‹ France (volume 5)Chapitre 77 sur 114 · TT · texte numérisé non relu

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s*éleyait, en 1769, au chiffrede 58 millions. Elle avait d'ailleurs perdu des privilèges importants. Elle n'avait pas été dédommagée de celui de vendre des nègres dans les colonies d'Amérique, qu'on lui avait retiré en 1766 , pour une faible augmentation de prime qu'elle avait obtenue sur ses exportations et ses importations; de plus, elle venait de perdre encore tout récemment, et sans dédommagement, la vente exclusive des cafés du Levant.

Elle se plaignit publiquement de ces pertes, et ses réclamations réveillèrent les querelles sur la question de savoir si son existence était ou non profitable au pays. Tous les économistes prirent la plume. L'abbé Morellet j;eta de grandes clartés sur la matière, et jamais discussion ne fut plus savamment engagée. Enfin , le gouvernement , ou convaincu , ou voulant faire une épreuve, suspendit, par arrêt du 13 août 1769, les privilèges de la Compagnie , et déclara le commerce libre dans toutes les contrées où elle en avait eu le monopôle; cette suspension fut effectuée par un nouvel arrêt du 17 février 1770.

Par suite de cette grande mesure, il fut accordé à la Compagnie la faculté d'établir une loterie dont le fonds serait de 12 millions, et dont le produit devait être appliqué au payement des dettes ; mais différentes circonstances rendirent nuls les avantages qu'elle espérait tirer de cette dernière faveur. Enfin, par arrêté du conseil du 8 avril 1770, le roi accepta la cession de tous les biens, droits et actions de la Compagnie des Indes, se rendit propriétaire de tous ses immeubles réels ou fictifs, meubles, effets, marchandises, créances, etc. ; se chargea de ses engagements de toute nature , en maintenant l'appel de 400 livres par action , autorisé en 1764 , et confirmé pour les retardataires, par lettres patentes du 9 février 1770. Moyennant cet appel , l'action de 1600 livres produisant 80 livres de rente, selon l'édit de 1764, iiit portée à 2,500 livres , produisant 125 livres de rente perpétuelle. Quant

à la liberté de commerce , elle ftit maintenue , et plusieurs actes firent connaître la manière dont il devait se faire , et la protection dont il serait environné.

Les choses restèrent ainsi pendant quinze ans. Au bout de ce temps , on crut reconnaître que le laisser-passer et le laisser-faire des économistes n'avaient pas procuré tous les avantages qu'on en attendait. On crut s'apercevoir que sous le régime de la liberté, les cargaisons n'étant ni combinées entre elles, ni proportionnées aux besoins des lieux de leur destination, s'y vendaient à bas prix , tandis que le concours des arrivages dans les marchés de rinde-y surhaussait le prix des achats ; que d'un autre cÔte les importations en retour, composées de marchandises de mêmes espèces, sans mesure ni assortiments , avec excès dans quelques articles et manque total dans d'autres, étaient aussi désavantageuses aux négociants qu'insuffisantes pour l'approvisionnement du royaume; et l'on en revint à l'idée qu'une Compagnie privilégiée pouvait seule, par ses ressources , son crédit , et l'appui d'une protection particulière, faire utilement le coiflmerce des Indes et de la Chine.

En conséquence , un arrêt du conseil, en 57 articles, et daté du 14 avril. 1785, institua une nouvelleCompagnie des Indes.

Cet arrêt ne tenant nul compte de la cession faite, le 9 février 1770, par la Compagnie alors existante , de tout son actif au roi, à la charge de payer ses dettes , et ne considérant les privilèges de cette association que comme en état de suspension, les déclara abolis quanta elle. Cela fait, on en investit la nouvelle société , déchargée . des soins politiques, ainsi que des frais de souveraineté qui avaient ruiné l'ancienne, et investie pour sept ans du droit exclusif de commercer , par terre et par mer, depuis le cap de Bonne-Espérance jusque dans les mers des Indes orientales , les côtes orientales de l'Afrique, Madagascar, les fies Maldives , la mer Rouge , Siam , la

T. V. 29" Livraison. (Dict. knçycl. , etc.)

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Gbine, la Goelitiiebme el k Jap#n. Le

rt de liorient fut assigné pour être point de départ et le lieo d'arrivée des expéditions, ainsi que l'entrepôt général des marchandises.

Les î\es de France et de Bourbon furent laissées en dehors du privilège, et il fut pertois aux r^nicoles de eoo*' oourir à leur approvisionnement, savf à prendre, pour la forme, un passeport de la Compagnie , <|ui ne Bouvait pas le refuser , et devait le oélivrer sans frais. Les deux îles, elles-mêmes, eurent la faculté de commercer dinde en Iode, et de faire la traite des noirs, sur la côte orientale de TAfnque, soit pour leurs besoins particuliers , soit pour eeux des colonies d'Amérique où elles étaient autorisés à transporter leurs cargaisons.

La gestion des affaires de la Cùm* pagnie, dont le centre principal devait être à Paris, fut confiée à douze ad* ministrateurs, qui devaient être agréés par le roi, et soft capital ixé à 20 mil* fions, divisés en 20,000 actions de 1000 francs. Chaque administrateur dut en souscrire 500 , sur lesquelles 2fii0 devaient étre^dépoçéès danâ la caisse de k Compagnie à titre de eautionneraenV Quant aux 14,000 autres, on devait les offrir aux spéculateurs et aux capitalistes. Ce capital, déclaré' .insaisissable tout le temps du privi* lége, demeurait affecté et hypothéqué, par préférence spéciale, à tous les en* gagements de la Compagnie. Le bilan devait être dressé, et le dividende fix4 tous les ans , sauf le premier, dont répoque fut fixée au mois de décembre 1787. Si |>endant le cours du privilège il venait a éelater une guerre , les années qu'elle durerait ne compteraient pas, et à la paix , la Compagnie eom*pléterait les sept ans qui lui étaient accordés. Le roi s'obligeait à protéger la Compagnie , à la maintenir, même par les armes , dans Texerciee de ses droits, et à racheter ceux^e ses admiinistrateurs, capitaines, officiers et matelots qui seraient faits prisonniers de guerre. Il la garantit de toutes de^ mandes et prétentions qui pourraient je former contre elle, provenant du

privilège de l'aneienne Cempagnie des Indes, et lui accorda le transit pour toutes ses raarebandises, même êelks ^î seraient nécessaires à la traite des noirs , si elle jugeait à prepos de la faire. Il lui accorda pareillement la permission d'exporter des matières , d'or et d'ar^nt , nonob^nt toutes défenses contraires, à la seule coDdi* tion de faire connaître au contrôleur giénéral des finances la valeordeccs sortes d'exportations. Enfin, il abolit à son occasion le droit d'induit, &éà ê podr cent suv tes marchandises provenant du commerce de l'Inde et delà Chine , et à 3 pour cent sur celles des îles de Brance et de Bourbon.

Outre ces nombreux avantages, le roi eéda à là Compagnie la jouissaoee gratuite du port de Lorient , d«s bétels , magasins , caves , ebantiers de construction, cordérie, ateli^s, pontons, ustefusiles,. facilité de port , ete.i y existant et appartenant à ïtM) comme aussi la jouissance pamlt^ ment gratuite des bâtiments» ma^' sins, comptoirs , ateliers , loges , ete.i qui se trouvaient au delà du cap de Bonne^Ëspérance , et dont l'usage loi était nécessaire^

Le 19 juià de la mente afifiée,!»

statuts et règlements particHirliers qiK la Compagnie rédigea, ainsi ^e l'arrêt du 14 avril qui lui en conférait ledroili furent homologués et rendus exéeu* toires; le 13 avril 1786, parut on règlement pour la vente des marebaDd^ ses provenait du commerce et l'Ifi^! et le 21 septembre 1786, afin de lu donner le temps de fonder des éfr blissements solides , et la {losfiibiliK de faire de vastes entreprises, tf* privilège fut prorogé.

On avait enfin profité des leçons à passé , et puisqu'on croyait le no»

pôle . absolument nécessaire poor * oomuierce de l'Inde , on Favait assis, cette fois, sur des bases raisoantbltf- La nouvelk Compagnie des Indes a»rait-elle obtenu des succès , c'est ee qtie l'on ne fut pas à même de reçofr naître. Quatre ans après sa fondatios, et au moment où die n'avait pas encoi* eu le temps de doiMier des fK^

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nombreuses d'intelligence et de capacité, la révolution survint , qui porta ]e trouble dans ses opérations ; et , le 3 avril 1790, TAssemblée constituante la supprima , et rétablit la liberté du commerce par un décret ainsi conçu :

« Le commerce de Tlnde , au delà' du cap de Bonne- Espérance, est libre pour tous les Français. »

Compagnie de la Chine. — Vers la fin de 1687, la Compagnie des Indes ' orientales se trouvant hors d'état de faire des expéditions dans toutes les contrées dont se composait son privilège, céda, avec le consentement du roi , le droit exclusif de commercer avec la Chine, à une compagnie de négociants et de capitalistes, a la tête de laquelle se mit un nommé Jourdan.

Cette compagnie, qui eut en même temps la faculté d'utiliser à son profit tous les établissements qu'elle trouverait fondés sur les lieux, n'ayant en conséquence aucuns frais à faire, autres auc l'achat de ses chargements et l'expédition de ses navires, devait obtenir des bénéfices, et en obtint en effet. Elle serait allée loin peut-être, mais, en mai 1719, l'édit qui réunit la Compagnie des Indes orientales à celle d'Occident, révoqua des privilèges dont elle n'était que rétro-concessionnaire , et la déclara supprimée.

Compagnie des îles d'Amérique. — C'est la plus ancienne qui ait été créée pour l'exploitation du nouveau monde.

Des lettres patentes qui lui furent délivrées en 1626, lui conférèrent la propriété de toutes les fies qu'elle mettrait en valeur, lui concédèrent le droit exclusif d'y commercer, ainsi que celui d'exiger de chaque habitant, depuis seize à soixante ans, annuellement cent livres de tabac ou cinquante livres de coton. En échange de ces avantages, elle ne devait faire passer dans ses établissements que des naturels français et catholiques, entretenir dans chaque centre d'habitation trois prêtres pour les besoins spirituels, et à chaque mutation de roi prêter foi et hommage et offrir une couronne d'or.

Cett^ Compagnie , quoique ses moyens fussent bornés, parvint rapi-

dement à un si haut degré de prospecté, que les Français ar£«rèrehtbi6il^ tôt leur pavillon sur toutes les 1)M voisines du siège principal de leurs établissements. En conséquence, par artêt du 12 février 1635, le roi petmit à fo Compagnie de nommer un caf^itaine général des capîtanies, d'avoir âtis^gi^tfs de guerre pour la défense de seâ pbssessions, et dV instituer ^tê officiera pour y rendre la justice. Ge fat alors qu'elle prit le titre de Comp^gfrîe d^ tles d'Anfîërique. ' .~ '

Mais Favidité que montra cette Gonitpagnie, ruina en moins de quinine afffs de si beaux commencements. Commfe elle avait seule le droit de commercer dans ses tles, les habitants étaient foi^cés de lui acheter les vivres que le sèl ne leur fournissait point ebéore. Elle les leur vendit si cher et fixa si bas te prix des marchandises qu'ils lui doôtiaient en échange, qu'elle les mit dans la nécessité d'ouvrir avec les HoWdBdais, qui se montraient plus modâ^éft, un commerce interlope, dont le résultat fut sa ruine complète. Elle obtint, en 1642, de nouveaux privilège et le renouvellement des anciens, mais le mal était fait. Elle eut le bon esprit de s'en apercevoir et de ne pas s'entétet. De 1649 à 1651, avec la permission <fu roi , elle vendit toutes ses îles et opé^a sa liquidation. Ses privilèges, ainsi que ceux de toutes les compagnies d- Amérique, furent accordés à celle dès Indes occidentales fondée par Colbert.

Compagnie de la Nauvelle'France.

— Cette Compagnie, formée en 1638, reçut de Louis XIII la concession du Canada, que l'on appelait alors la Nouvelle - France^ de Québec et des terres qu'elle découvrirait. Elle obtint en même temps deux navifes, le privilège exclusif de toute espèce de commerce et d'entreprises, à l'exception de la pêche et du trafic de la baleine et de la morue, dont les habitants du Canada avaient le libre exercice. Il lui ftit accordé de plus le droit de bâtir des forts et forteresses, et d'entretenir les troupes qu'elle jugerait nécessaires à la défense du pays, d'ériger des terres en fiefs titrés et (J'înstifuer

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des tribunaux pour rendre la justice en son nom.

Ses charges étaient de faire passer au Canada, pendant la première année de son établissement, 300 hommes de divers métiers, français et catholiques; 4,000 pendant les quinze années suivantes, et dé pourvoir à tous leurs besoins pendant trois ans.

La soif de ^ains excessifs ruina cette Compagnie comme elle avait ruiné celle des Iles d'Amérique. Les Hollandais s'emparèrent de son commerce, et il n'existait plus lorsque le privilège exclusif de commercer avec le Canada fut, en 1654, transporté par Louis XIV à la Compagnie des Indes occidentales.

Compagnie de la France équinoxUue, — Quelques négociants français , sous la conduite de Poucet de Brétignj^, avaient déjà, en 1643, fait une expédition dans la contrée située entre 1 Orénoque et le fleuve des Amazones, lorsqu'en 1651, il se forma, pour y fonder des établissements fixes, une compagnie qui paraissait devoir prendre un grand essor, obtenir de beaux succès, et qui eut les suites les plus désastreuses. L'abbé de Marivault, qui en était le fondateur, se nova en s'embarquant; Roy ville, envoyé à Cayenne

{>our y commander, fut assassiné dans a traversée. Les principaux intéressés, qui avaient commis cet attentat, périrent tous misérablement. Le commandant de la citadelle passa chez les Hollandais avec une partie de sa garnison. Enfin, ceux des colons qui avaient échappé à la misère, à la faim, aux intempéries du climat et aux armes des indigènes, gagnèrent les îles du Vent sur un bateau et deux canots, et abandonnèrent après quinze mois, Cayenne aux Hollandais qui s'en emparèrent.

£n 1663, une nouvelle compagnie se forma dans le même but que la précédente, sous la direction du maître des requêtes de la Barre. Elle fit une expédition, chassa les Hollandais de Cayenne, et y jeta les fondations d'un nouvel étaolissement. Mais comme son fonds social ne s'élevait pas à çlus de

200 ,000 francs , et qu'avec ces bibles moyens, elle devait coloniser aussi la Guyane, il lui fallut renoncer à sod privilège. L'année suivante, elle fut absorbée par la grande Compagnie des Indes occidentales, qui réunit les possessions et les droits de toutes les autres.

Compagnie des Indes occidentaks.

— Pour former cette Compagnie, Louis XIV racheta, au prix de 745,000 livres , les îles d'Amérique , que la Compagnie de ce nom avait vendues, en 1649 et 1651, lorsqu'elle s'était mise en liquidation. Par édit de 1664, il concéda à la nouvelle association le commerce de l'Afrique, de la France équinoxiale et de l'Amérique septentrionale. Ce corps puissant devait détruire le commerce interlope que les Hollandais faisaient dans les établissements français; TÉtat lui prêta pour dix ans, sans intérêt, une somme égale ao dixième de son capital, et déchargea de tout droit les denrées qu'il porterait dans ces diverses colonies.

Ces avantages n'aboutirent à rien; l'infidélité des agents, les besoins des colons, les malheurs de la guerre, ainsi qu'une foule de désastres que le bureau oe Paris ne pouvait ni prévoir ni réparer, mirent la Compagnie dans la nécessité de contracter des delle^. et cette nécessité jeta le plus grand désordre dans ses affaires. Pour sauver une partie de la mise des actionnaires, et persuadé que la liberté du commerœ procurerait à l'Amérique des avantages qu'elle n'obtiendrait jamais du monopole, le gouvernement, en 1674, suf prima la Compagnie des Indes ocadentales, et se chargea de ses dettes, qui se montaient à 3,523,000 livres.

Compagnie de rAcadie. — Cette société fut créée en 1683, pour feirt exclusivement le commerce du castoi et des pelleteries qui se tirent des hautes régions de l'Amérique septentrionale. Elle obtint des succès tait que les produits furent abondants et qu'elle jouit de toute la plénitude de son privilège ; mais les animaux qa'die dépouillait de leurs fourrures diminuèrent de nombre ou se ré^gièreot

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dans des contrées inabordables; ensuite des fraudeurs lui firent une dan< gereuse concurrence. Ces deux causes capitales, réunies à d'autres, firent qu'à l'époque de Texpiration de son monopole, en 1703, elle renonça à en demander le renouvellement.

Compagnie du Canada. — La Compagnie de l'Acadie. n'ayant point demandé, en 1703, la continuation de sou privilège^ il se forma, en 1706, sous le nom de Compagnie du Canada, une autre société qui avait pour but le même commerce, c'est-à-dire celui du castor et des pelleteries. Elle fit quelques expéditions, fonda quelques comptoirs, mais n'arriva jamais à une prospérité réelle. Elle fut réunie, en 1717, a la Compagnie d'Occident.

Compagnie de Saint-Domingue, — Cette Compagnie fut instituée en 1698 par Louis XIV, pour défricber et mettre en valeur la partie de l'île Saint- Domingue qui s'étend du cap Tiburon à la pointe du cap Béate. Ce territoire, dans un développement de plus de cinquante lieues de côtes , et sur plus de trois lieues de profondeur, ne comptait pas alors cent habitants. La Compagnie ,' dont le privilège devait durer vingt-cinq ans, s'était obligée à y faire passer 2ô00 noirs pendant les cinq premières années, et dans chacune des vingt autres, deux cents Européens et deux cents noirs. Elle devait aussi empêcher les habitants du cap Français , de Léogane , du petit Goaye et autres lieux , de déserter leurs habitations pour venir s'établir sur son territoire. Elle fut autorisée à faire des traités de paix et d'alliance , à nommer aux emplois militaires , et à instituer des tribunaux pour rendre la justice en son nom.

Cette Compagnie débuta fort bien.

Elle distribua gratuitement des terres à ceux qui lui en demandèrent, et vendît, dans 4a proportion des besoins et des talents, des esclaves à trois ans de terme. Elle accordait le même crédit pouF les vivres et marchandises, quoiqu'ils dussent être livrés au cours du marché général. Quant aux productions du sol, elle les prenait en échange

au prix qu'elle aurait payé dans les autres quartiers. Un système si bien entendu, si modéré, devait faire prospé* rer les affaires de la Compagnie comme celle des habitants ; mais les administrateurs qui l'avaient fondée furent remplacés , et ceux qui leur succédèrent se montrèrent animés d'un tout autre esprit. Le désir de s'enrichir avec promptitude, remplaçant la prudence qui semait pour recueillir , les colons se trouvèrent en proie aux vexation s non-seulement des chefs supérieurs, mais encore des employés subalternes. Cette conduite déloyale porta ses fruits. Abhorrée des habitants , ruinée par les infidélités de ses agents, trompée dans ses spéculations, Ja Compagnie se vit, en 1720, trois ans avant l'expiration de son privilège , obligée de remettre ses droits au gouvernement.

Au mois d'avril de la même année, le roi laissa à tous ses sujets la liberté de commercer avec Saint-Domingue, c'est-à-dire, avec la portion de cette ile dont il avait fait concession à la Compagnie. Mais au mois de septembre suivant , il investit la Compagnie des Indes de tous les avantages dont avait joui l'association qui venait de se dissoudre , et lui accorda en même temps le commerce exclusif des noirs dans toute l'île, à la charge d'y en introduire deux mille par an.

La Compagnie des Indes abusa de son privilège , comme l'avait fait la Compagnie de Saint-Domingue, et son manque de modération causa des séditions et des troubles qui durèrent deux ans. On pilla ses magasins , on brûla ses édifices , on refusa les noirs apportés par ses vaisseaux. On se disposait à aller plus loin encore , lorsqu'en 1724, le gouvernement, pour arrêter l'orage , permit sagement au lieutenant général , qui avait des pouvoirs suffisants pour cela, de révoquer les privilèges de 1^ Compagnie. Les troubles s'apaisèrent alors ; et, depuis ce temps , le commerce de Saint-Domingue fut ouvert à tous les négociants français.

Compagnie d^Occident. — Cette

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Compagnie fut créée pair Lav en 1717, pour augmenter le crédit de }a banque générale qu'il avait fondée. Les principales clauses du privilège furent le commerce exclusif de la Louisiane pendant vingt-cinq ans, et depuis le 1*' janvier 1718 jusqu'au 31 décembre 1743 , de celui du castor, dont on déposséda la Compagnie du Canada.

Le capital de cette Compagnie fut fixé, par l'édit de décembre 1717, à cent millions payables en billets d'État, pour lesquels il fut créé par le roi, sur Jes fermes générales , une rente de quatre millions au profit de la Compagnie. En 1718, la nouvelle associa* tionse rendit adjudicataire de la ferme générale des tabacs pour quatre mil- Tions vingt mille livres. Afin de favoriser ses plantations de la Louisiane , et d'augmenter la consommation du tabac, elle rendit la vente libre. Au mois de septembre de la même année, elle fut autorisée à acheter les privilèges de la Compagnie du Sénégal ; et cette opération, qui fut consommée en 171^, lui procura le conamerce exclusif de cette contrée de l'Afrique, aux mêmes conditions que la Compagnie d'Occident.

Telle était la situation de la Compagnied'Occident en mai 1719, lorsqu'elle fut réunie à la Compagnie des Indes orientales. (Voyez ce mot.)

Compagnies et assurances. — Nous devons dire un mot , en finissant cette histoire abrégée des grandes compagnies de commerce qui se sont établies en France , sur une autre espèce i d'associations qui ont pris de nos Jours un grand développement. Nous voulons parler des compagnies d'assurances. Les assurances contre les risques de la mer sont fort anciennes. Il n'en est pas de même de celles qui ont pour but la garantie des désastres causés

risque que coorent les bateaoxd'étié submergés sur les fleuves , contre ce* lui auquel sont exposées les voitores d'être incendiées en route. Nous avons des assurances eontre les ravages de la grêle , contre la gelée des vignobles, contre les chances du recrutement militaire , etc. ; enfin, nous en avons même sur la vie. Toutes, à TexceptloQ de la dernière , prennent , moyearant une prime annuelle ou une fois payée, pour leur compte particulier le préjudice qu'éprouvent les assurés aam les cas prévus parleurs statuts, et les en indemnisent ou leur fournissent le moyen d'y porter remède. Quant aax dernières , les assurances sur la vie, elles ont pour but de faire payer à une personne désignée une somme quelconque après le décès de l'assuré.

Il avait été question d'assujettlT te établissements d'assurances contre le recrutement à des règlements qui te auraient rendus presque impossibles.

Mais , lors de la discussion de la lei d'avril 1841 , on a modifié les preffliè' reï idées qu'on avait eues sur la matière , et on s'est borné à soumettre ces établissements à des formalités dont on trouvera le détail à Tarticie Remplacement.

GoMPA&Nrss DE Jbhv. On don»

ee nom aux associations de royalifr tes qui se formèrent pendant la rêvelution, dans le midi de ta France, après le 9 thermidor , et qui commirent da« ces contrées un grand nombre d'ttsâssinats. Ces scènes de meurtrecooimencèrent à Lyon peu de temps après le 9 thermidor. « On publia une listt in-4« où se trouvaient les noms de tous ceux qui étaient soupçonoés (f** Toir fait quelque dénonciation , el, dans une colonne parallèle, celui des personnes dénoncées, guillotinées oa fusillées. Guidée par cette liste, b

ar les incendies ; celles-ci sont tout à Jeunesse dorée de Rhône et Loiret* ait modernes, et ne datent que du quait les révolutionnaires de porté o

dix-huitième siècle. De nos jours on a , comme nous le verrons plus bas , appliqué les assurances à la garantie de beaucoup d'autres dangers, et même de dangers certains. Nous avons, entre autres, des assurances contre le

porte , les faisait sortir comme p««f les conduire à la commune , <t ^ égorgeait ou les assommait parder; rière. Les cadavres étaient attacha* la première voiture qui passait, tr«nés jusqu'aux bords m Rhône et jetts

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à l'eâu. A défaut de voiture, les tueurs eux-mêmes traînaient leurs victimes dans le fleuve. Pas une voix ne s'élevait pour blâmer ces scènes atroce3.

La classe bourgeoise , alors maîtresse de la ville , se contentait de dire , lorsqu'elle n'excitait pas directement Je zèle des assassins : C^e^t un Mathevon de moins /. . . . On n'épargna pas les femmes. . . Les meurtres étaient presque toujours suivis de vols. . . Les • massacres n'eurent d'autres suites judiciaires que la traduction devant le tribunal de Roanne d^une quinzaine de jeunes gens notoirement connus comme égorgeurs. Ils furent acquittés, et le jour où ils devaient rentrer à Lyon, des femmes sortirent au-devant d'eux , jetant des 'fleurs sur leur passage; le soir, ils furent couronnés au spectacle. On continua d'assassiner publiquement dans cette ville pendant

Eljusieurs années encore ; mais il est ien difficile, pour ne pas dire impossible , de donner , même approximativement, le chiffre des victimes. Marseille, Aïx, Toulon, Tarascon, presque toutes les communes de l'ancien comtatVenaissin et delà Provence, furent aussi en proie aux égorgeurs. L'His- Jtoijre générale et impartiale publiée par Prudhomme, dansun tableau annexé au sixième volume, porte à 750 le chitfre des individus égorgés dans tout le Midi après la réaction du 9 thermidor.

Mais Pradhomme, dont les opinions contre-révolutionnaires sont bien cour nues , parle uniquement des meurtres qui eurent lieu dans les villes pripcir pales, tandis qu^il n'y eut pas un vij. fage , pas un hameau dans ce malheureux pays , où quelaue assassinat n'ait été commis par les tnermidoriens. Les preuves que l'on possède à cet égar4 permettent d'afGrmer que, dans les contrées qui furent le théâtre de ces attentats, la réaction fit plus de victimes que n'en avait fait la terreur (*).» Les compagnies de JéhUy qui avaient pris Leur nom de Jébu , U destructeur

(*) Voyez Bisloire ffbrlementairê de la révoùitioft Jrançaisep t. XXX.VI, p. 409 et suir.

de la maison d'Achab et des prêtres ie Baal, étaient appelées par le peuple les compagnies de Jésus, Elles prenaient aussi quelquefois le nom 4^ compagnies du soleil.

COMPAONIES LITTÉRAIRES aVUlfU

le dix-septième siècle, — L'article Académie française nous a déjà fourni l'occasion de dire quelques mots des sociétés qui avaient précédé en France la célèbre institution dont Richelieu se fît le protecteur; mais, forcés de nous restreindre , nous avons dû omettre quelques faits intéressants qui trouvent naturellement iei leur place.

. En parcourant l'histoire de France pour découvrir quelque essai à^ académie, quelque reunion dont les occupations ressemblassent à celles des sociétés savantes de nos jours , on trouve d'abord l'école fondée par dharlemagne dans son palais (Voy. École PALATINE), et dont lui-même voulujt être membre. La guerre dispersa bientôt cette assemblée; la guerre en|pdcha qu'il s'en reformât de pareilles pendant le moyen â^e. N'oublions pas cependant de mentionner ici les g^ lantes compagnies qui à cette époqi^e s'établirent dans nos différentes pro»vinces sous le nom de Cours d'amour, (Voy. ce mot.) Si elles n'accordaient pas aux lettres la première place, elles perpétuaient du moins, au milieu des mœurs un peu grossières du temps, Le goût des sociétés noiies , et leur héritage se transmit puis tard aux Jeuqc cfe la gaye science . si célèbres depuis sous le nom de Jeux floraux. (Voy.

ce mot.) Il s'établit encore, du quatorzième au quinzième siècle, d'autres institutions littéraires, mais qui ne durent pas leur origine à à&s idées d'amour profane : nous voulons parler des PuyS'Notre-pame. On désignait ainsi des compagnies qui, à certaine^t

Jpoques de 1 année, se réunissaient ans plusieurs bonnes villes deFrancCy nour entendre des pièces de vi&rs, doni fa récompense consistait souvent, comme à Toulouse, en une fleur d'av?

gent. Mais tous ces chsu^s^ .(ousflefl rondeaux, toutes ces ballades, avaient

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exclusivement poar objet la louange de la Vierge, et cette particularité ne doit pas étonner si Ton songe au culte fervent et empressé que le moyen âge avait voué à la mère du Christ. Le

S lus ancien de ces puys {*) fut institué Rouen vers 1150; celui d'Amiens fut fondé en 1393. Mais ce fut surtout pendant les quinzième et seizième siècles qu'ils brillèrent d'un vif éclat. Tous les ans on nommait un prince ou maître du jeu , qui devait subvenir aux frais nécessaires. A Amiens, ce maître était président d'un dîner célébré le jourcle la Chandeleur, et pendant lequel « il faisait représenter un mystère , et donnait à chaque associé un chapeau vert et une copie du mystère; le lendemain, après la messe, il décernait publiquement une couronne d'argent à l'auteur de la meilleure ballade. Ce^ usages, ou quelques autres du même genre, furent aussi pratiqués dans plusieurs villes de France. Sans être précisément les mêmes que ceux qui constituent nos académies modernes , il existe cependant entre eux des rapports qui sont faciles à saisir. Au nord de la France et dans les Pays-Bas, le nom donné à ces compagnies différa : il fut plus savant, plus littéraire; elles furent appelées chambres de rhétoricrue. Plusieurs de ces chambres avaient déià, vers 1302, une organisation régulière. Outre les poésies sacrées que l'on recevait au concours, elles proposaient, à certaines époques de l'année, des questions de littérature ou de philosophie , auxquelles les seules chambres reconnues étaient admises à répondre; elles le faisaient ordinairement par une moralité en vers. La chambre qui remportait le prix, appelé Joyau du pays, proposait à ^n tour une autre question. Les fêtes données

(*) On n'est pas d'accord sur l'origine de ce mot, comme dénomination de ces confréries. Les uns lui donnant la signification de colline (podium) f ont )>ensé qu'il désignait l'emplacement choisi primitivement pour tliéâti*e naturel de ces réunions; les autres le tiraient d'un miracle opéré par Notre- Dame, qui sauTa un enfant endormi sur le bord d'un puits^

à l'occasion de ces concours étaient très - brillantes. Les compagnies se rendant visite les unes aux autres, déployaient tout le luxe qui était à leur portée (*). »

Il ne paraît pas qu'il ait existé à Paris d'institution semblable sous François I*% le père des lettres. Ce fut sous Charles IX, et avec la protection de ce roi, que s'établit cette académie de Baîf, dont la similitude avec l'Académie française est presque complète.

Quand les guerres de religion se furent apaisées et eurent laissé fructifier ces germes de culture littéraire , le goût des réunions devint dominant, et plusieurs années avant la création due à Richelieu, il s'était formé à la cour et à la ville des cercles destinés spécialement à des conversations sur l'éloquence et la poésie, et à la lecture des ouvrages nouveaux. Sans parler des réunions de l'hôtel de Rambouillet, de mademoiselle de Scudéry, etc. , dont il a été question à l'article Bubeaux d'espbit, nous citerons comme une des premières et des plus remarquables de ces sociétés, celle que Malherbe tenait chez lui presque tous les soirs. « Il était cependant fort mal meublé, et logeait dans une chambre garnie où il n'y avait que sept ou huit chaises de paille; souvent les chaises étaient toutes occupées, et il lui survenait encore du monde; Malherbe fermait alors la porte en dedans , et répondait à ceux qui frappaient : Attendez, il n'y a plus de chaises (**}.• Le fameux gazetier Renaudot avait aussi à son bureau d'adresse (voy. ce mot) une sorte d'académie ; et Ménage, suivant l'exemple de Malherbe , reunissait les hommes de lettres ses amis dans sa maison du cloître Notre- Dame, d'abord tous les mercredis soift et plus tard tous les jours.

Nous voici amenés à l'époque où le cardinaKministre, prenant sous son patronage la petite reunion de Comartet

en rnotot\

(*) Les compagnies littéraires en M par M. Leroux de Lincy, Revue de n** du 24 janvier 184 1.

(**) Leroux de Liocy, d'après Bacan.

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FBANCE.

de Desmarets^ lui octroya, aa prix de son indépendance, une constitution officielle et le glorieux titre d'Académie française. De curieuses tentatives furent faites par des particuliers poHr rivaliser avec cet étaolissement, dont la faveur et Téclat toujours croissants excitèrent bien des rumeurs. Ainsi s'élevèrent les académies de la vicomtesse d'Auchy (*) et de Tabbé d*Aubignac. Mais Tune fut fermée par ordre de l'archevêque de Paris , parce qu'on y avait soutenu certaines propositions peu orthodoxes sur la philosophie et la théologie ; l'autre, ouverte en 1662 , et fréquentée par beaucoup d'hommes distingués , s éteignit avec son fondateur. «On le voit, par toutes ce^ imitations , dit M. Leroux de JLîncy, Richelieu , en créant l' Académie française, ne pouvait que réussir ; cet établissement répondait aux besoins d'une époque oii des maîtres dans tous les genres allaient produire des œuvres immortelles. »

Compagnies militaires. Le mot de compagnie sous lequel on désigne aujourd'hui l'une des divisions du bataillon ou de l'escadron (voyez ces mots), avait dans l'origine, une signification beaucoup moins restreinte.

Ainsi, dans l'infanterie, il s'appliquait,, au commencement du règne de François V, à des corps de troupes de diffésentes forces, et quelquefois à des bandes de plusieurs milliers d'hommes, pourvu que leur chef eût le titre de capitaine (voyez ce mot). ]L,es légions , organisées peu de temps après, furent divisées chacune en six compagnies de mille hommes ; mais cette organisation improvisée dura peu , et l'on en revint bientôt au système des compagnies et des bandes ir régulières, qui n'avait d'ailleurs jamais été abandonné.

Les compagnies de cavalerie légère xi'étaient pas organisées plus régulièment que celles de l'infanterie ; quant iM. celles de la gendarmerie ou grosse 4*aya1erie , elles avaient en partie conservé l'organisation des compagnies

(*) Voyez DES Uasizrs (Charlotte). .,.

d'ordonnance, instituées par Charles , VII (voy. Compagnies d* ordonnance),

Henri II réunit, en 1558, plusieurs compagnies d'infanterie, pour en former les premiers régiments. Charles IX fit de même. Montluc, dans le quatrième livre de ses Commentaires , se sert des expressions de régiment et A'enseigne^ pour désigner les sept bandes ou compagnies à la tête desquelles il alla au secours de Corbie en 1558. Sous Louis XIII , presque toutes les bandes avaient été réunies en régiments. C'est alors que ces cor[)s furent divisés en bataillons , subdivisés eux-mêmes en un certain nombre de compagnies , que, dans les énumé- ' rations , on désignait aussi quelquefois sous le nom d'enseignes , parce que chacune d'elles avait un drapeau.

Depuis, la force numérique des compagnies a plusieurs fois varié (voyez l'art. Bataillon) ; mais la signification de ce mot est toujours restée la même.

Longtemps les compagnies portèrent le nom de leurs capitaines ; et cet usage, aboli seulement en 1791, reparut au commencement de la restauration, qui s'effor<jait de faire revivre toutes les institutions de l'ancien régime. Mais cette tentative échoua comme la plupart ae celles du même genre ; et , à la réorganisation des légions en régiments en 1820, on rendit aux compagnies leurs numéros , pai* lesquels elles n'ont plus cessé d'être désignées depuis.

Jusqu'à la révolution , chaque colonel ^u raestre de camp d'infanterie et de cavalerie avait , dans son régiment, sa compagnie particulière qu'on appelait la compagnie colonelle. Les colonels généraux avaient également, pour leur compte particulier , une compagnie dans tous ou dans presque tous les régiments de leur arme , prérogative qui était une suite de l'importance qu'on attachait précédemment au titre de capitaine.

Autreiois , les compagnies s'achetaient. Une com{)agnie de gardesfrançaises se payait environ quatrevingt mille livres. Celles de cavalerie

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L'UNIVERS

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s'obtenaient moyennant le dépât an trésor roval d'une finance oui variait , suivant l'arme, de sept à cfix mille livres. Cette finance n'était restituée gu'avec réduction, et même quelquerois elle était entièrement retenue.

Les compagnies des régiments étrangers étaient la propriété des colonels, et elles s'achetaient aussi fort cher.

Celles de l'infanterie ne s'achetaient pas ; la vente n'en était pas autorisée par les règlements ; mais il n^en fallait pas moins dépenser beaucoup d'argent pour les obtenir; car tout capitaine nouvellement nommé devait tenir compte à celui qu'il remplaçait, des déboursés au'il avait ou qu'il était censé avoir faits pour Tent retien de la compagnie. Ces corps ne furent tous au compte du roi qu'en 1762 , et les charges de capitaines ne cessèrent d'être vénales que sous le ministère du maréchal de.Ségur,

Compagnies Jranches, — On nommait ainsi autrefois des bandes isolées composées de dragons , de hussards et de fantassins , que Ton employait en temps de guerre à faire des mcursions sur le pays ennemi , et qui étaient pour ainsi dire sur terre ce que les corsaires sont sur la mer. Ceux qui servaient dans ces compagnies étaient connus sous le nom de partir sans.

Depuis Louis XI jusqu'à Louis XIII, les villes entretinrent pour leur défense particulière des corps de troupes qui portaient aussi le nom de compagnies Jranches. En cas de guerre, ces compagnies rejoignaient 1 armée ; après la campagne, elles revenaient tenir garnison dans les villes auxquelles elles appartenaient. Vers le milieu du dixhuitième siècle, il n'y avait pas de ville un peu considérable qui n'eilh conservé quelqu'une de ces compagnies. Les soldats qui les composaient étaient alors connus sous le nom ^afchers. Ils n'allaient plus à la guerre ; mais ils servaient au maintien de l'ordre et à la police intérieure des ville^. La ville de Paris avait, en 1550, trois de ces compagnies , soiis les ordres d'un colonel qui portait le titre ôt cor

' pitaine général. Depuis , ces compagnies ont été dissoutes, et remplacées par à^% corps qui ont successivement porté lé nom de Gvet à. pied et à cheval. Garde de Paris ^ Gendarmerie de la ville de Paris ^ et enfiin Garé municipale.

Compagnies (grandes)^ Nous avons donné, aux SiTt^cies aventuriers. Bandes militaires , et Brabançons , une idée de la composition des grandes compagnies ; il nous reste à faire connaître ici les brigandages commis par ces troupes indisciplinées , et la manière dont Charles V parvînt à en délivrer la France. Ce prince venait de succéder à son père , mort à Londres en captivité. Deux traités qu'il avait conclus avec la Bretagne et la Navarre, faisaient bien augurer de son r^e; mais l'anarchie qui s'était établie sous le précédent roi, subsistait encore, et le peuple souffrait plus encore de la paix que de la guerre qui l'avait précédée.

En effet, depuis que les soldats et les nobles ne se faisaient plus la guerre entre eux, ils s*étaient tous tournés contre lui, et le rançonnaient à ofr trance. « Il n'y avait , dit le contimttteur de Guillaume de Nangis , aucune province qui ne fdt infestée de brigands ; les uns occupaient des fort^ resses, d'autres logeaient dans les villages et les maisons de campagne, et personne ne pouvait voyager sans ni extrême danger. Les soldats du nÀt eux-mêmes , qui auraient dû prot^ nos paysans et nos voyageuj^ , ne son^aienl au contraire qu'à les éipomller honteusement. De^ chevaQers même , tout en se disant amis du ni et de la majesté royale, tenaient ces brigands à leurs ordres. Bien plo^ quand Ils venaient dans les yîIkb, a Paris même, chacun les reconnaissall; mais personne n'osait mettre la maiB

sur eux pour les punir Quand fe

roi donna à du Guesciin le comlé le Longueville, celui-cf prt)mit, en retour, de chasser du royaume les br^aodi

?|ui le dévastaient; mais loin ée Ir aire, il permit à ses Bretons dPenlevcf dans les villages et sur les grands eliemiuF Pargent« les habits, tes chevaux.

COH

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