CE. G U IL LE VILLE
bé. Sa muse légère et chaste a laisse quelques vers élégants et harmonieux.
Elle mourut jeune en 1545. Colletet a jugé beaucoup trop sévèrement le mérite de la gentille Lyonnaise dans le Discours de sa vie, du'il a laissé manuscrit (Bibliothèque de Barbier). Cependant, après avoir passé en revue quelques-unes des compositions de cette dame, il ajoute : « Parmi toutes ces rudesses de style , il ne laisse pas d'y avoir de beaux sentiments qui peuvent obliger le lecteur à rechercher ses œuvres. »
Elles ont été recueillies par son époux , qui les remit à Antoine Dumoulin; celui-ci y joignit une Épitre liminaire , et les publia sous ce titre : les Rkythmes et poésies de gentile et vertueuse dame Pernette du Guillet, Lyon, 1545, in-8°.
Elles ont été plusieurs fois réimprimées, notamment à Paris, en 1546, in-12, et à Lyon, en 1547 et en 1553, in-8°. Les morceaux les plus remarquables dont ces œuvres se composent sont un petit poème intitulé la Nuit, un autre, le Désespoir, qui parait être traduit de l'italien ; le Triomphe d'Apollon sur (Amour; les Obsèques de Cupidon; enfin une petite pièce sans titre, et commençant par £es mots :
Amour areoqne Psychés , Qu'il Unoit en sa plaisance, Jouoit ensemble aux esc h eu En très grand'resjouissance, etc.,
sorte de chanson qui fut longtemps en vogue. Plusieurs poètes du seizième siècle parlent de Pernette du Guillet , et rendent un éclatant témoignage à son esprit et à ses charmes.
Guillevills (Guillaume de), poète né à Paris vers 1295, prit l'habit de Saint- Bernard dans l'abbaye de Chaulis, près de Senlis, dont il devint prieur, et mourut vers 1360. On a de lui : le Romant des trois pelerinaiges. Le premier est de Fhomme durant qu'est en vie ; le second , de Pâme séparée du corps , et le troisième , de N. S. Jésus-Christ. Cet ouvrage allégorique, écrit en vers de huit syllabes , eut un immense succès dans le quatorzième siècle. Le style en fut retouché plus tard par, Pierre Virgin, religieux de Clairvaux. Il a été imprimé vers 1500, in-4° gothique, a Paris , chez Barthole et Jean Petit ; et en 1511, in-folio. Le premier pèlerinage