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GOUJON

de mauvais garçons. Brantôme , écrivant la biographie d'un célèbre homme de guerre qui avait fait parmi eux son apprentissage, du baron de Lagarde, général des galères, ne peut s'empêcher de s'écrier : « Ah! qu'on en a vu sortir de bons soldats, de ces goujats ! »

Goujon (Jean) . sculpteur et architecte, naquit à Paris, au commencement du seizième siècle. Après avoir fait ses premières études sous un maître habile, dont le nom n'est pas arrivé jusqu'à nous, mais auquel on attribue la statue et les bas-reliefs du tombeau de Fran-

Sois Ier, il alla étudier en Italie les moèles de l'antiquité. Il "revint en France tout plein des nonnes leçons qu'il avait su puiser dans cette étude, et nul doute que s'il eut rencontré à la cour un autre roi que Henri II, que s'il eût pu suivre les inspirations de son génie , il n'eût rendu tout d'un coup à la sculpture le caractère qui lui convient, la beauté de la forme unie à la noblesse de l'expression. Mais tombé au milieu d'une cour tout occupée de galanterie, et dont les mœurs n'étaient rien moins que sévères , une lutte dut s'établir entre sa manière de comprendre l'art, et ce qu'on demandait alors à la sculpture. Malheureusement (et il était impossible qu'il en fût autrement), son sentiment d'artiste ne fut pas toujours le plus fort. Ce qu'on exigeait du statuaire, ce n'était plus l'image de cette beauté divine et empreinte d'un caractère uu peu sévère qu'avaient sentie et montrée les artistes de l'antiquité, mais la reproduction de la coquetterie voluptueuse, et nécessairement entachée d'affectation , dont le type existait dans la maîtresse de Henri II, cette déesse du moment , à laquelle les courtisans et le monarque lui-même prodiguaient chaque jour de molles adorations. Au lieu de cette beauté noble qui captive l'âme et parle à l'imagination, on recherchait ces formes plus gracieuses que belles qui attirent les regards et exaltent les sens. La oreuve de ce fait n'existet-elle pas aans cette œuvre commandée à Jean Goujon , la maîtresse de Henri II, entourée des attributs de la Diane antique? Au poiutde vue de l'art, c'était là un contre-sens : établir une similitude quelconque entre la déesse an-

tique , le type de la chasteté , et Diane

de Poitiers , la courtisane royale ! Le sculpteur pouvait-il échapper aux conséquences d'une pareille anomalie, et la comparaison qui s'élevait spontanément dans l'imagination du spectateur, entre l'antique et la forme un peu grêle , quoique gracieuse , de la statue de Jean Goujon, ne doit-elle pas nuire à l'œuvre de ce dernier ? Mais là où Jean Goujon a pu échapper à ces influences, à ces exigences; là où il a pu s'abaudonner à son propre génie , on pressent ce qu'il aurait été s'il s'était trouvé dans des conditions plus favorables. Les cariatides qui supportent la tribune des Suisses au Louvre sont, dans une proportion gigantesque , d'un goût parfait et d'un admirable dessin.

On trouve d'ailleurs, dans presque tout ce qu'a fait cet artiste , des formes élégantes et pures. C'est à ces qualités qu'on reconnaît facilement la partie du Louvre qu'il a décorée, la façade comprise entre le pavillon de l'horloge et l'aile en retour. Mais de tous les ouvrages de Jean Goujon , celui qui est le plus populaire , c est la fontaine des Innocents. Cette fontaine , construite primitivement au coin de la rue Saint- Denis, n'avait alors que trois côtés ; ce fut lors de son transfert à la place qu'elle occupe aujourd'hui, qu'une quatrième arcade y fut ajoutée. Il est inutile de décrire ce monument, que tout le monde a vu , mais on ne peut s'empêcher d'admirer avec quelle habileté le sculpteur , renfermé dans un étroit espace, a su tirer parti des ressources de son art. C'est là surtout que l'on remarque ce talent particulier qu'avait Jean Goujon , de donner à ses figures tant de relief, que l'œil trompé croit embrasser toute la rondeur. Les nymphes qui décorent les pilastres de la fontaine * ont toutes des attitudes variées , où respirent une grâce et une liberté de mouvement surprenantes , dans un espace si resserré; les draperies sont franchement jetées, et rien n'y sent l'apprêt, uoiqu'ily ait ne pendant encore un peu e coquetterie. Des groupes d'amours, sculptés sur l'acrotère, couronnent dignement les quatre pilastres, et forment un ensemble sur lequel l'œil aime à se reposer.

Jean Goujon s'associa à Jean Cousin pour la décoration du château d'Anet, où il sculpta le plafond de bois et les lambris de la chambre à coucher de Diane de Poitiers , et les bronzes qui décoraient la porte d'entrée. L'hôtel de Carnavalet, rendu célèbre par le séjour de madame de Sévigné , est de lui tout entier. Jean Goujon a beaucoup produit ; mais plusieurs de ses œuvres ont été détruites pendant la révolution. Il avait fait les bas-reliefs de la porte Saint-Antoine , et de l'arcade qui servait d'entrée à la pompe Notre-Dame.

M. Lenoir a recueilli quelques-unes de ses productions , entre autres un basrelief , représentant allégoriquement la mort et la résurrection ; c'est une nymphe endormie près de laquelle un génie renverse le flambeau de la vie , tandis que des satyres et des dryades, symboles de la fécondité , forment un concert autour d'elle. Puis un bas-relief, représentant le Christ au tombeau , et le groupe en marbre blanc, dont nous avons déjà parlé , représentant Diane chasseresse sous les traits de Diane de Poitiers , et accompagnée de ses deux chiens favoris. Ce morceau, réellement remarquable , a été gravé , ainsi que le Christ au tombeau.

Quand on examine sévèrement les travaux de Jean Goujon , on ne peut s'empêcher de lui reprocher un peu d'afféterie ; mais à côté de ce défaut, on rencontre de telles qualités , un travail si fin, si précieux, que, tout en regrettant qu'il ne se soit pas attaché davantage aux leçons de l'antique , on ne peut lui en faire un crime ; et si on se reporte ensuite au temps où il vivait , si l'on songe dans quel état il a trouvé la sculpture, et dans quel état il l'a laissée, il faut reconnaître qu'en effet il est le père de cet art en France, et que c'est de lui seulement que datent les premiers pas faits dans la bonne voie.

Pourquoi faut-il que de pareils talents ne puissent passer impunément au milieu des tourmentes qui agitent les peuples, et comment les passions politiques ne respectent-elles pas le sceau divin empreint sur le front des hommes de génie? Jean Goujon était huguenot. Quand commença la sanglante boucherie de la Saint-Barthélemy , il travaillait sur un

échafaud aux bas-reliefs du Louvre.

Une balle, égarée selon les uns , perfide selon les autres , vint le frapper au cœur. Sa main mourante laissa tomber son ciseau, qu'il ne devait plus relever. Ainsi périt , au milieu de ses travaux, un des plus grands artistes français, victime de la jalousie ou du fanatisme.

A la suite d'une traduction de Vitruve , par Martin , se trouve un petit opuscule écrit par Jean Goujon : ce sont cinq pages seulement , mais cinq pages toutes pleines de substance, et ou se fait naïvement sentir l'intelligence de l'artiste.

Goujon ( Jean-Marie-Claude-Alexandre), député à la Convention , naquit à Bourg-en-Bresse , en 1766. A l'âge de 12 ans , il assista au combat d'Ouessant. Dans un voyage qu'il fit, en 1784, à l'île de France , le spectacle de l'esclavage révolta son âme , et lui inspira ce vif amour de la liberté et de l'égalité qu'il devait dans la suite sceller de son sang. A son retour en France, Goujon se prépara à la révolution par de sérieuses études. Au mois d'avril 1791, il rassembla les habitants des villages voisins autour de la retraite qu'il habitait , aux envjrons de Paris , et prononça devant eux l'éloge funèbre de Mirabeau. Cette circonstance le mit en vue, et il ne tarda pas à être appelé à Versailles pour y remplir un poste honorable dans l'administration départementale. Au 10 août , il fut revêtu des fonctions de procureur général syndic, et nommé, peu de temps après, député suppléant à la Convention nationale.

Au milieu des conjonctures les plus difficiles, des horreurs de la disette, et du choc des passions , il montra une capacité et une intégrité égale à son zèle et à son courage. Le ministère de l'intérieur lui rut offert; il le refusa; mais il consentit ensuite à entrer dans la commission des subsistances et des approvisionnements, où l'appelait un décret delà Convention. Son expérience administrative, ses lumières et son désintéressement , ne contribuèrent pas peu à ramener l'ordre, l'économie et la sécurité dans cette partie essentielle du service public. Il fut désigné , quelque temps après , pour aller occuper l'am-

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bassade de Constantinople; mais tandis qu'il se préparait à partir, un arrêté du comité de salut public lui confia par intérim le portefeuille des affaires étrangères et de l'intérieur. Sur ces entrefaites (1794), la mort de Hérault de Séchelles, dont il était le suppléant, lui ayant ouvert les portes de la Convention, il refusa sans hésiter le ministère, afin de remplir les fonctions de représentant du peuple. Peu de temps après, il fut envoyé en mission auprès des armées du Rhin et de la Moselle, et donna aux soldats l'exemple de l'intrépidité.

Rappelé à la suite du 9 thermidor, il vint lutter énergiquement contre les réacteurs, se leva seul contre la rentrée des girondins, et prit la défense des anciens comités. C'était de sa part une conduite généreuse, car il n'avait dans leurs actes aucune part de responsabilité personnelle. « Je marche, écrivait- « il plus tard à Lanjuinais , avec l'heu- « reux souvenir que je n'ai jamais voté « l'arrestation illégale d'aucun de mes «collègues, que jamais je n'ai voté ni « l'accusation ni le jugement d'aucun. »

Ses efforts ne purent arrêter la marche violemment rétrograde que suivait alors la Convention. Alors , profondément affligé du spectacle qu'offrait l'assemblée , il commença à désespérer de la république, et se laissa tellement gagner par le chagrin que sa santé en souffrit. La force de son tempérament triompha néanmoins , et il retourna courageusement à son poste. Au 1er prairial , il fut du petit nombre des députés qui se montrèrent favorables aux insurgés des faubourgs , et il partagea le sort des vaincus de cette journée. Goujon , ainsi que ses amis, fut livré à une commission militaire et condamné à mort. Dès qu'il eut connaissance de cet arrêt, il résolut, ainsi que ses collègues, d'échapper par une mort volontaire au bourreau. Ce fut Goujon qui se frappa le premier avec un couteau, qui passa successivement dans les mains de chacun d'eux. Avant de se porter le dernier coup, il dit d'une voix calme et forte : « Je meurs pour la « cause du peuple et de l'égalité que j'ai « toujours chérie par - dessus tout. » Dans la matinée du 1er prairial, il avait prédit à l'un de ses amis le sort qui

les attendait. « Si le peuple ne nous tue « pas ce matin, lui dit-il, nos collègues « nous égorgeront ce soir. » Dans sa prison il composa un hymne à la liberté , où se peint tout l'enthousiasme de son patriotisme. Goujon , que la nature avait doué , d'ailleurs , des qualités physiques les plus séduisantes,

Sossédait , sous le rapport du cœur et e l'esprit, tout ce qui fait les hommes éminents. Nous terminerons en citant ici quelques fragments d'une lettre qu'il écrivit à sa famille durant la captivité qui précéda sa mort : l'histoire a ratifié le témoignage qu'il se rend à lui-même : « J'ai toujours fait ce que j'ai cru bon , «juste et utile à ma patrie. Je ne m'en « repens donc point. Si je me trouvais « encore dans les mêmes circonstances, «je ferais et dirais encore les mêmes «choses; car j'ai toujours pensé que « pour agir il ne faut pas consulter ce « qui peut nous être avantageux , mais « seulement ce que le devoir nous com- « mande. Ma vie est entre les mains des « hommes ; ma mémoire ne leur appar- « tient pas. Elle demeure environnée de « mes mœurs pures et sans tache , de « ma pauvreté toujours la même , après « tant et de si importantes fonctions « que j'ai remplies sans qu'il soit sur- « venu contre moi une seule dénoncia- « tion. L'amitié à laquelle je fus toujours fidèle, une famille à laquelle je «donnais l'exemple constant du bien, « tant de malheureux que j'ai secourus, «soutenus, défendus, veillent autour de « moi. Je ne porte dans mon âme , en «approchant du terme, aucun senti- «ment haineux. Les hommes m'ont « instruit par leurs actes à ne point re- « gretter la vie. Ce que je laisse de cher «a mon cœur, c'est toute une famille « de gens de bien, ma mère, une femme, «un enfant... Mère, veille sur tous!

« Femme, ne m'oublie pas , et ramèue « mon souvenir dans la mémoire de no- « tre enfant. Nous nous retrouverons , « nous nous reverrons tous ; la vie ne « peut finir ainsi. »

Son frère , élève de l'école polytechnique, parvint, sous l'empire, au grade de capitaine d'artillerie légère , et fut licencié , en 1815 , avec l'armée de la Loire.

Godlaine , seigneurie près de Nan-

GOULU FRANCE. GOUPILLKAU

tes , qui a donné son nom à une ancienne famille de Bretagne , et qui fut érigée en marquisat, par lettres du mois d'octobre 1621, en faveur de Gabriel de Goulaine , seigneur de Goulaine , du Faouet et de Saint-Nazaire. C'est aujourd'hui un village situé dans le département de la Loire-Inférieure et dans l'arrondissement de Nantes.

Sur une des portes du vieux château de Goulaine, on voit un buste de femme; la téte est coiffée d'un casque , et un poignard est rapproché du sein. C'est une Yolande de Goulaine, qui, dans l'absence de son père, défendit le château contre les Anglais. Elle avait résisté depuis plusieurs semaines; mais les provisions manquaient aux assiégés , et elle allait se donner la mort pour échapper à la honte , lorsque, du haut d'une tour , elle aperçut son père venant à son secours avec des renforts qui forcèrent l'ennemi à la retraite.

Goulart (Simon), l'un des écrivains les plus féconds et les plus laborieux du seizième siècle , naquit à Senlis, en 1543. Il embrassa la religion réformée, et devint, en 1566, ministre à Genève.

11 y mourut en 1628. Il a composé un très-grand nombre d'ouvrages, puisque la liste qui en est portée à 33, dans les mémoires deNiceron, est loin d'être complète. Nous nous bornerons à citer : 1° Une compilation curieuse, intitulée : Trésor d'histoires admirables et mémorables de notre temps, Paris, 1G0O, 2 vol. in-12: l'édition publiée à Genève en 1620 est recherchée; 2° Recueil contenant les clwses les plus mémorables advenues sous la ligue , tant en France, en Angleterre, qu'autres lieux (sous le nom de Samuel du Lis), Genève , 1587, 2 volumes in-8°, réimprimé plusieurs fois, et entre autres par le P. Goujet, 1758, 6 volumes in-4° ; 3° Histoire de la guerre de Genève avec le duc de Savoie, Genève, 1580, in-8° ; 4° Relation de l'escalade, Genève, 1603, in -8°. Il a en outre traduit Xénophon, Sénèque, la chronique de Carion , l'histoire du Portugal de Jérôme Osorio , etc. On lui doit aussi des éditions des œuvres de saint Cyprien, de Tertullien, du Plutarque d'Amyot, etc.

Goulu (Nicolas), professeur royal en

langue grecque, à l'université de Paris, en 1567, succéda à Jean d'Aurat. Cet habile helléniste traduisit en latin plusieurs traités des SS. Pères. Son fils Jérôme succéda à son père, dès l'âge de 18 ans.

Gouptl de Pbépeln (N.) était juge au bailliage d'Alençon , lorsque le tiers état de ce bailliage le choisit pour son représentant à l'assemblée des états généraux de 1789. Il embrassa successivement la cause du peuple et celle de la cour, et, par ces tergiversations, perdit tout crédit dans l'assemblée. Ce lut lui qui adressa un jourà ses collègues, en désignant Mirabeau, que quelques députés croyaient le chef du parti orléaniste, cette apostrophe éloquente : « Eh quoi ! « Catilma est aux portes de Rome , il « menace le sénat, et vous délibérez ! » 11 fut membre de plusieurs comités, et prit part à toutes les délibérations imortantes, combattant et favorisant tour tour les divers partis, jusqu'au départ de Louis XVI. Le jour où cet événement fut connu , il défendit l'inviolabilité du prince fugitif, et fit une violente sortie contre les jacobins.

Rentré dans la vie privée , après la session de l'Assemblée constituante , il se tint dans l'obscurité sous la Législative et la Convention. Le département '• de l'Orne le nomma député au Conseil des Anciens , en 1795. Il fut élu président de cette assemblée le 2 pluviôse * an iv, et arrêté le 18 thermidor , par ordre du Directoire , dont il avait dénoncé le triumvirat. Il obtint cependant la liberté quelque temps après , ainsi que sa radiation de la liste des émigrés. Réélu au Corps législatif, il en sortit en 1799, et mourut à Paris, en 1801, étant juge à la cour de cassation.

Goupille au de Fontenav ( Jean- François ) débuta dans la carrière des armes avant d'entrer dans le barreau.

Nommé, en 1791, député de la Vendée à l'Assemblée législative, il se prononça contre les émigrés et les prêtres ; mais il demanda la conservation du traitement des prêtres mariés. C'est lui qui, dans l'une des premières séances, demanda la suppression des mots Sire et Majesté, comme contraires au principe de l'égalité ; motion qui fut appuyée par Couthon et Guadet , par les girondins

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commé par les montagnards. Ayant été jacobins , et se réunit contre eux avec

réélu par le même département à la les thermidoriens , parce qu'il ne vou-

Convention nationale , il se trouvait lait faire aucun sacrifice au principe de

en mission, avec Collot-d'Herbois, près l'unité gouvernementale. Sans être fé-

l'armée du Var, lors du procès de Louis déraliste, comme beaucoup de girondins,

XVI; il vota, par écrit, la mort, sans il était loin de partager les convictions

appel et sans sursis , et fît décréter la des jacobins sur la nature du pouvoir

déportation de tous les prêtres de la exécutif. Ceux-ci ne voulaient pas qu'il

Corse. Dans sa mission en Vendée, il restât démembré ; pour lui, il ne voyait

montra la même modération que son rien de mieux qu'un comité de gouver-

cousin , suspendit Rossignol , dénonça nement, en d'autres termes, qu'un gou-

Westermann, et fut dénoncé à son tour, vernement à plusieurs têtes ; erreur qui

Après le 9 thermidor, auquel il prit empêcha d'asseoir la république sur des

part, il fut nommé membre du comité bases solides, et qui, après l'avoir rendue

de sûreté générale, où il resta jusqu'au désordonnée dans sa marche, finit par

mois d'octobre 1794. A l'époque du 13 la perdre, en la livrant épuisée et sans

vendémiaire an iv, il fut adjoint à Bar- défense aux entreprises d'un soldat plein

ras dans le commandement de l'armée d'audace et de génie, de l'intérieur, que l'on opposa à l'insur- Dans le procès de Louis XVI , Gou-

rectiondes sections. pilleau vota pour la mort, contre l'ap-

De la Convention il passa au Conseil pel au peuple et contre le sursis. En-

des Anciens , vota avec le parti direo voyé dans la Vendée avec Goupilleau de

torial , et sortit du conseil le 28 mai FonLenay, son cousin, il s'unit à lui

1797, Il occupait, depuis plusieurs an- pour rendre moins sanglante cette

nées , une place d'administrateur du guerre de Français contre Français. Il

mont-de-piété, lorsqu'il se vit obligé de ne put y parvenir, et sa modération sou-

quitter la France, en 1816, par suite dé leva contre lui les attaques et les dénon-

la loi d'amnistie. Il est mort à Bruxei- dations des enragés, les, en 1823. Après le 9 thermidor, auquel il prit

Goupilleau (Philippe-Charl.-Aimé), part, il alla en mission dans le Midi,

dit de Montaigu , cousin du précédent, où il persécuta les montagnards, prin-

fut membre de l'Assemblée législative, cipalement ceux d'Avignon, tout en se

de la Convention, du comité de sdreté glorifiant d'avoir siégé à la Montagne;

générale et du Gonseil des Cinq-Cents, c'est que beaucoup de montagnards ,

I! exerçait la profession de notaire à les anciens dantonistes surtout, n'en-

Montaigu, lorsque éclata la révolution, étaient pas pour cela moins réacteurs,

L'ardeur de son patriotisme le désigna ou plutôt n en étaient que plus réac-

au choix des électeurs de son district teurs. Ils ne réagissaient pas seulement

qui, du temps de l'Assemblée consti- pour conserver la puissance, ils réagis-

tuante, le choisirent pour syndic. saient encore pour se venger. Dans sa

En 1791 , il fut élu députe à la Légis- correspondance du mois de novem-

lative, où il siégea sur les bancs de 1 ex- bre 1794 , et à son retour à l'Assem*

tréme gauche, avec les montagnards, blée, il accusa faussement Maignet,

Il manifesta une grande sévérité contre son collègue , d'avoir commis les plus

les prêtres et les nobles , dont , en sa horribles excès pendant la durée du

qualité de Vendéen, il connaissait mieux gouvernement révolutionnaire ( voyez

que personne l'opiniâtreté contre-révo- Bédouin et Maignet ) ; et , par une

lutionnaire. A la séance du 10 août, ce contradiction bizarre, il défendit Col-

fut lui qui demanda que le roi se retirât lot - d'Herbois et Billaud - Varennes ,

de la salle, parce que sa présence gênait de qui Maignet avait reçu les instruc-

la délibération. Le même jour, il fut tions les plus cruelles', instructions,

nommé commissaire pour examiner les qu'il ava^it même eu le courage de ne

papiers saisis au château des Tuileries. pas suivre. Envoyé une seconde fois

A la Convention , Goupilleau resta dans le département de Vaucluse, il anmontagnard ; mais , quoique très-exa- nonça avoir vu le Rhône couvert de cagéré dans ses opinions , il combattit les davres de patriotes assassinés par les

réâcteurs royalistes. Alors seulement il commençait à comprendre la foute dti'avaient commises les montagnards dantonistes , en se réunissant aux contre-révOlutionnaireS pour écraser les jacobins. Aussi, tombant toujours d'un excès dans un autre, il demanda, après le 13 vendémiaire , que les élections de Paris fussent annulées ; mais sa motion ne fut pas accueillie. Il ne fat pas plus heureux lorsqu'il demanda l'impression de la liste des émigrés pris à Quiberon , « afin , disait-il , qu'on pût reconnaître ceux de ces scélérats qui avaient échappé au supplice. » On voit que s'il avait le mérite de ne pas pactiser avec les royalistes , comme tant d'autres révolutionnaires, du moins il était fort peu in»

dulgent pour ud ancien thermidorien.

Le 15 frimaire an îi (novembre 1794), il rut nommé membre du comité de sûreté générale , où il resta jusqu'au 15 germinal anin (mars 1795). Déjà avant le 9 thermidor, il avait fait partie du même comité depuis le 17 octobre 1792 jusqu'au 22 janvier 1793. '

Sous le Directoire, Goupilleau siégea dans le Conseil des Cinq-Cents , ou il continua de voter contre les prêtres et les royalistes. Sincèrement attaché à la constitution de l'an in , qui , avec son gouvernement à cinq têtes , lui paraissait le modèle des républiques , il eut le courage de s'opposer au coup d'État du 18 brumaire. C'est lui qui, dans cette fameuse journée, voyant Aréna s'élancer contré Bonaparte, lui avait crié : « Frappe , Aréna , frappe le ty- « ran ! » Le vainqueur ne lui pardonna point ce mot ; car il fut exclu du Corps législatif par un arrêté , du reste révoqué bientôt après.

A partir de ce moment, il rentra dans la vie privée pour ne plus reparaître'sur la scène politique. Il n'en fut pas moins compris, en 1816, au nombre des conventionnels que, par sa loi d'amnistie, la restauration contraignit de quitter le sol français pour avoir voté la mort de Louis XVI. Toutefois, une autorisation desministres de Louis XVTIÏ lui permit bientôt de revenir à ttlontaigu , où il mourut en 182.1 A son heure suprême, il refusa le secours des ministres de la religion, auxquels il ne pouvait pardonner d'avoir conspiré contre la révolu-

tion française, objet constant dé son culte.

Tel fut Goupilleau de Montaigu, homme sans grande portée politique, car il combattit tous ceux qui voulurent organiser la révolution , Napoléon aussi bien que Robespierre, mais sincèrement républicain , mais désintéressé ; car, après la ruine de la république, il se condamna à la retraite, et né chercha point à obtenir sa part des dépouilles opimes de la révolution.

Il a laissé, dit-on, des Mémoires encore inédits, qui contiennent beaucoup de documents authentiques.

GoupiLLiÈHES , chdtellenie située dans le Mantais, fut, par lettres defévrier 1678, érigée en marquisat en faveur de Jean le Cocq, seigneur de Corbeville, Elieville, etc., conseiller au parlement de Paris. Goupillières est aujourd'hui un village du département de Seine-et- Oise, arrondissement de Rambouillet.

Gourcy (l'abbé de) , vicaire général de Êordeaux, fut un des ecclésiastiques chargés par le clergé de France de combattre les doctrines philosophiques du dernier siècle. On ne connaît m l'époque de sa naissance, ni celle de sa mort. Ses principaux ouvrages sont : 1° Éloge de René bescartes, 1765, in-8<>; 2° Histoire philosophique et politique de la doctrine et des lois de Lycurgue, Nancy, 1768, in- 12 ; 3° Quel fut l'état des personnes en France sous la première et ta deuxième race de nos rois, 1769, in-12 , réimprimé plusieurs fois ; 4° Rousseau vengé, 1772, in-12; 5° Suite des anciens apologistes de ta religion chrétienne, traduits et analysés; ouvrage demandé par l'assemblée du clergé, in- 8°.

Gourdan (Claude-Christophe) , conventionnel, naquit en 1744 à Champlitte en Franche -Comté. Député du tiers en 1789, il siégea sur les bancs les plus élevés de l'Assemblée, et fut un des fondateurs dé la société des jacobins. A la Convention , où ses compatriotes le réélurent en 1792, il vota la mort de Louis XVI , sans appel ni sursis. Il éleva la voix , après le 9 thermidor , en faveur des victimes de la réaction, fut élu membre du comité de salut public, le 7 octobre 1795 , entra deux fois aux Cinq-Cents , se Signala par son

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