GUILLEMINOT L'UNIVERS. GUILLERI
plusieurs années les fonctions de premier chirurgien du roi et de doyen de la faculté £e médecine , a laissé un grand nombre d'ouvrages polémiques relatifs à la querelle qui se prolongea pendant dix années entre la faculté de Montpellier et la faculté de Paris, au sujet de la prééminence de celle-ci. On a de lui quelques ouvrages de chirurgie, entre autres : Histoire des muscles du corps humain, etc., imprimée avec les œuvres de son père ; Ostomyologie ou Discours des os et des muscles, Paris , 1615, in-8»; Àphorismes de chirurgie, ib., 1622, in-12.
Guilleminot ( Armand - Charles , comte), lieutenant général et pair de France, est né à Dunkerque en 1774.
Il servit d'abord en Belgique dans les troupes insurrectionnelles qui combattirent les Autrichiens en 1790. Promu au grade de sous-lieutenant le 23 juillet 1792, peu après sa rentrée en France, il faisait partie de l'armée du Nord , commandée par Dumouriez. Il fut arrêté comme suspect à la suite de la trahison de son chef; réintégré bientôt sur les contrôles de l'armée, et envoyé, en 1798, comme capitaine à l'armée d'Italie, où il devint chef de bataillon et aide de camp de Moreau.
Lors de la conspiration de Cadoudai , il avait conservé des relations d'amitié avec Pichegru et Moreau ; il n'en fallut pas davantage pour donner de l'ombrage au premier consul , qui le laissa pendant plus d'un an au traitement de réforme.
Mais son expérience le rendit enfin nécessaire. Il fut attaché, en 1805, au quartier général de l'armée d'Allemagne, en qualité d'ingénieur-géographe, et fut promu , l'année suivante , au grade d'adjudant - commandant , en récompense de ses services. En 1808, il passa de l'étatmajor de Berthier à celui de Bessières , commandant un corps d'armée en Espagne. Les talents qu'il déploya au combat de Medina-del-Rio- Secco le firent remarquer de l'empereur, qui lui donna le brevet de général de brigade.
Le général Guilleminot servit avec distinction aux armées d'Italie, de Catalogne et dans l'état-major général de la grande armée. Le 28 mars 1813, il reçut le grade de général de division.
Il servit, en juillet 1815, en qualité de chef d'état-major du pr i née d'Eckmûhl. Désigné par lui pour remplir la mission délicate de commissaire du gouvernement provisoire pour traiter avec les généraux étrangers, il se rendit à Saint- Clou d auprès de Blùcher , accompagné de MM. Bignon et de Bondv, et signa la suspension d'armes du 3 juillet. Il suivit l'armée sur les rives de la Loire.
Dans le mois de mai 1817, le gouvernement chargea le général Guilleminot de fixer , de concert avec une commission allemande , et conformément aux traités de 1814 et 1815, la ligne de démarcation de nos frontières de l'Est.
Nommé membre de la commission de défense du royaume en 1818, et directeur du dépôt de la guerre te 28 janvier 1822, il contribua à la réorganisation de ce précieux établissement, et lui donna une impulsion nouvelle.
Nommé, en 1823, chef de Pétat-major général du duc d'Angoulême, il profita de sa position pour s'opposer, autant qu'il était en lui , au parti de l'absolutisme. On lui attribue l'ordonnance d'Andujar. - .
Après avoir élevé le général à la pairie, Louis XVIII lui confia l'ambassade de Constantinople , adoucissement à une espèce de disgrâce dans laquelle il était tombé. M. Guilleminot quitta l'Espagne pour se rendre à cette destination. La révolution de 1830 le'trouva prêt à seconder le nouvel ordre de choses. Rappelé en 1831, il devint président de la commission chargée d'établir la démarcation des frontières de l'Est, et membre de la nouvelle commission de défense du royaume, reconstituée en 1836. Il s'occupait de la première de ces missions, lorsqu'une inflammation de poitrine l'enleva dans les derniers jours du mois de mars
Guilleri ( les frères ). — Guilleri , qui est le héros d'une chanson célèbre , vivait sous le règne de Henri IV; il appartenait à une famille noble de Bretagne, et , pendant les troubles de la ligue , il avait servi avec distinction sous le duc de Mercœur , ainsi que deux de ses frères. Lorsque la paix fut rétablie, les trois Guilleri se retirèrent dans un bois situé près des Essarts, en bas Poi-
• CILLET PRA
tou : ils y firent une forteresse et réunirent autour d'eux quatre à cinq cents brigands. Pendant plus de six ans ils pillèrent les voyageurs, ravagèrent les châteaux et les maisons de campagne, et tuèrent les prévôts et archers. Ils avaient pris pour devise ces mots, qu'ils avaient affichés aux arbres des grands chemins : Paix aux gentilshommes, la movt aux prévôts et aux archers , la bourse aux marchands. Les Guiïleri , dont les brigandages s'étendaient en Poitou, en Saintonge et en Guienne, avaient répandu une si grande terreur , qu'à quarante lieues de leur retraite on n'osait plus voyager ni aller aux foires. Henri IV, informé de ces désordres , manda à M. de Parabère, gouverneur de Niort, de détruire le plus promptement possible cette bande de voleurs et d'assassins.
Conformément aux ordres du roi, M. de Parabère assembla les prévôts des provinces voisines, et s'avança vers la retraite des frères Guilleri avec 4,500 hommes et 4 petites pièces de campagne. Arrivé au pied de la forteresse, qui était dans un vallon et entourée d'arbres hauts et épais, il essaya de la détruire à coups de canon. Le capitaine Guilleri , voyant qu'il serait forcé de se rendre, ordonna une sortie générale, dans l'espoir de se faire un chemin au travers des assiégeants ; mais il fut cerné de toutes parts et fait prisonnier. La plupart de ses complices périrent dans le combat; 80 seulement tombèrent entre les mains de M. de Parabère, qui les partagea entre les prévôts. Le capitaine Guilleri fut livré au prévôt de Saintes, qui le lit rompre vif.
Ce fut à l'occasion de sa mort que fut composée la chanson populaire dont le refrain est :
Tdt, Idt, Carabi , Compère Guilleri, Te lairras-la mourir F
Ces événements, dont le souvenir confus s'est conservé dans tout le Midi, ont eu lieu à la fin de septembre 1(508 (*).
Guillet (Pernette du), femme poète de Lyon, contemporaine de Louise Lab-
(*) La biographie de Michaud dit qu'il existe un volume in-H° qui a pour titre : Prise et lamentations du capitaine Guilleri,