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GOSSELIN

GOSSEIX1N

trois ans. En 1775, M. Gossec fat maître de musique de l'Opéra et de l'école de chant, jusqu'en mai 1780. Nommé adjoint au directeur de l'Académie royale de musique , jusqu'à la clôture de 1782, il obtint alors une pension de deux mille francs, et fit partie du comité de l'Opéra jusqu'en avril 1784. Cette même année, une école de chant et de déclamation ayant été établie, Gossec en fut nommé directeur général; et, en 1788, il y devint professeur de composition, place

?u'il occupa jusqu'à la suppression de école, en 1791. Il était, depuis la révolution , maître de musique de la garde nationale de Paris ; il fit exécuter dans les fêtes publiques, notamment pour l'apothéose de Voltaire , pour celle de Jean-Jacques Rousseau , pour la pompe funèbre de Mirabeau , pour celle des ministres français assassinés à Rastadr, un grand nombre d'hymnes à YÊtre Suprême , à la Victoire, etc.; de marches religieuses, et de symphonies pour instruments à vent. Dans ce genre , il

Peut servir de modèle. Il devint chef de Institut national de musique, créé par décret de la Convention en novembre 1793 ; et , lorsque cet établissement prit le titre de Conservatoire de musique , en août 1795, il fut nommé un des cinq inspecteurs de l'enseignement, et maintenu lorsque le nombre en fut réduit à trois quelques années après : il conserva cette place et celle de professeur de composition jusqu'à sa retraite en 1815. De 1799 à 1804 , Gossec avait été membre du jury de lecture de l'Opéra ; il fut nomme , en 1809 , du jury d'examen de la musique , en remplacement de Grétry, démissionnaire. Il mourut à Passy, près Paris, le 16 février 1829.

Gossec est un exemple remarquable de ce que peuvent produire le travail et l'étude. Fils d'un laboureur, il se forma presque tout seul, et sut conquérir une place distinguée parmi les compositeurs. C'est à lui qu'on doit le progrès qu'a fait chez nous la musique d'instrumentation ; et c'est de lui qu'on apprit toutes les ressources qu'on peut tirer des instruments de cuivre. Il prépara la gloire de l'école française musicale, par l'institution du Conservatoire, dont il donna l'idée. Gosselin (Jean), garde d* la biblio-

thèque de Henri III, homme fort docte suivant Lacroix du Maine, mort à Paris en 1604, a laissé plusieurs ouvrages de mathématiques et d'astrologie, et un Discours de la dignité et excellence des fleurs de lis et des armes des rote de France, Melun, 1593; Nantes, 1615,

in-8°, etc.

Gossellin (Pascal-François-Joseph),

savant géographe, naquit à Lille en 1751. Des les années 1772, 1773, 1774 et 1780, il fit pendant de fréquents voyages des recherches relatives à la géographie ancienne, et vérifia différentes positions indiquées par les itinéraires romains. En 1784, il fut député par sa province au conseil royal du commerce, et, en 1789, il le fut encore extraordinairement auprès de l'Assemblée nationale. Dans le même temps, un mémoire sur une question proposée par l'Académie des belles-lettres, dont l'objet était de comparer ensemble Strabon et Ptolémée , lui ouvrit les portes de l'Académie. En 1791 , le roi le nomma membre de l'administration du commerce de France. Trois ans après, le comité de salut public lui conféra une place importante au département de la guerre. Ses papiers furent placés au dépôt de ce département, et bientôt la commission d'instruction publique en ordonna l'impression; circonstance qui lui fournit peut-être les moyens d'achever le monument gu'il a voulu élever à la géographie ancienne. Sa place était marquée parmi les géographes du premier mérite; aussi, après avoir été choisi , en 1799, pour remplacer Barthélemi Courcay comme conservateur du cabinet des médailles, il fut désigné par le gouvernement pour la collaboration du Strabon, traduit en français.

Ajoutons que, lors de la seconde occupation de Paris , il fit preuve de dévouement et de patriotisme en défendant les objets d'art confiés à ses soins. Il a publié (avec de Tersan) : Catalogue des médailles antiques et modernes, en or et en argent, au cabinet de M. d'Ennery (1788, in-4°); Géographie des Grecs analysée, ou les systèmes dyEratosthènes, de Strabon et de Ptolémée, comparés entre eux et avec nos connaissances modernes, ouvrage couronné par l'Académie (1790, grand in-

GOTIIESCALK L'UNIVERS. gobdimel

4", avec 10 cartes); Recherches sur la géographie systématique et positive des anciens, 1er et 2e vol., 1798; 3e et 4e vol., 1813, in-4°; vaste et important ouvrage qui a mérité pour toujours à l'auteur la reconnaissance des savants.

Gossellin est encore auteur d'un grand nombre de mémoires insérés dans le recueil de l'Académie des inscriptions, dans la traduction française de la Géographie de Straboii) dâns les Recherches sur les Scythes et les Goths , de Pinkerton. Il était membre de l'Institut depuis sa formation. Mort en 1830, il fut remplacé à l'Académie par II. Van- Praet.

Got (Bertrand de). Voy. Clément V.

Gothescalk ou mieux Gotteschalk , célèbre moine du neuvième siècle, naquit vers 806, dans la partie de l'Allemagne soumise par les armes de Charlemagne. Venu de bonne heure à Paris, il prit l'habit monastique à Orbais , abbaye «de bénédictins dans le diocèse de Soissons. Après s'être rempli de la doctrine de saint Augustin, où il avait cru trouver le dogme de la prédestination absolue, il passa à Rome, et de là dans l'Orient, répandant partout ses opinions. De retour en Italie , l'an 847, il s'entretint sur cette matière obscure avec l'évéque de Vérone , qui , effrayé de ses principes, les déféra à Raban Maur, disciple d'Alcuin et archevêque de Mayence. Ce prélat, homme de science et de raisonnement, anathématisa Gothescalk et son système de fatalité, dans un concile tenu en 848. Ensuite, il le renvoya devant Hincmar, archevêque de Reims, duquel relevait le siège de Soissons.

Ce grand personnage, que l'on trouve mêlé à toutes les affaires contemporaines, traita le moine fort sévèrement.

Il convoqua un concile à Quiercy-sur- Oise. Gothescalk fut dégradé, condamné à un silence perpétuel , à la flagellation publique et à la prison pour sa vie. Les persécutions commençaient alors à tenir la place des arguments dans les discussions théologiques.

Elles ne changèrent rien aux dispositions de l'ardent novateur. Il écrivit deux Confessions de foi pour soutenir sa doctrine , offrant de (a prouver en passant par quatre tonneaux pleins

d'eau , d'huile ou de poix bouillante, ou même par un grand feu. Hincmar rit de son exaltation , et le laissa enfermé dans l'abbaye de Hautvilliers

Un" certain intérêt s'éleva pourtant en faveur de l'hérétique , contre le puissant archevêque. D accusateur Hincmar devint accusé. Sa doctrine fut condamnée dans deux conciles tenus successivement à Valence (855) et à Langres (859). Ratram, Prudence, évêque de Troyes, Florus, diacre de Lyon , et Remi , évêque de cette ville , écrivirent pour la défense de Gothescalk , contre lequel Hincmar publia un traité. De son côté, le captif n'abandonnait pas ses opinions, et accusait son persécuteur lui-même d'hérésie. Toute cette discussion , comme on peut le penser, portait le caractère brutal, grossier des querelles théologiques du siècle (*).

Malgré les mauvais traitements, Gothescalk persista et mourut dans sa foi (868), rejetant opiniâtrément et jusqu'au dernier soupir une rétractation humiliante. Hincmar lui fit refuser les * sacrements et la sépulture.

Usserius a publié la vie de ce célèbre bénédictin (Dublin, 1631, in-4°). C'est le premier livre latin imprimé en Irlande. On la trouve aussi dans les Vindiciœprœdestinationis et gratta? (Paris, 1650, 2 vol. in-4°), et dans VHistoria Gotescalchi prxdestinatiani (Paris, 1655, in-fol.) , du P. Cellot. Voyez encore VHistoria prœdestinatianismi du P, Sirmond.

Gothie. Voyez Septimànie.

Goudimel (Claude), musicien célèbre du seizième siècle , dont le nom a été dénaturé de toutes sortes. Les uns l'appellent Gaudio Meïï , d'autres Gaudimel, d'autres encore Gaudinel, Guidomel , Godmel, Gudmel; on a été jusqu'à écrire son nom Condimel. Cependant, tous les ouvrages publiés par lui portent sa signature , et on aurait pu s'y reporter. Le lieu de sa naissance est aussi l'objet d'opinions diverses. Il paraît constant qu'il naquit en Franche- Comté; maison ne peut préciser exactement la ville où il vit le jour. Il est

(*) Voyez V Histoire littéraire de ta France avant le douzième siècle, par M. Ampère, t. m, p. 96 et 97.

GOUDOULI FRANCE. flOUFFIER

faeile de comprendre , d'après cela, pourquoi les commencements de sa vie sont tout à fait inconnus. Ce n'esj qu'approximativemeot qu'on a pu fixer à Tannée 1510 l'époque de sa naissance. Toutefois, il paraît qu'il reçut une instruction solide et assez étendue, car les épîtres latines qu'on a de lui sont d'un style élégant et pur. En 1540 , Goudimel se trouvait a Rome , et y fondait une école. Il n'y fit pas toutefois un long séjour, car on a des magnificat, des motets et des messes , publies par lui à Paris, en J554. Soit qu'il eût réellement abjuré la religion catholique, comme on l'en accuse, soit que courtisé par les huguenots , qui cherchaient à l'attirer à eux, il fût engagé sans le savoir dans la nouvelle religion, toujours est-il qu'il fut compris dans le nombre des calvinistes massacrés à Lyon, le 24 août 1572. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages sur la musique , mais on lui en attribue quelques-uns qui ne lui appartiennent pas réellement. Nous citerons, parmi ceux qui sont authentiques : Ç. Horatii Ftacci.... odœ ad rhythmos musicos redactse, Paris, 1555, in-4°; Chansons spirituelles de Marc- Antoine de Muret, mises en musique, Paris, 1555; les Psaumes de David mis en musique ; les Psaumes mis en rimes françaises par Clément Marot mis en musique; enfiu, des messes, des motets et des chansons.

Goudouli ou Goudelin (P.) , célèbre poëte languedocien , naquit à Toulouse en 1579, d'un père chirurgien. Il passa sa jeunesse dans la dissipation, mangeant son fonds après son revenu , et lorsque, à la fin, il se trouva dans le dénûment, le corps de bourgeoisie de sa ville natale fut obligé de décider qu'il serait nourri aux frais du trésor public. Il mourut à Toulouse, le 10 septembre 1649. En 1808, lors de la démolition du cloître des Grands-Carmes , où il reposait, ses restes furent transportés solennellement dans l'église de la Daurade.

Les œuvres de Goudouli comprennent principalement des odes , des chansons , des dialogues mêlés de prose , et d'autres pièces fugitives dont la plus étendue n'a guère plus de quatre ou cinq pages. On y remarque un chant royal en vers français qui obtint le souci aux

jeux floraux. De toutes ces pièces , que distinguent la verve, l'originalité, la perfection du style, la plus célèbre est l'ode sur la mort de Henri IV. Elle fut traduite en latin par le P. Vanière.

Les œuvres de Goudouli ont été imprimées à Toulouse en 1648, in-4°, sous le titre : Las obros de Pierre Goudelin, et réimprimées plusieurs fois depuis. L'édition publiée à Toulouse en 1693 , et intitulée : Ramelet moundi, ou la Floureto noubélo del ramelet moundi, 3 parties , in-12 , est la plus complète de toutes.

Gouffé (Armand), chansonnier et vaudevilliste, un des fondateurs du Caveau moderne, est né en 1773. Ses nombreux couplets remplis d'esprit et de gaieté, les dignités dont il a été honoré dans plusieurs sociétés épicuriennes, l'ont fait surnommer le Panard du dix-neuvième siècle. Parmi ses meilleures chansons, on cite Saint-Denis, le Corbillard, Plus on est de fous plus on rit. Quelquefois Gouffé a, comme Béranger, répandu une teinte agréable de philosophie sur son enjouement;

?uetquefois ses plaisanteries rappellent entrain et la verve de Désaugiers.

Comme Béranger, il recevait les visites de la muse dans un modeste bureau , au ministère le moins fait pour recevoir .

les muses, celui des finances. En is27, il a obtenu sa retraite, et vit paisiblement à Beaune. Le séjour d'une ville où s'est perpétué le souvenir des premières espiègleries de Piron, et l'influence du vin qu'on y récolte , devraient ranimer sa gaieté; mais personne n'est plus mélancolique et ne mène une vie plus triste que ce vieillard qui nous a tant fait rire. Outre plusieurs recueils de chansons, on a de Gouffé un assez grand nombre de pièces de théâtre : les Deux Jocrisses, le Chaudronnier de Saint- Flour. le Bouffe et le Tailleur, le Duel et le Déjeuner, M. Mouton, M. Beldam, etc.

Gouffieb (famille de). — La maison desGouffier, seigneurs de Bonnivet, a été l'une des plus considérables du Poitou , et féconde en hommes distingués. Le plus ancien de ses membres est Jean Gouffibb, qui vivait sous Charles V, qu'il servit contre le prince de Galles. Après lui, nous citerons

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Artus Gouffieb , comte d'Étampes , de Caravas , seigneur de Boisi , d'Oiron et de Maulevrier. Celui-ci suivit Charles VIII et Louis XII dans leurs expéditions d'Italie , et fut le gouverneur de François Ier pendant sa jeunesse. Pendant ses campagnes, il avait acquis un goût pour les arts et la littérature , fort rare chez les gentilshommes de son temps.

Ce fut lui qui accoutuma son royal élève à rechercher les hommes érudits et lettrés. Il était frère aîné de l'amiral Bonnivet (voy. ce mot). François Ier devenu roi le chargea de plusieurs négociations importantes. En 1515, il le créa grand maître de France, et il l'envoya l'année suivante en qualité d'ambassadeur vers les princes d'Allemagne; et la même année , il conclut avec Chièvres , envoyé de Charles-Quint, le traité de Noyon.

Le seigneur de Boisi mourut en 1519.

Son fils, Claude Gouffieb, grand écuyer, fut alors créé duc de Roanez ou Rouannois. Ce duché, formé des terres de Boisi et Rouanne, fut érigé en pairie, par lettres de 1612 et 1619, en laveur de Louis Gouffieb.

Un autre Louis Gouffieb, lieutenant général des galères, président de l'Académie de Marseille, né en 1648, dans le Périgord, se distingua dès l'année 1668 , sous les ordres de la Feuillade , son parent , à la défense de Candie ; servit ensuite dans la marine avec la plus grande distinction; assista au siège de Nice; défendit avec deux galères les cotes de Guienne, menacées par les Anglais ; chassa les corsaires qui infestaient la rivière de Gènes en 1703; contribua à la réduction du château de Nice en 1705, et mourut à Marseille en 1734.

Cette famille compte diverses branches : celle de Caravas , celle des marquis de Bonnivet, etc.

François Gouffieb , fils de l'amiral , seigneur de Bonnivet, colonel général de I artillerie française en Piémont, s'acquit une belle renommée dans la guerre contre l'Empereur, tant en France qu'en Italie. Il se trouva à la bataille de Cerisolles, au ravitaillement de Thérouanne, etc. , et mourut de ses blessures en

Son frère, François Gouffibb, dit le Jeune , seigneur de Crèvecœur, de

Bonnivet, de Thois, lieutenant général au gouvernement de Picardie, fit ses

f dernières armes pendant l'invasion de 'Empereur en Provence. Il suivit le dauphin en Piémont et au siège du pas de Suse; se trouva aux sièges de Hesdin , de Coni , de Perpignan ; se signala aux batailles de Cerisolles, de Dreux, de Saint-Denis, aux sièges de Landrecies, Metz, Calais, Thionville et d'Orléans. Il mourut fort âgé, en 1594.

La branche des marquis de Thois, celle des marquis de Brazeux et de Heilli, et celle des marquis d'Espagni , ne présentent guère que des officiers qui servirent dans les années de Louis XIV. La maison de Gouffier s'est aussi alliée à celle de Choiseul. (Voyez Choiseul.)

Gouges (Marie-Olympe de) est une des existences les plus aventureuses qui aient traversé notre révolution. Née à Montauban en 1755, elle se lança à Paris dans la vie littéraire, après avoir débuté par une petite comédie, la Vie de Chérubin y qui date de 1785. Jusqu'en 1788, elle donna encore plusieurs ouvrages : V Homme généreux, drame en cinq actes; Molière chez Ninon, joli petit acte épisodique; le Philosophe corrigé, comédie, et enfin les Mémoires de madame de Valmont, roman en lettres; le Prince philosophe , roman politico-philosophique, qui sent de la manière la plus piquante son dix-huitième siècle, et la révolution au milieu de laquelle il fut écrit. En 1788, Olympe de Gouges fit son entrée dans la carrière politique par une Lettre au peuple, ou Projet dune caisse patriotique. Ce pamphlet n'avait de remarquable que d'être écrit par une femme. Il fut suivi presque immédiatement d'autres écrits analogues : Mes vœux sont remplis, etc., dédié aux états généraux; Discours de l'aveugle aux Français, Séance royale, etc., ou les Songes patriotiques; enfin , Lettre aux représentants de la nation. A cette époque de sa vie, Olympe de Gouges était 1 admiratrice passionnée de M. Necker et de Mirabeau, comme l'attestent du moins deux de ses ouvrages, le premier qui parut sous ce titre ridicule : Départ de M. Necker et de madame de Gouges, ou les Adieux de madame de Gouges à M. Necker et aux Français; le se-

GOUIKET FRANCE* GOUJAT

eond, Mirabeau aux Champs Êlysées.

drame épisodiquc, qui dut son succès a l'immense popularité dont jouissait à l'époque de sa mort le grand orateur.

V Esclavage des nègres, le Couvent, ou les y ceux forcés, et les Vivandières, ou l'Entrée de l>umouriez à Bruxelles, sont trois autres drames révolutionnaires joués à peu près dans le même temps. Mais l'instant approchait où, femme qu'elle était , Olympe de Gouges, attendrie par des malheurs individuels, allait condamner un des actes les plus fatalement nécessaires de notre révolution, l'accusation et le jugement de Louis XVI. L'écrit intitule : Olympe de Gouges , défenseur officieux ae Louis Capet, au président de la Convention nationale, et les Adresses au roi. à la reine et au prince de Condé, furent l'oeuvre d'une sensibilité exaltée , et plus généreuse que sage. Le dernier fut, comme le dit l'auteur, écrit dans un accès de fièvre, et on s'en aperçoit facilement. Une autre brochure, les Trois urnes, ou le Salut de la patrie, amena enfin l'emprisonnement de madame de Gouges, qui, déclarée suspecte par le comité de salut public, fut condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire, en 1793. Il est inutile de dire, ce nous semble, qu'Olympe de Gouges monta avec courage sur 1 échafaud. Le courage de la mort était chose vulgaire dans ce temps.

Gouiket (Rolland), commandant de la garnison de Guingamp, au quinzième siècle. Ce brave capitaine , auquel la ville défendue par son épée avait élevé une statue, se voyant menacé, au mois de janvier 1489 , avec une faible garnison, par le vicomte de Rohan, lieutenant général des armées du roi , arma tous les jeunes gens de la ville , les posta • dans un fort des faubourgs, et repoussa vigoureusement le premier assaut des Français. Le lendemain , ceux-ci battirent le fort en brèche et enlevèrent les faubourgs. Gouiket fit une sortie et les repoussa encore. Le troisième jour, le vicomte donne l'assaut à la ville même; Gouiket est blessé sur la brèche d'un coup de pique ; on l'emporte ; sa femme le remplace, fait un grand carnage des Français , et les force à demander une suspension d'armes. Le vicomte profite

de la trêve, prend la ville par trahison, et la livre au pillage. Mais il ne jouit pas longtemps de ce succès. Gouiket à peine guéri oe sa blessure , s'étant annoncé avec un renfort considérable, les Français prirent l'alarme et abandonnèrent la place. Tandis que d'un côté le vicomte de Rohan demeurait l'objet de l'exécration publique en Bretagne (*), on composait sur Gouiket un chant populaire , qui est aujourd'hui encore un des plus répandus en basse Bretagne, et que M. de la Villemarqué, le dernier descendant du héros, a inséré dans ses Chants populaires de la Bretagne (tome I, p. 238).

La statue de Gouiket a été détruite à la révolution.

Goujat , valet d'armée. Piquichins, pètaux, bidaux , tels furent encore , à diverses époques, les synonymes usités pour désigner ces domestiques qui suivaient de tout temps nos armées , partageant, augmentant même le désordre qu'elles causaient sur leur passage. Jean Duret, dans son commentaire sur l'ordonnance de Blois (1579), disait : « Maintenant , quand vous voyez passer uue enseigne de gens de pied, elle est composée d'environcinquante harquebusiers assez notables, d'une vingtaine ou trentaine d'autres qui n'auront que l'espée, de cent ou six vingt goujats , et vingt ou trente femmes. Regardez aux hommes d'armes : tel qui n'aura qu'un cheval sera accompagné d'un cuisinier, palefrenier , et deux ou trois goujats : tous ces gens montés sur juments de relais. »

Plusieurs dispositions de l'ordonnance de Blois tendirent à réformer ces abus ; il fut statué notamment qu'il n'y aurait plus qu'un goujat pour trois soldats, et

Îroe les goujats qui s'introduiraient dans es compagnies, au delà du nombre fixé, seraient fouettés (c'était le châtiment ordinaire réservé à leurs méfaits), et, en cas de récidive , pendus sans forme de procès.

Disons pourtant , à l'éloge de cette troupe si méprisée , qu'elle n'était pas uniquement une pépinière de pillards et (*) Le paysan de Bretagne pour désigner un parjure , dit : « Il mange à l'auge comme Rohan.» Celle auge, en 1489, était la table du roi de France.

r.orJON L'UNIVERS.

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