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GUILLAUME LE BRETON L'UNIVERS. GUILLAUME TELL

ouvrages qu'il a composés sont : le poëme latin de la Philippide , et une histoire en prose latine des Gestes de Philippe- Auguste.

Le poëme parut pour la première fois du vivant de Philippe, et Guillaume y ajouta, en 1224, le récit de la mort et des obsèques de ce prince. Cet ouvrage a une haute importance comme œuvre littéraire et comme œuvre historique.

« La Philippide sort de la sécheresse d'une pure narration. Si le poète ne peint pas, du moins il décrit ; les mœurs des peuples , la situation des lieux , la forme des armes et des machines, les phénomènes de la nature, entrent dans sa composition, et y font passer quelque chose du mouvement intellectuel qui commençait à se produire en France.

Ces descriptions contemporaines donnent à l'ouvrage de Guillaume le Breton un grand mérite historique ; deux faits importants s'y révèlent d'ailleurs; la puissance complètement établie du lien féodal, manifestée en plusieurs endroits par l'expression du dévouement qu'il commande , et la naissance d'un sentiment national, dont les indices se font clairement reconnaître dans l'effet que produisit en France la victoire de Bouvines ; aux transports de joie et aux fêtes qu'elle excita dans les moindres villages, à l'accueil qu'à son retour Philippe reçut partout sur sa route, enfin, à la composition seule du poëme , évidemment consacré à la gloire de ce grand événement, on pressent la différence qui commençait déjà à exister pour la France, entre ces triomphes de province à province, de château a château, qui ne détruisaient que des Français, et une victoire remportée sur des Allemands et des Flamands ; on aperçoit le germe de. l'unité nationale , et la France est déjà , à ses propres yeux , autre chose que l'agrégation des possessions du comté de Champagne , du comté de Blois , groupés autour des possessions du roi de Paris (*). »

Guillaume connaissait très-bien les poètes anciens, surtout Virgile, Ovide, Lucain et Stace. Bien que parfois il

(*) Notice sur Guillaume le Breton , par 11. Ouizol , Collectiou des mémoires relatifs à l'histoire de France, t. II.

mêle à leur langage des expressions barbares , il sait encore reproduire à tel point leurs mouvements, leurs constructions, que, suivant M. Daunou, les poètes latins modernes n'ont peut-être sur lui que l'avantage d'une diction plus classique. Les douze chants de la Philippide contiennent ensemble 9, 1 40 vers, et embrassent les 43 années du règne de Philippe-Auguste. Un fragment assez considérable en fut publié pour la première fois à Anvers , en 1534 , par Jacques Meyer; le poëme entier fut imprimé dans les deux collections des Historiens de France, de Pithou et île Duchesne, puis, en 1697, avec un savant commentaire de Gaspard Barth.

L'édition la plus correcte a été donnée dans le tome XVII du Recueil des historiens de France. Quant à l'histoire en prose des Gestes de Philippe-Auguste, ce n'est qu'une continuation de Rigord, qui avait écrit la vie du prince jusqu'en 1208. La chronique de Guillaume s'arrête en 1219. Elle a paru pour la première fois dans le tome V de la collection de Duchesne, et dans le tome XVI du Recueil des historiens de France.

Guillaume lb Conquérant. Voy.

Normandie.

Guillaume le Pibux , duc de Toulouse. Voy. Toulouse.

Guillaume Tell (combat du). — Après le malheureux combat d'Aboukir, le contre-amiral Decrès parvint à conserver le vaisseau de 80 canons le Guillaume Tell, en coupant ses câbles et cinglant en haute mer. Craignant, s'il se présentait seul sur les côtes de France , de tomber au milieu des croisières anglaises , il se réunit au viceamiral Villeneuve dans le port de Malte. On le vit partager avec son équipage les fatigues et les dangers du siège jusqu'au mois de mars 1800. Quand cette garnison , parvenue au point de ne pouvoir ni exister , ni se défendre si elle n'était ravitaillée avant le 20 mai, résolut d'instruire le gouvernement de la dure nécessité à laquelle elle était près de succomber , on jeta les yeux sur le Guillaume Tell pour remplir cette mission importante, difficile. Le Guillaume Tell met à la voile le 15 de mars vers onze heures du soir. Déjà il avait dou-

blé quelques vaisseaux ennemis , quand il est reconnu par la frégate anglaise la Pénélope, line voilière. Elle vire de bord , signale sa chasse en se couvrant de ses feux, et appelle ainsi à son secours les vaisseaux de son escadre. Favorisée par une marche supérieure, enhardie par l'approche de plusieurs vaisseaux, elle arriva, à une heure du matin, àune très-petite distance du Cuitlaume Tettt et fui lâcha de temps en temps des bordées pour ralentir sa marche. A cinq heures du matin, elle parvint à le démâter de son grand mât de hune. Au même instant , le Lion, de 64 canons, prend part au combat ; mais trois quarts d'heure après il est désemparé de toutes ses voiles ; son gréement est haché; sa mâture chancelante tombe; il cesse son feu. Decrès ordonne l'abordage ; deux fois cette manœuvre est tentée sans succès. Le Lion fait alors vent arrière , et s'éloigne d'un combat qu'il ne pouvait soutenir. Le Foudroyant, de 80 canons, remplace le Lion. Le combat, enquelques instants, devient terrible. A la droite du Guillaume Tell est le Foudroyant; la Pénélope se tient par sa hanche. Dans cette position , le vaisseau français lance de chaue coté de terribles bordées. Pris entre eux feux supérieurs , il met encore en pièces la voilure et les gréements du Foudroyant , lui coupe son mât d'artimon , êt le réduit à rester quelques instants sans gouverner. Decrès ordonne alors au brave Saunier, son capitaine de pavillon, de tenter l'abordage; Saunier fait serrer au plus près , parvient à dépasser le Foudroyant, et il vient brusquement en travers sur son beaupré. L'ennemi devinant sa manœuvre, évite l'abordage en coiffant ses voiles ; les vaisseaux sont près de se toucher , mais ne peuvent s'accrocher. Cependant le Foudroyant est battu de l'avant à l'arrière ; son petit mât de hune tombe ; il s'éloigne. En même temps le capitaine Saunier est grièvement blessé. Le Guillaume Tell perd son grand mât. Déjà

Elusieurs fois le feu avait pris dans ses auts ; son pont, arrosé de sang , était couvert des débris de ses agrès , de sa mâture, qui, s'embrasant à chaque moment , embarrassaient la manœuvre.

Cependant la détermination de l'équi-

page allait toujours croissant, et sa défense , à huit heures et demie , était en- core très-vigoureuse , quanti son petit mât de hune tombe sur bâbord. Tout ce coté se trouve alors engagé par la mâture. Le Guillaume Tell, hors d'état de gouverner, ne put plus que répondre faiblement au feu des vaisseaux dont il était entouré. Decrès avait assez fait pour sa gloire ; une plus longue résis* tance faisait périr des braves sans aucun espoir de succès. Cédant à la nécessité , il amène son pavillon. La Pénélope se trouve seule en état de l'amariner et de le conduire à Syracuse ( 16 mars 1800 ).

Guillelminb , nom qui fut donné à la célèbre ordonnance de Villers-Cotterets, du 10 août 1539, qui réforma la législation civile, prescrivit que tous les actes judiciaires fussent prononcés et enregistrés en français, et mit des limites à la juridiction ecclésiastique.

Elle avait été rédigée par Guillaume Poyet. De là le surnom.

GUILLELM ILES OU GuiLLEBMITES.

Voyez Guillaume ( saint).

û tiLLE me au ( Jacques ) , chirurgien, né à Orléans en 1550, se rendit particulièrement célèbre par sa science dans l'art des accouchements. Le traité qu'il a composé sur ce sujet est encore consulté de nos jours. Guillemeau était l'élève particulier et aussi le plus remarquable d'Ambroise Paré , qu'il accompagna dans les camps , et qu'il aida beaucoup par sa connaissance des auteurs de l'antiquité. Charles IX , Henri III et Henri IV l'attachèrent successivement à leur personne comme chirurgien ordinaire. Il mourut en 1613. Ses principaux ouvrages sont : 1° Traité des maladies de fœil; 2° Tables anatomiques, avec les pourtraitures ; 3° la Chirurgie française, recueillie des anciens médecins et chirurgiens , avec plusieurs figures des instruments nécessaires pour V opération de la main; 4° l'Heureux accouchement des femmes. Ils ont été recueillis et publiés sous le titre à? Œuvres de chirurgie, Paris, 1598, 1612, in-fol., Rouen, 1619. Guillemeau ( Charles ), fils du précédent, chirurgien et médecin, né à Paris en 1588, mort dans la même ville en 1656, après avoir rempli pendant

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