‹ France (volume 5)Chapitre 7 sur 114 · I.TJIHVERS · texte numérisé non relu

I.TJIHVERS

CSA

Opendànt il s'en falhil de peu qu'un incident ne Tint changer tout à coup la foce dés affaires. L'empereur d'Autriche avait été sur le point de tomber en notre pouvoir par suite d'un mouvement oue le général Pire avait fait sur Domlevent et sur la route de Langres. L'empereur d'Autriche , qui se trouvait à Doulievent , fut violemment séparé de l'empereur Alexandre ; et ce fut avec peine qu'il parvint à se •réfugier à Dijon, accompagné d'un seurofGcier. Quelques jours après, le 23 mars, Blûcher et Schwartzemberg opéraient, dans les plaines de Châlons , leur jonction , que jusque-là les Inouveménts tant de fois victorieux de nos armées avaient empêchée. Une ' proclamation des souverains annonça • au peuple français la rupture des né- . gociations et leur marche sur Paris.

Au congrès de Ghâtillon figuraient :

pour l'Autriche, le comte de Stadion;

Eour la Prusse , le baron G* de Humoldt; pour la Russie, le comte de - Rasouroofski ; pour l'Angleterre, le ministre lord Gastlereagh , lord Aberdeen , lord Gathcart et le général Charles Stewart ; pour la France , le général Gaulaincourt , duc de Vicence. La composition de ce personnel diplomatique ne promettait rien de bon à l'empereur. Le comte de Stadion et le

- comte de Rasoumofski étaient ses en-

- Demis personnels ; quant à lord Castleireagh et à ses acolytes , leurs sentiments étaient connus. Sans le comte de Stadion , qui se sentait soutenu par un autre ennemi de l'empereur, M. de Metternich, peut-être Piapoléon serait parvenu à séparer l'Autriche de la coalition; mais M. de Metternich n'était pas homme à oublier un affront, surtout un affront mérité.

A Sainte-Hélène , l'empereur disait

que la cession d'Anvers était un des

motifs qui l'avaient déterminé à ne

pas signer la paix de Ghâtillon. « J'ai

« dû m'y refuser, ajoutait-il , et je l'ai

' « fait en toute connaissance de cause;

é aussi , même sur mon roc , ici , en

* tt cet instant , au sein de toutes mes

^ « nûsères , je ne m'en repens pas. Peu

« me comprendront , je le sais; mais ,

(( povr le vulgaire même , et malgré la « tournure fatale des événements, ne « doit-il pas aujourd'hui demeurer vi- ■ csible ^ue-le devoir et l'honneur ne « me laissaient pas d'autre parti ? Les « alliés , une fois qu'ils m'eussent eoctamé, en seraient-ils demeurés là?

« Leur paix eût-elle été de bonne foi , c leur réconciliation sincère? C'eût été « bien peu les connaître, c'eût été vraie « folie que de le croire et de s'y aban- « donner. N'eussent-ils pas profité de « l'avantage immense que le traité leur « eût consacré , pour achever, par l'îa- « trigue , ce qu'ils avaient commencé « par les armes ? Et que devenaient la c sûreté , l'indépendance , l'avenir de « la France? Que devenaient mes obli- « gâtions , mes serments , mon hon- « neur ? Les alliés ne m'eussent-ils pas ff perdu au moral dans les esprits , « comme ils venaient de le faire sur le «champ de bataille? Ils n'eussent « trouvé l'opinfon que trop bien pré- « parée ! Que de reproches la France « ne m'eût-elle pas faits d'avoir laissé « morceler le territoire confié à ma « garde ! Que de fautes l'injustice et le « malheur n'eussent pas accumulées « sur ma tête I Avec quelle impatience « les Français , pleins du souvenir de « leur puissance et de leur gloire , eus- «sent supporté, dans ces jours de « deuil , les charges inévitables dont il « eût fallu les accabler ! £t de là des «commotions nouvelles, l'anarchie, c la dissolution , la mort. Je préférai «de courir, jusqu'à extinction, les « chances des combats , et d'abdiquer « au besoin (*). »

Ghâtillon- SUR -Shybe ou Mau- LÉozr , petite ville de l'ancien Poitou , aujourd'hui chef-lieu de canton du département des Deux-Sèvres, existait déjà , dit-on , du temns des Romains , et portait le nom de Malus Léo ou Mweolxum* Elle eut beaucoup à souffrir durant les guerres de religion ; elle fut prise et pillée par les troupes de Henri IV en 1587. La baronnie de Mauléon fut érigée en duché pairie, par lettres patentes du mois de mars

(*) Mémorial.

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1786, en f3veur d'Alexis - Madeleine- Rosalie, comte de Châtillon. (Voy^z Chatillon [famille de].) Ces lettres portaient : » Que le nom de la terre de tNauléon, ainsi érigée en duché-pai- « rie de France , serait commué, tant ■ pour ledit duché que pour la ville de iMaaléon, en celui de Châtillon. »

Fendant la guerre de la Vendée, CMlillon fut le quartier général et le 9JÔ;e du gouvernement des insurgés.

Elle fut prise et brûlée plusieurs fois, et il n*y resta debout que quelques maisons. Elle a été depuis entièrement i lecoDStrulte. C'était, avant la révolu- 'tion, le chef-lieu d'une élection. On j 'compte 935 hab.

Chatillon-sub-Sèvre (combat et "priscde).— Westermann avait amené ''181798, dans Parthenay, sa brave et .terible légion germanique , formée de *>,000 volontaires ou déserteurs étrangers. Impatient de se signaler, il la Itoia, le 3 juillet , contre Larocheja- '"•efio et Lescure , qu*il trouva en po- ^nionsarlc moulin aux Chèvres, et 'fourrant la ville de Châtillon. Sans 'ÇWilterle nombre , Westermann ortjBBe Tattaque. Après deux heures fine lotte sanglante, il s'empare de ttsiautears et des canons. La déroute Bt complète. Il tue, met en fuite et •jwirsuit tout ce qui s'oppose à son "f»sage, et entre vainqueur dans Châwlon , quartier général des Vendéens.

Ojtrouvedes magasins considérables, If délÎTre un grand nombre de prison- ■iers républicains.

Après avoir fait incendier le château ^ Larochejaquelin , comme celui de lescure , Westermann , renforcé par ijMO gardes nationaux , prit position iwles mêmes hauteurs , où trois jours yparavant il avait été vainqueur. Mais a ne devait pas s'y maintenir long- ■tanps. Lescure , Bbnchamp et Laro- Hiejaquelîn avaient rallié leurs forces.

W8 Vendéens se glissent en silence ■jw les hauteurs. Surpris au milieu «8 ténèbres, le bataillon formant "avant -garde de l'armée républicaine >end la fuite. En un instant la débute est complète. Les canonniers ^t tués , les canons sont précipités

dans la descente qui mène à Châtillon, et les renforts envoyés de la ville sont entraînés par les fuyards. Vainement Westermann conserve son audace ; et fait les plus grands efforts pour rallier sa troupe. Abandonné de ses soldats, n'ayant plus d'artillerie , il tourne avec fureur la bride de son cheval , et s'enfuit, accompagné de 300 cavaliers. Les résultats de cette journée furent immenses pour les royalistes. Ils firent Ï)lus de 2,000 prisonniers. Les canons, es armes, les munitions, les bagages, restèrent en leur pouvoir. Ce qui échappa à* cette défaite se rallia péniblement à Parthenay.

— Dans les premiers jours d'octobre de la même année , le général Chalbos ayant fait sa jonction avec l'armée de Saumur, marcha droit à Châtillon à la tête de 11,000 hommes. Lescure et ' Beaurepaire couvraient cette ville, et étaieht campés sur les hauteurs du bois des Chèvres. Chalbos fit halte pour un moment, et plaça son artillerie sur les hauteurs. Le bouillant Westermann , qui connaissait et le théâtre de la guerre, et les ennemis qu'il fallait combattre , reçut ordre de s'avancer avec sa brigade'. Mais il ne put sou- * tenir la charge d'un corps d'élite commandé par Lescure en personne ; les colonnes formant la droite et la gauche des républicains plièrent de leur côté sous le feu des Vendéens, qui cherchaient à tourner les canons. Atteint d'un coup mortel, le général ' Chambon tomba en criant : P^ive la république! Depuis trois heures, la lutte continuait opiniâtre et incertaine, quand Westermann, soutenu par les grenadiers de la Convention , qui marchaient à son Recours, fait un mouvement sur sa droite , culbute l'aile gauche des Vendéens , et la met en déroute. En même temps , Chalbos rétablit le combat sur sa gauche, et bat l'aile droite des Vendéens. Blessé grièvement, Beaurepaire dut à quelques braves qui se dévouèrent, de ne pas demeurer au nombre des morts. Westermann poursuivit les ennemis avec deux mille hommes, et entra le même soir à Châtillon.

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L'armée entière le suivit , et il sortit aussitôt avec 500 hommes pour éclairer la route de Mortagne, par laquelle les généraux vaincus s'étaient retirés. Mais ceux-ci , renforcés inopinément par Delbée et Bonchamp , revinrent à la charge. Westermann, accablé , se repiia en désordre sur le gros de Tarmée, qui , atteinte elle-même par la peur, abandonna ChâtiUon dans une extrême confusion. Westermann sortit le dernier de la ville, et abattit d'un coup de sabre un Vendéen qui s'attachait à la queue de son cheyal.

Tl protégeait la retraite à la tête des grenadiers de la Convention , (][uand , averti que les rovalistes, pour célébrer leur victoire , s étaient gorgés de vin et d'eau-de- vie , il revient sur ses pas , et arrive à minuit à leurs avant-postes. Au qui vive des sentinelles, il répond royalistes. Les postes sont égorgés.

On trouve dans la ville les Vendéens épars^ étendus ivres -morts. Plus de dix mille sont massacrés , et à peine leurs chefs ont-ils le temps de monter à cheval. Westermann les poursuit, rentre à ChâtiUon, et se résout à détruire cette ville , si souvent funeste aux répubi icains. Sa cavalerie met aussitôt pied à terre, pille, incendie les maisons, et retourne à Bressuire à la lueur de cet horrible embrasement.

Le lendemain^ les Vendéens revinrent en force pour livrer de nouveaux combats; mais, au lieu d'ennemis à vaincre , ils ne trouvèrent qu'une ville en feu et des milliers de cadavres à demibrûlés, ou écrasés sous les décombres. Ils se retirèrent alors en désordre àChollet, où le rendez -vous général était assigné.

Chatbe (la), Castra, jolie petite ville du Berry, aujourd'hui chef- lieu d'arrondissement du département de l'Indre , construite , dit-on , sur remplacement d'un camp romain. — La seigneurie de la Châtre faisait autrefois partie de la principauté de Déols; elle rut acquise en 1614 par Henri II de Bourbon , prince de Condé. C'était autrefois le siège d'une élection ; elle possède aujourd'hui un tribunal de première instance, et sa population

s'élève à quatre mille trois cent quarante-trois habitants.

Chàtbes, ancienne seigneurie de l'ile de France, aujourd'hui département de Seine-et-Oise, érigée en marquisat en 1692, en faveur de J. B. du Deffand, beau-père de la célèbre marquise de ce nom. La seigneurie de Châtres passa depuis dans la famSh 1 d'Arpajon, et fut de nouveau, en 1720, i érigée en marquisat sous ce nom , !

qu'elle a toujours porté depuis (voyes j AaPAJON (*)).

Chatbes (monnaie de). — La petites ville de Châtres, sous les Carlovio*^ giens, était chef-lieu d'uû canton nooK mé Pagus Carliensis, et possédait os atelier monétaire, dont on connaît ua magnifique denier qui porte pour I gende caste a moneta, avec les m nogrammes et toutes les marques q distinguent les espèces de Charles Chauve.

Chaughé (combat de). Les Sapinaud, de la Verie et Goqué étaii parvenus à réunir quelques débris Vendéens dispersés en décembre 1 sur la rive gauche de la Loire, rette désirait les adjoindre à sa peti armée. Il s'avança, le 1 ô janvier 17l| jusqu'à Chauche, pour recevoir ' reniort^ qu'il supposait avec rai devoir être inquiété dans sa m par les colonnes républicaines qui, nombre de douze, parcouraient Vendée. En effet, il rencontra bietf le détachement qui fuyait, presqu'à débandade, devant des forces suj rieures, et ces forces qui elles-mé se dirigeaient sur Chauché pour le prendre aux Vendéens. Charette, avoir rallié les fuyards, sut prol d'un mouvement mal combiné de des colonnes républicaines, et se successivement sur chacune d'i sans qu'elles pussent se porter mutuel secours; il les battit sép ment et^leur tua plus de quinze cei hommes.

(*) Il s'est glissé dans l'article AïpajJ une faute typographique , qui n'a pas â indiquée dans l'errata du premier voluiMS au lieu de Hastres , lisez : Châtres.

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Chaud£s-Aigues , A^uœ caUdx^ jolie petite ville de l'ancienne Auvergne, aujourd'hui chef-lieu de canton du département du Cantal, appartint longtemps à la maison de Sévérac, sur laquelle elle fut confisquée, verâ le milieu du quinzième siècle, par Jean II, duc de Bourbon. Les eaux thermales, dont Chaudes-iAigues a tiré son nom, étaient déjà fameuses au cinquième siècle, sous le nom de Calantes Baiœ.

La population de cette ville est aujourd'hui de 2,350 habitants.

Chaubet (Antoine-Denys), statuaire, né à Paris le 31 mars 1763, manifesta, dès ses plus jeunes années, un goât passionné pour la sculpture.

Mais il étudia son art pendant un moment de décadence, et puisa à l'Académie et dans l'école de Stouf les principes détestables qui régnaient alors dans les arts. Le bas-relief représentant Joseph vendu par ses frères^ et qui lui valut, en 1784, le grand prix de flealpture, était du plus mauvais goût.

Classant au système adtpis alors à FA^émie, et qui voulait que pour se mmtrer habile à travailler le marbre, OAioiirpât, pour le ciseau, les attriliiitwas du pinceau, Chaudet avait repi^éi^ité , dans s«n bas-relief, un paysage avec tous ses accessoires :

des troupeaux, des ruisseaux, des arbres, un pont, des bergères. « J'y aurais mis disait-il en plaisantant, de c la pluie, si le programme l'eût or- « donné. » Cependant il y avait de si grandes qualités dans ce bas-relief, que les camarades de Chaudet le portèrent en triomphe. Lorsque Chaudet tttiva à Home, la vue des grands mo- Mes de l'antiquité et des maîtres de la renaissance opéra une révolution ' éaos ses idées. Il étudia avec ardeur ; Bapltaël, et c'est par l'étude assidu«i > en chefs-d'œuvre de ce peintre et des statues antiques que le sentiment de la beauté et de la pureté se développa en lui. Chaudet renouvelait ses études en commun avec Drouais. A son retour à Paris, en 1789, il fut reçu agréé .à l'Académie : son talent trop pur ne ait pas d'abord très-goûté; mais, l'école de David ayant triomphé de celle

de Boucher, Chaudet finit par être apprécié à sa juste valeur. Il exposa, en 1789, une statue représentant la SensibiiUé; en 1793, le modèle d'un basrelief, exécuté au péristyle du Panthéon, et représentant le Dévouement à la patrie; en l'an yi, sa belle statue de Cyparisse pleurant son jeune cerf ^ exécutée en marbre et exposée en 1 8 10; en l'an ix, Œdipe enfaîU^ rappelé à la -vie par Phorbas, son chef-d'œuvre ; l'.^mot^r, le groupe charmant de Paul et Virginie ; en l'an xii, Cincinnatus au moment où il vient dap' prendre qu^il est nommé dictateur ; en 1808, Orphée et AmphUm^ pour le conservatoire de musique. Outre ces ouvrages, il exécuta encore la Statue de l'empereur, pour le palais du Corps législatif, un bas-relief pour la cour du Louvre, la Paix, magnifique morceau d'orfèvrerie, exécuté en argent, de grandeur naturelle, et placé aux Tuileries; le bas-relief qui décore le plafond de la première Salle du Musée; BélisairCy ciselé en bronze par Chaudet lui-même; l'ancien bas-relief du fronton du palais du Corps législatif, et la statue de Napoléon pour la colonne de la place Vendôme ; une statue de Dugommier qui se trouve aujourd'hui à Versailles, et plusieurs bustes.

Chaudet s'était également exercé dans la peinture. Il a peint, en 1793, un yirchimède résolvant un problème pendant la prise de Syracuse; plus tard, Ènée et Ànchise au milieu de l'incendie de Troie, etc. ; mais il lui manquait entre autres qualités, pour réussir dans cet art, le sentiment de la couleur, qui est tout autre chose que celui de la forme. Il possédait complètement ce dernier ; mais malgré la correction de son dessin, malgré la grâce de sa composition, il manquait de profondeur dans la pensée. Du reste, Chaudet est l'un des plus grands sculpteurs de l'empire ; il est cependant plus élégant qu'élevé, et s'il réussit dans les sujets gracieux, il échoue dans les grands sujets qu'il traite. La composition du fronton du Corps législatif était au-dessous de son talent; sa statue de rempereor.

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téta d^uii costume idéal, lorsque tous les ornements de la colonne étaient conçus dans un système national et' réel, était un contre-sens, et que Ton a su éviter dans ces dernières années.

Au reste, il ne faut pas accuser Chaudet seul de cette faute^ ou plutôt de cette erreur : il obéissait aU goût de répoque et peut-être aussi à -une volonté supérieure. Cet artiste fut membre de rlnstitut, et il venait d'être nommé professeur à Fécoie des beauxarts, lorsqu'il mourut le 19 avril 1810. Chàudbonniebs. — ses maîtres chaudronniers do Paris formaient une communauté tiès -ancienne; on en comptait dix-buit dans cette ville sous le règne de Philippe le Bel, et ils sont désignés dans le rôle de la taille imposée sur les habitants, en 1202, sous le nom de ' ckauderonniers et de maignens ou maingnens (*}. Leurs statuts, qui étaient antérieurs au règne de Charles VI, furent confirmés et augmentés par lettres patentes de Louis XII* au mois d'août 1514. Us avaient deux courtiers par eux élus à la pluralité des voix, et qui étaient tenus de les avertir de Tarrivée des marchands forains. Les fonction^ de ces courtiers étaient incompatibles avec la profession de marchands ; ils ne pouvaient acheter pour leur compte aucun des objets dont ils faisaient le courtage.

Enfin il était défendu à tous les forains de vendre dans Paris aucune marchandise de chaudronnerie, autrement qu'en gros et pour une somme au-dessous de quarante livres. Quoique ne formant qu'une seule et même corporation, les chaudronniers étaient et sont encore divisés en trois classes. Les uns sont appelés chaudronniersgrossiers, qui ébauchent et finissent toutes sortes d'ouvrages; les seconds sont nomméschaudronnierS'planeurSy et ne font que planer les ouvrages oui sortent des mains des grossiers i enfin les troisièmes sont les chaudronniers

(*) L'ancien mot maignen est encore en aaage dans le midi de la FraDce : voyez Paris sous Philippe le Bel, par M. Géraud, p. 5az.

faiseurs d'instruments, qui ne font que les cors, les trompettes, les cvnifiales et autres instruments de musique en cuivre. On donnait le nom de chaudronniers au sifflet à des ouvriers auvergnats qui couraient la province, et annonçaient leur passage dans les villes et les campagnes au moven d'uo' instrument composé de neuf tuyau inégaux, appelé communément j9ife' de Pan. Ces artisans nomades portaient ordinairement leur bagase sur leur dos, dans une droume ou besace , de peau.* Ils allaient achetant et n- 1 venaant le vieux cuivre, employait !

peu le neuf et raccommodant les iM*| tensiles de cuisine ; quelques-uns^ qui ne vendaient que du neuf et compO' saient l'aristocratie du métier, avaieit des chevaux chargés de grands paniai d'osier, dans lesquels ils mettaieol leurs marchandises et leurs outils.] était défendu à ces chaudronniers bulants de siffler et d'exercer leur tier à Paris et dans les autres vil du royaume où les hommes de profession étaient réunis en cor^j juraVide. A l'époque de rabolit*' des jurandes, il fallait, pour être maître chaudronnier, avoir fait sixi d'apprentissage et payer six cents I vres ; le hrevet coûtait en outre " dix livres. On compte aujourd'hui soixante et treize chaudronnien' Paris.

CHA.UPFEUB8. — A dix licucs Chartres se trouve une vaste forêt pelée la forêt d'Orgères ; dans laj la plus reculée et la plus fourh trouvent les vastes. carrières d'où été extraites les pierres qui ont l bâtir la cathédrale de Chartres, voleurs s'étaient réfugiés, en 1' dans ces carrières, et y avaient " une sorte de société qui s'était < une organisation et des régler conformes à la profession dé ceux en faisaient partie. Ces brigands avai de tous c6tés des émissaires qui f couraient le pays et signalaient à le complices les maisons qu'il était fr de surprendre ; les habitants des rières d'Orgères sortaient alors leurs repaires, s'introduisaient, k

FRArtCE.

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t^muyert de masques, dans ces DUS0Q8, garrottaient les hommes, Crantaient les femmes par des meiaees lorsqu'elles résistaient, leut ffmkûX au feu la plante des pieds,

Sj'à oe que la douleur forçât les leareuses à indiquer le lieu où ot cachées leurs richesses. Ces kifibles tortures avaient fait donner km brigands le nom àe Changeurs; ft jetaient partout Teffroi; on avait lin jsaisi des individus coupables de IÔ|iaTee effraction, mais aucun n'a< rpiiMi être convaincu de chauffage^ offeurs continuèrent longtemps brigandages, et ils défiaient la oe de la police qui avait Oni par ^ursuivre avec moins d^activité, 'uoe circonstance fortuite les fît wiï.

X sendarmes à cheval côtoyaient

tdrOrgères ; Tun d'eux, mettant

tmre, pénétra un peu dans Fin-

:du taillis, et aperçut un enfant

iizaine d'années singulièrement

; il rappela; Tenfant obéit et

du pain. Le gendarme le fafit

en croupe et Femmène dans

ge où il lui donna à manger.

«oir apaisé sa faim, Feniant

VD couvert d'argent, un couteau

autres objets qu'il ramasse

Wayer de se cacher. Interrogé

h motif de ces larcins, il répond

ot que ces objets lui plaisent

fie son père en rapporte souvent

' labiés à sa mère \ les gendar-

CMitinuent à interroger l'enfant,

t ainsi que ses parents ha-

00 vaste souterrain où il y a

opdemonde. Soupçonnantqu ils

Air la trace d'une bande de mal-

ils gardent l'enfant, le font

yCt, après l'avoir habillé pro»

t et rendu ainsi méconnaissa-

jli le conduisent à un marché qui

4icBt oans une ville voisine; là,

près d'une femme qui semble

la bonne, il indique du doigt

qu'il a vus dans le souterrain ;

ibi arrête sur-le-cham[>. Ce genre

MMnciation est aussitôt répété

ks villes voisines, et il amène la

d'un grand nombre de bri-

gands. La justice informe et fak faire par les journaux la description des objets saisis sur les voleurs : de toutes parts des témoins arrivent, les accusés lont des aveux, et Pon acquiert la cer* titude que ces voleurs forment la bande des chauffeurs. Ils comparurent devant le jury, à Chartres, au nombre de cent dix ; une église avait été disposée pour ce curieux procès. La plupart des accusés furent condamnés à mort et l'entrée des carrières de la forêt d'Orgères fut murée.

Châ.uli^ (Gui de) , célèbre médecin du ouatorzième siècle , fut ainsi nommé cfu lieu de sa naissance, village du Gévaudan, sur les frontières d'Auvergne. Il étudia la médecine à Mont- Î)ellier, où il suivit principalement les eçons de Raymond de Molières , puis il se rendit à Bologne , où il s'attacha surtout au professeur Bertruccio, que, dans son ouvrage , il appelle souvent son maître. 11 revint ensuite exercer la médecine à Lyon , puis, après avoir fait dans cette ville un assez long séjour, il se rendit à Avignon, où il fut successivement médecin des trois pa-

Ees Clément VI , Innocent VI et Urain V. C'est dans cette rille qu'il composa son traité de chirurgie , sous le titre de Inventarium , sive coUeciorium partis chirurgicalis medicinœ , imprimé pour la première fois , suivant Haller , à Bergame, en 1498 , ou , suivant Merkleim, à Venise, en 1490. Ce traité est un bon ouvrage pour l'époque où il a paru , et Ton peut affirmer qu'il a plus contribué qu'aucun autre à faire de la chirurgie un art régulier et méthodique. Cette justice a été rendue à Chauliac, même par les savants étrangers. L'époque précise de la mort de ce médecin n'est pas plus connue que celle de sa naissance.

Cha^ulieu (Guillaume Amfpye de) , nommé par Voltaire le premier des poètes négligés , naquit à Fontenay, dans le Vexin normand , en 1639. Son père , maîtrq de la chambre des comptes de Rouen , et précédemment conseiller d'État à brevet , avait été employé par le cardinal Ma2arin dan0

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{)]asieurs missions importantes. Le eu ne de Chaulieu acquit de bonne leure , pai^ les agréments de son es- ^ prit, par l'enjouement et la facilité de son humeur, Tamitié des ducs de Vendôme , qui lui firent obtenir Tabbaye d'Aumale, les prieurés de Saint-George) de Poitiers et de Saint-Ëtienne.

Ces bénéfices, qui montaient à environ trente mille livres , joints à la fortune paternelle de Chaulieu , le mirent en état de ne plus songer qu'au plaisir, et sa vie s'écoula joyeusement au milieu d'un cercle a'amis, comme lui intelligents et aimables disciples de Tamour et des muses. Chaulieu avait fixé son séjour au Temple, dans la maison du grand prieur de France : là se réunissaient tous ces épicuriens qui joignaient au goût du plaisir, une indépendance d'esprit et une hardiesse d'opi nions remarauables pour le temps.

Chaulieu, élève de Chapelle et de Bachaumont, se distinguait entre tous par un enjouement délicat et par sa verve facile. Il mérita, par son genre de vie et par quelques-unes de ses productions , le surnom à^Anacréon du Temple. Comme Anacréon, il fut fidèle à la passion des vers , et ressentit l'ivresse de l'amour jusque dans son extrême vieillesse. Nous avons le portrait de Chaulieu, peint par lui-même, dans une de ses épitres à Lafare. Il se représente, dans cette confession naïve, comme orgueilleux, sujet à l'impatience et à la colère, tour à tour actif et paresseux, avide de projets et passionnément épris des douceurs du repos. Ce qu'il sent vivement dans ce morceau et ailleurs , c'est son amitié pour Lafare, et il l'exprime avec une chaleur d'expressions qui fait son plus grand éloge. Par les deux mots que nous avons cités , Voltaire a caracté* risé le poëte. La Harpe remarque avec raison qu'on trouve dans ses vers les négligences d'un esprit paresseux , mais en même temps le bon goût d'un esprit délicat. Son ode sur Pinçons^ tance est écrite dans, un style parfait : l'humeur joyeuse et abandonnée de ce morceau est entraînante; et quel charme dans les stances sut la retraite,

sur la goutte f sur la solitude de Fùn^ tenay ! Toutes les poésies de Ghauliea ne réunissent pas les mêmes qualités; mais ce qui fera vivre éternellement les meilleures , c'est un naturel tout k *! fait inimitable. En parlant des beaux ombrages de Fontenay, Chaulieu avait dit :

Beaax arbres, qui m'ares rn naître, Bientôt toos me verres inoarir.

Us ombragèrent du moins sa tombe; mort au Temple , le 27 juin 1730, Chaulieu fut transporté en NormaïKJ die et fut inhumé dans sa terre na«[ taie. Il n'était pas de l'Académie, et il ^ y a toute apparence qu'il n'essaya j»* mais de s'y faire recevoir.

Chaulnes, Calniacum , ancieni baronnie de Picardie , aujourd'l chef-lieu de canton du département i la Somme , érigée en comté en 15^^ et en duché-pairie en 1621.

Chaulnes (famille de). — La tei de Chaulnes fut d'abord longteinf possédée par la famille &Ongnies^ s'éteignit , à la fin du seizième siei. dans la personne de Loiàs d^Ovjgnif en faveur duquel elle avait été én( en comté en 1563. Elle passa ensuit Philibert d'Âilly, vidame d'Amiei dont la sœur la porta en dot, en lOj à Honoré d'Albert , seigneur de ' denet, qui , deux ans après, fut duc de Chaulnes. Honoré d'Albert la tige et le membre le plus célèbre la famille de Chaulnes.

Frère de Charles-Albert de Luyt favori de Louis XIII et connétable France , il fut présenté à la cour le nom de Cadeîietyel dut à la santé protection de son frère les nés grâces du roi et un avancent rapide. Nommé successivement , et de courts intervalles , mestre de caf puis lieutenant général du gouvei ment de Picardie , il devint enfin »

réchal de France en 1619, et fut duc de Chaulnes et pair de France 1621. Il commanda avec le marée' de la Force, en 1625, l'armée de cardie, et repoussa, en 1635, les pagnols, qui avaient fait invasion cette provmce, dont il avait été noi gouverneur en 1633. Il se distii

CIIA

FRAJNGE.

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mtÂége d^Arras , en 1640, se démit eo 1643 da gouvernement de Picardie, et fut nommé à celui de TAuver^ne, ni'il garda jusqu'à sa mort, arrivée en

Charles â^ Albert d^AiUy^ son troiisièfoefils, né en 1625, prit le titre de doc de Chaulnes après la mort de son firère^né. Il fut nommé lieutenant [gàiéfalen 1653, puis envoyé trois fois 10 ambassade à Rome , et exerça , en K73, les fonctions de ministre plénientiaire à Cologne. Il était gouverr de Guyenne , lorsqu'il mourut , 1698, sans laisser de postérité, li avait institué pour son héritier , ës-Àugiisie d Albert de Luynes, parent , qui fut créé de nouveau et duc de Chaulnes en 1711 , et it maréchal de France en 1744.

Le fils de ce dernier , Michel-Ferind (T Albert (VJiUy , lieutenant léral des armées et gouverneur de lie, né en 1714, s'adonna avec iraux sciences physiques, et fut I, en 1743 , membre honoraire de lie des sciences. Il mourut en Le recueil de l'Académie des tet le journal de physique contde lui plusieurs mémoires insts. Il avait épousé Anne-Jo- ;ii(»inier, qui cultiva aussi avec les sciences physiques, mais les folles dépenses le ruinèrent^ ^^X la conduite scandaleuse le fit

ir de diagrin.

Mark'JosepkcP Albert cTAilly^ son H) était né en 1741. A vingt-quatre j il quitta le service pour se livrer Pétude ses sciences naturelles , enprit dans ce but plusieurs voyages, Mta particulièrement l'Egypte. On ' doit plusieurs découvertes utiles les sciences, entre autres celle propriétés de l'alcali volatil (amiiaque gazeux), pour rappeler à la 'i^ asphyxiés. Il fît non-seulement ttpériences sur les animaux, mais lui-même, et Ton raconte à ce su- ^one anecdote qui fait le plus grand ineur à sa conviction et a son cou- S'étant enfermé un jour dans un >^ avec plusieurs réchauds de rbon alluma, il ordonna à son va-

let de ne l'en tirer qu'après Tavoir vu tomber, et lui indiqua les moyens de le rappeler à la vie. Cette expérience réussit parfaitement. C'est encore lui gui décx)uvrit , en 1773 , le moyen de taire cristalliser les alcalis , en les saturant d'acide carbonique , obtenu de la bière en fermentation. Il constata en outre les propriétés et la nature de cet acide, en 1775, et ouvrit la voie aux moyens de fabriquer les eaux minérales factices , en parvenant à saturer l'eau de ce gaz alors nommé air ûxe. Il mourut au commencement de la révolution.

Chàumetoe (Pierre-Gaspard) , né à Tïevers, le 24 mai 1763, fut successiment mousse , timonnier , copiste et clerc de procureur à Paris. Il travailla ensuite au journal de Prud'homme, puis devint un des orateurs les plus en vogue parmi les révolutionnaires qui s'assemblaient dans le jardin du Palais- Royal. Lié avec les plus ardents patriotes, il fit partie de la commune insurrectionnelle qui s'installa elle-même , le 9 août 1792, et fut nommé, au mois de septembre de la même année, procureur de cette commune. Chaumette acquit alors une assez grande influence, et il contribua puissamment à la journée du 31 mai , en formant à l'archevêché une réunion de commissaires de sections qui organisèrent l'insurrection contre les girondins. Il entreprit ensuite de pousser la révolution dans les excès les plus dangereux. Il commença par attaquer ouvertement la religion , en se mettant à la tête d'une députation de prêtres qui vinrent a la barre de la Convention nationale abjurer leurs croyances ; puis il inventa ces^ridicules processions où l'on faisait brûler les ornements et les tableaux des églises. « Le peuple , disait-il , à « l'imitation de son ami Clootz, doit ft être le Dieu des fêtes nationales , et A il n'y en a pas d'autre, v Cependant, attaqué vivement par Robespierre au sujet de ses prédications athéistes , il se rétracta lâchement et déclara qu'il reconnaissait l'existence d'un Être suprême. Ce fut lui qui inventa et fît adopter par les ultrà-révolutionnaires

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la mode de porter des sabotl. Toatefois f quoiqu'il fût rennemi le plus aebarne des propriétaires et des ri* ches , il combattit comme anarchique une pétition présentée contre les mar* chands par Jacques Roux , auquel il reprocha de donner ainsi le signal de la violation des propriétés. Poussé par son substitut Hébert et par sa propre ambition , il conçut ensuite he projet de renverser la BÏontagne , qui , selon lui , était incapable d'organiser la république et ménageait les aristocrates.

Une insurrection fut décrétée au club des cordeliers et à la section Marat ; mais la commune désapprouva cette tentative, favorisée par Tétranger. Les jacobins firent cause commune avec la Convention, et les conspirateurs fu* rent arrêtés dans la nuit du 13 mars.

Chau mette ne fut pas emprisonné en même temps qu'Hébert : cependant , ' quelques jours après , il fut aussi traduit devant le tribunal irévolution' naire , condamné à mort et exécuté le 18 avril 1794. Gbaumette a été accusé de trahison par tous les partis. Ambitieux et démagogue , il ne fut que le vil instrument de la faction hébertiste, vendue en effet aux étrangers , et qui lui avait promis la place de censeur ou grand accusateur dans le gouvernement qu'elle voulait établir.

Chaumont (famille de). ^ Cette famille tire son nom de la petite ville de Chau mont en Yexin. Elle date de Robert I", seigneur de Chaumont et vida me de Gerberoi. Son fils, Otmond P*", fut fait prisonnier par les Anglais en 1119, malheur qui arriva la même année à Guillaume P% fils et successeur de ce dernier. Dans la longue suite des seigneurs de Chaumont, nous nous bornerons à citer : ,

Mehardde Chaumont^ seigneur de Guitri , conseiller et chambellan de Qiarles VI.

Guillaume de Chaumont^ 5** du nom. conseiller et chambellan de Charles Vï, puis général réformateur des eaux et forêts de France.

La famille de Chaumont se divise ensuite en plusieurs branches, savoir :

V* Seigneurs de Guitri etdeBert^, chères ;

â° Seigneurs de Bertichères e^ d'Or«i bec; ,

3* Seigneurs d*Athicules ;

4<> Seigneurs de Bois-Garnie;

Si* Seigneurs d'Esguilly ; ^

&* Seigneurs de Saint-CheroQ,i|i Courmoncle , et de Riviers.

Dans la première branche, distinguerons

Philippe de Chaumont;^ vm des camps et armées du roi, des blessures qu'il reçut au de Poligny, en 1636 ; et Gui de Ch moîU j grand maître de la gard du roi, tué au passage du Bhii),

) Dans la deuxième : Henri de moHtj baron de Lecques et de Bqi bon , maréchal d^ camps et an du roi.

Dans la troisième : l"" Louis ChauînorU, seigneur d'Atbicutos, en 1567, à la bataille de Saint où il portait le guidon de la coi gnie d'ordonnances de Chartes Montmorency , baron de Dam ^ Hugues de Chaumoni, m des camps et armées du rm ven

Dans la quatrième : !<> Jean Ckaumjonty maître de la librairi»

Henri IV, conseiller d*État ordinr mort en 1667; son fite, Paul-Phiiii fut évêque d'Acqs , garde de ta bliothèque du Louvre, et Fuo quarante de l'Académie franfaiseï mourut en 1697.

EnBn nous remarquerons, dans branche de Saint-Cheron : Antoine Chaumont, chevalier de Tordre roi , l'un des cent genlilshommes sa maison , surintendant des mar et affaires de la reine d'Ecosse , en 1582.

CHÀUSUXivi! {Charles d'A seigneur de); grand maître de neveu du cardinal d'Amboise, qw nomma gouverneur dé Milan. En 1^ lorsque Louis XII , cédant trop ft lement aux conseils du eardiaal, des secours au pape Jules II oo ses propres allies, ce fut Chaa qui commanda les troupes chargées

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prendre Bolope. L^année suivante , il dirigea le siège de Géaes. A la bataille d'Agoadel , il était à la tête de Favant-garde. £n 1510, conservant soq crédit malgré la noort de son oncle , fauteur de sa fortune , il eut le cornfloaudement des troupes qui guerroyèleDt pour le compte du duc de Ferme et de l'empereur ; et Thistoire .ki reproche d^avoir traité quelquefois Jîsramcus avec une horrible cruauté.

12 octobre, il investit Jules II Bologne, et l'aurait enlevé, sî rasé poPntife n'eût recouru à des ^ociatioQS trompeuses pour échapau danger. Bientôt après , le pape para de la Mirandole. Cbaumont , uel le roi avait associé dans le mandement le vieux et brave ma- 1 Trivulzio, devait venger avec I ces échecs. Mais cette tâche était lessus de ses forces. Inhabile tae- , opiniâtre et jaloux de son col- , il essuya de nouveaux revers , jetèrent dans une profonde mée. Il était du reste bourrelé de d'être forcé de combattre le t. et terrifié de se voir sous le |$vie excommunication. Il était Um malade de cbagria quand un bâta les progrès de son mal.

rté à Coreggio , il envoya solle pape dé lever les censures arait encourues ; mais avant que lotion iùx arrivée , il mourut le iDars ÎSU , à Fâge de S8 ans. CniusoNT (le dievalier de), capi- 'ie de vaisseau , né vers 1640, tut oyé, en 1685 , par Louis XIY en lité d'ambassadeur auprès du roi SiaiB. (Voirez le root Siam.) Il Imm accueilli, reçut de grands "lUfl, et si^a avec les ministres h un traité dans lequel étaient les intérêts du commerce et surtout ceux de la religion ifue. Peu de temps après , il prit ' de son vaisseau et amena à ) le 18 mai 1686, deux ambasiurs siamois qui devaietit flatter la ité de Louis XIY. L'époque de la du dievalier de Cbaumont est rée. Il avait écrit la relation de son ge, hnprimée à Paris, en 1686.

CâÀUMONT (Denisoit de), Tun des chefs de cette faction de cabochiens qui , sous le règne désastreux de Charles VI, fit à Paris de si a merveilleuses hesoinqnes. » I^a populace mutinée contraignit le duc de Guyenne à lui confier le commandement et la garde du pont de Saint-CIoUd* L'anonyme de Saint-Denis l'appelle : « Infâme écorcheur de testes. »

ChàuK ONT, en Bassigny, jolie ville de l'ancien Bassigny, auiourd hui cheflieu du département de la Haute- Marne. Le nom de cette ville figure dans l'histoire dès l'année 961 , époque où le roi Lothaire y passa à son retour de Bourgogne ; ce n'était alors qu'un bourg fortifié par un château.

ÉHe faisait depuis longtemps partie des domaines clés comtes de Champagne, lorsaue l'un d'eux, Henri, deuxième ou nom , lui accorda , par une charte de 1190, la coutume de Lorris. Une prévôté y fut établie en 1202 , et Cbaumont commença dès lors à prendre quelque importance.

Cbaumont était alors protégée par un château fort, séparé de la ville, et dont il ne reste plus aujourd'hui que les débris d'une grosse tour carrée.

Les remnarts dont la ville était environnée lurent construits en 1500, par ordre de Louis XII. François T' et Henri H y ajoutèrent .quelques bastions ; mais cela est maintenant à peu I)rès détruit. Cbaumont était, avant a révolution, le chef-lieu d'une élection, et d'un bailliage et présidial.

Elle possède aujourd'hui des tribunaux de première instance et de commerce, une société d'agriculture et un collège communal. Sa p9pulationestde6318 habitants.

Chaumort (traité de). Comnoe on l'a vu dans l'article consacré au Con- grès de C/tâtillon, [Napoléon, attaqué par toutes les forces combinées de l'Europe, espéra iusqu^au dernier moment triompher de cette ligue formidable. Battre en détail les différents corps d'armée qui avaient envahi le territoire français , et employer toutes les ressources 'de la diplomatie pour séparer l'Autriche de la coalition, tel

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était le plan qu'il avait adopté. Après les victoires de Champ -Aubert, de Montruirail et de ^angis , ce plan fut à la veille de réussir. Déjà l'empereur d'Autriche, ébranlé par la défaite de Schwartzemberg^ se trouvait disposé à conclure un armistice. Dans ce but allaient s'ouvrir à Lusigny des négociations qui auraient gravement compromis le succès des intrigues du con-^ grès de Ghâtillon. L'Angleterre vit le danger et le prévint. Aux victoires de I^apoléon , à ses projets d'armistice et de réconciliation avec l'Autriche, elle répondit par le traité de Chaumont, qui doubla les forces de la coalition et fît échouer les espérances de l'empereur.

Ce fut le 1" mars 1814, dix-neuf jours avant la rupture du congrès de Châtillon, que fut signé ce traité dont les conséquences devaient être si funestes à Napoléon, à la France et même à tous les peuples de l'Europe, ameutés alors contre nous. Jusque-là, l'instinct de la peur et une haine commune contre la supériorité de Napoléon étaient les seuls liens qui unissaient les rois coalisés ; à partir du traité de Chaumont, il y eut entre eux une ligue offensive et défensive , cimentée par la foi des serments. Ce fut une ébauche du pacte impie auquel ils osèrent plus tard donner le nom de Sainte-Alliance. Leurs plénipotentiaires étaient lord Castlereagh, pour l'Angleterre; le prince de Metternich,

Sour l'Autriche ; le baron depuis prince e Hardenberg, pour la Prusse; et le comte de Nesseirode, pour la Russie.

C'était la première fois qu'on voyait un ministre anglais venir sur le continent signer comme plénipotentiaire une convention diplomatique; mais Napoléon avait été pour l'Angleterre ' un ennemi si terrible qu'elle ne croyait jamais en faire assez pour l'abattre.

M. de Metternich, animé d*une haine implacable contre l'empereur qui avait eu l'imprudence de lui dire trop crûment la vérité , joignit tous ses efforts à ceux de lord Castlereagh pour empêcher l'empereur d'Autriche d'élever la Toix en faveur de son gendre. A Châ-

tillon comme à Chaumont, l'Autriche était représentée par un diplomate dont l'amour-propre avait été froissé par Napoléon et la conscience amollie par l'Angleterre; nous voulons parieî du comte de Stadion.

Dans le préambîiie du traité, lei parties contractantes prétendaient m se coaliser que pour contraindre M poléon à accepter les propositions Jn.

paix qui lui avaient été faites au co^) grès dé Châtillon , propositions hai ' liantes, puisqu'elles avaient pourt d'enlever à la France ses frontiè naturelles qu'on avait cependant connues nécessaires à sa sécurité, de lui imposer ses limites de 1' Aux termes de l'article l**", cha« des quatre grandes puissances s'ei geait à tenir en campagne contre fi nemi commun une armée de cent ' quante mille hommes , total six mille hommes. Art. 2 , chaque s'engageait à ne pas traiter sé\ ment avec l'ennemi commun. Art 3 et 4, un subside de cinq mili de livres sterling , fourni par Tj terre pour le service de l'année devait être réparti par portions et en termes mensuels entre les autres puissances. Les secours ultérieurement par l'Angleterre valent être convenus le 1" janvier] chaque année, et elle devait pay^jf core, après la conclusion de la pair '' prorata du subside convenu, mois à l'Autriche et à la Prusse v quatre mois à la Russie, pour le des troupes^ Articles 5 et 8 : si des puissances était menacée de que attaque de la part de la chacune devait envoyer imi ment à son secours un corps soixante mille hommes, dont dix de cavalerie. Cependant tout gent dû par i'An^eterre pouvait i fourni en troupes étrangères à sa r' si mieux elle n'aimait le repréf par un subside, au taux annuel' vingt livres sterling par fantassift^ de trente livres sterlins par caw " Enfin, aux termes de 1 article 16 1 quadruple alliance était conclue vingt années.

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Telles étaient en substance les prindpales dispositions du traité de ChauiQODt, qui fut un arrêt de mort pour l'eoipereur. D*une main, la coalition lui offrait des conditions inacceptables ; de l'autre, elle aiguisait ses armes, et jurait de ne les aéposer qu'après une

Sierra de vingt ans. Cette tactique balle devait évidemment déchaîner contrijjfapoléon tous les partisans de la jHix, qui alors étaient nombreux en fïaQce, dans toutes les classes, et inéme dans les rangs de Tarraée. Avec la position qu'on venait de lui faire , Napoléon, même victorieux , devenait on obstacle au rétablissement de la tranquillité en Europe, puisque les coalisés s'étaient engagés à se soutenir mutuellement et a ne plus admettre de. guerres ou de négociations partielles. En apparence, la coalition n'en \Toulait qu'à l'empereur; en réalité,.

' dte s'efforçait de briser la vieille al- ;^e gui existait entre lui et la nation «aficaise, pour combattre celle-ci dès l&'efle aurait abandonné son chef. Le loeeès répondit malheureusement à f attente des conjurés. Mais les temps Utàkàt venus où cette Angleterre , fsia soudoyé tout le continent pour le ; noAie tributaire de sa puissance ma- ^'œe, va voir à son tour s'élever «Dtre elle toutes les marines du raonsP, etse former un nouveau blocus ■lODtinental qui fera tomber de ses Blns le monopole du commerce.

Une des particularités du traité de ûumont , c'est que , bien que l'alnce fût commune et les conventions tiques , cependant chacune des itre puissances contracta séparéît avec les trois autres. Quelle que itla cause de cette particularité, elle mtreque les alliés n'étaient de bonne 9 ni envers la France ni envers leurs res peuples, et que très-probable- >t ils cherchaient à se tromper les les autres. Ce qu*il y a de certain, fest que des clauses secrètes furent Moutées aux clauses patentes. D'après |Be note confidentielle, remise à Vefcele 11 novembre 1814 par le comte fe lïesselrode aux plénipotentiaires «Autriche et de Prusse, le traité

cTcUUance de Chawnont et la paix de Paris stipulaient que l'AUemctgne serait un État indépendant. Or, ni le traité de Chaum'ont, ni celui de Paris, tels qu'ils ont été publiés, ne contiennent rien de semblable. Voici , selon nous, l'explication la plus naturelle de ce fait bizarre. Parmi les puissances contractantes, les unes avaient promis .

des constitutions libérales à leurs peuples pour exciter leur patriotisme, les autres, plus heureuses, n'avaient rien promis. Un traité commun devant les rendre toutes solidaires de ces belles

Îiromesses que personne n'avait l'inention de tenir, la prudence conseillait naturellement d'éviter un engagement inutile. De plus, il ne pouvait convenir ni à la Russie ni à rAngleterre de partager loyalement 1 influence que les derniers événements venaient de leur donner sur l'Allemagne. L'une et l'autre nourrissaient intérieurement l'espoir de changer cette influence, alors à peu près égale, en une prépondérance évidente. Dans ces dispositions, un traité commun ne faisait les affaires ni de l'Angleterre , ni de la Russie : des traités séparés , au contraire, leur laissaient le champ libre. Le traité de la Sainte-Alliance et le suicide de lord Castlereagh vinrent révéler plus tard que ce n'était pas l'Angleterre qui avait gagné à ce marché. Que l'idée première de l'anomalie qui se fait remarquer dans le traité de Chaumont soit venue de la Russie ou de l'Angleterre, le résultat n'en a pas moins été favorable à la cause du czar et à celle du despotisme.

Chaumont en Vexin , Calvus Morts y Calvimontiym, jolie petite ville du Vexin , aujourd'hui chef-lieu de canton du département de l'Oise, à 27 kil. de Beau vais.

Cette ville joua un rôle important durant les longues luttes de 1 Angleterre *et de la France aux douzième et treizième siècles. Elle était bâtie sur un mamelon élevé , couronné par un château dont il ne reste plus que quelques ruines. Brûlée par les Normands en 1140, et par les Anglais en 1167, elle ne fut pas reconstruite sur le co-

T. Y. 5" Livraison. (Dict. bncyclop., etc.)

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teati, mais elle s*étendit dans la vallée, sur le bord de la rivière de Troène.

Sous Lbuis Vil , on y voyait des souterrains immenses dont on ignore aujourd'hui l'entrée. Chaumont était autrefois le chef-lieu d'une élection et d'un bailliage. Sa population est aujourd'hui de 1,1 26 habitants.

Chàumont-sub-Loibe , bourg de l'ancien Blésais , aujourd'hui du département de Loir-et-Cher, à 12 kii.

de Blois, dominé par un ancien château situé , suivant la tradition , sur l'emplacement d'un manoir bâti par Gueldin, chevalier danois , et par Thibaud le Grand , comte de Blois. Ce château fut reconstruit par les seigneurs d'Aniboise, entre les mains desquels il resta jusqu'en 1550. A cette époque, il passa aux seigneurs de la Rochefoucauld, qui le vendirent pour la somme de cent vingt mille livres à Catherine de Médicis , qui , plus tard , força Diane de Poitiers de le prendre eh'échange contre la terre de Chenonceaux. — La population de ce bourg est aujourd'hui de 985 habitants.

Chabny, Calniacum^ petite ville de nie de France, aujourd'hui cheflieu de canton du département de l'Aisne. £lle passe pour fort ancienne, et l'on croit qu'elle n'est autre que le lieu nommé Contragium dans l'Itinéraire d'Antonin. Philippe de Flandre donna , en 1167, aux habitants de Chauny, une charte de cotoniune, qui fut confirmée par Philîppe^Aligu.ste en 1213. Cette ville fut assiégée par les Espapols'en 1552. Chauny était autrefois une châtellenie royale, et avait une coutume particulière. On y compte aujourd'hui 4,200 habitants.

Chaussàbd (Pierre- Jean-Baptiste), né à Paris le 29 janvier 1766, adopta avec enthousiasme les principes de la révolution, fut envoyé, en 1792, dans la Belgique , et contribua'' puissamment à la réunion des Pays-Bas à la république française. Lorsque Dumouriez trahit la cause de la république , Chaussard , oui avait alors , suivant la coutume de l'époque , pris le surnom de PvhUcolay eut de vives discussions avec lui , et le traita un

jour de vizir. « Allez , M. Chaussard, « répondit Dumouriez, je ne suis pai « plus vizir que vous n'êtes Publicofa.» Chaussard fut Tun des plus ardefitb sectateurs de la théophilahthropi^.

Sous le consulat, il devint professent de poésie latine à la faculté des lettitt de Rennes. Il occupa cette place jj'' qu'à la restauration , époque où U ^ destitué. Il est mort en 1823. 11^ blié un trèf grand nombre d'ouvraj dont le plus connu est celui qui a p titre : Fêtes et courtisanes de Grèce, 1801, 4 vol. în-8'.

Chaussées de Bbunehaut.— <Ï^ nom , donné aux chaussées romaiiMt en Picardie et en Belgique, a fort em barrasse les savants. A en croire"" chronique de Jacques de Guysè, ce dénomination viendrait de ce qu* archidruide appelé Brunehalde, vers l'an 1026 avant J. C, du foi dable royaume de Belgis, fit consti sept grandes routes partant de sa pitale, lesquelles avaient toutes pieds de largeur, et dont quatre , nées de colonnes de marbre ,' et ' dées d'allées de chênes, étaient vertes en briques. A cette h merveilleuse , qui , on le pense n'a pu satisfaire personne, ont sut des explications plus raisonnables;] Grenier, savant religieux de 'Ooi tire le nom de Brunenaut de deiii celtiques qui signifient hauteut cailloux» Enfin , la dernière opfr émise à ce sujet, et qui semble la raisonnable, est que la célèbre Bï haiit , femme de Sigebert , roi d* j trasie , et morte en 613, répara ciennes voies romaines auxguelU peuple donna son nom; maïs alofl fauarait expliquer pourquoi Ton*' commencé qu'au treizième siècle à appeler ainsi. Plusieurs ouvrages été faits sur cette matière; nous j bornerons à citer V Histoire des grt chemifis de r empire romain, par gier; V Histoire du duché de Vc par Carlier, et une Description voies romaines , vulgairement < lées chaussées Brunehauty par goire d'Ëssigny, dans le Magasin i^yclopédique de 1811.

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CHÀUssB-TmAPB , sorte d'arme éé* feosive composée de quatre pointes de fer disposée» de manière qu il y en ait toujours trois qui portent à terre, et ^e la dernière reste dressée et debout. Cette arme, dont l'usage est au* jourd'hui abandonné, s'employait pour arrêter, embarrasser l'ennemi, et surtout dans les gués , dans les défilés où è^ait ^sser la cavalerie. On lit dans Mezerai et dans Villaret, qu'en 1407, \ ks assassins du duc d'Orléaos jetèrent derrière eux des ehausse-trapes pour n*étre pas poursuivis. £n 1422* au âége d'Orléans, Jeanne d'Arc fut blessée par une des chausse-trapes jetées aux abbrdsdu boulevard attaqué. Louis !SLI avait fait semer plus de dix-buit mille chausse-trapes sur les avenues de ^on cbâteau de Plessis-lez-Tours.

Chaussibr (François), médecin en «hef de l'hospice delà Maternité, pro- •Asseur à la faculté de médecine , •aiembre de llnstitut et de l'Académie loyale de médecine, né à Dijon en 1746, avait déjà acquis, par ses outrages et par ses cours d'anatv mie et defiiysiologie à l'Académie de Dijon, iMoilébrité méritée, lorsqu'on juillet mi, fl fut appelé à Paris par le gou- .timment, pour concourir avec Fouri€nf à l'organisation de l'enseigne- .nat médical. Après avoir rempli cette àoDorable mission, Chaussier retour- -m à Dijon reprendre ses fonctions de

Sofesseur. Le projet de décret qu'il ait rédigé fut modifié par la Conl'iention nationale; au lieu d'une seule '^Jeoie centraie de mnté qu'il avait pro- ..posé d'établir à Paris, il en fut formé r trois, qui sont devenues les écoles de ..-nédeciae de Paris, de Montjpeliier et '.•ie Strasbourg. Nommé professeur à ^k nouvelle école dont il avait ainsi été

rCD quelque sorte le fondateur, Chauseièr revmt à Paris prendre possession de la chaire d'anatomie et de physio- .-legie.Son nom grandit bientôt sur ce " théâtre digne d^ lui , et il devint en .y.feit de temps I'uq des oracles de la /.iiédecine. L'histoire naturelle et la -Aimie furent également cultivées avec «Koès par lui. Médecin de l'école po- ^jrteehirique, il fut aussi attaché à cette

éep)e cpmme professeur de chimie.

Ami de Guyton de Morveau, il voulut opérer, dans la langue anatomique, une réforme semblable à celle qu'e ce savant avait contribué à faire adopter pour la nomenclature chimique. Déjà il avait publié à Dijon, en 1789, les principes d'une nouvelle nomenclature anatomique qu'il employa depuis Constamment dans ses cours; mais quoiqu'il fit succéder à des noms plus ou nioins insignifiants et souvent bizarres , des noms propres à donner une idée de la position ou des fonctions des parties, cette nomenclature ne put être aussi rigoureuse oue celle qui avait été introduite en cnimie; ausli , malgré ses avantages , ne fut-elle pas

Sénéralement adoptée. Chaussier, (]ui onna à l'étude de la pbysiologie l'impulsion oui a fait faire depuis à cette science de si grands progrès , adopta des nouvelles doctrines médicales ce qu'elles ont de sage et de certain , et

Plusieurs de ses consultations de méecine légale sont citées comme des modèles du genre. Cependant, à la réorganisation de l'école de médecine de Paris, en 1822, il partagea la disgrâce des Vauquelin , des Pinel , des Dubois, etc., et reçut le titre de professeur honoraire. Il mourut en 1828.

âgé de quatre-vingt-deux ans, entouré des respects des médecins français et de l'attachement de ses anciens élèves, dont beaucoup sont arrivés au professorat. Chaussier a laissé un grand nombre d'ouvrages, tous justement estimés.

Chaussieb (Joseph), maréchal des logis chef au 2*" régiment de chasseurs, fit, avec quatre chasseurs, mettre bas les armes, à liohenlinden, à 100 hommes d'infanterie, parmi lesquels se trouvaient cinq officiers.

GBAUSSIEJaS ou GHAUCI£BS.— LCS

statuts de la corporation des chaussiers, ou fabricants de chausses, consistaient en un petit nombre d'articles, et ne contenaient aucune disposition remarquable. Ils pouvaient prendre autant d'apprentis qu'ils le voulaient, çt ceux-ci étaient obligés , en entrant en apprentissage, de payer 8 sous,

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dont 3 revenaient au rot , et 4 à la confrérie du métier. Quiconque commençait le métier de la chausserie, devait, à l'exception des Gis de maître, payer 20 sous d'entrée, savoir : 15 au profit du roi et 5 à celui de la confrérie du métier. Trois prud'hommes assençentés faisaient la police du métier et dénonçaient au prévôt de Paris les infractions aux statuts que leur surveillance leur faisait découvrir. Une ordonnance concernant la police du royaume , rendue le 30 janvier 1350 par le roi Jean , et publiée en février suivant, contient, en son titre 36, deux articles que nous croyons curieux de reproduire ici, parce qu^ils peuvent donner connaissance du prix des ouvrages confectionnés par les chaussiers au milieu du quatorzième siècle : (c Les chaussetiers , y est-il dit , ne M prendront et n'auront, pour la façon « d'une paire de chausses à homme , « que 6 deniers, et à femme et enfants « 4 deniers et non plus. Ceux qui les « appareillent (les chausses) ne pren- « dront, pour4nettre un avant-pied en « une chausse, que 2 deniers , et s'ite <c sont neufs, que 3 deniers, et s'ils « font de leur drap , que 4 deniers et « non plus; et pour mettre une pièce « es avant-piecfs , ou de coudre la « chausse , 2 deniers. Et s'ils font le « contraire , ils l'amenderont. » Les chaussiers de Paris intentèrent, en 1280, un procès aux fripiers qui achetaient de vieilles robes, leû nettoyaient en rafraîchissant le drap , et en faisaient des chausses qu ils vendaient comme faites de drap neuf; et sur leur demande, Guillaume Thibout, prévôt de Paris, défendit aux fripiers, sous peine de 4 sous d'amende au profit du roi, et de 12 deniers au profit des gardes du métier, de continuer cette pratique frauduleuse. Lorsqu'au milieu du dix-huitième siècle, on répartit les différents métiers de Paris en six cor-

Eorations, les chaussiers, devenus faricants de bas , eurent la prétention d'en former une à eux seuls; mais ils échouèrent dans leur prétention: on les réunit aux drapiers, et tout ce qu'ils purent obtenir fut défaire don-

ner à leur corporation^ le nom decommunauté des drapiers-chaussiers,

Chàussin , ancienne seigneurie de Bourgogne, aujourd'hui département du Jura, érigée en marquisat en 1724,.

en faveur de L. H. de Bourbon, prince de Gondé.

Chàussubes. D'après nos vieux auteurs et nos anciens monuments, il chaussure des Gaulois et des premie»

Français, appartenant aux classes éie»

vées , fut empruntée aux Romains et consista , jusqu'au neuvième siècle, en ' souliers dorés et garnis de bandelettes qui se croiiKaient et se nouaient au bas de la jambe , comme de nos jours la souliers de femmes. Telle était k chaussure de Charlémagne et de Louis ^ le Débonnaire son fils. Celle de Be^.

nard, fils de Pépin, qui fut retrouva entière ^uand on exhuma son corps^ consistait en souliers de cuir roupi avec une semelle en bois. Dans siècles suivants on varia la forme chaussures, on porta des soulierslacets, des souliers à bandelettes des souliers à boucles. On porta ' lement des estiriaux, et des heuses housseaux, appelés par Jean de Gi lande tibiala etcruraliay ce qui iiK ^ue que ces chaussures couvraient!

jambe et furent ce que plus tard r appela des bottes ou des brodeqaii En 1260, Etienne Boiiéau, prévôts Paris, réunit les coutumes des fa' cants de chaussures, déjà nombreux i ce temps-là , et en fit pour eux un glement obligatoire. Ces artisans rent partagés en trois classes : celle ( çavetonniers, celle des cordonniers corduaniers , et celle des çavetiers sstvetiers ( voy. ces mots )- Les ' premières de ces trois classes étak assujetties à une redevance annw' payable en argent, pour les heuses roi. Il y^ avait de semblables redevaw qui étaient payables en nature et d< le produit servait, à ceux qui les valent , à faire des libéralités à officiers et à dés maisons reliçieof Sous Philippe le Bel s'introduisit, p( les deux sexes, l'usage des souliers d à la poulaine, qui finissaient en pr^ plus ou moins longue, suivant le

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et la fortune. Cette pointe était de deux pieds pour les princes et les grands seigneurs, d'un pied pour les hommes de condition moyenne, et d'un demil»ed pour les gens du peuple. Les pauvres de la ville et les nommes des champs portaient des chaussures en bois oa en cuir avec une semelle de bois.

C^aient nos sabots et nos galoches d'«ijoard*bui ; on les appelait calo" pedes OQ calopedia.

Dans les treizième et quatorzième oèdes, les chevaliers étaient chaussés, CD campagne , de souliers de fer qui tenaient mjambart et faisaient partie de Tarmure. A la ville on portait hhottseaux, et cette mode durait encore au quinzième siècle , car on voit ans les registres de la chambre des comptes, un article de quinze deniers pour graisser les Juruseaux du roi Mi XL Dans le seizième siècle, on intiflua à porter les houseaux en voya- ^ et dans les châteaux; mais les courtiBDs les abandonnèrent insensible- Mtpour lebrodequin ou boite fauve <pit suivant fMarot , était la chaus- M des élégants et des amoureux , ■ntDoi n'en était ni plus belle ni plus I^Bttpnr cela. On portait aussi des ioi«mxsans avant-pied; c'était une 9^ de brodequins ou plutôt de ■ûnssons , pourvus d'une semelle de w, et accompagnés d'une tige de souple et qui se retournait comme gant; cette chaussure était encore ne sous le nom de botte molle.

Dçois P** et ses familiers portèrent souliers de cuir, de velours, d'éde soie, ouverts sur le pied, de broderies, de pierres pré- !, et lacés avec des rubans. Cette de se perpétua sous son fils , ses ts-fiis et jusqu'à Henri III. Henri IV, fut si souvent forcé de monter à If reprit la botte, et tous ses canes firent comme lui. Les magis- >et les gens d'église portèrent dans s les temps des souliers , à moins ils ne fussent dans la nécessité de un voyage à cheval ; alors ils ient des bottes comme tout le Dde. Quand Henri IV fut maître * son royaume , il se débotta et prit

une chaussure légère. Sous Louis XIII»

les modes espagnoles qui s'étaient introduites en France amenèrent l'usage de bottes justes au pied , mais plus hautes, larges, évasées, tombantes et ne montant qu'à mi-jambe, garnies de dentelles, et, même à la ville, armées d'éperons aigus et bruyants. Cette mode se continua longtemps à la cour de Louis XIV. A l'armée on portait des bottes de cuir qui dépassaient le genou, évasées dans la partie supérieure et servant, aux courriers et aux aides de camp, de poches pour mettre les dépêches. Plus tard , on ne porta plus la botte qu'à l'armée ou à la campagne, et le soulier fut généralement adopté pour chaussure de ville ; on n'eût même pu, sans blesser l'étiquette, se présenter en bottes à la cour , dans une assemblée ou une cérémonie publique , à moins que l'on ne fût militaire, revêtu de l'uniforme et en fonctions.

Sous Louis XVI, l'anglomanie, qui travaillait alors les jeunes seigneurs , fit reprendre la botte, à l'imitation de nos voisins d'outre-mer; mais cette résurrection d'une vieille mode ne fit pas fortune et fut même trouvée peu décente, parce que, disait-on, la botte transformait un grand seigneur en palefrenier.

Nous n'avons rien dit encore de la chaussure des femmes, parce que jusqu'à Louis XlIIt elle subit peu de variations et consista toujours en souliers de cuir ou d'étoffes. A cette époque elles adoptèrent et portèrent longtemps, d'abord à la cour, puis à la ville, enfin partout, les mules^ sorte de pantoufle a talons de bois. Cette chaussure , il est vrai, les grandissait, mais elle ne leur tenait point au pied et leur rendait la marche difficile.

La révolution, en réveillant les goûts belliqueux de la nation, remit la botte, chaussure devenue toute militaire, en honneur auprès des classes civiles. En 1793 , des hommes que les véritables patriotes virent toujours avec dégoût, crurent faire de la popularité en se montrant dans les rues et dans les cérémonies publiques sans bas et portant des sabots pour toute chaussure. Cette

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L'UNtVERS.

innovation ne plnt à personne , parce que le patriotisme ne consiste pas à porter des sabots comme le peuple , mais à faire que le peuple porte des souliers. C'est ce que voulaient en ef* fet tes véritables patriotes. Sous le Directoire, on porta des souliers pointus très-découverts sur le cou-oe-pied, concurremment avec des bottes à revers, telles qu'on les voit de nos jours aux jockeis des grandes maisons. Les odalisques de Barras cherchèrent à impatroniser en France la chaussure des femmes romaines, qui consistait en une semelle retenue par des bandelettes autour de la jambe, et sur laquelle reposait le pied nu dont chaque doigt était orné de diamants ; mais cette mode ne sortit point des salons du Luxembourg. Sous le consulat et sous l'empire, on porta pendant quelque temps des souliers avec de petites guêtres, puis on adjoignit aux bottes à revers oes bottes unies, montant jusqu'au genou et dites à la Suwarov^, ainsi que des bottines qui se terminaient à mi-jambe, et étaient ou garnies d'un velours ou taillées en cœur par-devant, et ornées d'un gland. Aujourd'hui on porte généralement, sous le pantalon, de courtes bottines ou des souliers à recouvrements qui les figurent. La botte

{)roprement dite n'est portée que par es officiers et soldats de la gendarmerie, quand ils sont de service. Les femmes continuent à se chausser de brodequins et de souliers en cuir, de toile de lin, d'étoffes de laine, de soie, etc. Chadveau-Lagàbde ( N. ) naqujt à Chartres en 1765. Il jçuissait déjà de quelque réputation au barreau de Pans, lorsque les premiers troubles de la révolution vinrent lui fournir l'occasion de déployer son courage et son talent sur un plus vaste théâtre ; il défendit , entre autres , le général Miranda , Brissot , Marie-Antoinette et Charlotte Corday. Arrêté après ce dernier procès , il recouvra la liberté après le 9 thermidor, et défendit, devant une commission militaire, en 1797 , l'abbé Brottier, accusé de conspiration royaliste, avec Dunaud et Lavilleheurnois. Devenu avocat au conseil

d'État, sous le règne de ItapoléoD, à la déchéance duquel il adhéra en 1814, il porta la parole au nom de son ordre, pour féliciter Louis XVIII sur sa rentrée à Paris. Mais, après la seconde restauration, l'avoéat de Mai!i&-AiUoinette consacra toujours son|léiEone' ment et son éloquence à la défense dei proscrits d'un autre parti. Soo ptûi doyer pour le général Bonnail% (vojrei ce mot ) attesta que l'^fte n'avait point : affaibli son zèle pour Tes malbeureui | poursuivis par le pouvoir , quçl qu'il fût. Ed 1826, Chauveau-Lagarde TOih hit accompagner soli jeune eoUègM Isambert au tribunal . correctionnel»

et lui prêta l'appui de son nom, éà son expérience et de son estime, eom ti;e une accusation que les amis de 11 liberté espéraient voir repousser pit la cour royale. îl a publié : r Notice historique sur les procès Marie'Antoinette et de madame, i sabeth au tribunal révoluHonnairt^ Paris, 1816, in 8**; ^ u^ ExposéM la conduite du général Bonnaire, sl^ Paris, 1816, ln-8^ Après la rév(*| tion de juillet, il fut nommé conseiM à la cour de cassation. Au moment»

nous écrivons ces lignes, février iMl; Chauveau-Lagarde vient de numriil après s'être honoré dans la magist^ ture comme il l'avait fait dans barreau.

Chàutelin (Germain-Louis de), en 1685, avocat général au parlem de Paris, s'éleva par son mérite « fonctions de garde des sceaux et secrétaire d'État au département affaires étrangères. Né avec un { actif et pénétrant, il devint l'ho de confiance du cardinal de Fleurv lequel il avait une grande supérior Ce fut grâce à son habileté qtf* guerre médiocrement conduite, et i quée par te honteux abandon de la logne , se termina par le traité Vienne , le seul acte glorieux du de Louis XV. Néanmoins une intr^ de cour le fit disgracier par le ministre , aux yeux duquel on le présentait comme un honime avidft lui succéder. Exilé d'abord à Boo en 1737, puis à Issoire dans les

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tténes ée PAuvergiie; il mourut eii ITra à Paris, où il avait obtenu la fiermission de rentrer peu de temps l^avant. — Le marquis de Chàumm (Francis-Claude), son fils, ser- ^t avec distinction en Italie , sur le Biiin et en Flandre , fut nommé tnaré^ èal de camp en 1745 , ministre plé-

Îtentiaire du roi à Gènes -, et comdant des troupes françaises enfiff^ées eii Corse. Lieutenant général ID 1749, ambassadeur à la cour de ; Turin en 1753, il obtint, en 1760, I une des deux charges de maître de la gard^robe du roi. Il mourut subitement en 1774 à Versailles, dans Tapparteràent et sou s les yeux de Louis XV, dont il fâisait la partie de jeu. On connattdu marquis de Chauvelin queldties yers faciles et agréables. — Son ih , le marquis François-Bernard de Chau- Yam, né à Paris en 1766, était,

rand éclata la révolution , maître de garde-robe du roi Louis XVI. Il se ^noBça néanmoins pour la cause ponlaire, et fut choisi pour l'ambassade f Angleterre, en 1792. Bertrand de Mevilie, dans ses Mémoires, assure

Sk roi ne consentit à placer M. de Breiin dans un poste si éminent iW|)our se débarrasser d'un serviteur feommode, qui pouvait révéler aux Àfistitutionnels les manœuvres des tt)Qrtisans. Le nouvel ambassadeur . «enrit avec zèle la révolution auprès ! du cabinet de Saint- James , auquel il proposa le rôle de médiateur dans la guerre qui venait d'éclater sur le continent, proposition qui fut repoussée.

Bientôt les événements survenus en France ne permirent plus d'éviter une Rupture. Mais au milieu de circons- ^nces difficiles , Chauvelin se montra «digne plénipotentiaire de la républijae française. Enfin , n'ayant pu se «aire reconnaître comme anàbassadeur de la république , il reçut , le 24 jan- ^^erl793, à la suite de quelques notes menaçantes remises à lord Granville, y trois jours après l'exécution de Ijouis XVI , l'ordre de sortir de Loa- «es sous vingt-quatre heures , et du royaume sous huit jours. -De retour à ™8, il fut chargé d'une nouvelle

mfsslon diplomatique auprèâ du grand»

due de Toscane, mission de peu de durée V car le prince ne voulut pas reconnaître la réoublique» Chauvelin rei^ tra alors dans la vie privée, et après le 18 brumaire , fit partie du tribunat.

Nommé à la préfecture de la I^s en 1802, il y pesta huit ans, pendant lesquels il fit preuve de fermeté , de justice et de lumières, et en 1810, il fut nommé eorinie d^empire et eonseiller d'État. Notnmé plus tard à l'inteodance de la Catalogne, il perdit ce poste important en 1814, et ne compta plus que parmi les, membres bonàraires du conseil d'État. £n 1817, il fit partie de la chambre des députés , et après avoir siégé de 1818 à 1822 , il écnoua en 1824, et fut réélu eu 1827 ; et , dans les luttes parlementaires , intrépide défenseur des libertés publiques , il parut sans trop de désavanlage à coté du général Foy et des autres orateurs de l'opposition. Il donna sa démission en 1829 , et mourut du choléra à Paris , en 1832. ^

Chauvelin ( H. P. ) , abbé de Montier-Ramev , chanoine de Notre-Danie et conseiller au parlement de Paris , fut, au siècle dernier, l'un des artisans les plus actifs de la ruine des jésuites. Déjà , en 1756 , il s'était signalé par plusieurs écrits dans la grande affaire des immunités. Ayant fait rendre, en 1763 , au parlement de Paris , un arrêté par lequel cette cour déclarait qu'elle ne pouvait, sans manquer à son devoir , obtempérer à l'ordre du roi qui lui avait enjoint de suspendre toutes poursuites concernant le refus des sacrements, Chauvelin fut, avec trois de ses collègues , arrêté le 9 mai et enfermé au mont Saint - MicheL Rendu à la liberté, il commença contre les jésuites une série ^d'attaques qui , le 9 mai 1767 , aboutirent au bannissement de ces religieux. Il retomba ensuite dans l'obscurité, et mourut en 1770, à 54 ans.

Chauvet , ordonnateur en chef de l'armée d'Italie. Nous ne connaissons sur lui que ces mots de Napoléon :

« Chauvet est mort^ Gênes; c'est une a perte réelle pour l'armée; il était

L'UNIVERS-

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« actif, entreprenant. L'armée a donné « une larme à sa mémoire (*), » Mais -ces mots sont pour lui un titre au souvenir de la postérité. Nous avons cru ne pouvoir lui refuser une place dans riiistoire.

Chàyàgnàg, ancienne seigneuriede l'Auvergne , aujourd'hui département du Cantal, érigée en marquisat en

Chàyàgnàg (Christophe de) commandait dans Issoire pour Henri IV en 1577. Assiégé par le duc de Guise avec des forces supérieures, il fut forcé de se rendre; mais il ne le fit qu'après des prodiges de valeur. Son aïeul Maurice j>e Chàyàgnàg , gouverneur du Limousin sous Charles VIII , avait été tué en 1499 en défendant Naples contre Gonzalve de Cordoue.

Chàyenàgiebs. — Les chavenaciers ou chanevassiers , ou marchands de grosse toile de chanvre (canevas), lormaient à Paris une corporation trèsancienne. Leurs statuts se trouvent dans le registre des métiers d'Etienne Boileau. D'après ces statuts , chaque cbavenacier devait , pour chaque pièce de toile vendue ou achetée en gros, une obole de coutume; mais il ne payait ce droit qu'une fois par semaine pour les étoiles vendues en détail à son étal ou au marché du roi. Or, comme 1^ roi percevait plus de droits

{)ar le premier mode de vente que par e second, le colportage était expressément défendu à ceux de ces marchands ;Ui avaient un étal. Pour les autres , s devaient aller et venir par les halles sans s'arrêter ni s'asseoir devant les étaux de leurs confrères , « en destorbant eus de leur denrée vendre .»

Toute contravention était punie de 5 sous d'amende.

Un autre article défend aux « hommes foreins de Normandie et d'auleurs qui ameinent toiles à cheval à Paris » de vendre en détail au marché du roi , sous peine de se voir confisquer toute la toile détaillée, « et ce ont

(*) Lettre de Napoléon au directoire, 17 genainal an it.

ordené U preudome du mestier , pm ce que U roys perdoU sa coustume; »

nul chanevassier ne pouvait acheter de cette toile « forfète au roy, » sous peine d'amende , s'il ne jurait « sur sainz qu\il ne savoitpas que li homme fustforains.

Le hallier de Paris tlevait livrer des étaux aux marchands de la corpora* tion avant d'en disposer en faveur des forains. Tout homme pouvait entrer dans la corporation franchement et sans aucune redevance.

Chàyes (comhat et capitulation de].

— Après l'embarquement des Anglais à la Corogne, le maréchal Soult se mit en mouvement pour envahir le Portugal, conformément aw ordres que lui a^ait laissés Napoléon. Le 7 mai 1809, il débouchait par la petite vallée de Vérin, et faisait son entrée dansk province de Tras-los-Montes. Le général Freire, chargé de défendre cette « f province, avait posté, pour lui disputer, e passage, un corps de 3,000 hommes pr& du village de Fèces -Abaxo, (»arrière de la Tamega. Les Français, peu intimidés par cet obstacle, tn*' versent la Tamega et s'élancent sur leurs adversaires ; ils les mettent en , déroute du premier choc, et les poa^ suivent dans les montagnes. Sur cet entrefaites, un détachement de la ga^nison de Chaves , l'une des principales* de la province, fort de 3,000 hommes, s'avance sur le flanc droit de la cavalerie qui formait l'avant-garde française, et une nuée de tirailleurs, embusqués, dans des rochers inaccessijjles aux che^^ vaux , commence un feu très - mear* trier. 60 dragons du 19" régiment met»

tent pied à terre , et chassent ces ti* railleurs. Les Portugais sont attaqués de front par le W d'infanterie légère, et tournés sur leur flanc droit par il 19** de dragons; ils se débandent à la première charge , et prennent la fuite.

600 hommes restèrent sur le champ de bataille , un grand nombre fut fait prisonnier , le reste fut poursuivi jus- ' que sous les murs de Chaves.

Le 10, le maréchal Soult s'approebs' de cette ville, et la fit sommer d'oovrir ses portes. La garnison était en*

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ton forte de 6,000 hommes; cette soounatioD resta sans effet. En conséqoeDce, le 11, à la pointe du jour, le maréchal fit intercepter, par la division de cavalerie du général Lorge , toutes les communications de Ghaves sur la rive droite de la Tamega ; le

C' ' d Franceschi , avec sa cavalerie , opéra en même temps Tinvestissanent complet de la rive gauche.

Mais avant de pousser plus loin ses préparatifs , Soult crut convenable de tenter une nouvelle sommatiou. Il envoya donc un second parlementaire pour menacer les habitants d'un assaut, et de passer la garnison au fil de répée, si le 12 avant six heures du matin aucune proposition de capitulation n'était ouverte. La sommation, cette fois , produisit son effet. Le 12 , Cba?es ouvrit ses portes, et livra aux français une nombreuse artillerie, vnsi qu'une grande quantité de munitions. La nuit, une partie de la garni- <oa était parvenue a s'échapper. On trouva dans la ville quelques soldats 4b ligne et des milices nouvellement v^Wes ; elles furent désarmées et woToyées dans leurs foyers.

ÛUTIGPÎY ( Théodore de ) fut , au «^ de ses contemporains , un des jnodset des plus habiles politiques .w dix -huitième siècle, réputation innitée qu'il avait aussi à l'étranger.

M à Beaune, en Bourgogne, il fut mooessivement envoyé extraordinaire «I Italie, en Espagne et en Angleterre,

Bis ministre plénipotentiaire a la diète TEmpire a Batisbonne , ministre *»près au roi d'Angleterre en 1731 , ^Toyé extraordinaire en Danemark , imbassadeur en Portugal, à Venise «J en Suisse en 1751. Lors du renvoi "Amelot en 1744, tout le détail des ^ires étrangères retomba^ sur lui.

^fut par ses soins que se négocia à Francfort le traité d'alliance défensive Jïtre l'empereur Charles VII, le roi « Prusse , l'électeur palatin et la ré-

r!e de Hesse-Cassel, pour contrainla reine de Hongrie à reconnaître [Emgereur et à lui rendre ses États ■wéditaires. On ignore l'époque pré- [o»de la mort de c5avigny.

Chual CAntoine } , peintre et des-

sinateur, né à Paris en 1793, élève de Misbach pour la figure, de Bridault pour le paysage , et de Van Spaendonck pour les fleurs. On lui doit les belles planches du Traité des accouchements par Maygrier, de l'ouvrage sur les veines par Brescbet , de l'ovologie humaine par Velpeau, de l'embryogénie comparée par Costé, de l'anatomie pathologique par CruveQher, les dessins historic|ues du voyage de Duperrey , les dessins de la mono-

Î graphie des ci:ocus par Gay ( inédits ), es dessins de la flore des Canaries par Webb , quarante études de plantes médicinales (aquarelles.) pour l'école de ntédecine de Lexington (États-Unis), les planches de la Flore pittoresque, etc., etc. Outre ces ouvrages, qui suffiraient pour valoir à leur auteur une réputation méritée, on doit encore.à M. Chazal des tableaux d'histoire^ des tableaux de fleurs et de fruits', diverses gravures , et des peintures sur porcelaine et sur émail. Nous citerons parmi ses tableaux d'histoire saint Joseph et N.-D. de Bonne-Mort , dans réglise de Saint-Amablede Riom; un saint Nicolas et une sainte Catherine pour la chapelle d'un château près d'Abbeville; et parmi, ses tableaux de fleurs, nous signalerons le tombeau de Van Spaendonck, orné de fleurs, exposé en 1831. Parmi les gravures de M. Chazal, nous citerons le portrait du cardinal de la Fare et plusieurs planches de fleurs.

Chebreiss ( bataille de ). — Bonaparte, maître d'Alexandrie, se dirigea sur le Caire avec son armée , son artillerie de campagne et un petit corps de cavalerie. Lorsque la flottille et les autres divisions eurent rejoint à Rahmanieh , on s'ébranla , et 1 on remonta le Nil , à la recherche de l'ennemi. On le trouva rangé en bataille devant le village de Chebreiss ou Chobrâkit, et appuyé au Nil , sur lequel il avait des chaloupes canonnières et des djermes armées. Napoléon avait donné ordre à la flottille française de continuer sa marche en se dirigeant de manière à pouvoir appuyer la gauche de l'armée, et attaquer la flotte ennemie au moment oii l'on attaquerait les Ma-

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LtlSîVïiS.

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âelaks et fè tillage dé Chébrâfsâ.

Malheurmièiement U violence des vents he permit pas de suivre eu tout ces dispositions : la flottille dépassa la gauche de l'armée , gagna une • lieiie sur elle , se trouva en présence , et se vit obligée d'engager un combat trèsinégal, ayant à la fois à soutenir le fçu des Mameluks et à se défendre contre les bâtiments turcs. Elle courut de grands dangers. Néanmoins elle réussit enfin à sortir victorieuse dé cette lutte, où les savants membres de la commission n'avaient pas été les derniers k payer de leur personne. Cependant, le bruit du canon avait fait, connaître à Bonaparte l'engagement de la flottille ; il fait marcher l'armée au pas de charge. Elle s'approche deChebreiss.

t'endant que les soldats républicains contemplent avec surprise ces célèbres Mameluks , leurs armes étincelantes , leur costume resplendissant d'or et d'argent , leurs superbes montures, Bonaparte reconnaît la position , et aussitôt son génie puissant lui fait deviner la tactique nouvelle qu'il, faut opposer à ces impétueux adversaires.

Il forme ses divisions en carrés lon^s sur quatre files de profondeur c[ui se flanquent naturellement, l'artillerie aux angles et dans les intervalles.

Mourad ordonne la charge; mais ses braves cavaliers se brisent contre une inébranlable barrière de baïonnettes; le feu croisé de l'artillerie achève de les éloigner du champ de bataille. Alors les carrés, jusque-là immobiles, s'élancent au pas de charge , et s'emparent du camp de Chobrakit ( 13 juillet 1798). Les Mameluks perdirent 600 hommes, les Français une centaine.

Mourad se hâta de regagner le Caire. La flottille ennemie prit également la fuite en remontant le fleuve. ,

Chedel (Quentin-Pierre), l'un de nos meilleurs graveurs de paysages à l'eau-forte, naquit à Châlons - sur - ^ Marne en 1705, et mourut à Paris en 1762. Il a travaillé d'après ses propres ^ dessins et ceux de ïeniers, de Breug-^ bel, Wouwermans, Vandér Méulén , ' Boucher, etc. . ',

Chef de bataillon. — L'origine de ce grade ne remonte pas au delà du

diit^iuttfèMe sièéle. Ce défait eftt sêdleinent qu'en décembre iîU m ron sbngeà à ctéet uo emploi inl»médiaire entre ie lietitenant^blont^ét le capitaine. On donna alors au titt»

laire de ce grade la dénominatioi à:

èommandant de batùUlm; mais anouveau titre n'était qu'bonorifi^ il appartenait de droit au plus alKjpj Capitaine , qui n'en restait pas tot^ le chef de sa compagnie* Il est ce^ dant dit dansTordotinance de créât que, lorsqu'il y a plusieurs bataille dans un régiment , chaque batailloOi l'exception du premier, aura un C0l mandant sans compagnie, ef qaëj commandant sera pris parmi léâ taines. Maiâ cette disposition île f pas exl^dutée.

Une autre ordonnance de Vt 1774 donne à ees ofQciers le rai major : mais ils continuèrent à subordonnés aux lieutenants^ool et aux majors titulaires. De i' 1776, il n'y eut de comniaûdanf d« taillon que pour le temps de (^u seulement , excepté dans le régii des gardes françaises où ce graâêi toujours maintenu.

D'Hauthville , écrivain militairtj coniyi, avait proposé; en 1761 création , à titre permanent, dcr de bataillon dans tous les régimi et Ségur renouvela inutilement,^ 1786, ce projet; dont la réalisa ne fut cependant qu'ajournée.

L'emploi de commandait de Ion ayant été supprimé en 1763i»j réforma des officiers qui en ér pourvus. Recréé en 1772 , et de veau suppHmé en 1 776 , ce grade^ enfin définitivement rétabli, sor' titre de chef de bataillon^ d'fi dans les corps de volontaires naux, eal791, puis dans les régii d'infanterie de ligne et légère i l'artillerie , dans le génie , par '' du 21 février 1798.

Depuis la loi du 14 avril 1882, chefs de bataillon ' sont nomméll choix ou à l'ancienneté, et sont parmi les capitaines ayant quatrtl au moins de g^»de. Leurs princiM fonctions consistent à surveiller* diteiplitle , le service, 1?. tenue, ttâ

trftièo et la réparation des effets d'hà^ Siiiei&etit ils ne sotlt spécialement djfl^gés de rinstruction de leurs bai' âillDDS respectifs qu'en cas de sépâ* rttion. Lorsque le réginaent se trouve féuDi,unchef de bataillon, désigné far le Colonel , est chargé de ce détail^ «fie le titre dMostructeor, sou9 les Ml!» du tieutenantMïoldhel.

' Çn? BB BRiGÀBï. — DénoBitna- An sabstituée à celle de colonel par lldéeret de la Convention nationale di 11 février 1792, sur rorganisation kYztmée. Les officiers et soldats idu les ordres du cbef de brigade l'appelaient, en lui parlant, citoyen mjf au lieu de se s^vir de la formule Moft colonel, usitée jusqu'alors et Èfà on a encore fait usage depuis.

%idéeret du 1*' vendémiaire an xii^ httot rendu la dénomination de régi*'- M aox demi' brigades j rétablit « celle de colonel que portent en* Iwe aujourd'hui ces officiers supé^

*jtoF b'bscabbon. -r Quelques ptotleos font remonter l'origine de vÇ^ à Tannée 1582; suivant d'au- M^ le nom seul de commandant iMron fat employé sous Louis ^v; mais ce fut seulement sous Hen*- !^ÏÏ jju'il commença à désigner des ^iMetions en rapport avec celles des ■teft d'escadron actuels.

Louis XIV, il y eut des com*

m&daDts d'escadron dans les chevau*

et dans les gendarmes de la

Rie; mais ces officiers n'exerçaient

'*un emploi et n'avaient, comme les

de bataillon dans l'infanterie ,

Mtre grade que celui de capitaine ;

kl le déqret du 21 février 1793 qui

>r donna le titre de chefs d'escadron,

1% ont toujours conservé depuis.

Depuis l'ordonnance du 19 février

1, portant organisation des régi*

its de cavalerie à six escadrons , le

nombre des officiers de ce grade est

fcéàdeax par régiment, sur le pied

paix, et à trois sur le pied de guerre.

oyez ESCADBON.)

Chefs b'obbrbs et de congbéwtows. — On appelait ainsi au- ^'w^is, dans les ordres réguliers ou

hospitaliers, la t>reœièré; ou priilcipale ihaisbn, de laquelle dépeiulâfenk toutes les autres maisons de li'ordref et où se teiiait le chapitre géliéiral« Les abbayes chefs d'ordre étalent.. toutes régulières , et elles exerçaient une certaine autorité sur les maisons qu'elles avaient formées. Les abbéà titulaires de ces abbayes prenaient aussi le titre de chefs eCordrey et ils Jouissaient en cette qualité de plusieurs privilèges* Leurs monastères étaient exempts des visites de l'évéque diocésain, et affrant cbis de là Adini nation du roi , pour les bénéfices qui étaieat à leur collation < Ils avaient la juridiction de leurs relif Çieux , et leur pouvoir, à oet égard « était très-étehdu. Ils avaient enfin un droit de visite et jde correetion sur tous les monastèi^s soumis à leur âutoritéa Voici les noms des seize maisons d'ordre que l'on comptait en France :

Bourg' j4chard, en Norniandiei chef d'une réforme de chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin , établie en 1680.

La Chancelade^ en Périgord , chef d'une congrégation de chanoines réguliers du même ordre , et qui était composée de six maisons.

La Grande - Chartreuse , en Dau* phiné , dief dé l'ordre des chartreux.

CitèauXy en Bourgogne, chef de l'ordre de Ctteaux.

Clairvauxy en Champagne, chef d'unefiliation très-nombreuse du même ordre.

Ckini ou Clugnyy en Bourgogne»

chef d'une congrégation de l'ordre de Saint-Benoit.

La Fertéy en Bourgogne , chef de l'une des quatre filiations de l'ordre de Cîteaux.

Feuillants y dans le Comminges, chef de la congrégation de ce nom.

FontevrcmU, dans le Saumurois, chef de l'ordre de ce nom.

Grandmonty dans la Marche^ chef de l'ordre de ce nom.

Morimont, dans le Bassigny, chef d'une des quatre filiations ^e Citeaux«

Pontigntf^ en Champagne, chef d'une des quatre filiations de l'ordre de Cîteaux.

CHE

L'UNIVERS

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