaut, par les juges ordisaU^ des lieux où ils se trouvaient.

Pour prix des avantages qui i^ étaient accordés , ainsi que poor F^* tretien des rivières , canaux, rouM^ ponts qu'ils paicooraienl » les W"

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ciânts payaient au fisc, sur les marchandises qu'ils introduisaieut dans la Gaule, un droit de douane à la frontière, et un droit d'octroi à la porte des villes où ils se proposaient de les vendre; ces droits variaient en raison de la nature des objets importés. Lés denrées de première nécessité n'étaient que légèrement taxées , et celles de luxe l'étaient davantage. Ainsi, les productions de l'Inde et de l'Arabie , telles que la cannelle , la myrrhe , le poivre, le gingembre et autres aromates , les pierres précieuses , les t)erles , les peaux de Perse et de Babylone , les soies écrues et ouvragées , l'ivoire, Tébène, les eunuques payaient un droit éi]uiva}ent à cent fois leur valeur intrinsèque. La sortie des produits du sol , et des marchandises fabriquées dans la Gaule , était affranchie de tout droit ^ à la condition que l'exportation ne s'en ferait qu'à des nations amies de l'empiré, et que les marchandises exportées ne seraient point dé celles qu'il était défendu de vendre aux étrangers , comme les ar* mes, l'or en lingot ou fabriqué en monnaie, les pierres à aiguiser, les esclaves possédant certains talents, etc. Tel était le régime sous lequel fut ,

Sendant un temps , placé le commeroè es Gaulois ; mais cet état de choses ne dura pas; l'avidité fiscale trouva bientôt ûeû prétextes et des moyens pour le charger d'une multitude de taxes arbitraires dont nous parierons plus bas. Les invasions des barbares , pendant le quatrième et le cinquième $iècle, portèrent aussi de funestes atr teintes au commerce des Gaulois ; mais guand les bandes germaniques se furent irrévocablement fixées dans les contrées dont elles avaient fait la conquête , leurs chfefs comprirent à leur tour l'avantage du commerce et ils couvrirent de leur protection les hommes industrieux qui ne demandaient qu'à leur procurer en abondance les objets de leur convoitise, qu'ils étaient venus chercher de si loin. On trouvé dans les lois des Yisigotfas, des Boarguignons, des Fraoos Saliens, des Francs Ripu^res, plusieurs articles

ayant pour but de favoriser les entreprises commerciales et ceux qui s'y livraient. Le commerce était devenu si nécessaire, qu'il se releva, malgré le nombre des nations toujours en guerre qui couvraient alors la Gaule.

Arles prit rang parmi les cités les plus opulentes du pays. Narbonne , sa rivale , vit abonder dans son marché les tributs de l'Espagne , de la Sicile , de l'Afrique et de l'Orient. Bordeaux, si heureusement bâtie sur un grand fleuve , s'enrichit promptement , en joignant à l'importation de la poix , du

Sapyrus , etc. , l'exportation des cires, es suifs , auxquels ses marchands savaient donner une grande blancheur, et surtout des vins dont le commerce était devenu très-actif, depuis que Probus avait permis aux Gaulois de replanter les vignes que leur avait fait arracher Dortiltien. lîe Nord et l*Ouest ne prospéraient pas moins ; Trêves rivalisait avec Narbonne; Aleth avait acquis une grande puissanpe par le nombre de ses habitants, l'audace de ses marins, et l'étendue de ses relations commerciales. Grâce à l'activité qui régna pendant cette période , l'agriculture , cette source première de toute pi'osf^érité commerciale , oontiliua de- faire des progrès. La terre se couvrit d'oliviers, d'orangers et de citronniers au midi , de plantes ligneuses et oléagineuses au nord , et de céréales partout. Les rives de la Loire furent l)lantées de ces vignobles célèbres çui firent de l'Orléanais et de la Tourame des contrées opulentes et fournirent matière à ces expéditions qui firent de Nantes une ville de premier ordre.

Les choses en étaient à ce point lorsque deux grands événements vinrent accélérer la marche du progrès.

Le premier fut l'importation en Europe de l'insecte précieux qui produit la soie. Ces riches tissus dont Justinien avait cru devoir défendre l'usage aux particuliers , parce qu'ils se vendaient au poids de 1 or , devinrent alors accessibles aux fortunes de seconde classe, et fournnrent de noui veaux aliments aux spéculations des navigateurs et des marchands. Le se»

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cond de ces événements fut Texpulsioii des Goths des provinces qu'ils possédaient dans le Midi , expulsion suivie peu de temps après de la réunion de Marseille à la monarchie des Francs , qui rendit celle-ci maîtresse du commerce de la Méditerranée et ouvrit à ses négociants la Grèce, l'Asie Mineure, l'Éçypte, la Syrie, et tout l'Orient. Les juifs , dans tous les temps si prompts à accourir partout où il y a du profit à faire , ne manquèrent pas d'entrer avec ardeur dans les voies commerciales ouvertes à leur patiente et laborieuse activité. Ils en furent exclus. Alors ils se réfugièrent dans la banque, ou plutôt dans l'usure cju'ils exercèrent avec colère, puis rentrèrent dans le commerce pour en être bien des fois expulsés encore et y revenir toujours.

Il fallait qu'en ces temps-là les bénéfices commerciaux fussent considérables , car les négociants payaient cher la protection et les encouragements qu'ils recevaient de l'autorité.

Aux droits de douane et d'octroi, dont nous avons parlé plus haut, la fiscalité romaine avait depuis , et d'année en année, ajouté une multitude d'impositions qui, toutes réunies, formaient un total effrayant.

Pour ne parler que des marchandises amenées par eau, un bateau qui mouillait dans un port devait payer un droit d'entrée, un droit de salut et de bienvenue, un droit de pont , s'ily:en avait un , ce qui arrivait presque toujours , un droit d'ancrage s il séjournait , un droit pour obtenir la permission de décharger les marchandises, le loyer de l'emplacement que la cargaison occupait a terre, enhn, cinq ou six autres droits sous des noms divers. Tel fut l'état de choses que les rois francs trouvèrent institué dans la Gaule à leur arrivée , qu'ils y maintinrent et gui y subsista jusqu'au moyen âge.

On sentait bien que cette multiplicité de taxes était très-préjudiciable au commerce, mais on ne pouvait pas Tabolir, parce qu'elle était profitable aux chefs de second et de troisième ordre, et formait une partie essentielle

du revenui des terres qui leur étaient échues lors du partage de la conquête.

Dagobert I**", n'osant entreprenore de dépouiller les descendants des vieui compagnons de ses ancêtres, imagina de créer .aux marchands des lieux de franchise où ils s'assembleraient pour vendre, pendant un temps fixé, les objets dont ils faisaient commerce, sans avoir à payer des droits qui en augmentaient si considérablement le prix.

Telle est l'origine des foires, La première fut celle de Saint-Denis, près de Paris, dite du LandiUlAS commer-

Sants qui y conduisaient leurs marchaoises étaient tenus de se rendre en un lieu marqué, hors des limites dufud' cessait la franchise. Là, ils étaient exempts de quatorze droits anciens,, que la charte de fondation réduisit à un petit nombre de redevances modérées et supportables, au profit de l'abbaye de Saint-Denis, que le monarqoe eut la politique d'intéresser, par œ moyen,, au maintien du nouvel établissement. La foire du Landit devint bientôt l'entrepôt le plus important des richesses du monde. On y accourait de toutes les provinces de France, on y venait d'Angleterre, d'Allemagne, de Lombonlie , d'Espagne , d'Egypte, de ^ Syrie ret «des côtes barba resques. On y trouvait jusqu'aux plus opulents [produits de rinde, que les Grecs allaient chercher à leurs sources, et que les négociants français allaient, tour à tour, leur acheter sur leur terre ferme et dans leurs îles.

Cette accumulation d'objets de gnnd prix en France n'eut pas seulement pour résultat d'enrichir l'État ainsi que les particuliers , et de stimuler, comme nous l'avons dit, l'agricuiturc , elle donna aussi essor à la science de la mise en œuvre, et contribua puissamment aux progrès des arts. Aussi, dès le septième siècle, on possédait et l'on portait fort loin l'industrie qui consiste à travailler les métaux, à tailler et à monter les pierreries pour en faire des parures de luxe , et en décorer les ameublemeuts et surtout les châsses des saints. Déjà l'on façonnait si habilement Tor et l'argent, qu'on en

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faisait des ouvrages dans lesquels le prix du travail remportait sur celui de la matière. La vie de saint Èloy, par saint Ouen , même lorsqu'on la débarrasse des exagérations qui peuvent s'y trouver, prouve la vérité de ces assertions, qui, au premier coup d'œil, semblent exagérées elles-mêmes.

Le succès de la foire de Saint-Denis donna à Dagobert et à ses successeurs l'idée d'en instituer plusieurs autres : les chartes d'institution de ces foires nous en fournissent la preuve. Mais depuis la mort de ce roi jusqu'à l'extinction de sa race, le commerce français ne fit que se maintenir, perdant même du terrain plutôt qu'il ne prenait de l'accroissement. Cela devait être; les maires du palais, qui régnaient sous le nom des descendants de«Clovis, avaient autre chose à faire que de protéger des marchands. Cependant plusieurs ordonnances publiées sous le nom de ChildéricIII, dernier roi de sa dynastie, défendirent, sous peine de la perte de la main, de fabriquer et de mettre en circulation des monnaies fausses; et elles confirmèrent les privilèges que Dagobert avait accordes à l'abbaye de Saint- Denis, en fondant sur son territoire la foire du Landit, et consolidèrent ainsi cet établissement.

Pépin et Carloman ne pensèrent qu'à affermir leur pouvoir, et n'accordèrent au commerce qu'une attention secondaire. On a pourtant de ces deux princes une ordonnance sur les monnaies, et deux chartes sur la foire de Saint-Denis. Mais Charlemagne, malgré ses voyages multipliés et les soins qu'exigeait le gouvernement de son vaste empire, donna de nombreux encouragements aux entreprises dont son esprit rapide et profond comprit toute l'importance. Il fit construire à Boulogne , pour la sûreté des navires , un phare d'une grande beauté, à la place de celui qu'y avait élevé l'empereur Caligula, et qui était tombé en ruine.

Il publia des ordonnances sur les juifs, qu il dépouilla des droits et des privilèges des marchands, sur la taille et le poids des monnaies , sur le larcin et la vente des choses saintes, sur le com-

merce clandestin des serfs, sur les prêts usuraires, sur les redevances fiscales^ sur le droit de circulation par terre et par eau, sur la sanctification du dimanche, etc.... Il défendit le commerce aux ecclésiastiques , afin que l'appât du gain ne les détournât pomt de leurs devoirs sacrés. Mais la prohibition des vêtements somptueux et des parures de luxe dut, en fermant l'entrée du royaume à une classe importante de matières premières, amener la ruine de l'industrie qui donnait une nouvelle valeur à ces matières.

Malgré cette erreur qui tenait à l'ignorance de l'époaue, Charlemagne laissa le commerce aans une situation prospère. A sa mort, la France possédait de riches entrepôts et une marine marchande considérable; ses navigateurs étaient familiarisés avec les courses sur mer, ses négociants avec les excursions par terre ou sur les fleuves dans les régions du Nord. La lettre de change, ce moyen si rapide et si commode de transporter sans déplacement et sans frais les capitaux d'un pays dans un autre, avait déjà été inventée par les juifs, lorsque, ayant été chassés du royaume par Dagobert, ils se retirèrent en Lombardie.

Enfin, tous les marcliands avaient pour se réunir et parler de leurs affaires, des maisons qui leur appartenaient en commun , que, du temps de Grégoire de Tours, on nommait domiis negotiorum , que plus tard on appela parloirs aux bourgeois , parloirs aux marchands, et auxquelles nos bourses de commerce doivent leur origine.

Comme on le voit, le commerce se débarrassait de ses langes, mais il devait être longtemps encore arrêté dans son développement. Louis le Débonnaire , quoique contraint pendant presque tout le temps qu'il vécut , de lutter contre les entreprises de ses fils , continua autant qu'il le put, l'œuvre de son père. Il publia plusieurs ordonnances sur les monnaies, les ponts et chaussées, les péages sur les grandes routes et les droits de navigation sur les fleuves ; il fit purger la Méditerranée des pirates africains

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qui l'infestaient, et avaient capturé huit bâtiments marchands aux Mar- ^illalâ , et rendit aux juifs le droit d*acheter et de yèndfe, dontilssetrou^ raient alors pHtés pour la seconde ou troisième foisi. Toutes les mesures de ee prince forent intelligentes et bonnes, mais il commit la même f^âte que le grand homme dont il occupait la place. Il frappa d'une proscription nouvelle les habillements ainsi <|ue les parures de prix qu'il défendit, surtout avec sévérité, aux gens d'église, et anéantit ainsi les manufactures et les fabridues qui subsistaient encore.

4 partir de Charles le Chauve, Jusqu'à la chute de la dynastie carlovingienne, c'est-à-dire, de 84^ i 987, le commerce fut ruiné complètement par les invasions continuelles des hommes ûii Nord, par le pillage et Tincendie des villes qu'il avait fondées et qu'il àlimentajt , par le brigandage des pirates ^ui avaient reparu plus audacieux que Jamais, et surtout par âuite de la faiblesse du gouvernement qui ne Savait rien protéger. L'établissetheût en 912 de Rollon et de ses compagnons, dans la partie de la Neustrie que Charles Te Simple leur avait cédée, contribua, ainsi que l'ordre parfait que le duc des Normands établit dans ses États, à donner quelque répit aux commerçants; mais ils avaient été si grièvement ettaiitde fols blessés, que leurs plaies saignaient encore lorsque Hu-

fues Capet parvint à la couronne, lalheureusement ce n'était point ce prince qui devait les guérir. Il avait rencontré dans ceux qui , après avoir été longtemps ses ^aux, avaient ponsenti à le proclamer le premier d'entre eux, des obstacles qui neutralisèrent les bonnes intentions qu'il avait sans doute. Ces obstacles existèrent probablement aussi sous les successeurs de ce prince et , jusqu'à l'avénement de Philippe-Auguste, en 1180 , empêchèrent le commerce anéanti de se relever de ses ruines.

Pour acquérir la preuve de ce fait , il suffît de Jeter un coup d'oeil rapide sur l'état du royaume pendant cette période. Le roi , malgré l'éminence de son titre,

n'avait de pouvoir réel ^e dans lespayi iqiii lui appartenaient en propre et codi* posaient son domaine. Les grands, aol s'étaient fait, dès le temps de Chanel te Chauve , concéder à perpétuité les cantons et provinces dails lesquels ils n'avaient eu d'abord qu'un pouvoir temporaire, puis un pouvoir à vie, s'j étaient, à la conditiofi d'une iûsigni* iant hommage , constihié de véritables souverainetés. Ils rendaient la justice, frappaient monnaie, établissaient des impôts, et levaient des soldats pour faire à leurs voisins, et ftourentau roi, ces guerres intérieures contre lesquelles on ne trouva d'autre remède, en 1041 , que l^institiitioD de la lYéve de Dieu. Comme léi^ intérêts de chacun de ces souverains étaient souvent opposés à ceux des autres, les ducs, comtes et barons hérissaient leurs frontières de barrières et d'obstacles qui en fermaient aux MarehaDdi rentrée et la sortie. Loin d'indeniBiser le marchand des empêchements apportés à son industrie, ilà réerasaieat d'impôts vexatoires, souS le nom de péages, à chaque pas qu'il faisait dans le ief plus ou moins étendu où ils régnaient en maîtres. Ils s'arrogeaient i^ui* lui le droit de prise , s'embusquaient sur les chemins, poiur le Dévaliser <|uand il osait se rendre d'iipe seigneurie dans une autre, et lais* saieht, dans un état complet de dégradation, les canaux et les roatei, bien que les droits qu'ils exigeàieat eussent pour prétexte l'entretien des voies de communication. Comme ici côtes septentrionales de la France étaient partagées entre le comte de Flandre et les ducs de Bretagne et de Normandie, et que le reste demeon longtemps au pouvoir des Anglais; comme aussi celles du Midi étaient sous la domination des ducs d'Aqoitaine, des comtes de Toulouse , des rois de Majorque , de Castille et d'i* rason, il s'ensuivait que le roi Dépossédait aucun port de mer. Il ne poovait donc encourager le commerce extérieur, et donner l'exemple de b protection que tout sage gouve^D^ ment doit lui prêter. Il devait donc

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fie borner à des invitations , à des exr bortatiofiâ auxquelles avait égard qm voulait.

A toutes eea causes de mort , vint pe joindre, comme un fléau , l'héroïque tûkeàeB croisades. Si les grands déplacements d' hommes auxquels elle donna lieu pendant près de deux siècles, en«riehirent ies villes qu^ls traversèrent, entre autres celle cfë Ljron ^ ils rui- Itèrent toutes les antres, par l'im* mense exportation de numéraire qui en fut la conséquence. Cette esporlation ûit telle, que, pendant nm partie de cette période, Tintée tel au peu d'espèces monnayées qui relta dans le royaume monta à un toux exorbitant, et que le commercé de consommation journalière, le seul

2ui subsistât encore, se faisait par voie 'échange à défaut do signe représentatif. Ainsi, dans les marchés, on donnait deux poules pour une oie , deux oies pour un porc , trois agneaux pour un iriouton, trois veaux pour une vache^ un certain nombre de boisseaux d*orge ou de seigle pour un boisseau de blé.

Ajoutez a cela que la navigation était encore dans l'en£ance, que rignoraiice des marchands était si grande qu'ils ne savaient ni lire ni écrire, et étaient obligés de recourir à des clercs pour Iflt tenue de leurs livres et pour Téta- Iriissement de ieUrs comptes. Quelques villes cebendaht , telles que Toulouse, Montpellier, Béziers, Marseille, Nar* bonne, qu'avait dès longtemps enrichies le commerce, et dorit le passage des croisés avait accru l'opulence , se soutenaient encore. Malgré la misère générale , elles avaient fait quelques entreprises en Espagne et dans les échelles du Levant , conclu , avec lès États voisins, des traités de commerce, et formé entre elles des associations pour se livrer à des spéculations importantes. Montpellier laisart un grand trafic avec l'île Majorque, dans les États des rois de Chypre et de Jérusalem, avec Antioche , ConStantinople et Tripoli d'Afrique, oii ses négociants avaient des comptoirs et des consuls. Toutefois, cette prospérité h'était que locale; si un petit nombrls de villes

continuaient à s'enrichir, toutes les autres étaient réduites à la misère, et d'ailleurs cette Splendeur des villes du Midi finit elle-même par s'éclipser, au moins pour un temps. Cependant, cette période si déplorable et si longue ne fut pas tout à fait perdue pour l'instruction commerciale. Au co^^ mencement du onzième siècle , âelon Lebenf^ on substitua le chiflre arabe, si commode pour le calcul , au chii> fre romain dont on s'était servi jus* que-là:

Quand Philippe- Auguste parvint à la couronne, il trouva le commerce de la Méditerranée entre les mains des Vénitiens et des Génois , et celui de \A. France dans un état complet d'anéan-* tissement. Heureusement, il s'était maintenu dans la Champagne et dans la Brie six foires , qui, après avoir été aussi célèbres que celle du Landit, avaient perdu, il est trai, beaucoup de leur importance, mais en avaient cependant conservé assez pour redevenir plus tard aussi florissantes qu'elles l'aVÂient été par le pàS6é. Il eût été bien peut-être que Philippe - Auguste leur donnât les encouragements dont elles avaient besoin, et qu'elles avaient reçns autreibis. Il n'en fit rien.

Toutefois, il publia un règlement pour la police de celle du Landit, fit élever à Paris deux halles , avec une galerie couverte , pour la commodité des marchands, et défendit aux clercs d'excommunier, selon l'usage de l'Éfflise, ceux qui feraient, le dimanche, le commerce de blé ou d'autres marchandises, ainsi que ceux gui traiteraient des affaires avec les juifs ou qui les serviraient. Il perniit de prêter de l'argent sur le cheval , les bardes et les meubles d'un chevalier, mais il défendit de recevoir en gage les vases sacrés , les ornements d'église, ainsi que les vêtements nouvellement ensanglantés du mouillés, sans doute parce qu'ils pouvaient servir d'indices pour la iiécônverte d'un crime. Il défendit également d'engager les biens d'église , sans la permission du seigneur dominant de la terre. Eh 1199, selon Duhaiilaât, il eréa la pfé*

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voté des marchands de Paris , et lai donna , entre autres attributions , la surveillance et la police de toutes les marchandises qui arrivaient dans cette ville par la Seine et par ses affluents. Ayant acquis, en 1204, la Normandie, par confiscation sur Jean sans Terre, et recouvré plusieurs ports sur TOcéan , il accorda à la ville de Cherbourg le privilège dont jusque-là avait joui exclusivement celle de Rouen, d'envoyer chaque année un vaisseau pour commercer en Irlande. Ce fut sous son règne que les juifs créèrent les assurances. Ces traites, qui avalent lieu par rapport aux transports parterre et sur les fleuves, avaient pour but de garantir les voyageurs des risques que couraient leurs marchandises d*étre pillées par les vagabonds et les grands seigneurs. Ce fut seulement {lorsaue les routes et les rivières devinrent plus sûres, que les assurances furent appliquées aux risques de la mer.

Louis yill , dont le règne fut, il est vrai , fort court , ne fit rien pour le commerce; mais son fils Louis IX, qui porta pendant quarante-quatre ans la couronne, publia plusieurs actes qui eurent pour objet de continuer l'œuvre de son aïeul. Ayant réuni à la couronne diverses villes importantes, telles que Carcassonne, Nîmes, Béziers, et préparé la réunion du comté de Toulouse, il releva le commerce du Midi , et fit creuser uh port à Aigues- Mortes, dont il voulait faire Tentrepôt des marchandises du Levant. £n 1270 , Tannée même de son départ et de sa mort , il publia une grande ordonnance pour assurer la sécurité des commerçants, et garantir les consommateurs ^contre leurs fraudes. Il défendit d'entraver sans de bonnes raisons la circulation des srains, vins et autres marchandises, d'une province à l'autre , et même hors du royaume.

Il défendit de démonter les marchands et de prendre leurs chevaux , même pour son service personnel , et frappa d'une amende de soixante sous celui qui vendrait à faux poids. Mais la mesure la plus importante de son règne pour le commerce , fut celle que prit

par son ordre Etienne Boileau, prévôt de Paris. (Voyez Boileàtj [Etienne].) Ce magistrat classa, en 1260, les marchands et commerçants en communautés , leur donna pour régies de conduite celles des coutumes saivies par eux jusque - le qui fiireot reconnues les meilleures, leur nomma des chefs et leur imposa des (i^ voirs. Les statuts des aiverses communautés ou confréries approuvés dans une assemblée de bourgeois, aoementes ou modifiés de siècle en siède et réunis en un recueil , servirent de point de départ et de modèle à tout ce que Ton fit jusqu'à la révolotioo sur le commerce intérieur et sur TIddustrie. Sans doute, l'idée d'emprisonner l'industrie dans des limites quMl lui était défendu de franchir, la nécessité (Tacheter certaines matières du roi , qui substituait un monopole odieux au droit imprescriptible qoe tout homme possède de travailler, semblerait barbare aujourd'hui, et le serait en effet. Alors , c'était toat ce que l'on pouvait faire de mieux, et, dans le fait , on s'en trouva bien.

Le comté de Toulouse ayant fait, en 1272, retour à la couronne, Philippe le Hardi , fils et successeur de saint Louis , profita de cette circonstance pour attirer, au moyen de grands privilèges, dans les villes de ce comté, et particulièrement à Nîmes, les marchands lombards , toscans , romains, génois , vénitiens , etc. , qui fréquentaient Montpellier, alors encore aii pouvoir du roi d'Aragon. Il anoblit Raoul, son orfèvre et son argentier,, et fut ainsi le premier roi de France qui récompensa par la noblesse te services rendus dans le commerce.Philippe le Bel, que le besoin d'argent porta si souvent à altérer les monnaies, donna aussi de grands encouragements au commerce, mais bien moins en vue du bien public qu'en vue de son intérêt particulier. Il fit des efforts puissants et efficaces pour relever les nanufactures, qu'il soumit à la surveillance d'inspecteurs spéciaux. Il défendit la sortie des laines , pour forcer ses sujets à mettre eux-mêmes en œane

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eette matière première, et prohiba également la sortie des drogues et teintures qui servaient à la tabrication et à la coloration des draps. Il publia , sur l'épicerie et les marchandises qui se venaaient au poids, une ordonnance fort sage que renouvela et étendit après lui Charles le Bel. Il défendit de vendre défausses marchandises y d'acheter des marchandises volées , interdit aux courtiers le négoce des marchandises dont ils faisaient le courtage , et rendit leur ancienne importance aux foires de Champagne et de Brie. Philippe le Bel aida même au commerce sans y penser. Ses guerres Payant mis plusieurs fois dans l'obligation de défendre les tournois, les guerres privées et les gages de bataille , ce fut autant de trêves accordées aux négociants , qui purent faire circuler paisiblement leurs denrées dans les parties du royaume que n'occupaient pas les armées royales.

A l'exemple du monarque, les grands Tassaux prodiguèrent les encouragements aux commerçants de leurs domaines. Toutes les villes du Nord se peuplèrent de manufactures ; les foires de Bruges rivalisèrent avec celles de Saint-Deniset delà Champagne. Dans cette dernière province , le commerce prit une extension considérable. Reims se remplit de fabriques importantes , et fut la première ville de France où Ton transforma la soie en tissus. Toutes les villes du Midi retrouvèrent leur ancienne activité, et le commerce frani^is redevint ce qu'il avait été au septième siècle. Ce n'était pas, comme nous Tavons dit , que Philippe le Bel le protégeât dans l'intérêt de ceux nui s'y adonnaient; car il causa, par plus d'une mesure fiscale , de graves préjudices à ces derniers. D'abord , les fréquentes altérations de monnaies qu'il se permit portèrent souvent la perturbation dans les calculs; ensuite 1 publia une loi somptuaire qui dut entraver la vente des objets de prix ; mfin il frappa de droits exorbitants es produits de la fabrication. Les inlustriels réclamèrent, le roi ne les îcouta pas ; et, l'élan étant donné, ils

continuèrent à vendre et à s'enrichir.

Louis Hutin et Philippe le Long renouvelèrent les ordonnances de leurs prédécesseurs concernant les foires de Champagne et de Brie , la mise en gage des vases sacrés et des ornements d'église, l'affranchissement des marchands du droit de prise , et la défense de sortir les laines du royaume.

De [)Ius , le second de ces rois eut une idé&4ieureuse qui devait être reprise par Louis XI , et ne recevoir son exécution <]ue beaucoup plus tard : ce fut d'établir l'uniformité des poids et des mesures par tout le royaume.

Charles le Bel marcha sur les traces de ses frères et de son père , et se montra comme eux favorable aux commerçants et aux consommateurs. Il renouvela, ainsi quenous l'avons dit plus haut , l'ordonnance de Philippe le Bel relative aux épiceries et marchandises qui se vendaient au poids , et donna une place particulière aux changeurs de Paris. Philippe de Valois s'occupa beaucoup des foires de Champagne ; il s'efforça de leur conserver, par plusieurs règlements et ordonnances , la splendeur qu'elles avaient recouvrée ; enfin il défendit les réquisitions de vivres et de chevaux dans Paris.

Cependant les Lombards , que Philippe le Hardi avait attirés à Nîmes , s'étaient promptement répandus dans toutes les autres villes au royaume.

Instruits dans la science de l'usure par les juifs , qui avaient coutume de se retirer chez eux toutes les fois qu'on les expulsait de France , ils ne tardèrent pas à égaler leurs maîtres et à être confondus avec eux dans une haine commune et méritée. Philippe de Valois , pour soulager le commerce dont ils étaient devenus le fléau, et favoriser les manufactures qui commençaient à s'établir à Arras , Amiens , Cambrai , et dans plusieurs autres villes, affranchit, le 12 janvier 1330, leurs débiteurs du quart de ce qu'ils leur avaient emprunté , et accorda à ceux dont les dettes étaient échues, quatre nM)is de délai pour s'acquitter. Plus tard, il défendit de rien leur

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Dayer du tout, sous peine de payer df^qx Fois. Le roî Jean , après avoir publié en février 1350 une ordonnance en ^52 articles sur la police 4u royauaiç, les gages des serviteurs, je salaire des ouvriers , les bénéfices des artisans , marchands et commerçants, etc., confirma, en 1351, la décision de son prédécesseur, portant défense de rien payer aux Lombards, juifs, et autres usuriers, des sommes qui leur étaient dues. Deux ans après , il or^nna que les biens de ces hommes sans entrailles , ainsi que ceux des Italiens qui dévoraient le royaume , seraient mis sous sa main, et déclara légalement libérés envers eux ceux de leurs débiteurs qui verseraient au trésor royal le capital qu'ils en avaient ireçu , taisant remise des intérêts. Ces divers fictes étaient des spoliations sans doute, inais ils étaient nécessaires pour épouvanter des hommes qui , ne prêtant que sur des dépôts de marchandises, de hardes, de mobilier, ou sur des contrats emportant hypothèque , et qe courant, en conséquence, nul danger, (exigeaient des intérêts ruineux avec lihe rapacité que rien ne pouvait as»

sbiivir , et qui renaissait toujours plus affamée. Pour donner une idée de rex^ ces auquel était alors portée l'usure, i|Ous nous bornerons à dire que Philippe le Bel crut beaucoup faire pour les commerçants , en déclarant que Ton ne pourrait pas exiger d'eux plus de vingt pour cent d'intérêt sur l'argent qu'oi^ leur prêterait en temps ordinaire, et il pensa favoriser singulier rement les foires, en réduisant à quinze pour cent le loyer des capitaux dont on y ferait emprunt.

Charles Y, absorbé par les soins de la guerre contre les Anglais , ne s'occupa que fort peu du commerce de son royaume ; et si , en réduisant l'intérêt de l'argent à dix pour cent , il prit une mesure quifuf favorable à l'industrie, il lui porta un grave préjudice en renouvelant les lois somptuaires, qui n'avaient jamais eu pour résultat que de l'arrêter dans son essor. Néan-* moins, le commerce français, par suite des encouragements qu'il avait

reçud de Philippe le Btt| et de les ffla, ^'ouvrit des débouebés itûpoitants dont il fut longtemps en possession exclusive. En 1864,* des navigateurs voyageant au hasard, ou peutêtre poussés par la tempête , avaient découvert les côtes occidentales de l'Afrique, et y avaient fbndé d^utiles établissements. En 1 865, des négociants de Dieppe et de RoUen firent un traité d'association pour soutenir Une entreprise dont ils pressentaient leis résultats. En conséquence, l'année Isuivante il partit de Normandie un iiotnbre de vaisseaux tel, qu'on n'en avait pas encore vu autant sur ces mers. JL.es faaffdis aventuriers qiii les montaient abo^ dèrent au Sénégal et à la rivière de Gambie, i)ù ils bâtirent plusieurs fbrts; puis, pénétrant jusqu'à Sierra^L^one, sur la côte de Malaguette , ils y bâtirent deux villes , qir ils nonantèrent le P^etit-Paris et le Petit-Dieppe. Ces établissenients avaient des eonnptoin oùjles AfIMcains trouvaient un maitbé totjyours ouvert , et les vaisseaux friBçais des cargaisons toujours prêta.

^on conteùts de ces avantages, les isodateurs de oe Goitimeroe remontaient les rivières de Sénégal i, de Gambie; puis, après un portage de quelques lieues, s^embarquaient sur le If iger, il répandaient dans la Nigritie et \H royaumes de Tombut et de l^éli , la toiles, leâ couteaux, les eaux-de-vie, le miel , les grains de verre , lé sel , etc., qu'ils échangeaient pour de l'ivoire^ des cuirs , des gommes , des pluBNi d'autruche , de l'ambre cris , de la poudre d'or et de la cocHenille, înseelc précieux doiit le monopole avait été jusaue-là entré les mains ûéi Yénitiess et des Génois. Ce commerce, dans fe-

3uel la France ne livrait que les prouits de sa fabrication, et qui rendait jusqu'à dix capitaut pour un , jeu d'immenses richesses dans |e royautne.

Ces brillants résultats eu auraient amené d'autres, si là démaace de Charles VI, la rivalité des maisoss d'Orléans et de Bourgogne, le pillage de la fortune publique pir tout le monde , les intrigues d'Isabeau de Bavière, et l'intetveotioi

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du roi d'Angleterre et dii duc de Normandie dans nos affaires itltérieures, n^en eussent tari la source, en favorisant la concurrencé redoutable que la Hollande et la Hanse teutonique faisaient aux négociants français.

Lé commerce se concentra alors dans uil petit nombre de villes en possession de la faculté de résister à tous les! ébranlements politiques , telles que Reims , Toulouse , Garcassonne et Beaucaire , qui avalent contribué antérieurement pour 20,452,120 fr. de notre monnaie â la rançon du roi Jean , cris; en 1356 à la triste journée de Poitiers. Il se concentra entre les mains de tjuelques hommes laborieux et intelligents, entre autres de ceDine Raponde , bourgeois de ^aris , qui , pour tirer des mains dé Ëàjazet le fils du duc de Bourgogne , fait prisonnier à la bataille de Nicopoiis, en 1396, avec plusieurs autres seigneurs , paya en èfret la somme de 100,000 ducats .

que le père du jeune captif, maigre l'étendue de seà donnai nés , était hots d'état d'acquitter ; et dé cet autre marchand , qu( , dé))Ouillé de sa fortune , etildrisonné, fugitif, alla, après tant de services rendus à la France, tbourir sur la terrederexil, victime de Tingratitudè dii ï^oî et de l'avidité des courtisans. Dê^ ié septième siècle , un négociant français appelé îSamon, que sort esprit aventureux avait conduit chez les Esclavons , avait été nommé roi par des peuples encore enfants, qui ne savaient coniment récompenser l'homme supérieur qui avait fait tant de chemin, traversé tant de rivières, franchi tant de montagnes , pour leur apporter des [Choses qu'ils ne connaissaient pas.

Jacqufes Coeur ne porta point de couronne ; mais il fut l'égal et même le [)rotecteur d'un roi ; car Charles VII l'eût trouvé plus tard dans la valeur ie Duriois et dans les exploits de la Pucelle que des secours stériles, si urt iimp\e négociant ne l'eût, par dés avanies d'argent, et en entretenant à ses 'rais quatre armées, mis en état de commencer la conquête de son •ovaume.

'Nous voici arrivés à ce quinzième

siècle gui prépara celui de la renaissaiicé, h ce sièéle de merveilles où tout aopàirut comme par enchantement -, ou fut trouvée rapplîcation de la boussole à la navigation , où fut découverte rimprimerie, qui devait changer la face du monde et devenir une puissance, où Christophe Colomb (lonna tout un hémisphère à TËspagne, où Barthélémy t)ias découvrît le cap de Bonne-Espérance, que Vasco de ûama franchit audacieusement deux ans aptes, pour parvenir, par une voie nouvelle , aux Indes , à la Chine et au Japon, et ruiner le commerce des Vénitiens et des (Jénois.

La Fraiice ne tira pas d'abord un parti fructueux de ces importantes découvertes. Charles VIÏ , trop occupé du bêsoiii de réparer les désastres causés par la démence de son père , les manœuvres criminelles de ses oncles, et les actes dé félonie de sa mère , ne put songer à rendre ta vie au commerce d'un royaume dont il lui fallait d'abord chasser l'étranger. Ce ne fut donc que dans Us pays qui étaient restés soumis à sa domination et dans ceux où il s'établit, à mesure qu'il gagna du ierrain, (|u'il put favoriser rindUstrie. Cest ainsi qu'en février 1443 il fît à la ville de Lyon la concessioti de trois foires franches par an, avec la permission de s'y servir de toutes les monnaies étrangères, et que, le 19 juin 144Ô , 11 rétablit, avec exemption d'impôts pendant les dix preniiers iouirs , les ibires de Champagne et dfe Ëi-ie , que la guerre avait interrompues.

Louis XI, dont la tête puissamment organisée pouvait concevoir et féconder beaucoup d'idées à la fois , donna des soins particuliers aux affaires commerciales , et surtout aux affaire^ industrielles. S'il ne put établir l'uniformité des poids et mesures, i'éforme déjà tentée, nous l'avons vu , par Philippe le Long , et qu'il essaya dé réaliser, il publia du moins beaucoup d'ordonnances pour rendre la vie au commerce. Il institua deux foires franches par an à Bayonne, porta au nombre de quatre celles que son père avait

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établies à Lyon, et pour les Êivoriser, défendit aux marcnands français de fréquenter celles de Genève. En juin 1472 , il exempta de tout droit et impôt les denrées et marchandises apportées à celle de Saint-Denis. Enfin , le commerce lui doit l'institution des postes, et la promptitude qu'acquirent, entre négociants , les correspondances écrites et les relations personnelles ,

f)ar la permission qu'il donna à tout e monde de se servir des chevaux des courriers, en payant un droit modéré pour chaque distance de quatre lieues.

Louis XI accueillit avec empressement, et installa à Lyon des ouvriers florentins qui, chassés de leur pays par les querelles des Guelfes et des Gibelins, apportaient en France la fabrication de la soie, dont les Rémois étaient en possession depuis le treizième siècle, mais qui était restée chez eux dans l'enfance. Il établit à Tours plusieurs manufactures de soieries qu'il surveillait lui-même, et comme cela était déjà arrivé du temps de Philippe le Bel, l'exemple du souverain stimula les grands vassaux de la couronne, et ceux-ci se firent un devoir d'encourager aussi le commerce et l'industrie dans leurs domaines. François II, duc de Bretagne , établit à Vitré une fabrique d'étoffes de soie, et fit venir des ouvriers d'Arras, pour monter à Rennes une manufacture de tapisseries.

Nous ne parlerons de Charles VIII que pour dire qu'il institua définitivement à Paris la foire de Saint-Germain , et qu'il ne paraît pas qu'il ait eu égard aux remontrances des états de Tours, qui lui demandaient, sur le fait de la marchandise , la liberté du commerce , l'abolition des péages , la réduction des foires, la diminution des tailles et la perception des traites foraines aux frontières.

Sous Louis XII , la circulation des

§rains, bien des fois permise et défenue auparavant, fut autorisée de province à province, et en 1502, les Basques, les Normands et les Bretons commencèrent à se livrer à la pèche de

la morue et à fréquenter le banc de Terre-Neuve.

François P*" fut le protecteur da commerce aussi bien nue des lettres et des arts ; il favorisa les voyages de long cours et les établissements loint&ins. En novembre 1536, il permit à tous les marchands du royaume de commercer avec les étrangers, et ee fut par ses ordres que l'amiral Chabot découvrit le cap Breton, la Floride 4 la Virginie , remonta le Maragoon et parvint jusqu'au Canada. Ce priooe voulait expédier des navires dam l'Inde, mais il ne put exécuter ce pnh jet , à cause des guerres qu'il eut ) soutenir contre Charles-Qumt.

La fabrication des soieries prit une nouvelle extension sous Henri II, qojt afin d'affranchir son royaume du tribut qu'il payait à l'étranger pour te matières premières , ordonna la plantation des premiers mûriers que l'on ait cultivés en France. François II publia, en janvier 1560, une oraonnancep tant que le payement des obligations entre marchands entraînerait la c^ trainte par corps , et , par des monfi que l'on ne peut expliquer, il enjoint aux juges de refuser aux marchan»

qui auraient vendu des étoffes de so« à crédit, toute action contre leurs dé* biteurs. Il fit défense aux gentilshoiDmes de faire le trafic des marchandiseSi sous peine d'être privés des privilèges de la noblesse et mis à la taille;^ enfin , en août de la même année, * ordonna que les différends qui surinaient entre les marchands , pour » fait du commerce , seraient jugés par des arbitres.

Charles IX créa, en novembre loi* la juridiction des juges et consuls « Paris, dont il régla la compétence et qu'il confirma trois ans après. Ennai en 1572 , dans le but de favoriser»

fabriques du royaume, il prohiba 1 «• portation des laines, des lins, dei chanvres , et l'importation des drapJt velours, satins, étoffes d'or et d'argent, harnais, armes, tapisseries , etc.

Henri III fut trop occupé pendant son règne à se livrer aux plaisirs, o* à se défendre contre la ligue, V^

GOM

prêter son attention au commerce; mais à peine Henri FV fut - iJ maître du royaume, qu'inspiré par Sully , il donna à Tindustrie de puissants encouragements. En 1603, il établit une fabrique d'babits de drap et de toile d'or et de soie, et en 1607, des manufactures de tapisseries. Il institua une chambre composée d'bfliciers tirés du parlement , de la chambre des comptes , et de la cour des aides, où étaient décidés tous les points relatifs au commerce. Il favorisa particulièrement l'éducation des vers à soie, ordonna qu'il fût établi dans chaque diocèse une pépinière de mûriers, et fit planter de ces arbres jusque dans son parc de Saint-Germain en Laye. C'est, sans contestation, à Sully que sont dus les progrès qu'a faits chez nous l'art d'obtenir et cle travail- Jer la soie, et la supériorité que, dans cette double industrie, la France a longtemps possédée sur les autres nations européennes.

Ce fut seulement sous le règne de Henri IV que le profit que l'on pouvait tirer du commerce des Indes, dans lequel les Portugais et les Hollandais s'étaient si prodigieusement enrichis, commença à fixer l'attention des négociants français. En 1604, une compafnie qui obtint une exemption de roits sur les marchandises qu'elle apporterait de ses deux premiers voyages, fut nantie d'un privilège exclusif pendant quinze ans , et reunit des capitaux et des navires pour y faire des envois et en tirer des denrées.

Cette première compagnie, dont on ne parla guère, et qui ne parait pas avoir fait des expéditions nombreuses , fut , sn 1615, réorganisée ou rempl^ée lar une autre , qui fut pourvue d'un privilège de douze ans. Il faut que ^te seconde compagnie ne se soit pas nontrée beaucoup plus entreprenante |ue la première , ou que le résultat de ;es opérations n'ait pas été satisfaiant , car , deux ans après l'expiration le son privilège , le gouvernement se rut obligé de stimuler l'activité des légociants, en les invitant à se réunir D sociétés commerciales pour faire ,

à intérêts communs, des entreprises de long cours , et en déclarant que la participation que les gentilshommes prendraient aux spéculations maritimes n'entraînerait point la dérogation dont l'avait frappée François II. Six ans après, ces invitations produisirent leur effet , et l'on vit se former une Conmagnie dite des Iles d Amérique^ qui fonda à Cayenne , à Saint-Domingue, et dans quelques autres îles des Antilles, de faibles établissements, opéra quelques échanges de marchandises, et subsista sans faire de grands bénéfices, jusqu'en 1664.

Mais,, sous Louis XIV, l'esprit d'association acquit un vaste développement , et reçut de nombreuses applications. Deux Compagnies furent créées, en 1664, l'une pour le commerce des Indes orientales et l'autre pour celui des Indes occidentales , dans laquelle vint se fondre celle des îles d'Amérique. Successivement apparurent la Compagnie du 5éné^a/^ qui fut confirmée, dissoute, et reorganisée plusieurs fois; la Compagnie de la Gidnée, en possession du privilège exclusif du commerce des noirs, et de celui de la poudre d'or ; la Compagnie de la Louisiane j celle àe Saint-Domingue y celle delà Chine^ et d'autres peut-ïtre encore qui nous échappent. Toutes étaient investies, pour un temps plus ou moins long , du privilège exclusif de commercer dans les contrées dont elles portai^t le nom, et on appela encore la noblesse à leur secours, en déclarant de nouveau qu'elle pouvait , sans crainte de déroger, prendre part au commerce maritime.

Colbert avait rédigé la célèbre ordonnance de mars 1673 (voy. les Annales , t. II, p. 28 et suivantes), qui plaçait enfin le commerce français sous l'empire d'une législation bien raisonnée, et tout semblait devoir prospérer; mais il n'en fut point ainsi , car les meilleures lois nedonnent aux hommes ni l'instruction , ni Texpérience dont ils sont dépourvus. Le privilège que l'on avait cru devoir prendre pour point de départ, était destructitde toute émulation , de tout progrès ; donnait

L'UinVERS.

lieu à la f^aodc, et entratDait des saisies àe navires , des procès , des con^ fiscationsà n'en jamais finir. D'un autre côté, toutes ces Compagnies, dont les droits n'étaient pas clairementdéfinis, et qui avaient souvent des intérêts contraires, se heurtaient et s'entravaient les unes les autres. Toutes ne faisaient donc que des affaires peu actives , et leur avenir était évidemment compromis, lorsqu'on 1685 la révocation de l'édit de Nantes , en expulsant du royaume deux cent mille familles , qui emportèrent avec elles des capitaux considérables et des se^ crets de fabrication qui nous appartenaient exclusivement , les frappa d'un coup funeste, ainsi que toutes les industries dont elles exportaient les produits. On crut bien faire en réutiissant, au mois d'août 1717, les Compagnies du Sénégal, de la Guyane et de la Louisiane, à celle des Indes occidentales , oui prit le nom de Compagnie cFOccidenty et en laissant en dehors la Compagnie de Saint-Domingue, dont le privilège fut révoqué deux ans après ; cet arrangement dura deux ans , après lesquels, en 1719, on réunit la Compagnie d'Occident à la Compagnie des Indes orientales, dans lac[uelle s'était déjà fondue celle de la Chine; et, sous le nom de Compagnie tUs Indes , fat formée une vaste association qui obtint le monopole du commerce du monde, et fut autorisée à sous-traiter avec des entreprises particulières , moyennant des réserves et des droits à son profit, pourjlles points du globe dont il lui conviendrait de céder l'exploitation.

Pendant tout le dix-hoitièitie siècle, on fut rempli de bonnes intentions pour le commerce; mais comme oh travaillait sur une matière que l'on ne connaissait pas encore , on agit presque toujours à tâtons , et on fatigua , par des changements sans motils et sans terme, la chose du monde qui a le plus besoin de fixité. Ainsi , en 1700 , on créa un conseil général de commerce; en 1708, six Intendants du commerce ; en 1715, lin conseil général du comtneioe et des manufattures, que Fou

remplaça, le S2 jaih 1733, par un Hmreau composé de boit personnes. En juin 1724, on réduisit à quatre les intendants du commerce, et on les supprima en 1774. On institua , en 1790, un conseil royal ; en 1775 , an inspecteur général du commerce ; et, en 1788, on supprima les inspecteurs généraux des manu£aictures et du commerce) que l'on remplaça par des inspecteurs spéciaux pour cbaque genre d'industrie. Enfin , les nombreux traités de commerce que l'on conclut pendant»

siècle , avec les Provinces - Unies dei Pays - Bas (1739), la Suède (1740), Maroc (1767), Hambourg (17e0), h Grande-Bretagne ( 1786 ), la Rasuc (1787), ne furent pas, dans toutes leurs stipulations , favorables aux intérêts bien entendus de la France.

Il faut reconnaître, cependant, que toutes ces réformes suivies d'Innovations, peu de temps après r^orîàki elles-mêmes, étaient faites en yuê da bien ; mais, par suite de l'ignoranœ oè l'on était encore des vrais princities de l'économie politique et de la scienec commerciale, que les économistes, si chaudement attaqués d'abord, ont fiai cependant par établir, on devait commettre et l'on commit en effet bien des fautes. Il resta toutefois de cette époque bien des établissements et biss des institutions utiles au comoiMe.

La bourse de Paris fut fondée en 1794; des assemblées générales de négociaili furent autorisées dans toutes les pbces commerçantes ; il fut permis ft toU le monde, a l'exception des magistrats, de faire le négoce, et il lîtt déclaré, une troisième ou quatrième iss, que la noblesse pouvait , sans craiati de déroger, faire le commerce en gr« et prendre des intérêts dans les spéculations maritiUies. En même teiii|Si la circulation des vins dans le rojzvm fut affranchie de toute entrave* et ru promit des réi3ompenses pabli^nefi ceux qui fonderaient de nouveaux tXt blissement commerciaux. Ce fut ~~'

ft cette époque que l'on commeoçià connaître la haute utilité des valsHS de crédit ; une caisse d'escompte, créés en 1767, et remplacée par une suât

FRjprClS.

en 1776, aecrut la masse du signe représentatif, et fut le modèle des caisses bubliques instituées plus tard , et de la Banque de France, qui rend aujourd'hui de si grands services au négoce et à rindustrie.

£n général, pendant les soixante et douze ans que dura le règne de liOuis Xiy, une immense imjpulsiofi fut donnée au commerce urançais (voyez l'article Gûlbbbt) , et ce fut ee prince qui , sans s'en douter , fut le créateur de cette classe moyenne qui devait plus tard remplacer , par une aristocratie d'intelligence et d argent, l'aristocratie nobiliaire, que son or-

fueil s'était plu si longtemps à dégraer. (Voy. Boubgbûis, Boubgeoisib.) Sous la régence, le commerce reçut, de la fausse application du système de Law, de la trop grande extension qu'on lui donna, et de l'effroyable agiotage qui en fut la conséquence , de nombreuses blessures , qui , touteibis, ne purent l'anéantir. Après queloues années de perturbation , quand ae nombreux capitaux eurent été déplacés, le commerce reprit sa marche accoutumée, malgré les entraves dont on l'avait chargé, c'est-à-dire, malgré le monopole attribué à la Compagnie deB Indes. Enfin, cette Compagnie, qui avait reçu dans son association avec la banque de Law, une blessure dont elle n'avait pu se guérir (voyez Banque ) , ne pouvant résister aux pertes que lui avait fait subir la guerre maritime , hors d'état de soutenir la concurrence que lui faisait l'Angleterre , et voyant à chaque bilan diminuer son capital, remit, en août 1770, fion actif, ses droits et privilèges entre les mains du roi, qui les accepta, en se chargeant d'acquitter ses obligations et de psjer ses dettes. Louis XVI , le 14 avril 1786 , institua une nouvelle Compagnie des Indes, et publia, le 13 avril 1786, un règlement pour la vente des marchandises qu'elle importerait. Mais bientôt éclata la révolution, et le privilège de cette Compagnie eut le même sort que tous ceux qui entravaient la marche de la liberté. Ainsi finit cette, institution, qui, si

elle ne fyt pas toujours heureuse dans ses spéculations, n'en rendit pas moins de grands services, en fondant desétsiblissements, en familiarisant les con^merçants avec les spéculations de longue àurée, et en formant une marine marchande , dont l'industrie privée tira parti pour son propre compte, lorsque les temps furent venus, et (^ue le génie commercial eut une entière liberté d'action.

De grandes et importantes mesures poiir le commerce furent prises au commencement de la révolution. ]L.'abolition des jurandes et des maîtrises , en donnant naissance à la libre concurrence, l'établissement de l'uniformité des poids et des mesures, en facilitant les transactions entre les différentes provinces de la Frence, devaient lui faire prendre en peu de temps un essor immense. Mais le commerce pour prospérer a besoin de repos et de sécurité , conditions qu'il ne pouvait obtenir d'une époque de crise et de bouleversements. D'un autre côté, des intrigants en firent un instrument de coupables manoeuvres ; profitant de la liberté nouvellement accordée à tous les genres de transactions , les ennemis de la révolution accaparèrent les denrées de première nécessité , et essayèrent de vaincre par la famine le peuple dont ils ne pouvaient triompher par les armes. 11$ firent disparaître le numéraire, et la France se vit réduite à la monnaie nominale des assignats, monnaie que l'agiotage et les falsifications de l'étranger eurent bientôt fait tomber en discrédit. C^est alors que la Convention se vit forcée de publier la loi du maximum f mesure terrible, qui anéantit immédiatement tout le commerce intérieur, le seul que nos guerres avec l'Europe entière nous permissent de faire.

Sous le directoire, le consulat et l'empire, le commerce maritime fut complètement anéanti par nos guerres avec la Grande-Bretagne, par la perte de nos établissements dans l'Inde, en Afrique et en Amérique, et par le blocus continental. On ne vit alors de denrées étrangères sur nos marel^

COBI

L'UNIVERS

COM

que celles qu'allaient conquérir sur les mers de hardis croiseurs , ou que nous apportaient en fraude d'aventureux contrebandiers. Mais sous la dernière de ces trois périodes, le commerce intérieur des productions indigènes et rinclustrie surtout prirent de grands développements, par suite de la manière presque violente avec laquelle Napoléon torca la France à perfectionner sa fabrication, à créer chez elle une grande partie des produits pour lesquels elle avait jusque-là payé tribut à l'étranger, et à remplacer par d'autres ceux qu'elle ne pouvait absolument obtenir de son territoire ou de son travail. Aussi le commerce, qu'il avait placé sous le patronage d'un ministère spécial et qui y est resté depuis , ne fit qu'une halte, pour se remettre en marche, aussi entreprenant, aussi intelligent et plus libre que jamais,

3uand la paix lui eut rendu la faculté e s'élancer de nouveau sur les mers, et eut restitué à la France une partie des établissements lointains et des colonies Qu'elle possédait autrefois. Régi aujourd'hui par un code particulier, tire en grande partie de l'ordonnance de 1673 , il est en état de braver toutes les concurrences, et doit, de nécessité absolue, arriver avec le temns au plus haut degré de splendeur et ae prospérité. Voyez Banque , Colonies , Compagnies DE COMMEBCE, CREDIT PU- BLIC, Monnaies, etc.

CoHMEBGE (ministère du). — Il semble que pendant longtemps le commerce n'ait été considéré par le gou- Yernement que comme une des sources les plus importantes du revenu public, et que si les rois le protégèrent quelqueiois, ce fut bien moins dans l'intérêt des peuples que dans celui de leurs finances. Aussi jusqu'à Sully, la surveillance du commerce resta-t-élie toujours exclusivement dans les attributions des officiers chargés du reoou- ▼rement des impôts. C'est de l'administration du grand ministre de Henri IV que date la première tentative faite pour le dégager de l'influence des boromes de finance. Une chambre spéciale, où devaient être discutées

tontes les mesures relatives au commerce, fut établie en 1607, et composée de membres du parlement, delà chambre des comptes et de la cour des aides. Malheureusement, la mort de Henri IV, qui arriva avant que cet établissement se fût consolidé , paralysa l'heureuse influence que l'on était en droit d'en attendre; et cette chambre fiit dissoute de fait sous l'administration imprévoyante de la régente , Marie de Médicis. Mais Richelieu la recomposa et en prit la présidence. Colbert, le régent , les différents ministres de Louis XV et de Louis XVI , lui firent subir quelques modifications , augmentèrent ou diminuèrent sa compétence et ses attributions ; cependaDt elle subsista jusqu'à la révolution.

Abolie alors, ainsi que toutes les anciennes institutions , cette chambre fut remplacée, en 1793, par un comité pris dans le sein de la Convention , et les douanes furent mises dans les attributions du ministre des relations extérieures.

Sous le consulat , on recomposa «a conseil de commerce , aux discussions duquel Napoléon prit souvent une part importante.

Enfin, en 1812, un ministère da commerce fut créé et confié à M. Collin de Sussy , dans les attributions duquel furent mis les douanes, tout œ qui se rapportait à la propriété md»liaire , aux subsistances , aux courtiers , aux établissements industriels, les consulats, la marine marchande, elc. Ce ministère, institué plutôt dansk but de veiller à l'exécution du Uocos continental que dans celui de favoriser le mouvement commercial de b France, ne subsista que jusqu'oi 1814 et le commerce retomba sous liofluence des agents du fisc.

Une ordonnance royale créa, en 1824, un bureau de commerce, évisé en un bureau d'hommes d^afifiaires, chargés de préparer toutes les naesorei relatives au commerce , et un consei supérieur devant lequel le bureau ve> naît apporter et défendre son travaJL

Quatre ans après , au mois de janvier 1828, ce bureau fot rempiaoé^

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ches maritimes ; sur les vœux des conseils généraux du commerce , des ma« nufactures et du conseil d'agriculture, et sur toutes les questions que le ministre juge à propos de lui renvoyer.

Il est présidé par le ministre et se compose en outre de vingt -quatre membres.

LeconseUcTagriculture est composé de trente membres nommés par le ministre, avec Tapprobation du roi.

Le conseil général du commerce se compose de membres nommés pour trois ans par les chambres de commerce, et pris, soit dans leur sein, soit dans leur circonscription. Chaque chambre nomme un membre , à Texception de celle de Paris, qui en nomme huit , et celles de Lyon , Marseille , Bordeaux , Nantes , Rouen et le Havre, qui en nomment chacune deux.

Enfin , le conseil général des manU" Direction du commerce intérieur, factures est composé de vingt mem-

un ministère du commerce; maïs ce ministère , dont les attributions n'avaient pas été nettement définies , ne put durer, et, à la chute du cabinet a la tête duquel était M. de Martignac, le 9 août 1830 , on en revint au bureau de commerce , qui fut reconstitué sur ses anciennes bases.

Le ministère du commerce fut en- Un constitué définitivement en 1830 , et , depuis , il a toujours existé , tout en subissant différentes modifications, suivant Finfluence des hommes auxquels il a été confié.

Il porte aujourd'hui le nom de mifdstère de VagricvUure et du corn»

trierce, et se compose , outre le secrétaire général, de trois directions, savoir :

Dir€ction de FeigricuUure et des haras f comprenant deux bureaux :

t*' borean, agricaltiire.

%* — hara*.

€ies manufactures et des établisse' ments sanitaires , comprenant quatre bureaux :

i** borean» conunanw iulsciaur.

a* — - manafactares. ,

3* — céréales et approrisioanements*

4* — police sanitaire.

Direction du commerce extérieur y comprenant trois bureaux :

a*' burean, léçisbtion, formation et application

des tarifs de douane et de narigation.

a* — archives des docnoients français, et stft*

tistiqae générale du royaume.

3* — archives des documents étrangers.

De ces trois directions dépendent le conseil supérieur du commerce, le conseil d'agriculture, le conseil général du commerce , et I^ conseil général des manufactures. Le conseil supérieur du commerce a été or- Iganisé par ordonnance du 29 avril 1831 , pour remplacer le bureau du commerce. Ce conseil est appelé à donner son avis sur les projets de lois et sur les ordonnances concernant les tarifs des douanes, et leur régime, en ce qui intéresse le commerce ; sur les projets des traités de commerce et de navigation ; sur la législation commerciale des colonies; sur le système des encouragements pour les grandes pé-

bres nommés pour trois ans , par vingt des chambres consultatives des arts et manufactures, et de quarante membres nommés par les ministres de l'agriculture et du commerce et des toavaux publics, avec l'approbation du roi. En outre , dix memores du conseil général du commerce, appartenant à des villes de fabriques, ont entrée au conseil général des manufactures.

Ces trois derniers conseils tiennent chaque année une session dont le ministre de l'agriculture et du commerce et celui des travaux publics fixent Tépoque et la durée. Us délibèrent et émettent des vœux sur les propositions faites par leurs membres, soit en leur nom , soit au nom des sociétés d'agriculture, des chambres de commerce , et des chambres consultatives des manufactures Î[u'ils représentent. Enfin , ils donnent eur avis sur les matières que le ministre renvoie à leur examen. Des commissaires nommés par le roi sont char- Î;és de développer les questions qui eur sont soumises , et de leur fournir les explications dont ils peuvent avoir besoin. Des employés du ministère du commerce remplissent les

T. V. 26' Livraison, (Dict. bncycl., etc.)

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