‹ France (volume 5)Chapitre 79 sur 114 · CX>M · texte numérisé non relu

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qui en fit élever un autre. Celui-ci fut reconstruit ou augmenté successivement par Louis XI, François P*^, Louis XIV, Louis XV et Napoléon. Louis le Bègue, Louis V et Hugues Capet furent enterrés dans l'église de Tabbaye de Saint -Corneille , fondée par Charles le Chauve.

En 1413, les Bourguignons , Tune des deux factions qui se disputaient alors la France , se rendirent maîtres de Compiègne, qui leur fut repris Tannée suivante par Charles VL £n 1417, les Anglais, qui s'en étaient emparés, en furent chassés par un vaillant capftaine, Bosquiaux , qui défendait le château de Pierrefonds. La trahison de la reine Isabeau de Bavière fit ensuite retomber Compiègne et tout le nord de la France au pouvoir des Anglais, mais, quelques années plus tard, Charles VII s'étant présenté devant la ville, y fut reçu aux acclamations du peuple. Cependant , en 1430, Compiè-

fne fut de nouveau assiégé par le duc e Bourgogne, et ce fut dans une sortie contre les assiégeants que Jeanne d'Arc, qui s'était renfermée dans la place, tomba au pouvoir des ennemis.

(Voyez Jbanne p'Abc.)

Vd fut dans le château de Compiègne que Napoléon , au mois de mai 1808, relégua le roi d'Espagne Charles IV, sa femme, et leur favori Godoî. Enfin , ce fut dans le même château qu'eut lieu, au mois de mai 1810, le mariage de l'empereur et de l'archiduchesse d'Autriche , Marie - Louise.

Les monuments remarquables de Compiègne sont : le pont construit sur rOise, de 1730 à 1733; les églises de Saint- Jacques et de Saint- Antoine; rhdtel de ville , et surtout le château royal , l'un des plus beaux de France.

Cette ville est la patrie de P. d'Ailly, chancelier de l'université de Paris, BOUS Charles VI , de Jean Fillîon , de Venette, de dom P. Coûtant, de Marc- A.ntoine Hersan, etc. Autrefois chefiieu d'élection, elle possède aujourd'hui les tribunaux de première instance et le commerce, un collège communal ^ une bibliothèque publique. Sa po- >alation est de 8879 nab.

Oe fut à Compiègne que s'assembla, le l*"' octobre 833, ce plaid fameujc où se consomma la dégradation du malheureux Louis le Débonnaire, soumis, nar une intervention inouïe du clergé iranc, à une pénitence et à une dégradation publique. (Voyez Louis le DÉBONNAIRE et LoTHAiBE , et pour les détails de cette diète, l'acte publié dans le Recueil des conciles du P. Sirmond, et dans les Historiens de France, tom. VI, p. 243, sous le titre de Âcta impiâe et nefandm exauctO" ratUmis Ltidovici Piiy imperatoris.)

Compiègne (sièges de). —La guerre ayant recommencé en 1413 , entre le duc de Bourgogne et les seigneurs de France qui entouraient Charles VI , Jean sans Peur « se reconforta , assembla ses gens pour chevaucher vers Paris, et se logea d'abord à Saint -Denys, puis à Compiègne, où il mit garnison et laissa moult vaillans gentilshommes. » L'année suivante , le roi « fîst des mandemens par toutes ses parties du royaume, assembla bien 80,000 hommes où il y en avoit moult de haute seigneurie (*), et chevaucha droit à Compiengne, et là mist le siège tout autour. Mais il y eut de grans escarmuches, et moult firent ceux de la ville de paine aux gens du roy. »

Enfin , le vaillant bâtard de Bourbon manda aux habitants « qu'il les yroit « esmaier le jour de may au matin. »

On se prépara dans la ville à le bien recevoir; « et, quant vinst le jour de may, le bastart de Bourbon , grandement accompaignié , vinst à la porte de Compiengne, et avoit, luy et ses gens, chescun ung chapel de may sur la teste armée. Là , y eut grant assault d'un costé et d aultre, et y en eut moult de bléchiés ; » mais, quelque défense que fissent les gens du duc de Bourgogne, ils se virent enfin obligés de se rendre , à condition « qu'ils s'en yroient sauve leurs corps et leurs biens, et le roy le leur accorda. »

Compiègne fut encore plusieurs fois pris et repris par les Bourguignons et

(*) Mémoires de Pierre de Fenin , p. 39 et soiv.

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